Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: July 3, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00130
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction, de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANCHISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS


BULLETIN


PRESS


3 juillet 1947.


QUOTI J



ETRA


(Daily Telegraph


b) Le parti du Congres et le Plan britannique
pour 1'Inde (Times, 2/7).
c) Eloge de.M. Herriot (Manchelster Guardian,
1/7).
II. PRESS AMERICAINE.
La reconstruction de I'Europe (New York
Herald Tribune, 1/7).
III. PRESS BELGE.
La situation intbrieure en France (La Libre Bel-
gique, 2/7).
IV. PRESS SUISSE.
La Conference de Paris
1. TrAbtulne de Gle(ruve (1/7).
2. Neule 2itrcher Zetltung (1/7).


I. PRESS BRITANNIQUE

Revue de la press britannique du 2 juillet 1947
La Conference des Trois occupe ce matin encore une place
important dans la press avec les declarations de M. Stra-
chey sur la situation alimentaire britannique. Les journaux
donnent egalement une large publicity aux declarations de
M. Marshall r6futant les accusations selon lesquelles la poli-
tique d'aide ambricaine serait dict6e par des ambitions imp&-
rialistes.
La situation politique, Bconomique et social en France
fournit mati6re A des articles de diff6rents journaux. Plu-
sieurs d'entre eux annoncent 'arrivee de M. Herriot it
Londres.
1. Confirence des Trois
La press, qui avait laissi prBvoir pour hier la fin de la
Conference des Trois, explique la prolongation des pour-
parlers par le desir de M. Molotov d'dtudier le nouveau plan
qui a 6te soumis par M. Bidault.
Le correspondent du Times, aprds avoir donned un compete
rendu detailli des n6gociations d'hier, pense que le gou-
vernement sovietique se mefie visiblement, encore, des mo-
biles qui ont pousse M. Marshall A presenter son offre. En
Russie meme, ecrit-il, le gouvernement est pret a se passer


d'emprunt s'il le faut ou a choisir son moment pour le
demander m6me si .la population doit en souffrir. II pense
sans doute que sa part de credits A 1'Europe ne pourrait
6tre que modest et qu'il n'a rien a gagner, mais au contraire
quelque chose i perdre peut-6tre cn aidant les autres pays
a en bndeficier.
Le Daily Telegraph expose l'essentiel du project frangais
et I'attitude de M. Molotov lui inspire le commentaire sui-
vant : a II semble qu'on ait quelque raison de penser que
M. Molotov ne veuille pas quitter la GCnference sans avoir
au moins r6alis6 quelque chose I II ajoute cependant que
le probl6me entire la Grande-Bretagne, la France et la Russie
est un probl6me fundamental et que les Soviets ne veulent
pas exposer 1'6conomie de leur pays ou des pays qu'ils con-
trOlent h une influence extdrieure. It dit enfin qu'A moins
d'un miracle, avant demain apr6s-midl, un accord entire les
ministres est impossible.
SDe meme, le correspondent diplomatique du Manchester
Guardian consid6re que le fossd entire les deux points de vue
est trop profound et trop large pour permettre un compromise.
Seul un changement radical A Moscou pourrait ressusciter
la Conference et il suffira pour cela que Moscou cessft de
traduire l'expression < cooperation economique des pays
d'Europe 3 par e atteinte aux droits souverains des nations ,.
Ge correspondent pense qu'en cas d'un refus d6finitif des
Soviets, la Grande-Bretagne et la France iront de P'avant
sans eux et convoqueront une Conference des diff6rents
Etats europ6ens int6ress6s.
W. Broadbent, du Daily, Mail, laisse entendre que M. Mo-
lotov, peut-6tre pour la premiere fois, n'a pas oppose un
refus former au plan frangafs. I1 escompte que M. Molotov
rejettera la responsabilitd d'un 6chec de la Conference sur
la Grande-Bretagne et la France car, ecrit-il, M. Molotov se
trouve en face du fait que les satellites de 1'U.R.S.S. desirent
accepter 1'aide americaine.
Michael Wilson, du Daily Express, pense, de son c6t6, que
M. Bevin, au cas out la Conference 6chouerait, aurait l'inten-
tion de travailler imm6diatement ia la creation d'un bloc
economique occidental.
Selon ce\ correspondent, M. Bevin et M. Bidault convoque-
raient une conference europdenre et inviteraient certain
pays comme la Roumanie, la Bulgarie et la Pologne. Mais
il ne pense pas que ces pays accepteraient I'invitation. Cette
conference, selon lui, aurait lieu au debut d'aollt.
Le Daily Worker pr6sente le delai de 24 heures demand
par M. Molotov pour 6tudier le project franqais comme un
ultimatum qui lui aurait 6t6 adress4 par MM. Bevin et
Bidault. Le correspondant diplomatique de ce journal 6crit
dans un autre article qu'une des raisons principles de
1'impasse actuelle aux yeux des Soviets est que les gouver-
nements britannique et frangais ont pref6rd exploiter les
petits pays plutbt que de faire rendre gorge aux riches de
leurs pays respectifs. Ce correspondent remarque en outre
que les pays qui ont deja regu !'aide americaine, tels que
la Grce- et 1'Autriche, auralent perdu toute ind6pendance
politique.


DE


SOMMAI HE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) La Conference de Paris
2/7).


Nouvelle S6rie No 708








2 BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS ~TRANGERE


2. Ddclarations de M. Marshall
La plupart des journaux publient en premiere page les
declarations que M. Marshall a faites hier et dans lesquelies
il a defendu la politique amlricaine et refut6 les accusations
portdes contre elle.
D'apres le correspondent du Daily Telegraph, ces decla-
rations auraient confirmed l'impression g6nerale qui rbgn.e
dans les milieux officials amdricains, c'est-A-dire que la
Russie se serait exclue elle-m6me de 1'Europe en donnant
aux autres pays l'occasion d'agir sans elle.
3. France
Le correspondent du Times a Paris dresse le bilan de la
politique de ces derniers jouTs et dicrit les measures prises
& Paris pour 6viter de nouvelles manifestations populaires.
Le correspondent du Daily Telegraph prevoit une inten-
sification des activitis communists en cas d'un echec de la
Conference de Paris. II ecrit que le part communist n'a
pratiquement aucune chance de rentrer dans le gouverne-
ment. II ajoute qu'on s'attend A re qu'il se livre A une non-
velle champagne d'agitation ouvriere et que ceci lui sera
assez facile en raison de l'agitation qui regue dans de nom-
breux sectears et qui a Wet a.ssez justified.
Le correspondent du Manchester Guardian announce, de
son c6td, que la situation des graves s'est amilior6e et que
la situation politique reste dans ur < epais brouillard b.
II expose a son tour la position de M. Ramadier A 1'6gard
de son propre part et de l'opposition qui se manifeste au
sein du- parti entire partisans et adversaires du blocage des
salaires.
Plusieurs journaux parent du complot intitule Plan
Bleu p et le Daily Express declare qu':il est beauooup plus
important et dangereux que celui de la Cagoule.
Le Manchester Guardian signal, dans une course depeche,
que l'Epoque a change de direction et compare le sort de ce
journal a celui de Combat.
4. Hongrte
Le correspondent du Daily Telegraph A Budapest announce
que de violent incidents se sont products au Parlement hon-
grois lors de I'adoption hAtive du plan triennal. Le corres-
pondant diplomatique de ce meme journal fait ttit des
diff6rentes notes que le gouvernement britannique a envoyees
au gouvernement sovi6tique et au gouvernement bulgare
pour protester contre l'6volution politique de ce pays.
5. Situation alimentaire britannique
Tous les journaux reproduisent les declarations de
M. Strachey I la Chambre des Communes d'apres lesquelles
la Grande-Bretagne n'aurait pas h souffrir d'une crises ali-
mentaire.
M. Strachey aurait announce dgalement et c'est ce que
le Daily Worker met en vedetfe que le gouvernement en-
tendait signer des accords commerciaux avec la Pologne, la
Hongrie, la You'goslavie, la Russie et l'Irlande.

a) LA CONFERENCE DE PARIS (Datly Telegraph, 2/7,
conservateur).
< Bien que les trois ministres des Affaires 6trangeres
n'aient pas abandonn6 leurs pourparlers a Paris, il y a
peu de chance pour que la Conference aboutisse A des
r6sultats int6ressants, si M. Molotov ne regoit pas de
inouvelles instructions du Kremlin...
Ce que M. Marshall proposait en fait c'6tait un plan
commun europeen, approved par un certain nombre
de pays, sinon tous, et dans lequel ils auraient deflni
leurs besoins ainsi que les measures qu'ils avaient a'in-
tention de prendre ( sur une base continental > afin
d'ameliorer leur situation avec l'aide ambricaine. Des
propositions pour une action concerted de ce genre ont
etW faites par M. Bevin et M. Bidault, mais elles ont
Wt6 jusqu'ici repouss6es par M. Molotov. Un tel plan
Bconomique, englobant toute l'Europe, impliquerait, se-
lon le point de vue de M. Molotov, une ing6rence dans
le d6veloppement d'apres-guerrge tout A fait satisfaisant,
de certain pays d'Europe.


Que:'qu'un de sceptique pourrait bien demander A
M. Molotov dans quel pays d'Europe le d6veloppement
d'apres-guerre a 616 entierement satisfaisant, et il pour-
rait meme soulever la question delicate de savor en
quoi consiste cette ingbrence aux yeux des Russes...
Si la Russie et ses satellites s'opposent A une telle col-
laboration comme ils se sont deja opposes A tant
d'autres formes ,de co'laboration leur absence serait
certainement une cause de faiblesse et rendrait plus dif-
flcile la t.che de r6tablir la prosp6rit6 euprop6enne.
Cela n'empfchera pas de toute facon d'essayer d'y par-
venir. La Grande-Bretagne et la France ont d6flni les
lignes generales d'un programme de reconstruction
commun, comme elles 1'avaient dejA essays en commun
pour elles-memes. et comme la Hollande, la Belgique et
le Luxembourg 1'ont d6jA faith de leur c6t6. D'autres
pays, y .compris la Pologne, ont d6ja officieusement ex-
prime l'int6rRt qu'ils portent A un tel programme, mais
si la Russie demeure en dehors des pourparlers, il est
probable que les nations qui se trouvent dans sa sphere
d'influence se tiendront, meme A regret, a l'6cart. Lors-
que M. Marshall a propose tout d'abord que 1'aide am&-
ricaine soit offerte A condition que l'Europe consent A
adopter un programme commun, on l'a soupconn6 A
l'6tranger de chercher A diviser oonomiquement 1'Eu-
rope A la limited du q rideau de fer ,. M. Marshall a bien
pr6cis6 quc ce n'6tait pas lA son intention. Cependant,
si les pays qui se trouvent derriere le a rideau de fer
tiennent, en 6coutant les ordres du Kremlin, A rester se-
pares, 6conomiquement aussi bien que politirquement,
de l'Occident, ce ne sont pas les nations occidentales
qui en auront la responsabilit6, et ce ne sont pas non
plus les nations occidentales qui supporteront principa-
lement l'appauvrissement qui s'enstlivra. ,

b) LE PARTI DU CONGRESS ET LE PLAN BRITANNIQUE POUR
L'INDE (Times, 2/7).
e La semaine dernire, la Commission charge du
partage a Wtd cr66e officiellement. On prend actuelle-
ment des measures pour repartir les forces arm&es, et
pour diviser le Cabinet en sections charges de I'admi-
nistration de chacun des deux Dominions; on a nomm6
des commissions charges de deflnir les frontibres du
Bengale et du Pundjab, et les gouvernements de ces
deux provinces seront bient6t divisis. Toutes ces me-
sures imposet de lourdes responsabilites aux diri-
gean's des deux parties et leur connent 6galement de
grandes chances. La maniere don't s'effectue le partage
de 1'Inde d6termi.nera sans aucun doute le caractere des
rapports initiaux entire les deux Dominions. Le poids de
cette responsabiiild income particuierement aux
hommes 'd'Etat du parti du Congres. Pr6tendant, com-
me ils le font, que le partage de 1'Inde, bien qu'inevi-
table dans les circonstances actuelles, reste en lui-meme
peu souhaitable, ils doivent cependant essayer jusqu'au
bout de convaincre tous ceux qui ne sont pas d'accord
avec eux que les interets des minorities politiques sont
sauvegard6s sous leur protection, sans avoir recours a
1'expedient embarrassant que i'on adopted actuellement.
Iis devraient done chercher plus particulierement A
s'assurer que leurs partisans respectent scrupuleusement
l'adhesion du CongrBs au plan, et veiller a ce que des
aces tels que ceux de Sardar Abdul Ghaffar Khan, qui
essaie de boycotter le fu'ur referendum dans la pro-
vince frontiere du nord-ouest, soient s6verement r6pri-
m6s comme contraires A la fois A la politique qu'ils sui-
vent ouvertement et aux engagements pris par le parti.
En general, il leur faudra comprendre les hesitations de
ceux qui r6pugnent A accepter sans reserve toutes les
revendications du future Hindoustan. II faudra en parti-
culier tenir compete de la situation difficile dans la-








BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS *TRANG*RE


quelle de nombreux Etals indiens se Irouvent actuelle-
,ment. II faudra faire preuve d'une g6n6rosit6 qui sera,
non seulement, en rapport avec l'importance de la posi-
tion occup&e parole parti du Congrbs, mais qui s'avere
en definitive le seul moyen de faire naltre un esprit de
collaboration amicale qui pourrait permettre en fin de
compile de rapprocher les deux Dominions.

c) ELOGE DE M. HERRIOT (Manchester Guardian, 1/7 ,li-
b6ral).

e M. Herriot qui vient h Londres aujourd'hui en visit
officielle est I'un des deux homes d'Etat francais ('au-
tre 6tant M. Blum), qui ont gard6 leur r6pulation in-
lacte A travers le d-sastre de cette guerre. Mais M. Her-
riot, beaucoup plus encore que M. Blum, repr6sente les
m6rites particuliers de la Troisi6me R6publique. Il est,
pourrait-on dire, le dernier des grands politicians
a bourgeois ,. Dirigeant du part radical, plusieurs fois
President du Conseil, maire de Lyon depuis une g6ne-
ration, cetfe figure 6minente represented les classes
moyennes frangaises dans le domaine politique. M. Her-
riot est prudent el conservateur par inclination, mais
progressiste et anti-clerical par tradition, et son point
de vue n'a pas toujours 6t6 facilement coinpris en An-
gleterre. Mais nous pouvons comprendre et appr6cier la
profonde huma'iit6 et Ie libbralisme qui ont fait de lui
Pun des plus grands hommes d'Etat europeens de notre
temps. Une attitude typique de M. Herriot, c'est que
l'un de ses premiers actes, au moment oif il devint Pr6-
sident du Conseil en 1924, ait 6Wt d'accorder une inter-
view au journal socialist allemand Vorwaerts, au course
de laquelle il a d6clar6 que Ic plus grand honneur de
sa vie serait d'apporter la paix A tons les peuples. Mais
si M. Herriot est un ( bon europeen >. il est aussi un
bon Frangais, come il I'a prouv6 pendant la dernibre
guerre quand il a subi 1'emDris-nnement nazi. M. Her-
riot est encore un brilliant intellectuel, form'b A la cul-
ture classique, aet Pon vient de reco-nnailre son m6rite
en 1'dlisant come membre de I'Acad6mie Frangaise. II
y a peu d'hommes d'Etats. vivants qui aient davantage
droit au respect et aux marques d'honneur de l'Angle-
terre. 5


II. PRESSE AMERICAINE


Revue de la pres'se amiricaine du ler juillet 1947
1. Confdrence de Paiois
Les tires de premieres pages annoncent que la France et
la Grande-Bretagne ont rejet6 les propositions sovi4tiques et
qu'elles s'apprdtent toutes deux a preparer un plan de recons-
truction europeenne sans la cooperation russe. Les corres-
pondants de Paris mettent en relief le rejet de la propo-
siti-on britannique par M. Molotov et rapportent en genBral
que M. Bevin a demand i son co'legue russe ce que l'Union
Sovi6tique penserait si on lui demandait de signer un ch&que
en blanc. Les objections russes A toute coordination des pro-
grammes de reconstruction national sont soulignees dans
leurs articles et ils en deduisent que la Conf6rence ne peut
aboutir qu'h une impasse tant que M. Molotov maintiendra
ce point de vue.
Callender en conclut que les declarations de Staline indi-
quant que le systAme capitalist et le syst6me s-ovi6tique
peuvent vivre cite a c6te sont dmmenties par I'attitude de son
ministry des Affaires 6trangbres, car, ajoutet-il en parlant
de l'intervention de M. Molotov. ses paroles indiquent claire-
ment que I'Union Sovi6tique s'oppose h la reconstruction de
1'Europe, grAce h I'aide des U. S. A., puissance capitalist.
Elles rdvelent ce que I'on considrre ici comme les craintes
sinc6res du Kremlin qu'une tell aide impliquerait une 9p6nd-


tration de I'influence capitalist dans les nations satellites
de la Russie et m6me dans l'Union Sovidtique el'e-meme.
Une depeche A.P. indique de source frangaise que la
Conference se terminera aujourd'hui et que le plan d'aide
economique a 1'Europe sera applique par la Grande-Bretagne
et la France sans la participation russe.
Ces informations de caractere nettement pessimiste quant
aux possibilities d'une participation russe au redressement
economique europ6en provoquent des' commentaires et des
Aditoriaux qui refl6tent de nombreuses apprehensions quant
aux chances de s'ucces d'un redressement europeen sans le
concours de 1'U. R. S. S. et .des pays satellites de Moseou.
C'est ainsi que Krock, correspondent en chef du New York
Times a Washington, admet que la reconstruction complete
de l'Europe dans son ensemble ne peut pas etre realisde
sans la cooperation sincere de 1'Union Sovi6tique. Mais cette
cooperation, ajoute-t-il, n'a jamais et6 probable. Et il volt
dans I'attitude de M. Molotov la determination russe de
maintenir une sphere de domination economique et politique
russe dans 1P'Est de l'Europe et dans la zone russe d'occupa-
tion en Allemagne.
Barnet Nover, dans le Washington Pos, 4crit de mnme
qu'un accord economique visant h la rehabilitation de 1'Eu-
rope occidental ne peut pas prosperer sans l'Europe orien-
tale, grande productrice de grains du continent, mais qu'une
federation economique de l'Europe occidentale serait aux
yeux des Frangais et des Britanniques infiniment preferable
au chaos qui s'dtend et menace d'infecter toutes les nations
du vieux monde.
Un editorial du Baltimore Sun regretted l'attitude prise par
M. Molotov, car le fait tragique demeure que l'Europe occi-
dentale organisee sans la Russie siera une entity faible, tour-
mentee et peut-dtre revolutionnaire. Elle sera faible parce
qu'il n'y a pas un seul pays dans ce group qui puisse sub-
venir t tous sesi besoins sans faire du commerce avec un des
pays situes de I'autre c6te du rideau de fer. Elle sera trou-
blee parce qu'elle sera divisie contre elle-meme et qu'e:le vi-
vra dans la crainte constant de la guerre. Elle pourrait etre
rovolutionnaire parce que les dvdnements presents en France
et en Italic l'ont prouvd; les partist communists dans ces
pays peuvent presque paralyser leur 6conomie national, si
Moscou en donne l'ordre.
L'Bditorial du Philadelphia Inquirer estime dgalement re-
grettable que les Russes ne se joignent pas an movement
pour le redressement europeen, mais ii ajoute que les, U. S. A.
devraient apporter leur aide economique aux nations qui
disirent cooprrer pour la paix et la stability du .monde.
Max Learner, un des dditorialistes .de P.$M. se pose la
question de savoir oit va la Russie. 11 reconnait que M. Mo-
lotov a a jou6 le jeu de Marshall et qu'il a fait g'alement
le jeu de ceux qui veulent imposer la doctrine de M. Truman
a 1'Europe. Il recherche en vain les raisons qui ont pouss'e
M. Molotov A prendre 1'attitude qu'il a manifesto h la Conf6-
rence de Paris. Il essaie d'expliquer 1'attitude russe en fai-
sant remarquer que les Russes sont un people fier et que
l'id;e du plan Marshall leur ferait perdre la face vis-a-vis
.des nations europ6ennes, car le plan Marshall place 1'Europe
dans la position de rechercher et d'exprimer ses besoins et
de tendre la main a 1'Amerique pour recevoir son aide. Il
place l'A.mdrique dans la position de l'onc:e riche et g6n6reux
qui vient en aide a ses parents pauvres et il place la Russie
aux c6t6s de ces autres pays qui ont besoin d'une aide. Les
Russes ne veulent pas 6tre comprise dans ce group d'ot leur
insistence pour que chaque nation europeenne traite sipard-
ment avec 1'Amerique. Learner pense egalement que les
Russes jouenT la carte du chaos en Europe et qu'ils competent
sur les syndicats a a.1geanoe communist pour emp&cher
que le plan d'aide economique amnricaine ne rdussisse en
Europe.
Uhl, correspondent de P.'M. i Washington, reconnait que,
daus les circonstances: actuelles, il est pratiquement impos-
sible que le CongrBs accepted de consentir une aide dcono-
mique a sans y attacher des ficelles , et il ajoute qu'un
plan qui comprendrait meme indirectement les Russes ob'ige-
rait administration A fire un travail monumental de pro-
pagande don't le succEs final serait extremement douteux.
Enfin, le Washington Post, dans an editorial consacr6 an

plan d'aide h l'Europe, propose que des conversations franco.







* BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANG*RE


britanniques aient lieu sous la direction de M. Monnet et,
constatant que le plan Monnet est < la base d'une recons-
truction europienne P, il sugg re que son principle soit etendu
aux autres nations en particulier it la Grande-Br'etagne.
I1 ajoute que c'est exactement ce que M. Marshall a en tdte.
Par ailleurs, la press reprend de Washington les decla-
rations de M. Harriman, president du Nouveau Comit6 Eco_
nomique amdricain, indiquant que l'aide des U. S. A. pourra
atre apportie A d'autres regions que 1'Europe, en particulier
au Japon et A la Coree.

2. Ruhr
Une d6p6che de Berlin au New York Times signale que les
U.S. A. font pr.ssion aussi fermement et aussi poliment que
possible pour amener la Grande-Bretagne A abandonner le
contr6le des mines de la Ruhr et pour les remettre entire les
mains d'une autoritd allemande responsible. Cette depiche
ajoute que, jhsqu'A present, les efforts am.ericains ont iti
vains et qu'un diffirend s'est elev6 entire les authorities ame-
ricaines et britanniques a Berlin au sujet de la socialisation
des mines de la ruhr. Les Anglais en seraient partisans, tan-
dis que les Americains ddsireraient rem-ettre ces mines, au
contr61e allemand, a sans pr6juger de toute socialisation
future on de tout contr6:e international future de la Ruhr ,.

3. Etat-Major O. N. U.
Des ddp&ches de Lake Success annoncent que la delegation
amrricaine au Comite d'Etat-Major propose que la force
international don't dispose 'O. N. U. soil pourvue de 1.250
bombardiers, 2.250 chasseurs et de 300 avions de tkconnai,-
sance. La press note que ces chiffres sont de beaucoup supi-
rieurs aux recommendations faites par les d6elgalions de
France, de Grande-Bretagne et de Chine. Elle souligne que
la delegation soviatique s'est refused i soumettre une propo-
sition quelconque jusqu'i present.

4. Situation intdrieure frangaise
La ddcouverte du complot dirig6 contrr le gouvernement
constitute une des grosses nouvelles de la press americaine.
qui y consacrl plu'sieurs colonnes accompagnees de photos de
personnages arr6tes. Seul l'editorial du New York Herald
Tribune est consacre A cette situation. II estime que la cruise
que traverse la France est typique d e e qu'll appe!ie a la
maladie de 1'Europe :. (Voir l'article plus loin.)
Les ddpeches des correspondents de Paris traitent de la
situation et des remaniements possibles du cabinet actuel.
Humpheiys, dans le New York Herald Tribune donne come
possibles les ddmissions de MIM. Schuman, Tanguy-Prigent,
Philip et Daniel Mayer. Une depeche de Whitcomb att Bal-
timore Sun declare que la manifestation de de Gaul e it Lille
n'a 6t6 shivie que par 20.000 persionnes, et il fait le paral-
11le entire le discourse du gdndral et celui de M. Thorez A
Strasbourg. fl constate, que la situation au point de vie des
graves va en empirant et termine en annongant comme pro-
bable que M. Ramadier posera la question de confiance A
I'Assemblie.
De nomb'ttrftes d6p6ches d'agences de Bruxelles signalent
que le film de Rend Clair, Le Silence est d'or, a rempol t un
grand prix mondial.

LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE (New York Hirald
Tribune, 1/7) :
< Si le complot militaire de droite qui vient d'etre
d6couvert en France semble un anachronisme, c'est
simplement parce que les AmBricains, dans leur crainte
du communism, ont 'decid de croire que le fascism
avait W6t Acras6 de facon decisive au course de la der-
nibre guerre. Ce complot n'est pas le sympt6me d'une
maladie propre A la France, mais de la maladic 'dont
souffre l'Europe...
La prochaine tentative de coup d'Etat peut venir de
la gauche plutot que de la droite. Elle peut se produire
en Italie, ou 'dans quelque .autre pays europ6en, plut6t
qu'en France. Et elle peut r6ussir... Mais, de toute favon,


le danger de convulsions politiques qui pourraient con-
duire au totalitarisme et qui, de toute maniere, retar-
deraient s6rieusement le redressement de 1'Europe est
contend implicitement 'dans la situation 6conomique du
continent.
Cette menace, avec toul ce qu'elle implique, a pousse
l'Europe occidentale a accepted le plan Marshall et est
a la base des efforts d6ploy6s par la Grande-Bretagne
et la France pour organiser le continent. Qu'elle puisse
6galement fournir une explication A la repugnance des
Russes est une id6e qui vient tout naturellement A I'es-
prit. 6tant donn6 l'instabilite du monde et la politique
equivoque que la Russie a suivie jusqu'a maintenant.
Mais quels que soient les molifs qui poussent les Rus-
ses A pren'dre l'attitude qu'ils ont adopt6e a Paris, le
continent ruin6 ne peut pas se permettre d'attendre in-
deflniment le bon-vouloir du Kremlin. Ii ne peut ac-
cepter que des disaccords sur la mise en oeuvre du
p!an Marshall empechent ou meme retardent !'action
rapi'de et concert6e qui dolt &tre menee si 1'on veut
que l'Europe se remelte A produire. ,



III. PRESS BELGE


LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCE (La Lbibre Belglique,
2/7, catholique) :

< La situation gouvernementale rest 'toujours con-
fuse. Les membres du cabinet n'ont pas' encore r6ussi
a se metire d'accord quant a la politique 6conomique
A suivre et on ne saurait dire avec quel programme
M. Paul Ramadier va se presenter devant 1'Assembl6e
national.
Trois solutions paraissent th6oriquement possibles en
ce moment : 1* maintien du gouvernement actuel sans
aucun changement; 2 remaniement du cabinet sans 'd-,
mission collective; 3 dAmission du cabinet et son rem-
placement par un autre.
Pour que la premiere solution se r6alise, il faudralt
tout d'abord que les parties se mettent d'accord au sujet
de la polilique iconomique A suivre. La secon'de serait
difficilement r6alisable, car elle entrainerait automati-
quement une dislocation de la majority gouvernemen-
tale actuelle. Quant a la troisimme, nul ne saurait dire
en quoi elle pourrait ambliorer la situation, 6tant donnC
que le M. R. P. refuse de singer avec les communists
au sein de tout gouvernement. ,
(Du correspon'dant a Paris de la Libre Belgfque.)


IV. -- PRESS SUISSE


LA CONFERENCE DE PARIS.
1. La Tribune ide Genbve (1/7) :

Evidemment, toute possibility de compromise entire
les th6ses franco-britannique et sovi6lique n'est pas
exclude. Mais rest a savoir encore quelle sera la reaction
am6ricaine. t Chacun, dit M. Molotov, dolt 6tre et res-
ter maitre chez soi. > En d'autres terms, les Etats-Unis
seraient invites a donner de 1'argent, des machines et
'des vivres, mais ils devraient s'en remettre, pour tout
la reste, A la bone volont6 de leurs obliges. L'orga-
nisme central par lequel ils auraient a passer ne pour-
rait prendre aucune initiative ni fournir aucune ga-
rantie engageant tant soit peu la souverainet6 des Etats








BULLETIN QUOTIDIIN DR PFISSE BTRA3TBA4G2 5


quemandeurs. Selon le mot de M. Bevin, on leur deman-
uerait, en some, de signer un chique en blanc. Or,
apres les d.convenues que le gouvernement am6ricain
a 'dejA essuyees avec I'U.N.R.HA., il est peu probable
qu'il accepte de faire plus longtemps de la charity a
sens unique. Et, au cas of les grandes puissances euro-
peenn.es ne parviendraient pas a s'enlendre, on ne sau-
rait raisonnab.emenl lui en vouloir de choisir hui-m&me
ses pauvres. 3
(PAUL DU BOCHET.)

2. Neue Z&iclker Zeftung (1/7) :
< Lorsque I'Union Sovi6tique deman'de qu'on se borne
a dresser la liste des besoins des different pays, elle
place la Conference devant le probl6me essential. Si on
lui donne satisfaction, on n'aura que faire de n6go-
ciations diplomatiques, on se 'd6sinteressera pour com-
mencer des autres questions don't Londres s'occupe de-
puis quelque temps et par consequent des difficulties
que M. Bidault rencontre pour obtenir que I'D. N. U.
soit saisie des nouveaux projects. II s'agit 'done actuelle-
ment de savoir si l'on enverra simplement une listed
de. desiderata A l'Amerique, ou si les nations euro-
peennes front un effort conimun pour r6soudre les
prob'.mes qui se posent a elles..


En presence d'une situation tendue, et que beaucoup
de gens consi'drent d6jA comme dangereuse, on se ae-
mande naturellement ce qui se produira si les ministres
des Affaires ,6trangeres ne r6ussissent pas a s'entendre
ces jours-ci.
M. Bevin soumetlra aujourd'hui a la Conf6rence son
plan de nomination d'un Comit6 d'experts, qu'il pr6-
sentera comme un compromise. Si l'Union Sovi6tique
n'est pas disposee a le suivre, une question se posera
avec acuit6 : jusqu'of M. Bevin peut-il continue dans
la voie of il s'est engage en vue de r6aliser l'union de
tous les Etats qui sont pres a collaborer ? II est vrai-
semblable qu'une tentative de ce gernle sera faite; nous
verrons dans quelle measure la Pologne, la Tch6coslova-
quie et la Yougoslavie, c'est-A-dire ceux des voisins de
l'U. R. S. S. qui se sont declares interess6s par le project
'de reconstruction et d6sireux d'apporter leur pierre a
1'6difice, peuvent contribuer au succ6s de cette politique,
alors que leur grand voisin de l'Est reste a l'.cart. Quoi
qu'il en soit, on essaiera de grouper effectivement pour
une ceuvre commune tous ceux qui ont deja montr6,
sous toutes les formes, leur volont6 de collaboration. ,

(Du correspondent & Londres 'de la Neue Zircher
Zeitung.)


S. P. I. Imp.. 27. re- Nicolo. Paris 31.3009














































































Prix : 6 francs.




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