Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: July 2, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00128
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANQAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS


BULLETIN



DE PRESS


2 juillet 1947.


QUOTI



ETRA


SOMMAIRE 1. Economic britannique


I. PRESS BRITANNIQUE.
La situation 6conomique de la Grande-Bretagne et
la reconstruction de l'Europe.
1. News Chronmicle (1/7).
2. TilMnes (1/7).
3. Daily Herald (1/7).
4. Daily' Telegtraph (1/7).
5. Daily Worker (1/7).
IT. PRESS AMERICAINE.
La reconstruction de 1'Europe.
1. New York Hierald Tlibune (30/6).
2. New YWcr Herald Tiibune (1/7, edit. europ.).

III. PRESS SOVIL'TIQUE.

IV. PRESS BELGE.
La situation int6rieure en France (La Nation B;elge,
1/7).

V. PRESS SUISSE.
La situation int6rieure en France (Tribune de Ge-
nive, 30/6).

VI. ANNEXE.
La Conference de Paris.
# 1. ILa position de la France.
2. Le point die vue sovi6tique.


I. PRESS BRITANNIQUE


Revle de la press biitonnique du ler juiflet 1947
La press de ce matin donne la premiere place a deux
grands sujets : les measures annoncdes hier A la Chambre
,des Communes par M. Dalton tendant A rddire les impor-
tations et les difficult6s au milieu desquelles se debat la
Conference de Paris. En ce qui concern la France, tous les
journaux, sauf le Daily Mirror, donnent une large publicity
A la decouverte d'un complot fasciste. Le Manchester Guar-
dian public, un article de son correspondent parisien sur
la situation politique franqgaise ainsi qu'un editorial trbs
elogieux sur M. Herriot qui est attend aujourd'hui a
Londres.


Tous les jouwnaux consacrent leurs manchettes aux me-
sures draconiennes qui ont Wtd annonc6es hier par M. Dalton
pour 4quilibrer importations et exportations. Le gouverne-
ment prdvoit un-e augmentation des droits sur l'importation
-des films. D autre part, il serait 6galement prdvu une dimi-
nution de certaines rations alimentaires, du tabac et de
1'essence.
La press donne pour raison essentielle de ces measures
le fait que 1'emprunt americain sera sans doute epuis6 & la
fin de cette annie et que le gouvernement ne voudrait pas
prjuger des rdsultats 'de la Confirence de Paris et a prefdr6
se montrer prudent.
Les journaux signalent aussi que les measures de M. Dalton
.ont provoqud une certain sensation en Am6rique notam-
ment A la Bourse du tabac.
2. Congrence des Trois
Les journaux n'ont pas encore, prononc6 le mot d'hchec
ddfinitif, mais c'est bien cela qu'ils laissent prdvoir dans
leurs commentaires. Le correspondent 'du Times a Paris
souligne que les discussions n'ont pas avanc6 d'un pas et
que la seance 'd'hier a mis en relief les divergences fonda-
mentales qui existent entire le point de vue sovi6tique et le
point de vue franco-britannique. I1 ecrit que M. Bevin et
M. Bidault se sont bass sur le texte et 1'esprit du discourse
de M. Marshall du 5 juin. Ils sont persuades que la condi-
tion primordiale de l'offre am.ricaine est que I'Europe ne
demand pas seulement -de l'aide, mais travaille elle-m6me A
son propre salut. Aussi proposent-ils que, 1'Europe dresse son
propre bilan et tienne compete des programmes economiques
des diffdrents pays en instituant des changes commerciaux
entire eux. M. Molotov rejette cette suggestion et y voit une
atteinte a la souverainet6 ide ces pays, ajoute le journal
de, la Cite.
Le cdrrespondant diplomatique adu Manchester Guardian
estime qu'il ne. faut pas minimiser la gravity des divergences
de vues qui se manifestent i la Conf6rence, et il voit mal
comment on pourrait arriver a un compromise.
La Russie a montrd qu'elle se refusait A jouer le role qui
lui dtait ddvolu, aussi la France et la Grand'e-Bretagne pour-
ront-elles 8tre amen4es i tirer part de la proposition Mar-
shall en invitant d'autres pays a se joindre A elle. Cela sera
une decision p6nible, surtout pour IM. Bidault, en raison de
la situation politique en France. Cela signifierait un novel
6chec, et l'Europe ddjh divisde sur le plan politique le d'evien-
drait d'une fagon aussi irrdemdiable sur le plan dconomique.
Selon W. Broadbent, correspondent diplomatique du Daily
Mail, il faut attended, avant de, porter un jugement d6fi-
nitif sur les ndgociations. Si elles ne changent pas, les pers-
pectives sont sombres pour de nombreux pay's d'Europe. La
Grande-Bretagne et la France p'ourront chercher h tirer part
au maximum de 1'offre amdricaine sans la participation de







BULLETIN QUOTIDIEN DR PRESS ATRANGARE


la Russie ni des satellites d'Europe orientale. Les risultats
sont pour le moment inca'culables. Cela signifierait la fin
de la collaboration entire 1'Est et l'Ouest en Europe et ailleurs.
W.N. Ewer, correspondent diplomatique du Daily Herald,
dcrit de son c6td que, si M. Molotov refuse encore, alors la
Grande-Bretagne et la France devront diecider si elles doivent
slier de 1'avant sans la participation des Soviets. Si elles se
d'6cident dans ce sens, la Pologne, la Tcheooslovaquie et les
autres pays d'Europe orientale devront d6cider A lear tour
s'ils :e joignent aux puissances occidentales ou restent avec
l'U. R. S. S.
Le Daily Worker donne un compte rendu tres objectif des
n4gociations ; il assure que le type d'organisation propose
par la Russie est trbs proche de celui propose par la Grande-
Bretagne. '
D'aprBs le correspondent du Manchester Guardian it New-
York, les journaux am6ricains se montreraient tr6s pessi-
mistes sur I'issue -de .la Conference.
D'aprBs celui du Times, l'opinion am6ricaine serait ind6-
cise. Elle estimerait que la participation russe serait tris
desirable i condition qu'elle soit total et spontanze. Mais
peu d'Americains pensent que cela puisse jamais &tre le cas.
On craindrait que, si la Russie accepted de collaborer, ce ne
soit uniquement dans :e but de saboter l'oeuvre de ridresse-
ment. Les I. S.A. prdfe'eraient Un refus brusque qui ren-
drait plus facile. I'acceptation du plan Marshall par le
Con.gres.
D'aprBs une deipche Reuter, le gouvernement amnritain est
decide soutenir la France et la Grande-Bretagne au cas oh
celles-ci se secaient diciddes a agir seules ou du moins avec
I'Europe occidentale seulement.

3. France

Toute la press, sauf le Daily Mirror, announce sous un titre
important la ddcouverte d'un complot fascist en France.
Le correspondent du Times h Paris donne un compete rendu
detailld de la conference de press tenue t ce sujet par
M. Depreux.
Le. correspondent du Manchester Guardian rapproche ce
comolot des dep6ts d'armcs qui ,ont ted decouverts I'annde
dernidre. Ii pense qu'un tel complot ne constitute pas un
vdritab:e danger pour la Rdpublique. II ajoute qu'on concoit
que les auteurs du complot aient tournu la tete i curtains.
Mais il affirme que la situation en France ne pernlettrait
pas A un complot de .cette sort, appuyd par l'extrdme droite,
de reussir en quelques heures.
Le Daily Express ecrit en titre : t On complete la chute de
Paris 'dans le salon d'une veuve >>, et il donne ensuite les
diffdrentes phases do l'execution du complot.
Les autres journaux. se basant sur une information de
I'Intransigeant, annoncent que les conspirateurs projetalen.t
I'assassinat du general de Gaulle.
Le Daily Worker rapproche ee complot de celui des nazis
centre !e Reichstag et signal que les conspirateurs voulaient
faire retomber la responsabilit6 du meurtre du g6ndral de
Gaulle sur les communists.
La situation politique en France est &tudide dans un article
du Manchester Guardian. II fait etat notamment des diffi-
cultes que rencontre M. Ramadier au sein de son propre
parti et de l'attitude' du AM.R.P.. hostile aux oommunistes,
qu'il accuse de se servir des milieux extra-parlementaires
pour renverser le gouvernement.
Le correspondent du Daily Telegraph announce que M. Ra-
madier est decide a remanier son cabinet.

4. Accord financier anglo-espagnol
Une clause complementaire vien.t d'etre signee entire les
gouvernements britannique et espagnol anx terms 'de la-
quelle Franco et Te gouvernement britannique accepteront
les devises des deux pays en dehors du secteur monetaire
espagnol. Les journaux signalent que cet accord, a 6ti sigh8
a la veille du referendum espagnol et .au moment oh le Cau-
dillo s'efforcel d'6touffer opposition par des moyens dicta-
toriaux.


LA SITUATION ECONOMIQUE DE LA GRANDE-BRETAGNE ET LA
RECONSTRUCTION DE L'EUROPE.

1. News Clhro icle (1/7, liberal) :

< Ce n'est pas uniquement pour des raisons senti-
mentales ou politiques que M. Bevin a demand A la
France 'de se joindre A la Grande-Bre:agne pour l6abo-
rer un plan europ'en. Pers'onne n'a montr6 plus claire-
nent que M Monnet que la reconstruction de 1'6conomie
d'aprbs guerre reside dans le d6veloppement de quel-
ques industries-cl6s : carbon, fer et acier, gaz et l6ec-
triciti, ciment et machines agricoles.
M. Monnet, avec qui M. Bevin s'est entretenu A Parts,
a 6tabli an plan pour la France, don'tt les m6thodes
peuvent servir de module pour toute 1'Europe. Le seal
inconvenient est que ce plan ne prevoit la reconstruc-
tion que pour l'ann6e 1950. Or, d'ici !i, la France, de
nime que la Grande-Brelagne, devra computer sur les
prets et les credits am6ricains.
Les pr6ts am6ricains cofitent cher A la France et i
ia Grande-Bretagne. Vaudrait-il mieux pour nous mener
one vie plus austere pour nous passer 'd'eux ?
M. Monnet pcnse que si la France et cela est vrai
dgalement pour la Grande-Bretagne ne peut r66qui-
per et noderniser son industries pour 1950, avec I'aide
des prits americains, les deux pays condamneront les
generations futures A des travaux excessivement durs
dans des industries fonctionnant mal et que les ouvriers
frangais et brilanniques devront travailler trois ou qua-
tre heures pour effectuer ce qu'un ouvrier amiricain
peut faire en une heure avec l'outillage moderne.
Le ministry des Affaires 6trangBres britannique et
1. Monnet pensent que les Etats-Unis doivent mainte-
nant pri:er des dollars a l'Europe pour r66quiper son
industrie de fagon .que l'Europe puisse obtenir des 'dol-
iars sur une base equitable en 1950, sinon avant.
Le d6sir impatient de M. Bevin d'accepter l'invitation,
faite par M. Marshall, de dresser la liste des besoins
europ6ens, est en rapport avec la n6cessit 'de r6s-oudre
d'urgence les probl6mes qui se posent a nous. Les pays
d'Europe ne pourront se reliever que s'ils s'aident r6ci-
proquement et se relbvent ensemble.
Une scission de 1'Europe en deux ne ferait que pro-
longer notre p6nurie de bois et de degrees alimentaires,
q'ue pourrait nous fournir 1'Europe orientale, et en me-
me temps 1'Europe orientale continuerait a manquer des
machines et de l'6quipement que nous pourrions lui
procurer.
M. Bevin desire s'assurer que les progrbs de la con-
f6rence ne seront pas entrav6s par des difficulties de
procedure. II veut r6ussir dans cette tache et obtenrr les
dollars don't l'Europe occidental a besoin pour rester
solvable.
Mais si 1'Europe veut rester sur le m8me plan que
I'AmBrique et ne pas devenir sa pupille, elle dolt re-
irouver son united conomique fondamentale, les pos-
sibilitis agricoles de 1'Est completant les possibilities
industrie!les de I'Ouest. Alors, avec l'action de M. Bevin,
le plan Monnet et la collaboration de M. Molotov, 1'Eu-
rope pourra affronter ses cr6anciers.

(MAURICE EDELMAN.)

2. Times (1/7) :

t Le Chancelier a fait remarquer que le gouverne-
ment ne pouvait pas pren'dre de decision definitive au
sfjet dou programme d'importations pour l'annee en
course < pendant que les discussions actuelles continent
sur la situation economique genera!e de l'Europe ,. II
est difficile d'accepter sans inquitude la proposition






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS STRANGlRE 3


dl'ajo'urner I'adoption de measures de restriction dans
les importations parce qu'on espbre recevoir une nou-
velle aide flnanci6re americaine. La majeure parties de
1'aide am6ricaine qui pourrait etre fournie servirait cer-
a tainement a reconstituer les socks et A re'qu:per les
pays d6vast6s par la guerre, y compris 1'Allemagne, oui
industries e n'a pas encore pu atteindre un niveau de
production maximum ou Id'utilisation total de la main-
d'oeuvre. L'Angleterre peut esp6rer qu'elle n'aura plus
A fournir des dollars A 1'Europe en les pr6levant sur ses
propres reserves. Mais, semb!e-t-il, e'le ne devrait pas
tiop esp6rer obtenir elle-meme une nouvelle aide ame-
ricaine pour retablir 1'6quilibre de sa balance commer-
ciale.
Il est exact qu'il n'existe aucun moyen satisfaisant
de sortir de cette situation, si ce n'est 'un accrois-
sement de la production et des exportations. A ce point
de vue, on pourrait etendre tooute l'indus'rie la portee
de l'allusion faite par le chancelier, qui a signal qu'une
quantity plus grande de textiles serait r6serv6e A l'ex-
portation et que cette augmen'ation devrait Atre com-
pens6e par un accroissement de la production. Mais,
comme l'exp6rience I'a d6iA montre, tun acfroissement
de la -production ne s'obtient pas simnlehient parce
qu'on l'espere ni mime par des exhortations. >>

3. DarKy He'kaId (1/7, travailliste) :
< Le mon'de se relive des ruines de la deuxi6me
guerre mondia.e encore plus lentement que ne I'avaient
pr6dit beaucoup des prophbtes les plus prudents.
L'Europe rest pour des raisons economiques un
pays di6vast6. La majority des populations de gran'ds
spaces asiatiques se trouve dans un terrible besoin. Les
prix mondiaux des denrees a'imentaires et des ma-
iieres premieres sont tres l6ev6s. Et le manque 'de nour-
riture, de machines et de matibres premieres se com-
plique d'une p6nurie de dollars, si bien que les pays
n6cessi;eux n'ont pas les moyens de se procurer en
Aminrique of la production s'accroit les choses
essentielles au redressement 'de leurs economies ruinbes.
Certaines measures ont WtA prises measures tempo-
rair'es comme la creation de I'U. N. R. R. A. et
measures A longue chancene come la creation d'orga-
nismes tels que la Banque Mondiale,pour remidier a
cette situation. Mais 11 est n6cessaire de prendre d'au-
.tres measures urgentes, et les propositions 'de M. Mars-
hall, actuellement discut6es A Paris, fournissent une
occasion d'apporter une aide ourgente, A l'Europe tout
au moins.
En attendant, le bon sens demand que la Grande-
Bretagne fasse ce qu'elle peut pour se tirer d'afl'aire
elle-meme, et les nouvelles restrictions sur les impor-
tations britanniques annoncees hier par M. Dalton cons-
tiluent une measure inevitable pour y parvenir. >

4. Daily Telegraph (1/7, conservateur) :
< En imputant nos difficultiess A l'augmenlalion idu
prix des denrbes a'imenlaires et A la lenteur du reli-
vement de 1'Europe et de 1'Asie, le Chancelier a fail
entrer en jeu 'un facteur qui echappe au con:r6'e gou-
vernemental et un autre facteur qui n'a rien a voir
avec la question. Ces deux 616ments soat tout aussi
commodes que les conditions mitiorolog!ques I'tlaient
pour M. Shinwell, en ce sens qou'ils 'd ournent l'atten-
lion du facteur qui est ou qui devrait etre sous le con-
trole du gouvernement, .savoir que nos propres ex-
portations, en particulier cel'es qui ont < faites a
destination des pays ayant une monnaie solide, n'ont
pas atteint le niveau qui 6tait rAclam6 par le Livre


Blanc sur l'6conomie Cependant, le Chancelier s'est sa-
,iment abstenu de faire nailre l'espoir 'd'une solution
pius facile en s'appuyant sur e plan Marshall, qui dB-
pend encore de trop d'impond6rables pour pouvoir Le-
nir sa place 'dans un budget.
11 est clair, cependant, que les economies annonc6es
par M. Dalton ne contribueront que d'une fagon inhime
a combler le deficit. Nous sommes piesque sous le coup
d'une cruise que tout homme sensi8 a vu venir depuis
la fin du pret-bail, et cependant le gouvernement n'a
rien trouv6 de mieux pour y rem6dier que 'd'adop:er
des measures inspirees par 'a panique en modifiant lgge-
cement notre programme d'importation. >

5. Daily Wlorker (1/7, comimuniste)
,< Le grand pret americain devait nous permeltre de
vivre jusqu'en 1950, et peddant cette periode nous ae-
vions reme.tre del'ordre chez nous A la suite des ra-
vages de la guerre, avec 1'aide du materiel americain.
Tcile 6tait la promise qui nous dtait faite, mais sa
realisalion a 6tC tout A fail difference.
Quelle altitude .le gouvernement a-t-il l'intention
'd'adopter ? Tout bien pes6, il semble que le gouverne-
ment attended de nouveaux credits en doAlars, mais ceux-
ci ne feraient q'u'ajourner la cruise et ne la r6soudraient
pas, A imoins que l'on prenne 6galement des measures
urgentes A l'in.6rieur. Le people attend une action
claire et 6nergique.
Malgri toute sa richesse et toute son arrogance, I'AmA-
rique est oblige de fire du commerce avec la Grande-
Bretagne; elle a tout autant besoin du march euro-
pCen que l'Europe a besoin des dollars ambricains Si
la Grande-Bretagne prend fermement position aux cS-
t6s de l'Union sovi6t;que 'dans ces moments decisifs
de la Conference de Paris, il devrait Stre possible de
parvenir A un accord profitable pour toules les na-
tions. >



1. PIIESSE AMEHIIIAINI


Revue de la pressed. amenrieine du 30 jluin 1947

1. Confarence de Paris

La press dominicalc et la press de lundi annonccnt avec
des titres important en premiere page que la Conf6rence
de Paris est voude A un Achec si les Russes maintiennent
1'altitude qu'ils ont adopt6e et qui a Wet dbfinie par un'e
information Toss raddioffuse e de Moscou. La press de
lundi justific cs titres principalement par une depeche de
l'Agence Francaise .de Presse largement reproduite sous la
signature" IT. P. dans les journaux americains abonn6s
a cc service.
Les Mditoriaux des New York Times et Nelw York Herald
Tribune, consacr6s i !'exposu4 du point de vue russe fait
par 1'Agcnce Tass, reprochcnt MIoscou d'emp&cher la
cooperation Aconomique inter-europeenne qui 6tait h la base
d'l plan Marshall. Le premier dit, notamment, que 1'Europe
doit faire un effort de coordination de' son economic si elle
veut b6neficier de l'aide amAricaine et ajoute qu'"au con-
traire, comme l'a rev61A le correspondent du New York
Timr 's I Paris, Calrcnder, et come il a Rt6 confirmA par
I'Agence officielle Tass, la Ru:;sie rejette categoriquement un
e progrnamme economique compr6hensif pour 1'Europe,
come I'avaient envisage les puissances occidental-es, et elle
insisted pour C 'i r e pr-ograimm soit appliqud sur une base
strictcment national >.
Le New York Herald Tribune Ecrit, de son c6bt, que les
Russes proposent que la Confirence de Paris se borne A
estimer les besoins de 1'Europe ct h 6tablir dans quelle






% BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS RTRANGERE


measure les U.S.A. peuvent satisfaire ces besoins. (Voir Par-
ticle plus loin.)
Frapp# du raidissement des attitudes frangaise et :inglaise,
d'une part, et de 1'attitude russe, d'autre part, Padoer, l'un
des dditeurs de P.M., signed un editorial r6clamant que le
gouvernement americain se montre conciliant, disant notam-
ment qu'un changement dans la position des Soviets est
aussi possible qu'un changement de. 'opinion publique ame-
ricaine et du Congres. Les U.S.A. ne doivent pas toInber
dans le piege de l'inflexibilite. Trop d'Americains influents,
malheureusement, font montre, d'un dtat d'esprit se:nblable
A celui des Russes.
Une depeche rKuh de Paris au meme journal note quc
la Russie a indiqu, clairement qu'elle s'attend a ce que
l'Europe oriental, et en particulier 1'Union Sovietique,
regoive la priority num6ro un pour la distribution d:' 'aide
americaine a grande echelle qui serait apportie a la recons-
truction europdenne.
Les autres correspondents de Paris, en particulirr Cal-
lender, indiquent que la Conference des Trois approche
d'une decision finale et que l'impression produite parmi les
Britanniques et Frangais etait que M. Molotov, en acceptant
de venir h Paris. n'avait d'autre but que de ralentir leurs
efforts de coordination de 1'econcmie europeenne.
Die son c6te, Anne McCormiok 6crit dans le Newi York
Times que, les informations pessimistes qui viennent de
Paris indiquent elairement que M. Molotov souleve dc fortes
objections, mais comment peut-il torpiller le plan sans
assume la responsabilit, de briser les .espoirs des nations
europ6ennes et surtout des satellites des Soviets et sans
reconnaitre que la seule Russie cst h bla.mer pour la para-
lysie economique de 1'Europe ? Cette journalist ne 'rpond
pas a cette question, mais elle admet que le dilemme qu'elle
pose pour la politique sovietique est de premiere impor-
tance, car l'opinion publique est partout avertie des cnjeux
de la Conference de Paris.

2. Bombes atomfques
La press reprend une declaration de M. Hutchins de
l'Universit6 de Chicago qui vient d'annoncer que les U.S.A.
out one quantity de bombes atomiques su'ffisant'.s pour
d6truire touts les villes principles du monde. Par ailleurs,
la press reprend 6galement une declaration du < Comite
extraordinaire des savants de 1'atome > soulignant les dan-
gers que present pour le monide l'accumulation de bombers
atomiques et qui propose la creation d'un < government
super-national > don't les pouvoirs seraicnt suffisants pour
assurer le maintien de la paix.

3. Indes nderland~aises

Des d6peches de Batavia annoncent qu'une intervention
americaine in extremis a permits aux re'presentants indo-
nssiens de reprendre des negociations qui etaient sur le, point
de faire place a des operations -militaires hollandaises diri-
gees contre eux. L'ordre d'attaque general avai.t de'ja ete
donned par les H.ollandais et la remise du message am6ricain
a entraino un contre-ordre immddiat. De Washington, on
precise que le consul americain i Batavia avait regu des
instructions generales lui demandant d'encourager les deux
parties a cooperer a la formation d'un gouvernement federal
int6rimaire. On indique que le gouvernement a.miricain se-
rait prEt a envisager une aide financirre a 1'Indondsio si un
gouvernement suffisamment stable pouvait etre 6tabli.
Le New York Times precise que la politiquc des U.S.A.
consiste a encourage les elements mod6res en Indon6si, afin
d'eviter une action militaire qui mettrait aux prises les
Hollandais et les forces indonesiennes.

4. Le discours du gninral de G dlue
Le discours pronon.c par le general de Gaulle a Lille est
pub'ie en premiere page des principaux journaux americains,
qui annoncent, avec de gros titres, que le general s'est pro-
nonce pour une liaison 4troite de la France avec les U.S.A.
Ses references A expansion du communism et a la rivalite
dangereuse existant entire 1'Union Sovietique et les U.S.A.


sont dgalement relevees par les correspondants americains
A Paris.
Aucun commentaire on editorial n'est encore consacre a ce
discours.

5. La situation inti'ieure franvaise
Des depeches adressees .au New York Times signalent que
les communists cheirchent A rentrer dans le gouvernement
fa'anais et qu'ils promettent de mettre fin aux graves si
lcur participation gouvqrnementale est assure.
Une dep&che Warren note que les socialists sont divises
par cette offre communist, que le M. R. P. s'oppose h laisser
revenir les communists au pouvoir et que, par ailleurs, de
nombreuses rgreves continent A mettre en danger l'economie
du pays.
En derniere here, des depeches de Paris publient les. d-
clarations Ide M. Depreux annongant la decouvefte d'un
complot centre la Republique et l'arrestation de personnalites
militaires ayant collabore avec le mar6chal Pdtain. Ces de-
p&ches pricisent que le. complot ne met pas en cause le R.P.F.

LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE.

1) New York Herald Tribune (30/6).

e. La d6claratiofn de l'agence Tass relative au point de
vue russe sur les objectifs et les limitations de la Con-
ference de Paris n'est peui-4tre pas surprenante. Mais
cette declaration, 6tant donn le moment et la facon
don't elle a et6 faite, a donn6 l'impression de ruiner
les espoirs iqu'avait fai4t nailre le plan Marshall. Car si
la gravity de la situation en Europe ne persuade pas
M. Molotov de modifier sa position, il est evident qu'il
y a peu de chances que la Russie participe A cette r6-
organisation du continent qui est necessaire si le plan
Marshall doit r6ssir.
Les Russes proposent que la Conf6rence de Paris se
borne ai valuer les besoins de 1'Europe et a savoir ce
que les Etats-Unis sont pr6ts a donner pour faire face
a ces besoins. Leur reaction d6favorable i 1'lgard .de
tout programme 6conomique g6n6ral, leur insistence A
souligner que les affaires 6conomiqques int6rieures doi-
vent t1re tranch6es par les peuples souverains eux-
memes, mne laissent guore esp6rer la collaboration d(
la Russie dans un plan europ6en de reconstruction.
Le fait qu'un programme economique europ6en -
qu'il soit g6ndral ou un peu plus limit serait tune
bonne chose pour le continent lui-meme en dehors m6me
de I'aide que les Am6ricains pourraient apporter semble
.avoir 6chapp6 a attention du Kremlin. Peut-6tre les
dirigeants russes sont-ils tout A faith satisfaits du d6ve-
loppement .de leur propre sphere economique en Eu-
rope oriental; il est evident qu'ils semblent prendre
en mauvaise part tous les efforts d6ployes pour faire
renaitre l'economie g6enrale de 1'Europe si elle im-
plique un changement du plan quinquennal russe dans
I'intlret des voisins de la Russie.
Les Etats-Unis n'ont fait d6pendre leur aide d'au-
cune condition, si ce n'est qu'elle puisse 6tre efficacy.
L'appreciation de 'efficacit6 de n'importe quel plan
amAricain soulivera certainement des probl6mes. Mais
le programme russe, si on peut l'appeler ainsi, ne tient
aucun compete de l'id6e fondamentale du plan Marshall.
Un simple inventaire de ce don't les divers Etats euro-
peens pensent avoir besoin est loin d'un effort com-
mun europden, loin de ce que proposent la Grande-
Brelagne et Ja France. Do toute evidence ou bien les
Russes devront 'modifier leur attitude, ou bien 1'Europe
devra s'organiser sans eux. Les consequences de ce
choix sont excessivement importantes mais l'Europe,








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGfeR n


6tant donnni la gravity de sa situation, ne peut se con-
lenler de demi-mesures ni tol&rer .des atermoiements ,.

2) New York Herald Tribune (1/7, ed. europ6enne).

( Avant longtemps le salut de 1'Europe sera le pro-
blrme essential de la politique am6ricaine. Un pro-.
gramme immense et onereux pour mettre un terme a
une nouvelle expansion vers l'Ouest de la sphere sovi6-
lique, en restaurant la situation 6conomique et politique
de 1'Europe, est acluellement en course de preparation
au D:6partement d'Elat. Etant donn6 que le temps
press, ce programme sera presque certaiinement pr6-
sent6 au course d'une session sp6ciale du Congr6s.
Ii n'est plus du tout question que Ie gouvernement
permette qu'un d.sastre se produise par d6faut. La
gramme du gouvernement en vue d'6viter un d6sastre
sera approuve par le Congr6s et par le pays.
A l'heure actuelle les perspectives semblent sombres
etant donn6 que le pays n'a pas 6tM averti de ce qui se
prepare a 1'6tranger tandis que la plupart -des mem-
bres du Congris semblent convaincus qu'on est en 1920
au lieu de 1947. Cependant, certain facteurs inclinent
A l'optimisme.
Tout d'abord, la del6rioration graduelle du m6ca-
nisme de la politique 6trangere bipartite (sans laquelle
on ne peut rien faire) a R6t arrit6e par Je secr6taire
d'Etat Marshall. Un autre indice qui donne de I'espoir,
c'est la facon don't le programme du gouvernement est
pr6par >.,
(Joseph et Stewart ALSOP).




III. PRESS SOVIETIQUE



Revue de la press sovidtique des 29 et 301 juin 1947

1. Le plan Marshall

To-us les journaux de dimanche publient un long thle-
gramme du correspondent special de l'agence, Tass a Paris'
exposant Ic point 'de vue sovietique sur les tAches et les huts
de la Conference. (Voir annexe.) La Pravda du 30 public
en vedette une court d6peche de Paris i propos d'u dejeuner
offert h 1'Elysee par M. Vincent Auriol en l'honneur de
MM. Molotov et Bevin.
Tout un ensemble 'de nouvelles concerns directement eI
plan Marshall et les discussions auxquelles ii done lieu :
resume d'un article du Daily Worker sur les conversations
Bevin-Clayton; t6l6gramme de New-York a propos des con-
versations de 'M. Clayton A Londres et d'un soi-disant accord
angl'o-am&icain pour r4gler la question du p'an Marshall
en dehors de I'O.N.U.; de Londres, un communique Renter
announce I'intention, du Congres des U.S.A. de demander
des informations h M. Marshall.
La Prava du 30 resume I'information de France-Presse
sur la note yougoslave au gouvernement frangais pr6cisant
I'attitude yougoslave A 1'gard, des conversations de Paris.
Deux autres t6legrammes de I'agence Tass traitent des
possibilities et de la nature de l'aide am&ricaine. Deux tBle-
grammes de Stockholm donnent des .extraits de la press libe-
rale suddoise sur les inconvynients 'de l'accord commercial
am6ricano-suedois.

2. La lutfe pour la dtmocratie

Ce sont les evenements et les nouvelles de France qui
intdressent le plus la press slovietique. Tous les journaux
reprbduisent une, d6pcehe Tass de Paris sur I'extension du


movement de gr6ve et la menace de rise ministirielle. La
depeche fait etat des declarations de Libdration et de 1'Hu-
manitd. Une autre dip&che dans la Pravda du 29 resume le
discourse de M. Raymond Guyot au congres de Strasbourg, et
la Pranda du 30 rend compete sur trois colonnes de la der-
nitre seance du IIl Congrrs du parti communist frangais,
publiant un resum6 substan'tiel des discours de MM. Duclos
et Thorez.
Les Izuestia, sous le titre < Un livre sur de Gaulle , pu-
blient un compete rendu 'de l'ouvrage de M. de Kerillis,
De Gaulle dictateur. Le journalist qui signe l'article se garde
d'ajouter foi h tout ce quedit M. de Kerillis. t Il s'en faut,
dit-il; que tout mdrite une attention particulibre. On dolt
border cet ouvrage de fagon tres critique. Ndanmoins, il
present un certain inter&t pour d.masquer la MIgende de
de 'Gaulle forg'de par les rdactionnaires francais. >> Apres
avoir rappele quelques traits de la personality de de Gaulle,
le journalist retient quelques passages du livre de M. de
Kerillis : role de la Cagoule, cas de Jean Moulin, cas de
Jules Romains. It insisted tout 1particulierement sur l'attitude
du general de Gaulle i l'egard de 'U. R. S. S. II conclut par
quelques mrots sur 1'dchec du P.R.L. : c Les nouvelles prou-
vent que les tentatives de de Gaulle sont accueillies de plus
en plus fraichement, mnme dans les milieux qui, pendant un
certain temps, se sont trouves sous l'influence de la legende
de de Gaulte, chef du Mouvement de Resistance >.
On relive parmi les autres nouvelles : cl6ture de la session
de la Diete polonaise; 'discours de Dimitrov au CongrBs des
syndicats des cheminots et marines lulgares; croissance du
parti communist italien-; actes antidimocratiques du gou-
vernement turc; groves des cheminots de Bombay; operations
militaires en Indonesie.

3. La politique des U.S.A.

La nouvelle de politique extdrieure mise en vedette est
l'adresse du DIpartement d'Etat i la Rl publique indond-
sienne lui demandant de collaborer sans retard avee le. gou-
vernement hollandais et de creer r u gouvernement provisoire.
Dans l'Etoile Rouge, une note de Petrovest est consacrde
A un article de George Elliot sur la situation au Spitzberg
dans lequel le journalist amdricain accuse 1'Union Sovie-
tique de violer la souverainet6 de la Norvlge. Le. journalist
sovidtique rdplique en affirmant que toute I'histoire du
Spitzberg 6tait n6cessaire pour d6tourner attention de l'opi-
nion pub:ique mondiale de la pression exercee par les U. S. A.
sur le Danemark.
Parmi les nouvelles de politique interieure, la press sovid-
tique announce les poursuites intenties par les U. S. A. contre,
les organizations et les militants progressistes et precise la
position des syndicats amdricains en face de la loi Taft-
Hartley.

4. Nouvelle diverse
La Pravda du 29 public un long compete rendu des der-
nitres seances *du Conseil de Securitd. On relive en outre :
ouverture de la 69" session de la Kommandantur allide de
Berlin; transfer en Angleterre de-personnes d6placees; dB-
menti de l'Agence tleigraphique albanaise de la nouvelle
d'Athenes selon laquelle les batteries cotieres albanaises au-
raient tired sur un navire grec dans le ditroit de Corfou;
travaux de la commission mixte sovidto-finlandaise de fixa-
tion des frontieres.



IV. PRESS BELGE


LA SITUATION INTI.RIEURE EN FRANCE I(Nabinl Belge,
1/7) :

La situation g6nral.e n'a jamais At6 aussi ,s6rieuse
en France depuis la LibBration. Jamais, depuis cet AvB-
nement memorable qui versa au coeur .de tous les Fran-







6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


cais les espoirs les plus fous en l'avenir, les citoyens de
ce pays n'ont eu autant de raisons de s'interroger avec
anxikt6 sur les perspectives qui les attenident.
L'agiiation politico-sociale suffirait A elle seule A jus-
tifier le pessimism avec lequel on envisage aujourd'hui
l'avenir du cabinet Ramadier. Mais il y a plus grave.
M. Ramadier preside une formation compose de radi-
caux (Rassemblement des Gauches), de M.R.P. et id'e so-
cialistes. Or, une fraction important de son parti lui
reproche de glisser A droite, et serait prdte A I'abandon-
ner pour permettre aux communists, don't les socialis-
tes extr6mistes redoutent l'activit* et la propaganda d6-
magogique, de faire leur rentr6e cdans les conseils du
gouvernement.
Contre ces menaces, M. Ramadier ne peut plus guere
computer sur la fidelit. du parli S.F.I.O. Il ne pent pas
davantage opposer A l'agitation actuelle une popularity
que les derniers projects financiers ont fortement enta-
m6e. Faut-il en conclure que sa chute est inevitable a
plus ou moins br6ve 6ch6ance ?
Il est peut-ktre un pen t6t pour hasarder semblable
pronostic. II reste, en effet, A M. Ramadier un a out :
la repugnance du M.R.P. A se prkter A une. nouvel e ex-
p6rience de tripartisme avec les communists. Cc ,qui
revient A dire que les idifficult6s de la succession peu-
vent inciter .au dernier moment les 616ments indiscipli-
n6s de la S.F.I.O. A recuder devant les perspectives
d'une crise sans issue qui pourrait pr6cipiter la France
dans P'aventure. C'est pr6cis6ment parce qu'ils le com-
prennent que les amis de M. Gazier et M. Gazier lui-
meme ont h6sit6 mercredi dernier A pousser leur offen-
sive et ont accept le renvoi de I'interpellation A la se-
maine prochaine.
Cet atout est A vrai ;dire fragile. II ne tiendrait guere
.devant les graves incidences financieres qu'une' politi-
que de faiblesse ne manquerait pas. de provoquer. Et
1'on ne voit pas bien comment M. Ramadier pourrait
aujourd'hui revenir A la politique contraire, celle de la
fermetl irreductible, la seule qui puisse assurer A la si-
tuation finan.ciere de la France une stability d'ailleurs
relative.
(Du correspondent particu]ier
de la Nation Beige)


V. PRESS SUISSE


LA SITUATION INTIERIEURE EN FRANCE (Tribune de Ge-
n&ve, 30/6) :
On parole d'un 6ventuel remaniement du cabinet; M.
Ramadier se siparerait des ministres avec lesquels ii
est en d6saccord et .compl6ter.ait son ,6quipe avec quel-
ques collaborateurs nouveaux. Cette solution serait
peut-ktre preferable au maintien .de la discorde ac-
tuelle qui amenuise Idangereuselment 1'autorit6 du gou-
vernement.
Mais ce raccommodage suppose un large appui de
l'Assemblee. Et cet appui est-il assure ? II y a *eu beau-
coup de flottement, ces derniers jours, dans les grou-
pes de la majority. On dispute aussi la possibility d'un
retour des communists au pouvoir. Cette hypoth6se ne
dolt nullement 6tre exclude. Les efforts de 1'extrmme-
gauche tenident a la r6aliser et l'on n'ignore pas qu'elle
a de gros atouts dans son jeu.
Mais M. Ramadier ne pourrait pas facilement rouvrir
aux ministres communistss la porte qu'il a fermbe der-
riere eux. Une telle combinaison supposerait done un
changement de pilote. On salt en outre que le M.R.P.
est peu enclin a reprendre, surtout A proximity des
elections municipals, une collaboration avec le parti
de M. Thorez. Certains observateurs ajoutent du reste
que la participation des communistes au pouvoir ne
changerait plus grand'chose A l'heure actuelle, I'exp6-
rience ayant prouv, que les grandes organizations ou-
vrieres, of l'extr&mne-ga'uthe A la haute main, se trou-
vent pratiquement d6bord6es elle-memes par les reven-
dications sociales. Autrement dit, le retour des commu-
nistes n'abregerait pas n6cessairement les groves.
On se trouve inconteslablement A un tournant diffi-
cile. M. Ramadier, cependant, n'a pas dit son dernier
mot et 1'on ne saurait oublier qu'il a djA,, depuis six
mois, surmont6 nombre d'obstacles. Riussira-t-il cette
fois encore ? Cela se peut. Mais tout d6pendra en
some des reactions du Parlement. La semaine qui
s'ouvre sera probablement decisive.
(Du cbrrespondant A Paris
de la Tribune de Gen.ve.)


N.-B. Le lexte official des propositions britaniniques n'avait pas 6tM idistiibui 6 l'heure oil nous met-
tions sous press.


S. P. I. Imp., 27, rum Nicolo, Paris 31.3009
f


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Prix : 6 francs.




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