Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: June 25, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00122
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANQAIS
D'INFORMATION
(MINISTRRE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


I LA DOCUMENTATION PRANCAISB I
I


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'I MtONWAON


BULLETIN



DE PRESS


25 juin 1947.


QUOTIDI



ETRANG


Nouvelle Serie NO 701


SOMMAIRE


I. PRESS BRITANNIQUE.
L'Union Sovietique accepted de discuter le plan
Marshall :
1. Times (24/6) ;
2. Daily Herald 1(24/6) ;
3. Daily Telegraph (24/6);
4. Daily Mail (24/6) ;
5. Daily Express (24/6);
6. News Chronicle (24/6);
7. Daily Worker (24/6).
II. PRESS AMARICAINE.
L'Union Sovietique accepted de disculer le plan
Marshall (New York Herald Tribune, 24/6, edit.
europ6enne).
III. PRESS SOVIATIQUE.
IV. PRESS BELGE.
,'Union Sovietique accepted de discuter le plan
Marshall (Le Peuple, 24/6).
V. PRESS SUISSE.
L'Union Sovi6tique accepted die discuter le plan
Marshall (National Zeitung, 24/6).


I. PRESS BRITANNIQUE


Remir de la press britannique du 24 juin 1947
Toute la press announce sous des manchettes trbs impor-
tantes que M. Molotov a finalement accept l'invitation qui
lui avait Bdt adress6e par MM. Bevin et Bidault t e que les
trois ministres se r6uniraient vendredi a Paris.
La rdponse soviftique et l'annonce de la prochaine conf6-
rence sont largement commentees soit par les correspon-
dants, soil par les 6ditorialistes de tous les journaux.
Les autres questions percent sensiblement de ]eur impor-
tance; cependant, la press s'int-resse encore vivement au
conflict qui met aux prises le president Truman et le Parle-
ment americain sur la question de la loi antisyndicale et
elle s'int6resse 6galement aux questions financi6res fran-
caises.
Les journaux (Daily Herald, News Chronicle, Daily Gra-
phic) publient des photographies prises au course des mani-
festations qui ont eu lieu hier devant le Palais-Bourbon. II


faut 6galement noter un article tr6s pessimiste de Al. Clif-
ford sur la situation gdn6rale en France.
1. Le plan Marshall et la rdponse siovidtique
'Tous les journaux font 6tat de l'accueil enthousiaste quo
la Chambre des Communes a r6serv6 bier A la rdponse de
4l. Molotuv. Ils donnent le texte du communique official
sovi6tique et des declarations de M. Bevin.
Le correspondent du Times signal l'empressement avec
lequel MM. Bevin et Bidault ont accept la date proposed
par M. Molotov en ce qui concern la prochaine conf6rcner
de Paris.
Ce correspondent se demand si elle s'attaquera aux ques-
tions techniques ow si clle se cantonnera surtout sur le
plan politique, ce que la reponse de M. Molotov laisserait
pr6sagcr. II pense que le ministry sovi6tique cherchera
d'abord A savoir dans quelle measure la production alle-
mande sera utilisde pour In restauration de 1'Europe et
qu'il profitera de cette conference pour insisted une lois de
plus pour que 1'U.R.S.S. prileve des reparations sur la pro-
duction courante allemande. Il y a done la possibility de
tongues discussions entrainant les ministries dans des pro.
blames bien plus nombreux que ceux sou'levis par l'offre
de M. Marshall proprement dite.
Cenendant, le correspondent cliplomatique dlt Manchester
Guardian estime que les ministries seront penetrds de l'ur-
gence de la tAche it accomplir et qu'ils se mettront promp.
tement d'accord. mais il se peut que les Soviets adoptent
rue attitude diffrrente de cell de la France et de la Grande-
Bretagne en cc qui concern l'organisme charged d'dtablir un
vlan de redressemenl. II se peut, selon lui, que les Russes
considbrent la commission economique pour 'Europe coinnie
'organisme convenable on qu'ils veuillent travailler dans
le cadre de I'O.N.U. Mais meme cette hypothese n'exclurait
Sas une solution rapid, 6tant donn6 que M. Bevin a lii
nmime soulign6 dernierement qu'il entendait dlaborer un
programme dconomique europen en liaison avec les Na.
tions Unies.
IP'ir le correspondent diplomatique du Daily Telegraph,
q tous les efforts seront fails par la France et la Grande
Uretagne pour arriver a une conclusion rapide >. Si les
nminltres parviennent A se mettre d'accord sur la procedure
A suivre. ils remettront alors a une commission d'experts
des trois pays le soin de rddiger les rappbrts d6finitifs.
N. W. Ewer, correspondent diplomatique du Daily Herald,
enisacre un long article h In rdponse sovietiquc. 11 note
avce plaisir que P'acceptation sovietique, tout en reconnais-
sant le caractere urgent de la tA.che a accomplir permettra
a 1'Europe orientale de prendre part a l'e'uvre de redresse-
nent europden. Aussi ne prend-il pas au sdrieux los der-
niers articles de la press polonaise vivement hostile a
MI. Revin, cal il serait inconoPvahle que ]a Pologne restAt
A 1'ecart d'une entreprise preconisee conjoinlement pa'
'IU.R.S.S. et les puissances occidentales.
n'autre part, en ce qui concern les entretiens de M. Clay-
ton A Londres, M. Molotov et M. Bidault seront tens au







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRBSSE ATRANGARE


co-Iant de tons les renseignements que l'cnvoyd amihricain
pourra donner sur les vues du DJpartcment d'Etat a 1'egard
du plan Marshall.
A son tour, N. W. Ewer fait ettt du disir qu'a M. Bevia
de voir la conference arriver i des r6sultats rapides et fe
pas se laisser embourber dans de longues discussions poli-
tianes, ion searlement parce que le probl6me est urgent.
mais aussi parce qu'il aura plus de chance d'etre acceptO
par le Congris s'il esl pr6senlI avant les prochaines 6lection.4
pr6sidenfielles.
W. Broadbent, correspondent politique du Daily Mail, so
f6licite. aussi que I'U.R.S.S. nit accept 1'invitation franco-
britannique et puisse desormais devenir puissance invi
tante.
Le correspondent diplomatique du Daily Worker erit de
son c6tl que c la Conference do Paris pourra permtetre in-
effort de reconstruction en Europe ,.
La press s'intdresse dgalcment aux reactions frangaises
devant la r6ponse sovidtique.
D'apr6s le correspondent du Times i Paris, on se moh-
Irerait trbs satisfait dans les milieux officials. mais l'on
soulignerait aussi que I'on n'avait jamais tenu, compete de
'uventualit6i d'un reftus sovi*tique. On remarquait 6galement
que la note sovidtique n'oppose aucune limited aux discu's-
sions. La Conf6rence, de l'avis de personnalites offi.ielles
frangaises, durerait quelqucs jours qui seraient consacres A
des questions de procedure et de methode.
D'apres le correspondent parisien du Daily Telegraph. la
rvponse sovi.tique aurait ete accueillie avec une satisfaction
nuance, comme le t6moigne un article du Monde.
Selon Al. Clifford, il faut agir avee prudener en raison
des difficulties que soul6vera probablement le probleme de
l'industrie aJIemande et notamment celui de la Rauhr. Le
News Chronicle estime 6galemcnt que Pon se demand 'en
France si la Russie acceptera de soulever le rideau de fer
et de permetfre aux pays d'Europe orientale de bdenficter
d'une aide qu'elle n'est pas en mesuTe elle-m6me de leur
fournir et si Pon parviendra a s'entendre sur la question
de 1'inlustrie allemande.
Pour le Daily Worker, I'accueil de la France a la r6ponse
sovietique a 61i enthousiaste car ia France craignait d'etre
entrainee dans un bloc susceptible de diviser 1'Europe et de
1'Pcarter de ses allies de 1'Europe oriental.
D'autre part, le dernier discours de MI. Bevin i la Cham-
bre des Communes dirige contre la Russte anrait augment
Le malaise francais. En ce qui concern les reactions ame-
ricaines, les journaux commu-nistes 6crivent qu'elles ont dtd
aigres et loin de ressembler a I'optimisme et it 'enlhou.
s'asme manifesto en Europe. D'apr&s ce journal, les AmB-
ricains auraient escompte un refuse sovietique et its seraient
pris main tenant A leur propre piege.
Le reporter du Daily Mail t New-York 6crit de son cat6
que I'opinion ambricaine consid6re la prochaine conference
de Paris comme Ta derniere chance de bE1urope. Selon lui,
la rdponse sovietique n'aurait pas manqu6 de causer quel-
que surprise aux Etats-Unis.
2. Etats-Unis
De nombreux journaux annoncent que le SUnat a vote la
loi ouvribre contre laquelle le president Truman avail
oppose son veto : e Le conflict entire le Prdsident et le Con-
gres, ecrit le corresponditnt du Times i Washington, va
maintenant avoir lieu sur I'interpritation de cette loi. Le
premier heurt se produira quand il faudra nommer les
nouveaux membres du ministbre du Travail ,.
D'aprBs le correspondent du Daily Telegraph, cette loi
risque fort de ne pas rdpondre aux espoirs de ses aultcrs.
Aussi le senateur Taft estimerait lui-meme qu'elle n'empe-
clwra pas la greve des mincurs. En tout cas, en s'opposant
i cette loi et L celle tendant it reduice rimp6t sur le revenue,
le president Truman a su se concilier les voix de 15 mil-
lions d'ouvriers amriicains.
John Brough, dans ie Daily Mail, estime que cette loi
devra subir sa premiere dpreuve A la fin du mois lorsque
les mines americaines seiont remises par le gouvernement A
des propri6taires prives.
3. France
Presque touted la press fait 6tat des manifestations qufl
se sont derouldes devant le Palais Bourbon pour protester


centre les nouvelles measures financibres. D'aprbs certain
observateuTs, ces manifestations ressemBleraient a cells de
fdvrier 1934.
Le correspondent du Tfmes estime que I'itat d'esprit de
la population n'est pas le mtme.
Le correspondent du Manchester Guardian estime que les
communistes ne volent pas ces manifestations d'un ceil d6fa-
vorable, car elles pourraient amener un conflict ouvert entire
la population et le gouvernement duquel le part comma.
niste a et6 exclu.
M. Wyler, du Daily Herald, ecrit que P'atmosphere etail
Tendue tant i l'interi~ur qu'l 1 extkrieur du Palais Bour-
bon, mais qu'il ne s'est pas produit d'incidents graves. II
ecrit que ces manifestations < auraient Rt6 organisees par
le parti communist n.
Dans le Daily Mail, Al. Clifford public un long article
d'un ton tr.s pessimiste sur la situation g6ndrale en France.
II ecrit que les Frangais o ont la reputation d'etre un peuple
extremement logique. Aujourd'hili, en tant que nation, ils
se conduisent comme des fous ,. Et plus loin : 4 Le tra-
vail honngtc ne paie pas en France... les dol6ances des ou-
vriers sont jusftfides... la spiral des prix et des salaires
monte inexorablement. I y a du ddsastre dans Pair si le
plan Marshall ne parvient pas A I'arreter.

L'UNION SOVIITIQUE ACCEPTED DE DISCUTER LE PLAN
MARSHALL.

1. Times 1(24/6) :
< I1 n'est pas exag6r6 de dire qu'avec l'acoeptation
de la Russie, toule l'atmosphbre des discussions inter-
nationales s'est amelior'le et est devenue plus encoura-
geante. La premiere condition du redressement euro-
peen la convocation d'une conference specifique-
ment europennie A laquelle assisteraient les puissances
de 1'Europe oriental et de 1'Europe occidental -
semble pres d'etre realisee. Les int.rels des pays de
l'Europe actuelle sont 6troitement et indissolubement
lies.
Les Am6ricains sont prets a aider les pays d'Europe
a retrouver leur prosperity .6conomique, a a condition
qu'ils fassent id'abord ce qui est en leur pouvoir pour
*essayer de se tirer d'affaire. Rien ne laisse prevoir que
les Elats-Unis ont I'intention de reorganiser I'Europe en
octroyant des dollars de fagon fragmentaire, et un
accord sur un programme g6ndral ,de secours let de re-
16vement remplacerait probablement les conditions
dans lesquelles le President Truman a juge opportun
d'avancer des fonds A la Grkce et A la_ Turquic. Ces
credits ont W6t votes sous 1'impulsion n6e d'une grande
peur du communism; mais si ces credits pour 1en-
semble de 1'Europe sont aocord6s et si 1'on veut en tirer
tout 1e part possible, il faudra accepter le commu-
nisme comme un aspect courant de la vie dans bien
des pays europeens. Le communism pourra eire con-
tr616 par la prosperity, mais -on ne pourra l'extirper
par la force ou une intervention lextdrieure.
Ce qu'il faut avant tout, ce sont des measures prati-
ques. On peut s'atten.dre A ce que les ministres consa-
crent une bonne parties de leur attention aux probl&-
mes purement techniques de 1'6tablissement du bilan
des resources et de beur r6partition, e, ce sera en vB-
rite une bonne chose s'ils peuvent limiter leurs discus-
sions aux problhmes essentiels. II sera certainement
tres difficile de determiner les ques ions a trailer. Le
redressement de l'Europe depend pr6cisdment ,de la r6-
solution de ces probl6mes sur lesquels jusqu'A present
aucune entente ne s'est av6rde possible. II est difficile
de voir par example comment on pourra laisser de
cote la fixation du montant des reparations -dues par
l'Allemagne et ,du niveau de I'industrie allemande. Pour
limiler les questions A 'ordre du jour, il serait peut-
6tre bon de veiller A ce que l'on cherche d'abord A







DUULJMI QUOTIDIR DZ PRRUU *TRMIAtII3 3


developper et A acc61lrer les changes commerciaux
entire les differents marches europeens.
L'6voluiion de la situation d6pendra aussi mainte-
nant, pour une bonne part, de l'altitude adopt.e par
les Am6ricains A l'6gard d'une abrogation partielle de
la clause de non .discrimination dans les accords finan-
ciers. Le redressement de l'Europe doi; 6videmment do-
pendre au moins en parties de l'augmentation no-table
de la quantity des marchandises circulant a I'interieur
du continent, et 1'on doit demander A la g6n6rosit6 de
l'Amirique, que les Etats-Unis soient pr6ts A sacrifier
Icurs in Br&ts immndiats pour at:eindre ce but souhai-
table. Il est exact que les relations commercials entire
1'Europe occidentale et orientale doivent marquer un
ralbentissement A l'heure actuelle, a cause du manque de
noyens de transport et du niveau inf6rieur ,de la pr"
duction. Mais cela ne doit pas 6tre que lemporaire. Les
pays ide I'Europe oriental 6tabTissent ac;uellenent les
plans d'un redressement et d'une industrialisation a
longue 6ch6ance, plans don't le succ&s depend large-
ment de I'acquisition immediate d'6quipement indus-
triel aux Eaats-Unis. Des que cette acquisition sera pos-
sible, de nouveaux horizons s'ouvriront pour les 6chan-
ges commerciaux. On pourrait alors songer A des
accords commerciaux des plus important entire 1'Eu-
rope occidental et 1'Europe orientale. II pourrait 6tre
enfin possible, par ce moyen, -de faire fonctionner effi-
cacement l'organisme 6conomique 6tabli par les Na-
tions Unies.
M. Bevin se rendra A Paris avec l'approbation una-
nim'e de la Chambre des Communes. C'e .t lui que
doit revenir :out I'honneur d'avoir saisi habilement
1'occasion. Cette conference, pour laque:le il aura fait
tant d'efforts, est d'une importance sans precedent, car
elle donne un nouvcl espoir : celui que las Allies euro-
peens, ,et avec eux les Nations Unies, s'orientent enfin
vers une cooperation poli-tique et 6conomique sans la-
quelTe aucun rednessement durable n'esl concevable. De
grandes consequences dependent de son succ6s. >>

2. Daily Herald 1(24/6, travailliste)
M. Molotov a acept6 de s'entretenir avec les mi-
nistres des Affaires 6trang6res de Grande-Bretagne et
de France, et l'on partage en general la satisfaction
6prouv6e A ce sujet par M. Bevin. Si le gouvernement
sovi6 ique avait refuse l'offre qui lui 6tait faite, il est
presque certain que non seulement l'Union Sovi6tique,
mais aussi les gouvernements de I'Europe oriental,
aura'ent refuse. Ce refus aurait eu deux r6sultats mal-
heureux. Sur le plan politique, il n'aurait pas manqu6
d'l6argir encore le foss6 qui spare l'Europe occiden-
ta'.e et I'Europe -orientale. D'autre part, il aurait fait
sen ir ses effects sur l'6tablissement meme .d'un pro-
gramme de reconstruction, car nous aurions dfi alors
dresser nos plans sans pouvoir tenir compile 'des res-
sources et des besoins des pays de l'Europe oriental.

3. Daily Tlegraph (24/6, conservateur) :
c La Russie a tout autant besoin d'aide pour sa re-
construction 6conomique que n'iiport'e quel autre pays
d'Europe. L'aveu *de ses difflcull6s dans son message
'd'acceptation est l'un des aspects les plus favorables de
celui-ci. On enregistre d'aulres indices favorables dans
la rapidity inaccou:umbe avec laquelle 1'Union Sovi6-
tique a r6pondu, et dans le fait qu'lelle ait propose Pa-
ris comme siege de la conferencee.
Le ton et la rapidity de 1'approbation russe donnent
A penser que cette conference pourrait C:re beaucoup
plus fructueuse que les pr6cedentes.


Tout le monde doit esp6rer qu'il en sera ainsi. car
ce n'est pas iA le genre de reunions auxquelles on peut
permettre de d6gin6rer en querl'es. Ou bien 'es tra-
vaux devront se d6rouler rapidement, ou bien ils
n'aboutiront A rien. La tAche de cet.e conference n'est
pas de celle qui r6clament beaucoup de temps. Sauf
en ce qui concern les lignes g6n6rales, il n'appartient
pas aux trois minis:res des Affaires 6:rang6res de don-
ner une r6ponse d6tail16e aux Etats-Unis.
Supposons et c'est la une chose g6n6ra!ement ad-
mise qu'une Commisiion europ6eune spkcinle, aver
des sous-Commissions charges de dre:ser la listed des
besoins, accomplisse sa :Ache rapidemernt. Le probl6mo
ne s'arr te pas lI. La proposition de M. Marshall n6-
cessittera l'approbation du Congr6s, et il reste A voir
dans quelles conditions si conditions il y a le
Congres, sous l'influence de l'Execulif, mcttra A l'oc-
troi de cette aide.
Nous devons encore apprendre si l'acceptation de la
Russie refl6te un reel abandon de l'isolationnisme et
un retour A la collaboration, -et nous devons encore
apprendre ce que M. Marshall a exactement dans l'es-
prit. N6anmoins, on p2ut accueillir avec un enthou-
siame sans reserve ces pr6l1minaires. Il est admirable
que les Am6ricains aient pris ce'te initiative et que la
r6ponse de 1'Europe ait 6'6 si rapide. ,

4. Daily Mail (24/6, conservateur):

e La grande nouvelhe, c'rst que la Russie n dit
ct oui ,. La Russie va participer A la conference sur
l'aide amdricaine A l'Europe. Elle a mime fix6 le jour :
vendredi. Une tell rapidity et une telle precision sont
inaccoutumb.es dans la diplomatic du Kremlin. Pour
cette seule raison elles sont plus que bienvenues. Mais
le simple faith qu'une r6ponse affirmative rapi:de de la
part de Moscou cause du soulagement et de la joie,
montre jusqu'oii les grands espoirs de 1945 etaient
tombs.
Nous participons A celle fievre. Si la Russie, .en di-
sant oui, a vraiment l'intention de dire oui, alors les
nations peuvent commencer A remonter la pente qui
menagait de les conduire au precipice. Et il ne leur
faudrail pas longtemps pour remonter cette pente. Si
la Russie itait sincere, les perspectives -d'avenir pour
I'humanite .changeraient d'un scul coup. Nous dCcouvri-
rons bient6t, au course des pourparlers 6conominues de
Paris, si la Russie a vraimenI accept sans 6quivoque.
Si la Russie commence A poser des conditions, A faire
trainer les d6bats en longueur ou a se servir de c? aue
M. Bevin appelle les < accessoires ,, nous saurons alors
que ce oui ~tait un oui de fantaisie. Dans 1'Flaboration
d'un plan pour l'aide ambricaine, la rapidity jouera un
rble essential. L'Europe es: h quelques moiq seulement
d'un effondrement total, et scule l'aide am6ricaine peut
la sauver. Mais mime maintenant il 'n'st aucunement
prouv6 que cette aide sera fournie. Le President ipro-
pose, mais le S6nat dispose, et il se peut que le Congrbs
refuse son approbation. Tout depend du fac'eur temps ;
plus les suggestions de l'Europe seront faites rapide-
ment et p'us elles auront de chance d'6 re accieptoes
:par Washington. Pour cette seule raison, on ne peut
permettre A Moscou de meettre des b'.ons dans les routes.
No're plus fervent epoir dolt 6tre que les Russes
collaboreront en definitive avec les puissances occi-
dentales, en toute bonne foi et en toute bonne volont6.
Ce serait dans leur propre in'E6rt, car en cas de- refuse
ils ne constitueraient pas alors la moiti6 prospere d'un
monde divise. ,








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS STRANGARE


5. Daily Express (24/6, conservateur) :
II etait grand temps que 1'Europe apprenne une
bonne nouvelle. La decision de la Russie de se joindre
a la France et A la Grande-Bretagne pour discuter les
proposition 'd'aide A l'Europe faites par M. Marshall a
deux effects imm6diats :
1. Elle diminue la tension politique en Grande-Breta-
gne et en Europe.
2. Elle ouvre la voie a une collaboration fructueuse
entire la Russie et l'Occident.
Les nations qui se laissent prendre et diviser par les
theories politiques ont une occasion de s'unir en sa-
tisfaisant des besoins materiels qui leur sont communs
h routes. ;

6. News QOhnanicle (24/6, liberal)
< On ne peut mettre en doublee la satisfaction veritable
,prouvee par la Grande-Bretagne devant la decision de
Sla Russie de participer A la reconstruction de 1'Europe.
Ii est vrai que dans la declaration sovi6lique l'accent
a e6t mis sur le redressement 'des economies nationals.
Ceux d'entre nous qui pensent que les plus grands es-
poirs pour 1'Europe dependent de son unite auraient
6tc heureux de voir dans la note sovietique un point
de vue plus international.
Ce don'tt l'Europe a le plus besoin, ce n'est pas d'une
amelioration des economies nationals, mais d'un abais-
sement des f'ronlieres 6conomiques, de facon que le
veritable 6quilibre de son 6conomie puisse 6tre r6tabli.
Nous pouvons cependant esp6rer que la Russie ne
s'en tient pas avec intransigence A tout ce qu'implique
cette court phrase dans sa note. L'essentiel, c'est qu'elle
se soit rendu compete que le monde a besoin avant
tout 'de guerir les maux qui assaillent l'Europe. Tant
que cela ne sera pas fait, aucune nation ne pourra
bftir sur des foundations solides ni envisager l'avenir
avec espoir et s6r.nite.
Pour la Grande-Bretagne, la decision sovielique est
doub:ement vitale. En tant que nation europ6enne, dC-
pendant pour vivre de notre commerce exterieur, nous
sommes particulierement int6resses par le march con-
tinental qui se trouve A notre porte.
Mais nos preoccupations 6conomiques ne 'doivent pas
nous faire oublier que nous avons ega:ement une nou-
velle chance de prouver que noire mode de vie d6mo-
cratique et que le regime sovi6tique peuvent tous deux
vivre en paix dans le meme monde.
a Si l'offre de cooperation russe, qui a 6tC faite sans
condition, est maintenue 'dans le meme etat d'esprit,
nous pouvons fort bien nous trouver maintenant a un
tournant de l'Histoire.
En travaillant ensemble, les hommes arrivent A pen-
ser ensemble. En se plagant au-dessus des interets et
des frontieres nationals dans un but particulier, ils
peuvent fort bien arriver A en faire autant dans tous
les autres buts.
Nous pouvons -done esperer que la conf6rencce qui va
s'ouvrir vendre'di s'inspirera d'un sentiment de simpli-
cite, de franchise en meme temps que d'urgence.
Les problbmes'qui nous assaillent sont avant tout des
problems de misere et de d6sespoir humans. Nos pro-
positions pour les r6soudre doivent 6tre franchts et
resolues. ,

7. Ditlfy Wiorker (24/6, communist) :
e La reponse 'du gouvernement sovietique, acceptant
la proposition frangaise d'une conference des ministres
des Affaires 6trangBres de France, de Grande-Bretagne
et de 1'Union sovi6tique pour dtudier les propositions


de M. Marshall expose clairement les principles ei cause
et attire egalement attention sur le caractere unilateral
'de ces nk6gociations jusqu'a maintenant.
Les propositions de M. Marshall sont consid6rees avec
mefiance dans les milieux democratiques, d'abord en
raison de l'action des Etats-Unis en Europe depuis la
mort 'de Roosevelt, et ensuite parce que l'Union so-
vietique a 6et deliberement exclue des entretiens preli-
minaires qui se sont d6rouls depuis quelques semaines.
Ce n'est que maintenant, apres que les Allies occi-
dentaux ont pleinement concert leur politique, qcl
l'Union sovietique est consulted.
Mais une conference plus large va bienl6t s'ouvrir et
Ir monde entier a les yeux tournCs vers Paris. Dans
trois jours, les principles puissances europCennes se
retrouveront autour d'une table. Cela marque une tape
decisivee dans l'histoire 'des relations d'apres-guerre en-
Ire les puissances. >



11. PiESSE AMEItICAINE



Revue de la press camdricuine tu 23 juin 1947
1. L'aide amdricaine A l'Eu'rope
La nouvel:e de l'acceptation par l'U.R. S.S. de prendre
part A une conference des ministres .des Affaires 6trang6res
et celle de la venue de M. Molotov a Paris, le 27 juin, parve-
nues trop tard pour dtre commentdes, figurent en premieic
page de l'edition de derniere here des journaux de lund!.
La press public en mime temps que le communique de
la Maison Blanche annonqant la formation de trois com-
missions prisidde:; respectivement par M. Harriman, secr6-
taire au Commerce; Krug, secr6taire i l'Intdrieur, et No'use,
president .du Conseil des experts economiques. Ces commis-
sions, qui comprennent des reprisentants de I'industrie pri-
vee, du monde bancaire, du travail, de l'agriculture et de
diverse institutions spdcialisees dans les etudes iconomi-
ques, sont charges de soumettre aussi rapidement que pos-
s!ble un rapport a M. Truman sur les resources americaines
et l'incidence qu'aura sur la vie 4conomique des U. S.A.
1'adoption d'un programme d'aide aux autres pays. Cette
initiative du President est considered comme une suite don-
nee aux demands formul6es par MM. Baruche et Hoover,
atnsi que par le sinateur Byrd, pour que le pays procede a
un inventaire de ses resources avant de s'nembarquer dans
un programme d'aide a 1'6tranger qui pourrait depasser ses
possibilites. Le sanateur Vandenberg avait, il y a quelques
Ijurs, demand ai cet regard la formation d'une commission
consultative bipartite. Le senateur etalt au nombre des
membres influents du Congris que le President Truman a
rduni hier a la Maison Blanche avant de rendre publique sa
decision qui ripond aux preoccupations indiques ci-dessus.
Les journaux, notamment le New York Times et le Balti-
more Sun, avaient, dans leurs editions de dimancle, publiC
les d6pdches de leurs correspondants de Londres consacrees
A un article public le meme jour par le Sunday Observer esti-
Inant que la reconstruction europienne requdrait des credits
de l'ordre de 25 milliards de dollars a ripartir sur une pe-
riode de sept a dix ans. Cette 6tude de l'Observer soulignait
igalement que le programme devrait 6tre dirig6 par une
agency centra'e et comporter une reduction des barribres
douanirecs I l'int6rieur de l'Europe en vue de l'itablisse-
ment d'une union monBtaire et d-ouanibre.
Dans son ensemble, la press de dimanche est pessimiste
sur les chances d'une r6ponse favorable de Moscou aux notes
frangaise et britannique, tout en reconnaissant qu'un pro-
gramme de reconstruction 41abori en dehors de 1'U. R. S. S.
et sans sa cooperation serait difficile quant a sa mise en
I.uvre et plein d'incertitudes quant A son succs final.
Le Baltimore Sun et le Boston Globe remarquaient que le
ecr6taire d'Etat ayant indiqui dans son discours le ddsir







BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS ATRANGERE 5


que I'Europe orientale et 'U. R. S. S. soient comprises dans
le plan de reconstruction et ils rappelaient a ce sujet les
declarations de M. Clayton. A cet regard, 6crivait le Boston
Globe, M. Bidau't a compris imm6diatement qu'il ne fallait
Iras que son entrevue avec M. Bevin puisse etre considrdee
comme un geste destine A cimenter une association politiqne
franco-britannique pour repondre aux offres du g6nbral
Marshall. Le plan ambricain, le secrbtaire d'Etat l'a indiqu6
*lairement, n'est dirig6 centre aucun pays et centre aucune
doctrine.
Dans une dphche de Paris, Simms, le commentateur de
In chain Scripps-Howard, souligne que les U.S.A. tiennent
I ce que les .gouvernements europeens mettent au point un
programme comportant un amdnagement et I'utilisation
maximum de leurs resources, 1'Ambrique se bornant it com-
iler les insuffisances de la production europtenne. Et l'Asso-
elated Press exprimait, en m6ne temps, son scepticisme con-
cernant une collaboration de 1'U.R. S. S., rappelant que 1'on
continue A penser aux U. S. A. que Moscou cherche A utiliser
le .dlsordre et les souffrances en Europe commne des instru-
ments de propagation du communism.
PWusieurs journanx estiment que le gouvernemint de Mos-
con, dans l'6ventualitd de son acceptation de particlper aux
negotiations. en profiterait pour les retarder par diverse
manoeuvres de procedure.
Ces m8mes journaux, le New York Times nolamment, dans
un editoriall intituld < L'Europe ne petit pas attendre a, met-
Inient I'accent sur le caractere d'urgence prdsenti par la
situation nctitelle,
Edwin James, du New York Times, soulignant de son c6t6
I'importance fondamentale de I'attitude sovi6tique, estimait
qu'un refus de Moscon aurait pour consequence l'organisa-
tion de l'Europe occidental en un Mloc excluant 1'U. R. S. S.
Cette alternative. estimait-il, dolt Btre de nature A faire
1'flechir le Kremlin qui, depuis la fin de la guerre. n'a mb-
nagb anutnn effort pour Pn empecher la r6alisation. Comme I'a
dit M. Bidan't, les semaines qui viennent montreront dans
quel sens la situation 6voluera. Les instructions que le parti
communist rrancais recevra auront des consequences tres
importantes pour Mi. Bidault et pour le cabinet frangais.
(harles Egen, dans le New York T'.mes, et Raymond Da-
niell notent I'importance du probl6mre du carbon, et Haro'd
(allender Bcrit -u'on ne. se .dissimule pas a Paris les diffi-
cultes qui devront 6tre supporters pour organizer rationnelle-
Illt In production et la distribution de oette matibre pre-
mi&e en Europe. c C'est ainsi, dit-il. que les Polonais ont
refuse d"exnbdier leur charhon en Allema.ne, cc qui aurait
nermis h I'Allemagne d'accroltre ses livraisons a la France.
L' l'olona!s insistent pour que leur charhon soit livre di-
rectement i la France :. Ce journalist indique bgalement
nue les U.S.A. et la Grande-Bretagne sont partisans de
I'naumentation de la production de l'acier allemand a douze
millions de to nes par an. Hlnes qu'h Paris In prdoceupalion
essentielle est que cc soit I'in.dustrie sid6rurgique franca:se
qui soit dvveloppee.
La press de dimanche donnait de l'importance aux nou-
velles de caractire antisovietique. Le discourse de M. Attlee
lnait public en premiere page par le New York Times ct le
Ntw York Herald Tribune, et Constantine Brown, .dans l'Eue-
ning Star, d6nongait, une fois de plus, les objectifs de la
poritique russe dans les Balkans. Le Washington Post, dans
deux articles, d'un de Kuhn et I'autre *de Feodor, exposait que
Ies pays balkaniques sont tombs sous la domination russe
apres avoli Bti sous it domination turque et sous celle des
nazis, et quae a Russie pursuit activement sa politique de
destruction des parties agraires ,depuis la Baltique jusqu'h la
mer Noire.
Dans un saul editorial de press, lundi rnath, tenant
rompte de la rdponse affirmative de Moscou aux propositions
franco-britanniques, le New York Times hcrit que, parmi les
premiers resuitats satisfaisants obtenus par la nouvelle poli-
tique btiang~re ambricaine expose par le Prdsident Truman
et developpee par l'exposb6 du plan Marshall figure le chan-
gement de climate politique et moral de l'Europe, tout an
moins de IEu'rope occidental, oh l'angoisse ressentie devant
la politique russe a ete remplacee par une vague d'espoir et
d'energie. Les principles de la Charte -de l'Atlantique y sont
defendffs A nouveau c dans le discours de M. Attlee et de
M. Bevin o, afnsi que dans les declarations faites en France.


Quoique ces derniires soient plus rescrv6es. Le second r6-
sultat est que les discussions se sont d6plaebes du terrain
politique sur le terrain bconomique et que les discussions
qui, A Potsdain, 6taient dominoes par -des preoccupations
d'echanges de territoires, des deplacements de frontieres, de
reparations, dIe -destruction de l'industrie ennemie et des
deportatirf-s de populations ont cede maintenant le pas A
des changes de vues sur la reconstruction et la production,
considberes come offrant la seule voice de salut pour tons.

2. Les questions franpa'gses
lies tl&egrammes de Callender et de Lansing Warren rela-
tent les derniers dbveloppernents de la situation financibre
en France et indiquent lue si M. Ramadier ne reussissait
pas i faire'tf a pt'er son programme par 1'Assembl6e, une cruise
iniistdrielle pourrait en rbsulter. Callender declare qu'il est
reavaincu que les dernieres grbve n'ont pas 6tb provoquees
par les communists, mais sont dues A la disparity entire la
hansse du nivehu gnderal des prix et la hausse des salaires
qui rend 14s conditions de vie pour les ouvriers trts diffi-
ciles. Toutefois, les i'~ivea ayanf bti dr4lenehbes. le comimu
nistes n'ont pas mannuo de les exploiter h des fins poli-
liques. Callender considbre que le peril de l'inflation est plus
grand que jamais.
Ce mmme pbril est soulign6 dans un editorial du Chicago
Daily Triliune, intitule : c La France a besoin de la France ,.
Apres avoir expos les grands proarrs rTalises en France
depuis la Libbrafon. ce journal ecrit que les difficulties de
la France sont surtout financibres et rssultent du dse6qui-
libre du hudeet. 'Celui-ci est at, en grande partie, aux de-
penses milItaires exagbrbes. La guerre d'Indochine en est
lun example. Un autre element de drsbquilibre se trouve
dans le deficit des enitreprises nationalisees.
Le New Torki Ttms-eYebrenant les informations selon les-
,ullllos I aouvernement ambricain aurait souligno au gouver-
nement frangais ru'rgence de mettre fin au conflict indochi-
nois. estime aue la situation ne s'ambliore pas dans notre
colonie et il critique les autorites franchises c qui cherehent
h dbvelopper une guerre civil > en tournant une region de
l'Indochine centre une autre.
Le New York Herald Tribune reproduit. ,dans sa rubrique
a Correspondence >. unoelettre signee Mahdi Bennouna, dO-
hIeud du t Mouvement pour l'ind&endance marocaine *, cor-
respon-dant di qpuotidlen de Rahat Al Alam, qui comporte les
attaques habitue'les contre administration franqaise accuse
de n'avoir rien fatt- oWi ambliorer les conditions Bconomi-
ques et storiales du Maroc.

3. Nouvelles diperses
Paul Shafer. rppuhlicain. representant du Michigan. a de-
mand6 que P'administration impose un embargo sur les
exportations de p6trole A destination de la Russie qui, salon
lui, ont atteint un volume tel qu'elles menacent le ravitaille-
ment des U. S. A. II compare res exportations aux fournitures
d'acier et de pitrole faites au Japon avant la guerre.

4. Labor Bill
Le Sbnat, par 68 voix centre 25, a passe outre au veto pre
sidentiel centre le I Taft Hartley Bill > qui ddvient en con-
s6quence, la nouvelle legislation ouvriire des U. S. A.

L'JNION SOVTATIQUE ACCEPTED DE DISCUTER LE PLAN MARS-
HALL (New Y)oork Hetald 7lrtibunme, 24/6, editionn eu-
rop6enne) :

< L'acceptation rapid du gouvernement sovi6tique
et son accord pour participer A une conference dans les
delais in'diquns par les autres puissances ont fait naitre
l'espoir en France que les Russes pourraient etre ina-
patients de participer A un tel programme. Etant donn6
que les Frangais n'avaient pas encore reou les listes
des d616gues sovi6tiques qui devaient assisted A cette
conference,, ils ignoraient si M. Molotov aminerait avec
lui des experts en matiere d'agriculture, d'6conomie et
'd'industrie. Le reeu de cette liste montrera dans quelles







9 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS *TRANOERB


measures la Russie est prete i collaborer an course de
cette conference. )
(JOHN O'REILLY)
< La reussite de cette conference peut en fin de
compete dependre du succes avec lequel les ministres
pourront examiner le problbme essential du commu-
nisme centre la d6mocratie. Etant donn6 que le com-
munisme est fon'damentalement tn regime economique
aussi bien qu'un regime social et politique, on peut
s'atten-dre A ce que les Russes aient le d6sir de renfor-
cer le regime communists dans leur propre sphere d'in-
fluence, estimant que c'est lA une nCcessit6 pour par-
venir A la reconstruction eronominue de I'Eurone: mais
la derniere chose que d6sirent faire les Am6ricains,
c'est precis6ment renforcer le communism, el, unn
degr6 moindre, le m6me probl8me se pose pour la
Grande-Bretagne et la France. -
(JOHN CHABOT SMITH.)



In. PRESSE SOVIETIQUE


Revue de la presge souIStique des 22 et 23 juin 1947
1. Le plan Marsihal
a) La Pravda du, 23 juin -publie le communivou de
l'aaence Thss contenanit la reponse du gonvernement sovi&-
tique aux declarations des giinvPnemi.ents britanniqut et
francais relative an plan Marshall..
b) II convient de rplever dina In prescare ne. sg.ie J. Ifelei
grammes sur les echos qu'a sunlev6s h I'etran Marshall, ainsi que les conversations franchise et hritan,
nique. 'La press faTt dtat des declarations de M. BidrnlTt
et des divergences entrlele commnuniqud du minisibre des
Affaires etrangeres .et les declarations de 7T Bourdan. I.es
journajfx reproduisent Zealement. d'aorss Pagenc, Ben~er.
le compete rendu (Pin article de Franc-Tireur sur aie rinte
confldentieTTe de IT. Marshall an ouv.ernement an'lais. Ts
donnent des extraits du own, York T;imps et dp r'articl dee
tipnmarl dans le New York Herald Trizune. 11s rano nffd
la dbmarehe de M Cad.-nan nimnr' da serdlaire d" I1O.N.NT.
sur les conversaTfons de Paris R soulignent nue cette dg-
marche auwait 6t6 fate sur initiative de M. Bevin sans 7i
parficination de M. BTdault.
c) Trois te~htrammes on ground (e t? ?,ranmmr s concer-
nent les former artnelles dip 'nidr amt'irnia-e atix Davs
etranfers. On re'1ve P'anasilv de. Inrcor'l Tr"po-Pper
dn 20 ijoin et des extra's de la nresse rrfrneip 'e sufet,
aine dAP eh'e nur l'artivite de1 mission im -ieainre-en Tvr-
quie et un t6leiramme annoncant la st natn-e d'un accord
portant attrilbution de credits amnricains Ilran.
d) La Pravda dn 23 nhblie une note de Leon'fev consn-
ele A ]a e proposition nnlles d'aprAs le d;seonlrs n- re
ifernTer a prononrcc6reemment h Evanston. An %- av'Hr son-
lignA ronmhin ces dclar.itions non nfficirllns sont
commodes D parce ou'elles nermettent d'etrep sineies tout
en n'eneageant en rien, Leontipv remaraue a(u' M. Dall's a
propose de faire condamner pnblinuement le r m'iie sovieti-
que et les regimes ddmocratifipes dos nays d- I'EWrorsp o-'en-
tale par une decision de 1'Assemblie eandrale do I'ON.U.
la proposition de M. Dulleq se ramnnernit. nour 1." ior,-ns-
liste sovietinoe. h soumettre h I'exprmP de, I'Ase-bh'de
g6ndrale le rhv'me intdrieur d'n.n sirie d'Etats et h saboter
rar l la collaboration international.
2. Les trwav ux des "rganismes internationaux
Ils sont dgalement au premier plan des informations de
la press. Les journaux du 22 reproduisent le compile rendi
de la seance du Conseil de'sicurit6 du 20 juin; its donnent
Egalement un t6l~ranmme 'ass de Belgrade rdsumani le
memorandum yougoslave y'r 'Conseil de secnritE sur les inei
dents de la frontiere grecque; une dep6ohe de Shanghai
sur les travaux de la commission 6conomique pour 1'Asie et
I'Extr6me-Orient et sur ceux de la commission amdricaine


pour la Corke: deux d'ptches de Vienne sur les travaux de
la Commission pour le trait autrichien. La second de ccs
d6prches fait le point des n6gociations.

3. La lutte pour la ddmocratie dans le monde

Parmi les nombreuses nouvelles qui en suivent les peri-
peties, quelques-unes seulement sont au premier plan.
Nouvelles de longrie. Un long t6legramme Tass de
Budapest pr6sente le Livre Blanc du gouvernement honarois.
Une depeche signal ]a fuite .du chef de la Chancellerie de
Ia Presidence de in1 Rpublique; I'autre resume les decla-
rations de Laky Laslo sur le complot antirepublicain.
Nouvelles d'Alemaowne. On relve le texte du t6le ramme
envove par le premier ministry de la zone sovietique d'oc-
cupat'on au Conseil de contr6'e; une court depeche an sujet
des groves dans la rNqion de Cologne. Dans la chronique
international de la Pravda, Marinine traite de e la reaction
et le probl6me de l'unite de l'Allemarne ; l'auteur y de-
nonce la pronagande en faveur du fedeba'isme. I1 declare
que la politinue de liquidation de l'un't6 de 1'Allemagne
est devenue le programme sur lequel s'unit et se group
toute la reaction allemande. Le particularisme, compagnon
inevitah'e de la liquidation de l'unite de I'Allemagne cons-
titue l'atmosphere la plus prop'ce A la consolidation et la
contre-offensive du-front uni de la reaction centre le front
de la demorratie. Ainsi. le fameux federalisme conduit en
fait non seulement h la liquidation de l'A'lemagne en tant
qu'unite et A la ruine des forces de la .dmocratie allemande,
ma's il facility aussi la consolidation des forces de la reac-
tion allemarile et mene droit h la transformation de 1'Alle-
mane occientale en un protecto-at anglo-amdricain.
lTne longue ddpe"he de Tokin rAsume les dbbats de la
seance du process de Tokio du 18 juin.
Le reste des deneclies se site an second plan. Elles trai-
tent des suiets suivants : dec'aration de Dimitrov a l'As-
.emblee national huleare. la terreur en GrBee: la position
du parti communist hindou contre la division de I'Inde;
depnrt d'une d6e6gation syndicale soviitinue pour la Youao-
slavie et nassaee A Moscou des '81 euds syndicaux cor6ens.
Une depeche de France traite du mecontentement des pro-
jets financiers.



IV. PRESS BELGE


,'UNION SOVItTIQUE ACCEPTED DE DISCUTER LE PLAN MARS-
HALL (Le Peuple, 24/6, socialis.e) :
< L'accord de M. Molotov de participer aux conver-
sations pr6liminaires A l'acccptation, "par les pays eu-
ropeens, des propositions de M. Marshall, a produit ulne
impression de 'detente.
Que discutera-t-on A Paris' ?
On voudra surtout y avoir des pr6cisions 'sur les
conditions politiques et materielles du project am6ri-
cain.
On s'inqui6tera aussi et, probablement, surtout -
des repercussions politiques de la nouvelle formule de
cooperation economique international. L'6cueil princi-
pal sera a la fois l'interpr6tation tres exclusive que
font les Russes 'de leur souverainet6 nationa:e et de
leur r6le dans les pays qu'ils controlent et le d6sir ex-
prime par M. Marshall de se trouver en presence d'un
plan d'ensemble 6labor6 par tous les pays europ6ens.
Mais il semb:e qu'en la circonstance ce scepticisme
est de mauvais aloi.
La Russie, comme 1'Europe tout entire, a besoin de
la collaboration 6conomique americaine. L'AmBrique a
besoin d'une Europe saine et pacifiee. L'occasion est
offerte A ;ous d'essayer 'de combler le foss6 qui spare
les deux blocs.
La Grande-Bretagne, la France et les petits pays en-
rop6ens front tout ce qui est en leur pouvoir pour






BULLEsTIN QUOTIUIUN DE PHESSE ATRAN09RE 7


que les negotiations entam6es aboutissent A des conclu-
sions concr6tes.
Les regards de tous ceux qui d6sirent une paix stable
et une Europe prosp6re se tourneront vers Paris, le
27 juin, lendemain du 'deuxi6me anniversaire de la si-
gnature de la Charle des Nations Unies. z
G. KOULISCHEn.


V. PRESS; SUISSE


L'UNION SOVIITIQUE ACCEPTED DE DISCUTER LE PLAN MkRS-
HALL (N(tltontal Zei:tng, 24/6, 6dit. du matin) :

SL'Union Sovi6tique accepted l'invitation sans poser
de conditions, ce don'tt l'attitude adopi6e antirieure.ment
par la Pologne permettait de douter. Elle se borne a
constater qu'elle n'est pas instruite des measures don't
MM. Bevin et Bidault ont discut6 et qu'elle ne poss6de
pas 'de renseignements pr6ois sur la nature et les cou-
ditions de 'aide offerte par les Etats-Unis aux nations
europ6ennes. Ainsi le Kremlin s'exprime avec beaucoup
plus de prudence que le gouvernement polonais qui,
dans une declaration officieuse, a fait savoir qu'il n'ac-
ceptera le project am6ricain que si la Commission 6co-
nomique europkenne de l'O.N.U. participe aux travaux,
si les pays qui ont besoin d'un appui sont invilis a


laborer eux-m6mes leurs plans, si le concours 'de l'Amne-
rique n'est pas subordonn6 & des clauses politiques et
si les nations qui out le plus souffert de I'agression se
voient accorder la priority.
Ce language parait bien curieux si l'on consid6re, d'une
part, le discours tr6s neutre et congu en terms g6n6-
raux qu'a prononc6 M. Marshall; d'autre part, la s6rie
'des faits accomplish resultant d'une pression politique.
et si l'on note en outre que le plan Marshall > ne
content pas de conditions pr6cises, sauf une seule, qui
est fondamentale, A savoir que les pays qui entrave-
raient syst6matiquement la reconstruction ne b6n6fi-
cieront pas de l'aide am6ricaine. I1 est parfaitement
possible qu'a Paris M. Molotov s'engage dans la m6me
voie que la Pologne et tente de paralyser I'initiative
americaine par un contre-projet. Mais 6tant donn6
qu'on a dit A 1'Europe : Aide-toi toi-m6me > et que
Moscou a donn6 son assentiment, que *d'ailleurs 1'Am6-
rique ne sera elle-m6me pas repr6sent6e A la Conf6-
rence de Paris, M. Molotov ne pourra plus se permettre
de tendre 1'are A 1'excis. Sinon, il ferait perdre a
1'U. R. S. S. le droit de dire son mot, qui Lui revien-
'drait 16gitimement en tant qu'Etat europeen, solidaire
des autres pays du Continent, et il favoriserait l'isole-
ment de l'Est. L'Europe tient un congr6s avec la Russie
et sans 1'Amerique, afin de s'organiser grace h I'aide
am6ricaine. Si l'entreprise 6choue, l'Europe s'organisera
sans la Russie. *


S. P. I. Imp.. 27, ru! Nicolo, Paris 81.3009




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