Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
ALL VOLUMES CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00077027/00125
 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: June 28, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00125
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

Full Text



SERVICES FRANQAIS
D'INFORMATION
(MINISTBRE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8,)


LA DOCUMENTATION FRANCHISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS


BULLETIN


DE


PRESS


28 juin 1947.


QUOTID



ETRA


Nouvelle


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) La conference 'de Paris:
1. Times (27/6) ;
2. Daily Telegraph (27/6) ;
3. Da&iy Express (27/6).
b) L'Union Francaise (Times, 27/6).
c) La situation interieure en France


(Times, 27/6).


I1. PRESS AMRICAINE.
4) La conference de Paris (New York Herald Tri-
bane, 26/6).
b) Vers une revision de la politique ambricaine
(New York Herald Tribune, 27/6, .dit. europ.).
III. PRESS SOVIITIQUE.
IV. PRESS BELGE.
La situation, interieure en France:
1. La Libre Belgique (27/6) ;
2. Le Soir (27/6).
V. PRESS SUISS1.
La situation interieure en France:
1. Journal de Genave (27/6);
2. Tribune de Gendve 1(26/6) ;
3. National Zeitung (26/6).


I. PRESS BRITANNIQUE


Reoue de la press britannique du 27 juin 1947
La Confdrencetdes Trois qui s'ouvre aujourd'hui A Paris,
la situation politique et social des Etats-Unis et de lai
France' et les divers discours prononc.s par MM. Attlee,
Truman, Chang KaT Chek et Ramadier A l'occasion de Pan-
niversaire de la signature de la Charte des Nations Unies,
tels sont les principaux centres d'int6ret de la press, do
ce matin.
Sur la question frangaise proprement dite, il faut noter
un editorial dans le Manchester Guardian, 1'6ditorial du
Times est consacr6, i Abd el Krim. (Voir article plus loin.)
1. Confdrene des Trois
Toute la press announce I'arrivxe de M. Molotov I Paris.
Le cdrrespondapt du Times se livre A des pronouties trr'
psrdents sr le~s perspectives de la ConfErence.


Selon lui, celle-ci devra d'abord dres-ss 1inventaire des
resources de l'Europe. II souligne que M. Bevin et M. Bi-
dault sont d'accord sur la procedure A employer en ce qui
concern la creation de commissions techniques spdcialisees
dans 1'.tude des problems concrete. II ne se risque pas I
prejuger de 1'attitude soiritique sur ce point, bien que jlus-
qu'a maintenant l'opinion sovi6tique semble favorable A la
premise de tous les probl6mes a la 'Commission tconomique
de 1'O.N.U.
Le correspondent ne cache pas, par ailleurs, les diffi-
cultes qui risquent de surgir, notamment au sujet de l'ave-
nir de l'industrie allemande. Cette question pent devenir la
pierre d'achoppement .de la Conf6rence..Mais, estime-t-il,
une discussion sur cette question et sur celle des r6para-
tions en cc qui concern la production courante ne pourrait
mener nulle part parce que les Etats-Unis ne sont pas
icpresent6s A la Conf6rence.
Si les ministres reconnaisseni que la production alle-
mande de 1'acier est bien au-dessous du niveau autoris, et
risque de tomber encore plus bas Pann6e prochaine, alors
im accord :sur une base strictement pratique pourra 8tre
atteint. La question gdndrale de la production allemande
devra etre laissee de c6td et, en fait, elle doit 1'etre si 1'on
yent que la Conference reussisse. U estime que par sa cons-
titution et son but 'mnme la Conference ne peut pas pr6-
tendre faire le travail de celle qui se rDunira en novembre
p-ochain pour discuter de la question allemande. e Tout ce
qu'elle peut faire et c'est .deja beaucoup si 1'on considbre
les besoins urgents de 1'Europe est de se mettre d'accord
pour fixer les moyens d'6tudier rapidement la situation. ,
M. Snyder a rappel6d ier que les pays d'Europe doivent
montrer le'ur ferme volont6 .de s'aider eux-memes avant de
dresser le bilan de l'aide don't ils ont besoin, conclut le
journal.
Le Manchester Guardian souligne que les trois ministres
n'ont pas une connaissance precise de la forme que 1'aide
amdricaine pourra p undre et cc manque de precision de la
part des AmBricains a dt6 intentionnel eet particulierement
sage. Ils ont eu grand soin de ne pas donner aux pays
d'Europe l'impressioxi d',ne dictature.
II rappelle que le Congrbs americain n'a fix6 aucune
some pour venir en aide A 1'Europe.
Pour lui, la Conf6rence de Paris est le premier pas sur
un accord g6ndral sur les besoins de 1'Europe. C'est seulc-
ment quand cet accord sera acquis que' les Etats-Unis d6ci-
deront.
Selon le correspondent diplomatique du Daily Telegraph,
l'on reconnalt a Paris que la position de M. Bevin est solide
car ii a derriere lui tout le pays et il est decidd a aller de
I'avant avee ou sans la Russie. Celle de M. Bidault serait
plus delicate en raison de la situation politique de la
France.
Le Daily Worker announce en manchette que M. 'evin
part ce matin pour Paris avec e le plan amnricain en
poche n. I1 signal en effet que M. Bevin se proposerait de
aettre lres ministers frangais et soviftique devant un plan







- BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS ATRANGRE


common anglo-amdricain c dictd par les Amr.icains avant
l'ouverture meme de la Conf6rence a .
Cette nouvclle, selon lui, aurait cause une vive surprise
dans les milieux diplomatiques. II continue a attaquer
M. Clayton dans lequcl il volt l'homme charge de dieter au
Foreign Office la politique impose par le D6partement
d'Etat. a Mmme les milieux officials americains, dcrit ee
vurrcspondant, seraient profonddment divists sur le plan
Marshall et il souligne que c'est le Congres qui aura le
dernier mot. )
A ce sujet, les journaux reproduisent avec plus ou moins
de publicitA les declarations du president Truman d'apres
lesquelles lui-mAme, M. Snyder et Marshall seralent totale-
aent d'accord str le plan d'aide A 1'Europe et que le gov
vernement amdricain l'approuve agalement sans reserve.

2. France
Deux articles du correspondent parisien du 7imes sunt
consacr6s aux conflits sociaux et ik la situation politique. IL
signale qu'en d6pit d'une extension de la greve des mirenurs,
on espdrait hier soir arriver a un regiement. II signal
Agalement les efets de ces graves sur l economic frangaise
et sur la situation du charlon que les graves amnricaines
viennent encore aggraver. Dans son autre article, ii annonce
que les parties ont decld6 d'accorder un rdpit partial au
gouvernement. (Voir cet article plus loin.)
Le correspondent parisien du Manchesttr Guardian met
I'accent sur le fait que la greve des miners affected une
industries nationaliste et qu'elie a 6te declench e sans l'ac-
cord prealable des syndicate et avec 'napprobation rdtro.
active de la C.G.T.
11 signal 6galement que la greve des employes de banquw
risque de prendre une forme encore plui aigu6.
Le m6me correspondent signal que M. Thorez a dfC faire
e une declaration- pour d6savouer I'attitude prise par
l'lumanitd A l'dgard. du plan Marshall et s'est livr6 A en
commentaire plus nuance du project americain 3.
Ce correspondent remarque que le discours prononce par
M. Thorez a Strasbourg a insist sur les revendicatipns
tranCaises i l'dgaird de I'Allemagne et les dangers de l'ex-
pansionnisme amdricain ainsi que la force du part commu-
niste frangais.
w Discourse d'un nationalism vigoureux >. tel est le juge-
ment de cc correspondent.

3. Etats-Unis

Le correspondent du Times A Washington announce quea
le president Truman a oppose son veto au Wool Bill, project
de loi qui tend a augmenter les droits d'importatioL sur la
line. C'est le troisiinme veto en l'espace de dix jov.rs, Acrit
ce norrespondant. II n'a pas 14 m6me force explosive que
les deux premiers et P'opinion publique americame ne s'n-
toresse pas A cette question. Mais cc nouveau conflict montro
l'bumeur actuelle du Congres.

4. Discours de M. Douglas
Le Times donne l'essentiel des declarations que M. Dou-
glas, nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Grande-Bre-
tagne, a faites hier h la Chambre de commerce amiricains.
Ces declarations constituent une invitation aux peuples
europeens A se mettre d'accord pour bhn6ficier de l'offre
amiricaine.

5. Aide amtrioaine d la Turquie

Les correspondents du Manchester Guardian et du Times
A Istambul donnent I'essentiel des dispositions du project
d'afde amdricaine A la Turquie L'aspect militaire de cette
aide serait fixde d"oi deux ou trois semaines.

a) LA CONFERENCE DE PARIS.

1. Times (27/6) :
t La Conf6rence de Paris differe des prec6dentes
reunions des ministres des Affaires 6trang6res, en ce
seas qu'elle ne doit pas s'occuper avant tout Ide P1'ta-


blissement de la paix entire les puissances vaincues et
les AlliBs,'mais d'un r6tablissement des relations ami-
cales entire les AlliBs eux-mimes. Tandis que persistent
des diff6rends au sein des Nations Unies, 1'Europe se
meurt. Si la Conf6rence de Paris ne r6ussissait pas A
faire naitre un nouvel esprit de conciliation, il serait
insens6 de fonder de grands espoirs de succ6s sur la
conference qui doit se tenir au sujet de 1'Allemagne, ne
serait-ce que parce que les questions en jeu sont au
fond les mmmes. Ceci signifie que les ministries des
Affaires etrangBres, qui se- r6unissent en ayant A resou-
dre d'urgence un nouveau problbme, savent fort bien
que c'est peut-6tre IA leur dernirre chance, pour long-
temps, de faire nailr6 les conditions necessaires A une
unification rapid de l'Allemagne, et d'6viter du m6me
coup la catastrophe d'une division europ6enne.
II y a un principle qu'il faut accepter avant tous les
autres : c'est que le salut de i'Europe depend des Eu-
rop6ens, qu'il depend de la contribution la plus -large
de tous les peuples qui vivent sur les territoires situes
entire la Volga et l'Atlantique, qu'il depend encore de
la measure dans laquelle ils reconnaitront qu'ils ont des
interets communs et une destinee commune. I1 n'y a
pas d'autre moyen de reussir. Un abandon des respon-
sabilites europ6ennes, dans l'attente de la generosite
am6ricaine, ne ferait qu'accentuer les conflicts exis-
tants.
Le problem essential ne reside pas dans la technique
a adopter, mais dans le domain beaucoup moins mate-
riel des relations internationals. A moins que' les mi-
nistres des Affaires etrangBres puissent se mettre d'ac-
icord dans une certain measure, ils se r6uniront en vain.
II se peut qu'un geste de conciliation suffise pour per-
mettre, de passer des compromise aux measures construc-
lives. Mais cette conciliation dolt 6tre recherche par
tous. I1 faut parvenir A 6tablir des relations plus 6troi-
tes, et le moyen d'y arriver reside avant tout dans un
compromise Aconomique plul6t que dans un compromise
politique. Les pays d'Europe ne resteront pas long-
temps en paix ; et A plus forte raison ils ne pourront
pas se reliever, a moins de proc6der A des Achanges
commerciaux sur une echelle plus grande, au course des
dix prochaines ann6es.
Mais tout ceci est encore insuffisant, quelle que soit
l'importance que l'on puisse donner A ces elements
dans la situation actuelle. La Conf6rence de Paris est
un CongrBs europ6en, mais 1'Amerique le suit avec
attention. II est essential pour la paix et le redresse-
ment de I'Europe que l'Amerique, en promettant son
aide A 1'Europe dans le besoin, d6finisse plus claire-
ment les objectifs de sa politique.
En dernier lieu, on fera bien de se souvenir qu'un
siege doit rester vacant au concert des nations euro-
phennes, mais qu'en definitive c'est le people allemand
,qui sera invite h l'occuper. La sagesse -des Allibs d6ter-
minera maintenant 1'etat d'esprit dans lequel l'Allema-
gne s'orientera oen definitive vers un relevement paci-
fique. '

2) Daily Telegraph (27/6, conservateur)

Le but de cette Conference est de cr6er un organism
de cooperation et de publier des directives pour que
1'Europe puisse r6pondre de facon constructive A la
proposition de 1'Amerique. La question de savoir si l'on
y parviendra depend presque entierement de attitude
qu'adoptera M. Molotov. S'il montre un desir veritable
de coop6rer A 1'6tablissement d'un plan economique, de
nmouveaux espoirs seront donnas a 1'humanit6 sur le plan
economique et come dans le domaine politique. Si M.








BULLETIN QUOTIDIAN DE PRBSSE BATANGORE 3
- i


Molotov n'adopte pas cette attitude, les parties de 1'Eu-
rope qui seront libres d'agir A leur guise devront don-
ner la meilleure r6ponse possible.
La Conference de Paris a 6t6 precedbe par un dis-
cours important prononce A Londres par l'ambassa-
deur des Etats-Unis en Grande-Bretagne, M. Douglas. il
est tout A fait vrai que les progr6s de la reconstruc-
tion seront retards et m&me ruins dans tous les pays
ofi 1'on inspire deliberement la mbfiance, la crainte et
la haine.. Aucun EuropBen sens6 ne niera que la mi-
s6re nalt de la discorde.
Mais le discours de M. Douglas nous rappelled aussi
qu'une certain responsabilit6 income a 1'Amerique.
Ademottons que cette bonne volontW des Etats-Unis n'ait
rien A voir avec la crainte Aprouv.e par les Americains
'A 1'6gard du communism, et -qu'elle ne soit pas une
simple manifestation de la < diplomatic du dollar >)
comme les communists 'ont pretendu A tort. Eile a ce-
pendant et A just titre un rapport 6troit avec l'autre
crainte important qui hante les Americains : la crainte
,du chomage. Les Americains savent qu'ils doivent ex-
porter des marchlandises et avancer des fonds A l'tran-
ger on courir le risque d'une crise tres grave. Mais. en
fin de compete, les exportations impliquent le d6sir
d'accepter les importations. C'est pourquoi, alors que
les ruines de l'Europe font naitre en Amerique une
sympathie' notable, et que l'on enregistre avec satisfac-
tion, les menaces de conflicts sociaux aux Etats-Uni.s
font naitre des anprehensions en Europe. En fin de
comnte, si ces difficnltes en*rninaient le chnmase en
Am irinue. il s'ensuivrait )e.ut-Mtre one les Amiricains'
n'auraient pa's le dsir d'accepter touted les cons4auen-
ces du plan Marshall. mais au contraire renugneraient
A accepter des imnortations. En r6sum&. des contacts
fructueux entire' 1'Est et l'Onest n6cessitent non pas sim-
plement une situation sfable d'un seul c6t6 de l'Atlan-
tioue, mais des deux .c8.ts. C'est le devoir de l'Europe
d'Alaborer des plans constructifs. C'est tout autant Ie
devoir de 1'Am6riaue de veiller A ce qu'il n'y 'ait pas de
conflits sociaux chez elle.

3) Daily Express (27/6, conservateur) :

La Conference de, Paris :s'ouvre A un moment ofi la
situation mondiale devient plus grave d'heure en
heure.
Dans ces circonstances, un triomphe 'des Ministres
des Affaires ,~trangeres a Paris apparaitrait d'autant
plus grand et temoignerait d'autant plus de la t6nacit6.
don't fit preuve 1'humanit6 pour chercher A faire regner
la paix.
Un monde sceptique a demand un miracle.
I1 peut Wtre r6alis6 mais seulement en abandolnnant
les pr6textes fallacieux qui ont rendu impossible la col-
laboration entire la Russie et les puissances occidenta-
les, et avant tout cette affirmation fausse selon laquelle
il faut choisir entire < un monde uni > et < pas de
monde >>.
11 y a des centres d'interAt qui existent et que Pon
dolt reconnaitre, mais le fait quil existe pouve-t-il qu'ils
excluent les uns des autres ? En aucune facon.
Que les hommes d'Etat europ6ens suivent done
l'exemple de Churchill, Roosevelt et Staline A Yalta.
L'attitude qu'ils ont adopt6e a eu d'heureux r6sultats
pendant la guerre, elle pourrait en avoir aussi en temps
de paix.


b) L'UNION FRANgAISE (Times, 27/6) :
Mercredi derdier, le government frangais a adress6
une note de protestation officielle au gouvernement
egyptien au sujet des diff6rentes declarations politiques
faites par Abel El Krim depuis que celui-ci a 6chapp6
A la surveillance francaise.
La reapparition de cet adversaire fanatique de i'in-
fluence occidentale en Afrique du Nord coincide
malheureusement avec les efforts que renouvelle la
France pour essayer de satisfaire les 'aspirations du na-
tionalisme arabe dans le cadre de 1'Union francaise.
Les bases de l'Union francaise, contre laquelle Abd El
Krim avait de facon plut6t pr6matur6e manifesto une
hostility ouverte, constitute dans une association ,'troite
entire la France et ses possessions d'outre-mer, gimen-
t1e par des institutions communes et par une politique
unique A 1'egard du monde exterieur. Cette conception
refl6te une attitude liberale et constructive A l'6gard
des aspirations nationalists des peuples non-europ6ens,
aspirations que le Commonwealth britannique essaie
6galement de satisfaire de differentes falcons. Les Fran-
cais, comme les Anglais, se rendent compete ou'il n'est
pas facile de persuader les champions de I'isolation-
nisme national--que ce soit en Afrique ou en Asie -
qu'une collaboration avec 'Occident est un 6elment n6-
cessaire dan's les conditions m'atbrielles don't depend un
prngrAs m6thodique Le general Juin. nouveau resident
iAnAra1. a snnlicgn Il mois dprnier A Cnsahlanca (ue la
miee en vnlonr nii Mqrno doit se fire snivant des con-
contions oceirldntale. 11 faut rpcrrotfpr de voir one la
tendance ae'vnplle. dontf on cnonsftp l'existence an Ma-
rne. en Al ri e f pn Tnnisip. est Tmine nrnhe. nllntAt mne vors nno mnisc-lnce nrcirlntale
arnleonrrlle. Thin nne rette tenInar .P oit enrartbristinne
de T'psnrit mii rdnmine aetnellement dahs le monde
irnnhe. La grander r rps Arnhes. Tna)ssAe on future, re-
;sie rdans Tenqr ennncit~ de nrn;fter de la 'culture 'de
l'noidrlent aussi bipn mae de l'nrient : et les Arabes
('Afrrnr din Nonrd ont rt7ns refte svnt 1Ase un r le im-
nortant A inner. TI sprait vrniment dommnafe one I'in-
Fln'nee d'Abd El Krim enforce les forces locales de
rpatiHnff.

c) LA SITUATION TN'IATREURE PE FRANCE (Tfmees. 27/6) :
Pendant toute la durde de la; Conference, le gouver-
nement aura un peu de r6pit : il n'aura plus A subir
les attaques de ses d6tracteurs, qui parmi ses partisans
ou en dehors d'eux, cherchant A rompre la coalition ac-
tuelle pour des raisons ideologiques ou l6ectorales. Mais
les politicians, quels que soient les oautres motifs qu'ils
aient de se reposer un pen, ,doivent conn.aitre quelles
sont les perspectives internationales avant de reprendre
la lutte.
Si la conclusion des entretiens de Paris donne des
espoirs solides de comprehension europ6enne, et per-
met de penser en consequence que l'aide am6ricaine
sera accordbe, la situation .de la France changera. L'obli-
gation de coop6rer dans le cadre d'un effort common
europeen de reconstruction aura sur la politique chan-
geante de la France un effet semblable A celui qu'ont
eu les guerres dans lesquelles la France a 6et membre
d'une coalition. Les conflicts politiques et id6ologiques
ne cesseront pas, mais ils s'apaiseront; et les diff6rends,
s'il s'en 61ve, ne poourront plus conduire a une cruise
gouvernementale.
S'il est vrai qu'un 6chec des pourparlers de Paris he
ferait qu'accentuter la m6sentente entire l'Elst et l'Ouest








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


il est encore plus certain qu'il augmenterait 1es ris-
ques de scission dans la politique frangaise au point
que le gouvernement pourrait se trouver pblig6 d'asso-
cier plus 6troitement la France A ses allies de I'Ouest
et de relAcher les liens qui 'unissent avec ses allis
de l'Est.
II existed un danger r6el de voir une issue defavorable.
de la Conf6rence de Paris e.t le choix difficile qu'elle
imposerait a la France, accentuer la tension politique
et le malaise social au point d'emp&cher le regime de
fonctionner. Telle est la crise pour laquelle se prepare.
le gdnaral de Gaulle et il fait peu de douti que -- quel-
les que soient ses intentions. ii aurait beaucoup de
mal alors a sauver l'integritU de 1'Etat francais et ses
institutions d6mocratiques. La possibility de voir nai-
tre de tells difficulties permet en grande parties d'ex-
pliquer la rapidity avec laquelle les Frangais se sont
lancos dans le travail pr6paratoire de la ConfArence et
ont presentf des pr positionsi constructive.
(Du correspondent du Times a Paris.)




II. PRESS AMERICAINE



Retue det la press americaine dlu 26 ju;in 1947

1. Questions ouoribres
Les reactions de la classes. ouvribre a 'adoption du < Taft
Hartley Bill > continent d'occuper la premiere place dans
la press. Le nombre 'des mineurs ayant quitt6 le travail
ddpasse 200.000 et d6ej la baisse de production charhonnibre,
entraine un ra'lentissement dans la production des acieries.
Le movement de greve commence at s'6tendre egalement aux
mines d'aniriracite. M. Hartley, protagoniste a la Chambre
de la nouvelle loi, a manifesto son intention de sounsettre
an CongrBs un. nouveau texte au oas oil celui qui vient d'etre
vote ne suffirait pas A << mettre John Lewis au pas >. Quel-
ques-ims de ses colleagues parent de la possibility de reviser
sans delai le a Taft Hartley Bill > pour y include des me-
sures coercitives additionnelles qui figuraient dans le premier
project de la Chambre odes Reprsentants et qui avaient 6t6
Acart6es par le Snnat.
La majority des journaux qui repr6sentent les points de
vue des milieux d'affaires tendent a penser que le mouve-
ment de groves qui vient de se d6clencher constitute vne reac-
tion de mauvaise humeur et que les choses s'arrangeront.
Dans leur editoriaux, le New York Herald Tribune et le
Journal of Comnlmerce continent A demander que toutes les
parties int6ressdes fassent preuve de moderation et s'effor-
cent d'assurer la mise en application de la nouvelle legis-
lation dans un esprit de collaboration mutuelle.
La press libhrale, en revanche, pursuit ses attaques
centre la nouvelle Idgislation. 11 semble se confirmer que les
chefs des syndicats sont d6cidds a engager le combat contre
le < Taft Hartley Bill > sur le terrain juridique, (stimant
que certaities an moins de ses clauses sont inconst'itution-
nelles
Lee Pressmann et Joseph Padwday, conseillcrs juridiques
du C. I. O. et de 1'A. F.L., out convoque, chacun de leur cote,
en conference, 'leurs principaux colleagues en vue d'tudier
la situation. Le C. I. O. a manifesto son intention d'ecaminer
les incidences de la nouvelle 14gislation sunr les contracts
passes dans les industries de l'acier, du caputchouc, de l'auto-
mobile et td'quipement Mlectrique.
D'autre part, le syndicate de la confection pour hommes,
affi'lie au C. I. ., a annonce la publication, le l'e, juillet,
plans son journal syndical, d'un editorial politique dans le
hut de provoquer immediatement un litige juridique portant
sur une clause de la loi qui interdit an syndicate de s'engager
dans des activities politiques.


2. Aide amdeicaine d l'Europe
L'6ditorial de la Prauda, que plusieurs journaux publient
en premiere page, a jete un froid a 'la veille de l'ouverture
de la Conference de Paris.
Les journaux accordent dgalement une grande importance
aux declarations de M. Snyder qui s'est empress, d oilleurs,
de precise que ses remarques selon lesquelles les proposi-
tions de M. Marshall ne constituaient pas un engagement
inconditionnel des U. S. A. d'e supplier aux deficits de la pro-
duction europeenne ne devai-ent pas 8tre,' interprdtdes comme
indiquant une divergence tde vues entire lui et le secretaire
d'Etat. < Au course de ma conference de press, a declare le
secr6taire au Tresor, dans ma mise au point, en r6ponse aux
questions concernant les implications du discourse du general
Marshall h Harvard, j'indiquais que nous avions eu depuis
quelque temps d.'jh des indications que assistance des U.S.A.
pourrait etre requiuse pour ]a reconstruction de l'Europe.
Comme le secr6taire d'Etat l'a indiqud dans son discourse,
avant que le gouvernement.des U. S. A. puisse s'engager beau-
coup plus avant dans ses efforts pour apporter son contours
a la situation en Europe et aider le monde europeen A pro-
gresser 'dans la voie de la reconstruction, il est indispensable
qu'un premier' accord intervienne portant sur les besoins
essentials de 1'Europe et sur la contribution qu'elle pourra
apporter a la satisfaction de ses besoins. Cet accord doit
4galement permettre de determiner une base appropride pour
.'assistance qui pourrait etre demandee au gouvernement des
WU. S. A. C'est pour cette raison que je declarai que mon inter-
pr6tation 6tait que le general Marshall avait demanded A
1'Europe de proceder a un inventaire et d'examiner ce qu'elle
pouvait faire par elle-mgme d'abord'. Mes declarations d'au-
jourd'hui ne doivent, en aucune manidre, dtre interpr6tdes
comme, marquant en quelque point que ce soit une divergence
avec les propos du secr6taire d'Etat h Harvard a.
Deux considerations principles se .d6gagent des *ditoriaux
et articles de press d'aujourd'hui : 1 la conference dchouera
si les Russes essaient de 1'exploiter au profit exclusif de leur
politique ; 20 'attitude du Congrbs f 1'egard .du programme
qui sera 6ventuellement elabord par les pays europdens sera
d'une importance d6terminante.
Le correspondent de Washington au Wall Street Journal,
dans un article intitule < Le plan Marshall rencontre de
;'opposition parmi les chefs .de I'administration et dii Con-
gres >, declaree que de profondes divergences de vues se ma-
nifestent dans la capital sur l'opportunite du plan Marshall
et les possibilities de le mettre en pratique ou ide le faire
approuver par le Congres.
Dans un editorial consacr6 au discours prononc6 par
M. Henri Bonnet au City College, a New-York, ce mdme
journal, apres avoir approuv6 les paroles de l'ambassadeur
disant : a Nous sommcs d'accord avec le .g6ndral Marshall
que les peuples d'Europe doivent eux-mdmes consacrer toutes
leurs resources et toute leur energies t la remise en .tat de
leur iconomie >, erit que le gouvernement frangais parait
avoir bien compris le sens des propositions du secr6taire
d'Etat, mais qu'il n'est pas sutr que le people frangais le
comprenne aussi bien et qu'il a peut-6tre trop tendance a
considdrer que I'aide am8ricaine est une chose due.
Les journaux estiment que le succ6s des ndgociations qui
s'ouvrent dependra uniquement de attitude qui sera adoptee
par la delegationn sovidtique. Ge point de vue est mis en
vedette dans un editoriall du Philadelphia Inquirer, isous Ie
titre : < Si la conference echoue, la fauto en sera aux
Soviets >. Le New York Herald Tribune souligne dans un
editorial que la Conference de Paris ne dolt pas se transfor-
mer en une tribune pour la iddfense d'iddologies politiques
opposees. (Voir cet article plus loin.)
La press fait ressortir en m&me temps que, dans P1ven-
tualit6 d'un echec, IM. Bevin est decide h aller de l'avant en
renongant a chercher davantage, a s'assurcr la cooperation
de laRussic et de. ses satellites.
Le gouvernement britannique continue A penser que 1'Alle-
magne dolt jouer un rOle essential d-ans la reconstruction de
l'Europe, point de vue qui a et6 ent6rinde nouveau par le
general Marshall dans sa conference de press. Le New York
Herald Tribune precise, a cet tgard, que 'le secr6taire d'Etat,
en rditerant I'opposition amdricaine t la creation d'une
< authority < pour la Ruhr, n'en a pas moins affirmed A nou-








BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS BTRANGARE 5


veau que l'augmentation de la production charbonniere de
cette region dtait indispensable pour la restauration 6cono-
mique de 1'Europe et, ajoute ce journal, ii s'est gard6 de
ferner la porte A 1'examen en temps utile des projects de la
Banque Internationale touchant cette question.
De Paris, Callender 6crit que les declarations de M. Snyder
ont cause line vive surprise.
Les agencies et le's correspondents des journaux rapportent
les paroles prononc6es a Strasbourg par M. Maurice Thorez
qui sont consid6eres comee une attaque contre le plan
Marshall.
3. Nouvelles frangaisfs
Les correspondents parisiens indiquent qu'& la suite d'u
vote de l'Assemblee, la position du cabinet est momentane-
ment consolidee et que 1M. Ramadier sera en measure de choi-
sir lul-mnme la date a laq'uelle il posera au Parlement la
question de confiance.
Pour Withoomb, le debat actual a lieu entire Jes partisans
du liberalisme 6conomique et ceux du dirigisme.
Le Christian Science Monitor, dans une d6peche de Paris,
ecrit que le parti communiste expl-oite au maximum le me-
contentement ouvrier et les groves spontan6es qui en sont
l'expression. Ce sont les communists qui 'ont organism Ies
demonstrations devant le Palais-Bourbon, mais, ajoute le
correspondent, ils prennent soin de maintenir ces manifesta-
tions .dans certaines limits, car ils craignent que des vio-
lences trop marquees c n'ouvrent 'la porte aux partisans du
general de Gaulle ou .A quelque autre movement de droite 3,
Le New York Post, d.ans un article de Paul Scoot Mowrer,
dans un article rddig6 dans un sens sympathique, expose les
difficultis de France qui, selon, lui, seraient d'ordre spiritual
plut6t qu'economique.
Un article non sign du Saint Louis Post Dispatch, inti-
tul : a Firvre imp6ria'e en Fiance >, est un tissu d'attaques
s'achevant par la conclusion que la France, pays aux res-
sourCes et A la vitality diminuees, continue A maintenir un
-empire par la force ou par de fausses processes tells que
la nouvelle Constitution de, ]'Union franaise et, .ie ce fait,
est incapable de surmonter ses difficultis Bconomiques.

a) LA CONFERENCE DE PARIS (Niew Yolrk cfl 0ald Tribune,
26/6).
< Lorsque les quatre Ministres des Affaires 'etrang6res
.se sont s6par6s A Moscou le mois dernier, ils ne pens
saient pas qu'une autre conference se r unirait si t66,
Le fait que trois Ministres se rencontrent A nouveau
maintenant est dfi 1'insipiration du quatrieme, don't ils
sont venus discuter les idses. On cherche A laborer un
plan pour le redressement de toute l'Europe. La reaction
des Russes, qui n'est pas tout A fait d6favorable, la r6-
ponse favorable et beaucoup plus positive d'un pays tel
que la Pologne ont donn6 des espoirs A ceux qui pen-
sent que la r6alisation d'un tel plan est encore possible.
Si l'on ne parvenait pas A laborer un plan pour toute
l'Europe, il existerait sans aucun doute un plan pour la
moiti6 de ce continent et il y a peu de gens qui accepte-
raient une telle solution avec une reelle satisfaction.
Disons tout 'de suite que si les Russes font dependre
leur acceptation d'un engagement ferme de la part des
Etats-Unis, la Conf6rence ne peut se terminer que par
un ehec. Nous ne discons pas cela A la 16g6re. C'est I'ex-
pression m&me de la r6alit&. Etant donn6 qu'il est oblige
de rester dans le cadre de la Constitution ambricaine, le
secretaire Marshall ne pouvait presenter son offre sous
une forme plus positive qu'il ne 1'a fait.
La Conference est 6galement vouee A un echec si elle
devient le champ de discussions ideologiques. Ainsi que
1'a dit M. Bevin, quand nous envisageons les problAmes
europeens actuels, nous devons constater qu'ils ne se
r6sument pas dans une ideologie politique quelconque.
I faut s'occuper des questions de ravitaillement, de
carbon, de transport, de logement autant d'616ments


qui permettent aux.peuples de mener une existence con-
venable.
C'est ce qu'ils d6sirent et c'est ce que nous devons
leur donner. Les chances de succes des hommes d'Etat
dependront largement de la measure dans laquelle ilss se
limiterdnt aux questions de ravitaillement, de carbon,
de transport et de logement. La Russie a besoin de tout
cela, autant, sinon plus, que tous les autres pays d'Eu-
rope. Tant que les dollars serviront A atteindre ces
buts, il n'y a aucune objection a en envoyer A tous les
pays, y compris la Russie.
Ce qui est necessaire avant tout, cependant, c'est
d'6tablir le bilan des besoins de 1'Europe pour compl6-
ter le bilan des resources amBricaines don't on a d6jh
commence a dresser la liste. Si une union douaniere ou
une forme quelconque de conf6edration europ6enne
nait 6ventuellement d'une collaboration economique
plus etroite qu'il sera n6cessaire d'6tablir selon le
plan Marshall cela n'en vaudra que mieux. Mais de
telles solutions demanderont, en mettant les choses au
mieux, plusieurs ann6es pour etre r6alisaes et les discus-
sions actuelles doivent rester sur le plan pratique. Plus
le plan sera simple, et plus les chances de succ6s seront
grades. >

b) VERS UNE REVISION DE LA POLITIQUE AMERICAINE (New
York Hercnd Trzibaue, 27/6, Ad. europ6enne).

< Si l'on respect et si l'on suit l'id6e fondamentale
du discours du secrBtaire Marshall a Harvard, ce dis-
cours marquera le debut des relations plus naturelles et
plus normales entire les E'ats-Unis et le monde euro-
phen. M. Marshall a insist sur le fait que le plan de
redressement europeen dolt etre 6laborB en Europe et
non en AmBrique, et que notre role est d'apporter notre
aide et nos encouragements, mais non pas de prendre
I'initiative et la direction, ou d'obliger les nations euro-
p6ennes A adopter un plan ambricain.
Nous nous sommes, en effect, rendu compete, A measure
que l'on comprenait mieux la gravit& de la crise qui
nous menacait, que si l'Europe devait dependre de nous
A un degr6 moindre sur le plan Bconomique, elle devait
6galement d6pendre de nous A un degrB moindre sur le
plan politique. Aussi, tant que M. Bevin et M. Bidault
se tourneront d'abord vers Washington pour trouver
une solution aux questions europ6ennes, iAs ne s'dniront
'pas en tant qu'Europ6ens. Ce qui est extraordinaire,
c'est que le fait de ne pas encore avoir adopt une
politique commune franco-anglo-belgo-hollandaise A
1'6gard de l'Allemagne et de la Ruhr a certainement 6tM
dfi surtout A ce qu'on faisait trop attention aux rela-
tions de Washington.
A mon avis, le discourse de Harvard signifie qu'il faut
s'attendre A une modification de ces relations fausses
entire les diff6rentes nations europ6ennes et avec les
Etats-Unis. Ce discours dit, en effet, qu'au lieu de cher-
cher un accord s6par6 avec nous, les divers pays d'Eu-
rope devraient s'entendre entire eux. Car nous ne pou-
vons pas gouverner l'Europe et nous n'avons aucune-
ment le ddsir d'etre obliges d'essayer de le faire.
Ceci ne veut pas dire que nous nous d6sinteressons
de 1'Europe. Nous continuerons A maintenir 1'6quilibr-
des forces le long de la ligne Stettin-Trieste et dans le
Moyen-Orient, et nous nous offrons a soutenir un pro-
gramme de redressement europ6en. Ce n'est aucune-
ment de l'isolationnisme. Mais nous devrons nous db-
gager d'une participation trop 6troite, renoncer a une
intervention excessive dans la vie interieure du conti-
nent europ6en.
L'accord qui vient 'd'etre conclu avec le gouverne-
ment grec est un example concrete de cette participa-


uLlrr~







6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE *fTRANIQt


tion trop 6troite et de cette intervention excessive.
M6me si nous admettons que dans le cas de la Grice il
n'y .avait pas d'autre solution possible le r6le que nous
avons jou6 en Grace est un example evident et frappant
du. r6le que nous ne pouvons plus nous permet re de
jouer dans le cas des autres pays. Si ce que nous'devons
faire pour gouverner la Grace est une application de la
doctrine Truman, il ne devrait plus 6tre question alors
d'appliquer cette .doctrine ailleurs qu'en Europe.
Supposez que l'on essaie de faire quelque chose qui
resemble A l'op6ration grecque, en Italie, aux Pays-
Bas, sans parler de la France et de la Grande-Bretagne.
Les affaires de GrAce illustrent parfaitement la neces-
sit& de modifier radicalement notre politique europ6en-
ne, comme l'a soulign6 le discours de M. Marshall.
Le nouveau monde peut r6tablir l'6quilibre d P'an-
cien. Mais il ne peut gouverner, administer ou diriger
et sauf dans une faible measure, et pour un temps li-
mitd, finance I'ancien Monde,
Si l'Europe est menace par l'imp6rialisme sovitique,
les Etats-Unis ne peuvent sauver l'Europe A eux seuls
en s'opposant A la Russie. L'Europe doit se sauver elle-
im.me. Les Etats-Unis ne peuvent aider 1'Europe A se
sauver que si le principal effort de salut vient .de 1'Eu-
rope elle-angme.
La sagesse profonde du discours de Harvard provient
du fait qu'il s'appuie isur une appreciation veritable de
nos relations avec 1'Europe, et cherche A 6viter la situa-
tion fausse .de l'isolationnisme et Pautre solution, non
moins trompeuse. de intervention unilaterale univer-
selle.
Les besoins de 'Europe demandent une solution im-
mediate. NBanmoins, maintenant que nous avons hien
debutA, nous ferons bien c de nous hater lentemcnt n,
afin de laisser aux principles posAs dans le discours de
Harvard le temps de porter leurs fruits.
Nous ne pouvons en effet apporter une aide efficace
A 1'Europe dans son ensemble, on A une parties de 1'Eu-
rope, par example la Ruhr, que dans la measure ofi les
nations principalement intfressEAs pourront et voudront
agir en commun.
D'autre part, nous ne pouvons pas brusquer non plus
les choses aux Etats-Unis. Si l'on veut que le Congrds et
le people americains soutiennent un programme euro-
peen A une 6chelfe que r6clame la situation actuelle, ii
faudra leur faire comprendre clairement que ce pro-
gramme est en fait un project de redressement et de paix
et non pas seulement un autre moyen pour obtenir une
aide financiere qui ne resoudrait rien. Seul tn pro-
gramme alabor6 en Europe par une entente commune
des Europeens nous permettrait de fonder l'espoir rni.-
sonnahle que cc but est vraiment vis6. !
'(WALTER TPPMANV).


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la nresse soavidttque, du 27 juin 1947
1. Le Plan Marshall
On ne relbve h ce sujet que qnclrues nouvclles pr6sent6es
sans commentaires. Trois tglg*iammes de londres ,t de
Paris concernent la mission de XM Clayton a Londres. Deunx
tleA1rammes d'Ankara et *le New-York r6sument les non.
velles relatives aux conversations turco-americaines.

2. Lutte mondiale pour la ddmocratfe
rd' th6me group la plnpart des nouvelles et des com-
mentaires de la press du 26. Un ensemble de trois d6pO-


ches suit P'volution de la situation politique en Italie.
Sous le titre : c Paroles de gauche, actes de droite , la
Pravda cite quelques-uns des commentaires de la press
italienne sur le gouvernement de Gasperi.
Trois teldgrammes concernent les 6venements de France :
une dlp&che, announce l'ouverture du CongrBs communist
h Strasbourg et deux t.6elgrammes signalent l'extension du
movement de gr6ve.
On relive en outre trois dnDAches isoldes :
De Prague, le Rude Pravo d6nonce la presence d'614ments
fascinates dans administration slovaque;
,Dr Berlin. un article dul Neues Deutschland, signal l'ac-
livite de certain diplomats hitleriens:
D'Helsinki, un telegramme rend compete du prdocs des
organisateurs de dip6ts d'armes.
II convient de noter dgalement certaines dipbches sur
les sujets suivants : examen du project anglais de r6-
forne agraire par les parties politiques en Allemagne; nonu
velles provocations a la frontibre albano-grecque acbomna-
andes d'un renforcLment de la campagne de la presse r6ac-
tinnnaire et des homes politiques Qui accusent les voi-
sins de la Grace de venir en aide aux partisans et de pr6-
oarer un aggression armee contre la Grece,

3. La politique des Etats-Unis
On relive A ce sujet les til6grammes suivants : pro-
testations contre la loi Taft-Hartley; resume des ddbats du
process de Dennys, secr6taire general du parti communist
amdricain; baisse des valeurs en bourse .due A l'extension
des graves: examen par la Chambre des Repr6sentants du
project de loi de standardisation; approbation du budget de
la Marine par la Commission du Senat; creation d'une po-
lice industrielle dans la zone d'ocoupation ambricaine en
Allemagne.

4. Nola;elles diverse
Trois d6pdches concernent les travaux de I'O.N.U. : seance
du Conseil de Securite; travaux du ComitU consultatif pour
les questions administrative et budg6taires; session de la
Commission dconomique pour .'Asie et 1'Extreme-Orient.
Un breve d6.peche announce la mort A Stockholm du repr&-
sentant de 1'Ethiopie en U.R.S.S.



IV. PRESS BELGE


LA SITUATION INTARIEURE EN FRANCE.
1. La Libre Beilgtque (27/6, catholique) :
a En d6pit de la victoire que M. Ramadier vient de
remporler a 1'Assembl6e Nationale et au Conseil de
]a R6publique en faisant voter le plan Schuman, la po-
sition de son cabinet demeure toujours incertaine et le
malaise politique va croissant. On ne doit pas s'6tonner
outre measure si, dans le courant de la semaine pro-
chaine le gouvernement est mis en minority ou part de
son plein gr6.
Le credit du gouvernement Ramadier semble Atre,
depuis quelque temps, nettement en baisse. Les grAves
incessante auxquelles on ne volt aucune solution don'tt
la toule r6cente et fort inquitante greve g6n6rale des
miners) les manifestations de lundi devant le Palais
Bourbon, le manque de po!itique gouvernementale lo-
gique et coh6rente en mnatiere de salaires, tout cela sem-
ble indiquer que le gouvernement Ramadier est non
seulement discut6, mais critique A I'extreme.
Etant donn6 tout cela, on peut se demander si l'in-
terpellation Gazier n'est pas pr6cisement destined A fa-
ciliter en quelque sortee C depart de M. Ramadier, dA-
part qui s'effectuerait < en beauty a et sur un terrain
relativement favorable pour la S.F.I.O. Ce n'est IA, na-







BULLETIN QUOfTDlEN DR PRESS ATRANGR E I


turellement, qu'une hypothese, mais elle ne manque pas
de vraisemblance. Quoi qu'il en soit, dans les couloirs
du Palais Bourbon on parole d'ores et deja des prochai-
nes combinaisons gouvernementales possibles et on exa-
mine en particulier les chances ,d'un cabinet M.R.P.-
S.F.I.O. ayant l'appui de certain radicaux et ind6pen-
dants.
Naturellement, tout cela n'est pas pour remain et, s'il
doit y avoir cride, elle n'6clatera probablement pas
avant la seinaine prochaine.
Mais Pa'yentualit6 d'une crise. come tell, n'est pas
A exclure. *

2. Le SoUr (27/6) :
c L'effervescence social, loin de s'apaiser, prend de
plus en plus d'ampleur. Sur tout le territoire, l'agita-
tion ouvriere s'accroit, partout les graves se multiplient.
Quel est le sens exact de ce movement social qui
tend A se g6neraliser ? Comme il y a quelques semaines,
In vague semble se *d6velopper assez souvdnt en dehors
des consignes des confederations ouvrieres de la C.G.T.
et de la C.F.T.C. Sans doute tire-t-elle ses motifs d'un
m6contentement general, tenant A la fois aux difficulties
de ravitaillement et aux measures financieres du gouver-
nement. Cependant, certain conflicts combine .celui des
mineurs, ne paraissent pas strictement professionnels. >



V. PRESS -UISSE


LA SITUATION INTPERIEURE EN FRANCE.
1. Joi *rlnal de Geandve (27/6):
< L'accumulation 'des deficits et l'usage abusif de la
planche A billets finiraient par entrainer la chute coin-
plAte du franc. Ce ph6nomene s'est produit dans de
nombreux pays; il n'est pas besoin. d'insister sur ses
consequences d6sastreuses.
M. Ramadier, en plein accord avec M. Schuman, a
essay d'enrayer ce movement fatal; ils veulent faire
une derniere tentative orthodox pour freiner l'infla-
tion. Afin de r6tablir dans une certain measure 1'6qui-
libre du budget ordinaire, d6truit par la hausse des sa-
laires, ils proposent des economies et one augmentation
des imp6ts directs et indirects. La plupart des subven-
tions que l'ELat distribuait pour le pain, le lait, les ma-
chines agricoles seront supprimees, ce qui entrainera
pour le consommateur un rench6rissement de ces pro-
duits: En outre, il est pr6vu d'accroitre le prix du
tabac, le taux de l'imp6t de solidarity, les prix des
transports ferroviaires et postaux. Que ces mnesures
soient impopulaires, c'est certain, mais trop de gens
s'imaginent encore que la caisse ,de 1'Etat est come
la cassette royale d'autrefois et qu'elle se remplit par
une sorte *de miracle. AprBs pas mal d'h6sitation, le
Parlement s'est r6sign6 A sanctionner ce programme,
cependant que la foule manifestait. devant le Palais-
Bourbon. II ne semble pas que les deput6s soient tres
convaincus de sa r6ussite, mais on ne volt vraiment
pas ce que, dans les circonstances actuelles, un gouver-
nernent soucieux .de ses responsabilites aurait pu faire
d'autre. 11 ssaie, par des measures classiques,. d'arrAter
un courant dangereux. Mais il est evident que les sacri-
fices financiers ne se r6veleront efficaces que si le pays
retrouve son came et consacre toutes ses forces A pro.


duire davantage. II faudrait que cessassent ces luttes
d'influences politiques dans les Imilieux ouvriers, oi la
C.G.T., le parti communist, les 616ments trotzkistes
s'efforcent de consolidei- leur autorit6. La prolonga-
tion des groves qui 6clatent .dans les secteurs les plus
divers devient un malheur national. C'est la population
tout entire qui en fait les frais. La France qui a, mal-
gr6 ses difficulties actuelles, tant de resources morales
et mat6ritlles, a grand besoin de tranquillit&. II serait
vraiment tragique qu'elle an6antit les r6sultats tres en-
courageants qu'elle avait d6ej obtenus dans le domaine
de la reconstruction. o
(RENE PAYOT).

2. La Tribune de Geneve (26/6) :
z Le President .du Conseil a fourni, en mainte occa-
sion, la preuve de ses talents d'homme d'Etat.,On dolt
consid6rer comme un veritable tour de force le fait
qu'il se soit maintenu depuis plus de 5 mois au pou-
voir dans les conditions que l'on sait. Mais lorsque les
aspirations les plus contradictoires se font jour dans
le pays et que certaines d'entre elles s'exptiment avec
une vigueur qui confine A la violence, lorsque, a l'op-
position parlementaire, s'ajoute, u sein meme du mi-
nistere et des parts qui le forment, un desaccord sur
un point essential du programme gouvernemental, la
conduite des affaires publiques relive de l'6quilib;isme
plus que de la politique. Et la chute, des lors, peut so
produire A chaque instant. 3
(JEAN-JACQUES CHOUET).

3. National Zeitung (26/6, edition du soir) :
< Les proc6d6s qu'on a voulu employer pour r6tablir
1'equilibre budg6taire ont provoqu6 la surexcitation des
esprits. A l'heure actuelle, des militants de base dut
parti socialist murmurent: (( Est-ce que ce sont r6elle-
ment des ministres et des d6putes socialists qui ont
approuv6 ce programme ? >> Et partout on se demand
avec inquietude combien, de temps durera le novel
assainissement. Trois mois ? Cinq mois ? Le credit don't
le ministbre Ramadier dispose a la Banque de France
peut 6tre beaucoup plus facilement augment que celui
don't il jouit en ce moment aupres de la population...
La France mine-t-elle un train de vie au-dessus de
ses possibilities ? La population pourra-t-elle payer in-
d6finiment les d6penses de 'Etat ? La population ,
c'est quelque chose de tr~s vaste. Ainsi elle comprend,
entire autres, les producteurs agricoles. Mais toutes les
statistiques fiscales d6montrent que .ceux-ci ne partici-
pent que dans une tres faible measure aux sacrifices que
l'Etat impose aux Francais. Les paysans ont une frayeur
presque superstitieuse des imp6ts. Telle 6tait d6jh leur
mentality sous la IIIP RBpublique, qui de ce fait se
voyait oblige de recourir sur une tr6s grande 6chelle,
aux contributions indirectes. Sous la IV" RBpublique,
la situation n'a pas change. Ce qui en Frange est le plus
urgent, c'est sans doute une r6forme administrative
telle que les paysans se voient eux aussi contraints de
supporter la part de charges qui leur revient. II y a
longtemps qu'on en parole; mais depuis qu'on constatA
que la masse paysanne est politiquement malleable, les
parties se montrent particulibrement desireux de lui
complaire. Au Parlement, on parole bien souvent de la
classes ouvriere et presque jamais des agriculteurs. Mais
nul n'ignore, bien entendu, qu'ils ont beaucoup moins
souffe[t de la guerre que les autres 61lments de la
Nation. )


S. P. I. Imp., 27, ru Nicolo, Paris 31.3009


- ------ --









































































Prix : f6 fres.




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs