Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: May 9, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00090
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRAN(AIS
D'INFOBRATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


DE


PRESS


9 mai 1947.


MINTSTERE


QUOTI


ETRANGERE


Nouvelle 6Srie N 664


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) Le pret 'de !a Banque Internationale i4 la France.
News ChrIon.cle (9/5).
b) Le discours -de M. Dean Acheson sur l'ai:de aml-
ricaine aux pays Otrangers.
Times (9/5).
II. -- PRESS AMARICAINE.
a) La situation int6rieure en France.
New York Herald Tribune (8/5).
b) Apres 1'interview accord6e par le Mar6chal Sta-
line A M. Slassen.
New York Heraod Tribune (9/5). Edit. europ.
III. PRESS SOVIETIQUE.
a) La diplomatic du dollar el ]a question dle la fusion
des trois zones.
'Pavda (8/5).
ib) La politique des U.S.A. et de la Grande-Bre-
tagne A l'6gard :de 1'Allemagne.
Pravdq (8/5).
IV. PRESS BELGE.
La situation int6rieure en France.
1. La Libre Belgique (9/5i
2. Le Peuple (9/5).
V. PRESS SUISSE.
La situation int6srieure en France.
1. Tribiuie de Gehive (8/5).
2. Gazette de Lausanne (9/5).


1. PRESS BRITANNIQUE


Greitiui de la press britannique du 9 mai '194p i
Certains journaux attachent ce martin une grande impor-
tance au Livre Blanc qui vient d'etre public pdr le .minis-
t6re de la Sant6 publique *et qui announce que Ic plan de
construction do nouvelles maisons ne pourra &tre mis A
execution cette ann6e en raison de la crise du combustible
de l'hiver dernier et du manque de bois de charpente. A
ce sujet, d'autres journaux annoncent on manchette que les
pourparlers 6conomiques entire la Grande-Bretagne et la
Russie sovietique font des progress important et que la
Russie sera bient6t en measure d'envoyer de grosses quaia-
titis de bois de charpente en Grande-Bretagne. L'opinion et


la press accueillent avec emprecssemcnt la nouvelle selon
laquelle cet accord commercial entire les deux pays serait
sign prochainement.
ILa France n'occupe pas une place tris important dans
les journaux de ce martin, sauf le Manchesler Guardian qui
lui reserve son plus long editorial et le Daily Telegraph qui
consacre une place assez important aux incidents dus L la
pdnurie de pain. Dans l'enscmble, aucune question de poli-
tique cxtdrieure n'occupe vraiment la vedette.
Les journaux font une part a peu pres gale aux ques-
tions alle.mandes et aux declarations de M. Acheson
1. Efals.Unis
La plupart des journaux reproduisent soil in extenso,
come le Times, soit en r6sumn come la plupart des
autres organs, les declarations que M. Acheson a faites hier
iA Cleveland. Les journaux d6tachent le passage de ce dis-
tours relatif aux rapports 6conomiques entire les Etats-Unis.
et les autres pays du monde, notamment celui oif M. Ache-
son insisted sur la ndcessit6 qu'il y avail pour les Etats-Unis
d'absorber une certain quantity de products des autres pays
de fagon A diminuer la marge entire ce don't le monde A:
besoin ct ce qu'il peut payer, et le passage oif il a declare
que l'Allemagne et le Japon seraient les ateliers du monde
moderne.
D'autre part, le correspondent du Daily Telegraph a
Washington rapporte les paroles prononcies par M. Truman
a Occasion de son 63' anniversaire. Ces paroles sont un
message de confiance. Lc president a, en outre, declar6 quv
la presence ih Paris de M. Bullitt n'a en aucune manibre un
carartere official.
2. Allemagne
Une coloIne tout entire du Times est reserve aux ques-
tions allemandes d'ordre politique et 1conomique.
Le correspondent diplomatique do ce journal croit savoir
que les Britanniques et les Amnricains envisageraient de
r6unir i Francfort les differentes administrations 6parses
dans leur zone afin de rem6nter la production et de per-
mettre aux exportations de payer les importations fournies
principalement par la Grande-Bretagne et 1'Amerique.
Le correspondent particulier de ce journal a Pranctort
pense que cetbe ville pourra fort bien devenir la capital
politique d'un Etat allemand occidental. La France pourrait
d'ailleurs joindre sa zone a ce novel lEtat. Une telle 6vo-
lution demeure 6videmment hypothdtique tant que n'aura
pas eu lieu la prochaine conference de Londres, ,mais la
decision prise par les Autorites .d'occupation de centraliser
les organismes administratifs a Francfort n'en est pas moilis
significatif.
D'apris une d6peche de Paris non sign6e publiee aussi
par le Times, M. Bidault d6finirait bient6t 1'attitude de la
France a 1''gard des questions soulev6es par la Conference
de Moscou. En premier lieu viendra certainement celle des
rapports entire la zone frangaise et la zone anglo-a.mericaine.
Selon ce correspondent, la France envisagerait de plus en
plus -une telle fusion. II ajoute que M. Bidault est convaincu


LA DOCUMENTATION FRANCAISE


BULLETIN


-- -I -- -------
- -- --- -- --








2 BULLETIN QUOTIDIEN DR PRESS ITRANGARE


qu'une etroite collaboration entire les trois puissances occi-
dentalcs, don't serait exclue l'Union sovictique, est devenue
inevitable, le fait que les communists ne sont plus an gou-
verqement elargira sans aucun doute son champ d'aetion.
Toutefois, ce commentateur estime que la fusion pure et
simple ne s6duit guere l'opinion frangaise, car meme ceux
qui sont pr6ts A voir 1'Allemagne couple en deux avec les
riques que cela entratne (la renaissance duo chauvinis'me
alemand) se rendent compete que la France serait ameni/
A abandonner certain de ses atouts. II semble probable que
l'offre d'une fusioA, si' l'on vent qu'elle soit acceptable,
devra s'accompagner de concessions aux vues frau:aises sur
l'avenir de la Sarre et de la Ruhr.
II pense que 'on tiouvera un moyen terme entire la fusion
pure et simple et l'isolement complete. L'unification de l'Alle-
magne occidentale pourra se rdalis'er au moyen d'accords
techniques complemeniaires, la zone frangaise conservant
son identity propre.
Norman Clark, dans le Newis Chronicle, announce qne les
autorites cconomiqpes britanniques ont decide d'andantir la
puissance politique et 6conomique des Junkers. 11 consider
que cette decision constitute le premier pas vers lne offen-
sive gendrale centre Ie marche6 noir et vers la reform
Agraire qui permettra de inorceler les vastes doniaines de
Paristocratie terrienne em. m.me temps qu'elle donnera satis-
faction aux classes ouvritres qui se plaignent de ce que la
distribution des vivres en Allemagne soit soumise A l'arbi-
traire des grands propri6taires.
Le Manchester Guardian et le Daily Herald anrioncent, de
leur c8td, que des dizaines de milliers d'ouvriers a Ham-
bburg vont se mettre en gr&ve aujourd'hui pour protester
centre la pdnurie de pain.
D. Martin, dans le Daily Herald, rapporte quI des convois
de b:e sont depechds on route hate vers le grand port alle-
mand.
3. France
A propos de l'expos6 qu'a fait M. Robert Schuman devant
la Commission du Budget, 1e correspondent du Manchester
Guardian A Paris resume ainsi les preoccupations do gou-
vernement.
Les deux probl6mes qui se posent au gouvernement fran-
cais sont "adoption d'un budget B.quilibrd et le r.itablisse-
mnent de la paix dans les territoires d'Ou tre-Mel. L'dqui-
libre du budget consoliderait la position gouvernementale
au sein des classes moyenncs, le retour de la paix appor-
terail un grand soulagement i. la nation tout enti,'re, mais
surtout aux classes ouvribres pour qui la guerre colonial
a toujours t6d extrmmement impopulaire.
Le correspondent parisien du Daily Telegraph annonce
qu'e des incidents ont eu lieu en province et notamment A
Nevers en raison du manque de pain. Cet article est preded6
d'un titre qui semble donner une assez grande importance
a ces incidents.
Le rddacteur financier du News Chronzcle reserve son arti-
cle A l'octroi d'un emprunt de 250 millions de dollars de
la France A la Banque Mondiale. (Voir cet article plus loin.)
Certain journaux, comme le Daily Worker, annoncent
que M. Massigli a protest aupres du Foreign Office centre
un article injurieux a l'dgard dnu general de Gaulle public
recemment dans Picture Post. Le correspondent diploma-.
tique du Daily Worker comment ainsi cette ddmarche :
, Ce doit etre la premiere fois qu'un ambassadeur de France
s'est suffisamment 6mu de critiques adressees A un citoyen
priv6 pour ennhyer un gouvernement stranger de ses do-
leances. ;,
4. -- Moyeh-Orient

Une d6peche Reuter, reproduite par le Times, nentionne
la publication par le roi de Transjordanie d'un Livre Blanc
priconisant la creation de la < Grande Syrie et contenant
de nombreux documents prouvant que ce project avait requ
pr6cedemment l'accord du gouvernement britannique.
D'autre part, le correspondent du Daily Telegraph A.Tdhd-
ran dcrit qu'un grand nombre de a terrorists russes n
s'infiltrent en Az rbaidjan et que la Russie construirait des
bases militaires dans certaines provinces voisines de la
Caspienne.
A ce sarjet, D. Kartun, dans le Daily Worker, annonce
que lea Etats-Unis fourniraient au government iranien


pour 7.500.000 livres sterling A'Jquipement rniltaire. Selon
ce correspondent, le gouvernement americain aurait 1ttendu
pour le faire que le movement d6mocratique de 1'Azer
baidjan ait etd completement 6touffe.

1a) LE FRET DE LA BANQUET INTERNATIONAL A LA FRANCE
(News Chrwonicle, (9/5), liberal.

< L'information de Paris selon laqublle la Frianc'e?
s'est vu ,acoorder un pret de 250 millions de dollars
par la Baaque Internationale est une grande nouvelle,
Cetle some ne repiresente cerres que la moiti!ide ce que
la France avait demand et, a cause de cela, ce march
pleut causer un certain d6sappointement. Mais c'est le
premier pr&t consent par la Banque Internationale et
pour cela il revet une importance spiciale et signifi-
cative.
Ayant d6buld, la Banque Internationale peut mainte-
nant continue et commencer A exporter une parties des
dollars don't le monde, A I'exception des Etais-Unis,. a
un tel besoin. II semble douteux, A l'heure actuelle,
que les 250 millions de dollars qui 4ont 6tre prkt6s a
la France soient oblenus ,par une emission special
d'obligations suer ie march amAricain. Ce pret sera pre-
lev6 sur ,les Tessources que la Banque Internationale a
accumule.s a la suite de souscriptions ifaites par les
diff6rents pays membres. Les choses 6tant ainsi, la
Banque pourra fixer ses conditions sans tenir compete !de
''inlAret qu'elle aurait di payer aux capitalistes ame-
ricains si elle avait di recourir A un emprunt. C'est
aussi un fait qui recevra un accueil favorable parce,
qu'en fixant des conditions assez genbreuses, la Banque
International pourra donner A Wall Street 1'exemple
don't ce march a tant besoin.
(Oscar R. HOBsoN).

b) LE DISCOURSE DE M. DEAN ACHESON SUR L'AIDE AMA-
RICAINE AUX PAYS STRANGERS. (Times, 9/5).

< L'intdrit principal de important discours pro-
nonc6 hier a Cleveland par M. Dean Acheson ne reside
pas seulement dans le fait qu'il ait reconnu franche-
ment que l'Am6rique a tout A la fois le devoir et 'in-
tiret d'utiliser son Anorme puissance de production
pour aider le mon'de a retrouver sa prospArite. Cela
n'a rien de nouveau.
'Ce qui est nouveau, c'est quie M. Acheson consider
que l'int6r&t et le -devoir de I'Almnrique s'dtendeut sunr
une pAriode beaucoup plus tongue que ne 'a reconnu
jusqu'ici l'opinion ambricaine; que leur accomplisse-
ment exige que l'Ambrique soit prete A accepter des
measures sur le plan interieur comme sur le plan ext6-
rieur, de nature A revolutionner bien des altitudes tradi-
tionnelles. Jusqu'ici, ma(lgr6 les efforts g6ndreux dd-
ployds par les Etats-Unis pour permettre au monde de
vivre, on n'a pas encore abandonn6 l'id6e quie des se-
cours important temporaires et non renouvelables suf-
firaient. D6jh la plupart des subsides important, .des
-dons et des prets accords par 1'Amerique sont 6puisds
ou en voie de l'6tre. Les .propositions courantes, tells
que celles qui mettent en cause la GrAce et la Turquie
sont susceplibles d'avoir une port6e politique 6norme
mais ne reprdsentent qu'un.e mise de fonds modest. A
une Ambrique qui t6moigne deja de 1'impatience A
l'6gard de la ilenleur du redressement mondial, M. Ache-
son demand maintenant, exactement deux ans apres la
fin de la guerre en Europe : < Que ferons-nous I'an pro-
chain et l'ann6e qui suivra ? 7
Le discours de M. Acheson aura des repercussions
importantes, mais il faudra beaucoup de lemps pour
surmonter l'opposilion que ses recommendations ren-
contreront, opposition qui, comme le montrent les dA-
bats actuels au Congrbs, est base sur des motifs et des







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRBSE 6T1RANG*RE 3


in-t6r8ts different, souvent contradictpires, mais quii
n'en ont ,pas pour cela m.oins d'effet.
Les peuples 'de 1'Europe et de 1'Asie comprendront
facilement ses arguments : la n6cessit6 les a rendus
ap es A comprendre 1'6conomie. Mais le long dbbat, au-
quel le -discours de M. Acheson donne un aspect nou-
veau, -doit 'demeuirer une affaire purement americaine,
bien qu'on puisse 16gitimement esp6rer en Europe, A
la suite 'de son analyse rrealiste et de ses exhortations
persuasives, qu'il aura une issue heu-neuse



II. PRESS AMERICAINE



Revue de la press am4ricaine du 8 mai 1947

1. Situation politique franalise

La press consacre encore aujourd'hui de nombreux arti-
cles A la situation 'politique frangaise. Dans sos 6ditoriaux,
elle manifesto une certain satisfaction de la g rupture avec
le parti communist 3, mais elle se demand avec quelque
inquietude quel sera I'avenir du nouveau gouvernement
frangais. Ses craintes paraissent motives, d'une part, par
l'importante scission qui s'est manifestee dans le parti socia-
liste et, d'autre part, par le movement de groves declench6
depuis le remaniement ministeriel. Les correspondents de
Paris constatent en general que cc movement n'est pas
d'origine communist, qu'il est provoqu6 surtout par la
situation difficile oni se dihattent les travailleurs frangais,
mais ils craignent que le part communist ne bdndficit de
la nouvelle position qu'il a prise et apparaisse come le
seul parti defendant les intir6ts de la classes ouvriire.
Le correspondent A Washington du New York Herald Tri-
bune reprend la declaration f ite hier par le g6enral Mar-
shall A sa conference de pres;e, dementant que les U. S. A.
envisagent une aide extraordinaire A la France comparable
A celle donnte t la Gr6ce et A la Turquie. Le correspondant-
ajoute que le general Marshal a dit qu'il avail cependant
discuti le mdme jour avec M. Bonnet des besoins francais
en carbon, en ble, et du credit de la Banque Internationale.
ainsi qqe de la question des accords sur les devises relatifs
h I'emploi de main-d'oeuvre dans les zones d'occupation ame6-
ricaine, britannique et frangaise en Allemagne.
Les .ditoriaux du New York Herald Tribune et du Neu
York Times font un parallile entire la situation cr6de en
France par la t rupture avec les communists > et la situa-
tion international i la suite de la Conference de Moscou.
Le rapprochement entire les parties non communists francais
leur parait correspondre au rapprochement constati dans
les relations entire les pays occidentaux. La Russic et le part
communiste frangais apparaissent ainsi 6galement isol6s.
L'ditorial du New York Herald Tribune parait plus inquiet
de la nouvelle situation creee par le depart des commu-
nistes de la coalition gouvernementale frangaise que celui
du New York Times. Le New.York Times estime que la
decision du gouvernement' frangais est un 6venement < aussi
important du point de vue intiricur franqais que la poli-
tique Truman d'aide A la Gr'ce 1'est du point de vue inter-
nat!onal ,. II pense que le nouveau gouvernement a un
avenir < incertain et qu'il n'existe aucune assurance que
< la coalition des parties du centre puisse fdnctionner ,,
mais il ajoute cependant : c M8me si 1'expirience ne reussit
pas, la decision de M. Ramadier marque un tournant dans
1Ivolution politique de la France et de I'Enrope. C'est la
premii'e cassure e dans un syst6me de gouvernement qui
n'a pas bien fonctionn6, mais pour lequel il semble qu'il
n'existe pas d'alternative v. Le New York Times attribute le
changement d'attitude socialiste A la r6apparition du general
de Gaulle. comme chef du ralliement anticommuniste, an
novel alignment des puissances A Moscou et A l'initiative
americaine visant h emp6cher expansion de. 'influence
russe par l'intermddiaire des parties communists. Pour con-
elure. il estimengue, qu'elles qu'en soient les consequences,


une rupture s'est produite dans le system qui paralysait
les regimes d'aprbs-guerre en Europe.
Le New York Herafd Tribune note que la nouvelle situa-
tion francaise cause beaucoup d'inquietude parce qu'elle
accentue la division entire la droite et la gauche et que les
parties du centre sont p'us que jamais menaces de coups qui
viendraient des deux extremes. (Voir Particle plus loin.)
Sous le titre : c La situation difficile de M. Ramadier ,,
le Baltimore Sun public un editorial soulignant l'importance
qu'attachent les Amdricains au nouveau rble des commu-
nistes en France. Il estime que le r6!e des communists en
France aura une influence sur l'ensemble-du ddveloppement
des dvenements en Europe. Rappelant le vote du Conseil
national du parti socialist, il ajoute qu'on ne peut conclure
d'apris ce vote que le parti socialist a abandonn6 dcfinitive-
ment et irrivocablement sa demi-alliance avec les commu-
nistes. < M. Ramadier, come chef du gouvernement, fait
face maintenant A un part communist qui se trouve A
I'Assemblie dans opposition, mais il y fait face sans I'ap-
pui total de son propre parti. Du point de vue des commu-
nistes, cela est excellent. > Le Baltimore Sun reconnait, tou-
tefois, qu'il n'y avait pas d'autre solution h la crises gou-
vernementale frangaise.
Barnet Nover, dans le Washington Post, fait 6ga!ement -
un parall&le entire la situation int6ricure frangaise,. et la
situation international, et estime que le parti sociiliste en
France a constati, comme l'avaient faith les gouverneinents
anglais et americain, que cooperation dans le vocabulaire
du Kremlin est synonyme de capitulation. c Les socia'istes
frangais out appris que ce qui est vrai dans les relations
entire la Russie et les puissances de I'Ourst, est 6galement
vrai dans les relations entire les communists frangais et
les autres parties de la IV" Rbpublique. > 11 termine son
article en remarquant que les communists ont- 6t chassis
du pouvoir en Belgique et au Chili et qu'ils n'y participant
plus qu'en Italie.
L'editorial du Christian Science Monitor souligne. gale-
ment que la question se pose, en France come sur le plan
international, de savoir si les communists venlent la stabi-
liti monitaire. S'ils n'en veulent pas, il vaut mieux que les
autres qui cherchent A cooperer centre eux le sachent. Les
depiches des correspondents de Paris rapportent que
M. Schuman a indique que la Banque international accor-
derait 250 millions de dollars de credit A la France d'ici peu.
Callender est le seul journalist A annoncer que 30.000
tonnes supplementaires de mais amriicain seraient envoyees
en France, en mai ou en juin. II remarque que lescommu-
nistes et leurs adversaires pritendent encore que l'aide amd-
ricaine est inspire par des motifs politiques et que la
perte de puissance des communists ouvr!ra la barricde A un
flot de largesses americaines. Plus loin, il ecrit que, dans
I'opinion des observateurs am6ricains de Paris, la crise
franqaise illustre le danger que represented la politique de
M. Truman, a savoir :i a croyance des communists et de
:eurs adversaires que les U. S.A. ont intention d'inter-
venir dans la politique de tous los pays ofi les communists
sont forts, et d'utiliser leurs richesses pour appuyer les
groups anticommunistes.
Les correspondents d'agences indiquent que les groves
se sont. tendues aux agents de la douane et aux services
de la navigation fluviale.

2. Ratification du trait italien,
Lippmann consacre un long article h un expos des rai-
sons qui militant en faveur de la ratification du trait
italien par le Senat. Pour lui, refuser de ratifier ce traits
serait renouveler l'erreur americaine de 1919 et risquer d'en-
courir les critiques non seulement de M. Molotov, mais egale-
ment des autres puissances intrressees. 11 souligne en outre
que la non ratification du traits obligerait les U.S.A. a
considered que I'Ita'ie est toujours en guerre et empicherait
son admission aux Nations Unies. D'autre part, rouvrir la
discussion du trait italien encouragerait les Yougoslavcs
h recomnmencer une autre agitation au sujet, de Trieste.

3. Dclarations de M. Marshall
La press reprend les declarations faites par le- general
Marshall h la conference de press d'hier, au course de la-







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE -TRANGERE


quelle ii a plaid notamment pour le maintien du budget
du Department d'Etat. Selon le coarespondant du, New York
Times i Washington, il aurait 6galement indiqun, que le
Department d'Etat s'apprete t prendre la direction de 1'ad-
ministration de la zone d'occupation amiricaine en A!lc-
magne, se substituant an ministCre de la Guerre qui control
actuelleprent le gbuvernement militaire amnricain.

4. Nouvelles d'iverses
-Une depeche de New-York an New York Herald Tri.buni'
declare que 300 tonnes de paper de journal v,:nucs ide
France sont entreposies A New-York et qu'on s'attcn'd a de
nouvelles arrjvees de paper frangais dans l'ordre de 3.000
a 6.000 tonnes. L'auteur de cet article s'6tonne qu'tne firm
frangaise vende ee paper tu prix du march noir, .iors que
les reprdsentants frangais font pression sur le gouvcrncment
canadien pour obtenir des envois de paper journal(.n France.
II note que ces expeditions canadiennes reduiraient la quan-
tit- de paper disponible pour les imprimeries aniericaines
qui se plaignent ddji de la p6nurie de paper.

i) LA SITUATION INTiRIEURE EN FRANCE (Ne(' York He-
rald Tribune, 8/4).
<< C'est par une faible mrajoiriti, laborieusemi'int oble-
S nue, qie le parti socialist frangais a decidee de res-
ter A la tete du gouvernement sans la participation
des communists. Ceci signifie que de president du Con-
sell, M. Rama'dier, restera en function avec son cabi-
net, qui s'appuie ,principalement sur Ja coop6laiion -
coop6ration d'une solidiii douteuse d'ailleur, -- des
trois groups qui constituent actuellement le centre
francais : les socialists, les M.R.P. et le Rassemblcment
des gauches, don't l'6i:ement dominant est le part bour-
geois 'des radicaux-socialistes, avec M. Edouard Herriot.
Pour la piremiere fois depujs la guerre, I'extreme-gau-
che se trouve rejetie dans I'opposition.
Ce fail, consider d'une fanorf superficille, .eut pro-
voquer une certain satisfaction.
Aujourd'hui, en pleine crise parlenienlairc, econo-
mique et international, les socialists ont dccid6e, apres
bien *des hesitations, il est vrai, 'de 'rompre avec les
communists. Cetie decision ne fait pas seuden ent pen-
cher la balance au detriment de i'extremisme marxisle
en mati're de politique in.6rieure, nais clle confirm
la tendance francaise i se rapprocher de la ,position
'diplomatique anglo-aniericaine pour lutter conttre ulne
expansion de la Russie en Europe orientale. Elle rend
a M. LUon B um la direction du part, au desavantage
de ceux *qu'on peut compare en France A M. Henry
Wallice et aux ,rebelles du part travai:liste aiglais.
On n'a cependant que Irop de raisons 'de se montrer
inquiets de cette decision. A la suite du glissement a1
droite du M.R.P., n6 du movement de resistance en
tant que parti catholique 'de gauche, cette rupture des
socialis es avec les commnniisles laisse ces dertniers pr'o-
tiquement seuils pour exposer sur le plan politique les
revendications des ouvricrs conscients de former une
c:asse --,et les ouvriers ont en France une conscience
de classes beaucoup plus d6veloppee que beaucoup
d'Amiricains ne le pensent. Le danger qui petu resulter
de ce enforcement apparent 'du centre au Parlemeni,
o'est qu'en fail le foss6 peut s'Clargir entre la droile el
la gauche, et que cetle scission peut amener us, nombre
croissant'd'ouvriers affamns A irallier ceux qui semblent
Etre 'leurs seuls difenseurs.
Enfin, ii faut tenir compte du retour deconcertant
du gina&ral de Gaulle sur la scine poli-tique. Le g6n.ral
qui essaye de rassembler la population conlre une cons-
t :uli domination des parties poliliques, 16ve 1'6tendard de
d'anlicommunisme. Cependant, parmi les trois parts du
centre qui ont la majeoritP au Parlement et qui s'op-
posent aux communists et A l'extrime-droitc, seul le


group de M. Herriot ne s'est pas prononc6 con-tre le
gtnBral. Les orateurs qui out pris la parole i la reunion
decisivee du Conseil national ddu parti socialiste ont de-
clare qu'ils craignaient de suivre 1es communists, de
peur qu'en agissant ainsi ils ne renforcent par contre-
coup la position du general. C'est la plus qu'un para-
doxe de la politiquc francaise; c'cst la reconnaissance
par le centre francais qu'un coup mortel peut leutr itre
port aussi bien i gauche qu'a d.roile, onu des ,deux
cotes A la fois .

1b) APRES L.INTERVIEW ACCORDEE PAR LE MARECHAL STA-
LINE A M. STASSEN (New Yor'k Herald Tribune (9/5).
Edit. europtenne.
a' Toute la question est de savoir si le marechal Sta-
line et ses lieutenants dfu Kremlin accepleront un rbgle-
ment qui fixe les limites de expansion russe, et qui,
au deli de celles-ci, ne laisse pas plus de puissance
;:ux parties communisies locaux qu'il n'est permis par les
!ois et les coutumes des politiques 'd6lnmcratiques shabi-
tuelles.
Staline voulait donner l'impr.ession qu'il desire la
conclusion d'un tel accord, mais qu'il douiait que nous-
:nimes le d.sirions. Mais ses reponses ne peuvent tl:re
quaifiees vraiment de ce nom, et en verite out' .
L:vasives. M. Stassen a itt sur le point de lui demander.
mais il ne pouvait aller jusque-lt, pourquoi, aplris la
defaile des deux pays qui menacaient vraiment la skcu-
rilt de la Russic, c'est-A-dire l'Allemagne et le Japon,
]'Etat sovietique 6,ait soumis a un to.alita'risme aussi
rigi-de que lorsque la Russie courait un danger mortel.
Le fait est que, bien que la Constilulion de 1936 soil
ine Constitution 'democratique, il n'a jamais 1et permits
de l'app:iquetr. Pourquoi ? Lorsque la Russie &eait me-
nacce par I'Allemagne et lc Japon, elle ne pouvail pas
se risquer h appliquer la Constitution de 1936. Mais y
a-t-il quelque chose qui empiche de i'appliquer mminte-
nant ? Est-ce le discours pronronc6 par M. Churchill i
Fulton ? Est-ce la bombe atomique ? Esl-ce le message
du president Truman ? On bien I'oligarchie qui deient
le pouvoir actueliement en Russie he peut-elle pas con-
server celui-ci si elle permit .d'appliquer Ia (onslitu-
lion de 1936 ?
I1 semble que ce soil lb la veritable raison, et, s'il
en est ainsi, nius devons demander si M. Staline disait
toute la v6rite, et non pas seulemcnt une partie de celle-
ci, lorsqu'il d6clarait que la Russie a le dtsir de coo-
perer. Car le prob:eme fundamental est ]e suivant : une
oligarchie (qui d6tient le pouvoir et qui ne peut appli-
quir sa propre constitution sans danger de se voir ren-
verser, peul-clle cooperer 16galemeni et normalemr-nt
au-dela de ses frontibres ? Comment peut-elle, en effet.
justifier aux yeux de son propre p:'up.e I'intransigeance
et les illigalitis d.e sa conduite A lint6rieur, si elle rest
en bons terms avec toutes lrs grandes puissances a
l'exitrieur ? Le maintain de la diclature en Russie ne
depcnd-il pas lui-mime du maintien d'un 6tat de ten-
sion interieure et d'ins6curite qui la justifie ?
Tel -est le dilemme qui, A mon avis, explique le faith
que Staline proclame toujours son d6iir de parvenir a
un*'accord, et cependant ne le rcalise jamais, malgre
loute son autorit6. Staline ne veut pas la guerre. II vou-
drait une cooperation tconomique. Ii renoncerait pro-
bablement A la revolution mondiale s'il pouvait miser
sur une s6curi'l 6tablie.
Mais la stcurit6 ne signifie pas seulement pour lui la
s6curit6 du patrimoine russe; elle signifie encore la
s6curit6 du parti communist, qu'il est impossible de
concilier avec une paix veritable A 1'exttrieur, parce
que Icette s6curiti exige la suppression de la liberty
russe.







BULLETIN QUOTIDIEN. DE PRESS ATRANGARE


Ce dilemmne ne peut certainement pas Wtre r6solu par
une formula sur laqtielle on puisse se mettre d'accord
au Conseil des Ministres des'Affaires'trangbres. I1 pent
etre resoltu par les 6vdnements, qui, ainsi que nous le
voyons en France actuellement, commencent a suivre
un autre ours. /
(WALTER LIPPMANN).



III. PRESS SOVIETIQUE



Revuldede t presse soevidiqzue d(t 7 naoi 1947

A coe6 d'inforinations relatives aux travaux des organis-
mes internationaux, A la *fin des travaux de la Commission
sovifto-polonaisc pour le trac6 de la frontidre, on trouve
dans les Izvestia, sous le titre < Les accords Uconomiques
entire l'U.R.S.S. ct les pays scandinaves >, une volumineuse
6tude de Grichine opposant la conception sovietique a la
conception amn ricaine du -commerce international. Ccrtains
articles out egalcme nt trait ah 'Allenagne, d'autres a la
France.

1. Les relations ecoonmiqoues de I'U.R.S.S.
aveec les pulns soandinac es. ,

a) Les relations soUidto-Cdanoisfes. Cclles-ci, de l'avis
d'un journal local danois, sont fond/es sur des principles
don't on ne trouve pas trace dans les relations avec les au-
tres puissances. L'auteur de 1'article en voit la preuve dans
le traid aniglo-danois, selon sequel l'Angleterre achste dcs
products agricoles danois Ah des prix inf6rieurs au prix dec
revient. D'autre part, le traits americano-danois est consi-
derB par Grichine come une tentative des -milieux r6ac-
tionnaires amriricains de mettre le pays dans une tell
situation qu'il soit force de vendre le Groenland.
Par centre, le traits sovi6to-danois impose aux deux par.
ties des obligations 6galcs ; on outre, l'Union Sovietique
permit aux Danois de produire A des prix d'cxportation
normaux et d'dtendre leur commerce ext6rieur.
bj Les relations conimeiciales sovidto-s'u'do cases. Le
trait sovidto-suddois assure l'activitd mthodique et con-
tinue des entreprises sud:doises d'6lectricit6 ct de construc-
tion de machines. En defendant ses intrets, I'U.R.S.S. ne
touche en rien a ceux de son partenaire. Au contraire,
d'apris le trait anglo-su6dois, les Anglais ne garantissent
pas 1'Pquivalent on marchandises aux Suddois, ils accep-
tent, seulement, le paiement en devises des marchandises
suddoises, exacte'ient en lives sterling, precise i'auteur de
I'article, qui se livre 6galcment A une critique de l'accord
commercial amimricano-suddois.
c) Les relations s o-norvtigiinnies. Alors que les re-
lations dconomiques entire la Norvege ct les pays anglo-
saxons font apparaitre une trb:; forte influence de ces der-
niers sur la vie 6conomique et politique du pays (exem-
pie. : la protestation l6ev6e par l'International Aluminium
Company, conl:it 'ouvcrture a Ordal d'une usine norve-
gienne, protestation accompagnoe de menaces), l'accord so-
vidto-norvdgicn a r6solu, au contraire, le problem de facon
favorable aux int6rits norvegiens et a affaibli l'ind4pen-
dance de la Norvdge par rapport aux monopolies 6tran-
gers. La conclusion a tirer de ccci est que la politique de
'U.R.S.S. se fonde sur le respect des interots 16gitimes des
pays scandinaves.

2. Alleniagne.

Sous le litre < Sons le signed de l'accord bi-zonal >, Go-f-
man public dans Truad une etude sur ia politique du Dr
Shumacher.
Selon Go'fman, les actions de Schumacher continent
d'avoir la cote dans les milieux imperialistes qui veulent
le ddmembrement dc 1'Allemagne. Ceux-ci savent qu les
partisans de Schumacher les servent fiddlement, inais ils
sont loin d'8tre stirs que l'aile droite social d/mocrate reus-


sira longtemps A tromper les ouvriers ; ils out compris que
l'augmentation des .voix communists dans la Ruhr alors
que le chiffre des 6lecteurs a baias6, n'est pas un accident.
La situation dans les zones occidentalcs a convaincu des
millions d'Allemands que ccux qui veulent sauvegarder la
puissance des trusts et empicher 1'unit6 6conomique ct po-
litique de I'Allemagne sur les bass ddliocratiquesi repons-'
sent celle-ci dans l'orniire ancienne qui, deux fois d.ljh, a
conduit a la catastrophe.

3.- France.

Pour la premiere fois une liaison est elablie dans lcs jour-
naux sovi6tiques entire la crise franqaise et la politique
americaine. Les journaux publient sous de:, tires neutres
1'annonce de la admission de M. Marrane, le vote du conseil
du parti socialist, et 1'ouverture des ddbats 'sr ]'affaire de
Madagascar.
Ces textes sont prectdds ,de textes d'origine anglo-saxonne;
l'un est un extrait d'un article du News Chtionicle assuran
que le g lndral de Gaulle ne peut que profiter de la situation
actuelle. D'autre part, les journaux reproduisent une depe-
che du correspondent de A. P. assurant qu'un 'representant
officiall amricain a declar que les U.S.A. augmentderaient
6ventuellement leur aide financiire u la France si M. Ra-
madier maintenait son Gouvernement de coalition sans la
participation des communists.
D'apres la m rme source, l'ambassade des Etats-Unis a
Paris preparerait un rapport tdetaill, sur l'aide necessaire
a la France; ce text scrait envoy a Washington en pre-
vision des nouvellss demands franacises d'aide conomiquc.
Selon un autrc, informateur, Al. Caffery aurait fait con-
naltre la position des U.S.A. aux leaders des parties non-
oommunistes ; un des membres du Cabinet franqais aurait
d6cltre que la solution e la qen question d maintien an pou-
voir du Gouvernemcnf Ramadier sans les communists d6-
pendait des U.S.A.

Revue de la presice sonieliquc du 8 nmai 194ru

hEn reison de in pIublicalion de la conversation Staline-
Stassen, les questions dtrangercs oc upennt jusqu'; pris de
trois pages dans la press.

L., 'Les relations ittcrniluiconales
a) Lesi relations souidto-amldricaines. Tonus les jour-
naux reproduisent interview Stalinc-Stasscn, en gros ca-
ractbres, titre sur toute la largcur. On relieve qu'unc nole
annexe au txe e precise que celui-ci a 0t6 approuvB par
chacan des deux interlocuteurs, que sa reproduction dans,
la press anmericaine a faith l'obict d'ls'ic ssric de modifi-
cations arbitraires et d'inexgctitudes.
b) Une d-6 pche Tass rend compete des reunions du Co-
mn;te nolitique a New-York et de la Commission dcono-
snique A Genove.

2. Aprtes la Confslence de Moscou

l.se deux commentaires constituent la ch'onique interna-
tionale d arii d Ma ine. dns la Pravda. ortent sur les suites
do la session du Conseil des ministries des Affaires edran-
agres.
a) Le premier ddveloppement ect consacre aux theses de
fusion de l'Allemagne occidentaic (voir l'article plus loin).
b) Le second ddveloppement traite d -l'action diploma-
lique des U.S.A. et de l'Anigleterre sir les milier diri-
gRants de France pour une fusion des zones, coincident
.vpe la signature de i'accord sur le carbon (voir l'asictloe
Dhl's loin).
c) Dans tons les journaux, deux courts tdldgrammes
dvonquent le probldme allemand. L'un a trait h la ddcla-
ration d'un pretre anglais s'ur la presence d'dmigrds pru,';-
siens aux poses responsables en Schleswig, i'autre est con-
vioio, h la declaration de Al. Rueff sur lI probldme des ripa-
rations
3. Relations ukraino-polonais'es

1e 6 mai a tEd sign h Varsovie un profocole ukraino-
polonais relatif a la conclusion de l'dvacuation reciproque
des citoyens ukrainiens ct polonais vivant sur le territoire







6 ISULLETIN (JUOTIDIEN DE PRESS ATRANGAHE


de l'autre parties. Selon ce comm niqud, cet accord ne peut
servir qu'A resserrer ult6rieurement 1'amitiA et la comprdhen-
s.ion mutpelles entire les deux peuples freres.

4. La bataille pour la dineocralie
La politique amdricaine constitute la base de cette rubrique.
Les, informations publics par les journaux ont trait aux
discussions du project de loi Truman a Washington, aux con-
versations de I'ambassadeur de I'U.S.A. A AthEnes avec les
chefs ders parties. A la a visit amicale des croiscurs ame-
ricains en Syrie-Liban.

5. France
Quatre ddp&ches Tass paraissent dans tous les journaux.
Elles out trait au :
resume des ddbats au Conseil du parti socialist;
a la 'greve aux usines Renault;
la visite de la dlidgation des ouvriers d'u'sine A l'Hu-
manitd:
au scrutin du Conseil du parti socialist.

a) LA DIPLOMATIC DU DOLLAR.ET LA QUESTION DE LA FU-
SION DES TROIS ZONES (Pravda, 8/5).
( II semble que depuis la Conf6rence de Moscou, les
Etats-Unis et la Grande-Bretagne essayent d augmen-
ter la division de 1'Ademagne, en ailirant la zone fran-
oaise d'occupation dans leur system commium, la con-
ciusion de I'accord triparite sur les exportations de
carbon allemand marque le debut d'une nouvelle
phase de 1 action diplomatique des U. S. A. et dle la
Grande-Bretagne; ceLe-ci a pour but d'agir auprts des
milieux dirigeants frangais. En lui-mme l'accord sur
Je carbon n'assurait aucun advantage a 1'Aconomie
frangaise. Ce traits est utilis6 pour exercer un moyen de
pression sur la France.
Le discours de M. Marshall sur les travaux de la Con-
fdrence de Moscou peut 6tre resumn ainsi : ou bien la
France fait fusionner sa zone avec la zone anglo-amiri-
caine, et I'Ambrique lui vient en aide, ou bien Washing-
ton refuse tout emprunt et toute livraison de bl6. Cela
est confirm par Genevieve Tabouis dans la France
Libre.
11 est caracteristique que tout ce qui a WtA dit en
France sur I'aide g6nereuse des Etats-Unis ne fait au-
cune allusion A la possibility d'une revision pa. les
U. S. A. de leur position A 1'6gard des probl6me.s des
reparations et de la Ruhr ; deux probl6mes qui ont
pour la France une importance considerable. >
(MARININE.)

b) 'LA POLITIQUE DES U. S. A. ET DE LA GRANDE-BRETAGNE
A L'EGARD DE L'ALLEMAGNE (P'ravda, 8/5).

< Un fait frappant caraclrise le.s commentateurs an-
glo-saxons qui font le bilan des travaux de la Conf6-
rence de Moscou : en parlant du probl6me allemand ces
cummenlateurs sont unanimes pour olnettre d'analyser
'la situation telle qu'elle se pr6senle dans les zones ocdi-
dentales en Allemagne. Tout dernierement le journal an-
glais Observer, en parlant de la situation politique et
Bconomluue des zones occidentales d'occupation, souli-
gnait qu'ut veritable ( chaos > rdgnait dans ces zones.
Mais ce journal, pas plus que les autres journaux an-
glais ou ambricains ne trouve ulile de se demander
quelle est ila cause rdelle de ce chaos. Or, if est certaine-
ment facile de r6pondre A cetle question. 11 est hours de
doute que I'accord de fusion 6conomique intervene en-
tre. les zones anglaise et americaine accord destine
A assurer le d6membrement politique et economique de
1'Allemagne, est bien le facteur qui a contribu6 A plon-
ger les deux zones dans un Cvritable chaos. La politique


poursuivie actuellement par des Anglo-Saxons A l'6gard
de leur zone respective d'occupaion, se d6veloppe sons
le signe du partage de l'Ailcmigne. On coiprndn aLusi
A la lumiere de ces faits que M. Dulles prbconise I'adh6-
sion de I'Allemagne occidental a un bloc des pays de
I'Europe de l'Ouest, qui serait contrl61 et patron par
les Etats-Unis. Le programme de M. Dulds est dic.6 par
le sodci des trusts ambricains d'empecher foute rdsur-
rection de l'industrie allemande du lemps de paix; ces
trusts se rendent compete que le d6veloppement de Pin-
dustrie pacifique allemande ne manquerait pas de por-
ter prejudice a l'industrie ambricaine. M. Dulles a 6t6
dans l'obligation de reconnaitre que la d:blgation ame-
ricaine A la Conference de Moscou du Conseil des Mi-
nistres des Affaires 6trang&res avait laiss& entendre que
le but des Elats-Unis 6tait d'empkcher l'Allemagne de
devenir un grand 6tat industrial. Cette d6l6gation s'l6ait
prononc6e aussi pour une formule imp:iquant a peu
pros << 'extension de la zone americaine A toute 1Eu-
rope occidental et de la main mise du-dollar sur celte
parties de 1'Europe 'C'est pour cette raison qu'il est
difficile de se fier aux declarations do c'erlains homes
politiques americains selon lesquels les Etats-Unis... se
prononcent pour l'unit6 de l'Allemagne et qu'ils d6sirent
s'.entendre a ce sujet avec les autres grandes puissances.
11 faut fair remarquer A ce sujet que pour parvenir A
un accord avec les autres grandes puissances A 1'6gard
de l'Allemagne, il faut avant tout travailler A 1'l6imina-
tion des divers litiges qui existent entire ces puissances.
II faut en outre respecter les decisions qui ont 6t6 adop-
thes en commun et ne pas chercher A imposer aux au-
tres puissances une volont6 unilalirale. Or, tel n'est pas
precis6ment le cas des Etats-Unis.
(MARININE)



IV. PRESS BELGE



LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCE..

1) La Libre Belgique (9/5, catholique).
Les decisions socialists revetent une importance
capital. Une lourde hypothAque vient d'etre levee de la
vie politique franchise. Certes, M. Ramadier dolt encore
computer avec l'opposition d'une important fraction de
son propre part,
Mais, dans la nuit du 6 au 7 mai, un important pas en
avant a 0t6 fait sur la scene politique frangaise. Si la
majoritA 'des S. F. I. 0. persist dans la voie qu'elle
vient de se tracer, les perspectives de la IV' Rbpublique
ne seront peut-atre pas aussi sombres qu'il paraissait il
y a quelques jours encore. >
(Du correspondent A Paris de la Libre Belgfque.)

2. Le Ptuple (9/5, socialist) :
< Le parti socialist reste un parti de democratic ou
la libre discussion ne subit aucune entrave. C'est sans
doute ce qui, pour certain, semble anachronique A unc
6poqu.e oi les parties politiques ressemblent A des 6glises.
Par sa resolution finale, le parti socialist a monftr
I'uni'e de vue qui animait ses membres quand il s'agis-
sait de d6finir un objectif ct d'appliquer un pro-
gramme. ,
(Du correspondent 'Paris du Peuple.)







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGiER 7


V. PRESS SUISSE


LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCE

1. La Tribune dce Genve (8/5) :
< Heureusement pour le chef du gouverifeiment, qfue
ie pardi communiste met pas mai d eau dans son vin.
M. Jacques Ducios, lui-mcme. se repand on protesta-
tions rassurantes.
Fait -sigmlicatif, le leader communisle a choisi
come purte-parole un journaiiste americain. C'est evi-
demment dans le dessin de facilit-er la tache aux nego-
ciateurs qui discutent aeuellement A New-York avec ies
dirigeants de la Banque internatiohale de reconstruc-
tion, les conditions du nouvcl emprunt sollicit4 par 1;t
France et don't elle a un si urgent besoin JI seul
< d6marrage > du plan Monnet necessiterait une advance
de fonds de 125 milliards de francs Mais les finances
du Nouveau Monde ne veulent pas s'engager A la l6gere
et il est clair que l'abandon de la politique d 6quilibre
entire les salaires et les prix, politique don't le part
socialist avait couragousemlent pris V'initiative, risque-
rail de Lout remettre en question. On peut done inf6rer
de la d6claralion de M. Duclos que le parli-communiste
s'abstiendra, dans ie domain de toute surenchere ta-
pageuse qui, en cas de faillilc, le d6signerait d'ailleurs
i la colere du pays.
Car le temps n'est plus oh l'aggravation du meconten-
tement populaire no profitait qu'A I'extreme-gauche. Le
succis de la champagne de recrutement organisee par le
R. P..F., qui compete d6ji plus de 800.000 adherents, jus-
tifie pleinement, de ce point de vue, les inqui6tudes de
I'HumranitU lorsqu'elle parole d'un (( glissement vers la
droite >. Bien que le g6n6ral de Gaulle se montre extr6-
mement discret quant a ses intentions futures, on salt


d'autre part, que sans descendre lui-meme dans I'arene
6lectorale, il cherchera a oriented le choix des citoyens
vers les groupements et les candidates don't le pro-
gramme cadrera le mieux avec 1id6al patriotique don't
il s'est fait le d6fenseur. Et les elections municipales,
qui auront lieu en octobre, fourniront d6jh au R. P. F.
une occasion toute trouv.e d'affirmer' son influence,
d'elargir le cercle de ses amiti6s et de r6futer les accu-
sations lances centre lui.
1 y a li, pour le parti communist, une, inconnue
redoutable et il a tout int6rMt, d'ici l1, A se r6server ]a
possibility d'un retour au systeme tripartite qui, le cas
6ch6ant, conslituerait pour lui une excellent base de
repli. De leur c6t6, socialists, orthodoxes et r6publi-
cains populaires failliraient a tous leurs principles s'ils
rompaient en visi6re avec leurs allis d'hier, qui grou-
pent malgr6- tout derriere eux la majority de la classes
ouvribre. Ainsi, les brits qui courent concernant la
scission inevitable du pays en deux blocs hostiles, sont
pour le moins pr6matur6es. >
(PAUL DU BOCHET.)

2. Gazette de Lausanne (9/5) :
< M. Ramadier reste au pouvoir. C'est sur lui ,ue
retombe la lourde responsablilit6 do gouverner sans les
communists, et peut-etre m6me contre eux. Sans doute
des gens nombreux pr6t,endront-ils que la Chose est im-
possible et qu'on ne se passe pas impun6ment de 1'ap-
pui du plus grand parli de France. C'est- 8tre d6ci-
ment trop pessimiste.
Car du moment que la d6montration 6tait faite qu'il
n'est pas possible de gouverner avec les communists,
il fallait faire un choix : leur abandonnier le pouvoir ou
gouverner sanseux. M. Ramadier a fait, bien malgr6 lui,
son choix. II ne lui reste plus qu'A liver une nouvelle
bataille au regard de laquelle les discussions de ces der-
niers jours ne sonit que des escarmouchs. >>






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S.P.I. Imp., 27, rue Nicolo. Paris 31.3009




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