Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: June 21, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00119
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTfBRE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANIAIS


BULLETIN



DE PRESS


QUI



ET


21 juin 1947.


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS


ANAe R E


Nouvelle S6rie NO 698


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
Le debat de politique 6trangbre aux Communes
et les propositions de M. Marshall :
1. Times (20/6).
2. Daily Herald 1(20/6).
3. Daily Telegraph (20/6).
4. Daily Mail (20/6).
II. PRESS AMERICAINE.
a) Le rble de la France en Europe (New York
Herald Tribune, 20/6, 6d. europ.).
b) La reconstruction de 1'Europe :
1. New YIo'rk Herald Tribune (20/6, edition
europ6enne).
2. New York Herald Tribune f(19/6).
III. PRESS SOVIETIQUE.
a) Le charbbn de la Rhur et I'6conomie 'de
1'Europe (Izvestia, 19/6).
b) Reponse aux accusations de M. Acheson
(Pravda, 19/6).
IV. PRESS BELGE.-
AprBs l'entrevue Bevin-Bidault (La CitM Nou-
uelle, 20/6).
V. PRESS SUISSE.
La reconstruction de 1'Europe :
1. Tribune de Geudve (19/6).
2. National Zeitung (18/6).


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 20 juin 1947
Tous les journaux de ce matin donnent la vedette aux
debats qui ont eu, lieu A la Chambre des Communes et au
course desquels M. Eden et M. Bevin ont pris la parole. La
plupart de ces journaux commentent la teneur du discourse
de M. Bevin .eto l'attitude britannique it l'dgard du plan
Marshall dans leurs 6ditoriaux. Les autres questions de
politique exterieure passent au second plan. II convient de
noter cependant quelques articles sur les groves frangaises
et un rapport de la commission d'enquete sur 1a conduite
din roi LBopold pendant la guerre; quelques-uns rappellent
la question hongroise.


1. Discours de M. Bevin
Tous les journaux pr6sentent le discours de M. Bevin
sous des manchettes importantes dans lesquelles ils mettent
l'accent sur la decision du gouvernement de saisir 1'occa-
sion que lui offre le, plan Marshall et de la saisir vite,
quelle que soit l'attitude de la Russie.
Quelques-unes de ces manchettes sont particulierement
significatives. Par example : < Le plan europeen doit 4tre
accBelr6 a (Daily Herald); e II est urgent d'agir vite pour
sauver 1'Europe > (News Chronicle); < Bevin press Molotov
de prendre uae decision rapide ( (Daily Express); < Bevin
a dit : Je ne peux pas attendre la Russie (Da'ly Mail);
STant pis pour la Russie Nous irons quand m&me de
l'avant > (Daily Mirror).
Le Time donne le texte integral du diseours de M. Bevin
et, en dehors des passages se ref6rant au plan Marshall,
ile nombreux journaux signalent que M. Bevin a condamn6
les menees politiques en Europe Orientale qui visent i
6touffer la d6mocratie. Le Times et le Daily Telegraph con-
siderent le discours de M. Bevin a cet regard comme un
appel personnel en faveur de la cessation des persecutions
politiques ,en Europe orientale dans l'inter&t do l'unit6 euro-
p6enne.
Le Daily F-press consider ce discours comme le plus
vigoureux quie le ministry ait jamais prononce dans toute
sa carrier.
Quant an Oaily Worker, il voit dans les paroles viru-
lentes de. M. Bevin un nouveau refus de collaborer avec
VI'.R.S.,.
Le correspondent parlementaire du Manchester Guardian
estime, de son cote, qule l'atmosphere du debat a ete mar-
quee parttculibrement par le ton des declarations du d6put6
travailliste Stanley Evans qui, selon lui, constituaient les
attaques les plus violentes qui aient jamais et6 dirigees
rontre la Russie.
Enfin, les journaux donnent egalement une certain im-
portance *aux declarations de M. Eden condamnant la poli-
tique sovietique en Europe orientale et demandant aux
Days d'Europe de collaborer A leur propre restauration.
I'autre part, le Daily Herald public un article de Mi-
chael Foot, dans lequ'el celui-ci declare que c'est h la Russie
de choisir si I'Europe dolt sortir du chaos. (Voir 'article
plus loin.)
Enfin, plusieurs journaux etudient la reaction de la
France apres la visit de M. Bevin I Paris.
D'aprBs le correspondent du Times, l'opinion aurait fall
bon accuell aux conversations Bevin-Bidault et serait pen&
te' de l'urgence de la tchhe aceomplir.
Le Manchester Guardian' fait 6tat des reactions de la
press. Gclle-ci donnerait l'impression que 'on heite 5h
France h donner libre co'urs aux espoirs souleves par le
plan Marshall tant ceux-ci sembleraient demesuris par rap-
port h la situation international actuielle.
Pour la France, l'attitude de Moscou resterait la question
dominant et fait craindre qu'en agissant trop vite la France







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSED ATRANGARE


et la Grande-Bretagne ne risquent de provoquer *un refus
formel de ]a Russie.
Le correspondent cite ensu:ite certain extraits d< jour-
naux et notamment des passages de 1'Humanitd et du
Monde, le premier condamnant le plan Marshall, le deuxieme
soulevant la question de l'industrie allemande du carbon.
D'aprPis Michael Wilson, du Daily Express, le Quai d'Or-
say serait < intrigu,6 par la declaration de M. Cla3 ton ',
d'apres laquelle la Russic serait capable d'aidcr l'Europe.
La France se demanderait comment la Russie r6agira h
cette declaration.
L'attitudo sovidtique serait, d'aprbs le cor"espondant diplo-
matiqun du Times, empreinte d'une certain prudence mal-
grd I'hostilitV ouverte de la press ct de la radio soviA
-tiques.
D'apres le correspondent diplomatique du Manchester
Gulardiar, cette attitude pourrait ne pas 6tre definitivee
Enfin, les pays d'Europe oriental.e, d'apres le correspondent
du Times, espereraient que 1'U.R.S.S. ne declinera pas l'offre
qui lui a 'td faite.
2. Hongrie
Le correspondent du Daily Telegraph h Bu'dapest et celui
du Daily Herald annoncent que de nouveaux incidents se
sont products au Parlement hongrois entire comnmunistes ct
membres du parti de la liberty.
Ges journaux publient une photographic des bagarres qui
ont cu lieu an course du meeting organize par le parti de la
liberty entire les membres de co parti et les commnunistes
qui avaient fait irruption dans la salle.
Zinkin, correspondent politique di Daily Worker, fait
dtat, de son ct&, d'une interview qui lui a 6t6 accorcde par
un parlementaire travailliste britannique rentr6 rece-nment
de Budapest. D'apres cc parlementaire, les accusations por.
ties contre. M. Nagy auraient 6td fondles, cclui-ci surait
vraiment ei connaissance du complot et n'aurait pas com-
munique scs renscignements au government.
3. France
Le Daily Telegraph et le News Chronicle font etat de la
grvve des employs de banquet et des grands magasins.
H. Stone, du News Chronicle, ecrit que les groves e-laten"
en France avec une rapidity inquiitante.
4. Belgique
Plusieurs journaux font 6tat du rapport de la commis-
sion d'enquute sur ln .co-duite du roi LUopold pendant la
guerre. Le Daily Graphic public en premiere page la photo-
graphic du nmouarque et croit qu'il reniontera pet-*tre Qur
le trOnc, Rtant donn6 que le rapport en question I'a layv
4e tout.e les accusations portees contre lui.
5. Allemagne
Le Daily Herald et le Manchester Guardian 6criveit que
30.000 ouvricrs se sont mis en greve A Cologne pour pro-
teister contri l'insuffisance du ravitaillement.
D'aprBs 1. Manchester Guardian, il faudrait s'att'ndre
bient6t a dp nouvelles graves.
6. Roumanie
Le Daily Telegraph et le Daily Mail font 6tat du ioycdt-
tage' TFes firmes britanniques et des attaques dirigees contre
la personae de M. Churchill.
7. Pologne
Le correspondent du Times A Varsovie signaled la decision
prise par le parti socialist polonais de proceder a sa
propre 6puration. Il signal, d'autre part, le conflict latent
entire communists et socialists, ces derniers trouvant qu'ils
ne jouent pas un r6le aussi important dans le gouverne.

LE DEBAT DE POLITIQUE ETRANGARE AUX COMMUNES ET LA
PROPOSITION DE M. MARSHALL :
1. Times (20/6).
< Les propositions de M. Marshall pourraient bien ne
pas constiluer seulement une grande chance pour l'Eu-
rope, comme l'a dit M. Bevin, mais encore la derniere
chance de sauver I'unit6 du continent, ce don't depend


un reglement de paix durable. La limitation de l'aide
ambricaine aux pays de I'Europe occiden:aie pourrait
pr6senaer des advantages immdiats ; dans le cas d'un
refus de la part de la Russie, cette limitation deviendra
inevitable. Mais elie ne pourrait a la longue qu'accen-
Luer la fragmentation Bconomique du continent, la divi-
sion politique do 1'Europe en spheres d'influence oppo-
sees, et peut-itre constituer l'obstacle d6finitif A un re-
g.ement pacilique de la question allemande. 11 serait
criminal de vouloir ignorer ces dangers. C'est sur la
volonlt de les affronter et sur la determination de les
resoudre que se jouera inOiitablement le sort d'une paix
pour laquelle les Allies ont consendi tant de sacrifices.
Avant d'admettre l'6chec des tentatives entreprises
pour s'assurer la cooperation des gouvernements de
1'Europe orientale, il faut d6ployer les plus grands
efforts, mime en depit d'un mauvais vouloir apparent,
pour persuader ces gouvernements de la sagesse et de
la possibility' d'une action commune. C'est IA que la
sage mediation de la Grande-Bretagne et de ia France
peut etre utiLe pour rapprocher les deux points de vue
qu'il a paru plus que jamais difficile de concilier au
course des derniers mois.
Les premieres reactions de Moscou ont laiss6 percer
une disapprobation presque habituelle. Les articles pu-
blies dans la press sovielique r6vilent une m6fiance
profonde et un apparent refus de collaboration auquel
le monde s'esi accoutum6. Sans doute, se demande-t-on
vraiment en Russie ques sont les motifs qui ont pu de-
terminer une transformation de la doctrine Truman
sous sa forme premiere en project Marshall. Mais il est
probable que ces articles ne sont guere autre chose que
le signe d'une ccrtaine habitude. Le Kremlin pr6fere
ordinaire'ment, reveler son point de vue d6finitif assez
tard, et non pas pr6malur6ment, c'est-A-dire seulement
quand il est plus facile pour lui de voir exactement ofi
est son advantage.
L'Europe orientale a d6sespertment besoin d'une
aide ext6rieure immediate. Si 1'on n'accorde pas gen&-
reusement aux pays de l'Europe orientale des credits
sous la forme de capitaux et de products de consom-
mation, il pourront en etre r6duits A mener une lutte
longue et amere pour acquorir un standard de vie rai-
sonnable, une lutte que les Russes ont connu pendant
lcs annies qui ont s6par6 les deux guerres. Beaucoup
d'6v6nements qui se produisent en Europe oriental
entraine.nt la reprobation. On a vu se d6rouler des 6v6-
nemenis qui sont un dkfi port aux conceptions occi-
dentales de la liberty et 'de Ia democratic, et qu'on ne
peut excuser. Mais on rem6diera moins a cet 6tat de
chose par une politique de pure con'damnation que
par un effort entrepris pour modifier la situation qui
est f I'origine de ces actes. C'est lh la veritable chance
qui est offerle A 1'Est comme h l'Ouest par le plan am6-
ricain. >

2. Daily iHe.rld (20/6, travailliste).

< Aujourd'hui l'espoir le plus cher des peuples de
Grande-Bretagne et de France est de voir I'Union sovi6-
tique se joindre a nous dans une entreprise non moins
noble que la lutte qui nous a unis dans la guerre contre
le fascisme.
Qu'arrivera-t-il si le gouvernement sovi6tique rejette
celte occasion de collaborer avec nous.
Si la Russie refuse de cooperer l'Eurppe sera s6parke
en deux zones plus fatalement que jamais auparavant
et peut-&tre pour des g6n6rations; la reconstruction sera
penible et lente aussi bien a 1'Est qu'A l'Ouest; de vastes
regions de l'Europe .sombreront dans le chaos ; les
espoirs d'aide am6ricaine aux peuples affam-s risque-
ront de s'6vanouir; la Grande-Bretagne verra diminucr






BULLETIN QUOTIDEN DE PRESS *TRANG*RE 3


ses chances de sorlir de ses difficulties financieres; et
I'Am6rique elle-m6me se trouvera oblige de faire face
A une crise d6sastreuse qui 6tendra la misbre humane a
toute la plan6te.
Est-ce 1l ce 'que vunt la Russie ? II est 'difficiJe de le
croire.
L'autre solution n'est pas facile. Sans doute y aurait-
il encore beaucoup de discussions, d'Apres rivalit6s
d'int6rfts, beaucoup de doutes et de deceptions.
Mais malgr6 tout on aurait la perspective de. recons-
truire 1'Europe et la Russie sovi6tique elle-meme, d'unir
les peuples du continent qui ont luttl si longtemps dans
Sun but common, de rapprocher les peuples dans la
voie id6ale d'un monde unique.
Le choix est la, et aucune controversy ne peut ie dis-
simuler. >
(MICHAEL FOOT.)

3) Daily Telegraph (20/6, conservateur) :
La situation, ainsi que M. Eden 1'a montr6 en rapipe-
lant les troubles r6cemment survenus dans les pays li-
mitrophes de la Russie, n'est pas tr6s .encourageante;
mais le caractire m&me de ces. troubles fait de 1'invita-
tion lance A M. Molotov le plus grand test. Si M. Molo-
tov refuse cette invitation. les pays d'Europe qui le
pourront devront donner h l'Am6rique la meilleure'r6-
ponse possible sans s'occuper de la Russie et de ses sa-
tellites. Si au contraire M. Molotov accepted on aurA une
nouvelle chance de voir, d'aprbs les discussions enga-
g6es, si la Russie est r6ellement aussi r6solue qu'elle le
semble A refuser de collaborer. Dans le domaine 6cono-
mique, beaucoup plus encore que dans le domaine po-
litique. 1'Est et l'Ouest doivent faire face A des hesoins
communs. Ce nest pas une raison parce que la Russie
Inne A ]'heure actuelle une offensive politique pour
qu'elle ddaigne obligatoirement l'occasion de recevoir
une aide Bconomicrue. Si elle saisit cette occasion, I'at-
mosph6re politique peut 6galement s'en trouver amnlio-
rAe. On doit cependant esp6rer que M. Molotov accep-
tera une invitation qui n'aurait pu Atre formul6e avec
plus d'empressement.
Ce qui compete, ainsi que Sir Arthur Salter 1'a souli-
gnA. c'est qu'une reponse soit donn6e rapidement et
sous une forme qui puisse convaincre le Congres ameri-
cain de son caractbre 'constructif. Le temps press, non
seulement parce que la situation Bconomique s'aggrave,
mais nussi parce que le people amnricain sera tris oc-
cup6 l'an urochlain par ses affaires int6rieures, en rai-
.nn des Alections pr6sidentielles; Plus t6t le Congrks
connaitra la r6nonse de 1'Europe, et plus calIme sera I'at-
mosphi're ol elle sera recue. C'est la rapidity et la con-
rision nui sont essentielles pour que cette reponse ait
une r6elle valeur. Ls Avenements ont montr6 jusqu'ici
que les gouvernements britannique et francais, tout au
moins, s'en sont rendu compete.

4) Dat'u Mail (20/6, conservateur) :
Si la Russie accepted de participer au plan economi-
que, personnel ne s'en .r6jouira davantage que le people
britannique. Si elle refuse, par centre, 1'Europ'e occi-
dentale ira seule de l'avant, et, come M. Bevin l'a
lais.s entendre hier soir, ses espoirs de rel6vement ne
seront pas ruins par l'abstention volontaire de la Rus-
sie.
L'Europe a WtB bien prAte de s'Acrouler parce que
les hommes d'Etat ont envisage un reglement d'apres-
guerre en terms de politique et non pas id'conomi'e.
Pendant deux ans, ils ont retrace des frontiBres, trans-
f6r6 des populations et se sont arret6s a des details de
I


procedure, n6gligeant pendant .ce temps-lh les condi-
lions de vie ide la population, et le r6sultat de cette at-
titude, c'est que la misbre en Europe est revenue plus
grande encore.
La condition primordiale qui doit etre remplie si
'on veut rabussir, c'est que dans ce plan .es aspirations
nationalists soient abandonn6es pour le bien ide tous.
L'Mlec:ricit6, la nourriture, les transports, les commu-
nications, les aprovisionnements en carbon n'ont rien
h voir ayec les frontibres, et ce sont ces avantages ma-
teriels qu'il imported avant tout de r6tablir.
Si la Russie acceptait de participer h ce plan, la pire
,des difficulties mondiales serait biento6t 6cart6e. La Rus-
sie pourrait, si elle le voulailt, accomplir une grande ac-
tion qui tranformerait I'avenir des hommes.
Si les hommes d'Etat de Moscou pr6f6rent aller de
leur c6t6, ils doivent le faire. Mais s'ils persistent A
poursuivre leur id6ologie sterile, ils s'apercevront en
fin de compete que cette id6ologie sera vaincue par la
r6volte de la liberty.



II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press amndricaine du 19 juin 1947
1. Rencontre Be'in-Bidault
.'invitation adressee par MM. Bevin et Bidault h M. Molo-
tov est annoncee en premiere page des journaux et g6n6rale-
ment s-ous des titres important indiquant que les ministres
des Affaires 6trang&'es francais et britannique ont demand
i la Russie de participer h 1'etude d'un plan Aconomique
curopeen. Les correspondents de Paris reprennent les extraits
du communique official public A ce sujet. Une d&piche A.P.
dit, notamment, que la Grande-Bretagne et la France ont
accoide un delai d'une semaine a l'Union Sovi6tique pour
qu'elle se joigne t elles dans la preparation d'un plan de
redressement europeen ou pour qu'elle laisse la reconstruc-
tion du continent se faire sans les Russes. Officialelement, les
reur6sentants franqais et anglais disent que la possibility
d'un refus russe n'a m&me pas Wtt envisage par les deux
ministres. Des sources dignes de foi ont indiqu6 que la
Grande-Bretagne et la France 6taient d6tewmines a aller
de F'avant sans les Soviets, si la r6ponse de M oscou d.tait
negative
Le correspondent du New York Herald Tribune 6crit de
son c6td que le message Bevin.Bidault consituait, en fait,
une demand adressee .a ,'Union Sovietique pour qu'elle
decide rapidement si elle vent se joindre aux n6gociations
du plan que MM. Bevin-Bidault ont commence dejA a pr&-
parer. II ajoute que M. Alphand a refuse ,dte dire cc soir si
la France et la G,'ande-Bretagne iraient de l'avant dans le
cas ot M. Molotov se refuserait a se rendre a la reunion
uroposo"
Callender ecrit an New York Times' que les Franqais et ies
Britanniques font semblant de croire que l'Union Sovietique
acceptera leur proposition qui lui a et6 transmise rapide-
ment. tard dans la soiree. I1 ajoute que M. Alphand, direc-
teur des Affaires economiques au Quai d'Orsay et porte-
parole de M. Bidault, a declare qu'un refus n'itait pas envi-
sag6 bien qu'aucune r6ponse n'ait e4t regue de Moscou aux
suggestions francaises faites samedi. Les Britanniques ont
fait connailre qu'ils out recu des n-ouvelles de Moscou qui
n'6taient pas encourageantes. Callender passe en revue en-
suite les diffdrentes declarations officielles et officieuses
faites h la press anu course de la reunion et s'6tonne que
M. Bourdan ait donni impression qu'un accord 6tait dejh
iutervenu pour la formation de comitis, alors que quelques
heures plus tard Je Quai d'Orsay d6mentait cette nouvelle.
11 estime que ces contradictions rssultent du fait que M. Be-
vin a surpTis M. Bidault en venant si rapidement a Paris
et que ce dernier craint qu'une procedure, a deux n'offense
les Russes et ne hAte la venue du jour oi la France serait







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS aTRANGERE


oblige de se joindre aux puissances occidentales dans une
Europe divisde,
Simms, 6crivant de Paris aux journaux ScrippsiHoward,
dit notamment que le programme Truman-Marshall a donned
A la France et A l'Europe occidentale ,le plus grand encou-
ragement moral depuis la Victoire, mais que leur enthou-
siasme est temperd par deux considerations : les AmBricains
Iront-ils vraiment jusqu'au bout et la Russie ne creera-t-elle
pas des difficulties? Le temps constitute un facteur decisif
et l'on s'attend A ce que la Russie ergote et emploie des
tactiques dilatoires, meme si elle ne cherche pas a s'opposer
a toute cette affaire.
Browne, correspond-nt du New Yoik Times i Londres. note
6galement l'urgence d'une solution economique en Europe
et declare que l'appel adress6 I M. Molotov est intenprdte
comme l'indication que les gouvernements britannique et
frangais sont prdts a aller de 1'avant sans delai et sans
l'Union Sovidtique, si M. Molotov rejette I'invitation qui
lui a Wt6 faite.
De son c6td, Lippmann estime qu'il est natural que les
EuropBens recherchent la participation risse, ear ils ont
Ie s'ouci primordial d'dviter la division de 1'Europe en ,deux
pt un confit entire la Russie et l'Am6rique. II ecrit i ce
sujet que, durant I'annee passe, la reaction et la resistance
ont grand en Europe centre, toute la politique qui ferait de
1'Europe I'enjeu de la competition amdricano-sovi6tique et du
continent le champ de bataille d'une guerre. iddologique
international.
A son avis, les Americains n'ont pas vu ce ph6nomitne et
n'en ont pas distingua 1'importance historique. Le fait est
que l'Europe se relive, qu'elle est ddterminde et destinde a
ne s'aligner ni sur la Russie comme elle le fait pour le
moment, ni sur l'Amdrique come elle a sembld le fair pen-
dant l'annde Zcoulde. Lippmann rappelle que, tour A tour,
Smuts, de Gaulle et Churchfll ont mis 1'Europe en garde
centre sa division en deux, et il constate que le Vatican, par
]a voie de l'Obseroatore Romano, parole ddsormais le m&me
language, estimant qu'il n'y a rien d'irrdconciliable dans les
diff6rends sdparant I'U.R.S.S. et les U.S.A
Le Daily Worker consacre ain editorial ces nouvelles
vues du Vatican qui, estime-t-il, sont en contradiction avec
celles exposes par 1'archev6que Spellman qui, dans ses arti-
cles, varle d'une c guerre inevitable >. I1 .dit notamment
que cette note de bon sens est la bienvenue dans I'atmosphire
de folie qui a dte cr66e aux'U.S.A. surtout lorsqu'elle vient
du Vatican,
La press reprend les declarations faites par IM. Clayton,
sous-secretaire d'Etat, qui a indiqu6 que 1'U.R.S.S. pourrait
apporter une aide au redressement dconomique de 1'Europe.
Les rapports venant de la Russie indiquent, en effect, a-t-il
dit, que la prochaine rncolte sera bonne. M. Clayton a sou-
ligne, d'autrc part, que les U.S.A. n'avaient pas pr6par6 de
plan d'aide a 1'Europe, attendant que le continent en prenne
l'initiative. I1 a manifesto .sa satisfaction ,de voir que les
Frangais et les Britanniques s'dtaient mis rapidement A
l'oeuvre et a n'otd que la Commission economique de 1'O.N.U.
pourrait etre utile sans qu'elle soit, toutefois, la commission
exclusivement charge de cette cooperation 6conomique
europienne

2. Les graves maritimes

Aux dernieres nouvelles, tous les syndicats des marines au-
raient conclu de nouveaux contracts avec le companies de
navigation sur la base id'une augmentation de salaire de 5 %.
Le travail reprendrait incessamment.

3. Allemagne

Une ddpeche de Franefort reprend les declarations du
general Clay confirmant que .1'ancien president de la Reichs-
bank Sehacht est entire les mains des autorites americaines
qui 1'interrogent au sujet de son plan de reconstruction fi-
nancier du Reich. Le gdenral Clay aurait, cependant. ajoute
qu'il n'dtait pas, personnellement, intdresse par les iddes
de Schacht et qu'il n'avait pas 1'intention ide se servir de lui
pour trouver une solution au probleme financier allemand.


4. GrAce
La press reprend les notes 6changdes entire Washington
et Athones sur la facon don't l'aide amdricaine h la Gr6ce
serait accordee et sur les proc6dds de contrfle amdricain.
Ccs notes rel6vent qu'un accord prdliminaire est intervene
sur ces divers points entire le gouvernement amdricain et le
gouvernement grec et que des negotiations vont commencer
don't le but sera d'etablir les terms d'un accord d6finitf
acceptable pour les deux parties.

5. Hongrie
Les correspondents dp Budapest annoncent que le repre-
sentant russe a la Commission de control allide, le gnedral
Sviridov, a renouveld ses declarations selon lesquelles il ne
pouvait donner aucune explication au sujet des dv.nements
intdrieurs honigrois, auxquels il n'avait pris aucune part. 11
aurait ajouti que les autorit&s sovi.tiques n'avaient en rien
influence la formation du nouveau gouvernement hongrois.

6. Nouvelles ide France
Les correspondants des journaux annoncent que le cabinet
s'appr&te a changer de politique dconomique et a 6tablir
de nouveaux imp6ts don't le montant atteindrait 150 mil-
liards de francs. WHiitcomb, correspondent du Baltimore Sun,
-crit a ce sujet que cette semaine a vu .la fin de la politique
de M. Blnm, politique lance par lui-m&me i la fin de 1946,
et qui fut, mais sans succs, dppliqude vigoureusement pen-
dant pros de six mois par son successeur socialist, M. Ra-
maadier. Selon ce correspondent, la politique de M. Blum
avait pour but de rdtablir la solvabilitd de la France en
bloquant les salaires et en faisant baisser les prix. 11 ajoute
qu'en pratique, bien que tous les homes d'affaires francais
aient prdtendu qu'ils diminuaient leurs prix, ils se sont mis
A stocker tout ce qu'ils pouvaient trouver, dtant certain que
les operations du march noir continueraient ou augmente-
raient. L'auteur de 'article termine en indiquant que le
cabinet s'apprdte a abandonner un certain nombre de con-
trbles economiques, M. Philipp ayant 6dt luimime convert
a la politique des antidirigistes.

a) LE ROLE DE LA FRANCE EN EUROPE (New York Herald
Trlbfae, 20/6, edition europ.) :

< En France, l'enthousiasme qui a suivi la liberation
et la d6faite de l'Allemagne a faith place en grande par-
tie a la deceptionn d'une nation fibre, qui fut autrefois
la plus grande dans 1'Europe continental, et le ber-
ceau 'des iddes politiques qui ont conquis le monde oc-
cidental, deception de ne plus avoir la direction 'des
affaires mondiales.
La defaite militaire de 1940 a 6t1 suivie d'un senti-
meint de d6faite politique. Et le fail d'etre convaincu de
cette d6faite politique est de ces deux choses peut-8tre
la plus dangereuse, et celle qui a les effects les plus
profonds et les plus durables. Une nation civilisb&e peui
supporter les souffrances, les privations, la misere et
mnme les cruaut6s de l'occupation ennemie si elle a
conscience que ces souffrances sont inevitables, son.t
n6cessaires pour poursuivre un ideal plus elev6, et lui
vau'dront la reconnaissance et l'admiration universelles.
Mais si elle craint de ne plus pouvoir pr6sider A son
propre destin, si son sort est entire les mains de puis-
sances lointaines, si les lents progres de son redres-
sement national ne sont pas reconnus partout dans le
monde, si les valeurs morales et culturelles -ne -doivent
plus trouver leur place 'dans le nouveau monde de Ja
puissance industrielle et militaire, un people ancient et
civilise comme les Frangais, peut d6cider que le jeu
n'en vaut plus la chandelle, que la course est r6serv6e
aux forts, et les faibles, kcartes, ne peurvent que deoider
'de rester IA ofa ils sont.
On trouve un indice de cette indifference croissante A
1'6gard des affairs internationales dans le peu de place







BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS ATRANGR RR5


qui est reserve aux problems mondiaux dans la
press frangaise, Dans les ann6es qui ont suivi la pre-
mi6re guerre mondiale, les editoriaux et les colonnes
d'informations des journaux francais accordaient une
attention pr6dominante aux probl6mes de la paix. La
s6curit6 europ6enne, les reparations, la Soci6t6 des Na-
tions ont 6et6 des sujets 'de premiere page pendant la plus
grande parties de la periode d'entre deux guerres.
Aujourd'hull la nm'me priority est r6serv6e A la discus-
sion de la situation int6rieure, aux restrictions ali-
mentaires, A 1'6puration, aux scan'dales mnist6riels et
aldministratifs, aux conflicts ouvriers et au commu-
nisme.
II y a beaucoup de Francais qui votent communist
mais qui n'aiment pas la Russie soviitique et n'ont au-
cane conflance en elle. Il y a beaucoup de Franvais
moyens qui votent pour les parties les plus farouche-
ment anticommuunistes, mais n'en aiment fore6ment pas
pour cela les Etat.s-Unis ou la Grande-Bretagne. II existed
une certain tendance A l'anarchie, m6me chez le Fran-
gais le plus respectueux des lois et attach a la pro-
prie6t. Et malgr6 toute la clart6 de la pens6e frangaise,
il n'y a que quelques Frangais pour croire A une soci6t6
mondiale organis6e. La politique int6rieure frangaise
n'a jamais *.t6 m6thodique, ni bien 'd6finie. Les simpli-h
fications et les g6n6ralisations n'ont jamais 6t6 si 1loi-
gn6es ide la v6rit6 dans aucun pays qu'en France. Et
si, en France, herceau de la pens6e politique logique et
m6lhodique 'administration locale et national est si
confuse, et si souvent inefficace, comment peut-on ame-
ner les Frangais A croire A l'efficacit6 d'un ordre mon-
dial et A un plan qui doit faire naitre la prosp6rit6
international et la paix ?
L'idBe premiere des Etats-Unis d'Europe est n6e en
France au d6but du XVIP si6cle avec le < grand des-
sein > du due de Sully. Mais m6me pendant la p6riode
de fausse paix qui a .spare les deux guerres, les Fran-
cais n'ont pas cru r6ellement dans la r6ali.t d'une F6-
deration europCenne. Aujourd'hui, A un moment ofi un
parti communist frangais puissant accuse MM. Bevin
et Bidault de n'Atre que les laquais du capitalism et
'de l'imp6rialisme anglo-saxon, et ne volt dans le plan
de Fed6ration europ6enne qu'une manoeuvre d6tourn6e
de plus pour essayer d'isoler 1'Union Sovi6tique, on a
du mal A croire que ce plan puisse 6tre realis6.
N6anmoins, .6tant donn6 que la France dolt etre ine-
vitablement la pierre angulaire de tout nouvel edifice
europeen, u'ne cooperation enthousiaste de la part des
Francais est essentielle pour reussir. Le seal moyen de
sortir les Frangais de l'indiff&rence oh les .ont plonges
leurs propres difficulties interieures et la perte de leur
puissance et de leur prestige mondiaux est, A mon avis,
'de les persuader que la France doit prendre la direc-
tion des Etats-Unis d'Europe ,.
(George SLOCOMBE).

b) LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE.
1) New York Herald Triburne (2/6, ediion europ.).
a On.peut persuader le people americain a la fois dans
son propre int6r6t et dans celui de la civilisation en
general de consentir 'des prits pour aider A la recons-
truction de 1'Europe, mais il ne peut le faire A bon es-
cient si es principaux pays europeens (A savoir la
Grande-Bretagne et la France, avec le Canada, qui est
'aussi menaace d'une p6nurie de dollars, et jouerait le
role d'interm6diaire) ne prennent l'initiative d'e6aborer
un plan sense.
Le problme aconsiste A Blaborer un plan 'de redresse-
ment de 1'Europe (plan don't l'initiative serait prise en


Europe occidental) qui, bien qu'il puisse 6tre viable
sans la collaboration de l'Europe oriental et de 1'Union
sovi6tique, s'appliquerait beaucoup mieux si 1'Europe
orientale y participait et si 1'Union sovietique l'approu-
vait.
Le principle fundamental d'un tel plan europeen con-
sisterait done A ne pas former un bloc occidental qui
excluerait l'Europe oriental et serait dirig6 contre les
Soviets an point- de vue d6fensif et offensif,- mais de
former le noyag d'une union europeenne destiny6 a les
englober, et qui s'avyre plus avantageuse pour eux s'ils
collaborent que s'ils ne collaborent pas.
Un examen attentif des discussions de Moscou indi-
.que que I'Plaboration d'un tel plan n'est pas impossible
pour l'esprit human ni incompatible avec la situation
international >.
(Walter LIPPMANN).

2) New Yoirk HefrlAd TYnbune (19/6) :

< M. Bevin et M. Bidault ont adress6 un appel pres-
sant a M. Molotov pour qu'il se joigne a eux afin 'de
discuter le plus rapidemnt possible la proposition que
l'on commence A connaitre sous le nom de plan Mars-
hall. C'est une decision hardie qui peut les exposer A
une rebuffade diplomatique. On sait fort bien que les
Russes n'aiment pas qu'on les press. De plus, il est
devenu evident, bien qu'aucun communique official so-
vietique n'ait 6t6 publiC, que le Kremlin est enclin A
consi'd6rer la proposition Marshall avec une grande
m6fiance. La Pawmvda et divers journaux communists
non-sovi6tiques l'ont qualifi6e de nouvelle tentative
am6ricaine pour asservir l'Europe aux dollars. Moscou
pense qu'il ne faut pas voir 1 autre chose que la doc-
trine Truman prssent6e sous 'une forme plus attrayante.
Dans ces conditions, M. Bevin et M. Bidault, saisis-
sant l'occasion fournie par Ie secr6taire d'Etat Marshall,
insistent pour essayer ,d'obtenir la participation sovi6-
tique> A ce plan. La France et la Grande-Bretagne espA-
rent encore pouvoir jouer le role de mediateurs dans le
diff6rend qui oppose les Etats-Unis et l'Union Sovi6ti-
que.
Le ministry des Affaires ktrangbres britannique aime-
rait mettre A profit l'offre de M. Marshall pour entrai-
ner la r6alisation de l'unit6 6conomique de I'Europe, et
non pas seulement une cooperation des pays .europ6ens.
La doctrine Truman sous sa forme premiere a trouv6
un accueil assez tide en Grande-Bretagne et en France
parce qu'elle semblait meltre un termie A tous les espoirs
de cooperation avec la Russie. Le plan Marshall est
consid6r6 comme un indice qu'on peut .encore esp6rer
une tell cooperation et par consequent a recu un ac-
cueil beaucoup plus enthousiaste.
II est vrai que l'atmosph6re international dans la-
quelle ce plan a 6t6 concu n'6tait pas propice. Cepen-
dant il faut toujours commerce A un moment ou A un
autre et le moment semble venu. Leas Russes devraient
se rendre compete que si le plan Marshall 6tait surtout
destiny, non pas A promouvoir le redressement de 1'Eu-
rope, mais a edifier un bloc 6conomique dirig6 contre
eux, on ne leur aurait pas demanded d'y participer. Ils
devraient 6galement se rendre compete qu'en restant vo-
lontairement A ,l'&cart, ils arriveront A faire de ce plan
ce qu'ils craignent : un bloc occidental europeen.
Le mieux que 'on puisse esp6rer c'est que les Russes
accepteront de discuter ce plan. S'il en est ainsi ils au-
ront le temps d.e mieux le connaitre, d'en voir les huts
v6ritables et 6ventuellement d'aider A d6finir ses gran-
des lignes. M. Marshall a laiss6 la porte ouverte. II faut
esperer que les Russes ne la fermeront pas.







6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la presse sovidtique du 19 julin 1947
1. Nouvelles de premier plan
Deux teligaammes s.ont mis en relief : une dlpIche de
press rend compete ,des travaux de la Commission econo-
mique de I'O.N.U. pour 1'Asioc et l'Extreme-Orient. Une dd-
Ipche du correspondent de 1'agence Tass A Paris, qui n'est
d'ailleurs reproduite que par la Pravda et les Izvestia, rend
compete des conversations entire MM. Bidault et Bevin. Apris
avoir cite la declaration de M. Bevin au Bourget, les com-
mentaires de la radio dde Londres et quelques extraits de
Combat, la dipeche s'ach6ve en remarquant qu'il est encore
difficile de dire quel sera le r6sultat des conversations de
M. Bevin a Paris. Mais, quel qu'il soit, ajoute cette dipeche,
il est permis de. penser que leur but est tres 6loign6 du ddsir
d'assurer une collaboration pacifique longue et ficonde des
grandes et petites nations du continent europeen. On ne peut
s'emp&cher de penser que ces conversations ne sont rien
d'autre qu'une tentative d'entente en dehors de l'Union Sovid-
tique et des autres Etats europeens. Comme on le salt, depuis
le debut, les gouvernements anglais et franqais ont agi s6pa-
rdment, sans mettre au courant les autres gouverncments
euron6ens de leur plan

2. Nouvvelles de second plan
Elles concernent principalement la lutte pour la dimnrcratic
et la politique des Etats-Unis.
a) La lutte pour la ddmocratie. On relive ]es teligrammes
suivants : dip&che d'Helsinki sur le procds des org'anisateurs
de ddp6ts d'armes; tilegrammes sur les evenements noliti-
ques en Italic (discussions a l'Assembl6e constituantc, vic..
tore des d6mocrates aux elections municipa'es, textes du
communique du parti communist italien et des informations
donndes par ]a radio italienne a peopos de la admission de
M. Nicolai); tdligrammes sur la politique anglaise en Alle-
magne (reformes agraircs en zone d'occupation anglaise,
graves de ]a faim en zone anglaise, resume d'un article de la
Berliner Zeitung sur la d6nazification A Hambourg; c616bra-
tion en Bulgarie du 65' anniversaire de Dimitrov; poursuites
centre les antrfascistes anglais Lh .a suite du meeting de Dals-
ton; nouvelle provv*ation grecque A la fronti6re albanaise;
confirmation par le gouvernement serbe du plan de cinq ians
de redressement de l'crononie national.
b)Pollitfque des Etats-Unis. On relive une serie de t6le-
grammes assez brefs : resume du discours de M. Truman
A Prince-Town; rssultats du vote de la Chambre des ReprA-
sentants A la suite du veto mis par 'M. Truman a la loi sur
la diminution des imp6ts; declaration de l'ambassadeur du
Danemark aux U.S.A. sur la conversation qu'il a cue avee
M. Marshall an sujet du Grocn'and; enrolement en zone
am6ricaine d'occupation en Allemagne de chauffeurs alle-
mands pour travailler en Gr6ce et en Turquie; pol6miques
en Turquie an sujet de l'aide am6ricaine.
c) Nouvelles diverse. Rrception par .M. Molotov du
secretaire ide la Commission iconomique pour l'Europe: etat
des travaux de la Commission de 1'O.N.U. pour le trait
autrichien; travaux du souscomit6 pour les questions de
droit international A I'O.N.U.; ddpdches du Caire sur l'an-
nouce d'une note 6gyptienne Lt I'O.N.U. contenant une plainte
centre l'Angleterre; deux depches de Paris : 'une, signa-
lant les protections qui sont acco:dees aux criminals de
guerre au Danemark et 'action des groupements antisovi6ti-
ques dans les camps de personnel d6places ; ,'autre, intitu-
lee o Propos d'un diplomat anglais on GrBee >, i props du
bruit qui court de la nomination come premier consciller
h Moscou du consul anglais A Salonique, cdlebre par ses me-
nees antisovi6tiques; clbture du deuxibnme plenum du Comitl
slave i Varsovie; concentration de troupes A la frontibre
transjordano-syrienun

3. Commentlaires
Ils sent particulidrement nombreux. Les journaux de Par
mde en publient deux d'ordre surtout technique. On relive



dans FKotte Rouge un article du colonel Evsaltsev sur < les
bases aeriennes des U.S.A. >. L'auteur y dtudie tout le sys-
tbme ces bases am6ricaines. A propos des bases en France,
il ecrit qu'l la fin de 1946, le gouverncment frangais r6-
clama aux U.S.A. le relrait de leurs troupes du territoire
frangais. Les Amiricains restArent longtemps sans rnagir A
cette demande. Ce n'est qu'il y a six mois qu'ils consentirent
A entamer des pourparlers a ce sujet et on announce que le;
U.S.A. se d6clarent prets A retire cnti6rement leurs troupes
a la condition qu'on leur laisse des bases adriennes dans la
region de Marseille. L'auteur conclut on disant qu'en cr6ant
,des bases a6riennes et maritimes sur le territoire des pays
occupis, d(pendants, neutres et allies, les U.S.A. out la pos-
,ibilite d'exercer sur eux une pression directed qui menace
In s'ouverainete et 1'independance de ces pays.
L'article de Mironov dans Etoile Rouge est intituld < Les
troupes amdricaines an Canada >. L'auteur y 6tudie en detail
les derniires discussions au Parlement canadien, rapportant
que l'examen par le Parement de la loi sur les troupes
americaines an Canada a montr6 que la presence de troupes
amiricaines souldve dans le pays une inquietude grandis-
sante. On note ldans Trud un article d'Alexandrov sur < le
movement patrlotique des eudiants chinois >. Dans la Flotte
Roluy:, le proces de Guido Schmidt fait 1'objet d'une nouvelle
note de Mirsky intitule << Que pcouve le rdsultat d'un pro-
ces ? > La denazification en fait n'est pas pratiqu6e en
Autriche, .dclare 1'auteur qui conclut que le jugement rendu
centre Guido Schmidt oblige l'opinion publique d6mocratique
A etre sur ses gardens, d'autant plus que beauroup des con-
victions et des attitudes politiques caract6ristiques de 1'epo-
que de Guilo Schmidt rdgnent encore dans 1'Autriche d'au-
jourd'hui.
La Iraunda public un article rdpondant aux attaques por-
ties ricemment par M. Acheson centre 1'Uni'on Sovidtique.
(Voir I'articie plus loin.)
Un article dt& Izlvestia cst intitulMd Le carbon de la Ruhr
et 1'economie de I'Eu pe o,. L'auteur y etudie ,le recent
accord franco-angl!oaa ricain sur le ebarbon. (Voir l'article
plus loin.)

a) LE CARBON DE LA RUHIR ET L' CONOMIE DE L'EUROPE
(lzuestila, 19/6) :
Pratiquement, I'accord franco-anglo-amdricain ne
donne rien ni A la France ni aux autres pays euro-
p6ens, car les livraisons ne se font pas au titre des re-
parations, mais doivent Atre pay6es comme auparavant
en devises. Les livraisons ne garantissent mnme pas A
la France une quantity d6termin6e de combustible puis-
qu'elles dApendent de 1'augmentation de l'extraction.
Certains journaux francais ont essay de presenter cet
-ccord comme une vicloire politique de la France don't
les pretentions auraient 6t6 reconnues et qui aurait ob-
tenu des promesses fle soutien de I'Analeterre et des
U.S.A. au sujet du rattachement 6conomique de la Sarre
A la France. En r6aliit, I'accord signifies la reconnais-
sance indirecte par la France de la prolongation d'un
control anglais unilateral sur la Ruhr en d6pit des ac-
cords de Potsdam. En ce qui concern la Sarre, la ques-
tion est de la competence des quatre Etats qui occu-
pent l'Allemagne. Le problem du charhon de la Ruhr,
don't depend dans une large measure le r6tablissement
de l'6conomie de l'Europe, ne pent etre r6solu par des
accords unilat6raux, mais seulernent :pr l'6tablissement
d'un controle international

b) RAPONSE AUX ACCUSATIONS D)E MI. ACHISON (Pravda.
19/6) :

M. Acheson se plaint que les U.S.A., qui, par leurs
livraisons, ont donn6 (selon ses propres paroles) une
preuve r.elle et slide die leur bonne volont6 et de leurs
bones intentions a I'Ngard -de 1'Union Sovi6tique,
soient d6cus par les r6sultats obtenus car ils Ataient
persuades que I'U.R.S.S.B remplirait ses processes en







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANGPRE 7


mati6re de collaboration. Quelles sont exaclement lrs
promesses que n'a pas tenues l'Union Sovi6tique ?
Acheson, avec prudence, ne le precise 'pas; sa pensee
semble cependant parfaitement claire. II considere les
livraisons faites h F'Union Sovi6tique pendant la guerre,
non pas comme une contribution du people anmricain a
la cause g6nBraLe de la lutte contre I'agression fascist.
mais come une sorte id'avance de fonds. C'est une po-
litique financiere qui permettrait A I'imp6rialisme ame-
ricain d'agir' sur la politique sovi6tique ou lui donne-
rait le droit de dieter sa ligne de conduite A I'U.R.S.S.
C'est parce que la Russie sovi6lique refuse d'abandon-
ner sa souverainete que M. Acheson est mbcontent.



IV. PRESS BELGE

*
APRnS L'ENTREVUE BEVINIBIDAULT i(Lq Cili Nouvelle,
20/6, catholique de gauche) :
< Depuis le trait de Dunkerque, depuis mime .de
longues ann6es, jamais l'amiti6 et mIme la fraternity
franco-britannique n'a Wet aussi entire, sinon aussi
intime qu'elle s'est r6v616e hier a Paris. M. Bevin n'a
pas B61 recu en stranger, mnais en voisin. M. Georges
Bidault lui a meme remis une m6daille qui fut frappee
en 1914, quand la Grande-Bretagne s'est mise en
guerre, quand ses troupes d6barqu6rent en France. Oui,
1'Entente Cordiale est finie. II faudra trouver d'autres
mots pour d6finir le bon manage .d'apr6s Dunkerque.
Or, cette entente nest pas platonique. Voici quelques
mots du communique d'hier : < Tous les pays d'Europe
disposes A participer a cette action... >, qui laissent
penser que MM. Bevin et Bidault sont tout A fait d'ac-
.cord pour ne pas reculer devant rien, pour passer
outre A tous les refus.
Devant l'esprit de decision et d'entente de la France
et de 1'Angleterre, que peut faire le Kremlin ?
D'abord, il devra parler.
Soit pour accepter le rendez-vous, soil pour le refu-
ser, soit pour atermoyer. Les trois hypotheses sont vrai-
semblables, ce martin.
La Russie a demand un trait aux Etats-Unis. D'au-
tres pays d'Europe orientale ;aussi, la Yougoslavie, par
example. Et voili, moins de trois jours, une person.na-
lite communist d'Italie ne .d6clarait-elle pas, au Palais
Mohtecitoria, que des traits am6ricains 6taient n6ces-
saires a 1'Italie. Oui, la Russie peut trbs bien accepter
d'abord la rencontre, puis l'aide ambricaine. C'est d'ail-
leurs ce que tout le monde souhaite.
MM. Bevin et Bidault ont, en effet, fait dire qu'ils
n'avaient pas envisage que M. Molotov puisse refuser
leur invitation. Ce serait, c'est bien 6videnl, provoquer
la rupture, se mettre dans un mauvais cas aux yeux
du monde -entier. Ce serait m6me transgresser cette
vieile tactique si souvent 6prouv6e, de se faire mettre
A la porte plut6t que de sortir de son propre chef. Mais,
vraisemblablement, Staline n'ignore-t-il plus maintenant
qu'on peut se passer de lui et n'ambitionne pas de rom-
pre d'une facon ou d'une autre.
Cela ne veut pas dire que M. Molotov acceptera l'in-
vitation. Mais qu'il atermoiera peut-6tre. II r6pondrait,
par example, que la date ne lui convient pas. 11 ten-
tera d'engager la conversation par la voie diplomatique
ordinaire de prendre son temps (douze jours au moins,
si l'on se refere A 1'exp6rience de ce mois) pour r6pon-
dre aux communications de ses collogues strangers.
Mais rien ne prouve la rencontre d'hier, nous


pouvons le dire, prouve le contraire que MM. Bevin
el Bidault accepteraient de se faire ainsi lanterner. Car
il s'agit de l'Europe et d'un grand nombre de nations
europeennes qui, aussi bien que la France et l'Angle-
terre, attendent beaucoup des propositions Marshall. >
(JEAN DANNENMULLER.)



V. PRESS SUISSE


LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE.

i. Ia Tribune ,de Genvue (19/16):
( Le sous-secretaire d'Etat americain pour les Affai-
res economiques, M. Clayton, a declare que la Russie,
ou les moissons seraient, cette annee, particulierement
fructueuses, 6tait en measure de donner assistance aux
pays de l'Europe orientale. 11 se peut que M. Clayton ait
quelquc peu force la note et que, en depit de ses ind-
puisables richesses, I'Union sovietique ne .soil pas en-
core en 6.at, fate d'une exploitation suffisante et du
fait des perturbations jet6es par la guerre dans son &co-
.norie, d'aider puissamment ses voisins. Du moins peut-
on attendre d'ele qu'elle fasse sa part. Mais l'attitude
qu'elle a prise jusqu'ici et notamment les prel6vements
qu'elle a op6ers dans les pays occupies, donnent malheu-
reusement raison a M. Clayton lorsqu'il affirme qu' < au-
cune preuve n'existe que la Russie soit dispose a ap-
porter sa .contribution a une terle ceuvre ,. C'est cette
preuve pr6cis6ment, que MM. Bevin et Bidault deman-
dent aujourd'hui a M. Molotov.
Quelle que soit, en fin de compete, la position de Mos-
cou, il est i peu pr6s certain que la commission ceono-
inique europeenne verra le jour et qu'elle r6pondra
dans une large measure aux vceux de M. Marshall. U1 sem-
ble aussi, si l'on enc juge par le communique franco-
anglais, que cette commission agira en liaison avec
I'O.N.U. On retrouve ici le souci conslamment manifesto
par les deux puissances occidentales de fonder toutes
Icurs d6marches sur la nouvelle legality international,
et de ne pas se laisser .entrainer hors du cadre fix6 d'un
commun accord a San Francisco, alors que les Ameri-
cains, pragmatiques avant tout, ne craignant pas de re-
chercher par des voices nouvelles les resultats que 1'or-
ganisation mondiale a, c'est un fait, queique peine i
oblenir. Cet atlacheient de la France et de 1'Angleterre
aux Nationes Unies, et Icur appel A l'effort (( maximum >
ties pays d'Europe montre bien que, niA Paris ni a
Londres, on n'envisage le plan Marshall comme une
aumone du grand capitalism americain. On le consi-
dlre comme un acte de solidarity intercontinental au
imime titre que I'ailiance militaire contre 1'Allemagne.
Et cela devrait suffire, scmbhle-t-il. a rassurer M. Mo-
lntov. s
(JEAN-JACQUES CHOUET).

2. National Zeilung (18/6, edition du martin) :
a Les Anglais s'attaquent a la r6alisation du plan Mar-
shall avec une diligence extreme qui ne s'accomode
d'aucun delai, et ils sont trbs satisfaits de voir que la
France fait preuve du meme empressement. Elant donned
eet accord quand an fond, on .ne tient pas rigueur aux,
Frangais de s'&tre hfits de publier leur project de .cr6a-
lion d'une Commission sp6ciale avant meme l'arriv6e
d(I M. Bevin, alors que les milieux britanniques officials
envisagent de convoquer une Conf6rence 6conomique
international a Londres.'On n'aurait assurdment rien &







8 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSa "ETRANGBRV


objecter A la proposition franvaise uu cas ou clle se-
rait agr66c par Moscou. La reaction des autre, pays
europ6ens .en face de la procedure que proposent l'une
et l'autre puissance, est atlendue avec beaucoup d'inti-
rct, car on pourra en tirer certaines conclusions tou-
chant le pays qui assumera a l'avenir un rble dirigeant
en Europe. 11 n'est actuellement plus question d'une ri-
valit6 franco-anglaise, mais on note que Paris est tout
aussi d6termin6 que Londres A uliliser ies possibilities
continues dans le plan Marshall.
Si la Russie se ten.ait a 1'eart ou bien si son attitude
faisait 6chouer le plan, on est dbs mainlenant en drait
de pr6dire que l'hostilit& A son 6gard augmenterait pro-
digieusement, ce qui jouerait un role important dans
les decisions que la Grande-Bretagne serait alors ame-
n6e a prendre en matibre de politique 6trangrre. La


semaine derniere, lord Vansiltart avail lanc6 contre les
Russes l'attaque la plus vio.ente qu'on ait vue depuis
plusieurs ann6es ; hier, un d6pute socialist disait que
la rudesse aggressive de M. Molotov a faith plus d'anti-
communistes en 18 mois que ie Vatican en l'espace de
30 ans.
Si I'U.R.S.S. rejetait -ce plan de secours pour PEu-
rope, ce serait la un exemple-lype de nature A confir-
mer l'opinion publique anglaise dans la conviction que
les Russes s'int6ressent plus a la lutle id0blogique qu'A
la reconstruction ; alors on verrait disparaitre les res-
tes do cette politique de temporisation qui tombe de
plus en plus dans le discredit, bien qu'elle ait encore
triomph6 5 propos de l'affaire hongroise. ,
(du correspondent a Londres
de 'la National Zeilang).


S.1`- P. 1. Im. 7 u ioo ais-3.0Pi rns


S. P. 1, Imp., 27, ru-2 Nicolo, Paris 31.3009


P-rix : 6 francs.




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