Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: April 28, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00082
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANQAIS
D'INFORMATION
Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')
(MNISTARBE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)


. BULLETIN


DE


28 avril 1947.


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


QUOTIDIAN



ETRANGENRE


SOMMA IRE

I. PRESSE BRITANNIQUE.
Apres la Conference de Muscou :
I. Daily Mail (28/4) ;
2. Observer (27/4) ;
3. Sunday Times (27/4) ;
4. New Statesman adlt Nation (26/4);
5. Economist (26/4).
11. PREISSE AMERICAINE.
Apres la Conference de Moscou :
1. New York Herald Tribune (27/4, 6dil. europ.);
2. Washington Slta (26/4) ;
3. New York Hierardl Tribune (26/4).
IL. -- PIESSE SOVIWTIOIUE.
IV. PRESSE SUISSE.
Apries la Conference de Moscou :
1. Tribune ,de Gen6ve (26-27/4);
2. Gazelte die Lausanne (27/4) ;
3. Baslte' Nachrichlen (26-27/4) ;
4. Neue Ziirchier Zeitung (27/4).

1. PRESS BIHTANNIQUE


Revue de tl press brillmniique du 27 tvril 1947
Les journau-x du diimanche s'attachent plus particuliire-
ment it comminnter l'6chce (de la Confirence de Moscou. Ils
continuent toutefois it consacrr une Iris large part de kurs
articles aux divers probl6mcs exi6ric'urs d'ordrv politique et
sirtout 6eonomliqac.
La question de Palestine rctient tgalemcit I'attenlion de
plhisicurs quotidicis. Le Sunday Times public ulne interview
de Franco.
1. La Confrernce e .a Mosr-ou
La plesse ne partage pas l'optimisme ianifestl par
M. Bevin dans ses declarations publides, mais lle no parait
pas lui en tenir rigucur. Le Relynolds News conclut son
editorial dans les terines suivants : I 1 est tragique qu'au-
cunn accrd n'ait pu &tre realis6 car ,aussi longtemps que
cot 6tat de choses subsistera, 1'Europe central no pourra
avancer dans la tAche 'de reconstruction. Mais il strait ejq
core plus tragique que des accords interalliks se transfor-
menl en une discorde ouvcrte. I1 n'y a qu'une fagon de


reconstruire l'Europc : c'est colle dcrite par M. Bevin : des
ndgociations patients dominoes par la conviction qu'une
paix reposant sur l'unit6 entire les trois grandes puissancrs
est Ic scul espoir pour I'univers... ,
Le correspondent diplomatique de l'Observer, dvoquant
I'6chec des ndgociations relatives au traitd anglo-soviitiqu,.
fait remarquer quce 'U.R.S.S. a introduit au cours de ces
nagociations, comme dans les pourparlers relatifs au projtl
amnricain de pactc i; quatre, des contre-propositions don't Ic
re.jet par les puissances occidentales 6tait sftr. II ajoutte :
< On est presque certain, a Londres, que le seul but de cette
manuu\-re est de fournir des arguments aux critiques pro-
russes des gouvernements ainmricain et britannique, dout
lai diplomlatic sovietiquc parait exasp6rer la force. ,
Le correspondantl h Vienne deI'Obsserver rend conipte des
collsqluences sericuscs, een Autriche, de l'insucc&s des qua-
Irr ninistrcs. Mais c'est avant tout un editorial de cc jour-
nal. sur le probl&me allemand tel qu'il se nose au lendi
main ie la Confirence de Moscou, qui in6rite d'etre nis rn
salecur : c II fallait center, dcrit 1'Obserorr. de parvenir a
I'uili6 en Allcmagne par un accord avec Ina Iussie, avant
d'envisagrr d'autrcs solutions. C'cst ce qui vient d'etre fait
sans suces. Alaintenant, nous devons nous oricnter vers'
une autru politiquc qui vise L constitucr, par une entente
av\ce l'Ain6rique, lne Allemagne occidental stabilisue et :.'
suffisanl iI clle-mninic. ITne tell politiquc avait 6et esquissce
dans I'accord de Washington, en noveinbre dernier, niais
elle n'avait jamais l6 pleinfenlnt miist eln pratique, prin.
cipalemnenti afin dte e n pas comprometire la Conference d(
.loscou. Les d6tlais nous onl d.jia cofitu tris cher en argent
re en olulnr volontit, et il ln f1aut plus perdre dlr Iemps; cc
strait 1ine erreur de croire que e(ttc nouivelle politique r.t
lixre, et n'a plus qu'it 're appliqur.; jusqu'h prVsent, 1a
fusion des zones n'a pas did un sucres; il n'y a pas cu die
renaissance economique dans les zones fusionnies; la situa-
lion alimentaier n'a faith que s'aggraver et I'adniniistration
interzone est, dans sa situation prcsente, bizarre et chao-
.lique; en outre, des differences d'opinion 'onsiderahles,
existent entire I'Amlriquii el la Grande-Bretagne sur la mni-
thode ai suivre pour remiudier AL cele situation. Economique-
nlenti. la Grande-Bretagne est favorable de i large mesuivs'
de nationalisation, tandis que l'Amdrique prdfdire I'deonomnir
privde. Politiqumcent, la Grande-Brclagne preconiisc un gou-
vernement central placed ai la tete des huil provinces. L'Amn'-
rique d6sirneune liche coinfddration, aerc coimmle scule
aulorilt central It conscil de huit premiers ministries. Les
deux points de vue se retrouvent dans I'opinion allemandre;
Ic point dle vie amniricain a copendant la synipatthle presquc
g6ndralc des voisins occidentaux de I'Allemagne qui crai-
guent de voir les industries lourdes allemandes coicentrdes
dans les mains d'un gouvernement central. Les dcix solu-
tions peuvent Ctre defcndues avec des arguments serieux,
miais il serail probablement sage de note part do ne pas
presser trop fortement pour la mise en oeuvre de nos iddes,
qui semiblent tre inspires, en parties, au moins, par des


PRESS


Nouvelle S6rie N* 655


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2. " .. BULLETIN QUOTIDIEN bE PRESS ETRANGERE


preferences d'ordre acad6miqu'e plut6t que par des intercts
concrets. Notre int6r6t supreme dans l'affaire est certain'-
ainent d'obtenir la contribution la plus large que possible
de l'AmArique en particulier. dans 1a Ruhr, et nous tie pou-
vons guere attendre des Ambricains qu'ils manifestent 'en-
thousiasme par une experience socialist en Allemagne, qut
leur serait impose centre leurs convictions.
AI point de vue politique, il peut etre vrai que, seal,
un gouvernement central de 1'Allemagne de l'Ouest. serait
.en measure d'obliger le paysan bavarois A envoyer sos pro-
duits vers la Ruhr, mais ce paysan sera dispose alinmenter
la Ruhr aussitot que celle-ci, grAce aux investisscments
amiricains, aura quelque chose a lui fournir en change.
Est-il d'ailteurs si important d'Ltahlir uin lieu al.ssi itroit
que possible entire la Ruhr et la Bavibre ? Il scrait, sem-
bl.-t-il, beaucoup plus important de recr6er des courants
d'dchange naturels entire la Ruhr, la Belgique, la Hollande
et la France, an lieu d'envisager la creation d'une machi-
nerie politique rigide, susceptible !de rationner la inisiur
dans l'autarchie. Nous ferions niieux de songer a l',tablis-
sement d'une nouvelle monnaie pour l'Allcmagne de l'Ouest
qui remplaceralt celle-ri, dans ]e circuit du commerce inter-
national, et mulliplierait ainsi ses chances de redressement
natural. II va sans dire qu'une telle politique n'a aucune
chance de succs si 1'esprit restrictif de Polsdam n'est pas
ddfinitivem.ent abandoned. En Grande-Bretagne, l'opinion pu-
blique est prate depuis longtemps A accepted une paix rdclle
avec l'Allemagne. Les pays qui ont souffert de l'occupation
allemande sont tres naturellement moins disposes A par-
donner, mais mime dans ces pays, le simple hon seas agit
de plus en plus largement dans le sens d'un rlglement
liberal *t pratique. L'intelligent rapport sur 1'Allemagne
adopt rdcemment par la Chambre de Commerce I iterna-
tionale a Paris est representatif de cot dtat d'csprit. Quant
A 1'Amdrique, don't le role en Allemagne occidental, come
d'une manidre g6nirale en Europe occidental, sera dleisif,
elie ne peut qu'envisager le problem dc la lumiire de sa
nouvelle politique. L'6chee de Moscou, et specialenient le
refus ddlib6rB de la Russic de neutraliser 1'Allemagne par
le moyen d&un pacte o' quatre. sur le d6sarmement, a trans-
form la ligne de ddnearnation en Allemagne en un front
iddologique aussi important et aussi vulnerable que les
frontirres septentrionales de la Grice et de la Turquie. La
flim ct la misore sont les terrains les plus propiccs A ]a
propaganda communist dans sa politique mondiale contre
l'infiltration et l'agression communists. L'Am6rique ne ]peut
guxre ndgliger de monster la garde sur 1'Elbe.
Le Sunday Times ecrit dans son editorial : ] L'inpasse
qui s'est produite au sujet do 1'Autriche est un coup don't
les consequences se font sentir d'une maniAre immediate et
pacifique. L'Autriche ct ses voisins ont un besoin urgent
d'8tre d6barrass6s des troupes d'occupation et d'eutreprendre
la tache de reconstruction. L'absence de tout progris vers
I'unification dconQmique en Allemagne est encore pius grave,
si les puissances occdentales, et en particulier .ls Etats-
Unis, pouvaient aider directement la Russie A reconstruire
son Bconomie dbranl6e. Peut-6tre la soif de reparations im-
possibles et la mdfiance intense des Soviets A l'egard des
intentions des puissances occidentales, qui est dans une
large mesnre A ]a base de lpurs demands sur la Rulhr, pour-
rait-clles 6tre grandement dinminudes. La plus grande dccep.
tion cause par l'echoc de la Confurence de Moscou est tou-
tefois I'absenoe de tout signed rnvilant le ddsir de la Russie
de coopdrer avec les puissances occidentales.
Sous la signature de Lord Hankey, le Sunday Times pu-
blic 6galement un article de fond intitule Mein Kamf de
Staline ,. Lord Hankey attire attention de ses lecteurs suir
le livre de Staline e Probl6mes du LUninisnie >, qui r> vle,
selon lul, attitude aggressive preconiste par Staline, plutot,
il est vrai, dans le domaine iddologique et diplomatique que
dans le domain militaire.

2. La pntilique extdrieure
L'attenlion des jonrnaux est disperse sur plusieurs des
probl6mes qui se pr6sentent actuellement en Grande-Bre-
tagne. Presque toute la press evoque nanimoins ]e pro-
blbme du eharbon sur un ton critique, mais'moins pessi-
mistc.


3. Palesttle

bous la signature du scrutator, le Sunday Times public
un article de fond faisant l'historique du probl6me de Pales-
tine. 11 conclut que le partage parait etre la solution la
plus probable. L'Obser er public un article de son corres-
pondant de Jerusalem qui commence dans les teromes sul-
vants : I.e nmainlien d'imp6t civil en Palestine est devenu
presque impossible. Le correspondent deplore les hbsi-
talions de I'Agence juive ct fait ressortir que le plan d'ac-
tion qu'elld vient de presenter est tres insuffisant et qu'on
ln peut gurre y voir qu'un essai dc dernirre here en vue
de sauver Ia face, avant la reunion de 1'Asseinblde gdnerale
des Nations Unies et de retarder la proclamation de la ]oi
inartial.
Tons les autres joiirnaux rcndvnt comptc dies rdcents
acts tde tcrrorismc.
4. trance

L.e correspondent du ~unday Times 6crit que le Parlemntl
se rdunira sous un cie] tres orageux. Au conflict provoqud par
le., dvnements de Madagascar se seraient ajoutcis des diver-
gences de vues en matidre de politique extirieure au sujet
de P'accord du carbon entire la France, la Grande-Bretagne
ct les Etats-Unis.
Le correspondent britannique croit voir dans le 9iscours
de Mh. lillous la r6vel.tion d'un plan visant a career lne
armee privee communist peut-6tre identique dans son per.
sonnel vver les comites do vigilance a.
Lc journalist britannique rapport enfin que Ics passages
les plus applaudis du discouurs de M, Wallace pronoinei
Sdevan:t un auditoire compose de 80 % de communists S
dtaient ceux qui visaient indirectement le general de Gaulle.



lRevue de iF Iresse briltanniqu' dii 28 aril 1947

La majority dets manchettes est consacrdc cc martin a la
grive de 7.000 dockers de Londres et au d6bat qui va s'ou-
vrir aujourd'hui h la Chambre 4es Communes sur le Trans-
port Bill.
La chroniqne extiricure est tout entire dominde par les
questions allemandes et le probl6me palestinien. La France
fait l'objet de nombreux articles, pour la plupart consacrds
A la situation politique:
Le Manlchester Guardian commence, dans un long editorial,
la position du part communist A l'1gard de la politique
extericure du government. Gordon Young, du Daily Ex-
press, envoie de I'h6tel Lutetia. a Paris, un article intituli
< Du quarter general juif A Paris ,. Enfin, le Daily Tele-
graph public aujourd'hui un article de politique extfricure
ecrit par M. Francois Poncet.

1. Allemagne

La plupart des journaux commentent abondaminent les
probl6mes qui se posent a administration britannique en
Allemagne apres l'4chec de la Confereuce de Moscou.
Le correspondent du Times A Berlin rapport les paroles
pronounces par Lord Bakenham, succosseur de M. Hynd, A
son arrive h Berlin. L'entrevue qu Icl nouveau ministry
va avoir avec le Premier Ministre, estimo ce correspondent,
pourra fort hien marquer un tournant d6cisif dans les rap-
ports entire les ddmocratics occidcntales desquelles la
France ne doit pas n6cessairement etre exclude et cette
parties de I'Allemagne qu'elles occupent. 11 fait 6tat des
commentaires auxquels a donn6 lieu 1'dchec de la Confe-
rence et Acrit que a le seul rayon d'espoir reside dans le
fait qu'un dilai a Atd fix.6 pour le retour des prisonniers
de guerre allemands, bien que l'on s'inquiete du nombre
relativement peu (6ev6 des prisonniers que M. M'olotov a
d6clard ntre encore aux mains des Russes. On remarque
gendralement qu'il ne fallait pas s'attendre a des decisions
fondamentales, mais l'on s'inquidte de voir la prochaine ren-
contre des quatre grands remise A novembre prochain.
I Aprds avoir fait etat agaiement des inquietudes causes
en Allemagne' par le problem des frontieres orientales, le
correspondent declare que si les communists cherchcnt i
V






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE


tirer quelques satisfactions de la Confdrence, ils veulent
fair croire h 1'Allemagrie qile e qui est important n'est
pas cc qui a &td rdalis6 mais cc qui a dtd dvit6 et que c'est
la Russie qui s'est fait le dffenseur de l'unit6 allemande
centre les impdrialismes capitalists occidentaux.
A. Werth comment, dcans le Manchester Guardian, les
declarations que M. Bevin a faites i I'issue de la Confd-
rence ct s'6tonne do, leur ton optimist puisqu'il centre sans
l'alliance anglo-sovi6tique el sans un trait autrichien. Cer-
tains se demandent s'il n'a pas en tete certaines considera-
tions d'orire int6rieur. Cc journal remarququ ue les theses
britannique ct russe no sont pas aussi opposees qu'elles le
paraissenl car Loutes deux reposent sur une politique gund-
rale a long teermc.
Quant a I'attitude de la Diilgation amiricaine, M.
Marshall strait accuse par certain tde ses compatriots
d'avoir manqu dot souplesse diplomatique et do s'otre
mtpi'is sur lcs intentions rdelles des autres pays.
I. Lesser, correspondent du Daily' Worker it Moscou
atfit'wie cue < maintcnant que la Conf6rence de Moscou n'a
pu, vn raison de I'atlitude do M. Marshall et de M. Bevin
abouti- it un echcc, c'est Ic people bi'itannique qui va payer
aI note allemnande. Nous allons payer P'intirit americain stir
une parties de 'Pemprunt qui sort i nourrir les Allemands.
Tant que M. Bevin voudra maintenir sa politique actuelle,
nous devrons payer l'expansion iinp.rialiste de l'Amdrique
en Allemagne. L'accord n'a pu se faii'e parcc que les r6ac-
tionnaires ambricains ne veulent pas d'un accord qui les
empfcherait d'imposer leur politique en Allemagne et en
Europe ,. II en veut pour preuve le fait que M. Bevin et
M. Marshall ont tout fait pour amener M. Bidault a se
joindre i eux. L'accord sur Ie carbon qui a dtd r6alis6
sur instance de M. Marshall en ddpit du refuse catlgorique
de M. Bevin, a itd le point culminant de ces efforts. Mals le
fait qu'il n'y aura pas d'augmentation immediate de char-
bon pour la France aminera sans doute de nombrcux Fran-
qais A douter sd'ieusement de la sagesse de toutes les con-
cessions politiques qu'ils out dti faire pour obtenir cet
accord. Car on plus de la question de s6curitd qu'assurait
eI cintrAi.c quadriparlite de Ia Ruhr tel qu'il a etd demand
par Ia France et la Russie, les demands franqaises de
r'd:iaration I'ont pas 6td satisfaites >.
Sur l'avenir de i'Allemagne proprement dit D. 'Martin,
du Daily Herald s'attend h d'importantes decisions. c Cc
n'est plus un secret que la fusion dconomique des zones
Ib.itanniqu.s s ct amdricaines a donnd lieu a de nombreuses
difficulids d'ordre aduninistratif. On pense que M. Bevin
imerttra des suggestions qui utiliseront a la fois des mdtho-
dcs c coliabonration plus large et plus efficaces. II croit
savoir que les conversations 'de Berlin auront pour but de
antfier oine plus grande partic de !'administration A des
organisms allemands. _
Selon Selkirk Paton du Dailx y Express, M. Bevin annon-
ccra : I1" un resserrement do administration des deux
zones par los Allemands ; 2" la centralisation des organis-
mes atdministratifs ; 3" une .extension du contr61e britan-
inique ct amiricain sur l'exdculion par les Allemands des
accords inhercnts I l'association des deux zones.
SClark du Nepws Chronicle, announce unoe rddvaluation du
mark et l'instauration prochaine des ies ures de rdforme
iaunetaire. ainsi que la erdation d'une monnaie Deutsches-
mark don't la 'valeur est fixde an quart de la livre sterling.
Ces insures entreront en vigueur .dans les quatre zones
d'occupation.

2. R-etour dte M. Marshall
Lc correspondent du Tiirmes pense que M. Marshall, s'ef-
forcora de tranquiliscr scs compatriots. Sans doute il leur
dira que 1'dlaboration de la paix exig'e des efforts longs et
pdnibles.
Le correspondent du Daily Telegraph croit savoir que
M1. Marshall deniandera an Congrr s d'accorder un nouvel
iiprlunt iI la (Grande-Brelagne ; a< considdrant quc l'aidc
a cc pays fait partic de la politique americaine d'aide a la
.rst'iio:atlion ile l'Eu;'ope occidental >.
S0lon .ce corrre.pondan' eI prestige d t.SccrtItaire d'El l
iI' faith que croilre aipres de ses compatriotes. ,'opinion
publique anm.,ricaine verrait dans l'echec de i. Conference
doc Moscou la fin de cette dr6le de paix > come la
ddfaite de la France: a marqud la fin- i-de la-dir6le' de


guerre b. La chute de la France, techniquement parlant a
6td un ddsastre, .mais elle a apport6 un sentiment instinc-
tif de soulagement. De mIme le fait que les Russes et les
Amdricains dnt precise clairment leur position ft l1'gard
de 1'Allemagne, de FAutriche et du Proche-Orient a apport6
un soulagement analogue. La politique d'apaisement est
more. M. Marshall en a prdsidd les obsdques et, A part
M. Wallace, on ne trouve pas en Amdrique de gens impor-
tants qui en portent le deuil.
Solon les bruits qui circulent an Departement d'Etat et
don't cc correspondent se fait l'echo, la France constitute
une region ndvralgique pour la politique am6ricaine en
Europe. L'accord tripartite sur ie carbon et 1'appui pr&ti
par la Grande-Bretagne ct l'Amdrique aux demands fran-
caises sur lit Sirre ont eu pour r4sultat d'attirer davantage
la France danis l'oibite anglo-amdricain.
Le D)partement d'Etat serait par ailleurs convaincu que
Ia politique russo tendrait it sp6culer sur l'appauvrissement
6conomique de la Grande-Bretagne qui l'obligerait A se reti-
rre d'Allcmagne come .ellc a 'ddjh dit se retire d'autres
regions qui itaieut auparavant soumises i son influence.
Les Etats-Unis refuseraient alors de porter seuls le, far-
denu allemand et retourneraient h l'isolationnisme abandon-
nant l'Europe an Kremlin. C'cst pourquoi les Russes au-
raient sabot6 le trait quadripartite garantissant la demili-
tarisation do l'Allmeagne et auraient cherche, en introdui-
sant do nouvelles clauses dans le trait anglo-sovi6tique, a
glisscr un coin entire les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
Mais les 43 jours que M. Marshall a passes A Moscou
'ont convaincu plus que jamais que les frontirres amdri-
caincs so trouvcnt disormais en Europe occidentales que
l'intdgration politique et dconomique du monde occidental
est tine condition essentielle i la sdcurit6 de ses frontidres.
Solon le correspondent particulier du Manchester Guar-
dian, Ic people amdricin .prouverait dcs sentiments si
hostile h I'dgard de la Russie qu'il se r6jouirait presque
de 1'Cchce de la Confdrence.

3. Palestine

Ta vague do terrorism qui continue it sevir fait i'objet
niw noanbrcux articles qui signalent dgalement que la ques-
tion palestinienne va 6tre dtudide dis aujourd'hui par
I'O.N.U.
I.e correspondent du Times ecrit i ce sujet : La pre-
midere mise A i'dpreuve des sympathies de l'Assemblee aura
lieu quand le Comiti prdparatoire prdselntera la demand
de la Ligue Arabe aurx terms de laquelle 1'Assemblde devra
decider si le mandate britannique a pris fin et si la Pales-
tine doit devenir inddpendante ,. Faisant dtat des diffd-
rentes theses en presence, ce correspondent signal que la
delegation britannique 'et probablement celle des Etats-Unis
s'opposeront h la these arabe. II se demand ce que sera i'at-
titude des ddl6euis soviitiques. 11 ne pense pas que la Russie
s'opposera immddiatement aux demands juives, mais' en
rovanche il sc montre convaincu que les Arabes jouiront de
I'appiri d'une grande parties de l'Amdrique latine.
Pour Ic correspondent special du Daily Telegraph, I'O.N.U.
devra decider tout d'abord si les Juifs constituent une com-
manautd national on une secte religieuse.
Pour A. Cooke, u les dhbats ne manqueront'pas d'4tre 'm-
preints d'une certain acrimonie en raison notanimeritde
l'insistance mise par certain membres de la Chambre des
Lords a ce quo la Grande-Bretagne n'aceepte pas d'etre lide
par une decision de 1'O.N.U.
'.e correspondent du -Daily Telegraph f I'O.N.U. estime
cependant que la Grande-Bretagne se trouverait moralenent
life h' observer les recommendations de 1'O.N.U.

4. France
T.e Manchester Guardian consacre un article h l'attitude du
parli communistei l .'dgard de la politique extdrieure du gou-
vernement. I1 pense que sa position a dtd fortifi6e par la
Nisile de M. Wallace, en raison de la popularity inevitable
don't .Ip: il jouir, dans un pays dechird par Ja' peur de la
gucrre. tout liomnlii quli peut ouvrir une vole facile A la
paix, la visit e M. Wallace a 6t6 d'une grande valeur pour
les communists.
Ce correspondent signal cusuite la position -conini'miiste






4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE
i


i. l'gard du problmme militaire : Riduire l'arniec de me-
tier obligerait la France a nitocicr avec kl government
dIo Viet-Minh les mains nues >.
Passant ensuite a la situation diu gouvernement, cc corres-
pondant 6crit : < Le government est plus faible en cc
moment en raison de la reduction du iain out a prolonde-
ment chocqu l'opinion publique >>. L'approche dui 1" Mai
aimine eet auteur i conclude << que le part communiste y
puisera un regain d'inuuence aiix d6pens des socialisles .
,e Daill W1orker consacre tn long article aux declarations
de AI. Cachin devant 5.000 nmenlbres du parii communisle, i
Manchester. Dans ce meme journal, 1). Kartoun prddit une
offensive tes 6ldments anti-communistes de 1'Assembllce
National pour exclilre ies ministries co(unumiiistle dlu gitl-
vernt'nelit t.
Li Daily Teljgriaph fait ktid des aitaques llntetes Iar I.e
)parti radical-socialiste ciontre c gouveirnement.
Plusieurs journaux signalent qutle 1I M.R.P. a reil'.fs d
s'associer :n 1B.P.F. 't fonl etat des dt clarations l'ailts par
M. Rainadier, sans les accompagner de coiniilentaires.
La question du tri;ic des devises continue i fire I'obijet
d'articles dans le Daily Mail et Io Daily Tilelraph, qui rap-
pellvenl que Miax Intralor sc .scrvait des valises dip,:oma-
fiques pouT se livrer ai son trafie.
l I. Dily Herald aninnce I'arrivte iA Ltadrlcs dc MM1. Moll-
ncetct Marjelin.
(tridon Young reserve aiu < Quarlier ginitral jiuif i P:aris ,
uni article annonuant qlue le colonel franlais cn retraite
Inhaus, president de la Ligue franqaisc piour nl Palestine
l.ibre, aurait ralli do nilolnlbruses pIcrsonnalihits politiiquscl
daits son org"anisation.

.. -- Indochine
Le correspondent du Times a Paris announce l'arrivee i
Saigon de MIM. Costes-Floret, .lacquinol ct de l'amirail Le-
mnonnier.
II announce 6galement quet 44 personnes ont trouNd i a iiorti
dans ine enmbuscade aux environs de Sai'gon.

APRPS LA :oNIFEnENCE IDE MOSCOU.

1. Daily Mail (28/4, conservatcur) :

< En mettant les choses au mueux, oi peut dire
qu'une serie de questions essenlielles d'ordre secon-
daire out 6tt r6gl6es. Du moins a-f-on discutr toutes les
questions. Chaque ministry sait maintenant quelle est
la position de ses colligues. II est devenu absolument
evident que les vues de la Russie et du monde occiden-
tal sur les reparations different totalement. II en cst de
inime pour le traiti autrichien et le reglnemenlI le la
question allemande.
Dans les deux cas, la Russie -- prboccup'e fortement
par ses difficulties 6conomiques vent obtenir plus
rapidement des avantages plus grands que nous ne pou-
vons lui accorder.
Comme nous ne pouvons nous mettre d'accord sur
cotte question, nous ne le pouvons pas davantage sur
aucune des autres, car elles sont lies inextricablement
entire elles. Le probleme reellement grave que la Con-
fdrence a soulev& est celui-ci : si les ministres des Affai-
res 6trangrres ne peuvient se mettre d'accord mainte-
nant, avons-nous une raison de supposed qu'ils pour-
ront s'entendre un jour ? Un 6vtnement susceptible de
changer la situation peut-il intervenir ? Et mnmc, les
mninistres sont-ils dtsireux de se mettre d'accord ?
Sur les probltmes fondamentaux, les quatre ministries
sont demeur6s absolument inflexibles. On n'a pas noti
le moindre indices d'un compromise ou de concessions
rnelles.
I1 est difficile de voir. comment on parviendra uine
solution d6flnitive. Ce n'est pas seulement quatrc na-
tions qui s'opposaient a Moscou. Ce sont deux points
de vue diamttralement opposes sur le monde et sur les
modes d'existence.


11 se peut que la question des reparations ne soit pas
aussi essentielle qu'elle ne le semble. Elle ne constitute
peut-Ltre que I'aspect former de l'attitude russe. MM. Stt-
line et Molotov jouent pcut-6tre simplement quelque jeu
S-,':, don't les consequences se" front sentir plus
lard.
Mais, d'une facon ou d'tl'ne autre, les perspectives no
sont pas bonnes. II semble tres dangereux d'attendre
six mois avant que les ministries ne se rencontrent pour
essayer de sortir de l'impasse i laquelle ils ont abouli.
Tel est l'hiritage de la Conference de Moscou : une
suite d'impasses don't ]'on a renonc6 temporairement A
sortir. Peut-6tre n'ivions-nous pas le droit d'en attend
dre davantage. >>

2. Sunday Times (27/4, conservaleur) :
< La Russie a beaucoup soulfert par la faute de 1'Al-
lemagne el sa situation economique n'est guYre brillante,
mais aussi justified qu'e soit sa demand relative au
pr61bvementl de reparations sur la production courahte
de l'Allemagne, elle so heurte A l'opposition des Britan-
niques'ct des Americains, qui refusent de payer Ies rn-
parations de 1'Allemagne, ce que nous faisons effecti-
vement, jusqu'a ce que ses exportations puissent lui
permnetire de payer ses importalions de preminire ne-
ecssit*.
C'est lI un dilemme qui rend n6cessaire une revision
de l'ensemble du problem de la reconstruction 6co-
nontique h l'est du Rhin. On peut se demander si les
puissances occidentales, en particulier les Etats-Unis,
pourraient aider directement la Russie a reconstruire
son economie 6branl'e, ce qui pourrait peut-itre inci
ler les Russes a ne pas reclamer des reparations qu'il
est impossible de leur donner, et A dissiper la mefiance
profonde qu'ils 6prouvent a l'dgard des mobiles qui font
agir ainsi les puissances occid'entales mbfiance sur
laquelle reposent en grande parties leurs demands re-
latives a la Ruhr. La plus grande disillusion a Moscou
a cependant iet de ne trouver aucun indice permet-
taut de penser que la Russie d6sirail une veritable
cooperation pacifique avec les puissances occidentales
Sque sa propre << aggression iddologique > a poroond6-
ient decues. >>

3. Obseriver (26/4, conservateur) :
< L'echec de la Conference ne causcra de deception
a personnel.
On devait tenter de realiser 1'unite allemande par un
accord avec la Russie, avant d'envisager d'autres solu-
tions. Maintenant, c'est chose faite et cela a about a
in echee ; nous devons nous turner vers une autre
uolitique tendant a constituer en accord avec les
Etats-Unis une Allemagne qui puisse subvenir A ses
besoins,
Cette politique a etd esquiss6e dans l'accord de
Washington relatif i la fusion des deux zones, mais qui
n'a jamais itd compl6tement applique, principal'ement
pour ne pas porter prejudice a la Conf6rence de Mos-
coll. Co retard nous a deja coitit tris cher, et l'on ne
doit pas perdre davantage de temps.
Jusqu'h present, la fusion des detx zones n'a pas
6tl un succc6s. I1 n'y a pas de reprise economique reelle
dans les deux zones fusionndes ; la situation alimentaire
n'a faith qu'empirer el administration est dans un 6tat
claotique. De plus, il existe d'importantes divergences
de vues entire la Grande-Bretagne et les Etats-Unis
quant A la meilleure fagon de surmonter cet 6tat de cho-
ses. L'aplanissement de ces divergences constituera une
tAche diplomatique difficile; heureusement, la Grande-








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE 5


Bretagne et les Etats-Unis ont I'tabitude de se mettre
d'accord apres avoir discut6.
Sur ie plan economique, la Grande-Bretagne He pro-
nonce en faveur d'une nationalisation tr6s large dans
les deux zones fusionn6es, tandis que les Etats-Unis pre-
fbrent l'entreprise priv6e.
Notre int6rEt primordial est. A coup sur .d'obtenir la
contribution la plus complete possible de L'Am6rique
dans la Ruhr, et nous pouvons difflcilement nous atten-
dre A ce que les Am6ricains fassent preuve d'un grand
enthousiasme A 1'6gard d'une experience socialist alle-
mande que nous leur imposerions contre leurs convic-
tions.
Sur le plan polilique, il est peut-&tre vrai que seul un
government central de l'Allemagne occidentale pour-
rail obliger le paysan bavarois A envoyer de la viande
ct des matieres grasses a la Ruhr affam6e. Mais le
paysan bavarois ne sera que trop d6sireux de ravi-
tailler la Ruhr des que celle-ci, grace aux investisse-
ments de capitaux am6ricains, pourra lui donner quel-
que chose en change; de plus, est-il tellement im-
portant de cr6er des liens tres 6troits entire la Ruhr et
la Bavibre ? II .semblerait beaucoup plus important de
recr6er des liens commerciaux naturels entire la Ruhr,
les Pays-Bas et la France. Au lieu de songer a imposer
une structure politique rigide susceptible de r6glomen-
ler la mis6re n6e de l'autarcie dans un pays isol6,
nous ferions mieux de penser A cr6er une nouvelle et
saine monnaie dans l'Allemagne occidentale, ce qui fe-
rait rentrer cette region dans le circuit du commerce
international et multiplierait ainsi ses chances natu-
relles de relAvement. >>

4. New Statesman'and Nation (travailliste, 26/4) :
( Par l'opposition qu'il a manifestee continuellement
A la Conference de Moscou, M. Marshall esp6rait impo-
ser A M. Molotov un respect de l'Am6rique qui pourrait
se tratduire par une capitulation de la Russie au course
des prochains dbats important. Ii est naturellement
regrettable que cette attitude soit d6sastreuse pour 1'Eu-
rope. Mais M. Marshall pense que 1'Europe 'doit suppor-
ter ses souffrances e.n reconnaissant qu'elles constituent
une tape inevitable du processus de r66ducation du
Kremlin, et une measure pour 1'amener A comprendre les
6v6nements << du siecle americain >,.
M. Bevin semble avoir accept volontiers cet argu-
ment am6ricain. II a jou6 loyalement son r6le d'associ6
mineur dans la demonstration de l'intransigeance occi-
dentale. Convaincu, sans aucun doute, qu'il plagait des
principles avant des mobiles 6goristement materialistes.
M. Bevin semble n'avoir fait aucun effort pour 6viter
que le redressement de l'Europe passe apres l'antago-
snsme russo-ambricain ,.

5. Economist liberall, 26/4) :
c Le r6le jou6 par M. Bidault constitute du point de
vue diplomatique un des aspects les plas curieux de la
conference. M. Bidault est venu A Moscou apr6s la con-
clusion du traitW de Dunkerque. II avait de. solides argu-
mbnts pour d6fendre sa these sur le carbon, question
qu'il pouvait 'discuter A volonte avee les Anglais et les
Am6ricains; it avait 6galement une forte position pour
appuyer ses theories sur la Ruhr et l'avenir politique
de l'Allemagne, deux questions a props desquelles il
faut toujours tenir compete du point de vue frangais.
M. Molotov aurait df se rendre compete que le ministry
des Affaires 6trang6res frangais 6tait bien place pour
poursuivre une politique ind6pendante. Mais lorsque
M. Staline eut accord& une entrevue priv6e a M. Bidault
M.- Molotov sembla- prendre plaisir A& ousser l'homme


d'Etat frangais vers le camp des Anglo-Saxons. Si les
communists francais accusent M. Bidault de rentrer A
Paris sans avoir obllnu autre chose qu'un accord sur
ai r6partition du carbon allemand, il n'aura qu'A pu-
blicr -des morceaux choisis des critiques exprim6es par
M. Molotov concernant le point 'de vue frangais .




II. PRESS AMERICAINE


Reone de i I pre.se am'ricaine, dn 28 avril 1947

1. Apris tl Confirence tie Moscon
La pressed consacre un certain nombre d'articles et d'ddi-
toriaux a une etude des consequences que la' Conf6rence
de Moscou aura sur la politique a.mericainc. Elle constate
gIndralemcnt que l'attitude russe A cctte conference a pro-
voqu6 un rapprochement entire l'Amnrique, la Grande-Bre-
tagne ct la France. Sans vouloir former la porte A une
entente avec Moscou, clle estime que la politique am6ricaine
devra nu course des prochains mois faciliter la reconstruc-
tion economique des pays de 'Ouest europden. Certain
journalists, comme Hurd, correspondent A Paris du Chris-
Hian ScienCe Monitor, jugent que ce serait une extension
inevitable et logique > de la doctrine Truman.
La press relve ig'alement les declarations faiths hier a
IMoscou par M. Bevin qui a indiqu6 que la Grande-Bretagne
s'efforcera d'elever le niveau de la production industrielle
allemande, afin de soulager le fardeau rconomique que cons-
titue pour les contribuables britanniques l'occupation an-
glaisc en Allemagne.
Dans un editorial, le Washington Post ecrit notamment :
Les politiques de 1'Est et de lOuest ont tdd 6clair-
cics Le rdsultat de la Conf6rence a mis en evidence sans
aucun !doute possible le programme sovidtique de domina-
tion de 1'Europe... La Grandc-Bretagne, la France et les
U.S.A. ont rapprochd leurs points de vue devant cette nou-
vellc consecration des buts et des techniques totalitaires de
la Russic >.
Dans un article du meme journal, Barnet Nover constate-
que l'attitude sovietique' a l'dgard du probl6me sarrois n'a
"a'l qu'aliencr la France et il en conclut que le moment
vient pour les U. S. A. < d'agir sans panique ou hyst6rie ,.
II prdconise une politique dynamique i visant A renforcer
partout les d6mocrates en opposition avec les communists.
Nous devons aussi par notre programme d'aide economique
international aider toutes les nations libres a preservre leur
indepen'aance >.
La press announce Ique le Igndral Marshall parlera A la
radio americaine A une heure trente G.M.T. mardi pour
exposer le point de vue americain sur la Confirence de
Moscou. Une conference aura lieu le 28 avril A la Mai-
son Blanche A laquelle participeront les principaux chefs
des parts r6publicain et ddmocrate. Au course de cette confi-
rence. le g6ndral Marshall fcra un expose sur la Confd-
rence de Moscon.

2. Yougoslavie
Le New York Times announce que le Ddpartemnent d'Etat
a envoy une nouvelle note a la Yougoslavie pour lui de-
mander d'abandonner ses revendications sur neufs navires
italiens don't le transatlantique Rex 6choud pr6s de Trieste.
Cctte note consider que ces revendieations yougoslaves ne
olnt pas valables

3. Pri.r t salairrs amnortrains
La press s'int6resse beautoup aux experiences faites par
diverse villes amdricaines pour tenter d'abaisscr le coat dc
la vie. L'exemple donn,6 par Ne"w, Bury Port en diminuant
les prix de detail de dix pour cent a dtd suivi en d'autres
localitds et les premiers rdsultats paraissent encourageants.
Harriman, ministry du Commerce, dans une declaration a
la press, a iepris les declaratins -du President Truman en







6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE ATRANGARE


fateur d'une reduction volontaire des Qprix et a indique qu'il
avait hon espoir que les commercants ct que les homes
d'affaires rcpondraient It cot appel.

4. Nouzvelles dte France
Une dtdpche de Keller an New York lHrald Tribune in-
tlique que M. Ramadier a declare que la France mainitien-
d.'ait probablement une faible ration de pain pendant Vingt-
troiS inois et qu'elle devrait obtenir 300 millions de dollars
pour pouvoir acheter en 1948 du ble stranger. < Le premier
Ministry a prieise que la France ne poss6dait pas cette
. omine et a indiqu6 qu'il demanderait aux U.S.A. de lui
rolrnir ocl argent. Cette declaration a Rt6 interpret&!< par
curtains observateurs comme sonnant le glas du plan Wlon-
net. Co plan devait permettre a la France d'achete- des
machines et des ]iens d'dquipement aux d6pens des bicns
de conso.nmmation, mais les rdentes statistiques montrent
que sur les 2.60( millions de dollars d6penses par la France
dtpuis la guerre, pris de deux milliards ont Rtd d6pen-
s6s pour le ravitaillement et les matiures premieres. M. Ra-
maadier a dtsigni it. Monnel. pour itre le prochain envoyc
du gouiverneinent h Washington. Monnet partira bient6t
pouw demander plus de dollars et plus de b16 amdricaiin >>.
Apris avoir signaic la diminution de la ration de pain nA-
cessitde, dil-il, par des importations insuffisantes de bl6,
Keller ajoute : Ml. liamadier pense que les U.S.A. sont ht
bIhiner, pour cette situation. II a declared que les U.S.A.
Mnaint promise a la France 550.000 tonnes de bld, mais
qu'ils s'taicint refuses a en liver plus de 420.000 tonnes.
11 aajoutl que l'organisation international du b16 avait
altou6 a la Fiance seulement la moitiu du bl qu'elle avait
denand6 ,.
Une ddpeche U.P. reprend un article de Paris-Presse accu-
sant les fermiers franqais d'avoir donn6 du bli a leur bhtail.
tlnen tlepth tie Ghali niu Chicago Daily News declare :
SDans une certain measure, le gouvernement frangais est
;I l)bmer. II savait que les stocks de bl1 diminuaicnt et
ccpendant, pour des raisons politiques, il h6sitait a rtduire
l's rations. II n'encouragcait pas non plus les fermiers a
apporter le r b16 au march en augmentant ]e p ix de
colui-ci... La cruise du pain s'ajoutant aux difflcultis colo.
niales et financiires vient de donner une nouvelle vigueur
aux rumeurs indiquant que !e gouvetrnement ddmissionnera,
mais il n'y a aucun candidate pour le postc de M. Raniadier,
mmec de Gaulle n'est pas encore prit "a abandonner sa
retraite .,.
Une du6pche de Paris an New York Times fait etat des
ddelarations de M. Philip a Rennes et, particulibremcnt de
rclle indiquant que la Banquec internalionale nurait aceordi
a la France une advance dde 250 millions de dollars t condi-
tion l'cnvoyer en France des observateurs strangers. M1. Phi-
lip se scrait 6ilev contre cette Ingerencc. Le New York TimRes
tait su:vre cette dipchhe (d'nn article d'un de ss correspon-
dants de Washington rapportant la declaration d'un porte-
parole de la Banque Internationale. << Cc porte-parole inter-
rog', an sujet 'de la nouvelle indiquant que la Banque aurait
ofTert un emprunt la France \ a declared qu'elle 6tant pre-
maturde Le porte-parole a ajoutd que McCloy, president
de cette Banque, i'avait inform,6 que les n6gociations
n'6taieut pas termindes. McCloy a continue ses conversa-
ti6ns avec les repr6sentants frangais dans la journey d'hier.
Quant t la condition mise a cct emprunt, condition selon
laquelle les observateurs Ctrangers devraient 6tre autorises
a entrer-en France, on fait remarquer que la Charte de la
Banquet Internationale prDvoit qu'elle devra verifier 1'emploi
des fonTds accords ,.

APrits LA CONFERENCE DE. MOSCOU.
1. New York Herald ri'buin (27/4. edition euro-
pL'enne) :
SI)Dans les negotiations internationalss entire Elals
souverains, I'Union Sovielique souffre de la mnie ma-
;idli que toules les autres grades puissances, mais a
u1n dIgr i plus grand.
II est difficile a chacun des. ministries des Affaires
* trarrg&res d'abpndonner t ne position lorsqu'il l'a adop-


tee parce qu'elle correspond A l'intir&t national. Lors-
qu'il formule des exigenses superieures en fait a ses
disirs, dans le but d'obtenir des concessions, ii peut
abandonner plus facilement cette position.
Mais il en' va tout A fait diff6remment lorsque 'inle-
.ret national est en jeu. L'harmonie est desirable. Le
compromise est une m6thode raisonnable pour y par-
venir. Le president d'une delegation qui abandonne la
defense d'int6rbts nationaux pour permettre d'aboutir
a un compromise international prate toujours le flahne
la critique, h moins qu'il ne puisse prouver qu'il a luttl6
jusqu'au bout et qu'il ne pouvait plus agir autrement.
A cet regard, M. Molotov, ministry des Affaires 6tran-
g6res de 1'U.R.S.S., n'est pas mieux place que le secr-
taire d'Etat Marshall.
Mais une conference de ce genre n'est pas inutile.
Elle permettra aux Quatre Grands de r6aliser idavan-
tage 'de progres la prochaine fois.
Les quatre grandes puissances croient maintenant A
la n6cessitI de l'unificalion politique et economique de
l'Allemagne. Elles sont favorables a la creation d'agences
gouvernementales centrlles en Allemagne. Elles pre-
voient un gouvernement provisoire allemand et une
Constitution provisoire, un gouvernement permanent et
une Constitution permanent. ,
De plus, elles croient A la d6nazification, A la d6milita-
risation, A la democratisation. Mais ce qu'il y a d'en-
nuycux, c'est qu'elles donnent chacune a ces ihots. un
sens different.
11 y a beaucoup de questions complexes qui se rat-
tachent a leur accord de principle. << Unit6 economi-
que? Naturellement, dissent les Russes, mais don-nez
d'abord satisfaction t toutes, nos deman'des de repara-
tions. Unit economique? Tres bien, disent les Frangais,
mais donnez-nous d'abord le carbon que nous deman-
dons. Augmentez le niveau de l'industrie, demande
M. Molotov. N'y touchez pas, replique M. Bidault. Sepa-
rez iconomiquement et poliliquement la Ruhr du rest
de l'Allemagne, disent les Franv.ais. Ce serait d6mem-
[rcr l'Alleinagne, r6pondent les Soviets a.
On rencontre les mimes difflcult6s en ce qui con-
cerne la forure et le r6le du gouvernement 'provisoire
'de 1'Allemagne >.
(WALTER KERR).

2. Wahington Staor (26/4)

< Le profound disaccord qui spare la Russie des puis-
sances occidentales depuis la fin de la guerre est tou-
jours aussi prononce, sinon davantage.
Si !a Russie a l'intention de continue sa politique,
la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis n'auront
pas le choix mais devront s'enten'dre entire eux pour
assurer la stability et la .renaissance de la parties de
l'Allemagne et de i'Europe place sous leur contr6le D.

3. New York Herald Tribune (26/4) :

( La Conf6rence de Moscou a caus6 un d6sappointe-
ment certain, mais elle a contribu6 a d6finir exactement
la position des divers pays, elle a permis d'examiner
les probl6mes relatifs a la preparation Id'un rglglement
europben et on en tirera des enseignements don't pour-
ront profiler les mninistres des Affaires 6trangBres lors
suffisant pour justilier les paroles de M. Marshall,
d'aprss lesquelles il existed < une bonne chance > de
< parvenir h un accord sur les points essentials d'un
Irait6 de paix avec l'Allemagne < dlans line p6rio'de de
temps raisonnahle a,.
: Tant que I'Allemagne n'aura pas un statute d6fini (sta-
tut don't depend dans une large measure celui des. Etats








btlLLETtN QUOTiDiEN DE PRESSE ETRANGERE


satellites), le redressement 6conomique du continent
europ6en sera malheureusement retard. Les incertitu-
'des, lts frictions s'accumuleront aussi longtemps que le
problem le plus important qui se pose en Europe ne
sera pas resolu. Personne ne peut predire les effects
que cette tension croissante aura sur la structure social
de l'Europe.
Le chaos qui rigne aujourd'hui en Europe n'est pas
seulement le resultat de l'etablissement 'de frontieres
sujettes A revision, du morcellement d'anciens Etats
agresseurs, sans tenir compete des n6cessitCs 6conomi-
ques, de l'impossibilitt de cr&er un organism qui per-
melte aux diff6rents Etats de coop6rer. Ce chaos -'st
tif surtout ih 'opposition de regimes qui ddpassent Ies
fronlicres et diviseni de, pays qui, uitreinent, seraient
homogenes >.



111. PHESSE SOVIETIQUIEt


lRecur de la pre'sse sovidtiqwue i d 25 avril 1947
Les rubriques 6trangercs dans la prcsse soviicliquc du 25
traitent des sujets suivants :
a) La session diu Consi[t des Minisira.'s des Affaires dtrulVi
Uiar'es.
Un communique Tass, reproduit en premiere page dans
tous les journaux, r.end compete du diner offer hier par le
gendralissime Staline tn 'hounemu des ddeigations anglaise,
amnricaine et friangaise. Ge communique marque seulement
les noins des principaux convives.
Quelques competes rendus Tass done igalemlient des d-&
lails sur les siances tenues les 23 ct 24 avril (Textes int6-
graux des declarations de MM. Marshall et Mol6tov sur lc
paete quadripartite ct lc traitC autrichien. R6sului ides autres
discussions).
La plupart des journaux sovikliques rapportent Igalement
ties informations sur des sujets lies i la Confrence :
--L Le movement pour le rattachenicnt d. lao Carinthic
sllovne it la Yougosldvic.
Extraits du. P. M. sur 1'clhcc de la denazilication en
zone amnricaine d'occupation.
L'appel d.e la population des regions du Huangho aux
peuples du monde pour enqueter sur le crime des autoritds
du Kuomintang.
Enfin, la.Pravda relproduit une court nLtc de Zadlavdky
ironisant, a props de l'appreciation de 1'agence Iteuter
traitant de maladies mentaux les nazis clandestins de Ham-
bourg. ( Les autoritis anglaises ne traitent pas serieusement
les fascists allemands, declare 1'ateur. On dirait des en-
fants qui jouert aux voleurs et h la police a.
Vishiniev, dans Trud, itudic lcs principles de 1'unit6 eco-
nomiquec de l'Allemagac. < Pas d'unit6 6conomique pos-
sible, conclut l'auteur, taut que l'accord anglo-americain de
fusion des zones n'anra pas 6ti rapport. On ne pent pas
non plus ne pas fair participer lc people allemand iA la
solution de cc problme i.
b) ThZmes de second ptan.
1) Incidences diverse des politiques anglo-amcricaines.
Une serie de dapecties Tass est'reproduite dans la plu-
part des. journaux : Le New York Herald Tribune et la
situation en Gr6eC. Declarations de membres de la Cham-
bre ides reprdsentants centre le project gruco-ture. (President
Truman; les operations en Grce centre les partisans). Mes-
sage de, militants du Mouvement New Republic aux leaders
des parties politiques frangais les remerciant de l'accueil fait
a Henry Wallace.

2) Le Mouvement cdmoacratique dans le monde.
Quelques ddp6ches Tass traitent 6galement des elections
en Sicile et du procis de Helsinki.


Revue de la press sovidlique du 26 avril

1" Les questions etrangdres.
Les rubriques etrangbres occupant un pen mohis de deux
pages on inoyennc.
a) La cloture de la session du Conseil des ministres des
Affaires 6trangeres.
1. Le communique < Tass es\ reproduit dans t:ous
les journaux, en dcuxiame page (la page une 6tant tout
entire occupae pa: I'appel d'un ComiC central du Parti A
1'occasion du 1r' nai) ; premiereament, les qualre commu-
niques < Tass rendant comptc de la reception par (M. Mo-
lotov de lMM. Bevin, Bidault, Cardell et Simic, Gruber; deu-
xiememcni, les quatre communique's << Tass rendant 6ga-
lenient compete du depart de MM. Marshall, Bidault ct Bevin
avec le texte de I'allocution qu'ils ont prononcec ainsi que
de MM. Cardelj et Simic.
2. Inf.oAmnationis sur des sujets lies 4i ta Confdrence. -
Bien qn'elles soient reproduites par tous les journaux, elles
sont peu nombreuscs : des d6peches < Tass >, de Vienne,
remarquent : i La racaille fasciste terrorise les Slovenes
de Carintlic >, echos d'un article de L'(Esterreiclhische
Volkssftimme, sur la presence d'hitldricns dans la police
viennoise. Longue dipeche de Berlin sur 1'examen de la
question de la dimission de l'Oberbourgmestre de Berlin a
la. conimandature allide; circonstances dlu inurtre de Tael-
mann.
3. Comnmcntaires- dnas L'Etoile IRouil- sous le titre : c Un
livre sur le militarism alleinand >. Un article est consacre
au livre de Bladtayon : < Le grand complot allemand >.
b) La politique amnericaine. La plupart des journaux
publient une scric de dcipches de second plan concernant
la politique americainc : nouvel cemprun ainmricain pour Ic
government chinoik, sous le litre i Les principles damo-
cratique de Roosevelt sont cnsevelis d&ns l'oubli ,, la Prauda
analyse un article du journal canadien Citizen et les d6cla-
rations du ministry d la Ieconstruction du Saskatehevan
a proposed l'aide amoiricaine it la Grece ct h la Turquie. La
nimdiation des U.S.A. plans le diff6rend anglo-agyptien; la
presence d'unc delegation di treize industries amiricains
en Autriche; etabliasement de savants allemands au Canada;
ddpart pour Ics U.S.A. du constructour adronautiquc allemand
EIkener; champagne contre la legislation eselavagiste aux
U.S.A.
c) Les lattes pour Ia dtnlocradlie. -- Des ddpeches & Tass ,
publient le compete recndu de la Confdrence de press de
M. Berut aux correspondents strangers, ainsi qu'une s6ric de
nouvelles de Finlande : La crises gouiverncmentale en Fin-
J anle; Ic proes des e rganisations de depots d'arics se-
eries en Finlande; d6couvertc de nouveanx dip6ts d'armes
en Finlande; deux depclhes sur Ia1 luLte en Gricc; de Tirana,
analyse de l'intervievw tdu g6ndral Marcos par ie correspon-
dant du journal Cachkinii; un tedlgraamnme d'Athbnes sur les
combats entire les troupes gouvernementales ct les parti-
sans; retour en Chine apris soin voyage en U.R.S.S. de
I'dcrivain chinois Mano Doun.
Commentaires dans les Izvet.vli; article d'llinsky ah pro-
pos de ]a crises gouverncmnentale en Finlande dans lecquel
l'auteur souligne la volont6 des masses de mocratiques de
ne < pas permettre le triomphc di la reaction qui rive de
restaurer l'ancicn regime ). Dans la Prmada. un article de
Markov at propos des elections parlementaires au Japon.
L'auteum y souligne quc bien que ,c les conditions dans
lesquclles dtaient places les parties d6mocratiques au Japon
ne pouvaient .pas anmner aux elections un rssultat qui
raponde exactement au problmme de la transformation dd-
mocratique du Japon c, les parties d6mocratiques out n6an-
moins ,, d6truit les calculs de la reaction qui escomptait
une nouvelle victoire >.
d) NouveTles diverse. Une dipeche e Tass c) de Tach-
kent announce I'arriv6e dans cette ville d'"une ddl.6gation
afghan charge de participer aux travaux de la Commission
mixte sovidto-afghane d'etablissement des frontidres entire
I'U.R.S.S. et l'Afghanistan. Deux d6peches Tass c an-
noncent l'arrivec h Moscou d'un des reprisentants des Comi-
tLs slaves ,des autres pays slaves et europdens; i'antre, d'une
delegation de la Socidtd norv6giennc on 1U.R.S.S.






8 J tjL9TIN QUO1TIDIN DPE PRESSE ATRANG11M,


IV. PRESS SUISSE


AlI'tIS LA CONFERENCE DE MOSCOU.
1. La lTibune icde G(enile (26-27/4) :
< La prochaine rtunuion du < Conseil des'Quatre >>,
qui etait d'abord prevue pour cct ktd, est officicllement
fixee au mois de novembre el se tiendra a Londres. A
lui seul ce d6calage est bien significatif car il montre
que les difficulties h surnionter sont plus graves qu'on
ne l'avait d'abord imagine.
Ainsi, la guerre des nerfs continue, cl c'est la mal-
hcureuse Autriche qui en sera la premiere victim.
Elle ne sera pas la seule. Nul n'ignore, en effect, que
1'U.R.S.S. subordonne 1'evacuation de la Roumanie et
de la Hongrie au retrait des garnisons stationn6es dans
la petite r6pulxique voisine. Or le delai fix. pour le
,rappel 'de ces dernieres, et qui sera vraisemblablement
Ile trois iois, ne commiencera A courir qu'A partir de
la ratification du trail de paix impose au gouverne-
ment de Vicnne. Du train don't vont les choses, cela
nous reporle de nouveau au milieu de I'annCe prochaine.
Pour revenir A 1'Autrichc, Je repr6sentant des Etats-
Unis avait 6galeme'ln suggere qu'au cas oil cette attente
.serait dicuc, I'affajre fit port6e devant 1'Assenbldc pl6-
iiire 'de I'O.N.U. M. Molotov n'a rien voulu savoir.
C'est que derriere l'O.N.U., ii y a l'Animrique. Or,
tous les efforts de la diplomatic .sovietique on 1'a
hien vu dans I'affaire du ( Pacte a Quatre > tendent
A fatiguer les Etats Unis pour les amener peun pen a
se dlsinteresser de ce qui se passe dans I'Ancien Monde,
qui tomberait dos lors tout eutier 'dans la sphBre d'in-
Iluence dte 1'U.R.S.S. >.
(PAUL DU BOCHE'r).

2. La Gazctle (dc Lausunne (27/4) :
4 Le fossd s'est ilargi entire l'Amerique et la Russie;
la tension international s'est accrue apres 1'6chec la-
mentable de la Confbrence de -Moscou.
On veut encore esperer que les points ne sont pas
compl6tement rompus, que d'autrcs conferences sui-
vront, que cls grandes puissances se decideront I'aire
davantage confiance i 1'O.N.U. laquelle, si decevants que
soient ses debutss. est la seule institution capable de
career peu a pe uline organisation international foondee
sur le droit.
La situation acluelle ne saurait cepenuant sc pro-
longer sans danger. Si les maitres du monde ne sortent
pas dti cercl,e vicieux oil ils tournent depuis la capitu-
lation de I'Allemagne, s'ils ne s'efforcent pas d'aboutir
i un accord global, embrassant tous les problems en
suspens, si, en un mot, selon une remarque ike notre
eminent confrere Albert (Eti, ils lie trouvent pas entire
cux un mo'duls vivievdi, ils n'6chapperont pas, avec *nous
lous, a unl modts nmorilndi. Autrement dit, ils doivent
s'a:coniinoder Ai vivre ensemble. s'ils ni veulent pas
inourir cnseillble u
(GEORGES RIGASSI).

3. Basler Nuchrichlcn (26-27/-) :
< On tAlonne passablement Li l'aveuglette lorsqu'on
cherche L decouvrir pourquoi la Russie n'a pas permis


a la Conference de se terminer sinon glorieusement, du
moins par un succes partiel presentable. Et toutes les
tentatives d'explication ramnnent a cette hypothese :
AM. Moloov n'a vu 'dans la Conference qu'un moyen
tde separcr par ses manoeuvres les deux gran'des puis-
sances anglo-saxonnes. Si cette vue est just, le but a-t-il
d16 atteint? Pour Ie moment certainemenet pas. C'est
plutol Il cont.rairo! L'irritation a 1'Igard de la Russie
a augmented de part et d'autre de I'Atlantique, et elle
con:iiue plus que jamais Il ciment qui unit les Anie-
ricains et les Anglais. Mais il ne faut pas oublier qu'un
des resullats essentiels de ]a Conf6rence a 6t6 l'bchec
diu < Pacle A Quatre >. Si le Pacte avait et6 conclu, il
nui'ait garanti le maintien 'de cette solidarity entire
I'Aimrique et I'Europe, don't I'absence a cause la ruine
du syste&-me de Versailles. Aujourd'hni, on veut bien
verser des larmes, A Washington conlme a Londres,
parce que le c Pacte a Quatre a n'est pas devenu une
reality; il apparait ainsi que la solidarity entire l'Am6-
rique et I'Europe existed pour Ie moment et par conse-
quent que M. Molotov n'a pas pu Ia torpiller pour le
ntoiwnt. Mlals ofi en serons-nous dans un certain nombre
(l'annees? Le Kremlin ne pourra-t-il pas un jour cons-
tater sur un ton triomphant : grAce a cette attitude .pi-
ieulse i laI Confdrence de Moscou en 1947, qui nous a
viin taut d'animo.'t6 de la part des Anglo-Saxons, nous
vrons contriibu ile faVon decisive a faire naitre chez
les AmIricains le degofit de I'Europe?
C'est la I'essentiel pour la politique des Soviets el,
de cc point de vue, il serait aussi imprudent de consi-
d6rer come inopportune leur tactique i la Conference
de Moscou, qu'il 6tait peu indiqud de fair grand 6tal
de leur bonne volonte. En ce qui concern la brutality
avcc laquelle 1'Autriche a kt6 traitre h la Conf6rence,
les melites considdralions sont valuables. Evidemment,
cc ne fut pas beau! Mais 1'armee russe.demeure station-
nie an coeur die l'Europe et cela peut, t6t on tard, se
reveler plus avantageux que tout decorum : c'est-a-dire
'dans le cas ofi la guerre diplomatique se transformerait
de nouveau en guerre mililaire! >.

4. Neioe Zilrichcr Zeiluny (27/4)

< Malgre les ombres que 1'6chec des conversations
entire les ininistres des Affaires 6trangeres jette sur
I'Europe, il n'y a auciume raison d'atlendre des d6ve-
loppements dramiatiqucs inunindials. L'approbation du
prograinie d'ai'de a la Turquic et a la Grace par le
S6nat de Washington le 22 avril, a montre avec la plus
grande nettetd que I'Amlrique Ctail dCtcrmninbe A ne
pas laisser I'Europe et le Proche-Orient devenir la proic
d'unc grande puissance unique, et qu'ellc veut mainte-
nir le systime politique europ6en fondE sur la mulli-
plicite dcs Etals. La sccoTide lache laquelle il faut
mainiitenant s'atlaquer, c'est Ie sauvetage de I'Allemagne,
ou 'du noins de la parlic de I'Alleliagne situec en dchors
dte ia s)ph're di'inluence .russe et son int~gralion coineic
element viable dans re systieme. Si 1'on execute ce pro-
gramme avec resolution et suiccs pendant la periode
oi la Russie cherche a sc tenir i l'ecart cl i gagner
du temps, on usera du moyen le plus proprc La con-
vaincCre Moscou que ses mnthodes ne pourront lui per-
mettre d'atleindre ses objectils et 1'enfonceront au con-
Lraire davantage encore dans I'isolenent qu'il redoule
si fort >>.


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


P.rix : 6 frs.




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