Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: May 13, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00092
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

Full Text


SERVICES FRANQAIS
IYINFORMATION
(MINIST BE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANCAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'IN~ORMATION
SET DE PRESS ,


BULLETIN



DE PRESS


13 m,ai 1947.


QUOTID



ETRAN


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) L'avenir die 'Allemagne (2t ins, 13/5).
.b) Les Legociations comnme'rciales anglo-sovi-ti-
ques.
1. Dailly "ieidr~ (13/5).
2. Daily. Tellgraph (13/5).
c) L'avenir de la CorBe (Tinmes, 1375).
II. PRESS AM.RICAINE.
1a) La situation interieure en France (New Ypurk
Hie faild T71bunie, 12/5).
b) L'aide amn6ricaine aux pays eIrangers (New
York HleIzo1bd Trilbuine, 11/5).
111. PRESS SOVItTIQUE.
IV. PRESS SUISSE.
a) L'avenir *de I'Allemagne occidental (Gazellte de
Lauilsanne, 13/5).
b) La politiquie etrang&re des Etats-Unis.
1. Jo;ltn#cd' de Geneve (13/5).
2. Nia'ti olal Zefiltgin (12/5), edition du soir.


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press brillannique du 13 mai 1947
La press de ce matin abonde en photographies de la
famillc royale ct en longs articles sur son retour dans la
capital britannique. L'importance de cet 6venement n'efface,
cependant pas les graves soucis que causent a 1'opinion
l'6volution de la situation en Alcmagne occidental.
1. Altemagne
Tons les journaux annoncent que le g6enral Clay et le
gdndral Robertson ont envoy des t6lgrammes i Washing-
ton' pour demander au Combin'ed Food Board d'envoyer
d'urgence des vivres en Allemagne afin de sauvegarder la
fusion economique des deux zones.
Le correspondent du Times decrit la gravity ie la situa-
tion .en ces terms : < Les manifestations qui ont eu lieu
a Hambourg, impressionnantes par leur came et leur una-
nimit6, ne seront pas les dernieres.
Le correspondent du'Manchester Guardian announce que
les rations alimentaires sont tomb6es dans la Ruhr A 7650
calories, : Si les Allies croient dans les droits des Alle-
mands, il est grand temps qu'ils les mettent en pratique, de
maniere que le people allemand ng soit pas detruit ni 'PEu-


rope avec lui. Le movement de resistance passive fait
des progres. ;
D. Martin, dans le Daily Herald, announce que 400 chefs
de syndicate de Dusseldorf ont envoy pour ainsi dire un
ultimatum aux autoritis britanniques, aux terms duquel
ceux-ci se ddgageraient de toute responsabilit6 si la situa-
tion alimentaire ne s'am6liorait pas imm6diatement.
Selon le Daily Express, le igouvernement britannique se
verrait peut-6tre oblige d'envoyer en Allemagne des livrai.
sons de vivres qui etaient destines. at la Grande-Bretagne.
D'aprBs le Daily Mait, les conversations qui vont avoir
lieu prochainement, et auxquelles prendraient part M. Bevin
et Lord Pakenham, pourront avoir des repercussions pro-
fondes sur I'avenir de l'Allemagne occidentale.
2. France
Le correspondent du Times a Paris announce que M. Ra-
madier a commence hier ses. entretiens avec les chefs de la
C.G.T. en raison du renversement de 1'attitude, des socia-
listes et du M.R.P. vis-a-vis des syndicats de l'acier et qui
s'opposent maintenant a la gr&ve apres l'avoir soutenu'e.
Pour le correspondent du Manchester Guardian, l'augmen-
tation de la production, et par consequent des primes au
rendement, est li6e a celle de la livraison de carbon et de
matieres premieres, car la limited de production sur la base
des fournitures actuelles de carbon a Wtd atteinte dans un
nombre toujours plus important d'entreprisps.
3. Etats.Unigs
Plusieurs journaux annoncent la d6mission de M. Dean
Avlheson sans 'accompagner d'aucun commentaire.
4. Abyssinie
Salon M. Moore du Daily Telegraph, 1'U.R.S.S. s'int'resse-
rait particulisrement A l'Abyssinie. L'U.R.S.S. s'y livrerait i
une active champagne de propaganda. Ce correspondent y
voit le premier indice de l'extension de l'influ'ence sovid-
tique dans l'Afrique orientale. Dans un autre article, public
dans le mime' journal, ce correspondent 6tudie la question
de PErythr6e et estime que ce territoire pourrait, lc cas
dcheant, revenir a' 1'Abyssinie.
5. Inde
Certains journaux laissent entendre que la Grande-Bre-
tagne pourrj tre amenie h quitter l'Inde avant juin 1948
en raison #l'aglgravatTon constant de ]a situation.
Le News Chronicle estime que 'ajournement de la ConfP-
rence a fait mauvaise impression et que, d'ailleurs, les dis-
sensions sont si vives entire les parties rivaux qu'il ne faut
pas s'attendre a des rdsultats decisifs.
a) L'AVIEIR DE L'ALLEMAGNE OCCIDENTAL ('l'inS.
13/5) :
<< L'Allemagne constituera sa'ns aucun doute le prin-
cipal sujet du rapport que doit faire M. Bevin sur Ja


Nouvelle 6Srie N 667


I -- - -
- I






2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGBRPE


Conference 'de Moscoua la Chambre des Communes,
jeudi prochain. Mais la Chambre s'attend sa.ns aucun
doute ce qu'il considire l'avenir tout aussi bihen qu'il
s'6eten'dra sur le pas's6. L'impasse a laquelle on a about
au sujet doe l'Atlemagne est une question famili;re; el,
dtant donan que des .probblames les plus vastes devront
rester sans solution jusqu'a la prochaine reunion du
Conseil des ministres des Affaires etrangeres a Lon-
dres,,en .novembre prochain, il est d'autant :plus urgent
de r6soludre les questions particuliLres allemandes qui
tombent sous le coup de la jurisdiction britannique
La crise alimentaire q.ui, sevit en Allemagne 'el parti-
culierement dans la Ruhr, est une chose bien connue
,de tous et m1mie 0on y est si habitual qu'elle risque
'd41tre accepted come 'un .6tat permanent.
La situation s'am6liore ou empire d'un mois sur i'a.n-
tre; la seule certitude qu'offre la situation actuelle, c'est
que les hoses resteront dans cet 6tat. deplorable au
moins jusqu'en juillet. Elles ne sont probablement :pas
plus mauvaises qiu'elles ine P'ont 6t& bien souvent au-
paravant. Mais cc qu'il y a de tragique et ce qui cons-
titue une menace pour l'avenir, o'est qu'elles ne sont
pas meilleures qu'il y a unn an.
Le probl6me de la nourriture constitute la difficult
essentielle. M&me la 'production de carbon en dependd.
On ne peut guvre es;prer que la population -de 'Al-
lemagne occidental pr6f6re t'organisation politique et
le mode de vie que la Grande-Bretagne 'et 1'Ame.rique
,voudraient lui voir adopter A 'des expedients plus radi-
caux et desesp&brs.
Les pourparlers qui ont lieu actuellement entire les
,autorites anglaises et am,6ricaines en Allemagne et qui
concernen-t une organisation appropriee de la zone fu-
sion.ne portent manifestement sur des problems cons-
titutionnels et administratifs. Mais une insistence trop
grande sur les forms constitutionnelles et les doctrines
pourrait empiecher de voir les buts strictement prati-
ques et 6co-nomiques de ces negotiations et retarder leur
conclusion heureuse. La tAche A r6aliser n'est pus ,tant
de cr6er une organisation administrative, theorique et
id6ale, ique de r6aliser une fusion 6conomique effective.
II n'y a aucune raison de craindre qu'on ne par-
vienne opas bient6t a uan accord pratique et r6aliste an-
gl'o-americain sur 1a structure administrative de la zone
,fsionn're..
Si une fusion economique entire la zone anglo-am6-
ricaine et la zone francaise s'alv6re impossible pour le
moment, 'du moi-ns devrait-on rechercher une coop6ra-
tion plus 6troite entire celles-ci par une s6rie 'd'accords
,conomiques effectifs, que l'o.n pourrait chercher A r6a-
Jiser au course des n6gociations qum vont s'ouvrir a Pa-
ris jeudi prochain. v

b) LES NEGOCIATIONS COMMERCIALS ANGLO-SOVIETIQUES-
1. D,aiyl Healjaoi (13/5), travailliste :
<< Lorsque des questions de strathgie ou de s6curitl
militaire ne 'sont pas en jeu, les Britan.niques et les Rus-
ses p.euvent fort *bien s'entendre. 'C"est ce que prove
Je rapport ,que M. Harold 'Wilson, seor.taire au Coim-
merce exterieur, a fait au 'Parlement sur les ngocia-
tions commercials qui se sont ddegounl6es A Moscou.
Avant la guerre, les exportations russes coftip.renaient
du bois eet des oar6ales. Aujouird'hui, nous avons encore
besoin de ces deux products, et bea-u'coup plus que ja-
mais adparavant.
En change, la.Russie reclamait surtout des machines
pour realiser ses plans ,quinque-nnaux.
'Cette ann6e, M. Wilson a trouv6 les positions inchan-
g6es. La Rus.sie espnre avoir un surplus de bois en 1947
et davantage par la suite. Mais elle doit se pirocurer des


nmchines et des moyens de transport pour mecaniser
son ind-u-strie du bois.
A Moscou, des informations ont 6t 6echangees sur les
marchandises que chacun des deux pays desire obtenir
'de 'autre. C'est << dans une atmosphere d'amiti6 et de
franchise > que les ,premieres measures out ,t6 prises
pour une reprise des (changes entre les deux pays. Les'
negotiations vont se p)ursu'ivre A Londres.
Ainsi nos besooins. r6ciproques nous fournissent un
terrain d'entente avec la Russie, ce qui en son temps
aura ccirainement une influence sur les relations poli-
tiques. Pour l'ensemble des citoyens des deux pays,
i.l est beaucoup .plus important d'Bchanger lest fruits die
leur travail que de discuter de frontieres et d'id6olo-
gies. >
2. DxiBy T!el e Ip~h (13/5), conservateur :
<< M. J.IH. Wilson, secrr6taire au *Commerce exterieur.
a faith un ra-pport encourageant sur le ton' des r6centes
niegociations quLi se sont .deroulCes A Moscou. II faut
esperer sinc6rement qu'on parviendra i des, r6sultats
plus positifsi que :ceux qui ont decouli jusqu'L mainte-
nant des negoci.ations. analogues qui se sont poursui.
vies de facon inte.rmittente au course de ces trois der
nicres annees.
II est reconfortant, a uin moment.o .les rappo'ts an-
glo-so.viktiques se presenteont sous un jour sombre, de
voir s',ouvrir des perspectives plus brillantes dans le
domain co'numercial.
Le principle qui -consiste a ne pas pernmetre aux d6s-
accords dilplomatiques de trouble des rapports com-
merciauX amicaux est'sage, et ill est fondk sur 1'argu-
ment que les affaires apportent des avantages .rcipro-
'ques et que l'amitiA nde dan's u-n domain peut s'eten-
:dre a d'autres. Dans le cas present, ceux qui se sonl
rendus A M.osiou avec le ministry des: Affaires 6tran-
geres sont unanimes 'pour dire que les dommages subis
par -la Russie du fait 'de la guerre sont .effrayants. Par
consequent, ses besoins en products essentiels ;pour
am'diorer, ses conditions 'de vie sont urgent. De notre
c6te, nou.s n'aivo:ns jamais cachA nos besoins en matieres
premieres et en vivires 'que la Russie se mo-ntre main-
tenant en measure de fourniir. L'intr,&t .rciproque que
pou's avons A d6velopper le commerce entire onos deux
pays n'a jamais 6t6, aus'si fort; et mainte-nant ,que cba-
1kun de nos deux pays connait les besoins de 1'aut're,
le seudl point a 6claircir, en dehors de la question des
icrddits, o'es't de ,cnnaitre les quantitis de ces mar-
chandises qui jpeu'vent Utre fournies. Lorsque les 'dis-
,cussions Ire;prendront a Londres, il faut 'esp6rer que des
ideux parties pourron.t offrir de grandes quantities de
marchandises' sans porter prejudice A leur 6conomie
int6rieure et sans laisser les .exportations d6pendre de
la politique.

c') L'AVENIi DE LA COREE (Ti'naes, 13/5)

< A la suite des pourparlers americano-,russes qui ont
suivi la note de M. Marshall, le '6 avril, on esprre sortir
de l'impasse qui avait empiech6 la formation d'un gou-
vernement provisoi're core6en.
L'Union Soviitique a reconinu la n6cessit6 de sortir
rapidement die rimrpasse qu.i a 6til tout a la fois en-
nuyeuse pour les Coreans' et ;pr6judiciables aux Allies.
M. Molotorv a maintenant proposA que la commission
mixte, apires avoir 6tabli un gqguvernenent provisoire.
coreen, 'mette au point un certain .nombre de measures
acceptable Ipar les Etats-Unis et l'Union Sovi6tique
pour a.mliorer ila situation ,politique, Aoonomique et
social de l'ensemble 'du people corCen. Si I'on vent pal-
lier A la division actuelle de la Co'rBe en deux tenri-




I







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 3


toires distincts divisib'n aussi lamentable qu'impre-
vue *par: adoption d'une politique commune suivie
Ipar les Etats-Unis et l'Union Sovi.tique, l'amnlioration
tie la situation danis .ce pays ,pourrait encore refl6tar le
pplan pratique des intentions bienieillantes exprim'ees a
Yalta. ,


S II. PRESS AMERICAINE


Revue die la press amijricaine dit 12' miai 1947

1. Situation francaise
La situation politique et dconomique de la France et
P'emprunt accord par la Banque Internationale font I'objet
d'articles et d'un certain nombre d'bditoriaux de la press
americaine. Un d.ditorial ddu New York Herald Tribune cons-
tate avec satisfaction que le travail n'a pas Btd arrte .en
France par les manifestations organisdes pour c616brer l'an-
niversaire de la Victoire en Europe. (Voir l'article plus loin.)
Harsch, dans un article du Christian Science Monitor dis-
cute principalement de IPapplication de la doctrine Truman
en Europe ; il estime que la premiere parties de cette doe-
trine consistait ha tablir < un perimitre de defense autour
de l'Europe occidentale, tandis que la second, parties se rap-
porte a << 'organisation d'une Europe occidentale viable,
dans laquelle la stability politique et .conomique doit 6tre
rbalisbe sans la participation des communists aux gouver-
nements europdens et sans la collaboration des Russes dans
'etablissemennt d'une economie saine >. I1 remarque, a ce
sujet, que les Frangais ont dt6 les premiers A chasser les
communists du gouvernement, mais il ajoute qu'il reste
a demontrer, dans les semaines qui vont suivre, que la pro-
duction industrielle et le standard de vie augmenteront plus
qu'ils ne l'ont fait quand les communists participaient nu
gouvernement.
Un editorial du New York Times constate que le gouver-
nement Ramadier, en expulsant les communists, a parait
avoir enforce son gouvernement aussi bien que la nation...
Cela lui a permis dejh de reporter une triple victoire sur
le front colonial, financier et sur le front du travail >. Cet
editorial conclut : 4 La France march avec precaution vers
la droite. Nous pouvons etre strs que les communists fran-
gais s'opposeront a un tel movement. L'alignement future de
1'Europe occidentale depend de la violence, don't fera preuve
cette opposition. >
Callender, correspondent du New York Times a Paris,
6crit de son c6td qu'au moins, pour le moment, -les com-
munistes ont dtd isolds non pas par leur ennemis de droite,
mais par leurs camarades marxistes qui craignent la droite
antant que les communists. 11 estime que, tandis que de
Gaulle etablissait une Jigne de defense Ramadier s'est prB-
cipite au devant de lui pour en dtablir une autre, et il
ajoute que peut-&tre la line Ramadier est la premiere
ligne de defense, tandis que la ligne de Gaulle pourrait etre
consid6r6e comme une second qui n'aurait d'utilitd que si
la ligne Ramadier ne tenait pas. Mais si la ligne Ramadier
tenue par les mod6r6s suffit, alors la ligne de Gaulle tenue
par l.s gens de droite sera inutile. Puis, remarquant que
Iaucoup de personnel en France et en Europe s'attendent
i cc que les U.S.A. envoient une aide financibre aux gou-
vernements et aux forces anticommunistes, Callender con-
clut : < Tandis que les gaullistes espbrent que, nous ne ren-
forcerons pas la premiere ligne de defense, mais que nous
rdserverons notre aide pour la second ligne, ceux qui savent
cc qui se passe ici espbrent que les !U. S.A., front la dis-
tinction nicessaire. entire ces deux lignes. Si-cette distinction
n'elait pasSfaite, nous pourrions aussi bien cesser de parler
de'd6mocratie et parler seulement d'anticommunisme. >
Les correspondent de Paris signalent que, pour la pre-
mibnre fois ai Paris, les boulangeries ont ete fermees avant-
bier dimanche. Ils soulignent les measures prises par le gou-
vernement pour saisir les stocks .de bli non declares et pour
empbcher que celui-ci soit donned au betail.
Un article de Chali signal que les milieux officials fran-
gals sont optimistes en cc, qui concern les arrivages de bi6
S


des U. S. A. et qu'ils esp6rent pouvoir faire la soudure en
raison notamment de la rbcolte record de bl pr v'ue aux
U. S. A..
Les B6vnefrients d'Indochine et de Madagascar font aussi
l'objet d'un certain nombre d'articles de Paris oh 1'on si-
gnale que le gouvernement a disssout le Mouvement Demo-
cratique de Renovation Malgache.
Le correspondent de 1'A. P. & Saigon declare qu'en rdponse
a un questionnaire, M. Ho Ch'i Minh a propose que la France
reconnaisse l'ind6pendance de l'Indochine de la m8me fagon
c sage a que les U. S.A. ont reconnu celle des Philippines.
Keller crit de Paris au New York Herald Tribune qu'un
accord sign & Dalat a fixed le statut d'une federation dco-
nomique unissant la Cochinchine, le Cambodge, le Laos et
le Viet-Nam. Les seuls representants de ce dernier pays n'ont
pas sign cet accord. Get accord seraft interprRet A Paris
comme un premier pas concrete fait dans le sens d'une evo-
lution pacifique du probl6me indochinois devant mener a
l'organisation d'une federation avec 1Ia France.
De Tunis, le oorrespondant du New Yor4c Times signal
que le chef du Destour, Ben Youssef, s'est entretenu avec
M. Timberlake, du DBpartement d'Etat ambricain, au course
du voyage ade ce dernier en Afrique du Nord. Le repr6sen-
tant tunisien aurait indiqu6 P'envoy, ambricain qii'il com-
prenait que les U. S. A. devaient avoir des relations amicales
avec la France, mais qu'il espdrait que 1'Anmrique pourrait
faire comprendre aux Frangais, de fagon amicale, que la
France devrait donner leur liberty aux pays de 1'Afrique du
Nord. Ainsi, aurait poursuivi Ben Youssef, l'union avec la
France, par des trait.6s d'alliance, vaudrait mieux que le
conflit actual.

2. CoM e

La press reproduit le texte de, la Iettre envoy6e par
M. Molotov a M. Marshall en r6ponse aux demands d'expli-
eation de ce dernier concernant les n6gociations que devra
entreprendre Ia Commission mixte ambricano-russe. Les cor-
respondants de Moscou interprbtent cette lettre comme une.
acceptation ides vues exprimbes par le g6enral Marshall.
Ceux de Washington indiquent que le D6partement d'Etat
n'a pas eu encore le temps d'btudier cette lettre de. I. Mo-
lotov, mais, d6ji, 1'editorial -du N'w York Times consid6re
que la nouvelle attitude, de M. Molotov est encourageante.
Par ailleurs, les correspondents politiques de Washington
indiquent qu'un emprunt ambricain a la Cor6e sera, dans
un avenir trbs proche, vraisemblablement propose au Con-
gres par le gouvernement ambricain.

3. Al2em(agne
La gravity de la situation bconomique allemande est sou-
lign6e dans des articles datbs de Berlin que. rapportent en
particulier les declarations de lord Pakenham. Cette 'situa-
tion provoquerait une certain inquibtude dans les milieux
amrricains qui s'efforcent d'accl6rer I'unifioation Acono-
mique des deux zones anglaise et ambricaine.
Le New York Times fait btat d'une lettre du pasteur Nie-
.mller adressbe a un group de protestants ambricains qui
avaient organism sa recent visit aux U.S.A.. Dans cette
lettrc, Ie pasteur declare notamment que le people est con-
vaincu maintenant que toute la propaganda en faveur de la
dlmocratie a etd une illusion pire mbme quecelleproduite par
la propaganda. do Hitler. II denonce la situation alimentaire
allemande e' les transferts des populations allemandes, db-
clarant qu'ils ne peuvent avoir qu'un but, celui d'exterminer
la nation allemande jusque dans ses racines.

4. Grbae
Les journaux liblraux comme le Chicago Sun et le Saint-
Louis Post Dispath se demandent avec une certain inquid-
tude comment*la doctrine du President Truman va s'appli-
quer it la Grbce, maintenant que le Congrbs a vot6 les fonds
ndcessaires pour une aide Bconomique et militaire Lila Grece.
Lt premier desirerait que l'intervention americaine en
Grbce ne .se fasse pas dans un sens trop partisan qui conso-
liderait les elements de droite au pouvoir. Le second se
f6l'icite que 7ambassadeur am6ricain a AthBnes ait eu ides






4- -. -- BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE tTRANG*RE


conversations avec les chefs politiques grecs pour la forma-
tion d'un gou-vernement de coalition plus etendu.

5. Palestine
tes debats h r'. N. U. sur la Palestine continent. a nccu-
per la premiere page des journaux, du fait surtout des atta-
ques portles par Mme Freda Kirchwey, editeur de la revue,
Natiop, centre les repr6sentants arabes 'I'O. N. U., colla-
borateurs Tu Grand Muphti. P. i. reproduit en particulier
les pnotogra'phies de Kamal le montrant, avec le 'Muphti
quand celui-ci prononvait des discours A la radio allemande.
11 Teproduit egalement le fac-similS d'un requ remis par Ic
Muphti au consul allemand de TBtouan, requ d'un montant
de 34.773 dollars amiricains et de 59.115 reichsmarks, et le
fac-simili d'une'lettre du conseiller de 1'ambassade. du Ja-
pon 'A RofiVd remerciant le Muphti pour le discours radio-
diffuse qu'il avait pr6par6 pour les Musulmans du Sud du
7'acifique et des Indes.

6. -- Jdrusalem
Les correspondents A.P. signalent que le D6partement
d'Etat a refuse les visas de deux personnalitds arabes, l'une,
Ithalidi, a cause de sa collaboration avec l'Allemagne, et,
l'autre, Budeiri, en raison de son affiliation polittque de
gauche,.

a) LA SITUATION INT9rIEEURE EN FRANCE (New York He-
;rirod Teriblrne, 12/5) :
< La Franoe a c6 6bre avec un certain retard le
deuxiime .anhiversaire de la, fin < officielle >> de la
guerre en Europe, pairce qu'en fait la guerre n'est pas
encore fliiie pourr le people frangais.
..'ajourinement des ce6remonies comm6mnora'tives ne
constitue. peut-&lre pas un, fai 'bien important en lui-
mmem. Mais il symbolize un Mtat d'estprit en France qui
s'est mianifest6 par 'des decisions pratiques dans bien
des domaines et permret d'epeclrer tque les problems
politiqiues qui divisent les Francais pouarront 6tre su-
i6ordonti6S kia tfi.che essentielle de reconst'ruire la na-
tion. L'iidice le plus encourageant, suivant de ptr6s les
menaces de ]a crise ministrielle et le d6 uembrenment
de la coalition gouvernemeniale, fut la fin' de langrive
des usines Renault et les perspectives qu'e'lle offire pour
la resolution des conflicts sociaux et l'augmentatibn de
la ,pToduction.
On ne peut dire encore si le .gouvernement, don't
les communists sent maintenant 'exclus, se propose 'de
g6neraliser le syst6nie des primes A la production dans
I'in'diustrie franicaise. Cette question doit, en effet, t1re,
d6cidae au course de conferences 'r6nissiant le Presi-
dent du Conseil, M. Ramadier, et les d6elgu6s de la,
C, G. T. Mais la possibility d'une solution constructive
mettant un term au conflict cntre les ouivriers el le
gouv'ernemenl sugar la ,question dies prix et des salaires
semible plus ipirobable ap'r5s cet heureux dhbut.
Non mioins, encourageante est I'intention apparent
ides communists tfrancais de chercher a mettre fin a
ce' conflict de la m6me facon bien qu'ils aient 6t&
;exclus Adu cabinet plut6 t que de chiercher a user de
leur influence au sein de la C. iG. T. pour mettre le
gouvennement dans l'embairras. S'ils suivent cette ipoli-
tique, ainsi qu'ils ont promise de le faire, on a tbuites
chances de voir la stability se maintenir dans heaucoup
de branches de P'6conomnie fra.n.gaise, sans ceder A la
p.ression de l'inflation et en d6pit des divergences.poli-
tiques qui pourront retenir attention de l'Assemblie.
Ce se'rait 6-vidlemment une ironies du sort de voir Ile
.go.uvernement adopiter l.a solution communist pour r6-
sbudrie-ui problbme qui a prTovoqu il'exclusion des
coijmmunisulesfs diic.abi-net. Mais la politique franchise pa-
raitra b baucoup moinms confuse aux yeux des Fr.ancais
i pour ne ipas parler du reste du monde si l'on est


d6barrass6 de cc semblant de coalition compose d'616-
ments oip'pos6s,; et si 'cette clarification de la ,politique
se product sans aucune repercussion sur le plan indus-
triel, la nation y gagnera ve6itablement. Et ce
qui seTt a la France aujourd'hui pourra servir aussi A
]'Eurolpe occidental qui a subi de si terrible rava-
ges. >

b) L'AIDE AMIBRICAINE AUX PAYS STRANGERS ,(e wV York
Hirk1ar~tM.riblunp, 11/5) :
< La Chamlbre des, Roepr6sentants faisant preuve d'un
r6alisme r6confortant a a,pprouv,6 le Iprogramme du
president Truman rellatif a l'aide am6ri-caine a la GrBov
et A la Turquie.
En v6rit6, la doctrine de M. Truman -telle qu'elle a
t61 adoptie par le lSnat et-la Chambre ne constitue quw
les bases d'une politique.
La tAchie qui consiste a formuler et A appliquer la
ipolitique A suivre sur 'les bases aipprouvtes par le Con-
gr6s est complex et delicate. Elle nce'ssitera la coo-
p6ration des Grecs et des Turacs pour maintenir l',ordre,
pour constituer des Etats assez forts int6rieurement
pour 'q'une aide ext6rieure telle que celle des Etats-
Upis ne fasse .que les renfo-rcer. Elle demandera 1'adop-
tion d'une Ipolitique sense et .nergilque pour l'ensem-
ble du 'Moyen Orient, ssi 1'oa ne veut 1pas-qle la Gr6ee
et la nTurquie deviennent uniquement des < enclaves' >
professant de L'amiti6 ;pour les Etats-Unis et qui soient
enlo.ur6es par des, pays, hostile ou en ptroie au dsor-
dre. Voil,' qui exige une int6egratioan ,profonde e la po-
litique eam rericaine dans la politique des Nations Unies
et un recourse auasi large que possible aux services de
10. N. U. II est nlEcessaire ggalemIent que la politique
snivie dA l'6gard de Ia Grtce tde dla Turquie soit subor-
donnee avec la politique g6n6rale des' U. S. A. sur les
plans 6conomique et 'diplomatique en tenant compete de
la n6cessit6 d'6iablir de bones relations russo-amari-
caines. C'est-A-dire que l'aide .aippqrte a la Gr6ce et A
Ia Turquie ne doit .pas constituer 'un empchement
pour arrivler a tun accord avec la Russiae, si un tel a.c-
-cord peut ktre 4tabli dans, ',es conditions 6quitahbles et
honorable. a


.III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovidtique da 11 et da 12 mai 1947
Les questions de politique trangSre sont dominoes une
foies plus par la politique amricainc, qui fait 'objet de
la plus grande parties des tel6granmmes et d'un certain nom-
fre de commentaires.

1. Les files de' la Victoare
Dans les journaux du 11 et dans la Pravda du, 12, untl
s6rie de tl66grammes de 1'6tringer rend compete oes cere-
monies du jour de In Victoire en Bulgarie, Yougoslavie.
Honigrie, Roumanie, Tchecoslovaquie ,et France.

2. Questions internatiOnales
Les journautx du 11, sauf la Pravda, reprqduisent le
compete rendu Tass public la veille dans l'organe du part
communist sur la s6ance du 8 mai du ComitB politique
de I'O.N.U. La Pravda dwu 12 public 6galement le compete
rendu de la seance du 9 de ce nmeme comit6. En rapport
aver les decisions de I'O.N.U., un telegramme de P'agence
Tass est reproduit de Tirana sur les recentes provocations
grecques I la frontibre albane.greoque. Celles-ci confirment
Li n6cessite de 1'envoi d'une sous-commission du Conseil
de scturit6 aux frontieres nord de la Grece. Dans la Pravda
du 12, un i6legramme 'ass de Londves met en relief la con-







BULLETIN. QUOTDIfEN, DE PBESSE ATRANGARP :5


elusion de l'accord anglo-franco-amnricain sur le p6trole de
l'Irak. Il souligne la clause qui prevoit la cessation de cet
accord pour le cas. oif la France serait de nouveau occupde
par une puissance ennemie.' Efin, dans la Pravda du 11,
sous le titre e Question brftlante , Isakov consacre un arti-
cle. a la question des personnel d6plac6es. II s'en prend
surtout ki l'attitude des Autoriths d'occupation des zones occi-
dentalcs a 1''gard des citoyens sovieti'ques qui sc trouvent
dans les camps de personnel deplacees qui sont en butte
a une propaganda anti-sovietique constant sans que ls6
officers sovietiques de rapatriement puissent entrer en con-
tact avec eux. et qui sont en outre sollicitcs pour dmigrer
en Antgleterre, en France et dans les Republiques Sud-AmB-
ricaines.

,3. La lulle pour la ddmocratie
Les journaux soulignent une aggravation de. la situation
politique .en Italie. Le correspondent de I'agence Tass relieve
'influence des dvenements politiques frangais sur la reaction
italienne. La Pravda critique vivement P'attitude du part
socialist frangais et rend compete de la derniure stance du
Coanit6 central du parti socialist italien.
Au second plan, une sdrie de nouvelles : la crise gouver-
nementale en Finlande, proces des criminals de guerre japo-
nais, action des partisans grecs, interdiction du parti com-
muniste au Bresil, d6bat sur Madagascar i 1'Assembl6e Na-
tionale frangaise, rdvolte du riz a Shanghai et menace de
greve de la Fed6ration chinoise aux ouvriers de cette ville,
le ch6mage dans 1'Etat de New-York.

4. La politique amdricauie

Au premier plan, la question de l'aide A la Gr6ce et a la
Turquie : t6l6grammes sur I'adoption h la Chambire des
Repr6sentants du project de loi Truman. Le correspondent
Tass insisted sur le rejet syst6matique des anendements et
sur les declarations des opposants. Ce tIl6gramme est suivi
d'un autre annongant la demand par le president Truman
d'un credit de 25 millions de dollars pour contrbler la
loyaut6 des fonctionnaires des U.S.A. L'Etoile Rouge public
des extraits du journal P. M. montrant leads dangers de cette
politique. Tons les journaux publient 6galement sous des
tires divers une didpche de New-York reprenant des infor-
mations de United Press et du New York Herald Tribune
suir les mendes de l'ambassadeur ambricain en Gree pour
la formation d'un nouveau government. La Pravda public
un long teligramme de Washington d'apr6s une publication
du Ddparfement d'Etat americain sur les livraisons d'arme-
ment amiricain A la Grece et aux autres pays. Au second
plan, une serie de t6l6grammes divers :
Fourniture d'arnmement am iricain a l'Iran, declaration du
ministere de la guerre aux U.S.A. sur la construction
d'usines de guerre souterraines, enr6lement d'aviateurs japo-
nais par les autorites am6ricaines, d'occupation, efforts des
ractionnaires hollandais pour transformer la Hollande en
une colonies du Capitole am6ricain, demand hollandaise
pour l'obtention d'un emprunt am6ricain en vue de la re-
construction de l'Indondsie.
Les journaux reproduisent une court citation du News
Chronicle sur l'aide ambricaine A la France, don't le seul
but est a d'en finir avec les communists ,.
'Parmi les articles et commentaires, il convient de reliever
dans la Pravda celui que consacre Serge Eva a, la reddition
rdcente du livre de Lindberg : a Amdrique 60 families '.
L'auteur souligne l'6volution des id6es des 60 families am-e-
ricaines depuis la guerre. Apres la guerre, les monopoles
ambricains sont entrds dans 1'arene politique, la visiere
levee comme les ennemis du progres, come les adversaires
de la vraie d6mocratie. S'il y a dix ans, le probl6me des
soixante families pouvait passer pour une affair de poll-
tique int6rieufe am6ricaine, il a acquis, depuis ce moment-
la, une importance international essentielle. Les soixante
families pr6tendent a la domination mondiale : elles veu-
lent imposer la dictature du dollar aux autres peuples.


IV. PRESS SUISSE


a) L'AVENIn DE L'ALLEMAGNE OCCIDENTALE (Gazelle de
Luasanne, 13/5) :
< L'accord ofu se trouvent formulees'les inodalitBs de
.la fusion 6conomique des deux zones anglotsaxonnes
date du 4 d6cembre 1946. L'expdrience est commence.
II ne devrait etre question que de la pousser plus avant
et d'obtenir la collaboration des Francais.
Le problbme, cependant, n'est pas si simple. II ne
parait pas que la tentative ait 6te jusqu'ici couronn6e
de'succes. Si les Anglo-Saxons se sont accords sur le
principle de la fusion, ils ne sont pas parvenus A tra-
duire leur decision dans des faits. C'est qu'ils different
dans leurs m6thodes de gouvernement et dans la con-
ception m ine qu'ils se font de l'organisation politique
de l'Allemagne. Les Anglais penchant en effet en fa-
veur de l'Etat f6di'atif, tandis que les AmBricains se
montrent favorable a une conf6edration d'Etats. Diver-
gence de vues qu'accentuent encore les tendances fdd6-
ralistes des Etats du Sud, soumis Pl'influence amnri-
,cai'nfe.
L'exp6rience se solde pour l'inlant par un: 6chec.
Elle provoque de nombreuses reactions critiques. C'est
en Allemagne, le Dr Agartz, president du < Comite ex&-
cutif s pour 1'6conomie, qui relive avec amertume que
la fusion des deux zones n'a d'autre effect que d'en
career huit. En Angleterre, d'autre part, l'opinion publi-
que s'inquitte. Elle reclame une modification des dis-
positions en vigueur.
Mais comment en sortir ? I1 s'agit au fond de renfor-
cer l'autorit6 des < Comites exdcutifs 7, de faire en
sorte que leurs d6ci'sions aient partout force de loi. Ces
Comit6s ne, sont aujourd'hui que des instruments des
gouvernements militaires anglo-saxons. II leur manque
une base constitutionnelle.
I1 faudrait done, d6clarent certain specialists des
affaires allemandes, envisager la constitution d'un gou-
vernement central. Le moment parait favorable. L'6chec
de la Conference de Moscou oblige les Anglais et les
AmBricains a proceder A un nouvel examen de la situa-
tion. La perspective s'offre d'attirer les Franvais dans
leur camp et dejles amenner a accepted l'unification des
trois zones occidentales.
Mais il est peu probable qu'on aille aussi loin. Les
resistances A la creation d'un gouvernement central
sont trop fortes, chez les Franvais surtout et m6me
dans les milieux am6ricains. On se contentera par con-
sequent de coordonner plus 6troitement que par le
pass les travaux des divers < Comit6s executifs >. A
cet effet, leur concentration est n6cessaire en une seule
ville, don't, remarque le Times, la geographic et l'his-
loire imposent le choix. Il s'agit, on l'a devin6, de
Francfort.
Mais ce n'est li que la premiere tape, et la plus
facile aussi a franchir dans la voie d'une reorganisa-
tion de l'Allemagne occidental. Les Anglo-Saxons, qui
fort justement veulent tenir tkte A l'Union Sovietique,
doivent encore fournir la preuve qu'ils sont capable
de se passer d'elle.
(JACQUES FREYMOND.)

b) LA POLITIQUE ATRANGERE DES ETATS-UNIS.

1. Jouanal de Geneve (13/5) :
< Le programme du Pr6sident Truman a finalement
Wte adopt par le Congr6s, a une assez forte majority
au SBnat, mais avec plus de difficult i la. Chambre
des Repr6sentants. En effet, plus d'un tiers des d6put6s
out vote centre le project d'aide financiere A la Gr6ce






6 BUtLLETIN QUOTIDIAN E PRE PR E AiTRANG*R


el A la Turquie. Ce manque d'unanimite n'a pas laiss6
de frapper l'observateur impartial, car il semblait au
premier aboard que la violent compagne anticommu-
niste menee aux Etats-Unis dfit se traduire par une
adhesion plus g6nerale de l'opinion A la' nouvelle poli-
tique du President et de son Secr6taire' d'Etat. Or, un
certain nombre de faits viennent de montrer que tel
n'est pas le cas et qu'il existe aux Etats-Unis une forte
opposition,, sinon a la politique de M. Truman, du
moins aux mnoyens qu'il emploic pour 1'appliquer.
1 est difficile d'6valuer exactement importance des
divers elements qui forment cette opposition. Si le vieil
isolationism a encore des partisans plus ou moins
conscients, il semble que la plupart des adversaires dti
programme pr6sidentiel font surtout valoir des argu-
ments d'ordre budgetaire. Jusqu'a ce jour, les Etats-Unis
out accord pres de trois milliards de dollars aux pays
d6vast6s par la guerre sans que ces secours aient tou-
jours Wte inspires par des sentiments humanitaires,
comme l'a declare le sous-secr6taire d'Etat, M. Dean.
Acheson, dans son discours du 9 mai, sur la recons-
truction economique du monde. La r6alisation du vaste
programme d'intervention 6conomico-politique elabor6
par le DNpartement, d'Etat (et don't l'aide A la Grece et
A la Turquie n'est qu'une petite parties) nicessitera ]'in-
vestissement de nouveaux milliards dans des .condi-
tions d'instabilit6 et d'ins6curite peu propices A de
telles operations de credit. >
(S. STELLING-MICHAUD.)
2. National Zieitung (12/5, edition du soir) :
< Aujourd'hui encore, la tres grande majority du peu-
pie ambricain s'effraie de tout extremisme et pr&fere


adopter une politique interm6diaire nettement d6finie,
qui dans les questions essentielles exclut la tactique
d'apaisement, mais 6vite strictement aussi toute agres-
sivit6. Un Roosevelt lui-mime ne pourrait, face a 1'im-
p6rialisme sovittique d'apirs-guerre, agir d'une autre
facon que ne le font maintenant Truman et Marshall,
et c'est se tromper profond6ment sur ces deux hommes
d'Etat que de les consid6rer A un titre quelconque
conmme de simples < instruments du grand capita-
lisme >. Ils sont au contraire les porte-parole de l'Am6-
ricain moyen, qui ne comprend pas les proc6des tor-
tueux du Kremlin, qui constate que ses dispositions
confiantes ne sont pas payees de retour, qui en est
bless et se sent enclin de son c6't A la nmfiance. Il
d6pendra surtout, ici 6galement, de 1'Union Sovi6tique
elle-m&me, que 1'dvolution de la mentality amiricaine
se poursuive dans tel ou tel sens, et que ces sentiments
se renforcent ou s'affaiblissent. Les Russes sont aujour-
d'hui encore libres de choisir. Pourquoi ne renoue-
raient-ils pas avec la Turqnie des relations amicales
come celles qui exist6rent A partir de 1920 ? Et pour-
quoi seraient-ils hors d'6tat de stopper spontan6ment,
a limitation de L6nine, cette pouss6e vers la mer libre,
si dangereuse pour la paix universelle ? Puisse-t-on en
tout temps se souvenir au Kremlin de la constatation
que faisait, sur un ton de reproche. un sp6cialiste
national-al:emand des questions am6ricaines, le profes-
seur Schoenemann : << Aux Etats-Unis, seule une infime
minority de la population comprend les r6alit6s de la
politique 6trang6re. En revanche, c'est dans ce pays
une habitude ancestrale et largement r6pandue que de
voir les questions de politique mondiale sous t'angle
de la morality. >


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


!Prix : 6 francs.




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