Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: July 7, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00133
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRAN9AIS
D'INFORMATION
(MnlIST*an DR LA JEUNESSE,
Ds ARTS ET DES LETRB8s)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DQCUMINTATION FRANQAISE


MINISTER
DES AFFAIRESDs,
SERVICE DIRAMS
IT AEARESFE


BULLETIN


QUOTIDI


DE


7 juillet 1947.


PRESS


ETRANGERE


Nouvelle Sdrie No 711


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) Apres 1'6chec de la Conference 'de Paris (Daily
Herald, 5/7).
b) Le project de loi sur l'ind6pendance de l'Inde.
1. Times (5/7).
2. Daily Herald (5/7).
3. Daily Telegraph (5/7).
c) Le ,discours 'du Pr6sident Truman, a l'occasion
de 1'Indepen.dence Day (Daily Telegraph, 5/7).
d) La situation int6rieure en Chine (Times, 5/7).
II. PRESS AMARICAINE.
a) AprBs 1'echec de la Conference de Paris (New
York Herald Tribune, 4//7).
b) Les Etats-Unis et la situation en IndonBsie (New
York Herald Taibune, 5/7, edition europ6enne).
III. PRESS SOVIdTIQUE.
La situation int6rieure en Italie.
1. Izuesiia (2/7).
2. Krmwaja ZuezdIa (4/7).
IV. PRESS BELGE.
La situation intdrieure en France (La Cite Nouvelle,
5/7).
V. PRESS SUISSE.
AprBs 1'6chec de la ConfBrence de Paris.
1. Jcornal de Gendve (5/7).
2. Tribune de Geneve (4/7).
3. Gazeftte de Lausanne (5/7).
4. Neue Ziircher Zeitung (4/7).


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press biitannique du 5 Jiuillet 1947
La press de ce matin met en vedette 1es declarations de
M. Truman et M. Bevin sur le plan Marshall, .les reactions
des diff4rents pays d'Europe au sujet de l'invitation que
leur adressee la France et la Grande-Bretagne en vue de leur
participation A la conference du 12 juillet.
D'autre part, la question indienne et celle de la publica-
tion du project de loi sur l'inddpendance de l'Inde (c Indian
Independence Bill a) pr5sente aux Communes par le Premier


Ministre redeviennent un des centres d'int6r6t essentials pour
1'opinion britan 'que.
Certains journaux s'intdressent aussi au vote de confiance
obtenu hier par le gouvernement Ramadier. Le Times public
un long article d'un de ses correspondants a Paris sur la
situation po.itique frangaise. Enfin, les journaux qui annon-
cent le referendum espagnol ne cachent pas que le mode de
scrutiny utilis6 repr6sente une parodie e la ddmocratie.
1. Aide americaine & l'Europe
Tous les journaux reproduisent 1'essentiel des declarations
du President Truman t l'occasion de l'Ind6pendance Day
et ils mettent en relief les critiques adresees par le Prdsident
des Etats-Unis a la politique sovintique qui est, selon lui,
dirig6e par un e nationalism excessif 3 et une a manie
d'ob-'*uction v.
Les journaux donnent dgalement la premiere place aux
declarations faites hier par M. Bevin A la colonies amdricaine
de Londres. LA encore, ils remarquent que M. Bevin a adressd
un avertissement h peine d6guis6 A la Russie en la prdvenant
qu'elle ne devait pas abuser de la patience britannique.
Tous les journaux citent d'importants extraits de l'allocu-
tion du ministry des Affaires 6trang6res et notamment du
passage dans lequel M. Bevin adjure ses amis amdricains et
anglais de c donner A la France la chance qu'on lui a re-
fusee apres l'autre guerre > et dans lequel ii a rendu un
hommage personnel au courage et a l'autoritd de M. Bidault.
La presse s'int6resse ce matin aussi a la reaction des
divers pays d'Europe devant I'invitation franco-britannique.
D'aprBs le Times, la Hongrie, la Pologne adoptcraient une
attitude r6servte.
L'Italie, le Portugal, la Suede, le Danemark accepteraient
i'invitation, d'apres le Daily Telegraph.
La Tchecoslovaquie, pour sa part, attendrait d'abord de
consulter l'U. R. S.S. et son ministry des Affaires 6trang6res
serait part pour Moosoou.
Le Daily Worker critique vivement la politique amdricaine
qu'il accuse de fomenter des complots reactionnaires en
Europe occidentale. I1 accuse, d'autre part, M. Bevin de se
faire Pun des serviteurs des Etats-Unis et estime que les
autoritds am6ricaines et aTnglaises d'Allemagne agissent en
dehors du contr61le de Berlin.
Un correspondent de ce journal Bcrit qu'on parole beau-
coup en Angleterre et en France d'economie planifiee et que
MM. Bevin et Bidault ont attel leur pays A l'economie ins-
table de 1'Amdrique, actuellement menace par une crise. Ils
esp6rent des dollars en retour, mais les dollars ne peuvent
que retarder et non resoudre la crise frangaise et h chaque
dollar est.attachde une condition politique.
2. Inde
La press donne une place de choix A la question de l'Inde.
Le fait que le Premier Ministre a soumis officiellement
PF Indepenaance Bill A A la Chambre des Communes cons-






2 BULLETIN QUOTIDIEN DR PRESS STRANGRRB


titue, d'apr6s le correspondent parlementaire du Times un
nouveau chapitre important dans l'histoire du Common-
wealth britannique.
Le Manchester Guardian rcmarque que c'est la premiere
fois qu'un project de loi a ete prdscnte aux Communes qui
donne une independence total h un people soumnis depuis
longtemps A i'autorit6 de la Grande-Bretagne. Les ministries
sont pleinement conscients du fait qu'i.l s'agit lh d'un instru-
ment grace auquel la Grande-Bretagne pourra enfin donner
a 1'Inde sa liberty, bien que ce soit seulement la liberty base
sur la division du pays .et non sur son unite.
Le Daily Herald estime que le gouvernement britannique
espdrerait que cette division n'est que provisoire.
,Ces trois journaux donnent un compete rendu detaille du
project de loi.

3. France
Les journaux qui font etat du vote de confiance accord
par l'Assemblee a M. Ramadier soulitguent que celui-ci dolt
se presenter aujourd'hui devant le conseil national du parti
socialist et qu'il lui faudra, l1 aussi, obtenir un vote de
confiance et que, m&me s'i: l'obtient, ses difficulties ne se-
ront pas finies pour autant.
Ainsi, le correspondent du Manchester Guardian se de-
mande si, en raison des divergences de vues considerable sur
un grand nombre de problems 6conomiques, le gouverne-
ment pa'viendra h se mettre .d'accord sur les points essen-
t:els. D'autre part, ce journal remarque que oM. Ramadier n'a
obtenu hier qu une majority relativement faible.
Le correspondent du Times brosse un tableau tres complete
de la situation en France. II fait dtat des difficue:tes dans
lesquelles se debat le parti socialist et des avantages retires
par le parti communist, ddu fait que, par son exclusion du
gouvernement, il 6chappe i la responsabilit6 des difficulties
economiques actuelles et des recentes measures prises par le
gouvernement. Ii signal aussi qu'il existe un conflict entc:e
les villes et les campagnes, quelque chose de presque incon-
cevable et don't peu de Frangais osent parler.
Enfin, il considire que si le general, de Gaulle 6tait amend
a prendre le pouvoir, la d6mocratie serait en p6ril. Sur le
plan international, il estime que 1'6chec ,de la Conference
de Paris est extrCmement grave pour la France.

4. Espagne
Le correypondant du Times A Madrid porte sur le referen-
dum espagno. *le jugement suivant : < Le mode de scrutiny
es t con de tlle sorte qu'aucune des deux rponse ne
pourra changer la situation politique 7. Ii parole de 1'6vidente
inuthit6 de cette consultation populaire.
Le correspondent du News Chronicle ecrit qu'il sera impos-
sible, en raison des measures prices et du mode de scrutiny,
d'assister h une manifestation que:conque de l'opposition.

a) APMRs LA CONFERENCE DE PARIS (DaiVy Hewald, 5/7,
travailliste) :
<< Apres les regards et les 6checs que 'on a enregis-
tr6s d ns les affaires internationals au course 'des deux
derni6rcs ann6eo, il est r6conforiani de voir la rapidit,6
avec aquelle on faith actuellement des pr6paratifs pour
laborer une r6ponse europ6enne A donner aux propo-
sitLons de M. Marshall.
Des invitations ont d6jA 6t6 envoy6es A tous les pays
d'Europe; les repr6sentants dde toutes les puissances qui
accepteront de se rendre A ces invitations se rouniront
A Paris le 12 juil.et pour adopter une ligne de conduite
commu .e. i
On 6tudiera ensuite quels sont les besoins de 1'Eu-
rope en se basant sur des 6 lments essentials tels que
le carbon, lemat6riel ferroviaire, les produits alimen-
taires, qui serviront de base au programme pratique qui4
sera soumis aux Etats-Unis. On fixera en outre une du-A
r6e-limite A cette phase des angooiations.


Il serait 6videmment t6m6raire de pritendre que tout
se passera sans heurt ou de computer sur une appro.
nation trop facile d'un plan quelconque par le Congres
des Etats-Unis. N6anmoins, les efforts qui sont faits ac-
tuellement ont ceci pour eux qu'ils vont au fond'du pro-
b'.me (la pdnurie de -dollars don't souffre, non seule-
ment la Grande-Bretagne, mais toute l'Europe) et qu'ils
sont entrepris par un group de pays qui partagent le
d6sir de r6ussir et des id6es 'dimooratiques.
Tous les Europ6ens ont aujourd'hui une lourde dette
de reconnaissance A acquitter envers MM. Bevin et Bi-
dau. t pour les efforts rapids et intelligent qu'ils font
pour carter la rise economique qui menace actuelle-
ment ce continent d6vast6 par la guerre.

b) LE PROJECT DE LOI SUR L'INDEPENDANCE DE L'INDE.
1. Tilmes (5/7) :
< Le but du project de loi sur l'ind6pendance de
1'Inde, que le Premier Ministre a soumis hier A la Cham-
bre des Communes, est 'de permettre la creation de .deux
dominions indiens ind6pendants par le partage du ter-
ritoire qui 'a t6 connu pendant longtemps sous le nom
d'Inde britannique. Aucune 'date n'aurait pu 6tre plus
appropriee pour la pub.icalion du project de loi que le
< Jour de l'Ind6pendance 2, le 4 juillet...
La procedure qui a .t6 propose au cabinet le mois
dernier par Lorld Mountbatten r6soud de facon ing6-
nieuse une difficult essentielle pose par la transmission
du pouvoir des Britanniques aux Hindous... Cette diffi-
cull6 6tait .de trouver un moyen de passer le pouvoir
sans attendre en fait 1'Blaboration total certaine-
ment longue 'des measures par lesquelles les peuples
de 1'Inde doivent en definitive proc6der A leurs propres
arrangements constilutionnels. En crant deux domi-
nions in-diens et en leur conflant le contrble absolu de
leurs affairs intkrieures, contr6le Idont jouissent d6ja
les au:res associ6s du commonwealth, l'Angleterre peut
abandonner le pouvoir dans l'Inde d'une mani6re par-
laitement constitutionnelle.
Les territoires des deux nouveaux -dominions seront
connus sous le nom d'Inde et de Pakistan. Leur exis-
tence officielle doit commencer le 15 aoit. Le project
de loi d6finit 6galement la tAche -des commissions fron-
tal:'res qui, sous la direction de Sir Cyril Radcliffe,
fixeront les fronti6res d6finitives. Chaque dominion
aura son propre gouverneur g6n6ral; mais jusqu'A ce
qu'ils aient faith connaltre leur decision, il se pourrait
qu'il n'y ait qu'un gouverneur general pour les deux
dominions. Cette clause peut avoir une grande impor-
tance. On pense g6n6ralement dans l'Inde que Lord
Mountbatten, qui effectue la tAche difficile de presider
au partage avec tant d'bnergie et de fagon aussi heu-
reuse, est probablement la personnel la plus qualifilee
pour mener A bien ce partage.
Etant donn6 que le Parlement n'a pas A l6gif6rer di-
rectement pour les territoires des Etats indiens, les
passages du project de loi concernant la situation future
'des Etats ne peuvent ncessairement constituer que -des
allusions indirectes. Cependant, le project de loi men-
ticnne explicitement le droit des Etats A se rattacher A
I'un ou l'autre des nouveaux dominions.
II est important de souligner ce droit 'de rattache-
ment (et probablement aussi le droit de rester ind6pen-
dant des deux dom:nions) si l'on consi'dre la pression
politique A laquelle le parti du Congr6s soumet les Etats.
Le project de loi ajoute qu'A partir -du 15 aofut la suze-
rainet6 de la Couronne sur les Etats n'existera plus et
que, la Couronne n'exercera plus aucune autorit6 sur
eux A ce moment. Etant donn6s les liens particuliers







BULLETIN QUOTIDIEN DE PREaSE ATRANGARE 3


qui unissaient les Etats A la Couronne, cette autorit6 ne
peu e6tre transmise a aucun gouvernement succ6ldant a
la 'Grande-Bretagne. Ceci ne veut pas dire que la fin
de cette autorit' dolt engendrer le chaos. Le project -de
loi stipule que tant que les accords actuels qui r6gissent
les douanes, les communications, les postes et t616gra-
phes, etc., n'auront pas ti6 d6nonc6s par les 'dirigeants
du dominion on dde la province int6ress6e, ou qu'ils
n'auront pas 6t4 remplac6s par .des accords ult6rieurs,
les accords en vigueur resteront valables. De tells dis-
positions de status iqulo sont 6v'demment indispensable
pour empecher la vie 6conomique de 1'Inde de subir un
arr&t d6sas'r ux. II n'y a aucune raison *de supposed que
les Etats s'opposent A ces dispositions. Mais il est n6-
cessaire que 1'on done le temps aux Etats de s'a'dapter
au nouveau regime, et c'est manifestement dans cet
espr t que le project de loi a 6t6 r6dig6, -du moins en
ce qui concern les Etats.
La creation 'de deux dominions asiatiques, telle qu'elle
est projetee 'dans le bill, constitute un 6v6nement unique
dans l'h sloire du Commonwealth. Elle constitute une
'nouvelle i lustrat'on remarquable (la creation des Etats-
Unis d'Am6rique constituait la premiere de ces illustra-
tions) de la puissance des id6es politiques don't cette
ile a vu la na:ssance, et don'tt Burke disait si .loquem-
ment, lorsque l'ind4pendance am6ricaine Blait en jeu,
que la liberty 6taii la premiere. La favon don't les 616-
ments constitutifs de I'association mondiale des com-
munaut6s britanniques sont passes, depuis l'epoque de
Burke, de 'a suborUd nation A une association sur un
pied d'6galit6, vient appuyer ses dires, bien qu'elle
Atonre encore cer:ains observateurs. Ces observateurs
ont du mal A comprendre comment l'in.d6pendance to-
tale de chaque pays du. Commonwealth peut aller de
pair avec P'existence des relations etroites et amicales
qui les unissent. La nature essentielle de ce lien, qui
va maintenant s'6tendre A 1'Inde, oia les races, les
croyances sont si diverse, c'est d'6tre un lien volon-
taire. Ce lien peut Asre rompu a tout moment au gr6
de ch:que assoc 6... On peut raisonnablement esp6rer
*qu'aveo la liberty de choisir qui est laiss6e aux In'diens,
ce lien avec les communaut6s britanniques ne sera pas
complbtement rompu. D

2. Da~ly Herald (5/7, travailliste) :

c Le project de loi sur l'ind6pendance de l'Inde, qui
a 6.6 public hier, constitute l'une -des r6alisations les
plus importantes et les plus glorieuses du gouverne-
me.nt travailliste. Ce changement extraordinaire, qui
entralne la fin de la domination britannique dans 1'Inde
et crie deux nouveaux dominions par un acte d consti-
tutionnel du Parlement, est effectu6 avec l'approbation
de tous, sans lutte ni effusion de sang.
Les 'd.eux nouveaux dominions, 1'Inde et le Pakistan,
auront le droit, s'ils le d6sirent, de ,se s6parer du Com-
monwea:th britannique; mais dans ce pays et dans
routes les autres parties du Commonwealth, presque
tout le monde espere qu'i's n'agiront pas ainsi.
Car ce don't le monde a besoin aujourd'hui, ce n'est
pas 'd'une division en units politiques 6conomiquesplus
nomb -euses et plus pet:tes, mais .au contraire d'une plus
grande cooperation pour des buts &conomiques et poli-
tiques.
Le CQmmonweal;h britannique, don't la situation 6vo-
lue actuellement sous la direction d'un gouvernement
socialis'e en Gran'de-Bre!agne, fournit l'occasion de voir
se combiner ,une iindapendance politique complete et les
advantages pratiques 6vidents d'une plus grande unit
en mati6re de defense national et ,de commerce.


Ainsi la Grande-Bretagne 'donne A 1'humanit6 un
example frappant de la fagon don't les principles fon-
damentaux de la d6mocratie peuvent se d6velopper et
s'6panouir en dehors de la Gran'de-Bretagne comme A
l'int6rieur. >

3. Daily Telegraph (5/7), conservateur:
e I1 est regrettable que i'unit6 se soit av6r6e impos-
sible. Une division de 1'Inde en de nombreuses parties
ditru!rait toute la valeur de la liberl6 qui a tL6 main-
ten nt accord6e A ce pays.
On peut se tromper sur l'avenir, mais tous les parties
en Graidde-Bretagne ont .depuis longtemps envisag6 la
naissance d'une Inde au.onome, et le transfer de l'au-
torit6 qui rest encore A la Grande-Bretagne sera effec-
tu6 de bonne grace et avec l'espoir sincere que les
deux nouveaux dominions prendront et garderont la
place qui leur revient dans le Commonwealth britan-
nique. C'est l1 'une decision qu'il apparlient ,de prendre
aux deux do'minions eux-mmmes, 6tant donn6 que le
project de loi sur l'independance 'de 'Inde souligne le
,droit qui leur est acco.d6 de se s6parer du Common-
wealth s'ils le d6sirent. Pour la Grande-Bretagne, c'est
la fin d',un grand chap tre dans l'histoire de ses rap-
ports avec un people iotranger dans un autre continent.
Nous ne pouvons pas regarder en arrirre sans 6're fiers.
Un nouveau ch. p tre commence, oia tout rest de domi-
nation britannique est supprim6. II appartient mainte-
nant aux Indiems de faire de cette nouvelle rre une
p6r:ode de paix, 'd'ordre et de prosp6rit6 national. S'ils
reuss5ssent dans cette tAche, le moment pourra venir
oiu une union de tous les peuples indiens pourra re-
devenir possible.

c) LE DISCOURS DV PRESIDENT TRUMAN A L'OCCASION DE
L'INDEPENDENCE DAY (Dai.y Telegranph, 5/7, conserva-
Ieur).
< Dans le discours *qu'il a prononc6 l'occasion de
I'nd6p.ndance Day, le Pr6sident Truman a parl6 avec
1'esprit et.l'6ioquence ddu fondateur du part 'd6mocra-
t'que. A la doctrine que Jefferson a expos -dans sa
declaration immortelle, et que le Pr6sident Roosevelt
a compl6i6e par les Quatre Libert6s, la contribution per-
sonnelle du Pr6sident Truman se trouve certainement
'dans la qemande qu'il a fai:e pour que les pays Bla-
borent 'eur po itique 6conomique et financibre de facon
A r6tablir 1'Yconomie mondiale. C'est 1l une conception
A laquelle le P resident Truman revient constamment.
Le President Truman a eu le malheur de succ6der a
1'une des plus g andes figures mondiales et le r6sultat
est que son prestige en a 6t6 'diminu6. II devient de
plus en plus clair que l'homme qui merge de l'ombre
de Roosevelt est plus grand que beaucoup d'entre nous
mne ''ont pens6 tout d'abord.
II est evident que la tactique du Pr6sident est en rap-
port avec les prochaines elections, mais on ne 'doit pas
oublier que le president revient constamment et avec
insistence sur cette question de 1'6conomie mondiale. A
Chicago, au mois d'avril 1946, avant que le CongrBs
ne ratifle octroii du prAt A la Grande-Bretagne, et de
nouveau dans le discours qu'il a prononc,6 Waco,
le 6 Mnars 1947, il a insist sur la responsabilit6 qui
in-combait aux Elats-Unis en matiere rd'avenir econo-
mique. c Le monde attend de voir ce que nous ferons.
Nous pouvons engager les Nations dans la voie de la
paix 6conomique ou de la guerre 6conomique. > Si la
politique 6conomique des Etats-Unis no'est pas A la hau-
teur de leur puissance Bconomique, ce ne sera pas de
la faute 'd president. ,






4 BULZPTIN QUOTIDIEN DR PPWSSE iTRW.NG*R3


d) LA SITUATION INTARIEUBE FN CHINE (Times, 5/7).
c II semble bien qu'une bonne parties des difficult6s
- sinon totes devant lesquelles se trouve le gou-
vernement de Nankin, solent de la faute de ce gouver-
nement. La tAche de reconstruire une Chine ravage
par .a guerre pourrait bien d6courager n'importe quel
gouvernement, si capable qu'il soit. Cette reconstruc-
tion ne peut s'accomplir que par un effort national
gigant.sque, qui reclame avant tout la formation dk'un
gouvernement de coalition qui jouisse ,de l'appui de
I'opinion progressiste aussi bien que des conservateurs.
Mais le Kuomintang n'a pas manisfesei le .dsir de faire
les sacrifices n6cessaires autrement que sur le paper.
La reorganisation politique effectune recemment a laisse
A ce parti le contr6le effectif,, derriere une facade d6-
mocratique. On ne pent voir ai un effort honn;,e pour
mettle en pratique les propositions 'du Conseil Consul-
tatif po itique de 1946, sur lesquelles tant -d'espoirs
avaient 616 fondus par les amis de la Chine A I'itranger.
Les rovers militaires du gouvernement n'ont fait
cqu'ag"graver ses difficulties 6conomiques, qui A leur tour
ont rendu plus d'ffici!e la poursuite de la guerre civil
sans I'ai'de de l'6tranger. Les prix montent encore, la
reserve de dollars continue A s'6puiser, et le deficit
budget:ire pour I'ann6e en course est considerable. II
existe une grande p6nurie de de:nres alimenlaires et
de prdduils de consommation courante. Le march noir
prosp6re pendant que les masses souffrent. Le gouver-
nement adopted des measures de plus en plus strictes pour
repr.mer un mecon.entement croisant, et il s'est r6-
comment montr6 de plus en p:us intolerant devant les
critiques et les conseils qui lui talentt adresses, si cons-
trucLfs qu'aient Wte ceux-ci.
II s mb'erait que le seul remade a apporter aux maux
qui affligent maintenant ce pays soit 'de revenir 4 I'ac-
cord de 1946. La formation-d'un veritable gouvernement
de coalition selon les bases poses par le Conseil Cun-
,su tatif polilique offre la meilleure chance Ie mcttre
fin A la gucrre civil et d'unir tous les parties jdans i'ef-
for con t nctif qui, seul, psut permettre d'6viter un
effondrement politique et 6conomique. D



II. PRESS AMERICAINE


a) APRts L'ECHEC DE LA CONFERENCE DE PARIS (New
York Herald Tri bne, 4/7).
< L'Europe est definitivement divisee entire 1'Est et
l'Ouest. Voilh qui ne Peut plus faire de doute. Perdue
-dans ses crai~ntes et ses ambitions, la Russie n'a rien
pu offrir de p'us consiructif que des phrases vagues A
un continent qui a beaucoup plus besoin d'une collabo-
ration econom.que active et 61roite et leresultat c'est que
kleux conceptions sont noes en Europe autour desquel-
les les nations doivent se grouper. Il est indiscutable
que c2 groupement, s'il aboutit 1 o6 il doit logiquement
le faire, aura i'effet le plus profound sur l'histoire de
1'Europe et du monde. Mais il appartient encore A la
Russie et A .es satellites de determiner jusqu'oi cette
divisionn sera pouss6e.
La France et la Grande-Bretagne ont deji lance des
invitaticns aux gouvernements de I'Europe pour leur
demander de s'associer A elles en vue d'l6aborer un
programme de reconstruction europ6enne 'dans lequel
,es re sources et les besoins .de chaque pays seront lies
de fagon que chacun garde sa liberty de decision. LA,
il n'est aucunement question de coercition, de menaces


de 'domination, ni de conflict inevitable entire des Etats
ou des groups d'Etats. Ceci constitute seulement une
reponse prat.que A un besoin des plus urgents, et I'~bau-
che d'un plan qui offrirait A l'Europe une vole de salut.
Le difficultis d'application d'un tel plan sont vi'derm-
me t -r.euses et nombreuses. Mais si ce plan rbussit,
les bienfaits qu'en tirera le continent tout enter seront
immense.
D'un autre c6.', la Russie n'a fait que soulever la
crainte .de voir ruiner la souverainet6 nationall, elle
s'est 6lev6e centre le spectre de l'influence amnricaine,
et e.le a exprim6 la orainte de voir l'Europe divise
centre elle-meme. Aucun de ces arguments n'est r6el *ou
convaincant A I'exception du 'dernier, et c'est 1A l'oeu-
vre de la Russie elle-meme. Ce n'est avec joie que
MM. Bidault et Bevin ont entendu la decisionn de M. Mo-
lotov de s'abslenir de toute participation a la tAche de
reconstruction. MM. BidauAt et Bevin ont formula A nou-
veau l'espoir que la Russie reviendrait sur sa .d6ci-
sion ; ils n'ont fait aucune ,distinction entire 1'Est et
l'Ouest quand ils ont lance leurs invitations. Ce sont
les Russes qui se sont .delib6r6ment 6loignbs de I'Ouest
et non pas l'Ouest qui a exclu l'Union Sovitique. Et
si les Etats limitrophes de la Russie ne peuvent ap-
porter leur contribution A la resolution du problem eu-
ropeen, si on les oblige A refuser de participer aux
avantages qu'ils pouraient tirer 'de ce vaste plan, ce
sera h c ,use de la Russie.
En adoptant cette attitude le Kremlin a commis la
plus grave des nombreuses erreurs politiques qu'il a
commises depuis la fin de ]a guerre. M. Molotov a
montr6 A 1'Europe, y compris les satellites de la Rissie,
que I'Union Sovi6tiqute n'a rien d'autre i offrir au
mon'de que des craintes sans fondement et un nationa-
l:sme 6trolt qui n'est plus de mise. La Russie, semble-
t-il, est incapable d'entreprendre a 1'ext6rieur de ses
prop'res fronti6res aucune action qui ne soit pas dictie
pr les soupgons qu'elle a A 1'6gard *du monde non
communist. Elle pr6frre voir les choses rester comme
e.les sont. Elle pr6efre la vieille anarchic international
A toute conception qui puisse venir 'de l'Ouest. Voili
une attitude qui ne profitera A personnel et a la Russie
encore mo ns qu'A quiconque. Si le Kremlin s'en rend
comp e, la Russie peut encore revenir sur la d6icision
qu'elle a prise A Paris. Sinon, elle se trouvera isol6e
par ses propres craintes. .

b) LES ETATS-UNIS ET LA SITUATION EN INDONESIE (New
Ydzk Herald Tribuie, 5/7, Edition europeenne).
i La situation A laquelle les Hollandais ont du faire
face en Indonesie A la fin 'de la guerre 6tait la plus
dangereuse des situations existant en Extr&me-Orient.
Toute organisationn politique et economique s'est
effcnd, e. L'anarchie continuait a se faire cruellement
sentir bien apres que les miles eussent Wth officiellement
lib6rbes.
La politique suivie par le gouvernement des Pays-
Bas .tait liberale et prbvoyante.
On esp6rait que l'accord de Linggadjati, sign le 25
mars 'dern'er par la Commission g6nerale des Pays-
Bas et le gouvernement de la R6publique indon6sienne
permeltrait A toutes les parties de l'Indon6sie de s'in-
tigrer en tant qu'Etats autonomes dans une (fedration
oiu le Royaume des Pays-Bas 'deviendrait un associA
situi sur le meme plari.
Malheureusement les nationalists de Java et de Su-
matra ont jusqu'A p.r6sent refuse d'appliquer ce pacte.
En consequence, une crise dangereuse a aggrav6 les re-
lations entire le gouvernement des Pays-Bas et celui
de la Republique indon6sienne. On rapporte mainte-







BULLETIN QUOTIDIAN DE PRBSSE *TRAOG*RE 5


nant avec insistence qu'un ultimatum est en prepara-
tion, et que cet ultimatum pr6voit une action militaire.
M. Sutan Sjahrir est pour un accbr'd avec les Hollan-
dais. C'est un mod6r6 et ses competences ne font au-
cun doute. Mais il in'a pas pu exercer son contr6le sur
les extr6mistes et il a iet force de ,dmissionner. Le
pouvolr supreme a k16 pris maintenant par le pr6si-
ktent Sockarno, don'tt le principal titre de gloire est
di'avoir accept une haute decoration japonaise pendant
la guerre. Solkarno repr6sente 1'616ment le plus avance
parmi les nationalistes.
Devant la gravity de la crise imninente, les autoritds
hollandaises sont entr6s en consultation avec les gou-
veri.ements britannique et am6ricain. Au cas of un con-
flit risquerait de se d6ec:encher, le gouvernement hollan-
dais, pourrait fire appel A l'arbitrage on A la mediation
de l'un de ces 'deux gouvernements on m6me de tous
les deux.
SDans ce cas, les Etats-Unis seraient bien avises .d'avoir
recours au Conseil de Securit6 de l'O.N.U. II est exact
que les agents de Moscou ont d6ployB une grande ac-
tivit6 A Java au course des deux derni6res anQ6es. 11
est vrai 6galement qu'un veto sovi6tique au Conseil de
S6curit6 pourrait empecher on retarder un rgglement
pacifique du kliff6rend qui vient de s'l6ever.
D'un autre c6td I'autonomie -de la R6publique indo-
n6sienne a Wt6 reconnue par le gouvernement des Pays-
Bas. On ne peut plus djre que les probl6mes en jeu
relevent essentiellement de la jurisdiction interieure des
Pays-Bas. Selon l'article 34 de la Charte, le Conseil
de Security a le droit d'enqukter sur tout ,diff6rend ou
toute situation qui peut amener un conflict international.
Les Etats-Unis peuvent -de leur propre chef porter cette
question devant le Conseil de Securit,, en s'appuyant
sur l'article 35 .de la Charte.
Etant donink que les Nations Unies ont confl6 au Con-
seil de S6curit6 en premier lieu la responsabilit6 .de
maintenir la paix et la s6curit6 internationales, on de-
vrait consi'd6rer le Conseil -de Securit6 comme l'orga-
nisme approprid pour rdsou.dre la crise, si le gouver-
nement des Pays-Bas ne pouvait obtenir que la Repu-
blique indon6sienne s'acquitte entiorement des enga-
gements qu'il a pris aux terms de l'accord de Ling-
gadjati.
Ce serait 1a une nouvelle occasion pour les Etats-
Unis 'de chercher A renforcer Pautorit6 de 1'O.N.U.
SUMMER WELLES.


11. PRESS SOVIEIIQUE


Revue de la press sovidtique du 2 juillet 1947
1. La Conference de Paris
On relive en vedette une br6ve ddpdche Tass de Paris
signalant la deuxieme proposition de M. Georges Bidault
qui, selon la press sovi6tique, ne diff6re en rien de la pre-
miere ni du project britannique. Trois autres d6p6ches se
rapportent 6galement h la Conference de Paris : De Londres,
resumd de la declaration du, ministry anglais des Finances,
Dalton, sur le commerce anglais et le programme des impor-
tations anglaises. De New-York, deux tdelgrammes Tass, 1'ua
r6sumant le rapport de Truman au Congres sur la politique
ambricaine de credit aux Etats Ctrangers, I'autre signalant
d'apres des informations de rilieux financiers am4ricains
les difficulties de la situation economique des U.S.A. et la
perspective immediate d'une crise
2. La lutte pour la ddmocratie
:'Cst ad theme qui group la plupart des nouvelles et des
commentaires. Le complot anti-rdpublicain de Paris, le pro-


e6s d'Helsinki, le compete rendu dn congres de l'AAssoclation
national pour le progres de la population de couleur aux
U.S.A. o. les dvenements de Vdnetie et d'Italie sont les priD
cipaux sujets traits dans cette rubrique.
Les Izuestia 4tudient dans un article de Lisovsky la situa-
tion dans la p6ninsule Italienne. (Voir l'artiole plus loin.)
On relive au second plan les nouvelles suivantes : Meeting
fascist en Angleterre, nationalisation de l'industrie elec-
trique; attentat contre le president du Landtag de Thuringe;
greve des cheminots A Bombay; plans anti-ouvriers de la
reaction japonaise. L'Etoile Rouge accuse le general Collins,
chef du service d'information de l'armee amdricaine au
Congrfs de l'Association des officers de reserve, de d4for-
mer la veritd et de faire des declarations anti-sovi6tiques.

S3. Nouuelles diverses
On relive parmi celles-ci un comapte rendu consacr6 A la
seance du Conseil de s6curitd du 30 juin, une court d6p&che
sur la reunion du Conseil de contr6le de Berlin du 30 juin,
aeux d6pbches sur la politique amdricaine en Chine, 1'aide
militaire au Kuomintang et la distribution unilatdrale des
fournitures de 1'U.N.R.R.A.

Revue de la prose sovidtique da 3 juillet 1947
1. La Confirence de Paris
Elle fait l'objet d'nu ensemble de te6lgrammes groups
dans presque tous les journaux sur trois colonnes. On rel6ve
In texte de la declaration de M. Molotov A la stance du
2 juillct, ainsi que celui de la deuxieme proposition fran-
gaise. Une court d6piche announce la cl6ture des travaux
de la Conference a la suite d'un court change de vues a don't
le resultat fut de manifester une divergence definitive entire
les points de ives des delegations frangaise et britannique.
d'une part, et soviftique de l'autre ).

2. -- la lutie pour la d nocrafle
Les nouvelles s'y rapportant sont assez nombreuses, mais
un petit nombre seulement d'entro elles est mis en vedette c
Details sur le complot anti-rdpublicain en France d'apres les
informations de I'HunaniN, Franc-T;reur et le Populaire.
qui mettent en relief Irs liens existant entire les conjures et
les milieux gaullistes: proc6s (les organisa'etirs de dep6ts
d'armes en Finlande: lettre du E-hef du parti communist
hongrois aux parties de la coalition gouvernementale; provo-
cations grecques la fronti6re aibanaise; action des parti-
sans grees; mise i prix de la tete du general Marcos; rdpres-
sion contre les d4rwocrates italiens
La Prauda 6tudie la situation au Portugal dans un article
qui met en relief la force du movement d'opposition popu-
laire au gouvernemnnt. Trud public un article sur < ce qui
se passe en Birmanie >.

3. La politique des EtafosUnis
Elle n'est signaled qut- par quelcques telegramme. de second
plan. On relive en politique intdrieure la gr6ve des 120.000
ouvriers des chantiers maritimes de 1'Atlantique; en poli-
tique exterieure, le project de loi faisant des lies Hawai le
49' Etat am6ricain; l'activitO de I'aviation amdricaine dans
l'Articque; les conversations turco-amdricaines; 1'adresse
du comitd central du parti communiste hollandags
contre la politique des U.S.A. en Indon6sie intitulee dans
Flotte Rouge 4 Extension de la doctrine Truman & l'Indo-
ndsie 3; I'aide financier des U.S.A. f ]'Arabie Saoudite et
l'accord anglo-amiricain sur le p6trole: le mdcontentement
anglais de la politique americaine an Japon d'apres le cor-
rcspondant d'Angleterre.

I.A SITUATION INTIRIEURE EN ITALIE.

1) Izvestia (2/7) :
< La formation du nouveau gouvernement signifie
que le parti d6mocrate chr6tien a jet6 le masque de la
d6mocratie. Les ddmocrates chr6tiens ont d6flnitive-
ment rompu avec les communists et les socialists qui
representent de large masses ,de travaileurs italiens, et






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS iTRANGORE'


ils sont entries en fail dans le bloc des parties de la r6ac-
tion monarchiste. La politique du parti d6mocrate chre-
tien, qui monte la garde des int6rets de l'oligarchie fi-
nancibre et industrielle italienne a itd la raison princi-
pale de l'accroissement des difficulties financiires du
pays et de la menace grandissante de l'inflation. II con-
vient de souligner que les forces reactionnaires ita-
liennes, y compris certain elements influents de la
direction du parti d6mocrate chr6tien non seuleinent ne
sont pas inquietes de 1'augmentation dde l'inflation, imais
au contraire font tout pour i'accroitre car elles fondent
sur e!le certain calculs politiques et 6conomiques.
Ainsi la politique menec par les ministres chr6tiens
d6mocrates de sabotage des measures d'assainissement
financier du pays a cu non seulement pour but de d&-
fendre les intdbrts de la classes possddante mais aussi
de preparer le terrain A la formation d'un gouverne-
ment de droite. La r6ac'ion italienne craint que les
communists et les socialists, aprbs avoir rassembl6
aux elections de 1'an dernier plus de 40 % -des voix,
n'emporle A l'heure actuelle la majority des sieges au
Parlement. L'aclivitd de la rCaction italienne a 6ga-
lement cr66 des conditions favorables intervention
des forces dtrangeres. Il n'est pas douteux que la ,direc-
tion rdactionnaire du parti chr6tien d6mocrate n'au-
rait pas eu l'audace de jeter un defi au parti de gauche
si elle n'avait pas eu a l'avance une promesse de sou-
lien de 1'exlfrieur. Depuis un an. les liens et la colla-
boration de la reaction italienne avec certain grou-
pes industries' et politiques des U.S.A. sont devenus de
plus en plus 6troits. En mdme temps, le role du parti
d6mocra'e chrdtien comme soutient principal de 'in-
fluence des milieux monopolistes americains en Italie
est devenu de plus en plus net.
LISOVSKY.
2) Krnimaja Zvezda (4/7)
i La formation du Gouvernement sans la participa-
tion des communistes et des socialists, ainsi que le re-
tard app )rt6 aux elections du nouveau Parlement in-.
diquent que la reaction cherche A trustrer la d6mocra-
tie italienne de ses conqudtes tant dans le domain de
la participation du people A la direction des affairs du
pays, que' dans la rdorganisation dconomique dle l'Ita-
lie.
La press dirang6re souligne, non sans raison, que
l'existence du Gouverneiment de parti unique pr6sid6
par de Gasperi ne fait que g&ner le d6veloppement et la
rdorganisation d6mocratique du pays, sa reconstruction
bcon.omique et financiere...
La nouvelle orientation des d6mocrates chr6tiens vers
la droile est revenue 6vidente au moment of flut cr6d
en juin dernier le Gouvernement tripartife former par
les reprdsentants des d6mocrates chr6tiens, des com-
munistes et des socialists. Les ddm.ocrates cihrtiens
qui avaient obtenu la majority aux elections, avaient
assume un role directeur dans ce gouvernement. Ils
ont exploit cette situation privilegi6e pour paralyser
I'activit6 du Gouvernement et pour annihiler toutes les
initiatives des communists et des socialists.
La position antideanocratique des dirigeants du part
d6mocrate chrdtien a amend la perte par *ce parti de
son autorit6 aupres du peoplee. Cette situation a faith
naitre au sein du parti democrate chr6tien la crainte
de ne pas pouvoir se presenter dans -des conditions
avantageuses aux elections qui devaient avoir lieu au
course de 1'automne prochain.
Se rendant compete de l'influence croissante des comn-
munistes, les d6mocrates chrdtiens se sont la.ncs dans
de nouvelles manoeuvress pour renverser, A leur profit,
la situation au sein du Gouvernement en formant un


nouveau Gouvernement compose des membres de leur
parti et de ( spdcialistes > sans parti. Celte manoeuvre
fut qualifi6e par les ddmocrates chr6tiens de c retour a
la politique traditionnelle du people italien dans les ca-
fdres idu loyalisme rdpublicain qui a fait l'union de tous
les meilleurs reprdsentants du people italien )...
La politique du nouveau gouvernement italien est une
politique *de soutien des parties d'extrmme-droite...
Les d6mocrates-chr6tiens ont r6ussi A proroger les
pouvoirs de l'Assembl6e 16gislative italieilne jusqu'au
31 decelmbre de l'ann6e en course. Ils veulent se o pr6-
parer > convenablement aux prochaines elections.
La politique r6actionnaire des d6mocrates chr6tiens
,ne faith plus de doute pour personnel apres les d6clara-
tions faites par de Gasperi lui-mmme devant l'Assem-
blee legislative en juin dernier.
Parlant -du programme que se propose de r6aliser son
Gouvernement, de Gasperi n'a pas jug6 opportun de
d6voiler les dispositions qu'il se promettait de prendre
en ce qui concern le deficit de 610 milliards de lire.
Ii n'a rien pu trouver de mieux que de formuler
une demand de pr6t de 200 millions de dollars aux
Etats-Unis.
Une tell < politique financiere > se passe de tout
commentaire. >


IV. PRESS BELGE


LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCE (La CitA Nouvelle,
5/7, catholique de gauche).
On comprendrait mal que les communists puissent
participer an gouvernement de la France apres les
paroles que M. Mololov a prononc6es mercredi. Ou bien,
il faudrait qu'ils les d6savoient. Non seulement en pa-
roles, mais encore par des actes. Ils pr6f6rent enfour-
cher le m6me cheval que M. Molotov... Cependant, nan-
ti de la confiance de l'Assemb'6e et de celle de son
parti, M. Raimadier va devoir enfin difinir une poli-
tique 6conomique et social, prendre position sur les
salaires et les prix.
Les explications qu'il a 'donn6es au Palais-Bourbon
durant le dernier d6bat sont en effect trop obscures et
ne donnent satisfaction A personnel. La politique Blum
a cesse. On attend qu'elle soit remplacde.
Cette politique d'ailleurs, aussi longtemps qu'elle
n'aura pas WtI d6finie et accepted paer la nation fran-
raise, autant que par le Parlement, sera toujours vou6e
A de tells interpretations qu'il demeure evident qu'elle
sera tout autant gdndratrice de nouveaux movements
sociaux que d'apaisement. La preuve : la persistence
dde groves dans les secteurs les plus inattendus et no-
t'.mment dans la pharmacies >.
(Jean DANNEMULLER).


V. PRESS SUISSE


APRES L'ICHEC DE LA CONFERENCE DE PARIS.
1) Journal de Geindve (5/7) :
i L'6chec de la Conf6rence de Paris est un coup
grave port A la collaboration international; il d6cou-
ragera tous ceux qui, se refusant A admetire la scission
du continent, avaient multipli6 leurs efforts afln d'attd-
nuer l'antagonisme entire 1'Est et l'Ouest, en cherchant
A concilier les intldrts qui s'opposaient. Il ne semble







itUiLETIN QUOTIDIEN DE PRESS &TRANGRE


malheureuseiment pas que, pour le moment, ce rappro-
chement soit possible. L'Union sovi6tique n'y tient
point; inqui6te, m6flante et susceptible, voyant des pie-
ges dans toutes les propositions qu'on lui soumet, ne
croyant qu'a sa doctrine pour assurer sa security, re-
doutant toute influence qui pourrait s'exercer le long
de ses frontieres, elle fait de 1'autarcie politique.
Depuis la fin des hostilities, son action a consist A
renforcer toutes les positions que la faveur des armes
lui a permis d'occuper, et a exprimer son manconten-
tement lorsque les Etats qui ne se trouvaient pas sous
sa tuelle faisaient mine de se pr6ter assistance. Ainsi,
cependant qu'elle kdiflait patiemment un bloc occiden-
tal, elle s'insurgeait chaque fois qu'il 6tait question
d'une entente occidentale qu'elle considerait comme
une menace pour le maintien de la paix...
On a quelque peine A comprendre que M. Molotov
puisse accuser la France et I'Angleterre de vouloir pri-
ver les petits Etats de leur ind6pendance en leur de-
mandant de participer a la realisation du programme
Marshall. Elles n'ont jamais eu pareil dessein : leur but
est de crier une communautJ europeenne od tous les
membres conserveraient leur entire libertY. Ils exa-
mineraient simplement comment ils pourraient s'entral-
der et 6tabliraient le bilan de leurs resources et de
leurs besoins, afin de presenter un plan d'ensemble aux
Etats-Unis. La n6cessit6 et I'urgence d'une tell ini-
tiative est 6vidente. Aussi est-il heureux que, apr6s avoir
fait leur possible pour obtenir la cooperation soviti-
que, MM. Bevin et Bidault, aient r6solu de poursuivre
1oeuvre enterprise, m6me si celle-ci n'englobe plus tous
les Etats europtens. Comme 'a tres bien dit le minis-
tre frangais, la veritable ind6pendance ne s'obtient pas
dans la misere et r'isolement, rnais dans la collabora-
tion humaine et la prosperity i.
*(Ren6 PAYOT).

2) La Tribune de Geneve (4/7)
,(( Le gouvernement sovietique permettra-t-il a ses
satellites de s'associer A une initiative qu'il r6prouve ?
La Tch6coslovaquie, la Rounanie, la Hongrie et la Po-
logne auraient, on le salt, volontiers r6pondu A 1'appel.
Si elles s'abstiennent, c'esT 'donc qu'elles en auront recu
1'odre expres de Moscou. Si, au contraire, elles se ren-
dent A l'invitation franco-britannique, cela signifierait
que tout en s'obslinant dans leur politique de a spien-
dide isolement ,, les dirigeants du Kremlin ne veulent
pas pousser les choses au pire et ne r6pudient pas la
fameuse thlse de la ( coexistence pacifique de regimes
idbologiquement diff6rents a, these chaudement d6fen-
due nag-ere par M. Litvinov et que M. Staline en per-
sonne a 6galement faite sienne dans quelques d6clara-
tions publiques.
Ainsi, les points ne sont pas encore entierement roim-
pus. N6anmoins, il ie faut pas se fire ,d'illusions. L'idWe
de Iunit6 continental n'est plus desormais qu'une Tic-
lion. Pour la Russie, don't I'imnmense empire s'appuie
sur I'Asie, elle ne representa du reste jamais qu'une
fonmule creuse. Mais, du meme coup 's'effondrent les
esperances que les petits pays avaint pu fonder sur la
creation des ces Etats-Unis d'Europe don't r&vaient,
pendant la guerre tant *de bons combatants de la r6sis-
tance clandestine. s
(PAUL DU BOCHET).

3. Gazete de Lausanne (5/7).
a I1 ne reste A MM. Bevin et Bidault, soucieux de grou-
per l'Europe pour son salut et pour le benefice de l'aide
amlricaine, qu'a lancer seuls les invitations aux nations


europ6ennes. Et c'est maintenant qu'on va voir jusqu'ou
exactement, 1'U.R.S.S. pousse la vertu et le respect des
souverainet6s. Quelle r6ponse Budapest, Varsovie ou Bu-
carest vont-ils par example vouloir et pouvoir donner
a Paris ? Le refus de Belgrade semble, A premiere vue,
ne faire aucun doute ; le cas d'Helsinki, celui de Pra-
gue surtout, seront particulierement interessants a sui-
vre. La Tch6coslovaquie a toujours 6ti un imembre assi-
du et fervent des reunions internationales ; pour ceux
qui connaissent l'oeuvre et l'esprit de MM. Benes et Ma-
zaryck, leur d6sir de participer a un plan collectif de
reconstruction europeenne ne saurait faire de Sdoute...
Quoi qu'il en soit, les semaines qui viennent seront
palpitantes. Ceux qui ne s'alarment pas outre measure
des tendances h6gemonistes qu'on prate aux pays anglo-
saxons, attendent avec tranquillity les resultats possibles
de l'invitation a 'Europe lance par MM. Bevin et Bi-
dault ; ceux qui ne demandent qu'A croire A la sinciritL
et a la bonne volonte de 1'U.R.S.S. ne sont pas moins
attentifs. Et si leurs espoirs se r6alisaient, on pourrait
fort bien concevoir pour demain une Europe encore
divisee quant aux m6thodes et aux nmoyens, mais qui
commencerait a discerner une cerlaine convergence
dans les buts, et, A tout le moins, un accord g6enral
sur le respect des souverainetes nationals. Que .cette
preuve de bonne foi nous soit donn6e demain, et ce qui
vient de se passer n'aura pas 6et vain. >

4. Neue Ziircher Zeitung (4/7).

< II est un espoir qu'on dolt enterrer, l'espoir de voir
I'U.R.S.S. et ses satellites participer A une reconstruc-
tion 6conomique 'de l'ensemble de 1'Europe don't le
project d'aide amrricain a faith une possibility a portbe
de la main. Certes les consequences de I'abstention
russe sont considerable au point de vue Bconomique :
le plan ne pourra englober certaines regions de produc-
tion et certain debouch6s commerciaux d'une grande
importance ; mais en le remaniant ,d'une facon appro-
pribe on remediera i *ce d6faut. En revanche les symp-
t6mes politiques annoncant que I'U.R.S.S. et les Etats
sur lesquels elle peut exercer une pression suffisamment
forte vont plus encore qu'hier s'enfermer dans leurs po-
sitions d6fensives dirigees contre 1'Ouest font pressentir
les formidables repercussions de la decision de Paris.
Ce que l'attitude de 1'U.R.S.S. a l'O.N.U. avait si sou-
vent amen6 a conjoncturer vient d'lre demontr6 avec
une nettet6 qui ne laisse plus aucune place au doute -
ni a l'esperance. L'U.R.S.S., puissance totalitaire re-
pousse toute collaboration international 6troite. Si, en
effet, un systnrre quelconque d'obligation i l'6gard d'un
autre Etat est qualified ( d'immixtion dans les affaires
int6rieures > et a d'abandon de souverainet )) les n&-
gociations en vue de conclure des accords internatio-
naux n'ont plus aucune signification...
Malgre l'attitude de Moscou, les pays d'Europe ind6-
pendants qui ont accueilli avec reconnaissance et sou-
lagement les propositions de M. Marshall, les jugeant
cairvoyantes, genereuses et raisonnables, poursuivront
leurs efforts afin de decouvrir le imoyen de preserver
le continent ,d'une decadence &conomique et social plus
accentuee. On doit supposed en outre qu'au cceur .mme
des Etats de 1'Est soumis A la menace des armes rus-
ses, des sentiments d'amertume grandissent contre un
pays suspect de figure au noanbre de ceux qui, selon
1'expression de M. Marshall, essaient de a perp6tuer la
,detresse des homes pour en tirer des avantages poli-
tiques .et autres. >

S. P. I. Imp.. 27. rum Nicolo. Paris 31.3009















































































Prix : 6 francs.




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