Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: May 5, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00086
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTrrS)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8-)


LA DOCUMENTATION FRAN(AISE .


MINISTERS
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS


BULLETIN


PRESS


5 mai 1947.


QUOTIDll



ETRANG


Nouvelle S6rie N 660


SO)MI AIKR I

I. PRESS BRITANNIQUE.
u) La situation int6rieure en France.
1. Times (5/5).
2. Daily Telegraph (5/5).
3. Daily Herald (5/5).
4. Reynocls News (4/5).
b) Le CongrBs et la politique etrangere des Etals-
Unis (Sunday Times, 4/5).
II. PRESSE AMERICAINE.
a) La situation interieure en France (New York
Herald Tribune, 3/5).
b) Le Congris et la politique etrangere des Etats-
Unis (New York Herail Tr ibi ne, 4/5. edition
europ6enne).
II1. PRESS SOVIETIQUE.
IV. PRESS BELGE.
La situation int6rieure en France.
1. La DernireI Hleut:e (4-5/5).
2. La Oil11 Nouvelle (4-5/5) :


I. PRESS BRITANNIQUE

Reil\e de la press britanninque di 4 nmai 11947
Les nouvelles relatives aux conflicts du travail et A la
situation international occupent la premiere place dans les
jouruaux de ce matin qui suivent en outre avcc intbr6t
1'dvolution de la crise en France.
1. France
La France traverse une crise ininistirielle qui est la plus
dangereuse depuis la Liberation, 6crit Frank MacDermott
dans le Sunday Times; expliquant la situation dans la-
quelle se trouve M. Ramadier, le journalist britannique
souligne que les ministres communists ne voulaient pas
assumer la responsabilit6 de rompre la coalition. Mais, rap-
pelle MacDermott, le parti socialist ne veut pas participer
a un gouvernement de coalition don't seraient exclus les
communists. II semble done que l'impossible sera fait
pour 6vifer leur depart. Le correspondent du Sunday Times
s'abstient de tout pronostic quant a l'issue de la crise. 11
indique cependant en conclusion que, selon lui, w l'heure du


g6uiral de Gaulle n'a pas encore sonne >. L'Observer estime
que le gouvernemcnt de M. Ramadier n'a pas plus d'une
chance sur deux de survive a la crise. S'il venait ii tomber,
Ilts socialists auraieut a fire un choix qui ne nianquerait
pas do provoquer au sein de leur part de graves divisions.
Pour le News of the World, c'est la IV, R6publique elle-
inme que la crise met en peril. La scene politique fran-
caise sur laquelle plane l'ombre du g6n6ral de Gaulle refltte
les divisions qui menacent de s6parer to monde en deuv
biocs, estime le journal; de la decision qui sera prise
Paris aujourd'hui depend beaucoup plus que le sort de
M. Ramadier.
Selon l'organe de gauche, le Reynold News, cc qui est en
cause, c'est l'attitude des parties h l'dgard des communists.
Certains socialists voulrient voir annuler la decision qui.
rear interdit de participer i un gouvernement de coalition
dont scraient exclus les communists. Le M.R.P. craint que,
s'il ne devient pas nettement anti-conmmuniste. ii ne soit
menace de perdre la bienveillance du Vatican et le bon
vouloir des Etats-Unis. Certains indices donnent h penser
que le Vatican songc A soutenir le g6nural de Gaulle don't
on salt qu'il est fortement appuyr par "I'AmBrique. (Voir
plus loin la conclusion de cet article.)

2. Grande-Bretlugi
lous les journaux rapportenl que AM. George Isaacs, mi
nistre du Travail, a et6 charge d'6tudier le moyen d'ame-
liorcr le syst'ine acluellement en vigueur pour r6gler les
conflicts dui travail. Dans son editorial, I'Observer analyse
les causes des difficulties actnelles don't 1'une des plus impo"
Lantes est le souci 6prouv6 par les ditigeants syndicalistc-
de ne pas paraitre 6tre les agents d'un gouvernement vei s
lequcT vont cependant toutes lcurs sympathies. Le rem6de,
c'est l'dlaboration d'une politique de la main-d'oeuvre, grAce
A laquelle chaque industries prendrait a s-' charge l'omploi
ou le reclassement des travailleurs qui en font partie. C'est
le vieux principle des < Guildes > qu'il faut adapter aux
eirconstances actuelles.


3. -- Situation international

L'Observer souligne que le principal obstacle qui.s'op-
pose a la creation d'une force de police international est
l'opposition existant centre 1'U.R.S.S. et les autres Etats
membres ddu GCnscil de security. De son c6t6, le Sunday
Times met en relief la publication du compete rendu de la
conversation que le geniralissime Staline a cue r6cemment
tvec M. Stassen : les diff6rencres qui existent entire les sys-
tlmes capitalist et communist ne devraient pas les em|p '-
cher de collaborer, mais si un pays refuse de collaborer, la
guerre s'ensnivra. Selon le Sunday Times, on fait remar-
quer dans les milieux londoniens que les d6sirs cxprimds
par M. Staline s'accordent final avee l'aititude de ses repri-
sentants dans les divers c'nseils intergationaux.


DE


__ __ _I
__ _ I __








2 IBtLLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGEAR


Revoe de la press britanniqne du 5 mai 1947

II est a noter que la situation politique frangaisc occupe
la premiere place, immindiatement aprs les 6v6nements de
Palestine, dans les journaux du 5 mai. L'entrevue que le
g6ndralissime Staline a accordde ia M. Sttaffen, Ie d6bat du
Conseil 'de scurit6 sur la creation d'uhe force de police
international et les reportages des corrkspondants du News
Chronicle, du Daily Telegraph, du Daily Herald sur la
Russie sovidlique constituent les principaux sujets d'interet
dans la press de ce matin.

1 France

Le Times, le Daily Telegraph, le Manchester Guardian, qui
presentent les &venemcnnts politiques d'hier, les font pre-
ceder des titres suivants : a Ramad.er renvoie les ministries
communists 3, La France se ddbarrasse de ses ministres
communistss, ou encore : Cinq ministries communists
quittent le gouvernement francais sous la menace d'expul-
sion ".
Ces journaux se bornent i donner un rapid compete rendu
des dv6nements et expliquent brievement la genese de la
cr'se.
Le Daily Mail, le Daily Express, le Daily Herald, l( Daily
Graphic, le Manchester Guardian exprinint fous l'opinion
que le sort du Cabinet Ramadier depend en dernier resort
de la decision que. le CongrBs national du parti socialiste
prendra mardi prochain lorsqu'il se r6unira pour discuter
sur la participation dventuelle du parti socialist a un gou-
vernement sans communists.
Le Manchester Guardian announce en derni6re here que le
Comit6 execurtif du parti socialist a d6cidt d'approuv(r 1'ex-
elusion immediate des ministres communists.
Le corresponilant du Times, qui done une analy.se tres
d6taillee de Ia stance d'hier, fait toufes les rdserves sur
I'efficacit6 de cette solution.
11 pr6voit que les debats du CongrBs national du parti
socialiste seront tres agit6s et estime qu'il serait imprudent
de s'imaginer que la rise est difinitivoment r6solthe car
des journdes difficiles sont a pr6voir.
II semble probable qu'une demand general de hausse
des salaires puisse se produire dans de nombreuses branches
de l'industrie et il sera extr. mement difficile d'y resister.
Mais les communists n'ont pas l'intention d'ajouter aux
difficulties du pays.
Le Manchester Guardian 6crit de son co6t que < la situa-
tion a atteint son degr6 actuel de complexity* parce,que les
critbres politiques ont perdu leur valeur etablie n.
Selon lui, le people frangais so demanderait oft reside
le plus grave danger : s'il reside dans la tentative dt gou-
verner la France, avec la C.G.T. a direction community en
opposition ouverte avec le gouvernement, ou dans le main-
tien de la coalition au sein de laquelle de profondes diver-
gences politiques sont masqu&es par des declarations ver.
beuses.
I rapporte une hypoth6se encore vague selon laquelle un
gouvernement socialist homogine succederait au gouvwr-
nement actual.
Le Daily Telegraph, qui consacre a la situation frangaise
I'une de ses deux manchettes et un article exceptionnellk--
ment long, analyse les divers 616ments de la cruise.
Selon lui, en premier lieu viendrail le desir qu'ont les
communists de faire tomber la responsabilit6 de la rup-
ture sur M. Ramadier. C'est pourquoi les ministries commu-
nistes n'ont pas offert leur d6mission et leur moderation
mnime a etd si remarquable qu'elle a provoqud quelques sou-
rires ironiques chez quelques-uns des membres de 1'Assen-
blee. Enfin, le g6n6ral de Gaulle resterait un 6elment encore
inconnu dans les conjonctures actu'elles.
De nouvelles elections ne sont pas possibles constilutioo-
nellement avant 1949. Enfin les communists, tout en r&col-
tant la gratitude des ouvriers, pourront influence les syn-
dicats parce que de nouvelles graves pourraient nmettre eo
peril le franc qu'ils se sont engages I d fendre. iais Mi le%
communists se trouvaient dans l'opposition, malgre leurs
declarations selon lesquelles ils sont nn parti gouserne
mental, de nouvelles graves pourraient se produire.
Le Daily Herald fait 6tat des inquittudes qui assiggent
le parti socialist. (Voir P'article plus loin.)


Le Daily Express remarque que les decisions prises hier
par le Comito executif du parti socialist sanctionnent la
rupture du parti avec les communists.
11 n'est pas sans interat de remarquer que le Daily Worker
resrve sa manchette, A ]'exclusion des communists du
Cabinet franqais.

2. Palestine

La pressed done la vedette a l'6vasion de 251 porsonna-
lit6s juives et arabes de la prison d'Acre, apres un coup de
main des membres de 1'Irgoun et du Stern gang.

3. U. R. S. S.
Les correspondents de plusieurs journaux qui avalent
assist aux d6bats d(I la Conf6rence de Moscou sc sont atta-
chds a decrire 'atnmosphire actuelle de la Russie sovibtique.
N. W. Ewer, dans le Daily Herald, insisted, dans son arti-
cle, sur l'inigaliti des salaires entire les diff6rentvs profes.
sions et il declare que le g6neralissime Staline s'attache A
perp6tuer cos inegalites.
Robert Waithman, dans le News Chronicle, insisted, de
son co6t, sur la propaganda int6rieure soviftique et se d-
clare presque convaincu que lo gouvernement sovietique ne
desire pas la guerre.
,Enfin, Al. Clifford, dans le Daily Mail, est absolument
persuade que la Russie ne pourra pas entreprendre de nou-
velles guerres avant au moifns quinze ans en raison de 1'ltat
aituel de son economie.
Do nombreux journaux rendent compete de l'interview
accorded par M. Staline A M. Stassen.
Le correspondent du Times A Washington so demand quel
fcra 1'effet des paroles de M. Staline sur I'opinion amdri-
caine qui hesite entire l'indignation et la pour, d'une part,
et I'rspoir irraisonni, d'autre part.

4. -- Rurhr

Selon le correspondent du News Chronirle en Allemagne.
une nouvelle cruise menacerait la Ruhr et risquerait de
rbduire a neant les espoirs mis par les autoritis anglo-
amnricaines d'une augmentation des exportations alle-
mandes.

5. -- Inde

La press rend compie des entretiens qu'a eus le vice-rol
avec les chefs du CongrBs et de la Ligue ml sulmane.
Le correspondent du Times signal que la guerre des
nerfs sur le problaitb du partage des Indes s6vit avec plus
de violence que jamais. D'autre part, l1 propagan'de com-
muniste est de plus en plus influence dans la classes ou-
vri6re. C'est pourquoi un nouveau Congres de Trade Unions
aurait det constitu6 pour contrebaltre 1'inflience du parti
cominuniste.

LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCEi.

1. Times (5/5) :

< La question est de savoir si les socialists, don't le
conseil national 'doit se r6unir demain, sont prets main-
tenant A revenir sur la decision du parti de ne pas
entrer dans une coalition d'oi les communists seraient
exclus. Mais un nouveau chapitre s'est ouvert. Cette
crise constitute bien autre chose qu'un conflict de parties
et une querelle Bconomique. Elle peut avoir un effet
d&cisif sur l'orientation future de la politique frangaise.
La cause immediate de cette crise a et la gr6ve des
usines Renault.
Le gouvernement de coalition 6tait deja profonde-
ment divisi sur les questions de politique colonial
Tons les parties acceplent le principle de l'autonomie
dans le cadre 'de 1'Union frangaise, mais seuls les com-
munistes considrrent qu'il justifie des n6gociations avec
des movements d'indppendance qui sont en pleine r6-
volte. De plus, il y a eu un certain malaise a la fois
au sein 'du gouvernement el en dehors de lui sur la







BULLETIN- QUOTIDIEN DE PRESS BTRANGARE 3


politique 6trangere. La politique de M. Bidault a re-
cueilli une large approbation. Mais, pour les commu-
nistes et pour d'autres 616ments en France, les risques
que comporte une entr6e avec les Etats-Unis et la
Grande-Bretagne dans une sorte de bloc occidental ont
sembl6 reels et dangereux, tan'dis que pour d'autres, y
compris les partisans du general de Gaulle, les avan-
tages d'une politique d'opposition A la Russie ont sem-
bl16 'vidents.
Ainsi, la coalition est rest6e unie par la conviction
saine en elle-meme d'un besoin d'unit6. On ne s'est nul-
lement enten'du sur un programme positif. Le passage
au pouvoir, bref, mais marquant, de M. Blum a am6lior6
l'atmosphere politique et a permis A M. Ramadier de
former un cabinet dans lequel, A c6t6 des socialists.
les communists et les M. R. P. malgr6 leur m6fiance
r6ciproque acceptaient de servir. L'espoir que la
France pourrait 6tre gouvernbe de facon efficace par
cette coalition a maintenant, 'du moins en apparence,
disparu. L'ombre du g6n6ral de Gaulle et de son Ras-
semblement plane sur la scene politique. Son plan visant
A cr6er un ex6cutif 'lu comme la Chambre, et qui ne
serait pas responsible devant elle, plait A ceux qui
voient les causes des maux de leur pays 'dans les im-
perfections de la nouvelle Constitution. Une chose est
du moins certain : le seul gagnant, si les parties poli-
tiques ne parviennent pas A trouver un moyen cons-
titutionnel et parlementaire de sorlir de l'impasse et de
la confusion actuelles, sera le g6ndral 'de Gaulle. En
mars dernier, tons les parties frangais 6taient d'accord
sur la nAcessit6 de maintenir un gouvernement de large
concentration. Depuis lors, la position des communists
dans la coalilion est revenue Ctrange, voire mnime anor-
male. Mais Ies repercussions probables, a la fois A l'in-
terieur et a l'Otranger, de tout conflict ouvert entire les
partisans de points de vue extremes et opposes sur le
gouvernement et la politique 6trangPrc francais, sont
certninement aussi dangereuses maintenant. Ce don'tt la
France a besoin avant tout, c'est d'une reconstruction
mt6hodique, A la Iois d6mocratique et efficace, et uno
lutle ouverte serait d6sastreuse i la fois pour la liberty
et la prosp6rit6 futures. >

2. Duily Telaeraph (5/5) :

a Les communists, qui ont soulenu en janvier une
politique des salaires don't ils se d6soli'darisent mainto-
nant, ont subi une defaite certain, et leurs represen-
tants au gouvernement ont dmnissionn6. Voila qui peut
Bclairrir une atmosphere politique que les revirements
communists ont commence de rendre beaucoup Irop.
confuse pour que le government soit efficace. II est
assez clair que les parties qui ont donnA leur appui hier
an president du Conseil sont assez'forts pour constituer
un gouvernement disposant d'une majority ecrasante.
C'est une combinaison parlementaire de cette sorte qu'il
faut rechercher puisqu'il est impossible A aucun des
trois parties principaux : socialist, M. R. P. on com-
muniste, d'avoir une majority A lui seul. Aux terms de
la nouvelle Constitution, il n'est pas possible non plus
de recourir A de nouvelles elections avant 'dix-huit
mois. Cette clause peut s'av6rer une imperfection g6-
nante dans la loi.,Dans un certain sens, il est dommage
qu'une experience des plus prometteuses en matibre de
solidarity national cesse maintenant; mais cette fin a
616 impose par la resolution des communistes 'de s'op-
poser a toute tentative de blockage des salaires. M. Ra-
inadier est rest inebranlable devant cette menace diri-
gee contre l'6conomie national et a WtA suivi en cela
par la plupart des 616ments mod6r6s 'de I'Assembl6e.
Bien que cette experience de coalition national soit


maintenant terminbe, il n'a certainement pas 6tl inutile
de la tenter. Elle a donn6 A la France un moment de
repit pendant lequel la tentative faite par M. Blum pour
faire baisser les prix a r6ussi dans une certain measure
et pendant lequel le rapport existant entire le pouvoir
d'achat et le salaire du travailleur a 6te rendu plus
normal, sinon parfait.
Une nouvelle situation politique va s'ouvrir apr6s les
6v6nements d'hier. En France, le probl6me 6conomique
domine pour l'instant tous les autres. Et puisqu'il
n'existe aucune entente sur la politique 6conomique,
un accord pour 'diff6rer l'examen de cette question au-
rait WtA aussi inutile que dans le premier gouvernement
national en Angleterre. Mais les parties, autres que le
parti communist, ont une chance de trouver un nou-
veau terrain d'entente. Dans l'appel qu'il a lance A tous
les partisans du regime parlementaire, M. Ramadier a
faith clairement allusion aux attaques dirig6es centre la
Constitution actuelle, attaques don't le g6ndral 'de Gaulle
est responsible. Les divergences d'opinion que le vote
d'hier a soulign6es offrent de nouvelles occasions aux
gaullistes, qui peuvent continue a augmenter la confu-
sion ou cooperer avec les parts qui semblent mainte-
nant destines A prendre la responsabilit6 du pouvoir.
L'existence 'd'une multitude de petits parties est aussi
ldangereuse pour la France aujourd'hui qu'elle l'6tait
dans les dernieres annees de la II1 R6publique. L'appel
qui est lance aux Francais aujourd'hui est un appel A
l'union pour coop'rer au redressement Aconomique d'un
pays 'd6vast6 par la guerre, et pour rendre a la France
la place qui lui revient dans le concert des nations. On
dolt admettre qu'une scission definitive entire les com-
munistes et les autres parties pr6sente un certain danger.
On exprime couramment en France la crainte de voir
lex commnunistes s'emparer dn pouvoir s'ils n'y parti-
cipent pas. D'un autre c6t6, les autres parties, qui jouis-
sent 'de l'appui des trois quarts du people, ont une
chance de former un nouveau gouvernement plus stable
et plus efficace. ,

3. Daily Herald (5/5) :
t La situation actuelle va faire I'objet d'un nouvel
examen de la part du Conseil national du parti socia-
liste lors de sa reunion de mardi prochain.
Th6oriquement, il existed une ample majority pour un
gouvernement de coalition d'oi les communists se-
raient exclus, mais en fait on craint les consequences
d'un tel acte.
Les communists ont obtenu 6 millions de voix aux
derni6res elections; ils constituent le paiti le plus im-
portant et contr6lent les syndicats 'dans la measure de
80 %.
Le parti socialist est profond6ment divis6 sur la d6-
cision A prendre. Certains pensent qu'une rupture avec
les communists, ajors que ceux-ci contr6lent une par-
tie aussi important de la classes ouvri6re, amonera une
scission parmi les travailleurs, diminuera le nombre des
voix sur lesquelles competent les socialists aux pro-
chaines elections et risquera 'de laisser le champ libre
A la reaction. )
(RONALD MATTHEWS.)

4. Reynolds News (4/5, travailliste) :

II semble que la France se trouve A la veille d'une
srie de crises politiques et industrielles qui ne 'peuvent
servir qu'au general de Gaulle.
Comment se fait-il que la France se trouve mainte-
nant devant ce terrible dilemme ?
C'est la consequence du choix que la politique de
M. Truman impose maintenant A tous les pays de I'Eu-








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


rope occidental : faire parties d'un front anti-commu-
niste ou ne pas recevoir d'aide de l'Am6rique. Les
Etats-Unis ont l'intention de cr6er un bloc occidental
contre la Russie, et pour cela la premiere condition est
l'exclusion et l'isolement des communists. En pratique,
et, pensons-nous, dans le cas de la France, le r6sultat
ne sera pas un bloc europcen occidental, mais le chaos
politique et 6conomique et peut-ilre mime la guerre ci-
vile. >
(DAVID RAYMOND.)

h) LE CONG S ET LA POLITIQUE IETRANGOHI: DES E'rATS-
UNIS (Sunday Times, 4/5) :

s Cerlains indices permeltent 'de croire que des di-
vergences profondes -- bien que lemporaires, proba-
blement sbparent MM. Truman et Marshall et la ma-
jorite du Congres. L'exp6rience de Moscou a conlirm6
les chefs du gouvernenent dans celte idee que, si I'aide
A la GrBce et A la Turquie est essentielle, elle ne cons-
titue cepen'dant qu'un d6but et un pis-aller et que. de
ce fait, les Etats-Unis doivent faire tons leurs efforts
pour am6liorer leurs rapports avec la Grande-Brelagne,
et la France et remettre sur pied I'6conomie de I'Eu-
rope occidental. Mais la question est de savoir jusqu'oil
ira le Congr6s. On se retrouve devant le cas du pret A
la Gran'de-Bretagne. ,
(RICH.AR STROUT.)



II. PRESS AMIHELICAINE


Reiue de la pressed amnricaine din 3 mai 1947

1. Nouielles de France

Les d6piches des correspondents de Paris sur la crise gon-
vernementale frangaise sont reproduites dans la plupart des
journaux. Elles annoncent que l'Assembl6e votera di'mainhe
la motion de conflance que lui a prisent6 M. Ra:madier. Ces
correspondents indiquent qu'il cst probable que 1'Asscmble
accordera sa confiance i M. Ramadier, mais se demandent
si le cabinet pourra rester an pouvoir avec la participation
des communists, ou s'il sera contraint d'adopter une nou-
velle formnle gouvernementale.
Whitcomb, dans le Baltimore Sun, 6crit notammut :
c M6me dans ce pays de crise, celle d'aujourdhiui est
unique ). M. Ramadier ne vent pas que les communists
quitttnt le gouvernement. Les communists ne vculent pas
le quitter. L'Assemblee ne vent pas que M. Ramadier on
les ooxmnunistes partent >.
Callender, dans le New York Times, note que d'apr&S
lea indications que 1'on a. le gouvernement remportera un
vote de conflance, mais les communists voteront contre
lui, tout en refusant en mnme temps, de retire leurs mi-
nistres du cabinet. Les communists obligerairnt 'insi
M. Ramadier i presenter la admission du cabinet tout en-
tier, on h prendre initiative d'une rupture avec les commn-
nistes en se s6parant de leurs ministres. Callender reprend
ensuite ce qu'il appelle < l'attaque amire contre les U.S.A.
et leur politique 6trangire > faite par M. Duclos et consi-
dire celle-ci < sans pr6ccdent dans un parlement franrais.
au moins depuis ]a guerre >. II cite les passages du discours
de M. Duclos, se rapportant au project de loi aminricain ten-
dant i eontr6ler les syndicats et d6nongant I'antismitisme
ct les prejugEs de couleur qul seraient << ilevgs nu lang
de principles gouvernementaux >. Apres avoir repris les
declarations de M. Ramadier, il revient i nouveau siur cdles
de M. Duclos, ecrivant notamment que dans: Irs milirnx
hauts places, on croit que la question des salaires soule-
vWe par la greve Renault est un pr6texte commode pour les
communists, mais que le veritable motif de l'attitude qui,
aujourd'hui, les isolait i l'Assembl6e etait le d6sir de pren-
dTe position pour 1'Union sovidtique contre les U.S.A. et
d'influencer la politique frangaise dans ce sens. Ceux qui


percent ainsi croient que les communists d6sireront par
consequent rester an gouvernement ou tout au moins, in-
fluencer sa politique 6trang6re. Callender termine en re-
prenant le passage du discours de M. Duclos sur la politique
americaine a I'egard de ]a Grice et de la Turquie.
Le New York Herald Tribune consacre seul un court 6di-
torial i la cruise franpaise (voir 1'article plus loin).
Une depeche Trumnibull, datee de Singapour au New York
Times declare que 80 % de, la 16gion 6trangere qui se trouve
en Indochine sont des Allemands ayant combattu contre la
Russie et centre la France. Il indique que, lors de leur pas-
sage a Singapour, ces Allemands ont 6t6 jusqu'A chanter
< Horst Wessel Lied et ai se vanter d'etre meilleurs sol-
dats que les Franqais. I1 ajoute que plusieurs centaines
d'cntre eux out d.sert6 la 16gion pour combattre dans les
rnngs du Vietnam et trouver ainsi le moyen de s'6chappwr
d'Indochine.
Une dpdehe de Paris au New York Times fait #tat des
nouvelles sur les soul6vements de Madagascar ct d'Indo-
chine et cite 1'article de [Mauriac dans le Figaro, declarant
que < le destiny dle l'Empire est en jeu et si la crise gou-
vernementale devait entrainer un ecroulement financier,
I'empire ne pourrait pas le supporter >.

2. Apres la conference de Moscou
Les correspondents am6ricains qui ont -6t6 h la Conference
ld Moscou publient les articles sur la situation int6ricure
rnsse. Dans I'ensemble, ils constatent que la situation 6cono-
mique et industrielle de la Russie est mauvaise et denoncent
lc regime de police secrete et de contr6le de minoritis na-
tionalcs qui sevit dans ce pays. C'est ainsi que Ward, dans
un article au Baltimore Sun, note aujourd'hui que la Russie
est le seul pays du monde qui imprime le Imot < juif >> sur
les cartes d'identit6 de ses citoyens. I1 rappelle l'antisimi-
tisme du temps des tsars et constate que celui-ci n'a pas
disparu et que, bien que ]a loi ne fasse aucune distinction
entire les citoyens russes, une discrimination continue A 6tre
faite contre les juifs par certain fonctionnaires russes. I1
icrit notamment que Kaganovich est le seul juif qui de-
ncure membre du politburo, et que aucun juif n'a occupy
'ine place important au minister des Affaires ttrang&res
depuis que Maiski et Litvinov sont parties. Ward souligne
que les quatre republiques autonomes et une region auto-
nome ont 6t6 annulees par ordre du Kremlin et que les
deportations en Sibdrie c depassent le nombre de 700.000
exilts qui out it6 envoys en Sib6rie au temps de la Russie
tsariste de 1823 i 1898 #.

3. Corde
La press reprend le text de la lettre adress6e par le
general Marshall a M. Molotov et note que: ce dernier a
accept la reunion de la commission de Cor6e mais en
terms qui out besoin d'etre Olucid,&s. Le g6niral Marshall
donne dans sa lettre l'interpr6tation que le gouvernement
amiricain a fait de In derni6re lettre de M. Molotov et
demand a celui-ci de bien vouloir lui confirmer si cllc
est correct. Les correspondents de Washington consid-rent
que celte interpretation port sur la definition de la demo-
cratic en CorSe. Wlashington desire que. dans cc pays les
parts on les organizations dtmocratiques puissent Etre con-
suites par la commission conjointe ii propos de la forma-
lion d'un gouvernement provisoire.

0) Lan sitlalifolon nt;r'ie'ure en France (New York Herald
Tribune, 3/5).

< Lcs crises gouvernementales sont si fr6quentes A
Paris que les Am6ricains ,n sont venus i les consider
( m1inim pI-rcslue normales. On ne devrait janmais oublier,
Ini'efois, qu'ellcs sont le sympt6me d'une crise plus im.
pi'rtanlc que traverse la France. Une crise peut-itre
risoluc. mais la crise deneure. C'est une crise qui a des
origines economiques et des manifestations politiques.
On peut englober sous le seul terme d'inflation ses
aspects 6conomiques production insuffisante, hausse
des prix, augmentation de la circulation flduciaire,









BtULItTIN QUOTIDIEN DE PRESS iTRANGR1


pression exerche sur les salaries, les fonctionnaires et
les retraitds, les paysans et leurs economies patiem-
ment amasses. Ses consequences sont d'une part l'essor
du parti communisle, et d'autre part la naissance d'un
movement nationalist de droite se ralliant autour du
general de Gaulle, ce qui entraine une < polarisation ,>
sans cesse croissant de la politique franchise, avec tout
ce que cela implique.
La crise parliculikre actuelle illuslre admirablement
la nature de la crise g6nerale.
A de nombreux 6gards, les ouvriers frangais out plus
de raisons de revendiquer une hausse des salaires que
n'en auraient les syndicats americains. Les salaires en
France sont loin d'&tre adaples au cout de la vie. On
n'est pas parvenu A mettre un. term a l'inflation apres
la Liberation et cet 6chec n'6tait pas dfit la hausse
des salaires, mais a une p6nurie g6n6rale et A une poli-
tique fiscal insens6e de- la part du gouvernement. Ce-
pendant, tout cela ne change rien au faith que les aug-
mentations de salaires en France a l'heure actuelle
pourraient entrainer une inflation ,beaucoup plus dange-
reuse aux Etats-Unis.
Nous pouvons esp6rer que l'habilelt des Francais
pour trouver des compromise politiques ing6nieux
s'exercera de nouveau come ce fut le cas en mars
dernier lors de la cruise relative f 1'Indbchine. >


b) Le Congrs et la poltlique tirtaurgine des E'ats-
Unis (New York Herald Tribune, 4/5, &d. europ.).

e Mettre un term aux dissensions, tell dolt etre la
premiere tache a entreprendre si l'on veut donned A
la politique 6trangore bipartite assez de force pour ne
p:us etre mise en cause. Le Secretaire d'Etat Marshall
lui-innme dolt entretenir des relations de confiance
etroite avec le s6nateur Vandenberg et ses colleagues. II
est v6ritablement n6cessaire de mettre sur pied un
system de communications et ide consultations pernma-
nentes pour tous les sujets important entire la Maison
Blanch'e et le Departement d'Etat d'un' part, et les
chefs du CongrBs, d'autre part.
La mise au point d'un tel system repr6sentera une
1Ache exlremement difficile pour le Secr6taire d'Etat
Marshall. Mais la tAche qui consist A unir les branches
executives et legislative du gouvernement doit etrii
aceomplie par le Secretaire d'Elat, quelles que soient
,es difficul'6s qu'il puisse rencontrer. Elle est aussi
important que celle de maintenir l'unit6 des puis-
,ances occidentales, et c'est lA une premiere measure
n*cessaire pour fair comprendre au Congres et au
pays la gravity de la situation actuelle.
Une crise Bconomique menace la Grande-Bretagne et
I'Europe occidental. Au Moyen-Orient la collaboration
anglo-americaine dolt etre renforc6e pour amener un,'
slabilisation de la situation dans toute cette region.
12'conomie japonaise s'apprete a connaitre des jouri
difficiles et la Chin. et la Cor6e r6clament touted notre
attention. La responsabilit6 des Etats-Unis dans toutes
ces questions est une lourde charge. Mais si nous refu-
sons de la supporter, on peut consider un d6sastro'
ultirieur come certain. Si deux homes peuvent fair
comprendre au 'Congres et au people americain l'im-
portance et la gravity de la responsabilit6 des Etals-
Unis, ces deux hommes sont George C. Marshall et Ar-
thur H. Vandenherg.
(JOSEPH ALSOP)


111. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovidtique des 3 et 4 mai 1947
A l'exception de la Pravda, les j.ournaux continent de
ch6mer en l'honneur du 1J' mai. Au premier plan, des rubri-
ques 6trangeres d'environ deux pages sont publides par
l'organe du Parti, elles traduisent des preoccupations ddve-
loppies de fagon inigale. Au premier plan, la lutte des
peuples pour la d&mocratie dans le monde; au second plan,
la politique anglo-amiricaine.

1. La lutte des peoples pour la ddmocra ie
La gr6ve des usines Renault et ses repercussions politi-
ques sont mises particulierement en relief par des ddpeches
Tass publikes sous des titres de tiois colonnes : < Situa-
tion en France w.
Presque sur le mdme plan, de copieux comptes rendus des
declarations radiodiffusies de M. Wallace sont publi6es. Les
extraits de ces declarations cities par le journal sovittique
rdservent une trbs grande place au gdndral de Gaulle. Le
journal souligne, ensuite que le message de Truman expo-
sant son programme turco-grec < a servi de depart pour
de Gaulle > et met en evidence la phrase suivante : P'ap-
plication de la doctrine Truman en France signifierait que
I'Ambrique en profit pour carter du gouvernement fran-
gais les communistes... S'il en est ainsi, nous jouons avec
une politique, qui peut aboutir a une effusion de sang B.
Sous de grands titres sont publids des competes rendus sur
les manifestations du 1"r mai au Japon, en Albanie, aux
Indes, en Amerique latino. Enfin, une large place est rdser-
vee aux protestations 6levdes par les leaders des organisa-
tions ddmocratiques chinoises centre le remaniement gou-
vernemental. La Pravda donne des details sur les operations
entreprises contre les partisans grecs, soulignant la victo-
rieuse resistance de ces derniers.
Dans le cadre de la lutte mondiale pour la ddmocratie,
la Pravda public deux textes -se comapl6tant l'un et 1'autre,
I'un est un commentaire de Zaslavski commentant la signi-
fication des lettres a Staline par lesquelles les kolkhoziens
de I'U.R.S.S. s'engagent depuis quelque, temps a accomplir
un certain nombre de r6alisations. Dans Ie meme article,
le commentateur traitant du probl6me de l'initiative de 1'in-
dividu dans la structure sovi6tique, s'emploie a d6montrer
I'absence d'initiative rbelle de la personnel dans le systmme
intitul6 par les Etats capitalistes c initiative priv6e !. II
refute les accusations de a manque d'individualisme lan-
cdes par la press etrangerc centre 1 travailleur sovidtique.
La Pravda public en outre un large resume de la Confe-
rence du professeur Korovine sur la notion de souverainet6
national en U.R.S.S.; apres s'rtre Olevd centre les attaques
lances a l'etranger centre le principle de la souverainete
national, le commentateur cite e les Etats-Unis d'Europe,
do Churchill, le plan Dulles, le message Truman comme
autant de materialisations de celui-ci :. L'auteur demontre
comment, en cette matiere, la thdorie juridique bourgeoise
se borne A excuter une commander de ses patrons et a jus-
tifier apres coup les attentats reels commis par l'expansi.o-
nisme. (anglo-amdricain) centre la souverainete des peuples.
A ce front imparialiste a, le commentateur oppose le
front demooratique & a la tAte duquel se situe l'Etat
sovibtique. Dans les conditions actuelles, celle-ci est appeloe
B servir de barritre juridique et politique pour la defense
centre les attentats impfrialistes; elle permet, en outre,
1'ddification de forms sociales et 6tatiques de progrts, elle
sert a garantir la liberation des peuples opprimes colo-
niaux et d6pendants, par rapport au joug impirialiste.
Pour la premiere fois dans l'histoire de l'humanit6, la
souverainet6 sovietique est une souverainete populaire en
mdme temps qu'authentiquement national. La politique
6trang6re de 1'U.R.S.S., en raison de sa nature social, dB-
fend autant que les int6rdts du people sovi6tique ceux des
autres peuples dUmocratiques amis de la paix.
Les journaux du 4 mai publient des d6peches sur la c6rd-
monie du 1"' mai dans le monde et ayant trait d'autre part
a l'Pdification de la d6mocratie dans le Sud-Est europeen.









d btI ILkfl4 ubJOIDikN DE i1IMSSE iTRANG*TEJ


2. La politique anglo-anmricaine
La Pravda du 3 publiie d, braves infonrations Tass rela-
tives au discours de l'ambassadeur des U.S.A. en Italie b
la Chambre de Commerce de Naples, l'emprunt a.miricain a
]a Chine, I'accord entire les J.S.A. et le Nepal; les Bri-
tanniques sont accuses d'entretenir les troubles a la fron-
tiere nord-est de l'Inde.
Certaines d&peohes relatent les poursuites dont le parti
cdm'muniste americain est Iobjet, enfin la discussion de
la question palestinienne i I'O.N.U. est 6voquBe par le mmem
organe.
Trois dd6pches se rifdrant A la politique militaire des
U.S.A. sont publiees par les journaux du 4. Elles out trait
principalement au plan de mobilisation industrielle aux
U.S.A. et a la nouvelle, scion laquellc, ceux-ci s'apprktent a
construire huit dirigeables pour la prospection des regions
polairds. Les journaux sovi6tiques rapportent 6galement
I'accusation portde centre les U.S.A. par un ddpute canadien
de renforcer P'arm&c sons pretexte de letter contre le cho-
mage.
Dans le nime esprit, Trud ecrit, a propose du jugement
des responsables des troubles d'Abadan lors de la gr6ve
des ouvriers de 1'Anglo-Iranian Oil Company, que les faits
montrent que des fonctionnaires iraniens ont WtA achet6s
par la companies britannique, et que les Arabes ont 0t6
arms par les soins de celle-ci et jetss centre lea ouvriers
iraniens.



IV. PRESSED BELGE



LA SITUATION IN'ITRIEURE EN FRANCE
1. La Dernibre Heure (3/5, liberal) :
( M. Ramadier s'en tient aux terms de la declaration
minist6rielle, approuv6e le 23 janvier 1947 et don't il a
relu divers passages aux d6put6s. On sait qu'il a 6Wt
entendu que Ic gouvernement menerait une politique de
haisse amorcee par M. Leon Blum et qui avait deja
donn6 des r6sultats. S'il ne s'agissait dans l'affaire de;
salaires que de primes au rendement avec une augmen-
tation de la production, on pourrait les admettre, mais
on ne peut envisqger de revalorisation g6nerale.
La classes ouvriere a compris que c'6tait la sagesse.
Un d6lai de quatre mois, expirant le le" juillet, avait Wte
convenu. La situation ne dolt done tre reexaminep
qu'A cette date. Cette baisse n'a pas modifi6 la situation
du tout au tout, mais le movement de hausse est, en
lout cas, arrWte.


Cette politique de discipline continue done A 8tre in-
dispensable. Si on ne la suivait pas, il faudrait un jour
avoir recours a des measures < h6roiques >.
11 est vrai qu'on se plaint un peu partout de la situa-
Lion, nmais quelles clameurs le pousserait-on pas, si,
d'ici quelques semaines ou quelques mois, on n'avait
rien faith. On se retournerait vers ceux qui n'auraient
pas mis en garde la classes ouvriCre contre des revendi-
cations dangereuses. aboutissant A la misbre.
La RWpubliquc et le regime parlementaire ne pcuvcnt
se mnaintcnir que s'ils apparaissent indispensables au
salut de la France et s'ils r6sistent a la demagogic. TI
faut dire la v6rit6 au people. >
(Du correspondent de la Devrniire Heure Paris.)

2. La Cite Nonvelle (4/5/5, catholiquc de gauche) :

< La question principal qui se pose pour la consti-
tution du nouveau ministbre est de savoir si le Parti
Socialiste suivra ou non les Communistes. Les condi-
tions dans lesquelles la crise a eclat6, c'est-a-dire !a
nouvelle requl6e de la masse ouvribre en faveur d'une
augmentation substantielle des salaires, ne permettant
pas aux socialists, selon l'avis de beaucoup de leurs-
dirigeants, de se charger a eux seuls de la responsabi-
litl de l'6chec de la demand des ouvrlers.
Une solution pourrait cependant intervenir mardi a
]'occasion de la convocation A Paris du Conseil national
du Part socialist. C Blum ou A ses lieutenants principaux d'exposer la gra.
vi:' de la situation qui resulterait pour leur propre
parti du refus de la constitution d'un gouvernemenl
sans les communists, aucun autre gouvernement n'etai'
possible pour les raisons qu'on vient d'indiqucr. Les
raisons de M. Leon Blum et de scs intimes suffironl-ellcs
a convaincre l'ensemble du Parti socialist ?
[1 ne faut pas, d'autre part, negliger la n6cessi! dans
laquelle la France se trouve pour ses besoins alimen-
taires et financiers des plus urgents d'oblenir I'aide des
E'ats-Unis sans d6lai. D6jA un certain d616gu{& francais,
M. Jean Monnet, est arrive A Washington pour sollicitcr
de la Maison Blanche des measures qui, pour la question
du blW surtout, sont pour la France, pressantes. II est
trbs possible que la condition premiere que les Am6ri-
cains formulent pour hAter leur aide A Paris soit la
constitution d'un cabinet qui puisse leur inspire la plis
entire conflance et ce n'est certaincment pas un cabi-
net A direction cominunise qui pourrait les saiisfaire >
(Du correspondent de la Citl Nouvelle a Paris.)


S. P. 1. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


Prix : 6 fr.




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