Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: June 20, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00118
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANQAIS
D'INFORMATION
(MINISTBRE DE LA JEUNESSB,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


BULLETIN


MINISTER


SLA DOCUMENTATION FRANCAISE


QUOTID


DE


20 juin 1947.


PRESS


ETRANGERE


Nouvelle S6rie N 697


SOMMAItF

I. PRESS BRITANNIQUE.
,a) La situation interi'eure en France (Daily Tele-
graph, 19/6).
b) Avant le debat de politique 6trangbre aux Com-
munes :
1. Times (19/6) ;
2. Daily Worker (19/6).
c) Les questions de procedure et la paix (Times,
19/6).
II. PRESS AMERICAINE.
a) La reconstruction de l'Europe (New York He-
ra d Tribune, 18/6).
b) La defense de l'h6misphbre occidental (New
York Herald Tribune, 19/6, 6dit. europ6enne).
HI. PRESS SOVI-TIQUE.
La Grande-Bretagne et la crise hongroise (Pravda,
17/6).
TV. PRESSE POLONAISE.
Les relations franco-polonaises (Polska Zbrojna,
18/6).
V. PRESSE SUISSE.
La situation en Italie (Journal de Gen/ve, 19/6).


1. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press brflannlzqe du 19 juin 1947
Les journaux de ce matin r6servent leurs manchettes et
leurs plus longs articles aux conversations franco-britanni-
ques et a 1'invitation adressee par MM. Bevin et Bidault A
M. Molotov pour lui demander de s'associer a leurs travaux.
De nombrcuses questions d'ordre international et imperial
sont egalement traitees par la press : politique financiere
de la France (Daily Telegraph, Manchester Guardian), en-
trevue de l'ambassadeur de Grande-Bretagne a Moscou avec
M. Molotov, octroi du statut de Dominion.h Ceylan et tv6-
nements de Madagascar (Times).
1. Aide amdricaine et conversations franco-bribanniqu'es.
Les entretiens Bevin-Bidault fournissent matiere a de
nombreuses correspondances. I1 semble que la press, en
donnant une tres large publicity a I'invitation adressde par
les deux. ministres a M. Molotov, tienne a prouver les ef-
forts que ceux-ci font pour s'assurer la' collaboration de
1'Union Sovidtique.


Le correspondent du Times et ceux des antres journaux
a Paris donnent le texte du communique franco-britannique
paru hier A l'issue des entretiens.
Ce correspondent rappelle que les t'eux gouvernements ont
demand( A Moscou de s'associer a leurs travaux et ii con-
clut : Le fait le plus clair qui resort de ccs entretiens
est que les gouvernements britannique et frangais se sont
d6clar6s prets a associer l'IJ. R. S. S. a l'reuvre de redres-
semcnt common ,.
11 estime que les deux gou'vernements voulent avant tout
pr6scnter un bilan absolument clair aux Etats-Unis el par
une dtude rationnelle des ressouroes de l'Europe, r6duire
Icurs demands au minimum de maniere A ne pas s'ex-
poser a un refus de la part du Congres ou de 1'adminin
tration amdricaine.
D'apris le correspondent du Manchesler Guardian, les con-
versations Bevin-Bidault, inspires pal l'esprit de l'alliance
franco-britannique, montreraient le d6sir qu'ont les deux
gouvernements de mettre i profit l'offre americnine ainsi
que celui de voir les Soviets s'associer A leurs travaux.
Ce correspondent se demand ensuite si l'etablissement
d'un plan europeen entralnera un changement du point de
vue frangais sur 'avenir industrial de I'Allemagne. II croit,
pour sa part, A la possibility d'un compromise.
D'autre part, en ce qui coneerne la France, 'la gravity du
refus soviCtique ne saurait 6tre exagEr6e, un tel refus obli-
gsrait la France A modifier sa politique extbrieure et affec-
terait le secteur politique et son economic. D'apres lui les
deux ministries se seraleui mis r'accord Lur Ja creation d'une
Commission groupant le plus grand nombre possible de pays
europeens. Cette commission designerait des sous-commis-
sions pour tr r de probl6mes precis, tels que carbon.
transports, ravitaillenment, etc. 'outefois, il serait grand
dommage, selon lu'i, que les vastes possibilities offertes pal
la proposition Marshall ne rentrent pas d'une manierr
ou de 1'autre dans le cadre de I'O.N.U.
Le correspondent du Daily Telegraph declare que. c'est
maintenant i la Russie ice decider si clle veut uu 1noP
participer A la reconstruction europ6enne ou se retrancher
derriere le rideau de fer.
,Ce correspondent s'interesse aussi A la position frqAn-
qaise ha l'gard de la Russie. Selon lui, la France serait
divisde sur ce point et le gouvernement s'efforcerait d'dviter
tout ce qui pourrait faire croire A la creation d'un bloc
dirigu centre 1'U.R.S.S.
D'apres le correspondent du Daily Mail, M. Bevin et
M. Bidault ont montri qu'ils n'avaient pas voulu prdjuger
de I'at'itude sovietique et qu'ils voulaient attendre la deci-
sion de Moscou avant d'elaborer un plan d'action concrete.
Pour le correspondent du News Chronicle, il ne fait pas
de doute non p'us que 1'invitation adressee a M. Molotov
prove le d6sir de la Grande-Bretagne et de la France de
ne rien faire qui puisse favoriser la creation d'un bloc
occidental.
Le Daily Herald se content de signaler qu'on attend la
rdponse de la Russie.
Quant au Daily Worker, tout en announant l'invitatlon
adressee A M. Molotov, il fait etat des declarations d'un


- -








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


porte-parole du Dipartement d'E'at, d'apr6s lesquelles les
Etats-Unis se r6signeraient facilement a l'absence de la
Russie et auraient I'intention de reconstruire tine Alle-
magne puissante.
D'autre part, le correspondent diplomatique du Times
donne une analyse du rapport envoy i. tous les gouver-
nements intdresses par la Commission economique de
I'O.N.U. pour l'Europe. Ce document constituerait, selon lui,
un expos preliminair.e de la situation ecoonomiqsue veuo-
phenne et, A l'instar du plan Marshall, priconiserait une
collaboration plus etroite de tons les pays europeens.
La press announce enfin que M. Bidault va se rendre
prochainement a Londres pour ratifier le texte de I'alliance
franco-britannique.

2. France.
Le correspondent du Manchester Guardian et ccelui do
Daily Telegraph exposent les grades lignes du, project fi-
nancier propose par M. Schuman et les consequences qu'll
pourra avoir sur le prix de diverse degrees. 11 estime qu''un
tel programme ne pent pas &tre populaire. e C'eso un pas
important vers le r6alisme en mati6re financi6re et 6cono-
mique, 6crit-il, mais un pas trls pdnible, dans un pays qui
n'arrive pas A supprimer le march noir ni imposer effi-
cacement une grande parties de sa population ,.
C'est en parties un retour a une politique financirre plus
classique apres l'echc partiel du contirle de l'Etat.
Le Daily Telegraph public un long article d'un o obscrva-
teur politique francais n (voir ect article plus loin).

3. Madagascar.
Un long article sur Madagascar est public aojiojurd'hli
par le Times. Cet article expose la genase des incidents et
dtudie d'une maniore assez favorable l',volution de la poli-
tique frangaise dans cete. colonies.

4. 18 juoin.
Le Times decrit la cerlmonie qui a eu lieu i Londres poor
commimorer le 18 juin, et de courts depdches r,:sument
cells qui ont eu lieu A Paris.

5. Hongrie.
Plusieurs journaux font 6tat de la demarche de l'amnbas-
sadeur de Grande-Bo3tagne aupr6s de M. Molotov iu sujet
de la Hongri.e. Le Times fait 6tat de 1' c impuissance russe >
devant la prdtendue intervention de la Grande-Bretagne
dans le, affairs hongroises. D'autre part, le correspondent
A Vienne du Times signal de nouvell's measures il'epur.-
tion dans le parti des petits propridtaires.

6. Palestine
La press donne une certain importance i l'6iher du
complot terrorist '-ontre le quarter general briannique de
Tel-Aviv, grace A intervention d'un membre de la Haganah.

7. Ceylon.
Plusieurs journaux signalent que Ceylan va devenir un
dominion britannique, mais 'u'il ne lui sera pas accordC
le droit de quitter le Commonwealth.
Le Times fait 6tat de la satisfaction cause par l'oetrol
de ce nouveau statut dan. la population indigine. Le rer-
respondant politique du Daily Heraldsignal" qu'un statute
sera accord bi d'autres colonies des qu'e les conditions I1
permettront.

8. --- Indes.
Le Daily Worker public le manifeste du part comiunisto
britannique sur le plan Mountlattcn.

9. Etals-Unis.
Le correspondent du Daily Telegraph A New-York faif
etat du rapport public par le minisire du commecrcr ameri
cain, d'apres lequel les exportations ddpasseraient pour cetle


annee 4 milliards de livres sterling et les importation"
n'atteindraient pas deux milliards. c Ces exportations qui
ne sent pas 6quilibries par des importations, ecrit-il, drei
nent dangereusement les resources en dollars des pays
strangers, mais egalement distrayent du march intdriev"
amiricain les denrder indispensable et provoquent aini
une hausse du coit dt la vie >.

10. Ruhr.
Le correspondent du Manchester Guardian h Dusseldorf
indique qu'il faut s'attendre a une nouvelle diminution danp
la production du carbon de la Ruhr et A tne grave pnnu-
rie de main-d'oauvre.

11. -- Itatie.
,Le correspondent du Manchester Guardian fait itat de
l'instabilitd de la politique italienue et de Pexistence d'un
movement clandestine armed.

a) LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCE (Daily Tele-
graph, 19/6, conservateur) :

c Juillet est le mois des Ach6ances. C'est en juillet que
dolt 6tre fix6 le nouveau prix du bl6, et c'est une chose
hien connue qu'il y a une grande disproportion entire
les salaires et les prix des products agricoles. Ceite con-
sideration joue pour la viande, les ceuls et les c6reales.
En outre, c'est aussi en juillet, avant les vacancies
parlementaires, qu'on doit d6cider si nous pouvons en-
core puiser dans les maigres reserves d'or de la Ban-
que de France pour finance nos achats a 1'6[ranger. Ce
serait presque la derni6re fois que nous pourrions avoir
recours A une reserve d'or qui diminue de facon cons-
tante.
C'est aussi en juillet que les bons A deux ans du Tr6-
sor doivent &:re renouvel6s, ainsi que les emprunts lan-
ces par le gouvernement pour finance la reconstruc-
tion (110 milliards de francs).
C'est encore .en juillet ainsi que I'a soulign6 avec
ameriume la Conf6d6ration Generale du Travail en
juillet et non pas en d6cembre, qu'une decision dolt
etre prise sur les conventions collectives en mati6re de
salaires, et que I'on doit determiner si les primes a la
production offrent une compensation suffisante pour re-
m6dier a I'augmelntation du cofit de la vie.
L'exp6rience Blum est terminee. Les prix ont recom-
menc6 A monster et le gouvernement, .avec une 6nergie
excep!ionnelle, lutte encore tout en battant en retraite.
VoilA qui 6tait assez clair lors de la discussion des
salaires dans l'industrie de 1'dlectricit, oft les menaces
de crise 6taient grandes, mais oft la crise n'a pas 6clath.
Lorsque le gouvernement .cede, les ouvriers n'ont plus
aucune raison de se mettre en grbve, mais, combine I'a
soulign6 l'HW aniNt, ce n'6tait pas la peine de faire
tant de bruit pour finir par o6der.
En juillet, enfin, il sera possible d'avoir une certain
idee du credit de l'Etat, qui, sous des pseudonymes va-
ries (emprunt de la S.N.C.F., bons de la Reconstruction)
faith appel au public avec conscience, sinon avec espoir.
C'est dans une atmosphere quelque peu trouble que
la nation se prepare A affronter toutes ces chances.
Des desordres ont d6jA eu lieu, des fonctionnaires ant
&6t molests, et les Francais ne peuvent plus tollrer
qu'avec peine -'incoh6rence bureaucratique.
II est exact de dire qu'une fois de plus, la peur de
de Gaulle pourrait bien 6tre le commencement de la
sagesse. Cette crainte pourrait obliger les parties A pren-
dre certaines decisions inattendues. Cependant, cette
attitude negative ne pourrait maintenir un gouverne-
ment au pouvoir que pendant quelques senaines.






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRUSZE *TBAX4G*RE S


Cette attitude ne donnera pas au gouvernement la
force et le temps n6cessaires 'pour remettre de l'ordre
dans la nation. Elle ne donnera pas A 1'opinion publi-
que cetle solide impression de s6curit6 qui conduit A
souscrire aux emprunts, A maintenir la valeur de la
monnaic, et ainsi A garantir aux producteurs une de-
mande normal.
C'est ce doute profound, cette faiblesse interne, celle
impuissance, qui sont graves. La politique au jour le
jour et les expedients habiles de M. Ramadier peuvent
en v6rit6 prolonger la vie du patient. L'essentiel, ce-
pendant, c'est de faire vivre celui-ci et de le rendre
capable d'agir de fagon constructive.
C'est en function de ces considerations que bien des
gens commencent A penser qu'en France de Gaulle,
don't le programme imperial a At6 d6fini A Bordeaux, et
don't le programme 6conomique et social doif( tre d6-
fini A Lille, offre !e seul moyen r6el et serieux de main-
tenir la d6mocratie dans les bastions fragiles de l'Eu-
rope occidentale. >>
(D'un observateur politique frangais.)

b) AVANT LE DIEBAT DE POLITIQUE ETRANGERE AUX COM-
MUNES.
1. Tiles (19/6):

< Le d6bat d'aujourd'hui aux Communes gagnera
6norm6ment en int.6rt et en importance, en raison des
circonstances qui ont conduit M. Bevin a Paris pen-
dant ces deux lderniers jours. Quinze jours *de r6flexion
ont permits de mieux comprendre la signification du
discours prononc6 par M. Marshall A Harvard le 5 juin,
et de mieux ap'pr6cier les possibilitls qu'il offre pour
commencer la reconstruction et la pacificalion de l'Eu-
rope.
La situation du monde, et en particulier de 1'Europe,
cause aujourd'hui les plus grandes inqui6tudes. La
Grande-Bretagne n'est pas encore sor.ie d'une crise in-
dustrielle et 6conomique (consequence de la guerre et
d'autres causes ant6rieures) qui a s6rieusement affaibli
sa position dans les conferences internalionales. La
France doit encore r6tablir avec 6nergie et de facon
certain ses institutions politiques et sa position inter-
nationale. L'Union Sovi6tique en est encore au premier
stade d'un vaste programme de reconstruction qui doit
lui permettre de faire disparaitre les d6vastations ter-
ribles qu'e:le a subies du fail de l'invasion allemande.
Seuls les Etats-Unis, qui n'ont pas eu A subir les ra-
vages Oe la guerre et qui disposent de reserves immen-
ses, ont jusqu'ici 6chapp6 au malaise qui s'eyt r6pandu
chez leurs allies moins favorises. Les Etals-Unis conli-
nueront d'etre immens6ment riches et puissants. Mais
les observateurs les plus comp6tents, tant aux Etals-
Unis qu'ailleurs, ont adopt le point de vue suivant :
I'6co'nomie am6ricaine, bien que restant assez forte
pour pouvoir eviter hcureusement les difficulties imme-
diates des r6ajus'ements 6conomiqies qui ont assailli
d'autres pays, ne pourra probablement pas l6uder la
necessile d'un r6ajustement g6n6ral. Les problems
essentiels de la politique 6conomique americaine en
particulier la possibility de maintenir le pouvoir
d'achat A l'int6rieur A un niveau correspondent A la
production 6norme et croissante de l'in.dustrie am6ri-
caine doivent encore 6tre r6solus, et la facon don't
ils le seront aura de graves repercussions sur la posi-
tion de l'Am6rique et des autres pays dans le monde.
La declaration de M. Marshall montre que le gouver-
nement amiticain a conscience de ces problems et des
liens indissolubles qui unissent la prosp6ritW des Etats-


Unis et le bien-6tre de 1'Europe. C'est lI une occasion
qui s'offre A I'Europe. Les gouvernements anglais et
francais ont fail comprendre clairement qu'ils consi-
derent la proposition de M. Marshall comme une nou-
velle possibility pour reconstruire l'Europe, possibility
que I'Europe ne peul se permettre de n6gliger. C'est a
1Moscou maintenant de donner une r6ponse vitale. >

2. Daily W'orker (19/6, communisle)

<< Le d6bat de politique 6trangere qui doit s'ouvrir
aujourd'hui A la Chambre des Communes, sera in6vita-
blement consacr6 aux propositions d'aide A l'Europe
formul6es par M. Marshall.
Ce que le gouvernement britannique pense des propo-
sitions du Secr6taire d'Etat est clair. M. Bevin a d6-
clar6 qu'elles marquaient une date dans l'Histoire, et la
rapidii6 avec laquelle il s'est precipit6' en France pour
y preparer une r6ponse favorable n'aurait pas 6t6 plus
grande s'il avait joue un r6le qui lui eft 6te assign A
I'avance.
Mais la signification exaccle de ces propositions est
loin d'etre aussi 6vidente. En elles-mmes, elles repr6-
sentent une simple proposition pour metlre I'abon-
dance des resources de la production amnricaine au
service de ]a reconstruction europ6enne.
Si ces propositions 6taient inconditionnelles, il se-
rait impossible d'Alever contre elles la moindre objec-
lion. Telle 6tait pr6cis6ment la conception du r6le
d'apris-guerre des Etats-Unis, d'apres feu le Pr6sident
Roosevelt.
Tel est le r6le que M. Wa'lace demand aux Etats-
Unis de jouer. Mais existe-t-il une veritable raison qui
permette de supposed que I'offre de M. Marshall puisse
vwritablement 6tre interprt6ee de la sorte ?
Pourquoi la Commission economique des Nations
Unies pour i'Europe est-elle tenue A l1'cart ? Et la nou-
vl'e Commission 6conomique europ6enne qui doit Otre
cre6e par M. Bev'n et M. Bidault peut-elle effectuer des
enquites qui n'aient pas djh 616l faites par la Commis-
sion de l'O.N.U. ?
Fn fait, la mise A l'6cart des Nations Unies dans la
ioronosition Marshall est aussi nette qu'elle l'etait dans
le cas de l'aide demanded par le Pr6sident Truman
pour la GrAce e! la Turquie.
L'idee oue I'on cherche maintenant a r6pandre, et se-
lon laquell- M. Marshall a une conception diff6rente de
celle du Pr6sident Truman. est 6videmment absurde. Le
PrAsident n'est pas en d6saccord avec son secr6taire
d'Etat.
II esl exact qu'une nole commune rranco-britannique
a relev6 la suggestion de M. Marshall, selon laquelle il
sprait heureux que la Russie bhanficie de sa proposi-
tion. Mais les porte-parole de Washington ont &tA beau-
coun plus pr6cis, IA of M. Marshall est rest discr6te-
ment dans le vague.
Que I'Ouest aille de l'avant sans la Russie disent-ils.
Que la Ruhr devienne le chantier de l'Europe Et que
le dPvelopipement des industries nationals dans les au-
tres pays europbens soit refard.6 comme 6tant contraire
aux lois de 1'6conomie, afin que ces pays continuent-
d6pendre de la Ruhr.
Le plan Marshall n'implique pas que le capitalism
am6ricain ait brusquement d6cid6 de changer d'atti-
tude. La rage antiouvribre du Congr6s am6ricain est
surfisamment 6loquente en elle-mime pour rendre ah-
surde une telle idee. La doctrine Truman a simplement
revctu une nouvelle forme. >






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSED ISTRANGARE


c) LES QUESTIONS DE PROCEDURE ET LA PAIX (Times,
19/6):

4 La Commission aulrichienne va enfin commencer
ses travaux aujourd'hui. Nomm6e par la Conference de
a Moscou pour examiner les points litigieux d. traits
autr:chien que les ministries des Affaires 6trangeres
avaient 616 incapables de r6soudre, la Commission
s'ttait r6unie a Vienne il y a six semaines uniouement
pour tomber aussi 6t dans une impasse A .propos des
questions de procedure,
Les questions de procedure sont importantcs pour
chacune des quatre puissances reprssenttes A ]a com-
mission parce-qu'elles jouent un r61e inevitable sur
I'ordre dans lequel leurs diverse revendica:ioiis doi-
vent Otre pr6sent6es. 11 fault s'attendre, lors de I'Mlabo-
ra'ion du traits de paix, a ce que chaque .puissance
affirme ses droits avec beaucoup de soin et d'insistance.
Mais on court toujours le danger et c'est urn chose
qui nous est maintenant trop familiSre de voir les
discussions de proceduree d6eginrer insensibement en
dbbats stWriles oiu la question essentiel'e, c'esl-A-dire
l'elaboration de la paix se trouve oublids. Les Autri-
chiens o:n un besoin dtscsptr& de paix. Ils re peu-
vent avancer la reconstruction de leur pays tant que
les armies d'occupation ne seront pas retirees et que
l'Autriche n'aura pa.s retrouvA une lois de plus son uni-
te intBrieure. La reconstruction de I'Autriche est une
question d'intdert europ6en aussi bien qu'autrichien. Le
fait d3 s'a:tacher stricoement A la lettre des revendica-
tions allies irait A I'encon're mnme de ce qu'on cherche
par lA, si cette altitude devait entrainer un nouveau re-
tard dans la conclusion de la 'paix. >



II. IitLESSE AMEHICAINE


Reoue de la press amdricaine du 18 jtin 1947
1. Rencontre Bevin-Bidault
La conference qui a eu lieu hier entice MM. Bevin et Bidault
reqoit une tris large publicity dans la presse amrrica!ne qui
reproduit en premiere page les articles de ses cocre:pondants
I Paris. II s'en d6iage une impression d''optimismc et la
plupart des journaux notent dijit que M. Bevin et M. Bidault
sont tombs d'accord sur une procedure comportant uji nom-
bre limits de commissions places sous l'autoritd de o'O.N.U.
Callendder indique que les Britanniques auraient sugg6rd que
M. Myrbal, president de la Commission eeonomique de
]'O.N.U. pour I'Eu-ope, assume la residence de ces com-
missions. Tou:; les correspondents indiquent que, du c6tO
frangais autant que du c6td britannique, on est profondd-
ment ddsireux que la Rus'sie s'associe a ces discussions sur
l'aide amdricaine i 1'Europe. Ils notent que ddjh Londres et
Paris sont intervenus a Moscou pour connaitre la reaction
officielle russe aux projects americains ct ils relivent dans
la press parisicnne les passage soulignant *que P'opinion
publique franqaise desire 6viter une rupture entire ]'Est et
l'Ouest. Callender. dans le New York Times. remarque que.
les Britanniques, en proposant de faire singer les commis-
sions a Londres, ont donni6 'impression aux Frangais qu'ils
manquaient ide tact et qu'il s'agissait d'une organisation trop
occidental de l'aide A 1'Europe qui ne tient pas sm'fisam-
nent compete de J leur desir d'obtenir par la conci iation la
Cooperation de la Russie, disir don't, selon curtains, les.
U.S.A. n'ont pas fait assez de cas ,. Ce correspondent ajoute
que les milieux britanniques cependant a:;surent que M. Bevin
est aussi dksireux que les Frangais de preparer la voie a
une rdponse affirmative de la Russie qui pourrait, csp6re-
t-il, diminuer la tension actuellement elev6e entire Washing-
ton et Moscou. Les journa:istes americains de Paris comme
leurs colleagues des U.S.A. traitent la question de l'aide amd-


ricalne & 1'Europe en liaison 4troite avec cello ides rapports
russo-amdricains.
C'est ainsi que Callender ecrit que les Frangais. d6clarent
que 'off'e de M. Marshall, probablement, a fait avancer la
date A laquelle la Russie et i'Ouest seront obliges de mettre
Irs cartes sur la table. Jusqu'au discours du secr6taire d'Etat,
les Frangais avaient consider que cette date serait proba-
blement novembre prochain, quand le Conseil des ministres
des Affaires itrangdres se rbunira i Londres... Us sont main-
tenant convaincus que cette date viendra beaucoup plus tbt
par suite de la suggestion ambricaine d'aide a 1'Europe et
de l'initiative britannique de sender l'opinion frangaise et
rnsse ct mncioaemmnt des autrcs puissances an sujet de la
nrponse collective A faire aux U.S.A. Les Frangais dmettent
quelques doutes concernant les intentions rdelles des U.S.A.,
malgre le posteriptum ajout6 jeudi dernier par le gdn&eal
Marshall h son discourse. Certains soupgonnent que le but
en 6tait d'ouvrir la porte h la Rus'ie, porte que Washington
&tait certain qu'elle ne f-anchirait pas. Les Britanniques ont
aussi indiqud qu'ils voudraient recevoir d'autres delaircisse-
ments de Washington dde nature i faire disparaitre tout
doute sur ce point.
Par ailleurs, tous les correspondents reprennent certain
extraits du discours du Prdsident Auriol au banquet de la
press 6trangdre et en particular la phrase indiquant que
la proposition de M. Marshall a illuminait le chemin de la
paix r. Les correspondents politiques de Washington dis-
cutent les divers aspects du problmme de P'aide ambricaine
a l'Europe, ma's ils font surtout ressortir qu'il appartient
ddsormai, h la Russi e de pendre position et de dire si ellk
veut participer i la reconstruction europdenne. Sullivan,
journalist republican, ecrit a ce sujet qu'officiellement le
gouv.ernement amdr:cain prdvoit que la Russie coopdreca et
qu il df(sire sinedrenment qu'e le le fasse. Le gouvernement
amiricain est fermement determine i laisser la porte ouverte
A la cooperation russe... Mais souhaiter une chose ue signifie
pas qu'on s'nttend ) ce qu'elle se produise. Sullivan remarque
que, jusqu'alors, la Russie a falt preuve de mauvaise volontd
et qu'elle a poursuivi sans cesse une politique de < non
cooperation aggressive come le rappe:ait M. Aclheson dans
un recent discourse.
Owens, 'dans le Ballimote Sun, se demanded dans le mmme
esprit oh en c:;t la Russie ? et il ajoute qu'il est evident que
si la Russie pouvait ttce amenee i participer A une Europe
rdorganisde une occasion s'offrirait pour lui accorder une
assistance dconomique qui rdduirait ses inquietudes au sujet
des rdparation:o et Washington sait que les reparations sont
A la base de beaucoup des ennuis actuels. De plus, au mo-
ment oh les homes d'Etat eu'opecns commencent leIr tra-
vai', its recnontrcnt indvitablement la difficulty de dresser
un plan dconomique sans l'appui de la Rus:,ie, car il existed
des parties communists puissants dans les pays de l'Ouest
europden. On comprend pourquoi M. Marshall n'a pas exclu
la Russie de ses plans.
La presse reprend dg'alement le discours prononc6 par le
President Truman hier i Princetown dans lequel il a d6-
clard notamment : < Bien que nous apportions une g6nereuse
ct sincere contribution, aucune nation ne poss6de les moyens
de remett.'e le monde d'aplomb. C'est une tAche qui appar-
tient A toutes les nations ct qu'elles doivent accomplir en-
.emble. > La pre-sse souligne que le Prdsident a, par ailleurs.
prtconise que les U.S.A. demeurent forts, car, a-t-il ajoute
o notre faibles.os soul]verait des craintes parmi les nations
petites ou affaiblies que nous abandonnions notre r61e mon-
dial. I1 leur semblerait que nous n'avons pas la volontd de
tenir notre promesse d'aide aux nations libres et ind6pen-
dantes afin qu'elles maintiennent leurs libertos... Dans une
tell atmosphere d'incertitude, crs nations pourraient ne pas
6tre en measure de resister aux pressions totalitaires ,.
L'dditnrial du New Yoik Herald Tribune constate queo le
g6ndral Marshall n'exclut pas la Russie et il en ddduit que
si sa declaration entrainait que'ques 6chos A Moscou, elle
pourrait iamerer un changement dans les relations qui vent
en se d6dtriorant entire l'Am6rique et 1'Un'on Sovietique.
L'd'ilorial du New York Times s'en prend A un article de
Franc-Tireur qui avait laissd entendre que les U.S.A., en
proposant le plan Marshall, 6taient surtout iispirds par la
nocessit de proteger leurs int6rdts commerciaux A court






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 5


term plut6t que par leur ddsir d'atteindre des objectifs plus
fondamentaux. 11 semblo evidentt au journal Franc-Tireur
que le reel motif du gindral Marshall soit la crainte d'une
depression economique dans notre pays. Sa thdorie est que
nous commenqons a surproduire et que nous nous proposons
\maintenant de pr&ter a l'6tranger sur une grande Behelle
afin de trouver des marches pour nos surplus. I1 est certaine-
ment vrai que les U.S.A. ont besoin pour leur propre prospe-
ritY et leur security 'd'une Europe saine et prospere... Mais
Franc-Tireur et les autres observateurs europeeps qui par-
tagent son scepticisme devralent remarquer que nous pou-
vons pr6cisement assurer' notre prospprit6 chez nous avec
des ris(ues moindres et probablement moins d'ennuis avec le
CongrBs. L'une quelconque des formules differentes entral-
nant le gouvernement a d6pencer vingt milliards de dollars
chez nous nous donnerait tout autant de c prosperity :
que vingt milliards de dollars pretes h 1'Europe. Pour ce
journal, le probl&me est tout autre ; il n'est pas question
de chercher une fausse pcospirit pour l'Ambrique, mais
hien d'aider l'Europe a se reliever grAce A une reorganisation
du continent.
D'autres articles manifestent l'inquidtude des correspon-
dants americains ,devant ce qu'ils appellent < l'avance des
forces de destruction a en Europe. Sunderland, dans I'Eve-
ning Star, va jusqu'a dire que la situation est si grave, si
comparable a la gueere ouverte que le difaitisme, l'apathie
et le pessimisme ne peuvent pas plus 6tre tol6rds que si
la guerre etait sur le point d'dc'ater. Les Etats-Unis doivent
se porter au secours ,de 1'Europe. Ils doivent d6montrer qu'ils
n'ont aucune visde 'ur la Russie. Ils doivent clairement indi-
quer qu'on ne doit pas sousestimer leur volont6 ni leur force.

2. Grve maritime
Toute la press announce que l'Association des chemins de
fer am6ricains a deciCd' de mettre l'embargo sur les transports.
de tous les products destines a etre charges sur les bateaux
amniicains afin id'emptcher I'accumulation de wagons non
d&charges dans les ports ohi les graves arretent les navires.

3. Hungrie
La press reprend la laongue declaration que M. Nagy a
faite hier h Washington dans laquelle il a d6nonoe6 'attitude
de la Russie en Hongvie, ainsi que cel'e des communists
hongrois, disant notamment : < Le seul gouvernement 16gale-
ment 6lu ,dans 1'Europe du Sud-Est occupee par les Russes
est tumls victim de l'agression totalitaire > et sa decla-
ration se tcrmine par cette phrase : A Je suis le tuteur de
la cause die l Hongric jusqu'a c c que le peup'e hongrois
ait l'oecasion d'exprimer sa volonte par des elections libres
et d'appliquer ses propres decisions. ,

4. L'O. N. U.
Des' adep&ches de Lake Success annoncent que la France
mettra 900.000 dollars a la disposition du Fonds Internatio-
nal d'aide aux enfants. IUne, ddp&che A.P. declare que la
France ne pent mettre qu'une division d'infanterie i.la dis-
position de l'Organisme de Polict International envisage par
le Comit6 d'Etat-Major de I'O. N. U.

5. Armde amdricaine

De Washington, on annonce que le department de la
Guerre a fait imprimer un livret qui sera distribu6 aux
troupes amiericaines les mettant en garde contre les com-
munistes et disant notamment que les communists haissent
l'ar'me am6ricaine en particulier parce que la presence d'un
million d1hommes entraines qui ont consacr6 leaur vie A
idefendre la constitution des U. S. A. contre tout ennemi quel
qu'ix soit est la barribre In plus forte s'opposant a leur but
qui est de preudre le pouvoir.

6. Nouvelles de France

Les nouvelles consacrhes A la situation politiquc frangalsc
font apparaltre zes divergences ou sein du cabinet en ce
qui concern la politique Bconomique et financitre. Les


socialists, suivant une d6p&ches de WVarren an New York
Times, estimeraient qu'il e.t temps de changer le programme
financier du government si le parti doit conserver ses
chances dde success aux electionss muniqipales d'octobre. Cette
depeche se termine par cette phrase : < Tous les parties du
gouvernement sont opposes a la crise du cabinet. a 1'heure
actuelle oti de nouvelles graves et n6gociations menacent
d'acculer encore plus le gouvernement contre le mur ,. Une
dep&ehe du New York Herald Tribune sur le mtme sujet
announce que des measures draconiennes vont etre tent6es pour
sauver la France. Toute id6e de divaluee le franc ayant 6t6
rejetee par le porte-parole du gouvernement dans ses decla-
rations h la prasse.

a) LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE (New York Herald
Tribune, 18/6).

I1 arrive en de rares occasions, A des nauments cri-
tiques de 1'Histoire, qu'un grand homme d'Etat vienne
proposer une id6e g6niale dans sa simplicity, qui s'em-
pare de l'esprit des homumes et contribute A changer le
course des 6v6nements par sa force morale.
On a de bonnes raisons pour penser que l'id6e lance
A Harvard par le Secr6taire d'Etat Marshall il y a deux
semaines, rentre dans ce cadre.
M. Marshall a pris l'inidiative en demandant aux Eu-
ropeens de faire les premiers pas. Ses paroles ont
trouvo un echo beaucoup plus grand peut-Stre qu'il ne
s'y attendait.
Tous les rapports qui nous viennent d'Europe occi-
dentale soulignent la rapiditA avec laquelle on a saute
sur cette id6e. II devient de plus en plus evident chaque
jour que les Europeens attendaient inconsciemment
cette proposition. Ce n'est que lorsqu'elle leur a it6 faite
qu'ils se sont rendus compete qu'ils l'atlendaient. M. Be-
vin est arrive A Paris. Les Francais, en provision de sa
visit, avaient d6jA pr6par6 des propositions visant A
l'6tablis'sement de commissions techniques destinies A
mettre en application le ( plan Marshall b.
Ainsi l'id6e de M. Marshal, si elle prend v6ritable-
iment corps, pourrait conduire A un changement fonda-
mental dans la structure 6conomique de 1'Europe.
Au course des prochaines semaines et des prochiains
imois, les obstacles A surmonter pourront faire diminuer
1'enthousiasme primitif. Que dolt-on faire pour sauve-
garder le standard de vie dans les pays les plus fortu-
n6s? Comment ce plan peut-il s'appliquer A 1'Al'lema-
gne ? Ces questions et une douzaine d'autres r6clament
des r6ponses. Si l'Union Sovi6tique refusait son con-
cours, la ttche strait beaucoup plus difficile que si les
Russes pouvaient oublier leur m6fiance et participer a
la tentative commune. La premiere r6ponse exprim6e
dans la Pjravdi ne laiese gubre esp6rer qu'il en sera
-insi. N&anmoins, il faut leur laisser la porte ouverte et
s'il est necessaire de continue sans les Russes, cela
n'iimplique pas que nous agirons centre eux.
II serait tragique que M. Marshall soit un prophete
meconnu dans son propre pays. M. Marshall a parl6
avec ce que nous pensions 8tre la veritable voix ede
l'Amerique. Nous sommes stirs que les Americains prou-
veront qu'il en est ainsi. >


b) LA DEFENSE DE L'HEMISPHBRE OCCIDENTAL (New York
Herald Tribune, 19/6).

< L'effort tardif fait par le Gouvernement pour reve-
nir A une application constructive de la poliiique de
bon voisinage rencon!re do nouvelles difficulties. Le
Secrtaire d'Elat Marshall, en faisant disparaitre le
principal obstacle A la reprise de relations normales avec
l'Argentine a prepare le terrain pour la Conf6rence. si
longtemps ajournbe, de la' defense de 1'h6misphere occi-






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANGERE


dental. Dans cette atmosphere plus favorable, on espe-
rait que le Congrbs approuverait les measures deman-
d6es par le President et qui devaient permettre aux
r6publiques am6ricaines de standardiser tant leurs ar-
mements militaires et navals, que leurs m6thodcs d'en-
trainement ainsi que de faciliter par li leur collabora-
tion pour sauvegarder la paix dans l'h6misphere occi-
dental.
Cependant, le programme pr6sidentiel se heurte
maintenant a un grand nombre de critiques provenant
des sources les plus diverse.
Le trait propose pour la defense de l'hemisph6re est
autoris6 par P'article 52 de la Charte des Nations Unies.
Or la legislation preconisee par le Pr6sident porte sur
la conclusion souhaitable d'un tel trait. Voila qui per-
mettrait beaucoup plus facilement a chaque r6piblique
americaine particoulibre de jouer un r61e actif. si le
besoin d'une defense commune se faisail sentir.
Le principle fondament,', sur sequel devrait ;reposer
un trait pour la defense de l'h6nispliere occidental.
c'est que les vingt et une nations americaines adoptent
des plans de defense commune d'un comimun accord.
Conform6ment a une strategic commune, elles doivent
aussi s'entendre stir l.a porl6e el la nature de l'aide que
chaque r6publique devra apporter si la paix des An?-
riques .est mise en danger. Si un trail .de ce genre avail
pu etre applique et si les armements de l'hemisphere
occidental avaient et6 standardises au moment de Pearl
Harbour, ]a security de chaque Etat 'mericain, et en
particulier celle des Etats-Unis, aurait ete beaucoup
plus grande.
On critique le programme pr6sidentiel sous pr6texte
que le trait et la legislation propo-ses pousseraient A
tne course aux armements, augmen'eraient les rivaliths
inter-americaines, el renforceraient la puissance des
dictatures. De telles accusations ne resistent pas A l'ana-
lyse.
Si l'on ne n6gocie aucnn trait et si l'on n'adopte au-
cune measure, chaque r6publique am6ricaine augmen-
? tera ses armements dans la measuree oil elle le jugera bon.
Elle peut se procurer aisdment le materiel qu'el!e desire
auprbs de plusieurs sources europeennes. Par une ac-
tion unilaterale plut6t que par une collaboration, elle
6veillera les craintes et les soupcons de tous ses voi-
sins. C'est alors que la course aux armements commenp-
cerait.
En signant un trait de defense inter-americaine. les
r6publiques am6ricaines fixeraient en, common V'im-
portance des armements n6cessaires a chaque Etat
pour remplir ses obligations aux terms d'un arrange-
ment regional de cette sorte. Une entente enmp6cherait
les courses aux armements, et dissiperait les soupcons
de certain Etats am6ricains sur les intentions futures
de leurs voisins.
Le traiti pour la defense de l'hemisph6re occidental
et la 16gislation require pour sa conclusion renforce-
riient l'autorile des Nations Unies, supprimneraint un
armement excessif aussi bien que les courses aux arme-
ments au .sein des Am6riques ei contribueraient an
maintien -de la paix du nouveau monde.
Un dchec des tentatives pour conclude ce trait, et un
refus du Congrbs p:ur approuver la 16gislation neces-
saire pour rendre cc trait efficace, ne pourraient
(iu'alfaiblir le systlme inter-amnricain, et par I, favo-
riser la naissance de dissensions de plus en plus dange-
reuses a l'in'!rieur de l'h6misphrre occidental.

(SUMNER WVELLES.)


Il. PRESS SOVIETIQUE



Revue de la press sovidiiqiue des 16 et 17 juin 1947
Le lundi 16, seule la Praodoa parait ; le 17 tous les jour-
naux paraissent.

1. La lutIe pour la ddnzocra te dons le monde.
C'est cee th6me qui group la plupart des informations et
des commentaires. Deux questions en particulier retiennent
attention de la press :
a) La question de Hongrie : La Pravda du 16 public un
ensemble de t6legrammres sur la Hongrie, parmi lesquels on
relve on tdl0gramme Tass de Budapest A propose de
l'echange des lettres Weams-Sviridov (la lettre du repr6sen-
tant des U.S.A. est rdsumCnc avec plusieurs citations, cell
du gdndral Sviridov est cite integralemcnt), un teltgramme
risumant I'interview du Secrdtaire Gdenral du Parli des
Petits Propridtaires, un tdlegTamme de Paris retransmettent
la declaration de Sn Kasiz au ropresentant de 1'Agence
Frangaisc de. Presse A propos de l'attitude du gouverne-
ment frangais dans la crise hongroise. Les journaux du 17
consacrent deux t6legrainmes aux poursuitcs engages dans
I'affaire Nagy Ferenc et iKokacs Belan et h l'arrivee de Nagy
Ferene a New- ork. Enfin, tandis que dans Moakovssky Bol-
chevik, Liadov consacre un article au,' enforcement de la
ddmocratie hongroise >, Leontiev intitule la premiere par-
tie de sa chronique international de la Pratlda e les hypo-
clites anglais et les affaires hongroises > (voir cet article
plus loin).
b) La question grecque. Dans la Privda du 17, divers teld-
grammes concernent la Grkce. On relieve une ddpeche Tass
de Belgrade sur le raid d'avions grecs on territoire yougo-
slave, ainsi qu'une ddp&che Tass de Paris sur la politique
des U. S. A. en Grace et sur les bruits de manoeuvres anid-
ri'aines pour crder un government du centre ddmocrati-
(que. Trond publi.e une lettre sur les exactions des monar-
chistes grecs centre les femmes ct les infants, adressde au
Commit des femmes antifascistes par I'intermidiaire du Cu
ni ti frangais d'aide a la Grace.
c) 11 imported 6galement de reliever les telegrammes et les
coinientaires suivants : resume de la note du gouvernp-
Inent polonais sur l'afffaire Rackievicz ; proces des orga.-
nisa'eurs ie dep6ts d'armes finlandais; til6gramme de Rome
sur le double jeu des ddmocrates clihr~iens ; la terreur hol-
landaise aux Cdlhbes ; la session du Comit6 Ex6cutif de la
Ftdddation mondiale de la Jeunesse democratique. La
Prialda du 17 public un long compete rendu de 1'interven-
tion du representant des Syndicats de la Corde du Nord.
Dans 1'Etoile ROuge, c'est 6galement sur la Corie du Nord
Iqie Vizgiline public un article dans lequel il s'dlAve contre
les calomnies des agencies d'information 6trangeres en par
ticulier contre les centaines d'informations de I'Agence
France-Presse.

2. -- La polilique des Elats-Unis.
Les informations et lcs* commentaires qui la conllteneni
sout nettement situds an deuxidme plan. On releve tquelqua.
dldgrammnes ou, nouvelles brAves : la reaction americaii,-
esl inquiite du succ s de Wallace ; la doctrine de Truman
et I'Espagne franquiste ; In liberation de Schaclt par l.-s
autoritts americaines ; la destruction de products alimen-
taires aux i. S. A

3. Nouvolfes diverse
No)I. relevons d'abord dcux grou'pes de niouvelles : tous
les journaux publient le ddmenti du ministbre des Affaires
Etrangeres dle la R tdj;ibFqu'i, Populaire itd Mongolie sur Irs
nouvelles publidcs par 'agenice chinoihe (enlral ,Ne's rt
donnent la version exacle des dvdneinents. Los journaux do
17 annoncent la publication par le journal Doulan Bator
d'un autre ddmenti concernant la livraisorn de materiel de
guerre aux communists chinois par la Mongolfe qui avait
ete announce par divers journaux chinois. Une ddepche du
correspondent de la Prauda A Shanghai intitjlee .e les cou-
lisses de l'incident sur le territoire dce la R6publique Popu-


_11___1








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGPRE Y


laire de Mongolie ,,, signal le rble des consuls americains
de Sin Tsian et Douroumchi dans la preparation de cet
incident. Divers telegrammes concernent les travaux de
1'O. N. U. on les incidences de ces travaux : travaux de la
dep&che Tass' de Belgrade donne des informations sur les
conversations concernant la creation d'un gouvernenment pro-
visoire de Trieste. On relive au second plan un tel6gramme
ce Vienne sur ]'incident sovieto-suedois en Antriche, deux
tdlegrammes de Varsovie sur le meeting en l'honneur du
plenum du Comnit6 slave, l'arrivee i Moseou des ministers
roumains de l'Indu'stril et du Commerce et de 1'Agricul-
ture, l'arriv6e de M. Myrdale, Secrdtaire de la Commission
Economique pour 1'Europe, une longue depeche Tass de Kiev
sur la question de la suppression de la mission de 1'U.N.
R.R.A. en Ukraine. Cette depeche reproduit i'interview du,
correspondent de Tass avec le chef de la mission de I'U.N.
R.R.A. en Uklraine d'une part et avec le chef de la Direc-
tion du Conseil des Ministres de I'Ukraine cliarg6e des li-
vraisons de I'U.N.R.R.A. Le premier se content de faire le
point des livraisons en course et d'assurer que tou'tes les
livraisons seront faites avant le 30 juin. Le second insisted
sur les ddfauts d'une parties du materiel et formule 'es-
poir que toutes les measures seront prises par les autoritPs
am6ricaines pour assurer la totality des livraisons.

LA GRANDE-BRETAGNE ET LA CRISE HONGROISE (Praudca,
17/6).

< Si strange que cela soit le gouvernement anglais a
trouve la p6riode actuelle propice pour intervenir dans
les affairs interieures de la Hongrie. Cette question a
servi de thmme aux debats du Parlemnent anglais. Avec
I'entiere approbation et le soutien effectif de l'opposi-
tion conservatrice les membres du gouvernement tra-
vailiiste ont proclam6 leur solidarity avec les explica-
tions des 6v6nements de Hongrie qui sont Ldonn6s par
les membres du complot anti-gouvernemental qui ont
fui la Hongrie. On a liu a la Chambre des Lords, la lettre
de Nagy Ferenc, conspirateur av6r6. Prenant la parole
au nom du Gouvernement, Lord Pakenham, avec une
prLcipitation extraordinaire, a r6p6t6 les paroles du
Premier Hongrois en fuite qui cherche en vain h justi-
fier sa trahison contre la Republique par de's accusa-
tions calomniatrices contre la d6mocratie hongroise. A
la iChambre des Communes, M. Eden, avec le soutien
du minisire d'Etat Mac Neil, a parl6 du ( mepris des
engagements > et de la a violation > par l'Unioa Sovie-
tique des conditions de I'Armistice avec la Hongrie. Les
d6bats au Parlement anglais ont eu lieu ap'res que I'am-
bassadeur d'Angleterre a Moscou, sur l'ordre de son
Gouvernement, ait tent1 de presenter au ministry des
Affaires 6trangLres de l'U. R. S. S., M. Moloiov, les 6vB-
nements de Hongrie comme le risultat de ( m6thodes
dolourfieos a soi-disant appliquLes par les ,autorit6s
sovietiques d'occupation. II fut expliqui a l'ambassa-
deur britannique que les m.thodes attributes par I'am-
bassadeur aux organisms sovi6tiq'ues en Hongrie
etaient peut-Ltre naturelles aux organisms britapni-
ques, mais qu'elles 6taient parfaitement etrangbres aux
organismes sovi6tiques. ll vaudrait mieux que I'anclen
ministry des Affaires etrangeres d'Angleterre, M. Eden,
qui souffle leur altitude aux ministres actuels du gou-
vernement anglais, se souvienne de l'existence des enga-
gements reciproques des Allies. Nous ne contestons pas
que les hommes d'Etat anglais ont acquis une certain
experience de l'intervention dans les affairs intlrieures
des aulres Etats. On sait aussi que leur inclination pour


de telies interventions n'a pas disparu depuis la fin de
la deuxibme guerre mondiale. Mais on ne pent pas ne
pas s'6tonner de la hardiesse, pour employer une ex-
pression adoucie, que l'on a d6ploy6e, pour tenter d'at-
tribuer au gouvernement sovi6tique son propre pen-
chant A intervenir dans les affaires des autres.
(LEONTIEV.)


IV. PRESS POLONAISE


LES RELATIONS FRANCO-POLONAISES (Polska Zbrofna, ar-
mne, 18/6).
e Si I'on en juge par la declaration faite par le nou-
vel ambassadeur de Pologne en France, M. Georges Pu-
trament, aprrs la remise de ses lettres de cr6ance au
president de la R6publique frangaise, les sentiments
des Polonais et des Francais h l'6gard des Allemands
seraient aujourd'hui A peu prbs identiques. Les nonm-
breuses conferences internationales qui se sont succ&-
does dernibrement ont d6montr6 au surplus que les
deux pays avaient pleinement conscience du lien de
solidarity existant entire notre frontibre de l'Oder et de
la Neisse *et la s6curite de la France. L'actuelle situa-
tion international permit d'escompter un d6veloppe-
ment aussi favorable que possible de l'amiti6 et de la
collaboration franco-polonaise.
On commettrait, touiefois, une errcur, si l'on pensait
que cette amiti6 est base uniquement sur une mefiance
commune vis-A-vis de l'Allelmagne. Elle trouve, en effet,
une confirmation dans saints autres domaines, tPmoin,
par example, la r6cenle convention culturelle polono-
francaise et l'inauguration subs6quente de 1'Institut
francais a Varsovie et A Cracovie, qui veillera A entrete-
nir et ha largir sur le p:an de la culture les relations
traditionnelles entire les deux pays. >


V. PRESS SUISSE


LA SITUATION EN ITALIE (Jo1inina de Gen~ve, 19/6).
< Le qualriLme cabinet de Gasperi ne parait, a tout
prendre, guire plus solid que le troisimme, avec cette
difference essentielle qu'il beneficie de l'appui des
Etats-Unis, ce 'qui rend sa position moins pr6caire. Ce
gouvernement, que M. de Gasperi a qualifi6 justement
un gouvernement de .crise, se mai.ntiendra vraisembla-
blement jusqu'au moment des elections qui ont et6
fixes au debut de 1'annee prochaine, la Constituante
ayant et6 prorogbe j)usqu'au 31 d6cem~bre 1947. Si M. de
Gasperi reussit a ambliorer la situation interieure -de
l'Itaiie pendant ce temps-1A, il augmentera consid.6ra-
blement les .chances de 'son part aux elections g6nr-
rales. S'il Cehoue, les parties de gauche en tireront avan-
tage. C'est pourquoi ces prochains mois seront d&ci-
sifs pour l'Italie. Selon les circonstances, le cabinet de
Gasperi pourra etre le premier gouvernement italien
sans communists, de mime qu'il pourra etre le dernier
gouvernement sans ceux-ci. >
(S. STELLING-MICHAUD.)


S.P.I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009




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