Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: May 16, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00094
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCA!S
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)


Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paria (8')



BULLETIN



DE PRESS

16 mai 1947.


QUOTIIE N



ETRANGI RE

Nouvelle S6rie NO 669


SOMMAIRE


L PRESS BRITANNIQUE.
a) Le rapport de M. Bevin sur la
Moscou :


Conference de


1. Daily Teleglaph (16/5) ;
2. Times (16/5) ;
3. Daily Mail (16/5);
4. News Chronicle (16/5);
5. Paily Worker (16/5).
b) Le discours de M. Churchill sur les Etats-Unis
d'Europe :
1. Dal y HMivld (15/5) ;
2. Tiln-es (15/5) ;
3. DanIy Telegraph (15/5) ;
4. Mliwchester Guardian (15/5);
5. News Chronicle (15/5).
II. PRESS AMERICAINE.
a) Apr&s le vote du programme d'aide A la Gr6ce et
A la Turquie :
1. Washington Post (14/5)
2. New York Times (14/5) ;
3. Chicago Sun (14/5)..
b) La situation interieure en Italie (New York He-
ifal Tribune, 16/5, edition europ6enne).
EII. PRESS SOVIATIQUE.
IV. PRESS SUISSE.
a) La situation en Allemagne (Tribune de Gentve,
14-15/5).
b) La situation int6rieure en France (Natioank
Zettung, 14/5, edition du soir).


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 16 mai 1947
L'Allemagne continue A rester an premier plan des pre-
occupations de la press. Celle-ci donne 6galhment une large
publicity au discours prononc6 hier a 1'Albert Hall par
M. Churchill en faveur des Etats-Unis d'Europe. M. Chur-
chill a d6clard notamment que la France et le Grande-Bre-
tagne devaient 6tre les artisans d'un inouvement destined
ramener 1'Allemagne au sein de la fanille europ6enne des
nations. (Voir plus loin les commentaires des journaux se
rapportant A ces declarations.)


1. AUemagne
Presque tons les journaux annoncent en manchette qaue
l'Am6rique vient d'envoyer de tuute urgeuce des bateaux
charges de bl6 et de marine L destination des poor's alle-
mands; le president Truman aarait decide que ces liviaisons
devraient avoir la priority sur toutes les autres et le mi-
nistre de la Guerre aurait announce que pius de 400.000
tonnes de vivres seront livrees en Aliemagne aa mois de mai
et 400.000 autres en juin. Le News Chruoncle rapporte aussi
que la. France va recevoir 175.000 tonnm s de bit de froment
et defarine. La press signal que M. Bcvin s. t entretenu
hier au Foreign Office avec les personnalitis responsablbs
de administration britannique en jliemagne pour .envi-
sager les measures destinies A falie face h la crise. Ces me-.
sures seraient rendues d'autant plus urgentes que la situa-
tion dans la Ruhr, d'apres le correpondant du Times, s'ag-
graverait rapidement; des graves scraient sur le point d'6cla-
ter dans plusieurs villes ii.dustrielles malgr6 l'action mude-
ratrice des syaiicats. Par .illeLrs, le Comit6 des crdales
de l'International emergency food council, qui 6tudie ac-
tuellement la crise allemande, tente d'amener les pays
exportateurs a aungmnter leurs exportations de b!6; en ce
qui concern l'Argentine, le currespondant du Times no
pense pas que celle-ci soit dispose A le faire. Ce corres-
pondant rappvlle qne Forganisnim international avait dej&
averti l'opinion n.ondiale qu'une crise alimentaire a'llat
probablement frappe. non seulenant l'Allemagne, main ega-
lement une dizaine ue pays. Le currespondant diplomatique
du Manchester truuraiar se demand pourquoi on ne fait
pas appel A des pays tu s que la Suede et la Suisse qui, en
achetant des denrees alimentaires pour l'Allemagne, contr-
bueraient ainsi au saiui de l'Euroipe. Afln d'6carter les onsta-
vies qui se sont opposb:s an bon foLctionnement de I'eco-
nomie allemande danu, la zone anglo-amdricaine, les per-
sonnalites allies cnai ges de I'adniinistration aurarent,
selon le correspondent du Daily Telegraph a Washington,
pris les dispositions importantes buivantes ;
1I Arrangements fiscarx entre les deux zones;
20 Fixation du niveaa de la produ.-tion d'acier entire
10 Q00.000 et 12.000.000 de tonnes par an:
'O Remise en des mains allemandes du control de la
production;
1 Prise en charge par les Etats-Unis des frais d'admi.
nistralion ct du fardeau financier que, reprdscnte le rdta-
blissement industrial de l'Allemagne.
2. France
Au sujet de la grave des meuneries parisiennes, le corres-
pondant du Times, dderivant le mciuvement de greve, estime
que le mauvais ajustement des salaires est A la base de
ceite vague d'agilation, mais que la mauvaise humeur des
Zgrvistes esl accentude par les difficull6s alimcntaires ct,
surtout, par fe manque de pain qui a une signification his-
torique en France.
Dans une courte depeche, le Daily Telegraph announce le
replacement de M. Labonne par le g6n6ral Juin au post


LA DOCUMENTATION FRANQAISE








a BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANGRBE


de resident general au Maroc. Ce changement serait inter-
prete, d'apres ce journal, comme la preuve que la France
entend adopter une politique ferme en Afrique duNord et
Aviter que ne se produisent des troubles senblables a ceux
de Madagascar ou d'Indochine.
3. Etats-Unis

Dans un assez long article, Werner Knop, du' Daily TeFe-
graph, fait Ctat des craintes de l'opinion americaine &
I'6gard de l'dventualite d'une rise economiqqe. Le pessi-
misme de l'Amdricain moyen strait particulibrement remar-
quable, 6tant donn6 l'actuelle prosperity do l'economie ame-
ricaine.
4. Palestine

La press announce que M. Gromyko a vivement critique
I'administration britannique au course de la session d'hier,
il a plaid la cause des Juifs et a demand que la Pales-
line devienne un Etat judeo-arabe ofi les deux parties de
la population joniraient des memes droits. La press n'ac-
compagne ces depeches d'aucun commentaire.
5. Italie

Selon le correspondent du Times t Rome, l'opinion ita-
lienne se montrerait favorable a un gouvernement liomo-
gene si l'Italie ne pouvait se trouver un government qui
puisse travailler loyalement et regarder les faits en face;
alors, les perspectives de sa dkmocratie naissante seront
tries sombres.

Revue Je la press britannique du 16 mai 1947
Ce sont d'une part les discours prononcds hier par le roi
au Guildhall et, de l'autre, celui de M. Bevtn aux Com-
munes, qui constituent les deux centres d'interet prncipaux
de la press de ce martin. Certains journaux inettent ogaie-
ment en vedette les declarations qt'un parlnmentaire a
faites hier aux Communes apres le discourse dL- M. Be, in au
sujet du regime franquiste.
Les questions fran aises fournissent matiere I un certain
nombre d'articles, pour la plupart assez courts, daiss lrS
journaux de toutes tendances. Dans le domaine imperial, la
question indienne reste prddomfnante.

1. Discours du roi

Tons les journaux publient le texte do discours qu's pro.
noneo le roi lors de la reception qui lui a 6de offerte hier
ainsi quI' la famille royale par le Lord Maire de Londres.
Ce discours constitute un message de confiance pour 1'avenir
du commonwealth britannique.

2. Discours de M. Bevin

Tous les journaux donnent d'amples details sur les aebats
de politique 6trantg6re qui se sont d6roules hier it la Cham-
lire des Communes. Ils donnent de longs extraits du' dis-
cours prononc6 par M. Bevin dans lequel celui-ci a passe
en revue tous les points qui ont etR discutes A Moscoa et
announce que les administrations britannique et americaine
en Allemagne se sont mises d'accord pour donner un maxi-
mum d'efficacitd i la fusion dconomiquae de ces zones. Leo
journaux consacrent peu de commentaires a ce discours non
plans qu'aux interventions de opposition oont le porte-
parole principal a dti M. Eden. Ils font ressortir cependant
que M. Bevin fonde ses espoirs d'un rdglement general entire
lEst el. l'Ouest sur la procaine conference qui se tiendra
i Londres en novembre.
Le Daily Worker fait passer los declarations de M. Bevin
au premier plan et les interprete come le d6sir d'exclure
la Russie de.ce reglement et de. lier davantage la Grande-
Bretagne et les Etats-Unis.

3. Allemagne

Le correspondent du Times i Berlin announce que les orga-
nismes administratifs occidentaux des zones d'occupation
vont Otre concentres A Francfort, afin d'assurer la r6organi-
sation des divers services dconomiques. Selon ce correspon-


dant, certain considereraient cette decision comme le pre-
mier pas vers la creation d'une capital de 1'Etat allcmani
occidental. II ne pense cependant pas que ce soit le debut
immddiat de la nouvelle politics& americaine, mais il estime
qu'elle apporte un 6elment nouveau et important a la fusion
des deux zones. Certes, l'int6gration politique sera soigneuse-
ment 6vit6e, mais on a des raisons dde croire que les Allies
envisagent la creation d'une autorite allemande sup6rieure.
R. Gay, du Daily Herald, croit savoir que M. Bevin se
rendra bientOt en Allemagne pour y converser directement
avec les reprdsentants des mineurs et des metallurgistes alle-
mands. Le but de cees conversations serait d'encourager les
ouvriers t travailler au r6tablissement ide leur pays et a
dlvelopper leur activity syndicale.

4. France

Ciuq journaux, don't le. Times, reservent des articles au
discours prononce hier, h Bordeaux, par le general de Gaulle.
Le correspondent du Times estime h 80.0'00 le nombre des
personnes presentes et declare que les paroles du general
ide Gaulle en faveur d'une politique i la fois g6nireuse et
ferme ont 6et vivement applaudies. Cependant, les cris de
c de Gaulle au pouvoir S n'auraient pas revee1 la meme una-
nimit6. Ce correspondent rapporte les phrases saillantes de
son discours et declare en fin de compete que. les longs et
unanimes applaudissements qui ont accueilli la fin du dis-
cours ont montr6 que le prestige du general de Gaulle atait
encore tres grand.
Le correspondent du Manchester Guardian ne croit pas
que l'opinion attendait ce discours avec autant d'impatience
que le precedent.
Selon lui, bien qu'il y ait un million environ d'adhrents
au R. P. F., ce movement ne semble pas soulever autant
d'espoir qu'au debut.
W. Farr, Jans le Daily Mail, decrit l'accueil enthousiaste
qui a it6 reserve au general de Gaulle par la population
hordelaise. Le general de Gaulle, lui, aurait semble plus
ardent et plus decide que jamais.
Cet article s'insere dans une rubrique qui porte le titrc :
c Trois pays veulent que cela change s ct qui group avec-
la France, 1'Espagne et la Birmanie.
W\. Forrest, du News Chronicle, ne voit pas comment les
communists ont pu s'empecher d'entendre les paroles du
general de Gaulle, malgre l'ordre qui avait dti donnd par
leur parti de boycotter cette manifestation, parce que ce
discours a et6 transmis dans toute la ville de Bordeaux par
148 hauts-parleurs.
Le Daily Mail et Ic News Chrqnicle reservent quelques
lignes aux divers incidents qui se sont products en France
et en des communes des environs de Dijon, en raison de la
reduction de la ration de pain.
Une depecie publiee par le Times announce la visit de
M. Bellanger A Paris, qui doit avoir des entretiens avec des
personnalit6s militaires frangaises et avec M. Coste-Floret.
Une autre d6pclie publiee dans le Daily Telegraph signal
qu'un journalist franqais a 6t6 expuls6 d'Espagne, malgr6
les ])riotCltatIolls ldu charge d'affaires frangais.

5. Indes
Plusieurs journaux, don't le Daily Mail qui lui donne
la vedette, consacrent d'importants articles a la question
indienne. ifs annonccent que le vice-roi est attend a Londres
a la fin de cette semaine pour s'entretenir avec le gouverne-
ment de la politique britannique aux Indes. L'on pense,
ecrit William Broadbent, dans le Daily Mail, que Lord
Mountbatten va informer le cabinet que, a moins d'une unite
politique entire Hindous et (Musulmans, le gouvernement bri-
tannique devra prevoir le retrait de, ses troupes et de son
administration avant la date prevue.
Les specialistes de cette question estimeraient que le mo-
ment est venu pour les chefs politiques de Londres d'assu-
mer leurs responsabilites.
Selon le correspondent du Manchester Guardian, m 'intr&t
de l'opinion publique indienne serait tout enter tourn6
vers le seul problem du partage : celui-ci se fera-t-il it
]'Ychelle national ou provincial ?
En attendant, les troubles continent et, selon le Daily






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGE*1E
Teleraph ii----- fadri s'tedeI tn csin end


Telegraph, il' fau~drait s'attendre a une scission au ,sein de
la Ligue musiilmane elle-mgme.

6. Espagne
De nombreux journaux reproduisent les declarations qu'a
faites hiet', aux Communes, le Dr. Follick, d6put6 socialist,
sur 1'entretien qu'll a en recemment avec le pretendant
espagnol. Selon lui, don Juan serait decide A travailler avec
Franco si c'est le seul moyen de r6tablir la monarchie. Ce
parlementaire fait Rtat, d'autre part, de deux manifestes,
'un, sign de sept officers gen&eaux cspagnols et, 1'autre,
de trente parlementhires, demandant h Franco d'abandonner
le pouvcir.
7. Europe occidental.e
Le Daily Telegraph public un article de C. Coote intitul :
E< Sur le Continent d'aujourd'liui : une Belgique souriante,
une Allemagne morne, une France blessee mais encore char-
mante >.
An sujet de la France, ce journalist pergoit des signs
de redressement au milieu des ruines. e J'ai traverse la
France, il y a quarante ans, 6crit-il en conclusion, deux
guerres l'ont frapp6e et attristee depuis, mais son charme
subsiste en entier. >

a) LE RAPPORT DE M. BEVIN SUR LA CONFERENCE DE
Moscou.
1. Daily Telegytph (16/5, conservateur):
q La Conference de Moscou s'est averee comme etant
de loin la plus d6cevante de toutes -les reunions des
ministres des Affaires 6trangeres, et bien que M. Bevin
n'ait pas prevu un succ6s complete, ii detail en droit de
s'attendre a mieux.
Si la Grande-Brelagne et les autres nations sont amie-
nbes dans une certain measure A agir sans l'assenti-
ment des Russes, et si 1'on doit abandonner l'espoir
d'une entente loyale et r6elle entire routes les grades
puissances, deux consequences devront en decouler :
d'abord, tout ce que front les autres nations en dehors
de la sphere russe ne devra pas 6tre dirig6 contre les
aspirations 1cgitimes de la Russie ; ensuite, il faudra
faire revivre 1'Europe occidentale, y comprise l'Alle-
magne occidentale, par application d'une politique
active et efficace.
En fait, l'autre question important debattue hier
aux Communes etait la suivante : que devrait-on faire
en Allemagne, exception faite de la zone sovieBique ?
On doit accueillir favorablement 1'accord passe entire
les g6nerau'x Robertson et Clay sur le moyen de ren-
dre effective la fusion des zones britannique et ami-
ricaine, mais ccci prouve, que jusqu'A present cel.le-ci
n'a pas donn6 les resultats qu'elle aurait dI. Si tout
va bien, les provisions d'amelioration definitive faites
par M. Bevin (amelioration qui se fera sentir apres une
periode critique de trois mois) pourront devenir une
reality, et le-s deux puissances (les trois si la France
se joint a elles) pourront appliquer leur plan tendant
a faire de l'Allemagne un pays capable de subvenir a
ses propres besoins.
Evidemment, une cooperation entire' les quatre gran-
des puissances serait pr6f6rable. M. Bevin a tout a fait
raison de vouloir essayer d'obtenir cette cooperation
lors d'une prochaine conferencee. Mais le monde ne
peut pas attendre cela 6ternellement. Le problbme alle-
mand est trop urgent pour rester si longtemps sans
solution. Si l'on ne 'peut agir de concert, la decision
doit venir .de quelques-uns. >

2. Times '(16/5) :
c Le discours prononc6 hier par M. Bevin, 6 l'ouver-
ture du d6bat aux Communes sur les Affaires 6tran-


gres, a embrass& un domaine plus 6troit que certain
de ses exposes anterieurs. II ne contenait aucune allu-
sion, aux affaires des pays situbs hors de lPEurope.' La
n6ceessit6 de faire u.n compete rendu d6taillB de la Con-
f6rence de Moscou et de' parlor de la crise actuelle du
ravi'aillemeni en Allelmagne occidentale, justifle sa
decision de s'en tenir strictement aux affaires alle-
mandes et autrichiennes. En dehors de ces questions,
il a trait rapidement des relations anglo-polonaises,
du trait anglo-sovi6tique, et de la France. M. Bevin a
parli de lfaon Bloquente de ila determination de la
Grande-Bretagne, renforc6e par le trait de Dunkerque,
de s'unir 6troitement a la France.
L'expos6 de M. Bevin sur la Conference de Moscou
a ti6 sobre et detaillI. II a evit6 les recriminations et
n'a fait preuve ni d'optimisme, ni de pessimisme, quant
,h la possibility de voir un accord se conclure au course
de la prochaine tentative. Cependant, il a lanc6 un
avertissement qui m6rite d'&tre 6coute par tous. II a
declar6, en effet, queen si l'or/ ne parvient pas A de aneil-
leurs r6sultats a Londres en novembre, personnel ne
peut pr6voir ce qu'il adviendra du monde.
Son expose a apporle la preuve recorifortan-te qu'il
existait plusieurs possibilities de realiser des progres
sur les questions allemande et autrichienne avant le
mois de novembre.
Se tournant ensuife vers 1'avenir et 6voquant les ,nou-
velles responsabilites qui lui incumbent, M. Bevjn a
longuement parle de la fusion des zones d'occupation
et du probl6me du ravitaillement. II a annonc6 que les
representants britanniques et americains en Allemagne
avaient .conclu des accords qui permettraient a la fu-
sion de passer dans le domaine des rsalitis. Sur ie
problem ,du ravilaillement, ,M. Bevin n'a pas Wt( tris
encourageant. II a d6clare que les groves, les manifes-
tation. et les menaces de non cooperation ne peuvent
quc gener .'administration et reduirc la production,
sans ameliorer 'si pen que ce soit le ravitaillement de
I'Allemagne. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis font
tout ce qu'ils peuvent pour faire face a la situation et
n'ont pas besoin. qu'on leur rappelle davantage sa gra-
vit >. >>

3. Daily MKaNl 1(16/5, conservateur) :
< Les choses vont mal en Europe. M. Bevin l'a si-
gnale dans lc discours' qu'il a fait hier devant le Par-
lement.
On nous dit maintcnant que tout depend de la pro-
chaine conference des ministres ides Affaires 6tran-
geres qui doit avoir lieu en novembre. CetLe reunion,
d'apres M. Bevin, seraa probablement la plus impor-
tante dans l'histoire du imonde. S'il entend par lh que
la destin6e des homes repose sur le r6sultat d'une
seule conference qui ne r6ussira pas obligatoirement,
alors les perspectives sont plut6t sombres.
,Ce qui se pro'duira au course des six prochains mois
est aussi important pour I'avenir que ce qui se pro-
duira en novembre. Nolre premiere tAche est 'de pour-
suivre encore plus 6nergiquement la fusion des zones
d'occupation britannique et am6ricaine en Allemagne.
I1 y a sept mois que I'accord sur la fusion a Wte r6alis6,
mais il n'a pas eu beaucoup de rdsultats, 6tant donn6
les inimiti6s politiques locales et le conflict des idWes.
L'un de ces r6sultats, c'est la famine affreuse qui r&-
gne dans ]a zone occidental.
Nous ne pouvons nous permettre de tel's 6checs
.maintenant. I1 faut y mettre un terme. 11 faut que l'on
restaure I'Allemagne aussi rapidement que possible
Idans une situation qui lui permette de subvenir Ia ses
propres besoins.






4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGlRE


,Il est possible que la Russiea ne veuille pas de cette
restauration. Nous n'en savons rien, Mais ce que nous
savons, c'est qu'il n'y a pas de temps .A perdre si l'on
veut que l'Occident survive et que l'idee d'une Europe
unie prenne corps. Nous n'osons pas attendre jusqu'en
novem'bre. >
4. News Chror.cile (16/5, liberal) :
< M. Bevin a averti l'Angleterre que la prochaine
reunion des ministres des Affaires 6trangeres A Lon-
dres aurait une importance vitale. Si les rapports entire
1'Est et l'Ouest ne peuvent (< tre amnliores en novem-
bre, alors personnel ne peut pr6voir ce qu'il adviendra
du monde >.
C'est en consideration de cette sombre perspective
que l'on doit examiner l'ensemble du discourse de
M1. Bevin. II doit r6soudre deux probl6mes : le premier
- le sort du people allemand n6cessite une action
immediate. De toute evidence, 1'Allemagne et 1'Europe
ne peuvent attendre encore six mois dans cet 6tut de
famine et de marasme industrial.
La deuxibme difficult f laquelle M. Bevin doit faire
face a des repercussions sur la premiere. Avant la con-
f6rence des ministres des Affaires 6trang6re's de no-
vembre, notre champ d'action dans la zone am6ricaine
est limit. On ne doit rien faire qui exclude brutale-
ment les Russes. Tous leis arrangements que nous fai-
sonis avec les Ainmricains en Allemagne doivent etre
tels qu'ils puissent permettre iA la France et h la Rus-
sie d'y participer au moment oft il leur plaira.
Les quelques idLcisions announces par M. Bevin
concernaient les difficulties imm6diates de la zone
anglo-am6ricaine. Les r6formes qui vont etre faites se-
ront jug6es en fin de compete par l'augmentation qu'el-
les entraineront dans leis changes de marchandises
entire les diff6rents zones, et entire les zones ct le
monde ext6rieur.
!M. Bevin n'est pas seulement pr6occupe par ida situa-
tion en A'lemagne. II a conscience de Ja n&cessditd d'une
restauration rapid de rapports normnaux: et d'echianges
commerceiaux dans tout le continent.
Mais il dd6sire surtout qu'une main soit tendue 'i la
Russie aussi longtlemps qu'il y aura le plus 16ger espoir
qu'edle la suaisisse. M. Beviin a confiancel dans les discus-
sions entam6es pour la rBvision du trait anglo-sovi6ti-
que. Et il a demand a nouveau A l'Union Sovi6tique
d'accepter l'amiti6 que lui offrent les Etats-Unis avant
qu'il ne soit trop tard.

5) Daily Workeir (16/5, communist) :
Le rapport de' M. Bevin sur la conference de Moscou
n'a pas fait grande impression la la Cbambre des C m-
munes qui, ces derniers jours, a appris que les zones
occidentales de l'Allemagn'e contr,16-es par la Grande-
Bretagne et les Etats-Unis sont en pioie A bla famine et
menacees de faillite.
Ces tristes rdalit6s ont .comipletement domino le rap-
plort de M. Bevin sur les discussions ,de Moscou. De
plus, e'Jles prouvent de f.aon pratique qu'il n"y 'a pas
d'autrel alternative possible que la politique de Potsdam
qui pr6voyait une Allemagne d6mocratique unie, poli-
lique sur laquelle la d8,16gatio-n sovi6tique :a fond son
attitude.
M. Bevin coimprend certainemient qu'il taut t6t ou
tard parvenir h un accord avec Pl'nion Sovi6tique. II
a ddjA mndi'fi son point de vue ant6rieur sur la Po-
lognet et hier il a parle en terms positifs des b6ndfices
que tirerait ia Grande-Bretagne de relations commer-
ciales 2,ctive's avec des pays comme la Hongrie et la
Tchecosilovaquie, M, Bevin a dfclar6 que la reunion


des nministres des Affaires 6trangbres en novembre i
lLon1drels serait a la plus important dans l'histoire du
,monde >. C'est exact. Et elle aurait beaucoup plus de
chance de succis si le gouvernement veillait ee ce que
nous ayons un ministry des Affaires 6trangBres qui soit
capable de crer une Euro'pe unie sur la base de la
ooopration anglo-sovietique.

b) LE DISCOURSE ]DE M. CHURCHILL SUR LES ETATS-UNIS
D'EUROPE.
1) Daily Herald (16/5, triavailliste) :
Nous avons 6tudi6 avec beaucoup de soin le discourse
de M. Churchidl. Et nous sommes plus que jamais con-
vaincus que nous avons eu raison de condamner les
activities ide ce .comit6 et de d6pllorer le fadt que cer-
tains meimbres des parties travailistes et liberal aient
plarticip6 d'eux-m6mes A ces activities.
Ce que recherche M. Churchill, ce n'est pas une Eu-
rope unie, mais une Europe ,divis6e. II retail la carte
du Continent de facon iA en .ellcure la Russie et les
pays de 1'Europe ,orientale qui sont 6troitement asso-
cils ah l'Union Sovi6tique.
On peut ,adeguer que cette division de l'Europ'e existed
en fiait et quet .la pol.tique .russe est responsible de cet
6tat de chose. Nous ne .cherchons pas a aler contre
cette ,affirmation. Mais nous pr6tendons que si 1'Eu-
rope veut jQuir de la paix et prosp,6rer, il faut mettre
fin cette division au lieu de P"aggraver ct de la per-
p6tuer. Or, tout ce quo cheriche le comit6 de M. Chur-
chill c'est precis6ment A ,aggraver cette division.
C'est lA une politique qui ,est non seulement d6fai-
lister 6tant donn6 qu'elle implique d'i'mpiossibiliti
d'une cooperation total de la part de La Russie dans
les affaires europbennes -- mais encore qui est deses-
p6r6ment utopique.
M. Churchill a insist sur la n6cessit6 de se r6con-
,ilier iavec l'Allemagne. II a ajout6 que c'6tait t la
Grande-Bretagne ct A la France de faire les premiers
pas dans ce sens, et il a fait allusion aux sou.frances
terrible subicj par la France lors de l'invasion alle(-
mande.
Mais la Russie ,n'a-t-alle pas: tC elle aussi envahie
par 'Alilemagne ? .Son people n'a-t-il pas .souffert cruel-
lement ? Et M. Churchill pense-t-il vraiment que la
Russie accepterait ide rester A l'e6art, sans manifester
aucun dftsir, alors que l'Allemagne, I'Angl-eterre et la
France deviendraient tes 'leaders d'une Europe unie ?
Ce qu'ill faut avant tout pour l'avenir immediat, une politique commune, et une action commune, suivie
par les Allies pour determiner l'avenir politique et cco-
nomique d.ei 1Allemagne. M. Bevin a montr6 hier aux
Communes combien cette tfche s'est av6r6e difficile,
mais 11 est plus decided que jamais a la voir accomplir.
Par .contre, 1',attitude de M. Churchil est une attitudee
qui, ne peut qu'amener unel, rivalit6 de plus en plus
grande, une slus.icion de plus en plus prolfonde et
1l'6chee d6finitif'de 1'O.N.U.

2. Times '(15/5) :
< Les probl6mes soulev6s par cette nouvelle canpa-
gne en faveur des Etats-Unis d'Europe sont a 'heure
actuelle d'une importance capital. Its posent en effect la
question des futures relations de la d6mocratie occi-
dentale ct du communism ; ils opposent la .culture
occidenlale traditionnelle aux principles moraux, 6co-
nomiques et politiques de la nouvelle soci6tt de 1'Eu-
rope oriental; ils impliquent la question des rapports
entire le monde occidental et 1'Union sovi6tique. Ils tou-
chent egalement aux divisions int6rieures de la Soci6bt






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS E1ItANGEHE


occidentale, et de fagon presque secondaire A des pro-
blhmes aussi vastes que l'avenir de l'Allemagne et les
relations historiques existan't entire l'Allemagne et la
France.
Or, dans les circonstances acluelles, une Europe unie
ne peut signifier qu'une Europe occidentale unie. Que
faiit-il entendre par Europe occidentale ? Elle comprend
une population de 135 millions d'hommes au moins et
de 250 millions au plus. De toute facon, elle repr6sente
un secteur assez riche en matibres premieres et trbs d6-
veloppe au point de vue industrial. Elle peut 6tre com-
par6e pour importance de la population et des res-
sources aux Etats-Unis ou a l'Union Sovi6tique. La puis-
sance 6conomSque d'une Europe occidentale unie pour-
rait 6tre immense. La paix, une organisation intelli-
'gente, et une certaine sp6cialisation pourraient assurer
une telle union et une grande prosp6rit6 a l'avantage de
tous ses membres.
Voila qui nous conduit A nous demander quels pour-
raient 6tre les objectifs, 1'Ptendue et la structure de
l'Union, et s'il serait jamais possible, vu toutes les- dif-
ficult6s politiques a r6soudre, de r6aliser cette union,
meme sous une forme t lAche >. Ces difficulties sont en
effet nombreuses et complexes. Mais il faut avoir une
certain notion de la nature de l'objectif poursuivi pour
pouvoir discuter de la sagesse d'une telle entreprise,
maintenant ou jamais. Du point de vue du gouverne-
ment britannique, Je succes de .cette entreprise depend
de nombreux facteurs, et entire autre de la question si
complex de 1'attitude britannique a i'6gard du Com-
monwealth. On peut examiner plus particulibrement
deux autres de ces facteurs : I'attitude de 1'Europe unie
a 1'6gard de la Charte des Nations Unies et ce qui est
capital, son attitude a 1'6gard de I'U.R.S.S.
La Charte. comme M. Churchill "a fait remnarquer,
autorise formellement I'existence 'd'accords r6gionaux
dans le cadre des principles et des buts de P'O. N. U4
I1 n'existe aucune raison pour empecher de consider
1'Europe occidental comme une ( region > naturelle.
Rien n'empiche non plus la politique britannique d'al-
ler jusqu'A favoriser en Europe occi'dentale une asso-
ciation r6gionale comme P'autorisf la Charte.
La principal difficult de la question reside dans la
Russie. Les relations existant entire 1'Europe occiden-
tale et 1'U. R. S. S. peuvent rev6tir trois aspects :le
,premier est celui de la cooperation pleine et entire ;
le .deuxi6me est celui d'une division en 'deux mondes
nellemeni separis, chacun agissant a sa guise au dedans
de ses propres frontieres; le troisibme, c'est celui de la
guerre. Depuis 1941, Ie gouvernement britannique s'en
est tenu constamment et logiquement a la premiere pos-
sibilit6. II est evident que M. Churchill est pr6t A accep-
ter la second, mais ce serait faire prcuve d'un parti
pris aveugle que de l'accuser de souhaiter la guerre
avec la Russie.
Les partisans d'une Europe unie et, dans les cir-
constances actuelles, ce terme ne peut vouloir .dire
qu'une Europe occidenTale unie doivent reconnailre
que l'Europe occidentale ne pr6sente pas une union 'de
sentiments et de ce fait ne peut etre unifibe dans sa
structure. Cela ne condamne pas leur point de vue,
mais lui .donne au contraire plus .de force.
Seul le temps nous montrera st le malaise qui divise
acluellement la soci6tl occidental est un mal passage
ou au contraire profon'd; mais une tentative pr6matu-
ree de la part des gouvernements en vue de r6aliser les
Etats-Unis d'Europe avant qu'on en senate le d6sir, ne
,pourrait qu'accentuer encore ces ,divisions.
Les gouvernements .doivent se monlrer prudents,
mime st les partisans des Etats-Unis 'd'Europe essaient
de prouver qu'un monde occidental s'il faut envisa-
ger deux mondes .distincts ne sera pas centre 1'U. R.


S. S., mais simplement sans l'U. R. S. S. Ces mimes
partisans peuvent bien souterir aussi, come M. Chur-
chill I'a faith hier soir d'unq facon convaineante, qu'il
est impossible .de parvenir A aucune solution 'de la ques-
tion allemande s'il n'existe pas un cadre europecn dans
lequel l'idealisme et la puissance des Allemands pour-
ront etre contends.
En attendant, il faut s'efforcer encore de r6aliser
l'unit6 non seulement de 1'Europe, mais du monde en-
tier et ce sont les Etats-Unis qui se trouvent le mieux
places pour Ie faire. En effet, dans un discours qu'il a
prononc6 A New-York le 28 avril dernier, M. Lippmann
a propose que le gouvernement am6ricain invite la Rus-
sie A participer A 1'6tablissement d'une union &6tnomi-
,que europ6enne, A permettre au pays subissant son in-
fluence d'y participer 6galement, et A donner aux par-
tis communists du reste de 1'Europe des instructions
pour ne pas s'y opposer. Les Etats-Unis devraient offrir
de fournir les fonds de roulement n6cessaires et sur
cette base se d6clarer pr'ts A aider A la reconstruction
deI-'U.R.S.S., a la fois en lui accordant des reparations
allemandes (I'Allemagne pouvant alors travailler d'une
manibre productive) et en lui pretant des fonds. Le pro-
jet de M. Lippmann est aussi hardi et ing6nieux que
celui de M. Churchill mais il est plus pr6cis et promet
advantage. >

3. Daily Telegraph (15/5, conservateur)
(( M. Churchill pursuit avec une t6nacit6 caract&-
'ristique l'id6e des Etats-Unis d'Europe qu'il a lance,
ou plutot ranimee (car elle est tres ancienne) dans son
discours de Zurich.
Cette conception, en th6orie du moins, est si logi-
que et attirante que les plus sceptiques ne pourraient
souhaiter 8tre privs d'une chance de savoir exacte-
ment ce qu'elle signifle et comment elle pourrait entrer
dans la pratique. II y a de plus de ,la g:fandeur dans
le fait qu'un grand chef du temps de gucrre consacre
autant d'6nergie aprbs la victoire pour 6difler un tem-
ple de la paix ; et il a beaucoup de m6rite h essayer de
trouver une cause qui d6passe les considerations par-
tisanes.
II est tres vraisemblable que la mis6re de 1'Europe
entirre (misere si profonde et si menaganle) contri-
buera A hAter P'union entire les divers 6tats qui la com-
posent. II est fort possible que le Commonwealth bri-
tannique et d'autres etats qui ont des int6rets s'elen-
dant au delA de 1'Europe serviront de lien entire les
unions existant d6jA sur le continent et la nouvelle
union actuellement envisage. Grave serait la responsa-
bilit6 de c.eux qui chercheraient A d6mentir une possi-
bilit6 si bienfaisante ou A la d6nonccr comme une ac-
tion 6gofiste bien que, comme l'a remarqu6 M. Chur-
chill, avec une moderation etudi6e, l'Union Sovi6tique
fasse pr6cis6ment ces deux choses. Peul-6tre que si I'on
d6finit plus clairement I'organisation que l'on veut for-
mer, les m6fiances nationals don't t l'attitude de la Rus-
sie n'est *qu'un example) pourraient etre dissip6es en
temps opportun.
On a l'intention de faire des Etats-Unis d'Europe Fun
des 61iments constituents des Nations Unies.
II n'y a aucune rivalit6 ici, mais seulement un d6sir
de rendre plus facile la tAche de cette important orga-
nisation. Plus 1'O. N. U. cause de d6sapointement, plus
il devient n6cessaire de rechercher quelque chose qui,
m',me sur une base r6gionale, ferait vivre I'id6e de fra-
ternit6 et de cooperation que I'O. N. U. 6tait destine A
preserver. Les souhaits de tous ceux qui refusent d'ima-
giner un retour des haines nationals doivent aller a
M. Churchill au d6but de cette courageuse entreprise. >







6 BULLETIN QUOTI)IEN DE PRESS ATRANGLRE


1) MandhtSter Guaidian (15/5, li'bral)

'Depuis 'que M. Churchill a lance, son appel pour la
creation de.s Etats-Unis d'Europe, on a enregistrc un
retirement important 'dans l'opinion publique. Beau-
coup de gons se demandaient alors si le ,mouvemen de
M. Churchill ne desservirait pas plutot qu'il ne servi-
rait la cause .de la paix et de 1'amiti6 europbennes. Ils
avaieint peur que 1'Union Sovi6tique considere A tort
cette attitude comme une tentative pour constituer A
1O'uest le genre de bloc qu'elle-mmme avait constilnu
P1Est pour servir ses desseins. Les chosss se pr.esenitent
au'jourd'hui sous un jour different. Tout le monde se
rend compte des consequences qu'a pour nous une Eu-
rope d&sunie. II in'y a p,as un pays en Europe qui n'of-
fre pas le spectalce d'une d6,resse sombre ou d'un
malaise 6conomique.
Quo pouvons-nous fair pour y remidier ? Les hiom-
nares d'Elat qui ont redig6 'le traitW de paix de 1919
sont souvent accuses de n'avoir pas lenu comptc des
n6cessites de la reconstruction Bconomique d,ans leur
recherche.de rbglements politiques. Ma.is nous n'avons
pas fait preuve de plus de sagesse malgr6 toute la con-
naissance que nous avions des d6sastres d'il y a t; ente
ans. Nous avons crC6 divers organismes internatio-
naux, mais les resultats auxquels ils sont parvenus sont
restss minces parce qu'ils ne di.sposaient d'aucune
force pour les appuyer, et qu'on n'avait aucune con-
fiance en eux.
La champagne en faveur des Etats-Unis d'Europe a
etC lance dans 1'cspoir que cc movement pourrait
raffermir les coulants de l'opinion publique poiivant
encourager les gouvernements a agir. Cec mouvem.:n aa
essay de faire valoir une grande id6e historique pour
le benefice de tous. 1 n'est pas dirige contre les Na-
tions Unies', car il comprend queo tout effort vis:int a
la paix et A la cooperation europAennes doit s'inscrire
dans le cadre des Nations Unies et Atre appuyt par
celles-ci. Le movement n'est pas dirig6 con're la Rus-
sie, car il reconnait que celle-ci fait parties .de la com-
munaut6 aurop6enne et b6nefi.ciera autant que n'im-
plorte quell autre de l'aide r6ciproque, Mais en miime
temps, il recaninait que si la ,Russie prifrre se rffugier
dans I'isclement, les autres pays doivent vivre quand
m&me. 11 faut garder une place pour la Russie, mais
'les autres pays, s'ils ne veulent pas sombrer dans des
difficulties insurmontables, doivent agir ensemble pour
leur bien A tous. Ils doivent d'une fagon ou d'unn, au-
tre coordonner leurs regimes economiques, ri-luire
leurs budget militaires et multiplier leurs contacts cul-
turels. Par-dessus tout ils doivent coop6rer pour ren-
dre a 'AIllemagnne une place qui lui permet'rit ld'tre
an service de l'Eur-ope. Une fois de plus, M. Chur-chi"l
a mis l'accent sur les possibilities qui sont dBvolns A
la Grande-Bretagne et A la France dans ce domain.
Il y a maintenant en France dava'atage de gens qui
s'apercoivent que le redresse'ment m6me de la France
est dangereusement li6 a ce'lui de l'Ailemagne. II y a
un autre aspect que nous aurons A contsid6rer. L'Eu-
rope se tourne maintenant vers les E'ats-Unis pour
leur demander une ,aide. No'us pensions aveic oonfiance
que celle-ci viendna ; sans elle on ne peut en effet
esprrer Aviter un effondrement de 1'Allemagne. Mais
lies Etats-Unis ne viendront pas au secours d'une Eu-
rope d6sunie et frapp6e pour toujourspar la pauvret6.
L'Europe devra letter pour se redresser d'une' fagon
ou d'une autre et plus elle prouvera qu'elle cherche A
se redresser, p"us elle pourra demander avec confiance
aux Etacs-Unis l'aide qui lui rendra sa place de parte-
naire solvable dans I'organisation mondiale.


5) News Chronicle .(15/5, liberal)
On s'est l1ev centree la conception des Etats-Unis
d'Europe, parce qu'on y voyait ,e' rive utopique d'id6a-
listes de bonne volont6 mais qui partaient sur des don-
nees fausses, ou bien un sinistre complot dirig6 contre
la Russie ccm muniste, sous Il'6gide de 1'ultra raction-
naire M. Churchill.
II est dif ficile de voir comment ice's deux aspects
pourraient convenir A cette conception, et en faith au-
cun ne lui sied. Les partisans de la conception .des
Etats-Unis d'Europe ne sont pas des visionnaires, paroe'
qu'ils se rendent parfaitement compete des difficulties
qui les attendent, et qu'ils se .sont d6liber&ment abste-
nus de viser trop haut pendant la phase' pr6liminaire
de leur camp.agne.
;La conception des Etats-Unis d'Europe n'est aucunc-
ment nouvelle. Mais ,cette id&e n'a gubre conquis ,l'ima-
gination de 'l'Europ6en moyen que depuis la derniere
guerre, lors ique les movements de resistance de beau-
coup de nations ont prep.ar6 le terrain pour oun nou-
veau groupement absolu.ment stranger A toute' politi-
que, m 'ais qui serait command par un d6sir passionn6
de liberty et une haine farouche du nationalism '.'roit
qui.a plong6 le continent dans une lutte fratricide deux
fois en vingt-cinq sans.
'La prEsence de 30 Francais itla reunion qui a eu
lieu hier A Albert Hal a 6tA particuli6rement ibien ac-
.cueillie. Ainsi que ,M. Churchil le leur a dit, I'une des
meilleures chances de succ6s reside dans une initiative
econcert6e des Anglais et des Franca.is. Si I'on veut met-
Ire fin la vieille querelle existant entire la France et
l'Allemagne, et si I'on 'vent integrer le f6d6ralisme alle-
mand dans nne federation plus large de's Etats euro-
pecns, c'est Ia France qui doit montrer le Ichemin.
Les ,critiques (qui pr6tendent qu'un mouvement ten-
dant A *'unification de I'Allemagne ne servirait qu'a
augmenterr les divergences existant entree 1'Europe oc-
cidentale et la Russie rendent un mauvais service A
l'humanit6. L'Mlan donn6 A cette 'campagne n'est aucu-
nement politique au sens partisan du te'rme. II vient
du d6sir profond des nations europ6ennes de conser-
ver leurs traditions et leurs civilisationss remarquables.



II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press aodricaine dalu 14 mai 1947
1. Vote de l lloi ouvrifre
La plus important nouvelle du jour est le vote par le
Senat, par 68 voix contre 24, d'un project de loi imposant
des restrictions considerables A 1'activiti des syndicats am6-
ricains. Les commentateurs politiques constatent que la
majority ayant d6pass6 les deux tiers au Senat comme a la
Chambre, un veto du President risquerait d'etre inefficace
par les deux Chambres. Les textes des projects de loi votes
a la Chambre et au Senat ne sont pas les mimes et un
comitl de sdnateurs et de reprisentants devra les harmo-
niser. Le texte de la Chambre est encore plus nifaste aux
intirbts des syndicats que celui du Senat et les correspon-
dants au Capitole se demandent laquelle des deux versions
l'emportcra finalement. Ce vote du Sinat est accueilli avec
une trbs grande satisfaction par les .ditoriaux de la press
conservatrice americaine come le New York Times, le New
York Herald Tribune, le Philadelphia Inquirer et mame par
le Washington Post qui formula, cependant, certaines ri-
serves. L'opinion geniraleroent exprimie dans ces 6ditoriaux
est que Ie Congr6s a church ha limiter les activists des syn-
dicats et A imposer des pdnalites A ceux-ci en cas de rupture
de leurs contracts avec les employers,








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS I- TBANGA E 7


2. -- Palestine

La press announce que la commission politique et de
sicurit6 de 1'Assemblde de I'O.N.U. a approuv6 la consti-
tution d'une commission d'enquite de onze membres qui
se rendra en Moyen-Ouient. Cette commission' ne comporte
aucun representant des cinq grindes puissances. Le vote a
4tC de 13 voix centre 11 et 29 abstentions.

3. Production amdricairr

Les agencies americaines annoncent de D6troit que d'im-
portantes firms automobiles ont interrompu leur production
par suite du manque d'acier et quo d'autres firms seront
obligees de cesser le travail la semaine prochaine pour la
mgme raison.
4. Corde

D'apres les correspondents de Washington, le DEpartement
d'Etat public le texte de la note adressie par le general
Marshall h Moscou. Par cctte note, les U. S. A. acceptent de
reprendre les n6gociations au sein de la commission amd-
ricano-sovietique pour la Corne don't les travaux avaicnt Ctd
interrompus le 8 mai 1946 par suite de l'impossibilit6 de
concilier les theses russe et americaine relatives a la for-
mation d'un gouvernement provisoire coredn.

5. Mexique

La Banque Export-Import a annonc6 qu'elle mettrait
50 millions de dollars A la disposition du Mexique pour ses
achats aux U. S. A. D'autre part, la trdsorerie americaine
rend public un accord par lequel elle s'engage A acheter pour
50 millions de dollars de pesos mexicains au course des
quatre prochaines annies.

6. Italic

La chute du gouvernement italien est annonc6e g6ndrale-
ment en premiere page des journaux. Dans leurs commen-
taires, les journalists font un parallple centre la situation
politique italienne et la situation frangaise. Certains d'entre
eux, comme Salisbury, correspondent do l'U.P., voient, dans
oes crises, l'influence de la doctrine Truman. Des informa-
tions de Rome d6clarent que des diplomats americains au-
raient lie P'elimination des communists du gouvernement
h la possibility d'une aide financiere amdricaine 1l'Italie.

7. Politique amc ricaine dc credits ia l'trmanger

Un certain nombre d'articles et d'dditoriaux sont encore
consacr6s aujourd'hui a l'importante question de la politique
americaine de credits i 1'dtranger. Les editoriaux du Wall
Street Journal et du Journal of Commerce constatent que
le ddsequilibre entire les chiffres des exportations et des
importations americaines ne peut pas durer ind6finiment.
Le premier s'oppose a ce quo la Banque Export-Import nug-
mente ses engagements strangers. II prefererait que les
emprunts americains soient des emprunts consentis par des
entreprises privees et non par des organismes gouvernemen-
taux ct il estime que, pour reduire le d6esquilibre de la
balance commercial americaine, les U. S. A. devront accepted
unq politique plus lib6rale d'importation.
Le Journal of Commerce, citant les declarations du presi-
dent de la Banque Export-Import signalees hier, declare
qu'il peut exister des raisons politiques saines pour faiare
des dons important aux pays 6trangcrs amis. II peut etre
meme sage de faire des dons pour des raisons cconomiques,
pour hiter la reconstruction &conomique du monde et d6con-
rager les politiques commercials bilatdrales don't il sera
difficile de se ciharrasser quand des conditions plus nor-
males existeront dans le monde. Mais il n'est jamais sage
de faire des dons sous forme d'emprunts, car les efforts
que l'on fait pour en obtenir le remboursement conduisent
it des difficulties internationals ct a des situations difficiles
pour l'emprunteur et pour son crdancier. Personnel ne desire
assisted au fiasco des emprunts strangers qui a suivi la
premiere guerre mondiale. Ce journal conclut a la necessity
pour le CongrBs de proc6der a une enquete approfondie de
la question de l'oetroi de credits am6ricains A 1.'tranger.


Une depeche de Tokio au Wall Street Journal signal qu'il
cst possible que les autoritds am6ricaines au Japon deman-
dent un credit .de 1 milliard de dollars, rnparti sur cinq ans,
pour remettre P'conomie japonaise sur pied.

8. Situation. frangaise

Les correspondents de Paris annoncent que M. Ramadier
a pris le contrl61e du portefeuille du Ravitaillement et que
le gouvernement a rdquisitionn6 les grands moulins en vue
d'assurcr 1'approvisionnement en farine de la population
parisienne.
Un article de Tournoux, dans Libdration, est largement
reproduit dans une d6p&che de Callender au New York Times
et mentionnd 6galement dans des depelces d'agences. Dans
cct article, M. Tournoux declare que l'Amerique a prepare
un plan d'assistahce de trois ans a 1'Europe.
Les declarations de M. Coste-Floret annoncant la reprga-
nisation de l'arm.e frangaise base sur l'hypoth6se que
< nous n'aurons pas de guerre pendant quinze ans sont
reprises dans une d6pcche A.P. largement reproduite dans
les journaux.

Revue de la press amdricaine du 15 mna 1947

1. Vofe du Sdnat amdricain,

Par 79 voix contre 4, le Senat am6ricain a vote un credit
de 350 millions de dollars destin at finance les secours
americains i certain pays europdens et i la Chine, qui ne
b6ndficieront plus de I'U. N. R. R. A. La Chambre avait
approuv6 un credit de 200 millions de dollars seulement.
/Une commission mixte de la Chambre ct du Senat va pro-
ceder i une harmonisation des textes de loi votes t ce sujet
par les deux Chambres. Les correspondents politiques con-
sidbrent que cette commission se mettra d'accord sur un
chiffre interm6diaire.

2. Le vote does lois ouVrigres

La plus important nouvelle du jour est 1'acceptation par
le President Truman de la loi votee par le Congr6s, qui
interdit aux syndicats ouvriers de revendiquer des paiements
r6troactifs poUr le temps que mettent leurs membres se
rendre de la porte d'entr6e de l'usine t l'atelier of ils tra-
vaillent. Cette decision pr6sidentielle est bien accueillie dans
les milieux patronaux, mais non par les chefs syndicalistes
qui avaient demand que le President impose son veto A
cette loi. Les correspondents au Capitolp sinalent que cer-
tains syndicats s'appr6tent i porter leurs revendications de-
vant la Cour Supreme, afin de faire verifier la constitution-
nalit6 de la loi signed& par le President.

3. Allemagne

Des d6pdches d'agences de Washington reprennent une
declaration du ministries de la Guerre annongant que les
U. S.A. enverront plus de 1.200.000 tonnes de ravitaillement
a la zone anglo-amiricaine en Allemagne d'ici le 31 juillet
1947, afin d'enrayer la crise alimentaire don't souffrent les
Allemands. En plus de cette aide amdricaine directed, d'au-
tres pays enverront a l'Allemagne une moyenne de 72.000
tonnes de ravitaillement pendant le mois de mai, juin et
juillet. M. Patterson, ministry de la Guerre, aurait attribu6
cette crise alimentaire allemande aux consequences de l'hi-
ver dernier et non a la mauvaise administration allemande,
comme l'avait fait r6cemment l'ancien President Hoover.

4. Italic
La cruise italienne rclient l'attention du Washington Post
qui, dans son editorial, constate que les communists ita-
liens constituent une force politique tres important en
Italic et que lour chef, Togliatti, s'av6re un politician remar-
quable, < seul homme qui, dans l'histoire turbulent de
1'Europe, a r6ussi i monter deux chevaux allant'dans des
directions opposes 3. Cette allusion se r6fere t attitude
de M. Togliatti qui s'dtait montr6 favorable i la premise de
Trieste A la Yougoslavie, tandis qu'il se pr6sentait A Rome







8 RULLIT'IN Q1 OTII)IEN DE PRESSED ETRANGkhji


comme un a patriot italien div'oud >. Cet editorial mani-
feste l'espoir que les communists italiens ne rdussiront pas
i prendre le pouvoir en Italic et conclut : << l1 ce.t encore
temps pour coux qui font iiotrc politique it Washinjgton id
prendre uine initiative on Europe occidental. >>

.. --- Le discours de M1. Wall'ace
Le discours prononc6 par MI. Wallace devant 20.)00 per-
sonnes, an Stadium de Chicago, rcqoit une publicity limited
dans la press ambricaine. Scu, le Baltimore Sun lui con-
sacrc plusicurs colonnes et met en relief les indications
donnees par l'ancien vice-pr6sidcnt sur la -formation possible
d'un nouveau'parti pelitique liberal americain. M. Waliace
aurait proposed t nouveau que les U. S. A. prttent 5 billiards
de dollars par an pour la reconstruction de l'Europe pen-
dant les cinq prochaines annces, ct qu'ils pr6voicnl 6gale-
ment des credits de l'ordre de 10 milliards par an pendant
dix ans pour reliever le standard de vie des pcuples asia-
liques. I1 demanded quo 'aidce americaine aille Cga!. ment it
la Russic, et a d6clard it nouveau que la doctrine Truman
avait cti le signal de la champagne dlclenchce par lc gindral
de Gaulle don't, d'apri.s M. Wallace, la meilleure arn c serait
l'appui americain.
Dans un article qui no touche pas du tout au dis( ours de
M. Wallace, Krock, chef des correspondents du N.eo York
Times it Washington, consid6re ega'.ement quc la doctrine
Truman, maintenant qu'elle revet habit civil au lieu de
l'uniforme militaire, envisage une dcpense d'un minimum
de 5 milliards de dollars par an pour restaurcj I'C,'onomic
des peuples indipendants qui, sans cette assistance. pour-
raient etrc entrainds vers le communism.

6. Nouvelles de France

Le correspondent du New York Times s Paris souligne la
nomination du general Juin comme resident g#n('ral au
Maroc.
Des dipiches de Paris-aux agencies et aux journaux men-
lionnent I'appel lance par le Prdsident Auriol pour que les
premiers Frangais livrent leur grain et signalent les protes-
tations de la C.G.T. centre la decision du gouveinemenl.
de saisir les grands moulins. Dans l'ensemble, ccs corres-
pondants indiquent quo le movement de greve s'diend on
France et que la situation alimentaire 6chauffe 1'eprit et
est h I'origine de certaincs demonstrations come elle de
Chatteau-Villain.
7. Tunisie

Un novel article de Campbell, adress6 de Tunis* au
New York Times, declare que, de l'avis g6ndral, le remplacc-
ment du Bey Moncef apre's la liberation dt la Tunisie a 6te
une erneur, mais il ajoute qu'il est maintenant trop tard
pour y remddier : < Les milieux informs supqonncnt les
gens du Deslour de faire du prince exi'6 un 6tre Idgendaire,
qui, un jour, viendra sauver son pcuple. C'est une bonne
matraque pour abattre les F'anqais >, conclut ce cor-espon-
dant.

a) APRES LE VOTE DU PROGRAMME D'AIDE A LA GRn:CE ET
A LA TURQUIE.

1. WIashilng'on Posi (14/5) :

< Le gouvernement devrait faire comprendrc claire-
,ment A Aihines que les fonds accords a la Grece ne
'devront pas servir h poursuivre une guerre civil, A
chasser des ciloyens grccs parce que lours convictions
politiques sont .diff6rentes de cells du r6g:me au pou-
voir, ni i remplacer un system d'imp6ts viab e. Au
contraire, le programme de redressement qui doit ktre
inaugur6 grace A l'aide americaine 'devra comiprendre
'arnnistie pour les guerillas et la renoncialion an cht-
timent des opposanms politiques en resume ie reta-
blissement de la liberal et de la justice en mime temps
que le redressemnt 6conomique ei social. C'est du rest
le seul moyen qui permetle d'esp6rer 1'etablissement


d'un rempart durable contre l'extension 'du totalita-
risme.
Naturellement, une telle entrcprise mettra en question
les problbmes les plus d6licats et les plus complexes
tie gouvernemenl. Notre politique doit 6tre 6nergique
et reposer sur des bases solides sans 8tre celle d'une
'dictature. Son but, qui consisle A sauvegarder l'ind6-
pendance grecque ei A encourage le d6veloppemenr
d'inslitutions libres, ne doit jamais 6tre perdu de vue.
Cependant, il est evident que le meilleur moyen de se
rapproher 'de ce but est de coop6rcr avec le gouver-
nement green qui, dans quelques cas, a suivi une poli-
lique trbs diff6rente dans Ic passe.
Nous sommes certain quo le president Truman a
pleinement conscience de l'importance de la nouvelle
tiche de I'administration qu'il doit surveiller. II est tres
desirable aussi que le peuplt am6.'iair. er. prenne
conscience. Seules une vigilance et une attention cons-
tanles permettront que ce programme soit en accord
ivec l'id6alisme Mlev6 qui l'a inspire >
2. New York Times (14/5) :
< La doctrine Truman implique et devrait impliquer
que nous luitons pous la stability 6conomique, le came
poliique et ,a paix. Nous n'essayons pas d'imposer no-
Ire notion de la d6mocratie a aucun pays Nous essayons
de oreer une atmosphere dans laquelle puiste se 'dive-
lopper une forme quelconque de democratic.
Or nt mcsurtra pas nolre success d'apris la .liche tde
la police en Gr6ce, ni d'apres les quelques divisions tur-
ques qui seront armies avec le re.le des armes 'de la
deuxibme guerre mondialc; on ne le mesurera pas non
plus par I'appui que nous appornerons A des gouverne-
nients reaclionnaires, simplement parce qu'ils sont anti-
communisles. Ce success doit permettre e'cssor .des for-
ces democraliques. Nous ne pouvons y parvenir seuls.
Nous devons en particulier tenir notre promesse de
travailler en contact aussi i6roit que possible avec les
organisms 'des Nations Unies. Nous devons essayer de
parvenir i un accord coastructif et desirable avec In
Russie chaque fois et parlout oi nous le pouvons. >

3. Chicago Sun (14/5) :

I1 est essential que notre aide serve le bit que nous
lui avons assignC et qui consist i d6fendre le gouver-
nement personnel plut6t qu'h soutenir un regime non
repr6sentatif. Dans le choix du personnel pour admi-
nistrer les fonds, dans les conditions relatives A leur
usage, dans les relations de nos fonctionnaires avec le
gouvernemenl grec, des pr6c6dents qui auront une
lourde ipercuss' n *ur tout I'avenir de la politique
ltrangere des EtaHs-Unis, seront 6tablis.
Si nous ne rctlamons pas une nouvelle orientation
politique en Gr6ce, 'de nouveaux chefs au government,
Lune amnisiie complete et effective, une 6puration des
el.mcnts fascistes de la police, de I'arm'e et des admi-
nistrations locales, nous ne operdrons pas seuloment
notre argent, mais nous ne ferons que confirmer les
pires choses qui ont iI dites sur notre poliiique dans
le Moyen-Orient. La doctrine Truman sera jugie non
d'apres des gestes ct .des geniralilts, mais d'apres des
r'sultats ccncrets en ma,iere de libertP humaine. >

bY LA SITUATION INTERIEUIE lEN ITALII: (.1e(' YOII'k Tri-
bine, 16/5), 6'dit. europeenne :

< La d6mocratie court un grave danger en Italie. Si
l'on ne remidie pas bientt a l'ltat de choses actuel,
elle pourrait p6rir. Le parli chr6tien d6mocrate ,perd
constamment du terrain. La perte de leur popularity est
due avant tout A l'incapacit6 du premier ministry de








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE 9


Gasperi pour ameliorer les conditions economiques ou
pour o~lenir des conditions de paix moins dures pour
I'Italie.
L'aile gauche 'du parti socialist dirig6e par Pietro
Nenni sut docilement les communists. Les socialists
de droie, avec Saragat, out 6chou6 depuis leur rupture
avec Nenni dans leur tentative pour soutenir effective-
ment les .dmocrates au minisltre.
L'influence du parti communiste a augment simulta-
nement avec une grande rapidity. Le parti communist
con.situe la seule organisation politique ayant'de grands
financiers. II d6tient les fonds secrets .de Mussolini, il
d6tient encore le butin capture par les partisans ita-
liens pendant la p6riode finale de l'occupation alle-
mande, ainsi que les lires italiennes saisies .par lcs
communists yougoslaves et qui reviennent maintenance
en Italie.
Le chef du parti communist, Togliatti, est I'un 'des
politicians les plus habiles .de 'Europe occidenlale. Son
parti est bien organism et la discipline de celui-ci est
de plus en plus forie.
Par centre, le gouvernement national esl pratique-
ment sans defense. II serait abso.ument .desempar6 par
un soulevement concert, qui peut se produire d'un
moment a l'autre. Ainsi que 'ont prouv6 les recenles
manifestations, les communists peuvent, par une grive
g6nerale, r6duire A rien toute la production industrielle
et couper tons les moyens de communications.
Depuis que 1'Anmriqln a fali -cunaize la poli!ique
d'aide -qu'edle enlen.d suivre vis-a-vis de la GrBce et 'de
Ta Turquie, l'Union Sovi6tique a manoeuvre conlinuellc-
ment en lialie. Si l'Itaie devient un satellite de la Rus-
sie, l'ind6pendance de la Grire ct probablement cell
'de la Turquie seraient menacees.
Si on laisse la situation interieure de 1'Italie s'aggra-
ver, les Etats-Unis se trouveront en face du dilemme
le plus s6rieux qu'ils aient eu A r6soudre .dpuis la fin
de la guerre.
Les democrats qui sont toujours oslensiblement A la
t~ie du gouvernement italien ne peuveat s'opposer a
1'infiuence de la pression financierc et 'de la propaganda
communist sur une population appauvrie, abattue et
micontente, A moins de lui .donner une aide ma,6rielle
tout aussi bien qu'un appui moral. S'ils veulent sauve-
garder une democratic lib rale iRalienne, ce sont les
Elats-Unis qui doivent fournir cette aide.
A moins que les Etats-Unis ne soieni en measure 'de
fournir a 1'Italie une aide d'au moins 120 millions de
dollars cette ann6e, la famine se fera sentir de facon
d6sastreuse.
Le communism enregistrera en meime temps des pro-
gris sensibles. Cependant, c'est pr6cisement le moment
qu'A choisi la Chambre des Repr6sentants pour r'duire
.de 350 millions de dollars a 200 millions le montant des
fonds reserves a l'aide aux Ipays strangers. A moins de
revenir au premier chiffre, l'Italie ne pourra obtenir
les sommes minima qui lui sont n6cessaires si clle veut
6viter un accroissement du malaise populaire.
Si cette aide 6tait accord6e imm6diatenient, la posi-
tion des chefs .dmocratiques s'en trouverait renforcee
et la conflance populaire .dans la valeur des liens tra-
ditionnels avec l'Ouest augmenterait.
Mais une autre n6cessit6 s'impose, surtout en atten-
dant la ratification du traits de paix : le gouvernement
americain devrait d.clarer catigoriquement qu'il ne
peut rester indifferent au sort de i'Italie el qu'il accor-
dera auf people italien et a son gouvernement actuel
le secours n6cessaire pour resister a toutes les tentatives
,de l'ext6rieur pour imposer un regime politique etran-
ger aux Italiens contre leur volont6. La politique 6tran-
gere am6ricaine s'est av6r6e rarement aussi impre-
voyante et aussi inefflcace que dans nos relations aveco


l'Italie depuis 1943. Elle constitute une illustration de
la formula ciassique << trop peu et trop tard >. Mais nous
avons encore une chance 'd'empecher une evolution de
la situation qui pourrait aboutir A un desastre impor-
tant si le gouvernement americain se resout A agir ra-
pidement et 6nergiquement.
L'avenir de la d6mocratie en Europe depend pour
une large part du sort de l'llalie. Et l'avenir des Etats-
Unis ne dependd pas moins du sort de la democratic
europ6enne. >
SUMNER WELLES.



III. PRESS SOVIETIQUE



Revue de la press sovidtique du 14n mai 1947
La Praudu parait seulc. La rubrique trangere assez re-
duite ne tient pas plus d'une page. L'examen des divers
problimes internationaux est an centre des preoccupations.

1. Les probllnmes internaliolnatlx
a) Deux communiques officials Tass :
le premier d6ment la nouvelle publiee par Ic journal
du Caire Al Achrom, d6clarant que M. Staline, dans sa
conversation avec M. Bevin, aurait promise au nom de
l'Union Sovi6tique que celle-ci ne soutiendrait pas 'Egypte
i ]'O.N.U. Apr6s avoir nott que cette question precise
n'avait pas et6 abordee dans la conversation, le dementi
ajoute : En ce qui concern les relations entire l'Angle-
terre et 1'Egypte, il a ~te dit a ce siijet que c'etait 1'af-
faire de 1'An"leterre et de 1'Egypte et que 1'U.R.S.S., con-
formement i sa politique invariable de non-intervention
ne pen.sait intervenir en cette affaire;
le second announce la rdponse de M. Marshall i la
derniire lettre de M. Molotov concernant le renouvellement
des travaux de la commission mixte sovidto-americaine
pour la Coree et la decision americaine de fair sans tar-
der tous les prkparalifs de convocation de la Commission
& Sionl.
b) Les derni6res seances du Conseil de S'curitb et du
(,omit6 politique de I'O.N.U. font l'objet d'un compete rendu
Tass purement inforniatif d'environ deux colonnes. Une
breve d6p&che d'origine A.F.P. fait 6tat de l'intention de
Nokrachi Pacha de poser au Conscil de Securiti la ques-
tion du retrait des troupes anglaises d'Egypte et de l'uni-
fication de la valley du Nil.
') Diverses d6pcches examinent d'autres aspects de la
politique international : debut des travaux de la Com-
mission des Quatre pour l'examcn des articles du trait
'ul:richien sur lesquels un accord n'est pas encore inter-
venu, reunion de la Commission dconomiqu.e pour 1'Eu-
rope a Genvve, extraits d'un article du News Week sur
le sabotage 4conomique au Japon pratiqut pour se sous-
traire aux obligations des reparations, longues dep&ches
Tass d'Ottawa, une colonne environ : sur la Conference
du Conseil national de l'Amiti6 soviito-canadienne.

'. -- La polltique adnricaine
Elle eut precise par trois ddpeches :
a) Une d6eiche du correspondent de la Pravda ai Thi6-
ran, intitule t. Le r6le inconvenant de l'Agence United
Press ,. Apres avoir signa'16 que cette agener, srlon ]'f-
firmation de certain milieux des journalists de Teheran,
a recu pour mission de rcpandre des informations sensa-
tionnelles de toutes sortes. faites dans un esprit d'hosti-
'lite a l'egard de l'Union Sovietique. Le correspondent de la
1Pravda reltve quelques informations tendancieuses et con-
'clut qu'il ne fait pas de doute que cette agence a organism
une champagne ayant pour but de crder des complications
'dans les relations entire l'Iran 'et ses voisins.








16 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE ATAANOQtPR


b) Un t6'1gramme de New-York annoncc une tandidature
'ambricaine au sitge de patriarche de Constantinople, pro-
lahairrement vacant.
c) Un bref t6lgramme announce la construction et la rior-
ganisation par des experts amdricains d'a6rodromes en Tur-
quie (il est precede d'un t616gramme de Londres -elatant les
interpellationss A la Chambre des Communes sur la vente
d'avions militaires h la Turquie).

3. La lutle pour la ddmocratie dans le nionde
En dehors de deux depeches sur la con damnation de
\Schacht et la cruise gouvernementale finlandaise, une longue
'd6peche de Rome etudie les conditions de la crise gouver-
nementalc italienne, tandis oue Korolkov. correspondent de
la Pravda, comment la admission du bourgmestre Ostrnvsky,
-- manoeuvre des partisans de Schumacher qui ayant perdu
leuw influence dans les masses (ce don't timoign.nt les der-
nieres elections syndicales qui sont un succcs incontestable
'des partisans de l'unite) vculent se maiateuir d'une maniere
,ou d'une autre a la surface de la vie politiquc.

Revue de la prcsse sovidtique dti5 5 mai 1947

Aujourd'hui tons les journaux de Moscou pa aissent. ILa
rubrique 6tran'gere ne d6passe pas une pagu ct demie. Un
scul commentaire danis Trud.

1.- Le travail des organismes trteinuti"naux
Trois quarts de page dans la Pravda stnt co isacrss aux
d myko a la seance dui Conseil de S6curit. du 12 mai. ---
comDte rendu informatif des discussions des 12 et 13 mai
au ComitB politique, trois autres dep&ches simnalent la
nomination du Bureau de la Commission pour les questions
de la codification des lois internationales, les travaux
de la Commission 6conomique' pour 1'Europe et ceux de la
'Commission des Quatre pour le trait autrichitn.

Lutte mondiale pour la dndocra'ie
Deux series de longues d6p6ches : 'une sur la crise du
'gouvernement italien et l'autre sur la crise fin.andaise. et
le procis des organisateurs de d6pots d'arm.es clandestins.
'Serie de tlA16grammes de second plan : greve des usines Rie-
naul. -- manifestations contre e rdCime du Kuomintang de
400 g6ndraux de l'armee chinoise mis en dispcnibilitd. -
'discriminations raciales dans 'armde anglaise, -- protesta-
tion du leader syndicaliste Lombardo Toledano contre la
dissolution de la Confederation brdsilienne des travailleurs,
'-- protestations des organizations syndicaleq australiennes
centree les essais de projectiles fuses sur le teiritoire ais-
tralien.
Dans Trud. long compete rendu de la conference de press e
des d616guds des syndicats tohecoslovaques a la r6daction
'du journal des syndicats sovidtiques. Article de Dellvinn suir
la volont6 du people polonais de conserver les terres qu'il
,a r6cuper6es. L'auteur, apris avoir note 'effort fourni par
'le gouvernement polonais, conclut : le people polonais, qui
a applique tous ses efforts A l'assimilation des tcrres aui
Iui ont Wte rendues par la decision des grandes Puissances
gi la reunion de Potsdam, n5adm.et pas meme la pensde que
'ses droits TPgitimes puissent rtre mis en question au nom
'de la satisfaction de ceux qui out plong6 'Europe et le
monde dans un abime de miseres infinies. Le peuple polo-
'nais, qui construit son 6tat souverain ind6pendant sur la
'base d'une d6mocratie populaire authentique, est unanime
;pour assurer que les frontieres occidentales ctablies par
'l'acco6d de Potsdam seront conserves pour toujours, ce qui
,sert la cause de la paix et de la security en Europe.

3. La politique anglo-saxonne
S Trois braves d6peches : extraits d'un journal irakien con-
tre la politique des U.S.A. au Moyen-Orient, -- adoption
par le parlement irakien du trait6 Irako-transjordanien, -
situation do l'industrie en Am6rique.


4. Nouvelles diplomatiques
En premiere page, dans tous les journaux, communique
official annoncant la remise par l'ambassadeur du Mexique
en U.R.S.S., Joublan Rivas, de ses lettres de creance.



IV. PRESS SUISSE


a) LA SITUATION EN ALLEMAGNE (La Tribune ide Geonve,
14-15/5) :
< Aussi longtemps que la Grande-Bretagne pouvait
prelever sur son budget les sommes 6normes n6cessaires
au ravitail,ement de sa zone, les choses marcherent tant
bien que mal. Mais, a la suite de la crise terrible qu'elle
a traverse cet hiver, elle souffre elle-mome d'une grave
diselte. De son c6tl, le gouvernement .des Etats-Unis es-
time, non sans raison, que ce n'est pas en lui faisant
constamment la charitC et en la laissant croupir dans
son marasme qu'on conjvertira la nation alleman'de aux
beauties .de la democratic et de la collaboration interna-
tionale. A tout point de vue, la catastrophe acluelle ne
peut done que fortifier les puissances anglo-saxonnes
dans leur volont6 d'en finir avec la politique d'ater-
mcitmnlns et d'6quivoques qui a about A l'6clatant
fiasco 'de Moscou.
La situation pr6sente consacre de la sorte la faillite
des fameux accords de Potsdam. Aprbs deux ann6es
perdutis il faut repartir a zero. Les gouvernements de
Washington et de Londres n'ont done pas de temps
a perdre s'ils veulent que leurs repr6sentants puissent
prouver, en novembre, A M. Molotov, que leur m6thode
6ta:t quand meme la bonne et que, p,our que 1'Allemagne
puis.se payer, il faut d'abord lui .donner la possibility
de vivre et de gagner sa vie.
Mais a quelque chose malheur peut Atre bon. Devant
l'enormitl 'de la tAchc qui les attend, on peut esperer
que les anciens allies seront amen6s a mettre une sour-
dine a oeurs querelles de preseance et a leurs contro-
verses i.dologiques. Et cela est vrai'aussi pour l'U. R.
S. S. qui est Agalement en proie a dde graves difficulties
d'ordre alimentairc, qui a tir6 de sa propre zone tout
ce qu'elle ,pouvait en tirer et qui compete, pour ses repa-
rations, sur un gros appoint des zones occidentales.
Quant aux Etats-Unis, don't la prosperit& est liee au re-
dressement de l'Europe, o, apprend quo M. Marshall
envisagerait I'adoption d'un nouveau system de e prAt-
bail >, calque sur celui qui fonctionna si bien pendant
la guerre. Apres avoir 6t6 e l'arsenal 'des dmnocraties D,
l'Amerique leur fournirait les moyens de panser leurs
blessures et de se remettre serieusement au travail.
Mais, cet e fois, l'Allemagne b6ndficierait 6galement de
leur g6ndrosite, car, selon la vieille formula, on ne sau-
rait supprime on ignorer un people de 70 millions
d':unes. Le chaos actuel en est la meillcure preuve. >
PAUL DU BOCHET.

b) LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCE (National Zei-
tluiy, 14/5), edition .du soir :

< Meme dans I'opposition, les communists font une
,politique de gouvernement. Lorsqu'ils 'd6tenaient en-
core des portefcuilles, il leur arrivait au moins d'em-
ployer un language encrgique. II y avait .des choses qu'ils
n'acceptaient pas. Depuis qu'ils sont libres de leurs
decisions, .depuis qu'aucune solidarity minist6rielle ne
les retient plus, on a cess6 de les entendre parler si
haut. El l'on pourrait, A limitation du module anglais,
les qualifier de o tr6s ioyale opposition ) du Pr6sid st.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGi E 11


Pendant .deux ans, ils avaient preche A leurs parti-
Ssans la nBeessit6 de mettre A l'6cart les i'dWes de lutte
de classes au profit de l'accroissement de la production.
Aujouvd'hui, ils ne veulent pas se .dsavouer.
Pourquoi ? II existe deux explications. La plus v.rai-
semblable, c'est que les communists ne considerent pas
leur partt du cabinet comme .d6finitif, -qu'ils comp-
tent sur une bonne occasion qui leur permettra de f1ter
un glorieux retour au gouvernement et, 6tant donn6 les
difficulties qui s'accumulent et 1'enlente des plus relati-
ves qui regne entire les autres parts de 1'ancienne coa-
lition, cette occasion peut se presenter avant longtemps.
L'VvBnement se produira peut-6tre des le mois .de juil-
let, 6poque A laquelle, selon M. Ramadier, le minist6rc
reconsid6rera la situation. Ce serait done une erreur de
transformer, au course -des six semaines a venir, des
troupes qui apportent une collaboration loyale a l'effort
commun pour le bien du pays en une masse &de rvo-
lutionnaires brandissant des revendications.
La second hypothese, e'est tout simplement que les
communists n'ont pas encore achev6 leurs pr6paratifs
pour mener une politique d'oppbsition plus violent,
qu'ils veulent atten'dre que M. Ramadier se trouve aux
prices avec .de "plus grandes difflcult6s sur le plan so-


cial et peut-6tre aussi que l'aggravation de la p6nurie
alimentaire fournisse des armes plus puissantes A leur
agitation. Bien entendu, les deux calculs peuvent se
fonder sur de lourdes erreurs. II n'est nullement cer-
tain que les divergences stir le dirigisine existent au
sein du cabinet entire les radicaux et les socialists s'ac-
cenluent sous la pression des circonstances actuelles
jusqu'A provoquer une rupture; il n'est pas dit non plus
qu'au dernier moment, ce fameux 'dernier moment >
qui pour la France a taut de fois signifil le salut, on ne
reussira pas A importer suffisamment de ble. En tout
cas, les ,deux interpretations aboutissenl finalement au
meme point d'interrogation : croit-on, oui ou non, que
la France est sur la voie du rel6vement .economique ?
< I en est peut-etre ainsi, .dclarent MM. Thorez et
Duclos, mais dans l'affirmative on ne progressera pas
davantage si l'on ne jouit pt, 'de l'appui des travail-
leurs. Or, les travail'leurs veulent beneficier de cette
amelioration; ils veulent participer a l'accroissement de
la production et -aux profits qui en resultent.
C'est ainsi que la question politique que pose l'ave-
nir du nouveau ministare Ramadier se transform
promptement en un probl6me purement 6conomique. >
(Du codaresposcndant Paris de la National Zeitung.)


S.P.I. Imf., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009




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