Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: May 29, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00102
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRAN(;AIS
D'INFORMATION
MINISTERE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documcntatici.
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


MINISTER
DES AFFAIRS ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DR PRESS


BULLETIN


DE


29 mai 1947.


PRESS


QUOTIq



ETRAN


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
0) La situation int6rieure en France :
1. Daily Telegilaph (29/5).
2. Times (29/5).
b) La politique etrangere de l'Union Sovieti-
que (Manchester Guardian, 28/5).
c) La situation en Extreme-Orient (Tinms,
29/5).
I. PRESS AMERICAINE.
a) La situation en itremie-Orient (New York
Herald Tribune, 28/5).
b) Le rapport de M. Hoover (New York Heracld
Tribunie, 28/5).
c) Le rapport de la Commission d'enqu6te de
P'O. N. U. dans les Balkans :
1. Was'hzing1ion Star (27/5).
2. Christdian Sciicice Monitor (27/5).
III. PRESS POLONAISE
Apr6s le message du President Truman (Zycie
Warszawy, 28/5).
IV. PRESS BELGE.
La situation interieure en France (Le Soir,
29/5).
V. PRESS SUISSE.
La politique 6trangBre de la Grandc-Brctagne
(La Tribuile e Gendve, 28/5).


I. PRESS BRITANNIQUE

Revue de la press blitannique dii 29 nmai 1947
La press de ce matin continue h 6tre tout cntitre domi-
nie par la Conf6rence de Margate. Celle-ci met en relief les
declarations de oM. Dalton d'apres lesquelles la Grande-
Bretagne sc verrait prochainement contrainte de riduire
consid-rablement ses importations et ne devrait plus comp-
ter sur un nouve'l cmprunt americain. M. Dallon aurait
admis que le premier cmprunt amiricain a etd ddpens6
beaucoup trop rapidement. I1 aurait ensuite fait le point
de la situation economique et aurait examine le problem
de la main-d'oeuvre.
D'autre part, la iprssc met en vedette le vole du Congris


travaillisie en favour de 1'6galit6 des salaires pour la main-
d'oeuvre feminine.
La press conservatrice y voit la victoire des rebelles
centre lt gouvernemcnt. Enfin, M. Morrisson a fait appel
it la miin-d'acuvre britannique et Jui a deman!6 d'augmen-
ter son rendement. La rubrique cxterieure comprend di-
\vcrlss questions, mais aucune n'occupe unc place vraiment
dominant.
La situation en France fait I'objet de trois articles dans
le Times, le Manchester Gualidian, le Dai!l Telegraph, ainsi
quc d'un editorial dans cc dernier journal. (Voir cet article
plus loin.)
1. France
Apres avoir rappele bri6vemcnt les faits. ]e correspondent
du Times i Paris soulignc que la solution d'arbitrage entire
le government et les syndicate ne ri;,le pas le fond du
conflict. (Voir l'article plus loin.)
D'aprds le correspondent du Manchester G.uasrdian, le gou-
vernement sc trouverait bient6t devant alternative sui-
vante : ou bien accepter les terms .de 1l'arbitrage, ou risquer
un conflict plus grave que eclui qui vient d'&tre 6vit6. Ce
correspondent fait ensuite 6tat de 1'attitude de la press
communist et de la press socialist, puis il porte le pro-
blenmc sur un plan plus gidnral : A savoir quel droit ont
les ouvriers des secteurs nationalist's, et il pr6voit de nou-
velles revendications ouvrieres dans d'autres industries.
Scion le cor:espondant du Daily Telegraph, le sentiment
general des deux cotis serait plutit un sentiment de soulage-
ment que de victoire, car la grevc aurait Wt6 pr6judiciablc
aux intir&ts de la France sur le plan interieur et interna-
tional.
2. Maroc
Le correspondent du Times a Paris fait 6tat du discours
prononed par le general Juin A son arrive a Casablanca.
1I remarque que le sultan a .prononcd 6galemcnt un discours
ct ecrit que cc dernier a omis de parler de la France, mais
a sou.lign6 les liens qui unissent le Maroc aux autres pays
arabes.
Le Daily Telegraph announce l'arrivde du g6ndral Juin au
Maroc, mais n'accompagnc cetle nouvelle d'aucun commen-
taire.
3. APeemagne
t.ertains journaux, come le Times, le Maichester Guar-
dian, s'int6ressent A la situation alimentaire de la zone
soviltique. Ils reproduisent des comptes rendus de cette
situation parus dans les journaux allemands. Les rations
accordces aux ouvriers de la zone russe atteignent pour
certaines categories le chiffre de 3.000 calories.
Le correspondent du Times ne s'etonne pas de la situation
privilegiee de la zone soviitique et rappelle que celle-ci
comprend, h I'inverse des zones occidentales, de vastes r6-
gions agYicoles.


Nouvelle Serie No 679


_ _I __ I
I






2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


D'autre part, le correspondent de cc neme journal A
Dusseldorf fait dtat d'un avertissement adrcsse i M. Hos-
man par miles autorits britanniques qui l'ont invit i h mo-
derer ses critiques contre Ies Allids. Cetle ddmarche aurait
caus6 une grande satisfaction dans l'opinion qui coinprend
qu'il n'est quc trop facile, dans les conditions actuclles, de
critiquer les Allids ct que de tells critiques ne pourront
qu'affaiblir la bonne volont6 de ceux-ci Ia I'gard de la
population allemande.
Le corresponaant special du Manchester Guardian i Berlin
signal que les autorites britanniques s'efforcent de mettre
en garde la population allemande contre un optimism
excessif, soulevW par l'annonce d'un prochain accord anglo-
americain.
4. Inde
D'aprbs eI correspondent du Daily Telegraph A New Delhi,
le CongrBs serait d6cid6 h accepter le plan BlaborB par la
mission du cabinet britannique. II obligerait ainsi la Liguc
musulmane A supporter tout le poids des &venements qui
pourraient se produire prochainement. Cependant ce corres-
pondant ne croit pas A la sincerity du Congres don't 1'atti-
tude trop conciliante pourrait porter un coup tres grave
A son prestige.
D'autre part, Andrews ,Mellor, du Daily Herald, craint dc
violent desordres apr6s la publication du plan Mout batten
ct met en relief l'appel au calne lanc6 par M. Gandihi.

5. Etata-Unis
D'aprbs le correspondent du Daily Telegraph h Ne,-York,
les Etats-Unis s'attendraient h une p nurie d'essence i par-
tit de il'hiver prochain. Cette pdnurie risquerait de durer
deux ans.
6. Antilles
Plusicurs journaux, don't le Daily Herald, annoncent que
les Antilles deviendraient Dominions. La premiere nodifi-
cation de leur statut serait envisage pour la fin de sep-
tembre et une conference se tiendrait h cet effet au course
de laquelle serait discutee l'6tablissement d'une union
douaniere et il'unification cde services gouvernementaux, Ja
coordination des communications et de la defense des diffi-
rentes lies.

7. Hongrie
D'apres W. Ralph, du Daily Worker, la presence prolongee
du premier ministry de Hongrie en Suisse inquieterait la
population hongroise, et ce correspondent aurait I'impression
qu'une cruise politique se produira dans les semaines qui
viennent. Elle critiquerait l'attitude des petits propriCtaires
qui attendent le secours financier de 1'Ptranger au mipris
de l'ind6pendance politique de leur pays. La politique bri-
tannique A 1'Pgard de la Hongrie serait copiee sur la poli-
tique ambricaine et chercherait A 6touffer le mnouvement
democratique hongrois. e II serait temps, estime W. Ralph,
que M. Bevin reconnaisse que les int6rets de la Grande-
Bretagne resident en une amitie etroite avec la nouvelle
Hongrie.

a) LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCE
1. Daily Telegraph (29/5, conservateur).
-U
SII faut feliciter le gouvernement de M. Ramadier
d'avoir 6vit6 i la 11* heure une grove des employs du
gaz et de 1'l6ectricit6. Ce n'est pas la premiere fois que
le premier ministry francais a fait preuve 'd'habilet6
et de courage en face d'une menace serieuse, et il sem-
ble vraiment que son pays a trouv6 en lui un chef
qui connalt A la fois les remedes necessaires A la situa-
tion economiique ct qui soit capable d'obtenir un appui
suffisant de la part du public et du parlement. Sa fer-
met6 et ses succes sont d'autant plus remarquables que
son 6quipe n'est pas facile a diriger el que les commu-
nistes, gqui sont maintenance dans l'opposition, contr6-
lent la C. G. T. et, dans le domaine politique, consti-


tuent sans aucun doute le mieux organism de tous les
parties.
C'est une raison pour souligner que M. Ramadier
n'est pas encore au bout de ses difficult6s. La source
des difficulties Bconomiqkues en France est la m6me
qu'en Grande-Bretagne, A savoir la n6cessilt d'adapter
les salaires A la production et aux prix. Le faith d'accor-
der d'importantes augmentations detruirait tout espoir
de stability economique ; lous le's parties savent cela et
seuls les communists exploit'ent I'aversion naturelle du
people A l'6gard de la deflation. Ils espirent revenir
an pouvoir avant la fin de cette annee, quand, d'aprbs
leurs calculs, l'echec de la tentative actnelle aura en-
gendr6 la confusion et le malheur.
Leurs calculs s'avereront mal fond6s si dans l'inter-
valle M. Ramadier persiste dans ses efforts pour fire
.baisser les prix et limiter en m6me temps les augmenta-
tions de salaires A des primes de rendement. Pour r6us-
sir il ne faut pas se contenter de r6sister ;i des de-
mandes iqui sont d'autant plus difficiles h repousser que
si l'on considire les salaires r6els de 1938, elles sont
parfois justifies. Si A partir de maintenant jusqu'au
mois de juillet prochain le gouvernement veut allier la
fermet6 avec une administration efficace, I'exp6rience
actuelle pent 6tre couronnde de succ6s.
A l'heure actuelle, il y a deux points dans la situa-
tion franCaise qui interessent particuli6rement les ob-
servateurs britanniques. Le premier, c'est que les na-
tionalisations sont loin d'entrainer le bien-6tre econo-
mique. Les fonctionnaires semblent avoir davantage de
sujets ide m6contentement et etre plus disposes A se
mettre en grbve que ceux que les socialists se plaisent
a appeler les < esclaves salaries >>. Le gouvernement
socialist britanni'que ferait bien de noter qu'une greve
des fonctionnaires a eu lieu en septembre dernier; Ique
les usines Renault (qui ont W6t r6cemment le thdAtre
d'une greve) sont nationalis6es, et que les salaires y
sont actuellement plus has que dans les usines priv6es
du m6me genre; et enfin que les industries du gaz et de
1'61ectricit6 sont nationalis6es. Le deuximme point, c'est
qu'un gouvernement frangais dirig6 par un socialist
essaie r6solument de pratiquer cc que nos ministres (et
seulement quelques-uns ,d'entre eux, comme M. Morri-
son hier) se contentent de precher parfois. M. Rama-
dier suit une politique economique national qu'il sem-
ble d6termind A appliquer sans tenir compete des th6o-
ries politilques. >>

2. Times (29/5).
<< L'ordre appelant a une greve symbolique de
24 heures les travailleurs du gaz et de 1'l6ectricit6 a Wte
rapport, quetques minutes avant minuit, apris la r6ali-
sation d'un accord entire le gouvernement et la F6d6ra-
tion de I'Eclairage, accord pr6voyant la soumission du
diff6rend A un arbitre.
On n'est parvenu A cet accord qu'apris de longues
heures de discussion au course desquelles le Conseil de
direction des entreprises; nationalist's du gaz et *de
1'61ectricite a jou6 le r6le de m6diateur. II a 6vit6 une
6preuve de force que la prudence des deux parties en
cause entendait limiter, mais que le moindre incident
aurait pu envenimer. Mais il ne' r6soud pas le conflict
qui exception faite de cette amelioration -de 1'atmo-
sph6rc gen6rale reste exactement ce qu'il Btait, et
I'une et I'autre parties demeurent libres de rejeter les
propositions de l'arbitre.
La F6tdration et le gouvernement considbrent tous
deux les iv6nements de la nuit dernibre comme une
victoire, bien qu'il faille ajouter que le gouvernement






BULLETINQUOTIDIEN DE PRESSED B$TRANG*RR 3


est bien plus discret dans son triomphe. I1 y a une part
,de v6rit6 dans ces proclamations de victoire. Le gou-
vernement en acceptant l'arbitrage, a certainement
admis jusqu'a un certain point, que les reven-
dications de la Fdderation demandaient un nou-
vel examen. Il est de plus en plus evident
que la C. G. T., A laquelle la F6d6ration de l'Eclai-
rage est a'ffiliee, se souciait peu d'affronter trop ouver-
tement 1'6preuve de force que le gouvernement, en -der-
nier resort, 6tait certainement pret A accepTer. Mais,
par ailleurs, on ne permettra pas de si t6t an gonver-
nement d'oublier qu'il avait lance un ordre de requi-
sition. Toutes les declarations faites depuis hier soir,
par les leaders communists on par les chefs de la
Federation (ce qui n'est pas necessairement la meme
chose) font ressortir clairement ceci. -
(Du correspondent a Paris du Times.)

b) LA POLITIQUE ATRANGtRE DE L' UNION SOVktTIQUEI
(Times, 29/5).
e Les pertes en homes et en materiel subies par
I'U. R. S. S. au course .de la guerre ont W6t plus 6levBes
(que cells d'aucune autre des grandes nations qui y
ont pris part, et il est n6cessaire de se souvenir de ce
fait si l'on veut comprendre l'atlitude exigeante et r&-
solue des d6l6gu6s sovi6tiques dans les discussions in-
teralli6es.
C'est A cause de ces pertes que les Soviets se sont
montres sensibles aux critiques et ont consid6r6 avec
m6flance les mobiles des autres nations, dans la poli-
tique qu'ils ont suivie depuis la fin des hostilit6s.
La reconstruction dans son sens le plus large est le
tout premier objectif de la politique russe en ce mo-
ment, et ainsi que M. Morrison l'a soulign6 dans son
discours d'hier a Margate, cet objectif a W6 poursuivi
avec la m6me tenacity et la meme vigueur que les plans
don't la structure original fut dress.6e aprBs 1928.
L'achBvement du premier plan quinquennal et la
mise en ceuvre 'du deuxieme plan promettaient un cer-
tain relfchement dans la tension existante et un plus
grand d6veloppement des industries produisant des ar-
ticles de consommation courante. Mais ces espoirs ont
Wtd d6gus en raison de la menace international qui a
grand apres 11930. Le deuxieme plan quinquennal, qui
s'est attache surtout au 'd6veloppem'cnt de l'industrie
lourde, a fait porter un poids aussi lourd aux consom-
mateurs que le premier plan ; et le troisicme plan quin-
quennal, don't la r6alisation fut interrompue par le dB-
clenchement de la guerre, lui faisait porter un poid-
plus lourd encore.
Le prix que doit payer le consommateur pour assu-
rer la r6alisation d'une telle politique, est l6ev6. Il est
done comprehensible que les n6gociateurs sovietiques
aient accord la priority, lors *des r6centes conferences
internationales, aux demands des Soviets en matiere
de reparations, et en particulier pour ce iqui est des
reparations pr6lev6es sur la production courante.
Sans aucun doute, tout ce que pourraient obtenir les
Russes par ce moyen, ne constituerait qu'une fraction
infime de leurs besoins immense. Mais l'accord de
Yalta pr6voyait que &des reparations seraient fournies
par 1'Allemagne, consisteraient aussi bien en marchan-
discs qu'en matBriel, et les Allies occidentaux sont
accuses de priver l'Union Sovi6tique de products don't
elle a d6sesp6r6ment besoin. Ce que l'on n'explique pas
au public russe, .c'est ique cette demand ne peut ktre
satisfaite \que dans le cadre ,d'une Allemagne unie au
point de vue 6conomique, en faisant jouer la r6cipro-
cite entire toutes ses parties. L'6chec des tentatives en-
treprises pour r6aliser cette unite est une responsa-


bilit6 qui income dans l'ensemble a 1'U. R. S. S., e'
c'est le d6faut de collaboration qui fait retomber sur
le contribuable britannique ou americain les frais. 6nor-
mes de faire vivre l'Allemagne.
Les Anglais devront faire preuve de patience et adop-
ter une attitude de comprehension sympathique a
1'dgard des besoins 6conomiques de la Russie. Les
Russes de leur c6te, devront reconnaitre un peu plus
g6n6reusement I'importance de la contribution britan-
nique a l'6croulement de la puissance nazie. Les chefs
ct les journalists sovietfques auraient tout ayantage a
comprendre que les terms violent et offensants qu'ils
emploient constituent rarement les armes efficaces
d'une diplomatic. Beaucoup de temps s'ecoulera encore
avant la prochaine reunion des ministres des Affaires
etrang6res A Londres, et on aura de tous les c6'es un
bon moment pour r6flechir. Entre temps, les n6gocia-
tions commercials anglo-sovi6tiques, ainsi que M. Mor-
rison s'est efforc6 de le montrer hier, fournissent I'oc-
casion pour les deux pays de s'aider r6ciproquement
pour r6soudre les problimes 6conomiques formidable
que la guerre leur a poses. >
c) LA SITUATION EN EXTRIME-ORIENT (Monchester Gulr-
dzlan, 28/5), li'bral :
e Dans la a revolution strategique qui s'effectue
dans le monde entier, l'Extr6me-Orient tient une place
aussi important que l'Europe. Si cette place'nous pa-
rait moins important A nous, c'est uniquemernt parce
que la Grande-Bretagne y est moins directement intd-
ressee. L'un 'des buts vis6s par la Russie pendant la
guerre fut sans aucun doute de recouvrer la position
qu'elle avait en Extreme-Orient sous les tsars et que
1'ascension du Japon lui avait faith perdre. La Russie
a obtenu A peu pros ce qu'elle d6sirait, et presque sans
combat, grace au trait secret de Yalta.
La politique ambricaine en Extr6me-Orient avant la
guerre ktait fondue sur l'importance qu'il y avait A sau-
vegarder l'independance de la Chine. Cela 6tait pos-
sible alors, malgrc la faiblesse 'de la Chine, parce que
les influences russes et japonaises dans ce pays se neu-
'tralisaient. II existait ainsi, en fait, un 6auilibre de
forces reel, bien que pr6caire. Lorsque cet 6quilibre fut
rompu avec l'invasion de la Chine par les Japonais,
les Etats-Unis se virent forces de jouer un r6le plus
actif qui les entraina finalement dans la guerre. Au-
jourd'hui, le Japon a cess6 d'etre une grande puis-
sance et les Etats-Unis considerent a just titre que
la Chine ne peut conserver son in'd6pendance que si
elle est forte et unie. Mais tous les efforts entrepris
,par l'Amerique pour creer une Chine forte et unie ont
echou& de fagon lamentable.
Pour les observateurs russes et ambricains, la con-
clusion est inevitable. Pendant de nombreuses ann6es
encore. la Chine restera faible et divisoe; elle pourra
devenir une grande nation, mais pour l'instant, ce
n'est que par courtoisie qu'on lui laisse le titre de
grande puissance.
C'est a la lumiere de ces considerations qu'il faut
juge'r la politique ambricaine au Japon et en CorBe. Il
ne fait aucun doute que.le g6n6ral MacArthur et le
D6partement d'Etat foient vraiment desireux de voir
s'6tablir dans ces pays la d6mocratie au sens oil ils
l'entendent. Mais ils ne peuvent gulre oublier (et eu
fait ce serait une erreur de leur part 'de le fair) l'im-
portance strat6gique de ces pays en Extreme-Orient.
Les Etats-Unis ne peuvent maintenir l'6quilibre des
forces qui existait avant la guerre qu'en jouant eux-
mkmes le jeu de l'Empire japonais. II serait peut-8tre
injuste d'avancer que les Ambricains d6sireraient res-
ter d6finitivement en Cor6e et au Japon, mais ils sont







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS 'RANGARE


faroucheiient r6solus h ne pas quilter ces pays jus-
qu'h ce qu'ils considirent ces pays comnine < stis >>.
Apparemm.ent, la < d6mocratie ) s'iinplanlc ct lonc-
tionne bien au Japon. Mais presque tons les observa-
teurs sont d'accord pour consider que cette demo-
cra.tie est enlierement superficielle et que les Japonais
n'attendent que le depart des Allies pour retourner a
leurs anciennes pratiques si n6fastes. Si une tell chose
se produisait, les Am6ricains se trouveraient places
'dans une situation 'difficile, bien que familiere pour
'eux. On peut alors se poser la question suivante : les
Am&rioains interviendraien:t-ils, au risque de causer
une veritable revolution, ou bien soutiendraient-ils le
regime, non pas parce qu'ils l'approuvent, miais parce
qu'il serait au moins anti-communiste et nnti-russe ?
Le gouvernement britannique ne possdde sans doute pas
une influence aussi grande qe ses puissants allies,
mais en exercant de facon intelligence l'influence qu'il
poss&'de maintenant, tant au Japon que dans tout I'Ex-
trime-Orient, il pourrait empecher cette tension poli-
lique fatale qui contribuc djih ,tellement h la destruc-
lion de l'Europe. >



II. PRESS AMERICAINE



Rcne e Id la press Camricaine d(i 29 mai 1947

1. La declarations de M. Hoover

Parlant deviant une commission dc ,la Chanbre des Repre-
sentants, M. Hoover a indiqu6 qu'i'l prparait uno itude sur
la capacity financiere ct iconomique des U.S.A. de venir
en aide aux pays strangers. It a souligne Jes dangers que
ferait courir i son pays une politique d'aide i I'dtranger
qui serait sans limited ou mal coordonnee. et a annonc6 que
d'ici deux semaines il serait en measure de fairQ connaitre
les rdsultats de son enqu6te.
La press signal l'accueil favorable faith aux declarations
de M. Hoover par les membres du Con.gris, en particulier
en ce qui concern la politique pr6conisde par l'ancien Prd-
.sident a I'1gard de 1'Allemagne et du Japon.
Un editorial du New York Herald! Tribune consulate qu'une
paix sipar6e a-vec le Japon ct avec l'Allemagne sera la seule
solution vossibile si 1'on ne' peut pas arriver i un accord
g6ndral. (Voir 1'article plus loin.)
Un editorial du New York Times appuie 6galement les
propositions de M. Hoover, diclarant qu'elles re'prisentent
SP'essentiel d'une politique 6trang6re qui peut donner .des
r6sultats ,.
Rock. chef des correspondents d.u New York Times a
Washington, estime que M. Hoover a passe sous silencee les
difficulties soulevies par l'attitude britannique i l'eigard de
l'unification des zones anglo-amiricaincs. mais que, par
centre, il avail l'oeil fixd sur les barricades, plus levies et
plus difficiles A franchir pour realiser la paix, dresses paT
l'cnt6tement de 1'U. R. S. S. et de la France.
C'est principalement contre 1'attitude russe que s'il1vent
encore aujourd'hui les commentaires amiricains sur les di-
clarations Hoover. La France continue, cependant t 6tre ddsi.
gn6e comme 1'une des puissances responsablcs de l'absence
de I'accord au sujet de 1'Allemagne.
Une dip&che du coirespondant du New York Times A Ber-
lin signal que les repr6sentants am4ricains s'opposent A ce
que do nouveaux marks allemands soient imprimis en zone
russe, leur attitude demeurant mifiante i l'egard des So-
viets. Le correspondent souligne toutefois l'urgente nrcessiti
de mettre fih (< la situation mon6taire allemande chaoti-
que > et note que les Frangais et les Britanniques acceptc-
ront tout compromise qui pourra intervenir centre Amdricains
et Rnsses h re sujet


2. -- Italie

Les d6epches de Rome aux agencies et au New York Times
signalent que les rapports diplomatiques envoys par les
inissaires italiens aux U.S.A. au gouvernement de Rome
out mis ce dernier en garde centre la formation d'un gou-
vernement ita'lien qui comprendrait les communists. Ces
rapports auraient soulign6 l'urgence de mettre fin A la crise
gouvernementale italienne dans ce sens, si l'Italie desire
recevoir une aide 6conomique ct financitre duties JJ. S. A. Un
porte-parole du ministire dcs\Affaires $trangeres italien a
soulign6 cependant que Ic gouvernement ambricain n'avait
fait aucune pression sur le government de Rome.

3. Nowuelles de France

Deux importantes nouvelles venant tie Paris sont lie plus
souvent prdsent6es en premiLre page. La premiere a trait
au compromise intervenu centre Ic gouvernement et les repr-
sentants du syndicate de 1'eclairage. compromise qui parait
niettre fin au danger d'un conflict entire ce syndical et le
government. Les correspondents de Paris reproduisent les
terries die accord, soulignant qu'une grtre des services
du gaz et dte I'lcctricit6 n'est plus A craindre. Aucun com-
mentaire n'accomopagne encore la presentation de ces faits.
La deuxibme rouvelile est constitute par les declarations
faites par des fonctionnaires tes Affaires itrangires deman-
dant des delaircisscments "ur les informations publides par
i'agence Tass et l'ambassade soviCtique i Paris,- informa-
tions selon lesquelles le gouvernement ambricain insisterait
pour conserver le droit 'de fAire transiter A travers la France
les troupes amiricaines se rendant en zone amiricaine d'oc-
cupation en Allemagne. Ces fonctionnaires auraiept 6gale-
ment d6menfi une declaration de l'ambassade sovi6tique
indiquant que la France se refuse i rapatrier 12.000 Russes
qui se trouvent ac'tullement dans les camps de zone fran-
caise en Autriche.
Callender, dans le New York Tinkes, constate que ?'est la
premiere fois que la propaganda russe est dirigde avec cette
intensity contre l'armde et le gouvernement frangais. I1 volt
dans oelfe nouvelle attitude russe une reaction au d6plaisir
caus6 par la tendance franchise de rapprochement avec
Washington.
D'autre part, in article Idans le Christian Science Monitor
et un article dans le Chicago Tribune sont consacrds i ce
que tous deux appellent la r6volte des Frangais contre le
systtme de contrble gouverncmental >. Ils rappellent les pro-
testations qui out eu lieu ces temps dernie's en France h la
suite, des scandals comments par la press, et notent que
cette revolte est soutenue aussi lhicn par 'les travailleurs et
les employs que par lec classes moyennes.

a) LA SITUATION EN EXTRAME-ORIENT (New York HelrtId
Trunise, 28/5) :

e Les Holiandais encouragent les movements s6pa-
ralistes en Indon6:sie, bien qu'ils aient conclu un accord
politique avec la R1publique indon6sienne. II semble
evident que les Hollandais essaient lde profiter de routes
les possibilities de division qui peuvent exisler dans les
Indes orientales. Ils consid&rent probablement qu'ils ont
plus de chances de conserver les richesses de l'In'do-
n6sie en suivant la vieille politique qui consist a divi-
ser pour r6gner, plut6t qu'en coop6rant pleinemnent
avec la nouvelle R6publique. Si c'est vraiment 14 la de-
oision qu'ils ont prise, ils suivent en cela les traces
des Frangais en Asie. Les Frangais, en Indochine, ont
essay de 'dresser les autres peoples contre les Viet-
Namiens et le r6sultat, c'est qu'ils doivent fair face
A une r6volte 6tendue.
On ne peut guire 'prouver de sympathie soit pour
les Francais en Indochine, soit pour les Hollandais A
Java. Les habitants de ces deux pays ont Wte longtemps
exploits par les Europ&ens. On devrait certainement
leur donner. une occasion de s'ocouper eux-m6mes 'de
leurs propres affaires, m&me si les r6sultats obtenus
,sont mauvais. De plus, il est vraiment douteux que les






BULLETIN QUOTiDWUN DE PRESSE iTRANGiRE


Francais et les Hollandais fassent actuellement preuve
Ide sagesse. Il ne serait pas 6tonnant qu'A la longue les
'Anglais, qui ont compris qu'ils ne peuvent empecher
ll'inde et la Birmanie de se gouverner elles-memes,
puissent sauvegarder une p'us grande partic de leurs
in.tr&ts Bconomiques en Asie quo les Frangais et les
Hollandais. >>

b) .LE RAPPORT DE M. HOOVER (New York Hemvilld Tri-
bune, 28/5) :
< Le depute Taber, examinant la demand du minis-
'thre de la Guerre pour obtenir 725 millions de 'dollars
pour venir en aide aux territoires occupies en Allema-
gne, .au Japon et en CorBe, a soumis ce probl6me, avec
assez de pertinence, au jugement ind6pendant et hau-
.tement autorise de l'ancien president Hoover. La re-
'ponse de celui-ci a Wte nette. M. Hoover a r6pon'du
T'ranchement qu'on.ne peut s'empecher de d6penser cos
sommes 6normes au course de 1'ann6e prochaine, si I'on
ne veut pas que des millions de gens sournis actuelle-
ment A la domination ambricaine meurent de faim.
Cependant, M. Hoover passe aussit6t a l'examen des
measures neoessaires pour r6duire les charges qui present
sur le contribuable ambricain. En gros, il n'y a guere
iqu'un moyen d'y parvenir, c'est de donner A ces peu-
,ples le moyen de subvenir eux-m&mes a leurs propre'
besoins. C'6tait lh, du moins en th6orie, le but qui
6&tait recherche par les, accords de Potsdam et les ac-
cords avec le Japon. Mais les accords de Potsdam n'ont
jamais Wet appliques; et en Allemagne comme au Japon,
les revendications contradictoires au sujet des rppara-
tions, le contr6le politique, les besoins Bconomipues et
les ideologies opposes, ont rendu tout redressement im-
possible. Le rksultat le plus net, c'est que les contri-
buables anglais et .am6ricains payment en fait le mon-
.tant des reparations, A la Russie et h la France par
I'interm.6diaire des territoires occup6s.
M. Hoover propose la solution suivante : on devrait
conclure rapidement une paix s6par6e avec le Japon et
aussi avec ha zone anglo-ambricaine en Allemagne si
'on ne peut parvenir rapidement a une application ef-
fective des accords de Potsdam. Ces Iraites de paix s6-
pares devraient entrainer une d6militarisation total
et 1a destruction definitive des industries de guerre ;
pour 1e rest-e, its devraient permettre 'de mettre un
term Ai la livraison 'de marchandises et au demant6-
lement effect' au titre des r6paraticns; ils devraient
entrainer l'aban.don des conceptions < d'un niveau
maximum > pour l'industrie et laisser toute latitude aux
territoires occup.es pour 'd6velopper une industries de
paix et Clever le niveau de leurs, exportations afin de
leur permettre de subvenir A leurs besoins. Ii rest a
voir si la mise en pratique de ces propositions est pos-
sible. On a bien .des raisons de douter que l'on puisse
mettre fin sans danger a l'occupation du Japon 'dans
un avenir prochain, et la zone anglo-am6ricaine d'occu-
pation en Allemagne constitute une unite politico-6oo-
nomique difficilement viable dans I'ensemble de 1'Eu-
rope actuolle. >

c) LE RAPPORT DE LA COMMISSION D'ENOUITE DE L'O.N.U.
DANS LES BALKANS.
1. WalsAilngtoin Stdr (27/5) :
e Le rapport content un certain hombre de propo-
sitions precise qui doivent permettre 'de stabiliser la
situation et d'empicher de nouvellps agressions. Parmi
ces suggestions, ii faut signaler l'ktablissement de con-
ventions de frontir'es, la constitution d'une ou de plu-
sieurs commissions de fronti6res don't les functions 'du-


reraient deux ans, 1'6loignement des rnfugies des fron-
tibres de leur pays natal ou leur rapatriement, et enfin
le transfer volontaire des minoritBs. Toutes ces sug-
gestions paraissent 6minemment constructive. Si elles
Mtaient appliquees, elle r6soudraien.t sans doute le pro-
bl&me. >

2. Cliristian Sci'einle Mlonzidor, 27/5
< II est probable que la Russie n'aura pas besoin
'd'opposer son veto aux conclusions du rapport Elle
peut faire 6ta,f d'un rapport de la minority de la com-
mission, d6mentant que les communists 'de Yougo-
slavie, d'Albanie et de Bulgarie aient aide les guerillas
grecques. Elle peut se servir 'de l'O. N. U. pour empd-
cher de prendre une decision claire et precise. G',est
d'ailleurs la une des raisons pour lesqueiles les Etats-
Unis n'ont pas attend 1'O. N. U. pour intervenir en
Gr6ce et en Turquie.
Mais si les Etats-Unis n'agissent pas exactement an
nom d'une organisation des Nations Unies of la Russie
joue un rBle important, ils font tout par l'action qu'ils
mbnent parall6lement pour realiser le but fon'damental
de 1'O N. U., qui est de maintenir la paix. Come l'a
dit Ic president Truman, les conditions de paix oom-
prennent la possibility pour les nations de maintenir
t'ordre et leur ind6pen'dance et de subvenir elles-memes
a leurs besoins 6economiques.
'Nous sommes persuades que l'aide am6ricaine favo-
risera 1'6tablissement de ces conditions.


I11. PRESS POLONAISE


APRIES LE MESSAGE DU PRESIDENT TRUMAN (Zycie Walrs-
zpwy, ind6pendant, 28/5) :

(< On est oblige de oonstater que la loi concernant la
cooperation militaire 'des U. S. A. avec les autres pays
de l'Am6rique est en contradiction ,avec le principle de
la reduction des armements admis par I'O. N. U.
Le manque d'empressement de certaines puissances
pour une reduction immediate. concrete et universelle
des armements s'6tait d6ej manifesto pr6 6demment,
par example h la reunion du Conseil de s6curit6 du
4 novembre dernier, au course de laquelle le Ide61gu6 des
U. S. A. avait declare que la condition preliminaire a la
reduction des armements devaient 6tre des garanties
restant a d6finir et susceptibles 'd'assurer la s6curit6 -
comme si la reduction des armements nd constituait
pas en elle-meme la plus authentique de oes garanties.
De m6me 1'interdiction de l'arme atomique s'6tait
heurt6e a un r6seau d'arguments tres d6velopp6.
La loi sur la cooperation militaire des pays am6ri-
cains qui pr6voit la standardisation des armements
fournis par les Etats-Unis et 1'instruction des armies
des Republiques am6ricaines par des instructeurs ve-
nus des U. S. A. est un nouvel example et qui indique
clairement la maniere specifique don't certain enten-
dent 4 consoli'der > la paix et la s6curit6 internatio-
nale.
Le nouveau plan de c defense de la paix > signifie
en r6alit6 la course aux armements dans un secteur
pour le moins impr6vu; course aux armements qui con-
duira a une d6pendance plus 6troite des pays 'd'Am6-
rique vis-h-vis du gouvernement des U. S. A. ainsi qu'A
l'accroissement des revenues de 1'industrie 'de guerre
des Etata-Unis.







5 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE


IV. PRESS BELGE


LA SITUATION INlTIRIEUHE EN FRANCE (Le SoLr, 29/5) :
< Lc gouvcrnement Ramadier vient do franchir un
difficile obstacle de plus. Sans doute a-I-il t et sera-t-il
encore violemment critique pour avoir pris un or'dre
de requisition, irritant pour une classes ouvriere qui
garde !e souvenir de facheux precedents, d'aulant que
la menace 6lait 16g6re puisque le fonotionnement d'en-
semble du gaz et de l'electricit6 ne devait pas 6tre com-
promis. D'autres le f6liciteront, au contraire, d'avoir,
par.son inergie 6vite une guerilla de plus dans la
guerre larvae qui I'oppose h la C. G. T. Car a l'heure
actuelle ces escarmouches paraissent beaucoup plus A
craindre qu'un conflict d6clar6. La grBve g6enrale a
cesse& d'etre ce mythe sornlien, cette iultimit ritilo du
proletariat qui devait lui permettre de triompher de ses
ennemis pour levenir l'occasion revee par les forces
reactionnaires pour imposer une dictature sous cou-
leur de r6tablir l'ordre. >
(Dru colrrespo'nidant i Paris Idc Soir.)


V. PRESS SUISSE


LA POLITIQUR ETRANGERE DE IA GRANDE-BRETA(,NE (La
Tribhuae de GtVGene, 28/5) :
< Aux yeux des rebelles, M. Bevin fait le jeu des


Etals-Unis centre l'Unoin sovi6tique, ce qui est mani-
festement inexact. Le chef du Foreign Office a cherche
a maintes reprises a replacer les relations anglo-russes
sur un plan 'de loyale collaboration. On ne peut pas
dire que M. Molotov lui ait facility la tache. II est diffi-
cile, d'autre part, de 'reprocher A M. Bevin de defendre
les interets de son pays, et ce n'est pas sa faute si ces
inl6r6ts sont r6gulierement contrecarr6s par Moscou
plutat que par Washington. En verit., it ne tient pas
a I'Angleterre de jouer centre ses 'deux grands parte-
naires le r6le m6diateur qu'elle ambitionne. Cela d6-
pend de ses allies, et ceux-ci se croient l'un et l'autre
assez forts pour pouvoir se passer d'arbitre.
A supposed d'ailleurs que l'Angleterre parvienue a
cetle neutrality, il n'est pas stir que cela suffirait a
contender les rebelles de la tendance Zilliacus, parti-
culibrement hostiles aux Etats-Unis. M. Bevin n'a ce-
pendant pas grand'chose A craindre de ses adversaires.
L'dlection du Comit6 ex6cutif du < Labour )) a consacr6
la 'd6faite des rebelles, ce qui prouve que la ligne g6n&-
rale du parti ne sera pas modifi&e. Tout au plus, les
interventions des antibevinistes ameneront-elles le con-
grbs de Miargate A r6affirmer la volont6 du gouverne-
ment issu des elections de 1945 de rechercher une en-
tente complete aussi bien avec 1'Union sovietique qu'a
vec les Etats-Unis. Cela ne sera peut-6tre pas inutile
A l'6gard 'des 6lecteurs britanniques, mais, sur l'&chi-
quier international, la position de l'Angleterre n'en
sera pas modifiee. >
(JEAN-JACQUES CHOUET.)


S.PA Imp. 27,-- rue- Nicl Pais 3130 Prx fs


Prix : 6 frs.


S.P.I. Imp>., 27, rue Nicooio, Paris 31.3009




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