Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: May 19, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00096
Source Institution: University of Florida
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Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAS
D'INFORMATION LA DOCU
(MxINISTRE DE LA JEUNESSB,
DES ARTS ET DES LETTRRS)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')



BULLETIN


DE


19 mai 1947.


PRESS


JENTATION FRANCAISE I


QUOT IfiN



ETRANGI RE


Nouvelle S6rie NO 671


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) La situation interieure en France (Tilnes, 19/5).
b) La politique Ctrangere des Etats-Unis.
1. Times (19/5).
2. Daily WVorrker (19/5).
c) Avant le Conseil des ministres des Affaires
; 6lrangbres A Londres .(Daily Express, 19/5).
d) La Grande-Bretagne et l'Inde.
1. D iiy Thtegrpaph (19/5).
2. Daily Mail (19/5).
11. PRESS AMARICAINE.
a) Les omissions radiophoniques amerdcaines a
destination de T'tranger (New York Helkxld
Tribun,, 18/5, edit. europ.).
b) Avant le Conseil des ministres 'des Affaires
g6trangeres A Londres (New York Heuril:!d Tri-
blue, 17/5).
III. PRESS SOVIETIQUE.
La situation in.trieure en France (Puravida, 16/5).
IV. PRESS BELGE.
La situation int6rieure en France (La DUervnitr'e
Haure, 18/5).
V. PRESS SUISSE.
a) La politique AtrangAre des Etats-Unis (Tribuune
die Genve, 17-18/5).
b) La cruise italienne (Joitriwl de Gendee, 18-19/5).


I. PRESSES BRITANNIQUE

Revue de la pre'sse britannique dI 18 nii 1947
Les journaux dominicaux trailent des sujets' les plus
divers. Les informations et lcs dditoriaux traduisent I'ab-
senre d'6venements majeurs. L'Observer et ]e Sunday Times
consacrent quelques .ignes a la question des Indes. Avant
]e depart du vice-roi pour Londres, une conference des
chefs de parti a eu' lieu i New-Delhi, le probl6me de I'unit6
de l'arm6e a t4 pose, celle-ci comprenant les elements divers
hindous et musulmans. D'aprbs 1 Sunday Times, Sir ClauFe
Auchinlek demissionnerait plut6t que d'accepter que 1'arm6e
des Indes soit divis6c.


1. Allemagne
Les probl6mes allemands sont abordis par plusieurs
feuilles, 1'Observer rend compete d'une resolution en sept
points adoptde hier par plus de mille d6legu6s des syndicats
de la Ruhr r6unis i Mulheim, tandis que P'ancien directeur
de agriculture de la zone britannique, dans un article de
fond, riclame la centralisation pour rdsoudre le probl6me
agricole allemand.
Une ddp&che du correspondent du Sunday Times A Was-
hington relate que le gouvern-ement britannique serait d6cide
A ne pas finance plus longtemps la zone britannique.
2. Divers (polilique extdrieure)
D'apres le correspondent A Madrid du Sunday Times, le
gouvernement ambricain ne ferait pas d'ohjections h I'octroi
de credits priv6s i 1'Espagne.
Le Sunday Empire News pretend savoir qu'au course des
nugociations commnerciales anglo-sovi6tiques, les autorites
russes auraient demand en eohange de bl6 et de bois a rece-
voir par la Grande-Bretagne une communication 'des secrets
de fabrication des avions A reaction ainsi que des matibres
plastiqu'es.
Ie Peoptre public un long article d'icrivant les proceeds de
immigration juive en Palestine. Son correspondent semble
s'Ztre rendu a Sete et il 6crit que la France n'a pas le droit
moral, on selon les Britanniques le droit.lgal, de laisser
appareiller les batiments transportant les 6migrds.
3. Politique extdrieure brillannique
La politique intdrieure donne lieu & peu de commentaires
intAiressants. Ce(taius journaux reviennent sur le d6bat de
politique cxtdrieure et font observer que M. Bevin n'aura
pas A r6pondre A de nombreuscs critiques au course du Con-
gres der Margate. D'autres feuilles reviennent sur le mani-
feste du parti conservateur concernant In politique 'icono-
miquc. L'Observer se deman'de si le, electeurs trouveront
entre.les programmes socialists et conservateurs assez de
differences pour justifier un changement de gouvernement.
Le, role des conservateurs est de prouver que I'on pcut gou-
verner efficaccmcnt dans un cadre de liberty. Le Sunday
Express revient sur la proposition de loi adoptee par la
Chambre des Lords et tendant a pi'ot6ger les droits et les
liberties personnel. II rdclame la suppression des contr6les
Certains journaux ddduisent de l'attitude de la press Bea-
verbrook que le manifesto conservateur g AtA r6dig6 centre
I'avis de l'ancien ministry et conclut du discours prononce
par M. Churchill en Ecosse que ee dernier a approuv6 le
manifeste.
Revue de tn press britannigue du 19 mai 1947
Les questions economiques ct imp6riales se partagent ce
matin 1'interft de la press; tant6t celle-ci met en relief
1'annonce faite par M. Dalton : 10 de l'octroi d'un emprunt
A faible inter6t (2 1/2 %) aux autorites locales afin d.e leur









2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


permettre de rembourser les emprunts lands par elles stur
le march t un taux trop 6lev6 pendant Ics mauvaises an-
n6es de 1'entre-deux guerres; 20 la prise en charge par T1
gouvernement d'une parties des d6pensccausees pa. l'entre-
tien des services publics tels que h6pitaux, masons de
retraite, etc...; tant6t elle concentre son attention uresnue
exclusivement sur la question indienne (voyage di vice-roi
i Londres) et celle des relations anCio-egypticnncs d&tcla-
rations de Nokrachi Pacha).
Tou'tefois, le problem allemand ne perd pas do son acuit6
et nombreux sont les journaux qui lui consacrent de longs
articles. De m&me, les questions frangaises fournissent ma-
tibre A de nombreuses correspondances, notam'ment dans le
Times nit snut (Cudiees, d'une part, la situation intdricnre.
rt la politique du gouvernement, d'autre part, les reaction"
francaises au discours de M. Bevin,

1. Indco

L'ensem'ble de la press announce avec. tout le relief pos-
sible qule vice-roi doit arriver aujourd'hui i Lonrres pour
y converse avec les mcnrbres du cabinet sur le.o mesures
a prendre pour rdsoudre le problMme urgent qui :,e pose.
Le Times declare que le vice-roi est accompagnt de tou-
les voeux du' people indien don't il a su s'attirer l'amitid
grace a sa franchise et an desir do remettre son autorild
dans les mains des chefs indiens dans le d6lai le plus bref
tt avec le minimum d'inconvdnients pou- le pay's.
Ce correspondent dtudie la tkche accomplice par le vice-
rol qui, selon lui, a rditssi, dans une large measure, a aplanir
les diff6rends entire le CongrLs ct la Ligue musanlmane a
1'egard des problimes souleves par le partage de l'lude. Tou-
tefois, les chefs hindous eux-m6mes continent a exalter le
fanatisme de leurs partisans. MWme si le partage du Penjab
dtait accept par les organizations hindoues et mnsulmanes,
cela n'apporterait pas pour autant la paix car des centaines
de milliers de Sikhs et d'Hindous se trouveraient in6vila-
blement du mauvais ctl6 de la line de demarcation.
Ceuains Sikhs, don't ie umanque d'csprit politique coin-
tructif s'cxprime dans les communications tenant de ses
chefs, pourraient fort ,jbin lrc'. la pierre d'achoppement
pour tonte solution pacitique du probl6me du Pc ijab.
Selon tl Manchesler Guardian, le !port de Calcutta pour-
rait Otre conslde6r come Pun des points sur loquel l'accord
ne s'est pas fait t qui rest en suspense. L e vie-roi sou-
mettrait au cabinet les propositions communes des grands
parties et cc journal estime que celles-ci rcprdsentcnt surtout
des expedients politiques.
D'aprds le Daily Telegraph, 1'espoir de pr6server 1'u'nltd
hindoue s'dloigne de plus en plus. (Voir 'article plus loin.)
C. Cliff, du News Chronicle, rend Ggalem'ent hommage A
l'habilet6 et la t6nacite du vice-roi, mais il pense que le
plan elabord par la a mission du cabinet > n'a plus aucune
chance d'etre appliqud.
2. Elyple
Le ceor. spondlanlt ilu Tinllt's au Caire coxillnllllI qu(e soil
journal les principaux passages 'du disccurs prlonone par
le Premier ministry dgyptien en rdponse aux ddclarations de
M. Bevin sur les relations anglo-dgyptiennes. Ce discours
affirme que le trait anglo-,gyptien de 1936 dtail: considicre
ddsormais comnme cadue par le gouvernement du Caire et il
announce en outre qu'une dd16gation dgyptienne d )it se ren-
dre A I'O.N.U. pour obtenir le r&glement du different avnc
la Grande-Bretagne. Ce correspondent fait 6tal d'articles
pulblits par la press 6gyptienne qui s'indigne des d6cla-
rations de M. Bevin accusant celui-ci de mencr une politique
conservatrice. Cependant, ces attaques seraient dirigees au-
taut centre le premier ministry dgyptien que centre M. Bevin.
3. -- France

Differents aspects de la politique francaisc s mnt tudies
par la press de ce martin et tout d'abord le correspondent
du Times consacre un long article aux questions intdrieures
frangaises. La press donne de brefs competes rendus de la
seance de l'assemb'de de vendredi dernier et signal 1'alter-
cation qui s'est p odli l'r 'ntre rad icaux-soc;ilit s eit 1 gonl-
vernement sur la question des contr61es. Le correspondent
dui Times signal les courants profonds qui divisent le pays.
(Voir I'article plus loin.)


Pour le correspo'dant du Manchester Guardian, le md-
contentemenf en France serait df principalement aux diffi-
cultds alimentaircs, et M. Daniel Mayer strait aux prises
avec. des graves et des menaces de graves. Cependant, les
communists seraient pour le moment ddesireux de s'attirer
les sympahties des classes moycnnes et paysannes et de no
pas c apporter de l'eau an moulin du gnliral de Gau'lle ..
Ainsi la grdve g6ndrale ne serait utilisce par la C.G.T. que
come une arme supreme centre les activists du gdniral
Les reactions de opinion frangaise a l'dgard du diseours
de M1. Bevin sont galement 6tudices dans un article du
'imes. IT correspondent parisien de cc journal remarque
que les commentaires frangais ont surtout mis I'accent sur
le passage de ce discours relatif a la prochaine conference
de Londres et aux necessitds pour le gouvernement britan-
nique de modifier sa politique etrangcre an cas of un accord
n'interviendrait pas; il est frappant par 1'analogie que pre-
scntent les observations de M. Uevin avee cells de
M. Bidault.
Le problem cst d'une telle ampleur qu'il laisse dans
1'ombre les autres questions speciiquement franco-britan-
nlqu'es
La gauche francaise aurait consid6drd e ddsir de M. Bevin
d'dviter un chec de la prochaine conference come ia
preuve ,qu'il a conscience du danger que faith courir la poli-
fTque amdricaine h l'inddpendance de la Grande-Bretagne.
Neanmoins, l'opinion francaise se serait montree sensible
aux paroles que M. Bevin a rBservdes h la France, h ses
aspirations et a ses problhmes. Elle aurait accueilli avec
joie le passage dans lequel le Secr6taire d'Etat a renouveld
la promesse de son gouvernement de garantir la security
francaise centre toute nouvelle aggression allemande. Le
correspondent derit que les Frangais n'ont jamais dout6 que
In Grande-Bretagne serait a leurs c6tes dans le cas d'une
nouvelle aggression allemande. Ce qui les inqui6tait, c'dtait
fd savoir si la Grande-Bretagne comprendrait avec quelle
rapidity devrait 6tre 6touffd tout nouvel espoir de conquote
allemande. Une phrase de M. Bevin montre quo le Gou-
verenient britannique l'a comprih et, cn le comprenant,
permet a la] France d'assouplir son attitude sur lc problnme
rh6lnan pourvu que la Grandc-Bretagne se trouve toujours
prate A prendre chez elle les measures n6cessaires pour assu-
ner les obligations qu'elle a acceptdes.
A propose du problcme sarrois, cc correspondent estime que
les declarations de M. Bevin n'.ont pas altdre la satisfaction
lprouvee en France du fait qu'il a fait connaitre i nouveau
son appli au rattacbermcnt dconomique de la Sarre i la
France. Le m me correspondent estime que les missions
officielles franqaises n'ont ,pas l'intention d'agir seules dans
la delimitation des fronti6res sarroises.
M. Wilson, dans le Daily Express, signed un article sur
l'armee frangaise oix il estime que l'armie frangaise ne
pourra Ltre d'aucun secours avant 1960, et que, c jusqu'A
cette date, I'alliance franco-anglaise n'a pas un caract6rc
tl'bs militaire 3.
Le Daily Worker fait 6tat d'un article de M. LUon Blum
invitant ses lectcurs ai ne pas se rdjouire, pr6matur6ment
au sujet du novel' cmprunt americain.
Selon Al. Worth, du Manchester Guardian, la press so-
vittique critiquerait vivement les chefs socialists frangais
ct s'attendrait a ce que les recent dvdnements de, France
accroissent la popularity des communists.
Le meme journal signal la constitution i l'Assemblde
National d'une association parlemcntaire franco-britan-
nique.
4V Alleinullne,
D'apris le correspondent d'u Times a Berlin le aiscours
dle M. Bevin n'aurait suscit6 que pen d'intdert dans la popu-
lation allemande. Celle-ci serait souvcnt amende a compare
sa situation actuelle avc cell qu'ele connaissait sous le
regime nazi.
Le correspondent du Daily Telegraph h Berlin 6numdre
les points sur lesquels les autoritds amdricaines et britan-
niques se sont mises d'accord pour parverir a unre fusion
plus dtroite de leurs zones. *'
Les livraisons de vivres seraient bien accudiliies, mais
.des manifestations plus graves risqueraient de se produire
si la situation alimentaire ne s'ameliorait pas rapidement.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 3


Le Mdnchester Guardian et le News Chronicle annoncent,
de leur cdtW, que attention gendrale, tant du c6td amnri-
cain que oti cs6t britannique est concentr6e sur l'ouvcr-
ture du Parlement de la Ruhr it Dusseldorf.
Les syndicate des ouvriers de 'la Ruhr ont present un
programme en six points pour la r6organisation de l'econo-
mie et do I'administration alleniandes. Ce programme pr(-
voit Ia cr6atfni i'une flotte de peche, une augmentation de
la production de machines-outils, la fabrication d'engrais,
Parret du :dmantdlement industrial et une ,grande surveil-
lance de la part des Allemands sur le ravitaillement alimen-
taire.
Plusieur4 journaux, don't le Times, annoncee que des dlec.
tions ont cu lieu en zone franqaise.
Le Dail 7'Telegraph met en relief le nombre considerable
d'ahstentions.

5. Espagne
Le correspondent du Times a Madrid signal que le g6-
naral Franco s'est rendu hier h Bnrcelone. II souligne les
importantes measures de sdeurit6 qui ont 6td prises dans
toute la ville.

k7) LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCE (Timles, 19/5) :

<< Le Gouvernemient a obtenu une majority impor-
tante A l'issue du d6bat sur le bl6 et sur la situation
agricole ven'dredi dernier.
La fin du d6bat a 6th malrqu6e par un compromise :
'e M. R. P. et les socialists rapportaient leur propre
r6solutiomn concue *en des terms par trop 61'ogieux et
]e Rassemblement des gauches retirait de son c6td sa
motion ai-gre-douce en faveur d'une motion de soutien
de ton neutre. Le sens A 'donner A l'affaire, c'est done
qu'on rtablit un precedent de plus 6tablissant la pri-
m-auth de l'office de Premier Ministre.
Tout ce.ci n'a 6t6 cependant que de pen d'impo.rtance
sur le plan pollitique. Les movements des plus forts se
pervoivent en 'dehors du Parlement et se traduisent par
des 'rclamations de plus en plus vigoureouses des syn-
dicats et par une attitude de plus en plus intransigeante
dontl'aspect le plus dangereux est peut-etre la rivalit6
croissante entire la Confed6ration G6ndrale 'du Travail
et la Conf6d&ration des Travailleurs Chrtliens.
I1 devient evident que la Conf6d6ration des Travail-
leurs Chr6tiens forme une minority don't la C. G. T. ne
peut pas ne pas tenir compete. L'effet sur les dirigeants
'des deux organizations est de nature A se tradui.re par
.uene,tendance A la surench6re dans le recrutement des
adherents.
La xrvolte des travailleurs contre le control des s'a-
laires est qn aspect de la r6volte g6nerale centre les
contr6les de tout genre. Cette r6volte est longtemps
,restie sourde sous la forme 'dAu march noir. Elle se
manifeste maintenant ouvertement.
M. Ramadier n'a pias demand qu'on permette A son
gouvernement de vivre au delA de ju'illet. Son attitude
froide et courageuse en face 'de tous les obstacles, qu'ils
6mane.nt des homes on des choses, lui ,a acquis la
sympathie de inombreux groups, et les Frangais ne
voient p'as de solution bien agr6able en dehors de son
maintien au pouvoir. Mais on ne peut douter que les
difficulties que rencontre M. Rama'dier n'augmentent. ,
(D:u c'aorlesponIdcnit du Times d Pinri's)

ib) LA POLITIQUE ETRANGERE DES ETATS-UNIS.
1. Tirntes, 19/5 :
t Le discourse de M. Acheson indique que 'adminis-
tration est consciente de la cruise 6conomique &tirang6re
qui approche avec 1'6puisement des credits en dollars,


,ainsi que du d6sastre qu'une telle crise pourrait entral-
ner piur lh stability politique. Dans ce discours, lais-
sant de cl6td la politique purement defensive adopt6e
A l'egard de la Grice et 'de la Turquie, M. Dean Acheson
insisted suir la nIcessite de prendre des measures cons-
tructives concernant le reldvement de l'Europe et de
I'Aslie et il ne dissimule pas l'importance de la tiche
qui ne peut Etre entreprise que par les Etats-Unis. Dans
celte nouvelle politique, la 'doctrine Truman d'aide A
routes les nations libres menaedes par une aggression fi-
gure seulement conlme un aspect d'un vaste programme
de reconstruction mondiale.
Le discours de M. Acheson nec represente que la phase
initial de la champagne de M. Marshall. Mais ce grand
gesle est deman'd6 4 1'Amerique a un moment oh le.
gouvernement ne dispose pas d'une majority, ni a la
Chambre des Repr6sentanis ni au CongrBs et oh la ten-
dance g6n6ra!e n'est plus en faveur de nouveaux en-
gagements coflteux.
On n'est nullement assure que le Congres fera preuve
de clairvoyance, particulihrement si un ralenti.ssement
se product dans la formidable activityh 6conom'ique ac-
tuelle.
<< L'aide financirre exceptionnelle >, destine A faire
face aux situations exceptionnelles de I'aprdsguerre,
peut se poursuivre de trois mnani.res diff6rentes : par
l'interm6diaire de ]a Banque Mondiale, de 1'Export-
Import Bank ou par des prhts directs du gouvernement.
Avec quelle rapidity et jusqu'A quel point la Banqrue
sera-t-elle capable d'effectuer les pr&ts ? Cela depend
'dans une large measure de l'accueil que les capitalistes
amnricains rdserveront aux bons 6mis par la banque.
Bien que la nomination de M. McCloy ait fait renaitre
la conflance du monde des affairs dans !a banque, le
processus peut 6tre lent, et lil r6ussira selon que les
capita!ises seront convaincus ou non que la banquet
pursuit une politique sage et prudent.
Les msimes reserves doivent s'appliquer A 1'Exporl-
Import Bank, en ajoutant que le but de cette institution
est de stim-uler le commerce international plut6t que
'd'assurer la reconstruction des continents.
La Banque Mondiale et I'Export-Import Bank:ont leur
.rle A jouer, malis, sans aide, elles ne peuvent suppor-
ter tout le fardeau; en faith, elles peuvent jouer leur rl1e
seulement s'il existe une garantie d'un minimum raison-
nable de stability 6conomique et politique A travers le
monde. M. Acheson a expos nettement qu'il fallait s'at-
tendre a des deman'des d'aide qui ne pourraient dtre
satisfaites que directement par les Etats-Unis. La pro-
position tendant A assume des charges continues et
illimit6es en 'vue du redressement de nombreux pays
a travers le globe ne se recomman'de guere a un Con-
gres qui n'cubliera probablement pas qu'il a 6td Ilu
sur l'assurance qu'il ferait drs economies et qui fait
reellement des efforts vigoureux pour diiminuer les d&-
penses A l'int6rieur. La facon don't a 0t6 accept le pro-
jet di'aide A la Turquie et a la Grbce est un example
remarquable de I'esprit 'de co-opration de la politique
t.rangre du CongrBs r6publicain. Mais les montants
impliquds 6taient modestes, et dans la reduction appor-
the par la Chambre des Representants an project d'aide
A I'dtranger et aux -allocations pour les services d'in-
formation 'du D6partement d'Etat, il faut voir, bien que
les diminutions n'aient pas 6t6 toutes sanctionn6es par
Sle S6nat, des signes de mauvais augure d'une intransi-
geance croissante du Congr6s A 1'6gard des d6penses
destinies a l'6tranger. Le prestige 'de M. Marshall, la
popularil6 de M. Truman et l'a'ide apport6e par le se-
nateur Vandenberg front plu't-etre pencher la balance
de l'autre c6tl. mais il est evident que la champagne
sera longue. II appartient au people amhrliain de d6ci-.






i BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


der s'il n'est pa's pr6ferable 'de suivre1 les coanseils de
Dean Acheson en acceptant la charge qui leur est impo-
see actue'llement. Cette exhortation montre de facon
impressionnante la respo'nsabilit6 croissante que I'Am6-
rique a de son r6le dans ]e monde. )
2. I)jtily WonriKe)r (18/5), communiste :
Bl Etant donn6 l'imminence d'unne crise 6conomique
aux Etats-Unis, les politicians de ce pays sont 'le plus
en plus enclins A penser qu'un octroi de pr.ts interna-
hionaux, moyennant certaines conditions, constitute un
moyen de fire d'une pierre deux coups : vendre da-
vantage de marchandises et intervenir dans la vie po-
lifique d'autres pays.
M. Dean Acheson a dit que I'Amerique apporterait
son aide 1A of elle pourrait contribuer le plus efficace-
ment A la stability6 mondiale. C'est un noble sentiment
qu'i a reou une u range application dans le financement
de Ja reaction en CrAce et en Turquie. La devise de
Washington semble Atre : Vous aurez nos 'dollars si
vous faites ce que nous disons
M. Sumner Welles, ancien sous-secrrtaire d'Etat. de-
sire maintenant qu'on applique le mme traitement a
l'Italie. Son argumentation nou's est familibre : les com-
munistes italiens a la, solde de Moscon pr6parent un
soulbvement et le seul remadee est d'envoyer davantage
de 'dollars.
Par ailleurs, M. Lo.n Blum, le chef socialist, cher-
che encore A .obtenir un pret direct de l'Amerique a
la France, mais lui aussi est oblige d'admettre ,avec
tristessse que ce pr8t ne sera pas autoris6 par ]e Con-
gres sans contrepartie.
,Et que dire de la Grande-Bretagne ?
Le premier emprunt a .tA n6gociA dans une atmnos-
phlr'e d conte de fees et le people britannlique paie'
anjourd'hui l'ing6nuit6 de ses n6gociateurs. La Grande-
Brelagne dolt maintenant se redresser et chercher A
Achapper A sa d6pendance unilat6rale A l'egard tu 'dol-
lar. >>
c) AVANT LE CONSEIL DES MINISTRES DES AFFAIIIES ETRAN-
GERES A LONDRES (Daily Express, 19/5, conserva-
teur) :
a II n'y a pa-s de temps A perdre. Si I'on vent que la
conference des ministres des Affaires Atrang&res qui
dolt se runir A Londres en novembore soit un succes
i'l faut entamer des maintenant une pAriode d'activite
international intense.
II n'y -a rien de plus alarmant que de constater que
les grandes nations, don't les veritables inter6ts vitaux
sont si rapproch6s les uns des autres, se trouvent s6-
parbes par la suspicion.
Que pent-on faire 'd'ici novembre ?
Avant tout, la Grande-Bretagne, do concert avec les
Etats-Unis et, si possible, aveo la collaboration de la
France, pent prendre des dispositions imlportantes et
inspires par la sagesse, dans la parties o.ccidenlnlt de.
,'Allemagne.
Tant que ce territoire 'd'une importance dangereusoe-
ne)nt vitale n'aura pas cesse d'absorber nos ressouirces,
le prestige des puissances occidentales on souffr.ra.
En second lieu, la Grande-Bretagne idevrait ,etiver
les negociations en vue de la revision tdu trait anglo-
sovietique.
C'est du .succe's'de ces negotiationss quc depend notro
expoir de rbaliser un accord g6enral entire les gardens
orientaux et occidentaux de la paix europeenne, accord
on l'absence duquel aucune paix durable n'est possible.
En troisiine lieu. et lci est A peine nmoins impor-
tant, la Grande-Bretagne devrait s'employer A conclude
un pacte commercial avec la Russie et des pactes ipa-


iralBles avec les associes de la Russie, sur la base la
plus large possible.
L'appauvrissement terrible que la guerre a entraine
pour ]a Russie a peut-tre jou6 une part plus grande
qu'on ne le ipense dans l'aggravation du diffArend qui
spare l'Orient de i'Occident.
On peut raisonnablement esperer qu'a measure qu'elle
so relvera, la Rnssie attenuera l'intransigeance 'de 'sa
politique.
Ce qui iest certain, c'est que la Grande-Bretagne vetu
fire du commerce avec la Russie. La Grande-Bretagne
fabrique d'innombrables articles qui sont nAcessaires
au dveloppenient industrial des pays sovietiques.
Et la Grande-Bretagne serait bien heurouse de pou-
voir trouver en Russie 'des articles qui lui cofitent au-
trement de pr.6cieux dollars.
II1 serait merveilleux de voir le bl et le coton russes
affluer A l'Ouest De nouvelles relations commercials
pourraient Atre ouvertes entire le Lancashire et les re-
gions cotonniores du Turkestan et de la Georgie.
.I1 est superflu de dire que nous avons d'autant be-
sonm de bois russe .que pourront nous en fournir les
forts 'die 1'U. R. :S. S.
Dans les contrses qui se tournent vers Moscou, nous
pourrions acheter des denrbes alimentaires et peut-tre
mnme du tabac.
Dans toutes Des transactions, il y aurait pour nous
un immense advantage. La Grande-Bretagne paierait, soit
en exportant ses propres marchandises, soit en livres
,sterling.
Mais tout en preparant dies plans commerciaux, il ne
faut pas perdre de v.ue ce but le plus important : cr.er,
en donnant 'des preuves de bonne volonti, les condi-
tions die succes do la conference qui se tiendra en
novembre. >

d) LA GRANDE-BRETAGNE ET L'INDE.
1) Daiily TeeMfrph (19/5, conservateur).
< L'arriv6e en Angleterre du vicomte Mountbalten
souligne la gravitA die la situation dans i'Inde.
Trois mois se sont ecoulks depuis que M. Attlee a
fait savoir ique l,e gouvernement des Indes par la Gran-
de-Bretagne prendrait fin le 19 juin 1940 au plus tard.
Cette declaration avait pour but d'amener un accord,
sous quelque forme quie ce soit, entire les diff6rents
parties indiens : or, le r.sultat obtenu a 6t6 exactement
l'iaverse. En effet, l'adminiistration du pays est en train
de se 'd6sagr6ger, et, dans certa'ines regions a pratique-
ment cess6 de fonctionner. Une rupture est done inb-
vitable. Dans l'impasse actuelle, c'est encore au gou-
vernement britannique qu'il income de decouvrir la
faqon de mettre fin une situation qui constitute .n
danger A la fois pour l'Inde et pour les pays se tron-
vant bien au delA 'de ses frontieres.
Le vicomte Mountbatlen s'est employA avec toute son
.nergie A se renseigner sur la situation actuelle et a
liiquider aussi rapidement que possible la question de
I'a administration britannique. Ses conclusions ont djhA
l66 eommuniqubes par Lord Ismay. Cette 'ois, il viont
s'enlretenir personnellement avec le Cabinet. Le project
d'une nouvelee constitution, tel qu'il a et A tabli par
la mission gouvernementale, rest sans doute la meil-
leure fafon ide ,raliser 1'nnit6, mais ne semble pas
avoir tl .accueilli favorablement par l'Inde elle-mAme.
Toutefois, le Vice-Roi et le Gouvernemient britanni-
que ne peuvent faire mieux que d'indiquer ce qu'ils
pensent etre (aprIs, avoir s6rieusement .tudi6 la, (ue-n
tion) la seule manirre possible d'ecarter les nonibreux
obstacles qui s'opposent a ce plan. C'est aux Indiens
eux-memes qu'il appartient de decider 'de la nouvelle








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


forme de gouvernement, et de la mani6re don't elle
peut 6tre 6tablie, au course des quelques mois qui doi-
vent s'debuler avant que le depart britannique ne soit
un fait aocomph.
Bref, quelles que solent les propositions faites au
course 'de oes entretiens, la responsabilit6 dolt en in-
comber aux dirigeanitsindiens qui doivent s'entretenir
avec le Vi.e-Roi apres son retour le 2 j-uin ; c'est A'
eux qu'il revient de d6cider quels seront les a pouvoir's
indiens responsables qui prendront en main le pays.
Si 1'on veut 6viter que administrationn britannique ne
se termine dans la confusion et les d6sordres les plus
graves, il faut que l'esprit de compromise, d6daignA
jusqu'ici par les dirigeants indiens rivaux, rgne a
Delhi. >

2. Daily Mail (19/5, conservateur) :

o On commence A comprendre la nature de l'im-
mense trag6die qui s'abat main enant sur 1'Inde. Le
rapport du vicomte 'Mountbatten, dernier des vice-rois,
qui doit arriver aujourd'hui a Londres, peut contribuer
A 6claircir la situation politique. Mais, en fait, un rap-
port est inutile pour nous faire comprendre ce qui se
passe.
L'Inde est abandonn6e A 1'anarchie et cela A cause
de la promesse inconsid6r6e d'6vacuer 1'Inde en juin
1948, promesse qui a 6t6 faite par le gouvernement bri-
tannique en f6vrier dernier.
Cette decision d6sesp6rBe avait Wte prise pour inci-
ter les parties indiens a s'unir, mais elle etait fondue
sur deux id6es fausses : 1 c'6taient les Britanniques
qui avaient s6par6 les Hin'dous et les Musulmans:
2 apres le d6part .des Britanniques, les Indiens de-
valent se rapprocher dans un sentiment d'amitii fra-
ternelle.
Nous avions promise 1'indBpendance A 1'Inde, et nous
devions tenir notre parole. Mais la lui imposer en dix-
huit mois constituait un coup de d6s et, come pour
plusieurs autres examples r6cents de coups hasardeux
dans le domaine politique, cela n'a pas r6ussi.
Nous nous trouvons places maintenant devant deux
solutions 6galement d6sagr6ables. La premiere con-
siste A rester dans PInde et A nous laisser m6ler a une
guerre civil possible. L'autre, c'est de quitter le pays
et d'abandonner A leur sort des millions d'6tres hu-
mains qui se sont tourn6s vers nous pour garantir lenr
s6curit&.
Nous avons 6tf amends lI h cause de la politique im-
prfvoyante de nos ministres. S'il y a un moyen hono-
rable de sortir de IA, c'est A eux de le proposer.
Nos ministries pourraient consider aussi que la po-
litique de puissance, comme la nature, a horreur du
vide et qu'unie riche p6ninsule don't la population se
bat constituc une excellent proie pour de grades
puissances ambitieuses.
C'est peut-6tre pour cette raison que certain diri-
geants indiens, qui pensent au depart des Britanniques,
sont si soucieux de l'extension que prend le commu-
iisme dans leur pays. >>


II. PRESS AMERICAINE


Revue de la pressed amnricdine du 18 mai 1947
1. -- L'affe amriealine pour remplacer t'U.N.R.R.A.
La press announce que la Commission mixte de repr&-
sentants et de s6nateurs a accept finalement de fixer A 350
millions de dollars le montant de l'aide americaine h don-
ner aux pays europ6ens et t la Chine qui ne. b6n6flcieront
plus de, I'U.N.R.R.A.


2. Grce
Des d6p6ches d'Athdnes indiquent qu'une proposition am6-
ricaine a tdS faite en vue d'assureo un contr6le internatio-
nal l'amnistie don't ben6ficieront les gudrillas grecques.
Une note, h cet effet, aurait 6t6 remise par M. Macveagh,
ambassadeur am6ricain t M. Tsaldaris, ministry des Affai-
res Rtrang6res grec. Un correspondent du New York Herald
Tribune rapport, de source gouvernementale grecque, que
M. Tsaldaris s'appreterait f faire appel aux petites nations
ncutres come la Suede, la Suisse, la Norv6ge et les Pays-
Bas pour ttablir ce contr61e international.
3. La zone anglo-amiricaine en Allemagne
Les correspondants amtricains de Berlin continent t sou-
ligner le caract6re tr6s grave de la situation alimentaire
dans cette zone. Ils rapportent les declarations du general
Clay indiquant qu'un million de tonnes de products ali-
mentaires ont 6tt envoyees en Allemagne par la Grande-
Bretagne et les U.S.A. et celles du Dr. Newman, gouver-
neur militaire americain de Hesse avertissant les Allemands
qu'il ne tol6rera ni graves ni manifestations et rappelant
que la peine de mort peut 6tre appliquee aux agitateurs
qui chercheraient A s'opposer aux decisions du gouverne-
ment militaire americain. Le Dr Newman, selon une d6peche
A. P. de Berlin, aurait, de plus, prevenu les chefs des syn-
dicats allemands et les membres du Cabinet de 1'Etat de
Hesse que la situation alimentaire demeurerait sans chan-
gement pendant quelques semaines, qu'il atait inutile de
fomenter des grovess car cette attitude c aurait pour effect
de fire disparaitre tout disir du people amnricain de venir
en aide aux Allemands >.
4. La polifique amiriiaine de cirdits (i l'tranger
Prcnant pr6texte du recent discours de M. Churchill pro-
posant une union europ6enne, Walter Lippmann et Anne Mac
Cormick se montrent, dans leurs articles d'aujourd'hui, par-
tisans d'une certain unification de 1'Europe. Lippmann es-
time qu'une coordination des plans europ6ens de produc-
tion, si elle pounvait se r6aliser au course de cette annee,
fournirait un argument favorable A un large octroi de cr6-
dits am6ricains aux pays europeens qui participeraient a
cette unification economique. (Voir 1'article plus loin).
Anne MacCormick reprenant l'id6e de 1'union enrop6enne
ncrit notamment que l'argument en faveur de cette union
c'est qn'il est impossible aux Etats europtens de vivre dans
les circonstances presentes. La puissance americaine peut
renforcer temnorairement leur resistance a l'influence sub-
mergeante qui'ils redoutent. La puissance sovidtique pent
miner leuas gouvernements et les transformer en satel-
lites involontaires mais ils ne penvent pas etre sauvns par
un appui exterieur. Ils ne peuvent retrouver influence
qu'ils avairnt dans le monde qu'en se grounant. Une Europe
unie pent etre une puissance dans un monde oft la force se
concentre plus que jamais. Une Europe fragmented est vou6e
non seulement ft tre insigniflante, cc qui n'est pas un destin
enviable, mais aussi fh tre subjug6e.
5. La Banque Internationale
Un correspondent du New Yosk Times de Washington.
public des extraits de la lettre adresste par M. Schuman.
Iministre des Finances, a la Banque Internationale fh Pocca-
son de la recent advance de 250 millions de dollars faite
par celle-ci au gouvernement francais. Cette lettre precise
.que le gouvernement frangais fournira h la Banaue < les in-
formations nocessaires pour qu'elle puisse remplir ses fonc-
tions >. Le correspondent declare que cette* lettre est une
lettre < amicale o et qu'elle r6it6re les assurances qui ont
4tt l'objet d'importantes nEgociations avant que la decision
n'ait d6t prise d'accorder cet 'mprunt a la France.
G. -- -'ouvelles de France
Des depeches du New York Herald Tribune et du New
York Times annoncent que la gr6ve Renault et celle des
Grands Moulins ont et, r6gl6es et que le travail reprendra
aujourd'hui.
Seulo. une depeche di New York Times fait allusion au
d6bat de l'Assemblte' national au course duquel le gouver-







6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANGARE


nement s'est vu renouveler la confiance de cette Assem-

Une dep&che de Callendcr au New York Times est touted
entire consacrde aux declarations faites par M. Bidault au
sujet de la r6cente Conference de Moscou. I1 ecrit notam-
ment que ,M. Bidault a suggeri aujourd'hui quc les Fran-
qals pourraiinl annxcer 6conomiquement la Sarre cn agngs-
sant inddpendamment, sans attendre la prochaine reunion
des quatre Ministres des Affaires 6trangbres a Londres en
novembre ou l'approbation des Russes qui leur a 6et refuse
lors de la recent Confdrence de Moscou. M. Bidault a d6-
menti les rumeurs publides ct selon lesquelles les emprunts
ainricains h la France contiendraient des conditions poli-
tiques on de toute autre nature empietant sur r'iddpen-
dance de la France. Callender, revenant sur les ddclirations
de M. Bidault au sujet de la Sarre ajoute quo < la declara-
Stion de I. Bidault > a tdC consid6r6e comme la confirma-
tion officielle la plus marquante donn6e jusqu'A present de.
fagon don't la ricente Confdrence de Moscou a elargi le
gouffre entire Moscou et Paris principalement a cause du
refus de M. Molotov d'accepter que la France acquire la
Sarre. Le problem allemand tout entier est si vital pour la
France que lorsqu'ellc s'cu occupe, elle ne pout pas agir
en midiatrico conmme ellc avait cherchi, jusqu'A present, A
le faire dans la preparation des traits de paix avoc Plta-
lie et les pays halkaniques.
Le Washington Post consacre un long editorial A la
champagne du' general de Gaulle >>. II voit -dans le discours
de Bordeaux la. reaffirmation que le general veut un Etat
fort sous la direction d'un chef de 1'exicutif qui no soit
sujet A aucune autre influence qu'a celle de son devoir.
Dans d'autres terms, dit le Washington Post, un i'x6cutif
indipendant de intervention du lIgislatif. I1 rcpr';nd en-
suite les propositions du g6ndral de Gaulle pour une Fidd-
ration de l'Union frangaise et ajoute que la signification
principal du discourse cependant est que le general n'a
fait aucune concession au centre dlunt P'apui lui es. essen
tiel s'il doit atteindre le pouvoir par les moyens consti-
tutionnels. Ainsi, le M. iR. P. est, apris les communists,
le part le plus important de France et sc trouve place
devant un dilemme curieux. Le M.R.P. ne peut pas donner
son appui au g6enral de Gaulle sans scq soumettre aveu-
gl6ment a son autorit6 et subordonner sA proprc politique
A la sienne, ni sans r6pudier une Constitution qui est lar-
gement son .auvre. I1 est aussi apparent quc la prdscete coa-
lition instable des socialists, des M. R. P. et des autres
parts de gauche et du centre ne peut plus esp6rer sirvivre
A une nouvelle et plus grave crises qu'acc6lerent I'augmncn-
tation continuelle du cofit de la vie et la nouvello 6pidi-
mie de graves encourage par les communists. C'csl, appa-
remment, h cause de cela qne le general de Gaulle croit
que, lors d'une telle crise en France, on devra se turner
soit vers lui, soit vers Moscou et qu'il considrre qu'il n'est
ni nicescaire, ni desirable de faire des concession,: on de
donner des assurances au centre ou A la gauche.
line dppeche de Hoffmann de Paris, nu New Yorl: Times,
indique qu'nm group de banques suisses diiscuterait avec
les Gouvernements franqais et suisse la possibility de met-
tre a la disposition de la France 300 A 500 millions de
dollars dttenus par les citoyens franqais dans les banques
suisses. Cos avoirs 6tant, pour la plupart, d6tenus illiga-
lement par les citoyens franqais, le Gouvernement de Pa-
ris, incique cette d6peche, devra tout d'abord accoider une
aministie aux intdressds. Co; correspondent remarqlue. que
les Suisses se sont toujours refuses A devoiler les operations
de.s clients des banqucs suisses.

a) LES EMISSIONS RADIOPHONIQUES AMARICAINES A IjESTI-
,ATION DE L'kTRANGER (Ne.w York He'racd Tribune,
18/5, edition europedie) :

<< Bien qu'on ail besoin d'argent pqur les emissions
radiophoniques de la Voix de 1'Amrrique A destination
ide 1'6tranger, ce don't nous avons plus besoin encore
pour ces emissions, c'est de la diffusion d'.in pro-
gramme nettement d6fini, clair et convaincant.
Les difficult, que rencontre M. Benton, de la part
du CongrBs et de l'opposition l'Otranger, iront en s'at-


tenuant lorsque son chef, le secr6taire d'Etat Marshall,
aura eu le temps d'6tablir et de formuler un pro-
gramme amrricain intelligent, pour mettre fin A la
guerre.
. Les 61iments d'un tel programme s'e sonl graduelle-
nent digages, A mnon avis, de d6bats vastes et com-
plexes, et peuvent 6tre formulas maintenant en tart
que base de discussions ultfrieures. On pourrait, je
pense, les presenter ainsi :
1" La division du monde en deux grande coalitions
- don't l'une aurait son centre A Moscou et l'autre A
Washington n'existe qu'en apparence. Le monde ne
peut etre divis6 de cette facon. Les coalitions ne peu-
vent etre organis6es. Les nations europ6ennes repous-
seront l'id6e qu'elles ne sont que des satellites des deux
grande puissances non europ6ennes, et que leur conti-
nent est vou6 A etre le future theitre d'un conflict amr-
ricano-russe. Dans la measure 'ou la doctrine Truman
consider qu'on en ait conscience ou non 1'Eu-
rope 'de cette fa0on, elle constitute un obstacle A P1ta-
blissement de la paix et ruine influence que 1'Am6-
rique peut avoir en cette matiure.
2 ^Le redressement de l'Europe sous la direction de
la Grande-Bretagne et de la France,' qui constituent
maintenant les principals puissances europiennes, est
n6cessaire. II ne peut y avoir de reglement de la ques-
tion allemande, si ce n'est dans le cadre d'un regle-
ment europ6en. L'unification economique et politiquc
de 1'Allemagne est impossible et n'apporte aucune secu-
ritA si elle n'est pas r6alis6e dans le cadre d'une union
economique europienne, et dans le cadre d'une 6bau-
che d'union politique, europienne suffisamment pous-
soe pour garantir de'facon essentielle la validity d'un
riglement avec l'Allcmagne. Les Russes et les Amiri-
cains peuvent se porter grants de la bonne conduit
des Allemands, mais celte garantie devra 6tre subor
donnie A la garantie europ6enne.
3 Bien qu'en definitive l'unitf de 1'Europe doive en-
glober la lotalit6 de celle-ci, une unite partielle serait
Ineilleure que pas d'uniti du tout. L'unit6 de l'Europe
occidental ne peut A elle seule permettre a cette r6-
gion de subvenir A ses, besoins et de devenir solvable.
Elle serait obligee de faire appel a un soutien artificial
de I'hMmisphere occidental, principalement des Etats-
Unis. Mais si cette aide est donnie dans des conditions
qui permettent et facilitent une unification, l'union par-
tielle de ]'Europe occidental exercera un immense
attrait sur 1'Europe orientale.
4 Ces considerations nous permettent de formuler
nettement les bases sur lesquelles nous pourrions pro-
poser de r6gler le conflict amrricano-sovi6tique. Notre
but est de faire revivre l'Europe en tant que puissance
ind6pendante dans le monde. Pour y parvenir, nous
devrons mettre au point une forme quelconque de prit-
bail ; les sommes n6cessaires sont introuvables ailleurs
qu'aux Etats-Unis, et constitueront le capital n6cessaire
A l'6tablissement et au fonctionnement d'une union
econonlique europeenne.
ILa contribution russe consistera dans 1'ivacuation du
continent par les forces sovi6tiques, en meme temps
que les Anglais, les Francais et les Amiricains retire-
ront egalement leurs forces armies. Les armies devront
retourner dans leurs pays respectifs, et ne laisser der-
riere elles que des forces symboliques en Allemagne et
dans les regions qui font encore l'objet de discussions,
tells que Trieste et la frontiere grecque. L'ivacuation
.militaire de 1'Europe devrait etre suivie d'un accord
aux termesr duquel tous les Etats europ6ens auraient le
droit d'entrer dans l'union, economique europeenne.
En retour, nous pourrions nous permettre de finan-
cer. une parties. des reparations alleman-des et de con-







BltJttTIN QtJOTt11)1N btE PRISSE ATBANGtRE 7
. . f _


.sentir l'ouverture de credits aux Soviets.
Pour le Moyen Orient, nous devrions proporr la r6-
daction d'un nouveau trait& r6glant les problmmes des
Dardanelles, des frontibres de la Grece et de la Tur-
guie, du port de Salonique, et des concessions p6tro-
libres de 1'Iran.
On peul, A mon avis, parvenir en definitive a un tel
accord parce qu'il reflete l'dquilibre actuel des forces
- cquilibre qui ne peut 6tre profond6ment modified -
entre 1'Union Sovietique et les Etats-Unis. L'Armie
Rouge s'est avancee profondement en Europe. Un ac-
cord demand le retrait des forces sovi6tiques en dech
-des fronti6res de I'U.R.S.S. Nous ne pouvons obliger les
Russes A se retire. D'un autre c6t6, nous pouvons les
emp6cher de s'avancer plus loin, parce que nous som-
mes en measure de frapper les centres vitaux de la Rus-
sie. On aurait beaucoup de mal a presenter sous une
forme erron6e et h repousser un programme de cette
sorte qui proposerait un accord concrete, si le gouver-
nement am6ricain l'exposait patiemment et compl6te-
ment, et le prdconisait sans relAche.
La Voix de l'Amdrique se ferait alors entendre dans
unc langue que les peuples fatigues, affam6s et en proie
A la peur, attendant impaticinment d'ccouter. >
(WALTER LIPPMANN.)

b) AVANT LE CONSEIL DES MINISTRIES DES AFFAIRES ETRAN-
GERES A LONDRES (NeMw York Heralid Tribune,
17/5) :
< Qu'ils soient aids ou gun6s par le fail que I'on
connait toite l'ampleur de leurs ditlffrends, les Quatre
Grands von-t se retrouver a Londres dans une atmo-
sphere qui pour les puissances occidenlales tout au
moins sera une atmosphere d'urgence et d'inqui6-
tude. Les associ6s francais et britanniques de M. Mars-
hall ont entendu 'avertissement de celui-ci sur les dif-
ficultes des problemes A r6soudre. II faudra parvenir
rapidement a un r6glement g6n6ral europ6en, ou I'on
verra se constituer fatalement des rdglements parties,
temporaires on d6finitifs. Si on laisse se r6aliser de
te's accords, qui ne proc6deraient d'aucun plan, qui
n'auraient aucun lien entire eux, le mieux que I'Europe
puisse esp6rer, -ce serait une sorte de stabilisation' du
chaos. La comprehension de cet 6tat de choses par les
Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, ainsi
qu'elle apparait dans les declarations des d616guBs dde
ces pays a Moscou, permit au moins d'esp6rer qu'une
organisation de la parties de 1'Europe ofi ces trois pays
exercent une influence, peut se d6velopper sur une
base plus large et plus intelligence. Et le sen's de cette
evolution pourrait A son tour amener les Russes A com-
prendre tout cc qu'ils auraient A gagner en participant
au redressement general, et tout ce qu'ils ont A pendre
en continuant A se montrer intransigeants. >


III. PRESS SOVIETIQUE


Reviue de la prisse so.dlique du 17 mui 1947
Les tdlegrainmes et les commentaires intdressant la po-
litiquc ktraugere sont groups autour des ti'ois themes de
la lutte pour :a democratic dans le onde., dcs probl6mes
internationaux ct de la politiquc miiiw'iiamin .
1 Les grands problimes inte'naitionaux
Les travaux de I'O.N.U. sont abord6s dans deux brAves
dCpkches sur l'activit6 du Sous-Gomit charge des ques-
tions de droit international et sur les discussions de la
Commission Economique pour l'Europe & Gendve. Dans
I'Etoile Rouge, un commentaire de Lebedskoj est comsacri a


.'incident anglo-albanais de Corfou : I'auteur s'y 6tonne
qu'on n'ait pas faith appel h des experts .en matidre de mi-
nes sons-marines pour 1'dtablissement des responsabilitls ;
compte-rendu sur la 32e stance du Conseil allied au Japon.
Plusieurs t61igrammes' concernant diverse questions liees
A la solution du problmome allemand : t616gramme de Vienne
signalant la mise en route pour le Br6sil d'un certain nom-
bre do, << personnel deplacees > parmi lesquelles se trouvent
des citoyens sovi6tiques des pays baltes, la presence d'anti-
fascistes dans les camps d'internement de la zone amdri-

iaine, l'indulgence h 1'egard des hitl6rions en Allemagne
occidental. Une ddp6che de Londres sur les discussions a
la Chambre des Communes sur la politique ext6rieure gd-
n6rale de. l'Angleterre. Une nouvelle brvve announce le r6-
tablissement des relations diplomatiques entire la. Transjor-
danie et 1'Espagne.

2 La politique amdricaine
Une series de tel6grammcs reproduits par tous les jour-
naux represente environ deux colonn-es. Sous le titre :
i Plans financiers des U.S.A. a, un tdldgramme de New-
York group plusieurs informations d'origines diverse sur
la vente des surplus en Europe, l'accord d'emprunt A l'Alle-
magne et au Japon, etc... Compete rendu de la derniere con-
fdrence de prcsse de Truman, approbation par le S6nat
du project de loi d'aide militaire h la Groce et a la Turquie,
- un t6l1gramme de La Haye s sur la situation financibre
de la ollande a souligne le danger de P'aide financidro
amdricaine ct les avertissements i cc sujet du parti commu-
niste ct de certain membres du gouvernement >. Viktorov,
dans la Pravida, public un compete rendu de la pipce
d'Olridge, Le qtarante-neuvikme Etat, don't une traduction
sovi6tique est sous press. Dans lc:e Izoesitias, A. Georgviev
public un long a ticle sur la i diplomatic du dollar en
Amdrique Latine >: 1'autcur y caracterise en ces terms la
politiquc actuelle des Etats-Unis en Am6riquc Centrale :
a Si, au ddbut dii xx siclc, les divers Etats du 'continent
americain constituaient l'objet de l'extiansion americainc.
.ot si l'intorventlc des Etats-Unis dans les affaires de ccs
Etats avait d'ordinaire un caractrre purement local, par
control, ah 'hnure actuelle, les U.S.A. poursuivent d'autres
huts infiniment plus vastes, ils dressent des plans d'dtablis-
soment de 1I domination amnricaine sur tous les pays de
I'hdmisphdre occidental; de plus, expansion economique
des U.S.A. se fait sous la devise hlypocrite dp l'cgalit6
des possibilities ,, I'inteention dans les affaires intdrieures
des Etats de 1'Am6rique Latine est repr6sentee come une
c aide a pour 'soutenir a lutte centre le danger du < tota-
litarisme a ct contre le a danger communist > et la vio-
Lation de l'ind6pendance de ces Etats est reprdsentee sons
l> voile d'une < collaboration interamdricaine >. L'auteur
ltudlie cnsuite une sdrie d'exemplcs de la p6ndtration dco-
nomique el financirre des (U.S.A. don't il relive les caracte-
ristiques snivantes : les monopolistes amnricains cherchent
a devclopper des branches de la production don't 1'existence
correspond i leurs intdrd' d'exploitation, mais par tons
les moyens ils s'opposent au ddveloppemcnt des branches
dc l'industrie qui pourraicnt fair concurrence a l'industrie
dtes U.S.A. Sous pr6tcxte d'aider le ddveloppement econo-
mique de l'Amdriquc Latine, les compagaics am6ricaine
prennent on main .ds branches entikres de la production.
et il en ddcoule un asservissement des pays de l'Amdrique
Latine ct leur soumnission A ]a domination des pui:ssants
monopolies amnricains. L'auteur termine on signalant la rd-
sistance des blements ddmocratiques de l'Am6rique, Centrale
aux projects americains.

3" La litte mon.diate pour la dldimocratie

Sea diverse 'pri.pties font l'objet de t6legrammes de
second plan r6partis dans les divers journaux : proces des
criminals dc guerre japonais, proces d'Helsinki, condam-
nation de Sano ,Mach, adepte de Tizo, le project de loi sur
la dissolution d'organisations de type fasciste en Roumanie,
l'activit6 des fascists en Angleterre, l'interdiction de l'acces
de la zone anglaise d'occupation aux chefs du part socia-
liste unified, le meurtre d'un membre du Comite central du






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE


parti communist ]ibanais, la repression contre les chefs du
Movement Syndical iranien, l'exclusion, du marechal chi-
nois Li Tsi Chen du Kuomintang pour son hostility ha la
politique de Tchang Kal Chek, la crise palestinienne, I'orga-
nisation de lindustric d'Etat en Roumanie. Dans Trud,
compete rendu de la conversation d'un correspondent du
journal avec un des membres de la mission de la F.S.M. en
Iran sur les travaux de cette commission et la situation du
movement ouvrier.

LA SITUATION IN'THIEURE EN FRANCE (Pravda, 16/5).
< La soi-disant < reorganization > du Cabinet Hama-
dier est considered A juste litre par l'opinion publique
mondiale comme la capitulation des ministres socia-
listes francais devant les parties de la droite.
A measure qu'on apprend les d6lails de la provocation
artificielle de la crise gouvernementale en France, I'as-
pect politique des 6venements actuels devient plus
clair. La capitulation des socialists frangais devant les
exigences de la reaction interieure, la revocation des
ministries a comimunistes > ne signifient pas seulement
qu'on persiste A ignorer de facon flagrante la vc'lont6
des 6lecteurs, que l'on meoonnait la Constitution d mo-
cratique recemment adopt6e, et que l'on pr6fere suivre
la voie antid6mocratique tracee par de Gaulle, mais
cola signifie Agalement le renoncement a la souverainete
national et la soumission des intbrbts nationaux de la
France A 1'h6g6monie des monopolies strangers.
La premiere repercussion du remaniement du Gou-
vernement Ramadier a Wti i'information selon laquelle
la Banque Internationale de la Reconstruction a accord
A la France un emprunt de 250 millions de dollars pour
une duree de 30 ans.
Le mecanisme de l'intervention dans les affaires de
aI France, et non seulement dans les affairs de la
France, de la part des milieux capitalists am6ricains,
est assez simple : ((.Chassez les elus du people que nous
consid6rons comme ind6sirables, renoncez A une politi-
que ind6pendante, alors nous vous donnerons des
dollars. > VoilA en quoi consistent les exigences de ces
milieux. >>
(JOUKOV.)


IV. PRESS BELGE



LA SITUATION INTIRIIEURE EN FRANCE (La Derniire HIulre
18/5, liberal).
< Les controversies qui se poursuivent entire les parti-
sans de l'bconomie dirigbe, en matibre d'alimentation
surtout, et les tenants du retour A la liberty ne portent
pas seulement sur des mots. fl est certain 4ue la vie de
la nation serait profond6ment modified si les inIthodes
de contrble acfuellement en usage Btaient abandonnues.
Mais on s'oriente vraisemblablement vers des solutions
moyennes sur lesquelles tout le monde se mettra aise-
nIen d'accord. Dans tous les secteurs oft I'abondancec
relative des products est revenue, on se propose de
desserrer les entraves adaninistratives. Mais pour les
products de premiere nbcessit6 qui sont encore rares. le
contrble sera maintenu, surtout au stade de la produc-
tion.
Forts de l'appui recent des communists, les parti-
sans de la liberty sans condition menent depuis plu-
sieurs semaines une champagne tris vive de d6nigrement
contre le ministry de 1'Economie national, M. Philip,
socialist.
Les socialists maintiennent de fagon strict leur po-
sition ( dirigiste >, 6tant entendu que le corset admi-


nistratif devra 6tre amoli toutes les fois que cela sera
possible.
Le Mouvement r6publicain populaire, qui gouverne
aux cbtbs des socialists, reste, come ceux-ci, parti-
san d'un control impose par la p6nurie. II faut voip
tres simplement les r6alit6s en face. La France doit
maintenir son effort pendant de longues ann6es encore,
si elle veut 6viter la pire des catastrophes qui serait
inflation mon6taire d6coulant d'une trop grande li-
bert6 Bconomique.
(Du correspondent de la Deriinere Heure, a Paris.)


V. PRESS SUISSE


a) LA POLITIQUE ETRANGERE DES ETATS-UNIs (Tribune de
Geneve, 17/18/5).
< L'AmBrique fait a la fois la politique de main
ferme > et celle de la < main tendue >. Tout en procla-
nant tris haut sa volont6 de barrer la route a l'imp&-
rialisme sovi6tique, elle ne marchande ni son argent ni
sa peine pour venir en aide aux nations particuliere-
ment eprouvees par la guerre.
Cette double expression a trouv6 son expression der-
nibre dans l'approbation definitive, par le Congres, du
fameux plan d'assistance A la Grace et a la Turquie,
puis dans le nouvel appel adress6 aux deux Chambres
par le President Truman et dans lequel il les adjure de
lui accorder les credits indispensables pour mener a
bien la grande oeuvre humanitaire accomplice jusqu'ici
par I'U. N. R. R. A.
Ce n'cst pas pour les beaux yeux de la vieille Europe
que les Etats-Unis s'imposent de si lourds sacrifices. I~l
sont, en effet, les premiers interessbs A son relevement.
II y va de leur prospbrite et de leur propre security. Its
competent aussi sur ces entreprises humanitaires de
grand style pour Elargir leur sphere d'influence, prin-
cipalement dans le domaine economique. Leur sollici-
tude A 1'Agard des petites nations leur est 6galement
dictbe par le grave souci que leur inspire le spectacle
de expansion russe. Cependant, tout .cela n'empeche
pas que, sans leur intervention, notre continent aurait
deja sombre, faute de pain et d'grgent, dans les pires
convulsions sociales. Et c'est cela, justement, que les
p&cheurs en eaux troubles ne leur pardonnent pas.
(PAUL DU BOCHET.)

,b) LA CRISE ITALIENNE (JoulIal de Genbie, 18/19/5).
< Si le president de la RBpubliklue italienne, M. de Ni-
cola, n'a pas fait appel, A nouveau, A M. de Gasperi pour
essayer de r6aliser, autour du parti d6mo-chrbtien, une
formule de concentration national, c'est qu'il estimait
une tell tentative illusoire en raison de I'attitude rigide
des parties. II a deniand6 a l'un des v6etrans de la poli-
tique pr6-fasciste, au vieux liberal Francesco Nitti, de
former le nouveau Cabinet, apres que M. de'Gasperi eft
faith savoir qu'il renonqait A la pr6sidence qui devait
revenir normalenient au parti le plus important en
faveur d'une personnalite ind6pendante. II n'en sera pas
mois difficile de trouver une issue au dilemme et de for-
mer un gouvernement qui assumera la responsabilit6 de
diriger le pays jusqu'aux elections g6nbrales de cet au-
lomne, qui modifieront peut-ktre 1'6quilibre des parties et ,
la carte politique du pays.
(S. STELLIN)G-MICHAUD.) )

S.P.T. Imp., 27, rue Nicolo, Parik 31.3009
Prix : 6 frs.




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