Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: June 5, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00108
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRA1A AS
D'INFORMATION
(MIrNSTIRE DE LA JEUNESSE,
DEs ARTS ET DES LETTRES)


LA DOCUMENTATION FRANCAISE


MMTSTERT
DES AFFAIRES ETRANGEIES
SERVICE n'INFORMATION
ET DE PRESSED


Direction de la Dociument,lirn
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')



BULLETIN



DE PRESS


5 juin 1947


QU(



ET


RE


Nouvelle S6rie N 685


SOMMAIRE


I. PRESS BRITANNIQUE
Le plan britannique pour 1'Inde :
1. Times (5/6).
2. Dai'd Worker (5/6).
3. MLJnchester Gua.rdian (4/6).
II. PRESS AMERICAINE.
a) Apres le rapport de M. Hoover (New York
Herald>Tribune, 5/6, Ed. europeenne).
b) Le problmme de la security des Etals-Unis
(New York Herauld Tribune, 4/6).
II. PRESS SOVIITIQUE.
SLa situation interieure au Japon '(Izvestia, 4/6).
jV. PRESS BELGE.
a) La situation inl:rieure en France (Le Soir,
5/6).
b) La Grande-Bre'agne et l'Inde (Le Soir, 5/6).
V. PRESS SUISSE.
a) La situation interieure en France :
1. Tribune de Gen&i3 (4/6).
2. Gazelle de Lausanne (5/6).
b) La Grande-Bretagne et 1'Inde (Baser Nach-
richten, 4/6).
c) Aprbs In crise hongroise :
1. Journal de Geneve (5/6).
2. Neue Ziircher Zeitung (4/6).


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la pressed britannique di 5 juin 1947
Bien que restant encore au premier rang des preoccu.
nations de la press, la question indienne n'occupe plus
ce matin une place aussi important que les jours prded-
dents. Certains journaux donnent la vedette A des consi-
derations d'ordre 6conomi:ue telles Que I'6tat de la pro-
duction industrielle expose hier par M. Morrisson et 1'en-
voi myst6rieux d'enveloppes chargees d'explosifs A diffi-
rents membres du Cabinet.
La rubrique extdricure est pen fdurnie, les affaires hon-
groises y occupent une place plus important. Quant aux
affaires frangaises elles ne font l'objet que de courts ar-
ticles d'un caractbre purement informa'if dans le Times, le
Manchester Guardian, le Daily Telegraph.


1. Inde
La press done un compete rendu des ddelarations fates
hier par le vice.roi au sujet du plan b.itann.que ct du
prochain transfer des poutoirs. El.e souligne que la Gran-
de-B. nidmes la date de ce transfer et n'entend pas influer sur
Ies destinies de l'Inde i
Le ton de la press de ce nmati est loin d'tlre, aussi
optimiste qu' hir.
Ainsi le corre.j ondant du Times a New Delhi rend compete
des reactions qui se sont manifesthcs au scin des trois
grands partis indivns aprIs la publication du plain. Ccs
reactions son 1o n d'eire e.ithous astes. Ainsi lout en admet.
Plant que la creation du Pakistan marque pour el e 'liuro
de la delivrancc, la Ligue Musulmane se rds:gnerait ditil-
cileiment au- partage du Penjab. Les Sikhls presenteraient
dejita Ju:s conditions en ce qui concern la dEdim.tation
de leur frontiere et la p:upart des chefs indiens essaie-
raient de tirer le mneilleur par.i d'une situal on dilfivile.
II faudrait done s'attendre, est:m ce cjrrespondant, i
de nouveaux troub:cs graves si les chefs polit.ques ne con-
sentent pas a parler d'une maniBe raisonnable et cons.
tructi\v,
].e Daily Worker est le seul journal A s'elcver con:re !a
plan britannique (voir I'article plus lo:n).
Dans un autre article, ce mitme journal declare : g Per-
sunne ne pense que le plan redout le problem indien s.
2. Hongrie
Le correspondent du Times A Budapest Ctudie dans on
Iong article li politique actuelle de la Hongrie. II volt dans
les recent evdnements un pas de plu's vcrs la d6mocraAi-
sation du pays A la mode oi.mntale. II rappelle l'evolution
des parties depuis le dt'lhul .p I'annPe et Irs tnilatives ddjh
faitrs pour diviser le parti des petits propre4:aires et la
constanlc pcussee A gauche de la politique extlrictire ct
interieure hongroise et fait le point de la situation ac uelle.
Sclon lui, deux b:ocs seraient en presence, le bloc de
gauche domine par les communists, I'autre boec comprc-
nant les classes moyennes, la paysannerie et l'Eglise.
Dans un autre article, le co:respondant du imime jour-
nal i: Washington, signal c(ue le Dipartenent d'Etat a
demnandd, en verlu des status du Conseil de contr6le, que
lui. soient communiques tous les documents relatifs A lIa
crise hongroise.
Ce mime journal announce la demission du President de
la Chambre hongroise ct celle du Ministre des Affaires
itrangeres, ce dernier ayant iet accused de vouloir s'attirer
la confiance des Liiinocralics oceidentales ct d'agir avea
duplicity A l'dgard de l'Uniio so\iiliiqupe.
D'ap-As une depiche Reu'er, reproduite par le Manches-
ter Guardian, les Elats-Unis auTaient fait savoir au Gou.
vernement hongrois qlue les anvins d te rans'sprlt de la Coin..
pagnie russo-hongroise n'auront plus'l'autorisation de sur-
vo'er la zone americaine d'4Atriche et d'Allemagne.
D'apr6s le Daily Telegraph, certain ministres de Iloa-








2 BULLETIN QUOTIDIAN f PiRSSE TBIANG**c


grief qui avalent 6t6 rappelds par le nouveau tiouvernemebt
ont refuse de rentrer h Budapest.
3. France
Le correspondent du Times a Paris anonnce une exten-
sion des graves en France et notamment dans les chemins
de fer. Le Daily Telegraph, qui mentionne 1galement la grdve
de certain cheminots, estime que celle-ci constitue un
mnanquement a la parole donn6e de la part des gr6vistes
qui s'etaient engages a laisser au Gouvernement le temps
d'examiner leurs revendicationt
D'autre part, le Times et le Manchester Guardian, ainsi
que le Daily Telegraph, mentionnent l'envoi d'une note fran-
gaise an Gouvernem.ent sovi6tique au sujet des ressortis-
sants sovietiques se trouvant actuellement en zone fran-
gaise.
Le Daily Telegraph rend compete d'une interview accor-
dde par Abd el Krim A son correspondent au Caire. Les
declarations de l'ancien chef rebelle constituent un deni de
l'autorit6 frangaise en Afrique du Nord et experiment ]'assu-
rance que l'ind6pendance des populations nord-africaines
pourrait itre atteinte par des moyens pacifiques.
Le cor'espondant a Paris de ce journal announce que le
Conseil de cabinet s'est rduni hier et que M. B dau'lt s'est
declare convaincu de la responsabilit6 du Gouvernement
6gyptien dans l'affaire Abd el Krim.
De son cbte, le reporter du Daily Herald announce qu'une
reunion secrete a eu lieu' entire Abd el Krim et l'ancien
Mufti.
Le Manchester Guardian consacre un editorial tres 6lo-
gieux i l'ancienne 6quipe de Combat.
4. Yougoslavie
Le correspondent diplomatique du Times resume les dd-
clarations dua mardchal Tito d'aprbs lesquelles la Yougo-
slavie ne devrait pas s'attendre A recevoir la Garinthie slo-
v6ne et qu'elle acceptera en tant que membre de I'O.N.U la
solution proposed par la majority.
LE PLAN BRITANNIQUE POUR L'INDE
1. Tmnes (5/6) :
Le soulagement general avec lequel a ete accueillie
la publication du plan rell6te la gravi. de la situation
que ie plan est appel6 A r6soudre. II est inevitabble
qu'on enregis.re des protestations, ne serait-ce que
parce que le partage de I'Inde britannique en deux en-
titbs poditiques jumelles (si n6ces>aire que soit cet expe-
dienm pour 6viter le p6ril imminent de la guerre civil
et de l'anarchie), retarde l'unification de 1'Inde, cc qui
a toujours At6 le but essential poursuivi par les vieux
,naiionalistes. La r6ponse la plus pertinente aux diverse
critiques a 6t6 donn6e, de fagon tout a fait franche et
directed par lord Mounbatten lui-mCme au course de la
premiere conference publique de press tenue par un
vice-roi.
Avec une conviction qui a frapp6 tous ses auditeurs,
il a insist sur le fait que le plan ne constituait pas
c une manoeuvre britannique >, car les Britanniques ne
sont main:enant aux Indes que pour faire ce que les In-
diens eux-mAmes ve.ulent faire; mais il a soulign6 que ce
project avait Wtl Atabli A la suite de conferences pro-
long6es avec les chefs de parties, qui 6taient tenus au
courant des progres qu'il realisait peu A peu vers la
conciliation de point's de vue opposes. Aussi le plan
n'a-t-il ni surprise, ni choquA les chefs de parties. Ils par-
tagent le'propre point de vue du vice-roi, A savoir que
ce plan fournit la meilleure base pratique qui permette
de trouver la transition politique capable de lier 'Inde
d'aujourd'hui A 1'Inde de demain.
La decision de ces chefs d'Aviter toute violence et de
garantir que, quelle que soit la solution adoptee en de-
finitive, celle-ci sera applique paciliquement, inontre
qu'ils considerent avac conflance que la procedure ac-
tuellement propose est une fagon just et equitable de
v6rifier ce que desire r6ellement le people des Indes.


Les arrangements proposes pour d6terainer qu'elle
est l'opinion du Bengale et du Punjab sont sans doute
les meilleurs qu'on ail pu concevoir. C'est une sage pre-
cauion que d'organiser dans les diff6rentes provinces
des referendas sur la constitution qu'est en train d'Ala-
borer 1'Assembl6e Constituante indienne et sur le ratta-
chement A l'un ou 1'autre 6tat des provinces, qut ne
seront pas divis6es. Ceci peut influence les decisions
ddfinitives qui seront prices par les Hindous et les Mu-
sulmans en faveur du partage ou contre celui-ci.
Les deux gouvernements don't la formation resultera
de la volont! express des peuples indiens, se trouve-
ront devant des tAches complexes. Ils n'auront pas'seu-
lement a Alaborer leurs propres constitutions et A mo-
difier la structure administrative actuelle pour l'adap-
ter aux nouveaux besoins. ls auront 6galement A ela-
borer et A determiner les reratiuns qu'ils auront entree
eux.
La tAche de la Grande-Bretagne consistera uniquement
A apporter son aide et A agir come m6diatrice lorsque
les deux nouveaux gouvernements de Dominion seront
crC6s. Comme 'ous les autres Dominions, chacun d'en-
tre eux sera libre de quilter le Commonwealth s'il l1
desire;, mais, comme les autres Dominions, les deux
nouveaux Etats indiens hdsiterout sans doute en d6fini.
tive A abandonner les avantages unique que comported
I'affiliation au Commonwealth.
Bien que le nouveau plan ne s'applique directement
qu'A l'Inde britannique, son application peut exercer
une influence considerable sur I'avenir des Etats In-
diens. Lord Mounbatten a dissip6 une parlie des soup..
cons don't les Eta's sont l'objet dans certain milieux
ang'o-indiens en disant sans detour que ces Etals ne
pourraient pas entrer s6par6ment dans le cadre du
Commonweal:h en tant que Dominions, et que ta
Grande-Bretagne en abandonnant sa supr6matie, se li-
ibCrait des engagements pris par elle A leur 6gard. Ellc
leur offrirait, a-t-il dit, ses services pour aider les Etats
A normaliser leurs relations avec les gouvernements qui
prendront sa succession. Cette dCcision est la conse-
quence logique de la politique alabor6e par la mission
minis'6rielle. Elle est en accord avec le sentiment des
Etats eux-mmmes, sentiment exprimn par le Nawab de
iBhopil selon lequel les, Etats doivent oonsidirer les
interbts plus imnortants de l'Inde entire et jouer leur
r6le dans l'avenir du pays.
Les. confAedrations r6gionales qui sont en ce moment
organisees par les Etats chercheront sans doute en fin
de compete A s'affllier A l'un ou l'autre des gouverne-
ments ayant pris la succession de la Grande-Bretagne,
gouvernements don't la formation est maintenant pro-
mise par le nouveau plan. :

2. Daily Worker '(5/6, communist) :
a Ce partage ne r6soudra pas le probl6me indien.
Le plan pent sembler politiquement habile a premiere
vue, mais il est pratiquement insense.
On a fait pression sur les organizations politiques in-
diennes pour leur faire accepter le plan; si elles I'on
fait, ce n'est pas parce qu'il leur plait, mais parce
qu'elles ne voient pas d'alternative A ce p!an de concep-
tion britannique qu'on leur a present sous la forme :
< A prdndre ou A laisser >. Mais leur acceptation con-
tient les germes de conflicts futurs. Jinnah accepted la
creation d'un Pakistan temporairement << tronqu6 >
mais avec l'intention de letter pour Blargir ses limits.
Le Congrbs dAfend encore I'idWe d'une R6publique in-
dienne unie. Les princes luttent pour eux-memes el
competent sur l'appni des Anglais.
Il sufflt de regarder la carte pour constater A quel
point ce partage insense est inapplicable.








RULLKTII QUUEIDIEN DE PRAUSK iTRAAqG*RA 3


Plus on examine le plan, plus il est bvident qu'en
depit d'une structure constitutionnelle apparemment
bien 6tudie sur le paper. on aura constamment besoin
en pratique de proc6der A une coordination et de r6-
gler des conflicts.
Derriere la a panoplie > des princes et de ce qu'on
appelle le gouvernement de Dominion, les Brilanniques
s'efforceront de conserver le contr6:e qu'ils exercent.
11 faut mentionner l'importance des aspects interna-
tionaux de cet arrangement temporaire, qui ref.Mte la
force croissante du movement populaire indien ,t
l'impossibilit6 pour les Britanniques de continue A
gouverner selon les anciennes m6.hodes.
Le Congres et le gouvernement in!trimaire, aussi bien
que les gouvernements de Dominion qui ddivent etre
constitubs peuvent comp'er sur toute la sympathie et
tout le soutien de l'opinion d6mocratique en Angle'erre
et dans le monde enter, danms la lutte qu'ils m6nent
pour obtenir une ind6pe;n'dance total.
Le movement ouvrier indien aura A prendre des res-
ponsabilit6s exceptionnellement lourdes si 'Inde est
partag6e. La magmnfiqu unit du Congres des syndicate
de 1'Inde et du mo-vement paysan ne doit pas etre
rompue. '
Le parti communist de l'Inde. les syndicens et ic
inouvement paysan ont 6t'%e la tete de la lutte contre
les divisions des communautes et en faveur de l'unit6
democratique et de l'ind6pendance du pays. >

3. MWncllwleler Gu dl'didn (4/6, liberal) :
11 est difficile de penser que le Parlement britannique
et les parties' indiens puissent accueillir avee enthou-
si-asme l'acceptation d'un plan qui envisage une divi-
sion de 'Inde. L'unit6 de l'Inie a peut-Vtre coistitu6
le principal advantage que l'Ia'de ait obtenu du gouver-
nement britannique. Si l'on passe en revue un sibcle et
demi d'histoire, il est triste de constater que l'une des
dernibres d6eisions britanniques dans l'Inde soit de
donner aux parli.s indiens les moves qui peuvent leuT
permettre de ruiner le travail d',-iification qie nous
avons r6alise dans ce pays. Cependant, il est clair qu'il
n'y a pas d'autre solution paciique qui s'offre a la
fois a la Grande-Bretagne et a l'Inde.
Le fait que le Congres ait d6cidb de faire face A la
rbalitB et d'accepter le partage, meme si cela dolt etre
denonce comme une trahison par les Hildaus les plus
fanatiques, rehaussera ei fait'le prestige di C igrebs
aux yeux du monde. Ses d6tracteurs ne pourront plus
1'accuser 'de se montrer d3ctrinairs aa puilt da ne
plus 6tre qualifi6 pour Wtre un parti qui puisse gou-
verner. Plus remarquable encore peut-6ire que l'accep-
tation du Congr6s est le fait que \es Sikhs eux-memes
don't le plan ne determine aucunement 'aveiir de
faon certain ont donn6 leur adhesion. Les Musul-
mans, Ibien qu'ils aient eu gain de cause dans le pro-
blWme du partage de F'Inde, semblent 6gllement avoir
fait des concessions en acceptant ua partage qui ne
satisfait pas les ambitions qu'ils avaient pr6sent6es au-
Irefois comme le minimum de leurs ekigenoes. Le nou-
veau statut est plein de promnesses. Il est soutenu par
tous les parties britanniques, et le Parlement se hatera
de faire tout son possible afin d'aider A la r6alisation
'du project. Mais la question de .savoir si cela ambiera
une amellioration de la situation ne d6e-end pas de la
forme mnme du project et des premieres reactions qu'il
suscitera, mais de ce qui sera fait dans l'lnde au course
des 'deux ou trois prochains mois.
Personnel ne sous-estimera les difflcult6si pratiques
,entrain6es par le mode de partage et de traisfert du
pouvoir, ni les difficult6s qui se eachent derriere les
appe s A la patience et A la tolerance. A tout moment,


les dAsavantages et les dangers 'de cette operation sur-
giront d'eux-m&mes. Si I'Hindoustan et le Pakistan doi-
vent glisser peu A peu dans un isolement hostile, alors
les avantages temporaires d'ane dBtente momentanbe
pourraient bien, A la longue, Wtre r6duits a rien par les
d'savantages que subiraient les 'deux Etats. Oa peut
voir un example de ces dangers dais le problhme de
l'avenir de 1'armbe. Cependan., une chose est certaine :
plus 1'union entire les deux Etats sera 6troite et rille,
et moins chacun des deux Etats aura A crainire une
menace ex&:rieure. II appairtie t aux parties indians
eux-m6mes de voir comment ils pourront ,e micux sau-
vegarder l'existenoe du front common militaire et di-
plomatique. Mais si les dirigeants indices ont le d6sir
'de voir la paix se rdaliser, ils trouveront le moyen de
surmonter ces difficu:t6s.
L'attitude de M. Gandhi constitute naturellement un
facteur important. Nous avons le droit de lui demander
son appui, car nous nous effor.oas aujourd'hui dans
l'ln'de, au milieu de grandes difficulties, de poarsuivre
une politique lib6rale, alars que les homes d'Etat de
toutes les nations sont ten:'s, par un instinct de con-
servation, de s'accrocher desesp6r6ment A cheque par-
celle de pouvoir qu'ils peuveat ob.enir. La determina-
tion montr6e par M. Att:ee pour poursuivre cette poli-
tique, l'habilete du vice-roi qui a permis de l'appli-
quer, et le soutien g6n6reux de M. Churchill sont une
preuve pour le mon'de que l'Angleterre reste fldble A
ses meilleures traditions. >


II. PRESS AMEIlCAINE


Revue de la presle amdricaine du 4 juin 1947
1. Hongrie

La press continue A donner une place tr6s important
au dUveloppement de la situation hongroise. Ele reprend
]e discours prononce h'er, au Sinat, par M. Vandenberg A
l'occasion de 1'ouverture des debats sur la ratification des
pactes avec les pays balkaniques. Elle souligne les passages
reatifs a la possibility que les U. S. A. portent A I'affaire
hongroise devant I'O.N.U., et ceux d6nonqant ce que
M. Vandenberg a appel6 lui-meme ga un conqu8te apparem-
ment pe-fide ,, ainsi que les agissementi rushes en Hongrie.
Des d6p ches de Budapest annoncent que la pression des
communists s'exerce maintenant sur le President Tildy,
pour 1'amener A demissionner, comme elle s'dtait exeroee
sur M. Nagy. A ce sujet, une information reproduite par
Evening Star s'ignale que les Russes n'ont consent a laisser
partir :e jeune fils de M. Nagy qu'apres que son pere eft
accept de d6missionner. Les correspondents de Budapest
signalent, 6galement, la vaste operation d'dpuration des listes
Blectorales qui, disent-ils, sous le covert d'dliminer les
ennemis -de la democratic, permettra de supprimer environ
500.000 votes. Les commentaires des r6dacteurs politiques et
des ditoaistes sont unanimes a reconnatre que !e coup
d'Etat hongrois n'aurait jamais pu s'accomDlir sans la com-
plicit6 et l'appui des reprdsentants russes en Hongrie.
Ward. dans le Baftimore Sun. declare aue, dans les mi-
lieux officials ambricains, le coup d'Etat hongrois n'a pas
surprise, et que certain fonctionnaires estiment que les me-
thodes employees par les autorites sovietiques et leurs
agents communists hongrois seront une legon -pour 1'Europe
occidental et amineront les masses A hesiter A suivre les
communists. Ce raisonnement est bas6 sur l'observation
qu'en Hongrie, les communists, grAce A I'appui sovietique,
ont refused ouvertement de respecter les rdsultats des elec-
tions libres et rejetd ainsi un ties principles de base de
ce que le monde occidental appelle la democratic.
Ann McCormick, dans le New York Times, 6crit notam.
ment que la prise de pouvoir par les communists en Hon-
grie est une marque de me6pris pour les Allies occidentaux
et loplnion mondial, qui oonstitue un prisage plus sinistre







RULLETM QUOTrDIEN DE PRESSR tTRANG*RE


encore que le marchandage qui s'etait faith au sujet des
traieds de pa:x. Les Allids partagent encore la responsabilitl
au sujet de .a Hongrie ; ilt sunt signataires d'un traite dd-
termi.ant son statut future et garanti';sant son independance.
Comme la fa't remarquer le idnateur Fulbright, hicr, au
S;nat, cette journalist se demand s'il est sage de r.itifier
le trait& italion, ce'qui obligera les troupes ainericaines h se
re.irer d Italie, alors quc les communists seront toujours
on place pour preparer une action suil sur Trieste, soAt sur
d'autres regions
Le correpondant do Christian Science Monitor A Vienne,
apres avoir passed en revue les 6vdnements qui menterent
au coup d Etat hongrois, dcrit que deux conclusions parais-
sent .ndviah es :
10 Que le complot a eid exploited f fond par les com-
munistes pour senverser leur propre position ;
2 Qu'on n'aurait jamais pu decouvrir ses ramifications
sans la participation 'des auto.itds russes A l'enquete. Cest
reul6ment en accusant Kovacs de crimes centre I'Armde
Rouge qu'on a pu l'arr6er et que l'enquete a pu sorlir de
l'impasse ch elle setait engage. L'intervenlion sovietique
est ega.ement visib e dans des 6vinements plus reccnts.
Los 6ditoriaux de Wall S:reet Journsal, 6'es joumnaux
Sc. pps-Howard et du VNew York Sun appuient sans reserve
la decision dy g6ndral Marshall de suspendre lis credits h la
Hllngrie. L du.toiial du WVashing'on Post reclame que la
poilique am&:caine soit plus positive et preconise que :e
Dilpartement dElat prepare avec soin la politique qu'il :eve-
lopprra de\ant I'A3.cmnblde des Nations Unies en sepleinbre.
L'editorial du Chr.s:ian Science Monitor regrette que cer.
tains aient pu penser que la doctrine Truman pouva't s'ap-
p.iquer dans les pays sbumis a I'occupation russe. mais
estime qu'el:e a des chances de ;ucces dans d'autres pays.
E.afin, :a pre'se announce que le ministry des U.S.A. en
Hongrie a dei rappeld de Budapest pour consultation.
2. Inde
La declaration de M. Attlec sur les Indes et les reactions
des chefs muulmans et du parti du Congr6s regoivent une
tr6s large publ:cite dans la presse. Celle-ci con,idere, g6nd-
ra emen, que cette premiere entente entire les diffrcents inte-
ressss est de bon augure pour I'avenir d'une Ince indipen-
dante. L'dditoria: du New York Times sale avec une trBs
vive satisfaction Ics declarations de M. Attlee.
3. Argentine
La press reprend en premiere page Its declarations de
M. Tiuman ind.quant qu il tait d'accord avec le gouverne-
ment a.gentin pour reprendre la discussion du traniC d'assis-
tance mu nelle pisvue par l'acte de Chapultepec. Les cories-
pondants de Washington voient dans cette declaration un
rapprochement americano argentin et estiment que les dA-
missions de MM. Messersmith et Braden ne sauraient tarder.
D autre part, les correspondents de Buenos-Aires annoscent
un impo.etant discours de M. Peron.
4. Nouve'les de France
Le discours de M. Ramadier a l'Assemble est rapport
dnais de nombreuses ddpeches de Paris qui soulignent les
fttaques parties par le premier ministry centre g I'invisible
chef d'orchestre qui, pour les correspondents americains
ne pout 6tre que le part commun'ste. C'est ainsi que la
depBche A.P. declare que M. Ramadier a accuse los com-
munistes de fomenter le movement de graves dans l'cspoir
de pr(c piter In crisp gouvernementa e. Une ddepche du
New York Hera:d Tribune dit de meme que M. Ramaticr
a ac use e parti communist frangais d'inspircr des graves
et de ri.quer de provoquer la chute de la IV' nepublique.
Une dpb)che du New York Times et une du Baltimore Sun
soutiennrnl le mnme point de vue. Une longue 'depeche du
correrpondant de Wall Street Journal h Paris signal que
les companies de p6trole amrricaines ont dticide do recons-
truire ct lie moderniser 'curs installati }is en France. Il
estime que I'accord sur les petroles, conclu entire les com-
pagnies amiri6aines et la compagnie francaise, fait cisparaltre
]e denier obstacle qui s'opposait a cette reconstruction des
installations des companies ameri i:ines p6trolieres en
France. 11 note que, d'aprea le plan Monnet, la consomma-


tion en essence ira en augmentant et donne une sdrie de
ch-ffres sur ies capacit8s de la production des differentes
Laffineries en France.
u) APHtS LE RAPPORT DE M. HOOVER (New York Heral
Tribune, 5/6, edii. europ.) :
e M. Hoover a dclarlar a semaine deranire, au Con-
gres, que le moyen pour les Etats-Unis d'all6ger les
charges de I'occapatioa et d3 rtablir la p:oJiztion
dans le mon'de 6tait de conciuria i im:nmdiatement
une paix s6parbe avec le Japan et par la suite
une paix separee avec la zone a.nsriicins d'occupa-
lion en Allein.igie, << si la Russie et la Frana.e ne r6-
pondent pis sIIi.nt lia:i.ll2;it ai u t dr.nieri appel paur
appliquer I'accord de Potsdam >.
M. Hoover ssmble cepeidalt avoir oubli6 qu'uan
paix s6par6e av.c nous laisse:ait enzara le Jipjn et
P'A:lemagne en guerre non seuleme it avec l'Unioa so-
viceque, mais avec beaucoup d'autres nations, et 'dans
la cas parli'ulicr d l'Allemigie~ avez tois oi presque
tons ses proches voisins. Capendant, M. Hoover ajoute
que nous devrions abs3lume t desarmr r 1-es Alle'inds
el les Japo:lais qui, mi:gri la p iix sipa' qq o nous
aurions conclue avec eux, resteront en guarra avec
leurs vo:sins.
La proposition de M. Hoover nous laisserait ainsi la
tfiche de veiller A ce que les Japonais et les Alleman'ds
de nolre zoin restel i dl arnlrles, el co-ja.li :t il nous
faudrail les defendre centre leurs voisias avec qui ils
seront toujours en guerre, et con re qui, pir la conc'u-
sion d'une paix s6pirie, noas-m3 nas, na3 AlleMtnds
el nos Japona s auru it as!i 'l fa :, i i i>:nInra',
Cel,:e proposition nous laissera aussi la tche de
maintenir au pouvoir les gouvernemenos fanloches avec
qui nous aurons conelu une paix sspa-6e. En effect, si
]'on appliqu:it le plan de M. Hoover, I'Alleinige seralt
d6memnbr6e. Le < gruvernement > al'enial q'ii aurait
conclu une paix s6piare aveo nous Serait le gaoverne-
ment de la seu!e parties de I'Allemangne qua nois oocu-
pens.
lAinsi M. Hoover, qui d-sire I'uiiflhatian de 1'Alle-
magie pour qn'elle puisse subvenir A s2s bossins, au-
rait divis6 I'Al'emague en un Etat satellite 'd3 l'Amni
rique et un E'at satellite-de la Russie. Cir 0, q'i pro-
pose M. Hoover, c'est que nous psrvenioas dSsunir
de fagon irrem d'ab!e 1'A'lemagnie, 'Eurone et le
monde parce qi, nTius avas eti -ioitble3 jasqu'A
present de refaire l'union de l'Allemagse.
M. Hoover pent penser que la preTi'-n e experience
qui a Wth faite avec I'Allenagne, exp-ience dans la-
quelle ii a jou6 un rlle 'dominant et m6me d6cisif cons-
tilunit un boi pr6cedent. Mais ii devriit c.-nrendre,
s'il rf'`ehil un pen, que I'a-nvee 1947 n'est pa-s I'an-
n6e 1920. La premiere fois qu'e'le a conclu aune paix
separee, I'Al'emagne avait un gouvernement reconiu et
avait deji conclu la paix ave- tlo'n ses enne-nis. Aussi
-e'ait-il possible pour les Etals-Unis de coailure uie
paix separee b:cn que celte solution se suit av6r6e
dangereu-emont i-isansee.
Mnis aujourd'hui il n'existe aucun gouvern.ment alle-
inanr reconu et il est im-nssible d'e.i constitur un
sans -le conenirment de touts !es puissan.ces o"cupin-
tep. Aueune pnrtie de I'AI'emagne n'a encore conclu de
paix avec aucu. de ses eine-nis. Aussi la proposition
de con.clure une paix separ.e avec un goliveriement
rllemand inexistant dins use parties q' lo.inTle de
I'Allemagne ne serait pas seulement repeter l'erreur d6-
sastreuss de 1920, mais la consacrer 'dBllitivement.
Voi'A qui ne constituerait pas u: reto-r a I'isola-
tionnisme, come en 1920, mais une provocation ma-
nifes'e er' meme temps qu'un acte de m6flanic et de
rupture. Non seulement cette attitude romprait. 'al-







nvLLUrxnxUoT1DI5? flu5lS rInetaa 5


lance dn temps de guerre qui sort de base atx Nations
Unies, mais elle ambnerait la formation d'une nou-
velle alliance. Cette nouvelle alliance serait un luxe
trop cher pour nous. En effet, l'alliance impliqu6e dans
le plan 'de M. Hoover comprendrait les Etats-Unis, le
gouvernement fantoche da Japon d6sarm6, le gouver-
nement fantoche d'une parties d6sarmxe de l'Allemagae,
et d'autres Etats trop faibles pour ne pas 6tre obliges
de nous suivre.
iM. Hoover semble penser qu'il pourrait forcer la
Grande-Bretagne et la France A entrer dans ce,te nou-
velle combinaison. Je me demande .si M. Hoover a pense
A cela avant de d6voiler son plan, ou s'il a simplement
tenu pour certain qae Londres et Paris le suivraient
dans cette venture.
Si M. Hoover avait vraiment examine ce point, je
pense qu'il aurait 616 amen6 A conclude que la Grande-
Bretagnc et In France ne se seraiPnt r.slues A& ela
qu'apres une lutte inltrieure qti 4cs aurait oertaine-
ment affaiblies 6norm6ment, sinon divisees conmp'te-
'ment. A la fin de la lutte, elles auraieit pu suivre la
direcAion imprimbe par M. Hoover. Mais alors ce n'est
pas une nouvell:e force, mais simplemefit leur faiblesse
qu'elles auraient apport6e A cette nouvelle alliance.
Cependant, le fait que M. Hoover ait soulev6 la ques-
tion 'd'une paix sepairBe peut fire ui certain bien.
Elle devrait renforcer cette conviction au d6partement
d'Etal et nilleurS qu'on ne peut retarder plus longlemps
]'Alaboration d'une politique constructive d'union euro-
pienne, si l'on veut 6viter que des idles fatales pour
la paix et l'effort d'ensemble 'des Nations Unies ne ga-
gnent du terrain parmi les Ambricains dant le juge-
anent cette fois-ci devrait 6tre un pen plus sage. ,
(WALTER LIPPMANN.)

b) LE PROBLAME DIf LA StCURITt DES ETATS-UNIS (New
York He,!ald Tribune, 4/6) :
i< On ne doit pas s'attendre a une nouvelle grande
guerre dans un proche avenir, et si le Congrbs ne r6us-
sit pas A metire str pied au course de cette session une
veritable organisation militaire comprenant la pr6para-
tion nmilitaire pour tous, il sera encore temps de le fair
l'ann6e prochaine ou l'ann6e suivante. Ce retard en
lui-meme ne serait pas fatal. Mais ce qui serait fatal,
ce serait de s'imaaginer sTmplement que nous pourrions
lesser de nous occuper de toute cette question comee
cela s'est produil aprs la derniere g'erre), que nus
pourrions recommencer A faire des Bcocaoanies paroi-
monieuses et A courir le risque 'd'etre surprise une nou-
velle fois d'une fagon beaucoup plus dtsistreuse que
nous ne l'avons Wtt Lors du d6sastre de Pearl-Harbor.
Nous ne pouvons nous permettre une fois de plus de
voir un retard d6gindrer en passivity. Le rapport 'de la
Commission pr6sidentielle a dtjh donan de la force au
project ,de loi sur les forces arimes, et m6me si c'est
lA tout ce que peut faire le CongrBs cette annde, ce ae
sera que le d6but d'une tAche qui s'imposera a nous
avec insistancte aussi longtemlps qu'ane guerre impor-
tante restera 'dans le domaine des choses possibles. >


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la prestie souidtique du 4 juin 1947
Tous .es journaux qui n'avaient pas paru hier repro-
duisent les principals nouvelles publides dans la Pravda
du 2 Juin : les commentaries sont pen nomhreux ; les nou-
velles concernent surtout le movement democratiqu, dans
le monde.


1. La lInle mondialt pear la ddmerate
Sons cette rubrique, 11 convent de signaler come' nou-
velles de premier plan : 'a session de la Ditte polonaise,
le discourse de M. Nenni au meeting de Cagliari, plusieurs
telegrammes de Budapest presentant 1 interview du premier
ministre, les declarations de Rakosi, Sakasyc et du president
du parti des petits proprietaires, le compete rendu de la
conversation *de Tito avec les journalists bulgares, des t61e-
grammes de Nankin et de Shanghai sur la terreur policiere
en Chine. Au second plan, quelques nouvelles plus braves
sur I'activitd des fascists centre les militants du part de-
mocratique en Turquie, I'aggravation de 1'Ntat de sante du
leader svndicaliste iranien lloust.
Dans tous les journaux parait un bref compete rendu ddu
discours du g6ndral de Gaulle A Paris. La ddpeche Tass
s'4tend sur la formation d'un bloc occidental, Trud sur le
movement de gr6ve dans ls bouolangeries de la region part
sienne. Quatre commentaires sont a reliever : dans la Prauda,
un feuiileton de Krainov analysant deux livres sovidtiques
recents sur la Chine : celui de Maslennikov, <-La Chine,
aperqu politique et Bconomique ;: celui de Kovalev, c Le
fermage en Chine :. Dans Trud, Raisky public une chroni-
que de la vie ouvriere et syndicale A l'tranger. La plus
grande parties de cette chronique est consacrde aux conflicts
rentss du travail en France et de la C.G.T. Raisky note
que, seul, le part communiste apporte son soutien a celle-ci.
Des le debut. on pouvait prevoir que la .rAorganisation ddu
gouvernement Ramadier portrait un coup serieux aux inte-
r6fs des travailleurs ; maintenant, ces craintes commence-
raient a se justifier. Selon le journalist, le gouvernement
aurait, non seu ement viol6 ses anciennes promesses en re.-
mettant la revision des salaires de mai a decembre, mais
il aurait ddcid6 de publier un ddcret de requisition signi-
fiant l'emploi de la force armde centre les ouvriers de l'elec-
tricit6 au cas oh ils se mettraient en gr6ve : il n'est pas
6tonnant que la press rdactionnaire ait salu6 bruyamment
ces meslres du gouvernement et qu'el:e pousse maintenant
les socialists A des actes plus hardis.
Salon Raisky, I'organe des trusts. France Libre, fait une
champagne demagogique sur les exc6s de depenses et la pro-
digalitd en matilre de salaires : t France Libre a l'audace
de reclamer une nouvelle attaque centre le niveau de vie des
travai-leurs, tandis que le journal gaulliste L'Epoque de-
c are qu il ne rest aux socialists qu'h rdaliser sans le g6nA-
ral de Gau!le ce que ce dernier a r6olamd a Strasbourg.
e'est-a-dire A s'unir ouvertement a la champagne de la reac-
tion centre les institutions democratiques et republicaines >.
La derriere parties de la chronique de ce correspondent
est consacr6e A la question des syndicats iraniens, qui est
A I'ordre du jour de la prochaine assemblee gdn6rale de la
F. S. M. A Prague,
Dans les Izvestia, Kudriatsev, sur trois colonnes, public
un long article sur la crise gouvernementale an Japon. L'au.
teur relAve deux facteurs qui exercent une influence deci-
sive sur ia cruise gouvernementale : la situation politique et
dconomique du pays et surtout la politique des autoritts d'oc-
cupation. (Voir 1'article plus loin.)
Dans Trud, sous le titre : a Libertd de la press on Liberte
de la calomnie D, Semenov public la lettre qu'il adresse,
A Ewer, l'observateur diplomatique du Daily Herald, an
sujet des articles qu'il a publi6s sur la situation ouvri6re
en U. R. S. S. 'II y joint le t6elgramme du r6dacteur du
Daily Herald refusant de publier la rdponse de Semenov, et
accompagne le tout d'un commentaire sur le trust capitalist
travailliste qui possede I'organe central du part travailliste
qui se termine par la phrase : a Si c'est la liberty de la
press, qu'est-ce alors que la liberty de la calomnie ?

2. La politique de I'Amdrique
Cinq nouvelles de premier plan : expansion amnricaine
dens les colonies franchises competee rendu de I'article de
Carrel dans l'Humanztd), e les Am6ricains proposent leurs
dollars pour letter centre I'lndonesie 3, e l'opinion publique
danoise et les prdtentions des U.S. A. sur le Groenland ,,
projects sur le service militaire obligatoire aux U.S. A. o.
Au second plan paralt une earie de nouvelles brAves aut







6 BULLMETI QUOTIDIEN DA PRESSE TRBANGAElt


la plitftfue deenomlque -et militalre des U.S.A. : Conf&-
rence.des commandants des troupes amdricaines d'oeepation
en Europe ; emprunt americain pour 1'Espagne ; L'Autriche
a l'in:enTion de demander our U. S. A. un emprunt de vingt
millions de dollars ; invitation de Messcrsmith a travai.ler
aux U. S. A.

LA SITUATION INTtRIEURE AU JAPON (Izvestt-i, 4/6).
c Deja, par l'interdiction de la ,grBve g6nerale pr6vuc
pour le 1" fivrier, les aulorites d'occapati3a soali-
gnaient qu'elles ne 'd6siraie.it pas tenir compete de
P'opinion pubique du pays et qu'elles avaient l'in-
tention de soutenir le cabinet Yoshida. Le pa.ri liberal
qu'il dirige alait ouvertement au devant des trusts am&-
ricains don't la politique A l'egard du Japo 1 a 6et ces
derniers temps 'de plus .en plus nelte. Comme les auto-
rits. d'occuipations amdr'icaines et leurs aglits, ea la
personnel des lib6raux, ne pouvaient pas ne pas comp-
ter avec les r6clamations des masses pour la de6iocra-
tisation du pays, elles manoeuvrereat pour essaver de
soumettre A leur influence les dirigeants sciali.;tes et
pour les obliger, tout en coanservant leur etiquette de
socialists, A mener une politique procia de celle 'du
parti liberal ; quelle que soit 1'6volution de la situa-
tion au Japon, une chose est claire : la cruise g)uver-
neme-ita'e au J.apon a 616 l'expdrience 6vidente de la
politique amricaine, qui n'a pas grand chose de com-
mu.n avec la ta che de d6mocratiser le Japon. )
KUDRIAVT SEV.



IV. PRESS BELGE


LA SITUATION INTiRIEURE EN FRANCE (Lie Soir, 5/6).
4 M. Paul Ramadier a raison de 'dire aux communis-
tes que s'ils 'talent seuls au pouvoir ils auraiena con-
sidB6r comime un sabotage la menace de grave du gaz
et de l'electrici't et auraient eu reroars A des moyens
plus 6nergiques que la requisition. C'est bien 1' que git
le dilemme. Les communists ne c.ritiquent jamais, si-
non en apparence, l'emploi de la force en tant que
tel, ils le critiquent en tant qu'il est dirige contre eux
on contre leurs sympathisants. Entre leurs mains, tou-
tes les measures l6gales ou extra-ligales sont justifiBes
par definition.
Si 1on vent comprendre le mecanisme de leur poli-
tique, il suffit de se reporter A la lutte de la bourgeoi-
sie contre le pouvoir absolu des rois. Peaidint cinq
sidoles, le Tiers Etat n'a cess6 de rclamer un affaiblis-
sement de l'ex6cutif au profit du ju'diciaire ou du 16-
gislatif. Quand la monarchie s'est Baro'l6a au profit
de la Rdpublique, le parlement n'a eu de cesse qu'il
ne se soit attribu6 un p.ouvoir bien sapSriear A celui
qu'exergait le roi. Un president du Conseil ne dure
pas aussi longtemps .qu'un monarque ,du xvIi siele,
mais cependant qu'il po.s&de une majority suffisante
A la Chambre, M. Ramadier peut faire bien plus de
choses que Louis XIV.
MARCEL DEFOSSE.

b) LA GRANDE-BRETAGNE ET L'INDE (Oel So:ir, 5/6).
S Si, plus heureuses que la Chine, les Indes &chap-
pent A la guerre civil, elles seront ap:ele36 A jouer
une rBle pr6pondrant en Asie. Les peuples de cec
continent d.ont l'Europe, comme on I'a souvent remar-
qui, n'est que le promontoire occidental, ont pris cons-
cience d'qux-m&mes pendant la guerre. Au nord, la


Russie demeure mystBrieuse pour eux come elle 1'est
pour nous. L'Amnrique commence A peine A s'inti-
resser A 1IAsie au moment ,oi les nationalismes s'affir-
ment et oil un sentiment de solidarity mystdrieuse pour
les ,.siatiques que 'U.R.S.S. et que les Etits-Unis. La
politique qu'e:le a prise vis-A-vis des Indes et de la
Birmanie peut accroitre son prestige dins la mesare
mame oa elle r6duit son autorit6. Qai sait ? Au mo-
ment mnme ofi tant 'de gens croieat assister an ddclin
de la puissa.ne britannique, des liens plus durables et
plus forts que ceux d'atrefais so forget peut-6tre
centre les Indes et le Commonwealth britannique. a
ROBERT DE GEVNST.


V. PRESS SUISSE


(1) LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCE.

1 La T7ribune i; G;efhtZe (4/6) :
t On relive come un fait assez inqui6tant que 1'at-
taque centree le gouvernement ait 6t6 menoe hier par
M. Fajon, qui passe pour un des extr,.nistes da part
communist ei l'on fail observer com.ne une indica-
tior non m.oins preoccupante qaie M. Duclos ne prit
pas part A la bataille.
L'imporession qui se d6gage 'du d6bat est iq'il a con-
somm6 la rupture entire le government et les com-
munistes et qu'il a lev6 1'6quivoque qui pesait depuis
plusieurs semaines sur les relations entire les pouvoirs
publics et I'extrnme-ga.uche. M. Ramadier n'avait pas
le choix. 11 devait, ou bien s'en aller, ou bien tenir le
tangage qu'il a tenu. Ze Prisident du Caiseil ayant
faith front, on peut aisdment pr6voir pour les jours A
venir une recrudescence des difficu:t6s q'u les nltras
d i parti communist sembrbeat biea 'dcids', accn-
ir::ler sons les pas de M. Ramadier. >
(Du correspondent A Paris de la Irihitbre tie Gend~e.)
2 Gaztede ide I4c4lnuelge (5/6).
1 Les paroles incisives de M. Ramadier out cause
quelque surprise dans Ies milieux politiqaes, puisque,
jusqu'a'ors, le chef 'du Gouvernement avait faith preuve
de la plus grande moderation. La gravitW de la situa-
tion I'a amend A jouer cartes sur table. Et sa volont6
6vidente de poursuivre centre vents et martes la tcehe
qui lui income ne peut qu'amener les l66ments extrd-
mistes et les dirigeants syndicalisteis A plus de com-
pr6hension.
(Du correspondent A Paris 'de la Gazellfe de Latusanne)

b) LA GRANDE-BRETAGNE ET L'INDE (Baslelr NXach'ichte e n,
4/6.
< Le retirement actuel de la politique indienne du
gouvernement travailliste confine au miracle. Jusqu'A
present le cabinet de Londres donnait bien l'impression
que son id(al 6tait de jeter I'Inde par dessus bord avec
le plus d'egards possible, afin de pouvoir ensuite se
laver les mains de tout ce qui arriverait. Comme il eut
t6d Adifiant d'avoir le droit de dire A 1'Inde lorsque
aurai'ent 6clai6 les guerres civiles et anarchiques ine-
vitahles : < Tu l'as voulu, Georges Dandin a. Mais de-
puis quelques mois on s'est rendu compete A Londres
qu'on subiruit une bonne part des dommages, et qu'on
ne pouvait s'esquiver en se ddsintdressant froidement
de la situation. Et les conclusions tires par les minis-
tres travaillistes, le vice-roi des Indes Lord Mountbat-
ten, prince de sang royal, les a faith passer dans la r6a-







13JLtrr1K QUOTMIRN EM M'LUSE *r&FAMQ*B I


Lit* 'me, e'st visible, une grande habilet, voire meme
avec raffinement. II a eu l'intelligence de donner satis-
faction au besoin de prestige des Indiens en leur aban-
donnant une honnete part d'initialive, et surtout il a
su 6viter de donner la funeste impression qu'une lois
de plus 1'Angleterre utilise les discussions entire les ha-
bitants. On a toujours reproch6 A la Grande-Bretagne de
fonder sa politique indienne et g6ndralement toute sa
politique colonial sur le principle : diviser pour r&-
gncr. A la politique de Lord Moun'batten conviendrait
au contraire cette variant : reconcilier pour regner. >

c) APRAS LA 'CRISE HONGROISE.
1 Journal de Gen vue (5/6).
o On peut Rtre certain que le dernier acte de cette
offensive dirig6e contre le parti des petils paysans sera
I'annonce de nouvelles elections ; elles se front, cette
fois-ci, avec des listes Bpurdes, c'est-a-dire que le Gou-
vernement privera du droit de vote toute une categorie
de citoyens, de fagon a permettre A I'extreme-gauche
d'obtenir a 1lgalement 3 une majority. C'est ainsi que
se fabriquent les r6publiques dans les Etats soumis a
Occupation sovi6tique.
On croyait pourlant que les Allies avaient mene une
guerre rude et longue pour donner la liberty aux na-
lions menaces par le systbme totalitaire. Ils 1'avaient
affirm dans la Charte de l'Atlantique ; et par l'accord
de Yalta, ils s'6taient engages A ne pas s'immiscer dans
les affaires interieures des autres Etats. Si Hitler est
mort, on ne peut pas dire que ses idles aient disparu.
La pression qui s'exerce sur la Hongrie, ofi les occu-
pants, par I'entremise des communists, s'cfforcent
d'imposer un regime don't l'immense majority de la
population ne veut point, constitute une atteinte incon-
venante au droit des peuples A disposer d'eux-memes et
aux principles du droit europ6en. >
#' (RENk PAYOT).

2 Nedeu Zric~chr Zeit ng (4/6).
c Le parti des petits propri6taires ne se rel6vera vrai-
semblablement pas du nouveau coup qui vient d'e're
porter contre quelques-uns de ses dirigeants. 11 n'y aura
pas de nouveau 4 novembre 1945 (date des elections
legislatives) et, en tout cas la puissance occupant ne


se laissera pas surprendre come etette paquacl&.
GrAce A une lutte acharn6e les communists ont
affermi leur pouvoir en Bulgarie, .en Yougoslavie et en
Pologne, parce qu'ils dispos.aient d'assez de temps pour
affaiblir l'opposition ou la r6duire au silence avant les
elections decisives. En Hongrie on rattrape aujourd'hui
le temps perdu et 1'on parvient au resullat qui, dans les
autres E;ats sous contr6le sovi6tique,. avait 6tL obtenu
i'an dernier au plus tard.
Et les puissances occidentales ? On compete les notes
de protestation par douzaines depuis les reclamations
contre l'accord economique sovidto-hongrois qui a ou-
vert la voie a influence russe avant meme le debut des
conflicts politiques, et la protestation contre l'immixtion
de Vorochilov dans la preparation du scrutiny de 1945
jusqu'A la controversy sur l'affaire Kovacs. De nouvelles
< manifestation de mauvaise humeur diplomatique >
pour s'exprimer comme le New York Herald Tribune
dans un de ses commentaires ne changeront rien au
fait que la Hongrie doit Rtre desormais consid6rbe
come un satellite des Soviets. On discerne maintenant
les raisons secretes qui ont determine Moscou A diff6rer,
de facon inattendue, la ratification des trails de paix
conclus le 10 fdvrier A Paris : I'U.R.S.S. ne ratified aucun
trait tant que n'est pas assure la consolidation des
regimes qui lui garantissent que le pays acceptera en
toutes circonstances une attitude pro-sovi6tique et col-
laborera 6troitement avec elle dans le domaine poli-
tique et economique. Meme apris la ratification, les
troupes russes disposent encore de 90' jours pour. 6va-
ruer l'Etat in'dresse et l'abandonner A lui-m&me. II est
evident que c'eot l1 un moment critique pour les c d6-
Inoeraties populaires *.
Les Etats-Unis semblent fatigues de la politique des

protestations et des voix s'l6.vent pour r6clamer des
measures plus 6nergiques. Etant donn6 que Washington
a decide de sot.tenir la Grace et la Turquie, il ne peut
rester plus longtemps inactif en face des 6v6nemcnts
de Hongrie. Le blocage des credits ne constitute pas A
lui seul un moyen efficacy. Seul un assainissement ge-
neral de l'atmosphtre, auquel les puissances occiden-
tales veu!ent parvenir aujourd'hui comme hier, pour-
rail ramener la quietude et dilivrer les peuples d'une
pression qui a pris a 'Est de l'Europe la forme intold-
rable qu'on peut voir dans le cas de la Hongrie. ,


5.P.I. Imp., 22, rue Nicolo, Paris 3I.iUU9




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