Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: June 19, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00117
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANQAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentalion
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8,)


LA DOCUMENTATION FRANC-AISEI


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATIDN
ET DE PRESSED


BULLETIN


DE


19 juin 1947.


PRESS


QUOTI



ETRA


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) L'entrevue Bevin-Bidaul :


1. paily
2. Daily
3. News


Telegraph (18/6) ;
Mail (18/6) ;
Chronicle (18/6).


b) L'unit6 de l'Allemagne (Times. 18/6).
II. PRESS AMERICAINE.
La reconstruction de l'Europe:
1. New York Herald Tribune (17/6)
2. Christian Science Monitor (16/6)
3. New York Times (16/6).
III. PRESS SUISSE.
Le plan Marshall :
1. Journal de' Genve (18/6) ;
2. Tribune de Genve (17/6).


I. PRESS BRITANNIQUtE


Revue de la press britcnnique du 18 jui
Les manchcttcs de ce matin sont pour la pl
cr6es aux differentes mcsures envisages par M.
encourager la production et l'exportation des
glaises et pour reduire Ic prix d'achat de cert
managers.
La chronique exterieure est ce matin dom
visit de M. Bevin h Paris.
Sauf quelques articles sur la France dans
Mapchester Guardian, lc Daily Teleyraph, les
tions de politique ext6rieure occupent une place
. Tdre.
1 Pian Marshall. Conversatlons franco-
Tous les journaux annoncent 1'arrivde .h Paris
et de ses collaboratcurs ct reproduisent les pa
pronounces a sa descent d'avion.
Le correspondent parisicn du Times souligne
vernement frangais n'a pas encore rccu de
Moscol.
Cependant, le correspondent diplomatique .de
tout en faisant etat, lui aussi, du silence rus
comme significatif le fait que les commentateur
continent A s'interesser vivcment a la commit
mique de 1'O.N.U. Repoussant l'id6e d'une Coni
peenne, ils estimeraient que cet oiganisme se
i dresser les grandes lignes du plan de reconstr


peenne. En attefidant la decision russe, les points de vue
francais et britannique scraient, scion cc correspondent, que
des entretiens directs permettront de fire des progr6s plus
rapidea
D'autre part, les pays de 1'Europc orientale exprimeraient
1'espoir que l'attitude sovidtique no lcur interdira pas de
hbncficier de l'aide am6ricaine.
Le correspondent parisicn du Manchester Guardian an-
nonce Quc M. Bevin a pris connaissance du memorandum
trangais rddig6 vraisemblablement selon les principles expo-
ses recemment par MA. Alphand. On a tout lieu de penser
que les conversations vout so poursuivre sans d6lai entire
les pays d'Europe occidental. Gcux-ci ont des besoins com-
plementaires et leur point de vue peut etre connu, sans perte
de temps,rniais on evitera pourtant, souligne-t-il, que ces
conversations puissent fire croire i la creation d'un bloc
occidental.
l.e Daily Telegraph souligne que la France est d6cidde A
aller do I'avant. mime si la reponse soviiliquc est negative.
Les besoins de la France sont si pressants qu''un refus de
l'aide americaine, tel qu'il est dcmandi par les communists
frangais, strait tr s impopulaire dans l'ensemble du pays.
II estime toutefois qu'un des soucis essential du Quai
d'Orsay est d'dviter une rupture, avec la Russie.
Le correspondent du Daily Mail croit savoir que MM. Bi-
dault et Bevin veulent trouver une formula rapid qui
impressionnera les Etats-Unis. (Voir cet article plus loin.)
Le correspondent du News Chronicrl fait 6tat de la satio-
faction de M. Bevin apris les premiers entrctiens avec les
dirigeants francais.
n 1947
Enfin, le Daily Worker affirme que le gouvernenment fran-
upart consa- Iais aurait dit obliged de fair bon, accueil an plan Marshall.
Dalton pour
voiturcs an- 2. France
tains articles
Le correspondent du Times i Paris 6crit au sujet des me-
linep par la sures financieres envisages par M. Schuman : a Avec, d'une
part, M. Schuman professant des idees orthodoxes et les
le Times. 'e autrcs ministers socialists, toujours souoieux de leur pres-
au'tres qucs_ tige aupres de la classes ouvriere, il n'est pas surprenant que
cc de second les deliberations soient longues et difficiles. a
Le correspondent du Manchester Guardian fait etat de
-britanniques l'opposition de certain ministres socialists aux measures
prevues par le ministry des Finances.
de M. Bevin
roles iu'il a 3.-. Allenuagne
que le gou- Le correspondent du Times a Berlin fait etat des vives
r6pons, de attaques menees par la press commusniste contre l'adminis-
tration allibe en Europe occidental.
Sce journal,
se, consld6re 4. Inde
s sovi6tiques
mission econo- L'opinion indienne, d'apres le correspondent du Times &
f6rence euro- New-Delhi, s'inqui6terait du sort des Etats princiers, sur-
erait habilite tout aprbs quo pertains Etats aient annonc6 leur volonte
ruction euro- d'independance.


Nouvelle S6rie N 696


__







BULLETIN QUOTIDIEN DR PRESSED ATRANGARE


5. -- Indonwlsie

Uu long article du Manchester Guardian fail Rtat des
relations hollando-indon6siennes. Ces relations seraient arri-
vees maintenant h aun stade trbs critique.

6. Voyage de Mine Peron

Le voyage de lmine Peron en Europe serait suivi avcc
beaucoup d'intcrat par les groupements fascistes rde six
grands pays, 6crit Derek Karfoun dann ~e Dailfy Worker. La
reception que la Chambre des Lords a I'intention de lui
accorder lors de son passage en GrantT-Bretagne constitue-
rait pour les fascistes un triomphp diplomatique tie pro-
miere importance.

a) L'ENTREVUE BEVIN-BIDAULT.
1. Daily Telegriph (18/6, conservateur) :
<< Les entretiens de M. Bevin avec le gouvernement
francais A Paris peuvent ttre brefs, mais ils seront sfi-
rement important. L'6venement qui a rendu ces entre-
tiens n6cessaires, c'est l'invitation dirccte faile h 1'Eu-
rope par le Secretaire d'Etat ambricain d'Claborer un
programme de reconstruction que les Etats-Unis puis-
sent appuyer. En un certain sens, la declaration de
M. Marshall resemble de bien pris A une offre pour
fair revivre une sorte de prit-bail pour soutenir une
luite commune centre un ennemi commun, qui n'est
plus represented par des armies sur le pied de guerre,
mais par des conditions 6conomiques d6sesperes. Le
but cherch6 est d'empecher le commerce international
de s'effondrer et de lui permettre de revivre dans de
honnes conditions.
11 est vraiment dommage que la signification exacte
de ce plan ait e6t dissimule et d6lormee par le fait
qu'on a voulu le rapprocher du conflict politique qui
oppose la Russie et ses satellites, d'une part, et Ic reste
du monde, d'autre part. La Russie et ses satellites ont
au moins autant besoin que les autres d'6tre aids dans
leur reconstruction, et il vaudrait vraiment la peine
qu'ils recherchent, come ]es gouvernements anglais et
frangais demandent A Moscou de le faire, ce que re-
presente exactement I'offre de M. Marshall.
Les commentaires soupconneux et malveillan's de la
Prauda peuvent faire craindre que cet espoir d une re-
ponse commune de l'Europe (A la fois oriental et occi-
dentale) soit vain. S'il en est ainsi, PEurope ,rciden-
tale doit neanmoins donner une rfiponse commune. >

2. Daily Mail (18/6, conservateur) :
< Au course de sa visit de 36 heures. M. Bevin ne
peut guere faire plus que je:er avec M. Bidault lus bases
d'in plan. Mais les Francais, tout come les Brilanni-
ques, sentent qu'il est necessaire d'agir rapidenient. Et
its recherchent une formule simple et directed. et qui
donne l'impression aux Americains d'etre une proposi-
tion s6rieuse.
Du c6te europ6en, ]a principal difficult reside dans
I'attitude de la Russie et de ses < satellites >. L'espoir
d'une cooperation veritable de la part de Moscon a bien
diminue maintenant.
Le problem consiste A d6finir un plan d'action pour
l'Europe occidentale, au cas ofi la Russie refuserait sa
participation. Un plan provisoire apparait d6ja. On
semble generalement d'accord pour dire que la reunion
d'une conference paneurop6enne ne serait pas une
bonne m6thode, car ses travaux seraient naturcllement
trop lents.' On se declare en general favorables a la
creation de plusieurs Commissions qui s'oc.cuperaient
chacune d'une parties dislincte du probl6me.


Les v6ritables consultations commenceront demain ia
Paris. 11 est pen probable que ]'on parvienne des rp-
sultats concre;s. La Grande-Bretagne et la France ne
repr6sentent que deux des nombreux pays d'Europe, et
elles ne peuvent adopter A elles seules un plan d6finitif
a presenter aux Etats-Unis.
Mais on peut esperer que M. Bevin rentrera h Lon-
dres avec un plan de champagne franco-britannique, et
le redressement de 1'Europe aura du moins ainsi recu
une premnire impulsion. >
(ALEXANDER CLIFFORD.)
3. News Chronicle (18/6, liberal) :
< Aujourd'hui, A Paris, la premiere r6ponse euro-
p6enne A l'appel de M. Marshall commencera i pren-
dre lorme. Ii est encore trop iLt pour prevoir ce que
sera le plan d'action des pays qui oat immediatement
approve les propositions am6ricaines.
Mais il est evident qu'une Commission international
queiconque sera bient6t cr6ee. Elle aura deux tiches
principales h accomptir. La premiere sera d'6tablir une
liste des besoins essentiels de 1'Europe pendant les pro-
chaines annees. La second, qui cst compi6meutaire,
sera de decider dans quelle measure les pays partici-
pants peuvent satisfaire a ces besoins, en mettant en
common leurs propres resources.
Voici ofi reside le dilemme imm6diat. D'une part, il
imported qu'on se mette au travail sans dl6ai. Si l'on
veut qu'un plan d'action soit dlabore et examine sous
tous ses aspec.s avant la conference de novembre des
ministres des Affaires 6trangeres, il n'y a pas de temps
a perdre.
D'autre part, les premieres reactions de la Russie ne
sont pas du tout encouragcantes. L'editorial de la
Praoda, qui a condamnn6 les propositions de M. Mar-
shall, ne represente peut-eire pus le dernier mot des
communists, mais de route evidence il sera difficile de
s'assurer la cooperation immediate de l'Europe orien-
tale.
La tAche des d6l6gues qui se rencontrent aujourd'hui
A Paris sera dilficite, car elle consist i concilier la
n6cessit6 d'agir rapidement et la necessity de laisser a
1'Europe oriental la p,,sibilile de cooperer, et cela
aussi longlemps que possible. >

b) L'UNvIr DE L'AILEMAGNE (Times, 18/6)
< Les autori:ls sovietiques en Allemagne ont fait con-
naitre leur intention de renforcer, par la cr6alion d'un
Conseil economique central, le m6canisme de la coordi-
nation administrative dans leur zone, dans le but d'aug-
menter le rendement de l'industrie et de l'agriculture.
Notre correspondent de Berlin rapporte que les com-
men.aires parus dans la press sous control sovie6ique
ont salu6 cetie modification comme une tape decisive
vers l'unification, conform6ment h la politique sur
laquelle on s'6tait mis d'accord au Conseil des Minis-
tres des Affaires 6trang6res. C'est dans ce sens que ce
changement sera jug6 en Angleterre. Repr6sente-t-il, en
fait, une measure visant a l'unification de I'Allemagne,
ou implique-t-il plul6t une separation plus profonde
avec la sphere russe ? II est evident qu'il faut consid6-
rer 1'6volution de la politique dans la zone sovi6tique
en function de I'ensemble de la situation international.
Si celte r6organisaiion, qui vient A un moment ofi les
Anglais essaient d'6eablir l'organisation de I'industrie
allemande de 1'acier sur des bases rationnelles, est en-
treprise pour assurer un redressement veritable et d6-
mocratique de l'Allemagne tel qu'il 6tait envisage par
tous les grands accords internadionaux que les puis-
sances occupants ont signs au course de ces dernieres








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGORE S


ann6es, elle constituera un pas en avant qui sera
accueilli avec enthousiasme. Mais ce qu'il imported avant
tout de con.naitre, c'est ce qui se passer en fait ,- et
non pas seulement en Allemagne, ofi, A I'heure actuelle,
seuls des palliatifs sont possibles. Le redressement de
toute 1'Europe depend de la measure dans laquelle les
puissances se montreront disposes a collaborer a la
tfche de reconstruction. C'est du moins ce qu'a fait
ressortir l'offre de M. Marshall, et la r6ponse russe a
l'offre ambricaine de cooperation peut 6tre decisive. >



II. PRESS AMERICAINE


Reoue de la presase amdricaine du 17 juin 1947

1. L'aide amiericaine & T'Europe

De nombreuses informations paras.sent encore aujourd'hui
au sujet de l'aide amiricaine A 1'Europe. Les declarations
faites & Paris par M. Alphand sont mises en relief dans les
titres de premiere page et des journaux annoncent que la
France a propose un plan destined i acceldrer les n6gocia_
tions de cette aide amEricaine A 'l'Europe. < La France pro-
pose que des comitis preparent l'aide a l'Europe >, 6crit en
manchette le New York Times.
Les dipeches des correspondants de Paris tiennent g6nd-
ralement deux colonnes. Elles soulignent l'urgence id'arriver
a un accord pratique pour mettre en oeuvre 1'aide qui
nourra venir de Washington. Elles mettent &galement en
valeur le fait que M. Bevin aura des conversations aujour-
d'hui A Paris a ce suiet.
Une depdche de Whitcomb an Baltimore Sun reprend I'ar-
ticle de Courtade dans I'Humanitd, ainsi que 1'dditorial du
Monde, et -ajoute que la majority de l'opinion frangaise
suit la m&me line que le gouvernement t cherche a s'en
tenir an cat. pratique et I bliminer les questions politiques
des discussions du plan Marshall.
Toutes ces correspondanccs de Paris notent en passant
Trn la France a demand au gouvernement sovi6tique ce
qu'il pensait .de la suggestion faite par le g6ndral Marshall.
La plupart des journaux rbproduisent Particle de la Pravda
denoncant le plan Marshall comme un camouflage de la
doctrine Truman.
.Un editorial di- journal lilbral P. M. fait, au contraire,
ressortir les differences oui existent entire la doctrine Tru-
man et la doctrine Marshall. Pour ce journal, lhA doctrine
Marshall est purement &conomique : elle ne propose aucune
aide mi'itaire aux gouvernements. anticommunistes et. con-
trairement A la doctrine Truman. elle admet la parficina-
tion de la Russie .et de ses satellites a une r6organisation
economnlue europeenne. L'edilorialiste de P.M.. qui avait
critique fortement la doctrine de M. Truman, voit, au con-
trmire. de nombreux advantages a ce qu'il appelle la doctrine
Marshall. 11 met en garde les reactionnaires americains con_
tre les illusions qu'ils peuvent se fire de la situation euro-
ptenne. distant notamnment que l'Eurnope ne peut plus choisir
1c canitalisme. Le veritable choix I fair est entire le socin-
lisme sons des controles po'itonues d6mocratiques et le
socialism sous des contr6les totalitaires. Recc.struire I'do-
nomie europ&enne sera suffisamment difficile meme si l'on
s'en ltint aux conceptions europdennes sans cru'on y ajonte
le fnrdeau sunAnlmentaire oui consisterait & chercher A fair
de I'Europe l'image de l 1'association national des indus-
triels : cette association americaine reprdsentant pour les
lihdraux americains un organism ranctionnaire typique.
La press reproduit. par ailleurs, des extraits dn discourse
prononed par *Ir candidat rnnublicain h la Presidence,
M. Stassen, a Warthmore. au course duquel il a prdeonise une
alrle amr'catne important h l'Europe, soulignant qu'une
des conditions premieres h remplir etait J'accroitre la pro-
duction du carbon de la Ruhr. ElPe indiaue .6alement que
M. Marshall s'est entretenu hier avec le Prisident Truman
de la situation economique europdenne et de l'alde que lea
U. S. A. peuvent y apporter.


I)ans son article d'auiourd'hui, Lippman rAfute, on partle,
les arguments ide M. Hoover pour une politique d'aide amA-
ricaine limited. II s'attache A montrer que le coat, pour
I'Amnrique, de la reconstruction .europdenne sera certaine-
ment inf6rieur a ce que pourrait lui cohter un conflict avec la
liussie, et il demand que la discussion de cctte aide se
fasse sur une~ base pratique et non suivant des g6enralites
qui ne peuvent que jeter la confusion et retarder la solution
dn problsme 'de la reconstruction europBenne.
Stone, dans P. M., et le secr6taire de la e Socidtd pour
cimpcher la troisi6bne guerre mondlale s'616vent tous
deux, dans le Washington Post, centre l'argumentation de
M. Hoover qui voulait montrer que la France, en relevant
le carbon de la Ruhr, ne fournissait pas de devises neces.
ialres au ravitaillement allemand. Stone remarque que
M. loover devrait savoir que la France paie oe carbon
en dollars et que ces dollars servant i pajer ces Importa-
tions allemandes. Le secretaire de la i Soci6et pour empb-
elcer la troisieme guerre mondiale > ecrit que le people
ambricain devrait connaitre les faits reels que M. Hoover
n choisi d'ignorer : outre le fait que la France ne regoit pas
de reparations de la Ruhr, elle doit payer en dollars et en
or la petite quantity de carbon qu'elle regoit de l'Allemagne.
I1 ajoute que cos dollars sont employes par le gouverne-
Inent militaire amdricain pour l'achat du ravitaillement
lnporte en Allenagne et cela contrairement aux allegations
Hoover.
'Un 6ditori'al du New York Herald Tribune appuie la pro-
position Hoover de reunir un comitb bi-partite pour traiter
les questions d'aide 6conomique a l'Europe. (Voir cet article
plus loin.)
Un editorial du New York Times constate que M. Bevin
et M. Bidault auront, dbs aujourd'hui, A s'attaquer h deux
prollinmes : celui de la Russie et celui de l'Allemagne. II
nole que la France et la Grande-B.etagne cherchent A obtenir
i'appui de la Russie et, si cet appui ne vient pas, alors, dit-il,
la France et la Grande.Bretague devrout d6cider si elles
desirent contfnuer h discuter ce plan qui devrait conduire Ai
ine reconstruction Aconomique des Etats europeens sans la
Rtussie on & continue A attendre la Russie au risque d'un
ecroulemcnt financier >. Quant au probl6me allemand, cet
dtitorialiste estime que la reconstruction de l'Europe depen-
dra de la reconstruction de l'Allcmagne et qu'il appartient
ih la Grande-Bretagne et i la France, ninsi qu'h l'Aminrique
de se decider a traiter le probl&me allemand d'une fagon
r6aliste au lieu de chercher I imposer des solutions natio-
unles aspar6es on doctrinaires.
Les ,ditoriaux des journaux Scripps-Howard, constatant
le progres de l'influence russe en Europe, adoptent une atti-
tude p'us agre:sive h 1'dgard de 1'Europe : < Tant que nous
ne diroas pas au monde, comme la Russie le fait, que ceux
(lui ne sont pas avec n.ous sont centre nous, nous perdrous
du terrain au profit des Russes. a M. Hoover a exprim6 ceila
d'une autre fagon quand il a dit que nous devons concen-
trer nos resources pour venir en aide aux zones oiI la civi-
lisation occidental peut etre pr6serv6e.

2. Veto dul Prisident Truman

Toute la presse reprend la declaration faite par le Prd-
sident Truman a l'occasion de l'imposition de son veto ft
la loi de finance votee par le Congres. Le Prdsident se refuse
a accepter les reductions d'imp6ts que cherchait i lui impo-
ser le Congres. Aux derni6res nouvelles, on apprendt que la
Chambre n'a pas rdussi h renverser ce veto.

3. La greue maritime
La press continue it acoorder une place important aux
nouvelles relatives A la gr6ve des marines qui immobilise
la grande majority de la flotte de commerce amnricaine.
Elle rapporte que les chances d'un accord entire les deux
orincipaux syndicate et les companies de navigation pa-
raissent encore tr6s eloigndes.

4. Taxe L l'importation de la line

La press announce que la Chambre, malgr6 l'opposition
du gouvernement, a vote une loi autorisant une augmenta-







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


tion ides tarifs sur 1'importation de la laine qui, aux dires
des experts, interdirait 1'entrde ,de cinquante pour cent des
importations iormales de line. Cette measure a 6et denoncee
au Congress comme un isolationnisme economique renaissant
des U. S.A. qui menace de torpiller compl6temcnt 'la Confe-
rence commercial de Genbve. Le Sdnat n'a pas vote encore
cette loi.
8. Grace
Des ddpeches d'Ath6nes annoncent que le cabinet grec
a accept les propositions am6ricaines relatives an contBrle
des dkpenses prevues au programme d'aide qui totalise trois
Scents millions de dollars.

6. Hojigrte

La press announce en premiere page qu'une reunion du
parti de la liberty de Sulyok a 6td attaqu6e par un group
de communists. apres que ceux-ci eurent interrompu la
reunion aux cris de e Viv.e Rakosi >> et Vive Staline ,.

1. -- Discours de M. Wallace

La press reprend le disoours que M. Wallace a prononce
hier A Washington, A la fin d'un voyage i travers les U. S. A.
au cours duquel il a d6fendu ses iddes dans ides reunions,
groupant surtout les di1.ments lib6raux du parti d6mocrate.
A cette occasion, la press note que l'ancien vice-pr6sident
a propose une reunion Truman-Staline h Berlin dans le
but de regler les diff6rends americano-sovidtiques et qu'il
a nenae6 les deux grands parties americains de la formation
d'un tiers parti, s'ils ne changeaient pas leur politique
6trangere bipartite.
8. Nouvelles de Franhe

Une dp&6che de Campbell au New York Times declare que
les U.S.A. ont faith pression sur les Franqais pour qu'ils
prennent des measures en vue de terminer leur conflict avec
le Vict-Nam en Indochine. < Nous apprenons de source auto_
rise que la suggestion amdricaine a manifesto le desir que
le conflict ne soit pas prolong en Indochine, 1'un des points
les plus stratigiques de I'Extreme-Orient. Gctte suggestion
laisse entendre que les troubles pourraient s'6tendrc au
dehors ,de 1'Indochine .
Des dp6eches addresses au New York Heruald Tribune sou-
lignent que les groups anarchistes cherchcnt h contr6lsr
la C.G.T. et que les syndicats ont vot6 en faveur d'une
augmentation des salaires, bien que les primes a la produc-
tion leur aient d6jh dtd concedes.
Une d6peche sur le mdme sujet, adresse an New York
Times, declare que les augmentations demandbe.s vont jus-
qu'h deux cents pour cent des salaires actuels.

LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPF
1. New York Herald Tribine (17/6) :

< Le programme de M. Marshall, visant a une coope-
ration entire 1'Europe et les Elats-Unis, s'est av6r6 le
plus grand stimulant dans le domaine de la polilique
international depuis la fin de la guerre. II retient l'at-
tention des esprits les plus 6minents, ici come f
1'6tranger ; et l'animation avec laquelle on discute de
ses consequences, des reserves et des amendments ih
lui apporter, est une preuve de la force de la proposi-
tion primitive. Le faith qu'on ait largement accept le
principle de base, constitute le signe le plus encoura-
geant dans un monde qui n'offre vraiment que trop
peu de raison de se montrer optimiste.
Le plan Marshall souleve sans a'ucun doute des pro-
bl6mes complexes de politique et d'iconomie. C'est ce
qu'a d6montr6 M-Herbert Hoover dans sa -lettre au s6-
nateur Bridges; dans celle-ci, M. Hoover 6tait d'accord
sur les bases du plan Marshall, mais il montrait une
certain inqui6tude au sujet de la possibility pour


I'Am6rique de continue a porter son aide a l' stranger
au rythme actuel. M. Hoover formule quelques obser-
vations tres pertinentes au sujet de l'effet que pour-
ront avoir sur l'6conomie des Etats-Unis les prets et
les dons consentis aux pays strangers, et il soumet des
propositions intdressantes concernant les modalit6s de
ce genre d'emprunt i l'avenir. Un point sur lequel tout
le monde ne sera probablement pas d'accord avec lui,
c est sur ]a marge de s6curii6 don't disposent les Etats-
Unis pour exporter des marchandises dans le cadre de
ces emprunts ou de toute autre fagon.
La declaration de M. Hoover, a laquelle son prestige
(lonne encore plus de poids, est une raison de plus
pour retenir la proposition faite l'autre jour par le s6-
nateur Vandenberg, et selon laquelle l'6labora.tion da
programme de M. Marshall devrait 6tre 6tudi6e par
une Commission consultative bipartite comprenant les
experts les plus capable et les plus exp6riment6s des
Etats-Unis. Les probl6mes en jeu sont assez important,
et assez complexes pour susciter bien des avis contra-
dcitoires sur les moyens de r6aliser le plan Marshall
et sur la measure dans laquelle il est possible de l'appli-
quer : et une telle Commission serait d'une grande aide
pour influence l'opinion publique et recueillir son
appui pour les diffrrentes measures que l'on trouvera
n6cessaire en definitive d'adopter.
En attendant, cependant, diff6rents milieux ont con-
tribu6 i mat6rialiser dans une .assez large measure les
propositions premieres de M. Marshall. On est gn6rra-
lement d'accord sur cette id6e fondamentale qu'il faut
demander a 1'Europe unifi6e de prendre 'initiative, de
pr6f6rence avec la cooperation de la Russie, et au be-
soin sans elle. Le s6nateur Vandenberg et M. Hoover
sont enclins A y ajouter la proposition faite.initiale-
ment par M. Bernard Baruch d'6tablir le bilan total des
besoins de l'6tranger et des resources americaines.
Avec le plan Vandenberg pour la creation d'un Conseil
consultatif, voilA qui constitute une contribution inipor-
tante A l'6tablissement de bases solides pour une poll
lique 6trangire 6conominque solid. >>

2. Chrismtian Science Moftilor (16/6) :

M. Marshall est dans la bonne voie. II a recu im-
midiatement l'appui du s6nateur Vandenberg, qui vou-
drait placer les prdjets de M. Marshall sur une base
capable de recueillir l'adh6sion des deux grands par-
tis politiques, et les renforcer par une analyse poussie
des resources des Etats-Unis, pour les utiliser au mieux
des inltrets du monde et de ceux des Etats-Unis.
1Un programme coordonnd, pour l'ensemble de 1'Eu-
rope, aideront a cr6er en Europe un 6quilib-re cono-
mique capable de donner de bons r6sultats. Grace a cet
equilibre, 1'Europe elle-m6me pourrait fire ce que
M. Marshall attend d'elle, c'est-A-dire contribuer elle-
meme au r6tablissement de sa prosp6rite. >>

3. New York Times (16/6) :
< MM. Bevin et Bidault vont entreprendre une tAche
qui comporte des possibilities 6normes pour l'Euiope et
pour le monde. En effet, bien que cette tache soit nee
des difficulties du moment, elle devra inivitablement
6voluer dans la direction que Ic destin, le bon sens et
l'id6alisme le plus 6leve semblent indiquer comme 6tant
la seule voie qui puisse sauver l'Europe. Cette voie esl
celle d'une plus. grande cooperation et d'une plus
grande unite dans le domaine politique et 6conomique ;
au bout de cette voie se trouve le but merveilleux des
Etats-Unis d'Europe. Ce but est encore bien 61oign6, et
les obstacles qui nous en s6parent semblent presque in-







I BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANGARE 5


surmontables. Mais cette entrevue des dirigeants fran-
'ais et anglais qui vont examiner un programme com-
mun d6ji approuv6 par l'Union douanibre belgo-hol-
lando-iuxembourgeoise, constitute jusqu'ici le d6but le
meilleur et le plus pronmetleor, et urgencye meme des
besoins qui l'ont tair naitre constitue la meilleure
chance de success.
C'est L la lumiere de ces possibilities que M. Bevin a0
fait I'l6oge du discours de M. Marshall, qui fut A l'ori-
gine de I'entreprise tout entire, en d6clarant qu'il le
consid6rait comme un discours qui pourrait bien 6tre
l'un des plus grands de I'Hisioir,', noia pas pour ses
qualii6s oratoires, mais en raison des circonsia.nces et
des possibilities qu'il content.
Aucune aide et aucun programme ne seront d'une
grande utility si les pays europeens ne sont pas capa-
bles d'envisager I'utilisation methodique de leurs pro-
pres resources et de reliever Je niveau de leur propre
production, car personnel ne pout aider I'Europe si i'Eu-
rope ne veut pas s'aider elle-mmme. i,



III. PRESS SUISSE


LE PLAN MARSHALL.
1. Journal de Geneue (18/6) :
< L'offre du general Marshall marquait-elle une mo-
dification de la doctrine Truman ? Ses declarations
sembiaient effectivement devoir 6ter A la nouvelle poli-
tique de la Maison-Blanche le caractere i'dologique que
lui imputaient ses adversaires. Le chef du D6partement
d'Etat a invite tous les pays d'Europe, sans en exclure
visibiement aucun, a dresser ce plan d'ensemble de
lours besoins actuels et futurs. Plus tard, il a precise,
sur la deman'de de M. Bevin, que I'U. R. S. S. pouvait
6tre, si elle le d6sirait, parmi les b6n6ficiaires de l'ap-
pui americain. M. Truman, enfin, dans son discours
d'Otlawa, a confirm la volont6 am6ricaine de venir en
aide a tous les pays qui ont besoin d'assistance. II a
parl& pourlant avec une chaleur particulikre des peuples
< qui sont animus 'des mimes id6aux > que les Etats-
Unis et des < opprimns de la terre >. 11 a proclaim que
son pays entendait aider < ceux qui sont d6cid6s a se
gouverner comme ils i'entendent et a respecter le droit
des autres A faire de m6me. )
Tout cela n'est pas 'd'une clart6 absolue, et le doute
subsisle sur les intentions dernikres des Etats-Unis. Ce-
pendant, A Londres et a Paris, on a jug6 que la porte
6tail nianmoins ouverte a la Russie. Les propositions
du general Marshall sont d'une tell importance qu'on
ne pouvail pas ne pas leur donner une suite immediate,
mime si toutes les modalil6s n'en sont pas precisees.
Comme il fallait s'y attendre, e'est 'de 1'Est que la


lumiere ne vient pas. Les dirigeants russes ont garden un
silence qui traduit leur m6fiance A l'egard de 1'initia-
tive americaine. Ils craignent sans doute qu'elle ne
soil malgr& tout de nature a operer, par le canal d'une
assistance 6conomique, le regroupement d'un certain
nombre 'de pays appel6s a devenir un instrument poli-
tique entire les mains des Etats-Unis. Et l'attitude de
la Russie sera d6terminante pour tous les pays places
dans sa zone d'influence. C'est d'elle que depend done
la possibility 'de r6unir une conference europeenne et
c'est pourquoi le gouvernement frangais s'est charge
officieliement d'inviter Moscou A participer a un
change de vues sur le sujet.
Quelle que soit la decision de I'U. R. S. S., au rest,
1'aide amnricaine entrera en action. M. Bevin se trouve
depuis mardi a Paris pour 6tudicr avec M. Bidault
comment les deux gouvernements vont r6pondre A l'of-
fre ambricaine. Le concours des Elats-Unis est pour
eux une question vitale, et ils :ne peuvent en aucun cas
le laisser 6chapper. Par ailleurs, la reconstruction de
1'Europe est le seul gage de paix. La Russie est done
place devant une grave responsabilite. Une nouvelle
occasion lui est ouverte de combler le fosse qui spare
I'Orient 'de l'Occident. Voudra-t-cile la saisir ? >

2. La Trilbhe (de Genetue (17/6) :

< Que certain milieux am6ricains envisagent le plan
Marshall come une replique a l'infiltration sovi6tique,
cela n'est pas douteux. Mais on ne saurait en conclure
que cette preoccupation soit h l'origine de'la propo-
sition du secr6taire d'Etat. Celle-ci s'inspire sans doute
- et sans parler de son aspect philanthropique qui
n'est pas n6gligeable --de considerations beaucoup plus
pratiques. D'une part, les Etats-Unis ne se sont pas
battus centre I'Allemagne pour laisser ensuite leurs Al-
li6s tomber plus bas que s'i!s avaient 6t~ vaincus. La
lutte continue, a -dit M. Marshall, < centre la.famine,
la pauvret6, le 'desespoir et 1'anarchie >. D'autre part,
l'6conomie americaine, menace de crise, a le plus grand
interet a voir le vaste march europ6en retrouver sa
stability et sa capacity d'absorption. En proposant d'ai-
der 1'Europe, les Elats-Unis travaillent A leur pros-
p6rit&.
Les gouvernements europeens .auront, le Imoment
venu, A tenir compete de ces divers facteurs -de la poli-
tique am6ricaine. Mais, pour 1'instant, une tAche ur-
gente s'impose A MM. Bevin et Bidault : rassembler les
nations europ6ennes, toules les nations europlennes,
pour 6tablir avec elles un plan de champagne.
Y parviendront-ils ? Il y aura, a l'Est, des r6ticences
fort malaisdes A surmonter. Mais on veut encore esperer
qu'elles pourront l'&tre, et qu'aucun pays ne prendra
de propos delibere la responsabilite de prolonger par
sa faute le chaos europeen. >
(JEAN-JACQUES CHOUET.)


S. P. I. In p., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009




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