Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: June 24, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00121
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTiRE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentatlin
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


I LA DOCUMENTATION PRANAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESSED


BULLETIN


DE


Q


PRESS


24 juin 1947.


iI N



1E RE

.le S6rie No 700


SOMMAIRE

I. PRESSE BRITANNIQUE.
a) La situation 6conomique et financiere en France:
1. Sunday Times (22/6) ;
2. Daily Telegraph (23/6);
3. Daily Herald (23/6).
b) La situation en Indochine (Times, 23/6).
c) La reconstruction de I'Europe:
1. Times (23/6) ;
2. Observer (23/6).
II. PRESS AMERICAINE.
a) La reconstruction de 1'Europe (New York Herald
Tribune, 22/6, 6dit. europ6enne).
b) La si.ualion int6rieure en Hongrie (New York
Herald Tribune, 22/6, 6dit. europ6enne).
c) Le project de loi antigreves (New York Herald
Tribune, 22/6).
II. -- PRESS SOVITIQUE.
IV. -- PRFSSE POLONAISE.
Apres le discours de M. Bevin (Rzeczpobspolita, 22/6).
V. -- PRESS SUISSE
La situation ,en Chine (Journal de Geneve, 22-23/6).


I. PRESS BRITANNIQUE

Revue de la press britannique du 22 juin 1947
Au point de vue int6rieTr, il y a lieu de rclever particu-
li6rement dans la press dominicale les discours prononc6s
h.er dans le Yorkshire par MM. Attlee et Shinwell. Le P.e-
mier Ministre, parlant des conditions politiques r6gnant
dans 1'Europe oriental, a adress6 de vifs reproches aux
deput6s travaillistes qui prennent la defense de pareils
regimes. M. Shinwell, de son c6t6, a adress6 un avertisse-
ment aux mineurs a la suite de la baisse de production de
carbon depuis la nationalisation des mines et P'adoption
de la semaine de cinq jours. De nombreux journaux ipsis-
tent sur cette baisse de rendement des mines.
1. Le plan Marshall
Au point de vue ,ext6rieur, c'est presque exclusivement
l'offre Marshall et la Hongrie qui font l'ohjet d'informa-
tions et de commentaires. De nombreux journaux rappel-


lent que l'offre d'aide Ia 'Europe faite par le Secrdtaire
d'Etat americain ne pout se rdaliser qu'avec l'accord du
Congras et cherchent a dev.ner quelle ser la decision de
celui-ci. Tandis que .le rep-6sentant du Sunday Times h
Washington se montre optimiste et ins;ste sur la decision
de administration de poursser 'affaire a fond, celui de
l'Observer ecrit que les milieux offic.els anglais et ameii-
coins se montrent inquiets de l'optimisme exag616 profess&
A letrangfr en ce qui concern les chances de succis du
plan Marshall aux Etats-Unis m&me. Selon lui, l'opinion
americaine aurait retenu du discourse de M. Mai;shall lim-
pression quoe 'Amdr.que aurait a donner mains A une Eu-
rope qui serait encourage a s'aider elle-m6me. De p-us, un
silence extraordinaire serait fait au Gongr6s sur cc:te
affaire et sur quinze s6nateurs interrog6s, dou.e se serairnt
reftu 6s i lout commentaire. Les pressantes declarations de
M. Hoover sur le danger pour 1'Amerique d'exporter Irop
anraient d'au:re part 6t6 beaucoup plus remaiquies que le
diLcours de M. Marshall. Un seul aspect du plan Marshall
rencontrera:t l'approbation g6n6rale et ce sera.t ce qu'on
consid6re o tre, son c68t anti-sov:jiqae. Le mdme corres-
vondanl. de l'Observer erit qu'nn d6clarv danm les milieux
d:plomatiqu-.s de Washington que M. Bidault a ddji do Ea:i
a M. Bevin assurance que la France ira de l'avant dans
i'etablissemcnt d'un plan economique pour 1'Europe, quelle
(c'e soit I'attitude adopted par 1'Union Sov 6tiqure. Si les
Etats-Unis maintiennent une attitude de non-participation
dans la mise au point de ce plan, ii est cependant certain,
qu'6tant donnr I'importance de la Ruhr pour 1'tconomie de
l'Europe, les Etats-Unis en tant que puissance occupante
en Allemagne ne pourront rester en dehors de I'etablsse-
ment du plan. Une correspondence de Paris puhl 6e par le
indme journal rapport cependant tine profonde divergence
de vue entire la France et la Grande-Bretagne resultant du
faith que les Frangais mettraicnt a racceptation de l'offre
amiricaine la condition que la Russia 1'acrtepte de son c6td.
La Grande-Bretagne, par contre, se prdoccuperait beaucoup
Inoins de la reaction russe. II y a cependant lieu de se
rappcler queo la France, don't l'6conomie pourrait a la ri-
gu'enr s suffire i elle-mime au prix de sacr flces moindres
que celle de 1'Angleterre, a un bosoin moins impirieu'x de
dollars. La v6rit6, conclut le correspondent, est que la
France ne pout pas risquer de rel'lchcr ses rapports avec
l'Europe oriental pour des avantages 6conopmiques court
terme ou a long terme, quelqu'e substantiels qu'ils ru'ssent
etre. Ie correspondent diplomatique du Sunday Times, a
propos de la response russe, attendue pour demain an p'us
tard, erit que les Soviets mettront comme condition a Icur
acceptalton un control international, vraisemblablement au
moyen .de l'organisation des Nations Unies, de i'emploi des
credits offers a 1'Europe. Les Etats-Unis ne seraient pas
disposes a se soume'tre a un tel contr61e. I'Observer croit
voir dans un certain nombre d'dvinements le sign d'un
-hangement profound dans la politique russe. Ce serait
d'bnord la mauvaise sant6 de MM. Molotov et Vychinsky
qui laisserait prdvoir une prochaine disgrace et influence
croissante prise aupris de Staline par M. Maisky. Si la






2 BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS ATRtANG*RB


RnBtsle neceptait l'offre americaine, cola signiflera't quie le
Kiemlia, sous la pression de see besoins 6oonomiques, se
Jerait dlcid6 i reprend:e la collaboration avec l'Oucst. 11
yourrait y Otre ,enconlrag6, d'aut.e part, par le fait que les
espoirs mis par le Politlura au dans Ics rebelle, du Labour
Party se sont rdv6l6s sans fondement. Enfin, la Pravda
,Aant public sans conmentaire host le l'invitation de
MM. Bevin-Bidault, on peut croire que celle-ci sera accepted.
LA professcur Lasky, cependant, dans le Reynolds NewVs,
sous Ic titre 4 Nous avons besoin de 1'aide am6ricaine,
mais pas A n'importe qucl prix n, estime qu'un.e sorte de
tend lease serait un a splendid bienfait pour 1'Europe *,
mais celu--ci ne doAt pas 6trc fond6 sur I'obligation on de
diviser P1Europe en deux ou de soumettre celle-ci aux con-
cept:ons de Wall Street. L'offre Marshall, d autre part, ne
doit pas Otre tn simple argument dans les llltes de In
politique int6rienre nm6ricain.e et M. Lasky rappelle que
c'est I'aide conomique accordee A la Hongrie par 1'ex-pr6-
.ident Hoover qui avait amend au pouvoir l'amiral Hortly.
M. Br.ossman. dans le Sunday Pictorial, cherchant A expli-
quer la m6fiance russe, rappelle que le regime de Bela Kaun
.tva:t ete supprim6. non pas au moyen de mitrailleuses,
Itnis de pain. II souligne que, aussi bien en AmErique qu'en
Russie, la crises hongro'se a tenu plus de place dans la
press que loffre Marshall. Le plu's grave danger pour la
paix est actuellement la guerre de propaganda qui se d6-
roule entire la Russie et l'Ambrique. L'Angleterre va-t-elle
se laisser saisir par ce m&me virus ? Elle .devrait adopter
une po:i;iqui'- claire de conciliation et non une politique
ferme et vague.
2. Hongrie
En ce qui concern la Hongrie, les journaux annoncent
la publicalton pour demain d'un Livre Blanc accusant ouver-
tement les missions diplomatiques aminricaine et anglaise
A Pudapest d'avoir 6tA en rapport avec des Hongrois imp"-
quds dans les affairs de complots pour obtenir des infor-
imations sa'r la police hongro.se rt sur les forces militaires
sovleiqques. L'Observer, d'autre part, rapport que M. Tildy
a e:6 6 oigad de Budapest et se trouve maintenant dans un
village prEs lu ise l alat'n. sounds A I'etroite rivveiflance
de la police. Sa garde du corps aurait 6t6 entierement re-
nouve.6e. 11 auirait et6 galement prevenu que les commu-
nistes d6tenaient la preuve de sa participation dans le
comp'ot centre ]a Republ:que. Le m&m.e corespondant ecrit,
c,u'on assisted actuellement A une d6sint6gration des parties
politiques hongrois et -en particulier du part des pet~is
paysans et du parti socialist.

3. Voyage de Mme Peron
La prochaine visit de Mme Peron a Londres continue A
fire l'objet d'un certain nombre de comnmentaires. L'Ob-
server derit que, si I'on ne veut pas de la femme du chef
du gouvernement argentin, il fallait refuser les dtux Ba-
teaux de viande qu'elle a offers a I'Angleterre L l'occasion
de NoAl. Le Reynolds News, dans on editorial intituld :
a Ne vcnez pas en Anglcterre, Senora :, rappelle les ten-
dances fascists du regime Peron et accuse l'Argentine de
profiter de sa position avantageuse pour exiger des prix
exorbitants de ses products. Dans le Sunday Pictorial, par
vontre, Lord Strabolgi fait 1'l6oge de Mme Peron, qu'il
reprdsente come la Mrs. Roosevelt de l'Amrrique du Sud.
Revue de la press britannfque du 23 juin 1947
Plusieurs manchettes sent consacrees Aa l'arrestation dun
Polonais que la police recherehait depuis, trois semaines ;
d'autres mettent la vedette sur la greve d'employ s, de con-
tremaltres et de technicians des mines dans les Galles du
Sud, greve qu'i affected 2(0 p;uts ct qui risquerait, si elle se
prolonge, d'obliger lc gouvernement a abolir ja semaine de
cinq jours. La chronique exterieure est relativenent pcu
fournie. Tout-efois, la situation politique ct 6conom:que de
la France fcurnit matiere A deu'x articles importanls dans
le Times et le Manchester Guardian.

1. Etats-Unis
Le conflict entire le president Truman et ]a Chambre des
Reprdsentants au sujet du project de loi dirig6 contre lear
graves et l'autoritd des syndicate fait l'objet d'un article
dans le Times. Son correspondent A Washington signal Ics


manoeuvres d'obstructlon auxquellec dolvent avoir recou's
les supporters du President pour retarder le vote du S6nat.
Ils profitent de ce ddlai pour arncuter l'opinioif contrc In
project de loi. Ce correspondent estime que la propaganda
intense a laquelle ce conflit a donni, lieu' risquerait d'avuir
des effects contraires A ceux que ses organisateurs espdra'ent
et ne servira, sans donte, qu a affermir la volonte du Senat
de voter pour le project de loi en question.
De mnime. le correspbndant du Daily Telegraph pease
que la parties est d'orcs et d6jh perdue pour le president
Truman.
Le correspondent diplomatique du Daily Worker ecrtl
que le president Truman a ete amen AI adopter cette attl.
tude sous la pression de opinion et en raison du retour
Rtonnant tie M. Wallace sur nl scene politicqu'.
Son influence ferait .chee h la doctrine Truman qui,
d'apr6s .e correspondent, consist a briser P'autorit6 des
syndicats et utiliser les dollars At 1'tranger pour des fins
politiqucs.
Au sujet de M. Wallane, le News Chronicle et le Iatll
Worker signalent que celui-ci a vivement critique les dB
clarations de M. Bevin sur la Russie lors du dernier dlbat
de politique 6trang6re aux 'Communes.

2. Plan Marshall
La press signal que la rdponse de la Russie A I'invt.
station Qui lui avait 6t0 adrcssif par M. Bevin et M. Iiduult
est nmmnmente. I1 semblerait, d'apr6s le Daily Telegraph,
que ni M. Molotov, ni M. Vychiisky ne pourraient. pour deS
raisons de santA, participer A la conference envisagi'e. :e
journal n'exclurail pas 1'Aventualit d'un changenment dr
la politique sovi6tique. En tout cas, il declare que Jo
Orande-Bretagn.e el. la France iront de l'avant, m&me st
I'II.H.S.S. refusait I''lffTr~ qi lii cst failt
D'aprbs Robert Waithman, correspondent diplomnatiqu- du
News Chronicle, -il se pourrait que les Russes, au eas oil
ils accepteraient, proposent Prague comme siege de la pro.
chaine conference. II1 fait 6tat de bru;ts contradictoires A
propose de I'attitude de M. Bidault.
D'aprBs certainea rumours, celki-ci consid6rrrait que Ia
participation de la France' la reconstruction europ6enne
est liAe l'aacceptation de .'U.R.S S. D'autres affirmeraient
au contraire que l'attitu'de de la France est indipendante da-
la response sovietique.

3. Visite de M. Clayton en Angleterre
D'aprs le correspondent du Times A Washington, Par-
rivde de M. Clayton A Londres est calculde pnur coincider
avec la rdponse sovidtique. Bien quo M. Clayton ne soit
pas ability pour diseuter du plan Marshall aver le gouvdl.
nement britannique, le correspondent diplomatique du Man-
chester Guardian estime toutefois qu'il ne scrait gucre pos-
sible d'Aviter ce sujet lors des entretiens A venir.
C'est 6galement I'avis de Robert Waithman do News
Chronicle, 6tant donned quoe cette question a pris le pas str
toutes les autres, notamment sur l'emprunt britannique qui
constitute officiellementl 'ohjet des entretiens de M. Clayton
avec le gouvernement britannique.

4. Presse sovidtqiue
Le Manchester Guardian fait 4tat d'un article de la
Pravda d'aprbs lequel 1'U.R.S.S. aurait pu gagner la guerre
toule seule ct suivrait attentivcnient les/manceuvrcs et lea
provocations des nouveaux fauteurs de guerre. Le Dally
Herald cite ua autre extrait de la press sovietique d'apris
lequel les Auglo-Saxons favoriseraient les rmactionnmaires en
Allemagne
5. POlogne
L. correspondant du Times A Varsovie relve plusltears
articles de la press polonaise qui attaquent la politique
de M. Bevin.
D'apres ce correspondent, ces attaques auraient surprfs
les milieu diplomatiques gu'i les considdreraient coinme
le prelude A uu rejet du plan Marshall par le gouvernenent
de Varsovia
6. France
Le correspondent parislen du Times brosse un tableau
de la situation aprs6 le reject par la Commission des finances







auuLxrI QUoTmoN DU WUasU *IrzANa*z A


des projects de M. Schuman. Ce correspondent remarque
que ces measures out etl repoussdes par ine faible majority
et que < ertains de ceux qui ont vote centre elles ne l'ont
pas fait pour s'opposer au gouvernement, mais parce Cu'iIf,
violent que ces measures entrant Janus ir cadrnT d'une po!i-
tique 6conom'q;ue g4enrale ,.
It pense, d'autre part, que l'Assembl6e pourra voter ces
measures et qu'une crise politique serait en ce moment par-
ticulibrement prejudiciable h la France. Ce correspondent
cite ensuite un article de M. Blum admettant que la poli-
tique de reduction des prix et le blocage des salaires est
terminde.
Le corresp6ndant parisien du Manchester Guardian af-
firme que 'e vote de la commission porter un coup serieux
au prestige du Gouvernement et mmme a celui de l'Assem-
blee car il croit, lui aussi, que l'Assemblee voter les me-
sures rejetees par la Commission. Celui-ci toutefois appelle
attention sur le fait que :e Gouvernement .doit de toute.
urgence faire un expose de sa politique g6nlrale.
Les rtcentes conversations ne manquecont pas d'avoir de
slerieusr. repercussions sur les prix et notamment str ceux
des denrees alimentaires.
Le Daily Herald 6tudie la possibility d'une admission du
Cabinet an cas oh I'Assemblee voterait contre les measures
financires.,

7. Maroc.

D'apris une .ddp8che Reuter reprodutte par le News Chro-
nic'e. Abd el Krim aurait declare que la France d'evrait
quitter le Maroc.
8. Hongrie

Le Da'fl Telograph. le Manchester Guardian, ]e Daily He-
rald, le News Chronicle annoncent que 'e President Tildy a
oppo:'. un dementi formel aux rumeurs selon lesquelles il
auraiP donn6 sa admission. Le Daily Teetqraph fait 6tat
d'un livre blanc hongEois d'apres lequel 'a Grande-Bretagne
et les Etats-Unis auraient fait h M. Nagy et A ses parti-
sans une a'de pecuniaire pour favoriser 1'6tablis.ement d'un
rdq'me reactionnaire tel que celui des Habshourg en Au-
triche.
Le Daiy Worker fait 4galement 6tat .de ce Livre blanc.

9. Italie.
La press semble accorder une certain importance au
mnuvement c'andestin n6o-fasciste qui vient d'etre d6couvert
en Italie. D'apr6s !.e correspondent a Rome du Times le
nouveau cabinet de Gasperi ne serait pas solid. II pense
que la faveur pppulaire pourra lui Otre retiree s'il ne met
pas rapidement un terme aux difficultis materielles.

a) LA SITUATION ACONOMIQUE ET FINANCIARE EN FRANCE.
1. Sunday Timres (22/6, conservateur) :

K Les Frangais sont fortement pr6occupes par deux
choses importantes. La premiere, c'est la r6ponse que
donnera la Ru:sie h l'invitation de M. Bidault et de
M. Bevin. La deuxi6me, c'est de trouver un moyen de
sauver la France ,d'une inflation rapide. Il y a un rap-
port evident entire ces deux preoccupations.
Le Francais moyen se demand si 1'Union SovieBique
di'sire v6ritablement voir la in de la misere en Europe
et le dtveloppement de 1'esprit europ6en. II espere sin-
carement une acceptation de la part de Moscou, mais
il continuera A se demander si, dans ce cas, une accep-
tation ne marquerait pas le debut d'une tactique d'obs-
truc ion. En fin de-compte, un refus pourrait 6tre pr6-
fdrable A cette atti:lde.
Le seul 61Bmen.t qui permette d'esp6rer une amelio-
ration de la situation in:,6r'eure, c'est que le gouver-
nement a 'intention d'abandonner ou d'assouplir divers
contrbles gouvernementaux, ce qui cons'ituerait une
premiere measure vers an assouplissement general .du


rationnement.'On pense qu'en definitive, cette decision
fera baisser le prix d2s articles rendus libres. Mais
I'avenir imm6diat est sombre, en raison de la gr6ve des
banques et des grands magasins, de menaces d'autres
groves et du fait que le P.aais-Bourbon est envahi par
des d616gations ouvr'ires.
Si I'on veut que la France echappe aux misbres d'uhe
inflation grave, il faut recourir A quelque chose de
plus que des economies et des augmentations d'imp6ts.
Ce < quelque chose > doit comprendre un vaste pro-
gramme d'importations pour pallier A la p6nurie, et *de
telles importations ne peuvent provenir que des Etats-
Unis. D'oi l'impor:ance de l'in.iiative de M. Marshall.
(FRANK MACDERMOT.)

2. Daily Telegraph (23/6, conservateur) :
II est fort possible que M. Ramadier se trouve aux
prises avec .une nouv.elle crise politique cette semaine,
lorsque l'Assembl6e examiner ses propositions pour
6quil:brer le budget frangais, propositions qui ont d6jA
6L6 rejet6.es sous leur forme premiere par la Commis-
sion des Finances. Cependant, il est difficile de voir
aucune autre al.erna'ive pour lui. Sans parler de la nb-
cessit6 4de trouver des credits pour le commerce ext6-
rieur, le Tr6sor francais se trouve pace devant un man-
que de confiance de la part de .-es cr6anciers de l'in-
terieur. Ccmme cela s'est si souvent produiit sous la
IIP Rdpublique, le gouvernement d2 la IV" R6publique
se voit d"mander de proceder A des economies ,draco-
niennes pour a sauver le franc ,.
Tne fois de plus, il est question de r6duire le nom-
bre des fonc'ionnaires e' de cr6er des imp6ts nouveaux.
Le premier remade est impopulaire auprbs ,des c'ass-s
touchlis, et le second r6pugn-e A tous. II y a de plus un
autre factenr qui rend une action hqrdie, aussi neces-
saire qu'elle soil, peu attrayante. II y a six mois,
M. Blum, alors pr6'ident du Conseil, essay de vaincre
I'inflation en bloquant .es salaires et en faisant baisser
les prix. Son successeur, M. Ramadier, es' toujours
fid'e ean th6orie A cette politique. Mais les concessions
faites aux syndicats ont dejA marqu6 l'abandon du blo-
cage des salaries. Les prix, qu'on a eu beaucoup de mal
A fair baisser, vont maintenant remonter. Une augmen-
tation des tarifs postaux et ferroviaires, ainsi que des
droi's sur P'essence et le tabac, ne p-ut que faire aug-
menter le coot de la vie. et la suppression des subven-
tions en matiare de produi's alimentaires toi-chera tou-
tes les bournes Meme la suppression de certain con-
tr&les en matiere ,de rationnement ne pnurra qu'adou-
cir les 6preuves cons6cutives A l'Nchec de l'exp6rience
Blum. >

3. \Daily Herald (23/6, travailliste) :
c La France, comme la Granda-Bretagne, est aux
prises avec des difficulties 6conomiques aigues. Le peu-
ple britannique suivra ses efforts avec sympalhie et
int6rkt, 6tant donn6, en particulier, les consultations
6troi:es qui ont lieu entire M. Bevin et M. Bidau:t sur
les propositions de M. Marshall.
La France, comme la Grande-Bretagne, souffre de la
p6nurie mondiale ,de denr6es alimenlaires, d'une ba-
lance commercial 'ds6quilibr6e et du prix l1ev6 des
products de premiere n6ceesit6. Mais les Francais ont
re!ev6 leur production charbonni6re A un niveau supe-
ricur A celui d'avant-guerre.
La Grande-Bretagne, d'autre part, possbde deux
atouts excessivement important's qui manquent A la
France : un gouvernement s'appuyant sur une majority
stable et suivant un programme id6fini approuv6 par le






4 BULLETIN QUOTIDIEN DR PRESSED ATRANGERE


pcuple, et un sys'.me -de rationnement et de contr6le
efficace qui Bcarte ia menace d'une inflation. En cons6-
quence, le people britannique jouit d'une s6curit6 6co-
nomique beaucoup plus grande que le people de
France, of il est presque impossible d'oblenir du lait
pour les adu:teA, of le taux de la mortality infantile
est pros de deux fois plus 6:ev6 que celui de la Grande-"
Bretagae, et of l'inflation est aggrav6e par le march
no.r qui ne pau. Store contr6l6.
La difference en.re los revenues r6els les plus klev6s
et lIes p'us has est beaucoup p:us grande aujourd'hui
en France qu'en Grande-Bre.agne, et il n'est pas 6ton-
nant que la gauche frangaise soit oppose i un pro-
gramme < d'auz-trit6 > comprenant la suppressIon de
subvenlions sur le pain et le lait. II ne sera pas facile
pour le gouvernement frangais de suivre 1'exemple de
la Grands-Bret.agne e: ide formuler un'e politique 6co-
nomique acceptable pour la classe-ouvriere.
Cependant, nous souhaitons que les efforts du gou-
vernein nt franvais soieni couronn6s de succes, .et nous
nous r6jouissons de la collaboration 6troite des deux
pays, collaboration qui a Wtt de nouveau mise en evi-
dence lors des entretiens Bevin-Bidault. >

b) IA SITUATION EN INDOCHINE (Times, 23/6) :

< M. Bollaert, Hau'-Commissaire en Indochine, qui
est r6cemient relourn6 A Paris pour faire un rapport
A so i gouvernement, a reussi, grace A sa politique ferme
mais concilian.e, i faire diminuer la tension, et il a
expr:me pub:iqu:ment l'opinion que la France peut
esperer conc.ure des accords satisfaisants avec les di-
vers Etats nouvel ement cons.itu.s. C'est li une tris
bonne nouvclle.
M. Ba3laert semble avoir 6tabli des relations v6rita-
bl-ament satisfaisan.es avec le Cambodge et le Laos, et
il remble avoir r6solu un certain nombre de probl mes
li6s h Icur entr6e dans la F6d6ration. La position de
l'aceuel gouvernemen; cochinch:nois e-t difficile A de-
finir. Les Frangais cons:drrent qu'il jouit du respect de
la maj2ure parlie de la population, tandis que le Viet-
Minh assure qu'il n'est qu'une pure cr6ainn des Fran-
Cais. Mais il est evident que les d6pr6dations commis'es
par les bands du Viet-Minh ont rendu ce parli impo-
pulaire en Cochinchine, et qu'en pro'6geant le pays de
ses attaques, les autorit6s francaises peuvent computer
sur un appui local important qu'elles transforment en
un credit puis-ant, en retablissant 1'ordre public. Vers
la fin de mai, le Haut-Commissaire a eu le ges'e d6licat
d'informer le President de la R6publique de Cochin-
chine que le repr6sentant local de France n'occuperait
plus le palais du Haut-Commissaire, mais qu'il vivrait
d'une maniere plus appropriate A la nouvelle position
de I'Etal aupres duquel il est accr6dit6. Cette decision
a eu pour r6sultat de faire naitre une nouvelle con-
fiance dans la sinc6ri'6 des intentions de la France,
confidence qui ne peut manquer d'aider M. Bolla.rt lors-
qu'il 6tablira la structure de la F6d-eration ind-ochi-
noise. x

C) LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE.

1. Times '(23/6) :

< On ne pent trouver de meilleure preuve ,de la po-
sition predominante des E'ats-Unis, dAns les affaires
mo-diales, que l'importance qu'attachent les autres
piy,; a la si uation interieure de l'Amirique.
L'is ue des debats qui auront lieu au Congris sur ]e
plan Marshall, sera d6termin6e non seulement par les
probl6mes economiques qu'il implique, mais aussi par -


les relations qui existent entire le gouvernement et la
majori.- r6publicaine.
La d6cisson prise par le Pr6sident d'opposzr son veto
au project dde loi antigr6ves, aurait-elle exacerb6 les scn-
timcn.s au point de rendre impossible toute coop6ra-
tion en matirre de politique 6.rang6re ? Aucun appeal
important lance ea faveur de 1'Europe n'a 6tt ignore
par le Congris am6ricain depuis que le pret-bail a W6t
propose pour la prem'ire fois. Mais il est evident qu'un
vaste programme de politique 6trangere comme celui
qui est propose par M. Marshall ne peut i re trai,6 in-
d6pendanmment des affaires int6rieures dae I'A.mrique.
On ne pent I'adopter et en mi6me temps rieduire les im-
p6ts et maintenir au niveau actuel les quantilts de pro-
duits r6serv6es a la consomma;ion intirieure.'La poll-
tiqiie 6trangire doit etre expression d'une politique
national harmonieuse dans son ensemble. C'est li le
veritable probl6me qui se pose pour l'Am6erique. I1 est
encore beaucoup trop t6t pour faire preuve d'autre
chose que d'un op:imisme Iprudent quant a la r6ponse
qui sera donn6e a ce problime, mais seul l'observaleur
le plus confiant dans l'avenir peut esp6rer qu'une d6-
cision sera prise et ratifi.e au course ,d'une session spi-
ciale cet au'omne, et peut penser que c'est li une de-
cision sur laque'le la politique interieure amiricaine
n'aurait aucune influence. ,

2. Observer (22/6, conservateur) :

c Essayer de reliever chaque pays europ6en s6pard-
ment 6qulvaudrait, en raison de 1'6volution de la situa-
tion au course des rentee darnieres annees. A tenter l'im-
possible. C'est pourquoi M. Marshall a subnrdonn6 a
juste tire I'aide amiricaine A l'ilaboralion d'un pro-
gramme commun.
Cette condition a ,des consequences politiques impor-
tantes qui doivent etre envisasies. Tout d'abord, les
pays qui parliciperont A un programme iconomique
europ6en commun perdront a la longue une parties de
leur souveraintet. iconomique. I1 saierait peu!-itre pos-
sible dae dissimu'er cette consequence officiellement.
On n'a pas besoin de demander franchement un aban-
don de cette souverain.et dans P'accord initial. Mais
les pays qui s'engageront A adapter leur vie iconomi-
que conformiment A un programme supra-national de-
viendront en faith tellement interd6pendants que leur
souverainetie en sera diminuie du mime coup.
En second lieu, aucun programme common europeen
ne sera viable si les participants p'euvent encore faire
jouer dans leurs relations commercials avec leurs voi-
sins ]a clause de la nation la ip'us favorisee. En ma-
tiere co.mmcrciale, on dolt permettre a l'Europe de ne
plus tenir comp'e de ces divisions intbrieures
Enfin, le secteur d'application de ce programme com-
mun doit cons'ituer une union mon6taire et douani6re
au sein de laquelle on proc6dera libremment A des
changes de products, de facilitis et de main-d'.oeuvre,
conform6ment aux besoins qui seront stipul6s dans le
programme general. On ne pourra parvenir naturelle-
ment A ce r6sul'at que peu a peu, ipar exemp'e au bout
d'une p6riode de d;x ans. Mais entire temps ,doit s'6cou-
ler une p6rioo, transi'oire de r6aiustemaents, par l'ap-
p'ication de tari's p6eciaux et prCP6rentiels.
M. Marshall a fait comDrendre clairement qu.e I'offre
am6ricaine s'adresse 6galement A la Russie -elle-mime.
On pDut penser que les avantages 6conomiq'es aue ai-
-raait la Russie d'une parl'cipation au programme
d'aid? americain pnurra'ent 6tre d.e nature (du moins
A s-n avis) a 6crl'er les objec'ions qu'e'le peut for-
muaer contre P1'tabli.ssement de I'unit6 6conomique de
1'Europe.







BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS ATRAN'GRB 5


Quels sont ces avantages ? II est difficile d'envisager
un programme qui engioberait la Russic et 1'Europe
dans une 6conomie commune. I1 serait A peine conce-
vable que les AmBricains puissent .esperer instaurer
une dconomie unifi6e pour l'espace total qui s'etend de
Brest A Vladivostok, ou qu'ils aient I'intention d'int6-
grer l'Bco'nomie de l'Europe .dans le plan quinquennal
sovi6tiqu'e. Mais si l'on noe peut faire entrer la Russie
dans une Europe unie 6conomiquement, du moins la
Russie peut-elle recevoir une aide amiricaine dans le
cadre de ce plan, indirectement et directement. Le plan
devrait tenir compete dAs revendications russes en ma-
tirre .de r6paraions formul6es ,aux d6pens des pays
ex-enn'emis. Si la Russie est d'accord pour participer
A la reconstruction europ6enne, ne econpmie euro-
p6enne renaissante pourrait augmenter la production et
permettre A l'Allemagne, a l'I-talie, a la Hongrie et A la
Bulgarie de s'acquitter de leurs reparations envers la
Russie sans risquer un effondrement ; un continent en
failli'e ne pourrait rinen payer, quelles que soient les
revendications russes.
Si la Russie done son agrmment et coopere au pro-
jet, si elle ne formule pas des doemandes impossible a
satisfaire et don't le but serait de ruiner celui-ci, l'af-
mosphbre politique serait modifi6e radicatement. U'ne
aide americaine directed a la Russie apparaitrait m6me
comme probable dans le cadre d'un plan qui permet-
trait le rel6vement commun .d'une Europe qui compren-
drait 1'Europe oriental.
Une autre consideration qui n'echappera pas aux
esprits rushes, c'est que si la Russie participe au plan,
e!le 3xereera, en ta'nt que puissance invitante, une in-
fluence sur la facon don't le plan sera 61abor6.
Quelle que soil et oiu que se t.ienne la premiere con-
f6rence qui 'doit suivre l'offre de M. Marshall, il faut
convoquer celle-ci imm6diatement et ne tolerer aucune
lenteur dans ses d6lib6rations, pour deux raisins d'une
importance primordiale : la premiere, c'est que l'Eu-
rope a un besoin urgent de dollars. La deuxieme, c'est
que 1948 sera l'annie de l'dlection pr6sidentielle aux
Etats-Unis, et qu'on ne peut attendre ,du Congrbs au-
cune decision favorable pendant cette ann6e-lA. Si 1'Eu-
rope ne r6pondait pas A temps pour permettre A 1'Am6-
rique de prendre sa decision dons les derniers mois
de 1947, 1'Europe devrait atteindre jusqu'en 1949. >>



II. PIESSE AMERICAINE



Revue de la press anidrcaine du 22 juin 1947

1. Veto presidential

La press americaine consacre aujourd'hui la plupart de
ses articles et de ses iditcr.iaux aux d6bats soulevds par
le veto presidential impose la loi ouvri6re. La Chambre
des reprtsentants a renverse ce veto par 331 centre 83,
mais le Sinat continuait h la discuter en seance de nuit.
Toute la press reprend le discourse radiodiffus6 prononed
hier soir par le Prdsident et destined A expliquer les raisons
de son veto. Le discours du senateur Taft prononce quelques
minutes apr6s celui du Pr6s'dent et demandant le renver-
sement du veto est egalement largement reproduit. Les com-
mentaires sou!eves par ces deux declarations sont encore pen
nombreux, mais font dejA apparaltre une division de I'opi-
nion americaine. La question principa'e qu'ils soul6vent est
de savoir si, oui on non, cette nouvelle loi ouvri6re encour
ragera les ouvriers h recourir aux graves, on, au contraire,
constituera un frein A 1'agitation social.


2. L'aide am6ricainie.
L'intdrft port par la press americaine aux questions
interieures fait passer au second plan les articles consa-
cres aux evenements qui, hier, ont marque Pi'volution de la
question de I'aide am6ricaine a 1'Eucope. Les journaux
mettent en evidence la declaration faite par l'agence Tass
qui reprenait le texte des notes rcmi:;es M. Molotov par
les representants britannique et frangais B Moscou et qui
indiquait que leur demarche faisait l'objet d'une dtude par
le Gouvernement sovietique qui ne s'etait pas encore pro-
nonce.
Les correspondents de Moscou, et de Lake Success rel6vent
que des conversations ont eu lieu entire les representants
russes et ltes memlres de administration des Nations Unies.
La press souligne dans ses commentaires que Moscou pa-
ratt d6sireux de traiter cette affaire ,d'aide amdricaine par
I'intermddiaire de I'O.N.U. M. Molotov, suivant !e corres-
pondant c P. M. >> Moscou, aurait, lui-meme, regu M. Myr-
dal, president de la Commission dconomique europdenne de
I O.N.U. et M. Lie se serait entretenu avec les d6elgues russes
h New-York. Suivant le coerespon.dant du New York Herald
Tribune, M. Bevin aurait egalement fait connaitre A M. Lie
que le gouvernement britannique tiendrait 'O.N.U. au cou-
rant des n6gociations et des discussions en course.
Les commeritaires des correspondants politiques tout en re-
connaissant la necessity de lier la discussion de cette aide
americaine aux activities de 1'O.N.U. estimett que la Com-
mission europdenne de cette organisation peut &tre utile mais
4u'elle ne saurait Otre l'organisme determinant.
L'id6e de concentrer tout d'abord les efforts europdens sur
la producttuh-8e la Ruhr a 6td, suivant Kuh, correspondent
de c P. M. : A Londres, la mise en avant dans les c(nver-
sations anglo-americaines. A ce sujet, un editorial du Was-
hington Post reprend la suggestion faite par McCloy, pr6-
sident de la Banque Internationale pour la creation d'une
jutoritI sp6ciale de contr61e des mines de la Ruhr et ii
ajoute qu'on a donned sufflsamment d'occasi'ons aux gens
qui contr6lent la Ruhr pour reliever la production. Ils doi-
vent ddsormais cider leur place. Le ddveloppement de la
Ruhr est la condition primordial du succs de tout p'an de
reconstruction continental. A quoi bon moderniser les in-
dustries europ6ennes si le carbon manque pour les appro-
visionner ?
Dans le m'eme journal, Barnet Nover ecrit quo le plan
MaeCloy a regu I'appui de M. Marshall. II fait, dit-il, l'ob-
jet de conversations a Berlin entire l'ambassadenr ammricain
Do'glas, le general Clay et sir Brian Robertson et il conclut
quil est certainement grand temps que l'insuffisance scan-
daleuse de la production de carbon dans la Ruhr que l'on
si tolird pendant trois mois et qui a tant fait pour retarder
le redressement Beonomique europden, cesse rapidement.
Callender analysant, de Paris, les declarations de M. Be-
vin et de M. Bidault devant leur Parlement respectif cons.-
tate que ce dernier s'est garden d'attaquer la sincirite russe
ou les buts politiques de I'U.R.S.S. Callender ajoute que
cette difference dans le language publiquement employee par
les deux ministries des Affaires 6trang6res rcf6te le diffe-
rend qui s'est produit quand ils se sont rencontrds a Paris
mardi. M. Bevin desivait que les experts economiques se
mettent an travail immtdiatement pour preparer un pro-
gramme et M. Bidault s'est refuse a cela jusqu'a ce que
Moscou rnponde a 1'invitation qui lui a etd adressde.

3. -- Grbce.
Les journaux reproduisent le texte .de l'accord intervene
entire les gblivernemnets gree et americain au sujet de la
mani6re don't les credits americains mis a la disposition
de la Gree, seront contr&6es par les representants ameri-
cains. Un article de cet accord sp6cifie que la press ame-
ricaine aura un acocs libre A totes les sources d'informa-
tion concernant l'assistance que les U.S.A. apporteront i
la Gr6ce.
4. Ligue arabe.
Une dep&che de Washington an New Yorkc Times signal
que le Secrtaire .g6ndral de la Ligue Arabe a annoned qu'un






..- -BULLETIN QUOTIDrIN DK PRISE fITRANG*RM


des Btats de cette Ligue sonmettrait a l'O.N.U. prochalne.
ment une demande d'enquete sur Faction de l'administra-
tion frangaise en Afrique du Nord. I' a declared que cette
enquete lui paraissait n6cessaire parce que, entire 20 et 25
millions d'Arabes en Tunisie, Alg6rie et Maroc 6taient c te-
nus en veritable servitude paFT les colons frannais s. II
aurait ajoute que 500.000 Franqais d'Algdrie avaient une
representation gale et m6me superieure a la reprdientation
des Arabes h 1 Assembl6e Nationale.
Une dbpeche de Jerusalem du m6me journal indique que
les Arabes- souleveraient tout d'abord la question du non
respect des obligations de la France a 1'egard de la Tunikie
et du Maroc, telles qu'elles ont eit ddfini-es par les traitCs
et cetle depeche ajoute : On demanderait l'ind6pendance
tota'e de ces deux pays et leur casserait pr6sentd i 1'O.N.U.
qui pourrait traitor dc cette affaire come elle a trait de
In question espagnole v.

5. -- NouveNes de France.

Les correspondents de Paris signalent que les greveh con-
tinuent dans la banquet et les grands magasins et qu'un in-
cident s'est product aux alentours de la Chambrle lursque
les travai leurs d'Hispano Suiza ont Wte manifeser et oaman-
der que leurs d6lgues soient requ:; par les d6putes.
Les aitres articles de Paris Esot consacr6s aux mesurrs
flnancieres preconisees par le Cabinet. Ils mettent en dvi-
dence le caractire sevbre des nouveaux impbts envisages
et la reduction des subventions gouvernementales.

a) LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE (New York Herald
Tribune, 22/6, 6d. europ.).

< Le s6nateur Vandenberg et M. Hoover ont pose tous
deux la meme question : quels sont .es produits que les
Etats-Unis peuvent se permetre d'exporter pour assu-
rer le redressement de l'6concmic europ6enne et mon-
diale ? Celte question essentielle peut 6tre pose en
terms g6neraux, mais on ne peut y rdpondre de la
meme fagon. II faudra r6pondre en 6tablissant un bilan
des avantages reels que le monde ex erieur doit obte-
nir dans un temps donn6 sur le march am6ricain, puis
compare cet!e estimation avec les surp us don't nous
pouvons disposer, et ce que nous pourrons fournir e:n
outre en augmentant la production de certain products
et en limitant noire propre consommation d'autres pro-
duits.
La grande quality du plan Marshall est pr6cis6ment
qu'il r6clame une listed des besoins mondiaux et une listed
parallble *de nos possibilities actue les et futures. Ainsi
on pourra r6pondre A la question pose lorsque les
principles puissances 6trangSres auront fourni une
estimation commune de leurs besoins, 6chelonnes dans
le temps, et qu'on aura compared pour cha.que article im-
portant ces besoins et nos estimations de notre produc-
tion et de notre consommation actuelle et future.
Il est impossible d'essayer de rdpondre d'avance A
la question posee, sur le plan abstrait el th6orique. En
effet les besoins 'du monde exterieur et nos possibilities
personnelles d'y pourvoir ne constituentt pas, pour par-
ler un language technique, des constantes. Ce sont au
conlraire des variables qui laissent une marge impor-
tante, pour les ajustements, une certain ing6niosit6, u:n
effort suppl6mentaire et des sacrifices.
Si d'autre part nous voulons discuter de ce prob'lme
en terms gendraux, nous ne parviendrons qu'A une s6-
rie de contradictions sans isu.e. Nous pouvons arguer
qril nous est impossible d'aider A un redressement
efficace. Nous pouvons ensuite d6noncer l'expansion du
communism, proc'amer noire resolution de mettre un
terme aux empietement de la Russie autant d'all]ga-
tions qui, si elles signiflent quelque chose, signifient en
derniere analyse que nous combattrons plut6t cue


d'abandonner 1'Europe et l'Asie A la domination sovi6-
tique.
Mais s'il nous est impossible d'aider au redressement
de 1'Europe, ce qui pourrait nous couitlr 6 ou 7 mil-
liards de dollars par an, comment done pourrions-nous
parler de resister par les armes A la Russie cc qui nous
cofterait peut-eXre bien 6 milliards de dollars par mois?
S'il nous est impossible de fournir les fonds de roule-
ment n6cessaires au rel6vement de nos Aili6s, A quoi
sert-il de par'er comme si nous pouvions entrer en
guerre pour leur defense et la i)nre ?
Nous ne devrions pas discuter de ce vaste prob'eme,
urgent et extremement pratique, en terms gendraux. Le
d6faut des g6neralit6s, y compris certaines theories et
opinions de M. Hoover, c'est qu'elles 6chauffent l'atmo-
sphere plus qu'elles ne I'6claircissent, elles font naitre
des prejug6s au lieu .d'.un jugement sain, et elles emp&-
chent de formuler une politique precise et un pro-
gram.me concrete.
(WALTER LIPPMANN.)

t)) LA SITUATION INTIRIEURE EN HONGRIE (New York
Herald Tribune, 22/6, ed. eur.).
11 est difficile de presenter un tableau meme super-
ficiel des 6venements pliti'ques en Hongrie en se ser-
vant de la termino'ogie politique occidentale, 6tant
donn6 que la s:ruc'ure et l'6volution socia!es de la Hon-
grie sont totalement diff6rentes de cells de I'Ouest.
La situation en Hongrie r6sulte de l'action de deux
courants opposes. D'un c6tS il existe un groupe de par-
tisans qui est convaincu qu'il faudra indvitablement
adop:er le programme de rdformes qu'il propose. Its
considerent trute opposition A leurs plans come un
sabotage malveillant et un effort d6lib6r6 pour revenir
aux conditions mimes qui ont amend la d6sint6gration
economique et social. Ces homes qui rnt pa's6 la
inoiliM de leur existence en prison pour d6fendre des
principles consi.d6rs implement comme liberaux dans
les d6mocraiies occidentales, ne 'Acheront pas de bon
gr6 les leviers de conmmande iqu'ils contr6lent mainte-
nant partiellement. De l'autre c6t6 il existe un group
qui r6pugne A admet're que les temps ont change et que
l'6poque du droit divin qui .confbre le pouvoir A une
min-rit6 aristocra'ique est d6finilivement r6solue. Cos
partisans ne s'inc'ineront pas facilement .devant les nd-
cessitbs de r6formes sociales. Plus cet'e lutte en're ces
deux groups durera longtemps et moins les m6thodes
u'ilisees seront scrupuleuses. La pcur joue dans ce con-
flii un rAle plus grand que les observateurs occidentaux
ne s-nt A meme de s'en rendre compete. La peur do per-
dre irr6m6dia.b'ement .des piivileges et la crain'e des
reprbsail'es conduiront A commetlre des actes d6sespd-
r6s. Les divergences entire les grandes puissances ne
front qu'exasp6rer ces sentiments et diminuer les
chances de parvenir A un compromise paciflque.
Le par'i des petits proprid'aires cherclie actuellement
A se d6gager des influences .d'ex'r&me droite qui s'exer-
cent dans son sein. Il reste A voir si cotte action d6pas-
scra des limits rai-onnables. Un parti des petits pro-
pri6laires, numbriquement r6duit, mais plus progres-
siste, resterait le par!i le plus fort dans un gouverne-
mcnl de coalition. Les 6'6ments qui s'opposent A la coa-
lition quadripartite peuvent rallier le part de la liberty*
de M. Sulyock et soumettre leur programme particu-
ler aux 6lec'eurs. Voilh qui suppose copen.dant que l'on
tiendrala prome-se de proc6dor A des 6eec'ions libres,
et que d'un c616 comme de 1'autre on n'aura pas re.-
cours A des mene.s an'iconstitutionnellles.
Si la substitution d'une nouvelle c!asse dirigeinte h
une ancienne constitute une preuve d'un changeanent re-
volutionnaire, il est certain que la Hongrie a 4ubi une r6-







BULLETIN QUOTIDIIN DE PRESS ATRANGARE 7
-- -


evolution pocifique. 11 est possible que la revolution hon-
groise d6vore dBjA ses propres enfants. L'essentiel dde
tout le probl6me, c'cst d'agir pour conserver ce que
le soulevement a app:.rt6 de bon, et de r6duire le mal
qui y a surv6cu. C'est prbcis6ment la que Pinfluence
dirangbre pourrait s'exercer de fagon bienfaisan:e. Une
intervention en faveur des revolutionnaires extr6mistes
on des contre-rdvolutionnaires egalement extrrmistes
aurait l'effet oppose. Un encouragement quelconque
apporte A ces 616ments qui complent sur un conflict en-
tre les grandes puissances ne ferait qu'entrainer une
guerre civil.
(TIBOR MENDE.)

c) LE PROJECT DE LOI ANTIGRAVES (New York Herald Tri-
bune, 22/6).
< II appartient au pays de veiller a ce que l'on
revienne aussi rapidement que possible A une atmo-
sphere qui se rapproche davan age de la normal. II y
aura des diff6rends qui ne seront pas une cons6-
quence du project, ccmme I'a pr6tendu M. Truman, mais
des facieurs qui ont amend 1'6tablissenent du project.
Ces diff6rends reduiraient a rien I'action du veto plus
sfirement que tou!es les measures que pourrait prendre ;e
Congres. L'essentiel c'est de veiller a ce que ce mecon-
tentement rest exprim6 sur un plan legal, et qu'on
I'empiche de d6g6ndrer en conflict de puissance econo-
mique. On pourrait parvenir A ce r6sultat beaucoup
plus faciement dans le cadre du project Taft-Hart:ey
qu'en dehors de lui. Mais les -deux parties ont la res-
ponsabilit6 de veiller-A ce que des discours incendiaires
et la voix facile du desespoir, qui pr6dit une lutte sans
fln, ne s'etendent pas au dllI des limiles raisonnables.
Les Am6ricains peuvent encore s'adresser aux Iribu-
naux ou voter dans un autre sens pour obtenir In satis-
faction de leur revendication, mais la justice fonctionne
mieux dans le came que dans le d6chainement des pas-
sions.
Cette tension persistera sans aucun doute pendant
un certain temps; les problames soulev6s par le projel
de loi ouvriere et le veto se poseront plus longtemps
encore. Mais le bon sens am&ricain les r6duira a leur
proportion v6ri'able et les envisagera a la manitre
am6ricaine. L'6vo!ution de la situation mondiale d6pen-
dra pour une bonne part de la faqon don't les Etats-
Unis front face aux crises qu'ils doivent affronter, et la
m6thode et 1'esprit ne competent pas moins que les so-
lutions pratiques que l'on essaie de trouver.



II. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press ssitltique du 21 et du 22 juin 1947
En raison de 1'ouverture de la session du Conseil Supreme
de la R.S.F.S.R., la place r&servee A la rubrique 6trangere
n'est pas plus important que ces jours derniers. Cependant,
la press sovi6tiqufe observe avec intr&et les reactions des
p esses franilses et ambricaines sur le p'an Marshall et sur
les recentes conversations auxquelles il a Jonnd lieu entire
MM. Bidau:t et Bevin.
1. Le Plan Marshall.
Tous les journaux publient un grand nombre de nouvelles
conoernant le plan Marshall. Ils donnent tous un long com-
muniqud de l'Agence Tass consacr6 aux d6marches franco-
anglaises aupres du gouvernement de I'U.R.S.S. 'Ce commu-
n!qud reproduit le texte integral relatant la premiere d&-
maL'che faite par M. Patterson, et la second effectuee par
le gouvernement frangais pour inviter M. Molotov. 11 note,
sur le premier point, que les communications des' repr-
sentants des gouvernements frangals et britannique ont 6t6


faites h Moscou apris qu'eussent commene6 & Paris lIs
conversations entire MM. Bevin et Bidault.
Tro's braves d6peches de 1'dtranger se rapportent an mAme
plan Marshall. La premiere, des U.S.A., donne des extracts
du New York Times et du New York Herald Tribune sur
.'accucil fait au plan Marshall aux Etats-Unis. La second,
de Londres, resume la declaration du Ddpartement d Etat au
sujet des propositions anglo-frangaises et la demarche du
government frangais aupres de Moscou. Enfin, la der-
niire de Lond'es &galement, signal les discussions qui ont
eu lieu h la Chambre .des Communes sur la situation 6co-
nomique de lEurope et rapport le discours de M. Eden.

2. Politique des U.S.A.
Lcs journaux publient, d'autre part, de longs extraits
du di:;cours de M. Novikov au CongrBs de Chicago, sur l'ami-
tid amdricano-sovidtique. Ils mettent en relief en particuliet
les passages de ce discourse qui concernent les possibilities de
collaboration Bconom.que des sytemes sovidtiques et ameri.
cabns et le ddsir de collaboration de 1IU.R.S.S.
Divers journaux signalent le caract re particulier de l'alde
am6ricaine : surbordination de l'economie grecque aux U.
S.A., inspection de la Turquie par des missions americaines,
accords amdricano-turcs pour la construction d'aerodromes
en Turquie.
3. La lutte du monde pour la ddmocratie.
Deux t6elgrammes dominant l'ensemble des autres par leur
importance. Ils ont trait A-l intervention de Cyrankiewicz I
la Di&te polonaise, a propos de l'organisation de ddp6t d'srr-
mes A Helsinky.

4. Nouvelles br&ues.

Les journaux annoncent la admission de M. de Nicola, les
discussions de .'Assemblee Constituante italienne, les prCpa-
ratifs d'un project de constitution tchecoslovaque. Plusieurs
commentaires sont consacrds a ce theme. Poukhlov dans les
Izvestia, souligne 1'effort considerable fait par le Gouverne-
ment et le people tcheques pour aller de l'avant et ren-
forcer le rdghmne populaire d6mocratique. II met en valeur,
egalement, les diffleult6s rencontrees par cc Gouvernement
en face .de A la reaction et du parti slovaque democrat .
Deux notes de Kraief dans la chronique etrang6re de
Konesomolskaia Pradva, concernent 1 une, c la farce judi-
ciaioe de V:enne ,, l'autre, a les soutiens de la reaction
Ilongroise *. L'auteur met en evidence l'intervention de la
Grande-Bretagne et des U.S.A. dans les affairs de ce pays.

5. Les travaux des organisms internationaux
Deux telegrammes de New-York r6sument les discussions
qui ont eu lieu au Conseil de Sdcurite A la Commission des
Aemements
6. Nouvelles diverses
Tous les journaux publient, en mnme temps que le com.
muniqud Tass sur le plan Marshall, le dementi suivant :
Le journal des autorites am6ricaines au Japon Stars and
Stripes, a public, ii y a quelques jours, une nouvelle de
c I'Associated Press et de I'agence chinoise a Central
New. dans laquelle il est dit que a la Russie a r6gl6 Pat-
taque te l'arm6e communist chinoise en Mandchourie, en
appuyant cette attaque par un effectif de 30.000 prisonniers
de guerre japonais. Cette nouvelle est accompagn6e d'autres
Inventions fantastiques. L'agence a Tass > a tous pouvoirs
pour dic-arer que la nouvelle diffusee par les agencies am6-
ricaine et chinoise est une calomnie grossiere et qui tend A
des buts a malpropres >.
Tous les journaux publient 6galement deux coartes non-
velles annonpant l'arriv6e i Moscou d'une ddelgation finlan-
daise pour 1'dtablissement de frontibres entire 1U.R.S.S. at
la Finlande, et l'arriv6e du Secretaire du commerce ext6-
rieur de 1'Angleterre, M. Wilson.
Enfin, deux t6elgrammes sont consacr6s h l'attitude des
autorites anglaises d'occupation et relevent que des loia ar-






8 BULLETIN QUOTIDIEN tD PHESSaISTRANGARF


bitraires sont appliquees A I'Egard de citoyens sovietiques
Interns dans des camps de personnel deplacees.
Une autre d6peche se rapporte a Faction des autorites an-
glaises en Carinthie. Ces nouvelles sont accompagndes d'une
note de Morane dans sa chronique des Izuestia, sur Ie main-
tien de g-'oupes 3ougoslavcs onganisWs dans les camps de
peLnsonnes dep'ac6es et la relation que P'on peat etablir entire
ce fait et le bruit de la constitution d'un Gouvernement
.Sugoslave aux U.S.A. repandu par la press canadienne.



IV. PRESS POLONAISE


APRIS LE DISCOURS DE M. BEVIN (Rzeczpospolita, 22/6,
coalition gouvernementale).
< II est hors de doute que ce discours donnera satis-
faction A tons les partisans de la p.olitique 6irangere,
g6neralement suivie jusqu'ici par M. Bevin, don'tt cer-
taines interventions r6centes pouvaient leur faire crain-
dre qu'elles n'annonAssent des modifications radicals
dans le sens d'une stabilisation nouvelle des relations
avec les pays de la d6mocratie populaire...
Quand M., Bcvin app:audit des deux mains au project
du g6n6ral Marshall, cela ne signifie-t-il pas qu'il
accepted d'avance toutes les conditions politiques qui
peuvent accompagner l'offre am6ricaine, conditions
qui ne seraient pas toujours acceptable pour les d6mo-
craties d'Europe ? Si la Grande-Brelagne, en effet, et
davantage encore les Etals-Unis abordaient precisement
les probl6mes europ6ens sous un angle purement 6cono.
mique, la situation international serait beaucoup plus
stable qu'elle ne I'est aujourd'hui. Ma:heureusement. ces
dxux pays se sont laiss6s guider jusqu'A present par
d'aulres considerations, comnme viennent de le confir-.
mer line fois de plus les at'aques, nettement politiques,
de M. Bevin centre la Hongrie, la Roumanie, la Bulga-
rie et la Pologne, alors qu'en ce qui concern cette der-
niere, par exemp'e, certain indices r6cents faisaient
croire A la possibility concrete .d'une amElioration des
rapports polono-brilanniques...
M. Bevin a dit encore qu' < il suffisait d'un geste du
doigt pour meltre fin A la guerre civil en Grece ,. Mais
r'est justement un geste du doigt de M. Churchill qui
avait provoquE cette guerre et le seul doigt qui pourrait
d'un geste la terminer aujourd hui est le doigt ldu Con-
grbs des Etats-Unis.,


C'est avec une certain amertume que nous avons
consacr6 autant de commentaires au discours de M. Be-
vin, car nous consid6rons en v6ril6 qu'aujourd'hui sur-
tout, apres la proposition de M. Marshall, un examen po-
sitif des prob.emes europ6ens, ,d'od toute d6magogie se-
rait exclue, ne doit pas etre facile. I1 est evident qu'un
seul geste du doigt de M. Bevin n'amenerait pas la stabi-
lisation souhaitbe. II faut pour cela beaucoup d'autres
choses. Malheureusement le discourse du uninistre bri-
tannique ne peut meme pas etre considErE comme un
geste du doigt heureux.



V. PRESS SUISSE


LA SITUATION EN CHINrE (Journal de Gen.ee, 22-23/6).
On apprenait la semaine derniere que les troupes
de la Republique autonome de Mongolie exterieure
avaient p6n6trE6 dans le Sinkiang ou Turkestan chinois,
qui sEpare la Mongolic de l'Asie central sovi6iique.
Mais les nouvelles concernant cette mystErieuse opera-
tion sont trop contradicioires et trop vagues pour que
t'on puisse en apprEcier exactement la portee.
Ces e6vnemrents ont refroidi 1'ardeur guerriere du
Kuomintang en proie, par ailleurs, A ,d'immenses dif-
licultes Economiques dues A ]a dbsorganisation du pays.
Les spectaculaires demonstrations d'e.udiants A Chan-
ghai, A Nankin et A Canlon ont soulign6 le meconte-
ment qui rEgne dans le pays. Aussi parle-t-on d'une re-
prise des negotiations directes avec les communists.
Mais il n'est pas certain que Mao-Tse-Toung veuille don-
ner suite A une proposition qu'il avait repouss6e il y a
quelques mois, a'ors que la si.ua!ion militaire ne lui
6tait pas .aussi favorable qu'aujourd'hui. Les milieux
gouvernemanteux esperent toujours pouvoir obtenir le
credit americain de 500 millions de dollars au sujet du-
quel on u6gocie depuis longtemps. 11 n'en faudrait pas
,moins pour r6tablir une situation economique et poli-
tique fort compromise. Mais depuis que les Etats-Unis
se sonl solidement Etablis au Japon, ils se montrent
moins empresses a vou:oir faire pour la Chine ce .lu'iln
ont fait pour la GrEce et la Turquie. >

(S. STELLING-MICHAUD).


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