Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: July 5, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00132
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTJRE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS -ET DES LETTRES)

DireLction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


SLA DOCUMENTATION FRANQAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS


BULLETIN


PRESS


5 juillet 1947.


QUOTIDI



ETRAN(


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) Apres l'6chec de la Conference de Paris :
1. Times (4/7).
2. Daily Herald (4/7).
3. News Chrounicl (4/7).
4. Daily Express (4/7).
b) .La Grande-Bretagne et 1'6conomie mon-
diale :
1. Daily Herald (4/7).
2. Tim*s (4/7).
c) La situation 6conomique de la France et la
reconstruction de I'Europe (Daily Telegraph, 4/7).
II. PRESS AMERICAINE.
a) Apres TI'chec de la Conference de Paris :
1. New York Helatid Tribune (3/7).
2. New York Tinmes (3/7).
3. BaltimoAre Sun (3/7).
b) La situation politique aux Etats-Unis (New
York Herald Tribune, 4/7, dd. europ.).
c) L'avenir de 1'Inde (New Yark Herald Tri-
bune, 4/7, ed. europ.).
III. PRESS BELGE.
Aprbs 1'6chec de la Conf6rence de Paris :
1. La Nation Beige (4/7).
2. La Libre Belgique (4/7).
IV. PRESS SUISSE.
Aprbs 1'6chec de la Confdrence de Paris :
1. Journal de Gendve (4/7).
2. Basler Nachrichten (3/7).

I. PRESS BRITANNIQUE


Reoue de la pfesse britanlnique du 4 juillet 1947
Toute la press donne la premiere place au communique
public 1 'issue des entretiens. entire M. Bevin 'et M. Bidault
et a l'invitation adressde par les deux ministres A 22 pays
europeens en vue de la conference gendrale qui doit se tenir
i Paris Ic 12 juillet.
Toutes les autres questions passent i l'arriere-plan, a
I'exception de la France qui fait l'objet d'un editorial dans


le Daily Telegraph et d'articles dans le Times, le Daily Tele-
graph et le Manchester Guardian.
1. Aide americaine ( FEurope
La press remarque que le texte de l'invitation a &t6 com-
muniqud egalement i M. Bogomolov et que M. Bidault a
precise que la Russie est libre, si elle le desire, de se joindre
I la conference A la dernilre minute. Soulignant que l'Espa-
gne ne figure pas parmi les pays irvit6s, il volt dans ce fait
la preuve que les deux ministres sont rests fiddles aux deci-
sions de 'O. N. U., mais il precise que cet ostracisme a un
caractere temporaire et que 1'Espagne pourra, lorsqu'elle se
sera donnd un regime different, rentrer au scin de la famille
europ6enne.
Le correspondent diplomatique du Manchester Guardian
revient ce matin encore sur les causes de l'6chec de la con-
ference et il en rend responsible le nationalism 6conomique
excessif de 1'U. R. S. S. I1 crit que M. 'Molotov a accused les
puissances occidentales de vouloir porter atteinte A la souve-
rainet6 des petits pays et que cela est evidemment absurde
et hypocrite. II ajoute que la Grande-Brbtagne et la France
auraient pu repondre i cet argument en affirmant qu'elles
etaient prates, elles aussi, h accepter des restrictions h leur
souverainet6 pour permettre la rdalisation de leur project .
Tous les journaux se demandent quelle sera l'attitude des
pays invites. Avant la Confdrence des Trois, ecrit le corres-
pondant du Times, de nombreux pays de 1'Europe orientale
avait manifesto le .dsir d'accepter l'offre amdricaine et de
commerce plus librement avec l'Ouest. La response qu'ils
front donnera la measure de leur liberty, d'action. En tout
cas, M. Bevin ct M. Bidault sont decides i aller de 1'avant
m&me si le project devait se limiter au sud et t I'ouest de
l'Europe.
W.N. Ewer, correspondent diplomatique du Daily Tele-
graph, pense qu'aucun pays satellite de l'U. R. S. S. n'accep-
tera I'invitation.
Des depeches d'agences on des correspondents exposent
brievement dans la plupart des journaux l'accueil reserve
par les diff6rents pays d'Europe an plan Marshall, et les
reactions qui ont dtd provoqudes par l'echec de la Confdrence
de Paris. Ainsi, d'apres le Daily herald, le Dail Mail, le
Daily Telegraph, le News Chronicle, l'Espagne aurait Rt
t enchantee de I'echee des pourparlers, la Hollande accep-
terait le plan Marshall, mais se refuserait a faire parties
d'un bloc militaire ou politique; la Suede adopterait une
attitude reservee; la Pologne, d'apres le Times, serait prise
entire son allegeance aux Soviets et ses besoins iconomiques;
1'Italie accueillerait avec empressement l'aide americaine,
ainsi que la Belgique. L'attitude suisse serait plus r6servee.
L'Allemagne se r6jouirait aussi de l'echec de Paris et, d'apres
Selkork Tanton, du Daily Express, les Altemands pensent
que les grandes puissances europ6ennes seraient amenbes i
consentir certain adoucissements economiques a leur pays;
ils voient dans l'echec de la conference une preuve suppl6-
mentaire de la division de 1'Europe qui ne peut qu'6tre favo-
rable A leurs interets.


DE


Nouvelle S6rie N 710







2 BULLETIN QUOTIDIAN DE PRESS BTRANG NR


En France, cet ichec aurait, d'aprbs le correspondent du
Times, cause une vive deception et l'opinion frangaise'serait
presque unanime A penser que e'est sur M. Molotov que
retombe la responsabLite de la division definitive non seule-
ment de l'Europe, mais des pays europeens eux-memes.
Le correspondent du Daily Telegraph souligne que la plu-
part des journaux approuvent la politique de M. Bidault et
celui du Manchester Guardian, reproduisant de longs articles
de la press parisienne, 6crit que l'on se montre inquiet a
Paris des consequences que cet 6chec aura sur l'avenir de
1'Europe, mais il precise que provisoirement la position du
gouvernement Ramadier s'en trouve renforcee.
Enfin, le Daily Mail public un article de Frank Owen,
intitul6 < Les Soviets s'en vont, les homes de paille arri-
vent a. Dans cet article, il attaque violemment la politique
du gouvernement sovietique qui, selon lui, .tendrait h sepa-
rer la Grande-Bretagne de la France et celle du part com-
muniste frangais qui tendrait a diviser la France contre
tlle-meme. II ecrit que le camarade Molotov fait ses bagages
et prend le premier avion pour Moscou, et que le camarade
Thorez entire en scene. Selon ce correspondent, M. Thorez
est le commandant a toute epreuve des forces internationales
de Moscou. Il est meilleur soldat pour 1'U. R. S. S. que pour
la France. iM. Thorez a Wtd un ddserteur de l'arme fran-
Caise. Frank Owen ajoute que c'est un signe de notre temps
qu'un homme avec un tel passe puisse devenir le chef du
parti le plus important de France deux ans apres sa libd-
ration.
Le' News Chronicle donne la vedette aux reactions des
Etats-Unis devant l'invitation lancee par la France et la
Grande-Bretagne aux pays d'Europe. Ces reactions seraient
tres favorables et les milieux officials americains se felicite-
raient de la rapidity avec laquelle les deux ministres au-
raient prisi leur decision.
Le correspondent du Times a Washington ecrit, de son
c6te, que le refus sovi6tique ne manquera pas de faciliter
l'adoption du plan Marshall par le CongrBs et, d'apres celui
du Daily Telegraph, le gouvernement americain n'aurait
eprouv6 que de la surprise devant l'attitude de 1'U. R. S. S.,
bien qu'il la consider come contraire, meme A ses intderts.
II se demanderait, d'autre part, si I'U. R. S. S. fera presslon
sur la Pologne et la Teheooslovaquie et si les communists
frangais et italiens ont requ l'ordre de Moscou ide saboter
le plan Marshall.
Le correspondent du Manchester Guardian i Paris ecrit
que l'echee de la Conf6rence de Paris a cause une tristesse
profonde en Hongrie et provoquera sans doute une orien-
tation encore plus franchement communist ,de sa politique
int6rieure et exterieure.

2. France

Le correspondent du Times h Paris donne un complex rendu
de la stance e agltCe a di'hier t l'Assemblie national.
D'aprBs lui, tous les observateurs estimeratent que le gou-
vernement obtirndra un vote de confiance non pas parce que
tousn les parties pr6fereront sa politique dconomlque, mais
pace que tous, sauf les communists, reconnalssent qu'une
cruise gouvernementale serait inconceivable A I'heure actuelle.
Le correspondent du Manchester Guardian A Paris ecrit, do
son cte6, que la seance d'hier a etd t loin d'etre digne v,
mals il ne doute pas. que le vote de 1'Assemblee sera favo-
rable au gouvernement.
Plusieurs jouinaux signalent, d'autre part, que des sujets
britanniques se trouveraient impliques dans la conspiration
du c maquis noir ;. Ils font Rtat des diffdrentsa e maquis >
qui ont ete decouverts en France. Ils ont plut6t tendance i
s'en divertir.

a) APRAS L'ACHEC DE LA CONFERENCE DE PARIS
1. Times (4/7).

o Les gouvernements britannique et frangaiapnt mis
imm6diatement en pratique lear resolution de chercher
A organiser le rel6vement de 1'Europe, malgr6 le reject
de leurs propositions par la Russie. Ils ont envoy A
tous les pays d'Europe, exception de l'Espagne, des


invitations pour participer A une conference qui se
tiendra A Paris le 12 juillet. La tache de cette conf6-
rence sera d'elaborer un programme de reconstruction
europeenne. On mettra sur pied un organism tempo-
raire pour grouper les renseignements sur la base des-
quels ce programme pourra etre 6tabli.
Ce sont 1A des decisions justes et qu'il etait inevita-
ble de prendre. On n'aurait jamais pu admettre que
l'obstruction russe paralysft les efforts fails par les
pays de 1'Europe occidentale pour tirer le meilleur parti
de la proposition g6ndreuse faite par M. Marshall A
Harvard. Aucune autre solution n'6tait possible.
IIn e faut pas se faire d'illusion sur les difficulties de
la liAche a effectuer. Le refus de la Russie entralnera
probablement celui de la Pologne, de la Tch6coslova-
quie et d'autres petites nations de 1'Europe oriental,
quels que soient le besoin qu'aient ces pays d'une aide
economique de 1'6tranger, et en d6pit de ieur d6sir
avou6 de r6pondre favorablement A l'aide americaine.
Les relations politiques souffriront inevitablement de
cette nouvelle ombre jetae sur la collaboration inter-
nationale. La confiance don't depend tout change com-
mercial se developpera difficilement dans une atmo-
sphere de division et de mefiance. Rien de bon ne peut
naltre des recriminations; les gouvernements britan-
nique et frangais ont cependant montr6 qu'ils sonT
convaincus que l'inaction peut encore engendrer plus
de mal. LA au moins reside un ferme espoir de voir la
situation s'ameliorer. La nouvelle commission d'en-
quete que l'on va maintenant creer ne reussira peut
elre pas A surmonter tous les obstacles qui ont jusqu'&
maintenant empech6 l'etablissement de relations com-
merciales plus 6troites entire les pays de 1'Europe occi-
dentale. Mais elle devrait mettre en lumiere les ques-
tions qui soulevent le plus de difficulties et proposer
les moyens de les resoudre...
L'Blaboration d'un plan pour 1'Europe implique 1'ela-
boration d'un plan pour l'Allemagne, et c'est li que l'on
se trouvera devant la plus grande difficult. La pre-
miere condition pour cela est l'etablissement rapid
d'un gouvernement central en Allemagne. En l'absence
de celui-ci, les puissances occidentales trouveront de
plus en plus difficile de ne pas considered l'Allemagne
occidental nee d'une unification des zones ambri-
caines, francaises et anglaises comme une entity po-
litique et 6conomique viable. Le plan ideal pour l'Eu-
rope a toujours inclu une reconstruction economique
reelle de 1'Allemagne dans son ensemble, reconstruction
qui devra se faire par un accord entire les puissances
occidentales et orientales et devra etre continuellement
controlee par elles. C'est cette attitude seule qui pourra
retablir I'equilibre veritable du continent, et preparer
la vole d'une .collaboration. Aucun programme com-
mun pour le redressement de 1'Europe ne peut tenir
l'Allemagne a 1''cart... Les gouvernements britannique
et frangais, en cherchant avec pers6v6rance comme ille
font A laborer une reponse constructive qu'ils puis-
sent donner A M. Marshall serviront au mieux les int6-
rets de 1'Europe en montrant, malgre toutes les affirma-
tions de M. Molotov, qfi'en faith, ils ne prennent position
ni pour 1'Est ni pour l'Ouest mais qu'ils luttent pour
l'unite et l'ind6pendance d'un continent don't leurs
pays font parties.
Ce serait une erreur de dramatiser la faillite de la
Conference de Paris. II valait la peine d'essayer d'obte-
nir la collaboration russe. Le refus de la Russie n'a pas
aggrav6 AIe beaucoup une situation qui comporte de
solides raisons d'esperer. Tout d6pendra maintenant
de la pnesure dans laquelle les gouvernements britan-
"niqie et francais, d&ifitla bonne volonte ne peut etre
mise en doute, pourront d6velopper leur commerce







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS *TRANGARE


avec 1'Europe orientale aussi bien qu'occidentale et
dans qublle measure ils pourront s'assurer que la' renais-
sance de l'Ouest ne sera pas limited par des conside-
rations g6ographiques. S'il en 6tait ainsi, la m6flance qui
existe aciuellement en Europe pourra bien s'accentuer
et d6truire tout espoir de redressement plus large. Mais
il n'y a aucun raison pour que .cela se produise. LA
encore ce sont MM. Bevin et Bidault qui ont la cl6 du
probl6me. ,

2. Daily Herald (4/7, travailliste) :
< Mercre'di soir, il etait evident qu'on ne pouvait plus
sorfir de l'impasse. Et personnel ne se rejouissait de ces
nouvelles alarmantes...
Ii est inutile *de perdre son temps a chercher qui est
responsible de cet 6chec. Le choix portait sur une Eu-
rope unie et une Europe divise. ne Europe unie impli-
quait non pas une tentative de la France et de la
Grande-Bretagne ou mime 'des 'Etats-Unis pour impo-
ser leur volont6 aux petites nations, mais plut6t 1'l6a-
boration d'un plan commun dans lequel les revendica-
tions .de souverainet6 national auraient W6t abandon-
n6es...
La Grande-Bretagne et la France doivent aller de
l'avant et faire appel au concours 'de tous les pays qui
sont d6sireux de participer A l'effort commun de re-
dressement 6conomique.
Admettre que le refus de la Russie doit interdire tout
effort pour 6tablir une collaboration Bconomique en Eu-
rope et toute tentative pour mettre sur pied un system
soli'de de collaboration entire 1'Europe et 1'Amerique
equivaudrait a un aveu de faillite total de la part des
puissances occidentales.
A.u lieu d'adopter cette attitude d6sesp6r6e, nous po'u-
vons encore faire appel A notre initiative pour 'd6fen-
dre la cause de la paix. I1 est possible pour la Grande-
Bretagne, la France et les autres pays qui se joindront
A elles de s'assurer que les plans qu'elles Blaboreront en
commun ne soient jamais exclusifs.
Il 'nous reste aussi i montrer clairement que tous les
projects ltablis pour l'am6lioration des relations com-
merciales entire la Grande-Bretagne et 1'Europe orien-
tale restent valables, quels que soient les autres plans
que l'on puisse laborer en Europe occidentale.
L'Achec -de la Conf6rence 'de Paris ne dolt pas im-
pliquer que nous nous trouvons engages dans une luttc
de puissance violent et definitive avec 1'Union sovib-
tique.
La Conference de Paris a ajourn la r6alisation des
espoirs de voir se cr6er une Europe v6ritablement unie,
que nous aurions 6t6 vraiment heureux de voir se cons-
tituer. Mais ceci ne dolt pas nous con'damner pour tou-
jours A vivre dans un monde de lutte et de division. >
(MICHAEL FOOT.)

3. News Chnoinicle, 4/7, liberal) :
c En Europe occidentale, la Hollan'de, la Belgique, le
Luxembourg, l'Italie, la Suisse, le Danemark, le Por-
tugal accepteront sans doute l'invitation qui leur est
faite. Mais pour la Pologne, la Hongrie, la Yougoslavie,
la Bulgarie et la Roumanie, la decision sera p6nible a
prendre. Bien que les dirigeants de ces pays aient un
vif *d6sir de collaborer, cette decision devra 6tre prise
sous l'Ieil r6probateur 'de la Russie, et cela est bien
improbable. Pour les pays silubs A la limited des deux
zones d'inf'uence, come la Tchecoslovaquie, la Nor-
vege, la Suede, la Finlande et l'Autriche, la decision
sera encore plus difficile A prendre.
La 'division 'de 1'Europe en bloc occidental et orien-
tal est une dure rkalite que personnel n'acceptera faci-


element. Le danger reside dans le fait que ces pays,
tout en exprimant leur approbation A l'egard de 1'ini-
tiative anglo-frangaise, front en fait bien peu de choses
pour apporter leur concours effectif. Ils pr6f6reront
rester neutres dans ce qu'ils consi'd6reront comme une
lutte future enitre l'Est et l'Ouest. S'ils agissent *da'ns ce
sens, ils se tromperont dans leurs calcuis. La division
de l'Europe en deux blocs n'est une chose ni nouve.le
ni irreparable. Il s'agit simplement de la cristallisation
de tendances qui se sont manifest6es 'depuis deux on
trois ans. Le fait d'accepter l'offre anglo-frangaise ne
signifie pas que l'on prenne parti pour l'un des deux
camps, mais simplement que l'on cherche a saisir la
meilleure occasion pour adoucir les rigueurs du rideau
de fer. Plus le movement en faveur 'd'une aide mu-
luelle europ6enne sera 6tendu, et moins il y aura ede
chance de voir naitre un conflict. Si un movement en
faveur de l'unit6 europ6enne aboutit h d'heureux resul-
tats, il existe encore une chance pour que ]a Russie
change d'avis. ,

4. Daily Express (4/7, conservateur) :

< Il semble qu'i la suite de 1'6chec de la conference
de Paris, l'intir6t .des Russes dans des accords commer-
ciaux bilat6raux doive s'accroitre. M. Harold Wilson, qui
n6gocie un accord commercial pour le compete de la
Gran.de-Bretagne, declare que jamais, depuis son arrive
A Moscou, on n'a fait mention du plan Marshall. Les
pourparlers commerciaux anglo-russes se poursuivent
malgre tout...
Si, apr6s la moisson, la Russie et la Pologne avaient
6t obliges de 'dire exactement ce qu'elles pouvaient
r server pour l'exportatiori, cette declaration .aurait af-
fect6 le prix qu'elles pouvaient demander. C'est pour-
quoi on consid6re A Moscou qu'il est impossible de don-
ner suite A l'id6e .de M. Marshall, selon laquelle les
pays 'd'Europe auraient dfi d6voiler leur situation eco--
nomique pour recevoir l'aide americaine.
Une autre objection a Wtt faite au plan Marshall, c'est
que ce plan aurait lie toute 1'Europe a une economie
que les Russes considrent come, in.stable. Les Busses
voulent rester en dehors de ce qu'ils croient inevitable,
c'est-a-dire une crise am6ricalne.
Les Russes consid6rent que si la Grande-Bretagne et
la France ont 6normement besoin de dollars, elles de-
vraient traiter directement avec l'Am6rique sans cher-
cher A englober le re'ste de l'Europe -dans leurs propres
dil'ficult6s. La Russie n'est pas d&sesp6rement en quete
de dollars, et elle pense avec conflance que si les sur-
plus invendables de l'Am6rique .s'accumulent, elle re-
cevra bient6t les offres des hommes d'affaires am6ri-
cains. )
(ALARIC JACOB.)

b) LA GRANDE-BRETAGNE ET L'ACONOMIE MONDIALE.
1. Daily Herald (4/7, travailliste) :
M. Morrison, au course de la Conf6rence de press
qu'il a tenue mardi, a fait allusion aux restrictions que
bien des pays ont 6t6 contraints de faire en mati6re
d'importations. M. Morrison s'est prononc6 pour l'adop-
tion d'un regime commercial international qui puisst
entrainer une augmentation de la production, et pour
une politique d'expansionisme qui s'oppose aux m6-
thodes de restriction. Aujourd'hui, a-t-il dit, le monde
dolt choisir entire 1'6quilibre et le desordre 6conomi-
que, et il faudra choisir rapidement.
Le gouvernement britannique travaille sans relache
pour -tablir cet 6quilibre. La collaboration qu'il a 6t6







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


tout pr&t A apporter dans les branches 6conomiques de
I'O.N.U., la reponse qu'il a donnee imm6diatement A
l'offre de M. Marshall et les efforts qu'il a faits pour
amdliorer les relations commercials avec les different
pays pris separement (en particulier avec la Russie)
sont une preuve convaincante du d6sir qu'il a de de-
velopper le commerce international. i

2. Times, 4/7 :
4 L'expos6 fait hier par le Chancelier A propos du
programme d'importalions qui sera applique au course
des douze prochains mois, ne dit pas quel sera 1'effet
exact des economics qui ont Wth annoncecs lundi der-
nier...
Ce programme d'imporlations constitue evidemment
une experience hasardeuse. Mais du moins doit-on faire
tout ce qui est possible pour qu'il puisse 6tre applliqu
heureusement, si l'on ne veut pas qu'il se termine de
la meme facon que I'expirience hasardeuse de M. Shin-
well l'hiver dernier. Ceci implique qu'il taut laborer
un v6ri:able p!an de reconstruction pour l'Europe et
*qu'il faut travailler A la reconstruction et au re6qui-
pement de l'Angleterre dans ce cadre. Voila qui est n6-
cessaire, non seulement parce que c'est A1 la condition
indispensable d'une nouvelle aide amiricaine, mais
aussi parce qu'il est de l'in6tret particulier de l'Angle-
terre que cette aide soit en rapport avec le r6equipe-
ment de la nation et ne serve pas simplement A combler
un deficit &norme... II reste plus que jamais n6cessaire
d'augmenter la production et les exportations. >>

|C) LA SITUATION 1CONOMIQUE DE LA FRANCE ET LA RE-
CONSTRUCTION DE L'EUROPE (Daily Telegraph 4/7,
conservateur) :

< A en juger par la rapidity avec iaquelle a el6 lan-
c6e hier une invitation commune franco-britannique
aux pays d'Europe, on peut dire que les gouvernenients
anglais et francais sont egalement desireux de grouper
au plus t6t les restes d'une economic europeenne, que
M. Molotov souhaitait de dissocier davantage encore. La
difference des situations existant en Grande-Brelagne et
en France reside dans le fait qu'en Angleterre l'oppo-
sition est toute prate a soutenir un tel effort entrepris
par ie gouvernement, tandis qu'en France Ie pari com-
muniste pourrait bien rallier un quart des 6lecteurs
pour soutenir le Kremlin centre la politique europ6enne
traditionnelle -de la France. Si l'on avait demanded Iran-
chement au Francais moyen s'il se pronongait en fa-
veur d'u'ne Europe 6conbmiquement unie ou d'une Eu-
rope doonomlquement idivis6e, sa r6ponse n'aurait fait
aucun doute. Malheureusement, le problem se com-
plique des divergences qui existent entire les partis..,
A 1'Assembl@e national elle-meme, il ,est probable
que l'c.hec de la conference des ministres des Affaires
6trang6res renforcera pour le moment la position du
gouvernement Rama-dier. On pouvait s'attendre de loute
fagon A ce que les communists refusent le vote de con-
flance que M. Ramadier a demand. Mais les membres
du parti socialist qui s'orientaient vers la gauche, et
les radicaux, les M. R. P. qui se tournament vers la
droite pourraient renoncer a leur idee de renverser la
coalition. Mais la division fondamentale qui existe dans
ce pays reste inchangEe.
M6me au sein du parti socialist, si peu d6sireux de
c6der idu terrain aux communists, m6me pour des rai-
sons tactiques, il faudra beaucoup d'intelligence et de
discipline pour arriter la course entire les prix et les
-salaires et voir plus loin. Les changes commerciaux
entire ]a France et 1'Angleterre se sont accrus sensible-


lnent depuis les n6gocialions coninerciales de I'an der-
nier. Les bienfails qui pourraient r6sulter d'un pro-
gramme semblable, que l'on doit laborer maintenant
avec d'autres pays europeens, ne seraient pas n6gligea-
bles, meme s'il n'etait aucunement question de l'aide
americaine. Mais ce sont les denr6es alimentaires que
la France devrait pouvoir normalement trouver chez
elle, qui constituent Ie principal facleur de 1'61vation
du cofit de la vie. Si ]a France pouvait stabiliser son
economic domestique, les chances de rdussite de l'ac-
tion qu'elle a r6solu d'entreprendre en commun avec
la Grande-Bretagne s'en trouveraient considerablement
accrues. >


II. PRESS AMERICAINE


Re,'ne de la presse amdricaine du 3 juillet 1947
1. La Confdrence de Paris
La press amnricaine annon;e que 1Pchec de la- Con-
firancc de Paris ne changer en ricn l'offre d'aide
amnricaine faite par M. Marshall ct qu'il appartiept
d6sormais a la France et A la Grandc-Bretagne d'organiskr
I'Europe poutr qu'elle puisse bhneficier de cet apport 6cono-
mique et financier ainmricain. Elle regrette, A quelques excep-
tions pris, que la Russie ait jug6 opporlun de refuser sa
collaboration A i'oeuvre de rcl6vement europeen et examine
la nouvelle situation cr66e par ce refus sovi6tique concluant
g6niiralement que la division de !'Europe en deux camps se
trouvera accentube et que de ce fait I'cntente entire i'Occident
ct Moscou, qui demneure indispensable au riglement des
probllmes d'apres guerre sera rendue encore plus difficile.
Trois questions la pr6occupent plus imm6diatement. La
premiere c'est de savoir si Ics pays satellites de I'U.R.S.S.
pourront se joindre a 1'effort economique europ6en. La se-
conde est de voir si, come elle .'y attend, les parties commu-
nistes europcens chcrcheront i cmpicher la r6alisation du
pran Marshall et la troisieme est relative A l'Allemagne. A ce
sujet. ellc se dcmande si Washington acceptera de reviser
Accord de Potsdam sans les Russes, une telle revision des
terms 6conomiquoes de cet accord 6tant jugce indispensable
A l'augmentation de la production. allemande et a sa coordi-
nation avec les efforts de reconstruction des autres pays
europ6ens.
Les correspondents de Paris reproduisent largement les
declarations fiites par les trois ministres A la fin de la
Conference et annoncent que MM. Bidault et Bevin ont eu
le 3 juillet une entrevue afin de fixer la procedure qui per-
mettra d'associer diff6rents Etats europ6ens interesses anx
travaux de la France ct de la Grande-Bretagne. Tous indi-
quent que la France et la Grande-Bretagne sont d6cidees A
assurer cette cooperation europenne sans la Russie et sans
1'Espagne. De Washington, les correspondents signalent qmu
M. Marshall s'cst refuse a tout commentaire sur 1'chec de
la Conference quand il a requ les journalists, mais ils rap-
portent que d'autres fonctionnaires du Ddpartement d'Etat
ont assure que ce refus ne changerait en rien la proposition
faite par M. Marshall d'aide &conomique et financi6re A I'En,
rope. Ils reprennent 6galement la declaration Marshall
annonqant que prochainement Ic D6partcment d'Etat ferait
connaitre cl plan anglo-amricain devant permettre d'ac-
croitre la production industrielle allemande. Les correspon-
dants ajoutent gendralement que cette production serait
portie A 70 ou 80 % du niveau de 1938, bien que M. Mars-
hall n'ait pas donn6 de details sur ce que serait cc plan. Par
ailleurs, les correspondents rcprennent la declaration du
Department d'Etat indiquant que la France remit 19.471.078
dollars en pavement d'interets et de principal dus '. 1'Export-
Import Bank et sur les credits du Lendlease.
L'editorial du New York Times parole d' Echec A Paris .
(Voir cct article plus loin.)
Un editorial dou Baltimore Sun note qu'il faut encore plhu'
de patience. (Voir I'article plus loin.)
L'editorial du Philadelphia Inquirer remarque que la
Russie a fait 6chouer la Confirence europdenne. L'auteiur
njoute qu'en refusant de se joindre a l'cffort international







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS rPTRANOGRE


tenit pour redresser 1'Europe 6conomiquement, I'arrogante
Union Sovi6tique a brise les espoirs des peuples fatigues et
tourmentls du monde. I1 n'y a pas eu d'6vdnement plus
encourageant depuis la fin de la guerre que 1'chec de cette
Conference de Paris. Derritr.e l'attitude qu'a pris M. Molotov
pour rejeter l'offre de M. Marshall, il y a sans aucun doute
I'ambition h long term de la Russie Sovietique qui vent
dominer politiquement et dconomiquement le Continent euro-
peen. Les ambitions communists se nourrissent des souf-
frances et du chaos et non de 1'am6lieration des conditions
de vie que 1'aide economique americaine a l'intention de
promouvoir. ,
L'editorial du. New Daily Worker precise que la Conference
a echoue parce que, bien que le plan Marshall ait promise
line aide deconomique ii l'Europe sans conditions politiques,
il s'est averd que cc n'dtait pas du tout son intention. II s'est
aveC6 que, derriere la phrase a 1'Europe doit s'aider *, se
eachajt le plan de former un bloc occidental contr61l par
Washington par l'intermddiaire de Londres.
Barnet Nover, dans le Washington Post, declare que
Washington prepare un plan de relevement de la production
du carbon de la Ruhr et ajoute que, malgr6 certain diff6-
rends anglo-amuricains A ce sujet, il est certain qu'un accord
interviendra. L'Cditorial du Christian Science Monitor s'at-
tend A ce que les communists frangais en mcnagant la sta-
bilit6 politique du pays mettent en p6ril le plan d'aide cco-
nomique h la France. II conclut que, pour donner a ia
France le soutien don't elle a besoin, il faudra peut-etre p'ns
que des dollars. II faudra peut-Atre r6viser la politique ame-
ricaine A 1'6gard de l'Allemagne afin que les Frangais puis-
sent trouver de nouvelles garanties ;our leur security centre
leur ennemie historique. Une initiative dans ce genre faite
par les allies occidentaux de la France. impresisionnerait plus
les communists frangais que les dollars, car, sur le plan des
questions franco-allemandes, les communists frangais out
montrd dans le pass qu'ils percevaient ce qu'etaient les
interets nationaux frangais allant jusqu'au point de d6vier
de la ligne adoptee par Moscou. Si I'attitude russe de non
cooperation ob'ige les leaders amdricains et britanniques h
se rendre compete de ces faits, le rdsultat en sera une poli-
tique plus consistante dans la fagon de traiter la reeconstruc-
tion de 1'Europe occidental.

2. Accord Lewis
Toute la press announce que les ppropritaires de 40 % des
mines de carbon bitumineux sont tombs d'accord avec
Lewis, chef du syndicate .des; mineurs, pour etablir un nouveau
contract qui permettrait la reprise du travail dans les mines
aprbs les dix jours de vacancies que sont en train de prendre
les miners. La press indique que Lewis. a obtenu satisfac-
tion pour la plupart de ses revendications.

3. .Nouoelles de France

Les correspondents de Paris t-gnalent la seance mouve-
ment6e de l'Assemblie national au course de laquelle M. Ra-
madier a pr6sent6 son programme financier, et ils continent
a publier de longs articles sur les arrestations des personnel
impliqu6es dans le complot. La personnalitt Idu -g6neral de
Larminat leur done l'occasion de rappeler les services qu'il
a rendus et ils .estiment que son rappel i Paris a dfi tre
motive par sa participation au complot.

a) APRIs L'ECHEC DE LA CONFERENCE DE PARIS. 1) (New
York Herald Tribuaie, 3/7) :
M. Molotov a oppose un refus aux propositions Mar-
shall pr6conisant l'6e.abora:ion d'un plan commun de
relovement europ6en. I1 lui a fall 1.500 mots pour en
arriver 1.,A mais en fin de compete .la r6ponse a Wt6
non >. Le rest du monde s'6tait prepare A la r6ponse
russe il doit se preparer maintenant a en envisaged
les cons6qu-ences. Si la Russie est r6solue a accepted
une division en deux blocs rivaux occidental et orien-
tal dans le domaine 6conomique, comme .elle I'a accept
jusqu'a maintenant en ce qui concern le contr6le de
1'6nergie atomique, l'arm6e de 1'O.N.U., la banque mon-


diale et les questions politico-6conomiques inherentes
au riglemment des probl6mes allemaind et autrichien,
alors la conduite A adopter est claire. Les puissances
occidentales doivent chercher A organiser le rel6vement
de 1'Europe sans le concourse de la Russie ou ide ses sa-
tellites et d6jh la Grande-Bretagne et la France s'ap-
Dr6tent A lancer des invitations aux autres puissances.
On doit s'efforcer egalem.ent d'appliquer le plan de re-
16vement du mieux qu'il sera possible ; et I'on doit en
m6me temps garder une place A 'la Russie et lui offrir
de collaborer ult6rieurement.
Comme M. Bevin l'a faith remarquer, le refus dde M.
Molotov a constitute une deformation des faits. Si la si-
tuation actuelle de 1'E.urope ne s'aggravait pas de plus
en plus, on serait tent6 de rire de l'attitude du ministry
des Affaires 6trangeres russe, qui repr6sente le symbol
d'u'ne ieconomie totalement dirig6e et qui se pose en
champion du lib6ralisme.

2) New York Times (3/7) :

Apres cinq braves s6ances, la Conf6rence ide Paris
s'est termin6e par un 6chec complete et au milieu d'un
change de d6fis A peine voil6s... Ce n'est pas la pre-
miere reunion ,des grandes puissances qui se termine
par un 6chec... Mais cette fois, l'6chec comporte a la
fois plus d'espoirs et plus de dangers. II comporte plus
d'espoirs parce que pour une fois la Russie est incapa-
ble d'imposer son veto au project mis sur pied par les
puissances oc'cidentales, accept par les puissances neu-
tres et meme par quelques-uns des satellites de la Rus-
sie... D'autre part, 1'6chec de la Conf6rence de Paris
comporte aussi plus de dangers parce qu'il l6argit la
brkche s6parant la Russie de l'Occident et qu'il peut
6tre le d6but d'une rupture finale, car tandis que les
puissances occideintales organisent leur monde en vue
d'un rel6vement economique, on idoit aussi s'attendre
A ce que la Russie intensified encore plus ses propres
efforts pour miner et pour d6truire tout bloc occi-dental,
grace a tous les moyens don't elle dispose... La patience
de l'Europe est A bout. La tAche du monde doit se pour-
suivre, que la Russie l'aime ou non.

3) Baltimore Sunt (3/7) :

Comme presque tout le monde s'y attendait, les Rus-
ses ont repouss6 la proposition Marshall... Nous nne
sousestim-ons pas le courage *de la Grande-Bretagne, .de
la France, de l'Italie et des Pays-Bas quand nous r6p6-
tons que les perspectives pour la r6organisation de
l'Europe de I'Ouest sans la Russie ne sont pas promet-
teuses. Cela irait s'il 6tait possible de comprendre dans
la zone A reconstruire toute cette parties de 1'Allemagne
occidental occup6e par les Britanniques, les Francais
et nous-mnmes. L'Allemagne de l'Ouest est le coeur in-
,dustriel du continent. Le carbon et le fer de la Ruhr
ne peuvent pas 6tre exports aux pays qui competent
sur ces products sans la permission des Russes. Le droit
de veto des Russes rend impossible d'inclure 1'Allema-
gne dans un programme de r6organisation tant que
l'accord de Potsdam est en vigueur. Si le refuse russe
d'hier A Paris est le mot final de Staline... Les Britan-
niques et les Francais en vue d'obtenir un accord avec
des nations plus petites devront faire face tout d'abord
A cette difficult allemande. Ils pourraient en principle
avec notre consentement annoncer la fin de P'accord
de Potsdam, mais. ce serait en faith le ddmembrement
final du vieux Reich allemand... Les difficulties et les
dangers d'une telle proc6dyre sont si 6normes et si
pleins -de mauvais presages pour le monde qu'il est rai-
sonnable de s'attendre qu'avant de prendre une measure







6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANG*RE


aussi severe un autre effort sera faith pour obtenir la
cooperation russe.

b) LA SITUATION POLITIQUE AUX ETATS-UNIS (New York
Herald Tribune, 4/7, edition europ~enne) :
La constitution d'un troisieme parti est devenue beau-
coup plus difficile A la suite du veto opppos6 par le
president Truman A la 1.gislation ouvribre. Cependant
il est diej clair que les organisateurs du IroisiBme
part chercheront a 1'6tablir en allgant que le part
d4mocrate n'a pas soutenu le president. Il y a neuf
chances pour une qu'au course des dix-huit mois pro-
chains on mette en avant la personnalit6 mystique ,de
M. Henry Agard Wallace pour faire de celui-ci le diri-
geant du parti de la paix et des travailleurs.
Nous avons souvent dit dans ce journal que cette de-
cision viendrait du comite directeur du part commu-
niste americain. Le moment est maintenant venu de
prouver ce que nous avancions.
Le rapport du comit6 national du part communist
:am6ricain. qui s'est r6uni en assemble extraordinaire
au course de ]',t6 1946, vaut vraiment la peine d'etre 6tu-
di6 A la luminre des 6v6nements qui se sont products
idspuis lors. Certain-es parties de ce rapport sont 6cri-
tes en italique, et, selo'n les inities. elles constituent des
ordres donn6s aux fiddles partisans...
I1 est evident, d'aprbs .ce rapport, que les stratlges .de
I'assembl6e 6taient pleinement conscients de la n6cessitW
de met.tre a la t6te de leur movement une personnalit6
noin communist. II .6tait evident que le choix .de M.
Wallace s'imposait. Mais A ce moment M. Wallace avait
manifesto officiellement et 6n.ergiquement son opposi-
tion a la constitution d'un troisi6~ne parti..,
Cependant les organisateurs qui se trouvalent A I'as-
sembl6e sont sans aucun doute des hommes lui agis-
sent. Naturellement, ils n'ont pas coneu leur plan de
leur propre chef. Ceci avait d6ja 6t6 fait pour eux an
septi6me CongrBs de l'Internationale communist a Mos-
cou. Ce Congres, 6tudiant les < problbmes vitaux es
E'ats-Unis d'Am6rique >, avait prbconis6 unanimement
la formation 'd'un nouveau part de masse des travail-
leurs amiricains. Ce nouveau parti ne devaitpas 6tre of-
ficiellement communist, mais, avant tout, selon les ter-
mes du rapport du CongrBs, il ne devait pas etre anti-
communiste. M. Henri Wallace lui-mbme a faith com-
prendre clairement que son nouveau parti s'absliendrait
soigneusemenit de manifester une tendance trop mar-
quee au comnoinisme.
.Personne, bien entendu, ne sera assez insens6 pour
supposed que M. Wallace joue consciemment le jeu des
communists ou qu'il regoit secr6tement leurs ordres.
Bon nombre id'observateurs croient au contraire que la
< bonne line de conduite a suivre > lui est indiqu6.e
peu A peu par un grope strange de politicians profes-
sionnels, de partisans d'un front commun, et d'id4alis-
tes r6veurs qui composent 1'equipe politique qui con-
tr6 e la pens6e de M. Wallace. On trouve dans cette
6quipe des personnages tels cue M. Raymond Walsh,
baryton qui a abandoinn6 l'op6ra pour militer dans la
politique d'extr6me-gauche ; M. Michael Straight, ange
aimafle eT sincerement id6aliste de < La Nouvelle R6-
publique>, et M. Harold Young, secr6taire de M. Wal-
lace. M. Young est I'auteur de cette remarque devenue
c'assique : c Maintenant nous avons lanc6 un slogan
que personnel ne'peut vaincre. Qui done se d6clarerait
en definitive centre la paix ?... s
Les personnages qui jouent le plus grand r61e sont
cependant presque certainement M. C. B. Baldwin et
Miss Hannah Dorner. M. Baldwin 6tait auparavant sous


les ordres de M. Wallace au minist6re de 1'Agriculture.
On peut se fire une id6e des relations qui existent en-
tre ces ,deux personnages et M. Wallace en se souvenant
simplement que Miss Dorner a persuade M. Wallace de
soutenir la candidature de M. Johannes Steel au Con-
gres l'an dernier.
(JOSEPH and STEWARD ALSOP)

c) L'AVENIR DE L'INDE (New York Herald Tribune, 4/7,
edition europ6enne)
Avec la division de l'Inde en deux parties et peut-
6tre m6me davantage, 1'Avid'ence d'une .d6sagr6gation se
fait de plus en plus sentir, et elle s'accompagne de
plaintes de plus en plus nombreuses de la part des In-
diens et des Europ6ens. Une personnalit6 officielle fai-
sailt rcemment remarquer que la seule raison pour la-
quelle 1'Inde n'6tait pas ,encore en pleine anarchie 6tait
que le people ne se rendait pas encore compete que ce
stade 6tait d6ej atteint.
Parmi les nombreux problbmes auxquels devrant
faire face les dirigeants de l'Hindoustan et du Pakis-
tan quand ils prendront le pouvoir, se posera certaine-
ment celui ide remettre compl6tement en 6tat les
moyens de communication, qui, A 1'heure actuelle, sem-
blent avoir 6norm6ment besoin .de cette r6organisation.
A moins que l'on sauve les branches principles des
reseaux postal, t6elgraphique, t6l6phonique et ferro-
viaire d'une ruine encore plus grande, le plan qui a .6t
6labor6 en matibre de r6alisation social pour 1'ensem-
ble de l'Inde ne servira A rien... La ruine des ceiemins
de fer !(of les ouvriers s'occupent davantage ,de leur
avenir dans le Pakistan ou l'Hindoustan que d'assurer
leur service) aurait des consequences graves.
Avant que la situation politique soit r6glie, on n'aura
probablement, de l'avis de la plupart des observateurs,
que peu de chance de rem6dier A la confusion qui ap-
parait dans toutes les phases de la vie -dans l'Inde
aujourd'hui. Avec le replacement des autorit6s bri-
tanniques (qui pendant des siecles ont contr616 ef di-
rig6 presque tous les services) par des hommes qui ont
forc6ment un entrainement insuffisant, la prolongation
de cette confusion au course des prochaines ann6es ap-
parait comme inevitable.
(MARGARET PARTON.)



III. PRESSED BEILGE


APRAS L'ECHEC DE LA CONFERENCE DE PARIS.
1. La Nation Belge (4/7, catholique).
< Ainsi, cette fois, la situation est nette. En rejetant
les propositions transactionnelles, 1'U.R.S.S. a montr6
clairement qu'elle ne d6sirait pas s'associer a un su-
preme effort de reconstruction europ6enn'e commune.
On ne pourra accuser ni la Grande-Bretagne, ni la
France d'avoir recherche la division du continent en
deux blocs.
Ces deux puissances ont, au/contraire, fait le maxi-
mum pour obtenir la cooperation de tous mais ces ef-
forts se sont reveles inutiles, car its se sont brisbs les
uns anr6s les autres centre la fin de non recevoir de
Moscou qui, pour reprendre les paroles du s6nateur
am6ricain Fulbright e ...ne desire pas le rel6vement
d'aucun pays d'Europe, A moins qu'il ne soit au pouvoir
du communism et isol6 par le rideau de fer D.
II reste maintenant aux pays d'Europe A se computer;
car la Grande-Bretagne ct la France ont declare par la







UlbLETiN QUOTIDIEN DE PRESSE ETBANGkRE


bouche de leurs ministries des Affaires 6trang6res
c qu'elles poursuivraient 1'6tude du plan Marshall, avec
tous les pays qui d6sireraient participer i cet examen,
sans la Russie et sans PEspagne 2>.
Aujourd'hui, qu'on en soit partisan ou adversaire, le
fameux a Bloc occidental > pour lequel le Kremlin pro-
fessait une telle antipathie, se trouve automatiquement
crAe, et ce softt les Russes eux-m6mes qui en sont les
auteurs. >

2. La Lirbre Delgique (4/7, catholique).
a Les des sont jets. Pour la p emiere fois depuis la
guerre, une conference des repr6sentants des puissances
jadis allies et amies se spare dans une atmosphere
trouble, sans meme que soil public un communique
final. Pour la premiere fois, une rupture ouverte est
franchement admise. D'autre part, MM. Bidault et Be-
vin ayant clairement fait entendre que la France et la
Grande-Bretagne 6taient d6cidees, en tout 6tat de cause,
A continue avec les autres pays qui le d6sireraient
1'6tude du plan Marshall, on peut constater sans exa-
g6rer, que c'est la premiere phase d'un bloc occidental
qui a pris naissance a Paris, en cette soir6e du 2 juil-
let. Inutile de souligner toute la gravitN de cette consta-
tation. a


IV. PRESS SUISSE


APRBS L'ECHEC DE LA CONPIRENCE DE PARIS.
1. JouiNal de Gen-ve (4/7)
( L'6chec de la Conference 6tait en r6alit* prevu par
]a plupart des observateurs les plus attentifs de la si-
tuation international. 1I leur paraissait impossible
qu'une entente, du moins une entente s6rieuse et sin-
c6re, pfit se realiser au sujet des propositions ambricai-
nes alors que I'U.R.S.S. s'est engage dans la voie d'un
asservissement des pays places derriere ce qu'on a si
justement appel le rideau de fer. Mais on supposait que
tout en se proposant de faire &chouer I'accord avec
I'Am6rique, le gouvernement de Moscou mnnagerait les
apparences. L'attitude brutale de M. Molotov est con-
sid6ree comme significative. Elle consacre la coupure
qui existait en fait, mais qu'on cherchait jusqu'ici A
voiler.
La politique international entire dans une phase
nouvelle. La constitution d'un bloc occidental qui 6tait


dans la nature des choses et qui aurait pu s'effectuer
dans d'autres conditions est d6sormais certain.
(du correspondent A Paris
du Journal de Gendve).

2. Basler Nachrichlen (3/7, edition du soir).
< Les discussions de la Conference de Paris auraient
Atk consid6rablement facilities et abr6g6es si, avant
overturee des travaux le secr6taire d'Etat americain
avait eclair6 sa lanterne en faisant connaitre aux trois
ministres des Affaires 6trangeres europeens qu'elle 6tait
sa propre volont&. Mais il a omis de les en informer.
On peut supposed que pratiquement M. Bevin a servi de
truchement a M. Marshall, mais ce n'est pas tout A fait
str... Le D6partement d'Etat amnricain doit faire triom-
pher le plan Marshall, on ce qui en reste, dans les deux
Chambres du CongrBs. L'opposition isolationniste suf-
firait de6ji lui rendre la tiiche extremement difficile ;
anais de leur cote, les Europeens sont loin de l'aider.
Le Times de Londres ecrif : a De nombreuses remar-
ques de M. Molotov ont WtB propres A 6ter aux AmBri-
cains le d6sir de venir au secours de l'Europe D. C'est
exact. Mais la variante que voici serait peut-Atre just
elle aussi : De nombreuses declarations anglaises et
francaises sont de nature A 6ter aux Amdricains tout
desir de venir au secours de 1'Europe >. Qu'on lise par
example les affirmations britanniques concernant la nd-
cessit6 de ne plus rien acheter ou A peu pres aux AmB-
ricains et d'utiliser les dollars esp6res, non point pour
faciliter les relations commercials avec les Etats-Unis,
mais pour s'en liberer. Une interpretation maligne des
propositions de M. Bidault consisterait A dire que so-
lon lui l'aide amiricaine dolt principalement servir A
eliminer la concurrence americaine en Europe. Ce n'est
pas prbcis6ment de cette facon qu'on gagne des busi-
nessmen A sa cause.
Maintenant la Conference A trois A Achou6 et par suite
les difficulties que le plan Marshall rencontrait du c6te
russe ont disparu. 11 appartient A l'Angleterre et A la
France de faire en sorte, au course d'une conference A
deux, et des conferences multipartites qui suivront, que
les difficulties venant d'elles-memes disparaissent A leur
tour dans toute la measure du possible, de omaniere que
le grand project americain puisse enfin se rdaliser. Et il
faudra aller vite, car, nul ne l'ignore, la situation de
la France et de l'Italie rend necessaire un success A bref
ddlai, sinon Moscou apparaitrait au dernier acte comme
le vainqueur de l'Europe occidentale, et les visages
s'epanouiraient au Kremlin. >


S. P. I. Imp., 27, r.i Nicolo, Paris 31.8009







































































Prix ; 6 francs.




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