Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: April 15, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00074
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
COtITiTr DI LA JaUuSWH,
DU ARTS ET DIS LETTRnE)

Direction de la Documerfation'
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


BULLET


DE


15 avril 1947.


LA DOCUMENTATION .RANrAISE DES A E GERES

TIDE PRBRESS






FIN QUOTIDIENh4*


ETRANGERE

Nouvelle S6rie N 644


SOMMAIRE


I. PRESS BRITANNIQUE.
Les discours de M. Wallace en Grande-Bretagne:
1. Daily Herald (15/4).
2. Manchester Guardian (14/4).
3. Daily Worker (15/4).

II. PRESS AMARICAINE.
Le voyage de M. Wallace en Europe.
1. New York Herald Tribune (15/4). Edition eu-
rop6enne).
2. New York Herald Tribune (13/4).

III. PRESS SOVA TIQUE.
La press 6trangere et la Conf6rence de Moscou
(PTavida, 14/4).

IV. PRESS BELGE.
Le statut politique de I'Allemagne (La Libre Bel-
giqque, 14/4).

V. PRESS SUISSE.
Le parti socialiste et l'initiative du general de Gaulle
(Tribune de Gen&be, 14/4).


I. PRESS BRITANNIQUE

Revue de la press britannique du 15 avril 1947
De nombreux journaux annoncent soil des manchettes
sensationnelles que le Queen Elisabeth s'est Achou6 syr des
banes de galets let de bone au large de Southampton. D'au-
tres manchettes sont consaer'es aux reactions des milieus
politiques americains devant les declarations *e M. Wallace
et le Times, pour sa part, done la vedette B la politique
frangaise et au discouns du president Vincent Auriol. Le
Manchester Guardian n'en parle pas ce matin, mais 11 con-
sacre un long article aux declarations du Sultan du Maroe
et aux reactions des milieux politiques frangais.
Le Daily Telegraph pubrie aujourd'hui le troisi6me article
de M. Winston Churchill consacre6 la politique 6trangere


americaine et aux relations entire les Etats-Unis et la
C. ande-Bretagne.
1. France
De nombreux journaux s'intdressent ce matih aux decla-
rations du general de Gaulle et au lanecment dh R.P.F. Ils
presentent 1'fevnement sous des titre. divers. Le Daily Tele-
graph 6crit : a De Gaulle prend la tete du rassemblement
frangais ,; le Daily Express : e Joignez-vous h moi pour
reformer la France, dit de Gaulle -; le Daily Mail : D De
Gaulle lance un nouveau parti -; le Daily Graphic : De
Gaulle vent metire fin au system des parts ,; le News
Chronicle : < De Gaulle dit : c Je prends la ttee a partir
d'aujourd'hni ). Enfiri, le Delly Mirror, dans un minuscule
entrefilet, announce que le general de Gaulle a accepted la
direction du R.P.F. pour modifier le sytime de la politique
des parties.
C'est cependant le Times qui consacre a la situation fran-
qaise l'article le plus complete car il donne une place 6Rale.
au manifeste du general de Gaulle et au discours prononce
A Toulon par le president de la Republique.
Selon ce correspondent, les paroles du Porsident doivent
etre interpr6tles comme un appel solennel A l'unit6 fran-
aaise et come la miise en garde contre les dangers que
represente la croisade dua gdndral de Gaulle. Crpendant, cet
avertissement s'adresse egalement aux communists. M. Vin-
cnt Auriol vent mettre en garde les Francais contre tons
ceux qui menacent la nouvelic constitution. 11 ne fait pas
de doute que le president Auriol desire prendre une part
bien plus active A la politique que ses predecesseurs de la
III' R6publique. Quant aux declarations du general de
Gaulle, ajoute le correspondent, elles rappellent les affiches
apposees le 18 juin 1940 i Londres. Cette resemblance eAt
voulue et le gtineral de Gaulle voit la Frince lne fois de
plus menacee de disintegration et son appel s'adresserait
une fois de plus a la resistance, de quelque parti qu'elle
vint. L'on pent voir que le general de Gaulle n'a nas aitaque
seulement le parti communTste. II e t vrai qu'il condamne
I'attitude des trois grands parties, mais on peut rappeler let
que, dans son discours de Strasbourg, il avait accuse les
communists d'influenier la politique franfaise et d'obligcr
tous les parties A conformer leur attitude et leurs m4thodes
aux leurs.
De plus, le fait que le general de Gaulle compare le
parti communist t une cinquieme colonne accen'ue encore
I'analogie entire les declarations d'aujourd'hui et crlles de
juin 1940.
Tous les autres journaux aonnent un extract plans oa
moins long du manifeste du R.P.F. et s'abstiennent rn ge-
neral de tout commentaire.
Toutefois, M. Walter Farr, correspondent du Daily Mail,
announce que le project de ce nouveau part est observed avec
inquietude en France. les comlutlnisti s et les socialists
estimeraient qu'il a recours d6s sa formation a des mb.
thodes dictatoriales et que des groves pourraient 4clater


PRESS


-









- -iLLhiLN, QUu'LIJlN Or B us Sf ksSjtrIuANoikiu'


prochainement pour demontrer que la classes ouvrl&re est
dicidde A d6fendre la democratic.
I. Matthews, du Daily Herald, est persuade que le general
de Gaulle veut une r6forme radical de la Constitution et
qu'il en veut uno qui lui permette de se servir de armed e
du plebiscite suspect aux r6publicains de, France d'etre
1'arme des dictatures.
11 n'est pas ians intiret de noter que le rested de la press
semble ignorer le discours du president Auriol. A part Ie
Times, seul le Daily Telegraph en fait mention.
Le correspondent du Times analyse assez longuement les
raisons qui ont pouss6 le president Auriol A entreprendre
son voyage en A.O.F. II remarque que c'est la premiere fois
qu'un president de la l16publique en functions rend une
visit officielle A la France d'Outre-Meir.
c Le President ne s'y rend plus en tant que premium m:'-
gistrat de la France m6tropolitaine, mais en tant que pre-
sident de I'Union'frangaise. Cette vasteo f6ddration de peu-
ples autonomes n'est encore qu'h. 1'6tat de project, c'est la
sohditd de cet project que les visites de M. Auriol ont pour
but de garantir. ) AprBs avoir remarqua que ces visits ont
lieu au moment m&me oi existence de 1'Empire frangais
est menace et oil l'autoritd de la France est battue en br&-
Ehe dans la plupart des territoires qui lui sont souinis, ce
correspondent ecrit que ce n'est pas sans raison que le Prt-
sident a choisi la veille de son depart pour proclamer que
le people frangis est a mdme de travailler avec le chef de
son propre regime actuel A son propre salut, car les 6vnne-
ments qui se sont products dans 1'Union francaise ont sfrc-
ment dtB de ceux qui out pouss6 le gcndral de Gaulle A
agir; ils sont aussi ceux sur lesquels 'Union, franqaise est
le plus divis6e.
2. Maroc
Certain journaux donnent un relief important aux re-
centes declarations du Sultan du Maroc at le correspondent
du Manchester Guardian y volt a un manifest dirig6
presque sur tous les points centre la politique frangalse b.
Selon lui, le Sultan deviendrait maintenant le chef du
parti nationalist (Istiklal). II ddtache les paroles du Sultan
demandant une entire liberty pour le Maroc et protestant
centre le fait que le Protectorat frangais le contraint &
n'entretenir des relations qu'avec la France.
Le passage du discours dans lequel le Sultan a announce
son intention de d6velopper des relations unilat6rales entire
le Maroc et les autres pays de la Ligue arabe est, selon ce
correspondent, tr6s significatif.
I1 annoncerait une politique qui serait exactement oppose
A celle que la France d6sirerait pour le Maroc. Au lieu dui
patriotism franco-musulman qui 6tendrait les liens maro-
cains vers le nord et vers le sud, le Sultan propose an
patriotism panarabe et le d6veloppement des relations de
son pays d'est en ouest, favorisant ainsi la Ligue arabe
que les milieux officials frangais consid&rent avec une ex-
tr6me mdfiance... Ce commentateur estime 4n outre (que le
Sultan a d6jou6 le plan frangais en se posant comene cham-
pion de la d6mocratie marocaine ear la France espirait que
cette m6me d6mocratie contrebalancerait pr6cisdme'nt le
prestige du Sultan. La question marocaine ne manquera pas,
selon lui, de mettre en danger 'les relations de la France
avec la Grande-IBretagne. Les4milieux politiques frangais
soupponnent encore fortement la Grande-Bretagne de sou-
teair les nationalists d'Afrique du Nord, bien que ses soup-
gons ne soient gu6re fondds. Il ne fait pas de doute que la
tentative faite par les nationalists marocains de lier le
sort de leur pays A celui des pays arabes du Proche-Orient
augmenteront les dangers d'un nouveau conflict entire la
France et la Grande-Bretagne sur la question arabe.
D'apres le correspondent du Times, les declarations du
Sultan seraient interpretees h Paris comme un novel ins-
trument tde pression sur les puissances coloniales. Ce n'est
pas par hasard que le Sultan a choisi Tanger pour y fire
des .declarations car cette ville repr6sente le centre mdine
des rivalit6s internationals.
Le correspondent particulier du News Chronicle derit de
son c6td qu'en plus de l'Indochine, de Madagascar et de
l'Alg6rie, le Maroc cause maintenant des inqui4tudes A la
France. Les Frangais savent que les Universit6s et les dcoles
ique le Sultan vent fonder au Maroc serbnt des pppinidres


de nationalists. Ils ont not4 6galement avec regret que
l'hommage A la France par le Sultan avait 6te ajoute apres
coup dans la version officielle du discours et qu'il ne figu-
rait pas dans le discours m6me.

3. Conference de Moscou
La plupart des journaux annoncent que M. Marshall a
-propos6 un pace it quatre destiny k assurer la d6milita-
risation de 1'Allemagne et distinct du r6glement g6neral de
la paix. M. Bevin et M. Bidault' auraient fait bon accutil a
ce project. Ce dernier aurait mnme dmis des suggestions des-
tindes a rendre plus efficace et .plus positif le nouveau traits
et, d'apres le correspondent du Times, aurait insist pour
qu'il obtienne 1Btablissement de rginmes sp6ciaux pour la
Ruhr et. la Rhdnanie. M. Molotov aurait propose d'6largir
ce traits par des clauses destiqees A assurer le cbntrble
quadrilateral de la Ruhr et la liquidation de tous les trusts
ou cartels.
Selon une ddpdche Bup reproduite par Ic Daily Mail, 1'in-
sistance mise par M. Molotov pour que la Russie participe
au contrl6e de la Ruhr semble avoir torpill6 tout espoir de
voir les Quatre Grands parvenir A un accord sur le ddsar.
moment allemand car la Grande-Bretagne s'est oppose vi-
goureusement A touted participation russe dans le contr6le
-de la Ruhr.
Plusieurs journaux, don't le Manchester Guardian,- font
6tat des accusations port'es par 1'Agence Tass contre les
joarnalistes britanniques, am6ricains et frangais, selon les-
quelles ceux-ci manqueraient d'objectiviti et se livreraient
a un chantage direct en exag6rant les difficult.s de la Con-
ference. Toutefois, une agency et un journal frangais au-
raient dti A I'abri de ces accusations.

4. Etats-Unis
Les journaux font encore ce martin mention des critiques
adress6es & M. Wallace, par certain milieux politiques ame-
ricains.
Le correspondent du Manchester Guardian croit que cos
critiques proviennent surtout d'616ments qui lui ont toujours
it6 hostile. II serait difficile, selon lui, de savoir dans
quel.le measure M. Wallace jouit de l'appui de ses conci-
toyens. La politique americaine se serait laissde convaincre
que l'activite communist constitute une menace grave et
immediate pour les Etats-Unis. Toutefois, certain membres
du CongrBs disent la mgme chose que M. Wallace, mais ne
sont pas I'objet d'aussi vives attaques de la press.
Le Daily Telegraph donne de nombreux extraits de la
press am6ricaine, tous hostiles A M. Wallace. II announce
6galement que la Commission de la Chambre des Repr&-
sentants, qui enqu&te sur les activit6s anti-americaines, a
demanded que M. Wallace solt imm6diatement traduit en
justice et tombe sous le coup de a logan Act s.
Le Daily Herald public un article de Michael Foot qui
rend hommage h la franchise et la sinceritO de M. Wallace.
(Voir cet article plus loin.)
Le News Chronicle public, de son c6bt, un long article de
A.R.J. Cummings sur M. Wallace. Celul-ci note que les
conservateurs britanniques craignent que les Etats-Unis
d6sapprouvent l'accueil r6serve A M. Wallace en Grande-
Bretagne et il condamne Agalement l'anticommunisme aveu-
gle de certain conservateurs et I'approbation sans reserve
donnee A la politique sovidtique par certain travaillistes.
Le Daily Worker done la vedette A M. Wallace et an-
nonce en manchette que celui-ci ne se laisserait pas inti-
mider par les msnaces de pertains Americains. (Voir 'ar-
ticle plus loin.)9

5. A'ide am&ricaine & la Grece et a la Turquie

Quelques jburnaux,.dont le Times, annoncent que M. Gro-
myko a expose Te point de vue de l'Union sbvidtique au
'Conseil de Sdeuritd. Ils font ressdrtir que celui-ci ne voit
dans l'amendement pr6vu au project qu'une preuve supple-
mentaire du caraetore unilateral de l'aotion amdricaine. On
se rappelle que I'amendement wievoyait pour les Nations
*Unies le droit de d6cider A la majority si I'aide americaine
6tait revenue inutile ou ind6sirable.









BUIT I'TTN QUOTID1IE DE PRIESSE ATHANGc1m


6. Irlande

,Qu&e4ues journatX. donsent la 'vedette a i'arrestation par
Ic .gouyverinment irlandals de six anciens espions allemands
qui s'6taient refugis en Irlande.
Cette arrestation aurait et6 due a la pression diploma-
tique exercee par les gouvernements franqais et am6ricain.

APRES IE DISCOURS DE M. WALLACE EN GRANDE-BRETAGNE

1. Daily Herald, travailliste, (15/4) :

a J'affirme que HIenry Wallace a provoqu6 plus de
discussions et a excite plus d'intAret A propose des
question de politique 6trang6re que ne I'a fait n'im-
porte quel discours radiodifflus6 depuis des mois. C'est
bien l. l'effet que devrait avoir tous les 'discours radio-
diffuses prononcos par des chefs de parties.
Mais le triomphe de Wallace n'est pas seulement
celiui d'une technique oratoire associ6e A une honnA-
tetM fonci6re. 11 nous a aussi rendu le service de mon-
trer quels espoirs fondent sur le succes de notre grande
experience socialist 'des millions de gens dans le mon-
dl enter.
Nous avons parfois eu I'impression en Bcoutant quel-
ques-uns de ses propos qui sont parvenus jusqu'A nous
depuis l'autre c6t6 de 1'Atlantique qu'il ne rendait pas
pleinement justice aux grands changements que nous
avons commence d'apporter ici. Si cette impression ,etait
just, s'il sous-estimait nos efforts la situation est
maintenant change.
11 nous parle en terms clairs du pouvoir que nous
d6tenons dans le monde, pouvoir de nous lancer dans
de grands projects, de commander notre propre destiny,
de fournir un example aux autres nations, d'arr6ter
le monde 'dans sa course vers une nouvelle catastrophe.
Le people peut avoir une opinion different sur de
nombreux aspects de la politique que soutient Wallace,
mais sArement personnel, au sein du parti travailliste,
ne mettra en discussion cette affirmation.
Wallace pose la question crucial de notre politique
etrangere. Allons-nous agir comme une grande puis-
sance soucieuse de lib6rer les peuples et de redresser
les torts, refusant une alliance exclusive avec l'un on
I'autre des deux grands pays que sont les Etats-Unis
ou l'Union sovi6tique, mais exprimant la conflance que
nous pouvons nous rendre utiles en apportant de nou-
velles experiences a tous les peuples qui ont souffert
et en emp6chant la division fatale du monde en deux
blocs hostiles ?
Ferons-nous cela ou accepterons-nous le message con-
tenu 'dans les discours de M. Churchill selon lequel la
Grande-Bretagne dolt en effet abandonner son rl6e de
puissance ind6pendante et chercher refuge A l'ombre de%
Etats-Unis ?
Cette question va au coeur non seulement de notre
politique exterieure mais aussi de notre politique intd-
rieure. La lutte pour la production A 1'interieur ne
,peut se separer 'du combat pour la paix A l'extrrieur.
Grace A M. Wallace, nous ferons tous face A nos
obligations avec une meilleure volont& et davantage
d'esperance. s
(Michael FOOT.)

2. Manchesler Guardian, liberal (14/4) :

< Peu d'6trangers ont eu de telles occasions d'expri-
mter leurs vues sur les affaires publiques dans oe pays.
Personne n'W' t6 'cout6 avec plusd'attention.et d'int-
r6t. Cependatit, on dolt avouer en fln de compete que le
r6sultat est 16egrement d6sappointant. M. Wallace 6prou-
ve 6videjnment de'la difficulty pour traduire ses id6es


,particulirres 'de generalisations progressistes en terms
concrets. II nous a longuement parl6 de ses espoirs et
de ses aspirations (qui, pour la plupart, sont aussi les
n6tres) mais il nous a tr6s peu parle de ce qu'il aurait
fait, par example, s'il avait et6 A la place du general
Marshall a Moscou. De-m me, bien qu'on appr.cie le
tact qu'il a mpntr6 en s'abstenant de toute critique A'
I'egard 'de M. Bevin, on ne peut que regretter qu'il sit
consacr6 une parties important de ses discours A de
violentes attaques contre le gouvernement des Etats-
Unis, sans jamais faire aucune allusion A la politique
de la Grande-Bretagne et a celle de la Russie. On garde
l'impression, certainement fausse, que, dans le monde
actuef, la Russie demeure passive et inerte, victim in-
nocente 'de expansion amiricaine. M. Wallace 6prouve
un certain ressentiment a 1'Naard du President Truman
et il croit sincerement que la politique 6trang6re am&-
ricaine est d&sastreuse. C'est cependant une question
d'appreciation personnelle de savoir s'il a Rt6 avis6 de
faire de sa visit en Grande-Bretagne une sorte de
champagne politique dirigie contre le gouvmrnement 'de
son propre pays ,.

3. Dilly Worker, communriste (15/4) :

< M. Henry Wallace a maintenant termini sa s6rie
d'exposes publics en Angleterre et il va prochainement
quitter ce pays pour se rendre en France, Sa visit ia(
revvtu une importance considerable et ses opinions ex-
posees avec franchise et simplicity ont ete accueilliers
avec un grand enthousiasme.
L'ancien vice-president des Etats-Unis est venu en,
Europe c pour rencontrer des gens iprofessant des idMes
progressistes desireux de travailler en faveur 'de ia
paix mondiale .
II a certainement rencoptre de semblables personnel
en Angleterre et l'accueil qui liui sera reserve par nos
voisins dmocratiques ne fait pas de doute. Wallace
est consid6r6 ipar 'de. nombreuses personnel comme un
homme d'Etat international, le representant le plus
autorise de la politique .du President Roosevelt. Ses dis-
cours ont laiss6 une forte impression de s6renite et de
conflance.,
Wallace a. apport6 a la Grande-Bretagne un message
d'encouragement et d'espoir. Sa visit nous rapprochera
encore plus du people am6ricain et 'donnera une nou-
velle impulsion A tous ceux qui luttent pour detruire les
aspects conservateurs encore puissants de la politique
6trangBre du gouvernement .


II. PRESS AMERICAINE


Reume lde la pressed anmrieaznO da 14 avril 1947
1. La controverse de M. Waflfuce

La press accord une place important & la controversy
qui fait rage depuis que M. Wallace s'est attaqu6 h la poli-
tique etrang6re am6ricaine dans les discours.faits en Grande-
Bretagne. Les declarations de divers s6nateurs et en parti-
culler de M. Vandenberg relevant les attaques lancees par
'ancien vice-pr6sident contre la politique bipartisan sont
largement reproduits et nombreux sont les journaux qui
consacrent les Bditoriaux a cette controversy. Les correspon-
dants de Washington se demandent si M. Truman repondra
aux accusations portees par M. Wallace centre sa politique
Sexterleure comme le s6nateur Vandenberg lui a demand
de le faire. La reaction au Congr6s et dans la press B pro-
pos de 1'attitude de M. Wallace va d'un extreme & l'autre '
on l'accuse de trahison > ou en le fdlicite comme le faith
'*











SBUILrm QUOTIDIEN DE PRE1,SE liHANG&KIK


Il Dailg Worker d'avoir eu Ie courage de s'exprimer comma
11 P'a fait en Grande-Bretagne. Entre ces extremes, 1'dditorial
du New York Times paratt definir la position plus moderee
et plus representative de vues officielles. I preconise que
le President ne retire pas son passport a M. Wallace et
qu'il ne donne pas l'impression que le gouvernement ame-
ricain t a des raisons de craindre ce que dit M. Wallace -.
II reconnalt cependant qu'il y a du danger dans ces d6cla-
rations de M. Wallace. II craint que 1'6tranger ne se repr6-
sente 1'ex-vice-prlsident comme porte-parole d'une parties
important de l'opinion amlricaine et il ajoute : < Les audi-
teurs strangers de M. Wallace doivent comprendre qu'Jl... ne
parole pas comme le chef d'un parti politique important...
II parole seulement comme le representant d'une fraction d'un
movement qui est lui-meme divis6. > Et I'dditorial conclut
que les accusations extravagantes porties par M. Wal-
lace centre son gouvernement ont eu, au contraire, pour
effet de renforcer l'appui donn6 par le CongrBs a la poli-
tique ext6rieure de M. Truman.

2. Confirence de Moscou

Les correAsndants de I.N.S. et du Phzladelphia Evening
Bulletin s'accordent A reconnaltre que, si la Conf6rence de
Moscou n'est pas en plein succ's, el'e aura quand mime eu
un important resultat : celui d'avoir rapproch6 les I. S. A.
de la Grande-Bretagne et surtout de la France. Le correspon-
dant du Bulletin ecrit notamment que le predkcesseur de
M. Marshall, M. Byrnes. 6tait 6troitement associe avec les
fonctionnaires amiricains du gouvernement militaire en
Allemagne et ceux-ci avaient tendance A concentrer leur
attention sur le reglement du probl6me allemand plut6t que
sur celui du probl6me europ6en. Non seulement ils ne culti-
vaient pas la bonne volonte des Francais, mais ils talent
m&nme plutft ouvertement les antagonistes de la France. La
France a commened a sentir ce manque de sympathie di
notre part en se tournant de plus en plus vers la Russie prin-
cipalemcnt parce qu'elle ne pouvait pas se turner ailleurs.
Les communists frannais s'en trouvaient considerablement
renforces. Mais M. Marshall, en d46veloppant graduellempnt
aa polit'que pour l'ensemble de l'Europe a Moscou fit tons
seq efforts pour cultiver l'amitid des Francais et pc(ur les
assurer que les U.S.A. sont leurs amis... Les resultats sent
deja apparus. Les Francais furent grandement encourages
en la personnel de M. Bidault. A plusieurs reprises. M. Bi-
danlt fit preuve de sentiments plus chaleureux pcur les
U.S.A..
M. Harsch. correspondent du Christian Science' Monitor.
ecrit 4galement de Washington que attitude de M. Marshall
a eu pour effet de consolider la bonne entente qui existed
centre les trois puissances occidentales. II conclut en derivant
que les diplomats no prEvoient pas que ce changement di-
plomatique puisse produire l'accord sur 1'4llemagne a la
Conference de Moscou. Ce serait, trop espirer... Mais ils
pensent que M. Marshall a reussi A r6parer les fissures de
1'difice polltique de l'Ouest et a en faire, une fois de plus,
an instrument diplomatique efficace.

3. L'Union francaise

Les incidents de Madagascar. d'Algdrie et du Maroc, venant
6 la suite de la revolte indochinoise, amenent les correspon-
dants amIr:cains a Paris A consacrer une sriede ded(pches
a ces incidents. TIs sont en general la reproduction des com-
muniqus lofficiels ou des declarations faites au ministtre
de la France d'Outre-Mer. Le B&timore Sun y consacre un
editorial intitu' : a Instabilit6 de 1'Empire francais ,. On
remarque que les Francais paraissent determines A fair face A
ce nouveau defi en AlgIrie de mIme facon ou'ils agirent
en Indochine et a Madagascar, e'est-a-dire en luttant jusqu'A
la fin, si cela est n4cessaire, pour maintenir leur empire.
Le ministry de l'Interieur partira cette semaine pour l'Alge-
ric dans le but d'appliquer les reformes administrative.
II a anyone c u'on enverrait en Afrioue du Nord un nombre
considerable de troupes frangaises faisant actuel!ement l'oc-
cupation en Allemagne et que l'adminiFtration en Algerie
a r6duit au silence le chef du parti nationalist local. Une
visited du ministry frangais en. Algerie suggbre la gravity avec
laquelle le goSvernement francals envisage la rdvolte immi-


nente des Arabes. Cot editorial conclut en se demandant eo
tque 'on peut attendre du sultan du Maroc aprs- sa visitf
A Tanger ct souligne l'inquietude qu'il souleva ddjA parmi
les coloniaux et les militaires frangais du Maroc

4. Le general de Gaulle

La press continue A reproduire toute une snrie a'articles
sur la champagne menee par le general de Gaulle, don't elle
announce la conference de press pour cette semaine. Horner,
correspondent diplomatique de 'Evening Star, qui fut atta-
chh de press americain 4 Alger pendant la guerre, 6erit que
les fonctionnaires amdricains qui pensent qu'un fort gouver-
nement anticommuniste A Paris serait dans I'int6rlt des
U. S. A. sont fortement intdresses par cette nouvelle tentative
de de Gaulle pour dominer la situation politique frangaise.
S'il rdussit A gagner I'appui populaire qui lui permettrait de
former un fort gouvernement, il serait sans aucun doute
fermement appuye par Washington. Les fonctionnaires sou-
lignent cependant qu'on n'a nullement l'intention d'inter-
venir dans les affairs politiques francaises. Tout appui
official fait A de Gaulle ne pourrait intervenir qu'une fois
qu'il seralt A la ttte du people franqais. Mais cela n'emplche
pas que des encouragements officieux soient donnes au chef
de la Resistance frangaise. De tels encouragements seraient
important si l'on se rappelle les relations difficiles qui
existaient entire le gouvernemerit americain et de Gaulle pen-
dant la guerre. I1 ajoute qu'un ancient ministry du cabinet
de Gaulle viendrait prochainement a Washington pour une
s&rie de conversations officieuses, mais ne le nomme pas
explicitement.

LE VOYAGE DE M. WALLACE EN EUROPE.

1. New York Herald Tribune (15/4, edit. europ.):

Les effects du voyage actuel de M. Wallace en Eu-
rope sont nuisibles et embarrassants, bien qu'ils ne
soient ni tragiques, ni irr6parables, except peut-6tre
pour lui personnellement. Mais, on ne peut ignorer les
resultats de son voyage et il faudra faire des efforts
considerables, des deux c6t6s de I'Atlantique, pour les
r6parer.
Ainsi, M. Wallace a dit aux Europ6ens que les Etats-
Unis sont engages dans une politique imperialiste et
dans une guerre sans merci avec l'Union Sovi6tique. Ce
n'est pas vrai, et c'est un mensonge cruel de dire h
l'Europe que telle est la position des Etats-Unis. La
verite, c'est que le people americain est engage dans
une discussion extremement important, pour savoir
de quelle facon les Elats-Unis peuvent jouer leur rile
sans precedent au milieu des difficult6s et des dangers
actuels.
Dans cette discussion, M. Wallace ne s'est pas aven-
ture a affronter face A face (comme il aurait pu le fair
en se pr6sentant devant les Commissions du Congres)
ceux qui d6fendent la politique A laquelle il s'oppose.
II a prebfr6 exprimer son point de vue a la radio, dans
son journal et dans des meetings en Angleterre, plutbt
qu'en des lieux oh il aurait pu en discuter sirieusement
avec ses propres compatriotes.
II dit 6galement aux gouvernements et aux peuples
europeens ce qu'ils devraient faire a 1'gard des Etats-
Unis. Ce n'est pas seulement utne chose maladroite de
la part d'un Americain d'agir ainsi alors que son pays
essaye de prendre une decision difficile, c'est Agalernent
une facon tres ganante de s'immiscer dans les affaires
int6rieures de l'Europe.
Car Henry Wallace, en tant qu'ancien vice-pr6sident
des Etats-Unis, doit .tre regu par les personnalit6s offl-
cielles de tous les pays ou il lui plait de se rendre.
C'est IA un honneur qui doit etre rendu au poste im-
portant qu'il a occupy, sans tenir compete de la person-
nalit6 de I'homme lui-meme. Si, par example, lea diri-











giants frangais avaient refuse de 1'accueillir, ils se
seraient immises dans la politique amricaine. Ils au-
raient pris position dans les querelles de M. Wallace
aux -Etats-Unis, au lieu de le consid6rer come un
homme Blu par le people amnricain A la vice-pibsiaence
des Etats-Unis, comme les strangers doivent le faire.
Mais eeci oblige M. Wallace A ne pas exploiter la r6-
ception'qu'on lui fait en Europe pour s'immiscer dans
les affaires interieures des pays europeens. Cependant,
c'est pr6cis6ment ce qu'il a fait en Grande-Bretagne, en
pregnant position dans la querelle britannique sur la
politique .trang6re de M. Bevin. C'est sans aucun doute
ce qu'il fera en France si l'on ne peut le persuader
de ne pas le faire avant qu'il soit trop tard en pre-
nant position dans la lutte des.partis, ce qui, de l'avis
de la plupart des Frangais, est n6cessaire A l'heure
actuelle pour les sortir de leurs difficultss. >

(WALTER LIPPMANN.)

2. New York Herald Tribune (13/4) :

< .C'est une ironic qu'au moment precis oif le Congr6s
ct le people des Etats-Unis parviennent h une veritable
unite sur le programme du Pr6sident Truman d'aide a
la Grace et A la, Turquie, 1'Europe acoute la voix d'un
Americain qui se pronounce contre ce programme. C'e't
une ironie, et elle peut 6tre tragique, qu',i ce tournant
de l'Histoire,-enry Wallace soit consid6r6 par des sec-
tions importantes de l'opinion europeenne comme le
porte-parole authentique et influent du lib6ralisme ame-
ricain.
On a souvent accuse les Etats-Unis de se d6sint6res-
ser de la politique des pays strangers. Aujourd'hui, ce-
pendant, les Am6ricains connaissent beaucoup mieux.
les courants politiques et les personalities d'Europe,
que les Europhens ne connaissent la situation en Ami-
rique. Ils connaissaient Franklin Roosevelt, et asso-
ciaient des idles et des id6aux A son nom. Ils connais-
saient aussi Wendell Willkie. Mais depuis la mort de
Roosevelt et de Willkie, 1'Europe n'a eeu que peu d'oc-
casions d'etudier leurs successeurs ou de d6celer les
courants politiques dans ce pays. II n'est pas 6tonnant
que M. Wallace, qui a 0t6 dans le gouvernement Roose-
velt ministry et vice-president, soit consid6r6 comme
l'hMritier de la doctrine de Roosevelt.
Ce qu'il y a de dangereux dans la reaction de 1'Eu-
rope aux bonnes intentions de M. Wallace, c'est que les
peuples de' Grande-Bretagne et du Continent en arrivent
A associer le libralisme ambricain avec sa personna-
]it6 a croire qu'un AmBricain qui repousse Wallace
(comme il a 6t6 repouss6) renonce par consequent a
toute pensee et i toute action progressistes, et qu'une
politique am.ricaine qui va A l'encontre des concep-
tions de M. Wallace sur la justice et la bonne volont6
internationals est essentiellement reactionnaire. Et cc
qui est encore plus troublant, c'est que 1'Europe pour-
rait voir, dans le petit noyau de partisans de M. Wal-
lace, un,grand movement populaire capable de chan-
ger A' tous moments et de facon radical le course de
la politique 6trang6re des Etats-Unis.
D'aprbs le ton du discours qu'il a prononc6 A Lon-
dres vendredi, M. Wallace ne semble pas avoir eu
conscience de ses responsabilit6s; il semble n'avpir
aucune conscience du fait que sa position en Europe
d6coule en grande parties d'une idee fausse de son im-'
portance aux Etats-Unis, et du fait que les Europeens
le croient un grand chef politique, alors qu'il 'n'est que
le directeur d'un journal a tirage limits, qui est inca-
pable de changer les suffrages d'un seul Etat ameri-
cain d'une facon notable. >


S. I. PRESSED SOVETIIQUE




Revue de la press sovidtique du 14 avril 1947

Seule la Prquda parait. La rubrique 6trang6re d'un pcu
moius de deux pages, est tr6s riche en commentaires.

1. La session du Conseit des mlinisties
des Affaires dtranygres

a) Informations Tass : Uno longue depdeche de Londres
ayant la valeur de commentaires. Ddformation du text de
1'accord de Potsdam .
b) Commentaires: Note d'informations de Tass sur les com-
mentaires des journalists Ctrangers suivant la Confdrence
de1 Moscou. C'est la premiere appreciation qui est donndc par
la presse'sovi6tique sur ces textes. (Voir l'article plus loin.)
lieproduction des lettres reques par la redaction de la Pravda
ii la suite de 1'article de Leonticv : < Propos sur la justice a.

2. Lu lutte pour la ddntoccraiie dans Ic mionde

Un try's grand article de Kuusinen : La lutte pour la
democratic et le progres en Finlande, l'extirpation du fas-
cisme, la democratisation de l'appareil de l'Etat, le plan de
nationalisation de l'industrie et des grandes banques, les
perspectives pour demain >>.

3. Inicidlences diverse des poliiiques ajlglo-a iicd4ines

Information secondaircs : expulsion de Gr6ce du corres-
lq)ndant de l'Humanitd. Le leader de la socialdemocratie
canadienue et les propositions Truman >, des bateaux
grecs violent los eaux territoriales albanaises, entrevue des
presidents de Syrie et ,du Liban ; sur une demi-page, text
du discours prononc6 par M. Gromyko, lc 7 avril, A la Com-
mission des armements du Conseil de Securitd.

LA PRESS !ATRANGERE ET LA CONFERENCE DE MOSCOU
(Pravida, 14/4) :

< Dans le courant du mois, attention de l'opinion
publique et de la press mondiale s'est fixee sur les
seances du Conscil des Ministres des Affaires 6tnangBres
a Moscou. Malheureusement, l'objectivite pt le s&rieux
ne sont pas du gofit d'une sdrie d'organes de la press
etrangbre qui veulent former l'opinion publique. DBs
avant le debut de la session du Conseil des Ministres,
nombre de pessimistes appartenant au camp des adver-
saires de la collaboration international annonVaient
I'6chec inevitable de cette session. Aujourd'hui, ils uti-
lisent chaque occasion favorable a leur point de vue
pour exprimer une fois de plus leurs sombres privi-
sions.
Un grand nombre d'observateurs prMferent suivre la
voice du mensonge pour expiliquer les difficulties de cette
session et cherchent a fire retomber sur 1'Union So-
vi6tique la responsabilite du disaccord qui subsiste.
Ne disposant pas d'arguments assez conviaincants pour
prouver Vinjustice ou 1'obstination des d614gues de
l'Union Sovi6tique, les organes reactio'nnaires de la
press ne reculent pas devant le chantage direct, agi-
tant la menace d'une rupture d6claree et conscience de
la Conference.
. Est-il besoin de dire que tous ces etlforts et toutes
-ces tentatives sont vains ? La position ferme de
l'Union Sovki6tique sur une s6rie de questions est ac-'
compagn6e d'un grand travail constructif, don't le but


WALLIAI #U"i kN bI kk88 GHA-4tP








.6kULLAtIN QUOfTDIkN fB PRESSED ATIM0AN0t1


est d'agir en sort que la Confirnce de Moscou so tr-
mine par an succts. Dans son interview, donnde au
journalist amdricain John Steele, MolotoV a d6clar6 :
<' II est indispensable que la Conference de Moscou
serve au maximum notre cause commune, mais cela ne
depend pas seulement de la d6elgation sovietique. En
tout cas, celle-ci fera tout ce qui depend d'elle pour
que la Conference ait d'heureux r6sultats. s Cetle posi-
tion du gouvernement sovi6tique ne peut pas 6chapper
aux observateurs objectifs.



IV. PRESS BELGE



LE STATUT POLITIQUE DE L'ALLEMAGNE (Libre Belgique,
14/4, catholique) :
*
< En ce qui concern le regime politique de 1'Alle-
magne future, les divergences entire Allids subsistent,
sans qu'on entrevoie jusqu'a present des perspectives
appr6ciables de rapprochement. La Grande-Bretagne et
les Etats-Unis ont confirm l'accord qu'ils avaient deja
virtuellement donn6 a la revendication francaise, rela-
tive au rattachement Bconomique de la Sarre. Si I'U. R.
S. S. a marque des reserves, tout permit de croire
qu'elles ne seront que temporaires. Mais les vraies dif-
ficultds surgiront lorsqu'il s'agira de determiner le sta-
tut de la Ruhr. M. Bidault a rompu une nouvelle lance
en faveur du d6tachement de la Ruhr et de la Rh6nanie
du reste de 1'Allemagne. II s'agit 1A d'une reaffirmation
de principle, sur les suites de quoi le chef de la d616-
gation frangaise ne se fait sans doute aucune illu-
sion. La position des Anglo-Saxons est irreductible.
Its n'entendent pas creer de nouvelles Alsace-Lorraine.
Quant aux Russes, ils se prononcent meme contre tout
f6edralisme. M. Molotov a propose que la population
allemande soit consulate par voie de plebiscite, sur
l'option entire un regime unitaire et un regime f6d6-
ral. Suggestion apparemment equitable, mais combien
paradoxale. Car, comment admettre un plebiscite sur
cc problem et le refuser sur l'amputation des terres
fonci6rement allemandes que Moscou a arrach6es a
l'ex-Troisieme Reich ?
Si decevantes que soient les interminablcs palabres
de Moscou, il parait impossible qu'on n'en arrive pas,
finalement, en un, deux ou trois actes, ai des solutions
de compromise. Le chaos ne peut se prolonger ind6fini-
ment sans mettre la paix europ6enne en danger. Unite
iconomique de 1'Allemagne, large decentralisation poli-
tique, control international des regions les plus nB-
vralgiques, telles sont, semble-t-il, les grandes lines du
plan d'ensemble qui s'imposera t6t ou tard. >


V. PRESSIK SUISSE


LE PART SOCIALIST ET L'INITIATIVE DU GENERAL DE
GAULLE (Tribune de Gendve, 14/4) :

<< La repercussion 'de 'initiative prise par le g6enral
est considerable dans les parties. Si l'on en croit cer-
tains echos, un leger trouble se serait produit chez les
socialists, of la tendance anticommuniste, repr6sentee
notamment par M. Le Trocquer, ainsi que par M. Ro-
bert Lacoste, saisirait P'occasion du discours de Stras-
bourg pour alffirmer sa sympathie envers de Gaulle et
esquisser un rapprochement avec le R.P.F. II convient
d'ajouter que c'est 1A, pour le moment, une conjecture
et que si un tel movement se produit dans la S.F.I.O.,
il serait sporadique et limited. Mais, d'apres unefinfor-
mation donn6e par un journal anglais, le parti socia-
liste serait divis6 d'une part en raison de I'attitude
prise par la jeunesse, qui se rallierait aux theses com-
munistes sur l'Indochine, qui voudrait soustraire la
France influence anglo-saxonne en politique ext6-
rieure, qui se solidariserait avec les mineurs grevistes
de la Ruhr, qui r6clamerait la reduction du budget mi-
litaire et de la duree du service, et qui demanderait
que le minimum vital ffit automatiquement adapt au
colt de la vie.
A une exception pres, la press parisienne n'a pas
fait Rtat jusqu'ici, que nous sachions, de'ce disaccord
entire les jeunesses socialists et la direction du parti.
C'est par le canal d'un journal britannique que cette
grave divergence a Wt6 publiee. Nous sommes dans
l'impossibilit6 de dire pour l'instant ce qu'il y a de
fond dans ces assertions, mais il y a lieu, pourtant,
d'enregistrer une information donn6e par ui corres-
pondant de Paris g6neralement bien renseign6.
On discerne d'embl6e l'importance que peuvent pren-
dre de telles decisions dans un parti qui, pratiquement,
assume la direction du gouvernement. Si d'une part it
est atteint, ne fft-ce que 16gbrement, par la propaganda
du g6ndral de Gaulle, qui d6tacherait de lui son aile
droite, et d'autre part par la position qu'adoptent, a
l'aile gauche, les 6elments les plus jeunes et les plus
combatifs, favorables aux communists, il risque de se
Irouver brusquement dans une situation des plus deli-
cates. MWme en faisant assez large la part d'exag6ration
qui se glisse aisement dans les commentaires politi-
ques, surtout en temps de crise, il est permis de con-
jecturer que l'intervention du g6ndral de Gaulle ne sera
pas sans effet sur les rapports des deux grands parties
ouvriers et qu'elle pourrait marquer de fagon plus
nette, d'ici peu, la separation dans la S.F.I.O. de deux
courants contraires. >


(Du correspondent
a Paris.)


de la Tribune de Gevtve


S. P. I. Imp., 27, rue N' olo, Paris 31.3000


,Prix : 6 frs.




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