Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: May 23, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00100
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANWAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LwTTrES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


BULLETIN



DE PRESS


23 mai 1947.


I MINISTER
LA DOCUMENTATION FRANQAISE DES AFAIRES ETRANGERES


QU0 TIl1E N



ETRANGERE


Nouvelle 86rie No 675


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) RWponse a I'article des Jzuesiti'a sur ,le rapport de
M. Bevin :
1. Daily Herald (23/5) ;
2. Times (23/5).
b) AprBs la publication du manifeste de politique
etrangere du parti travailliste :
1. Daily Hierald (23/5) ;
2. News Chronicle 1(23/5)
3. Daily Express (23/5).
c) La conference de Geneve (Tilmnes, 23/5).
1. PRESS AMERICAINE.
La politique 6trangere des Etats-Unis (New York
Herald 7lribune, 23/5, edition europ6enne).
III. PRESS SOVIATIQUE.
AprBs l'expos& de M. Bevin sur la conference de
Moscou (Izuesttla, 22/5).
IV. PRESS SUISSE.
id) La politique etrangere de la France (Journal de
Gendue, 23/5).
b) ILa politique 6trang6re de la Grande-Bretagne
(La Tribune de Geneve, 22/5').



I. PRESS BRITANNIQUE


Reviue de la press briftknnique du 23 mai 1947
Ce sont encore les questions econormiques qui, dans 1'en-
semble, int6res'sent la press de ce matin, le project gouver-
nemental pour reduire les importations de denares alimen-
taires, le d6p6t proch'ain au Parlement d'un project de loi
sur la nationalisation des industries de P'acier. La press
done 6galement une grande importance au d bat qui a eu
lieu A la Chambre des Communes sur la conscription.
Sur le plan exterieur, la press met en vedette la signa-
ture dw project ambricain d'aide a la Grice et a la Turquie
qui prend ainsi force de loi et les critiques adressees a
M. Bevin par la press sovi4tique.
La question indienne est rel6gude a l'arriere-plan. Diffe-
rentes d6p&ches, et de courts articles apparaissent dans la
press et rendent compete desi diff6rents, aspects de la situa-
tion franqaise.


1. Aide americaine i la Grkce et ei la Tirquie
Tous les correspondents annoncent que. I president Tru-
man a sign hier le project de loi d'aide a la Grace et A la
Tunquie et met en relief les declarations selon les'quelles
cette aide constituerait un pas important dans 1'6dification
de la paix.
Le correspondent du Times announce que le. president Tru-
man signera aussi, en temps voulu, un project de loi d'aide
A l'Autriche, A la Hongrie, A la Pologne, A la Chine, A 1'Italie
et A Trieste.
D'apr6s ce correspondent, 1'opinion am6ricaine estimerait
que les sommes accordees (400 millions de dollars pour la
Gr6ce et la Turquie, 350.000.000 pour les autres pays) cou-
vriraient les besoins minima de ces pays pendant la period
de crise. CcG correspondent passe ensuite aux reactions de
certain milieux amiricains devant les engagements finan-
ciers accepts par le gouvernement. 11 estime que le fond
de la question (du point de vue amnricain) est que d'6nor-
mes responsaabilit6s ont et6 imposes aux Etats-Unis parce
que ceux-ci n'ont pas pu arriver h se met:re d'accord avec
la Russie sur de nombreux points. Suivant ce m6me cor-
respondant, l'opinion americaine serait aussi mal diposde
A 1'dgard de I'U.RS,.S., surtout deipuis la Conf6rence de
Moscou. Les dirigeants de la pollitique russe penseraient que
les Americains front le bien dans la measure oih ils, y
seront ooblig6s et le mal dans la measure oi iis le pourront.
Pour certain milieux des Etats-Unis, la sagesse consisterait
a une attitude ferme Ai 1'6gard de la Russie, quel que soit
le coat de cette politique; le meme correspondent ne croit
pas au retour de l'isolationnisme.
Le correspondent du' Daily Telegraph estime que les,
Etats-Unis se trouvent actuellement devant le dilemme sui-
vant : ou bien rdduire leurs exportations, ou bien consentir
de nouveaux prdts a 1'Europe. Ce dilemme amenerait vrai-
semblablement le CongrBs A envisager une extension de
1'aide americaine pour sauvegarder le commerce exterieur
et pour aider les pays "Europe a lutter contre la pression
sovietique. Cette pression, qui se ferait de plus en plus
sentir dans les pays satellites de I'U.R.S.S., notamment en
Hongrie, ne laisserait. pas d'inqui6ter vivement le D6parte.
ment d'Etat.
Le Daily Mail rappelle a ce sujet la declaration de
M. Dean Aches'on d'apres laquelle les Etats-Unis devraient
continue a aider 1'Europe Et 1'Asie au course des deux pro-
chaines anndes.
Le Daily Telegraph public un article de son correspon-
dant A Washington d'apr6s lequel les Etats-Unis prdvoi-
raient une rise 6conomique en Grande-Bretagne l'hiver pro-
chain. Celle-ci pourrait contraindre le gouvernement A
adopter une politique draconienne : arr&t des paiements en
dollars pour administration de la zone britannique; rdduc-
tion des importations aux denrdes essentielles, reduction des
importations de filjns et de tabac, suppression des privi-
16ges accords aux tourists amdricains, suppression du
pavement des droits d'auteur aux derivains americains, etc.
Leas milieux officials americains s'attendraient A ce que







2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


la Grande-Bretagne se trouve prochainement dans un &tat
6conomique semblable i celui de la Gr6ce et de la Turquie.
D'autre part, le correspondent Toronto de ce m&me
journal signal a son tour que le Canada se verra prochai-
nement oblige de diminuer ses importations, des Etats-Unis.

2. U. R. S. S.

Tous les journaux, sans exception, annoncent que la
press sovi6tique s'est livree dernierement i des attaques
contre M. Bevin 1'accusant d'avoir donn6 un compete rendu
infid6le de la Confdrence de Moscou. Le Times donne une
traduction partielle des articles des Izvestza et le corres-
pondant diplomatique de ce journal remarque que M. Mars-
hall a ete I'objet d'attaques analogues apr6s son discourse
du 29 avril. II estime que, pour r6pondre point par point
aux Izvestia, il faudrait reprendre toute l'affaire non scule-
ment i partir de la Conference mais depuis Yalta et Pots-
dam. (Voir l'article plus loin.)
Le correspondent diplomatique du Daily Telegraph voit
dans ces attaques la prcuve de la divergence des politiques
6trangeres britannique et russe que lc manifesto travailliste
publiM avant-hier avait lui-m'me soulign6e. Selon lui, ces
critiques, ne seraient pas tant dirigdes contre M. Bevin lui-
m6me que centre toute la politique britannique puisqu'elle
content les critiques memes que M. Molotov avaient adres-
sees i M. Bevin sur la politique britannique en Allemagne.
C'est aussi h cette opinion que se range W. N. Ewer du
Daily Herald. (Voir l'article plus loin.)

3. France
Le Times, le Manchester Guardian, le Daily Telegraph
reproduisent de facon plus on moins d6taillee ]'appel au
came lance hier par M. Ramadier.
Le correspondent du Times consid.re que les paroles du
president du Conseil a frappent habilement is droite et A
gauche ), et il passe ensuite A -a declaration du parti com-
muniste critiquant h son tour les m6thodes bureaucratiques
qui paralysent la vie du pays. II pense que ces declarations
n'6taient pas sans rapport avec les recentes manifestations
des petits commergants et que le parti communist n'a pas
vou'lu que le mcrite de d6fendre let classes moyennes lui
6chappe.
AprBs avoir donn6 i son tour l'essentiel des declarations
de M. Ramadier, le correspondent du Manchester Guardian
fait dtat de quelques articles favorables ou hostides au con-
trblc economique ct croit dceler au sein mime du gouver-
nement certaines tendances contraires, notamment entire les
ministries socialists et ceux de l'Alliance r6publicaine.
Le Daily Telegraph met surtout en relief le fait que le
gouvernement frangais a accord aux syndicats une augmen-
tation des primes au rendement et une augmentation de
l'abattement de base sur les salaires imposables.
I1 precise que ces concessions ont 6t6 accordies a la veille
d'une gr6ve des m6tallurgistes et employs dir gaz et de
I'ilectricit6.
Le Daily Worker souligne cette victoire de la C.G.T. et
rappelle que le parti communist condamne les r6centes
manifestations qui se sont produites en province.
Le News Chronicle announce que M. Daladier a critique la
R.A.F. devant la commission d'enqqu&te parlementaire pour
l'aide insuffisante qu'elle avait apport6e a la France en
1940.
4. Charbon
Le Times et plusieurs autres journausx annoncent que
'organisation europeenne du carbon a recommandi l'oc-
troi h la Grande-Bretagne de 600.000 tonnes de carbon am6-
ricain au course de l'ut6 prochain f condition que les Etats-
Unis puissent fournir neuf millions de tonnes aux autres
pays d'Europe. Ce journal remarque que c'est la premiere
fois que la Grande-Bretagne a dft demander l'octroi de char-
bon h cette organisation don't elle Rtait nagu6re le four-
nisseur.
5. Allemagne
Le Manchester Guardian consacre pllus de deux colonnes
A la situation alimentaire de 1'Allemagne. Son correspondent
rapporte les declarations des autoritds britanniques sur les-


quelles il ne faudrait pas s'attendre a une amelioration
prochaine de la situation. Les perspectives seraient sombres.
D. Weaver, correspondent du Daily Chronicle, announce
que les leaders allemands de I'Alle'magne oriental et occi-
dentale ont sign une declaration commune aux terms de
laquelle le people allemand ne pourrait se, remettre au tra-
vail qu'une fois rdalisde l'unit6 de son pays. ( Ce manifest
reflete 1'opinion qu'ont les Allemands de la collaboration
entire les Russes et les Anglo-AmBricains. .Ceux-ci auraient
perdu leur temps au detriment de I'Allemagne. >

a) RiPONSE A L'ARTICLE DES IzV eitia SUR LE RAPPORT DE
M. BEVIN.

11. Daily HNald (23/5, travailliste) :
c Non seulement l'article des Izvestia constitute une
surprenante aitaque personnelle contre M. Bevin, mais
il est en graride parties une repetition des accusations
qui, selon les paroles memes .du ministry des Affaires
Lrang&res, ant et6 lancees de-ci de-1h durant la con-
ference de Moscou. Mais on trouve dans cet article une
declaration nouvelle et tres grave; le journal pretend
en effet que, dans les n6gocia ions relatives au traits
anglo-sovi6tique, les Britanniques ont propose des
amendments < qui visent A affaiblir les obligations
resultant du trait actuel >.
Etant don'n6 que les n6gociations sont encore en
course, les textes des amendments proposes n'ont pas
ete publibs.
Mais le but des propositions britanniques est tout A
fait clair, et a Wte bien entendu explique au gouverne-.
ment sovi6tique.
II s'agit en effet de garantir que les obligations dB-
coulant du nouveau traits anglo-sovi6tique seront en
accord et non en contradiction avec nos obligations
derivant de la Charte de I'O.N.U., du trait anglo-fran-
gais et du project de pacte A quatre.
Les Izvesitaa ne vont pas au oeur du problime eco-
nomique impliqu6 dans la discussion. Le journal so-
vi6tique accuse le ministry des Affaires 6trangeres d'in-
diff6rence a l'6gard de la question des reparations dues
a l'Union Sovi6tique et il reproche au gouvernement
britannique de retarder artificiellement et d'empicher
le d6veloppement industrial dans la zone britannique.
Le ministry des Affaires 6trangbres est accus, de pre-
senter d'une fagon fausse les discussions relatives A
l'organisation politique future de l'Allemagne.
Voilk qui est faux. Le memorandum, ainsi que M. Be-
vin I'a expliqu6 avec precision, prevoyait que les pou-
voirs du gouvernement central seraient determines et
que tous les pouvoirs appartiendraient aux Linder.
M. Bevin est accuse d'avoir donne6 la Chambre des
Communes des informations -erronkes au sujet du pacte
a quatre, en d6finissant la position sovietique come
opposee A celle des trois autres d61gations. En fait,
il n'a rien dit de semblable.
II a sinmplement regrett6 que la delegation sovietique
ne se soit pas montree dispose! h accepted la propo-
sition americaine,, sans reference a d'autres questions
sur lesquelles les ministres avaient .djiA exprim~ leur
desaccord. C'est IA un fait, comme le montrent les do-'
cuments, et non pas une information erron6e.
Sur ce point, come' sur tout le reste, le discours de
M. Bevin a constitute an expose absoliument exact -des
travaux accomplish pendant ces sept semaines, comme
peuvent en temoigner les correspondents qui les ont
suivis au jour le jour. s

2. Times (23/5) :
c Le gouvernement sovietique a r6pondu A M. Bevin
exactement comme il avait r6pondu A M. Marshall lors-
que celui-ci avait donned un compte-rendu radiodiffus6







BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS ATRANGARE 3


de la conference de Moscou, le 29 avril. Une fois de
plus on utilise le journal official du parti, et une fois
de plus on accuse I'orateur de s'L:re l6oign6 de la
verit6.
Il y a quinze jours, le titre 6tait : c M. Marshall est
en d6saccord avec les fails > ; maintenant, on dit:
q Un rapport qui ne correspond pas avec les faits > ;
cependant, quand on examine ces deux articles, on
trouve une fois de plus comme cela s'est produit si
souvent pendant la conference de Moscou ---que les
divergences entire les puissances occidentales et l'Union
Sovi6tique ne proviennent pas tant des faits eux-m4mes
que des differences de politique et d'interpr6tation des
situations donnees et des accords. Quand les Izueetia
accusent M. Bevin de s'ecar:er des faits, cela signifie
qu'il s'6carte de l'interpr6tation sovi6tique de ces faits.
Les allusions a la revision du trait ang'o-sovi6tique
sont surprenantes, car on pensait que les n6gociations
proc6daient lentement, mais sfrement.
(Du r6dacteur diplomatique du Times.)

b) APRES LA PUBLICATION DU MANIFESTE DE POLITIQUE
ETRANGiRE DU PARTI TRAVAILLISTE.
1. Daily HeraFd (23/5, travailliste) :
< La grosse manchette du Daily Telegraph d'hier
6tait : < Attaque socialiste centre la Russie >. Elle fai-
sait allusion a 1'interpr6tation de la politique 6tran-
gbre du gouvernement, que le parti travailliste vient
de faire connaitre dans un opuscule intitul6 : < Cartes
sur table >.
C'est une facon de voir, dans la brochure qui vient
d'etre publi6e, une < attaque centre la Russie ,.
Si < Cartes sur table > s'6tait borne a d6noncer la
propaganda sovi6tique, c'eft 6t6 un document .d6pri-
mant et d6faitiste.
Au contraire, il a mis en relief le. refus du gouver-
nement travailliste de consid6rer cette propaganda
comme ,l'expression finale de la politique russe, et il a
insist sur le d6sir du gouvernement travailliste de
voir r6aliser une union entire les Trois Grands, grace
a laquelle la Grande Bretagne puisse cooperer aussl
bien avec la Russie qu'avec les Etats-Unis.
Les travaillistes croient qu'une association avec la
Russie peut et doit Wtre r6alis6e, en d6pit de tous les
obstacles. C'est vers ce but, comme le declare < Cartes
sur table >, que les efforts de M. Bevin ont 0t1 diri-
ges fidelement. >

2. News Chronicle (23/5, liberal) :
SLe document publiC par le parti travailliste, et in-
titul6 < Cartes sur table >, est decrit comme 6tant une
< interpr6ta'ion >. de la politique 6trangbre britanni-
que. En fait, ce n'est qu'une defense de 'oeuvre de
M. Bevin pendant ces deux derniires ann6es.
Un commentaire sur la politique de M. Bevin, quil
declare des le debut qu'il ne fera aucune allusion aux'
problbmes palestinien, grec et espagnol, ne saurait 6tre
complete. Dans la measure ohi il traite des rapports entire
la Grande-Bretagne, la Russie et les Elats-Unis, et des
relations de ces pays avec I'O.N.U., ce document est
assez r6aliste, mais son champ visuel est tres limited,
et un ou deux de ses commentiires sont remarquables
par leur miladresse et leur sottise.
Ce manifesto d6crit de facon detaill6e les change-
ments s'rat6giques r6eultant de la guerre et l'l6imina-'
tion virtuelle des petites puissances. La conclusion aue
Y'on tire de cela, c'est que I'A'nle'erre, tres affiiblie,
ne peut assurer sa propre s6curit6 que grace h I'O.N.U.
L'auteur declare alors que la Grande-Bretagne a


prouv6 sa foi en I'O.N.U. par sa cooperation active
dans toutes les sections de cetLe Organisation interna-
tionale.
Le document examine ensuite la politique 6tran-
gbre de la Grande-Bretagne, d'abord par rapport aux
actes de .la Russie depuis la fin de la guerre, puis par
rapport a ceux des Etals-Unis.
Maintenant que les Etals-Unis (en verLu de la doc-
trine Truman) ont pris des engagements en Europe, et
maintenant (aurait pu ajouter l'auteur) que les criti-
ques russes sont dirig6es contre les Etats-Unis et non
plus con:re la Grande-Bretagne, il sera plus facile pour
1'Angleterre de maintenir 1'6quilibre entire I'Orient et
l'Occident.
Si c'est .1, un expos quelque peu simplifli des 6v6-
nements internationaux qui se sont d6roul6s dapuis la
fin de la guerre, il est dans l'ensemble exact. Mais il
est dommage qu'il ne fasse pas davantage allusion a
l'avenir. Ce document socialist, vivement d6sireux
qu'il 6tait de donner un apergu positif de la situation,
n'a pas su donner a ses lecteurs ne serait-ce'qu'une
idee de ce que M. Churchill a appel6 ces < sommets
agr6ables > que nous essayons d'atteindre. Nous n'y
trouvons en effect que des. id6es g6nerales sur la facon
don't nous devons progresser. Les cartes sont sur la
table, mais l'atout manque.
Nul ne conteslera que les relations internationales
sont a l'heure actuelle dominoes par les Trois Grands
et que la politique britannique doit s'efforcer de dimi-
nuer les divergences entire le communism russe et le
laisser-faire du capitalisme am6ricain. C'est de cette fa-
gon que la Grande-Bretagne peut renforcer le plus
facilement le fonctionnement des organismes interna-
tionaux don't en fin de compete depend sa vie m6me. >'

3. DiaWIy Express (23/5, conservateur) :
< Est-ce que personnel ,ne peut done rEfr6ner les au-
.teurs irresponsables et anonymes qui r6digent les ma-
nifestes ,du parti socialiste, ?
En femps normal leurs travaux n'ont .guere d'imnor-
tance. Mqis il y a certai-ns moments et certain sujets
qui exigent que l'on fasse preuve de moderation et de
bon sens.
Rien ne saurait etre, mieux callcultl pour gener la
Grande-Bretagne dans se's nigociations compliqu6es
avec la Russie one cet exnoc6 sans retenue de la poli-
tione et des mobiles de 1'Union Sovi6tique.
Rien ne saurait A.tre mieux destine A rendre difficile
ret esnrit de conciliation :ne les ministries des Affaires
h&rangeres vondraient voir 6tabli lors .de leur prochaine
reunion en novembre.
Mais l'auteur de < cartes sur fable se soucie fort
peu de ces questions. 11 a les yeux fixes sur le Congr6s
du parti travailliste. Son esprit se concentre sur .ce
'Con,grs.
Le pouvernement doit a tout Drix Wtre instifil aux
yeux de ses nartisqns. Les bones ~nanieres: snt ban-
nies. La mod6rntion nubli6e. Les cartes sont brutale-
ment jet.es sur la table.

c) LA CONF.RENCE iDE GENiEE i(Tilmnes, 23/5).
< Les perspectives de la Conf6rence sont encore trbs
incertaines et, dans nombre de pays, les m.ilieux res-
ponsables se monlre.nt fort pessimistes *A cet .gard.
Dans d'autres pays on considtre 1'6chec comme cer-
tain. Mais jusqu'i.ci rien dans le d6ro'ulement de la
Conf6renice ne 'peut confirmed ou dissiper ces impres-
sions.
Il semble qu'on n'envisagerait encore aucun accord
bilateral; il 'semble 6galement qu'au'oun membre du






4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANGARE


Commonwealth ne soit pret a sacrifler ses privileges
impriaux comme le souhaiteraient les Etats-Unis sans
obtenir au pral'able de la part des Etals-Unis des con-
cessions plus importantes q.ue cells qui ont 6et
offertes *en matiitre'de ta-rifs douaniers. I1 6tait cepen-
dant inevitable -qu'une breche profonde existed lors de'
la premiere ,uinnion entire I'offre d'une 'part et la de-
mnande de I'au'tre. En failt la plupart des n6egciateurs
exp6rimentCs isuivant les d6bats jour par jour semblent
loin d'abandonner tout espoir. 11 faut done se garder
de porter un jugement pr6maturb sur les resultats de
cette conference. Les difficulties peuvent 6tre grandes
mais si l'on reu'ssit, les profits, qu'on- en 'tirera seront
plus grands encore. a




II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press arn6iricaine du 22 mai 1947

1. L'aide amdricajine aux pays strangers
Une politique americaine d'aide economique et financiere
pour la reconstruction de 1'economie euro.penne a 6et pre-
conis&e dans le discours et les declarations faites hier par
M. Acheson, sous-secr6taire d'Etat, et par M. Stassen, un
des leaders du parti republican. Le premier a declared i la
radio americaine que le gouvernement am6ricain aurait A
depenser plusieurs milliards de dollars au course des deux
prochaines annees pour venir en aide aux pays strangers.
M. Stassen, de son c8te, a propose que l'Amdrique adopted
un programme de credits strangers de dix ans sur la base
de 10 -% de la production national americaine.
Les iditoriaux des grands journaux de l'Est continent a
recommander que les U. S.A. apportent leur concourse eco-
nomique et financier h la reconstruction mondiale. Le Bal-
timore Sun exprime cette opinion en disant que, c pendant la
guerre, les U.S.A. ont etc un vaste arsenal pour les Allies >.
En cc qui concern leur capacity de production, les U. S. A.
ont progress pendant la guerre. La capacity de production
de la plupart des pays du reste du monde a 6te, par contre,
disloqu6e par les destruction et la disorganisation politique
et economique. Dans un sens, nous jouons aujourd'hui le
r6le d'un arsenal de la paix. Nous sommes obliges de donner
notre assistance, non seulement pour des raisons sentlmen-
tales, mais parce qu'il ne peut pas exister de veritable
espoir d'dtablir une communaut6 mondiale pacifique et
stable tant que le disequil'bre entire notre immense capacity
de production et les besoins du reste du monde n'est pas
corrig6, tant que les nations meurtries qui tournent leurs
regards vers nous dans un elan d'espoir, d'envie et de scep-
ticisme aen seront pas, relevees. Notre rble d'arsenal de la
paix est aussi inevitable que l'dtait notre rBle d'arsenal de
guerre.
Le New York Timeis 6crit de meme que note propre s6cu-
rite et le maintien du principle de liberty pour chaque pays
de choisir son gouvernement nous obligent i soutenir la
democratic partout of elle est menace et a faire tout ce
que nous pouvons pour emprcher la chaos. 6nonomique dans
lequel se developpe la propaganda communist.
Le Wall Street Journal note que les U. S. A. sent pr6ts a
apporter leur aide au monde,' mais se demand pourquol cc
n'est pas encore fait. II ajoute que, dans un discourse, il y a
quelques jours, M. Ramadier, premier ministry francais,
nous en a donn6 la r6ponse. M. Ramadier a declare que la
France ne dolt pas abandonner son indCpcndance politique,
meme si elle depend financi6rement de l'Am6rique. II est
tris d-outeux que le premier ministry frangais croit vraiment
une telle chose possible. II le dit parce que les communists
ont inspire, en France, cette crainte et qu'il estimait qu'il
devait y repondre. Cet editorial n'approuve du reste pas
'argumentation de M. Ramadier sur le maintien des con-
troles en France, dtclarant que ce qu'il dit a sc sujet c est


un non-sens Bconomique >. Le Wall Street Journal consid6re
cependant que, du point de vue politiquc, les declarations
de M. Ramadier correspondent bien i la pensde politique
europeennc. 'I en conelut que, pour l'avantage de tous,
l'Amerique peut favoriser un redressement 6conomique mon-
dial. Ce n'est pas la mauvaise volont6 americaine qui cons-
titue un obstacle a ce redressement, c'es-t la mauvalse volont6
du monde A accepter I'aide americaine.

2. L'aMde amtricaine aux pays qui bindficient
de I'U.N.R.R.A.

Le Congress a vote finalement 350 millions de dollars pour
l'aide A apporter A certaines nations europeennes et h la
Chine qui ne beneficieront plus de 1'U.N.B.R.A. Le Presi-
dent Truman signera cette loi aujourd'hui.

3. La situation intdrzleure aimricaize
La press announce la fin de la gr6ve des, employes du
telephone. Les negociations pour un nouveau contract de
travail ont about dans tous les Etats a une augmentation
de salaires, et le travail a repris dans les centrales' t1eepho-
niques.
4. Grande-Bretagne
De nombreuses depeches de Londres, bien reproduites
dans toute la press, reprennent des extraits d'un pamphlet
du parti travailliste d6nongant I'attitude soviftique A 1'6gard
du socialisme britannique et soulignant le rapprochement
economique et militaire entire Londres et Washington, con-
sequence Ide la eommunaut6 des intretts anglais, et ame-
ricains dans le monde.

5. Nouvelles de France
Des dtepches au New York Times et aux principaux jour-
naux signalent que des accords ont 6t6 signs etablissant
une base pour des changes commerciaux entire la France
et la zone unifiee. anglo-amricaine en Allemagne.
Une depeche de Callender au New York Times declare que
le cabinet a approved l'emprunt de 250 millions de -dollars
de la Banque Internationale, et que M. Bidault a indique
qu'il n'existait aucun changement dans la politique britan-
nique, mais que l'Angleterre cherche a developper son com-
merce avec les pays oft elle n'est pas oblige de payer en
dollars, notamment avee la zone russe et 1'Europe central.
Callender resume un article de M. Blum dans le Populaire,
rdpondant aux craintes, frangaises qui se manifestent a
1'Pgard de nouveaux emprunts am6ricains. I1 reprend, en
particulier, la phrase indiquant que les Frangais devraient
avoir des sentiments e d'admiration et de gratitude > pour
la politique americaine d'aide aux pays strangers.
Par ailleurs, tous les journaux reproduisent des d6peches
d'agences -de Paris sons des titres qui soulignent que des
6meutes ont eu lieu en France pour protester centre le main-
tien des contr6les gouvernementaux. Certaines de ces depe-
ches notent que les communists ne sont pas i la base de
ces revoltes populaires. C'es.t le cas, en particulier, d'une
depeche U. P.

LA POLITIQUE ITRANGARE DES ETATS-UNIS (New York
HFie'ild TlibnIne, 23/5, 6d. europ.).

Se livrer A des ipronosticsi en ,matibre de politique
est une choose bien hasardeuse. Cependant il est devenu
courant 'd'affirmer que la politique dtrangere plut6t que
les questions de main-d'oe'uvre ou tout autre aspect d'e
la situation interieure dominera la champagnee de 1948.
L'an prochain la crise mon6taire aussi bien que d'au-
tlies .el-ments manifestes nous donneront presique in6vi-
tablement I'im,pression d'6tre pris dans des difficulties
importantes.
De ce fail, le sort de ichaquei parti politique sera
affect de la favon la plus radical. Si le Pr6sident
Truman continue A diriger le pays, en faisant preuve
die la m&me hardiessie et de la meme resolution qu'il a








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANOGRE 5


montrees au courses des six derniers mois les preoccupa-
tions du pays en matiere de politique 6tran.gre aug,
;menteront sees chances d'6tre r661u, et celles-ci sont
d6ji plus importantes. Mais les r6publicains: se trouve-
ron:t dan.I la position diffilcilc d'avoir i ddsavouer pu-
bliq.uement les slogans d'apris-guerre de leurs leaders
les plus conservatteurs, ou de choisir un candidate ,qui
r6p.onde aux voeux du colonel Mac Cormick, de
M. Pew -et idu s(inateur Rex Wherry.
Mais fa crise monttaire ne constitute qu'un aspect du
problme. La conduite diu parti communist change
maintenant complitement en Europe. A Mosicou, le pre-
aier signe de ce changement a 6t6 donn6 par la ru-
desse extraordinaire montr6e par M. Molotov iA l'6gard
de M. Bidaulit. Cette rudesse ne conistituait naturelle-
ment ,qu'.un signe exterieur et visible d'un m6conten-
tement int6rieur, m6contentement n6 de la fagon don't
les communists dans toute 1'Europe- et sp6cialement
en France .ont partici'p6 aux gouvernements nationaux.
et travaill6 A la reconstruction national.
Les commiunistes frangais ont maintenant quitt6 le
gouvernement. Le.s che.fs comanunistes continent a
affirmer que leur parti continuera cependant A soutenir
la poliliique gouvernementale. Mais a Washington, et a
Londres et mme si l'on accord foi A des rapports
16manant de Paris, on s'attend g6n6talement a ce que
cette affirmation ine corresponde i rien. Au contraire,
on prevoit que le parti icommuniste prendra peu a peu
en mains les diff6ren'ts levies de command dans les
,syndicats et ailleurs, ce, qui lui Ipermettrait d'arrter le
redressement de la France. On craint aussi des diffi-
cut6s en Tch6coslovaquie et peut-tre en Italic. Ce
changement d'attitude des communists qui aban-
donnent la cooperation pour 1'opposition, rendra cer-
tainement 'plus difficile et plus on6reuse la tache qui
consiste A faire r6.gner la stability politique et econo-
mipiue
Tout ceci ,prouve que la politique Itrangere doit.
in6vitatblenant occuper ,une place de plus en plus
marquante dans toutes les discussions politiques am&-
ricaines. Ii est vain de chercher A pr6dire maintenant
quels seront les r6sultats precis de ces discussions. On
ne peut que signaler certain,s faits qui peuvent orien-
ter les, provisions ,dans un sens ou dans un au-tre.
Si les r6piublicains veulent faire face A la situation
excepidonnelle a l'6tranger, en se faisant les champions
de l'unit.6 national, il est essential 'que la politique
6trangere bipartite, soit consid6rablement renforcee.
Avant le retour de Moscoq du Secr6taire d'Etat Mars-
hall, on n'a ices,6 de ri6p6ter ici que la politique bipar-
tite allait en s'affaiiblissant. Ii faut ajouter que la situa-
tion est devemue pire encore ces derniers temps.
Dans les circonstances actuelles, il est difficile d'en-
vi,sager le soutien bipprtite d'un vaste programme qui
reduirait ai rien l'ense.mble du programme de la droite
republicaine en matiere d'6conomies de ,politique Aco-
nrmique 6trangbre ,semi-isolationniste, et d'un rdto'ur
general a des conditions normales.
D'un: autre c6t6, le gouverneur Thomas E. Dewey
est connu pour 6tre partisan d'.une politique etrangere
forte. D,ans cess conditions, il ne ferait certainement
pas champagne en s'appuyant sur le genre. de pro-
gramme isolationniste qu'il prbconisait en 1940. Et la
majority& des .observateurs politiques les plus fins au
ICongrbs pensent que la nomination de Dewey ne fait!
aucun doute dans J'6tat actuel des choses. VoilA com-
ment se pr6sente le dilemmre rdpublicain. Le pays es-
pere fortement qu'une solution sage serai maintenant
trouvce.
(Joseph ALSOP).


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la pese Sovidtique du 22 mai 1947

Sauf dans les Izuegtia, les nouvelles et commentaires con-
cernant les questions 4trangires n'occupent qu'une seule
page dans tous les journaux.

1. Les pro'blm&es internationaux
Les Izvestia publient, sur quatre colonnes, une r6ponse au
discours de M. Bevin A la Chambre des. Communes, intitul6e
< Un compete rendu qui ne correspond pas h la r6alite >.
(Voir l'article plus loin.)
Quatre depeches, reproduites dans tous les journaux, sui-
vent les travaux des different organisms internationaux:
Conseil de Securit6 du 20 mai, travaux de la s'ous-commis-
sion pour le trait autrichien, premiere seance de la com-
mission mixte sovi6to-amdricaine pour la Coree.
Dans la Moskovsky Bolchevik, Linetsky consacre une par-
tie ,de sa chronique international i la question palestinienne
et i la position 'sovidtique sur ce problime.

2. La lutte pour la ddmocratie
Tous les journaux reproduisent un ensemble de tdligram-
mes sur 1'dvolution de la crise italienne, et Pekine, dans,
Trud, consacre un long article, h la crise gouvernementale
italienne ; il en 6tudie toute l'histoire et cherche surtout i
en determiner les origins : la nouvelle crise gouvernemen-
tale en Italic n'est qu'une nouvelle tentative de la reaction
italienne pour profiter de la situation economique difficile
du pays, pour obtenir une revanche de sa defaite au referen-
dum du 2 juin 1946, pour 6loigner de la direction du gou-
vernement les reprisentants, des masses travailleuses, rd-
duire i ndant les libertds conquises par le people et pour
barrer la route aux transformations d6mocratiques sans re-
culer mnme devant I'asservissement du pays. La decision du
second gouvernement de Gasperi n'est pas la faillite du
tripartisme > comme le pr6tendent certain journaux de
Rome, mais celle de la politique des chr6tiens d6mocrates
qui consistait a faire des avances d6magogiques aux parties
ouvriers tout en collaborant 6troitement avec les forces *de
la reaction.
Trois d6p&ches sur les problemes finlandais : solution de
la crise gouvernementale, pro.c6s des organisateurs de d6p6ts
d'armes, ddpdche sur le jugement rendu en faveur du traitre
Airo, tdlegramme important sur la dispersion des mani-
festations estudiantines en Chine, tledgramme r6sumant la
declarationn du 20 mai du comitd anglais pour la d6mocra-
tisation de I'Allemagne, et commentaires .de Potapov dans
les Izvestia sur le process de Nuremberg et l'industriel hitld-
rien Fridrich Flick. Dans 1'Etoile Rougl, suite des notes de
voyage de Plychevsky sur son sejour aux Indes. Enfin, tous
les journaux reproduisent un t6legramme rdsumant le der-
nier discours de M. Thorez A Nimes.

3. La politique anglo-anmricaine
S6rie de telegrammes peu important sur les tendances.
imp6rialistes de la politique amiricaine : conference de
press du general Marshall, livraison d'armements anglo-
amdricains A 1'Espagne franquiste, plan de collaboration
militaire des pays de l'hdmisph&re occidental, prochaines
grandes manoeuvres, de I'infanteric americaine, tdlegramfne
A. F. P. annongant la creation ,d'une commission spdciale
aupr6s de 1'Etat-Major ture pour l'organisation de l'aide
americaine A Ta Turquie, discourse de M. Wallace i Holly-
wood. La premiere parties de la chronique international de
Linetsky dans Moaskousky Bolchevik est consacree h la poli-
tique des emprunts amdricains don't il suit les diverse inci-
dences en Italic et en Hollande, et il termine en relevant
I'opposition de cette politique qui se manifesto aux U. S. A.
au sein du Congres et parmi tous les d6lments progressistes
de la population. Enfin, un te16gramme de Rome signal
I'arbitraire des autoritis anglaises du camp de Rimini dans
leur rapport avec les citoyens sovietiques qui doivent 4tre
rapatriss.







8 BULZLTIN QUOTIDII DIN PRMSeE ArifANGS,?.w


APRBS L'EXPOS' DE M. BEVIN SUR LA CONFERENCE DB
Moscou (Izvtesaa,. 22/5).
c M. Blevin a intitule son discours & Compte renud
preliminaire des travaux pour la preparation du traits
de paix avec l'Allemiagne >. Cependant, ce qu'a dit
M. Bevin ne justifie en aucune fagon la qualification
de compete rendu donn6 a son discours, .car le terme
de coim'pte rendu suppose 1'6nonc exact des fails, la
description correct des 6v6nements. Toutefois, le dis-
cours de M. Bevin peche beaucoup, pour ne pas em-
ployer lune expression plus forte, centre les faits, con-
tre La presentation sous un jour exact des travaux de
la Conference de Moscou, centre la position adoptle
par les puissance,s qui ont particip6 A la Conference.
Pour se reindre compete de cela, il suffit de prendre
connaissance des documents de la Conference des Mi-
nistres des Affaires 6trangres ,documents qui ont
Wti largement pulblids aussi bien p.ar la press sovi6-
tique que par la press Mtrangere.
La dGclaration de M. Bevin alu s.ujet des reparations
n'a pas ec'lairci Ia question, mais I'a au contraire forte-
ment embrouille. M. Beviin a dlEclare que cette ques-
tion n'est pas une < affaire de premier ordre >. Ii est
tout A faith impossible d'etre d'accord avec lui sur ce
point. L'Angleterre n'a pas ,subi l'occupation allemnan-
de, n'a pas v6cu les horreurs de la destruction et de
la devastationn qui furent l'oeuvre des occupants hitl6-
riens. Peut-_tre cela explique-t-il 1'indiff6rence que
manifeste M. Bevin a I'egard de la question des repa-
rations au profit de l'Union sovi6tique. Peut-Utre ceia
explique-t-il que M. Bevin n'ait pas jug6 *ncessaire de
con,.id6rer les livraisons de reparations prelev6ies sur
la production courante. comme une ( .affaire de pre-
mier ordre '.
Ii est impossible de ne pas remarquer que la posi-
tion des d6l6gations bri-tannique et am6ricaine a la
question de reparations, et en particulier des ripara-
tions pr6levies sur la production courante constitute
incontestablement tlne tentative pour renoncer aux
engagements. pris par t'es Etats-Unis et la IGrande-Bre-
tagne aux conferences de Yalta 'et de Potsdam.
(Le discourse de M. Bevin donne aussi une image
,dform6e des discussions qui se sont dl6rollkes i Mo,s-
cou sur la future organisation politiqu'e de l'Allemagne.
LA aussi. M. Bevin est en contradiction ouverte ,avec
les decisions de Potsdam. M. Bevin a rappele que
1'unit6 politique et 4conomique de 1'Allemagne, en ce
aul concerne le.s questions les plus importantes. doit
Atre maintenue, et qu'il s'agit d'une uni,'t qui n'en-
traine pas une trop grande d6centralisation de P'Alle-
magne, mals 'ce rappel n'est en rAalitE cru'une simple
tentative pour camonfler une politique dirigee contre
'u.ni't6 de 1'All'emagne.
Une parties .du discours de 'M. Bevin a 1Wt consacr6e
A la question de '.accord des quatre puissances relatif
A la decentralisation et au *desarmement de I'Alle-
magne. DMs le dAbut, M. Bevin a donlni *une fau,sse in-
formation A la Chambre des Communes sur l'altitude
de 1'Union 'sovi6tique a I',gard ide la proposition de
d6militarisation et Ade desarmement de l'Allemagne, in
decrivant la position de 1'Union sovi6tique comme
6tant en contradiction avec la positicin des trois autrds
di l1gations. M. Bevin n'a 'pas dit que la d6l1kation
francaise a soutcint on certain nombre de complements
apportes par nl d6lCgation sovi6tique, et 'que de -son
c6t6 elle considerait comme nices'saire d'apporter un
certain nombre .d'amendements fondamentaux au pro-
jet am6ricaila. Ce'pendant, tout le monde sait ilue les
.compl6men'ts proposes par la .delegation sovietique


talentt conformes aux decisions des conferences de
Yalta et de Potsdam, qui visaient directement a annan-
tir le mili'arisme lallemand et a 6carler le danger d'une
nouvelle aggression *de la part de l'Allemagne. L'insuf-
fisaince du project ambricain est supprimbe par le com-
plement propose 'par la d6l6gation sovi6.ique dans l'ar-
ticle 4 du document qu'elle a presenl6 le 14 avril 1947.
II est tout A fait evident que le people allemand ne
pourra se consacrer A des activit,6s pacifiques qu'apres
l'aneantissement du militarisme allemaind et de la re-
organisation fondamen'tale de la vie social et -du r6-
gime de l'Allemagne sur une base d6mocratique. Voici
pourquoi la d6l6gation sovi6tique a insist A Moscou
sur la r6a'lisation de large measures de dimilitarisaticn
et de democratisation de l'Allemagne, don't la mise en
oeuvre facilitera l"ex6cution par 1'Allemagne des enga-
gements don't les Alliis i'ont charge. Et ce sera ainsi
*ulne reelle,garantie de la transformation de 1'Allemagne
en un 6tat pr'is de 'paix, ce qui permettra A la nation
allemande d'occuper une palace digne dans la-commu-
naut6 des nations.
Dans sa dcclara,ticn, M. Bevin a de nouveau fait des
objections centre le contr6le des quatre puissances
sur la Ruhr et cela jusqu'h ce ,que l'unit6 Aconomique
de I'Allemagne soit rialis6e. Cepeindant, toute la poli-
tique anglaise A l';gard .de la Ruhr est dirigee directe-
ment colntre l'unite bconomique de l'Allemagne. Et c'est
pour cela que ceux qui, non pas en paroles, mais en
fait, sont pour 1'unite &conomique de I'Allemagne, ne
peuvent et ne doivelnt pas faire des objections contre
1'ttablissement d'un contlrle des. quatre puis'sances
sur la Ruhr, contrOlee auquel s'oppose si syst6matique-
ment M. Bevin.
M. Bevin tente de repr6senter dains son discours la
fusion des zortes americaine et anglaise comme une
< operation 6conomi#1ue > d'evenue mncessaire A ,a suite
de la non-ex6cution des decisionss de Potsdam. Mais il
est permis de se demander a qui income la fate de
la non-ex6cution de ces decisions, si ce n'est A 1'An-
gleterre et aux Etats-Unis.
M. Bevin a jug6 necessaire de s'arr6ter sur le pro-
blame des frontieres occideintales de la Pologne. Mais
cette question est r6solue et ne doit pas 6tre revisCe.
M. Bevin a present 6galement de fagon fausse dans
son discours, ,a question du traits aveec l'Autriche.
Dans la parties finale de son discours, M. Bevin a
parl& *de l'alliance anglo-sovi6tique. Cette parties du
discours ttait egalement aussi peu conforme A la ria-
liit6 que les autres. Mais la situation est telle que les
Anglais soumetlent des amendemeints qui n'ameliorent
pas, mails iaggravent I'accord anglo-sovi6tique actuel,
car ices amendments sont destinbs A affaiblir tous les
engagements qui decoulent de I'accord actuellement en
vi,gueur.
Le fait que M. Bevin, dans ses tentatives pour justi-
fier l'attitude de la d6l1gation anglaise, A la Conf6rence
des ministreis des Affaires ktrangBres, est en contradic-
tion flagrante avec les faits, t6moigne de la faiblesse
de cette attitude. Mais cela indique de facon encore
plus Avidente que le ministry britannique des Affaires
etraingBres, par son interpretation mauvaise et ten.dan-
cieuse des travaux de la Conference de Moscou, na
r&ussi qu'A augmenter les difficulties relti'vcs A la solu-
tion d.u proliblme allemand -dins I'intBret de la paix
g6nerale et de la s6curit6 des, nations a.






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANGGRE 7


IV. PRESS SUISSE


a) LA POLITIQUE ETRANGERE DE LA FRANCE (Joll' n)jal I
Geqie, 23/5).
q Dans le d6bat sur la question allemande, le gou-
vernement francais ne pe'ut pas se placer au-dessus de
]a dnm6e et s'entremettre entire les Russes et les Anglo-
Saxons; il a, en effet, des inlt6rts immmdiavts A d6fen-
dre; dans ce ,d6bat, il est parties et non point anbitre.
On :connait les theses qu'il defend; elles se rappro-
chent 'plus des vues americalinesi que du plan sovie-
tique tendant A. reconstituer une Allemangne fortement
,centralis&e. De plus, en ce qui concenne la region occi-
denlale, la France a besoin du concours des Etats-
Unis et de 1'Angleterre. Ces .deux Etats ont accept que
la Sarre 1ui soit rattachee economiquement, tandis que
M. Molotov n'a pas voulu donner son assentiment im-
m6diat; et son attitude dilatoire retarde l'incorpora-
tion du bassin minier dans 'Yconomie francaise. Enfin,
la France a ,pu obtenir des Anglo-Saxons, grAce A un
accord tripartite, un accroissement des livraisons du
carbon extrait .de la Ruhr.
Ces resullats obtenus devant la Conference de Mos-
cou c'est m'me, les seuls qu'elle ait enregistr6s -
ont permis A M. Bidault de dire que les positions ,de
la Grande-Bretagne et des. Etats-Unis, d'une part, et
celles de' la France, d'autre part, s'6taient rapproch6es.
Ce rapprochement, dict6 par la ,g6ographie et les r6a-
lit6s 6conomiques, est conforne A la logique. II aurait
df se prod.uire plus t6t, si des considerations id6olo-
giques n'avaient pas obscurci les donn6es .du problem.
II faut que la reconstitution d'une Europe qui ne se-
rait plus parta,g6e par un rideau de fer reste le but
vers lequel les efforts doivent tendre. Mais en atten-
dant, il n'est pas inutile que les Etats occidentaux s'en-
tendent entire eux : leur influence grandira dans la
measure of ils re!rouveront leur 6quilibre politique et
leur prosp6rit6. Et pour cela 1'aide am6ricaine leur est
n6cessaire, mais elle sera d'autant plus efficace qu'elle
apparaitra d6sint6ress6e et qu'elle ne fera pas pesersur


les pays secourus des hypoth.ques grevant leur souve-
rainet6 ,.
i l(Ren6 PAYOT).
b) LA POLITIQUE ETRANGERE DE LA GRANDE-BRETAGNE
(La TMibune [de G~inq e, 22/5).
< Un fait nouveau est. intervenu, qui att6nue un peu
La p6nibie impression laiss6e par l'echec de la Conf6-
rence de Moscou. C'est le rapprochement qui se des-
sine, dans Je domaine 6conomique, entire la Grande-
Bretagne et la Russie.
Les productions de ces deux pays sont 6troitement
compilementaires. En Bch-an,ge des machines, des texti-
les et de .l'assistance technique du. Royaume-Uni, sa
'partenaire ,peut lui fournir des minerals, du bois et
m6me des c6r6ales. De l a concevoir l'6tablissement
*d'.un programme d'entr'aide economique, conform6-
ment A Ja ligne de conduite .d6finic' par MM. Bevin et
Leon Blum lors du resserrement de I' < Entente cor-
diale ', it y a .certes trks loin. C'est pourtant dans
ces dispositions d'esprit que M. Harold Wilson, secr6-
taire d'Etat au commerce d'outre-mer, vient de n6go-
cier durant deux se'maines, au 4Kremliin, avec M. Mi-
koran, le ministry d'u commerce extbrieur.
Le gouvernement sovi6tique commengant par solli-
citer de tris gros credits, il est clair que le cabinet *de
(Londres exilge une -contre-partie d'ordre politique com-
portant, en particulier, la prorogation du traiti6 d'al-
liance, la cessation de la violent, camip;agne anti-an-
glaise menBe par les organes de la propaganda offi-
,cielle et 1'enl6vement du < rideau' de eeer >>. Or, on
assure que sur le premier point en tout cas, les n6go-
ciations sont dsormnais en tbonne voie. S'il en rest reel-
lement ainsi, I'accord commercial actuellement en ges-
tation pourrait .done constituer, par la suite, la pre-
miere passerelle solide je'te vers l'dtablissement de re-
lations pacifique's entire le monde anglo-saxon et l'em-
pire des Soviets et, du meme coup, les graves difficul-
ts. qui retardent le reglement de la question allemande
tomber,aient d'elles-memes...
(PAUL DU DOCIIET).


S.P.I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009




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