Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: June 14, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00114
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentalion
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANCAISE


MINISTER
DES AFFAIHES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS


BULLETIN


PRESS


QUOTID(



ETRAN


SOMMAiLRE

].- PRESS BRITANNIQUE.
a) La situation int6rieure en France.
1. Times, 13/6.
2. Da&y Tlelegraph, 13/6.
b) Apres la crise hongroise.
1. Daily Heriad, 13/6.
2. News C ruactle, 13/6.
3. DaiLy Express, 13/6.
IL. PRESS AMEIiCAINE.
a) Les Etais-Unis et la France (Life, 13/6).
,b) L'Union Sovi6tique et 1Europe orientale (New:
Yorkc HtlamWd Trtoune, 13/6, 'dli. europ.).
III. PRESS SOVIATIQUE.
L'aide ambricaine a la Turquie (Pravda, 12/6).
IV. PRESS SUISSE.
a) La situation interieure en France (Tribmue de
Creneue, 12/6).
b) Apres la crise hongroise (National Zeitung, 12/6).


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 13 juin 1947
La question hongroise prend de plus en plus d'ampleur
dans la press britannique, qui la considere, ce matin, sous
trois angles diff6rents : 10 du point de vue des relations
anglo-sov.etiques et internationals ; 2 dans ses rapports
avec 1'evolution politique de I'Europe central et oriental ;
3 *du point de vue de la situation intdrieure de la Hongrie
i proprement dite.
Enlin, la greve des cheminots en France fournit matiere
a de nombreux articles cans les princ.paux journaux et a
trois editoriaux dans le Times, le Daily Telegraph (voir ces
articles plus loin) et le Manchester Guardian.
Enfin, la press accord une grande importance au project
Marshall d'aide A 1'Europe.

1. Hongrie
Sauf le Daily Worker, l'ensemble de la press est unanime
A approuver les declarations que M. Mac Neil a faites, hier,
aux Communes, an sujet de la Hongrie et au course des-
gueleg il a ano q"i Dn gouVsNaemept bAttA~~iq _atei*-


dait insister aupres du gouvernement sovi6tique pour obtenir
Ics-informations auxqueules i estime avoir d'oit.
Le corresponaant politique du Manc heser Guardian s'in-
quieie des repercussions que pent avoir l'aftaire hongroise
sur les relations angio-sovietiques : < Le cakactere malsain
de la situauon Internationaie est evident 3, ecru.-l. Seton
ce journal, il est e.range que I'Union Sovieuque semo.e
s'opposer au droit qu'a ua pays represent aans une com-
mission a.l6e d'obtenir des renseignements s'u les evene-
ments qui se passent uans le tcrritoire ou 'siege cette com-
mission.
Selon ce correspondent, la gravity de la situation justifie
ie grand aebat de pollique eLrangere qui va s'ouvrir la
semalne pk'ocliaine aux Communes.
Le Dany Telegraph piecise a ce sujet que ce n'est pas
seuiementi la sluation nongl'roe, ma.s egaement ceile de
tous ie pays ae la zone a'mlunence russe qui aera etudiee
.u course de ce debat.
D autre part, la press donne une tres large publicity aux
incidents qui se sont products hier a 1 Assembiee naLionale
hongkoise au course d'un debate violent qui a mis aux prises
le leader ,du parti lindral, M. Sulyok, et les communists.
La plupart des journaux reproduisent les declarations de
M. Sulyok et mettent en relief ses attaques contre le regime
communist actuel coupable, selon lui, de longer le pays
dans la terreur. La press comment tres favorablement
ces declarations.
Quant au Daily Worker, il accuse ouvertement les gou-
vernements britannique et am6ricain de fomenter une nou-
velle crise en Hongrie et lancer une nouvelle campagne anti-
sovi6tique.
Selon William Rust, correspondent du journal a Buda-
pest, tout se serait passe en Hongrie d'une fagon d6mocra-
tique et la fuite de M. Nagy fournirait la preuve de sa
culpability. Apres avoir chassd les traitres, la cooperation
national continue sur la m6me base qu'avant, les petits
propridtaires occupent toujours les postes-cl6.
S Selon lui, le gouvernement britannique, serait intervenu
directement dans les affaires hongroises et sa mission a
Budapest serait en contact 6troit avec les fiddles de Horthy.
La Grande-Bretagne et I'Amdrique ne reussiront pas a chan-
ger le gouvernement hongrois. La Hongrie ne, pourra pas (
6tre trantform6e' en deuxieme Grece.
Le correspondent diplomatique du News Chronicle passe
en revue la situation des different pays d'Europe, notam-
ment en Bulgarie et en Hongrie. II croit que les commu-
nistes auront affaire a plus forte parties en Autriche que
dans les autres pays.
2. France
La plupart des journaux signalent la fin de la grive des
cheminots et donnent, soit un compete rendu des n6gocia-
tions, soit les terms de l'accord intervenu entire le gouverne-
meat at le p~iocate.


DE


14 juin 1947


Nouvelle 6Srie N 692







2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE


Le correspondent du Manchester Guardian lui consacre
toutefois un important commentaire.
11 estime que l'accord sera difficile et y voit un example
des < institutions bureaucratiques de la France >. Get accord
montrekait 6galement a quels extremes le gouvernement a du
recour:c pour sauver la face et mener sa politique. Ii y voit
la fai.lite du principle selon lequel un gouvernement De doit
pas n6gocier tant qu'une greve d'un service quelconque est
en course. Mais si cet accord est prdjudiciable h l'autoritA
gouvernementale, elle ne i'est pas moins, selon lui, aux
syndicats et aux communists, qui se sont montrds inca-
pables de contr6ler les 6evnements.
D'autre part, quelques journaux signalent la give d"
certain services publics.

3. Sarre

Le correspondent du Times i Paris fait 6tat de la satis-
faction cause en France par le) declarations de M. Bevin
sur la Sarre. On les considdrerait h Paris comme ln pas
important vers un rogleinent d'une question difficile. Cc
cornespondant' announce le prochain depart de M. A phand
pour Londres.

4. Aide americaine ai I'Europe
Plusieurs journaux donnent le resume des declarations
que M. Marshall a faites hier au course de sa conference de
press sur la ndcessitd pour 1'Europe de prendre initiative
de sa propre restauration.
D'apr&s ie correspondent du Daily Telegraph, la Grande-
Bretagne devrait, dans l'esprit de M. Marshall, paendre la
t&Le ae ce movement. 11 se pourrait, selon lui, que Londres
organise une conference des nations europ6ennes.
Le DaiLy Express souligne le fait que la Russie esL com-
prise dans le plan d aide amlricaine. Le Daily Worker ne
prend pas cette idie au s6rieux. Selon iui, M. Marshall sup-
poserait que la Russie refusera les credits amiricains et lui
donnera a.nsi une raison de se mettre en dehors de lEurope.
D'ailleurs, selon lui, le Congres s'y opposerait formellemeni.

5. Bulgarie

Le correspondent special du Manchester Guardian i Salo-
nique announce que le sous-comit6 de la commission de
1'O.N.U. pour les fronti6res balkaniques s'est vu refuser
l'entr6e en Bulgarie pour la deuxi6me fois.

6. Allemagne
Le Times rend compete de la loi agraire qui va Wtre bient6t
promulgu6e dans la zone anglo-amnricaine. Le souci essen-
tiel des autorit6s d'occupation aurait WtA, selon ce journal,
de ne rien faiie qui puisse aggraver la situation allemande
en defendant aux r6fugi6s disperses de se r6installer sur
]a terre allemande.

7. Indondsie
Le Manchester Guardian et le News Chronicle signalent
que la situation s'est aggrav6e en Indondsie depuis l'envqi
par le gouvernement de La Haye d'un ultimatum au): repu-
blicains indon6siens.

8. Chine
D'apres une d6p6che Reuter reproduite par le Manchester
Guardian, l'une ,des causes de l'offensive mongole serait
existence de d6p6ts d'uranium i Sinkiang.
D'apr6s une autre dep&che, rep:oduite par le Daily Tele-
graph, la Chine envisagerait d'en appeler a 1'O. N. U. si sa
demarche auprds du gouvernement russe restait sans r6ponse.

9. Grande-Bretagne

Selon une information que le Daily. Graphic est seul &
donner, la Grande-gretagne poss4derait une arme secrAte
aissi puissantc que la bombe atomique.


a) LA SITUATION INTBRIEURE EN FRANCE.
1. Times (13/6) :

< L'un des aspects de la crise a 6te constitu6 par le
faii cIue les autoris6s responsables. homes politiques
ou dirigeants syndicaux, se sont montr6s disposes a
regarder au 'delh des difliculies imnmdiates afin d d-
lerminer leurs causes et d'y rem6dier. On est parvenu
A cette conclusion que la force initial imprimee a
I'agitation a Wte due au gouvernement lui-m6me, lors-
qu'll a admis que sa politique de baisse des. prix n'avait
pu arreter la course de l'inflation et lorsqu'il a faith
part de son intention d'examiner le probl6me 'des sa-
laires en juin pour fixer un minimum vital.
La vie 6conomique de la France 6tait sur le point de
s'arreAer lorsque les dirigeants syndicaux, apres plu-
sicurs lentatives infructueuses, ont entam6 des pour-
parlers heureux avec le gouvernement. Le reglement
de cette crise est un triomphe de la raison sur les
passions.
La cause immediate 'de I'agitation a 6t6 la rupture
de la coalition comprenant A la fois les communists
et le M. R. P. qui, A part quelques modifications de
forme, avait gouvern6 la France depuis la Liberation.
Mais pour trouver les origins reelles du malaise, on
dolt remonter jusqu'a l'automne 1945, lorsque le g6n6-
ral de Gaulle a dit a la C. G. T. qu'elle n'avait pas A
s'occuper de politique.
Pendant la premiere campagne Blectorale qui ait 6tA
incn6e aprks l'entr6e en vigueur de la nouvelle Cons-
titulion, on a pr6tendu en geinral que les buts et la
politique des communists elaient purement destruo-
teurs. II est tout a 'hlonneur de l'opinion frangaise de
ne plus imputer les groves uniquement aux commu-
nistes. It y a en effet plus de causes qu'il n'en faudrait
(sans vouloir incriminer l'intervention des communis-
tes) pour justifier un malaise ouvrier dans la situation
actuelle economique et financibre 'de la France. Les
derniers 6venements ont constitu6 un avertissement bru-
tal : on desire en g6n6ral voir renaitre l'atmosphere
qui a permits 1'l6aboration du plan Monnet. Tous les
parties sortent quelque peu punis des epreuves des cinq
derniers jours. Les communists ont maintenant
conscience qu'en encourageant des manifestations ou
des graves symboliques, ils ont jou6 aveo le feu. Ils
n'avaient pas l'intention de pousser leur action
an point de mettre en danger 1'8conomie 'du
pays el l'autoritW du gouvernement, et ils compren-
nent maintenant avec quelle facility le contr6le de l'agi-
tation peut echapper A ceux qui la d6clenchent. Le
gouvernement comprend tout .aussi bien que la grAve
et les concessions qui ont mis fin A celle-ci ont 6te
beaucoup plus cofteuses pour le pays qu'une accepta-
lion des premieres demands des cheminots; le gou-
vernement sait que le budget doit Aire maintenant re-
fait. Le public a vu que les graves dans une entreprise
nationalis6e sont 'dirig6es conire le gouvernement et
que, par consequent, il n'y a aucune autorilt au-dessus
des parties en conflict pour jouer le r6le d'arbitre im-
partial. Toutes ces considerations amenent A poser avec
inqui6tude des questions au sujet de l'avenir imm6diat.
La viagie d'agilation va-t-elle iainlenant uhgsistcr on
a-t-elle diminu6 uniquement pour se manifester avec
u'ne force accrue ? L'accueil qui sera r6serv6 a la grbve
symbolique 'des services publics A Paris, pr6vue pour
aujourd'hui, r6pondra en parties A cette question et dejA
on peut noter que les conducteurs de cars et d'autres
employs des services de transports apparentes n'ont
t6moign6 aucune sympathie aux cheminots, mais ont
r6pondu avec empressement aux appeals particuliers que









BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANG*RE 3


le gouvernement leur a lanc6s. 11 semblerait qu'il existed
maintenant des forces puissantes qui s'emploient au re
dressement de la situation 6conomique du pays el que
]e redressement et la security, non seulement de la
France, mais aussi de 1'Europe, dependent de leur sue-
ces. Le rel6vement du continent, dejA handicap& par
1'6chec de la conference 'de Moscou, pourrait devenir
un vain espoir si la France. divisee interieurement et
aux prises avec des difficulties inl6rieures, 6lait inca-
pable d'apporler la contribution essentielle que le
monde attend d'elle. 3,

2. Daily Telegraph (13/6, conservateur) :

< AprBs cinq jours de paralysie, le reseau ferroviaire
frangais fonctionne a nouveau grice au reglement qui
a mis fli a A a grAve des cheminots. La question de
savoir s'il fonctionnera toujours de fagon normal
est cependant douteuse. Les terms de l'accord prAvoienl
que les grAvistes n'obliendront pas des conditions de
vie extraordinaires. De plus, les tarifs ferroviaires en
France ,sont bon march et des augmentations pour
faire face aux frais accrus ne seraient pas d6raisonna-
bles, si l'on pouvait examiner le probldme des chemins
de fer isolement.
Mais cela est impossible, et le veritable danger, c'est
que les importantes concessions qui ont et faites sem-
blent marquer un abandon de la politique qui a kte
inaugur6e par M. Blum, poursuivie par M. Ramadier,
et qui consiste a aligner les prix sur les salaires plut6t
que les salaires sur les prix. Envisage en liaison, avec
les clauses de I'accord qui a mis fin A la greve 'du per-
sonnel du Gaz et de 1'Electricit6, I'accord avec les
cheminots semble annoneer une nouvelle vague d'in-
flation qui reduira naturellement A n6ant ces conces-
sions, et qui, en fin de compete (peut-&tre dans fort peu
de temps), ambnera de nouveaux conflicts sociaux. L'eco-
nomie franchise semble done malheureusement s'Atre
engage e dans une voice dangereuse. ,>

APRntS LA CRUISE HONGROISE.

1. Daily -Healtd (13/6, travailliste) :
< Le rapport fait A la Chambre des Communes par
M. McNeil sur les conversations entire M. Molotov et
l'ambassadeur britannique h Moscou no peut que con-
firmer l'impreIion que le gouvernement soviAtique de-
sire autant que possible dissimuler ses activities en Hon-
grie.
Mais ce qu'on connait ,des fails ne laisse que peu de
doutes sur le but de la politique sovietique. Celle-ci
cherche a assurer par tous les moyens le passage du
contr6le effecif du gouvernement hongrois aux mains
de ce que M. Rakosi appelle avec fiert << le parti com-
muniste hongrois au poing de fer .
Et il est evident que la m6me politique est poursuivie
dans les autres pays de 1'Europe central et oriental,
et meme en Autriche. .
Que signifie tout cela ? Les Russes, s'ils garden le
secret sur leurs tactiques, experiment assez franchement
leurs intentions. Is considrrent que la security de
l'Union sovietique exige la presence dans tons les pays
limitrophes de gouvernements don't i'atlitude soit (( ami-
cale > vis-i-vis de l'TUnion sovietique.
C'est li une doctrine dangereuse, car c'est nier la
d6mocratie et l'in'ddpendance national que de permet-
tre a une grande puissance de revendiquer, sons quel-
que pr6texte que ce soit, le droit d'imposer ou meme
d'influencer la composition du gouvernement d'un au-
tre pays.
Ces tentatives sovietiques visant a s'attirer par la


force, plut6t qu'a la meriter, l'amitie des autres pays
sont lourdes de dangers. Car, A la longue, elles suscite-
ront probablement non pas de l'amitiA, mais du res-
sentiment et de I'hostilit6. Et comment, dans ce cas,
peut-on encore garan;ir des relations amicales ?
Par la force ou la menace d'y recourir ? Par la guerre
ou par la menace d'y recourir ? Quels peuvent-Atre les
autres moyens ? C'est une voie dangereuse que celle ofl
la diplomatic soviblique semble s'engager, une voie qui
peut ftci:em.eit conduire A l'agression, meme si on s'y
engage, pour des raisons purement defensive.
Mais A l'origine, il y a !a crainte et la mefiance, la
crainte et la m6fiance profondes des leaders soviktiques
qui redoulent que les < puissances occidentales > ne
.complotent pour encercler et attaquer l'Union sovie-
tique et n'utilisent les Etats limitrophes pour lancer
cette altaque.
Cette crainte est ridicule, cette m6fiance est sans fon-
dement, mais elles existent. La tAche essentielle de notre
diplomatice, c'est de trouver et d'utiliser tons les moyens
possibles, compatibles avec nos principles, pour dissiper
cette crainte et enlever toute raison d'etre A cette mI-
fiance. >

2 News Chronicle (13/6, lih6ral) :
< Les recents 6v6nements d'Europe montrent claire-
ment que les divergences de vues qui separent I'Orient
de l'Occident se sont mdnifesties de facon nouvelle.
Le conflict s'est aggrav6 d'abord i cause 'du nouveau
prom'nmme economique americain esquiss6 par
M. Marshall dans trois declarations importantes, et en-
suite A cause du retrait prochain du gros de l'Arm6e
rouge des pays d'Eutrope central et orientale, confor-
mIment aux traits de paix 'qui viennent 'd'etre signs
rAcemment.
II est evident que les mobiles des actions de la Russie
en 'Europe orienlale resident dans un d6sir de se pro-
teger plut6t que dans une volont6 d'agression. L'Union
Sovitique cherche A remplacer la puissance militaire
par la puissance politique parce qu'elle 6prouve une
m6flance inveteroe A l'ggard de la p6entration Acono-
mique ambricaine dans les pays situ6s pres de ses fron-
tirres.
La vieille these marxiste selon laquelle un conflict
entire le capitalism americain et le communism so-
vietique est inevitable en fin de compete hante toujours
l'esprit des communists du monde enter. Elle com-
mande Agalement les pens~es et les actes de l'extrmme
droite, et c'est la l'origine de la situation tragique 'du
monde d'aujourd'hui.
Trop souvent on en brosse un tableau tout en .con-
trastes violent, en noir et blanc (ou rouge et bleu)
sans tenir compete des teintes intermediaires. Mais elles
existent et c'est le devoir des liberaux du monde en-
tier de les trouver. Comment la Grande-Bretagne peut-
elle y parvenir ? Politiquement et moralement elle
6tait obligee de protester centre les derniers agisse-
nients russes, ne serait-ce que parce qu'ils constituaient
une violation directed des droits humans qui ont Wte
sanctionn6s dans les traits de paix internationaux.
11 rest A voir o6 mineront ces Achanges diploma-
tiques. Mais le fait d'6viter les conf'its politiques par
une action diplonmtique ne peut en lui-mome amener
une entente durable entire I'Orient et l'Occident. Une
veritable reconciliation (qui est indispensable A la
paix mondiale) ne peut 8tre obtenue que par des me-
sures beaucoup plus positives.
Le seul veritable espoir de l'humanitA, comme l'a si
souvent soulign6 ,ce journal, c'est que la n6cessite de
satisfaire les besoins Aconomiques aplanisse les diver-









4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS *TRANGARRE


gences politiques et iddologiques. C'est la raison pour
laquelle les declarations de M. Marshall au sujet d'une
Europe unie revelent une telle importance. ,

3. Daily Express (13/6, conservateur).

a La situation complex qui rigne en Europe orien-
tale exige que la Grande-Bretagne essaie de diminuer
la tension entire les nations.
On devrait examiner et essayer de comprendre les
raisons qui ont pouss( les Ruses a agir comme ils l'ont
fait en Hongrie.
Ce fut une grave erreur de la part des Russes de se
mdler des affaires intirieures de la Hongrie. Comment
peut-on expliquer .celA ? Par le fait que les Russes
souffrent d'un fort complex de crainte.
Naturellement, l'imagination joue beaucoup dans cette
m6fiance russe. Mais nous devons nous rappeler que
c'est la m6fiance d'un people qui vient de subir l'une
des invasions les plus affreuses de l'histoire, invasion
A laquelle ont particip6 les divisions hongroises.
Exposons le point de vue britannique en tenant compete
des 616ments humans mis en cause et particuliroLment
des faiblesses humaines.
Faisons comprendre aux Russes que si la politique
britannique differe de la leur, son but n'est pas de frus-
trer la Russie, mais de faire progresser le pus rapide-
ment possible 1'Europe et la Russie' avec elle vers la
prospdrit& et la liberty a



II. PRESSE AMERICAINE


eior de la press americaine du 12 join 194:
1. Situation europdenne
La press donne la vedette, d'une part. au discours pro-
nonc6 par le Prdsident Truman hier A Ottawa, discours an
course duquel il a r6affirm6 et a.pr6cis6 la doctrine qui
porte son nom, d'autre part i la protestation adre.se6e an
representant russe au Conscil alli6 de Budapest ct i la
declaration faite par le D6partement d'Etat au sujel de la
situation bulgare. Dans leurs commentaires, certain jour-
nalistes sont amends a faire des comparisons centre ce que
sont aujourd'hui la politique interieure ct la politique extd-
rieure amcricaincs et ce qu'elles Ctaient 'dans les annces
qui precddrent la guerre. Le replacement gradual par des
governments de minority et sous des pressions 6trang&res
de gou'vernements s'appuyant sur des majorities Blurs. l'ab-
sorption de ces pays dans une sphere d'influence totalitaire
entrainent une politique CtrangSre am6ricaine qui encou-
rage, constatent-ils, partout oil elle le peut, la resistance, A
ces pressions 6trang6rcs. Ils citent notamment A cc sujet
des phrases du president Truman disant : Nous avons
l'intention d'appuyer ceux qui sont determines A se goou-
verner par eux-mnmes de leur propre faqon et qui honorent
le droit des autres a faire de m&me. Nous avons intention
d'aider ceux qui respectent la dignity de I'individu, qui lui
garantissent un 6gal traitement devant la loi ct ani lui
accordent la plus large liberty possible pour d6terminer sa
propre destinee et dans la limited de ses capacitds a,
Des articles sont consacrCs h la protestation amrilcalne
an sujet de la Hongrie et sont reproduits sous ies tlitres
indiquant .que les U.S.A. considnrent que les Soviets sont
coupables d'intcrventions dans les affaires intCricures hobu-
groises.
La declaration du D6partement d'Etat an sujet de la situa-
tion en Bulgaric est reprodutte entidrement dans la plupart
des journaux qui soulignent que le government bulgate
viole les accords auxquels il est parties en m&me temps que
les gouvernements anglais et russe.
Dans leurs commentaires sur la situation int6rieure ame-
ricaine qui rdsulte de ces tensions europeennes, l1s rdnae-


teurs politiqucs des journaux mettent en evidence que l'ad-
ministration Truman devra fire de longs et patient's efforts
pour faire comprendre au peurple americain ses responsa-
bilit6s mondiales et pour lui expliquer cc quest la doctrine
Truman. C'est ainsi que Stanford ecrit dans le Christiin
Science Monztor que la tAche de cc'te administration est de
r6pondre aux critiques qu'elle- permanent de l'espece del1-
ber6ment vicieuse qui suit ave.glement la politique antt-
americaine du Kremlin o qu'elics 6manent de ceux qni se
sont laissas fortement impressionner par Wallace. K On volt.
'dit-il, des signes indiquant que P'administration a comprise
I'immensite de la t lche qui se present h elle. >
Faisant une parallle centre Wallace et Lansbury, vieux
chef travailliste anglais don't l'idrologie pacifiste ]'entraina
A aller voir Hitler, Marquis Childs met le public en garde
centre l'influence debilitante de Wallace. I1 Bcrit que Pin-
fluence d'hommes comme Lansbury a aide a aveugler le
part travailliste anglais et Ah 'emp&cher de comprendre la
signification reelle de la guerre civil en Espagne. Ce parti
fermant implement les yeux a laissa la tragfdie espagnole
aboutir a son dCnouement tandis que 1'Italic et I'Allemagne
procddaient A la r6eptition de leur strategic de conquete.
Les lemons de la decade 1930-1940 sont que la paix A tout
prix sig'nifie finalement la guerre a tout prix. 11 n'est pas
question d'un choix entire la variety d'id6alisme que repre-
sente Wallace et 'a guerre. Une autre solution, c'est d'avoir
une politique positive et prdvoyante qui utilisera la grande
force 6conomique et technologique de 1'Amerique pour batir
un monde stable. La tragddie du moment, c'est la presen-
tation negative que 'on fait de notre programme d'aide.
Cela a permits trop facilement a Wallace de se poser en
champion unique de la paix.
Barnet Nover, dans le Washington Post, s'616ve centre ce
qu'il appclle la Federation Rouge de 1'Europe central. II
6crit notamment qu'ayant reussi A etablir un gouvernement
domine par les communists en Hongrie, la Russie est,
actuellement, occup6e a chercher a faire exactement la
meme chose en Autriche. L'incertitude mgme de la position
de la Russie en Europe central et orientale et dans les
Balkans l'oblige, malgre sa puissance apparent, a suivre
une politique dynamique. I1 ajoute que, si l'on n'arrtte
pas la Russie, elle dominera toute 1'Europe. Si on 1'arr6te,
sa puissance aura indvitablement une tendance a se rCsorber.
La soi-disant Fed6ration qu'elle propose aujourd'hui par
la voix de Dimitrov n'est pas une solution de son probl6me,
ni une solution du problime de 1'Europe. La seule solution
a ce dernier reside dans une fdedration continental d'Etats
vraiment libres.
Les correspondents de Vienne rapportent les d6bats de
I'AssemblEe national oil le leader communist Fischer a
admis qu'il avait cherch6e obtenir le portefeuille de 1'Intd-
rieur, d6hats qui out about A un vote favorable du chan-
celier Figl qui s'est oppose faire des 6dletions avant In
date prdvue.
Les correspondents de Londres, dans des articles qui re-
qoivent une large publicity, notent que M. Molotov a repondu
par une fin de non-recevoir aux demands d'information
que lui pr6sentait 1'ambassadeur britannique a Moscou au
sujet de la situation en Hongrie.

2. Notrelles de France

Toute la press announce qu'un accord est intervenu entire
M. Ramadier .et les syndicate des chemins de fer et que la
gr&ve s'arr&tera. Les correspondents de Paris estiment qu'un
compromise a permits de donner satisfaction a certaines des
revendications des cheminots et que la moderation 1'a em-
portd finalement.
Dans un editorial de Boston, le Daily Globe fait confiance
au government Ramadier et conclut son editorial par ces
mots : < Si le gouvernement francais peut 6viter les icueils
durant la p6riode critique qui doit preceder la recolte, la
position de la France dcvrait etre bien meilleure A 'au-
tomne prochain. >
Le correspondent du New York Times a Paris signal
qu'un rapport a 6t6 soumis A l'Assemb'6e national recom-
mandant une plus grande participation des indigenes aux
gouvernements locaux. 11 rappelle que la France a d6jh
offert aux Musulmans, en Tunisie et au Maroc, une plus








BULLETIN QUOTIDIEN BE PRESS BTRANGARE 5


large participation au gouvernement, mais il ajoute que la
riponse faite a ces offres franqaises a 6td pitigee. Puis,
parlant des propositions emportees par le g6enral Juin A Ra-
bat, il declare quc le Quai-d'Orsay ne sait pas encore si
clles ont Wte accept6es par le Sultan.

a) 'LEs ETATS-UNIS ET LA FRANCE (Life, 13/6) :
< La manoeuvre communist en Hongrie a caus6 une
grande surprise, bien qu'il ffit normal de s'attendre h
une r6ponse de ce genre de la part de Moscou, apres
nos demonstrations de force. Ainsi qu'on l'a mainte-
nant conseill au President Truman, il ne faut jamais
montrer le poing alors qu'on est seulement pret A me-
nacer du doigt.
Ce n'est encore lA qu'un commencement. Le secr-
taire d'Etat Marshall est extremement embarrass par
ce qui se de-sine en Europe. II a d6clar6e just titre
la semaine derni6re, A Harvard, que I'Europe ddit pr6-
parer elle-meme son propre avenir et que cet avenir
reside dans la voie d'une unite continental. Cependant,
ce que M. Marshall a appeal le cercle vicieux >, des
divisions et du marasme europeens ne peut eIre rompu
que par un effort am6ricain important et bien dirigC6.
Jamais, depuis ]a guerre, un tel effort n'a promise de si
beaux r6sultats que maintenant. M. Marshall a 6tabli au
D6par'ement d'Etat un Comit6. sous la direction de cet
homme capable qu'est George Kennan, pour laborer un
tel plan.
Avant tout, il faut s'occuper de la France : le people
desire autre chose du D6partement d'Etat qu'un simple
plan anticommuniste. Le people veut un monde qui
non seulement permette A la d6mocratie de subsis'er,
mais qui permette A celle-ci et A la civilisation occiden-
tale don't elle est issue, de faire des progrbs. 11 y a un
secteur et un pays dans le monde qui sont tellement
d6cisifs A ce point de vue, qu'il y a peu de raisons
pour que le Com;te h6si'e longtemps. Ce secteur, c'est
le nord-ouest de l'Europe, et ce pays, c'est la France.
Dans un recent numi6ro de Life, l'ancien ambassadeur
W. C. Bullitt a d6peint la sita'!ion difficile de la
France. II a d6crit la guerre civil virtuelle men6e par
les communistes, qui sont rests les seuls A avoir de
]'argent A d6penser. La derniere phase de cette lu'te a
W6t constitute par le retreat des communists du gou-
vernement Ramadier. Voi'A qui leur permet de se poser
en champions d'une hausse des salaires, occupant ainsi
une position qui. dans la situation actuelle de la France,
est aussi populaire que dangereuse, et ils I'exploi'ent
autant que possible en fmeintqn des groves et en for-
mulant des menaces. Heureusement, le Francais, en
matibre 6conomique, comme dans les autres domaines,
est r&iliste. II ne se laisse pas charmer par le refrain
,des hauls salaires, aussi longtemps qu'il v a une autre
solution meilleure et plus durable. Les Etats-Unis sont
maintenant en measure d'aider A l'ndontion de cette so-
lution et de renforcer ainsi consid6rablement la posi-
tion de M. Ramadier.
Les Francais eux-m6mes out rendu cette situation
possible par le dynamisme remarquable dont ils ont
faith prcuve en 6'aborant des proiets pour leur avenir
M. Jean Monnet a pndsent6 un plan de cinq ans pour
aI modernisqtion de s'x industries fondamentales no
France. II pretend. probablemenit 5 juste titre, cue la
realisation de ce plan pourrait placer Is France dans
une position moi'l-ure que ce'le qu'elle a jamais pu
occuper auparavant.
Doux et peut-r're mPme trois choses essentieles a la
realisition de ce plan doivent venir des Etats-Unis. La
premiere, c'est le blW. Les Etats-Unis constituent Il
seule source d'approvisionnement possible. La adeuxi6me


matibre, c'est le carbon. LA encore, les Etats-Unis
constituent le seul fournisseur possible, et le carbon
pour la France signifie le moyen d'&viter un effondre-
ment industrial. En troisieme lieu viennent les engrais
ct les machines agricoles, ou l'acier qui doit permettre
de fabriquer celles-ci. La France peut trouvcr des en-
Sgrais ailleurs qu'en Amerique, et si on lui fournit le
carbon, elle pourra fabriquer un grand nombre de ses
machines agricoles. Cependant, les demands d6passe-
ront encore la production de celles-ci, ct nous aurons
du mal a lui en fournir, ca), a l'inverse du -charbon
et du blW, les machines sont 6galement ici assez rares.
Cep'ndant, la volont6 de gagner la paix demnnde an-
tant de sacrifices que le d6sir de gagner la guerre.
Quand nous promettons A la France de lui donner
In priority en ce qui concern le blW, le carbon et les
machines agricoles, nous devons 6tre sinceres. Nous
devons tenir nos promesses, ou bien examiner avec
attention les consequences d&sastreuses qu'aurait pour
nous le fait. de ne pas les tenir.
Etant donned ses propres resources et les credits
qu'ellc peut utiliser, il est possible aue In France soit
en measure de payer une bonne parties de ses importa-
tions, mneme aux prix '6ev6s actuels de notre march.
Mais celt puisement sernit loin d'e re silutaire. Etant
donn qune nous misons sur la valeur intrinseque de la
d6mocralie, il serait beaucoup plus habile de suivre la
seule politinue aui puisse convaincre la France et le
reste du monde uoe nous pensions vraiment ce que nous
disons. lorsque nous d6elarons que nous engqseons des
pournarlers pour un comnierce mondial plus libre.
L'une des nous meillfores preuves de notre sinceritW
serait simleoment de financer les envois h la France
sur la hbqe d'un credit de vingt ans remboursable en
marchandises.
II est vrai cue tmntes les parties din globe peuvent
avec ins'e reason r6clnmer une aide. Mais ce rue nous
pronpsons. c'est uine offensive de npix do grande enver-
rire et Inncc6e d'abord en Frnnce. Ln France, come
channn sni'. p.' In clef de vonute de 1'FEnrone occiden-
inl". Elle constifne Ia nrincinale nntinn dans un oecteur
cani a donnA nnicisnce A In civilisatinn oncidentnle,
C'F~t cettl civii;vntinn rni a tb trnih; nap l'Allmniane.
O'annd nonw nnrloli dn r-cons1rni"ie i'Allemwcne avant
rd refrnn-ttre les relations nortfirliEArFos cni existent
Pntre In Frnnca ef l'Allrm'~ nP. et rl'oir rinns ce sons,
cettl" I'tntirl inaniAte nat-relloment In France et I'a
pnoni"cp dpmninder nvpe inis;ranrce et pn premier lien
n11 rholoment de sn si'ninfon viv-A-vis de In Rluhr ot de
son charb n. Te fnit nne nous n'avons nq s ptn cArlables
de nodne rpendrO cOmntion ou le replr"ssernent frnneais
dati nr6cpder et condltiinnnr le relbvement de 1'Allc-
nmirnr. a certainement envenim6 inutilement les rela-
tions franco-am6ricaines.
TTUne tell anr-nvation des relntionn, qni va A l'en-
confrP de la frndit;on de Franklin. Lafavett" et Persh-
ina. nonrrrlit nrovnener inne arndle trafe6die en Eu-
ron'E. Fn e~pft. In Frnnce disnns rl'irnmenses ressour-
c"s Cr )-ifnneiles (rau Dnurrnient. conineups avoc urn a:de
SInal'rie'le de notre T)rt. nmliorer les nerspr-tives
nan lr continpna einrnn-on tout epltier. ITn France
fr~ 'tp V;"nllr-ll" e nsT ar)rp contfitue la rne;llenre ea-
Srn7rfoe cnt-P nip infiltration plus profonde du totali-
Strirme en Eurone.
Reconntrnire la France, c'est le Tne;lleur moven de
cnmhanttre le communi-te ofi il s'est dbi manifest. Le
Smyen de rmttre fin ai cote << dr5le de naix >, c'est de
I lancer une offensive eclair de paix en France. Le plus
t6t sera le mieux. >








fj BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS fTRANGBRE


b) L'Union Sovidlique et l'Europep orientafe (New York
Herald Tribute, 3/6, edition europ6enne) :

M. Andrci Vychinsky, du ministtre des Affaires
6trang&res russe, a 1'habitude ode prendre les eaux a
Carsbad, la c6lebre ville d'eau tchbcoslovaque. On pense
que son .chef, M. Molotov, visit Belgrade. M. George
Tatarescu, ministry des Affaires 6trang6res de Rouma-
nie, a rendu visible h la mission diplomatique .amnii-
caine A Bucarest. Ces entrefilets de la chronique inon-
daine, rapproch6s d'autres 616ments, permettent de con-
clure A une &ventualit6 interessante, c'est-A-dire qu'il est
probable que la manoeuvre du Kremlin en Hongrie ne
constitute qu'une partic d'un processus qui a Rt6 suivi
pendant longtemps et qui doit bient6t aboutir ailleurs a
une conclusion decisive.
11 est trbs vraisemblable que les consequences se ma-
nifestent d'abord en Roumanie. Lorsque M. Tataiescu
a rendu visit a la mission am.6ricaine, il a lanc6 un
ballon d'essai. L'agitation que masquait manifestement
la tentative de M. Tatarescu est significative. Cette agi-
tation est justified, sans aucun .doute. M. Tatarescu est
'un des virtuoses de la politique les plus habiles et les
plus souples de 1'Europe oriental, ce qui n'est pas peu
dire. II a l'habitude -de deviner dans quel sens va 6vo-
leur la situation politique, et son instinct lui suggere
Avidemment que des changements important sont en
preparation.
Un premier indice de ces changements a 6t6 constat6
au id6but du printemps lorsque le collogue de M. Tata-
rescu, M. Gheorgihu Dej, ministry communist du Tra-
vail et de l'Industrie, s'est rendu A Moscou. Selon des
rapports dignes de foi, il est revenue avec des instruc--
tions lui enjoignant de commmencer A prendre ]e con-
trle total du gouvernement ronmain. Cette action : d6-
but6 le 10 mars avec les arrestations massive de non-
communistes.
Cette action aboutira. si les instructions recues par
M. Dej ont WtA rapport6es correctement. A l',limination
de personnages d6coratifs sur lesquels on ne peut ;.uere
computer et qui ne sont plus utiles, tels que M. Tata-
rescu, M. Groza, president du Conseil. et peut-ilre le
jeune roi Michel de Roumanie. I1 se peut qu'on ;,arde
encore le roi comme facade utile. Cependant, pendant
la parade du 1" mai on n'a pas Wt6 sans remarquer
'.absence des portraits de M. Groza et du roi Michel,
qu'on avait vu anterieurement aux c6tis des images
glorieuses de S!aline et des autres Dersonnalit6s du
Kremlin.
L'un des aspects de la situation qui.ont oblige les
Russes a donner de nouvelles instructions A M. Dej a
6tb rEv616 oar les incidents qui so sont uroduits dans
line usine roumaine de textiles A Arad. le 26 avril. lors-
que les ouvriers ont tu6 le dirigeant communist local et
un autre communist. Les ouvriers se sont rendus en-
suite au siige du part communist. out tu6 Ie responsa-
ble et d6truit le bAtiment. Cet 6pisod.e ne constitute que
le temoignage le plus dramatique et le plus flagrant du.
m6caonntetment qui anime les masses populaires. On
peut trouver quantity d'autres tlmoignages, tels (rue le
resultat des elections de novembre dernier. Les commu-
nistes pensaicnt les avoir parfaitement truquhcs, et
pourtant les suffrages anti-communistes ont .te telle-
ment nombreux qu'il a fall les modifier avant de les
publier. Cependant le fait qu'aux incidents d'Arad
6taient m1l6s des ouvriers. sur le soutien desquels
competent les communists. est significatif en lui-inmie.
Aussi a-t-on compris un certain nombre d'ouvriers dans
les dernibres arrestaiions arbitraires. pour mettre les
autres en garde.


De toute fagon, ceux qui observent de pres la situa-
tion en Rounmnie inclinent A penser que le Kremlin a
maintenant .d6cid6 que la facade croulante du gouver-
nement Groza ne lui est plus utile, et qu'il faut lui suh-
stituer un gouvernement beaucoup plus 6nergique.
comme celui de Hongrie.
Groza comme Tatarescu dolt sa situation actuelle -
qui est loin d'etre enviable A M. Vychinskv. Pen
apres Yalta, M. Vychinsky a fait un voyage a Bucarest
et a d6clar6 au roi Michel qu'il fallait remplacer le g6-
neral Radescu, president du Conseil, par M. Groza.
Cette substitution a 0t6 faite consciencieusement, et les
liens du confr6le russe ont commence6 se resserrer.
Ce voyage anterieur de M. Vychineky donne A penser
que son excursion actuelle A Carlsbad n'est pas faite
exclusivement pour le plaisir de pren.dre les eaux. II
est vraisemblable que la Tch6coslovaquie, qui, juscu'A
present, a joui d'une ind6pendance notable, entrera
bientot dans une << re Groza >.
Le voyage de M. Molotov A Belgrade est certainement
accompli lui aussi dans un but bien determine. Ce but
peut etre de modifier du tout au tout les relations fon-
'damentales qui existent entire l'Union Sovi6tique ,et ses
gouvernements fantoches des Balkans. 11 se pourrait
bien que les rapports qui parent de la creation pro-
chaine d'une grande R6publique Socialiste Sovi6tique
slave ne soient pas d6nuis de tout fondement.
'(JOSEPH et STEWART ALSOR)



IH. PRESS SOVIETIQUE


Revue de lai press sovidtique dii 12 juin 1947
Dans miles divers journaux, la rubrique de politique 6tran-
gore est dominde par un ensemble de nouvelles concernant
la France.

1. Les' probldmes franrcais
Tous les journaux publient deux ddpches Tass de Paris.
La premiere est un compTe rendu illustrd de large extraits
du discours de M. Thorez a la conference de la Feddration
ide la Seine du part communist ; la deuxieme examine la
situation du movement de grave et resume les conversations
centre le gouvernement et la C.G.T.
La plupart des quotidiens reproduisent un t'llgramme sur
na modification apportee aux fronti6res du territoire de la
Sarre. ranpelant la decision du commandement ,des troupes
d'occupation francaises en Allemag'ne de modifier les fron-
t'cres centre ie territoire de la Sarre et celui du Pa'atinat
rhdnan. Cette depiche se borne a signaler que. selon cette
decision, quelaues-unes des soixantcodix-neuf communes que
la France avait, arbitrairement, rattachfes on ddcembre 1946
au territoire de la Sarre seront rendues an territoire du
Palatinat rhnan, tandis qu'une s6rie d'autres communes
qui appartennient jusqu'alors au Palatinat rhenan seront
rattachdes au territoire de la Sarre.
L'observateur de la chronique international des Izuestz l
sous le titre : c Rdfnitations ,de l'Agence France-Presse >>,
public une nouvelle seion laquelle les informations parues
dans la press ktrangbre sur la p'6sence de troupes ameri-
caines en Fr'ance auraicnt caus6 un certain < embarras >
a l'opinion ddmocratique de 1'Europe. Le corespondant pense
que,. < depuis trois ans que la guerre a pris fin, la presence
de troupes americaines sur le sol franqais ne se justified
plus >>. II s'inquiete de ce ouo les autorits amdricaines dis-
posent encore d'une partic des moyens franqais de commu-
nication et de liaisons et qu'elles se servent de bases aussi
bien dans la metropole que dns ls possessions d'outre-mer.
Scion lui, cette situation est une violation de la souverainetd
frangaise, et il refuse d'accorder cerdit aux ddmentis publiMs
sur ce sujet par 1'Agence France-Presse.








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE 7


2. La lutte pour la dimbcratie dans les pays danubiens
Tout un ensemble de nouvelles concern les dv&nements
dans les pays danubiens. Tous les journaux reproduisent en
bonne place deux tdlegrammes sur la situation en Hongrie :
l'un, de Budapest, rend compete des depositions du secretaire
particulier de l'ancien premier ministry hongrois ; l'autre,
des repercussions de la crise hongroise sur l'avenir des nego-
ciations metees par la mission hongroise aux U.S.A.
Dans Trud, Dumansky consacre egalcment sa chronique
international aux dv6nenents de Hongrie : apres avoir etu-
die en details les diverse tendances politiques du parti ,des
petits propridtaires, I'auteur conclut qu'il est difficile de ne,
pas penser que les amis strangers de la reaction hongroise
craignent que le people hongrois ne soit d&sormais plus
strement a l'abri de leurs tcntatives pour fair de la Hon-
grie leur vassale.
Concernant les autrcs pays danubiens, on relieve dans
tous les journaux un compete rendu du communique sur les
conversations roumano-yougoslavcs, ainsi que des nouvelles
signalant l'arrivec, d'une delegation tchecoslovaque i Bel-
grade.

3. La politique amdricaine

Les diff&'ents quotidiens publient une sdrie de telegram_
mes concernantila politique anti-ouvriere des U. S. A. On
note, a ce propos, de nombreuses protestations a New-York
centre les lois anti-ouvrieres.
Divers t6ldgrammes concernent egalemcnt la doctrine du
President Truman : discours de Truman au Parlement ca-
nadien; chos de la press canadienne sur les discussions A
la Chambre des Communes; dielarations de M. Marshall
sar le budget .du DIpartemenf d'Etat; nouveaux projects de
lois sur l'augmentation des assignations a titre militaire;
discours de M. Wallace dans le New-Jersey; compete rendu
d'un article d'un journal de Montevideo dirig6 centre la
politique des Etats-Unis en Amerique latino.

4. Commentaires

La Pravda public un article de Georges Scmenov, intitule:
< La th6orie fascist de la g6o-politique sur le territoire
americain i.
L'auteur, A l'aide de 1'analyse d'un certain nombre d'arti-
cles recents parus dans les revues amrricaines, precise le
sort de la doctrine allemande .de la geo-politique dans le
Nouveau Monde. Selon lui, la geo-politique et utilisee par
les imperialistes americains pour justifier aux yeux de l'opi-
nion publique la < dislocation strategique >> de l.urs troupes
sur les territoires des autres pays. La geo-politique est le
programme des adeptes d'une nouvelle guerre mondiale qui
consacrera le culte de la force, de la m6thode, du casse-tete
et de la trique dans les relations internationales.
La Pravda public, de son c6te, un article dde Vercdinine,
a propose des plans americains de modernisation de la Tur-
quie. (Voir :et article plus loin.)

5. -- Nouvelles diverse
Tou5 les quotidiens reproduisent deux t616grammes, I'un,
sur la stance du 10 au soil au Conseil de Securitt ; l'autre,
intitnle : < Etrange impuissance de la politique anglaise >.
Ce telegramme relate les divers incidents qui se sont pro-
duits r6cemment dans des locaux dependants de l'ambassade
sovictique h Lon.dres et critique le peu d'empressement mis
par la police anglaise A faire la lumiere sur cette affaire.
On relive egalement diff6rents telegrammes sur les tra-
vaux de la session du Conseil general de la F. S. M. i Pra-
gue, sur la r6ponse indonesienne l'ultimatum hollandais,
sur les plans de defense suedois.
Les Izvestia publient deux notes, Pune, concernant cer-
tains bruits qui ont circuln dans la press 6trangere sur des
conversations commercials entire 1'Union Sovietique et 1'Es-
pagne franquiste ; l'autre, examinant les declarations du
ministry des Affaires etrang6res japonais h sa conference de
press du 5 juin, et s'inqui6tant de ce que le militarisme
japonais relive ainsi la tate.


L'AIDE AMERICAINE A LA TURQUIE (Prauda, 12/6).
<( En proposant leur aide a la Turquie, les Etats-Unis
out en mnme temps faith preuve du mepris le plus total
A l'6gard de la souverainete de la Turquie. Ils ont
charge: des repr6sentants militaires sp6ciaux, non seu-
lncment de fixer le programme des Iravaux a effectuer
en Turquic, mais de les diriger.
Cela implique que la poliLique qui sert de base a la
doctrine Truman coincide exactement avec les interets
des industries amiricains. La Turquie n'absorbe pas
sculement les surplus militaires americains, mais en-
core les Etats-Unis contrl6ent leur utilisation.
Le programme des travaux des missions militaires
amdricaines en Turquie et l'enumeration des questions
mises a 1'1lude par les specialists americains, suffisent
a prouver que sous l'angle militaire, la Turquie cesse
d6finitivement d'6tre un pays ind6pendant.
Cependant le plan d'aide no se borne pas a une in-
tervention dans le .domaine militaire. Nous assistons a
une penetration important du capitalism americain
dans 1'6oonomie du pays. Des filiales de la banque des
Etats-Unis fonctionnent deja a Istamboul et a Izmir. Les
trusts americains sont autoris6s A 'rechercher les gise-
ments de p6trole en territoire turc. Sous la pression des
Am6ricains, toutes les restrictions pr6vues a 1'dgard de
la circulation des capitaux strangers ont 6t6 supprim6es
en Turquie. Les nouvelles loi permettent aux entre-
prises 6trangBres d'investir des capilaux illimit6s dans
l'industrie turque et d'exporter leurs b6enfices.
SAinsi la situation est favorable A l'affluence des capi-
taux americains. On voit que dans le domain 6cono-
mique, la Turquie a egalement perdu son ind6pendance.
La perspective de devenir ine colonies des Etals-Unis
inquiete profond6ment les milieux d6mocratiques turcs.
Ceux-ci experiment .ouvertement leur apprehension de
voir les monopoles americains s'imposer en Turquie et
river d6finitivement le pays de son ind6pendance. >
(VERCHININE.)



IV. PRESS SUISSE


a) LA SITUATION, INT1ERIEURE EN FRANCE (LWa Tribune do
Genove, 12/6).
< M. Ramadier s'est tire sans trop de mal d'une posi-
tion difficile. Mais il doit Ctre sans illusions sur la du-
ree -du repit qui lui est accord. Le < chef d'orchestre
invisible < que le premier ministry d6nongait un jour
sans le 'nommer pourra, lorsqu'il le voudra, susciter
dans un autre secteur une nouvelle greve, puis d'autres
encore. Cette maniere de reaction lente a la chaine se
poursuivra vraisemblablement tant que le parti com-
muniste la jugera propre a user la resistance et l'auto-
rite d'un gouvernement auquel il ne pardonne pas de
l'avoir laiss6 partir. Reste a voir et la greve des
cheminots permet que 'on se -pose la question, rest
A voir si l'effet sur I'esprit du public est bien tel que
l'escomptent les inventeurs de cette 'subtile taclique.
Dans les milieux gouvernementaux, on assure que la
solution apport6e au conflictt du rail et A d'autres encore
ne saurait entrainer une revision general des salaires.
'Cela revient A dire que M. Ramadier entend rester fiddle
a sa politique de slabilisation, tout en acceptant d'y
faire des entorses lorsque la situation parait I'exiger.
Mais pourra-t-il emp&cher 1'exception de devenir la
regle ?
Ce qui rend particulierement difficile la tache qu'il
s'est assignee, c'est le fait que les revendications les plus








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGORE


inergiques, les plus pressantes, celles qui sont a l'ori-
gine des derniers conflicts sociaux, sont forniules par
le personnel des entreprises d'Eiat. Le fail d'8re em-
ploye de la communaule ne semble done pas provoquer
chez les salaries le laborieux enthousiasme et le desin-
teressement qu'exaltent volontiers les partisans des na-
tionalisations. Mais surtout, le gouvernement patron est
hors d'etat de remplir son r6le nalurel d'arbitre, et c-!
n'est pas le President de la RBpublique, M. Vincent Au-
riol 1'a dit nettement, qui peut se subslituer A lui dans
cette function. Tout d6saccord entire les d6positaires du
pouvoir et les employes d'Elat risque ainsi d'aboutir a
1'6preuve de force que M. Ramadier a reussi Ai viter de
justesse pour I'instant. Ce n'est pas le moindre des pB-
rils que comporte aujourd'hui la situation interieure
de la France. ,
JEAN-JACQUES CHOUET.)

b) APRtS LA CRISE HONGROISE (National Zeitung, 12/6,
6d. soir).
< On ne peut dire encore de fagon positive jusqu'oft
s'6tendront les effects du succes russo-communisle. Cer-
tes la majori:e se voit obligee de faire ostensiblement
des coupes sombres dans sa representation parlemen-
taire et parmi ses adherents, et de d6cloncher mainte
procedure d'6puration. De meme l'incertitude anxieuse
-due au contr6le policies et aux arrestations op6r6es
dans scs rangs y provoqueront plus d'une fois la pani-
que ou un flchissement. Mais, apr6s tout, les longues
ann6es de contrBle nazi secret ou avou6 ont fait d'une
vie politique soumise A la pression niilitaire et poli-
cirre de l'6tranger quelque chose de normal. La tenace
volont6 d'ind6pendance du people a persist sous le
dur regime impose par les hitl6riens, se redressant tou-
jours avec e6asticite et inventant des formes originates
d'adaptation.
A cette 6poque-lh aussi le parti gouvernemental s'us
la contrainte de l'6tranger dut A diverse reprises jeter
du lest, mais les relations avec les 6elments exclus de
son sein n'en furent pas moins maintenues en secret


d'une facon ou d'une autre. M6me lorsque Kallay cut
1ei contraint de c6der au coup de force des partisans
declares de la dic.ature germaaio-hitlerienne, meme
sous les yeux des Croix-Fiechees aux m6thodes bru-
tales, cette volont6 d'ind6pendance service par une
grande souplesse subsista dans plusieurs branches de
I'adminis!ration. II serait invraisemblable qu'en face dt
la pression russe, qui sent bien plus encore 1'6tranger
la faculle de resistance 6lastique des Hongrois ne oat
pas recourir de nouveau h une tactique de paslsvite
analogue. En tout cas on est frapp6 de constater qu'en
depit de la condemnation d'une extreme vigucur purtee
par le president Truman contre l'operation brutale don't
M. Nagy a 6.e viclime, Washington, apres consultation
peut-etre des dirigeans britanniques plus prudents, n'a
encore pris aucune measure radical, reserve faile de
l'nnnonce de la reduction, parfaitement comprehensi-
ble, des credits pour les livraisons de materiel de
guerre.
Les Etats-Unis avaient d'abord envisage, semble-t-il,
de d6poser une plainte A 1'O.N.U. pour pression unila-
tCrale exerc6e par la puissance occupante. Une telle ini-
tiative entrainerail incontestablement pour le gouverne-
ment hongrois remani6 celte consequence facheuse
qu'il devrait prendre position ouvertement, ce qui com-
promeltrait dans tous les cas les chances d'une politi-
que de prudent fermei& en face des forces redoutables
qui occupent en ce moment le sol hongrois. Le gouver-
noment se trouverai, en effet place devant I'alternative
suivante : ou bien dissimuler le p us possible l'immix-
lion des Soviets et accabler M. Nagy, afin de ne pas
heurter la puissance dont depend actuellement le sort
du minisilre; ou bien r6v6 er les dcssous de l'affaire
et exposer A un danger mortel sa propre existence ainsi
que toute future tac'ique de d6fensi. Il y a lieu de
croire par suite que les Etats-Unis, assists de la
Grande-Bretagne, se contenteront de donner une large
pub'icite aux documents qu'on possede d6ja et don't
I'intervention russe a suffisamment confirmed l'exacti-
tude, de maniere A mettre en pleine lumiere la facheuse
position morale de 1'U.R.S.S.


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