Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: June 26, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00123
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION LA DOCI
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTrES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')



BULLETIN


DE


26 juin 1947.


PRESS


ETRANGERES


PRESS


QUOTIDIEN



ETRANGERE


Nouvelle S6rie N 702


SOMMAIRE

I. PRESSE BRITANNIQUE.
,a) Avant la Conference de Paris.
1. News Ohaonicle (25/6).
2. Daily Warker (25/6),
b) Le bilan des travaux de 1'O.N.U. (Daily Hdrald,
25/6).
c) La situation interieure en France (Times, 25/6).
Id) La legislation ouvriere aux U. S. A. (Daily Wo~-
ker, 25/61
II. PRESS AMERICAINE.
a) Avant la Conference de Paris.,
1. New York Herald Trilbune (25/6, edit. eur.).
2. New York Heralcd Tribune (24/6).
b) La 16gislation ouvriere aux Etats-Unis (New York
Herald Tribune, 24/6).
III. PRESSED SOVIATIQUE.
IV. PRESS POLONAISE.
La s6curit6 de 1'Europe (Ktarletr LWdzienny, 23/6).
V. PRESS BELGE.
:a) Avant la Confdrence de Paris.
1. Le Peuple (25/6).
2. Le Drapeao Rouge (25/6).
b) La situation intdrieure en France (Le Soir, 25/6).
VI. PRESS SUISSE
Avant la Conference de Paris (Joarnal de Genbve,
25/6).


I. PRESS BRITANNIQUE

Revue de la press britannique du 25 juin 1947
La press de ce matin donne la vedette a la grave des
miners amdricains et aux entretiens Bevin-Glayton, a l'ar-
rivde de la ddelgation sovidtique A Paris. La France ocoupe
une place assez important. L'adoption par 1'Assemblde des
measures financidres proposees par le gouvernement fournit
matibre a plusieurs articles, notamment dans le Times et le
,Manchester Guardian et A un editorial dans le Times. (Voir
cet article plus loin.)
La plupart des autres questions trait6es par la press sont
surtont des questions de politique 6conomique britannique,
l'dventuelle reduction des importations am6ricaine. Las


journaux croient que la reduction de la consommation du
gas et de l'electricit6 vient de la grAve des employes des
mines des Galles du Sud.
1. Greveis amdricaines
Tons les journaux annoncent que plus de la moitid des
employs des mines de carbon hitu'm des Etats-Unis se
sont mis en gr&ve pour protester centre la loi Taft-Hartley.
Ils laissent prevoir une extension rapid de ces groves a
d'autres branches de l'industrie amdricaine. Le Daily Mail
va jusqu'A annoncer en manchette qu'une grAve gdenrale
menace les Etats-Unis.
Le Daily Telegraph croit A une intensification du mou-
vement syndical et a l'affiliation prochaine de la C.I.O. et
de 1'A.S.M. dans les syndicats de chemins de fer.
Le correspondent du Times ne voit pas encore dans quelle
measure le conflict entire syndicate et patrons pourra affected
1'economie et la stability du pays. II discerne deux tendances
en ce qui concern le r6le de 1'6conomie amdricaine sur le
plan international : d'une part, ceux qui estiment que l'aide
A l'Europe est ndoessaire A la prospdrit6 des Etats-Unis eux-
mdmes et l'autre, ceux qui craignent un affaiblissement de
1'4conomie americaine du faith d'une augmentation des expor-
tations. Mais aucune de ces deux tendances n'aura guere
d'importance si groves et conflicts sociaux se multiplient.
Le correspondent du News Chronicle announce que les.
groves ont d6ji eu pour effet de faire baisser fortement les
actions boursidres. Certains journaux font prdvoir que les
Etats-Unis vont au-devant 'iun.e anniee agItee.
2. Entretiens Bevin-Clayton
D'apres le correspondent diplomatique du Times, les en-
tretiens entire M. Clayton et M. Bevin ont permis A ce der-
nier de recevoir des precisions sur la forme que. prendrait
l'aide amdricaine a 1'Europe.
D'apres le correspondent diplomatique du Manchester
Guardian, M. Clayton aurait requ pour mission de prendre
connaissance des vues des diff6rents gouvernements euro-
peens sans formuler de propositions concretes en ce, qui.
concern le plan Marshall proprement dit.
Le correspondent diplomatique du Daily Worker demand
si M. Bevin est le porte-parole de la Grande-Bretagne ou'
des Etats-Unis. (Voir l'article plus loin.)
3. L'U.R.S.S. et le plan Marshall
La presse announce l'arriv6e a Paris de la delgation sovfi-
tiqure. Le correspondent du' Times 4tudie les reactions de
la press parisienne et cite des extraits des diff6rents jour-
naux sur les chances de la prochaine conference.
II met en relief les articles d'apr6s lesquels cette nou-
velle conference aura A surmonter de grands obstacles.
4; La Pologne et le plan Marshall
Plusieurs journaux annoncent que le gouvernement ppoI-
nais s'est montrA ddsireux de collaborer au -pla dte- redra-.
sement europden. Cette attitude atirait eWt particiliB6rement






2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS iTRANGARE


bien accueillie & Washington, ecrit le correspondant diplo-
matique du News Chronicle qui, ensuite, fait dtat de l'dtat
d'esprit avec lequel les milieux am6ricains envisagent la
participation des Soviets. D'apres lui, on se demand A,
Washington si M. Mlolotov chcrchera A soulever h nouveau
les problems sur lesquels l'accord n'avait pu se fire.
5. France
Le correspondent du Times tire plusieurs conclusions des
vidnements politiques des derniers jours : tout d'abord que
le programme financier du gouvernement n'a i66 approved
qu'a ure faible majority et sous reserve du dlbat p ochain
de politique financiere, ensuite que les demonstrations
d'hier n'ont fait aucun bien aux communists; enbn que
tonte politique Bconomique est lettre more si elle est para-
lysde par des conflicts sociaux.
Le Manchester Guardian consacre, un long article aux
questions frangaises dans lequel ii fait mention de Ja pro-
pagande communiste coutre les measures gouvernementalcs
et du mecontentement de la population. Selon lui, M. Ja-
nmadier se trouverait dans une situation delicate, car il lui
faudrait decider dans quelle measure 11 peut satisfaire le
M.R.P. et I'aile gauche de son parti. 11 decrit l'atmosphire
d'hier comme t orageuse >.
D apres le correspondant du Daily Telegraph, le goiiver-
nement est sorti alfaibli des d6bats en raison des diver-
gences de vues toujours plus protondes entire radiclaux et
socialistes. La presse announce cgalement que les mineurs
du Nord se sont mis en greve, de meme que les ouvricrs des
usines Citroen, et qu une greve gdnerale a 6clat6 1 Mar-
seille.
D'autre part, le News Chronicle public un article de Rit-
chie Galder sur les recherches franualses dans le domiaine
de i'dnergie atomique. 11 concut son article par ces inots :
SLa France a renunct au secret et a garden une conscience
scientilique. Elle a repudie la bombe et ne vcut pas center
tn connit. La France choisit la route pac.lique alols que
d'autres se sont lances sur la route de la guerre, cherchant
leur voie A titons, come a travers un champ de mines. o
Certains 'journaux reprodusent les chiff'res publics par
l'organisation europeenne du carbon montrant que de tous
les pays europbens seules la France et la Tu'rquie ont d&passi
le niveau de la production de carbon d'avant-guerre.

a) AVANT LA CONFERENCE DE PARIS.
1. News Chranicle (25/6, liberal) :
Les perspectives internationales sont beaucoup plus
brillantes mainmenant qu'elles ne l'ont jamais 6td depuis
la fin 'de ia guerre. L'acceptation par la Rassie de par-
ticiper aux pourparlers franco-britanniques relatifs i
la reconstruction economique de I'Europe a modified une
situation qui, il y a seulement quelques semaines, ne
paraissait rien de moins que d6sesperee.
Les puissances occidentales ont accueilli la note
russe avec un soulagement presque mEl d'incrtrduliti.
Beaucoup .de gens essaient encore de deviner ce que
cache cette note. Les Russes, de leur c6to, cherchent
certainement avec autant de soin a determiner ce
qu'impliquent exactement les propositions de M. Mars-
hall.
Mais de toute cette atmosphere de doute et 'de re-
flexion se degage un ardent message d'espoir. Les trois
principals nations europ6ennes vont se r6unir pour
examiner un problmme qui leur est commun. Au-dessus
de toules les antipathies politiques et ideologiqucs, il
existe une grande force de cohesion : le hesoin urgent
d'adooper une politique commune pour vaincre la fa-
mine qui sevit a des deg.6s divers dans l'ensemble du
con inent.
Comment transformer ce besoin en plan corcret
d'une :ide inter-europ6enne 9
La premiere condition essentielle est d'agir avec ra-
pidite.
La deuxieme est peut-etre encore plus important.
I lv dictqulv dy Idsir presque passionnd des Am6ricains


de faire une r6ussite de l'O. N. U., maintenant ferme-
ment in.stall6e sur le sol des Etats-Unis.
Les hommes 'd'Etat europeens devraient avoir ce fait
present a I'esprit. La presence A Paris, au course du
prochain week-end, de M. Trygve Lie, Secr6taire g6n6-
ral de I'O. N. U., est un indice du d6sir des AmBricains
de travailler 'dans 1'esprit de la Charte, document qui
prevoit, en particulier, une action r6gionale des mem-
brcs de I'O. N. U. pour des questions d'interet r6gio-
nal. >

2. Daily ,Workei (25/6, communist) :
< Lorsque M. Bevin assistera, vendredi, A la Conf6-
rence de Paris, 'dans quelle measure parlera-t-il au nom
de la Grande-Brelagne ? Dans quelle measure sera-t-il
simplement le porte-parole des Etats-Unis ?
C'est une question qu'on se pose avec anxi6et dans
plusieurs milieux. De sa rdponse, peut d6pendre le sort
de la Conference et Ides plans de reconstruction de
1'Europe.
II est peu douteux que si les trois puissances qui
seront repr6sentees A Paris se mettaient d'accord sur un
verilable plan de reconstruction concu, non pas .dans
1'int6rit de la diplomatic du 'dollar, mais des nations
europ6ennes, elles pourraient presenter aux Etats*Unis
une these tres forte.
Et elles seraient assures de la sympathie de )cesi
importantes forces populaires americaines qui consid&-
rent avec mefiance et cra.nte la doctrine Truman, sous
quelque forme qu'elle soit deguis6e.
Si un accord etait r6alis6 'dans ce sens, la conference
de Paris pourrait 6ire veritablement couronnee de
success. ,
(FRANK PITCAIRN.)

b) LE BILAN DES TRAVAUX DE L'O.N.U. (Daily Herald,
25/6, travailliste) :
Il y aura deux ans cette semaine, la Charte 'des
Nations Unies 6tait sign6e 4 San-Francisco.
Deux ans se sont 6coules. Quels ont Wt6 les succes et
les echecs de l'O.N.U. ? Les espoirs que 1'on avait places
en elle ont-ils L6i r6alises ou d6eus ?
En effet, comme il avait 6te prevu, le succ6s d6pen-
dait de la cooperation harmonieuse des grandes puis-
sances. El il n'y a eu, au Conseil de s6curite. ni har-
monie ni cooperation.
Le resultat tragique, c'est que le Conseil 'de s6curit6
lui-m6me a ite presque paralys6. II s'est montr6 inca-
pable d'examiner aucune question avec fermet6 et de
fag.on decisive. Au bout de 18 mois d'existence, il n'a
pratiquement rien rialise.
Et c'est pour celte mmme raison qu'on n'a pu r6aliser
aucun progres en ce qui concern la creation d'une
force de s6curit6, le desarmement et le contr6le *de
1'6nergie atomique.
Ce sont 1A 'des faits d6sagreables. Mais il faut les re-
garder en face. Les dissensions entire les grandes puis-
sances ont ruin6 les espoirs qu'on avait caresses a
San-Fran-isco. Sur le plan po!itique, I'ON.U. ne peut
fonclionner comme on l'avait pr6vu, alors que les puis-
sances, chaque fois qu'elles en ont l'occasion, se que-
rellent dans ces diff6rentes commissions.
Tou'efois, tel quel, ce tableau n'est pas complete.
L'Q. N U. assume des functions tres importantes dans
d'autres domaines. El!e 'doit s'occuper aussi des ques-
tions 6conomiques, sociales, culturelles, 6ducalives et
sani'aires.
Et 1h, le bilan des r6alisations de I'O.N.U. est v6rita-
blement positif. Les travaux des branches de I'U.N.E.
S.C.O., charges du ravitaillement et de l'agriculture, 'de








IMULLMrN QUOTIDIEI( DE PEElUSE *ThRANG*REC ?


I'organisation sanitaire mondiale, progressent constam-
ment et aboutiront en leur temps A des r6sultats qui
profiteront directement A 1'ensemble des homes.
Deux ans, c'est bien peu. II est peut-61re trop t6t
pour dresser un bilan complete. Mais il est deja evident
que les conditions d'un veritable succ6s, Td'une r6alisa-
tion des espoirs caresses A San-Francisco resident dans
la reconciliation et dans des rapports amieaux entire
les grandes puissances. >

c) LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCE (Timnes, 25/6) :
a Apr6s un week-end enfievr& et une session qui a
*dur6 toute une nuit, I'Assembl6e Nationale francaise a
accept les severes propositions financieres qui lui
*avaient 6t6 soumises vendredi dernier. La majority de
61 voix obtenue par le gouvernement present un con-
traste defavorable avec la majority de 174 voix par la-
quelle la Chambre avait exprim6 sa confiance dans la
politique 6conomique du gouvernement, il y a sept se-
maines, et ceci donne A penser que d'autres 616ments,
en dehors de M. Dala'dier et de ses amis radicaux, ne
soutiennent plus de la m8me fagon la coalition res-
treinte qui exerce actuellement le pouvoir. Le d6bat
plus general qui doit s'ouvrir aujourd'hui montrera
jusqu'A quel point le gouvernement, affaibli par ces
abstentions, est en measure d'affronler les consequences
sociales de ses measures financiAres. Mais, quelle que
soit sa.valeur, le vote d'hier repr6sente un triomphe
pour la tresorerie francaise don'tt les points de vue ont
0t6 fermement maintenus pendant toule la crise et ont
It6 affirms d'une facon 6nergique apres le reglement
qui a mis fin a la grBve des chemins de fer.
La situation pr6sente du moins un aspect satisfai-
sant : c'est que la nouvelle Constitution, qui traverse
encore sa p6riode d'essai, a r6sist6 victorieusement aux
6preuves auxquelles elle a 6t6 soumise. La commission
des finances, place devant 'des propositions si d6plai-
santes pour la moyenne des ouvriers francais, propo-
sitions telles que l'abolition -de la subvention pour le
pain et une augmentation sensible du prix des cigaret-
tes, a commene6 par les repousser. Sous la Troisimme
R6publique, sa decision aurait 6t6 suivie d'un d6bat
orageux a la Chambre, 'dbat qui se serait termin6 par
une demand gouvernementale d'un vote de confiance
qui, dans le d6chaineinent des passions, aurait ete
probablement refuse. Mais, sous le nouveau regime, la
question de conflance ne peut 6tre pose qu'apres un
certain 'd6lai.
En faisant face aux r6alites de sa situation au lieu de
chercher comme cela s'est si souvent produit dans
les dernibres ann6es de la Troisi6me R6publique a
les 6luder par un remaniement minist6riel, la France
fait preuve A nouveau de cet esprit neuf que la R6sis-
tance a insuffle dans ses institutions.
11 est necessaire cependant d'aller plus loin. Les me-
sures qui ont 6t6 prises pour stabiliser le franc impo-
sent de lourdes charges A un people qui se montre
deja reticent. Ni la promesse de supprimer des con-
trbles impopulaires, ni la decision de rapper le capi-
tal de nouveaux imp6~ts, n'e peuvent suffire a apaiser le
malaise qui s'est exprim6 dans le movement de greve
qui gagne maintenant les mineurs, ainsi que dans les
manifestations populaires qui se sont d6roulees aux
portes de l'AssemblAe.
Les modifications projetees 6tendent la port6e des
discussions 6conomiques du domaine interieur au do-
maine international. Une augmentation de la produc-
tion qui serait r6alis6e meme par une main-d'oeuvre de
bonne volont6 et A I'heure actuelle les ouvriers fran-
cais manifestent trop d'impatience et se montrent trop
soupgonneux pour travailler vraiment avec enthou-


siasme est impossible A obtenir sans une augmenta-
tion de l'approvisionnement en matieres premieres. Les
credits americains qui ont Mt6 octroyes ou qu'on espere
obtenir satisferont ce besoin jusqu'a un certain point,
mais l'industrie francaise depend surtout des importa-
tions de carbon, et la principal source des impor-
tations frangaises de carbon est constituac par la
Ruhr. En face des discussions qui s'ouvriront cette se-
maine, les plans francais concernant les primes A la
production soulignent A nouveau et en temps opportun
le lien qui existe entire les economies frangaise et alle-
maide.
On peut bien montrer qu'en fin de compete la prosp6-
rile frangaise est li6e A la reconstruction-europ6enne,
mais un tel argument n'all6gera en rien le poids des
nouveaux imp6ts qui vont rapper les budgets familiaux
des travailleurs francais. Les travailleurs frangais se
tourneront naturellement vers le gouvernement qut
vient d'imposer ces nouvelles charges, pour lui deman-
der de prendre des measures qui les rendent supporta-
bles, et les voix communists assureront aux travail-
leurs que leurs app'els sont vains, parce que depuis
l'exclusion des communists au mois de mai dernier,
le gouvernement a cess6 de reprAsenter de facon appro-
priCe 1'opinion de la classes ouvriere. Il se peut qui la
forte diminution de la majority gouvernementale qu'on
a constatPe hier soit le prelude d'une crise politique.
Si celle-ci se produisait, il serait plus facile de la resou-
dre si 1a politique communist atait moins ambigui.
Les communities cherchent-ils A se pr6eenler comnie
des lA6ments indispensables dins une coalition, ou
cherchent-ils A s'assurer la possession exclusive du
pouvoir ? Le snutien de principe qu'ils accordent A
routes les revendications syndicales, pour une augmen-
tation des salaires laisse la question ouverte.
Bien que M. Ramadier, dirigeant socialist d'un ca-
binet A majority socialist, se montre plus rbsolu que
jamais A continue sans la participation des commu-
nistes et au besoin en resistant a leur opposition, il
serait imprudent de pr6tendre ru'il peut s'appuyer soli-
dement sur son parti. Ce n'est que par une maioritM
relativement faible que le Conseil na'innal du parti so-
cialiste a permis en mai dernier A M. Ramadier de res-
ter au pouvoir, et les 6v6nements qui se sont products
depuis lors ont dfi faire renaitre des doutes au suiet
de la saaesse d'un abandon du principle d'une unite
des ganches. Il est exact que le fosse qui spare les
commnnistes et leurs plus pro.ches voisins politiques
s'est r6cemment l6argi. en France comme partout, mais
il est du moins possible qu'en raison de la crise 6co-
nomique A laquelle non seulement la France mais toute
1'Europe dolt faire face, ces divergences recommencent
A prendre moins d'importance.

Id) LA LEGISLATION OUVRIERE AUX ETATS-UNIS (Daily
Worker, 25/6, communist) :

< Le project a recu maintenant force de loi, et les
droits traditionnels du syndicalisme ambricain n'exis-
tent plus. Aux terms de la nouvelle lii, presque toutes
les activities normales des syndicats deviennent crimi-
nelles.
A la longue, les travailleurs americains auront gain
de cause, exactement comme les travailleurs britanni-
ques ont eu le dessus dans la lutte qu'ils ont men6e
pendant dix-huit ans contre la Charte des i Blacklegs ,.
De plus. les ouvriers americains tireront de tette lutte
de grands enseignements politiques, et avant tout ils se
rendront compete de la n6cessit6 de former un parti po-
litique particulier pour d.fendre leurs int6rets.
Les ouvriers britanniques, qui placent si haut teurs







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE ATRANGARE


droits syndicaux, se mettront aussi a r6fl6chir. P.eut-on
faire confiance A la m.ajoritH du CongrBs, don't la con-
duite a Ut6 pire que celle des Tories en 1927, pour
qu'elle adopted une attitude d6mocratique en matibre de
politique international ? Poser la question, c'est la re-
soudre.
Les Taft et les Vandenberg aimeraient faire subir au
movement syndicaliste en Grande-Bretagne et en Eu-
rope le sort qu'ils sont en train d'infliger an mouve-
ment syndicaliste aux Etats-Unis, et il y a peu de
chance que ces messieurs votent des dollars pour l'Eu-
rope, A moins de consider que cet objectif est pres-
que ,atteint.
La nouvelle loi antisyndicaliste montre quelle est la
direction suivie par I'Am6rique A i'intdrieur comme A
l'extrieur. >


II. PRESS AMERICAINE

-Revre dI 'la pressie amdricaine du 24 jnin 1947

1. Labor Bill
La press donne la premiere place aux nouvelles concer-
nant Ic rejet par le Sdnat du veto pr6sidentiel au < Taft
Hartley Bill >>. Les journaux, ddans leurs commentaires,
notent que le vote du Congres met un point final a la contro-
verse et experiment le souhait que le patronat, le Ironde du
travail et administration s'efforcent, chacun pour leur part,
et dans un esprit de cooperation mutuelle, d'assurer la mise
en application -de la nouvelle loi avec bonne foi et dans' les
meilleures conditions possibles. Les faiblesses de la nouvelle
legislation qui apparaitront iventuellement a l'usage pour-
ront, si cela est necessaire, 6tre rectifides par le jeu normal
des institutions du pays. La press rdpublicaine souligne
que le President, qui s'dtait engage A fond pour faire triom-
pher son veto, a subi une d6faite que le New York Herald
Tribune qualified de < dramatique > (Voir l'article plus loin.)
Les journaux publient en premiere page 6galement la ddci-
sion de, la Cour Suprdme par laquelle une loi datant de 1946,
destinde A limiter les pouvoirs de M. Petrillo,'pr6sident de
la Federation americaine des musicians, est declarde con-
forme A la Constitution. Cette decision apparait cornme une
defaite suppldmentaire des syndicats.
Les milieux ouvriers reagissent avec force ; les leaders
syndicaux, notamment Grenn de I'A.F.L., annoncent que le
c Labor > combattra aux prochaines elections les candidates
qui ont vot.d hier centre le veto.
Des graves sporadiques se sont dCclenchees : 23.000 mi-
neurs, notamment, ont abandonnd les puts durant quatre
jours avant l'arrft du travail prvnu pour vendredi i' minuit
en attendant que soit renouveld le contract conclu ontre le
gouvernementt t M. Lewis qui prend fin le 30 juin.
A San Francisco, les reprdsentants du C.I.O. ont lemand6
A leur president, M. Murray, de proclamer une grAve gnd-
rale de vingt-quatre heures pour protester centre la nouvelle
loi
Sur Ic plan politique, les commentateurs estiment que
M. Truman s'est align. d6finitivement avec la fraction pro-
gressiste du part democrate. M. Sullivan 6crit que l'Are des
bones relations centre la Mais'on Blanche et le Con:rps ris-
que de prendre fin. << La politique bipartite pour les affai-
res 6trang6res n'est pas menacie, indique-t-il, mais le Pre-
sident Truman s'apercevra que, le Congres sera bic, moins
dispose ddsormais A tenir compete ,de son point de ue; pour
les questions de politiquc interieure >.
Le groupement progressiste < Citizens ,of America >, qui
appuie M. Wallace, rejette dans un communique la respon-
sabilit6 de 1'echcc du veto sur le President qui ne sut pas
conserver son influence sur les membres du Congr6s appar-
tenant A son propre part. Le vole d'hier constitute le plus
tragique d'une longuce listed d'dchces. Le Prdsident n'a pas 6t1
capable de fair appliquer par les ddmocrates le programme
liberal de son pridecesseur, et son attitude lors de la grAve
des chemins de fer a 6td le prelude des evenements d hier.


2. L'aide amdricaine ed 'Europe
Des ddp&ches adressees par les correspondents amdricains
a Londres, de Paris, de Moscou et de Rome, experiment la
satisfaction cause par la reunion de la Conference de Paris
et les espoirs qu'elle suscite.
A Washington, un porte-parole du Ddpartement d'Etat a
soulignD que les U. S. A. entendaient laisser les EtAts euro-
peens discuter en pleine ind6pendance des problemes econo-
miques qui les concernent et que toute indication d'un effort
en vue de mettre en oeuvre les propositions du secr6taire
d'Etat avait un caractbre encourageant.
Le mame ton est donned par la plupart ides dditoriauix.
Seul, le New York Times se montre plus rdservd et Callennder,
dans une longue d6epche publi6e en premiere page du New
York Times, exprime la crainte que les Soviets fassent debor-
der la discussion du plan 6conomique sur le plan politique
et rouvrent ainsi les controversies qui out cause l'echec de
la Conference ode Moscou. I1 rappellent que M. Bourdan avait
announce mercredi qu'un premier plan (d'action avait Rt6
l6abord A la suite des conversations Bevin-Bidault, nouvelle
qui a ete dementie ensuite par le ministbre des Affaires
etrang6res. 11 en conclut que, n'6tant pas d'accord sur ce
point avec Bidault, M. Bevin voulait alter de l'avant sans
attendre M. Molotov.
Browne, correspondent du New York Times A Londres,
indique dans un commentaire similaire que les Soviets ont
montr6 au course des deux dernires annees qu'ils 6taient
passes maitres dans 'art de faire de l'obstruction et il sou-
ligne que M. Bevin a ddclard hier que la position du gou-
vernement britannique a 1'dgard des prochaines neuociations
avait etB expose clairement dans son discours au Parlement
dans lequel il avait dit qu'il refuserait de s'associer aux
manoeuvres de la procedure odont I'effet serait de retarder
la reconstruction 6conomique europienne.
Les correspondents londoniens pensent que *M. Clayton
profitera de ses entrevues avec les homes d'Etat brilanni-
ques pour leur priciser les vues du secr6taire d'Etat ct ils
indiquent qu'il se trouvera probablement A Paris a la fin
de la semaine.
Le New York Herald Tribune, dans une ddp&che de
Washington. rapport que le Departement d'Etat, conformi-
ment A I'attitufde indiqude plus hant, a indinou qu'aucun
arrangement n'avait Rtd prdvu pour la participation d'un
representant des U. S. A. A la Conference de Paris on minm
pour l'envoi d'un observateur. Le. passage de M. Clayton par
Paris. vendredli prochain, serait done une pure coincidence.
Lippmann souliene que la Conference de Paris sera la
premiere ides reunions d'apres guerre A laquelle les U.S. A
ne particineront pas. (Voir l'article plus loin.)
Kuh cable de Londres A P. M. que la question de la Ruhr
demeure un des principaux obstacles qui devront Atre sur-
montds.
Le Washington Post, enfin, ,dans un editorial, indique
avec force que la Commission economique europienne des
Nations Unies ne constitute pas un organism d'action satis
faisant pour faire face aux probl6mes iconomiques qui se
posent actuellement.
3. Nourelles divlersles
Le New York Times et Ic Newt York Herald Tribune an-
noncent le depart pour Berlin, le 25 juin, de M. Robert Moses,
chef des travaux publics de Ja municipality de New-York.
M. Moses, sur l'invitation du department de la Guerre, se-
journera un mois A Berlin A titre 'de conseiller dconomique
extraordinaire du gdenral Clay. Les journaux indiquent qu'au
War Department on se montre assez reticent et qu'il n'a pas
Rt6 possible d'obtenir d'autres pr6cisions sur la mission
Moses en Allemagne.
Le secrdtaire d'Etat et le secrdtaire A la Guerre, dans des
declarations a la Commission des Affaires 6traugires de la
Chambre, ont insisted pour l'adoption rapid par le. Congris
du project de loi portant sur la furniture d'armes aux autres
rdpubliques americaines. Ce programme, a ,dclard nl general
Marshall, est conform aux terms de l'accord de Chapulte-
pec et de la Charte des Nations Unies. I1 a exhort les
membres du CongrBs A d'adopter an course de la prdsente
session avant la reunion de la Conference de Rio.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANG*RE 5


Le gouvernement a d6cid6 de reimposer le contr6le sur
les .exportations, de p6trole A dater du 30 juin en vertu des
pouvoirs exceptionnels du Prisident qui, d'ailleurs, doivent
expirer normalement le meme jour. Cette decision est une
reponse aux declarations ide M. Shafer ; elle oonstitue en
m&me temps un moyen de pression pour inciter le Congres
i se conformer aux demandss de administration pour la
prolongation apres le 30 juin des pouvoirs exceptionnels du
President.
La Gour Supr8me a d6cid6, par six voix centre deux, que
les gisements p6trolif6res sous-marins en bordure des c6tes
de Californie Ctaient la propridtd du Gouvernement Feddral
et non cell de cct Etat.
4. -- Nouv'lles frangaises
La press rapporte d'une maniire, objective les d6batp sur
la situation financiere A l'Assembl6e. Whitcomb, dans l
Baltimore Sun, attribute le succes de M. Ramadier, d'une part,
i la sincerity brutal avec laquelle il a expos le problbmei
financier; d'autre part, Il'acceptation de M. Molotov a la
suite de laquelle l'Assembl6e a eu le souci de ne pas affai-
blir la position du gouvernement.
iUne ,d6p6che du correspondent parisien du Christian
Science Monitor, consacree a la question de 1'Indochine, de-
clare que la situation semble ne pas s'6tre amdliorde ma:grA
les efforts de M. Bollaert. Citant France-soir, ce correspon-
dant estime, que leo declarations de M. Coste-Floret font
preuve d'un optimisme d6menti par les faits et one les hosti-
lites reprendront sans doute aussit6t apres la saison des
pluies.

a) AVANT LA CONFERENCE DE PARIS.
1. New Yoirk Herald. Tribune (25/6, 6dit. europ.) :
< Vendredi prochain, pour la premiere fois depuis
la guerre, se tiendra un Conseil des ministres des Af-
faires 6trangBres des grandes puissances dans lequel
les Etats-Unis ne joueront pas le r6:e 'de membre di-
recteur. M. Mololov vient A Paris sur l'invitation de
MM. Bevin et Bidault, qui ont agi rapidemenl, aussit6t
qu'ils ont comprise l'idde essentielle continue dans le
discours du Secr6taire Marshall A Harvard A savoir
que les Etats-Unis ne pourraient aiderr A la reconstruc-
tion 'de 'Europe que si les principles puissances eu-
rop6ennes pouvaient se mettre d'accord sur un mode
d'utilisation efficace de cette aide.
Ainsi s'ouvre, un nouveau chapitre dans la liquida-
tion de la guerre. Toutes les conferences anterieures
avaient WtA 'dominoes par un conflict politique et i.deo-
logique entire l'Amirique et la Russie. Le r6sultat a ti6
d'obliger les nations europ6ennes, y compris Ia Grande-
.Bretagne, A prendre parti pour l'une on l'autre. Car la
Russie et l'AmBrique sont des puissances non europ6en-
nes. Bien que la Russie et 1'Am6rique aient toutes deux
des interets vitaux en Europe, aucune n'est 'par tradi-
tion ou par inclination europ6enne avant tout, et le
role primordial qu'elles ont jou6 dans toutes les 'discus-
sions s'est oppose A la tendance naturelle des peuples
europ6ens a s'unir.-
Aussi nous retranchons-nous dans une discrete re-
serve et nous suplposons qu'en consequence les Russes
commenceront A en faire autant. Quelles raisons avons-
'nous de penser que si nous n'imposons pas notre point
de vue dans l'elahoralion 'des details d'un r6glement
europeen, les Russes pourront iventuellement en faire
,autant ?
Il existed pour cela un certain nombre de raisons qui
doivent normalement se renforcer mu'uellement. En
premier lieu, en offrant d'aider une Europe unie plutot
qu'en concluant des accords bilatbraux *d'assistance
avec 'des gouvernements particuliers, nous ruinons com-
pl6tement cette id6e qui est surtout un mythe de
propaganda, bien qu'elle comported une part de v6rit6


- que nous avons essay de contr6ler l'Europe avec
les dollars am6ricains.
En second lieu, nous n'offrons pas seulement notre
aide a des conditions qu'aucun Europ6en ne peut re-
jeter en particulier celle qui pr6voit que 1'Europe
sera maitresse de son propre destin mais nous som-
mes en measure de rendre cette aide important et dA-
cisive. Sous quels prloextes le Kremlin peut-il mainte-
nant interdire A la Pologne et a la Tchecoslovaquie
'de parlicipper aux bienfaits d'un programme de relAve-
ment europ6en ? Si le Kremlin leur interdit cette par-
ticipation, il apprendra a ses amis slaves qu'une alliance
avec la Russie est incompatible avec un relmvement rai-
sonnablement rapide.
En troisimme lieu, en Europe occidental, d'abord en,
France, puis en Belgique, aux Pays-Bas et en Italie, les
parties communis!es et leurs proches allies ne peuvent
s'opposer on faire 6chec A un accord Aconomique eu-
ropeen sans encourir le blame de prolonger et d'aggra-
ver la misire 'du people.
\En quatrimme lieu, selon cette politique la Grande-
Bretagne doit, pour r6soudre ses propres difficulties 6co-
nomiques, jouer un r61e qui lui revient v6ritablement
en Europe.
Et qu'arrivera-t-il si ces espoirs sont ruins, et si,
lorsque nous quittons notre position de premier plan
dans les conferences traitant des questions europ6ennes,
les Russes adoptent une attitude contraire et commen-
cent A exercer une pression plus forte que jamais ?
S'ils agissent ainsi mais nous esperons qu'ils ne le
front pas ils montreront aux peuples 'd'Europe que
ce n'est pas 1'Am6rique et la doctrine Truman, que ce
n'est pas non plus notre intransigence A 1'6gard de
la Russie qui provoquent les Busses, mais que cette
situation est n6e de leur propre decision -de gouverner .
l'Europe ou de la conduire A la ruine.
Si les Russes adoptent cette attitude, nous reviendrons
en Europe, ap-res 1'exp6rience de cette retraite, avec
des obligations plus .claires, avec une conception plus
claire du probl6me et une nouvelle strategic.
(WALTER LIPPMAN.)

2. New York Herald Tribune (24/6. ed. ambricaine).
o Au course des derniers jours deux Av6nements im-
portants sont venus contribuer A la realisation du plan
Marshall pour le redressement europeen. La Russie a
accept de participer avec la Grande-Bretagne et la
France a des conversations qui doivent permettre de
jeter les bases d'un programme europben auquel les
Americains pourraient participer en apportant une aide
materielle effective; M. Truman, de son co6t, a adopt
les propositions de M. Baruch, du s6nateur Vandenberg
et de M. Hoover, qui preconisent 1'6tablissement d'un
bilan total de l'aide que les Etats-Unis peuvent appor-
ter A 1'6tranger, en demandant le concours d'un comite
de conseillers inddpendants. Ces diverse decisions
montrent que non seulement le plan Marshall a plu
fortement aux homes d'6tat et aux peuples, mais qu'il
est aussi en bonne vo,: de rAalisation.
Les obstac'es A vaincre ne peuvent bien entendu Atre'
minimis6s. La Russie a faith preuve d'une prudence in-
signe avant d'adopter son attitude actuelle A 1'Agard du
plan, et sa participation A la Conf6rence de Paris ne
l'engage A rien.
On se demand nmaintenant si cette nouvelle attitude
de la part de la Russie du point de vue du redres-
sement europ6en, plutot que du point de vue de la con-
clusion de traits entrainera un changeiment radi-
cal des attitudes des diff6rentes puissances. I1 est 6ga-








6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS *TRANOGRE


iement important de savoir, au cas ofi la Russie ferait
preuve d'obstination ou recourrait simplement a des
manceuvres dilatoires, si la Grande-Bretagne et la
France seraient pr6tes A continue sans elle.
Si la Russie n'est aucunement engage par a Confe-
rence de Paris, on peut dire que les Etats-Unis ne le
sont pas davantage. En particulier le verdict am6ricain
d6pendra des 6venements en Europe, de la measure dans
laquelle les puissances europ6ennes riussiront i definir
une structure 6conomique qui puisse etre une garantie
pour les Etats-Unis, que les fonds seront utilemnent d6-
pens6s et non pas gaspilles ou d6tourn6s p ur des
usages anti-d6mocratiques. >>
b) LA LEGISLATION OUVRIERE AUX U. S. A. (New York
Herald Tribune, 24/6).
< Le vote du S6nat pour passer outre au veto du Pr6-
sident sur la loi ouvribre marque peut-itre une d6faite
aussi dramatique de 1'ex6cutif que celle essuy6e par
Roosevelt lors de sa tentative pour s'assurer la majo-
rit6 A la Cour Supreme.
Elle r6affirme avec force les prerogatives du Congrbs
en tant qu'organe legislatif du gouvernement f6d6ral.
Cela ne veut pas dire naturellement que M. Truman a
outrepass6 ses droits constitutionnels en ds:approu-
vant cette measure. Cela signifie simplement qu' a pre-
fsre se dresser seul devant le sentiment tout puissant du
L6gislalif, soutenu par le Corps electoral et que de plus
il a pr6f6r6 avoir recours L des moyens de pression
pour maintenir son veto.
Cette d6monstra'ion nous semble excessivement si-
gnificative, non pas tant peut-tre parce qu'elle a per-
mis d'accomnlir une r6forme important et nicessaire
dans la legislation ouvriere. r6forme qui avait Wts
r6claim6e par le Corps 6lector,,- lors des derniNres 6lec-
tions mais parce qu'elle a inflig6 une rebuffade a un
president aui tout en souhaitant une telle r6forme n'a
pas coon6r6 davantage A sa r6alisation que les chefs
syndicalistes.
II sera int6ressant de voir maintenant si le President
apportera sa cooperation dans l'application de celte loi
ou s'il cherchera i na 'dicriditer. A en juger d'aprAs sa
conduit aprbs la r6sultat des Elections de novembre,
l'un de ces traits de coractere les plus agr6ables est la
facon optimiste dent il accepted la defaite. En depit. de
son veto nous esn6rons aue ses qualit6s vraiment d6mo-
cratiques se r6affirmeront. >

m. PRESSE SOVIETIQUE


Revue de la press sovielique du 23 juin 1947
La pres'e sovietioue d'ajiourd'hui pibl;e, outre la r&-
ponse officielle du gouvernement sovi6tique h la nolte fran-
Caise dn 19 juin, trois informations relatives an plan
Marshall.
1" Un communicad de Iond'-es du 22 juin redrcdnisanf
nne information -du Financial Times relative i Ia crc6ation,
sur proposition du senateur Vandenberg. d'nn Cons:,il con-
sultntif pour la r6alistion don prograine d'aide ai c Etnts
'etrancers et '.e controle des beso'ns de ccs Etats. ]l serait
project par M. Vanderberg d'nclure dans ccs comitr's, don't
Mi. Hoover pourrait dtre ior6sident. M. Barlnch La- Folette.
elt un repr6sentant des mili"nx hancaires Randolph PurTess.
20 Urn communiqun de Lond'-e- du 22 inin rern,',,inisant
no'amment Is no:nts sn'ivants d'un article de P'OlF',r"eer
L.e programmed d'nide doit dtre 6tibli en common; on tel
programme rconomni(u est en mome tens politianu; A na
fin des nsroc.iatinns diplomat;ques sur IQ plan M'I'shall,
celni-ci doit etre examine h la commission iconomique
enropeenne de I'O.N.U.
3 Un communique de Londres du 22 juin rsnnmant,


d'aprcs Rciater, une information de Franc-Tireitr relative a
une note confidentielle adressic par Al. MTtrshall au gouver-
nement britannique. Cette note indiquait que ( le relive."
meant 6conomique de l'Allemagne otidentale doit servir de
base an plan d'aide A 1'Europe ,. Le gouvernement britan-
nique, quoique inquict, aurait donni son accord et aurait
prevenu le government franvais. Cette politique, cepen-
dant, est conserve secrete des deux c )ts de la Manche
citationn de Franc-Tireur). Enlin, le communique sovietiqui
rapporte que, d'apr6s le mOme journal, les ministres der
Affaires 6trang6res frangais et anglais seraient tombLs
d'accord pour creer un comit6 executif pour l'orientation des
futures ndgociations sur le plan Marshall, < project qui
pourrait tsLe modifis si 1'U.R.S.S. acceptait de prendre part
aux conversations z.


IV. PRESS POLONAISE


LA SECURITE DE L'EUROPE (Kunier Codzienny, 23/6, d6-
mocrate).
< Les grandes puissances et les autres pays qui, tell
la Pologne, sont exposes a de fr6quentes agressions de
la part de I'Allemagne acceptent sans restrictions le re-
port des fron!ibres de la Pologne A l'Ouest, partant de
ce principle que plus 1'Allemagne sera faible, plus la
Pologne sera forte et, par consequent, plus grande sera
la s6curite de l'Europe et peut-etre la paix universelle
plus durable. VWrit6s que les nations anglo-saxonnes ne
semblent pas comprendre, elles qui ne sont pas mena-
cees d'une invasion allemande. De lh, qnand il s'agit
d'appr6cier certaines n6cessit6s, non seulement polo-
naises, mais europ6ennes aussi, des divergences de base
entire les pays de 1'Europe continental, d'une part, et
I'insulaire Angleterre et la lointaine Am6rique, de l'au-
tre...
Nous voulons esperer que les puissances anglo-
saxonnes tendent elles aussi, de concert avec les na-
tions du continent europeen, a restaurer la paix en Eu-
rope et A lui donner la possibility d'une renaissance po-
litique et 6conomique. L'erreur reside dans le choix
des moyens qui minent A ce grand but. Les Anglo-
Saxons ont foi dans les capacit6s pacifiques du people
allemand et souhaitent qu'on leur offre toutes les
chances d'amendement, alors que l'Europe n'y croit pas
et penche pour l'adoption de measures, susceptibles de
rendre impossible une nouvelle aggression de l'Alleena-
gne.
De 1l r6sulte entire autres la n6cessit6 de garantir ia,
Pologne contre une 6ventuelle attaque des Allemands.
Aussi nos frontiires et notre s6curit6 sont-elles comme
la measure de la s6curit6 de toutes les nations. >


V. PRESS BELGE


a) AVANT LA CONFERENCE DE PARIS
1. Le Peuiple (25/6, socialiste.
Une premiere constatation s'impose : c'est que l'Eu-
rope doit fournir le plan. Le gouvernement travailliste
I'a assur6ment bien compris, et I'on est heureux de
constator que, sans perdre une heure, M. Bevin s'est
rendu A Paris et a enlam6 des n6gociations.
Ce que l'Am6rique nous demand, ce n'est pas assu-
r6ment de constituer un gouvernement europ6en.
Mais si 1'Europe r6ussit a formuler un system de
collaboration entire ses membres et le r6aliser, elle
aura am6lior6 remarquablement sa position, rmais sa
tlche ne sera pas encore achev6e, tant s'en faut.
Car la collaboration entire EuropBens ne saurait suf-






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANGARE 7


fire a r6tablir la prosp6rit6 et la paix, si elle n'est pas
complete par une collaboration bien plus vaste. Les
Etats-Unis ont raison de demander que nous nous en-
tendions. Mais notre entente ne peut 6tre feconde que
dans un monde of les puissances s'entend-ent aussi.
L'entente europ6enne, en definitive, n'a de sens qu'au
sein d'une entente universelle.
Et puis la collaboration amicale, fructueuse mime en
Europe, n'est possible les Etats-Unis ont raison de
le r6peter sans cesse que dans la d6mocratie, c'est-A-
dire dans la liberty. La position d'un emprunteur qui
veut garder l'inltgralite de son ind6pendance est tou-
jours delicate. Je suis persuade que la grande r6publi-
que am6ricaine qui offre de nous avancer quelque vingt
milliards de dollars n'a point d'arriere-pens6e politi-
que,"le souci de ses vrais int6rets Bconomiques suffit a
expliquer son geste g6nereux. C'est justement pour cela
que mieux il sera entendu que 1'emprunt est fait a des
conditions exclusivement financieres, et mieux on evi-
tera les malentendus fAcheux. Du reste, la garantie la
plus solide de la liberty pour l'emprunteur, c'est sa sol-
vabilit6, et il depend de nous de sauvegarder la notre. o
(Louis DE BROUCKERE.)
2. Le Drapeau Rouge 1(24/6, communiste.
< L'AmBrique, place en face d'un formidable pro-
blWme de surproduction, avec les consequences internes
tragiques qu'il pourrait avoir pour elle, ne peut se per-
mettre d'abandonner un client de cette importance.
C'est la raison principal pour laquelle elle est dispose
A accorder-aux pays europ6ens des prets massifs qui,
meme dans certain cas, pourraient prendre l'apparence
de dons gratuits.
Toute la question est de savoir si la nouvelle propo-
sition du g6ndral Marshall marque un abandon ou une
modification profonde de la politique exterieure mise
en avant par le President Truman. Car, les offres ameri-
caines, si interessantes et si tentantes qu'elles puissent
8tre pour les peuples europeens, sont des offres inac-
ceptables si elles ont pour contrepartie une perte quasi-
compl6te de leur ind6pendance 6conomique et une obli-
gation de se soumetire A la direction de gouvernements
A caractere r6actionnaire.
Les peuples europeens et plus sp6cialement la classes
ouvriere de tous ces pays n'y trouveraient qu'une
source de d6boire et de malheurs.
C'est la raison pour laquelle nous nous opposerions
d'une maniere irr6ductible A des accords don't la contre-
partie serait 1'asservissement de notre pays.
,Certaihs entraines par leur haine anticom!muniste el
antisovi6tique, ont voulu immediatement utiliser la
proposition Marshall comme un instrument de manoeu-
vres centre l'Union Sovietique et les Partis commu-
nistes, et jeter sur eux les responsabilit6s d'un 6chec
Bventuel. Ils en sont pour leurs frais.
Nous attendons avec un grand interet la reunion du
27 juin A Paris. Nous esp6rons qu'elle contribuera lar-
gement A eclaircir la situation.
Le cheimin de la Paix est un chemin ardu. La Paix,
come toute chose ne se gagne qu'au prix d'une lutte
de tous les instants.
(JEAN TERFVE.)
b) LA SITUATION INTARIEURE EN FRANCE (Le Soir, 25/6)
< Si le vote final de resignation plutot que d'adh6-
sion ne fait maintenant point de doute, il reste que
1'incertitude don't parlait le rapporteur g6enral de la
commission des Finances n'a pas 6tt dissipee. Le dis-
cours que M. Ramadier n'a pas voulu prononcer hier
et que l'on attendait, il devra le faire prochainement.
L'explication n6cessaire a d'ailleurs 6t6 brusque par


une initiative socialist, une < auto-interpellation >, a
dit M. Duclos, qui permeltra A chaque group d'expo-
ser son point de vue et au president du Conseil de tirer
des conclusions.
La gravitl de la situation mon6taire, 1'absence de
tout autre plan d'un rendement imm6diat, la conference
Bidault-Bevin-Molotov, le congress communist qui s'ou-
vre jeudi a Strasbourg, auiant de fails qui concourent
a donner un r6pit au gouvernement. Pourra-t-il le met-
tre A profit pour laborer une nouvelle politique 6co-
nomique, sur laquelle puissent se grouper les 6elments
de sa majority ? Ce ne sera pas facile et M. Ramadier
n'est pas au bout de ses peines. >

VI. PRESS SUISSE

a) AVANT LA CONFERENCE DE PARIS (Joufnal de Gerntve,
25/6).
< Le gouvernement de Moscou accepted l'invitation et
se declare d'accord pour constater que la tAche la plus
urgente des pays europeens est actuellement d'assurer
le plus rapidement possible la reconstruction et le deve-
loppement de leurs economies nationals ruin6es par la
guerre. Le communique relive aussi, non sans malice,
que cette tilhe pourrait etre facilit6e si les Etats-Unis,
don't la production et le potential industriel, loin de d6-
croitre. ont augment pendant la guerre, assistaient les
pays europeens. G'est ia une critique voilee qui tend a
diminuer l'importance et la generosith de 1'offre am6-
ricaine. Cela revient a dire que le gesle des Etats-Unis
est moins desintiresse qu'il n'y parait au premier
abord, ou mime qu'ils n'ont pas fait jusqu'A present
Lout ce qu'ils auraient pu pour soulager la misere eu-
ropeenne.
Le ton et les terms du communique russe indiquent
aussi quelles seront les theses que M. Molotov d6fendra
A Paris le 27 juin. II observer une attitude de reserve
qui fut celle de la diploma ie sovietique au course de
toutes les Conferences nternationales d'apres guerre,
quand elle n'&tait pas d'opposition systematique.
Arrivera-t-on a concilier les opinions au course des
conversations de Paris ? Si tel est le cas, on assisterait
alors a une transformation de la politique exttrieure
russe, car il semble bien que les allies occidentaux ne
songent pas, de leur c6te, A modifier leur attitude anti-
rieure au sujet du sort de l'Allemagne.
D'autre part, si la Russie se maintient dans l'opposi-
tion, qu'adviendra-t-il des pays de 1'Europe orientale,
don't les besoins sont immense ? Est-elle en measure de
leur apporter seule une aide efficace ? Voudra-t-elle, en
outre, participer A une aide inter-europeenne, corollaire
oblige d'une execution efficace d'un plan de reconstruc-
tion europ6enne ? Ou estime-t-elle, comme le commu-
niqu6 de Moscou pourrait le faire croire, que l'offre
ambricaine n'est qu'une offre de pure assistance aux
pays malheureux ?
Comme on le volt, l'acceptation russe ne dissipe pas
ipso fact le malaise qui pise sur les relations euro-
p6ennes. I1 n'en faut pas moins l'accepter comme de
bon augure. L'offre am6ricaine a jou6 ce role de
< choc psycho'ogique ), n6cessaire parfois pour d6-
nouer des situations inextricables. Quel que soit le r6-
sultat de la rencontre de Paris, une 6quivoque et un
doute seront dissip.s. Le monde va savoir s'il peut fon-
der quelque espoir sur la collaboration des nations ou
s'il doit se resigner A la rupture definitive entire deux
blocs irr6ductiblement antagonistes.

S. P. I. Imp., 27, ru3 Nicolo, Paris 31.3009













































































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