Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
ALL VOLUMES CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00077027/00129
 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: July 2, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00129
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

Full Text


2 juillet 1947.


ANNEXE


au Bulletin Quotidien de Presse Itrangbre N0 707


La conference de Paris


La position de la France

Le 5 juin dernier, parlaqt A l'universite Harvard, le
secr6taire d'Etat des Etats-Unis, M. Marshall, a faith une
analyse d6taill6e des difficuli6s 6conomiques auxquel-
les I'Europe est en proie. II a montr6 avec preecsion
la nature et 1'origine de ces difficulties II a declare que
a les besoins de l'Europe au course de trois ou quatre
prochaines ann6es en denr6es et products essentials
d'.origine 6trangbre venant principalement d'Am6ri-
que sont d'une valeur tellement sup6rieure a ses
possibilities actuelles de pavement qu'elle 'doit obtenir
une aide additionnelle substantielle ou blen faire face
i une situation tres grave dans le domain economique,
social et politique >. M. Marshall a in'diqu6 que pour
combaltre << la faim, la pauvret&, le dissespoir et le
chaos ,, il 6tait logique t que les Etats-Unis donnent
tonte l'assistance possible en vue 'du retour A la sant6
lconomique du monde, sans laquelle il ne peut y avoir
de stability politique *ni de paix assure. ,
D'aprBs M. Marshall, I'action des Etats-Unis ne peut
se d6velopper en ordre disners6. Elle dolt r6sulter 'd'un
programme coherent.
Ce programme ne dolt pas, selon lui, etre 6tabli par
les Etats-Unis, mais -par 1'Europe elle-m6me. a L'initia-
live, dit-il, dolt venir de l'Europe. Le r6le des Etats-
Unis 'devrait consister A prbler un concours amical pour
I',lablisseiient. d'un programme europ6e~ et ensuite ai-
der lex6cution d'un tel programme dans la measure iof
cela sera pratiquement possible. Le programme devrait
Atre un programme commun, faisant l'accord du plus
grand nombre possible de nations europ6ennes, sinon
'de toutes. >
II ne s'agit pas d'une proposition officielle du gou-
verneent des Etats-Unis. Mais le secrttaire d'Etat, avec
toute l'autorit6 que lui conf6rent ses functions et son
passe, a soumis A l'Europe, aux Etals-Unis, au monde
enter, des suggestions qui sont apparues capitals pour
notre avenir.
En second lieu, il n'y a pas de a plan Marshall ,
,ni de a p'an am6ricain >. Il n'y a pas d'engagements
pr6cis, ni du gouvernement des Etats-Unis ni du Con-
gr6s americain. II y a clairement une invitation du!
sedretaire d'Etat am6ricain aux pays de I'Europe a se
concerper en vue d'examiner s'il convient d'6tablir un
programme concernant la situation 6conomique pr6-
scnte de ce continent et les measures A prendre pour lui


permettre de recouvrer son 6quilibre. Si une. aide des
Eta's-Unis est necessaire, personnel ne peut dire qu'elle
sera acquise, ou dans quelle measure, car en v6rit6 le
dernier mot appartient i la nation am6ricaine et a ses
repr6sentants. Mais les n6cessit6s sont si pressantes
qu'iT est apparu normal de s'adresser A 1'Europe elle-
m6me sous une forme solennelle et peut-6tre inusitke
pour lui demanderr de d6finir ses propres besoins, et
par 1A meme d'int6resser le plus grand pays cr6dileur
du monde h cette situation critique.
Un grand nombre de pyys europ6ens, si leur effort
de reconstruction ne regoit pas une aide ext6rieure,
vont se trouver 'dans les trbs prochains mois en butte
A des difficul;6s insurmontables.
Certains pays comme la France peuvent se trouver
ralentis, sinon arretes dans leur effort de modernisa-
lion. D'autres seront m6me devant 1'impossibilit6 de
pouvoir assurer leurs importations essentielles. La plu-
part des products absolument in'dispensables, comme le
carbon, ou le bl6, ou les 6quipements, proviennent du
continent am6ricain. Si rien n'intervient, nous risquons
de voir s'arr6ter les usines et se crer une immense
misere. La suggestion de M. Marshall constitute aujour-
d'hui la seule procedure qui soit .ouverte pour fair
comprendre la gravity de la situation.
II faut que 'dans un bref d6lai le gouvernement et le
Congres des Etats-Unis puissent recevoir *un document
aussi pr6cis et complete que possible expliquant l'effort
fait par 1'Euroipe elle-meme, ses besoins, ainsi que les
conditions qui rssulteraient d'une d6,6rioration plus ac-
centu6e de son economic, doculnent sur la base duquel
les autorites amnricaines pourront prendre leurs d6ci-
sions.
La r6daction de ce document, qui doit constituer no-
tre premier objectif, devrait 6lre achev6e au debut du
mois de septembre.

QUE FAUT-IL ENTENDRE PAR EUROPE ?

Que faut-il entendre par Europe ? Selon nous, 'de-
vraient y 6tre inclus tous les pays de l'Europe, allies,
cx-ennemis ou neutres, A l'exclusion provisoire de l'Es-
pagne.
Tous ces pays europbens, A des degr6s divers, soot
atteints des m6mes maux.
Aucune solution ne.pourra etre trouv~e h leurs pro-
bl6mes sans d'abord un effort considerable 'de chacune


I






ANNEXE AU BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE


des nations interess6es. Aucune aide ext6rieure ne pour-
rait se substiluer A ces efforts nationaux. La France.
pour sa part, en est profondement convaincue. Elle em-
ploie toutes ses resources a accroire sa production, A
moderniser ses entreprises industrielles et agricoles
Elle a 6tabli A cet effet un plan Monnet. C'est grace
A la r6alisation 'de ce plan que la France sera a mema
d'assurer sa subsistence et sa prosp6rit6, par la son
ind6pendance economique, on peut meme dire poli-
tique.
Si au contraire nous ne somames pas en measure de
vendre nos pro-duits au dehors pour acheter nos mpor-
tations necessaires, nous risquons de vivre sous la de-
pendance de ceux qui fournissent les matieres premie-
res et les 6quipements industries.
Sur. le plan europBen c'est le m6me travail darls cha-
,que pays qui dolt etre poursuivi.
Dans les domaines 6conomiques essentiels les Elats
europ6ens doivent faire le bilan des efforts que chacun
d'eux accomplit et des r6suliats qu'on en peut atlendre.
Ils constateront que des quantit6s importantes d'6quipe-
,ment et de materiel leur font defaut. Dans toute la me-
sure du possible, ce deficit devra etre comblM par une
action intereuropDenne et c'est pour le solde seulement
qu'il faudrait s'adresser a I'aide ext6rieure, 6videmment
avant tout au continent americain, et en particulier aux
Etats-Unis.
Mais 'oeuvre de reconstruction ainsi entreprise ris-
querait d'6ere compromise et en meme temps les Etats
interess;s devraient affected une grande part de leurs
resources et de leur 6nergie A l'achat des products ne-
cessaires pour assurer la vie quotidienne. 11 faudrait as-
surer la vie quotidienne. II faudrait done que pendant
une D6riode de temps limited ces Etats puissent se con-
sacrer A la reconstruction de leur appareil productif.
Comme l'a ipdiqu6 le secretaire d'Etat am6ricain, un re-
pit de trois a quatre ann6es nous parait absolument n6-
cessaire.
Ainsi la contribution des Etats-Unis serait seulement
le complement .de l'effort indispensable de chacun des
pays europ6ens int6resses. ELe permettrait a 1'Europe
d'ohtenir d'une part les equipements et le materiel qui
lui font d6faut pour remettre en route ses principles
activities; d'autre part, les products de consommation
courante que 1'Europe n'importait pas avant la guerre
ou qu'elle n'est pas susceptible de payer actuellement
nar le produit -de ses exportations.

LE PLAN DE TRAVAIL FRANCAIS
11 ne semble pak que la convocation d'une vaste con-
firence appelee A 6valuer les disponibilit6s et les be-
snins do' 'Europe serait efficace. Une bonnie mnthode
consisterait A pr6voir la constitution aussi raipide que
possible d'un certain nombre de comites ad hod, spe-
cialises par branches d'activites 6conomiques et don't
le travail serait coordonne par les soins d'un comiit6
directeur.
Ces comites pourraient etre composes soit uniquement
de repr6senlants des trois puissances, soit plut6t des re-
pr6sentants de ces trois puissances auxquels seraient
adjoint des representant des Etats europBens les rius
int6ress6s aux activities consid6rdes.
Le comit6 directeur, avec l'aide des comites e ad
hoc A, aurait pour mission -d'atablir pour le 1" septem-
bre le rapport auquel j'ai fait allusion tout A l'hcure. A
cet effect, ils auraient pour devoir de consulter les Elats
europeens, prets A participer A notre action et dispose-
raient de toute la documentation des diff6rents orga-
nismes internationaux qui existent dejA tels que F.A.O.,


I.E.F.C., E.C.O., E.C.I.T.O. .ou leurs successeurs an sein
.de la commission 6conomique europ6enne.
Deux sortes d'6tudes devraient 6ire mises au point:
a) Etude des moyens d'accroitre la production dans
les domaines essentiels de l'6conomie, A savoir :
Agriculture (engrais, machines agricoles, semences)'
6nergie materiell minier, de raffinage, hydro-l6ectri-
que), tansports i(mat6riel ferroviaire, de transport ma-
ritime et fluvial, materiel portuaire), sid6rurgie.
b) Le comite direcleur ei les sous-comilts < ad hoc >>,
compete tenu du resultat qu'ils estimeraient pouvoir at-
tendre de ce d6veloppement des moyens de la produc-
tion europeenne, 6tabliraient 1e bilan des resources .de
1'Europe. Ainsi pourraient ltre d6termin6s :es tonnages
de denrees alimentaires (eer6ales, matieres grasses) et
de matibres premieres esscntielles carbono, acier, prc-
.duits textiles, p6trole...) qui manquent A 1'Europe et
don't l'imporlation ne devrait pas peser sur la balance
de ses competes.
Six sous-comit6s ad hoc devraient 6tre crA6s: a) agri-
culture, b) 6nergie, c) transports, Id) sid6rurgie, e) ma-
tieres preminires, f problbme de la balance des paie-
ments.
Mais si l'on vnut aboutir vite, il sera necessaire de
leur demander de concentrer leurs efforts sur quelques
products seulement, ceux qu'on vient d'6numrer et qui
sont indispensables a la vie national. En outre, ils con-
viendra de mettre au point avec grande prAcision les
Questions, aussi simples que possible, qui, par les soins
du comity directeur, devraient etre soumises a chacune
des nations int&ressees. A cet effet chaque pays devrait
pr6senter au comit6 directeur un bilan de sa situation,
de ses objectifs de production, de ses besoins, selon un
6tat uniform; les sous-comit6s ad hoc discuteraient des
programmes particuliers sur la base des programmes
l'ensemble ainsi 6tablis par chaque pays.

LE nOLE QUI SERAIT DIOLU A IA COMMISSION
cCONOMIQUE EUROPIEN|NE
II faut que les pays europ6ens puissent faire .connai-
tre leurs observations, et dire s'ils acceptent ou non
les m6thodes sugg6r6cs.
Le proc6d6 le plus simple consisterait A soumettre
des propositions communes h la commission Bconomi-
que europeenne qui va singer pr6cisement A Geneve le
5 juillet prochain. La commission 6conomique euro-
peenne elle-meme ne pourrait 6tablir ces documents,
parce que cet organisme est A peine naissant, que ses
status ne sont pas entierement mis au point, qu'on dis-
cu.e encore .de questions de vote et de la constitution
de ses divers organes. Cela ne veut pas dire que nous
6cartions ]a commission econoiique europeenne: c'est
elle qui fera ses observations str le m6canisme d'ensem-
ble. Les plus 6troits contacts seront maintenus avec le
secretariat general de cette commission; enfin, lor.j-
qu'elle sera d6finitivement constitute, il faudra 6tudier
les moyens de lui transfer I'ensemble de cctte lourde
L che.
11 est evident qu'il est impossible de songer A un pro-
gramme europben d'ensemb'e qui ne comprendrait pas
I'Allemagne. Or, dira-t-on. la reconstruction de I'Alleni-
gne pose precis6ment tou!es les questions sur lesquel'es
aucun accord n'a pu encore intervenir, au sein du con-
seil des ministres des Affaires 6trangeres: niveau de
I'industrie allemande, reparations, regime de la Ruhr,
etc. Cela esi vrai, cela constitute une difficulty qu'il ne
faut pas nier. Mais le premier e rapport europ6en & h
6tablir ne devrait pas prejuger les decisions quant au
statut d6finitif de 1'Allemagne. D'une part, parce qu'il
devrait s'etendre essentiellement A 1'6tude des morens







ANNEXE AU BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE 3


d'accrottre certaines productions que tout le monde eat
d'accord pour dv.elopper en Allemagne : production
agricole et carbon. D'autre part, parce que, en ce qui
concern d'autres production, comme la production si-
d6rurgique, I'industrie Blectrique, les projects A mettre
au point ne doivent pas couvrir une p6riode de plus
d'une ou deux annues. Or la production allemande est
loin d'avoir atteint les niveaux les plus has qui ont 6t6
fix6s par le Conseil de contr6le le 15 mars 1946. Malgr6
tous les efforts d6ploy&s en un ou deux ans on n'arri-
vera pas A d6passer ces niveaux. Si'entre temps un ac-
cord est r6alis6 pour reliever les chiffres contenus dans
la decision du Conseil de controle du 15 mars 1946, il
en sera tenu compete dans l'6tablissement du rapport
europeen.

Le point de vue sovi6tique

PROPOSITION SOUMISE PAR M. MOLOTOV, LE 30 JUIN
La confCrence des minisires des Affaires ,6trangeres
de France, de Grande-Bretagne et d'U.R.S.S. reconnait
la grande importance deo la tAche qui consist A accl66-
rer le r6tablissement et le d6veloppement ulterieur de
1'6conomie national, dir6gl6e par la guerre, ides pays
europ6ens; elle considbre que l'ex6cution de cette t;che
serait facilities par I'octroi d'une aide 6conomique de
la pant des Etats-Unis, aide don'tt a parl6 le secretaire
d'Etat ambricain M. Marshall dans sa declaration du 5
juin.
La conference considere que P'6tablissement d'un pro-
gramme economique absolument general pour les pays
europ6ens n'entre pas dans ses tAches, .car un tel pro-
gramme dress pour toute 1'Europe par les trois gran-
des puissances, m&me lavec la participation d'autres
pays, aboutirait nAcessairement A imposer la volont6
des puissants Etats europ6ens aux autres pays d'Europe
et repr6senterait ainsi une intervention dans les affai-
res intirieures ide ces derniers et une violation de leur
souverainetb.
Les tentative d'6tablir un tel programme 6conomique
absolument general pour I'Europe sont d'autant moins
admissibles qu'elles conduiraient A la violation des rela-
tions .conomiques existantes entire les pays europ6ens
et susciteraient lune grande tension dans leurs rapports
mutuels, ce qui rendrait plus difficile le d6veloppement
si n4cessaire de la cooperation 6conomique entire ces
pays.
Conform6ment A ce -qui pr6ecde, la conference ides
trois ministres des Affaires tIrangbres consid6re conmme
indiques :
1 La creation d'un comit6 d'assistance, composA de
reprAsentants de la France, de la Grande-Bretagne et de
'U.R.S.S. et idevant 6tre comple6t ult6rieurement par
l'introduction de repr6sentants de ic.ertains autres Elats
europeens, en vue .de determinerr les besoins des pays
europ6ens en aide 6conomique am6ri.caine, de preciser
1es possibilities d'octroi de cette aide et ide contribuer h
snn obtention par les pays europ6ens.
2 La creation des sQus-comites suivants, aupres du
comit6 d'assistance :
a) Ravitaillement
b) Combustibles ;
c) Equipment.
Les souscomitfs doivent comprendre, ontre les ri'-
pr6sentants .de' I'U.R.S.S., de la Grande-Bretagne et do laI
France, ceux des deux puissances europAennes les plus
int6ress6es aux travaux des sous-comites intiressks, pri-
Sses parmi les pays qui ont subi l'occupation allemande
et ont contribub A la cause commune de la vactoire a.l-
liee sur Pennemi,


Les pays ex-ennemis peuvent 6tre invits par les sons-
comit6s pour consultation.
Le problmme allemand ,doit etre examine par les qua-
tre puissances : Grande-Bretagne, France, Union SoviA-
tique, Elats-Unis.
3 La fixation des tAches suivantes au comi!6 de sou-
tien :
a) Recevoir les demands des pays europr'ns con-
cernant l'aide Aconomique amricaine don't ils int he-
soin ;
b) Etablir, sur la base de ces demands, un pro-
gramme-bilan, 6tant entendu qu'il convient de tenir
compete en premier lieu des besoins des pays qui out
souffert de 1'invasion allemande et ont apport6 leur
contribution A la cause de la victoire allie ;
c) PrIciser les possibilities d'octroi d'une aide 6cono-
mique correspondante des Etats-Unis.
40 L'6tablissement par le comit, d'assistance, confnr-
m6ment aux tAches qui lui incumbent, de relations aver
la Commission 6conomique europ6enne de 1'O.N.TI

COMMENTAIRES
Du correspondent de I'Agence Tass A Paris (30/6) :
L'attitude adopted par le gouvernement francais A la
Conference des trois ministries a WtA expose a'ujourd'hui
en ,detail dans les journaux l'Aube et le Monde. On
salt que le point de vue du gouvernement britanniaue
concorde, dans les grande lines, avec le point de vue
franCais.
Nous avons la possibility de fournir Agalement l'ex-
pos6 du point de vue du gouvernement sovi,6tique A
cette conference. L'attitude sovi6tique se resume par ce
qui suit :
On sait que la Conf6rence de Paris est convoquBe A
l'occasion de la declaration faite le 5 juin par M. Mar-
shall, secrAtaire d'Etat ides Elats-Unis. A 1'U'niversit6 de
Harvard.
M. Marshall a exprim6 dans cette intervention ses ap-
pr6hensions au sujet de ]a situation 6conomique dans
les pays d'Europe telloe qu'elle s'est itablie apres la fin
doe la deuxiime guerre mondiale. 1 a fait Tessortir,
d'une part, les dures consequences Ide la guerre, qui a
occasioned, en plus d'6normes pertes en vies humai-
nes, la destruction 'de villes, d'usines. de mines et 'de
chemins de fer, d'autre part les difficulties pr6sentes
d'apr6s-guerre dans 'Aconomie des pays europeens. II a
remarqu6 que les marchandises ne sont pas actuelle
ment produites en quantity suffisnte, que le ravitaille-
ment minque ainsi que les mati6res premieres et les
combustibles et ue l'ensemble des machines a subi
une usure considArable, notamment pendant la guerre.
Ayant faith ressortir le fait que les. besoins de certain
pays europ6ens en ravitaill-ement et nutres produits in.
,dispensables qu'ils recoivent principalement auiour-
d'hbi de 1'Am6rique d,6p'tsent de loin leur captEitH ac-
tnelle de paiement, il a dit que les < Elats-Unis d'AmA-
rique doivent faire tout ce aui est en leur pouvoir pour
contribuer au r6tablissement, dans le monde. des con-
,ditions Aconomiques normales.
Ahordant le probl6me des possibilities de l'aide 6eo-
nomique des Etats-Unis aux pays europ'ens. M. Mar-
shall a dit que les pays d'Europe doivent dAterminer
eux-mime's leurs besoins et arriver A un 'certain nc-
cord, pregnant enx-mAmes I'initiative en cette matibre.
II a it6 dit en mAme temps que < le role des Etats-Unis
doit consister dans une aide amicale A I6lnbnrntion "du
programme euronren et dans l'appui pret, ulterieurc-
ment A la r6alisation de *ce programme, pour autant que
cela peut entrer dans nos vucs 3.







ANNEXE AU BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


11 est tout A fait evident que la cause du r6tablisse-
ment at du .d6veloppement de l'tconomi-e national des
pays europkens pourrait etre facilit6e si l'aide 6conomi.i
que don't ces pays out besoin leur 6tait accord par
les Etats-Unis, don't les possibility de production, loin
de' suhir une reduction, ont augment6 considerablemernl
pendant la guerre. On sait en mime temps qcue les Elats-
Unis sont int6resses a leur tour A utiliser leurs posibi-
lites de credit a'in d'elargir leur march exterieur, par-
ticuliirement du fait de la crise qui approche.
Lorsque les gouvernements francais et britanniquet
proposerent. A la suite de l'intervention de M. Marshall.
d'organiser une conference' des trois ministries, le gnu-
vernement sovietique adopta A 1'6gard de celtt proipo-
sition une attitude positive, bien que les principles de
planification de l'Aconomie socialist .de I'U.R.S.S. ex-
cluent la possibility de crises diverse et de secousses
6conomiques, possibility don't il a Wt, question danss le
discours pr6cit6 du ministry ambricain. II est bien en-
tendu que la prdse'nte conference n'atteindra son ob-
jectif que si elle arrive A d6finir correctement ses buts
et ses m4thodes de travail.
Un plan d6termin6 de travail 6labor4 par le gouver-
nement francais et approuve par letgouvernement bri-
tannique a 6t6 soumis A la conference. La d6l6gation
sovietique a 6mis ides doutes s6rieux *au sujet de *ce
plan.
C'est une chove acceptable et qui peut 8tre utile aux
pays d'Europe que de faire ressortir, au moyen de de-
mandes exprimees par ces pays eux-memes, leurs be-
soins iconomiques en ,ce qui concern l'aide amb'ricaine
sous forme de credits et de livraisons de marchandises.
Ce serait tout autre chose si la conference s'occupait de
1'Alaboration d'un programme 6conomique absolument
g6ndral pour les pays europbens, come le propose' le
project francais, et si elle n'6tudiait leurs besoins en une
aide economique americaine qu'a titre de question ac-
cessoire. Si la conference s'6gare dans cette voie, elle
s'Aloignera beaucoup de la tAche qui lui income et ne
donnera pas de r6sultats positifs.
On dit A Paris que la France possede son plan .6cono-
mique et quo le gouvernement francais 'escompte des
r6sultats posiltifs ide l'execuion de ce plan. La 'Grande-
Bretagne possdde ,galement son propre programme Aco-
nomique. II est bien connu que la base du r6tablisse-
ment et du d6veloppement de 1'Aconomie national en
U.R.S.S. est constilu6e par ]e plan socialist d'Eta. Le
people slvietique a dAjA realis6 plus d'un plan quin-
quennal. Il execute' actuellement avec succes son plan
quinquennal d'apres-gue'rre. C'est ce qui garantit un ac-
croissement continue du bien-6tre materiel et cultural
du people sovidlique.
On sort 6galement que, da'ns certain autres pays eu-
ropeens, le r6'ablissement Aconomique se d6rou'e selon
des plans de deux ou trois ans. Des success notables ont
dBjA pu etre enregistr6s dans la .ralisa'ion de ces p'ans.
II 6tait consid6rf j'usqu'a present icomme fermement
6tabli que chaque people decide lui-m&me des moyens
'de garantir au mieux le' r6tablissement et les progres de
son Aconomie. Aucun gouverpement europeen ne se
propose d'intervenir dans la question de savoir si le
plan Monn.et est bon ou mauvais pour la France. C'est
l'affaire du people francais lui-mmme. Mais tout 'cela
est tout aussi applicable A la Girande-Bre'agne qu'A
1'Union Sovielique, a la Pologne qu'n la Tch6coslova-
quie ou A tout autre pays europ6en. C'est ainsi que la
question ,est jugie dans 1'Union Sovi6tique, laquelle oa
de&ji plus d'une fois repouss6 .des tentatives d'interven-
tion etrangrre dans ses affairs.
On ten.ait pour parfaitement evident que les affairs
Aconomlues interieureae relAvent de la souverainetd des


peuples intrress6s et que les ,autres pays ne doivent pas
s'immiscer dans' ces affairs int'rieures. Ce n'est que
sur cet:,e base que le dAveloppment normal des rela-
tions est possible entire diff6rents pays.
Les tentative .d'intervention 6trangire dans la vie
Bconomique ide tel ou tel autre pays n'ont jamais donn6
de r6sulta:s positifs et n'en peuvent donner. Si c'est
exact, on ne saurait adopter comme base d'une coop#-
ration des pays europeens une tentative d'obliger la
conferencee A s'occuper de l'elaboration d'un pro-
gramme' Bconomique absolument g6ndral pour ces pays,
ce qui entrainerait inevitablement intervention de cer-
tains Etats .dans les affairs d'autres Etats. De telles
tendances existent actuellement chez certaines puissan-
ces, mais elles sont vou6es A 1'6chec et ne pourront que
compromettre leur prestige international.
La conference doit resoudre le problome consistent A
d6terminer les besoins des pays europbens en ce qui
concern l'aide 6conomiq'l1 des Etats-Unis, apres avoir
regu au pr6alable les demands de ces pays, et les
avoir examin.ees en commun. II faut consider que la
tAche .de la conference consiste A instituer une coop6-
ration entire les pays europeens pour l'Alaboration ide
leurs demands d'aide ambricaine, A preciser les possi-
bilites d'obten'ion de cette aide et A contribuerr A la
faire parvenir aux pays europ6ens. Ce n'est pas une
tAche facile et il est certain qu'elle exigera de nom-
breux efforts. Mais si la conference parvient a r6,oudre
ce problmme,, un pas important sera fait qualt au deve-
loppement de la coopAration, d'une part entre les pays
d'Europe et d'autre part entire les pays d'Europe et les
Etats-Unis.
Quels sont les pays europ6ens qui doivent contribuer
A cette tAche ? Dans ce'te question 6ga!emeht jes atti-
tudes des different pays ne concordent pas, car il se-
rait errond de ne, pas tenir compete des differences qui
.doivent exister pour les Allids dans leurs relations avec
les puissances allies, ex-ennemies ou neutres.
Le gouvernement sovietique estime que la de'crmina-
tion des besoins demandse) des pays europ6ens quant
A une aide 6conomique ambricaine ne peut etre l'affaire
exclusive des trois pays qui preonnent Dart A Ih prA-
sente conferencee. Les autres pays europeens idoivent
Atre 4galement invites A pariiciper A l'.etude d.s ques-
lions qui s'y rapportent. En premier lieu, il imported de
tenir compete des besoins des pays europeens qui ont
subi 1'occupation allemande dt ont apport6 leur con-
cours A la cause commune des Allies pour la victoire
sur 1'ennemi. Ce sont ces pays qui doiven.t tout d'nbord
8tre appel6s A participer a la *cooperation 6conomique
qui s'amorce actuellement en Europe. Il faut accorder
une attention particuliore A leurs besoins lors de l'exa-
men des questions relatives A l'aide 6conomique des
Eta's-U'nis. Quant aux pays ex-ennemis, il est indispen-
sable .de les inviter en vue de consultations approprides,
La question de I'Allemagne pose un cas plrticu'er
On sait que les puissances allies ne sont pas encore
arrives A un accord sur des questions aussi essentielles
que la formation d'un gouvernement commun A toute
l'Allemagne, l'execuion des reparations par ce pays, le
niveau ide l'industrie allemande, etc. Ces questions sont
soumises A l'examen du Conseil des ministries des Affai-
res Atrang6res, auquel participant non seulement les
trois pays repr6sentes a la Conf6rence .de Paris, mais
aussi les Etats-Unis. C'est pourquoi le prob'ime alle-
mand doit faire l'objet de l'examen 'non pas de co;te
Conference, mais du Conseil des ministres des Affaires
6trangrres.
En ce qui concern les m6thodes d'examen des ques-
tions posees A cette Conf6rence, la d6A16gtion sovi6ti-
que considrre comme souhaitable institution de comi-







ANNEXE AU BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGBRE


tes correspondents composes de repr6sentants des trois
puissances, ainsi que la participation A ces comit6s de
repr6sentants d'autres Etats europ.ens et tout d'abord
des pays allies sus-indiqu6s. 11 est 6galement indispen-
sable d'examiner la .question .des relations qui doivent
etre 6tablies avec la Commission economique euro-
p6enne.

Du correspondent de 1'Agcnce Tass A Paris (1/7) :
A la conference des trois ministres, M. Bevin a intro-
duit le 30 juin une proposition repr6sentant une simple
repetition, bien que plus succinte, de la proposition
pr6c6dente de M. Bi'dault, qui a rencontr6 aussit6t Pop-
position de la de16gation sovi6tique.
Comme le precedent project francais, le project Bevin
accord une attention particuli6re a la creation d'un
< Comite directeur pour l'6tablissement d'un 'program-
me 'de r6tablissement, coordonnant les besoins des pays
europeens pour les quatre ann6es prochaines >.
11 est ainsi propose a la Grande-Bretagne, A la France
et A l'Union Sovi6lique dc prendre 1'initiative de 1'6ta-
blissement d'un programme 6conomique absolunrnt ge-
n6ral englobant tous les pays europeens, ce programme
devant 6tre ensuite soumis aux EtatS-Unis, lesquels, sui-
vant les declarations de MM. Bevin et J3idault, ne con-
sentiraient pas autrement a examiner la question 'des
credits A accorder aux pays europ6ens.
Que signifie pareil d6sir de faire 6tablir un program-
mne Bconomique pour toute l'Europe par les trois puis-
sances, en admettant meme la participation d'autres
pays europ6ens ? Cela ne signifie certes pas que la
Grande-Bretagne et.la France d6sirent placer 1'6cono-
mie britannique on francaise sous le contr6le d'autres
Etats europ6ens.
Mais il semble bien que ces 'deux pays ne sont pas
opposes A une entente en vue de 1'6tablissement d'un
contr6le sur les autres pays europeens et A des tenta-
tives visant, par l'entremise di denomm << Comit6 di-
recteur >, A adapter 1'6conomie de ces pays A leurs
propres besoins et d6sirs, airsi qu'aux exigences for-
mulkes A cet egar'd par les Efats-Unis.
On sait que la majority des pays europ6ens ne posse-
dent pas de programme 6conomique general d'Etat.
L'Union Sovi6tique oocupe, comme on le sait, une
place a part avec son plan quinquennal. Ni la Grande-
Bretagne elle-mIme, ni la France ne possedent de pro-
gramme 6conomique g6n6ral d'Etat, le < plan Monnet >>,
abondamment comment par certain milieux, semblant
n'exister que sur le paper.
Seuls, quelques rares pays europeens ont entrepris
maintenant 'de planifier leur 6conomie nEtionale et pos-
sedent des programmes economiques g6neraux d'Etat,
'echielonnes sur deux, trois *ou cinq ans. Dans une telle
situation, l'6tablisse.ment d'un programme europ6en g6-
n6ral, qui pr6tendrait coordonner le developpement
6conomique de nombreux pays 'd'Europe, n'a pas de
base solide.
Mais si les propose concernant un programme 6cono-
mique europ6en g6n6ral servent plut8t d'ornements,
l'institution d'un < Comit, directeur ) ayant des buts
aussi vastes peut avoir une signification parfaitement
d6terminee. Elle est destine A obliger les Etats euro-
peens a rendre compete 'des resources 6conomiques don't
ils disposent ainsi que de leur utilisation, en vue d'im-
poser a ces Etats la poursuite d'une politique 6conomi-
que qui soit profitable A 1'Angleterre et A la France,
ainsi qu'aux Etats-Unis, m6me si elle ne contribute pas


au developpement de l'.conomie national de ces Etats.
On veut utiliser les credits americains comme un moyen
'de pression, en faisant de ces credits un appAt pour
les petits Etats.
On pronounce actuellement beaucoup de paroles gran-
diloquentes pour presenter le project Bevin-Bidault com-
me un bienfait pour les pays d'Europe. Et pourtant, le
but de ce project est simple. II consiste A vouloir rem6-
dier aux difficulties economiques de la Grande-Breta-
gne et !de la France, non pas h leurs propres frais -
ce qui les obligerait a puiser dans la bourse de leurs
classes poss6dantes -- Ivais aux depens des << petits ,,
c'est-a-dire des petits Etats europ6ens. On voit que I'at-
tilude anglo-francaise concorde i'i avec celle 'de la R6-
publique d'outre-Atlantique.
On dit beaucoup en ce moment que la proposition
anglo-francaise concernant l'6tablissement d'un pro-
gramme economique europ6en general ne vise nu'le-
ment A une intervention dans les affaires int6rieures des
pays europeens et ne menace pas leur souverainet6.
Mais il faut savoir qu'en pareil cas on ne manage ni
les paroles ni les promesses. Et, si 'ou s'en rapporte
aux faits, la question se pr6sente sous un jour totalement
different.
Le texte de l'acc:or'd greco-amuri(-ain a etC public r6-
cemment. II commence 6galement par des paroles qui
reconnaissent la souverainet6 de la Grece. Mais en r6a-
lit6, apres la conclusion de cet accord, il n'est rest de
la souveraine16 grecque qu'un souvenir ; ct c'est la
mission americaine qui est desormais le maitre en
Grece.
II n'y a pas tr6s longtemps, le contenu de l'acco'd
sur I'octroi a l'Autriche de credits am6ricains a W6t
6galemen.t public. Dans .ce eas encore, le gouvernement
autrichien se trouve place sous la d6pendance des con-
troleurs americains cela, malgre les nombreux dis-
cours que les repr6sentants des Etats-Unis prononcent
pour exprimer leur sollicitude en ce qui concern le
maintien 'de l'ind6pendance autrichienne.
Tout cela explique pourquoi la de16gation sovi6tique
n'a pas donn6 son adhesion au project Bevin-Bidault.
A la place du project de creation d'un < Comit6 di-
reeteur > destine A 'dresser un programme 6conomique
ge6nral pour 1'Europe, la delegation sovi6tique a fait
une auire proposition. Elle a repouss6 le plan d'elabo-
ration d'un programme 6conomique pour les pays eu-
rop6ens, qui 6quivaudrait a imposer a diff6rents Etats
la vo'ont6 de quelques fortes puissances d'Europe et
impliquerait I'immixtion de ces Etats forts 'd.'ns les af-
faires int6rieures des pays faibles.
La delegation sovitique a propose de cirer un Co-
mite d'assistance aveo la participation des trois grades
puissances et de quelques petits pays. Aux terms de
ce project, le Comite d'assistance serait charge de d6ter-
miner les besoins qu'ont les pays europ6ens de I'aide
am6ricaine et de leur pr&ter son soutien pour l'obten-
tion de cette aide, don't il a tC 'parl6 dans ]a declaration
de M. Marshall en 'date du 5 juin.
Le project sovi6tique exclut la possibility de I'ing6-
,rence des puissance.s fortes dans les affaires interieures
des petits pays europ6ens. I part de la supposition que
les Etats-Unis ont effectivement I'intention d'apporter
une aide 6conomique aux pays europ6ens afin de con-
tribuer av r6tablissement 'de leur conomie national.
C'est cette proposition qui contribuerait le plus i
acc616rer le r6tablissement .6conomique des pays euro-
peens et qui r6pond aux int6erts v6ritables des peuples
d'Europe.


IL P. L i 3.v 07. roe m..aak feuD SI.AMa




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs