Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: July 4, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00131
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION LA DOCU
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETT.RES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')



BULLETIN


DE


4 juillet 1947.


PRESS


MENTATION FRAN;AISE


QUOTIDIE



ETRANGERE


Nouvelle Serie N 709


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) AprBs 1'6chec de la Conf6rence de Paris.
1. Times, 3/7.
Daily Herald, 3/7.
3. Daily Teleggralph, 3/7.
4. Daily Mail, 3/7.
5. News Chronicle, 3/7.
6. Daily Wo4ker, 3/7.
b) La visit dle M. Herriot en Grande-Bretagne (Ti-
mies, 3/7).
II. PRESS AMEIRICAINE.
La reconstruction de 1'Europe.
1. New YtorkJ Herald Tribune, 3/7, edition eu-
ropeenne.
III. PRESS SOVIATIQUE.
IV. PRESS BELGE.
a) Apres 1'6chec 'de la Conference de Paris (Lay
Nation Belge, 3/7).
b) La situation intdrieure en France (Le Peuple,
3/7).


I. PRESS BRITANNIQUE

Revue de la press britannlqiqe du 3 juillet 1947
La press de ce matin est tout entire dominde par l'6chec
de la Conference de Paris. Elle accorde',galement une place
important au prochain plan quinquennal bfitannique an-
noncd hier par M. Morrislson. Les autres questions paseent
I l'arri6re-plan. La FRance, pour sa part, ne fournit'matibre
qu'k de courts articles dans le Times, le Manchester Guardian
et le Daily Worker.

1. Confirence des trois
Toute la press, apris 1'chec de la Conf&aence de Paris,
reproduit les declarations des different ministres et announce
que les gouvernements franqais et britannique ont d4cid6
d'inviter tous les pays d'Europe A l'exclusion de l'Espagne
et de 1'U. R. S. S. A une conference g'6ndrale.
Elle fait une large place ha entente franco-britannique et
aux efforts communs que les deux pays d6ploieront en faveur
du project Marshall. Elle insisted sur les consequences du refuse
sovidtique.
A ce sujet, le correspondent dip'omatique du Manchester
Guardian derit que les arguments employes par 1'U. R. S. S.
pour justifier son opposition h 1'Europe. occidentale ont rare-
ment Wte aussi peu d6fendables et que, rarement, l'ideologie


s'est aussi vivement opposee A l'int6r&t meme d'un pays.
Le correspondent en voit pour preuve, l'embarras oi se
trouve l'ftuuman'it pour expliquer l'attitude sovi6tique.
L'6chec de la Confdrence de Paris inspire an correspondent
parisien du Daily Telegraph la conclusion suivante : < Ainsi
se termine une conference important, peut-ktre la plus im-
portante qui ait jamais eu lieu. > Le government sovie-
lique, ajoute 1'auteur, en pennant une decision historique a
decide de ne pas adh6rer au project d'aide h 1'Europe. L'une
des questions cruciales qui va se poser est de savoir dans
quelle measure l'U. R. S. S. pourra faire pression sur les pays
d'Europe oriental pour les obliger a refuser l'invitation
franco-britannique.
L'attitude 6ventuel:e de ces pays 'nq'uitte aussi le corres-
pondant du Times f Paris qui remarque que la plupart
d'entre eux avaient fait bon accueil au project Marshall
avant le refus de la Russie.
Apres avoir insistR sur le caractere inconciliable des deux
theses en presence et sur l'importance des paroles echangdes,
W. Forrest, du News Chronicle, estime que la conference a
pris fin et que 1'Histoire vient d'enreigistrer une nouvelle
chance perdue dans la lutte entreprise pour assurer une paix
durable.
Pour le Daily Mail, a M. Molotov a laiss6 retoihber le
rideau de fer >. Que peut-on faire pour le redressement de
I'Europe sans la collaboration sovietique ? C'est une question
a laque.le personnel ne peut repondre.
Estimant probable que seuls les, pays d'Europe occidentale
accepteront l'invitation foanco-britannique, il ajoute que si,
dans les annies h venir, quelqu'un s'interesse assez a la
question pour demander quel est I'auteur du bloc occidental,
la rdponse sera : << M. Mo:otov a Paris, dans les premiers
jours dc juillet 1947 >. Et il donne pour raison essentielle
du refus sovidtique la crainte de 'U. R. SS. dune pdndtra-
tion d-es democraties occidentales dans toute l'Europe.
Selon W. N. Ewer, correspondent diplomatique du Daily
Herald, les gouvernements frangais et britannique d-ep:orent
vivement le refuse, sovi6tique, .mais la solution qui leur est
impose par M. Molotov est < d'aller de. l'avant ou d'aban-
donner tout effort pour organiser l'aide mutuelle euro-
peenne a et, avec elle, tout espoir d'une aide substantielle
des Etats-Unis. Ainsi prend fin l'espoir d'une r6ponse una-
nime au project Marshall. Mais celui-ci avait laisse naturelle-
ment entendre que l'unanimit6 n'&tait pas une condition
absolute de l'aide americaine.
S. Sould.er, correspondent du Daily Graphic, considire
que la dernitre chance d'une unite europeenne s'est dvanoitie
et il ecrit que, le refus de M. Molotov consacre la division
de 1'Europe.
Le Daily Worker done le texte integral des declarations
de M. Molotov et ne comment 1'echec de la conference que
dans un editorial.
Tous les journaux, sauf le Daily Worker, mettent en relief
le fait que MM. Bevin et Bidault n'entendent pas se laisser
intimider par l'avertissement sovi6tique et qu'ils sont decides
h aller de P'avant.






2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGBER


2. Plan quinquennal britannique
Tous les journaux annoncent que le gouvernement bri-
tannique prepare un plan economique couvrant une periode
de trois a cinq ans. Le comite directeur de ce plan com-
prendra des reprdsentants des syndicats et du patronat.
D'autre part, M. Morrisson a 6galement annonc6 que 1'6tat
de son commerce international obligeait la Grande-Bretagne
A rdduire ses importations, .mais que sa situation alimentaire
n'dtait, en aucune maniere, inqui6tante.

3. France
Le correspondent diplomatique du Manchester Guandian a
Paris rend compete de la stance d hier a 1'Assem'blbe national
et declare que les chances du gouvernement 4taient plus
grandes hier soir, en parties parce que o'Achee de la Conf6rence
de Paris avait d6m.ontrd l'impossibilit6 actuelle d'un retour
des communists au gouvernement.
Ce corresipondant 6tudie ensuite l'attitude .de la press
communist et socialist frangaise et remarque le caractre
diam-etralement oppose des theses soutenues par 'lHuamanitd
et le Populaire.
Le coivespondant du Times et celui du Manchester Guar-
dian rservent quelques lignes an a pan bleu >. Ces deux
correspondents ecrvent que le nombre des documents d6cou-
verts est, parait-il, si important qu il faudra six mois pour
les examiner. I1 est probable, ajoutent-ils, que dans six mois
le public aura d autre. pioccupations.
Le Dadty Worker announce que le complot .6tait fort de
25.000 hoammes. Plusieurs journaux signa.ent que le g6enral
de Larminat a BtW relev6 de ses functions.

4. Indandsie
Le Daily Worker announce que des bAtiments, de guerre
ho.landais ont fait feu sur les indonesiens. D'aprds ce com-
mentateur, les relations hollando-inaonesiennes s agg ave-
ra.eut continueuemefitt et I'opinion hollandaise serait tres
mecontenate de .a politique gouvernementaie.

a) APIAS L'ECHEC DE LA CONFERENCE )E PARIS.
I. Tl',es .(3/7) :
c Sans aucun doute, les espoirs que l'on avail fond6s
eiaient trop grants. M. Mo.otov a rejtt6 bru alement une
proposition qui demandait que -ensemble de I'Europe
accompisse en commun ce que les pays de 1'Europe
occiLemtLaie doivent maintenant enrrepren'dre s6par6-
mtnt. La declaration que M. Molotov a faite apres la
dern.ure reunion, d6olaradion dans iaquelie il se defend
et faith ietomber la responsabii,6 de 1'6chee sur ses
colleagues lrangais et biitannique est en complete con-
tra'diction avec les preuves que constituent les faits. La
responsabilit6 de la division de 1'Edrope ne peut incom-
ber A ceux qui oni cherch6 A englober tout le contnent
dans un effort colectif de redressement. I1 n'est pas
possible non plus de suivre le raisonnement russe qui
voudrait faire d'une coop6raton volontaire un empid-
tement sur la souverainet6 national. La Gran'de-Breta-
gne et la France n'ont que faire d'un e avertissement
sur les < consequences > d'une division de l'Europe. La
France a jou6 un role remarquable par l'Bnergie et ia
constance avec laquelle elle a resist6 a une division
entire 1'Est et I'Ouest. Mais maintenant le choix reside
entire l'acceptation d'un refuse concernant une action qui
- on peut le dire sans crainte r6pond au 'd6sir r6el
de toutes les petites nations de l'Europe, et une pers6-
v6rance dans une nouvelle tentative pour effectuer le
redressement cherch6.
La Russie n'offre aucune autre solution, aucune con-
tre-proposition qui puisse d'une autre Manibre mettre
1'Europe en measure de profiter dde fagon d6finilive des
formidable et unique resources des Etats-Unis. En
presence du refus de la Russie, qui peift Wtre suivi
A'un refus de la Pologne, de la Tch6coslovaquie et 'des


autres nations de 1 Est europeen, l'Europe occidental
n'a plus qu'a continue seule, el elie dolt continiuer
avec resolution et energies, sans perdre 1'espoir. Certai-
nement, on aurait tort de ne pas chercher un moyen
que.conque de combler le foss6 qui spare l:Est 'de
l'Ouest. On dolt encore conc.ure une alliance et un
irait& commercial entire la Grande-Bretagne et 1'Union
sovi6tique. L'exp6rience de la Con6erence de Paris na
pas rendu ces accords moins souhaitab.es. M. Strachey
a dit dans une certain measure, mardi dernier, quelle
pourrait etre la vaieur de relations commerciaies avec
i'Europe orientale quand, en parlant de denr6es alimen-
taires, il a formuul6 l'espoir d en importer de Hongrie et
de Yougoslavie. Mais, bien qu'on ne 'doive pas oublier
les possibilities qui nous sont offeroes par la, il rest
a effectuer une tache urgent, qui est parfaitement mise
en lumiere par le refus de la Russie de participer A
1'Mlaboration d'un plan europ6en. C'est A la Grande-
Bretagne et A la France qu'il appartient de prendre
l'iniliative qui leur a 't6 laiss6e, et d'61aborer, d'accor'd
avec les autres pays d'Europe qui sont pr6ts A colla-
borer, des propositions qui entreront dans le cadre du
discours de Harvard. La premiere measure A prendre par
les gouvernements francais et britannique est de con-
voquoer uie conference dans ce sens.

2. Daily HelvlrC (3/7, travailliste) :
< Le problem qui oppose le gouvernement sovi6tique
d'une part et la Grande-Breagne et la France, d'autre
part, est parfaitement clair.
Le gouvcrnement sovi6tique est pr6t A accepted une
aide americaine pour mener A bien la reconstruction 'de
la Russie.
Mais, tandis que les gouvernements britannique et
fran.ais sont prets A associer I'aide am6ricaine avec un
effort pour laborer un plan europben common d'aide
mutuele A laquelle l'aide am6ricaine ne ferait que
.s'ajouter le gouvernement soviatique n'entre pas
dans ces vues.
En effet, M. Molotov cherche A imposer un v6to so-
vi6tique A tous les efforts communs europeens de re-s
dresscment. II est remarquable que M. Molotov tienne
pour assure que les voisins imm6diats de la Russie sui-
vront la direction de celle-ci.
M. Mo'otov refuse d'abandonner et il refuse 6gale-
ment 'de voir abandonner par les pays qui se trouvent
dans la sphere d'influence russe ce.te infime parcelle
de souverainet6 national qui rendrait possible l'6ta-
blissement d'un plan 6conom!que don't profitera't tout
le continent et mime le monde entier.
La seule conclusion que l'on pu'sse tirer de IA, c'est
que le but de la politique russe actuelle est 'd'empecher
froidement et dblib6r6ment la r6alisation de 'Punil6 eu-
rop6enne et de-crier cette division entire l'Est et I'Ouest
que les dirigeants russes ont d6plor6 avec tant d'insis-
tance. >

3. Daily Teiegriiaph (3/7, conservateur) :
< Ainsi que le cours de la Conference de Paris ne
I'a montr6 que trop clairement depuis e dbbut, il s'est
r6v616 impossible d'obtenir l'accord des Russes pour
ren'dre lune r6ponse constructive aux propositions Mars-
hall d'aide americaine A 1'Europe.
Certains sages apres les 6v6nements diront
sans doute que la convocation de cette conference 6tait
en ele-m6me une erreur. Mais on ne pouvait tenir
pour assure que les Russes resteraient intransigeants
sur les questions 6conomiques. Il semblait, au con-
traire, qu'il existait pr6cis6ment une chance que ses
propres difficulties economiques si rigoureusement ca-
chbes qu'elles fussent, pourraient l'inciter A se d6partir







BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS ATRANGERI t


des soupCons sans fondement *qu'elle avait A l'6gar'd
des puissances occidentales et de la po!itique am6ri-
caine; et cette chance 6tail d'autant plus forte que l'on
connaissait les besoins et les d6sirs de pays tels que
la Tch6cos'ovaquie et la Pologne, sans parler des Bal-
kans. Cette chance n'a pas W'tC saisie par la Russie et
par les pays qui 'd6sirent ou qui doivent accepter son
h6g6monie. II ne s'ensuit pas que la Russie va se r6fu-
gier dans un isolationnisme 6conomique. Elle se mon-
trera dispose sans aucun doute A conclure des accords
commerciaux bilat6raux, tels que ceux qui sont nego-
ci6s actuellement par une mission britannique A Mos-
cou. Mais elle s'est interdit de recevoir sa part de l'aide
particuliere que les Etats-Unis 6taient dispos6s A accor-
der et, ce qui est beaucoup plus important, elle s'est
ineerdit de participer A un programme commun de re-
dressement europ6en et de contribuer ainsi A un rela-
chement de la tension po!itique. Nous ne pouvons dou-
ter que l'atmosphere politique n'en soit obscurcie pour
tous, ainsi que les perspectives 6conomiques, 'du moins
en ce qui concern I'Europe orientale.
On a cependant quelques raisons de se montrermoins
d6sappoint- et moins inquiet qu'on ne pourrait l'etre
apres ces evenements. Tout d'abord, bien que toute
I'Europe ne puisse 'donner une r6ponse collective, -une
parties de 1'Europe tout au moins peut donner une r6-
ponse constructive. La Grande-Bretagne et la France
peuvent cr6er 1'organisation qu'elles out propose A
Paris et les autres pays peuvent y par'iciper. C'est la
France qui a la tAche la plus difficile A effectuer, 6tant
donn qu'il existe dans ce pays un parti communist
puissant et qu'elle doit faire face A une crise 6conomi-
que don't ce parti essaiera plus que jamais maintenant
de tirer advantage. II sera 6galement 'difficile pour la
France de se d6partir *du r61e qu'elle aimait A just titre
de m6diateur entire 1'Est et l'Ouest. Mais, tout comme
la Grande-Bretagne, elle dolt s'occuper avant tout de
satsifaire les besoins pratiques 'de son redressement, et
elle sait fort bien, comme M. Bidault 1'a d6clare, que
I'aide qlui etait offerte n'implique aucune directive im-
Derieuse ni aucune ing6rence de la part des Etats-
Unis.
Aussi le refus oppose par la Russie ne sighifle pas
que Y'on dolt en rester 1A. En un sens, voilA qui peut
mAme signifier que les autres puissances peuvent conti-
nuer avec plus d'espoir. En effet, 1'issue du probl6me
ldpend en definitivee du CongrBs americain qui devra
sanctionner l'importance et le sens de 1'aide ambricaine,
et seule une collaboration rapide et franche de la part
de la Russie avec le reste de I'Europe Iui aurait permis.
aux yeux du Congres, de se voir inscrite avec une bien-
veillance enthousiaste sur la liste 'des b6neficiaires.
N6anmonis, le refus de la Russie est ennuyeux, si 1'on
considre les perspectives d'avenir lointaines, et il ap-
partient aux autres puissances d'en tirer le meilleur
part possible. >

4. Daily Mail (3/7, conservateur) :
(( Nous regrettons que la Russie ait refuse sa colla-
boration. Nous d6plorons l'6chec de cette conference.
Nous nous affligeons 'des craintes et 'des suspicions *qui
maintiennent la division entire les nations. Mais notre
devoir est de dire la v6rit,6 comme nous la concevons,
et la veritA, c'est que la Russie, par des atermoiements
et des equivoques sans fin a essays de pr6cipiter la
Grande-Bretagne et'ses associ6s naturels 'de l'Ouest 'dans
les sables mouvants de la ruine Bconomique...
La lutte 6conomique des grandes nations Dour leur
existence et en particulier la lutte de la France -
s'intensifiera au course des prochaines semaines...
' Depuis le debut, M. Bevin a insist.- sur le fait qu'il


fallait agir riapidement et maintenant la Grande-Breta-
gne et la France ne doivent pas perdre de temps pour
envisager la conduite qu'elles doivent adopter.
Ces deux 'nations, qui ont l6t si souvent aux cotes
l'une de l'autre, .doivent s'efforcer une fois 'de plus de
pr6senter un front commun. Bien que la Russie ait
choisi de suivre une line 'de condui:e personnelle, I'Eu-
rope occidental, sous une direction inergique, pent
par elle-meme se cr6er un avenir plus heureux. >

5. News Chiontcile (3/7, liberal) :
< M. Bevin et M. Bidault doivent poursuivre leur
action. Ils doivent agir ensemble avec le concours .de
tous les pays europ6ens desireux de collaborer, 'd'abord
en recherchant ce qu'ils peuvent faire pour s'aider
mutuellement, et'ensuite en .*lablissant la liste de leurs
besoins communs. Quoi que puisse dire M. Molotov, un
programme commun dolt 6tre la condition premiere
de P'aide ambricaine.
N'oublions pas 1'importance 'des espoirs que I'offre de
M. Marshall et la r6ponse rapide de M. Bevin avaient
soulev6s dans toute I'Europe. Ces espoirs ont lt6 tem-
porairement d6cus, et nous ne .devons pas minimiser
l'effet qu'un tel Bchec a product sur l'opinion publique
dans toute l'Europe.
En attendant, mnous devrions gar'der sa place A la Rus-
sie si elle veut encore collaborer. Elle peut encore se
rendre compete que ses propres inlirkts economiques et
son propre bien-6tre dependent .d'un redressement de
I'Europe. Tout comme les autres puissances, la Russie
ne peut que souffrir d'une prolongation du chaos et
-profiter de 1'6laboration d'un plan. commun de re-
dressement. )

6. Dially Wo'rkdr (3/7, communist) :
< La Conf6rence de Paris a Achou6 parce que la
Grande-Bretagne et la France se sont rallies aux pro-
posilions am iricaines qui voulaient faire du r6tablisse-
ment et du enforcement 'du capitalism amiricain la
condition de l'octroi d'une aide 6conomique A ce conti-
nent davastA...
Si cette politique de restauration capitalist n'avait
pas W6t implicitement continue dans la politique suivie
par MM. Bevin et Bidault, on aurait eu toutes les chan-
ces 'de parvenir A un accord 6conomique don't le monde
entier aurait profit.
Les reserves mondiales de dollars s'6puisent rapide-
ment, et les grandes industries des Etats-Unis qui tra-
vaillent pour l'exportation 'doivent s'attendre A une
crise plus grande que celle des ann6es 1929 a 1933;
L'octroi de nouveaux prets ou le retour A une sorte de
nouveau pr6t-bail est le seul moyen qui pulsse per-
mettre A un pays capitalis'e comme les Etats-Unis de
continue A faire fonctionner ses industries...
Mais MM. Marshall et Truman sont r6solus A ce qu'unne
reconstruction europbenne s'effectue sur une base capi-
taliste et soit organis6e par une commission 'd6pendant
de I'Amerique.
La Grande-Brelagne et la France ont soutenu la orea-
tion d'une commission qui aurait dict6 A tout pays rB-
clamant de l'aide ce qu'il devait produire et les modali-
tbs 'de son commerce. Le droit des peuples A choisir
leur propre polilique *conomique aurait cess6 d'exister.
De plus, I'Allemagne occidentale a un role special a
jouer -dans les arrangements que les Etats-Unis cher-
chent A imposer.
Aux fermes de la fusion Aconomique, les Ambricains
ont maintenant mis la main sur la Rhur et ils ne ca-
chent par leur intention de refuser les livraisons de
reparations A l'Union sovietique et de reliever 1'Alle-






4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


magne en tant que centre industrial de l'Europe et en
tant que barriere oppose A la 'd6mocratie de 1'Est.
Voi:A qui implique une .renaissance de l'imp6rialisme
allemand pour la destruction duquel des millions de
soldats sont morts.
Les peoples britanniques et francais ont encore h
imposer leur volonte en ce qui concern une politique
qui, s'ils la poursuivrent plus avant, divisera l'Europe,
r6:ablira l'Allemagne occidentale en tant que base im-
perialiste, et qui, loin 'd'6carter la crise mondiale qui
s'annonce, ne fera que l'intensifier. ,

'b) LA VISIT DE M. HERRIOT EN GRANDE-BRETAGNE
(Tmies, 3/7).
< Le Pr6sident de 1'Assembl6e national francaise est
actuellement a L'ondres l'hOte du gouvernement. La
charge qu'il exerce est d'une grande importance poli-
tique, particulierement en temps de crise minist6rielle,
et son d6tenteur prend rang imm6diatement apres le
president de la R6publique. L'invitation A laquelle s'est
rendu M. Herriot refl6te le plaisir avec lequel le gou-
vernement et le people de Grande-Bretagne ont e:iregis-
tr6 le r6tablissement du regime constitutionnel en
France. Cette invitation est ,egilement un hoommage per-
sonnel rendu au grand Frangais qui n'a jamais deses-
p6r6 de son pays, don't le courage n'a jamais failli pen-
dant les ann6es sombres que nous venons de traver-
ser, -et h qui le consentement de tous a fait appel pour
etre le lien vivant -entre la Troisibme et la Quatribme
R6publique. La chaire pr6sidentielle qu'occupe main-
tenant M. Herriot a d6ja etE occup6e par lui deux fois
au dEbut de sa remarquable carribre, et le fait qi'il s'y
retrouve maintenant indique que l'Assembl6e est 1'h6ri-
tiEre conscience des meilleures traditions de l'ancienne
Chambre des DEputes.
Dans le monde d'aujourd'hui, M. Herriot est 1e sym-
bole de cette 6nergie qui a rendu a la France sa place
parmi les nations aprbs les revers de 1870. M. Herriot
est un homme 6minemment cultiv6, qui a beaucoup
voyage, qui, par 1'6tendue de ses connaissances et par
la distinction de son style, a illustre de facon xivante
la culture fra'ngaise en Europe et en Am6rique; il a
dirig6 pendant plus de vingt-cinq ans la vie locale de
la ville de Lyon, il a 6t6 trois fois President du 'Con-
seil, et, qu'il ait occupy ou non alors une charge minis-
t6rielle, il est rest le porte-parole autoris6 du parti du
centre gauche qui a si longtemps domino la politique
frangaise. M. Herriot est maintenant un homme d'Etat
Ag6 qui se dbvoue encore infatigablerment A un poste
official au service de sa patrie.
M. Horriot vient ici come un vieil ami en qui I'on a
conflance et sans doute se reportera-t-il par la pens6e A
ce jour il y a douze ans de cela oi, lorsqu'on lui
d6cerna le titre de docteur < honors causa > il vit
Oxford dans toute sa beaut, aimable et put declarer,
dans un francais d6licat, a un auditoire anglais tout ce
que signifiait et doit signifier la tradition britannique
en malibre de politique et de culture pour un citoyen
francais qui tourne ses yeux vers le monde entier.



II. PRESS AMERICAINE


Reeue de la press cmnzricaine du 2 juiltet 1947
1. Cotnfdrence de Paris

Toute la press announce en premiere page que les espoirs
d'aocord Ai la Conference des Trois sont minces et, dans
leurs articles de Paris, les correspondents am6ricains indi-


quent que les derni6res propositions de M. Bidault ont peu
de chances d'etre accept6es par M. Molotov. CalTender d6-
clare que M. Bevin n'6tait pas d'accord pour fair une der-
niere tentative en vue d'amener les Russes a collaborer.
Selon lui, M. Bevin d6sirait que les cartes soient mises sur
table sans plus attendre. Tous soulignent les changes de
vues tres vifs qui eurent lieu entire MIM. Molotov, Bevin et
donnent une large publicit6e la proposition frangais.e, tout
en faisant des reserves' quant aux rssultats qu'elle pourra
donner. Ces correspondents donnent l'impression que la con-
ference a d6ej trop dur6 et qu'il est temps qu'elle se termine
mnme si les Russes n'acceptent pas' le point de vue franco-
britannique. Tons indiquent que, dans ce cas, l'offre am6-
ricaine demeurerait valuable et qu'il appartiendrait alors a
la France et a la Grande-Bretagne d'unir l'Europe autour
d'un programme de reconstruction et d'entr'aide inter-
europdenne.
,Les principaux 6ditoriaux des journaux comme le New
York Time's, I'Eveniny Star de Washington, les journaux
Scripps-Howard, sur la foi de rapports venus de Paris,
prennent deja 1'U. R. S. S. a parti et l'accusent de vouloir
to:'piller les efforts de reconstruction europ6enne. Les jour-
naux don't les tendances antirusses sont bien connues se
retrouvent du rest sur ce point avec lesa journaux de carac-
thre liberal comme par example le Saint Louis Post Dispatch.
Ies journaux Scripps-Howard vont jusqu'a dire qu'on devait
s'attendre a ce que la Russie s'opposAt au programme de
reconstruction europeenne esquis.sd par le g6n6ral Marshall.
Ils ajoutent que les Soviets ne veulent pas de redressement
economique en dehors de leur propre sphere d'influence. Ils
ne violent pas non plus que les Etats libres W'Europe mettent
en commun leurs resources et trouvent une nouvelle force
dans l'union. Cela g&nerait l'expansion du communisme.
D'autres, comme l'Eiening Star, estiment que cette attitude
russe de non cooperation est une folie, car, disent-ils, la
Russie se trouve seule avec ses satellites devant Ie reste du
monde < isolde et l'objet de craintes et d'hostilit6e et, pour-
tant, conclut l'Evening Star, a bien que cela puisse apparaltre
comme de la folie, c'est, cependant, ce que l'Union Sovidtique
cherche A faire L Paris ,. Sous le titre a Compromis dou-
teux 'le New York Times adopted une attitude critique a
l'6gard de la decision prise par M. Bidault et de ses efforts
de derni6re here. II montre le contrast entire les dclara-
tions faites hier par M. Marshall qui a dn.on. le progranime
russe dirig6 contre les U. S. A. et les terms de la proposition
frangaise qui, dit-il, t paralt admettre que le plan Marshall
pent comporter des dangers caches ,. Par centre, Anne
Me Cormick se montre plus comprehensive & l'egard des pro-
positions' de M. Bidault. Elle constate qu e le mnouvement
de reconstruction sera certainement handicap par une oppo-
sition communists don't les signes sont ddeja vidents. >. Elle
comprend que pour cette raison M. Bidault a h6sit6e rompre
avec la R'ussie sans tenter un dernier effort.
Le discours du gin-6ral Marshall, ddnoncant, sans mention-
ner I'U. R.S. S., les themes de propaganda sovidtique visant
le soi-disant imperialisme et 1'egoisme americains, fait l'ob-
jet d'articles de premiere page. Ces articles soulignent,
comme le dit le general Marshall, que les U. S. A. n'ont pas
laiss6 derriere leur occupation en Europe des agents amdrl-
cains charges de s'occuper des diff6rentes polices d'Etat, ni
des parties politiques lids i des inter&ts americains et cher-
chant A dominer les pouvernements an pouvoir. (Voir plus
loin l'article du New York Herald Tribune.)
Ces allusions peignant evidemment la politique russe en
Europe oriental sont considdries par les correspondents po-
litiques comme une d6nonciation particulierement dure et
directed de la politique de Moscou. Par ailleurs, la press de
New-York reprend les terms d'une declaration faite par le
Conseil des Eglises amdrioaines qui demand que la poli-
tique etrangere des U.S.A. soit base sur des raisons mo-
rales par opposition au regime sovi6tique don't la politique
est, au conftraire, base sur la police d'Etat.

2. Situation franyrjse
La press continue a donner une tr6s large publicity aux
nouvelles d'agences qui rapportent les declarations faites a
Paris sur le complot dirig6 contre la Rdpublique. L'A. P. pu-
blic les declarations du chef anonyme de ce complot qii







BULLETIN QUOTIDrEN DE PRBSSE *TRaNOGRE 5


aurait indiqu6 que 25.000 homes arms etaient pr6ts it
marcher sur Paris au moment opportun. La plupart des cor-
respondants signalent I'arrestation de Claude 'Chauvel, cer-
tains declarent que Remy a t6 rrret tandis que d'autres,
suivant les declarations faites par la Shretd, disent qu'il n'en
est rien. L'&ditorial du New York Times, considerant que
Remy, ex-collaborateur du g6n;ral de Gaulle, a bien 6t6
arretd hier, cit notamment : < M. Depreux a eu la pru-
dence de dissocier le R. P. F. de cette conspiration. Les conspi-
rateurs qui che.rchaient h se joindre an R. P.F., a-t-il d&-
clar6, ont Rti promptement rejetes, mais une des personnel
arretbes hier 6tait le colonel Gilbert Renaud, auteur des m&-
moires d'un agent secret et ancien attache militaire du gend-
ral de Gaulle pendant la guerre. Le gouvernement Ramadiel
est pris entire deux feux, celui des corfimunistes, d'une part,
et celui des gaullistes, d'autre part. Les communists cher-
chent a obtenir leur entree dans le cabinet grAce A la s6rie
rythmique ds' graves. Les gauListes don't on dit que les
rangs augmentent rapidement accusent le gouvernement de
faiblesse et d'h6sitation. La revelation d'un complot fasciste
en ce moment ne peut pas manquer de plaire aux commu-
niltes. Elle p, it aussi servir a discrediter les partisans du
general de Gaulle, bien que le R. P. F. ait donnede l'ordre de
proedder h une epurati.on immediate des elements douteux...
Nous devons attendre que i'dviden.ce s'accumuie avant de
pouvoir determiner les menaces que comporte ce complot v.
Le New York Daily Worker announce, sous .de gros caracteres,
en' premiere page, qu'un des c.ollaborateurs du general de
Gaulle a 6td arr&te dans le complot fasciste.

LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE

1. New York Herald Tribune (3/7, ed. europ6enne).

( Les questions que l'on se pose g6n6ralement en Eu-
rope sont les suivanes : quel.es sont les measures que
le gouvernement des Etats-Unis attend que nous pre-
nions pour justifier notre droit A 1'aide .am6ricaine ? Le
Congrds et le people americains fourniront-ils cette aide
quand le Pr6sident et le secr6taire d'Etat Marshall le
recommanderont.
D'autre part, les questions que l'on se pose aux Etats-
Unis sont celles-ci : Dans quelle measure les Etats-Unis
peuvent-ils fournir cette aide ? Le Congris et le people
americains approuveroni-ils les estimations officielles
de ce qui ipourrait et devrait etre fourni ?
La meilleur r6ponse que nous puissions faire A ces
questions, c'est de dire que nous attendons des gouver-
nements europ6ens l'l6aboration d'un programme conm-
mun de relkvement qui, en ce qui concern l'aide amd-
ricaine, perde sa raison d'8tre dans un nombre d'an-
naes d6termin6 et relativement peu important.
Ainsi il ne suffira pas aux gouvernements europ6ens
d'additionner les deficits en dollars qu'ils pr.6voient
pour I'ann6e prochaine, et de nous presenter cette listed
comme un bilan de leurs besoins. Le gouvernement et le
Congris sont obliges de r6pondre qu'il ne servirait pas
A grand-chose de combler le deficit europ6en de 1948,
si cela implique qu'il faudra combler le m6me deficit
en 1949 et 1950. et ainsi de suite sans qu'on en volt la
fin. Pour 6tre satisfaisant, le plan europ6en devrait faire
ressortir que par une judicieuse utilisation de l'aide
am6ricaine en 1948, le deficit sera moindre en 1949,
moindre encore en 1950 et aura compldtement disparu
quelque temps aprbs.
En d'autres terms le programme europ6en doit etre
un programme dans lequel les fonds am6ricains ser-
vent au relivement de la production et du commerce
europ6ens, de telle facon que le besoin de fonds amm-
ricains ne se fasse plus sentir. Un tel programme n'im-
pliquerait pas un don de l'Am6rique, mais un investis-
sement de fonds de roulement qui puisse permettre a
1'Europe de subvenir elle-m6me A ses besoins et la
rendre solvable.


Si 1'on peut 6tablir un tel programme et se mettre
d'accord sur lui, on poura r6pondre aux autres ques-
tions en toule confiance. II ne faith aucun doute en vb-
rite que les Etats-Unis puissent combler les deficits
constamment d6croissants qui figureraient dans un tel
programme de liquidation. Les d6penses occassionnees
par l'application d'un tel programme, le trou creuss
chaque ann6e dans nos resources, seraient encore
moins important que le financement d'un seul mois de
guerre. Mais, d'un autre cot6, ce que les Etats-Unis ne
peuvent se permettre, c'est de se laisser engager A
avancer ind6finiment des sommes relalivement faibles,
et sans aucun espoir de voir mettre un terme h ces
dons, dans le but d'aider nos ami, el allies A vivoter.
Nous pouvons apporter A ceux-ci toute l'aide qui puisse
leur permettre de subvenir A leurs besoins s'ils s'unissent
dans un effort commun. Mais, moralement et politique-
ment, nous ne pouvons leur faire la charity A chacun
d'eux s6parement. L'atmosphere international sera em-
poisonn6e si des peuples grands et fiers sentent qu'ils
doivent vivre de la charity americaine.
Si l'on 6labore un tel programme, qui puisse remplir
ces conditions g6ndrales, et si ce programme est ap-
prouve, apres un examen rigoureux, par les techni-
ciens, les industries et les experts financiers amdri-
cains, on n'a pas A redouter la decision finale du Con-
gr.s. I1 faudra simplement montrer au Congris que le
programme est solide, que les estimations sont pru-
dentes et que l'on peut computer sur les provisions
faites.
Mais si le plan est assez solide pour Atre viable, il
sera assez convaincant pour rtre appr6uvd par la grande
majority du people et de ses representants dans les
deux parties qui d6sirent plus encore que toute autre
chose qu'ils peuvent attendre de la vie publique une
paix qui prouve qu'on n'a pas livrm cette guerre en vain
et qu'il n'y aura plus jamais a en livrer une autre.
(WALTER LIPPMANN.)

2. New York Herald Tribune (2/7).
< Avec cette franchise et cetle lucidit& qui sont la
marque distinctive de son service, le secrb.aire d'Etat
Marshall a mis hier les choses au point pour M. Molo-
tov. M. Marshall a dit en effet que l'oncle Sam ne joue
pas du tout le role de a l'Oncle GAteau > quand il pro-
pose l1'laboration d'un programme commun europeen
comme condition d'une aide americaine ultrrieure. Et
le secretaire d'Elat a bien expliqun ceci, en ajoutant
que ques observations pertinentes qui, pensons-nous,
seront cerlainement comprises par Moscou.
<< Comment, a-t-il demand, une Am6rique qui d6mo-
bilise rapidement pourrait-elle dtre accuse de vouloir
imposer la domination, sur les plans politique et 6cono-
mique, aux puissances qui recevraient son aide ? Les
Etats-Unis, d'autre part. n'ont laiss6 nulle part der-
ribre eux de parties politiques acquis aux int6r6ts am6-
ricains et qui pourraient mener la lutte de l'int6rieur
pour s'emparer du pouvoir come en Hongrie et
aucune < entreprise commune am6ricano-europ6enne
n'a Uti former sur le module institud par les Russes, en
Europe orientale par example, et qu'ils projettent
d'adopter pour le nord de l'Iran. a
M. Marshall n'd rien dit d'autre que l'entibre v6rit6,
quand il a ajout6 que les Am6ricains demandaient seu-
lement que leur aide soit utilisde de fagon efficace,
sans discrimination, pour parvenir A un relbvement qui
,serait la base d'une paix permanent. A son retour de
Moscou, M. Marshall a d6clar6 que l'Europae malade 6tait
en train de mourir pendant que les docteurs d6lib6-
raient. Cette remarque n'a jamais 6t6 plus vraie qu'au-






U BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


jourd'hui. L'Europe doit encore s'attendre A passer un;
autre hiver difficile, 't si le but de M. Molotov, en ve-
nant A Paris avec une suite nombreuse, n'6tait autre que
d'empEcher et de saboter toute r6alisation du plan Mar-
shall, les peuples de Pologne, de Tch6coslovaquie, des
Etats baltes et des Balkans devraient savoir sur q:ii
doit relomber le blAme. >>



III PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sboidtique du ler juillet 1947
1. La Confderence de Paris
Tous les journaux publient sur quatre co'onnes un ensem-
ble de t6ligrammes du correspondent de l'agence Tass a Pa-
ris. La plupart des quotidiens reproduisent Egalement un
Iel6gramme de Washington annongant la conversation de
3v. MarshaTi avce l'ambassadeur d'Angleterre aux Etats-Unis.

2. La lutte mondidle pour la ddmocratie
Deux questions sont publiees par la press au premier
plan :
a) Las dudnements de France. Tous les journaux don-
nent' le compete rendu de l'agence Toss sur la conference de
press de M. Depreux au sujet du complot du IM.A.C. en
France. Certains organes publient a ce sujet quelques infor-
mations donnees par I'agence France-Presse. La Pravda re-
produit un teeigramme de Prague, analysant et donnant des
citations d'un article d'Andrd Simon sur la situation intd-
rieure en France, paru dans la revue tcheque Tvorba.
b) Les provocations aux fronitieres de la Gr&ce. La
presse public le communique official de 1'agence bulgare sur
les provocations greoques I la frontibre bulgare. Trud repro-
duit un article de Davydov sur le recueil albanais inlitule :
c Actes agressifs du gouvernement monarcho-fasciste grec
centre 1'Albanie >.
On relieve parmi les nouvelles de second plan : poursuites
cont'e les antifascistes Cdes U. S.A.; arrestation de Mao Tse
rung, secrdtaire. du parti communist chinois; liquidation
des hands fascistes en Pologne.

3. Nouaveneks diverses

La plupart des journaux annoncent en premiere page la
nouvelle de la reception par le vice-pr6sident du Presidium
du Soviet Supreme de 1'U.R.S.S., Gretchoukha, du ministry
pl6nipotentiaire d'Australle h Moscou h l'occasion de la
premise de ses lettres de crdance.
On relieve egalement un long t6ligramme sur les difficulties
econ-o-mique:; de l'Angleterre, d'aprbs des nouvelles du Daily
Worker; le rdsum6 d'un article de l'Obseruer sur les limi-
tations apportees par les AmBricains au commerce anglais
avec le Japon; la constitution do' bases americaines dans
1'Alaska.



IV. PRESS BELGE


a) APRAi L'CHEC DE LA CONFERENCE DE PARIS (La Na-
tion belge, 3/7, catholique).

< II n'est personnel, croyons-nous, qui puisse se rk-
jouir de 1'6chec des conversations qui viennent l'avoir
lieu a Paris entire MM. Bevin, Tidault et Molotov, A pro-


pos de l'accueil a faire par l'Europe an < plan Mar-
shall >...
II etait desirable de voir entire les Trois Grands Eu-
rop6ens, une entente qui ferait disiparaitr la menace
des b.ocs maintenant opposition entire 1'Est et l'Ouest.
Cet accord n'6tait pas facile. II l'6tait d'autant moins
que, come nous l'avons dit le gouvernement am6ri-
cain n'a pas pr6sent6 un plan concrete mais qu'il a, au
contraire demand aux gouvernements europ6ens de
dresser eux-m&mnes un plan de restauration pour l'ex6-
cution duquel, s'il paraissqit s6rieux et raisonnable, les
Etats-Unis accorderaient un concours financier...
Quelles que soient les observations que MM. Bevin et
Bidault se r6servent de formuler A Washington, iLs ju-
gent inutile et inopportun d'y faire tratendre une r6-
ponse qui consisterait a leur dire que l'on est pret A
recevoir leurs subventions sans admettre qu'ils s'in-
quietent de savoir comment elles seront employees.
C'est pourquoi, ils se sont refuses a se rallier au point
de vue de M. Molotov. Dans ces conditions, il ne restait
aux Trois Grands qu'a se s6parer en reconnaissant leur
6chec.
Naturellement, MM. Bevin et Bidault n'abandonneront
pas pour autant leur propos d'amener 1'Europe a saisir
la chance qui lui est offerte de l'autre co6t de l'Atlan-
tique. A moins d'un retirement toujours possible de
Moscou, .cela devra se faire sans la Russie et certain
ne manqueront pas alors de crier que c'est centre la
Russie qu'on s'accorde. Mais A qui la faute ? >
(STYLO).

b) LA SITUATION IOTERIEURE DE LA FRANCE (1,e P.eUple,
3/7, socialiste.
C La situation politique en France est de plus en
plus confuse. Personne ne croit plus a la stability du
gouvernement actuel. Cependant on ne peut ni pr6voir
une crise, ni surtout pr6voir 1'6volution de celle-ci, si
elle 6clate...
On parle beaucoup des divergences au sein du gou-
vernement. Elles sont contestables. La Rassemblemeni
des gauches, notamment, est de plus en plus hostile au
main.ien du dirTgisme. Par contre, les socialists n'ad-
metiront pas que l'on revienne A la liberty 1A oh la p6-
'nurie provoquera aussitot une sensible hausse des prix.
Par ailleurs, les socialists semblent suivre Daniel
Mayer, ministry du Travail, qui pr&conise, dit-on, une
elevation des salaires et de certain prix et Teur blo-
cage ensuite. Au M.R.P., on est plutit partisan du main-
tien des prix et salaires aux taux actuels.
Mais au fond, ni le Rassemblement des gauches. ni
le M..P. ne desirent provoquer la crise. Ils craignent
qu'a la faveur de celies-ci les communists reviennent
au gouvernement. Or, ils ne veulnt plus de communists
dans le ministere. Surtout apris le congr6s de Stras-
bourg du parti communist qui a lourdement insist,
sur la volont6 des amis de Thorez de revenir au pou-
voir
Cela indispose les iparlementaires M.R.P. et radicaux.
Ils n'aiment pas qu'on exerce sur I'Assembl6e une pres-
iion ext6rieure. Dans ces conditions, il faudrait que les
divergences entire les ministres soient vraiment tried
profondes pour que l'existence du gouvernement Rama-
dier soit menacee. a


S. P. I. Imp.. 27. reT Nicolo, Paris 31.3009 Prix : 6 francs.




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