Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: July 1, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00127
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINIST IE DE LA JEUNESSE,
D ES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8*)


LA DOCUMENTATION FRANCAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS


BULLETIN



DE PRESS


QUOTIDII



ITRANG


1" juillet 1947.


Nouvelle 6Srie N 706


SOMMAIRE
--------

I. PRESS BRITANNIQUE.
Autour de la Conference de Paris.
1. Observer (29/6).
2. Sunday Times (29/6).
3. Times (30/6).
4. Daily Man (30/6).
II. PRESS AMERICAINE-
a) La reconstruction de 1'Europe.
1. New York Hemlad Trizlbune (29/6, edition eu-
ropeenne).
2. New YoLak Herald Tribuwne (28/6).
b) AprBs l'adoption de la nouvelle 16gislation ou-
vriere aux U.S.A. (New York Herald Tribune,
29/6, edition europeenne).
III. PBESSE SOVIETIQUE.
IV. PRESS SUISSE.
La Conf6renoe .de Paris.
1. Tribute de Geneve, 28-29/6.
2. Gazette de Lausanne, 29/6.
3. National Zieftmng, 28-29/6.


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 29 juin 1947
1. La Confdrence de Paris
Par suite du caractere secret des conversations des trois
ministres, les journaux en sont en gdndral r6duits A faire
des hypotheses sur le course que prennent les negotiations.
L'Observer signal que, selon certLins bruits, non confirms
du reste, M. Molotov aurait rejetd les propositions anglo-
frangaises tendant A l'6tablissement d'un Conseil d'experts
et aurait insist pour que la question soit renvoyde aux
organismes comp6tents des Nations Unies.
Le meme journal signal cependant que dans les cercles
bien informs on fait preuve d'un certain optimism et que
l'on pense que la Conf6rence s'ajournera A mardi apres
avoir don.ni aux experts an plan sur lequel ils pourront
travailler. Le correspondent diplomatique du meme journal
insisted sur l'importance de la conference de press qu,'a
. te hier Gen6ve M. Myrdal et note le ton passionn6 du
r e la Commission conomique europdenne
'laquelle il a difendu le principle d'un



15b


renvoi aux Nations Unies de l'ensemble de la question
Marshall. Pour l'Observer, la declaration de M. Myrdal con-
firme indirectement les rumeurs selon lesquelles le r6ie que
la Commission 6conomique europkenne serait appel6e a
joner figurait en tate de l'ordre du jour de la reunion des
trois ministres. Le corresponaant aux ,Etats-Unis de l'Ob-
server cite le s6nateur Fulbright; celui-ci aurait d6clare hier
qu'il ne fallait pas oublier que M. Clayton avait suggere
que l'Union Sovietique devrait bien plus secourir 1'Eu-
rope que de s'attendre A 6tre secourue elle-m&me.
Le Sunday Times assure que I'Angleterre veut aboutir A
une decision sur les propositions Marshall au plus tard en
aoWt. Les reductions d'importations en provenance de la
zone dollar au cas oh les conversations de Paris n'abou-
tiraient pas ne peuvent, en effect, &tre differences au delk de
cette date. Son correspondent A Paris faith ressortir que cette
fois on a rdussi I maintenir un secret 'absolu' autour de
la Conference et que, pour employer Fexpression de M. Be-
vin, on a trouve un plombier capable d'etencher les fuites
diplomatiques. Ce correspondent fait egalement remarquer
qu'au dejeuner offer par M. Vincent Auriol aux trois mi-
nistres des Affaires etrang&res, l'ambassadeur d'Amerique
a et6 invite. Le correspondent diplomatique du meme Jour-
nal montre que M. Bidault tient dans cette conference une
position-cl. Ce n'est sans doute pas par hasard, ajoute-t-il,
que M. Molotov est arrive A Paris 24 heures an advance et
qu'il a eu un long .entretien avec le ministry des Affaires
dtrang6res frangais. Ce correspondent va mime jusqu'A sug-
g6rer que MM. Molotov et Bidault peuvent, en se mettant
d'accord, mettre M. Bevin dans une position difficile.
Dans une manchette sensationnelle, le People n'hesite pas
a parler de 1'6chec de la Conf6rence.

2. Troubles sociaux en France
Les journaux relevent tous que les mineurs reprendront
le travail en France lundi, mais s'inquietent de constater
l'effet paralysant que peuvent produire sur l'6conomie au
pays les aautres graves qui soht encore en vigueur. Le cor-
respondant du Sunday Times rappelle qu'a Strasbourg ies
leaders communists ont demai.dd avec insistence ieur
retour au pouvoir et note qu'il n'y a pas en France une
majority parlementaire marxiste. Selon le meme correspon-
dant, les Bvenements auraient r6cemment prouve que c'est
le contrl6e des syndicats et non une majority parlementaire
qui imported, il assure que la ddmocratie des masses tend
A remplacer la democratic representative. Le correspondent
de l'Observer, tres pessimiste, parole des differences d'opi-
nion au sein du cabinet francais sur les remedes l adopter
pour reliever l'bconomie. I1 va jusqu'A compare la France
de 1947 A l'Allemagnc de 1932. 11 n'y a aucun doutc que
1'atmosphbre de cynisme et de d&goft constitute une menace
pour 1'6difice social et politique de la IV, R6publique, crit-
il. Ce correspondent parole 6galement du courage avec ]equel
M. Ramadier s'oppose A la pression communist, mais pense
qu'il n'est pas impossible que le Conseil national socialist
de mardi prochain exige la demission du president du
Conseil.







2 BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS ATRANGARE


3. Inde

Les journaux font ce martin le point sur Ia question des
Indes et sur la fagon don't le plan Mountbatten se realise
progressivement. Le correspondent du SundaU Times pense
que 1'Hindoustan se donnera une constitution analogue a
celle de la Grande-Bretagne. 11 I-ense egalement que Lord
Mountbatten sera a partir du mois d'aolt prochain gou-
verncur gdenral, a la fois de 1'Hindoustan et do Pakistan,
mais qu'au debut de Pan prochain, c'est-a-dire aussit6t que
la separation sera un fait accompli, la Ligue Musulmane
exigera fn gouverneur gdndral pour le Pakistan seul. L'Ob-
server constate avec inquidtude que le plan Mountbatten
se rdvdle difficile d'ex6cution en ce qui concern la provinate
du nord-ouest. Abdul Chaffar Kihan, chef des c Chemises
rouges :, probablement inspired par Gandhi don'tt il fut le
compagnon inseparable lors des dernidres nbgociations), a
decided de boycotter le referendum qui dolt avoir lieu cette
ann6e et de demander la creation d'un Etat autonomy du
Pathanistan. Le m&me correspondent estime que le-s leaders
du CongrBs, s'ils veulent rester logiques avec eux-memes,
auront du mal, dans bes conditions, a refuser 'autonomie
an Travancore s'ils encouragent les congressistes A recla-
mer la leur.

4. Conference des Trois

L'ensemble de la press souligne les divergences de vues
qui existent entire I'U.R.S.S...la France et la Grande-Bre-
tagne sur la conception m4me du plan gdndral de redres-
sement. Certains journaux annohcent que les t ois puis-
sances soot i divides ), d'autres qu'ellcs se trouvent aans
une impasse, d'autres enfin qu'un compromise est encore
possible.
Le correspondent special du Timrs rappelle que 1'oppo-
sition des thises en presence a Ite revedle par une longue
d6peche de l'Agence sovidtique ol;cielle, bien qut les trois
minist'es aient ddcidd de tenir !curs ndgociations secretes.
Le correspondent rappelle les terms de la depe6he Tass
qui reproche au plan franco-brltannique dintervenir dans
les affo res ear:iculidres des EtaLs.
Cette ddepche refi6te l'attitude adoptde par M. Molotov
au ours des deux premieres sdences, derit le timess qui
ajoute que MM. Bidault et Bevin ne peuvent manquer d'es-
timer qu'une lelle attitude dimiilnera les chances de reali-
sation du plan Marshall. Peut-:tre les plans occidentaux
out-ils dte audacieux, mais ils out dti diabores a laI lumi6re
de la situation europeenne pour montrer l'Amdrique qife
1'Europe avait l'intention de s'aider ,elle-mIme. En outre,
le journal de la cit6 estime cue 'Agence Tuss exag6re leur
portee. Ils ne proposent pas une unite complete de l'Eu-
rope. mais simplement un mdcanisnme propre & l'emploi plus
complete et plus efficace des products et services essentials.
Le correspondent diplomatique du Manchester Guardian
estime, pour sa part, qu.e cette modest atteinte A .a souve-
rainetL de chaque Etat constitucra un problmne d6licat
entire les ministres, car on voit nial comment- ce plan pour-
rait dtre efficace si on ne pravoit une direction et an con-
trble internationaux sur le principle de la production et des
resources. D'autre part, il consiuore que l'opposit;on mise
par les Russes a une 6tude du probl6me allemand a I'heure
ac'te le constitute une grosse difficult, car il ne volt pas
comment on pourrait etablir un plan pour I'Europe sans
tenir compete de 1'Allemagne.
Le correspondent politique du Daily Telegraph dcrit de
son c68t que si la depdche de 1'Agence Tass reprdsente vrai-
ment la politique et le poi'ntde vue sovi6tiques, ct cela est
presque certain, alors il semble que les chances d'une par-
ticipation sovietique au plan amdricain soient faibles.
Le correspondent du Daily Express envisage la pcssibilitd
d'un 6chec de la Conf6rence; il pense que dans le Cas d'un
echec, les propositions americames ne serasent pas pour
autant reietees. Les gouvernements frangais et britanniques
seraient prdts, selon lui, a faire tout Icur possible pour
amener les autres pays d'Europe a tirer un parti maximum
de l'aide am6ricaine. Le gouvernement sovidtique pourrait
presenter son propre plan.
W. N. Ewer, du Daily Herald, estime que si les Soviets
persistent dans leur attitude actuelle, la Confdrence pouTra
tr&s bien ae trouver dans une impasse, mais il socligne


d'autre part que certaines difficulties que l'on avait privues
ne se sont pas pr6sent6es.
Ainsi l'on craignait que M. Molotov ne, demand que I'Al-
lemagne figute a l'agenda de la Confdrence; mais pr6tendre
l'exclure toial-nlent est aller trop loin dans 1'autre sens,
estime ce correspondent qui *voit mal comment la France,
par example, pourrait faire 1'inventaire de ses besoins sans
mentionner ct qu'elle csp&re obtnnir de l'Allemagne.
La plupart des journaux donnent une analyse trds *dd-
taillee de la ddepche Tass et 6tudient les reactions qu'elle
a causes dans diffdrents pays.
Le correspondent du Manchester Guardian a New-York
declare que les Amdricains s'inquietent vivement de la tour-
nure prise par la Confdrence et des repercussions de Pl'chec
de la Conf6rence sur l'dconomie de leur pays.
Le reporter du Daily Mail A New-York fait etat lgalement
du m6contentement caus6 par I'attitude sovidtique. Selon
lu'i, le Departement d'Etat ne serait prEt a accorder sun
aide & la Russie que si celle-ci consentait a lever le rideau
de fer economique et laisser ses satellites commerce libre-
ment avec l'Ouest.
Le correspondent du Manchester Guardian h Dusseldorf
fait etat de l'inquidtude cause en Allemagne par la Con-
fdrence de Paris et des dciarations du Dr. Schumacher,
d'aprds lesquelles cette Confdrence pourrait avoir des con-
sdquences fatales pour l'Europe et l'Allemagne du fait que
celle-ci n'etait pas reprdsentde.

2. France
Presque tous les journaux donnent l'essentiel du discourse
du gdndral de Gaulle. Le correspondent du' Daily Telegraph
signal l'accucil enthousiaste rdservd au g6ndral de Gaulle
par la population lilloise et present cc discours sous ie
titre a Le general de Gaulle met la France en garde centre
la Russie a.
Les autres journaux insistent Egalement sur le caractere
antisovi6tique de son discours et iui donnent une impor-
tance bien.plus considerable qu'aux discours precedents de
I'ancien chef du gouvernement.
La press signal aussi la fin des greve des mineuTs.
Le correspondent du Times precise que Piaccord intervenu
repose sur les memes principles que les accords precedents
et que, d'autre part, cette gr&ve a eu des effects trbs graves
et irremddiables pour I'economie frangaise.
Ce correspondent ddcrit, d'autre part, les diffdrentes ten-
dances qui se manifestent an sein du cabinet sur les ques-
tions dconomiques, sociales et signal que le gouvcernement
envisage une nouvelle 6lgislation pour le d6clenchement des
graves.
II met 1'accent sur le dilemme ola se trouve ie gouverne-
ment aen cc qui concern la question des salaires et des
prix. i ; AJ
Le Manchester Guardian brosse un tableau d'ensemble
des relations entire le gouvernement et les mineurs. Seion
lui, le gouvernement semble avoir ett& obliged de ceder aprea
avoir dit qu'il ne le ferait pas et aprds avoir donnd d'excei-
lentes raisons pour ne pas le faire.
La solution intervene donne au journal I'impression que
le gouvernement ne suit plu's aucune politique 6conounque
et cela en raison des dissensions au sein meme du cabinet.
Ce correspondent estime pour sa part que 'agitation ou-
vriire de ces derniers temps aurait pu Otre 6vit6e si le gou-
vcrnement avait dtd en measure de contrOler le ravitailiement
du pays et de stabilizer les prix des denrdes alimnentaras.
En revanche, le correspondent parisien du Daily Tele-
graph consider que M. Ramadier fait preuve de fermete et
qu'il pursuit inlassablement ses efforts pour redresser I'cco-
nomie du pays.
Lui aussi fait dtat des dissensions qul se manifestent
entire les diffdrents ministries et au sein mdme du parti
socialist don't I'aile gauche est favorable A une collabo-
ration avec les communists, mais ne manquera pas ae se
faire entendre d'une manidre dnergique lors du procnain
congrds du parti socialist.
A ce sijet, plusieurs journaux signalent que M. Duclos
(qui. selon 1'opinion avancee par B. Wyler, correspondent
du Daily Herald, pourrait dtre le a chef d'orchestre invi-
sible de toute cette vague d'agitation ouvriCre) a prononce-
un discours au CongrBs communist demandant la collabo-
ration altre socialists et communists.








BUIJZI'IN QUOTIDIRN DR PRRSSE *TRANG*RR 3


D'aprBs B. Wyler, M. Ramadier aurait A choisir entire
trois solutions : dimis:ionner, remanier son cabinet en
faisant entrer des socialists de gauche on former un gou-
vernement avec participation conmuniste. Qu'il le veuille
on non, seule une de ces trois solutions pourra arrnter !a
vague de graves. Mais il semble que M. Ramadier, qui a mis
d6ja les communists a la porte, une fois, pr6fererait d6mis-
sionifer plut6t que de collaborer avec eux.

3. Hongrie

Le correspondent en Hongrie du Times announce que des
elections vont avoir lieu prochainement dans ce pays et il
fait 6tat des declarations du premier ministry hongrois a
ce sujet, accusant de trahison certain 616ments du parti aes
petits proprietaires et defendant le principle de la proprietd
privde.
D'autre part, d'apr6s une d6ptche du Times, le mmistre
hongrois de l'Information aura't assure que les journa-
listes strangers continueraient a jouir d'une entire liberty
en Hongrie.
En revanche, d'apr6s le Daily Telegraph, ces journalists
seraient passibles, au m6me titre qu'e les journalists hon-
grois, de peines allant jusqu'A la pine capital s'ils don-
naient des informations contraires aux intr&ets de la Hon-
grie.

AUTOUR DE LA CONFERENCE DE PARIS.

1. Observer (29/6), conservateur :
< Ii n'y .a pratiquement pas au tout de temps a per-
dre avant que les experts se me'tent aau travail et avant
que soient co.nstiluees les commissions et sous-commis-
sions qui seront charges de rechercher la facon don't
l'Eutrope peut s'aider elle-meme dlau.s divers 'domaines
et de dresser les listes des besnins et des priorit6s. En
mettant l'accent sur la reconstruction et le d6veloppe-
ment des Bconomies nalionales, la note par laquelle la
Russie accep:ait 'de participer a la7 Conf6rence .de Paris
a dUjie montr6 qu'elle entend prendre position ferme-
ment sur le principe de la souverainet6 national.
A moins que la Russie ne se montre prEte a reviser
radicalement la politique qu'elle a suivie jusqu'ici, on
peut en d6duire qu'elle souhaite substituer A un plan
commun de reconstruction europ6enne une lisle reca-
pitulative des besoins 'de chaque pays, qu'elle souhaite
voir les products octroy6s et utilis6s sur le plan natio-
nal, au besoin sous le contr6le de l'O.N U., mais sans
permeltre .aucun empietement sur la souverainet6 6co-
nomique de chaque nation et sans autoriser la creation
de commissions ou d'agences supranationales.
Bien entendu, si la Russie adopted un tel point de vue,
ce ne sera pas parce qu'elle a un respect particulier
de la souverainet6 national; elle a d6jA empiete sArieu-
sement sur la souverainet6 de certains de ses voisins, en
liant leur politique 6trangBre A la sienne d'une facon
ou d'une aut:re. La Russie cherchera A preserver la sou-
verainetr de ces pays centre toute influence paneuro-
pecnne de faeon A les conserver dans sa propre sphere
d'influence.
S'il ne s'agissait que d'une question purement inter-
europ6enne et si la Conf6rence avait le pouvoir 'de d6-
cider en dernier resort, la Russie ferait sans doute
riompher son point de vue. Cependant, il .ne s'agit pas
d'une affaire purement europ6enne et c'est, en dernier
resort. an Congrks ambri.ain qu'appartient la d6eision.
Il se trouve qve la condition pose par M. Marshall A
1'offre d'aide ambricaine consiste en un plan commun
de reconstruction suzcep'ible de mettre un terme A la
misAre de l'Europe. Or, une tell condition ne peut etre
remplie que si chaque nation europ6enne abdique une
parties de sa souverainete.


Les pays europbens qui d6sirent profiter 'de l'offre
de M. Marshall n'ont d'autre choix que d'entrer dans
la voie d'u-ne integration 6conomique, vole qui doi, les
conduire en definitive A une [.ed.ration politique. Lcs
pays qui n'ont pas le d6sir ou la possibility& de suivre
cette voie s'excluront automatiquement du programme
commun europ6en qui dolt Etre elabor6 et du meme
coup ne pourront profiter de l'aide ambricalnc.
II est impossible 'd'6luder ce probleme; on n'a pas
le temps non plus d'attendre pour prendre une deci-
sion. D'ici une semaine, nous verrons 1'Europe sur le
chemin de l'uniflcation on Dien nous vtrrons se des-
siner des blocs occidental et oriental, s6parbs l'un de
1'autre, au milieu 'de l'Europe, par une fronti.re qui,
t6l ou tard, pourrait bien se transformer en un front.
(A sluideit of Europe.)

2. Sunday Times (29/6, conservateur) :
c En v.irit, nous ne devons pas nous attendre A de
trop grandes rea.isauons au course d'une conference de
quelques jouis ou se reuniront 'aes nommes d'Etat don't
les serieuses divergences ce vues peuvent dilficilement
6Jre surmontees par une simple impulsion nouvelle.
N6anmoins, si les ministres se separent en plein d6s-
accord, ou bien on verra l'Europe sombrer dans la fail-
liie pqur n'avoir pas r6ussi A laborer un programme
europ6en commun qui est la condition d'une aide ame-
ricaine fructueuse, ou bien 1'Europe occidentale l6abo-
rera A elle seule un tel project, imparfait du point de
vue economique du fait qu'il y manquera la co:labo-
ration des pays de 1'Est, et qul, du point de vue poll-
tique, hAtera la division du mou'de en deux camps hos-
tl es.
La crise du dollar, comme F'a dit I'ambassadeur ame-
ricain jeudi dernier, est en reality une crise de pro-
duction; mais le probleme de la production europeenne
ne petit 6tre abord6 de facon efficace si les puissances
ne s'entendent pas sur deux points fondamentaux :
I'avenir Aconomique de 1'Allemagne et la nkcessite de
s'attaquer aux barri6res commercia!es qui entravent
l'indrus:rie europeenne. Si, sur le premier point, on peut
poser comme principle qu'une Allemagne A demi oisive
et h 'demi affam6e constitute un danger pour l'Europe
tout entire, et si l'on peut soulignei', au contraire, qu'on
pourrait et qu'on devrait remetire l'Allemagne au tra-
vail pour le bien de tou!e l'Europe, y compris la Russie.
-on pourra au moins trouver une base pour un accord
u'tbrieur.
De tels principles essentiels demandent un accord una-
nime de la part des grandes puissances. Mais. une fois
que ces principles auront 6te accepts, il fau'dra encore
que les teaches praliques soient effectu6es se!on une pro-
cedure qui emp6che des retards ou un an6antissement
A la suite de votes minoritaires. La commission Bco-
nomique de l'O. N. U. pour l'Europe possede A ce point
de vue des avantages marquis sur I'O. N. U. elle-meme.
Cependant, une rcussite 'des efforts entrepris en vue
d'une collaboration economique europ6enne, quel que
soit I'organisme choisi pour cela, profitera largement
aux Nations Unies elles-memes, car la comprehension
polilique, si essentielle A P'application de la Charte de
I'O. N. U sera r6ali.se lfeaucoup plus facilement si les
puissances s'engagent r6so.ument sur la voie du redres-
sement 6conomlauie.

3. Times (30/6) :
i Les regards de toute 1'Euroipe sont fix6s vers Paris
A l'heure. actuelle, et en particulier ceux de la Gran'de-
Brrtagne. Le plan Marshall a offert ce qui pourrait et







% BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS BTRANGERE


devrait devenir Ia cl de voifte de la cooperation en Eu-
rope el une nouvelle perspective de rapprochement eco-
nomique et de paix. Aucun pays d'Europe ne pourralt
manquer de tirer profit 'de celte occasion unique, et
les bendfices qu'en tirerait la Grande-Bretagne seraleni
aussi grands que ceux de n'imporie quei autre pays. Le
plan Marshall n'est cependant pas destiny A permetire
A la Grande-Bretagne de produire trop peu et 'de vivre
an delay de ses revenues, mais A aider A la reconstruc-
tion generale de 1'Europe. II n'implique pas que nous
devons moins computer sur nous-memes, mais ajoute de
nouvelles responsabilit6s A celles qui nous incombaient
'd6jh. La Grande-Bretagne est place devant deux gran-
des difficulties qui sont 6troitement .liees entire elles,
mais qui doivent cependant 6Cre distingukes. L'une est
la p6nurie mondiale de dollars. A cet 6gard, notre prin-
cipale contribution doit etre de jouer un r6le prepon-
.d6rant dans 1'laboration d'un plan 6conomique euro-
peen qui soit suffisamment soli'de et constructif pout
convaincre l'opinion publique americaine, et qui a'mene
les Ambricains a relicher suffisamment [es -principes de
non-discrimination afin que le plan europeen puisse
fonctionner dis le d6but. Mais, bien que cette tache soit
primordiale, il est 6galement urgent de combler le de-
ficit de la balance commercial 'de la Grande-Breta-
gne. )

4. Daily Mail (30/6, conservateur) :
< La Grande-Bretagne, mCme dans les moments les
plus durs, a 6lei fidble A ses idWaux humanitaires et a
suivi sa politique traditionnelle qui consfste A butter
pour augmenter sa propre prosperity en ameliorant la
condition des auires.
Les Eta:s-Unis doivent maintenant jouer ce r6le. Mais
1'Amirique s'apercevra comme nous I'avons fault -
que ses mobiles peuvent etre mal compris et sa gene-
rosite mal interpritee.
Cela se produit en *ce moment mseme, en Europe,
alors que les nations Blaborent rapidement la rdponse
qui doit leur permeltre de recevoir I'aide americaine.
Les Etats-Unis devraient pouvoir dire leur moi, mais
il semble que certain soient prs:s A lui contester ce
droit. La longue declarationn russe publiie au course du
week-end semble signifier que si jamais les Etats-Unis
d6siraient savoir comment sont 'd6pensis les dollars,
1'Europe devrait r6pondre : e Cela ne vous regarae
pas. >
La Russie, qui se trouve dans une situation aussi 'dif-
ficile que n'importe quel autre pays, rappelle sournoi-
sement a 1'Am6rique que le systeme sovi6tique est su-
perieur au systeme capitalist, que les Etats-Unis ont
gagn6 de ]'argent pendant la guerre et qu'ils cherchent
maintenant A trouver de nouveaux d6bouches tout au-
tant qu'A offrir une aide.
Le people americain pourra fort bien prendre en
mauvaise part certaines de ces allusions, mais la Gran-
de-Bretagne, 'de par son experience, peut lui dire que
s'il veut devenir un creancier bien consider, il doit
faire preuve de patience et d'humilite.
'En elle-mime, la declaration sovitique reflAte les
idees du Kremlin et il vaut mieux les connaltre main-
tenant que plus tar'd.
En tout cas, nous connaissons plus -ou moins la posi-
tion de la Russie. Elle veut que des plans economiques
distincts soient alabores pour chaque pays et non pour
1'ensemble de l'EuroDe.
Cela p-ourrait aller A l'encontre d'autres idWes, nais
constituerait toutefois un preliminaire utile, car ce seul
r6sultat obtenu avec la Russie serait un premier 'pas de
franchi ensemble dans la bonne direction.-


II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press amdricaine du 28 juin 1947

Privds d information sur la teneur des ntgociations qui
viennent de commencer h Paris, les journaux mettent gdnb-
ralement en vedette, suivant leurs tendances, soit les debate
au Conseil de Securite ou le senateur Austin. dans une decla-
ration don't la press souligne la fermetd, a accuse la Yougo-
slavic, l'Albanie ct la Bulgaaie d'attenter par la force A Pin-
tegriti territorial et t 1 independance politique de la Grace
et a ajoute que s'il etait impossible de mettre fin a cet 6tat
de chores par les moyens pacifiques, les Nations Unies n'au-
raient d'autre alternative que tde. recourir A la force, soit
les condamnations prononcees hier pour outrage au Congres
contre les membres du parti communist *ou ses sympathi-
sants.
Les journaux annoncent aujourd'hui que Eisler s'est vu
infliger une peine maximum d'un an de prison et mille
dollars d'amende. D'autre part, seize membres idu joint Anti-
fasciste Committee for Refugees ont Aet reconnus coupables
du mdme chef d'accusation et passibles d'une peine simi-
laik'e.

1. La Conference ddePaoris

Les correspondents de Paris attribuent A M. Be'vin 'ini-
tiative du secret contre leque' ils s'6ltvent en signalant que
leurs confreres frangais partagent leur point de vue.
Une ddpeche t U. P. v de Paris, arrive trop tard pour
etre publiee dans les journaux ce martin, announce que M. Bi-
dault a p'o.pos6 la date du ler septembre comme date Uimite
pour l'etablissement u d'un programme common de recons-
truction europeenne. M. Bidault aurait souligne la n6cessile
d'agir rapidement pour rdpondre s l'offre du g6ndral Mars-
ha'l. M. Molotov se serait oppose une action trop hitive
ddsirant avoir plus de details sur les propositions du Secre-
taire d'Etat et aurait indiqu,6 qu'il souhaiterait voir rig'ler
tout d'abord le probltme de 'avenir de 1'Allemagne et celui
des reparations. Une depeche o .U. P. > indique qu'il a ete
impossible d'obtenir la confirmation de ce qui prtecde en
raison de 'a consigne du secret. Puis, se r6ferant une de-
peche e Tass > date ide Paris qui refl&terait les vues de
M. Molotov, J' z U. P. s rapport que I'agence russe declare
que les trois ministres des Affaires 6tran.gres devraient de-
mancer a Washington de pr6ciser le montant des credits que
les U.S.A. sont aisposes a avancer, quelles conditions seront
exigeCes pour l'octroi de ces credits et de donner les assu-
rances que le Congres approuvera J'offre faite par l'admi-
nistration.
Avec cette dapiche c U. P. >, celle de Callender au New
York Times est la seule qui pritende donner des informa-
tions sur la teneur des premiers entretiens de la Conference.
Selon Callender, M. Bidault a propose la constitution d'une
serie de Comitls pour Atudier les resources ide 1'Europe et
ses bestolns, notamment pour le carbon, les products ali-
mentaireg et I'acier. II a indiqu6 galement que M. Bidault
auralt declare que tous les pays d'Europe, a exception de
I'Espagne devraient beneflcier du plan Marshall, point de
vuc quI est ae nature a plaire aux Russes, indique Ca'lender,
mais qui constitute. un c amendment i aux propositions
du Secr6taire d'Etat qui avait defini 1 Europe comme com-
prenant tous ies pays qul se trouvent entire I'Asie et PAt-
lantique. Callender indique enfln qu'une, bonne parties de la
premiere sctn-ce aurait Ate consacree i convaincre M. Molo-
tov que rien de cc qui avait ltA fait au cours des conver*
satlons Bevin-Bidault de Ia semaine dernire n'dtait de na-
ture A porter prejudice aux travaux de la Conference. (Voir
cet article p:us loin).
Dans les ditorlaux du New York Herald Tribune et du
Philadelphia Evening Bulletin. soulilgnent que le problbme
essential A res.oudre nest pas taut celui de 1'aide americalne
que celui de ia restauration de la capacity de production de
l'Europe. Le meme point de vue sv retrouve dans Particle de
Lippmann don't on announce le depart en vacances.








BULLETIN QUOTIDIEN DR PRESS ATRANGARE 5


2. Conflitg du travail
V L'arret du travail deviendra g6enral ce soir dans les char-
P bonnages, les mineurs pregnant dix jours de vacances prevus
pa- le contract entire ]e Gouvernement et I'U.M.W. qui expire
le 30 juin.
I'U. S. Steel Comnpany, en provision d'un retard dans
les a.-rivages de carbon, a ralenti sa production de 50 %.
Le V'em York World Telegram announce que des contacts
ont re lieu entire M. Lewis et les propri6taires des mines,
mais la majority& de la press estime que la situation ne
s'6claircira que la semaine prochaine et demeure pessimists
quant aux chances de reprise du travail dans les mines le
8 juillet.
M. Murray, president de la C.I.C., a annonc6 qu'il etait
opposed la proclamation d'une gr6ve ginerale et a invited
les chefs de 1'A.F.L. a s'unir avec ceux du C.I.O. pour enga-
aer la lutte contre a J'infAme loi Faft Hartley ..

3 Commission die concIliation franco-siamoise.
line dep&che x A. P. e de, Washington announce la conclu-
sion des travaux de la Commission qui a rejet6 les deman-
des lu Siam pour le retour des territoires qui lui ont i6t
pris par .1'Indochine frangaise. La Commisison. inidique la de-
ovechc, a recommand6 aux deux pays d'entreprendre des ne-
gociations directed a Bangkok pour a r6gler cc diff&rend >.
Elle a recommandU 6galement qu'une Commission consul-
tative soit cr6e au Siam pour 6tudier le probl6me des fron-
tieres et ]es autres questions qui intrressent en commun
IMs pays de la Peninsule indochinoise.

a) LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE.

1. New York HewMd Tribune (29/6, edition europ.) :
t On consulate malheureusemaent le m~me d6faut fon-
damental dans les propositions Marshall que dans Ics
propositions premieres du President Truman d'aide ah
ia GrBce et A la Turquie avant l'amendement 'du sena-
teur Vandenberg. Pourquoi faut-il que le gouvernement
americain, qui continue a prociamer sa foi dans Ies Na-
tions Unies, ait ignore une fois de plus cette organi-
sation ?
SEn mars dernier, le Conseil 6conomique et social
de I'O. N. U. a 6tabli la Commission economique pour
1'Europe. Ce sont les Etats-Unis qui furent les premiers
a proposer cette creation. L'Union Sovi6tique, apres
une certain opposition, a vote 6galement en faveur de
sa creation. Un membre russe y siege. Tous les Etais
europeens y sont repr6sent6s. Etant donn6 qu'il n'existe
aucun 'droit de veto au sein de cette Commission, au-
cune puissance ne peut s'opposer A l'approbalion d'un
programme de reconstruction satisfaisant pour ia ma-
joritL des pays d'Europe.
Maintenant que les Etats-Unis present les nations eu-
rop6enne de s'entendre sur un programme de recons-
truction commune et qu'ils sont d6sireux de contribuer
a la r6ussite d'un tel programme, on ne trouverait cer-
tainement pas 'd'organisme plus ad6qulat pour Blaborer
ce programme que la Commission Bconomique euro-
p6enne de l'O. N. U.
Le fait que le gouvernement ambricain n'ait pas es-
say6 de r6soudre le probl6me par l'intermndiaire de
1'O. N. U. a deja eu des consequences malheureuses. II
ne fait aucun 'doute que la division entire I'Est et l'Ouest
se soit accentu6e. Or les pays de l'Europe occidental
savent fort bien qu'il ne peut y avoir de veritable re-
construction 6conomique de l'Europe sans une coope-
ration entire 1'Est et l'Ouest.
Bien des pol6miques et des soupogns qui compromel-
tent la reussite du plan tout entier auraient pu 6tre
6vit6s si les propositions lu secr6taire Marshall avaient


stipule netlement que le project de reconstruction 6co-
nomique 'devait 8tre l6abore sur une nase pan-euro-
peenne, sous l'6gide du Conseil social et economique
de I'O. N. U.
De telles propositions auraient beaucoup contribu6 &
renforcer le prestige des Nations Unies, i un moment
oil leur autorite a plus que jamais besoin d'8tre con-
solidee. De plus et ceci peut s'avErer a la longue tout
aussi important une teile facon de r6soudre les pro.
blames europ6ens aurait pu permettre, dans une large
inesure, 'de jeter les bases des Etats-Unis d'Europe. >
(SUMNER WELLES.)

2. New York Herald Tribune (28/6).

< Les ministries des Affaires 6trangbres de Grande-
Bretagne, de Russie et de France ont officiellement com-
mence hier apres-midi a Paris leur examen du plan
Marshall. Mais, en v6ritl, leur conference avait 6t6 ou-
verts la veille par M. Lewis W. Douglas, ambassadeur
,des Etats-Unis en Grande-Bretagne, qui pr6senta l'ana-
lyse la plus claire et la plus autorisee du plan qui ait
6t6 faite depuis sa conception.
M. Douglas n'a propose aucune solution d6taill6e aux
problems complexes que le plan Marshall se propose
de r6soudre. I1 a mis cependant en evidence ces pro-
blemes et expos les conditions dans lesquelles il serait
possible de les r6soudre.
La crise europ6enne a souvent 616 appel6e ( une
crise de ( dollars > c'est-a-dire que les pays euro-
peens ne possedent pas suffisamment de dollars ou de
credits pour acheter ce qui leur est indispensable.
M. Douglas ne s'est pas content d'examiner cette situa-
tion temporaire, mais il est all6 au coeur mimme du pro-
bleme : la crise de production. En d6pit de I'essor des
industries dans de nouvelles regions du monde, les
grandes regions productrices lors de la declaration de
guerre Mtaient la Grande-Bretagne, l'Europe occidentale
et les Etats-Unis. Les destruction dues a la guerre g,-
nent encore la Grande-Bretagne et ont laiss6 le conti-
nent pratiquement 6puis6. Jusqu'A ce que I'on revienne
a un fonctionnement normal du im6canisme .de la pro-
duction mondiale, la p6nurie de dollars en Europe de-
mneurera un sympt6me plut6t qu'une cause.
Les dollars et les marchandises am6ricaines qu'ils
permettront d'acheter peuvent apporter une aide
6norme. Mais comme M. Douglas 1'a soulign6 ils ne
constituent que l'un des facteurs du redressement de
l'Europe. Un autre facteur est I'acceptation par 1'Europe
,de la responsabilit6 d'l6aborer un programme coh6-
rent et vaste qui puisse permettre d'utiliser les dol-
lars de fagon efficace et un troisibme facteur est la
cooperation de l'Union Sovi6tique. Le dollar n'est pas
tout-puissant en lui-meme. Si l'on veut qu'il remplisse
un rle il dolt y avoir un effort 6conomique common
et comime M. Douglas le sugg6re, un certain degr6 de
stability politique. Ce que M. Douglas propose c'est une
sorte de trove politique.
C'est une question epifeuse de savoir si une tell
tr6ve est possible en Europe aujourd'hui. Mais le but a
atteindre est digne des plus grands efforts. M. Douglas
a expose le programme am6ricain qui n'est pas
destiny a imposer ies id6es am6ricaines aux peunles a
qui elles r6pugnent, ni A accorder des -dons illimit6s,
mais plut6t a inciter 1'Europe A proposer un plan via-
ble de facon a ce que 1'aide ambricaine puisse 8tre effl-
cace. C'est un d6fi que le continent frapp6 par la guerre
est tres d6sireux de reliever et qui ne peut 6tre d6form6
par les critiques les plus m6flants des Etats-Unis.








6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE


b) APRES L'ADOPTION DE LA NOUVELLE LEGISLATION OU-
VRIARE AUX ETATS-UNIS (New York Herald Tribm~e,
29/6, ed. europ6enne).
c Nous avons maintenant une loi ouvribre que le
President, charge de son application, a qualifi6 d'inap-
plicable et d'injuste. Si les resullats sont aussi mauvais
que I'a pr6dit le President, ses adversaires r6publicains
et d6mocrates diront que c'est lui qui a fait 6chouer la
loi, qu'il a favoris6 la resistance A cette loi et qu'il ne
l'a pas fait appliquer loyalement. Si par centre. la loi
s'applique mieux que le President ne l'a dit, il ai.ra r6-
fut6 ses propres arguments qui l'avaient amend a oppo-
ser son veto.
Un idilemme de ce genre, quand il s'agit d'unc ques-
tion aussi grave que les relations ouvrieres, ne pour-
rait se poser *au Canada. en Grande-Bretagne on dans
tout autre pays qui possede un gouvernement d6inocra-
tique. IH y aurait un nouveau gouvernement une fois
que l'Assembl6e Legislative se serait prononcee de facon
aussi decisive que I'a fait le Congris en passant outre A
l'opposition pr6sidentielle. Un nouveau gouvernement
dirig6 par MM. Taft et Hartley, et compose de gens qui
croiraient dans les vertus de cette loi, prendrait be pou-
voir pour la faire appliquer.
Il n'y aurait ainsi aucun partage de responsa;bilit6
pour ce qui est de'la reussite ou de 1'6chec de celle loi.
En disant ceci. ie n'avance pas quo notre r6gim, pre-
sidentiel puisse etre ou sera modified, et qu'un regime de
government parlementaire se substituera a lui. Notre
regime presente des avantages enonmes. don't I'un des
plus important est que nous en avons l'habitude. Mais
tout mode de gouvernement a ses inconv6nients, et il ne
fait aucun dou'e que le dilemme devant lecuel se trouve
le President Trulman il'ustre de facon frappante la plus
grande faiblesse de notre rdaime.
En effet. lorsaue le people decide de modifier ]a di-
rection et la politique du gouvernement, il lui fNut llu-
sieurs annees pour r6aliser ces modifications. Pendant
cette p6riode de transformation, quant un parti peu a
peu arrive au pouvoir, et nue l'autre quite le pouvoir
de la m&me facon, I'autorite est diviske.
Le probl6me pos6 par la loi ouvriere a 6t.6 de savoir
si l'on pouvait faire preuve d'assez de bon sens et de
bonne volont6 pour venir A bout ,des difficulties soule-
vees par le fait que le president apparlient a un parti
,lt le Congres A l'autre parti. En mati6re de polilique
etrang6re, on a pu y parvenir -dans une large Imeure
parce que le sentiment patriotique qui veut que les dis-
cussions se litmitent A la Dolitique ini6rieure, est suffi-
sant pour 6viter une politique partisane.
Mais en matirre de politique interieure, particuliere-
mont quand il s'agit de questions tells que les im)6ts
et les lois ouvrieres, il est beaucoup pins difficile de lI-
gif6rer avec I'accord des 'diff6rents parties. Les questions
en jeu ne sont pas de cells sur lesquelles on peut s'at-
tendre A ce que tout le monde soit d'accord. Ce sont des
questions qui doivent 6tre tranchbes par la decision de
la majority et on ne doit pas demander A la iminorite
d'etre d'accord sur cette decisionn, mais simplement de
I'accepter loyalement et de bonne grAce.
M. Truman savait fort bien que ce Congris avait recu
du people le mandate de r6diger une loi qui permette de
restreindre la puissance des syndicats ouvriers dans la
sociWte ambricaine. Qu'aurait df faire M. Truman ? Je
pense qu'il aurait df dire au Congrbs de fagon exp:icite
et nelte, pendant I'Mlaboration de la loi, quels 6taient
les articles qu'il approuverait et ceux qu'ils ne pourrait
pas approuver. 11 n'aurait pas df laisser ignorer sa po-
sition s'il avait l'intention de participer a la procedure
en faisant usage de son droit de veto. II aurait dft rester


completement a l'6cart et ne pas faire usage de son
droit de veto ou alors prendre une part active a 1'l1a-
boration de la loi pendant que celie-ci dtait en prepa-
ration.
Aussi, meme s'il n'avait pas reussi A obtenir un com-
promis qu'il puisse approuver, il ne se trouverait pas
devant le dilemme d'6tre oblige de faire app iquer une
loi qu'il a compl6tement desapprouvee. I1 serait oblige de
faire app.iquer une loi qu'il desapprouve sur certain
points d6!ermin6s, et il aurait pu alors demander au
Congrbs de revenir sur les d6fauts supposes de la loi et
de les amender un pen plus tard. ,
(WALTER LIPPMANN.)



III. PRESS SUVIETIQUE


Rclane 'de la iprcsse sovidfiqie du 28 juitn 1947
1. Le plan Marshall.
Tons !cs .ournaux publient trois telegrammes h cc sujet :
na tin tdlhiramme du corres.iondant special de l'agence
Tass *
]) tin bref rdsume ,des declarations de M. Truman A sa
cnnfrennce de prose du 27 :
er Un compte-rendu de la note adressee par le Gouverne-
nient yougoslave aux gouvernements de Grande-Bretagne,
de France et (IU.R.S.S. sur 1'attitude yougoslave A l'6gard
dIn plan Marshall.

2. La lutte' mondiale pour la ddmocratie.
.n Pranda public sur plus de trois eolonne un compte-
rendu aec de nombreuses citations idn discours de M. Mau-
rice Thonrz a Strashoura.
On relieve egalemcnt les nouvelles suivantes :
Interview doe (oddvalt au revrdsentant de la Radiodiffu-
,ion trangaise A Prague, adresse tdu Comite central de 1 E.
A.M. au people grec, Congres international des ecrivains
dcmnocrates A Helsinki, grieves en France.

9 La politique des Etacs-Unis
A part un long telegramme de Sydney rendant compete de
nla potestation centre les decisions unilat rales de MacAr-
tOur A l'egard du Japon, reproduit par tous les journaux,
les nntres nouve'les sont rclegu6es au second p'nn.
On rel6ve : 1'intervention d'Eisenhower A la Commission
des Affaires ~lrnngres de la Chambre des representants
pour la standardisation des armements des pays d'Ambrique
Latine, la formation aux U.S.A. de groupements anti-sovie-
ticlnes de rdactionnaires emigres des pays de l'Eurooe orien-
tale.
L'Etoile Rouge. dans un article de Rysrkov. revient sur le
prohl6men islandais. L'auteur, aprbs en avoir fait l'histori-
qur. conclut ainsi son expos : e Ainsi les U.S.A. ont r6solu
le problem islandais dans leur inttrrt et h 1'encontre du
dclsir du people is'andais. La demarche du Danemark au
sujet des bases am&dicaines du Groendland a attire Patten-
tion g6nerale. La solution du problnme du Groenland mon-
trera le cas que les U.S.A. font des droits souverains d'une
pctitc nation ninsi que de leurs obligations A son 6,gard.

4. Nouvelles diverse.
Tes Izvestia reproduisent le compte-rendu des d4bats du
Conseil de Sdcurit6 du 25 juin. Tous les journaux publient
une d6preche de New-York annoncant la conclusion d'un ac-
eord Marshall-Trygvie Lie fixant le siege de I'O.N.U. aux
U.S.A.
(In commidifqud de l'agence Tass announce le depart d'PU.R.
S.S. du ministry roumain de l'Industrie et de son ool:gue
de 1 Agriculture.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGA-E 7


IV. -- PRESS SUISSE


LA CONFERENCE DE PARIS :
1. La Tribune de Geniue (28-29/6).
II ne faut pas ici se payer ,de mots. L'attitude de
M. Molotov dans les conferences internationales qui se
sont succ6d6es jusqu'a ce jour, n'a pas e66 .d6terminBe
uniquement par la rivalite ou l'opposition russo-am6ri-
caine; elle a proc6d6 bien davantage d'une volont6 d'ex-
pansion a laquede la politique de la Maison-Blanche a
servi de frein plus que de stimulant et .de pr6texte plus
que de justification. Et le sens europeen i made in Mos-
cow ,, c'6tait jusqu'ici le sens des int6r6ts sovi6tiques
en Europe, les autres nations etant mises en demeure,
avec plus ou moins id'insistance, de subordonner a
ceux-ci leurs propres int6rets.
Il est evident que si M. Molotov est venu au Quai
d'Orsay avec ce sens europ6en-li, rien de bon ne peut
sortir de la conference tripartite. Mais la politique so-
vietique a parfois d'6tranges et brusques relourne-
ments. Elle ne s'embarrasse point de logique, et c'est .ce
qui la rend si d6concertante pour les esprits occiden-
taux. Il n'est donc pas exclu que le rppr6sentant de
M. Staline montre i Paris des dispositions plus conci-
liantes et moins negatives que cela n'a 6t6 le cas jus-
qu'ici. Diverses circonstances pourraient d'ailleurs l'y
inciter. Dans les pays de l'Est europeen, la resistance
A l'emprise sovi6tique n'est pas 6teinte, en d6pit des
moyens puissants don't le N. K. V. D. et les polices ali-
gn6es disposent pour la briser. La situation 6conomiquc
et alimentaire y est, c'est bien le moins qu'on puisse
dire, aussi grave qu'A I'Ouest. 11 n'est que de penser A la
Hongrie ou a la Roumanie pour s'en convaincre. Lais-
ser empire cette situation alors que le plan Marshall
permettrait de l'am6liorer ne servirait pas, semble-t-il,
ies int6rets sovi6tiques. Or l'occasion s'offre precise-
ment pour les Russes de renirer dans le cadre europ6en
et .d'y faire rentrer leurs satellites par le detour de
1'6conomie et de la reconstruction. Invites A collaborer a
ceite reconstruction ils en ont accept le principle, puis-
que M. Molotov a faith le voyage de Paris. II leur appar-
tient maintenant de la rendre possible en -permettant
aux pays de l'Est d'op6rer avec le rest du continent
les .changes qui doivent vivifier 1'6conomie des uns et
des autres, et de recevoir l'aide que M. Marshall a an-
nonc6e, en tenmes non 6quivoques. >'
(JEAN-JACQUES CHOUET.)

2. Gaze'te de Lausnae (29/6).
< Il n'y a aucune raison de mettre en doute le d6sir
sincere des Sovie's a s'engager dans la voie de la col-
laboration avec les Etats-Unis et la plupart des autres
Etats d'Europe pour la restauration de l'6conomle conti-
nentale. L'U. R. S. S. fait d6ej parties, on le salt, de la
Commission 6conomique pour I'Europe qui s'est form6e


dans le cadre de I'O. N. U. il y a deux mois. Sa parti-
cipation aux travaux de cette commission lors de la pre-
miere session qui s'est tenue A GenBve a 6te tres active
et les suggestions des experts sovi6tiques, en particu-
iier de M. Zoryn, chef de la d6elgation .de la R6publique
f6derative de Russie, ont 6te appr6ciees, car elles d6no-
talent de la part de leurs auteurs une bonne volont6 6vi-
dente a consolider I'institution.
I1 semble que c'est dans les memes intentions que la
delegation sovietique s'est rendue a Paris. M. Molotov
est accompagn6 d'une soixantaine de conseillers et d'ex-
perts sovieliques, parmi lesquels M. Gerachtchenko, di-
recteur de la section 6conomique du Ministrre des Af-
faires 6trang6res, les ministres Lavrichtchev et Kossy-
rev, les professeurs Roudenko et Durdenievski. D'autre
part, 1'interet suscit6 par le plan Marshall est tres grand
en U. R. S. S., A en croire les correspondents .de press
qui s'y trouvent. La seule chance de voir couronn6e de
success la reunion de Paris, puis la conference interna-
tionale qui suivra immanquablement, dit-on a Moscou,
c'est que les puissances participants abordent les pro-
bl!mes qui leur seront poses avec un esprit nouveau, un
esprit de conciliation et de g6nerositW sans detours.

3. National Zeilung (28-29/6).
< Une fois de plus, le danger de voir l'Ouest s'atta-
quer seul A la r6organisation de 1'Europe, ou de la
parties de 1'Europe qui n'est pas contr616e par les So-
viets, a e6t ecarte, et la porte est rest6e ouverte au
reglement collectif des questions pendantes. Si les .con-
vcrsations de MM. Bevin-Bidault et Moloiov se termi-
ncnt par un success, on ne sera pas oblige de recourir
au facheux expedient que constihuerait le maintien de
la division du monde en spheres d'influence. Dans le
cas contraire, il ne sera plus question .d'un ordre inter-
national et la rivalitH des grandes puissances laissera
le champ libre a tous les raves d'h6g6monie, ce qui
conduira n6cessairement a la catasrophe. On ne tar-
dera pas A voir si la r6alisation 6ventuelle du plan Mar-
Sshall avec l'Union sovi6tique doit entrainer un change-
ment d'orientation dans la politique ext6rieure russe ou
tout au moins la rendre plus moderee, si la tactique
suivie jusqu'h present par les homes d'Elat du Krem-
lin consistait avant tout A tendre 'arc autant que les
puissances occidentales pouvaient le tol6rer, s'ils ont
presented des revendications aussi .tendues pour oble-
nir le plus possible, et si maintenant que les allies occi-
dentaux sont s6rieusement d6cid6s A barrer la route a
toute 'nouvelle progression de Moscou qu'on songe
aussi A I'aide accord6e par 1'Amerique A la GrBce et A
la Turquie le Kremlin voyant que la measure est com-
ble va adoucir son style.
De toute facon les n6gociations de Paris seront 'diffi-
ciles. Et de mime qu'on n'arrivera pas a la paix gen6-
rale si les grandes puissanc'es ne diminuent d'elles-
imemes leurs pr6tenlions, de mmne les ministres reunis
an quai d'Orsay ne reussiront pas sans une sincere vo-
lonte de compromise. ,


S. P. I. Imp., 27, rui Nicolo, Paris 31.3009













































































Prix : 6 fr.




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