Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: July 15, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00139
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTtRE DE ZA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANCHISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERNi


BULLETIN


DE


PRESS


15 juillet 1947.


QUOTI


ETRANG


Nouvelle S6rie N 717


SOMMAIRE


1. PRESS BRITANNIQUE.
a) Avant la Conf6rence de Paris.
1. Ddmly Herald (12/7).
2. Times (12/7).
3. Daily Telegraph (12/7).
4. News Chronicle. (12/7).
b) La situation en Grece (News Chlrpnicle, 12/7).
II. PRESS AMERICAINE.
Avant la Gonference de Paris (New York IlHeld
Tribune, 11/7).
III. PRESS BELGE.
Avant la Conference .de Paris.
1. Le Peuple (12/7).
2. La Citd Nouvelle (12/7).
IV. PRESS SUISSE.
L'avenir de I'Allemagne (Guzetle de LauszaiVze,
12/7).


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press briiannique du 12 juillet 1947
L'ouverture de la Conference de Paris, les conversations
commercials anglo-sovittiques, la question du Soudan
anglo-dgyptien, le probl6me indien, tells sont les grande
-questions auxquelles la press de ce matin donne la vedette.
Les conflicts sociaux en France fournissent matiire A trois
articles dans le Times, le Manchester Guardian et le Daily
Telegraph.
1. Aide amdricaine 6 l'Europe
La press de ce matin donne un tableau tres complete des
reactions provoquces dans les milieix diplomatiques et de
press des diff6rents pays par la decision prise par le gou-
vernement de Prague de ne pas participer i la Conference
de Paris.
A oe sujet, les correspondents du Times A Paris et A Pra-
gue exposent en detail les effets de cette decision.
D'apris le premier correspondent, les milieux diploma-
tiques de Pa.is seraient unanimes a consider que le gon-
vernement de Prague'a &td obliged de se plier aux volontes
dul Kremlin et que cette decision prove l'impossibilit6 de
collaborer entire 1'Est et I'Ouest. Ces milieux regretteraient
aussi que le refus de la Tchdcoslovaquie ait transform une
conference purement economique en une conference politique.


Cependant, d'apr6s ce correspondent, les delegations bri-
tannique et frangaise sont d6cidees A ce que le caract6re de
la Conference ne soit pas alfectd par 1'absence des pays de
I'Est. Les qu'atorze gouvernements qui ont accept l'invita-
tion travailleront comme si les vingt-deux gouvernements
invites 6taient tous presents.
Le correspondent a Prague de ce m6me journal et ceux du
Daily Telegraph et du Manchester Guardian font 6tat de la
profonde deception cause en Tchecoslovaquie m6me par
la decision du godvernement de Prague. Ils rappellent que
ce gouvernement "avait tout d'abord accept l'invitation
franco-britannique avec empressement et que ce ne fut
qu'apris de longues et pdnibles discussions qu'il dft se pller
a la decision de Moscou.
En d6pit du communique official publiM a I'issue de ce
debat et de 1'attitude d'une parties de la press tch6coslo-
vaque, la population s'inqui6terait d'avoir A finance la re-
construction du pays par ses seules resources et d'avoir a
payer comptant les matitrcs premieres qu'il recevra do
I'Ouest.
D'apres le Daily Telegraph, les 6ldments pro-occidentanx
de Prague ont dft ceder aux injonctions russes s'ils ne vod-
laient pas voir le parti communiste, appuyd par Moscou,
s'emparer de tons les postes-cles du government. Sans
doute le gouvernement tchecoslovaque comprendrait que ;a
Russie n'est pas en measure actuellement de lui apporter one
aide &conomique efficace, mais il ne pourrait se permettre
d'adopter une attitude contraire a la volontd du, Kremlin.
Ce correspondent conseille aux gouvernements occidentaux
de ne pas considdrer comme satellite de I'U.R.S.S. la Tcheco-
slovaquie, tout d'abord parce que ce serait d6courager lea
6elments pro-occidentaux de cc pays et aussi parce que i"e
consequences de sa defection i la Conference de Paris ne
manqueront probablement pas de porter un coup aux dle-
ments pro-sovidtiques. Ce correspondent explique notam-
ment la decision de Prague par des raisons de s6curite.
Le correspondent du Manchester Guardian dcrit qu'il est
impossible de ne pas dprouver de la sympathie pour le goun-
vernement tch6coslovaque a qui a dtd oblige d'avaler une
pilule aussi amrre o.
Le correspondent du mIme journal h Paris reproduit i
son tour des extraits d'un article du Monde d'apres lequel
la Tchicoslovaquie pardonnerait difficilement cet affront an
Kremlin.
En rdsumd, la press britannique semble s'efforcer de
trouver le moyen de comprendre les difficulties duo gouver-
nement de Prague et ne vent que retenir l'accueil favorable
qu'il avait rdservd pricddemment aux gouvernements fran-
gais et britannique.
Elle fait Igalement 6tat de la pression exercde par Moscou
sur la Finlande et du ddsir de cette puissance de ne pas
froisser les Etats-Unis aifisi que de ne pas s'attirer l'hom-
tilitd sovietique. I1 fait remarquer aussi que la Russie a sa
employer des arguments puissants pour amener la Hongric
A refuser centre son voeu de participer a la Confdrence.
N. W. Ewer, du Daily Herald, pense 6galement que l'atti-
tade de la Pologne a 6td dictee par la volont6 du .remlin.
ut:. t au Daily Worker, 11 rcprond, pour justifier le refuse






2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE ETRANGIRE


de la Tchecoslovaquie, I'argument selon lequel les Anglu-
Saxons entendraient restaurer la puissance allemande et en
faire un instrument offensif du- bloc occidental.
Sur la question allemande, le News Chronicle annoiceu
en manchette que 75 millions de livres sterling vont 6tre
allouees par la Banque mondiale it la modernisation aea
mines de la Ruhr, la production de carbon allemand etant
considered par les Anglo-Saxons comme la cl du redrcsse-
ment europeen.
Le Daily Worker donne la vedette 6 cette information
pour affirmer que les Etats-Unis entendent poser comme
condition de leur aide le contr6le de toutes les mines de la
Ruhr et de l'industrie lourde allemande.
Le correspondent du Times i Paris signal que Ie gouver-
nement frangais souhaiterait que la Conference no cherchb
pas a fixer d6finitivement te sort de l'Allemagne el qu'on
se content de prendre note de cc qui pourra Utre product
en Europe occidental d'apres les possibilities actuelles. Mais,
d'apres ce correspondent, il y a d'autres gouvernements qui
pensent que tout inventaire de 1'Europe serait faussi si 1'on
ne tenait pas compete des possihilit6s de la Ruhr. Et ]'on salt
aussi que de nomhreux membres du" gouvernement amCrt-
cain ont fond6 leurs espoirs sur le r6le que pourrait jouer
la production de la Ruhr dans le plan general de recons-
truction.
Etudiant les chances du plan Marshall devant le Congrt-s
ie correspondent du Times estime que l'aide i la Grce- cons-
tituera la premiere experience de son espece et qu'elle rie
manquera pas d'avoir une influence considerable sur la deci-
sion du Congres.
Le correspondent du Daily Telegraph a Moscou donne dce
extraits de la press americaine commentant la decision de
Prague et y voit la preuve du contrOle exerc6 par lU.R.S.S.
sur le gouvernement tchecoslovaque.

2. ConversatiOns coanmerciales anglo-sovidtiques
La plupart des journaux annoncent que les conversations
commercials anglo-sovietiques dolvent approcher de lear
conclusion. Une parties de 1 press conservatrice announce
qu'elles sont arrives A un point critique et que I'on saura
dans quelques jours s'il faut les considered comme un nou-
vel effort infructueux de rapprochement entire 1'Est et
l'Oest.
Parlant ensuite de la revision de l'alliance anglo-sovii-
tique, le correspondent diplomatiqut du Daily Telegraph
ecrit que le principal obstacle residait dans la clause que
les Russes veulent inclure dans le trait et aux termes d,
laquelle la Grande-Bretagne n'accorderait son appui h aucun
pays considered comme hostile i 1'U.R.S.S., ce qui, d'apres
lui, aurait pour effet de s6parer les Etats-Uuis et la Grande-
Bretagne.
3. France
Le correspondent du Times a Paris fait etat des espoirs
de reglement du conflict relatif aux salaires des fonction-
naires.
Les correspondents du Manchester Guardian et du Daily
Telegraph pensent aussi que la grave a des chances d'etre
ivitee. Le correspondent du journal conservateur rcmarque
A propos des revendications paysannes que personnel n'ecoute
les avertissements de M. Ramadier qui repete chaque jour
que toute hausse des prix ne peut qu'augmenter les risques
d'inflation.
Ce meme correspondent signal qu'un batcau aya:it A bord
4.000 Juifs a pu quitter un port frangais malgre les measures
de police qu'i avaient et6 prises.

4. Egypte
Le Daily Herald donne la vedette aux remarques du gou-
vernement egyptien aupris du Conseil de Securite pour
demander le retrait imm6diat des troupes britanniques sta-
tionnees dans la vallee du Nil ct du Soudan et la suppres-
sion du Condominium anglo-6gyption sur ces dern;ers terri-
toires.
Le correspondent dl Times i Lake Success signale que le
memorandum egyptien remis au Conseil de Sieurit6 est
congu en termes excessifs.


5. Inde
Ie correspondent du Times A Delhi signal que I'annonce
de la nomination de M. Jinnah au poste de gouverneur ge-
n6ral du Pakistan a 6t6 accueillie avec satisfaction par la.
population musulmane, mais que les Hindous lui ont fait
un acereil r6serv6 et qu'ils s'6tonnent que Lord Mountbatten
ne soit pas gouverneur des deux dominions.
6. Grace
Le correspondent du Times i Athines signal de nuu-
velles arrestations parmi les communistess grecs. II fait etat
des declarations du general Zerdas d'apris lesquclles celui-ci
aurait mont6 plusieurs complots centre le gou'vernement grec
actu el.
Betty Bartlet, correspondante du Daily Worker A Athenes,
interprete cette declaration comme un aveu du caractere
arbitraire de l'arrestation de democrats innocents.


AVANT LA CONFERENCE DE PARIS.

1. Daily IZeWaid (12/7, travailliste) :
c L'6volution 'd.e la situation indique.clairement que
les refus de la Tch~eoslovaquie, de la Finlande et .de
la Pologne ont 0t6 dict6s par le gouvernement sovie-
tique...
11 est impossible de ne pas conclure que les gouver-
nements des pays qui se trouvent dans la sphere 'd'in-
fluence sovietique ne sont plus libres. Ils jouissent peut-
Rtre de leur souverainet6 national, mais leurs droits
souverains ne leur permettent pas de prendre des dB-
cisions qui 'd6plaisent au gouvennement sovi6tique ou
qui soient contraires A la politique sovi6tique.
Le caractbre et le but de la politique sovi6tique en
Europe sont maintenant devenus exeessivement clairs-
Son but est de faire de I'Europe orientale (et autant
que possible de l'Europe centrale, une organisation
politique et kconomique 6tpoitement li6e A l'Union so-
vi6tique et nettement s6paree de l'Ouest et du monde
d'outre-mer.
Les mobiles de cette politique sont doubles. La theo-
rie militaire russe courante est que, pour la security
de I'Union sovietique, il est n6cessaire que les gouver-
nements ,des pays qui se trouvent A I'ouest de la Russie
soignt ( loyaux > A Moscou.
Et les 6conomistes russes estiment qu'il est n~des-
saire a la reconstruction et au developpement 'de
I'Unnion soviitique que les economies de ces pays soient
6troitement int6gr6es A 1'Nconomie sovietique.
Pour atteindre ces -deux buts, la diplomatic sovi6ti-
que est oblige non seulement de renforcer tous les
liens qui unissent la Pologne, la Tch6coslovaquie et au-
tres pays A la Russie, mais aussi d'affaiblir ou de rom-
pre tous les liens qui les unissent au restee de 'Europe.
Ce but apparait clairement dans toute la politique
sovi6tique europ6enne d'apres-guerre que ce soit en
Allemagne, au Conseil des ministries .des Affaires 6tran-
geres ou A la Conference de la Paix. v

2. Times (12/7) :
< Les repr6sentants de 14 nations europeennes se
joignent aujourd'hui aux del6gations 'dirig6es par
MM. Bevin et Bidault pour constituer les commissions
qui 6laboreront le programme de reconstruction preoo-
nise par M. Marshall. Ils ne representent pas toute 'Eu-
rope, Rtant do:nn6 que 1'Union sovi6tique et huit autres
pays ont d6cidW de ne pas s'associer a leurs travaux,
mais ce n'est pas pour cette raison qu'ils representent
un bloc 'destine a servir des fins occultes. Ils se r6unis-
sent dans le but de voir ce que chacun d'eux peut fair
pour aider les autres, et aussi parce que les Amtricains
d6courag6s par le nombre de ceux qui leur demandent
ties credits, ont pref6r6 que les bendficiaires se mettent






BULLhTIN (UOTIDIEN DE FkthSSE ATRIANUfiE 3


d'accord entire eux au pr6alable sur 1'utilisation d'un
credit en dollars...
Le foss6 qui spare 1'Est et 'Ouest .n'est pas un gouf-
fre et il n'y a aucune raison pour qu'il le devienne. Le
gouvernement britannique a bien fait d'insister pour
que la porte reste ouverte A 1'Union sovi6tique si elle
desire coop6rer. II vaudrait encore mieux encourager
vigoureusement la poursuite des n6gociations en vue
d'inlensifier les changes commerciaux avec 1'Europe
orientale. De nombreuses raisons nous font penser que
res negotiations seraient fructueuses... La meilleure r6-
ponse que la Grande-Bretagne, la France et les pays
qui se sont associ6s a slles k. Paris pourraient faire
a leurs amis d'Europe oriental serait la creation d'une
organisation solide, travaillant sans discrimination a
I'amelioration 'du sort de 1'Europe en general, el un
redoublement d'6nergie pour conclure .des accords
commerciaux avec les pays de 1'Est. Its doivent prou-
ver, et o'est assez facile, qu'ils considerent que la re-
construction d'une parties de 1'Europe est li6e A la re-
construction de toute l'Europe. C'est seulement en agis-
sant ainsi que l'on parviendra A uine veritable recons-
truction. ;
3. Dally 71elej[,tph (12/7, conservateur) :
S1II est devenu de plus en plus evident que la Russie
est decidBe A 'diviser 1'Europe (sinon le monde) a .la
fois sur le plan politique et sur le plan ecconomique.
L'invitation lance en commun par MM. Bidault et Be-
vin 6tait strictement limited a une proposition pour
6tablir une commission .de cooperation et quatre sous-
commissions charges de s'occuper du ravitaillement et
de l'agricuture, 'des combustibles et de 1't6nergie, du fer
et de l'acier et .des transports. Le Kremlin a vu dans
ce document un defi politique lance son influence
en Europe orientale et a r6agi d'une fagon deplorable.
La pression exercee en particulier sur la TchBeoslova-
quie (qui est l'Etat slave 'dont-.les liens avec l'Ouest ont
toujours WtB les plus forts) est particulibrement er-
frayante et sinistre...
II est d'autant plus important que les seize nations
qui se r6unissent a Paris aujourd'hui, se mettent rapi-
dement au travail dans une atmosphere amicale. La
seule r6ponse possible A la politique russe actuelle se-
rait de r6aliser une integration libre des pays de l'Eu-
rope oci'dentale, A laquelle pourraient toujours se join-
dre les Etats de 'Europe oriental. >
4. News CUMconidle (12/7, liberal) :
< ...t1 est exact qu'une veritable frontiere spare
maintenant 1'Europe, mais elle n'est pas infranchissable.
Les changes commerciaux s'effectuent dans tout le
continent en d6pit des sentiments et des affiliations po-
litiques. L'Ouest .ne peut vivre sans les products ali-
mentaires de l'Est et 1'Est a besoin des pro'duits de
l'Ouest. Ce sont des faits qui ne sauraient 6tre changes
au course .de notre g6enration.
La force de ce principle ne peut etre accrue que par
le succes du plan Marshall pour la reconstruction des
pays qui acceptent d'y participer. Etant donnede que leur
production augmentera, ils auront davantage a offrir et
les liens .Bconomiques qui les unissent A 1'Est seront ren-
forc6s et smultiplies... 3
b) LA SITUATION EN GRaCE (News Clhjnicle, 12/7, lib6-
ral) :
c ...La vague d'arrestations massive operbes A Ath&-
nes a port un coup' h tous ceux qui avaient esp6r6
que la GrBce arriverait A .assimiler le systeme d6mo-
cratique. Avant de chercher A justifier son action, le
gouvernement grec devra prouver de fagon irrefutable
existence 'd'un vaste et dangereux complot.


Avant .de se racheter aux yeux des d6mocraties, il
devra faire juger 6quitablement et en public tons ceux
qu'il a fait arr6ter...
Nous devrions faire tous nos efforts pour nous assu-
rer que nos ressources ,soient mises a la disposition de
ceux qui les utiliseront d'une fagon civiliske. Nous ne
pouvons esp6rer enseigner la 'd6mocratie en excusant
les actes de ceux pour qui elle ne signifie rien, sinon
une excuse pour avoir recours L des proc6des reac-
tionnaires.



11. PIHESiE AMEHICAINE


AVANT LA CONFERENCE DE PARIS (New York Herald Tri-
bune, 11/7) :
< Si les Russes out Wet pris de court par l'offre de
M. Marshall et I'action rapide de l'Europe occidental
pour r6pondre a cette otfre, its out avec un peu de
retard mis en action leur puissance Bconomiklue et poli-
lique pour regagner le terrain perdu. L'effet de la pres-
sion exerc6e par I'Union sovietique sur les pays qui se
irouvent dans sa splhre d'influence est tres apparent;
mnime la Tchecoslovaquie est revenue sur sa decision de
participer avec les puissances occidentales a la Gon-
terence destine a mettre au point le plan Marshall. Mais
ii n'y a pas que les pays de 1'Est qui aient ressenti le
contre-coup des efforts d6ployds par la Russie pour
faire Bchec au plan Marshall...
La Russie n'est pas 6cart6e par les autres puissances
de la Conference. M. Norman Armour a, au nom des
Etats-Unis, manifesto a nouveau l'espoir que la Russie
reconsidirerait son attitude. Mais I'intensification de Ia
pressioni exerc6e par le Kremlin au course de ces der-
niers jours, le refus des satellites de la Russie de par-
,ticiper & la Conference de Paris, ne laissent guere es-
perer un changement d'attitude imm6diat de la part des
dirigeants sovi6tiqlues. Le devoir de l'Ouest sera done
de tirer le meilleur parti possible des resources don't
il dispose et de montrer a P'Est que les privations su-
bies par l'Europe des deux c6tes de la ligne de partage
sont le resultat inevitable de la politique de Moscou et
qu'elles se font sentir surtout chez les amis de l'Union
sovi6tique :.


III. PIESSE BELGE


AVANT LA CONFERENCE DE PARIS :
1) Le Peu ple (12/7, socialiste.
A la veille de la nouvelle Conference de Paris, la
situation est bien claire.
Les gouvernements qui ont r6pondu h I'invitation
conjointe de la Grande-Bretagne et de la France sont
resolus h conjuguer librement leurs efforts. Ils admet-
tent que Ics n6cessites du salut commun assignment cer-
taines limits aux souverainetes nationals. Sans rien
aldiquer de leur ind6pendance, ils sont disposes a cot-
laborer sur pied d'6galit6 et chacun dans la measure de
ses moyens, sans rejeter A pfiori 1'6ventualit6 d'un con-
tr6le mutual.
L'Union sovietitue et ses satellites ne sont pas hos-
tiles a la cooperation, mais toute idle de conlrBle leur
apparait comme une atteinte insupportable au pritcipe
de la souverainet6 >.
(Victor LAROCK).






MULLIrIN QUOV!DZEN DL FR=sEX *TIAN09AP,


2) La Cl66 N tol ile (12/7, catholique de gauche).
t La volte-face de la Tchkcoslovaquie, qui avait
d'abord donn6 son accord en toute independance et en
connaissance de ses affinites et de ses besoins reels,
itonnera sans doute l'opinion mondiale. Mais sa situa-
tion est incontestablement la plus delicate qui solt, au
cceur d'une Europe toujours et de plus en plus ma-
lade... La Tch6coslovaquie paie, la toute premiere, la
mis8re de 1'Europe.
II1 va de soi que, si elle avait pu computer sur des
relations dconomiques normales, memes difficiles, elle
eft jou6 un jeu plus net et plus ind6pendant. Mais
quelles nations europ6ennes pourraient lui garantir des
relations si elle le ,dsirait qui fussent capable de
supplier, pour sa jeune -et puissante industries, aux re,.-
sources de l'immense march sovi6tique ?
II est done pr6mature de conclure que la Tchecoslo-
vaquie s'est d6tach6e de 1'Occident et s'est r6solument
tourn6e vers 1'Union sovi6tique. La nation de Masaryk
et de BWnes ia trop de sagesse pour ignorer que le des-
tin des peuples est aujourd'hui lie A l'obligatoire l6ar-
gissement et A 1'irrisistible assouplissement des rela-
tions internationales. Dans le monde qui reste UN, mal-
gr6 des fractures occasionnelles, la Tch6coslovailuie en-
tendra certainement garder une place de collaboratrice
attentive A l'organisation d'un monde d6livr6 de la sus-
picion et de 1'inquietude ..


IV. PRESS SUISSE


L'AVENIR DE L'ALLEMAGNIE (Gazette de Dausanne, 12/7).
...Un accord 6conomique europeen serait boiteux s'il
faisait abstraction des besoins et des resources de 1'Al-
lemagne. Mais c'est le refus cat6gorique des Soviets
qui approfondira davantage encore, et peut-6tre ir-
remCdiablement, le foss *'qui s'est creus& entire In zone
de 1'Est et celle de l'Ouest. I1 y a plus de risques dord-
navant que l'on se trouve, A la Conference de Londres
qui doit s'ouvrir cet automne pour tenter de resoudre
le problem allemand, devant des faits accomplish de
part et d'autre qui compromettront 1'entente finale.


L'accord du 29 mai crtant un Conseil economique
allemand pour les deux zones anglaise et amnricaine,
Blu par les parlements des Etats, est le premier pan
vers l'institution d'un gouvernement central de l'Alle-
magne occidental. L'accent mis aujourd'hui sur l'as-
pect Bconomique de la crise europ6enne ne fera que
donner plus d'importance A ce conseil...
II y a plus. Les autoritbs anglo-saxonnes d6cideraient
bient6t de porter A 12 millions de tonnes la production
annuelle d'acier de leurs zones, rompant en cla l'ac-
cord A quatre du 27 mars 1946. Un < plan industrial >
a Wt 6Blabord en outre entire Anglais et Americains qui,
s'il est mis en vigueur, doit permettre un relevement
general de la production. De plus, le gouvernement bri-
tannique accepterait, pour P'essentiel, la proposition
americaine tendant A remettre les mines de carbon
allemandes A des c administrateurs s6questres 3 pen-
dant cinq ans. Cela 6quivaudrait pratiquement pour les
Anglais A renoncer A la socialisation v des mines
de la Ruhr, tout au moins a s'en remettre pour cela
aux Allemands eux-mtmes. Enfin, J'id6e d'une paix sepa-
r6e avec l'Allemagne a 6td abondamment exprim6e dans
les emissions radiophoniques d'outre-Atlantique.
Les Russes de leur c6!6, ne se laissent pas distance.
Deux jours apres la seance inaugural du Conseil 6co-
nomique bizonal, se r6unissaient A Kalrshorst les mi-
nistres et les presidents d'administrations centrales de
la zone russe, afin de constituer 6galement un conseil
6conomique. De plus, on creerait en zone sovi6tique, A
l'instar du project ambricain, un i comity ex6culif 3
design par les occupants, don't les decisions s'appli-
queraient aux difffrents, pays > et qui serait lui aussi
le d6but d'un veritable gouvernement central de la
zone. L'ind6pendance des ( Lander 3 y perdrait en-
core...
L'atti!ijde des ministres-pr6sidents de la zone sovie-
tique a Munich n'a pas permits semble-t-il, d'esperer
d'eux un effort sincere pour arriver A la cohesion na-
tionale, par dessus la ligne de demarcation. Chacun des
occupants s'efforce de gagner A sa cause la faveur de
l'occupL. L'unit6 politique de l'ancien Reich semble
plus lointaine que jamais. Et l'on volt de moins en
moins comment les divergences de vue entire les Al-
lids au sujet de P'Allemagne pourraient etre aplanies .


S.P.I., Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


Im I


--


Pr


ix : 6 fr.




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