Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: April 16, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00075
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINIST*RB DE LA JEUNESSE,
DES .ARTS ET DES LETTRES)

'Direction de la Documentationz
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUITXATION FRANCAISE


BULLETIN


DE


PRESS


16 avril 1947.


QUOTIDI EW



ETRANGIRE

Nouvelle S6rie NO 645


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
I) La c'ration du R. P. F. (Times, 16/4).
b) Les travaux de la Conf6rence de Moscou (Man-
chester GuTardian, 15/4).
c) Le budget britanniquc.
1. Daily Herald (16/4).
2. News Chronicle (16/4).
3. Daily Express (16/4).
4. Daily Worker (16/4).
II. PRESS AMEIRICAINE.
a) L'entrevue Staline-Marshall (New York Herald
Tribune (16/4, id. europ6enne).
b) Aprds les discours de M. Wallace en Grande-
Bretagne.
1. New York Timas (14/4).
2. Baltimore Sun (14/4).
11. PRESS SOVIrTIQUE.
La participation des organizations d6mocratiques
au Conseil Consultatif Allemand (Izucstia,
15/4).
IV. PRESS BELGE.
La creation .du 'H. P. F. (Lc Soir, 16/4).
'V. PRESS SUISSE.
L'initiative du general de- Gaulle.
1. Journol de Geuetv (16/4).
2. Gazette de Lausamze (16/4).

I. PRESS BRITANNIQUE*


Reoue de la press britannique du 16 auril 1947
La scule question qui domino 1'eusemble de la press,
c'est Ie nouveau budget qui a dt6 expose par M. Dalton it
la Chambre des Communes. Ce project apporte certain all6-
genients aux contribuables, notamment une augi*ttation
de l'abAttemeht h la base dans le calcul du revenue impo-
sable, mais, par centre, de'nouvelles impositions sur les
bhnefices et sur les successions (droit double b parti||du
16 avril), sur les timbres do quittance et les operations de
bourse, sur les apparcils 6lectriques et de radio. etc..., enfin
une augmentation do 50 % sur Ie prix du tabac et des
cigarettes A partir d'aujourd'hui. Cc'st cctte dernibre measure,


destinde a diminuer d'un quart la consommation du tabac
elt iconomiser 30 millions de dollars, qui frappe Ie plus
vivement Popinion et que tons les journaux annoncent sons
des manchettes sensationnelles.
Certains journaux rapportent quo des parlementaires bri-
tanniques so seraient indignds de cotte mesnure don't les
principles victims sont los classes pauvres et auralent de-
mand6 au gouvernement de diminuer les importations de
tabac amdricain sans on clover les vrix sur le march bri-
tannlque.-
D'autres journaux, don't le Daily Herald, font Otat de Fin-
qui6tade des Am6ricains devant les repercussions qte pen-
vent avoir ces measures sur la consommation dm tabac aim-
ricain en Grande-Bretagne.
La chronique intdrieure occupe do cc fait une importance
trds secondairo. Toutefois, lo Times consacre un! de ses
6ditoriaux au programme du gdndral do Gaulle. (Voir Par-
ticle plus loin.) Le Manchester Guardian en consacre un b
Ia question de Madagascar.
La Confdrenco de Moscou occupe une place plus impor-
tante, sauf dans le Times et lo Manchester Guardian.
1. France
En plus de son editorial, le Times public un article de
son correspondent a Paris annongant I'ouverturo du bureau
piarisien du R.P.F. Co correspondent signal avec une cer-
taino insistence que le nouveau parti refuserait d'incor.
1'orer tons ceux qui ont fait partic d'organisations collabo-
rationnistes el probablement aussi les membres des parties
d'extr6me-droitc.
11 fait 6tat aussi de l'attltude h6sitaute de la press fran-
,aise et estime que, entire les deux extremes, so trouvent
toutes les nuances d'opinion. En general, la majority du
people frangais aurait stir la situation politique du pays la
mnme opinion que leggdneral do Gaulle.
Certains ed6ments estimeraient que le president Auriol est
d'accord lui aussi avec le gdndral de Gaulle sur la n6cessit6
do r6foryper la Constitution sans lui 6ter son- caractw
republican.
Une course d6dpcho du Daily Graphic announce que Ie ge-
n6ral do Gaulle rtpondra. toutes les questions concenant:
son nouveau movement quand il recevra la press la se
maine prochaine dans sa mason des Vosgcs.
William Forrest, correspondent du News Chronicle A
Paris, intitule son brief article sur la question : < Des mil-
]icrs do Frangais so rangent aux cotis dt general de
Gaulle m. L'un des proches du g6ndral de Gaulle aurait
ddclar6 b. c correspondent quo 112.000 personnel, don't un
gros pourcentage de socialists, so seraient inscrites A la
section strasbourgeoiso du R.P.F.
Dns le Icndemain du jour oIt le gdndral de Gaulle a pro-
nonce son discours, il aurait declar6 que lo movement
accepterait toutes les adhesions, mnme cellos des coirmu-
nistes, mais qu'il no prBsentera pas*le candidates aux dlec-
tions parce qu'il ne se considdre pas come un parti poli-
tique.


DES


;---- --- -----







HttJLLTIN QUOtbtrgN D13 PRESSE iTRANGtR"


Dans le m6me ordre d'lddes, lc correspondent du Times
signal que le g6enral de Gaulle n'aurait pas l'intcntion, aux
dires de ses partisans, d'assumer la direction du gouverne-
ment et que, si les changements politiques qu'il preconise
se rdalisent, il rentrera dans l'ombre d'oit il aurait pr6f6r
ne. jamais avoir t sortir.

2. Indochine

Le correspondent du Times announce I. depart pour une
tourn6e d'inspection de MM. Costes-Floret et Jacquinot.
Le but que se proposeraient les ministres serait d'ap-
porter un r6confort moral aux troupes francaiss qnu'anu-
raient ddcouragees les rdeentes critiques adressies A la poli-
tique frangaise en Indochine par certain groups de .'As-
sembl6e Nationale.
Selon le Daily Graphic, M. Moutet envisage de faire de
Dao Uong, fils de l'ancien empereur d'Annam, le future chef
de I'Indochine. Le ministry frangais aurait decide d'aban-
donntr l'ancienne politique de diviser pour rlgner ct de
er or une FIddration des cinq Etats indochinois. Chacun
de ces Etats serait desireux de faire de sa capital cell de
la nouvelle FbdBration. M. Montet envisagerait de 1'etablir
A Delat afln de trancher lo difflrend.

3. Confirence de Moscoa

Le Times el quelques autres journaux rendent compete
dos \d6bats qui ont eu lieu hier t Moscou sur le pacte f
quatre propose par M. Marshall pour assurer la ddmilita-
risation de I'Allemagne.
Tons, sauf le Daily Worker, signalent que l'insistance
mise par M. Molotov a transformer ce trait en une sort
de r6glement general de In question.. allemande a empech6
les quatre ministries de se mettre d'accord.
Le correspondent special du Times y voit la plus ]ourde
des d6sillusions depuis les vingt mois qu'existe 1o Conseil
des Quatre. D'apr6s l-ii, tout le debat a montr6 que les
ministres etaient absolument incapables de concilier ies
points de vue oriental et occidental et la seule question
que se posent de nombreux observateurs est de savoir si
M. Molotov a r6ellement voulu retarder la conclusion de cc
trait ou bien si, desesperant d'un r6glement general dans
un avenir previsible, il ne veut pas faire de la proposition
ambricaine une sorte de e substitute D.
Pour Al. Werth, dans le Manchester Guardian, la posi-
tion de la France A ce sujet serait assez delicate : les Fran-
gais seraient tres d4sireux de voir signer un trait des
quatre puissances. Ils craignent que le plan de M. Marshall
ne soit. pas assez solide et en meme temps que les addi-
tions proposes par M. Molotov ne' fassent echouer touis
les pourparlers.
Le correspondent du Daily Telegraph croit savoir quo
les ministres pourront peut-6tre revcnir sur cette question
avant de se s6parer, mais les espoirs d'un accord restent
faibles.
Selon Robert Waithman : seul un miracle de la derniere
here pourrait combler le fosse entire 1'Est et h'Ouest.
Selon le Daily Worker, l'accord n'aurait pas en lieu sur
la proposition Marshall en raison de l'opposition mise par
MM. Bevid et Marshall aux amendments proposes par le
ministry de 'U.R.S.S. M. Bidault, selon Frank Lesser, cor-
respondant de c journal A Moscou, aurait declare que
V'amendement sovietique ne modiflait pas la substance du
project am6ricain.
De nombreux journaux signalent que le g6nural Marshall
a rendu visit hier soir au marechal Staline.
Cette entrevue aurait su'scitd un tr's vif intdret dans les
milieux de la Confdrence car on avait pens6 que M. Marshrl
auralt attehdu la fin des d6bats pour voir Ic marechal Sta-
line.
Le ministry am6ricain aurait l'intention de passer en
revue toutes les questions qui intdressent les relations so-
vieto-americaines.
L1 correspondent diplomatique du Daily Telegraph pense
que M. Marshall a d i mettro le marechal Staline en face de
1'echec de la Conference et a pris cong6 du ch,.f russ4 en
lgi exorimant ses regrets.


4. Etats.Unis

Alister Cooke. correspondent du Manchester Guardian i
New-York, fait dtat co matin encore des critiques adress6es
par les membres du CongrBs h M. Wallace. L'aspect le plus
intdressant du recent episode Wallace est le malaise du
part dEmocrate, surtout apres que le Prdsident Truman,
qui desire conserve M. Wallace et ses partisans au sein
du parti, ait demand h M. Wallace de rentrer en I'assu-
rant que tout lui 6tait pardonnd... Dans de nombreux jour-
naux ambricains, la question Wallace se transformeeen une
lutte symbolique centre deux homes de paille, F'un liberal
et l'autre rdactionnaire.
Selon plusieurs correspondents, le president Truman au-
rait demand au Gongres d'amiender la loi de neutrality
pour lui permetire d'exercer Ic droit de discretion dans
l'octroi on le rejet de licences pour e'cxportation on l'im-
portation de materiel de guerre.

5. Yougoslavie

Le correspondent diplomatique du Manchester Guardian
announce que le gouvernement yougoslave aurait accuse la
Grande-Bretagne d'exercer un regime de terreur en Carin-
thie et d'empacher la mlnorit6 slave de cettl region d'ex-
primer librement ses opinions. Ce correspohdant estime que
la raison qui a poussg le mar6chal Tito 4 faire cette ddcla-
ration n'est pas clairel il se peut qu'il veuille empecher la
Conference do Moscow de rediger le fraite autrichien, les
revendlcations de son pays sur la Carinthie n'ayant jamais
dd6 approuv~es par la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et Ia
France.
6. Irlanie
Scion cl correspondent du Daily Telegraph ia Dublin, un
grand ddbat de caractrce juridique aurait 6td provoqui hier
a la Haute Cour de Dublin au sujet des trois interns alle-
mands qui ont dtd appr6hend6s par la police irlandaise ct
qui dolvent dtre envoyds en Allemagne.
Le reporter du Daily Express announce d'autre part que
les quatre interns allemands out 6td remis par ]a police
irlandaise aux autorit6s americaines et britanniques.

7. Inde
Colin Reid, correspondent du Daily Telegraph i New
Delhi, annonce que les signatures de MM. Gandhi et Jinnah
vont apparaitre pour la premiere fois dans 1'histoire du
conflict indien au has d'un manifesto commun adress6 an
people de 1'Inde. Ce tnanifeste, redig6 sur la demand du
vice-roi, est largement diffuse dans le pays et demand au
people indien de mottre un termer ia violence ct au
d6sordre.
II est consider come un succes extr6mement important
pour Ic vice-roi et pourra avoir des rtdpercussionrs sur la
solution du probl6me indien.

a) LA CREATION DU R. P. F. (Times, 16/4)
< Les questions soulev6es par le retour du general de
Gaulle A la politique active sont revenues beaucoup
plus claires au course de ces derniers jours. II a main-
tenant public une declaration dans laquelle il a expos
l'objectif du e Rassemblement du Peuple Frangais > et
oi il a d6clar6 qu'il se plagait A sa t6te. Un peu plus
t6t, le president Auriol, en tant que d6fenseur official
de la Constitution, avait lance un appel A l'unitk natio-
tale dans lequel il avait condamn6 le nouveau mouve-
ment comme tendant A semer la dissension dans le peu-
ple. Ce que propose le g6n6ral de Gaulle pour rempla-
cer le ast6me actuel des gouvernements de coalition,
c'est un gouvernement avec un ex6cutif plus fort, repo-
sant sur un large suffrage populaire et se tenant dans
uno certain measure en dehors et au-dessus des parties.
Le general, comme le rassemblement, veut contrebalan-
cer l'influence des communists.
Sans aucun doute, de nombreux Frangais le suivent
jusque-18, (Ce qui reste obscur ct leur cause un certain







BULLETIN QUOTIDEhN DE PRESS *TRANG*ItV


malaise, c'est la methode qu'il a 1'intention, qu'il est
pret, ou qu'il peut etre oblige d'employer pour parvenir
a ses fins. Le g6n6ral de Gaulle, tout en r6pudiant la
Constitution, a soin de ne pas r6pudier la Republique.
Mais, bien qu'il soit possible de voir comment la Cons-
titution peut etre amend6e par des moyens parlemen-
taires, il n'est pas possible de voir, 6tant donn6 1'6tat
d'esprit des parties francais, comment le g6ndral de
Gaulle ou le nouveau movement peuvent etre int6gres
dans le systbme parlementaire actuel. Est-ce que le g6-
n6ral de Gaulle est pr6t, comme le declare son mouve-
ment, a se contenter d'exercer simplement de l'ext6rieur
une influence sur le gouvernement afin d'atteindre son
objectif 7 Ou sera-t-il incite, 6tant donn6 son temp6-
rament autoritaire bien connu, a r6aliser ses projects par
des noyens extra-constitutionnels ? S'il en est ainsi, il
provoquera une vive reaction.
Les premiers r6sultats de la champagne de recrutement
lance par le rassemblement ne correspondent pas au
nombre de ceux qui sympathisent avec ses vues en
France. Ceci est signiflcatif. Les paroles du president
Auriol inciteront sans aucun doute de nombreux Fran-
cais a refl6chir longlemps avant de s'engager. La coa-
lition actuelle existed toujours et les grand parties ont
l'intention de la maintenir.
On admet que la cooperation au sein du gouverne-
ment et de l'Assembl6e est precaire, mais les meilleurs
espoirs de la France pour 1'avenir resident dans le
maintien et le enforcement de celle-ci. En fin de
compete, tout movement qui milite centre elle en divi-
sant le people frangais en deux clans portera vraisem-
blablement prejudice au redressement national et le fe-
rait imm-diatement si l'on avait recours a des moyens
extra-constitutionnels. ,

b) LES TRAVAUX DE LA CONFERENCE DE MOSCOU (MAUI-
chester Guardiian, 15/4, liberal) :
< Cette semaine, qui pourrait fort bien 6ti'e la der-
nire ,de la 'Conf6rence de Mmscou, s'ouvre dans une
atmosphere de pessimisme. On s'est seulement mis d'ac-
cord sur des points de detail et si un changement im-
portant ne se prodluit pas dans les deux ou trois pro-
chains jours, les ministres se s6pareront sans avoir pris
les decisions essentielles que I'on attendait sur 1'avenir
de l'Allemagne et, ce qui est 6galement dommage, sur
celui de l'Autriche. La question principal est toujours
constitute comme elle l'6tait au debut de la Confe-
rence, par les demands de la Russie pour obtenir des
reparations importantes prClev6es d'une telle facon et
a un tel moment que la Grande-Bretagne et les Etats-
Unis seraient obliges de les payer. Il a 't6 impossible
de faire cojiprendre aux Russes que ceci n'est pas pos-
sible.
Si la Conf6rence de Moscou se termine par un 6chec,
en ce qui concern sa tlche principal, cela obligera
les puissances occidentales a adopter une politique qui
ne plaira pas a la Russie. Tandis que les hommes d'Etat
discutent, I'Allemagne la besoin de nourriture. Si 1'Est
refuse de fournir ces vivres, elle doit venir de l'Onest,
et les zones occidentales devront, sur le plan 6cono-
mique, faire parties de l'Europe occidental. Elles ne
peuvent rester ind6finiment dans cet 6tat. >

.e) LE BUDGET BRITANNIQUE.
1. Daily Herald (16/4, travailliste) :
<< L'expos6 budg6taire de 1947 fournit une preuve tan-
gible de la puissance flnancibre de la Grande-Bretagne.
C'est a bon droit que M. Dalton invite < tout le monde i
A noter 1'importance du fait que cette an6e non seule'.


meant nous 6quilibrerons le budget, mais que nous dis-
poserons d'un exc6dent substantial.
Le Chancelier de 1'Echiquier a soulign6 une fois de
plus que la politique du gouvernement ne visit pas
a 6quilibrer rigoureusement les comptes de la Nation,
ann6e par annee. On cherche a assurer un 6quilibre
pour plusieurs ann6es. L'an prochain, nous aurons a
faire face a un surcroit de d6penses au titre des ser-
vices sociaux, par example ce qui pourrait suppri-
mer 1'6ventualit6 d'un nouvel exc6dent. Avec 1'exc6dent
de cette ann6e, nous < gagnons le droit de nous per.
mettre un deficit l'ann6e prochaine, alors que les condi-
tions 6conomfques pourraient 6tre diff6rentes. 2

2. News Chronicle (16/4, liberal) :
e Le message que le Chancelier a adress6 hier a la
nation 6tait tres long, plut6t trop long si on le juge
d'apres ceux que l'on prononce habituellement au Par-
lement. Mais dans l'ensemble, ce fut un message em-
preint de sagesse, de courage et d'esp6rance. Le choc
d6sagreable qu'a cause la parties finale ne peut faire ou-
blier ses m6rites intrinseques. Un peu de r6flexion hon-
nate devrait nous faire admettre que le Chancelier a
fait la du bon travail.
La -question dn tabac mise a part, le 'Chancelier a
.apport6 un certain nombre de changements perspicaces
qui seront probablement accepts avec faveur par le
public en g6n6ral et 1'elite restreinte des experts 6eo-
nomiques.
Un budget de ce type, si desagreable qu'il soit par
certain c6t6s, est le budget qui convient pour. une
ann6e durant laquelle I'un des grands dangers que nous
courons est celui d'une hausse continue des prix.

3. Dally Express (16/4, conservateur) :
e Le chiffre total pr6vu pour les d6penses 3 mil-
liards 181 millions de livres est exag6r6ment elev6.
Le Chancelier de l'Echiquier n'a pas reconnu dans son
expose budg6taire la n6cessit, urgente de r6duire ses
d6penses.
Le project de 1947 aurait dfi comprendre des measures
6nergiques pour r6duire l'importance constamment ac-
.crue des fonctionnaires.
On ne trouve pas dans 1'expos6 la moindre r6efrence
au .d6veloppement du commerce imperial, soit en co
qui concern le tabac, soit pour tout autre produit.
L'ombre de la 'Conf6rence de Gen6ve plane d6ji sur
cc budget et sur 1'Empire britannique.

4. Daily Worker (16/4, communist) :
e Si le Chancelier avait laiss6 de c6tb la taxe sur ls
tabac, on aurait pu dire que son budget aurait consti-
tu6 une advance h6sitante et incertaine dans la bonne
direction.
En relevant cette taxe, il a rendu le budget tellement
mauvais que les travailleurs devraient demander sa re-
vision immediate. >

II. PRESS AMERICAINE

Revue de Id press amnricaine du 15 avril 1947
1. Confdrence de Moscou
Les correspondents am6riaains de Moscou pr6sentent avec
pen d'enthousiasme les declarations faites & la seance d'hier
par M. Molotov en r6ponse A la suggestion du general Mar-
shall que les .Quatre signent un trait pour leur defense
commune centre toute agressioo allemande. La contre-
proposition de M. Molotov, liant en fait tous les sujets d4-
*






4 BULLETIN QUOTMIMIN DE PJWBSE JTBANG*R%


battus jusqu'ici par la Confirence A la proposition de traits
faite par les Americains, Icur apparalt comme dcvant con-
duire A une nouvelle discussion de ces sujcts et, par cons(-
quent, aux obstacles que la Conference a djhi rencontres.
Sulzberger, correspondent du New York Times cerit qu'a-
pros que M. Molotov eat lu Ics nouveaux articles qu'il pro-
posait, qu'il eit comments l'cnscmble du project et fait cir-
culer la nouvelle redaction qu'il suggcrait, il apparut quo
I'lide am&iicaine Btait presque certainement vou6e & 1' chcc,
au moins durant cette session du Conseil. Tclle est 1'opinion
de plusieurs ddligues amnricains ct francais. Les Britanni-
ques cependant etaient plus prudents. Quelques-uns 'd'entr'c
eux pensaient que, puisquc M. Molotov avait accept de dis-
cuter le trait quadripartite, les perspectives d'entente n'i-
taient pas trop mauvaises. La reunion de demain drmon-
trcra qui a raison.
De memc, Kenr, correspondent du New York Herald Tri-
bune, Bcrit qu'on no comprend pas trbs bien si les amende-
meats proposes par M. Molotov sont les conditions finales
pour 1'acceptation du pacte quadripartite on si Ic ministry
russe a saisi l'occasion de rlpitcr cc qu'itait le point dte ue
sovi6tique' dans la plupart' des questions qui ont E6t dWjh
soulev6es it propos du r6glcmcnl aver I'Allcmagne. Si la pre-
miire interpretation est bonne, il y a pen de change d'obte-
nir un trait, car il cst improbable quc les U. S. A puissent
l'accepter.
Par ailleurs, tous les correspondants enrcgistrent aver sa-
tisfaction le discourse prononci par iM. Bidault, filicitanit
chaleurcusement les U. S. A. pour l'initiative qu'ils out prise,
ct soulignant 1'importance qu'il attachait i cc changement
do la politique traditionnelle amirieaine en Europe.
Denny, correspondent des journaux de la chain( Scripps-
Howard, 6crit notamment que, vendredi idernic', quancd
M. Bidault a demand t lan Conf6rence de confirm r que la
France aurait la direction iconomique de la Sarre, M. Mlolo-
tov lui a d6cochc un coup de pied inattendu, rapid, et dou-
loureux. Non sculement la fierl frananise 6tait en jeu, mais
aussi 'rs intirCts iconomiqucs et la sducrit6 d. I France.
Aussi, M. Bidault, voit-il maintenant des raisons supplnmen-
taires pour accepted Ic pacte h quatre aux cO6ts du gin&ral
Marshall et de M. Bevin qui lui avairnt donni icur appui
pour amener la separation do an Sarre et de l'Allemagnu.
Les Franqais scraicnt encore 'plus en favenur du lraite de
M. Marshall si on y ajoutait les clauses economic ues pourt
l'application de la d6militarisation industriclle de l'Alle-
magne en m(me temps qur les clauses visant Ic disarme-
ment. Les experts ami-ricains ct britanniques 6ellient la
situation sous cet angle.

2. Les relatlions amtnricano-souittiques

Ces relations fonL 1'objet d'arlicles de Washinogton qui
reprennent ]a declaration du Departcmcnt d'Elat annonicant
que 1'Union Sovidtiquc avait accept deI negocier in accord
tie riglement de prit-hail, ct que les discussions ci mnmcncc-
ront, A cet,6gard, dos le retour a Waslhington de 1'aInIass n-
de'r sovietique, M. Novikov, acluellement ia Moscou
La press souligne que cecle acceptation sovii: ique esl
venue apres de nombreuses dkmarches hi Moscou, lhi piremiire
datant du 18 mars 1946. Certains correspondants st ,deman-
dent si Ic riglement du pret-bail russe permettra 1'omverture
d'uae discussion au sujet d'un emprunt anmiric.ii pour
I'Union Soviitique. Cependani, le correspondent du New
York Herad Tribune 6crit que. dans I'itlnt actuel le.s rela-
lions russo-americaines, il est extreme ment douteulx quc Ie'
Congrbs sanctionne une aide Oconomique unilatraleh sui
une grande 6chelle i la Russic. Administration .:onsoille-
rait probablement nux Russes dte s'adrrsser Li it lBanquc
Internationale... La politique de la Banque Iniernationale esl
d'examiner le co6t risques des emprunts et non leurs
facteurs politiques, et la Russic est gL'ndralement c,,nsid6rec
come un ban risque economique.
Un autre aspect des relations russo-americaines esl pr6-
senai dans les d6peches par les correspondents de Lake Sue-
cess qui reprennent les attaques port6es par M. G(romyko
coatre le plan am iricain d'aide a la Grbee et h la Turquic.
Le d616gue sovietique apropos6 qu'une commission de
P'O. N. U. surveille tout envoi d'aide quelconquc A la Gr6ce


et a demand qu'un vote ait lieu i cc sujet. Le Conseil de
S6curit6 a Mtc ajoarn6 Li jeudi sans qu'aucune decision ait
Mte prise.

3. Argentine

Selon Reston, correspondent diplomatique du New York
Times h Washington. M. Truman crherherait i amCliorer
les relations amdricaines avec 1'Argentine. 11 aurait vu 1'am-
bassadeur argentin it Washington avant son depart pour
Buenos-Aires, oh il va s'entretcnir ave Icl President Peron.
Scion Reston, le Prisident expliqua h I'ambassadcur qu'il
avait le d6sir d'essayer de mettre fn la misententc qui
regnait entire Ies U. S. A. et 1'Argentine. M. Truman a exprim6
I'cspoir que Ic gouvernement argentin sc d~barrasserait des
anciens agents nazis encore, on Argentine.
A I'occasion du 75' anniversaier tie la Fondation panami,-
ricaine, le s6natcur Vandenberg a prononc6 un discours an
cours duquel il a insist pour quc routes a les republiqucs
amiricaines coopercnl cnlre elles pour assurer I'unit* de
l'himisphi're amfrienin.
4. -- Voyage de M. Wallace
La controversy Wallace continue dans la press et au
Capitol. Certains representants et senateurs ont demandC
Iqu M1. Wallace soit poursuivi en application de la loi dite
a Logan act de 1798 qui pr6voyait une amende de 5.000
dollars et trois ans de prison pour tout citoycn ambricain
qui, en dehors des U. S. A., correspondrait avec les agents
strangers et portrait atteinte h la politique du gouvernemcnt
americain.
Max Lerner, dans cl liberal P.M., estime que cette propo-
sition de rccours A une Iegislation prime montre a quel
point curtains s6nateurs sont inquicts par les declarations
Wallace en Angleterre. II no pense pas cependant qu'une
relic censure soit compatible avece 'idie de d6mocratie et
conc!ut : < La veritable trahison n'est pas cell de Wallace.
La veritable trahlison, la trahison morale de la grande tra-
clition nmCricaine de liberty est cello de coux qui sont si pen
stirs de la validity de Icurs propres aiguncents qu'ils sont
ditt'rminds i Sipp]riimer tons eIs points de vue qui s'y oppo-
sent. >.
L'Crditorial des .journaux .Scripps-Howard soutient, par con-
itr, l'idte de poursuite judiciairo centre l'annien vice-
prisident.
5. Non elles de France
)e nombreuses ct courts dipiches des correspondents de
Paris annoncent qe Ic gienniral de Gaulle a ducidd de prcndre
li lite du < Rassemblement du Pcuple Frannais ; et citent
la declaration premise par le g6n6ral I la press i ce suj:,t,
sans ajouter de commentaires.
I'n correspondent du Xew York Herald Trilbne L Paris
signal les reactions de la pressed frangaise au recent dis-
cours du sultan du Maroc it Tanger, indiquant g6niralcment
une certain inquidlude en particulier, du fait que le sultan
n'ait pas mcntionnn la France dans son discours. Ce corres-
pondtant conrlut : < Jusqu'a present, on tenait pour certain
qlie l'intl4)endance 6tnil accordedc au Maroc come M. Auriol
et d'autres leaders franqnais l'avaient publiquement pr dit
"t que cc pays se joindrait automatiquement it IUnion
franqaise. Cctte perspective n'est plus tout % fait aussi cer-
hiinc anuiourd'huni. n

I:) L'lN'rrNEVUE: STALINE-MAISHALL,. (N'Cl' Yar'kl, Herald
T7whine, 16/4, 6diition curopienne) :

< M. Marshall s'cst rendu a.upri's dle t. Slaline a' un
nimopint oil les minislres 'des Affaires tiranng'res 6taient
incainbles. semble-l-il. de fire fde nouveaux progres
vers un rbglement cdt problem allemand 11 s'y est
rendu eigalcment i un moment ofi les grands problW-
Ines politiques soulev6s on Extreme-Orient, en M6diter-
ranee, au Moyen-Orient et dans d'autres parties du
monde 6loignint I'Union Sovietique et les Etats-Uni.s
'de la cooperation du temps ide guerre qui n amen6
I'ierasante defaite militaire de I'Allemagne et du Japon.
Le secretaire' Marshal, qui n'occupe ce poste que






*)







RYLLETIN gUOTIDIR zg PASSE iTRAN'BAR E


depuis le 21 janvier, a attendii jusqu'A maintenant pour
se rendre au Kremlin en esperant que M. Staline pour-
rail contribuer a amiliorer la comprehension entire les
deux gouvernements.
Cependant, il a attend jusqu'a maintenant pour de-
mander une audience au leader sovi6tique afin de ne
pas ruiner une conference qui a son avis pouvait avoir
une grande importance. II ktait pret ce soir A parler
non Seulemcnt du trait de paix avec l'Allemagne mais
d'autres probl6mes internationaux qui ont s6par6 les
deux puissances, cr&6 un malaise dans les deux pays
et rendu difficile 1'Claboration de la paix.
Le sec6rtaire Marshall esBprait certainement, lors-,
qu'il a quitt6 la residence de l'ambassadeur am6ricain.
qu'il serait possible de parvenir a un accord quelconque
.avec M. Staline. D'aprBs lui le seul espoir de realiser
des progress a propos de la question allemande consis-
lait dans des concessions de la part de l'Union Sovi&-
lique sur la question des reparations Son espoir pour'
un pacte a quatre resi'dait aussi sur les concessions'
qu'il pourrait obtenir du Kremlin. II lui semblait qu'il
ne pouvait plus faire grand'chose au conseil des mi-
nistres des Affaires 6trangeres.
C'est la premiere fois e soir qu'un secr6taire d'Etat
am6ricain a eu un entretien avec le chef sovietique
depuis la Conf6rence de Moscou de 1945. Ce faith en lui-
meme indique que les rapports entire les deux gouver-
nements sont devenus plus mauvais depuis la fin de
la guerre .
(WALTER KERR).

h) APRES LES DISCOURSE DE M. WALLACE EN GRANDF-
BRETAGNI,.

1. New York Times (14/4)
< Lorsqu'un citoyen americain qui a eu I'honneur
d'occuper 'dans ce pays de hautes functions publiques
se rend a l'6tranger avec intention do dresser 'oni-
nion 6trangere contre la politique de son gouvernement.
it n'y a rien d'6tonnant a ce que des protestations
s'klevent au Senat comme ailleurs, et que certain mi-
lieux aillent jusqu'a demander que P'on retire son pas-
seport au voyageur en question. Nous sommes persua-
d(s cependant que la sirete 'de jugement du president
Truman l'empCchera de prendre une measure semblable
a 1'6gard de M. Wallace. Essayer de museler M. Wal-
lace aurait pour principal consequence de faire penser
A de nombreux citoyens strangers tres intCresses dans
cette affaire, que le gouvernement des Etats-Unis a 'de
bonnes raisons pour craindre les paroles de M. Wal-
lac. Or, il n'en est rien. En cherchant A proteger contre
l'agression. russo-communiste deux pays du Moyen..
Orient qui occupent tune position cl6, le gouvernement
ties Etats-Unis s'est engage dans une politique parfai-
tement raisonnable, qui jouit comme le prouvent
les sondages d'o'pinion aipsi que les sentiments de la
presse et du Congres d'un apppui vigoureux de In
part du people americain.
Rappellr M. Wallace .aux Etats-Unis aurait pour seul
effet d'accentuer 1'unique .l6ment de danger que pr6-
sente la situation, a savoir que les ipeuples europeens
huxouels s'adresse M Wallace risqueraient de surest
iner 'autorite qu'il exeree actuellement aux Etats-Unis
et pourraient penser qu'il parole au nom d'une fraction
politique important oppose au programme du pr6si-
dent TrumAn. Dans toute cette affaire, les efforts des
Etats-Unis doivent simplement tendre a remettre les
choses au point en ce qui concern cette question. Si
M. Wallace a decide d'accuser le goQvernement am6ri-9
cain (qu'il, na d'ailleurs pas quitt6fde son plein gre)


de poursuivre une politique < d'implacable imperia-
lisme # et s'il tente de dresser I'opinion anglaise coptre
la politique biparlite du Congres, c'est son droit, et il
est libre de le faire, etant citoyen d'une democratic
qui applique le principle de la liberty de paroles. Mais,
les auditeurs strangers de M. Waliace doivent compren-
dre qu'en parlant et en agissant ainsi, il ne parle pas
en temps que chef d'un important parti politique, que
ce soit dans l'ensemble -des Etats-Unis ou dans n'im-
porte lequel .des 48 Etats; it ne repr6sente qu'une frac-
tion restreinte 'd'un movement lui-meme tres restreint.
II y a quelques mois dejA, c'est a M. Wallace qu'est
revenue, bien centre son gre, le privilege de precipiter
le choix du gouvernement comme celui du public ame-
ricain entire la politique de fermet h regardd de la
Russie, qui fut celle de M. Byrnes, et la politique des
concessions sans fin qT'i avait donn6 si peu *de r6sul-
tats. II est fort possible que le voyage 'de M. Wallace en
Europe ait cette fois encore un r6sultat semblable, aussi
peu desire et aussi salutaire. En effet, il apparait deja
que 1'extravagance et la violence des accusations qu'i
a portees centre son propre gouvernement suscitent des
commentaires qui lu:i sont d6favorables dans certain
milieux anglais, qui jusqu'a ce jour 6taient favorable A
son regard; ce qu'il y a de certain, c'est qu'aux Etats-
Unis chaque discours que pronounce M. Wallace fait
gagner des voix au programme de M. Truman, que ce
soit a la. Chambre ou au S6nat ,.

2. Baf ivmnore SII (14/4) :
< Admettons que M. Wallace ait tort dans tout ce
qu'il dit. Admettons que son attitude revele un manque
de tact. II n'en reste pas moins qu'il n'existe aucune
raison valuable pour avancer qu'il n'a pas le droit d'agir
ainsi. C'est son affaire ainsi que l'affaire des Anglais
qui peuvent toujours lui retire son visa s'ils le de-
sirent. Nous ne devrions pas perdre de vue qu'il est
necessaire 'de faire cette distinction ,.


IlI. PIRESSE SOVIETIQUE


LA PARTICIPATION DES ORGANIZATIONS DIMOCRATIQUES AU
CONSEIL CONSULTATIF ALLEMAND (Izves'tio, 15/4) :
< A ]a session (du conseil des ministries des Affaires
Atrangeres, la dclhgation sovietique a propose d'inviter
les organizations d6mocratiques allemandes A participer
nu future conseil consultatif (le conseil consuitatif com-
nrenant des represenaants allemands doit partwiiper a
l'6iaboration de la Constitution allemande). De quelles
organizations s'agit-il? Et quelle place occupent-elles-A
l'heure actuelle dans la vie publique de l'Allemagne? A
c-s organizations se rattache tout d'abord le a Kultur-
bund don't l'appellalion exact veut dire < Union cul-
turelle 'de renovation demo'ratique de l'Allemagne
Cette organisation est nee en juillet 1945.
Le Kulturbund a pour tiche de rassembler li masse
des intellectuals allemands pour letter contre les ves-
tiges de l'idCologie fascist et racist, de participer ac-
#vement A la transformation democratique de l'Alle-
magne, de collaborer a la r6bducation dlu people allo-
mand dans un esprit anti-fasciste et democratique,
d'editer des oeuvres litt6raires qui. d6masquent I'ideo-
logie fasciste. C'est dans la .zone 'd'occupation sovi&-
tique que le Kultu und a atteint son plus grand de-
veloppement. W
' I est tout a fait evident que le Kulturbund, en tant
qu'organisation la plus. important et la plus autorisee


P #







6 bftLzriwI QUOTXDIRNq DR PRUSSE *TPAN;*RR


des intellectuals allemands possi'de sans contest le droit
d'etre represents au Conseil consultatif allemand
M. Molotov a cite cgalement dans son intervention les
Comit6s de secours mutuel agricole. Les Comitts de
secours mutual agricole ont 6t1 organisms pendant I'6tA
de 1945. Ils ont Wte cr66s sur la demand 'des paysans
allemands. Ils ont pris une part active a la reforme
agraire en zone sovi6tique d'occupation et ils jouent
un r6le positif dans la champagne allemande en partici-
pant A tous les domaines de la vie social.
Ii est clair que cette organisation qui compete plus
de 35.000 inembres a egalement le droit 'de faire con-
naitre son opinion sur le caractlre de la future Consti-
tution allemande. La priver de ce droit 6quivaudr;it A
priver du droit de faire entendre leur voix au conseil
consultatif alleman'd une grande parties -de la paysan-
nerie allemande. II faut aussi nommer l'Union demo-
cratique des femmes allemandes, vaste organisation al-
lemande cr&6e sur la base des comites f6minins anti-
fascistes fond6s en 1945. Cette organisation a pour but
de letter pour 1'Ngalit* des droits des femmes et 'de faire
participer la femme allemande A la vie publique. II
serait injustifi -de permettre aux femmes nllemandes
d'6tre *cartees du Conseil consultatif allemand.
L'organisation des jeunes 'de la < Libre Jeunesse alle-
mande ) 1'Union des ipersonnes poursuivies sous le' r6-
gime hitlerien, sont d'importantes organizations anti-
faseistes de I'Allemagne. II serait strange de les exclure
du future Conseil consultatif allemand. II semble tIut A
fait evident que les meilleurs representants du people
allemand qui n'ont pas courbN la tte 'devant les bour-
reaux fascistes e( point mene eourageusement la lulte
doivent obtenir le d'roit d'exprimer leur opinion sur Ic
caractere de la future Constitution allemande. Les syn-
.dicats allemands qui competent A l'heure actuelle plus
de cinq millions de membres doivent, bien entendu,
recevoir aussi le droit de participer au Conseil consul-
tatif allemand.
Les syndicats libres allemands constituent une force
de I'Allemagne qu'il est normal de fire participer a
1'Nlaboration de la Constitution alleman'de ainsi que
tous les organisms de direction, car La veritable dhmo-
cratisation .de I'Allemagne ne peut etre r6alisee que si
ce sont les Allemands, qui sous l'egide de leurs or:gani-
sations d6mocratiques, prennent une part active i laI
reorganisalion dCmocratique de I'Al!emagne >.
(YEnconov).



IV. PICESS BEL;GE



LA CRlKATION )U .1. P. F. (Le Soir, 16/-1) :
C Co que le general de Gaulle preconise. c'es. un
system presidential a l'image de ceiui qlui exist aux
Etats-lnis et dans lequel un president so consid(re
comme 6tant 1'C&anation de la nation ct non cille de
son part, et oit il dispose d'une inrge initiative i(mimee
en face d'une Chambre et d'un S6nat hosliles.
Sur la m6thode qu'il intend suivre pour arriver a laI
reforme des institutions, de Gaulle s'est montre encore
moins explicit. On pretend que sun plan consiste a
rallier autour de lui un tiers d- la nation franchise,
celui qui, en s'abstenant au-dernier referendum, a d6-
Irontre qu'il n'obeissait pas nux 'rectives des orga-
nisations politiques existantes.
D'autre part, la question .se pose des a prb rs.l de
savoir comment, meme en cas de succ6s, de Gaulle


reussirait mieux que tous ses prd.4cesseurs A lever
l'hypothbque que fait peser sur n'importe quel gouver-
nement une C. G. T. pratiquement aux mains des com-
munistes ?-Peut-6tre estime-t-il que son rassemblement
constituera, lui aussi, une force extra-parlementaire qui
contrebalancera A tout le moins celle de la C. G. T. ?
Dans l'avenir imm6diat, le veritable problame qui se
pose est le suivant : la prise de position du general de
Gaulle ne va-t-elle pas produire 1'effet diam6tralement
oppose A celui qu'il en attend ? En d'autres terms,
l'existence du R. P. F. ne suffira-t-elle pas A cimenter
plus etroitement que jamais la -coalition gouvernemen-
tale et ne va-t-elle pas renforcer le parti communist
dans les rangs desquels se jetteront tous ceux qui ont
en horreur I'ombre mCme du parti unique et du pou-
voir personnel ? Les jours qui vont suivre permettront
de r6pondre a cette question.
(Du correspondent du Soir d Paris.)



V. PRESS SUISSE


L'INITIATIVE DU GI(ENRAL DE GAULLE.
1. Journal de Geneve (16/4) :
( Le general de Gaulle apparait A un moment oi son
prestige, encore intact inalgr6 des erreurs inexplica-
bles et difficilem-ent excusables, serait susceptible de
rallier autour de lui non seulernent les mecontents,
mais les abstentionnistes et les desillusionnes. Car nom-
breux sont ceux qui, dans l'euphorie de la victoire et
l'accueil superfraternel du parti communiste tendant la
main a tout le monde, y comprise les petits bourgeois
et les catholiqtues, et du parti socialist, reprenant sur
un ton mineur d'un andante langoureux le meme motif,
ont tourn6 lours regards vers la gauthe et cherchent
aujourd'hni l'Mtoile conductrice.
Toutefois, le g6enral de Gaulle n'est pas exempt de
critiques. Lui aussi peut se demander s'il n'a pas pass
a cot6 de la r6ussite, alors qu'il avait tous les atouts
dans sa main.
Le communique du parti socialist lance comme un
bulletin de bataille au lendemain de la manifestation
de Strasbourg, contenait A la fois I'ambre saveur du
regret et le poivre exaltant de la rancune. Mais on y
trouvait aussi un fond de froide v6rit6. Or, que disait
entire autres ce communique ? Que le g6enral de Gaulle,
alors qu'il 6tait au pouvoir, malgre toutes les possibi-
lites de gouverner au mieux de sa conscience et des
int6rets de la France, n'avait pas r6ussi. C'est un faith
incontestable. R&ussira-t-il mieux au course de cette se-
conde experience ? La r6ponsu est aux Frangais.
Toutefois, si l'on en juge par les repercussions des
discours de Bruneval et de Strasbourg, par les ap..
pr6hensions dts parties, par attention que le gouverne-
ment y a prNt6e, on peut dire, quelle que soit l'opinion
profess6e ai 1''gard du g6n~ra! de Gaulle, que celui-ci
tient encore on rie capital dans la nation.
Commic tous les homnies qui se sont eleves A un degr6
exceptionnel, it a ktc, et it demeure, entour6 de parti-
sans, A quelques exceptions pr6s plus nuisibles quo
hienfaisants. Si ces derniers interceptent A leur profit
quelilues rayons de sa gloire, ils en ternissent le plus
souvent 1'6clat. Mais c'est la le sort de tous ceux que le
des'tin a couronnd du vert laurier don't a parl6 Ron-
sard...
M. Vincent Auriel s'en va 'fort opportun6ment pour
kviter une crises o*t tout au moins, la retarder. Car il
est certain que durant son abseqpe rien ne devrait se







I i WLP.TiN QUOTLDIEN DE PEESSE iTFNGNRE


passer qui puisse comprometre la stability minist6rielle.
Mais A son retour ?
En bonne logique, si le fruit doit muirir, il ne sera
pas encore a point. De sorte que l'on devrait envisager
un rajustement de la majority gouvernementale avant
ou apr6s les .61lections municipales, c'est-a-dire vers la
fin de septembre ou d'octobre.
'(Du correspondent a Paris
du Journal de Gen&ve.j

2) Gazette de Lau~inne (16/4) :
Le general de Gaulle semble vouloir placer son mou-
vement dans Plesprit qui 1'i'nspirait (en 1940), mais il ne
manquera pas de rencontrer, en 1947, des difficulties
sinon plus grandes du moins d'un ordre tout different.
En effet, contraint de prendre position a 1'egard des


autres parties qu'il condamne, il I'est 6galement de cons-
tituer son rassemblement dans les forces classiques
d'un parti quel que soit son souci de ne pas les imiter.
II reste a attendre maintenant les reactions qu'aura
ce communique au sein .des parties et dans la press et
A suivre attentivement toutes les reactions de 1'opinion
publique elle-m6me. La S.F.I.O. et le M.R.P., quant a
cux, ont adopt une tactique commune, tactique de si-
lence. Us prendront certainement des measures d'ordre
inttricur afin de parer A ce premier assault qui les me-
nace directement. 1I pourrait s'ensuivre un rapproche-
ment entire ces deux parties et peut-Stre ainsi surgirait
a l'Assembl6e Nationale et dans le pays un troisieme
bloc centrist 4ntre l'extr6me gauche et le R.P.F.
(Du correspondent A Paris
de la Gazette de Lausanne'.)


S. P. I. Imp., 27, rue N' 'olo, Paris 3t.3009
1




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