Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: May 14, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00093
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANQAIS
D'INFORMATION
(MINISTkRB DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETrrBS)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


BULLETIN



DE PRESS


14 mai 1947.


QUOTIDIEN



ETRANGERE


Nouvelle 86rie N 668


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) 'La situation en Allemagne occidentale (News
Chronicle, 14/5).
b) La crise gouvernementale en Italie (Times, 14/5).
c) L'aide ami6ricaiie aux pays strangers (Manches-
'ter Guardian, 13/5).
d) La Palestine et 1'O.N.U. :
1. Times (14/5) ;
2. Manchester Guardian (13/5)..
II. -- PRESS AMERICAINE.
a) La ratification des traits de paix avec l'Italie et
les Etats ex-satellites de l'Allemagne:
.1. New York Herald Tribune (14/5, edition
europ6enne) ;
2. New York Times (12/5);
3. New York Sun (12/5).
b) 'La Palestine et l'O.N.U. (New York Herald Tri-
baie, 13/5).
III. PRESS SOVIPTIQUE.
a) Les U.S.A. et la France (Prauda, 13/5).
b) Apres l'entrevue Staline-Stassen (Prauda, 13/5).
IV. PRESS SUISSE.
a) La situation en Allemagne (Journal de Gentve,
14/5).
b) La crise gouvernementale en Italic (Basler Nach-
richten, 13/5).

I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britianique du 14 mai 1947
La press de ce mating continue A 6tre tout entire do-
mince par la situation 'en Allemagne occidentale. En ce oui
concern la rubrique fnterieure, le fait le plus important
est que, selon les declarations de M. Shinwell lui-meme. ]a
semaine de cinq jours dans les mines a donn6 des resultats
sa!isfaisants et que la production de carbon devrait encore
etre augmented si l'on voulait atteindre le but proposA.
La press s'intbresse aussi h la situation politique do
1'Italie ainsi qu'aux raisons qui ont motive la admission de
M. de Gasperi. Le Times et le Manchester Guardian publient
sur cette question deux important articles de hours corres-
pondants A Rome. Le Times lui consacre un de ses 6dito.
rifux. (Voir cet article plus loin.)
I


1. Allemagne
La question allemande est sans aucun doute la pr6occu-
pation majeure de l'opinion britannique en ce moment. Tous
les journaux font 6tat des efforts deployds par iles gouver-
nements brilannique et americain pour inmttre an terme
a la disette qui s6vit dans les grandes villes de l'ouest alle-
meand.
Certains journaux publient memnn des nouvelles contra.
dictoires. Le Daily Express announce sous une trss ,grosse
manchette que les livraisons de vivres A destination de la
Grande-Bretagne et d'autres pays pourront 6tre d6tournees
vers des ports alilemiands. Ces journaux admettent qu'aui-
cane decision n'a encore Wte prise, mais ils soulignent que
dans certaines parties de l'Allemagne la situation devient
si d6sesp6r6e que des secours de premiere urgence s'imposent
si l'on veut 6viter la famine et le-ddsordre.
En revanche, le News Chronicle affirme, dans une man.
cheAte non moins important, que les vivres destines A la
Grande-Bretagne ne sc.ont pas envoys en Allemagne. Bien
que la crise de 1'Allemagne occidentale soit certainement
pius grave qu'il y a in an, au'cun transfei:t direct de vivres
brianniques en Allemagne n'est envisage pour l'instant.
Le corresponndant diplomatique du Times annoncr. avec
d'autres correspondents, que des conversations ont eu lien
entire Lord Pakenham et les autoritis ebarg6es de l'admi-
nistration de la zone britannique. Aujourdhui, une nou-
velle reunion aura lieu sous la .pr6sidence de M. Bevin qui
fera bient6t d'importantes declarations aux, Communes A
cc sujet.
Le Times estime que tant que la situation alimentaire
allemande ne sera pas ameliorse, tons les espoirs mis par
ies Anglo-Am6ricains dans une augmentation des export.
tions allemandes seront vains et que le fardeau que 1'en-
tretien de la zone fait pcscr sur 1les contrihuables britan-
niques sera de plus en plus lourd.-
N. Clarke, dans le News Chronicle, se fait 1'P~ho des accu-
sations port6es centre les Etats-Unis qui seraient en grande
parties responsables de la famine actuelle parce qu'ils n'ont
pas livr6 a temps.lcs vivres promise.
Seule une aide rapide et abondante de 1'Ambriquae pourra
sauver une situation qui s'aggrave chaque jour. Cet etat de
choses ne risquerait pas seulement des dcsordres, mais por-
,terait prejudice A l'intlgrit6 de la Grande-Bretagne.
Enfin, le Daily Mail announce qu'un novel S.O.S. a 6td
envoy6e Washington pour demander la livraison imme-
diate de 120.000 tonnes de bl6. Dans 1'ensemble, les jour-
naux font ressortir que la Grande-Bretagne n'est pas en
measure de fournir quoi que ce soit de ses maigres reserves.
2. Italie
1'lusieurs journautx, don't le Times, annoncent la dimis-
sion de M. de Gasperi. Le correspondent du Times : Rome
estime que la raison fondamenlale des troubles o'litiques
de 1'Italie reside dans la nature paradoxale du dernier gou-
vernement tripartite.
Selon -ce correspondent, M. de Gasperi, conscient du danger
que courait son part et du discs edit qui pourrait en re-


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


--- -- ---- I







2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANGARE


jaillir sur lui s'ill tait seul responsible de la gestion des
affaires publiques, semble maintenant decide obliger tous
les parties de prendre leurs responsabilitls. D'autres raisons
1'ont peut-etre amen6 & prendre cette decision : 1'-chec de
la Conference de Moscou, l'expulsion des communists du
gouvernement frangais.
Pour le correspondent du. Mcavhester Guardian, la crise
aurait des raisons surtout financieres et economiqucs. Selon
ce corrs,pondant, les industrials italiens s'opposent au goui-
vernement et ne veulent pas collaborer avec lui. 11 est dou-
teux qu'ils agissent avec plus de patriotism sous un autre
gouvernement. D'autre part, la politique communist et so-
cialiste se sort de la menace de greve pour obtenir une aug-
mentation des salaires et provoquer de nouvelles depenses
et le gonverneur ide la Banqup d'Angleterre refuse d'imprimer
de nouveaux bildets.
Le correspoudant diplomatique du Daily Mail estime que
la crise a 6te provoqude par le d6sir qu'avait M. de Gasperi
de faire entrer des elements d'extreme-droite dans ce gou-
vernement, desir anqusel se sont opposes les coninm nistes
et les socialists. En outre, M. dde Gasperi, lors de s6n voyage
aux Etats-Unis n'aurait obtenu la promesse d'un cinprunt
quo s'il se d6barrassait des ministries communists.

3. France
Plus journaux, don't le Times et le Daily Telegraph, an-
nnncent que M. Ramadier prendra lui-imime la direction
du ravitaillemcnt jusqu'au rmois d'aoit. Le gouvernement
frangais a r6quisitionne un certain nomhre de mnuneries
parisiennes.
Le correspondent du Times volt dans cette me'ure 1p
desir du goulvernement de Se'vir centre les detenteiirs d&
stocks. De meme, ces journaux annoncent que le Prisident
du Conseil fera un appe] a la bonne volont6 du pays.

4. Efats-Unis
'Arthur Wohbber, correspondent a Washington du DaiTy
Herald, cAble quo le Senat amnricain a dopte par (8 voix
centre -24 un project de loi tendant a frapper d'illigalltI
tout movement de greve. Cette measure marquerait, selon
ce correspondent, le premier conflict serieux entire les ripus.
blicains et la Maison-Blanche.

5. Palestine
Le Times announce que IPO.N.U. a adopt la creation d'une
Commission d'enqucte compose de onze petites et moyennes
puissances. Cette Commission serait charge d'enquiter en
Palestine et partout oil cela *serait nicessaire.

a) LA SITUATION EN ALLEMAGNE OCCIDENTAL (News
Chronicle, 14/5, liberal) :

c Lorsque la fusion des zones anglaise et am6ricaine
a Wte annonc6e vers la fin de l'ann6e dernibre, on pen-
sait que son principal advantage serait de faciliter la
resolution du probl6me du ravitaillement dans la zone
brilannique. Ces espoirs n'ont pas 6te r6alis6s, en par-
tie parce que,ljes importations en c6r6ales ont W6t inf6-
rieures aux provisions, et plus particuli6rement parce
que les fermiers allemands n'ont pas fourni les quanti-
t6s qui leur avaient 616 imposes par les autoritihs.
'Mais ce serait simplifier par trop la question que de
pr6tendre que les Allemands n'ont A s'en prendre qu'A
eux-m&mes s'ils se trouvent dans cette situation.
Dans 1'6tat actuel des choses, alors que le pays ris-
que de fire faillile, que la monnaie est discr6dit6e. que
1'on constate une pi6nurie g6n6rale des products nieme
les plus essentials et que le moral de la population est
abattu, il est 6videmment mal venu de parler comee
le font, dit-on, Jes Ambricains) de renforcer la d~mo-
cratie allemande.
Dans les cirronstances actuelles, les Allemands ont
moins besoin de politique que de rouages administra-
tifs efficaces. Pour le moment, le contr6le alli devrail


6tre renforc6 et simplifi6, plut6t que relAch6 et compli-
qu6. ,

b) LA CRUISE GOUVERNEMENTALE EN ITALIE (Times, 14/5) :
U L'Italie, comme la France la semaine derniere, dolt
r6soudre le probl6me du gouvernement avec ou sans la
participation des communjstes, et c'est lI une question
qui a divis6 les socialists italiens. Le simple fail qu'il
serait possible, sur la base de la representation des par-
tis A l'Assembl6e, de former un gouvernement sans la
participation des communists et des socialists de gau-
che, ne d6terminera pas A coup siir le sens de 1'6volu
tion de la situation. La constitution d'un cabinet dans
1'Italie moderne est une tache longue et complex. Lors
de la derniere crises, plus de dix jours so sont keoul.s
entire la admission de M. de Gasperi et la formation de
son nouveau gouvernement, et il serait premature de
faire des pronostics sur le cheL et la composition du
future ministere. M. de Gasperi est cependant un fin tac-
ticien. Ce n'est pas la premiere fois qu'il a choisi de
jouer la carte de la admission brutale, et il a beaucoup
d'alouts dans son jeu. Sa plus grande faiblesse reside
peut-6tre dans le faith qu'on pense g6niralement en Ita-
lie que le soutien populaire du part chrttien d6mo-
crate, don't il est le chef, s'affaiblit. Plus t6t des l6ec-
tions vien'dront verifier le bien-fond6 de cette croyance,
comme la force relative des deuix groups socialists,
mieux ce sera pour l'Italie. Mais le course des travaux
A I'Assembl6e Constituante permet d'affirmer qu'il n'y
aura pas de nouvelles elections avant I'automne, si
minme elles ont lieu A ce moment-la. En attendant, 1'Ila-
lie a instamment besoin d'une direction 6nergique et
comp6tente, fondue sur la plus grande unite politique
qui puisse etre realis6e, pour la sortir de ses graves
difficull6s 6conomiques. De nouveaux 6checs ou de
nouveaux retards apport6s dans le redressement de
l'Italie ne peuvent qu'Rtre prejudiciables A 1'Europe,
dans la vie de laquelle l'Italie recommence A jouer
maintenant un rble utile et bienvenu. La Grande-Breta-
gne consid6rera les efforts actuels de 1'Italie avec bien-
veillance el sympathie, en espirant qu'ils n'imposeront
pas un novel ajournement de la visit A Londres du
ministry italien des Affaires 6trangeres, visit promise
depuis si longtemps. >

C) L'AIDE AMARICAINE AUX PAYS STRANGERS (Manchester
Guaildian, 13/5, liberal) :

< La politique du D6partement d'Etat, tell qu'elle
apparait maintenant, est une politique d'aide et de se-
cours don't l'application ne se limited plus aux seuls
Etats imm6diatement voisins de la sphere d'influence
russe, tels que la Gr6ce, la Turquie et la Corde. Dans
le cadre g6enral de la paix mondiale et de la sauve-
garde de la liberft humaine tells que les concoit l'Oc-
cident, I'Allemagne, 1'Italie, la France, la Grande-Bre-
tagne et les Pays-Bas tiennent une importance beaucouo
plus grande que la Gr6ce et la Turquie. La faiblesse de
la politique Truman, telle qu'elle a W6t 6nonc6e tout
d'abord, r6sidait dans le fait qu'elle constituait une
measure partielle, et que toutes ses applications etaient
imparfaitement 6tudiees. II faut maintenant faire accep-
ter a P'opinion am6ricaine une participation effective
des Etats-Unis dans tous les domaines de la reconstruc-
tion international. I1 est encourageant de noter qu'au
course des dabats au S6nat et a la Chambre, on ait tel-
lement insist pour que r'aide am6ricaine ne soit pas
uniquement gaspill6e en d6penses mililaires. Les b6n6-
ficiaires de cette aide devront satisfaire l'opinion am6-
ricaine, et ils se rendront compe que les Am6ricains
peuvent imposer des conditions beaucoup plus draco-








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE


niennes que rre le faisait, par example, la Grande-
Brctagne. Le gouvernement grec perdra certainement
une parties de sa joie si on lui demand de remetire de
1'ordre dans son economic. Mais bien que le mot sacr6
de souverainel6 puisse 6tre invoqu6, qui blAmera les
Am6ricains de n'accorder leur aide que sous condi-
tion ?

d) LA PALESTINE ET i.'O.N.U.

1. Times (14/5):
c La discussion qni vient d'avoir lieu A Lake Success
et qui s'est erminee par l'octroi d'attributions 6tondues
a la Commission d'enqutte, a r6v616 la nature veritable
'du problem don't les Nations Unies sont maintenant
saisies. Les Etats arabes et leurs partisans demandent
une cessation total de I'immigration juive, en attendant
la decision que prendrait tn gouvernement palestinien
d6mocratique s'appuyant sur la volont6 des habitants
actuels de la Palestine. L'Agence Juive r6clame avec
insistence une immigration sans limited, sur une 6chelle
qui renverserait rapidement la pr6pond6rance des Ara-
bes au profile des Juifs, et refuse d'envisager 1'ind6pen-
dance de la Palestine jusqu'A ce que ce changement
ait 6t6 r6alis6.
Le faith que la Grande-Brelagne ait port le diff6rend
s6parant Arabes et Juifs devant I'O.N.U., impose A cet
organisme le devoir de prendre une decision sur la
question d'immigration, decision qui devra etre ap-
puy6e par I'autorit6 morale et au besoin la force mat6-
rielle du monde civilis6. En nitendant, la Grande-Bre-
tagne assume toujours la responsabilit.6 du maintien de
l'ordre. Le devoir de la Grande-Bretagne est de main-
tenir la situation tell qu'elle est en Palestine, jusqu'A
ice one cette decision ait 6t6 prise. La session actuelle
'de I'Assembl6e g6n6rale fera bien de prAciser la situa-
tion et de demander A chacune des denx parties de
s'alstenir, pendant que le probl6me est A 1'6tude, de
'toute tentative pour modifier cette situation A son avan-
tage. soit en ayant recours A la violence, soit en violent
d6'ib6r6ment les measures de restriction actuelle rela-
tives A I'immigratinn. Des activities de cette sorte, pen-
dant que le probleme est en course d'examen, consti-
lueraient un affront direct, non pas A la Grande-Bre-
tagne, mais A I'autori'6 de l'O.N.U. dans son ensemble.
Etant donn6 qu'une forme quelconque de gouverne-
ment f6edral on bi-national n6cessiterait la constitution
,d'un gouvernement neutre fort, seule rest possible la
solution du partage. I1 est evident que le gouvernement
britannique a 6ecrt6 cette solution par crainte de I'op-
positign arabe. Ce serait tout A faith different si le gou-
vernement britannique avaitl'appui des Nations Unies,
y compris celui des Cinq Grands. o

2. Manchester Guardiarit (13/5) :
<< Le d6bat de l'O N.U. sur la Palestine ne pouvait
qu'8tre g6nant pour l'Angleterre. Malheureusement, la
favon don't le gouvernement a trait ce probl6me a aug-
ment6 encore notre embarras. En effet, on se demand
encore ce que nous d6sirons v6ritablement. Nous r6cla-
mons apparemment un avis, en faisant toutefois cette
reserve que nous ne le suivrons pas n6cessairement
lorsqu'il sera donn6.
Si nous d6sirons I'aide de I'O.N.U., nous devonrs
accepter ses decisions. II est plus que jamais evident
que le government britannique aurail 6t6 beaucoup
mieux avis6 de porter le probl6me devant I'O.N.U. en
d6clarant francFement que }e mandate sous sa forme
premiere est inapplicable, quelnous ne .polvons plus
continue a 1'assurer seuls, mais que nous sommes pr8ts


A nous joindre aux autres membres de l'O.N.U. pour
appliquer toute decision qui pourrait etre prise. On
aurail eu .6ga:ement une bien meilleure chance de par-
venir A une sage decision si nous' avions indiqu6 dans
quelle direction, A notre avis, on 'pouvait chercher la
solution.
Pour le moment, le d6bat g6n6ral doit rester abstrait.
Ce qui compete, c'est la nomination d'une Commission
d'enqu6te et la d6limitation de ses attributions. Pour
les Juifs, ce dernier point est d'une importance capi-
tale. C'est que la force r6elle de la position juive ne
r6side pas en Palestine, mais en Europe. Les Juifs vou-
draient que la Commission parcoure. I'Europe aussi
bien que la Palestine, ou qu'elle prenne en consid6ra-
tion la condition des survivants juifs. Les Arabes, par
contre, demanderont certainement que la question soit
tranch6e uniquement apr6s examen de la situation exis-
tant en Palestine mIme.
Ce que pourrait faire I'O.N.U., ce serait de garantir
une fronti6re, et pour cette ra.ison, les membres de
cette Organisation peuvent se montrer partisans d'une
forme quelconque de partage. A la longue cependant,
les prtf6rences particuli6res des diff6rents Etats peu-
vent s'av6rer moins importan'es qu'on ne s'y attendait.
Sans tenir compete de ce qu'il d6sirerait, tout gouver-
nement qui 6tudie le prob'Ame est amen6 A compren-
dre qu'il y a certaines limits qu'on ne peut d6passer.
Il est impossible de faire de la Palestine un Etat pure-
ment juif ,ou purement arabe: on devra fa'alement
parvenir A une forme quelconque de compromise. s


II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press ancmriaaine du 13 mai 1947
1. L'aide ameiicalne la Grace et a la Turquie
La press announce que le Senat s'6tant refuse h accepted
la version du project de loi d'aide a la Gr6ce et h la Turquie
vot6 par la Chambre, les represcntants des deux Assem-
blies se r6uniront pour rediger un compromise entire les
deux textes. Les noms de Nelson, Lafollette et Etheridge
sont mentionn6s dans la press comme candidates possibles
au post de controleur americain de 'aide qui sera fournie
h la Grace et A Ia Turquie. De nombreux articles sont .encore
consacr6s A e la doctrine Truman ,. Les interpretations de
cette doctrine que les journalists exposent dans leurs arti-
cles sent fort varies et souvent meme contradictoires. C'est
ainsi, par example, que tout en s'opposant h une c inter-
vention > dans les affaires grecques, ccrtains d'entre eux
estiment qu'il sera cependant n6cessaire d'obtenir que le
gouvernement grec accord une amnistie politique gdenrale
aux rebe'es. C'est 1'avis, en particulier, de editorialal du
Washiiniton Post et d'un article .de Barnet Nover dans le
m&me journal.
Marquis Childs croit voir dans le rodent discours de
M. Acheson sur 1'aide financi6re que l'Am6rique dolt appor-
ter A ses clients << une extension de la doctrine Truman :.
Par centre I'United States News declare que la doctrine
Truman d'aide aux nations resistant aux communists est
m.orte avant d'avoir commence A fonctionner par suite de
l'h6sitation 4du Congrbs a voter les dollars necessaires.
D'aprBs cct organe, ce qui a ddbut6 come une doctrine
n'apparait plus que comme une idde qui semblait bonne
h ce moment-ih. Les dollars pour la Grace et la Turquie
seront probablement les derniers accords sur cette base.
La press signal Jlu reste qu'un comity special de la
Chambre va 6tre constitu6 pour surveiler les activities des
idiff6rentes agencies gouvernementales de credit A 1'etranger
et, en particulier, de la Banque Export-Import. Le president
de cette derniire banque a d6clar6 hier au Congr6s que son
institution approchait de ( la zone de danger bien qu'elle
ait, jusqu'i present, 6t6 rembours6e r6gulitrement par ses
ddbiteurs en r4alisant meme un profit substantial.


I







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANOBRE


Lippmann traite, lui aussi, de la question de la doctrine
Truman. II derit notamment que la division du monde en
deux grades coalitions I'une ayant son centre A Moscou
vt I'autre i Washington n'est qu'apparente. Le monde ne
peut pas se diviser de cette fagon. On ne peut pas. organiser
dans de tell coalitions. Les nations europeennes s'oppose-
ront A l'idhe d'itre les satellites de deux grande puissances
non europ6ennes et a ce que leur continent soit le theatre
predestine d'un confit americano-russe. Ifans la measure oohi
la doctrine Truman, consciemment ou inconsciemment, traite
l'Europe de cctte facon, elle est un obstacle i Ia paix et
elle d6truit l'influence amnricaine dans le r6glement de la
palx. Le redressement de P'Europe sous la direction de la
*Grande-Bretagne et de la France, principles puissances euro-
p6ennes, est necessaire. II ne peut y avoir de r6glement alle-
mand que dans le cadre d'un reglement europ6en.

2. La dimission de M. Acheson

La- press announce que M. Acheson. sous-secr6taire d'Etat,
a remis sa demission au President Truman, qui l'a accepted
avec regret. M. Acheson sera remplaci par M. Robert Lovett,
banquier new-yorka's, qui a rempli deja les functions ide
secrtaire adjoint au ministbre de 1'Air.
La press parole d'un movement diplomatique prochain
en indiquant que M. Caffer'y serait replaced ::oit par
M. Boh'er, soit par M. Matthews. M. Vincent est mentionn6
come Rtant un candidate possible an post d'ambassadeur
en Chine, si M. Leighton Stuart manifestait le ddsir de
rentrer aux U.S.A..
3. Palestine
Ltes correspondents de Lake Success annoncent que les
representants arabes ont 6et battus par 29 voix centre 10
quand' 1'Assembl6e gdenrale de I'O.N. U. a exclu toute refe-
lence a < l'inc'pendance de la Palestine >, dans les instruc-
tions donnCes au Comit6 d'enquete qui se rendra prochaine-
ment non esulement en Palestine mais partout oi il esti-
mera n6cessaire de se rendre. Cette dernibre decision a 6te
vote par 36 voix centre 8 et a entrain, des protestations
des de 6guCs arabes. M. Jamali, ministry des Affaires 6tran-
gires d'Irak aurait declare que cette attitude de l'As:;emblte
ne peut conduire q su'i une guerre dans le Proche-Orient.
b'anto'c part, la press reprend les declarations faites par
le Muphti qui a protest contre Ies accusations portees
centre lui par les groups sionistes au sujet de ses activities
pendant la guerre.
4. Code
La press announce aujourd'hui que le D6partement d'Etat
a demand. ae nouvelles precisions i M. Molotov an sujet
des attributions de 'a Commission mixte americano-russe.
Des 6dito'iiaux et articles reviennent sur la premiere
impression de satisfaction que leur avait cause la lettre de
M. Molotov d'avant-hier. Ils soulignent, comme le faith le
New York Herald Tribune, que cette lettre z est une offre
restreifite de consulter certain Coreens non comnmunistes
en vue de crier un gouvernement provisoire 2.

5. Roumanie
Une depeche A.P. de Bucarest aunionce que le gouverne-
ment roumain a d6menti avoir livr6 400 wagons de farine
h la Russ!e et ajoute qu'aucune livraison de cerIales prove-
nant d'Am6rique n'a et6 faite liJ.. R. SS.. Les informa-
tions americaines dans ce sens avaient provoqu6 une inter-
vention du Ddpartement d'Etat auprt's da tgouvernement
rounmain.
6. Allemagne
les correspondents de Berlin signalent que les reprdsen-
tants nilitaires britanniques et am'rica'ns sont arrives i
une. serie de compromise sur la fagon d'administrer leur zone
nnifide anglo-americaine, cet accord deviant rependilant dtr"
ratified oar les gouvernements de Washington et de Londres.
Il soulignent tIns la gravlt6 de la situation a'imentaire
allemande et blAment, h cc propos, I'adminiStration alle-
mande. Ils notent 6galement' que les expiditiois am&eicaines
de ravilaillement en Aiemagne n'ont pas &td faites an


rythme privu. L'dditorial du New York Times conclut h la
n6ces;,it6 de prendre les measures dnergiques pour permettre
aux Allemands de faire Irs efforts n6ccssaires pour le rcl6ve-
ment economiqne de 1'Allemagne. Le correspondent du New
York Times A Duseldorf rapporte que les reprisentants des
syndicats allemands dans cette ville ont prdsent6 < au gou-
vernement militaire britannique le premier ultimatum alle-
mand depuis la guerre 3. Les syndicalistes menace-t de
provoquer la admission des hauts fonctionnaires allemands
des gouvernements provinciaux s'ils ne regoivent pas des
assurances que la situation alimergaire sera ameliorie d'ici
dix jours.

7. .- Nouvelles de France
Les dep6ches des correspondents particuliers des journautx
signalent l'entrevue que M. Ramadier a eu h'er avec les
dirigeants de la C.G.T.. declarant que in question d'une
prime a la production est A l'etude ainsi que diverse me-
sures fiscales devant all6ger les imp6ts sur les revenues
faibles. Elles signalent, d'anlre part, que le gouvernement
a port a 1.075 francs le course d'achat des 100 kilos de b16.
Une nouvelle dipeche de Camphell, de Tunis, au New
York Times, declare que les chefs du Destour competent sur
225.000 ad.lhrents et se montrent trbs sutrs de leur force,
car ils expluitent ce que le correspondent appelle < les
erreurs politiqucs > de l'adininistration francaise. L'un
d'entre eux aurait declare : < Nous nous sommes' battus
seuls pendant des dizaines .d'annees et maintenant nous
avons des amis puissants. Ce n'est pas lemoment de parler
de conciliation et de compromise. s

a) LA RATIFICATION DES TRAITS DE PAIX AVEC L'ITALIE
ET LES ETATS EX-SATELLITES DE L'ALLEMAGNE.

1. New York Herald Tribune (14/5, 6dit. 'europ.) :
< Bien qu'on puisse pr6sentler des arguments plau-
sibles pour retarder la ratification du trail italien, il
me semble qu'en fin de compete il y a des raisons d6ci-
sives pour lesquelles le S6nat devrait le ratifier avant
les vacances parlementaires. Les partisans du d6lai,
par example M. Berle, ancien secr6:aire d'Etat adjoint,
prtlendent que le SBnat ne devrait pas approuver ce
t travail partiel ,, tant qu'on n'aura pas jeti les bases
des autres parties, du project d'ensemble qui doit 6tab'ir
une paix g6n6raleen Europe. Ceci veut dire, je crois,
que dans l'esprit de M. Berle, M. Molotov se montrerait
plus dispose i donner son accord sur un trait& autri-
chien et un trait allemand, pour voir ratifier le trait
italien.
Mais I'attitude de M. Molotov est-elle vraiment celle-
ci ? M. Berle suppose que le d6lai apport6 A la reprise
des relations de paix entire I'Italie et les Nations Unies
jouera uniquement ou principalement au d6savantage
de la Russie. Je pense que ceci est faux. Si la Russie
n'est pas press6e de voir conclnre un, trait autrichien
et un trai'6 allemand, c'est qu'eille n'est pas press6e
non plus de voir conclure un trait italien.
Je suis de ceux' qui ont continuellement critique
M. Byrnes pour s~Stre occupy principalement de la con-
clusion des traits avec l'Italie et les puissances balka-
niques, avan't de s'ocauper d'un rbglement de la ques-
tion atlemande et d'un rbglement europDen dans 'oen-
semble. C'6tait lI, A mon avis, une faute de premiere
importance. Nous n'aurions jamais diu signer aucun
trait jusqu'A ce que tous les trails europ6ens aient
.pu tre signs en bloc. Mais In fate a 616 faite. le
trait italien a Wte sign, et I'on ne peut corriger main-
tenant cette faute premiere en revenanl sur les accords
approuv6s par M. Byrnes au nom des Etnts-Unis.
Ce retour en arri6re sernit une faute plus grande en-
core, car M. Marshall aurait -alors beaucoup plus de
difficulties pour negoci*r de facon efficace.
La principal pression qui s'exercera en faveur d'un








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


dMlai viendra 6videmment des amis de I'Italie aux
Etats-Unis. Je crois cependant qu'on peut prouver que
le plus grand ini~6rt de I'Italie ne reside pas dans un
ajournement de la ratification. En effet, jusqua laI rati-
fication du traits, 1'Italie reste l1galement en guerre
centre les Etats-Unis, la France, 1'Angleterre et son
empire, la Yougoslavie, l'Union Sovietique, et, en fait,
presque toutes !les Nations Un'ies.
M. Berle pretend qu'un accord de fait pourrait met-
tre fin A cet 6tat de guerre purement th6oricque. Voila
qui est faux. Les Etats-Unis ne peuvent, par un accord
de fait unilateral, mettre fin A l'6tat de guerre existant
entire l'Italie et les autres pays.
Bien plus, un ajournement de la ratification, qul
pourrait signifier. 6ventuelleinent un reject du trait,
permetlrait A Tito de reprendre 1'agilation pour recou-
vrer Triesle et le reste de l'Istrie ; elle permettrait A
celui-ci de pretendre que le point de vue des Etats-
Unis est qu'il n'y a pas eu de reglement dAfinitif con-
cernant la frontirre italo-yougoslave. Si l'on remet:ait
en cause le reglement de la question de Trieste dans
l'interet suppose de 'Italie, on pourrqit egalement le
remeltre en cause dans l'int6r&t manifesto de la Yougo-
slavie.
En Italie meme, un ajournement oH l'on pourrait voir
en quelque sorte une application de la doctrine Tru-
man, ne peut que renforcer les positions des extremis-
tes au depend des mod6ers. Cet ajournemen't incitera
les fascistes A rever de cette aide ambricaine que nos
paroles inconsidir6es, semblent promettre. II incitera
les communisles A suivre une politique visant A crier
une certain confusion que les Etats-Unis, d'apres une
interpretation superficielle de la doctrine Truman, se-
ront obliges, mais, en faith, seront incapables de dissi-
per. La masse des mod6res qui composenf le 1peuple
italien, avec qui nous d6sirons rbellement entretenir
des relations amicales, serait prise dans la lutte entire
les deux extirmes. 3
(WALTER LIPPMANN.)

2. New Ylrr Times (12/5) :
Ces traits ont M6t conclus apres 'plus de 15 mois
de lutles navrantes au sein -du Conseil des ministres
'des Affaires 6trang6res, 15 mois pendant lesquels la
d616gation am6ricaine, qui comprenait notamment des
representants des deux parties politiques du S6nat, a
vaillamment lutt6 pour sauver au moiins un semblant
des principles qui avaient 6t6 adopted pendant la guerre
en faisant rejeter qrelques-unes dLs demandss les plus
exorbitantes formul6es par la Russie et ses satellites.
Ces traits ont -6t adopts lors de la Conference de
Paris qui groupait 21 nations. Ils ont &t6 officiellement
signs par toutes ces nations, y compris les Etats-Unis.
Dans ces circonisances, on aurait pu ,penser que leur
ratification 6'ait .une affaire regl6e d'avance. Si toute-
fois des voix dignes d'estime s'61&vent centre leur ra-
tification, it ne faut y voir qu'un sympt6me du fait que
ce trait provoque bien 'des inqui6tudes et qu'ils ne
permettent nullement de se sentir la conscience tran-
quil:e. Tout le monde admet, et en particulier l'ancien
secr6taire d'Etat, M. Byrnes, que ces traits ne sont pas
redig6s comme nous l'aurions fait si nous avions eu
les mains libres, mais il n'en -demeure pas moins que
ce sont les meilleurs traits qu'il, soit possible de con-
clure en ce moment entire grandes puissances en raison
de la ipolitique actuelle 'de la Russie.
Une paix, mArme imparfaite, valt mieux que pas de
paix du tout et elle rendra un meilleur service A ces
cinq pays (le cinquieme trait, celui aved la Finlande,
se trouve hors de la competence des Etats-Unis puisque
la Finlande n'Wtait pas en guerre avec les Etats-Unis)


que la continuation de cet 6,tat 'de .guerre theorique qui
retarde la reconstruction mondiale et niel en peril la
stability 6coromique el ,politique de ces pays. Nous
summes persuades qu'en d6pit de leurs imperfections,
ces traits doivent 6tre ratili's. ,
3. New Yok Sutn (12/5):
c Aucun de ces trai:6s n'engage les Etats-Unis 'davan-
tage que la position qu'ils out adopee Pr raised des
circonstances et de leur participation A l'O. N. U. Refu-
ser ]a 'atificatica parce que les traits, sur certain
points, ne sont ipas exaclement conformes A nos ideaux
ou A nos idbes, ne ferait simplement qubnjouter A 1'in-
certitude des pays interess6s. Et cela, come 1'a rappel6
M. Marshall dcvant la commission, serait g 'du tres
mauvais travail ,. Nous ne devons pas reculer au der-
nier moment et nous drvons ratifier ces traits. >

b) LA PALESTINE ET L'O. N. U. (New York Herald Tri-
,bune, 13/5) :
Le d6saccord qui rcgne au sein de l'O. N. U. an
sujet de la composition 'de la commission d'enquite et
de son champ d'action prouve une nouvelle fois la sa-
gesse des efforts anglo-am6ricains visant A limiter la
tAche de cette session A ce seul problmme.
I1 existe au sein de IAssemblIe des factions qui cher-
chent a organiser la commission et a diriger ses travaux
de fagon A fausser le resultat. En cc qui concern le
champ 'd'action de la commission, ces factions ont
bchouB jusqu'ici dans leurs tentatives pour la restrein-
dre, mais la lutte continue.
Les Russes ont fait preuve d'une activity parliculib-
rement pernicieuse A cet cgard. Leur plan prCconisant
la creation d'une commission A laquelle participeraient
les grandes 1puissances transformerait presque sans au-
cun doute cet organism en'un foyer de discussions. De
mnme l'insistance mise par les Russes pour enjoin'dre
a la commission de considCrer le probblme de l'inde-
pendance immediate de la Palestine aurait mis en relief
de fagon injuste l'une des nombreuses solutions possi-
bles que les Arabes (et les Russes) pr6conisent actuel-
lement.
L'int6rit 'des Russes est facile A comprendre. Moscou
n'a jamais manifesto de sympathie idEologique pour le
sionisme politique (et, pour cette raison, pour le sio-
nisme religieux), et la Russie a toujours soutenu les
revendications des pays tributaires d'Etats -autres que
la Russie. D'un point de vue pratique, les Russes ont
un vif d6sir de voir les Anglais quitter la Palestine aussi
rapidement que possible et n'ont aucun scrupule A cau-
ser 'des ennuis aux Ambricains et aux Anglais dans le
Proche Orient, En mime temps, tant que la discussion
n'affectera pas le sujet principal (par example, lors-
qu'il s'agit de permettre aux Juifs d'exprimer leur point
de vue devant une session pl6nibre de I'Assembl6e), les
Russes chercheront probablement A embarrasser les An-
g!ais et les Am6ricains en soutenant le point de vue
juif. *
La position am6ricaine, au regard de telles manoeu-
vres, a'pparait come sage el correct. Les Etats-Unis
sont partisans 'd'une commission neutre don't les attri-
butions seraient etendues et .g6nerales; i!s sent parti-
sans de Ia constitution d'un v6rilable organism d'en-
quete plut6t que de la nomination d'un group de ne-
gociateurs dent la tAche se limiterait A chercher une
solution parliculire. Cette attitude 'd6sintrress~ e ne
pourra remplacer pour les Etats-Unis une politique db-
terminee lorsque I'O. N. U. devra iprendre une decision
important sur la question palestinienne. Les Etats-Unis
devront alors prendre une position d6finie sur des pro-
bl6mes tels que le partage ou l'in'd6pendince de la Pa-








0 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGORE


lestine, la prolongation du mandate, la protection sp6-
ciale A accorder aux Lieux Saints des trois confessions,
l'immigration et I'6tablissement des Juifs, les pipes-lines
et la strategie. Mais en attendant, et si l'on consid6re
les buts particuliers de ]a session actuelle 'de I'Assem-
bl6e, la d6l6gation americaine a suivi une politique qui
doit permettre a I'O. N. U. de se faire l'id6e ]a plus
exacte possible du problem palestinien, et aider ainsi
A trouver une solution rationnelle et equitable. >


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovuitique dul 13 mrai 1947
Tous les journaux reproduiscnt, en plus des nouvelles du
jour, celles qui a-vaient 6te publiees dans la Pravda d'hier.
Les probl6mes des relations internationales sont an premier
plan
1. Les problmes internationauux
Des d6p&ches et commentaires abordent trois questions
princ;pales :
1 Tons, les journaux publient le com.pte rendu de la
stance du, 10 au matin du Comit& politique de I'O.N.U.
2 Le probl6me des c personnel deplacees fait I'objet
d'un long t6l6gramme rendant comote de la conference de
press organisee par la representation you'4oslave h Vienne
et d'un commentaire de Tsiouroup dans l'Etoile Rouge, inti-
tulh i Qui emp&che le retour des citoyens sovietiques dans
leur patrie ? L'auteur cite de nombreux examples des
entrayes apport6es au rapatriement des citoyens sovittiques
dans les zones occidentales, y compris en zone frnncaise
faction dui commandant Roche, chef dun camp de Libenau,
qui offre aux citoyens sovi6tiques qui renoncent h rentrer
en U.R.S.S. de faux paipiers polonais et du travail en France
o11 en Am6rique; Ic efus des autorit6s francaises de liver
les agents de la Gestapo, A. Apanasevinch et P. Demidov) et
declare, en conclusion : i Une question legitime se pose :
Pourquoi les autorites allidis d'occupation retiennent-elles
par la force et la tromperie des citoyens sovi6tiqu: s loin
de leur ipafrie ? La rcoonse va de soi, car. comme Ir mon-
trent les, fats, tons les desseins des autorites militaires
dans les zones occidentales tendent A procurer a leurs pays
une main-d'oeuvre ob6issante et hon march. ,
3 Dans la prem':re parties de la chronione international
de la Pravda. Leoneiev revient sur le probl me de l, colla-
boration des syst-mes socialist et capitalist poses' par
I'interview Staline-Stassen. (Voir 'Particle plus loin.)
2. La polifique am;ricaine
rous les iournaux, sur deux colonnes, publient uine lon-
gue d6peche Tass de New-Yo, k, rendant compete du discours
de M. Acheson et d'un certain nombre de commentaires de
la press et de la radio americaine. Aucun commentaire
.ovietiique. Un' bref tel0gramine de Washington announce la
admission de M. Acheson et son replacement var M. Lovett,
don't souligne les liens avec la Banque Braun-Broth.rs~Har-
riman and C. Arn second plan, qfuclqucs courts drp chess
sur : l'arrivee prochaine d'unc mission militnire auinericain-
en Turquie, l'ovinion d'un journal des Indes sur les rela-
tions irano-am6ricaines, conversation sur la vente de re-
serves militaires aimericaines i. 'Iran. plan de modernisa-
tion de I'armee irakienne, grAce Il'aide amirecaine et'
anglaise.
Dans la chronique international de la Pravda, Leontlev,
sons le sous-titre hienfaiteurs importuns t, aborde le
problem de l'aide amnricaine a la France. (Voir l'article'
plus loin.)
3. La lIttle poiur la ddmocratie
En dehors de deux longs t61granmmes d'Helsinki sur le
procis des, organisateurs de dep6ts d'armes et sur hi crises
gouvernemcntale finlandaise, deux courts te6lgrammes signa-
lent, I'un. la reprise du travail aux usines Renault et la
gr-ve partielle; 1'autre, la fete e l'independance de la Rou-
manie. Dans Trutd, Stoliarov conclut un compete rendu des
conferences d'avril eas syndicats anglais en ccs terms :
Si l'on fait le bilan de ces dix conferences syndicates, on


peut dire que, parmi les eirployes, les instituteurs et Ieg
techniciens anglais, on constate un net glissement A gauche.
Co glissement ne s'opere pas sans une resistance ac'harnee
de la part 'des e'iments de la direction syndicale qui, ideolo-
giquement, sont proches du camp rdactionnaire. et au fond
de leur Ame ne croient pas que les travailleurs ooient capa-
bles de prendre leu'r sort en leurs propres mains.

a) LEs ETATS-UNIS ET LA FRANCE (Pramda, 13/51 :
c La press r6actionnaire am6ricaine ne cache pas
sa satisfaction total 'du depart des communists du
gouvernement frangais. Le Washington Post appelle ou-
vertement les U. S. A. a intervenir dans les affaires
franchises, suppliant de faire tout ce qui est possible
pour diminuer l'attrait qui est exerc6 par les commu-
nistes sur les 1Iecteurs francais. M./Wallace, dans son
article du New Repub'i'c, indiquait que les U. S. A. pou-
valent choisir la France t comme prochain objet de
leur experience de la 'doctrine de Truman .*. Refletant
1'opinion des milieux progressistes des U. S. A., M. Wal-
lace condamna sev6rement cette politique. II t6moigna
que, pendant sa derniere visit A Paris, il avait eu l'im-
pression que les repr6sentants officials des U. S. A. en
France s'orientaient exclusivement vers les elements de
'drpite et se sont isol6s sciemment des parties progres-
sisles. La nouvelle des men6es du c6!6bre r6actionnaire
Bullit A Paris, les bruits qui courent sur la possibility
d'un transfer en France des bandes fascistes d'Anders,
la faeon don't sont consentis les emprunts am6ricains
'de manibre a faire comprendre a l'electeur frangais que
plus le gouvernement frangais sera r6actionnaire, plus
les credits accords seront important. Tout cela est
l'ex'pression pratique de la politique que condamnent
les milieux progressistes des U. S. A. et du monde en-
tier. Les m6thodes 'de pression sur l'opinion publique
et la politique int6rieure de la France de la part des
U. S. A. ne peivent pas ne pas inspire des craintes 16-
gitimes aux autres Etats europ6ens. L'histoire de ces
dernieres ann6es a montr6 par l'exemple de la Gr6oc
que si un peuple'doit 6tre priv6 de la liberty 'de choix,
si on lui impose un regime r6actionnaire hai, cela en-
traine in6vilablemen) le enforcement du disordre 6co-
nomique, l'aggravation ,de la situation politique int6-
rieure et des provocations qui pr6sentent un danger s6-
rieux non seu'ement pour le pays en question, mais,
aussi, pour la cause de la paix dans le mon'de entier. ,
(LEONTIEV.)

b) AnPAs L'ENTREVUE STALINE-STASSEN (ProMda, 13/5)

< Les paroles de Staline demandant de computer avec
le fait hislorique de l'existence 'de deux systemes ont
un son particulier actuel. Ces derniers temps, dans cer-
tains milieux capitalistes, on a pu observer une ten-
dance A oublier des faits 6vidents. Ce n'est qu'ainsi
.qu'on peut expliquer 1'apparition dans certain pays
capitalistes de pr6tentions sans fon'dements a irmposer
aux autres Etat.s leur propre ideal sans tenir compete des
,d6sirs ni des int6rets ,de ces Etats. Ces conceptions, qui
temoignent d'une perte compl6ie du sens 'de la r6alit6,
ne peuvent pas contribuer au enforcement de la colla-
boration international. Im'mediatement apres la publi-
cation du texte .de la conversation Staline-Stassen, cer-
tains organes de la press anglaise et am6ricaine cher-
chirent A en d6former le contenu. La collaboration en-
tre 1'U. R. S. S. et les puissances occi'dentales n'est ima-
ginable pour eux que sous la forme de 1'abandon par
l'Union Sovi6tique dA ses positions dans la solution des
grands probl6mes internationaux. Il est inutile de mon-
trer qu'une telle x interpretation 7 n'a rien de com-
mun avec l'i'd6e de la collaboration de deux systemes
fond6s sur la reconnaissance d'une complete CgaiitB des







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANGtRE 7


droits des parties et du respect mutuel indispensables
A la r6alisation de cette collaboration. L'interview 'du
camarade Staline remplie, comme le reconnait toute
I'opinion publique progressiste d'Europe et d'A;mrique,
e de sentiments ipacifiques et de volont6 de collabo-
rer ,, jouera un role immense pour demasquer ceux qui
veulent A l'heure actuelle imposer aux peuples 'des re-
gimes r6actionnaires, tout en accusant hypocritement,
sans aucun fondement, l'Union Sovi6tique de vouloir
installer de force son system dans les autres pays.
(LEONTIEV.)

IV. PRESS SUISSE

a) LA SITUATION EN ALLEMAGNE (Joultlal ide Geneuc,
14/5) :
< Le premier ministry de Baviere, M. Erhard, 1'un
des leaders du parti catholique, vient de prendre une
initiative don't l'audace eft paru inconceivable il y a
quelques mois. II a convoqu6 ses colleagues, presidents
,des gouvernements r6gionaux, a venir conf6rer avec
lui, a Munich, le 6 juin. L'objet de cette reunion est de
discuter 'des measures propres A arreter le glissement de
1'Allemagne dans le chaos politique et Bconomique. II
semble que le g6enral Clay, chef des forces ambricaines
d'occupation, a 6et avis6e de cette demarche et qu'il. ne
s'y est point oppose. Reste a savoir si les Russes et les
Frangais donneront aux ministres r6sidant 'dans les ter-
ritoires qu'ils controlent l'autorisation de participer a
cette conference.
Quoi qu'il en soit, l'initiative de M. Erhard a une
port6e symbolique : c'est la premiere fois qu'un homme
politique allemand essaie de reconstituer par-dessus les
barrieres 'des zones interieures, l'unit6 de son pays et
d'elaborer avec ses compatriotes un programme de re-
construction. Qu'est-ce A dcre, sinon que les Alletnands
n'attcndent plus leur salut des vainqueurs et que, devant
la carence de ceux-ci, ils .sont 'd6cid6s a trouver eux-
m6mes les rem6des qu'exige une situation de plus en
plus confuse et malsaine. A vrai dir, on ne saurait s'en
ktonner. L'6chec de la Conference de Moscou a cause
une impression profonde outre-Rhin; il prolongera un
6tat de choses qui 'devient insupportable, et il est A
craindre qu'au seuil de l'hiver prochain, aucun pro-
gres n'ait 6t6 r6alise en vue de r6tablir sur I'ensemble
du territoire occupy l'indispensable circulation des
marchandises et la coordination des efforts de produc-
tion.
Si des measures rapides ne sont pas prises pour r&-
tablir .des conditions supportables, la situation s'aggra-
vera, et les vainqueurs en subiront les effects. Ils ne
se manifesteront pas seulement dans le domaine finan-
cier, par une reduction des revenues que le bassin mi-
nier peut rapporter, mais ils affaibliront l'autorilt et
le prestige des Allies que les Allemands considerent
deja comme de pietres administrateurs.
Certes, 1'antagonisme entire Russes et Anglo-Saxons
est la cause principal de l' tat de choses actuel, mais
une entente parfaite n'existe pas entire les Anglais et
les AmBrioains; les premiers voudraient r gir 1'Allema-
gne selon les principles 'du socialisme; les seconds res-
tent partisans d'une economic liberale et ne desirent
pas que l'on nationalise les sources de production, soit
les mines et les grande fabriques. Ce different theori-
que retarde la mise en march de l'in'dustrie.
Aussi n'est-il pas .tonnant qu'en presence de ces re-
tards et de ces atermoiements, le premier ministry ba-
varois, representant d'un Etat of l'idee f6edraliste est
la plus forte, ait n6anmoins relev6 dans l'invitation
a'dresske A ses collogues que toutes les parties de 1'Al-


lemagne etaient solidaires. Les Allies peuvent se dire
qu'ils ont coniribu6 a susciter ce r6veil du nationalism.
11 n'est que le fruit de leur incapacity & s'entendre en-
tre eux et A accomplir une oeuvre constructive. >
RENr PAYOT.
b) LA CRISE GOUVERNEMENTALE EN ITALIE (Basler Nach-
Atchten, 13/5, ed. du soir).
< Depuis que la France a kcart6 les communists de
son gouvernement, l'lLaie est un des dernlers pays qui,
dans la parties de I'Europe non occupee par les Ku.sses,
possede encore un minister avec participation cummu-
inaie. On comprend dans ces conultions que l opinion
publique monuiale se demand avec un vif inter& si
11tane va suivre l'exempie de la France ct s'elforcer
6gaiement de constituer un Cabinet sans le concurs de
ce parti. 11 est plus lacie de poser la question que dy
repundre; car en Itauie ou I'on a normaiement tenuance
A imiter les Frangais, la situation sur le plan inerieur
et sur le plan .exterieur se presence d'une tagon tout
autre que ,tans la tepublique sueur; et il n est nulle-
ment dit, croyons-nous, que ies cliangements qui vien-
nent de se produire dans la structure poiitique de la
France doivent au bout de quelque temps -entrainer des
modifications indentiques en itaiie.
Le pari socialiste surtout, qui a joue un role si deci-
sif lors des derniers evenements de France, posseae.de
*ce c6t6-ci des Alpes une physionomie tout a fait diff6-
rente. Ici les socialistes n'ont plus a craindre de perdre
leur force et leur autonomie, car ils en ont fail bon
march depuis longtemps. Il est .significatif que
1'Avanti, organe du parti, ait condamne avec une ex-
treme vigueur I'attitude des camarades frangais, faisant
ainsi plus ou moins chorus avec les communists. Voili
qui en dit long. Mais au point de vue extirieur aussi la
situation diftbre -radicalement. La France est l'un des
pays victorieux, elle veut retrouver sa prosperiL, et
une place important dans le monde; les ouvriers fran-
cais eux-memes paraissent avoir compris que cela n'est
possible qu'avec l'aide anglo-saxonne., L'Ialie, au.con-
traire est une nation vaincue, qui ne r&ve plus de poli-
tique mondiale ni de puissance, et les grandes masses
populaires, largement prol6taris6es par la guerre, forte-
ment impr6gnees de tendances anarchistes et douses
d'un instinct des plus mediocres en matiere de politi-
que 6trangere, ne sont point du tout' persuadees encore
de la n6cessit6 d'une orientation occidentale...
Pour le moment rien n'indique en Italic que les com-
munistes d6sirent sortir du gouvernement, abandonner
la taclique de l'unit6 national > et enireprendre une
offensive d'un nouveau style. Les BvBnements qui se
d6roulent ces jours-ci en Italic on se trouve de nou-
veau en pleine crise montrent qu'ils se dirigent dans
le sens oppose. Le president du Conseil de Gasperi
ayant propose la semaine' derniere d'l6argir la base du
gouvernement, le parti communist a r6pondu, ainsi
que ses dociles allies, les socialists de gauche, par un
refus cat6gorique. Jl a declare qu'il considerait ( un
remaniement du minister A l'heure actuele comme nui-
sible et dangereux, et qu'il jugeait n6cessaire, aujour-
d'hui plus que jamais, l'union de toutes les forces d6mo-
cratiques de la Nation. > Les communists italiens veu-
lent done rester au gouvernement, quoi qu'il arrive. II
leur imported visiblement beaucoup de ne pas perdre le
control qu'ils ont L'cquis avec peine au course de ces
dernieres annees sur presque tous les secteurs de la vie
publique. s
(Du correspondent A Rome des Bolser Nachrichten.)


S. P. Imp.. '17, rue Nicolo. Paris SAl.oos




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