Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: July 28, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00150
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRAN VAIS
D'INFORMATION
(MINIST*RE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS BT DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANKAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DB PRESS


BULLETIN



DE PRESS


28 juillet 1947.


QUOTIDI



ETRAN(


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) Les allies occidentaux et la Ruhr :
1. News Chronicle (26/7)
2. Daily Telegraph (26/7).
b) La guerre en Indon6sie (Timsn, 26/7).
II. PRESS AMIRICAINE.
a) La France et la Ruhr (New York Herald Tribune,
25/7). I
*b) La guerre en Indondsie.
1. New York Times (24/7).
2. New York Herald Tribune (24/7).
3. Washington Star (24/7).
III. PRESS SOVIATIQUE.
Le but du plan Marshall (Izveslih, 25/7).
IV. PRESS BELGE.
Les allis occidentaux et la Ruhr.
1. La Nation Belge (26/7) ;
2. La Cit6 Nouvelle (26/7).
V. PRESS SUISSE.
Le traits de paix avec le Japon.
1. Neue Ziircher Zeitung (25/7);
2. La Tr1bane ide Gendve, (25/7).


I. PRESS BIUTANNIQUE

Revue de la press ?ritkanniqne du 26 juillet 1947
L'6evnement du jour est le retour i Londres de la deld-
gation britannique qui nDgociait t Moscou un accord commncr-
cial aveo la Russic. I1 tiendrait sans doute moins de place
dans la press populaire si ce retour n'avait det marque par
ua accident d'avion.
Le Daily Telegraph nmt surtout en vedette les assurances
donndes i la France par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne
en cc qui conccrne l'Allcmagne.

1. Echlec des neyociations commercials anglo-sovidliqnes
Le long marclandage qui a caract6ris6, pendant deux se-
maines, les n6gociations anglo-sovidtiques n'a about & aucun
accord : telle est l'imprcssion qui se degage de certain com-
mentaires relatifs au retour de la d6elgation britannique.


S'il faut en croire le correspondent diplomatique du Times,
cc serait les clauses financieres sur lesquelles il aurait 6td
impossible finalement de s'entendre : prix trop 6lev6 exig6
par les Russes pour leur bl,. repercussions dangereuses des
changes envisages sur les resources de la Grande-Bretagne
en. dollars : a Les Russes, derit notamment ce correspondent,
pouvaient nous fournir plus de products que nous en pouvons
payer avec les machines don't ils avaient besoin? II aurait
fall compenser le deficit avec des livres convertibles en
dollars ,.
D'aprBs le correspondent diplomatique du Daily Mail, le
chef de la delegation britannique ne serait revenue que pour
demander A son gouvernement de nouvelles instructions et
le cabinet se r6unirait au debut de la semaine prochaine pour
6tudier la situation ; il s'agirait en effet d'une impasse, non
pas d'un dchec d6finitif.
Quant au correspondent politique du News Chronicl, il
estime que les n6gociations ont bien dehoue sauf peut-8tre en
ce qui concern l'6change de bois russe contre des machines
anglaises.
'Enfin, le Daily Herald, qui pr6sente lui aussi 1'accord our
eI bois comme subsistant malgre le retour de la d6elgation.
met dans la bouche de M. H. Wilson des declarations dva-
sives en cc qui concerned les fournitures de bl6 russe.

2. Allemagne
Tandis que le Times se content de reproduire la adpolhe
de son correspondent i Berlin, d'apres laquelle 1'opinion
allemande accueillerait avec satisfaction la perspective des
prochaines n6gociations sur la Ruhr. le Daily Telegraph
donne la premiere place aux commentaires d'un de ses coi-
respondants diplomatiques sur ca qu'il appelle c Le success
diplomatique de la France en ce ui concern la Ruhr ,.
D'aprBs ce correspondent, la Grande-Bretagne, comme les
Etats-Unis auraient promise A la France qu.'elle serait consul-
tee avant toute publication on mise en application du non-
veau plan anglo-amdricain relatif i l'industrie allemande.
Les n6gociations se poursuivent sur la forme que devralt
prendre cette consultation : a La Grande-Bretagne et lea
Etats-Unis, ajoutent co correspondent, font i la France une
concession anajeure en ajournant ]e plan. Le succ6s frangais
renforcerait consid6rablement le gouvernement de M. Ra,
madier en face des attaques communists contre le plan
Marshall >. Et il conclut qu'en faisant cette concession A la
France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont esp6rd sans
aucun doute que cela inciterait la France a se montrer plus
dispose i fusionner sa zone avec les leurs dans une Alle.
magne occidentale 6conomiquemnct unifi&e.
Le grand journal conservateur :eproduit, d'autre part, une
deplche Associated Press qui fait allusion aux divergences
du Ddpartement d'Etat et du D6parlemcnt de la Guerre sur
la question allemande, ainsi qu'une ddpche de son corros-
pondant A Washington qui analyse les considerations ddve-
loppdes par M. Bevin au course de ses entretiens avec P'an-
bassadeur des Etats-Unis.


Nouvelle Serie N 728







SWAstIN OUOTIDDIZN DE PPIWIE ATP.ANG"Q


M. Bevin aurait notamment demand une modification des
r6partitions dans la bi-zone, mais le gouvernement ambri-
cain craindrait, si cetto modification 6tait demanded mainte-
nant au Congr6s, de compromettre le succes des demands qui
devront lui etre prdsentdes pour l'eecution du plan Marshall.
Le programme des conversations qui vont s'ouvrir -A
Washington, 6crit en substance le correspondent diploma-
tique du Manchester Guardian, n'est pas encore tout a fait
determine. De toute fagon, le gouvernenment franqais sera
inform de leur r6sultat parce que la France est particuliere-
ment intiress6e l.'accroissement de la production charbon-
niere dans la Ruhr.
Le grand journal de province public d'autre part une dept-
che datee de Washington ct faisant allusion h l'6ventualit6
d'un voyage de M. Bevin et de M. Bidault icx Etats-Unis
fers le bdeut de septembre.
D'apr6s le Daily Mail, cette information aurait U6t d6men-
Lie hier soir par le Foreign Office et l'on penserait A Londres
que les conversations tripartites relatives A 1'industrie alle-
mande seraient probablement menees par la vole diploma-
tique ordinaire.
Le correspondent du Daily Express A Berlin croit savoir
que la Grande-Brctagne et les Etats-Unis signeraient A la
fin de cette semaine un accord relatif au plan des exporta-
tions de la zone anglo-amdricaine en limitant les importa-
tions britanniquoes en Allemagne.
Enfin, le Manchester Guardian reproduit deux longues
d6peches de son correspondent h Berlin : la premiere deplore
le success remport6 par les 6ilments de droite qui dominant
maintenant au Conseil eoonomique de la bi-zone, et la se-
conde plaide longement pour le rapatriement massif et ra-
pide de. prisonniers allemands.

3. Indondsie

La press enregistre de nouveaux succcs de I'armite noltan-
daise a Java et a Sumatra; elle announce que des negociations
ont eu lieu en Australie en faveur des Indon siens et quel-
ques journaux publient le discour. prononcid la radio par
le Dr. Van Mook.
D'apr6s le correspondent du News ChrOnicle A La Haye,
I'opinion en Hollande commencerait a s'inqui6ter serieuse-
ment des reactions d6favorables de 1'opinion britannique et
americaine.
Le Daily Herald signal que les Izuestia accusent la-;rande-
Bretagne et les Etats-Unis de soutenir les Hollandais.
Le Daily Worker met h nouveau en evidence les graves de
protestation des ouvriers d'Amsterdam. Le journal commu-
niste public un article de fond sur la question indondsienne
q'ii rejette sur M. Bevin la responsibility de < la premiere
phase de la guerre indondsienne n et insisted sur les conse-
quences disastreuses de cette guerre pour IC ravitaillement
mondial.

4. Palestine

Quel sera le port oif les autorites francaises admettront les
navires britanniques transportant les passagers qui 6taient
sur le President Warfield ? Telle est la question que se
pose la press ce matin.
Le correspondent du Manchester Guardian i Paris insisted
sur la divergence de vues qu'il a cru reliever entire le Quai
d'Orsay et le minist6re de l'Intdrieur. a Les 1eements sio-
nistes feraient appel i des arguments sentimentaux ou meme
aux vieilles rancunes nces des 6vdnements de Syrie ,.
Critiquant ce qu'il appelle la casuistique du journal
Le Monde, cc mim.oe correspondent ecrit que le souvenir du
general Spears continue A diformrr plus d'un jugement fran-
cais sur tous les problnmes relatifs au Levant.
D'apres le correspondent du Daily Telegraph A Paris,
M. Bidault se serait refuse faire aucune declaration sur
cette affaire A la Commission des Affaires 6trang6res de
I'Assemblee national.
Le correspondent diplomatique du m6me journal insisted
sur le role que jouent les visas falsifies dans les ddplace-
ments des emigrants juifs.
Plusieurs journaux signalent que les trois transports bri-
tanniques seraient au large des rbtes franqaises depuis plus
de trois jours.


Deux torpilleurs francais auraient quitt6 Toulon pour
aller h leur rencontre. Un repr6sentant de l'Haganah ferait
appel h la jeunesse juive pour qu'elle se dispose recevoir
les migrants lorsqu'ils arriveroni.

5. France
Le correspondent du Times a Paris analyse sans les com-
menter les declarations faites i la press par M. Ramadier
sur les reunions interminist6rielles. Quelques journaux font
allusion an discours prononc6 hier it l'AssemblCe national
sur le plan Marshall par M. Reynaud.
Le Manchester Guardian public, d'apris Reuter, une ana-
lyse assez d6vclopp6e de ce discours.

6. Grice

Quelques d6pclches, notamment dans le Times et le Daily
Worker, portent encore sur l'6volution de la situation en
Grece.

7. Conseil de Sdcuriti

Quelques journaux reproduisent des dipchcs de leurs
correspondents A Lake Success sur les discussions qul sc
poursuivent au Conseil de S6curit6 au sujet de la Commis-
sion d'enquete dans les Balkans.
Ces d6peches mettent surtout cn relief 1'interventlon de
M. Gromyko.

8. Italic

Le correspondent du Times i Rome resume le discours
pronone6 par M. Sforza en faveur de la ratification du trait
de paix.

9. Albanie

L'Albanie ayant nomm6 un agent pour d6fendre son
point de vue devant la Cour Internationale, il est t pen pros
certain, s'il taut en croire le correspondent diplomatique au
Manchester Guardian, que le gouvernement britannique nc
tirera pas argument du fait que cette nomination a et6 fate
avec trois semaincs de retard.


a) LES ALLIES OCCIDENITAUX ET LA RUHR.

1. News Chronicle (26/7) :

t ... La s6curit6 frangaise exige un contr6le Interna-
tional de la Ruhr et il est possible que la socialisation
soit le seul moyen d'y parvenir. Une telle solution pour.
rail 6galement contribuer i calmer certain des soup-
cons que 1'offre de M. Marshall a fail naitre en Europe
oriertale.
Si I'on demand la socialisation de la Ruhr, ra
Grande-Bretagne devrait souvenir cette proposition.
Nous savons que les craintes des Francais sont r6el-
les: Nous savons aussi qu'un arrangement de ce genre
peut 6tre le seul compromise possible qui puisse inter-
venir entire les exigences 6conomiques des Etats-Unis et
les measures de sicurit6 curop6enne.
En ce qui concern le point de vue des Etats-Unis,
Marshall a dit lui-nimme, dans une lettre adress6e au
senateur Vandenberg : < ... Nous devrions faire com-
prendre clairement qu'il n'est pas dans nos intentions
d'imposer aux peuples europ6ens une forme d'associa.
tion politique on 6conomique particuli6re. L'organisa-
lion future de 1'Europe doit 6tre d6termin6e par les
peuples europ6ens eux-m6mes >.
C'est lA un conseil particulibrement sage adresse aux
Etats-Unis. L'attitude des EtJts-Unis A 1'6gard de la
Ruhr pprmettra A toute 1'Europe de juger s'ils sont prits
ou non a tenir compete de ce sage conseil .,







BULLETIN QUOTIDMEN DE PRESS frRANOGRE 3


2. Daily Telegraph (26/7, conservateur) :

... On doit savoir qu'une decision n'ayant imtmt
que l'apparence de faire passer le redressement indus-
triel de 1'Allemagne avant celui de la France causeranl
un choc a opinion franchise et aurait les plus graves
consequence pour le gouvernement Ramadier, don't la
situation est d6jh assez delicate. La position de la
Grande-Bretagne est compliqu6e par les d6penses en
dollars auxquelles nous obligent nos engagements en Al-
lemagne d'une part, et les assurances donn6es par le
gouvernement relativement a la nationalisation de 'in-
dustrie allemande d'autre part. Les Am6ricains consi-
derent avant tout le probl6me 6conomique. Si la produc-
tion est ralentie par des considerations politiques, que
ce soit par la crainte des Francais ou par la doctrine
britannique, ils penseront que les dollars qu'ils pour-
raient fournir h 1'Europe occidentale seront complete-
ment perdus. Il est naturellement beaucoup plus facile
pour les AmCricains que pour les Francais de ne con-
sid6rer le problem de la Ruhr que du point de vue
6conomique. N6anmoins, 6tant donned la situation de
1'Europe, ce sont les Am6ricains qui ont raison. II ne
devrait pas 6tre impossible de parven.r h concilier la
logique 6conomique avec les apprehensions politiques.

b) LA GUERRE EN INDONOSIE (Times, 26/7) :
(( ... Les declarations faites par le Pandit Nehru en
rdponse a la demand d'aide et de soutien formul6e par
le Dr Sjahrir nontrent que, -dans le nouveau dominion
de l'Inde, les measures prises r6cemment par le gouver-
nement n6erlandais auront certainement pour cons6-
quence de soulever, sous une forme aiguO, le problnme
des droits du nationalism asiatique et celui de la po-
sition des puissances europ6ennes. M6me si ce point de
vue d6couie d'une simplification exag6r6e d'une situa-
tion complex cr66e par des fautes et des malentendus
imputables aux Indbnesiens comme aux Nberlandais, il
implique de graves consequences pour les relations fu-
tures entire l'Orient et P'Occident.
Si on ne peut modifier ce point de vue, et le modi-
fier rapidement, il deviendra encore plus difficile de
convaincre les pays asiatiques de la r6alite de la chart'e
des Nations Unies.
Dans l'esprit des peuples du Sud-Est de l'Asie, tes
6v6nements actuels penmettent de juger de la sincerity
des puissances actuelles.
CCela s'applique aussi bien aux Britannikques qu'aux
Frangais et aux N6erlandais...
Si les puissances europ6ennes font preuve de r6pu-
gnance pour remplir les engagements qu'elles out con-
tract6s en adh6rant i la Charte des Nations Unies,
l'Asie se s6parera certainement de 1'Europe et recher-
chera autre chose qu'une association avoc l'Occident,
pour obtenir les droits qu'elle estime 16gitimes.
La responsabilit6 qui income aux trois puissances
europ6ennes du faith de cette situation est tres grande ;
la position que chacune d'elles occupe dans le Sud-Est
de I'Asie les obligent i d6fendre le prestige de la civi-
lisation occidentale aux yeux des pays situ6s, dans 'ces
regions, qui jugeront d'apres leur attitude des intentions
de l'Occident A 1'6gard de 1'Orient.
C'est hour cette raison m&me iqu'aucune des trois
puissances europ6ennes en cause ne peut se permettre
d'adopter un point de vue 6troit, 6tant donn6 qu'en
agissant ainsi, elle mettrait in6vitablement en danger
la tache commune de tous. Ainsi la r6cente action des
N6erlandais en Indon6sie, qu'elle soit ou non dans les
int6r&ts des P'ays-Bas, ne manquera pas de porter pre-
judice aux efforts a 1a Grande-Bretagne et a la France. >)


II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press amjricaine du 25 juillet 1947

1. Question allemande
Les ddmarches frangaises aupris des autoritis amnricaines
au suj.et de 1l'Allemagne sont encore longuement comnment6es
dans la press qui, dans son ensemble, les accueille avce
beaucoup de sympathic pour deux raison! principals.
1 Parce qu'il lui apparait *que l'intervcntion de .la France
va permettre de rigler les problems allemands par la coope-
ration de trois puissances : Etats-Unis, Grande-Bretagne,
France.
2 Parce quc ces demarches provoqubrent un temps d'arret
dans la preparation de la politique amiricaine envers 1'Alle-
magne. C'est ainsi qu'un journalist repute come Stokes
des journaux Scripps-Howard dit notamiment que les rdcentes
representations faiths par la France an sujet d'une politique
qui donnerait A 1'Allemagne la position dominant une fots
de plus en Europe devraient nous faire refl6chir. La cam-
pagne dans notre pays en faveur de la reconstruction doe
l'6conomie allemande dans une measure qui n'est evidemment
pas envisagee par 1'accord de Potsdam fit des progres consi-
d6rables. Eile trouva le terrain fertile dans le sentiment
antirusse et dans les craintes soulev6es par i. communism,
mais, ajoute Stokes, il ne faut pas oublier que le regime nafi
s'appuya sur les cartels allemands don't les relations avec
gros interets americains furent mises en lumnire par les
enqu6tes du Departement te la Justice et conclut qu'on
peut trouver un terrain d'entente pour une reconstruction
allemande qui ne constitute pas une menace pour le monde.
, Morgan, dans le Christian Science Monitor, ne vent pas
non plus que I'Allemagne occupe la position dominant en
Europe, ni qu'elle obtienne la priority pour sa reconstruction
aux depens des nations' d6vastees par elle. II conclut : a Ce
que 1,es Frangais pensent est suffisamment clair et a suffi-
samment d'i-mportance pour mdriter attention special de
ceux qui font la politique amnricaine ,.
Toute kl press announce en premiere page que la Grande-
Bretagne accepted de se faire representer i la conference oul
se tiendra A Washington et don't le but est d'acc6 lrer la
production industrielle allemande. Les editoriaux de la New
York Herald Tribune (voir cet article plus loin) et du New
York Times accueillent avec une trbs vive satisfaction ces
deux faits.
Le New York Times dit dans son editorial que la confe-
rence des trois puissances est convoqude tout d'abord pour
permettre A la France de participer A la determination du
niveau de la restauration allemande et pour lui donnrer
l'assurance que rien ne sera fait en Allemagne qui puisse en
aucune fagon menacer sa s6curit6. I1 y a longtemps que cela
aurait dA avoir lieu, car jl ne fait aucun doute que la France
est vitalement interessee a tout co. qui se fait en Allemagne
'ct a le droit d'etre consultee h ce sujet. Mais si une telle
consultation n'eut pas lieu jusqu'a present, c'est moins la
faute des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne que celle de
la France. L'editorialiste precise que la France se refusal jus-
qu,'alors i integrer sa zone dans la bi-zone.
Le correspondent du New York Times A Londres et celut
de. P.M. declarent que MM. Bevin et Bidault viendraient I
Washington on New-York vers le 15 aotit pour la reunion
avec M. Marshall au course de laquelle les probl6mes alle-
mands sernient discutes.

2. Le prOblime de la Ruhr
La declaration du' D6partement de la Guerre reproduite
dans le. New York Time's confirm'e information exclusive
dbnnee hier par le New York Herald Tribune qui declarait
que le Departem-ent d'Etat s'opposa A publier le rapport
Moses.
De Londres, tous les correspondents annoncent que Ml
banques sont d'accord pour entreprendre les conversations
de Washington visant i acoroitre les moyens de production
du carbon de la Ruhr, mais qu'ils ne sont pas departs
de leur attitude antdrieure en ee qui concern Pordre du
jour de cette conference.






4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANQGRE


Les corrcspondants de Washington d4clarent encore aujour-
d'hui que les Ambricains s'opposent i traiter Je problem
de financement de la zone anglaise d'occupation a cette
conference.
Une information exclusive du New York Herald Tribune
signal qu'une proposition fut soumise au Departement de
la Guerre d'etablir une administration des hou'illres de la
Ruhr don't le financement serait assure par la Banque Inter-
nationale. Cette suggestion, ind6pendante du rapport Moses,
aurait cependant des points communs avec celui-ci. EUe
viserait h r6tablir Tes transports de la Ruhr ef-a constftuer
les stocks de carbon dans les pays europ6ens avant P'hiver
prochain. Cette suggestion se baserait sur le faith qu'il appa-
ralt d6sormais impossible d'ameliorer la production de la
Ruhr avant l'hiver.

3. La Conf[rence dconomlque de Parts

Une dep&che Warren au New York Times signal que Ja
commission de la cooperation approuvera les questionnaires
soumis par les comites et les enverra aux gouvernements
int6resses en leur demandant de les remplir avant le 3 aott.
Elle signale que le probl6me allemand n'est pas tra]te par
ces questionnaires qui ne constituent qu'un debut d'etude de
la reconstruction europ6enne. Le rapport final du comitd de
cooperation devrait Stre soumis le 1" septembre au gouverne-
ment d-es Etats-Unis.

4. Japon
Le correspondent diplomatique du New York Times a
Washington ecrit que le D6partement d'Etat est determine
A continue la preparation du trait de paix avec le J~apon
avec la collaboration des puissances du Pacifique plu,'it que
de passer par le Conseil des ministre des Affaires Etrangbres
comme le propose 1'Union SoviBtique. II *ajoute qu'on ne
considbre pas la note russe come un refus definitif, mals
plut6t comme une contre-proposition et qu'on estime qu'e
la conference ne pourra pas se tenir le 19 aoft come Ie
suggdra la communication amdricaine.

5. Nations Unies

Des dep&ches de Lake Success signalent que la France et
trois autres membres du Conseil cherchent un compromise
dans l'affaire de la commission de contr6le balkanique. La
France propose que cette commission ne comprenne pas
de repr6sentants russes ou amdricains. Selon le correspon-
dant du New York Herald Tribune, .cette intervention fran-
gai.e n'aurait pas change attitude du d6legu6 russe qui
d6clara que les objections russes i la resolution amiricaine
6taient maintenues.

-. Liban

Une dep8che de Beyrouth A P. M. a declare que Mgr Avider
informa plusieurs repr6sentants de P'O.N.U. de sa sympathize
pour les Juifs et qu'il s'abstint d'dlever toute objection a la
creation d'un Etat juif en Palestine. Ce correspondent observe
qu'e le Patriarche est la second personnalit6 qui, en deux
jours, revela aux repr6sentants de 1'O.N.U. une attitude s'op-
posant i l'antisionisme du gouvernement libhnais.

7. Nouvelles de France
Kirk Patrick envoie de Paris A la New York Post un long
article oh 11 souligne.les craintes frangaises qui furent sound
levees per la politique ambricaine a l'6gard de. l'Allemagne.
Hargrove envoie an Wall Street Journal un tres long article
sur la situation frangaise dans lequel il inumbre les diffi-
cultes Bconolmiques auxquelles doit faire face le gonverne-
ment Ramadier et les measures 6nergiques que celui-ci a
prises. II conclut sur une note d'optimisme en se basant :
1 sur les resources naturelles de la France ; 2* sur ]e fault
que, chaque jour, la production s'ambliore et, 3, sur la
constatation qu'A measure que la France r4tablit sa situation
financire, 'or et les capitaux sortent de leurs cacheltes et
les disponibilit6s financieres du pays s'accrois!ent.


a) LA FRANCE ET LA Runn (New York Herald Tribune,
25/7) :
... La France, qui a malheureusem-ent t16 exclude
de la Conference de Potsdam, ne pent &tre exclude des
nigociations actuelles...
L'Allemagne, qui a toujours constitu6 le nceud du pro.
bl6me europ6en, constitute toujours le noeud de ce qui
devient le probleme de 1'Europe occidental. Les ques-
tions qui consistent a fixer une politique allemande
A long term et celles qui -consistent A augmenter la
capacity de la production allemande et en particulier
celle des mines de la Ruhr, doivent faire I'objet d'un
accord entire les puissances d6mocratiques occidentales.
Les protestations franchises ont faith comprendre cela
clairement; la r6ponse du d6partement d'Etat indique
que Washington a fort bien saisi le point de vue des
Francais. Les nouvelles directives aux autorites d'occu-
pation amnri'caines en Allemagne n'6taient qu'un d6but;
les possibility qu'offrent ces .directives doivent etre
dtudioes en commnn et accept6es par tous les intM.
ressos. >

b) LA GUERRE ENI INDONESIE.

1. New York Times (24/7) :
t Les deux parties ont violA les accords conclus,
mais les Hollandais, en mettant fin de facon unilat6rale
A la trive et A I'accord en vigueur n'ont pas utilisi
routes les m6thodes mises au point A Linggadjati pour
r6soudre les probl6mes qui se sont posbs lorsque les
Hollandais ont commence A lancer des ultimatums voici
quelques semaines. Les combats qui se d6roulent A Java,
meant donnA le sens qu'ils revitent pour tous les peu-
ples coloniaux et pour le monde musulman, constituent
cxactement le genre de menace centre la paix et la
sdcurit6 que les Nations Unies ont UtB crr6es pour em-
picher. Nous espirons que I'O.N.U. trouvera le moyen
d'intervenir rapidement et de faire reprendre les nego-
ciations sous I'autorit6 d'un m6diateur neutre (si cela
est necessaire) ainsi qu'il est prvvu dans l'accord de
Linggadjati. a

2. New York Herald Trifbune (24/7):
< Les malheurs du monde sont encore accrus par
une guerre i Java, of les Hollandais ont diclenche des
atlaques contre les troupes de la Rdpublique d'Indo-
ndsie. Si on le laisse se developper, ce conflict causera
beaucoup de souffrances dans un pays oi l'espoir de
1'autonomie politbque est depuis quelque temps le seul
remAde envisage pour faire oublier les miseres causes
par la longue occupation japonaise...
Aprbs tout, les Hollandais ont reconnu depuls long-
lemps que 1'potlue de I'imp6rialisme en Asie touche A
sa fin, et les Javanais ont ddepuis longtemps accept
d'obtenir progressivement leur souverainet, complete.
n ne devrait done pas Atre impossible de trouver un
terrain d'entente, d'autant plus que les deux parties ont
tout A perdre en ayant recours A la guerre. Les Java-
nais sembleint d6sireux de faire de nouveaux efforts
pour obtenir la cessation des hostilit6s, et il est cer-
tain que les Hollandais, qui ont eux-mmmes souffert si
durement .de I'agression, devraient Atre disposes A re-
tourner A la 'table des n6gociations.

3. Washington Star (24/7) :
< Les hostilitfs qui ont Aclat6 A Java A la suite ae
l'6chec des longues n6gociations entire les autoritds hol-








SLtLIZIN QUOTIDIjiN DE PRESS 4TBANQ6Ra 5


landaises et la R6publique de faith 6tablie en Indon6sie,
sont fort regrettables et peuvent avoir de graves cons6
quences. Cependant, il est possible que dans 1'6tat ac-
tuel des choses, elles soient revenues in6vitables. >



111. PRESS SOVIETIIUE


Revue de la press soviUtique du 25 juillet 1947

1. Question d'Extrgme-Orient
Tous les journaux publient un long til6gramn'|2 de l'agenCe
Tass sur les travaux de la commission sovi6to-amrricaine
pour la Cor6e. Dans une premiere parties, ce t6legrdm'me fait
remarquer qu'aux derniures s6ances de la commission mixte,
la d6elgation amnricaine prit une position qui est en contra-
diction avec les propositions de la decision de Moscou des
trois rninistres des Affaires UtrangBres de d6cembre 1945 sur
la Coree, ainsi qu'avec 1'entente entire MM. Molotov et Mar-
shall sur les bases du renouvellement des membres de la
commission mixte. II ajoute que la d6elgation ambricaine
violent son accord avec la d6elgation sovi6tique sur la pu-
blication de communiques sur les travaux de la commission
mixte wur la Coree a publiM une declaration unilaterale. En-
fin, le tulegrajnme public les declarations faites par le g6n.-
ral Chtykok a sa conference de.lresse du 21 juillet.
Tous les journaux donnent des nouvelles snur les opera-
tions en Indonusie et reproduisent les communiques sur les.
operations militaires, ainsi que des extraits de la press
hollandaise et ambrioaine.
La derniere parties de la chronique international des
Izvestia, intitulee u Les colonisaleurs l'action s, est con-
sacree aux 6venements d'Indon6sie. L'observateur met en
relief la rcsponsabiliti anglo-americaine dans le d6veloppe-
ment du conflict 'et accuse les autorit6s hollandaise d'avoir
vendu sur pied > l'Indondsie avec son caoutchouc, son
Ctain et son p6trole.
Tous les journaux donnent egalement un long compete
rendu sur la 37" stance du Consei! Allid pour le Japon, avee
un resume d6taille des declarations dul general Derviamov
sur la rcforme agrairefau Japon.

2. La lutte pour la dmtoc ratie dans le moonde

On relive les nouvelles suivantes : lettre adress6e an
Coneil de S6curit6 par le representant de la Bulgarie aux
Etats-Unis sur les incidents de frontiere bulgaro-grecs ;
compete rendu des reponses de M. Bevin aux questions du
d6put6 communist Piratin sur la Grbce ; declaration du mi-
nistre de l'Interieur hongrois sur les elections a 1'Assembl6e
national du 31 aoft ; extraits du Neues Deutschland criti-
quant la protection don't jouit l'industriel Hugo Stynnes de
la part des autorites anglaises; Festival de la jeunesse &
Prague.

3. Autour d.1 plan Marshall

Une dpciche reproduite par tous les Journaux rend compete
de L'allocution de M. Maurice Thorez A 1'Association de la
press anglo-americaine. Deux autres t61lgrammes font &tat,
le premier, d'apres le Journal de Genave, de 1'6ventualitu
d'une prochaine alliance am6ricano-turque ; le second, d'in-
vestissements am ricains a 1'ttrang.er.
La chronique international des Izvestia est consacree a
la Conference de Paris et est intitulee : : Les cartes se de-
couvrent m. (Voir Particle plus loin.)

4. Nouoelles diverse

Tous les journaux publient un communique official ren-
dant compete dudejeuner iffert a la delegation bulgare par
le president du Conseil des nationalities et le president du
Conseil de 1'Unlon.


LE BUT DU PLAN MARSHALL (I lWstila, 25/7) :
< Depuis la cl6ture de la fameuse conference des
Etats europeens, il s'est 6coul6 a peine plus d'une se-
maine. Espace de temps bien court, mais qui .suffit
pourtant pour que les vrais maitres et initiateurs de la
conference, les monopolists ambricains, apporteni
maints sujets de tristesse et de ds.enchantement.
Non seulement les membres de la conference n'ont
pas su ce que representait le plan Marshall, miais
les homes d'Etat des U. S. A. ont indiqu6 clairement
que le CongrBs n'avait pas 1'intention de se r6unir en
session speciale pour examiner les measures d'aide a
l'Europe et qu'il fallait attendre le printemps 1948.
Par contre, les membres de la conference de Paris
ont appris le veritable prix 'de la conduite ultra-rapide
de la conference et du refus de ses organisateurs d'exa-
miner de nomDreuses questions sous pr6texte d'eviter
les discussions politiques. Les dernieres m6sures des
U. S. A. concernant 1'Allemagne ooddentale et en par-
ticulier le probl6me de la Ruhr ont montr&6 que la con-
ference 'de Paris n'6tait consid6rbe dans les milieux
americalns que comme le paravent commode d'une
politique visant exclusivement A la satisfaction des in-
tesrts 6goistes et etroits des U. S. A.
On console cependant les membres de la conference.
On lear dit que les d6marohes des U.S.A. sont < une
condition essentielle du suc-'s 'de la conference des
16 > Et ces d6marches ont pour but de faire de 'Al-
lemagne occidental le centre de la realisation du plan
Marshall. On veut utiliser la puissance industrielle de
[a Ruhr pour dominer les pays 'de I'Europe occiden-
tale. II suffit de rappeler a ce sujet la conference de
press du g6enral Clay, A Francfort-sur-le-Main, le 17
juillet, oft il predit Iinnclusion de l'teonomi. de I'Alle-
magne occidentale dans le plan Marshall.
Ainsi il y a 6galit6 enit-e le redressement de 1'Alle-
magne et celul 'des pays victims de l'agression alle-
mande et la puissance Bconomique-ae 1'Allemagne sera
rdtablie plus vile que celle de ses voisins. II est natural
que cela cause une grande iniquidtude err France. Le
,ewu Yp~'k HIe4al d Trtblluy reconnait lui-meme avec
cynisme que les consequences de la conference de Pa-
ris a menacent la France de perdre le dernier rempart
de sa politique extbrieure.



IV. PRESS BELGE


LES ALLIES OCCIDENTAUX ET LA RUHIL

1. Lia Nkatoam BJlgqe (26/7), Union national :
Si 1'Amerique a consider& la recent conference de
Paris coimme un veritable success, elle a 6te tres' d&4ue.
ces jours derniers, par l'attitude de la France en cc
qui concern 1'application du plan Marshall A 1'Alle-
magne. It ne faut pas tenter de dissitmuler que la de-
marche de l'ambassadeur de France, M. Henri Bonnet,
aupres du D6partement d'Etat. a cr66 la plus fAcheuse
impression.
Cela ne signifie evldemment pas qu'on ne comprenne
pas & Washington, .dans une certain measure tout au
moins, la position frangaise. Si la France eraint la re-
surrection de l'industrie allemande et sp6olalement de
son industries lourde, c'est parce que cette industries
tourde a permis A l'Allemagne de l'envahir trois fois
en moins d'un siecle. On admet tr6s bien que l'indus-
trie 'de l'acier allemande a et. A la base des guerres d.c







.6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE ATRANGARE


1914 et 1939. On comprend parfaitement aussi que la
France 6prouve certaines hesitations a permettre que
la production allemande de l'acier puisse atteindre
plus de 10 millions de tonnes, comme le propose la
th6se anglo-am6ricaine.
Mais cependant l'opinion poldtique americaine est
unanime A consider les craintes frangaises comme
exager6es et n'est guBre dispose a admettre la these
francaise en vertu 'de iaquelle la production du char-
bon de la Ruhr devrait &tre double, etantrentendu que
le surplus devrait etre livre A la France, pour les bec-
soins de sa propre industries lourde. II n'est pas just
de dire, comme l'ont fait certain journaux frangais,
que l'Am6rique veut commencer le redressement 6cono-
mique de I'Europe par I'Allemagne, mais il est exact que
l'Am6rique estime que tbute tentative de relevement de
l'Europe -est vouee A l'insucc6s si 1'Allemagne ne parti-
cipe pas au programme aussi bien que les pays allies.
(Du correspondent .de La ANa tijolnBegse A Washington.)

2. Da CiNe A l oulle (26/7), catholique de gauche :
II n'y a aucune raison pour que la France -- qui
refuse encore de fusionner sa zone d'occupation A la'
<( bizone anglo-am6ricaine soit invite A participer'
aujourd'hui a une conference qui n'est qu'une < affaire
intrrieure > de la bizone. Le gouvernement frangais ne
consulate pas les Anglais ou les Am6ricains pour g6rer
la Sarre. Pourquoi les Anglo-Am6ricains devraient-ils
la consulter pour g6rer la Ruhr ?
Mais s'il s'agit 'de modifier le niveau industrial de
I'Allemagne ou -de remettre la propridte des usines alle-
mandes entire les mains allemandes, tout change. La'
France, sur celte question, doit avoir la parole. On s.e
mord encore les doigts de ne pas la lui avoir donn6e
i Potsdam. Elle doit avoir la parole. Mais non pas'
seule : 1'U. R. S. S. aussi.




V. PRESS SUISSE


LE TRAIT DE PAIX AVEC LE JAPON.

1. NekVe Ztii'ci)e Zeii ng(25/7) ;
< ...Le D6partement 'd'Etat propose que les repres-en-
tants des onze Etats qui ont .des d6legu6s A la << Far
Eastern Commission > de Washington (Elats-Unis,
U. R. S. S., Grande-Bretagne, Chine, France, Pays-Bas,
Canada, Australie, Nouvelle-Z61ande, Inde et Philippi-
nes) soient charges de 1'6laboration du trait de paix...
En ce qui concern la procedure, le D6partement'
d'Etat a soumis aux repr6sentants de la < Far Eastern'
Commission > un plan qu'on est oblig6 de qualifier de
r6volutionnaire : les decisions du Conseil des Onze de-
vraient 6tre prises A la majority des deux tiers...
L'initiative de Washington en faveur d'un r6glement
par Ia voie rde votes d6mocratiquement 6mis posside'
un int6rkt de principle plut6t qu'une importance prati-
que. Une grande partie'des probl6mes territoriaux con-
cernant l'Extr6me-Orient ont 6t' r6gl6s pendant Ia'
guerre, lors de la Conference de Yalta, of les Russes
ont obtenu le Sud 'de Sakhaline, les Kouriles et les droi
de disposer -des installations portuaires et ferroviaires
de Dairen et de Mandchourie.
Pour la majority des autres questions r6scrves
faites de celles qui concernent les reparations -- la


(( Far Eastern Commission > a djha trouv6 des solu-
tions, que la Conf6rence 'de la paix ne pourrait qu'en-
teriner, ou du moins elle a deja accompli un travail'
fort substantial. De mime, les directives adress6es au
g6n6ral Mac Arthur, qui ont determine le sens de sa
politique d'occupation et qui, dans une large measure,
ont cree un 6tat de fait, procdent des decisionss prises
par cette Commission. Aussi la porthe pratique -de la'
Conference de la paix envisage senble-t-elle relative-
mnent restreinte. Mais l'int6r6t theorique du mode de
scrutiny propose n'en apparait que plus grand, surtout'
si 1'on se rappelle que de nombreux milieux americains-
souhaitent la creation d'un Etat .mondial. A Washing-
ton, on emet des hypotheses divergentes concernant les
consequences politiques immediates du refus sovi6ti-4
que, mais on s'accord A penser que ce refus aura pour
effet d'accroitre encore la tension entire les deux puis-
sances. i
(Du correspondent A Washington de la l'eu4e Ziiircherr
Ztilt4ng.)


2. LPl TrilPrtie dSe Getziv)e (25/7) :

< Le gouvernement de Londres 6met des objections
au sujet de la date de la conference parce que les mem-
bres du Commonwealth britannique, voulant se con-.
certer entire eux sur 1'attitude a adopter a l'gard du'
problem japonais, avaient pris rendez-vou's A Can-
berra, le 26 -aoit. II est assez comprehensible que lest
diverse parties d'un empire sur lequel le soleil ne se,
couche jamais puissent consi'derer le trait de paix nip-
pon sous -des angles diff6rents. Le Canada, voisin des
Etats-Unis, spouse forcement la plupart des vues de
cette puissance. L'Inde parait dispose h plaider la
cause du Japon, par solidarity asialique. Il en va autre-
ment pour I'Australie, .qui a tout lieu 'de craindre un.
redressement du pays vaincu. Un de ses mThiistres a.
d6clar6 dernierement : << Nous -avons vu une lois d6jai
les Japonais de ce c6t6-ci des months Owen-Stanley, eni
Nouvelle-Guinie. Nous he voulons pas courir de nou-
veau un tel risque. >
Pourquoi done les AmBricains favorisent-ils 1'efforr
industrial 'du Japon ? Tout -d'abord parce que le solf
de l'archipel nippon ne s'era jamais capable de nourrir~
ses 70 millions d'habitants. Ensuite parce que, grice ba
ses exportations de products manufactures, le Japoni
obtient les devises qui lui permettent de payer ses im-4
portations, et celles-ci proviennent en majeure parties,
des Etats-Unis. Le gouvern-ement de Washington af-
firme bien que l'industrie nippone sera surveill6e 'de
telle fagon qu'elle ne puisse produire du materiel del
guerre. Pour ,autant, 1'Australie et la Nouvelle-Z6lande'
ne sont pas pleinement rassur~es. La premiere, sur-'
tout, sera toujours un objet de convoitise pour le Japon
surpeupl6.
Si les membres du Commonwealth britmindque n'ar,
rivent pas A s'accorder sur le sort A r6server au Japon,
que sera-ce lorsque les Onze se rencontreront A San-
Francisco ou ailleurs ? Plus encore que l'Australie, la
pauvre Chine est en droit de reclamer lies garanties'
contre ine nouvelle aggression 'de ses turbulent voisins.
Plus acharn6e fu! la lulte, p!as la paix est .difficile
A gagner. Que faudra-t-it pour persuader, les hommes;
que la guerre ne pale pas? 2
(R. CHOUET.)


&S.f. l mp. 27, rue Nicolo, Paris 81.3009
Prix : 6 frs.




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