Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: May 8, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00089
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANQAIS
D'INFOBMATION
(MINIST*RE DE LA JEUNESSB,
DzS ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


BULLETIN


DE

8 mai 1947.


PRESS


LA DOCUMENTATION FRANrAISE DES AFAIRES ETRANGER1ES
AFAIE ETRANGEBE
--- C-n -rn PlnPT~ r\,unnn.,.,..


QUOTIR



ETRAN


Nouvelle S6rie N 663


SOMMAIRE

I. PIESSE BRITANNIQUE.
a) La situation interieure en France.
1. Timps (8/5).
2. News Chronicle (8/5).
b) Vers une reduction des dettes de la Grande-Bre-
tagne.
1. DaiIly ExpIess (8/5).
2. Daily Telegraph (8/5).
11. PRESSE AM!IRICAINE.
a) La situation int6rieure en France.
1. New Y'rk Herald Tribune (8/5), edition eu-
ropdenne.
2. Washington Post (7/5).
b) Le pro-gramme d'aide a la Gr6ce et a la Turquie
devant la Chambre des Repr6sentants.
1. New York Herifd Triblbte (7/5).
2. New Y*ok Hlratd Tribune (8/5), edition eu-
ropeenne.
c) Le process des industries allemands i Nurem-
berg (New Yolrk Times, 6/5).
III. -- PRESS BELGE.
a) La situation interieure en France (La Der'ibire
Houtie, 7/5).
b) La reconstruction 'de I'Allenagne (Drypegu Rou-
ge, 7/5).
IV. PRESS SUISSE.
Apres la decision du Conseil national du parti so-
cialiste francais.
1. La 7Ifibiwe ide Gencue (7/5).
2. Jouival de Genrve (8/5).

1. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique dhi 8 mai 1947
Les journaux de cc matin attachent une importance consi-
derable au d.bat qui a eu lieu hier h la Chambre des Coaii-
munes et au course duquel a 6t6 adopted, par 311 voix centre
17, l'amendement au project de loi sur la conscription fixant
la durde du. service militaire a douze mois. La plupart des
journaux mettent en vedette les declarations de M. Alexander
selon lesquelles la reduction de la durde du service mili-
taire n'entrainera aucune modification de la politique Etran-
gBre.


us notent que les d6bats se sont deroules dans une atmo-
sphere exceptionnellemnent tendue et agite. Certains organs
annoncent, par ailleurs, que le gouvernement britannique
va bient6t entamcr dos n6gociations avec certain pays
craanciers alin d'envisager une diminution des dettes de
guerre de la Grande-Bretagne. Le Daily Herald pense que Ie
ministry des Finances americain appuiera le gouvernement
britannique.
La chroniique extirieure continue is 6tre tres peu fournie.
Le pen de place qu'elle occupe dans 1'ensemble de la press
depuis plusieurs jours mooutre amplemcnt que 1'int6r6t di'
I'opinion britannique se tourne presquc exclusivement vers
des questions de politique int6rieure et 6conomique.
La situation politique en France fournit matibrc, toute-
fois, h quelques articles, notamment dans le Times, le Man-
chester Guardian, le Daily Telegraph, le News Chronicle, Je
Daily Worker. Le Times lui consacre, cc matin, 'un de sce
editoriaux. (Voir celui-ci plus loin.)
1. France
Sauf le Daily Worker, la plupart des organs se montreni
satisfaits de la decision prise par le Conseil national du
part socialists.
Le correspondent du 'Times estime qu'elle a e< pargni u
la France les angoisses ct les remous d'un changement dlv
g uvernemnct >>. II estime en outre qui' la solution qui a'
Ut6 trouv6e par M. Raimadier constituc unlricddent qui ,
!'accord tacite de tous les parties, saul celui centre lequel il
a 6td employee, ct fournit une base solid pour l'avenir.
La dUcision du Conseil socialist cst le premier jalon de
1'6volution politique francaise depuis la guerre. Elle marqut
la victoire lcs homuines politiques d'un parti centre ses ,
directeurs de conscience. Mais le fait le plus rmarquant est la
tres faible majority it laquelle a Ie6 vote la decision du
Conseil socialists ct cela ne peut laisser d'inquidter M. Ra-
madier.
En outre, les termes de la motion socialist ne permettent
pas encore de savoir si le parti socialist cst dispose it rom
pre d6finitivement avec les communists.
Cette motion, le correspondent du Manchester Guardian
cstime qu'ellc apaise les alarmes causes par 1'opposition
des organizations locales du parti. 11 croit savoir, d'autre
part, que les comnmunistes n'adopteront pas un'e politique
d'opposition violence, mais qu'ils utiliseront les chances
qui se prdsenteront it eux pour ritablir leur autorit6 quel-
que peu ibranle, dans les syndicats.
William Forrest, dans le News Chronicle, estime que Ic
grand vainqucur de cette crisc, cc n'est pas M. Ramadier
mais le gdndral de Gaulle. (Voir 1'article plus loin.)
R. Matthews, du Daily Herald, h&et en vedette les d6cla-
rations de M. Duclos selon lesquelles le parti communists
n'envisagerait pas de se servir de l'arme dvs graves pour
combattre le gouvernement.
Quant au Daily WOrker, il deplore la decision socialist
et les avertit qu'ils pourront se trouver un jour exclus du
gouvernement.


_ --







2 BtJLLETIN QUOTIDIEN DI) PRESSE ATRANGARE


Le Daily Telegraph et ,le Daily Mail annoncent (lue la
Banque Mondiale a accord un emprunt de 62.500.000 livrcs
A la France, don't une grande parties servira A finance ]e
plan Monnet.

2. --- Allentoyine
Tandis que William King, du Daily Herald, ulnomu e quac
des grovess out eclat6 L Hambourg pour protester contre
I'insuffisance du ravitaillement, le correspondent special dii
Manchester Guardian A Berlin reserve l'un -e ses articles i
1'etat du ravitaillement en zone sovi6tique. Aux dir's des
Allemands eux-m&mes, la situation &conomique de ccil zone
strait trcs satisfaiaante.

3. U. S. A.
D'apres Ic correspondent du Manchesler Guardian it New-
York, l'opinion ameriealne s'opposerait de plus en plus A la
politique 6trangere du president Truman. M. Stassen. qui
prendrait bientt la tete des lib6raux comme suctcsseur de
M. Wendell Wilkie, accuserait la politique Truman id'tre
negative et defaitiste.

l. irisil
Une dep6clhe public dans le Daily Worker el cl Daily
Telegraph announce que le part communist brtsilicn a e6t6
mis hors la loi hier par la Haute Cour de Rio de .Janeiro.
Le Daily Worker remarque que les communnisles a' ai'en
obtenu la direction du Conscil municipal de Rio lors des
derniires elections.
5. -- EspuaJne
iH. Stones, du News Chronicle, cAble ia son journal, tie
Paris, que plus do 150.000 ouvrier. basques ,( south nllis en
greve pour protester contre I-. regime de Franco.

a) LA SITUATION INTERIEUHE EN FRANCE.
1. Tines (8/5).

La decision du parli socialiste est important, mais
cc serait une erreur d'y voir un tournant d46cisif. Au
contraire, elle fournit une preuve 'de la continuity et
im6ne de la souplesse inattendue de la democratic ri-
publicaine en France.
Le parli socialist a rendu des services eminents a la
France depuis la guerre, en particulier pendant les six
mitis qui ont suivi les derni6res elections. Mais sa posi-
tion intcrniediaire l'exposc, ainsi que les elections au
scin dui (omiiti national ]'ont prouv,6, i courier des ris-
ques, a prendre des responsa'bilit6s et it recourir is des
nmproinis qui peuvent l'ui faire perdre son soutien
populaire. C'est une raison de plus pour f6lieiter les
socialists de la decision qu'ils ont prise hier, on ac-
ceptant 'd'avoir < un ennemi a gauche >, de servir l'in-
1ire'l national plut6t ique des' buts partisans.
La resolution de cette cruise aidera A restaurer le pres-
tige des institutions d6mocratiques en France, et A faire
respecter la Constitution de la IV, RWpublique. L'inter-
pretationl de cette Constitution par M. Ramadier et le
President Vincent Auriol lui a confirm une soli'dith et
une souplesse q'ue peu 'de ses auteurs pensaient qu'elle
possedat, ou peut-etre mime qu'ils ne desiraient pas lui
voir poss6der. Les pr6c6dents .de la semaine derni6re
peuvent faire beaucoup pour r6futer oette critique selon
laquelle le pouvoir ex6cutif sous la IV' R6publique est
impuissant et n'est que 1'esclave des parties.
On a vtu que s'attachait A la charge 'de Pr6sident du
Conseil une autorit6 que ne lui avait pas donni e la
Ile R6publiique elle-minme. Ces preuves de la vitality& des
institutions parlementaires constituent en un ,sens un
coup port au g6n6ral de Gaulle; mais, dans un autre
sens, elles devraient lui plaire. Les socialists, par la
decision qu'ils out prise hier, ont prouv6 leur rBsolu-


lion de ne pas 1-aisser la niecessitl ou ils se trouvent de
roniprc avec 'les communists les pousser vers la 'droite.
Leur politique, qui se pronounce en faveur du rajuste-
lient des salaires anormalement bas et de la paix en
ludocliine est une polilique que les comm.unistes pour-
aiient soutenir. Seule l'intransigeance communist peul
fire d'uni succ6s pour la R16publique une menace con-
tre erie. ,

2. XNtvus Chronticl'e (8/5, liberal) :
< M. lianadier, en persuadant les socialisles de re-
venir sur Jieur decision antCrieure 'de ne pas participer
a un gouvernement de coalition don't les communists
seraient exclus, s'est vu confier ]a tAche de poursuivre
sa politique iconomique au moins jusqu'en juillet pro-
chain.
Mais le grand vainqueur de cette crise, e'est le g6ne-
ral de Gaulle.
L'un des arguments principaux de la critique l6ev6e
par le general 'de Gaulle centre le regime actuel en
France, c'est que ce n'est pas la volont6 .du people qui
coimple en definitive, iiais les decisions imposes par
les parlis politiques. La crise qui vient de se termniae,
a appuy6 fortement ce point de vue. >
Dinsanche dernier, les repr6sentants du people ii I'As-
semblee national ont accord leur confiance au gou-
vernemient Ramadier par une majority de 2 centre 1.
Pourtant, malgr6 ce vote, le ,sort du gouvernement a
repos6 entire les mains du Conseil national du part
socialisle, organismne qui ne d6tient aucun mandate du
people. II serait surprenant que l.e general de Gaulle
n'ein fasse pas 6tat dans son proehain discourse. >>

(WILLIAM FoREoST.)

b) VlEls UN, IitDUCTllON 1;s IDITTIEs I)E 1.A GIIANDE-BHE-
'TAGN .
I. Dhilt Exp~esss (8/5, conservaleur) :
< L,'aippel lance ,par M. Dalton pour demander tune
reduclion iimportante des Irois ni'lli'ards de lives ster-
ling de deltles de la Gran'do-Bretagne sera favorablement
imiiueilli.
L'in caupiaitc oil se rotouve la Grande-Brecague d-' rein-
bourser ses dettes nc lives sterling est due aux condi-
lions de 1'emprunt aniiric'ain. Tant que la Grande-Bre-
tlgne avail la ptossibilitl de reserver le soldie d6bileur
au *coiuinerce, A I'intfrieur de la zone sterling, il lui
lajil possible de gtrer ces somunes come un banquier.
lais I'emprunI a dit lrui'l la zone sterling. Et il a oblige
la Grande-Bretiagne ii ne pas se lib6rcr de ses 'dettes
it moins l'elre prlte ai les remibourser en dollars.
Dauis dc telles condiliois, une obligation aussi impor-
1. ite devicul impossible 'i reinplir. I1 s.era.i vraiment
iiscnis de s'ima.giner que la Grande-Bretagne peut rem-
bours'er ses dettes.
Quc doil-on fire ? Nous .devons essayer de n6gocier
une reduction do nos deltcs lavec nos cr6anciers, oil
bien nous 'devons imposer une felle r6duclion, si ceux-
ci nci sont pas rai.sonnables. >

2. Daily ,E.v pAess (8/5), conscrvateur :
SILes declarations branches faites par M. Dallon de-
vant la Chamibre de Commerce br6silienne, i propos
des < dettes de guerre > de la Griande-Bretagne, d6bi-
Strice de 3 milliards de livres, seront approuv6es en
Grandle-Bretagne et, il tfaut 1'esp6rer, 6coutees aviec sym-
pathie par nos cr6anciers.
Ces dettes, come I'observait justement le Chancelier
de l':Echiquier, no sont pas des dettes ordinaires. Eles







HILLETIN QUOTXDIEN DR PRESS ATRANGARE 3


onl 616 contlracl6es envers des Allies avece lesquels
a-'existait pas 'd'arrangement de < prit-bail >, et, 6tant
donn6 que pendant une partic de lIa guerre nous f6mes
les seuls champions de la liberty -en armes centre 1'en-
nemi comn u'n, on pent dire v6ritab'lement que les som-
nies que nous avons empruntees ont assirn la Iibert6
d(I nos Allies, chose qui n'a pas de prix.
M. Dalton a raison de 'denmander que la reduction des
dleltes soil important. ,


II. --- PRESS AMIERIIAINE


lic ritv e l1 h iit !rsessr iiliriiti ilnr du l n7 uti 19!17

1. Siitulion poliliqne frncriise

1-i pliiipt des journaux annoncent que le Conscil na-
tional tdu part ocialisle a vot6, par une Ires faible majo-
rite,. t* maintain ni pouvioir ie 11. Raminadier. Les d6piches
dies correspondaits de Paris repreilncn les principles dclia-
rations faites all (ours Ide lia iiunion de cc Conscil sans y
ajoutlr., rltlefois, de commintaires. D'autre part, une d'-
I'MchK A. i'. dtr Washinglon reprncid uinr t dclarl-ation d(l
D6parlienit d'Elat in(dirl(Tant (pie l'iofornmatioi adressec I
'aris i Il '.. . sur u'nie nouvelle aidee Ceonomique a 1:
France 6tait sans 'ondeimenl. (Gctte information de' I'A. P.
esl le saijet det comnnmeaitires dans P. M. qui estimle q'le,
inlhlurcncsement poun r Ics socialisles, ils ont perdu... car
la division enIlr l'aile gn elt'ic r 1'ailh droite dil parti a 616
accenllilei. Lcs socialists ii'onl pas 6'l noi n i pills bciucoilp
:iidls par I'idIc qlu'il: poturraint ohblnir uine aide "iam 'ri-
(aili plus grande s'ils confirini:nlt I'c.xpulsioii des commu-i-
nislecs par M. Tlainadier. P. .11. .jiiut : i Le patriole fran-
cais ii'ailnr pas que ses dtleisions soient prises pour lui, .a
Walhinghlo on ia Moscou >. I. .journaiT comrn'unisle Diily
Worker c public un editorial inlilult < Est-ce que le D6par-
teinclt d'tlat intervient dans Ics alffaires politiques fran-
Caiscs ? > II reprend ai dC6pche A. P. et demand que des
explicalions soicnl fournics par Ie Dtparlement d'Etnt car,
dit-il, ;.il cst evident qu'un ambassadetur intervient dans
les probil6mns iplitiques d'une nation amic -.
La cris firankaise fait I'ohjct d'dditorianx dans le Phila-
delphia nEvnitii Bulletin, le SI Louis Post Dispatch, le Newl
York Post ct I'Eoeninn Siar dt Wa'shington. qui constituent
plits un expose de 17 situation politiquc en France que des
coinin lta ircs.
I'n ititorial du WVtshinglon Post intituMl < Oil va la
France ? 6tudic plus i fond cette situation. (Voir 'article
plus loin.)
IUne dipche du New York Herald Tribune de Paris fail
clat ld'une entrevue accordde par M. Duclos, indiquant que le
parii comniuniste n'avait nullement I'intention te provoque'
Illlon ji, i \'e gn6ralc (en France.

2. -- Pales.4inec

Toute la presse reprend les d6hats du Comiti de 1'Assein-
bl6c gi6ni6rae des Nations Unics sur la Palestine. Elle signal
que celu'i-ci entendra les reprcsentants arabes soi la min0irn
Iise q i le Irs reprisentanlts de l'Ag(ice jliive.

3. -- Poltiquc e.rlcrieutre rmcricaine

l.a pressed reproduil Ic texte d'lune lettre adress6e par
M. Trunman nu 6n6iral Marshall dans laquelle Ic Prisident
approii e la ratification (lil traitit tali( n et des trait< s balka.
niqules, disanl iiotal liniiini : (c scrait 'un grand malhlictr
Ce 1ilI COun L) )ipr t(16 t I1'influ'encc (d' notre pays dans les affairs
inondiales si nos refns rtfusion 6 nlalalelnent d'appronver
ces trail's. .
L.a press relirenil 1e texte d'une leltre du general Marshall
adressee an pr sidAtl de la Gomn-mission des Affaires Ctran-
rbres de la Chambre, dans laquelle Ie secretaire d'Etat
appuiet la decision de cette commission en faveur de i'aide


amlricaine h la Grbee et A. la Turquie qui fait actuellement
I'objet d'un debOt t la Chambre. Les correspondents poll-
Liques rapportent que cette discussion sera &pre, mais qu'elle
aboutira probablement vers la fin de la semaine h un vofe
Iavorable an point de vue de !'adininistitlion.

() LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCE.

1. New York Hielrwid Triibine (8/5), 6d. eutrop6enne

< Avec les communistes, representant Ic plus grand
parti francais, en dehors du gouvernement, le president
Hama'dier dolt affronter une Itiche extr8mement diffi-
cile. It doil non seulement pousser plus que jlarnais
I'application de son propre programme pour obtenir des
rvi.sultats, mais en meme temps il doit prouver aux
imsses onvriitres qu'il travaille dans leur int.r&t. I1 sera
constaininent menace par Ie danger de graves soudai-
nes, si son programme 'de hlocage des sa'laires et de
irduction des prix par decret et par augmentationn de
la production n'amn ne pas des proigres substlantiels.
Elainl sorli victoricux de la hltte qu'il a menee centre
les i-olmmunisles al course des 'dernibres semaines, cer-
ltins indices permettent de supposed que le Pr6sident
1du (Conseil (era loul cc qui est en son pouvoir pour
donn er satisraclioniiyux onvriers sans Irop s'eloigner de
son progral'inme. >
(JOHN O'REILLY.)
2. Wit\'hinfllon Posl, 7/4 :

<< Les socialisles franiais sonl liraill6s par la crainte
'd'iinc diclailure de part ou d'une dictature person-
inlle. Coimiliient de leinps resteront-ils sans prendre ine
decision ? P'crsoinne nc e1 sail, mais Jes evenements les
poissenl rapideinent vers une decision, decision capi-
tale pi)or la France, car rien ne menera plus facile-
eanl i une guerre civie que iil 'in'dCcision .continue des
sociiilistes. Les U. S. A. out un int6r:t vital A emp6-
cler la guerre. civil en France, car ce sei;ait comme
en Espagne une guerre inlernationale avec les commu-
nisles Ililtaint pour russifier la France.
Au mnoins, de Gaulle n'a pas 'd'autre all6gelance que
cell e e la France. El rien dans son pass ne justifie
li ,*rtinle qu'il desire 6tablir une dictature perso.n-
nelle. Si, depuis son retiour dans l'ar6ne politique, ii
;a eglieg de clarifier sa politique, cette insuffisance
l)oluirra Lre combl6e rapidement iquan'd les r6suiltats de
la nonvelec polarisation des forces en France seront
connus. Aprbs tout, de .Gaulle a 6t6 le resort principal
lu plan Monnet, pour la reconstruction de la France,
qui a ite 6cart6 par une crise de regime. En attendant,
les U. S. A. devraient se rendre compete 'des possibilities
ouvertes par la situation frangaisle, mais ce serait tr6s
idangereux de faire des processes qui ne Ipeuvent pas
itre l-enues. Cependant, tout devrait ktre faith pour r6-
duire I'attiaction qu'oni 1es commuinistes aupres des
leleurs francais. >>

,b) LE PROGRAMME D'AIDE A LA GRECE ET A LA TURQUIE
DEVANT LA CHAMBRE DES REPRESENTANTS

1. New York Herald Tribune (7/5) :

< II faut esperer que l'enscmble de la Chambre des
Repr6sentants s'apercevra qu'un simple retour en ar-
rire au confort imaginaire de i'isol.ationnisme et de
I'anti-interventionnisme, ne serait pas seulement inutile,
mais constituerait un veritable suicide. La politique
h6auch6e par le project d'aide A la Grice et a la Turquie
ne sera certainement ni facile A suivre, ni applicable
sans frais et tres probablement, comme d'autres poli-
tiques, elle n'aura qu'un succ6s partiel. Mais elle con-
corde avec les rBalit6s fondamentales une Ambrique








4 BULLETIN QUOTISIRN DR BRISSE *TRANGiRE


productive, un monde extriieur extrmement appauvri
et une situation dans laquelle notre proptle force reono-
miique et notre security politique ne peuvent survive
que si nous consacrons nos resources la renaissance
du monde. Cette* politique, telle qu'elle est aujourtl'hui,
a besoin d'etre clarifie et am6liorbe. lais la rejeter
completement p)arce iqu'elle soulive un doute on un
autre strait Lenter d'imposer un dementi inutile au course
de l'histoire. De tell tenlatives, m6me lorsqu'elles rAus-
sissent, ont rarement des resultats heureux.

2. New, York Heratr Tribnn'e ,(8/5, kd. europ).
L Le gouvernement amnricain doit bient6t appliqucr
son programme d'ai'de h la Grecc et a la Turquie. Une
des caract6ristiques de notre nouvelle politique dcvrail
rtre officiellemcnt 6claircie avant que nous ne la met-
tions en application. Nous bornerons-nous h nous a.ssu-
rer que l'aide financiere et technique offerte a ces pays
sera utilise de facon cfficace, ou r6clamerons.nous
aussi que l'aide que nous accordons nous donne le
droil dc nous mielr des affaires inltrieures id ces (deIt
pays ?
Notre politique acluelle est destine a einpecher que
les dictatures communisfes soient imposes de nouveau
h des peuples ind6pendants qui desircnl conserve leurs
libcrtes d6mocratiques. Elle devrail Ctre aussi Ilcsti-
n ie a garantir que 'fes peuplcs que nous aidons scront
lies aux Etats-Unis par des liens de gratitude ce d'ami-
lie de m6me que par l'interet qu'ils onl de se protege.
II nous sera impossible d'atteindre nos objectifs si
nous adcoptons une attitude qui empible sur les droitss
souverains des peuples grec et turc et ne tient alcun
compete de l'autorit* de leurs gouvernenents elus. Une
telle attitude ne constituerait qu'une manifestation de'
cette domination 6trangere a laquelle nous voulons les
aider a resister. Une telle attitude renforcerait le credit
accord a la propaganda sovi6tique qui declare a
l'heure actuelle que nous sommes engages dans une
nouvelle forme ( d'imp6rialisme >. Une telle attitude
engendrerait un violent ressentiment nationalist dans
tous les pays que nous/essayons d'aider. Une telle atti-
tude ne crberait pas de nouveaux amis aux Etats-lJnis.
Le respect des liberties int6rieures des peuples ind&-
pendants est aussi essential que la protection des liber-
tbs individuelles si P'on vent crCer un monde libre. >
(SuIMNER WEI.LES.)

c) LE PROCAS DES INDUSTRIES ALLEMANDES A NUREM-
nERcG (New York Times, 6/5).
< Si les accusations transmises au tribunal de Nu-
remberg le 3 mai se Irouvent verifiees, les Etats-lTnis,
par l'interm6diaire du g6nbral Telford Taylor, piocu-
reur general des Etats-Unis en Allemagne, auront amenP
devant le tribunal la plus sinistre bande d'hommes
d'affaires qu'ait connue I'histoiie de I'humanit6. Ccs
homes sont les hauts directeurs de 1'I. G. Farbenin-
dustrie, 'un des plus puissants trusts de products chi-
miques du monde. Sans la Farben, Hitler n'aurait pas
pu entreprendie sa guerre. Dis 1932, il la pr6para, et
de 19-39 A la d6faite, il la mena avec l'aide des products
commands par la Farben ou qui sortaient des usines
de la Farben.... Si l'accusation est maintenue -- et elle
correspond bien avec ce que tout le monde suit depuis
la fin de la guerre il sera'prouve que la Farben s'est
livree A cette production dans le but d6liber6 de parti-
ciper A la conspiration qui aiait pour but d'imposer a
I'humanite le fleau du nazisme.
I1 y a trois chefs d'accusation. Le premier est d'avoir
pr6par6 et poursuivi une guerre d'agression... Le second


est l'accusation de ( pillage el spoliation >, le vol des
bins situes en territoires occup6s. Le troisimec es
celui d'( esclavagc et assassinate en masse >. La Farben
poss6dait ses propres camps de la mort pr6s d'Oswie-
cim (Auschwitz). Dans son usine de production do
Buna caoutchoucc synth6tique) d'Auschwitz, la cadence
de << replacement des d6portts employes tail de
300 % par an...
Ce sinistre trust, don't les origins remontent presque
a la fin du siecle dernier, ne se presentait pas toujours
sous un visage aussi effroyable. Ses hommes d'affaires,
aux ma'nires distinguies, durant les annees d'avant-
guerre, faisaient preuve de grandes capacit6s A n6go-
cier avec leurs rivaux ou feurs riv4ux en puissance des
pays Mtrangers. o La Farben, entire autres armes, d6-
clare I'accusation, disposait des accords de cartel con-
clus avec plus de deux mille trusts important des
Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de la
Norvege, des Pays-Bas, de la Belgique et de la Polo-
'ne. >
Les relations entire la Farben et les societes am6ri-
caines ont d6ji attire I'attention, et notamment celle des
commissions d'enquute du Congres des Etats-Unis. An
moment oif va s'ouvrir le process des accuses, il serait
bon de jeter un pen plus de luminre sur cet aspect de
la situation... Nous ne pensions certes pas qu'aucun in-
dustriel americain ait consciemment renforce la puis-
sance d'Hitler et de 1'Allemagne aux d6pens de son pro-
pre pays. Mais tous ceux qui ont n6goci6 avec lui, on
avec ses agents de la Farben, apris le debut de la
guerre en 1939, ont jouC avec le feu. Quand cela ne
serait que pour la bonne reputation de ceux qui sont
innocents, il est n6cessaire de pousser .un peu plus loin
les recherches sur cette p6riode et sur cette situation.
Par ailleurs, cette accusation Blargit le precedent
cre6 par les premiers procks de Nuremberg. La culpa-
bilit6 des guerres d'agression, et la culpabilit- .des actes
criminals commis pendant la guerre n'est plus limited
aux hauls fonctionnaires gouvernementaux et aux sol-
dats. Elle s'Mtend maintenant a tous ceux qui ont exerc6
le pouvoir, que ce soit le pouvoir official ou non. La
Farben fut transform6e en une effroyable arme de la
nation allemande. Si les vingt-quatre accuses sont res-
ponsables, dans leur domaine respectifs, de cc que 1'Al-
lemagne d'Hitler a pr6par6 et commis, ils sont aussi
coupables que ceux qui sont morts sous les potences
tie Nuremberg.


1) LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE (La Derni're
Heure, 7/5).

< I1 y a un point sur lequel tout le monde est d'ac-
cord : c'est que les communists avaient envisage it
I'avance le d6roulement de l'op6ration et qu'ils
l'avaient accept. Leur exclusion du Cabinet dbeidec
apres maintes conversations a la presidence du Conscil
cl i la prbsidence de la R6publique, a 6t6 accepted par
eux avec une moderation qui a beaucoup frapp6 les
protagonistes de ce petit drame polittque. Ils n'ont pas
eu un mot de ressentiment, pas un propos vif; ils n'ont
pas l6ev6 le ton au course des divers Conseils qui se
sont succ6d6 dans la joukrne de dimanche.
On en conclut que l'aifaire, pour eux, n'est pas ter-
minCe. >>
(Du correspondent parisien de La Dernzire Heure .


PIRESSE 1*11 ICE,








BULLETIN QUOTWIDN bDP PRESSE ATRANGk;E 5


b) LA RECONSTRUCTION DE L'ALLEMAGNE (Dlwpeau
Rouge, 7/5, communiste.

<< Baucoup de journaux publient des articles destiunes
aux < sppcialistes > qui, du fait qu'ils sont publics
dans la rubrique < Finance Industrie Commerce ,,
sont rarement lus par la grande masse des lecteurs.
Parfois, c'est riellement dommage, car un article
come celui qu'un expert de la revue anglaise 'Econo-
jiist a 6crit pour 4le Soi'l de dim'a.nch.e 'dernier, m6ri-
lait largement les honneurs de la premniire page, avec
le seul titre qui lui convient en fait : << Reconstruire
l'Allemagne d'abord >>.
La demonstration de '<< expert >> ? Elle se resume a
ceci : L'Angleterre et les Etats-Unis sont obliges de d6-
penser des milliards de francs pour secourir l'Allema-
gne en d6tresse. Elle ne pourra pas les rembourser
avant quinze ans. Pas de reparations avant le rembour-
sement.
Une question. Pourquoi l'Allemagne, pays agresseur,
jouit-elle de ces faveurs, alors que ]a Pologne. la You-
goslavic et 1'U. R. S. S. par example, pays allies, d6vas-
lis de fond en comble par l'Allemagne et bien plus
qu'elle, en sont priv6s ? La r6ponse ne peut-6tre que
colle-ci : Quui qu'en dise l'expert de l'Econo'mist les
gouvenements anglais ct ambricain veulent recons-
truire I'Allemagne avant que ne le soient ses victims.
Loin de nous de minimiser importance de la recons-
truction de l'Allemagne, elle aussi. Mais des experts, -
des vrais pour peu qu'ils soient des democrats sin-
ceres et animus de l'esprit de justice, diront que l'Alle-
magne, avec sa puissante industries et ses lerres fertile,
peut se reliever rapidement par son propre effort, tout
en payant les reparations. A condition, bien entcndu,
qu'elle devienne un pays d6mocralique grAce a la re-
fonte complete de son systbme bconomique et social.
Le pbche mortel de M. l'experl n'est pas l'ignorance,
mais le d6sir de dissimuler cette vbril. El c'est pour-
quoi sa science est fausse. S'il Mtait franc envers ses
lecteurs, il aurait lcrmini son article en 6crivant qu'il
lui faut non seulement une Allemagne reconstruite rapi-
dement, mais encore une Allenagne reactionnaire.


Et pour nous en expliquer Ics raisons, il nous aurait
renvoy6 aux discours du president Truman. >
(J. LONCIN.)


IV. PRESS SUISSE


AI'ESis LA DECISIONS DU CONSEIL NATIONAL DU I'ARTI SO-
CIALISTE
1. Tribune de Genuve (7/5) :
< Le principal obstacle qui s'opposait au maintien de
M. Ramadier au pouvoir, malgr6 le depart des commu-
nistes, se trouve level. Le gouvernement est d6sormais
en measure de completer son pquipe minist6rielle et de
poursuivre sa tAche.
La situation s'est nettement clarifie depuis lafin dc
la sernaine derniere, et dans .cette affaire comme dans
les pr6c6dentes circonstances of la crise fut 6vitbe de
justesse, M. Ramadier s'est rev616 excellent tacticien. Au
Parlement d'ailleurs, on no souhaitait pas un change-
ment de gouvernement. La difficult ne pouvait surgir
que du parti mnme de M. Ramadier. Eti moment que le
Conseil national socialist approve la solution A la-
quelle s'est arrWti le chef du gouvernement, celui-ci so
tient sur une tres solide position.
(Ifu correspondent a Paris dpla Tribune (e dGen ve.)

2. Journal dle Geneve (8/5) :
< Ce n'est qu'h la miajorite de 404 voix que la deci-
sion de M. Ramadier a e6t approuvec.
Le r6sultat du scrulin niontre A quel point le parli
socialist est divise. )e ce fait la position de M. lRama-
dier .sra difficile. Les communists chercheront A ex-
ploiter centre lui les resistances qu'?l rencontre dans
son propre part.
On a I'imnpression que la crise n'a requ qu'une solu-
lion toute provisoire. M. Ramadier, on I'a remarqun, a
d'ailleurs F'air de consider lui-meme que lc probltme
gouvernemental se posera de nouveau au mois de juil-
let. >
(Du correspolndlant a Paris du Journal de Gendve.)


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