Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: June 17, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00116
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRAN(AIS
D'INFORMATION
(MINISTtRE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (81)


LA DOCUMENTATION PRANQAISE


MINISTER
DES AFFAIRS ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET Du-PBB


BULLETIN


DE


PRESS


17 juin 1947.


QUOTIq



ETRAN


Nouvelle 86rie N 694


.SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
AprAs la proposition d'aide A 1'Europe de M. Mars-
.hall.
1. Observer (15/6).
2. Reynolds News (15/6).
3. Times (16/6).
4. Daily Herald (16/6).
5. Daily Telegraph (16/6).
6. Daily Mail (16/6).
7. New! Chronilcte (16/6).
II: PRESS AMERICAINE.
La reconstruction de 1'Europe.
1. New York Heald Tribune (15/6, 6dit. europ.).
2. New York Herald Trilbune (14/6).
III. PRESS SOVIATIQUE.


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique dt 15 juin 1947

1. Plan d'aide amdrica'ne l1'Europe
L'attention des journaux se concentre sur les prochaines
conversations que M. Bevin dolt avoir A Paris au sujet du
plan d'aide ambricaine A l'Europe. Ils signalent en bonne
place la declaration que le president Truman a faite ier an
sujet des Balkans.
L'Observer public integralement le communique du Fo-
reign Office precisant que le gouvernement britannique est
particuli6rement intdressd air r61e que la France pent jouer
dans la reconstruction de lEurope et que c'est la raison
pour laquelle il a pris l'initiative de discuter d'abord avee
elle de la realisation de l'offre americaine. Le correspondent
de ce journal ajoute que M. Bevin ne part pas A Paris avec
un plan arrtd6. Son intention est de proceder A I'echange
d'id6es. Comme il l'a d6jA indiqu6 au banquet de la press
etrang6re avant-hier, il croit ndcessaire de traiter les pro-
bl6mes dconomiques europeens d'un point de vue pratique
et en les groupant par categories. Ii estime qu'il y aurait
interet At mettre sur pied une sarie de bureaux europiens
charges de diffdrentes industries et constitu6s sur le module
de l'organisation europ6enne du carbon.
Selon la plupart des journaux, le gouvernement frangais
a demand au gouvernement sovi6tique si celui-ci dtait dis-
pos6e participer & un change de vues sur la question et
s'il serait pret A se joindre aux negotiations qui pourraient


suivre les oremibres consultations. D'apr&s une l ddpche de
La Haye, ils indiquent 4galement que les gouvernements
belge, hollandaise et luxembourgeois se seraient consults sur
le project Tiuman et auraient arrit6 A son 6gard une attitude
commune et favorable.
Tous les commentaires approuvent nettement I'accueil fa-
vorable que M. Bevin a fait A l'offre am6ricaine ainsi que
i'initiative qu'il a prise d'engager des consultations imme-
diates avec la France. D'apr6s le Sunday Times, 11 s'agirait
d'une aide se montant A 1.250.000 lives par an pendant
trois ans. Des que l'accord de principle aura ft6 atteint, une
conference pour la cooperation bconomique europdenne sera
i6unie A Londres et les choses sont men&es des maintenant
avec une tell cdcrite que celle-ci pourrait ouvrir d6s le
mois de juillet. Le Sunday Times estime que ce sera n'As-
sembl6e la plus important qui se soit jamais rdunie ici
puisqu'elle d6cidera des moyens de remettre l'Europe sur
pied et qu'elle pent conduire a la formation d'une Europe
unie.
Le correspondent A Paris du Sunday Times signal que
MM. Monnet et Alphand prendront part aux entretiens de
,M. Bevin aveo MM. Ramadier et Bidault. II suppose qu'tn4
repr6sentant du State Department viendra 4galement A Paris
et il ajoute par ailleurs que, dans un article qui doit paraltre
ce matin, l'lumanit d critiquera violemment le plan Mars-
hall comme subordonnant les intOrits nationaux A Wall
Street et comme reprdsentant une forme d6guis6e du bloc
occidental.

2. Balkans
IPresque tous les journaux reproduisent en premiere page
la declaration dans laquelle, an moment de signer les traits
avec la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie, le president
Truman a critique leurs gouvernements et a affirmed qu'il
n'existait pas de regime rdellement repr6sentatif dans aucun
de ces trois pays. Ils soulignent qu'il a par centre, a propos
de l'Italie, indiqud que le trait pourrait Atre rdvis6 par
l'interm6diaire des Nations Unies. Par contre, le seal com-
mentaire important est celui de Scrutator dans le Sunday
Times ; celui-ci reprend l'affaire de Hongrie dans le mAme
esprit oh l'a d6jh traits la press quotldienne; il Atablit
un parallle entire les evenements actuels d'Etrope central
et ceux qui, A partir de. 1933, ont conduit h la guerre. Repre-
nant les exemples de l'Espagne, de l'Abyssinie, de l'Autriche
et de la Tch6coslovaquie, il n'hesite pas a ecrire que ni
I'Am6rique, ni l'Angleterre ne doivent permettre de nouveau
A des regimes totalitaires de poursuivre leurs plans jusiqui'
. la liquidation complete des pays qu'ils oppressent.

3. France
Frank Mac Dermot estime que ce fut un tres grand success
politique pour M. Ramadier d'avoir r6ussi & mettre un terme
A la greve des chemins de fer sans recourir A la force et
sans defection dans son propre parti. II ajoute que la bonne
humeur du Premier MinTstre n'a pas peu contribud A main-
tenir pendanl toute la rise hnb atmonsphere infinimbnt plis


_ _







3 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE
'-,- "r .. .. ....


came et plus sane que cell des conflicts ouvrlers d'avant
guerre.
Par centre, il souligne les lourdes charges que e regle-
meni de la greve va faire peser sur les linauccs u1 la menace
qui subsiste de nouvelles demands d'augmentation dans
d'autres secteurs industrials.
Comme consequences plus lointaines de la cruise, il indique
la possibility d'une legislation restreignant le droit de gr6ve
et un affaiblissement de la position du general de (isulle. II
croit en effet qu'un executif ind6pendant des Assembl6es
elues tel que le congoit le General efit 6,6 dans une beau-
coup moins bonne situation pour r6soudre la derniere crise
que ne le fut M. Ramadier soutenu par une inmportante
majority parlementaire.

Revue de la press brilannique du 16 juin 1947

La press de ce matin est tout entire dominee par le pro-
chain voyage de M. Bevin a Paris et par les noles sovie-
tiques aux gouvernements britannique et ambricain au sujet
de la Hongrie.
iElle accord alement une place de choix aux declara-
tions de MM, Truman, Acheson, Wallace relatives a la poli-
tique americaine en Europe. La France, pour sa part, fournit
matiere a quelques articles dans le Manchester Guardian, le
Daily Telegraph et le Daily Worker.

1. Aide amdricaine a l'Europe
et conversations franco-britanniques

Sauf le Daily Worker, la pressed accueille tr6s Iavorable-
ment l'annonce du prochain voyage de M. Bevin A Paris.
Le correspndant diplomatique du Times rappelle les
terms dau communique public samcdi par le Foreign Office,
communique seton lequel le gouvernement britann.que s'in-
teressait tout particuiiPrement an rBle de la France dans la
reconstruction europ6enne.
II mentionne egalement que la France, de son c6te. a
accueilli le plan Marshall avec le plus vif int6ret.
Selon ce correspondent, les entretiens franco-britanniques
ne pouTront consister pour l'instant qu'en un change de
vues prliminaire, mais de la plus haute importance.
De son c6t6, M. Bevin commence ces conversations avec
toute la larger d'esprit necessaire, mais ne cherchera A
exclure aucun pays.
Ce correspondent estime aussi que la reponse qae les
Soviets feront & la demarche de la France decidera si le
plan Marshall englobera tous les pays d'Europe on non.
II ne se dissimule pas que les obstacles, tant en Europe
qu'aux Etats-Unis, restent encore formidable.
Le correspondent du Times a Paris, ainsi que ceux de plu-
sieurs autres journaux, font etat de l'aqcueil chaleureux
r6serv6 par la majority de l'opinion au voyage de M. Bevln.
11 fail 6tat de l'attitude, mi-hostile mi-prudente, adoptee
par la press communist frangaise.
Le cuorespondant diplomatique du Manchester Guardian
estime qu'il est normal que ce aoit la France que la Grande-
Bretagni consulate en premier lieu, non seulement parce que
la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont des
int6rAts communs, mais parce que l'article 4 du trait franco-
britannique prdvoit de telles conversations.
D'apr6s le correspondent ae ce m6me journal a Paris, le
Quai d'Orsaga 6t6 le premier a accepted la proposition de
M. Bevin et s'est prepare, pendant touted cette fin de semaine.
aux conversations qui vont avoir lieu.
Wilson Broadhent, correspondent diplomatlqup du Daily
Mail, announcee le voyage de M. Bevin sons une manclhette
important : o Une nouvelle chance pour I'Luropo -- lsevin
,so rendra A Paris avec un plan dans la poche *.
Selon llroadbent, ce plan consisterait en un accord general
sur les devises et un plan nestlie A augmented et amdliurer
le ravitaillement alimentaire de l'Europt.
N. W. Ewer, du Daily Herald, precise que ks conversa-
tions serunt privies et qu'eiles auront un caractcre prepa-
ratoire. (Voir l'article plus loin.)
itobcrt Wai-hman ecrit dans le News Chronlic!e que les
experts britanniques et frangats seraieni partisans de career
dans chaque pays des bureaux d'enquete sp6ciahses, charges
de determiner ce qte l'Europe pourrait produiee cx ce qu'elle



dolt importer. Aprbs quol une conference general pourrait
Btre convoquee. p
Le Daily Worker critique vivement ce qu'il appelle a le
raid de M. Bevin sur Faria et affirmed que le gouverne-
ment frangais n'aurait pas demanded officeillemL-at a M. Bevin
de venir. Scion lui, les AmEricains auraient impuse comme
condition a la Grande-Bretagne de c fair 'article h la
France en faveur du plan Marshall ).
L'intentiun de Washington strait, selon le cornespontant
diplomatique du journal communists, d'obllger les demo-
craties orientales A preter le nanc a d'offensive commercial
et flnancile du bloc occidental.
D'aprBs le correspondent parisien du Daily Telegraph,
l'annonce du voyage de M. bevin au'rait ete accueillie avec
ine certain reserve dans les milieux diplomatiques fran-
gals, car ceux-ci le consid6reitl come la prove que le
plan american n'interesse que l'Europe occidentale.
D'autrp part, l'un des probiemes actuels ae la Francer
ecrit-il, est de savoir comment le plat. Monnet pourrait Atre
incoporP dans un plan general de reconstruction euro.
peenne.
Ce correspondent signaled que Ic gou ernement frangais a
dcjAL dt renoncer cette annoe, vn raison de sot, dufict en
dollars, L des importations americaines de marchandises et
d'gqulpement industrial d'une valeur de 50 millions de
lives.
A Washington, le voyage de M. Bevin A Paris aurait ete
accueilli trL, favorablement, announce le correapoulant du
journal conser\ateur, et le government americain a pro-
voque toutes measures tendant A acce!lrer la mise en appli-
cation du plan Marshall et cela notamiment pour des raisons
de politique interieure.
Toutefois. certain milieux amiricaims craindraient que 1f
nussle, si el., acceptait le plan americain, n-en ralentisse
l'exdcution.

2. Rdponse sootletque aux notes brtlannique et amdricaine
sur la Hongrlt
La press aunonce, sois des tires empreants d'une cer-
taine irritation, que la Russie a reponatu aux notes britan-
nique et americaine en des trnmes a frisant un language non
diplomatique o.
Le Daily Herald et le Daily Graphic parent manmeide re.
buifade et certain journaux, come le Manchester Guar-
ditat, &crivent que les terms de la note sovidtique cherchent
A turner en ridicule a les informations britanniques et
amnricaines d'apres lesquelles la itussie serait inLervenne
dans les affaires de la Hongrie.
l.e Daily Telegraph estime que la note sovietique aux
etats-Unis est congue en des terms e vifs et brusques ,.

3. Politique dtrangere amnricaine
Le correspondent du Times A Washington announce que
M. Truman a ratifi6 les traits avec 1'Italie. la Hongrie, la
Itotwmanie et la Bulgarie, et qu'il a ensuite fait deux decla-
rations importantes : la premiere deplorant les dvenements
de Hongrie, la deuxieme louant les efforts deployds par
I'ltalie pour le rdtablissement de sa liberty et des institutions
dermocratiques.
Piusieurs journaux reproduisent les declarations 'de
M. Acheson condamnant les regimes communlstes en HIon-
grie et dans les aules pays du sud-est europ6en.
Le News Chronicle fait etat, de son c8t6, des declarations
de M. Wallace scion lesquelles une extension de I'emprise
sovid'if;ue ur la Turquie provoquerait un conflict entire
I', q.S.S. et les Etats-Unis.

4. Allemagne
LI Daily Herald consacre sa tnanchette A la creation d'und
commission allemande charge de gerer les affairs bcono-
miques de la zone d'occupatiou russe. D. Martin, correspon-
dant de cc journal, souligne que les members de cette com-
mission seront nonimns par les autorites ,ovietiques, a l'm-
verse des membres du conseil economique de la zone angld-
americaine.
Brethertom, correspondent du Daily Mail a Berlin, derit
i cc sujet : a La Russie vient de claquer la porte A tout
espoir d'un accord entre les Trols Grands poIur taiblir tfn







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE ThANG*1RE 3


.ontrble allemand unique siir les affaires hconomiqtfes du
pays ef il conclut a I'echec d6flnitif des accords de
Potsdanm.
D'antre part, le correspondent du Daily Telegraph b, Ham-
bonrg announce que les autorit6s britanniques ont abandonn6
Ie project de faire du grand port allemand le siege de lear
quarter g6n6ral et du gouvtrnement civil, principalement
en raison de la concentration A Francfort -es principa-ux
organisms administratifs.
5. -, France
1.- ,orrespondant A iParis du Manchester Gfuardlan expose
les donnees actuelles du problome ouvrier en France et les
effort faits par le gouvernement pour empscher la vague de
graves. II souligne. a propos du principe e's primes de ren-
dement dans I'ind'trie, quce ce n'et pas le prix des arti-
cles industries qui determine le codt de la vie, mais bien
plut6t cel-ui des denrdes allmen'aires.
Le enrrespondant du Dail/ Telegraph h Paris announce
une prochnine gr6ve des cmployds de ban-ue et precise que
cette grave n'entrainerait pns d'incopvenfents pour les tou-
rlstes hritanniques.
Le Dailj Worker announce I'octroi de primes au rendement
aux ouvripre de loutps le- ind'isTries. Dans un autre article,
il rappo'rtO qul'une tr6s grande quantity d'eau lourde a
passe en mntrehande ide France en Angleterre au d6but de
I'occrpatlon.
6. IEalie
Le Times Pf plusieurs antres journaux signalent ou'un
accord vient d't-ce sitand entire les gouvernements britan-
nique mt italicn. afin d'acclc-er le xetrait des troupes d'oe-
cupation apris la ratification du trait.
Le Timrs rapporte les paroles d'amitie echangCes entire
les repr6s"ntants des deuv gouvernements et si'nale ensuite
I'attitude annicale adopt pyar le] milieum officials franqais
h l'6gard da Il"talic.

APRES LA PROPOSITION D'AIDE A L'EUROPE DE M. MARS-
HALL.
1. Observer (15/6, copservateur) :
c L'appauvrissement de 1'Europe, la cruise du dollar
qui en est actuellement le symptome le plus menagant,
le nationalism economique et politique qui se d6truit
lui-meme et en est la cause prinninale, toutes ces per-
turbations existeraient et deman'deraient un rembde,
meme si la Russie ne figurait pas sur la carte .du monde.
Or, c'est A cet Etat de choses oue M. Mar-hall propose en
effet un remade; son plan n'est pas dirig6 centre un
pays on une doctrine quelconque, mais contre la famine,
la misere, le desespoir et le chaos.
D'autre part, il existed une autre serie de difflcultes
an ont leiir or'line 'dqns la no'itiue de puissance so-
vi6tique, politique qui tout recemment encore s'est de
nonvenu man:ps'm'e de racon inmniAtinte en Europe
central ou sud-orientale. La resistance opposee par
I'Ambrique A l'exnansion sovietique, selon la doctrine
Truman, serait sans doute aussi 6nergique si la Russie
essayait d'exercer son influence dans une Europe pros-
pEre.
II y a done la th6oriquement deux probl6mes totale-
ment different: il n'v aurait aucune contradiction lo-
gique dans le fait nue l'Am6riaue nronose -des dollars
A la Russie et que d'un autre c6t6 elle porte assistance
aux puiss'nces nui -~s;stent a I Russe. M'is en orati-
que, ces deux prob'6mcs sont 6t-oitemoni et inlissolu-
blement lies. et l'on ne saurait pvr cons6auent pur-
suivre les deux nolitimues simn't'9nbmont Te nilrn
Marshall pour rcnflouer 6conomiquement toute I'Eu-
rope doit avoir iour r6sultat soit 'd'appliquer la doc-
trine Truman. soit de la remplacer.
Tout ,d6pendra du choix que fera la Russie. En terme
de politique international, le plan Marshall 6quivaut,


de la part des Etats-Unis, A une offre decisive d'ai'de
et de pret a la Russie. La Russie a done une occasion
de cesser la guerre ideologique, politique el diplomati-
que qu'el!e mbne actuellement centre l'Occident, 'de re-
noncer A l'isolement m6fiant idans lequel elle s'enferme
et qui est A l'origine de cette politique; par centre, elle
peut participer sur un plan d'6galit6 h cette 6conomie
commune europ6enne que les Etats-Unis sont prets A
6tablir. Les conditions sont honorables : elles ne de-
mandent aucune concession i.d6ologique, et la Russie
n'a pas A confesser qu'elle a eu tort; on ne lui demand
que 'de renoncer tacitement A une politique qui nuit
au relbvement des autres pays et cherche A entretenir la
misere humane pour en tirer des avantages politiques.
Si la Russie accepted, la doctrine Truman cessera au-
tomatiquement d'8tre applicable; le fail une l'U. R. S. S.
n'exercera plus aucune pression sur 1'Europe rendra
inutile toute autre pression de la part des Etats-Unis.
Si au contraire la Russie pr6fere persister dans sa
politique d'intransigeance, si elle desire imposer 'de
,nouveaux sacrifices a son people pour Bdifler sa propre
forteresse nalionaliste, elle fera automatiquement de la
nouvelle Europe occidentale et du plan Marshall la plus
vaste operation 6conomique effectu6e selon la doctrine
Truman. Le choix est assez grave pour que m8me les
,dirigeants sovietiques s'y arr6tent.
Oue's que soient les r6sultats d6flnitifs des 'd&libra-
tions qui ont lieu actuellement au Kremlin, le devoir
de la Grande-Bretagne A la fois vis-A-vis d'elle-meme
Pt de l'Enrone est clair. En ce qui nous concern, nous
devons sans perdre un instant saisir I'occasion que
M. Marshal' vient -d'offrir A tous. Et M. Bevin a 'droit
A la reconnaissance de la nation britannique pour la
rapidity avec laquelle il a pris et fait connattre sa d6-
cision. Tout depend maintenant de la rapidity et de
I'adresse avec lesquelles cette decisionn sera applique. )

2. Reynolds News (15/6, travailliste) :
( Le discours prononc6 par le Secretaire d'Etat
Marsh-ll A Harvard constitute sans aucun doute l'une
des declarations les plus importantes depuis la fin de la
guerre.
Si I'on dolt s'atten'dre A un retour A la conceptiloin
du Trusteeshin comme l'entendait le President Roose-
velt, convention qui a trouv6 sa plus belle expression
dans le pret-bail, le discours de M. Marshall marquera
le dubut d'une revolution bienfaisante dans les affaires
mondiales.
Per centre, on s'onppose A I'octroi 'de i dollars d'oc-
.unat;on 7 oai; imolinne-ait le droit nour l'Amerique
d'imposer A I'Eurone l'organisation Bconomique et so-
ciale qui lui plairait. Du moins, si une telle offre sourit
a quetques-uns, ce ne pourrait Atre qu'A ces mauvais
Europeens don't I'id6al social est un retour aux condi-
tions existent au 3 septembre 1939.
II est tout aussi erron6 d'accueillir le discours de
M. Marshall comme les paroles du nouveau Messie, que
'de le condamner comme le point de depart de la for-
mation d'un bloc occidental dirig6 centre la Russie. On
peut trouver des arguments pour soutenir Pun come
1'autre de ces deux points de vue dans les terms du
,discours.
Nous crovons ione la Gran'de-Bretagne doit non seule-
ment reserver un bon accueil an discours de M. Mars-
hall, mais qu'elle doit aussi chercher une dAfinition
plus nette des intentions et des conditions qui sont a la
base de cette offre. Nous ne nouvons, en effef, parti-
ciper A un plan qui ne constituerait qu'une nouvelle
phase d'une lutte entire I'Orient et 'Occi'dent, ou qui
chercherait A modifier la tendance a la nationalisation







i BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


de 1'industrie europeenne. Par centre, nous pouvons ap-
porter notre cooperation A tout plan don't le but est
de secourir l'Europe sans restreindre le droit 'des popu-
lations europ6ennes a g6rer leurs proprcs affaires de
la facon qui leur parait la meilleure. ,

3. TWmes (16/6) :
< La decision prise par M. Bevin de se rcndre A Paris
demain pour discuter imml'diatement avec le gonverne-
ment frangais 4de l'offre d'aide americaine en Europe
sera chaleureusement accueillie. L'occasion reclamait
de 1'6nergie et de la decision; et le gouvernement bri-
tannique n'a pas perdu 'de temps pour donner sa pre-
miere r6ponse. Les rapports de Paris (ofi le bouverne-
ment francais a deja pris des measures pour chercher a
connaitre les intentions ,du gouvernement sovi6tique)
montrent que M. Bevin recevra une reception enthou-
siaste. Les gouvernements hollandais, belge et luxem-
bourgeois ont aussi annonc6 .qu'ils avaienl termin leurs
discussions preliminaires sur ]a proposition de M. Mars-
hall. Tous ces gouvernements montrent qu'ils out plei-
nement conscience des immense possibilities de l'offre
americaine wour le bien 'de 1'Europe et l'ensemble du
monde.
II serait inutile de rappeler demain A M. Bevin et A
M. Bidault, lorsqu'ils se rencontreront, 1'Vtroit rapport
qui doit exister entire I'application de I'offre de hl. Mars-
hall et le reglement eventuel du probl6me allemand.
Toute conference europ6enne qui pourrait se reunir
dans un proche avenir pour 'discuter de la proposition
d'aide am6ricaine, se r6unira A l'ombre de la conf&-
rence de novembre des ministres des Affaires etran-
geres. 11 ne pourrait pas v avoir de meilleur espoir de
parvenir a un accord en novembre que 'dans un succrs
de la visit de M. Bevin A Paris, avec lout c que ce
succds implique. >

4. Daily Heiald (16/6, travaillisle) :
i La visit de M. Bevin a Paris est le r6sultat des
conversations tl-ephoniques de vendredi et des echan-
ges 'de vues qui ont eu' lieu avec Washington al course
de la semaine derniere.
Les enlretiens seront n6cessairement brefs; ils reve-
tiront un caractere pr6liminaire et ne constitueront
qu'un premier examen de la question
On a laiss6 entendre que la decision avail d(jjh e6t
prise de r6unir une conference europ6enne speriale et
que celle-ci se tiendrait probablement A Londlres le
mois prochain. II s'agit IA de pures speculalions.
I1 n'est meme pas encore certain que se tienne une
conference officielle ,'du moins au .d6but. Il existe des
arguments serieux contre l'adoption d'une tell proc&-
dure. On n'a pas oubli& l'6chec de la Conf6rence 6co-
nomique de-1933, qui a 6tl due presque uniquement au
manque de travail preparatoiie.
En faith, la question de" procedure sera probablement
le principal sujet -des conversations qui se 'd6rouleront
A Paris cette semaine. Comment seront menees les ne-
gociations entire les gouvernements europ6ens ?
Est-il possible, par example, de se servir du Conseil
6conomique europ6en qui depend de 1'O. N. U. ? Quelle
sera la port6e de 1'ensemble du programme ?
Une autre question pr6liminaire essenlielle, c'est de
savoir si 1'Union Sovi6tique sera prkte A s'associer A ces
travaux et dans quelle measure
On espire vivement ici que le gouvcrnement sovi&-
tique sera pr&t A collaborer, mais en mIme temps on
a l'imprcssion qu'il ne faudrait pas laisser un refus so-
vi6tique constituer une sorte de veto pour toute l'ope-
ration.


5. Daily T:eleyraph (16/6, conservalcur) :
La decision de M. Bevin d'entamer personnellement
des pourparlers anglo-francais au sujet du plan Mars-
hall a 6t' prise avec une rapidity pleine de sagesse. Ses
discussions A Paris seront plus faciles et plus profita-
bles du fait que les Etats-Unis ont garanti .que leurs
propositions s'a'drcssaient A toule I'Europe, y comprise
la Russie.
En raison de sa situation interieure, il fallait s'at!endre
A voir la France faire preuve de prudence jusqu'A ce
qu'il fft bien 6tabli que les propositions n'excluaient
pas la Russie. Depuis lors, on n'a pasperdu de temps
A Paris pour chercher A connaitre l'attitude sovi6tique.
La r6ponse qui sera faite a la demand frangaise pourra
impliquer bien davantage que l'avenir 6conomique im-
mediat de 1'Europe.
Si la Russie ie veut pas collaborer, ou bien la ,divi-
sion de l'Europe s'accentuera, ou bien l'accord qui est
la premiere condition de l'offre Marshall ne sera pas
realis6. Cette derniere 6ventualit6 pourrait entrainer
aux Etats-Unis une reaction dans ]e sens de l'isolation-
nisme. >

6. Daily Mail (16/6, conservateur).

(( Un nouveau chapitre peut s'ouvrir pour l'Europe.
M. Bevin part demain pour Paris afin d'inaugurer une
conference 6conomique qui pourrait arracher le conti-
nent a la misere et lui rendre la prosp6rit6 en quelques
annees.
Telle est la perspective qu'ouvre l'offre americaine
d'aide financiere, le plus grand acte politique depuis
I'invention du pret-bail par le president Roosevelt.
Le fait significatif est que cette offre a 6te faite A la
Russie aussi bien qu'A 1'Europe occidentale. VoilA qui
permettra de juger de la sinc6rit6 de la Russie. Si les
Soviets acceplent, nous pourrons tous alors croire aux
professions de foi pacifiques des dirigealnts sovi6tiques.
Si la Russie refuse, qomme elle a refus6,de se joindre a
la zone anglo-am6ricaine en Allemagne, nous ne pour-
rons que conclure qu'elle souhaite laisser l'Europe dans
la misere et le chaos.
La cooperation de la Russie est essentielle si l'on veut
voir renaitre I'ensemble de l'Europe, et s'il ie dolt y
.avoir qu'un seul monde dans 1'avenir. Si au contraire, la
Russie vent diviser l'Europe comme elle a d6ja divise
l'Allemagne, it n'y aura pas d'autre solution pour l'Oucst
que de s'organiser de son c8t6 comme bon lui scm-
blera. >

7. News Chronicle (16/6, liberal).
< Los r6centes declarations de M. Marshall ont caus6
une certain agitation dans les milieux politiques en
Europe.
A la suite de ces declarations, le Secr6taire d'Etat bri-
tanniqiie a annonc6 qu'il allait se rendre a Patis pour
discuter avec M. Ramadier. On ne peut qu'en louer
M. Bevin.
De Paris, des instructions ont Wte envoyees A Wa-
shington pour exprimer l'intr&6t que porte le gouver-
ncment francais aux propositions de M. Marshall; en
imime temps, avec l'aptitude naturelle qu'ont les Fran-
aais pour aller au coeur d'un problem, des sondages
ont 0t& faits a Moscou pour chercher a connaitre les
reactions du Kremlin.
Il n'est pas exag6r6 de dire que la paix future, et la
prosp6rit6 du monde entier dependent .de la r6ponse de
M. Staline. 11 ne prendra pas facilement sa decision et
nous pouvons 6tre certain que les reactions en Russie







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 5


ne scront pas aussi spontanees et aussi rapides que
'nous avons pu le constater ailleurs.
La profonde mdfiance des Russes A 1'gard des dollars
am6rioains ne sera pas dissip6e en une seule nuit. La
Russie peut .d'abord, ce qui cst assez comprehensi-
ble confondre d'ordre d'aide economique faite par
M. Marshall avec les implications politiques de la doc-
trine Truman. Ce que les communists de tous les pays
doivent comprendre, c'est que seule leur acceptation div
plan Marshall peut ruiner la doctrine Truman. M. Mar-
shall a fait passer le redressement economique avant les
expedients politiques. Les communists peuvent-ils fair
de nmme ?
Le people britannique desire sincerement less voir
agir ainsi. La Grande-Bretagne a personnellement intI-
rct A ce que la Russie et les pays de 1'Europe central
et oriental participent A la reconstruction de 1'Europe.



I. PRESS AMERICAINE


Revue de la press amiricaine du 14 juin 1947

1. Aide amdricaine

La press consacre de nombreux articles I la proposition
mise en avant par le general Marshall dans son discourse de
Harvard sur l'aide que les Etats-Unis doivent apporter au
monde. Elle relive la reaction sympathique que ce discours
a entrainee en Angleterre et cite de longs passages de la
declaration faite hier par M. Bevin devant 1'Association de
la press 4trang6re. Ces articles reprennent egalement en
honne place la proposition faite par le senateur Vandenberg
de crier une commission special des deux parties pour 6tu-
dier les problomes poses par cette aide americaine que le
s6nateur voudrait voir 6tendue at 'Asie comme a 1'Europe.
Les correspondents politiques et 6ditorialistes des princi-
paux journaifx considrrent qu'il est indispensable, comme
l'a signalM du rest M. Vandenberg, de fire' un tableau d'en-
semblle qui fcra apparaitre, d'une part, les besoins mondiaux
et, d'autre part, les disponibilit6s en resources et en dollars
que les Etats-l-nis peuvent utiliser pour satisfaire ces
besoins.
Tous reconnaissent que ceux-ci ddpassent de beaucoup les
possibilities americaines et qu'il y aura lieu necessairement
de faire un choix et de fixer certaines prioritds.
Dans l'ensemble, les commentaires des .ditoriaux sont
favorables A l'idde mise en avant par M. Marshall que 1'Eu-
rope fasse clle_-mme les premiers pas et prepare, par une
cooperation entire tdus les Etats europeens, le tableau de ses
besoins. Pour cette raison, ils accueillent avec satisfaction
les declarations de M. Bevin indiquant que la Grande-
Bretagno va se mettre immediatement A cette tAche et va
consulter tout d'abord la France.
La press signal que *M. Clayton, sous-secretaire d'Etat,
se rendra a Londres et i Paris avant d'aller i la Confdrence
du commerce A Genvve ct qu'il aura I'occasion de rencontrer
dans ces capitals les personnalitis intdressecs aux pro-
bl6mes soulevcs par le discours du g6ndral Marshall. Elle
signal 6galement 1'interet pris par P'O.N.U. A toutes ces
discussions et elle note que le Comit6 curopden de I'O.N.U.
pourrait fournir des renseignements int6ressants sVr l'&tat
economique des pays europdens.
Une d6p&che au New York Herald Tribune de Lake Success
indique que les premieres evaluations de l'aide que l'Amd-
rique devra apporter i 1'Europe s'elvent i 3.500 millions
de dollars pour 1947 seulement.
Un editorial du New York Times, intituld K La Grande-
Bretagne se met en t&te ,, est tout enter consacr6 au dis-
cours de M. Bevin. II constate que la proposition du general
Marshall a fait rcnattre des espoirs en Europe, mais 11
reconnalt qu'il existed e des obstacles 6normes >. I1 ajoute
que les Etats-Unis ne peuvent pas computer sur la coopdra-
tion russe bien qu'ils aient l'intention de la solliciter. Si la


Russie n'accepte pas, le plan devra quand mVme otre positif
et constructif et n'6tre pas implement une ligne de defense
dconomique ou politique. Si les U. S. A. doivent combattre
le communism, ils doivent le faire en levant les standards
de vie en meme temps que les standards de liberty dans les
pays non communists. r Dans. notre pays, notre people,
qui est dpris d'dconomic, est reprdsentl par un Congres-ayant
le mnme esprit. II dcvra faire face A la ncessitd d'accorder
de nouveaux emprunts et quelques dons gratuits. >
Le New York Times termine en appuyant la proposition
de reunion d'une commission special sugg&rde par le s6na-
teur Vandenberg.
Un article de Lippmann est consacre au discours du gdne-
ral Marshall h Harvard. I1 estime excellent que 1'Europe
fasse elle-mbme les efforts necessaires pour son redresse-
ment et qu'elle prenne I'initative d'dtablir les demands
d'aide qu'elle prdsentera aux Etats-Unis. II constate que le
genAral Marshall a fait appel a. la moderation afin d'6viter
que les passions politiques et les prdjugds n'entravent un
accord entire les Etats europeens et les Etats-Unis.
Un editorial du New York Herald Tribune approve 6gale-
ment la declaration Marshall d'inclure I'U.R.S.S. et la
Grande-Bretagne dan s les ngociations Bconomiques. (Voir
l'article plus loin.)
Les Etats-Unis apporteront galement une aide Bcono-
mique A l'Allemagne et les correspondents t Washington
signalent i ce sujet que M. Petersen, secr6taire adjoint t la,
Guerice, a declared hier qu'il 4tait nucessaire d'elever de 50 %
irs rations allemandes. Ils relevent egalement que des inti-
rets privds americains ont conclu un accord pour finance
tine livraison de coton & l'Allemagne d'une valeur d'un
million de dollars au course de I'ann6e prochaine.

2. Roumanie

La press reprend une information du Ddpartement d'Etat
.annonqant qu'une protestation a 6it faite aupres du gou-
vcrnement roumain on vue de proteger les investissements
amnricains en Roumanie qui sont menaces d'Otre nationa-
lises. Ces investissements s'dleveraient h 36 millions de dol-
lars ct la majority strait place dans des 6tablissemnets
petroliers on Roumanle.

3. U.R.SS.

Un article du professeur Zhukov dans le journal cqmmu-
ntste : i La vie du part a, indiquant les raisons pour les-
quelles 1'Union Sovi6tique ne croit pas a une possibility de
guerre entire 1'Est et I'Ouest, est rapport dans les ddpEches
de Moscou, en particulier dans une d6pdche adrcssee au
New York Herald Tribune.

4. Nouvelles de France
La plupart des articles sont consacres aux groves ct A la
ratification du trait italicn par 1'Assemblte natioanle.
:Une d6peche de Campbell au New York Times indique
que le cabinet frangais 6tudie une proposition de rdorgani-
sation administrative de l'Algrie. II1 s'agirait de donner une
gale reprdscntation aux Europeens et aux Musulmans dans
un corps 16gislatif de 90 membres. Ce corps choisirait huit
de ses membres pour former un cabinet qui serait prdside
pal le gouverneur g6enral. En cas de desaccord prolonged
entire le cabinet et le gouverneur g6ndral, le gouvernement
de Paris acrait appcld h jouer le r6le d'arbitre.
Un article de Bataille, correspondent du Daily Worker A
Paris, consacrd I la gr6ve des cheminots se termine par
cette conclusion : < Le gouvernement Ramadier tombera ou
no tombera pas. Le faith important cst que l'homme de la
rue so rend compete, combien, en France, aujourd'hui, il est
facile pour un gouvernement qui ne comprend pas de com-
munistes de devcnir un gouvernement agissant contre le
people franqais >.
Le New York Journall reproduit une ddpeche I.N.S. de
Paris -relative A une declaration faite par le general de
Gaulle a une reunion privee du R.P.F. Le general aurait
indiqu6 que la France doit ddfendre la civilisation occi-
dentale et qu'il cst necessaire pour sa reconstruction qu'elle






5 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS iTRANGARE


re.oive une aide americaine. II aurait precise : Nous de-
vons acceptedr hvoc amitid et sans perte de souverainete.
Le journal public ctc article sous de gros titres et en repro-
duisant une photo recent du general.

LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE :

1. New York Herald Tribuine (15/6, 6d. europ6enne).
< Le gouvcrnenent sovi6tiquc avatt besoin de temps
pour agir dans son int6rkt propre avant d'approuver un
rigle,ment des questions allemandes et autrichiennes. En
effect, tout reglement visant A l'tablissement de la paix
entrainerait n6cessairement du mime coup l'6vacuation
de 1'Europe orientale par I'arm6e rouge.
La Russie cherche a maintenir sa puissance et son
influence apris le depart de l'armie rouge. En effect,
tant que I'arm6e rouge reste en force suffisante dans
n'importe quel pays, le Kremlin peut donner ses ordres
au gouvernement de ce phys. La forme de cc gouverne-
ment n'a pas une importance primordiale 6tant donn6
que tout gouvernenlent dolt prendre les ordres du com-
mandant sovietiaue. Mais en cas de dDmart de I'armbe
rouge, le Kremlin dolt procdcer A d'au'res arrange-
ments s'il veut continue A exercer son contr6le sur la
vie politique et iconomique du pays inttress6.
L'armbe rouge doit laisser derriere elle un gouver-
nement amical >, c'cst-a-dire une dictature excrcee par
les communists du pavs. sur lo"quels on peut computer
pour prendre :eur.s ordres A Mo-cou. C'est une die~ature
de ce genre ani vient d'etre Mtab'ie en Hnnerie. 11 exiite
deih une dlictntnre de ce genre en YonV oIolvie. en Bil-
garii et en Ronmanie. Les Rnsses, Jit-n,. dermonde-
raient un arrancpem"nt sernh'ah'e en Autriche avint de
signer un trailer de unix. Nons verrons n elles n"-ctiu-
tions les Russes estiment encorr necesnaire de prendre
en Poloane. et avant tout en Tch6coslovaquie.
Malar6 les consequences immr dates et dkconcet-intes
d'une telle attitude. cet'e no'itique permettHrit de fonrler
crue'cues espoirs pour l'avenir si nous pouvions Ctre
Certiins m1P le- pncIpc 9. S"1nt r'X.P nt tn ?, f 5' l)' ,:o
iu'ils doivent ev ruer 1'Eurone orientale. Mais il n'est
aucunepment certain nu'ils so snipn+ fqitg a ce'ti id6e.
Cenpndant. ii est ansez evident au'ils ncnsent qu'ils se-
ront Dput- tre obligks d'en pDaser par IAh.
Les perspectives russes en Europe -- en adniettant
qfie les Russes se sentent obliges de re'irer leurs troupes
- sont d'autant moins encourageantes pcur I''.R.S.S.
que I'Europe occidentale, y compris la plus grande par-
tie de I'Allemagne, est capable de se redresser de
facon m6thodiaue et qu'elle jouit de l'appui del'Am6ri-
que du Nord. Ce que nous appelons < Eur:pe occiden-
tale > comprend la parties la plus 6volu6e de l'Europe ;
par centre les pays compris dans 'a sphere d'influence
sovi6tique, A l'exception de la Tch6coslovaquie et de
'ouest de la Pologne, sont arrier6s non seulement sur le
plan industrial, Tmais aussi sur le plan agricole. Les dic-
tatures que Moscou laissera en Europe orienta'e apris
le depart de ses troupes ne pourront pas rem6dier fapi-
dement A cette inegalitC. Aussi les perspectives d'un re-
li'vement en Europe occidental sont-elles meilleures
*qu'en Europe orientale et ce contrast augment ra en-
core les difficultis des regimes satellites des Soviets.
On pent s'attendre A ce que Moscou fasse tout ce (ui est
en son pouvoir pour cmplcher 1'Europe occitientale
d'organiser son redressement.
Si ces vues sont exactes, il est clair. a mon avis. que
ce que nous pourrions appeler la politique Marshall de
redressement europeen serait ruin6e si snous acccptions
la proposition de M. Hopver de conclure une paix s6-
par6e avec "Allemagne occideftale. Une paix separie


de ce genre permettrait non seulement au Kremlin de
Inaintenir ses troupes en A'lemagne et dans 'Europe
orientale, mais encore elle l'y obligerait r6ellement.
Un traits de paix s6par6. on une proclamation de
paix s6parbe, ne r6soudrait aucun probl6me ayant trait
a la reconstruction de IlEurope on A la liberty de 1'Eu-
rope. VoilI qui pourrait au contraire rendre le pro-
blbme europben definitivement insoluble. En effet, le
probleme essential A resoudre c'est de determiner com-
ment on pent amener I'armee rouge A se retire depuis
le milieu de I'Allemagne jusqu'aux fronti6res de l'Union
Sovi6tiInue. Un traits de paix soparB -onclu avec une
Dnrtie de I'Allemafne ne forcerait nas I'arm6e rouge A
6vacuer ce terri'oire. mais au contraire, a y demeurer.
Ceopndqnt le probhime de 'a liberation de I'Europe
n'est pa< insoluble. Nous le constatons par le faith meme
qu'en Alemagne, en Aufriche et ailleurs, les Soviets
prennent des measures tui sent destinies i les garantir
centre les consequences d'une evacuation. >
(WALTER LIPPMAN,.)

< Une offre aussi audacieuse que celle de M. Marshall
dmande une rtnonse gui sait aussi audacieuse. Ce n'est
pas souvent que les intirets 6conomiques de deux conti-
nents soient aucsi identimoues au'ils se trouvent etre
actne'lement plans le cas de I'Ami-ique et de 1'Europe.
T1 fant des d.bnch6g aux Etqts-Unis. e* ceci imnliaue
I'ex;stenc, d'une Eurone proznbre. D'un autre c6t6 1'Eu-
rone a bes-in avant tout d'une production accrue, ce
uni velt dire o-r'e'le doit tAre Psrez nrospiTr pour nOU-
viir rcmani'".-r IP nrdnlits qamEricains. Si 1'Europe
rpnond a l'offreq amriniaine dans un Psnrit e continen-
tnl >. Penls s'ivol"rnnt des antres ceux qui veulent vrai-
ment etre nrives de ces avant'aes.
Le Nonveau Monde a pris F'initiative d'unifier Pan-
cion. L'Eurone. avec tous ses trWsors de saeesse, peut
exnrimer ca reconnaissance en donnnnt une rDnonse gui
non seu'ement in fern prcoresser vers une unite reelle,
Tais encore arr8tera ce gl';sement vers une division
fatal dur monle don't la menace plane dejA sur ce
continent bouleversb. s
(TIBOR MENDE.)

2. New York Herald Tribune (14/6).

<< Selon la thise de M. Marshall, les E*ats-Unis desi-
rent aider uine Europe qui se montre prtte A coop6rer
en faisant elle-m6me des efforts pour se reliever. Le
p'an de M. Marsha'l ne trace pas de frontieres arbi-
trnires: an contraire. M. Marshall a pris bien soin d'in-
clure Pffectivement la Grande-Bretnane et la Russie
Tnrm; los Ftats sur In collaboration desquels comptent
les Et~t-Unis nour 61aborer un plan de reconstruction
pour I'Eurone. Ce n'e t pas 1A un test po'itinue on id6o-
nloioue sinon dans la measure oh la nolitinue ou 'id6o-
logie d'une nation peut avoir une influence pour retar-
der pluttt qu'avancer le redressement de 1'Europe.
.Cette at:ittde est cell du hon sens, et elle montre la
politique itrangbre ambricaine y .compris la doctrine
Truman sous son jour veritable. La politique visant
a aider certain pays A r6sister au communism a cons-
litu6 tout d'abord une r6aclion defensive resultant de la
faillite du systmne de collaboration envisage i Yalta et
Potdam. Les Etats-Unis ne se sont pas lanc6s dans
cette poli'rique avant le moment of la pression de la
Ruslie en MWditerranee est devenue nette et dange-
reuse. Dans le meme sens, les Etats-Unis n'ont pas Iin-
tention de promouvoir P'organisation de l'Europe sur la
base d'une division entire 'Est et I'Ouest, a moins qu'il
n'y ait pas d'autre solution. Sans computer les cons6-






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE I


quences qu'aurait une telle division sur la paix du
monde, le probi6me pratique de veiller a ce que les Eu-
rop6ens recommencent A se nourrir normalement, a tra-
vailler et a sentir un toit solice au-dessus .de leurs toees.
constitute une tache suffisamment imposanLe pour reque-
rir les efforts communs de tous les peuples du conti-
nent.
Peut-6tre n'enregistrerons-nous pas cet effort common
que nous attendons. II se peut que les Russes soient re-
solus A poursuivre le genre de politique qu'ils appli-
quent maintenant en Hongrie; les clauses qu'ils vou-
draient voir adopter pour un riglement europeen peu-
vent 6tre d'un genre inacceptable pour les nations occi-
dentales; il se pent encore que le programme economi-
que russe s'avere entierement incompatible avec le pian
amnricain pour le rel6vement g6ndral du commerce
europeen. Dans ce cas, on pourra adapter le plan de
M. Marshall A la situation, et les puissances occidentales,
du moins cells qui d6sireroni participer A l'effort com-
mun de reconstruction economique, pourront itre ai-
dees. Mais c'est A la Russie de prendfre une decision,
une decision qui sera non seulement la sienne, mais
cell que r6clame le course des 6evnements qui exige une
action immediate pour isauver la parlie de 1'Europe qui
veut sortir du chaos. >



III. PRESS SOVIETIQUE



Revue de la press sovidtique du 15 juiln 1947

La rubrique 6trangBre comprend -environ une page et
demie et, comme tous les dimanches, elle est assez riche
en commentaires.

1. Nouvelles officielles
Cette rubrique est dominee par deux nouvelles publiees
var tous les journaux :communique du bureau d'informa.
tion du ministrre des Affaires 6trang&res A propos de la
situation en Hongrie ; telegramme Tass de Coree sur le
communique du 10 juin de la Commission mixte sovieto-
amnericaine pour la Coree

2. La politique des Etats-Unzs
Quelques t6elgrammes seulement concernent cette politique
on ses incidences dans le monde : tel6gramme de Londres
sur les diverse manifestations des representants progres-
sistes de la litterature et de l'art, sur le danger fasciste
aux U.S.A. ; telegramme de Londres egalement sur les
poursuites auxquelles est en butte Charlie Chaplin. Une
court depeche announce la construction d'avions stratosphl-
riques ultra-rapides. Enfin, deux autrcs tedlgrammes an-
noncent, I'un, l'arrivde de, missions americaines en Turquie,
I'autre, de Belgrade le montant des reclamations de la You-
goslavie aux U.S.A. en dddommagement de I'immobilisation
par les autorites am6ricaines de la flotte yougoslave du
Danube.

3. La lutte pour la ddmocratie dans et monde

C'est A elle que se refere le plus grand nombre de t616-
grammes qui sont r6partis entire les divers journaux : les
ddp6ches les plus nombreuses concernent I'Allemagne et
tIAutriche : indignation de l'opinion autrichienne a la suite
de l'acquittement de Schmidt; reclamation de la socialisa-
tion de l'industrie par les syndicats de ]a zone anglaise;
confirmation de la d6mission de l'ancien bourgmestre de
Berlin par le commandment alli6 et nomination de son
remplagant.
Tous les journaux publient tn telegramme Tass de Berlin
donnant des provisions sur la confdrenf e des premiers mi-


nistres des Linder et sur les conditions du depart .des pre-
miers ministries de la zone sovi6tique ; le bourgmestre de,
Breme, Kaiser, declare qu'il ne pouvait pas examiner ces
questions, car son part le lui avait interdit (Kaiser est
socialiste-democrate). Le premier ministry palatinat rhenan
(zone frangalse), Zoden, declare qu'en acceptant d'examiner
ce prob.6me, il craignait des d6sagrements de la part des
autoritds frangaises a'occupation qui lui avalent interdit de -
prendre part i toute discussion politique. Le premier minis-
tre de BaviBre, qui avait pris 1 initiative de la reunion, le
docteur Erharat, eclara 6galement qu'il ne pouvait pas exa-
miner cette question, car ii n'en avail pas le droit. Son
second, le docteur Hegner, annonqa dans une declaration que
I'ordre du jour avait 6etd tab.i par administration militaire
competente. Malgre ces declarations, les premiers ministries
de la zone sovietique, Hekker, Paul Fischer et Gubener, dans
fears cdclarations, cherchrrent i persuader Ehrart et les
autsies membres de la neccssitd de mettre a I'ordre du jour
la question de la formation dune administration central
allemande et celle de la creation d'une Allemagne unie.
L'un des premiers ministres de. la zone sovi6tique d6clara
que c tait la question capital pour I'Allemagne et que, si
elle n'etait pas rdsolue, aucune des quatorze'questions de la
reunion ne pouvait l'itre avec succes. Mais les premiers
minlrtres des zones occidentales ne se deciderent pas A re-
noncer aux instructions qu'ils avaient et on ne put pas
rdussir a obtcnir un accord sur 1'ordre du jour. Dans ces
conditions, les premiers ministries de la zone sovietique
quitterent Munich.
La plupart des autres nouvelles se situent nettement au
second plan : proces d'He.sinki, attaque contre les partisans
grecs, communique de la C.G.. T. l'issue des graves en
France, activity fascist en Suede, declaration de Dalton sur
les difficulties economiques de l'Angeterre. On relive dans
Trud diverse nouvelles sur le movement syndical et le
compete rendu des travaux du CongrBs de la F.8 M. A
Prague.

4. Nouvelles diverse

On ne relive que que1ques telegrammes de second plan :
ratification du trait de paix avec 1'Italie par l'Assemblee
national franvaise; arrive A Varsovie des d6elgations pour
le plenum du Comit6 slave; de Varsovie, compete rendu de
la conference de press du ministry des Affaires .trangeres
au sujet de I'enterrement de Rackievicz. Enfin, Trud public,
sur une page presque entire, une lettre de Riga d'une ci-
toyenne sovietique rapatridee du camp des personnel ddplacies
de Neustadt, en zone anglaise en Allemagne, ot elle se plaint
longuement de l'attitude des autorites militaires A P1gard
des citoyens sovi6tiques que 1'on empeche de rentrer dans
Ieur patrw.

5. Commenfaires

Trois d'entre cux ne presentent qu'un int6ret,secondaire.
Dans Moskovsky Bolchevik, Levitsky etudie les peuples de
Yougoslavic sur c le chemin d'un avenir de bonheur *.
Dans 1'Etoile Rouge, Gabrielovitch comment le film tch&que
Les homes sanus i'les. Dans la Komsormolsakja Pravda, un
article de Bogatyrev relatif a la prochaine session du Comit6
de la Feddration Mondiale de la Jeunesse Democratique est
intitule : < Pour une paix solid pour l'unitd >. Dans lqs
Izvestia, on relieve en premier lieu la chronique sur les
themes de la vie. i 1l'tranger de Morane. Elle est consacree
a trois nouvelles : les declarations rditerees du journal uru-
guayen El Dia sur I'importance de la legation sovietique h
Montevideo, les compliments adresses dans le Daily Tele-
graph and Morning Post par la veuve de Himmler l'ad-
ministration anglaise, attitude strange des juges de Tan-
ner, en Finlande.
SOn note egalement un article de Nikolaev, intitul6 : c La-
mentations hypocrites > consacr6d une recent declaration
de 1'ocrivain frangais Louis Pauwels, publide dans la revue
Esprit. Apres avoir soulign6 le pessimisme profound de sa
philosophies et 1'appel i la passivity absolue de l'homme
devant le destin et devant la vie, que constitute son roman,
Nikoyan ajoute que ce n'est pas par haartd qu'en Fran'e
0






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRAANGARE


les manifestations de pessimism sont si poussdes. La,
France est l'arene d'une lutte acharn6e entire les forces de la
d6mocratie et celles de la reaction. Elle n'a pas su se ddli-'
vrer de ceux qui contribuent a la venue du fascisme au
pouvoir, .des deux cents families qui tiennent en leurs
mains les richesses du pays. La reaction ne mdprise aucune
arme dans sa lutte pour le pouvoir. Le march du livre A
Paris est rempli de litt6rature amorale et pe ssimiste. Des
centaines de livres aux titres criards, intrigants, sombres et
drotiques, ddtournent i'attention du people de la vie social
et politique et cherchent h affaiblir son activity et sa vo-
lontd de lutte. Mais, en France, il y a aussi une autrc litt4-
rature, c'est ]a litt6rature du people, les ceuvres d'Aragon,
de Cassou, d'Eluard, de Chamson, d'Emmanuel, de, tous ceux
qui respectent les glorieuses traditions qui suivent l'amour
de la liberty de Barbusse.
Dans la Pravda, Leontiev consacre un article au problem
de. la liberty de information et de la press. Son article,
qui examine les travaux de la Commission de I'O.N.U.,
oppose la conception de la liberty de la press de IJUnion
Sovidtique h celle des U.S.A. et des pays bourgeois on gB-
ndral. La liberty d'information et de la press a un sens
autre dans les autres pays. Pour nous, cela signifie avant
tout que la press, doit servir les int6rets des large couches
du people, qu'elle doit etre libre de toute pression d;s cli-
ques des grands homes d'affaires qui tendent A monopoli-
ser la press dans leurs buts cgoistes et interess6s. La ques-
tion de la liberty de information et de la press est inse-
parable de la question de la responsibility ; la liberty n'est
pas l'abscnce de responsabilit6 ; la tache essentielle de la
press et de la radio consiste a d6fendre les peuples contre
la propaganda des fautcurs de guerre, h enlever aux ennemis
de la paix la possibility de r6pandre librement les men-
songes, A assurer a chaque journalist honn&te le droit et
la possibility d'exprimer ses iddes sans crainte de rrprcssion
de la part d'un proprietaire capitalist.


Revue de la press sooidtique da 116 juin 1947

COMMUNIQUE

La press sovi6tique d'aujourd'hui public le communique
suivant : c Mesures prises par les autoritds frangaises en
Sarre >. Berlin 13 juin. (Tass'.)

Selon un communique A.D.N. de Sarrebruck, A par-
tir du 15 juin 1947, il sera introduit dans le territoire
de la Sarre une monnaie appel6e << mark sarrois > en
quality de moyen 16gal 'de pavement. Les habitants du
.territoire de la Sarre ont 6tW appel6s A changer les an-
ciennes, devises qui 6taient en leur possession centre
les nouveaux marks sarrois. Selon une declaration d'un
collaborateur du ministere des Affaires 6trangBres de
France, ce changement a 6t4 op6r6 afin de faciliter.
I'union 6conomique definitivee de la Sarre A la France.
Le journal Berliner Zeituing a 6crit ces jours-ci que
<< le commandant en chef frangais en Allemagne, le g6-
neral KIoenig, a fait, le 10 juin, au Conseil de contrble,
une communication relative A la modification des fron-
ti6res du territoire de la Sarre et A l'introduclion d'une
nouvelle monnaie appel6e & mark sarrois >. Dans les
commentaires qu'elie donne A propos de ces commu-
nications, la Be~rlinr Zeitfng in'diquait : a L'introduc-
tion d'une monnaie sp6ciale A la Sarre constitute un nou-
veau pas vers la separation du territoire sarrois >.
Ces measures n'ont aucun fondement, 6tant donna que
les decisions de Potsdam .sont encore en vigueur. Les
autres puissances occupants peuvent aussi ne pas re-
connaitre ce novel acte unilateral que constitute la
creation d'un mark sarrois.


S. P. I. Il p., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


Prix : 6 fr.




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