Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: June 4, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00107
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRAN(AIS
: D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


MINTSTERE
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESSED


Direction de la Documentalitin
14-16; rue Lord-Byron, Paris (8")


BULLETIN


PRESS


QUOTIDIEN


ETRA


4 juin 1947. Nou


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
la) Le plan brilannique pour 1'In'de.
1. Daly Herald (4/6).
2. Times (4/6).
3. Daily Teilegraph (4/6).
4. Daily Mail (4/6).
5. News Chronicle (4/6).
6. Dali:y Worker (4/6).
b) La situation en Italic (Mawcilaester GacMSan,,
3/6).
II. PRESS AMARICAINE.
a) La politique 6trangBre des 'Etats-Unis (New
York Herald Tribune, 4/6, edit. europ.).
b) La crise hongroise.
I. Newr York Hervdd Tribune (3/6).
2. Philadelphta Inquirer (2/6).
3. New Youi'k Times (2/6).
III. PRESS BELGR.
La situation int6rieure en France (La Libre Bel-
gilque, 4/6).
IV. PRESS SUISSE.
a) La crise hongroise (Neue Ziirciler Zeitung, 3/6).
b) La situation en Italie (Journial de Ger t&e, 4/6).

I. PRESS BRITANNIQUE

I ,
Revue de la press britannique du 4 juin 1947
La press de ce matin continue A Etre tout entire domi-
nie par la question indienne. Toutes les autres questions
passent I'arribre-plan. La France, pour sa part, ne fournit
matifre qu'& de trks brefs articles d'un caractere de pure
information.
1. Inde
La press s'attaohe i d~gager le caractbre historlqiue du
plan britannique tel qu'il a B6t exposed hier aux Communes
par M. Attlee et approuv6 par M. Churchill au non de
Opposition.
Le Tines donne le texte complete de ce plan alnsi que le
texte du message address, par le vice-roi & la population
indienie. ,
L'in.pression que l'on retire deJla lecture de certain jour-
naux est d'abord que les dde sont jet"s et qu'une nouvelle


phase s'ouvre dans 'h stoir de l'Indn 6 suitO)us soulage-
ment tr6s sensible a -o en Grahde-Br.a e et aux
Indes mfmes. 0 /
Le correspondent du T e se f4etitc d I'e rit de con-
ciliation avec lequel les fc s iidiens se ant engagds A
tout faire pour que le plan s ar 1'cnsemble de
]a population. t Certes, dBrit ce correspondent, personnel ne
pr6tendra que ce plan est parfait, certain regretteront qu'il
ait fallu sacrifier l'unitd national de l'Inde que les Bri-
tannionaes avaient cr66e et s'4taient efforc6s de maintenir. 1
Mais il esppre qu'une fois les esprits apaisds, un modus
uivendi trouv6 entire les deux nouveaux Dominions, ceux-ci
pourront peut-8tre parvenir h recrber cette unit.
Soulagement aussi en Grande-Bretagne : Le correspondent
parlementaire du Manchester Guardian remarqu'e qu'il faut
remonter loin pour voir un tel changement d'atnosph6re
dans les d6bats aux Communes. A l'inqu'etude qui aurait
rxgne avant le discours de M. Attlee aurait succ6d6 un cer-
tain optimism. M. Churchill aurait laiss6 entendre que
1'unitd de l'Inde restait a plus ou moins longue dchBance
dans le domaine des possibilities. Une question resterait
encore en suspense : celle de l'arm6e indienne. Ma:s l dessus
encore, la press espbre que les chefs de 1'Inde finiront par
se mettre d'accord.
Cette atmosphere confiante est encore accentuate par les
tchos qui viennent des Etats-Unis.
D'vprcs le Daily Mail, les Etals-Unis approuveraient tota-
lement la politique britannique dans laquelle ils verraient
une sorte de jen dangereux peut-6tre, mItis qui en vaut la
pcine.
En ce qui concern l'opinion franqaise, on estimerait i
Paris que la creation des deux nouveaux Dominions aug-
menterait le prestige de la Grande-BJretagne en France et
influerait sur la politique frangaise f 1'egard des& puissances
occidentales.
2. Etats-Unis
Plusieurs journaux, don't le Tinmes\et le Manchester Guar-
dian, annoncent que le government amdricain envisage-
rait de hiter la ratification des traits avec les satellites de
l'axe et peut-etre m&me de signer une paix sdpardc avec
I'Alle'magne, sans attendre l'accord de la Russie.
D'autre part, ils mentionnont briivement 1'apprdciation
portke par M. Vandenberg sur les 6vinements de Hongrie,
mais ne 1'accompagnent d'aucun commentaire.
3. Hongrie
L.e correspondent du Daily Telegraph & Budapest announce
le rappel des ministres de Hohgrie A Londres, Washington
et Paris. I1 laisse prevoir d'importants changements dans
Ic personnel gouvernemental hongrois et la promulgation
d'une nouvelle loi 6lectorale.
Le correspondent du mame journal a Vienne fait 6tat
des rumeurs qui circalent dans la capital autrichienne
selon lesquelles Budapest serait plong6e dans la terieur.
D'autres journaux annoncent une 4puration radical du


DE


684







2 BULLETIN QUOT.IDIEN DE PRESS ETRANGARE


parti des petits proprietaires, mais la encore aucun conim
nientaire u'accompagne, cos nouvelles.

4. France
Le Daily Telegraph, le Daily Mail, le News Chronicle, le
Daily Graphic feat 6tat des critiques adressdes par M. Ra-
madier aux communists.
Le correspondent du Daily Telegraph estinme que ces cri-
tiques ont dti les plus s6v6res qui aient 6t6 adress6es depuis
la Liberation.
Le correspondent du Times a Paris announce la continua-
tion de la greve des boulangers ct signal queliques mani-
festations de la foule.
Le News Chronicle consacre on article A I'emprunt octroyd
& la France par la Danque luternationale de Reconstruction.

5. Accord anglo-amdricain sur I'Allenagne
Le correspondent diplomatique du Times signaie que des
modifications ont t6 a;pportees au texte initial de I'accord
anglo-amdricain sur 'Allemagne. Celles-ci restreindraient
l'unite du Cunscil economique sur le Comiti exicutif et
laisseraient dans l'imprdcision la question du niveau do
l'indu'strie m6tallurgique allemande.

6. -- Communisme
Le Daily Mail public un article d'Al. Clifford consacrd a
Expansion communist dans le monde.
a) LE PLAN BRITANNIQUE PQUR L'INDE.
1. Dpagy Heicld (4/6, travailliste) :
<< Le plan qui vient d'etre accept par les dirigeants
indiens n'est pas celui que le gouvernement britannique
aurait choisi pour sa part. Le point de vue du gou-
vernement britannique est toujours que les iaterits de
FInde auaraient Atl mieux servis si 'on s'6tait bas6 sur
les propositions de la mission parlementaire formu-
lees le 16 mai 1946. Ces propositions stipulaient que
l'Inde devrait avoir un gouvernement autonomy et de-
meurer unie.
L'acceptation 'du plan actual ne signifie pas que I'on
a renonc6 A tout espoir d'unitL. Les communeutes peu-
vent encore entamer des n6gociations entire elles en
vue de rAaliser l'unification de I'Inde.
Cette annie, le gouvernement britannique remettra
le pouvoir A un ou deux gouvernements indiens, sui-
vant ce qu'aura decide le people indien. Les parties po-
litiques 'de 'Inde ont formula express6ment le d6sir
de voir ce transfer s'effectuer sans dt'lai et c'est pour
y parvenir au plus tBt que le gouvernement britanni-
que se propose de soumettre au Parlement, au course de
celte session, une legislation qui conf6re le statut des
Dominions au gouvernement (ou aux gouvernements)
indien A qui le pouvoir doit 6tre transmis.
Les dirigeants 'de I'Inde seront alors libres (comme
le sant tous les gouvernenments des Dominions) soit de
rester dans le Commonwealth, soit de s'en retire. Le
people britannique esprre de tout cceur qu'ils accepte-
ront de demeurer au sein du Commonwealth. Quoi qu'il
en soit, ils prevent A:re stirs de l'amitio et du d6sir de
cooperation de la Grande-Bretagne.
On ne peut que fdliciter M. Attlee, le cabinet et le
vice-roi pour leur intelligence et leur tbnacite qui out
permis enfln une heureuse conclusion des longues ne-
gociations qu'ils ont men6es avec les dirigeants in-
diens. >
2. Times (4/6) :
4 Le communique qui vient d'8tre public simultan6-
ment en Grande-Bretagne et dans l'In'de, et qui announce
que la procedure d6finie dans le plan britannique a
regu un accueil favorable des homes d'Etat indiens,


constitute la meilleure nouvelle qui nous soit venue de
l'Inde 'depuis bien des mois.
Dans l'Inde meme, les propositions britanniques
n'ont sou!.ev6 qu'un enlhousiasme mod6r6, comme on
pouvailt s'y attendre en raison de leur nature. Mais le
fait quoe M. Nehru, M. Jinnali et Sardar Baldev Singh
be solent montr6s disposes a reeoomander l'adoption
'de ces propositions aux comnnunaut6s et aux parties
qu'ils dirigent respectivement, constitute on lui-m6me
.un d6veloppemnent politique de premiere importance.
Le parti du CongrBs est toujours partisan de la con-
ception d'une Inde unie, qu'il cherchera encore A r6a-
liser, mais il s'est enfin rendu conipte qu'un accord
politique acceptant la formation d'un Pakistan consti-
tue pour l'instant le seul moyen pratique 'd'6viter una
guerre civil; d'autre part, les propositions britanni-
ques laissent la voie ouverte aux n6gociations entire les
diff6rentes communaut6s pour permettre de r6aliser
une union indienne, du type esquiss6 dans le plan de
]a mission parlementaire. L'accord qui est propose ap-
porte de louveaux avantages' du point 'de vue du parti
du Congr6s. II permettra a l'Assemlil6e Constituante de
continue sa tAche dans les. regions qui reconnaissent
son: autorit6; en second lieu, l'ootroi du statut de Do-
minion seta ane r6alit6 dans quelques semaines, cons-
tituant ainsi une tape vers 'indbpen'dance.
L'autorit6 ainsi conf6rEe A administration central
dans le secteur d6pendant de I'Assembl6e Co.nstituante
(quelle que soit la forme precise rev6tue par cette ad-
ministration dans.un avenir imm6diat) lui permettra de
prendre des measures Bnergiques pour rendre au people
la confiance et A administration son efficacit6. L'Inde
a besoin d'un affermissement de l'autorit6 oentrale,
nmme sous la forme 'd'organismes paralleles, existan,t
dans les regions hindoues et musulmanes, si elle veut
6viter de tomber, comme elle en est menacee, dans
l'anarchie et la decomposition. C'est A ce point de vue,
come M. Churchill et d'autres orateurs Pont souligne
aux Communes hier, que !e plan britannique m6rite
d'8tre consider come une contribution important a
l'evolution de I'ln'de vers son existence en tant que
grande nation. 3

3. Daily Teltjrgph (4/6, conservateur)

< Une 'des premieres reactions qui out suivi le com-
muniqu6 du premier ministry a propos de 1'In'de fut la
satisfaction de voir que les chefs des communaut6s in-
diennes s'6taient entendus ,dans une certain measure.
En mettant les choses au pire, on peut dire que l'ac-
oeptation du plan donne un moment 'de r6pit et qau
I'on s'l6oigne de la perspective d'un conflict imm6diat
qui, comme l'a dit M. Churchill, engendrerait l'une des
calamit6s les plus hideuses qui aient jamais d6vast6 les
immensit6s. 'de llAsie. Le plan mis an point par le vi-
comte Mountbatten et approuv6 par le cabinet est. loin
d'6tre ideal pour autant qu'il accepted la destruction de
cette unil6 qui a Ut6 I'un des dons les plus profitable
,de la Grande-Bretagne A l'Inde; cependant, il permet
aux Britanniques 'de se retire de 'Inde sans voir celle-
ci glisser dans le chaos et 1'anarchie.
Le point le plus important de la declaration qui a
e6t faite hier, c'est que le retrait des Anglais sera faci-
lit6 par l'octroi rapid du statut de Dominion aux deux
gouvernements qui prendront la succession de la
Granlde-Bretagne dans l'Inde britannique. II s'agit 1l
de dispositions temporaires; il appartient, en effect, A
chaoun des deux gouvernemenits de decider lui-mime
s'il vent rester .associ' A la Grande-Bretagne. De meme
les Etats qui representent le quart de la population de
'In'de sent libres de decider de leur propre avenir.







BULLETIN QUOT!DIRN DR PRESSE ThRANGARR 3


Jusqu'A ce que l'Inde ait tire ses propres conclusions,
ii serait premature de se prononcer sur les difflcult6s
qui pourraient surgir du fait que certaines parties du
pays adh6reraient au Commonwealth et que d'autres
rompraient flnalement les liens avec la Grande-Breta-
gne. L'espoir qu'en vertu de ces dispositions on puisse
transf6rer le pouvoir bien 'des mois avant la date pr6-
vue pour cela, semble peu justifi6 dans les circons-
tances actuelles. Les deux gouvernements sont encore A
erber, les deux Assembl6es Constituantes ont encore A
rbdiger les deux Constitutions, et il festera encore A
s'acquitter de la tache si difflcile de partager' les ser-
vices .administratifs. II se pent qu'une transformation
aussi profonde soit mate6tiellement impossible.
On peut encore espbrer, apres l'acceptation generale
du plan du vice-roi, qu'un conflict pourra 6tre 6vit6 et
que les communaut6s qui ont connu les divisions et
tous les d6savantages manifestes qu'elles entrainaient
constitueront finalement une sorte de gouvernement
central sans sequel lInde, en tant que nation, ne peut
prendre la place qui lui revient dans le monde. Si ce
r6sultat est atteint, tout le merite en reviendra au vice-
roi. Mais tant que les reactions suscitees par cette nou-
velle politique ne seront pas plus nettes qu'elles peu-
vent l'&tre pour l'instant, nous ne saurons pas si l'ac-
cord auquel sent parvenus A Delhi les chefs des com-
munaut6s apaisera les passions don'tt le dechainement
a amen' des destruction aussi 6tendues. Voilh 1'-
preuve decisive A laquelle 1'Inde se trouve maintenant
soumise. L'accueil qui a 6tW reserve aux propositions
britanniques par tous les parties, a la Chambre des
Communes et A la Chambre des Lords, est -ane preuve
de la sinc6rit6 des propositions britanniques. Mais ce
n'est que 'dans l'Inde elle-m6me que ce plan, ou tout
autre plan, d'ailleurs, peut constituer la base viable
d'un bon gouvernement. >>

4. Daily Mail (4/6, conservateur) :

4 Le transfer du pouvoir des Britanniques aux In-
diens constitute l'un des 616ments les plus important
dans I'histoire mondiale mais ii repr6sente encore
davantage. C'est un saut dans l'inconnu, sans prec6dent
dans les annales des changements politiques ou consti-
tutionnels.
Les revolutions francaise et russe marquent des p6-
riodes bien d6flnies dans l'histoire humaine. Mais la
revolution indienne (car c'en est une) a une portee
beaucoup plus important que ces deux revolutions, ne
serait-ce que par le nombre d'etres humans qu'elle met
en.cause.
Les chefs indiens recevront un bon accueil au sein de
la communaut6 des nations britanniques. Mais nous
pensions n6anmoins qu'il est tragique que 'Inde ait
,obtenu le statut de Dominion, alors qu'elle est divis6e
et- non unie.
Neanmoins, en mettant les choses au mieux, le nou-
vel arrangement est un compromise difficilement via-
ble; en mettant les choses au pire, il perpetuera les
divisions fondamentales.
Si les communautes indiennes peuvent pardonner, et
oublier, leur example inspirera le monde.
Demander cela, 6quivaut peut-6tre A demander un
miracle, mais l'Inde est un pays de miracles. Nous
prions tous pour assister au plus important d'entre
Wux. V

5. News Chronicle (4/6, liberal):
Les dangers les plus graves. t les plus imm6diats
auxquels les Indiens de toules les communautes duivent


faire face, decoulent directement de 'abandon du prin-
cipe de l'unite.
Pendant pres d'un si6cle, la structure economique du
pays a constitute un tout. Il est facile de voir com-
ment, a la suite de la division du pays, l'union econo-
mique pourrait sinon 6tre d6truite, du moins p6rir si
1'on n'y prend garde.
C'est au maintien de cette unite pendant cette p6-
riode de transition, que les dirigeants indiens doivent
absolument consacrer leurs efforts sans dMlai.
Dans ce domaine, le statut de Dominion, ne serait-ce
que de fagon temporaire, pourrait s'avkrer utile. La
presence d'un haut-commissaire qui succderait au
vice-roi pourrait faciliter la resolution des.probl6mes
en matibre de finances, de communications et de d6-
fense. Si les Indiens eux-m8mes pouvaient apprecier
I'importance de leurs inthrets communs, ils jugeraient
utile de faire parties du Commonwealth, car, en en fai-
sant parties, e le theme de l'unit6 2, comme I'a dit
M. Churchill, e serait preserve .
6. Daily Worker (4/6, communiste:
< Le plan concernant le transfer du pouvoir est
F'ieuvre de Whitehall.- C'est un plan britannique, un
plan travailliste-conservateur, et non un plan indien.
*Ce que I'on done d'une main, on le reprend de l'au-
tre. Le d6membrement est sa principal caracteristique.
Incapable de s'imposer selon les m6thodes anciennes,
I'imperialisme prepare de nouvelles m6thodes fondees
sur l'id6e que la division de l'Inde et l'opposition vou-
lue des Hindous centre les Musulmans laissera le pou-
voir effectif aux mains du rajah blanc, meme si l'on
fait semblant d'y renoncer.
Mais on n'a pas permis 1'Inde de resoudre elle-
meme ses propres probl6mes, et il n'y a eu aucune d6-
claration d'ind6pendance.
Le danger immediate reside dans un nouveau conflict
entire les communautes, ce qui naturellement ne sera
pas pour dbplaire aux politicians britanniques et aux
nationalists indiens de droite, qui se servent de ces
kmeutes pour justifier leur politique, qui consist a di-
viser pour regner.
On ne peut malheureusement douter que ce plan sera
applique le moment venu. Mais il ne saurait durer. II
ne r6sout aucun des problemes kconomiques, politiques
et communautaires de 1'Inde, pas plus qu'il ne contri-
bue A laqaix mondiale ,et A l'amblioration des relations
entire la Grande-Bretagne et l'Inde. ,

LA SITUATION EN ITALIE (Manchester Guardian, 3/6,
liberal) :
Beaucoup d'Italiens seront pr&ts A conclure que
M. de Gasperi a agi ainsi en cherchant avant tout A se
procurer des dollars en Amerique (des n6gociations
pour un emprunt sont en effet en course ou meme
sous la pression des Ambricains ; la gauche tirera parti
de cette*conclusion en soulignant que les elections de
l'annbe derniere n'ont aucunement dolnn6 aux d6mo-
crates-chretiens un mandate pour gouverner seuls. DBs
maintenant, les socialists 6tablissent des comparisons
avec Seipel, Dollfuss et Gil Robles. M. Togliatti, don't
les r6cents exposes ont eu un caract6re plus politique
que ceux de M. Nenni, a parle de & son devoir de mon-
trer A M. de Gasperi que le chemin qu'il suit est/le
mauvais . Le congrbs de la Conf6ddration Italienne
du Travail, qui se tient actuellement, nous dira ce que
peuvent signifier ces paroles sur le plan de l'action.
L'Italie a besoin de credits strangers, mais elle a 6ga-
lement besoin d'un gouvernement fort, que Iq coalition
ne lui a jamais donned. L'exclusion de Ia gauche peut
lui apporter les dollars, mais le gouvernement actuel









4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


sera-t-il suffisamment fort pour en tirer utilement
parti ?


II. PRESS AMERICAINE


Rec;ue de la press amdricaine du 3 juin 1947
1. Hongrie
C'est sous de gros titres en premiere page. que la press
announce les &v6nements, de la crises hongroise et la decision
du general Marshall de suspendre le credit de quinze mil-
lions ,de dollars accord A la Hongrie pour l'achat de sur-
plus amdricains. Pour ]a press, les eveneoments de Buda-
pest constituent un veritable coup d'Etat foment par les
communists avoc l'appui des Russes, et le nouveau gouver-
nement hongrois, bien qu'il ne soit pas communist, lui
apparatt comme un instrument docile au'x volooties de Mos-.
cou. Vue sous cet angle, la situation apparait g4n6raklment
aux redacteurs politiques et aux 6ditorialist s comme de-
vant entrainer unei protestation amdricaine et comme justi-
fiant la decision prise par le gSneral Marshall. D'aprbs cux,
la doctrine Truman est en jeu. Les uns voient dans l'action
des Russes une replique A cette doctrine, tandis. que les
autres notent que les agissements russes en Hongrie ont
commence bien avant que cette doctrine fut annoncee.
Presque tous estiment que la Hongrie etant passed de I'autre
c6tO du fameux rideau, de fer, il ne leur apparait, plus utile
de soutenir la Hongrie dconomiquement et financirement.
La politique amiricaine, disent-ils, doit s'appliquer a ren-
forcer les bastions ddmocratiques de 1'Europe occidental,
et c'est avec satisfaction qu'ils accueillent g6neralement les
declarations dans lesquelles le general Marshall souhaite la
bienvenue au gouvernement de Gasperi et promet a l'Italie
une aide financidre prochaine et substantielle, ainsi que son
appui diplomatique pour lui permettre d'entrer A I'O.N.U.
Max Lerner, dans le liberal P. M., critique la decision de
suspendre les credits A la Hongrie en disant notamment que
cette measure ajouterait A. la misdre economique du people
hongrois et le rendrait amer A l'rgard des U.S.A. Elle qimen-
tera, ajoute-t-il, la coalition des communists, des socia-
listes et de l'aile gauche du parti des petits propri4taires.
Le Washington Post estime qu'e 1'agression russe en Hon-
grie reprdsente quelque chose de nouveau en matirre poli-
tique. Elle se place, dit-il, en dehors de la possibility d'ac-
tion des Nations Unics, mis a part le fait que 1'Assemblde
de I'O.N.U., en tant que plateforme de l'opinion publique,
conserve le droit de faire la lumibre sur toute aggression.
L'&ditorial du Philadelphia Inquirer declare 2qe c'est une
erreur de consid6rer le coup d'Etat hongrois'onm'me une
repr6saille contre la doctrine Truman car, dit-il, les agissee-
inents des communists en Hon.grie Rtaient bien antdrieurs
a cetteo doctrine, I1 conclut en appuyant la decision du
general Marshall de suspendre les credits A la Hongrie.
2. Yougoslavie
Une d~pche U.P. announce que la Yougoslavie a rejet6 la
protestation du D6partement d'Etat qui s'elesait contre la
saisie par la Yougoslavie des biens italiens qui se trou-
valent dans la zone place sous le control temporaire de
la Yougoslavie. Cette d6p&che note que, comme dans le cas
de l'indemnit6 demandde par les U.S.A. pour les aeux avions
abattus par les Yougoslaves, le gouvernement Tito se mon-
tre intraitable.
3. Armemients atomiques
La press reprend en premiere page les declarations de
Lilienthal annongant que les U.S.A. continueront A amnliorer
leurs armes atomiques tant que I'O.N.U. n'aura pas accept
un systmme international de contr6le herm6tique ,.
4. L'dvasiOn d'Abd el Krim
Des depeches de Paris largement reproduites dans le Bal-
timore Sun, le New York Times et le New York Herald Tri-
bune rapportent la protestation verbale faite par M.. Bidault
aupr&s de I'ambassadeur Agyptien h Paris au sujet de la
complicity du gou'vernement dgyptien dans l'6vasion d'Abd
el Krim. D'autre. part, une d6pche U.P. d'Bgypte reproduit
les declarations d'Abd el Krim disant qu'il va travailler


pour I'ind6pendance de la politique au Maroe et qu'il de-
meure fiddle au Sultan et A I'attitude que celui-ci a expri-
muie an course de sa visit & Tanger. 11 aurait ajout6 que
e si l'Union Frangaise signifie 1'alliance libre des Etats
ind6pendants avec la France, il serait le dernier A la con-
damner par esprit de vengeance, mais qu'aujourd'hui, il
voyait beaucoup d'Etats arabes lib6res tandis que le Maroc
demeure sous la mAme domination que celle de 1926 n.
Whlitcomb icrit dans le Baltimore Sun que 1'6vasion d'Abd
el Krim parait avoir conduit l'oipinion publique A conclude
que la politique colonial frangaise suivie deruis la Libd-
ration a et6 un echec total s.

5. Allemagne
Des dip&ehes de Berlin prdcisent 1'6tendue des pouvoirs
qui seront confines h administration 6conomique allemande
dans la zone unified anglo-ambricaine. Le correspondent du
New York Times observe que ces precisions sont compl6te-
snent contraires aux declarations antdrieures du general
Clay et de plusieurs de ses subordonn6s, d6claratlons qui
indiqualent que ecs pouvoirs seraient 6troitemcnt limits. I1
constate que non seulement cet accord permit an Cnnsell
d'6mettre touts sortes de decrets, mais l'autorise aussi A
prolmulguer A sa guise des ordonnances ct des reglements.
11 considbre que ces pouvoirs sont tellement dtendus qu'ils
peuvent avoir un caractbre politi'que et note que le droit de
veto du gouvernement militaire n'est meme plus sp6cifid en
cc qui concern la nomination du directeur de ce Conseil.

6. Accord's sir le pdtrole
Des d6pbches dates de New-York au Wall Street Journal
et au Newo York Herald Tribune reprennent 1'annonce faite
par la Standard Oil New Jersey indiiquant qu'un accord
est intervene centre In Compagnie frangaise des p6troles, les
Companies ambricalnes Standard Oil New Jersey, Socony
Vacuum, et la Compagnie anglaise Iraq Petroleum au sujet
de la participation des deux compagnics amdricaines dans
1'Arabian American Oil Company qui exploit les conces-
sions p6trolibres de 1'Ara3ie,#Saoudite. Ces articles indiquent
toutefois que M. Gulbenkian, qui posside 5 % des Intrcdts
de I'Iraq Petroleum Company, et don't la signature A cet
accord est indispensable, n'a pas encore pris de decision. Le
Wall Street Journal remarque que ce ne sont pas les Fran-
gais qui portent la responsabilite du dclai empfchant les
deux companies am6ricaines de participer A 1' a Aramce ,.
7. -3 Nouvelles de Prance
Des deipiches d'agences et plusieurs journaux rapportent
la gr6ve des boulangers et annoncent que les petites entre-
prises ne fermeront pas mercredi en raison de l'accord
intervene avec le gouvernement. Par centre, les journaux
soulignont que le movement de greve provoque par les
demands de primes 'h la production s'6tend a tout le pays.
Une d6epche UjP. de Perpignan dement l'information
dohnde, hier par Ath6nes, information suivant laquelle une
brigade international s'cntrainerait en France pour aller
aider les guerilleros grecs.
Une ddpbehe de Trumbull, de Singapour. rapport an
New York Times les declarations d'un voyageur revenant
des lignes vietnamiennes. D'aprbs cet observateur, les digues
n'ont pas 6it entretenues, ct 55 % sculement des rizieres
sont cultivees. Une famine est A prdvoir, ajoute-t-il, dans
ces regions orh la population st'troiive accrue de deux mil-
lions de refugids.

a) LA POLITIQUE TTRANGERE DES ETATS-UNIS (New York
Herald Tribune, 4/6, Adition europ6enne) :

On se rend de plus en plus compete qu'il nous fau-
dra prendre l'hiver prochain des measures economiques
importantes pour emphcher un effondrement en Eu-
rope. Mais on ne saurait r6p6ter trop souvent, ni avec
trop d'insistance, qu'il est impossible d',laborer ces
measures ou de les mettre en pratique A Washington
seulement.
En effet, la question n'est pas seulement de savoir
si le Congres et le people ambricains seront disposes,
a voter les credits important qui sont n6cessaires pour







BULLETIN QUO"lDIN DE PRESS ITRANGOBE 5


emp6cher cet effondrement. II s'agit encore de d6ter-
miner si les principals puissances d'Europe, entire au-
tres la Grande-Bretagne et la France, pourront mettre
'Europe en measure de recevoir et d'utiliser des fonds
important de fagon efficace.
rIl me semble qu'en Europe on a tendance a consid6-
rer que tout depend du vote du Congres. En fait, le
Congr6s, selon toute probability, votera ces credits uni-
quement lorsque et parce que les pays europ6ens se
seront entendus pour prendre des measures vraiment
efficaces pour se tirer d'affaire eux-memes. Le people
americain aura alors l'impression qu'il faith un place-
ment sur l'avenir, et non plus qu'il se content de faire
des dons ; il aura l'impression qu'il fournit des fonds
de roulement p6ur la reorganisation de 1'Economie eu-
ropeenne, et non plus qu'il ne fait que payer la note
de gouvernements en faillite.
On enregistre 6galement ici une tendance troublante
A consider qu'on peut l6aborei en Am6rique un plan
de redressement pour l'Europe. Nous ferions beaucoup
mieux de dire A nos amis et allies europeens qu'un
plan qui r6aliserait I'union des principals puissances
europ6ennes serait accueilli ici avec sympathie et se-
rait appuy6 de facon pratique.
Les plans du Departement d'Etat ne pourront itre
men6s A bien tant que 1'Europe, sous '16gide de la
Grande-Bretagne et de.la France qui prendraient l'ini-
tiative, ne commencera pas elle-m6me a 6tablir des
plans et A entamer des n6gociations pour se reliever.
Un plan europ6en de ce genre accuserait un deficit en
dollars pendant bon nombre d'ann6es. Mais on pour-
rait persuader le people amiricain de combler ce d6fi-
cit, si le plan europ6en montre comment et quand il
ne sera plus neeessaire de faire appel A l'aide anmri-
caine.
Un plan americain pour l'Europe ne serait pas via-
ble. Quoi que nous puissions imposer, notre plan cau-
serait plus d'ennuis que l'argent n'en pourrait suppri-
mer. Aussi devons-nous attendre que Londres et Paris
fassent les premiers pas et se montrent disposes A
venir A notre rencontre : ces gouvernements nous sou-
mettraient des plans et des accords pour le redresse-
ment de 1'Europe, de tell sort que l'Europe ne d6-
pendrait plus d'une fagon aussi anormale de l'Am6rique
du Nord; de notre c6t6, nous apporterions les fonds
de roulement pris sur les fonds publics ambricains
pour finance la premiere phase du plan, jusqu'A ce
que des placements strangers normaux soient pos-
sibles. .
Pendant cette premiere p6riode, une tell operation,
de notre point de vue, ressemblerait sur bien des points
au pr&t-bail. Nous exporterions des marchandises, mais
nous ne serions pas rembourses en dollars : 'Europe
contribuerait A assurer la s6curit6 des Etats-Unis et A
garantir notre int6rAt vital dans la paix.
Aux terms du prot-bail en temps de guerre, nous
avons pu computer, en contrepartie de notre contribu-
tibn materielle, sur la resistance victorieuse de nos
allies. Bien que nous ayons donn.6 beaucoup, eux ont
donn6 tout ce qu'ils avaient. Le pret-bail a pu r6ussir
non seulement A cause de nos sacrifices, mais aussi a
cause des leurs. Le m&me principle pourra etre applique
avec succs si l'on .tablit maintenant un pr&t-bail
d'une nouvelle forme. ,
(WALTER L.IPPMANN.) "
b) LA CRISE HONGROISE
1). New York Heaald Tribine (3/6) :
a La premiere reaction du gouvernement americain
A 1'6gard de l'intensification de l'emprise russe sur la
Hongrie est, naturellement, une protestation. Celle-ci


sera rejet6e par les Russes et par le nouveau gouverne-
ment hongrois comme constituent une ing6rence dans
les affairs int6rieures d'un autre Etat.
Les Hongrois non communists auront un sourire
amer et penseront que des protestations sont insuffi-
santes pour supplanter une arm6e d'occupalion russe et
une police sous contr6le communisle. Les Etats-Unis
seront alors places devant l'alternative suivante : ou
bien accepter une extension de la puissance sovi6tique
en Hongrie come un fait accompli, ou bien prendre
doe nouvelles measures pour rendre leur protestation
efflcace.
Deux measures sont envisages A cet 6gard. L'une con-
siste f refuser la ratification du trail de paix hongrois
par les Etats-Unis et I'autre A mettre un term a I'aide
amnricaine A la Hongrie. Il est tres difficile de voir
quels pourraient 6tre les effects de l'une ou l'autre de ces
measures. Jusqu'A ce que le trait soit ratiti, la Russie
est libre de maintenir des troupes en Hongrie et d'exer-
cer une influence directed sur les affairs hongroises.
Lorsque les troupes sovi6tiques partiront, il est certain
que les forces de police hongroise, dirig6e par les com-
munistes, agiront, sans aucun doute, dans l'int6rkt de la
Russie : les elections seront truqu6es et les choses.se
passeront A peu prAs come en Pologne. Mais, le fait
de refuser la ratification des traits avec les anciens
satellites de 1'Allemagne ne fera aucun mal A la Russie
et aucun bien A la majority non-communiste hongroise.
D'autre part, la suppression de I'aide am6ricaine a la
Hongrie se ferait fortement sentir. Le secr6taire d'Etat
Marshall a d6jA bloqu6 la deuxi6me moiti6 du credit de
30 millions de dollars qui avait 6th ouvert A la Hon-
grie. L'adoption definitive de cette politique indique-
rait de facon marquante le m6contentement des Etats-
Unis, mais c'est surtout les non-communistes hongrois
qui en souffriraient, 6tant donn6 qu'ils repr6sentent la
majority de la population. Cela ne ferait absolument
rien A la Russie, et ne fournirait au Kremlin qu'une
nouvelle occasion de s'6lever centre t l'imp6rialisme
du dollar >. Aucune de ces propositions n'aurait d'au-
tre effect que de permettre aux Am6ricains de montrer
leur m6contentement, ce qui ne constitute pas un objec-
tif constructif en politique 6trangbre.
Qu'espbrent faire les Etats-Unis A propos de la Hon-
grie ? Cela depend dans une large measure de I'attitude
que P'ensemble de 1'Europe adoptera au course des pro-
chains mqis. Si les Quatre Grands peuvent discuter en
toute bonne foi et avec un espoir de succ6s, un r6gle-
ment g6n6ral en Europe, la situation des satellites pour-
rait figure A l'ordre du jour. Si, d'autre part, la divi-
sion de 1'Europe en deux parties se confirm, la Hon-
grie dolt etre considered come faisant parties de la
sphere d'influence sovi6tique. Seule une guerre ou un
puissant cataclysme int6rieur en Russie pourrait alors
la lib6rer. Cette perspective n'est pas tres encoura-
geante, mais elle ne sera pas am6liorke par des actes
diplomatiques qui ne servent A rien. >

2. Phiadlelphia In}quijrer (2/6) :

a Jamais les Russes n'avaient encore montr6 de fagon
aussi outrageante leur brutality. Tout laisse penser que
la Grande-Bretagne et les Etats-Unis prendront des
measures 6nergiques pour protester centre cette main-
inise (car c'est bien de cela qu'il s'agit) des Russes sur
la Hongrie. II serait bon de ne pas perdre de temps, et
les notes diplomatiques devraient ftre suivies de I'em-
ploi de toutes les forms possibles de pression Bcono-
mique, ainsi que la suppression de l'aide financiere que
l'on envisageait pour la Hongrie.






6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE AThANGA1W


Le proced6 tout entier est l'expression du type le
plus dangereux et le pire d'immoralit6 international.
On s'est jou6 des clauses d'armistice et on a viol6 les
accords de Potsdam et de Yalta ainsi que la Charte des
Nations-Unies. 1C'est pr6cisement le genre d'actes qui en-
gendre les guerres. Ce vol de la Hongrie par les Russes
doit 6tre tenu par les autres nations pour ce qu'il est
trhs exactement : une dangereuse menace pour la paix
du monde.
3. New York Tinmes (2/6) :
c Le coup d'Etat comnmuniste en Hongrie est main-
tenant apparemment execute, sauf en ce qui concern le
sembiant d'l6ections qui auront lieu en septembre pour
le confirmer. A parlir de maintenant, la Hongrie prend
place aux c816s de la Pologne, de la Roumanie, de la
Bulgarie et de la Yougoslavie et devient A son tour un
Etat policies et un satellite de la Russie. Parvenir a .c
r6sultat, tel fut le but d6lib6r6 du gouvernement sovie-
tique depuis la fin de la guerre. C'est l'arm6e d'occupt-
tioh russe qui a fait fonctionner le m6canisme qui a
permis de I'atteindre.

III. PRESS BELGE


LA SITUATION INTIERIEURE EN FRANCE (La Lijbre Belgiquel
4/6).
i L'autre jour nous constations que l'ouvrier fran-
cais ne gagnait pas suffisamment et que nombreux
sont ceux qui ne mangent pas a leur faim. C'est ce qui
nous autorise, aujourd'hui, a dire que cette greve des
ouvriers boulangers est totalement injustifi6e, vexante
pour la population, et qu'elle fut entreprise A la 16gere.
En effet, au course des reunions de la commission pari-
taire qui pr6ecdent la gr6ve, les ouvriers boulangers
ont vu leurs revendications essentielles satisfaites. Ii
ne restait plus qu'A se meltre d'accord sur des questions
de detail nettement secondaires. Rien ne saurait done
justifier la decision des ouvriers boulangers.
Certains sympt6mes semblent indiquer d'aillcurs que
la classes ouvribre francaise commence a perdre ses
nerfs et son calme.. Des grBvcs anarchiques, qui ne sont
contr616es par aucun organisme responsible, eclatent
un peu partout ; ces groves conlinuelles, perl6es, par-
tilles ou ayant simplement le caractere de tentatives,
sont en train de d6sorganiser toute la vie Bconomique
frangaise et de causer le plus grand mat au pays... En
observant cette situation, on n.e peut que se demandeur :
< Qui dirige tout ce movement ? Et pourquQi ? Qui
a interet a le soutenir ? > Car il s'agit 1l, sans aucun
doute, d'ac4ions pr6m6dit6es et organis6es d'avance. >
(Du correspondent de la Lvbre Belgique, A Paris.)

IV. PRESS SUISSE

a) LA CRISE HONGROISE (Neiue Ziircheir Zeltuing, 3/6).
(( On pense qu'une protestation 6nergique sera 61ev6e
centre le remanrement minist6riel de Budapest, qui est
qualifl6 a Washington de coup d'Etat monte par les


Russes ; il est possible 6galement que des c sanctions :
interviennent : blocage temporaire ou pour une dur6e
ind6termin6e du credit de 7 millions de dollars accord
par I'Export Import Bank pour l'achat de colon, et
peut-6tre radiation de la Hongrie de la liste des pays
secourus par lP. R. O. : aux terms de la decision du
CongrBs s'appliquant en l'esp6ce, le gouvernement au-
rait pleins pouvoirs pour agir ainsi.
Protestations et sanctions 6ventuelles se fonderaient
sur I'armistice et sur I'accord de Yalta que l'on regarded
comme viol6s I'un et l'autre par la tentative faite A Bu.
dapest en vue de a corriger la fortune >. Mais, selon
les observateurs politiques le gouvernement n'ira guere
au delh de ces measures 6ventuelles.
La politique de protestation centre les 6v6nements
qui se produisent A l'int6rieur des pays de la zone d'in-
iluence russe n'a pas, on le salt, obtenu des succ6s bien
6clatants pendant les deux annies qu'on I'a pratiqu6e.
La doctrine Truman Bquivaut en fait A l'abandon de la
tentative amiricaine en vue de maintenir par ce moyen
les Balkans aux Occidentaux. Cet effort
n'avait d'ailleurs de sens qu'aussi longtemps que les'
Etats-Unis, a la difference des Britanniques, n'6taient
point au nombre des partenaires dans la lutte pour l'in-
fluence dans les Balkans, et pouvaient s'opposer en
m6diateurs > a la division de ce territoire en deux zo-
nes d'influence. Aujourd'hui, ils sont directement enga-
g6s eux-m6mes en Grace et en Turquie, et celte inter-
vention a d6ej eu des repercussions plus ou moins indi-
rectes, selon la situation iqt6rieure de chaque pays,
dans l'ensemble de l'Europe occidentale. Les 6v6ne-
ments de Hongrie constituent une autre consequence de
la doctrine Truman en ce sens qu'ils repr6sentent le re-
Vers de la m6daille.
II est certes impossible de pr6voir les decisions que-
va prendre Washington, mais il serait confrmne A la
ligne de sa politique d6sormais officielle, tendant A
maintenir la division de l'Europo en zones d'influence
telle qu'elle r6sulte de la deuxibme guerre mondiale que
la reaction americaine se bornAt a une protestation
6nergique. >
(Du correspondent a Washington
de la Neue Ziircher Zeituing.)

b) LA SITUATION EN ITALIE (Jouwiital de Genive, 3/5).
< II se peut que la position de l'Italie soil renforc6e
en face de t'Mtranger, car la nouvelle politique adopt6e
implique un choix trbs net sur le plan ext6rieur. L'Italie
a un besoin urgent de l'aide 6trangere. Elle n6gocie en
ce moment un emprunt A Washington. Or, les Etats-
Unis, en vertu de la doctrine Truman, he veulent plus
accorder de pr6ts que sous condition. lls ne veulent pas
collaborer au r6tab'issement de l'6conomie d'un pays si
cclui-ci poilvait un jour prendre position pour le bloc
oriental. M. de Gasperi s'est incline devant les necessi-
tes 6conomiques de la PNninsule. Pouvait-il agir autre-'
ment ? Ainsi, la .crise gouvernementale italienne s'ins-
crit comme un episode de l'actuelle conjoncture inter-
nationale. Sa solution marque un point en faveur du
bloc occidental.


S.P.I. Imp., 27, rue Nicolo, P~iris 31.3009 Prix 6 fr.


Prix : 6 fr.


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