Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: April 12, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00073
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTkRE DE LA JEUNESSB,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris .8-.


LA DOCUMENTATION FRANCHISE


M1TS ThRNE
DES AFFAIRES ETRANGZGRZS


BULLETIN



DE PRESS


12 avril 1947.


QUOTID1



ETRANG


SOMMAIRE


I. PRESS BRITANNIQUE.
a) Apres les discours du g6ndral de Gaulle (Tri-
bune, 11/4).
b) La situation en Indochine (Times, 12/4).
c) Les travaux de la Conference de Moscou '(News
Chroz icle, 12/4).
d) Le discours de M. Wallace A Londres.
1. lDaily Telegraph (12/4).
2. Times (12/4).
e) Les rappor:s anglo-sovi6tiques (Manchester
Guardian, 11/4).

II. PRESSE AMRICAINE.
la) AprBs les discours du g6ndral de Gaulle (Neur
York Herald Tribune, 12/4, Ed. europ.).
b) Les fronliires de l'Allemagne A la Conference
de Moscou (New York Herald Tribune, 11/4).
c) La Conference international du Commerce i
Geneve.
1. Washington' Star (10/4).
2. Bqltimore Sun (10/4).
d) L'impor.ance mondiale de la cruise 6conomique
en Grands-Bretagne (New York Herald Tri-
bune, 12/4, 6d. europ.).
III. PRESS SOVIETIQUE.
Le problime des fronlires polono-allemandes a la
Conference de Moscou (Flotte Rouge, 11/4).
IV. PRESS POLONAISE.
AprBs les di-cours du general de Gaulle (Rreiczpos-
.polila, 10/4).
V. PRESS BELGE.
Sa) La Conference de Moscou et les frontieres de la
SPologne (Le Peuple, 12/4).
b) La Conference international du Commerce a
Gerve (Le Soir, 12/4).
VI. PRESS SUISSE.
Apr6s le discours du general de Cuulle.
1. Basler Nachrich2en (11/4).
2. National Zeitung (11/4).


1. PRESS BRITANNIQUE

*
Reaaue de la press britannique du 12 avril 1947
L'affaire Intrator prend ce matin des proportions considt.
rabies. Cinq journaux lui riservent leurs manchettes et la
majeure part e de leur premiere page, la Conference de Mos-
cou et les declarations de M. Wallace A Central Hall West-
minster constituent 6galement les deux centres d intidrt de
la press. II faut no'er dans le Times un art:ele sur la
politique frangaise en Indochine et dans le Manchester
Guanrian un assez long article sur l'Alg6rie.
1. L'affaire Intrator
Tous les journaux publient des photographies de 1'es-
croc et s'attachent A montrer l'ampleur du traffic de devises
don't celui-ci a dte l'ins:igateur. Ils annoncent que de nom-
breux membres du corps diplomatique en France lui ont
permits d'utiliser la valise diplomatique et l ont fait profilter
de leurs privileges. Parmi Ics interessbs figurent les fils
de riches financiers et politicians qui n'auraient pu passer
plusieurs mois en France en menant grand train s'ils
n'avaient en recours I cette organ.,ation qu'i, d'autre part,
aurait ,galement facility le ddpa;t d'immigrants jufs clan-
destins des ports frangais.
Les journaux annoncent que M. Ldon Blum a 6t6 le pre-
mier A prendre des measures pour mettre fin i I'activitd des
trafiquants.
2. Conference de Moscou
La plupart des journaux rendent compile ce martin des
conversations qui ont cu lieu au, sujet de l, Ruhr.
Le correspondent special du Times declare que les ml-
nistres se sont trouv6s aussi diviss .sur cette question cue
sur les autres. Il met en relief l'ins:stance avec laquelle
M. Bidault a esayd de faire prCvaloir les vues de son gou-
vernement ct signale que M. oolotov a' diffdrd son accord
sur la question de l'incorporation 6corio'mique de la Sarre
A la France.
M. Molotov aurait kgalement attaqum la politique kcono-
mique des Anglo-Ameiicains dans l'Allemagne occidental
et se serait l6ev6 centre la separation de la Ruhr et de la
Rh6nanie parce que ces measures, selon lui, 6quivaudraient
a un d6membrement de l'Allemagne.
Ce meme correspondent fait Otat de la deception cau- e
en France par M. Molotov et declare que la seance quel-
qu'instructive qu'elle ait dtd, a eu un r6sultat absolument
nul.
M. Alexander Clifford ecrit qie M. Mo'otov a Irritd les
Francais en n'accep'ant pas imm6diatement le point de vue
de la France sur la Sarre. Ceci aurait cause un change de
paroles des plus vives entire M. Molotov et M. Bidault. Puis
les minlsties sont pa.sss unz antre dsbat sur la Ruhr et
se sont separds sans avoir rien ddeide.
Pour N. W. Ewer, le fait. que M. Molotov alt differd s


Nouvelle S6rie N 642


- I --
-I - -








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS BTRANGtRE


rdponse sur la Sarre pourrait itre interpr&!6 coinmen un
ddsir de marchander un accord de la France sur le point
de vue sovidtique au sujet de la Ruhr.
C'est dgalement l'impression de Robert Waithmban, cor-
respondant diplomatique du News Chronicle, qui estime
qu'il est probable que M. Molotov ne fait rtellmnen- aucune
objection au plan frangais sur la Sarre, mais il vent d'abord
s'assurcr 1'accord de la Grandc-Bretagne et des Etats-Unis
sur le contrble quadripartite de la lRuhr qui est :,n zone
britannique. Dans le jcu qui se jouc a Mo .cou, vous ne
lAchez pas une carte, .meme si vous ne poulvez rien rece-
voir en change.
Frank Lesser, dans le Daily Worker, estime egalement
qn'il s'agit d'un tuarelandagt, mais mend cette fois par les
Anglo-Amdricains. On pIut rd ,mer ainsi son article :
M. Marshall et M. Bevin sont prdt.i "I accepter im:iddiate-
meat les propositions frangaises, mais e'est pour sc scrvir
du carbon de la Sarre pour obliger lei Francais'h aban-
.donner leur demand du contrble quadripartite de ia Ruhr
et les amener i joindre leur zone A la zone anglo-amdri-
caine. Ils esp6rent dgalemcnt persuader les Frangais qu'ils
doivent souscrire a la crdati6n d'rne Commission pour la
fixation des fron'ieres allemandes. commission qui aurait
tous pouvoirs pour modifier les frontirecs polonais's alors
que la question de la Sarre serait diljh r&gle. Et common
l'Union Sovi6tique s'acceptera certainement pas un tel re-
glement, ils espercnt pouvoir fair porter par l'Unio i savid.
tique la responsibility d'un refus de carbon et de rdpara-
tions laI France. Tel est ce qui se cahe derriire l'inco-
h6rence apparent dol la politique anglo-saxonne a l'tigrd
de la Sarre et la position qu'ils ont prise sur les frontidres
occidentales de la Pologne. Et M. Pesscr estime qu'il est
intdressant dr noter que M. Ridault n'a pas associe sa de-
mande d'une decision immediate te la question ;arroise
avec une declaration egalement inergique sur la Ruhr et lc-
fronti'res polonaises.
M. Werth, dans le Manchester Guardian, dresse 1,. bilan
de In Coofdrence jquei!gu's jours avanl sa clAtire. Malgr6
les profondes divergences de vues sur Ia plupart ds pro-
bl6mes, ce correspondent c time que la Confirence n'aura
pas det inutile et qu'clle aura mime facility les travaux
de celles qui suivront. Elle aura montrd que les quatre
minis'res d6sirent l'unild dconomiquc de l'All'"maanep du
e6td des Russes notamment, en raison de la situation ac-
tuelle dans ,ler zone d'occupat:on. II est mnme par doxal,
scion ce corre.pondant, que Lks Russes soutiennent les de-
mandes francaises su'r le carbon de la Ruhr alors (qu'il y
a concurrence entire les besoins franani:; en chlirbon et ceux
de la Russie en ac!er. Quoi qu'il en soil, l'initiativ.' rest
aux fusses si 'on ven\tr q; s:iin' r;; la quesi tio n des
rdpara:ions et celle du nivcaa de Findustrie allcnantde.
Et M. Werth estime qup lIon pcut voir que tout c:t une
affaire d'Apre marchandage. que tous utiiisent au ma;imium
les atouts qu'ils ont en mains sans se ;.t.iu;. cer dax vintagee
de: droits mor ux et des revendications sacrecs de son par-
tenaire.
3. Algerie

Le correspondent parision di Manchester Guardian re-
serve un assez long article A la visit de M. Deprcux en
Algerie et le prochain voyage dt M. Vincent Auriol en
A.O.F. et en A.E.F., a la Rdun:on, it Madagascar, en So-
malie Francaise et dans les Antilles.
11 note les activities du parti pppulaire algirien ct de
l'Un'on democratique du Manifes!' algdrien. Tandis ;ue lv
parti populaire alg6rien n'a pour ainsi dire aucune idde
constructive et ex'loite le mecontcntement des Mu.ulmans,
1'U.D.A. semble representer un effort riel pour r6s'rvecr i
l'Alg6rie une place dans le sein de l'Union Franc.ai.e. Le
parti communist alg6rien a dtd igalement actif et s'.st vau
accorder l'appui du parti communist francais.
Les Alg6riens francais, qui craignent que les rdformes
n'entratnent inbvitablement un glis ement de terrain .:t qu;
se m6flent des tendanees actuelles de la politiqu'e fran.aise
et plus particuliirement de celle de l'actuel gouvcrneur
general, out dtd aussi actifs que Icurs ad-crsaires.
4. -4 Tanger
Selon le correspondent particulier du Manchesler Guar-
dian, le discours du Sultan du Maroe A TI'ager :iurni: crl'


une surprise tri d6sa:grable i l'opinion publique frangaise
car c'cst la premiere fois depuis 1911 que le chef des Mu-
sulmans occidentaux a manifesto autant d'ind6pendance
dans sos declarations. Celles-ci ne pourront que renforcer
le prestige du Sultan aux yeux des nationalists marocains.
Le correspondent note que l'allusion amicalc que le Sul-
tan a faite i la France nc fait pas mention du protectorate
ou de 1'autorit6 politique frangaise dans I'Emnpire marocain.

.. Indochine
Lc correspondatn particulier du Times' Paris croit sa-
voir que le but de la politique francaise cu Indochine est
la collaboration des forces armies avec la population.
L'Cditorial du Times -d'hier aurait fait une profonde int.
pression sur les milieux frangais. (Voir Particle plus loin.'
6. -- Chine
Le correspondent du Times i Shanghai announce qu'il
fayt s'attendre A un remaniement ministeriel du gouvcrne-
inent chinois. Ce m6me journal public en outre un article
do son correspondent sur la gu.'rre civil cn Chine.

7. --- Conftrence de Geniuo
La pluupart des journaux rcndent compete des declarations
de Sir Stafford Cripps i la Commission pr6paratoire de la
Conference international du Commeree dans laquelle il
est affirmed que la Grande-Bretagne avait l'intention de
maintenir ses relations commercials avec les autres pays
du Commonwealth. Les discourse des dCdlguis du Canada et
de 1'Afrique. du Sud font 'objet, de la part du correspon-
dant special du Times, de commentaires optimistes. Bien
qu,'ayant un caractere surtout g6ndral, les discours ont 6t6
essenticllement constructifs et rdalistcs. ayant meme unp
tendance A souligner les difficulties des problnmes A rdsosu-
dre. Ceci est g6ndral-ement considdr6 comme un signe de
bon augure pour l'issue. de la Confdrence.
Le News, Chronicle -met en relief le fait que la Grande-
Bretagne n'entcnd pas abandonner les tarifs prdferentiels
en faveur de Dominions.
D'4utres journaux nmettent I'accent sur les declarations
de Sir Stafford Cripps dans lesquelles il estime qu'une r6-
duction de 50 % de; tariffs am6ricains ne pourrait pas pe:r-
nittre Ui la Grande-Bretagne d'obtenir an systhme de tarif
prldfrentiel,

8. -- Conference de M. Wallare

Presque tons les journaux donnent une place de premier
plian .aux udelarations fates .par 31. Wallacc. 11 n'est pas
sans intdret de noter que le Taimes continue h les publier
dans les pages secondaires. 11 ne le, cite pas daus son som-
maire.
Le correspondent du Manchester Guardian rcmarque que
dt nombruses prsonnalitds se pressai.ent i la Conf6rence
de M. Wallace ct qne celle-ci constituerait pour les milieux
politiqaes londoniens occasion d'entendre un hommen
d'Elat amdricain parler franchemtent et librcment en Grande
Bretagne.
1'. correspondent remnrque que des applaudissements ont
idcati chaque fois que M. Wallace a fait allusion a la futi-
lii' des efforts destines i d6truire le communism an moyen
d'un emprunt et tie 'encerclement de ia Russie.
I1 rend homage A la sincerity de I'orateur, mais note
que M. Wallace n'a pas faith allusion A I'cxpansionnisnme
russe.
La plupart des journaux nolcnt sous des titres impor
tants que M. Wallace a demand h la Grande-Bretagne de
prendre In itte d'un mouvemnent mondial pour la paix.
Le correspondent a Washington du Manchester guardian
fait 6tat des.criliques adressPes par u. scnateuv d6mocrato
'h M. Wallace, l'accuant d'affaiblir le prestige de son pays.
Selon cc senateur, M. Wallace ne jouirait pas de la con-
fiance de la majority des Am6ricains. IL signal que M. Du.
clos a tdid un de ceux qui ont invited M. Wallace h se ren-
dre en France. 9
0. France
Seal do toute la press, le Time's puhlie un article de
son correspondent sur la conversation que le general de







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRBANGARE
-IL


Gaulle a eue hier A Paris avec ses conseillers et partisans.
II faiU dtat des remarques selon lesquelles le g6ndral aurait
I'intention de mettre sa popularity A l'6preuve lors des
elections municipales d'octobre. It estime qu'il est hors de
dqute que tous les parties, sauf les communists, se trouvent
divises en ce sens qu'in certain nombre de leurs adherents
et de leurs d6putes aocepteraient plus ou moins que le
general de Gauile prit la t.te du gouvernement au cas oft
ine grave crise international ou, intrieure menacerait Ic
pays.
II signal en outre quc le M.R.P. observe toujours un
silence mnbarrasse.
10. Politique exteriure britannique
Le Daily Telegraph public aujourd'hui le p-emier flfs
trois articles de M. Winston Churchill sur la politique ext6-
ricu're de la Grande-Bretagne.
(a) APRAS LES DISCOURS DU GIANICBAL DE GAULLE (TriburLe,
11/4, travaillisle) :
< Les Frangais sont !fortement m6contents, et leur
micontentement s'accroit encore. Cependant, la cause
de celui-ci n'est pas en premier lieu d'ordre politique.
L'echec de la luIte entreprise pour faire disparaitre le
marehA noir et pour faire baisser les prix est dh en
parties A la politique d'accaparement des paysans, qu'au-
cun ,parti n'ose attaquer, et en parties A la confusion fi-
nanciere cius6e par le refus du gdndral de Gaulle d'ef-
fectuer une r6forine mon6taire quand il 6t.ait au pou-
voir, ainsi qu'au maintien de d6penses militaires exa-
g6r6es, sous la pression de la droite.
11 es' vrai, naturellement, et on le reconnait g6ndra-
lement en France, que le redressement progressif de la
France et l'aplanissement de ces difficulties sont retar-
dUs par les compromise in6vitables et l'ind6cision d'un
gouvernement de coalition. Mais il -est 6galement vrai
que de Gaulle, qui a fortement insist sur ce point, n'a
aucune solution A nous offrir.
Dans son discours de Strasbourg, de Gaulle a fait
allusion au regime de Vichy en le qualifiant de e cari-
cature de fascisme >. Le g6n6ral de Gaulle se pr6pa-
re-t-il A nous firee connaitre une forme de fascism
authentique ?
La vole dans laquelle le g6ndral de Gaulle s'est en-
gage ne peut conduire qu'A une retraite sans gloire ou
A une guerre civil ambre et destructive. Le choix entire
ces deux solutions d6pendra pour une bonne parties de
la capacity que montreront les forces d6mocratiques
frangaises non seulement de d.6endre leur ideal, mais
de r6soudre les Iproblmmes pratiques auxquels le" pays
dolt faire face.
.) LA SITUATION EN INDOCHINE (Times, 12/4).
On peut maintenant admettre que le gouvernement
francais a en principle accept que la Cochinchine fasse
6venluellement parie du Viet-Nam, de sorte que la FP-
d6ration Indochinoise se composerait de trois membres
et non de ,quatre. On ne doit pas 6tre 6loign' de la
verit6 en assurant en outre que la France n'insisterait
pas pour un plebiscite, bien que .celui-ci ait 6,e men-
tionn6 dans le traits pass avec le Viet-Nam; mais celteg
supposition ne s'appuie ntaurellement pas sur un do-
cument official.
Le Viet-Nam sera-t-il une f6d6ration groupant trois
Etats la Cochinchine, l'Annam et le Tonkin on
un Etat unifi6 ? La France est tout a fail disp-osee A
laisser le choix de la response A ces livers pays et a
leurs populations. Le d6sir general des habitants de ces
trois << ky >, comme on les appelle, est probablement
favorable A un Etat unifi6. Mais tafidis que les Ton-
kinois, et avec ,eux le Dr. Ho-Chi-Minh, pr6iendent que
Sle centre vital -de 1'Etat doit 6tre. 6tabli dans le Nord,
les Francais pensent que les Cochinchinois pr6f6re-

I


raient le voir 6tabli dans le Sud ou tout au moins dans
le Centre, .en Annam proprement dit. s

c) LES TRAVAUX DE LA CONFERENCE DE MOSCOU (News
Chronicle, 12/4, liberal) :
II est v.raiment dommage, en ce qui concern la
Ruhr, qlue M. Bevin se soit content de se rbfugier dans
le vague.
Des propositions britanniques fermes ,pour une inter-
nationalisatlon de celle region auraient canstitu6 un
acte do nature A rassu.rer la Russie et une reconnais-
sance tardive des in: r&ts francais. Cette attitude aurait
facility les choses, sinon pour agir de m&me dans le
cas de la Haute-Sil6sie, du moins pour rxserver une par-
tie de la production de cette region au profit de 1'Eu-
rope consideree dans son ensemble.
A la longue, une telle proposition aurait &t6 consjd6-
r.e comme un pas vers un 6largissement de vues et au-
rail permits de faire disparaitre les frontieres 6cono-
miques, measure si necessaire pour assurer la prospe-
i:. du continent.
Une Aconomie liberale pour toute l'Europe n'est pas
seule-ment n6cessaire A I'Allemagne ou aux pays occi-
dentaux. Elle est plus necessaire encore pour les peu-
ples de l'Europe o.rientale ou sud-orientale,.dont le ni-
veau de vie est bien au-de.sous de celui du reste du
continent. La prosp6rit6 de 1'Europe ne pout etre r6a-
lis6e sans une coordination dans la direction des indus-
tries et des resources fondamentales de l'Eu.rope -
dont la Ruhr constitute le coeur meme.
A moins que les plans Alabords A Moscou ne posent
cc but commun caomme leur objectif clairement d6fini,
ils ne pourront constituer que des eixpdients tempo-
raires. >

d) 'LE DISCOURSE DE M. WALLACE A LONDRES.

1. Daily Telegraph (12/4, conservateur) :
< Le problem reel, tel qu'il a 6'6 formula. par M. Wal-
lace lui meme, en termes.empruntes A M. Wendell Will-
kie, est de savoir si nous devons nous com.porter come
dos membres d' < un seul monde l'bre ou adopter un
programme pour deux mondes. En d'autres terms, de-
vons-nous admettre que la Russie et les pays sous do-
mination sovi6tique travaillent avec nous pour r6aliser
des progr&s communs, ou devons-nous conclure, d'apres
notre experience, que le Kremjin ne s'intdresse qu'A
une politique de puissance, e: que, de c0 fait, notre
objectif doit Atre de maintenir un 6quilibre pacifique
des forces ? Ces aspirations vers un monde unique ne
sont .pas uniquement I'apanage de M. Wallace et des
id6alistes qui le suivent. Mais lh ofi ceux-ci s'ccartent
de la majority des Ambricains, homes d'Etat ou par-
ticul;ers, c'esi qu'ils croient que les autres nations sont
dirigbes par des hommes doues d'un temperament 6ga-
lement id6alisle. >

2. Times (12/4) :
< Dans son discours, il semble que M. Wallace dra-
matise A l'exces certain aspects de la situation inter-
nationale A l'heure actuelle. < Vous observez ces deux
giants qui s'apprctent A se livrer une lutte A mort.,,
dit-il en parlant de la Russie et de 1'Ambrique. Ce pessi-
misme est excessif. M. Wallace n'a pas sur la Russie
des pensdes si mauvaises qu'il puisse supposed qu'elle
se prepare a un combat; et une appreciation mod6ere
de la poliiique ambricaine d'aujourd'hui ne sutffit pas
pour pr6ter aux Etats-Unis des intentions agressives.
Les declarations de M. Wallace concernant les gouver-
nements grec et turc sont trop g6nbrales et ses recom-
wandations en vue d'une action positive manquent -de
0


a S








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS BTRANLf ir


precision. 11 n'a pas r6it6er la proposition de pret am6-
ricain A la Russ.e qu'il avait faite lors d'une confe-
rence de press mercredi, et cependant une telle me-
sure, si elle devenait une rbalit6, serait plus efficacy que
toute autre pour emp&cher les affaires mondiales de
mal a:ler. Peut-8tre M. Wallace veut-il oblenir tout
d'abord des temoignages plus pr6cis d'une cooperation
de la pirt de la Russie.
M. Wallace a cxhort6 la Russie A se joindre aux nou-
veaux comites Bconomiques regionaux des Na'ions
Unies et aux organisms speciaux qui travaillent en as-
sociation avec elles. Tout 12 monde appuiera le plai-
doyer of M. Wal'ace demand A la Russie des preuves
de bonne volonl6 et personnel en Angleterre ne man
quera de repondre chaleureusement A l'appel lanc6 par
M. Wallace a la bonne volont6 personnelle. ,

b) LES RAPPORTS ANGLO-SOVIATIQUES (Manchester Guar-
dian, 11/4, liberal) :
e M. Kuznetsov et ses compagnons de voyage ont vi-
sit6 le Parlement e. converse avec les ministres. Ils ont
visit des usines, assis16 h des matches de football. Ils
ont dejeun6 avec des journalists et des maires. Ils out
mmme, si ]a rumour esl exacte, 6chang6 des poignes de
main avec fa g Fascist Beast : (M. Churchill) dans son
repair. Cependant, il est clair qu'ils sont loin de com-
prendre la maniere de vivre des Anglais.
I1 n'y a pas de raison pour que la Grande-Bre'agne
s et luJ Russie ne vivent pas en paix et il y a, par contre,
touts sortes de raisons pour pretendre qu'elles doivent
vivre ainsi, mais il ne servirait A rien de pr'tcndre
qulil n'y a pas de differences entire les Anglais et les
Russes. ,



II. PRESS AMERICAINE



Rerve de la ps4sie amiricaine du 11 auril 1947

1. Confdrence de Moscou
La press announce en premiere page que M. Marshall et
M. Bev'n ont accepted la proposition francaise d'incorporer
tconomiquement la Sarre a la France. Le correspond'ant du
New Yo-k Herald Tribune' remraque que le general Marshall
a pr6cisd qu'il s'agissait d'une Sarre Identique A ce qu'elle
etaiP lors du plebiscite en 1935. Le journalist volt natu-
rel'ement dans cette declaration 'indication que le secrdtaire
d'Etat amdricain n'accepte pas les dern:'res limits noua-
Yieres sarroises fixes par la France. le 21 decembre 1946.
Tous les correspondants not-nt. en outre. nue cette accenta-
tion americaine est liee h un nouve1 examen du nivenn de
la production allemande. et A la revision des revendicalions
frarcaises sur I'Allemagne en matire- de reparations. Tous
indiquent 6valement que les delen-t:ons anelaise et arneri-
caine se sont opposes A un contr8le politique spare ce la
Ruh", b'en one le g6enral Mar-hall ait laiss6 'tendre ru'il
sera:t nor.ihbl de renrendle 1'idde d'un contr6le interalPiA
de cette region une fois I'occunation de 1'Allemagne termin6d.
L'acreptation par les d6r'egations anglaise et americaine de
la reverdication francaise sur la Sarre am6ne les co-rr'-
pon'dants A constaner one M. Mo'otov ne s'est pas encore
prononce sur re point. Ils se demanident si le minister russe
risque'a de nicer le parti communist francais dans une
situation diffciPe en relicant de s'associer A l'acceptation
ang'o-omer'caine de la these frangaise.
Sul-berger, dans le New York Times, estime rwe deux
faits fondammntaux sont apparus au course des c'lihdrations
de la Conference. Ces reux faits sont que l-s Quatre sont
encore dans une imnasse en ce qui concern les problems
maijurs. mais les trois puissances occidentales se sont rapt
prochees et ont harmonisd les points de vues sur beaucoup*


do questions ; et, d'autre part, l'impossibilit4 d'une entente
entire 1'Est et l'Ouest rest flagrante. I1 ajoute que parrm
les d616gu6s anglais et am6ricains, certain soupgonneht
l'Union Sovidtique d'avoir pour objectif final le control
polit'que de l'Allemagne et de 1'Autriche. Les del6gues sovi6-
tiques nourrissent les mAmes soupqons A l'6gard des puis-
sances de langue anglaise. Et, dans cette question brftlante,
Ja riance ne ine guro pas. ,
Les correspondents reproduisent, d'autre part, les d4cla-
rations du g6ndral polonais Gi osz, indiquant que la posi-
tion prise par Je general Marshall au sujet des fronti6res
polonaises aneantit, politiquement, le parti de Mikolajczyk.

2. Affaire firecque
Les d6bats an Senat sur le project de loi d'aide ambricaine
A la Grece ont &t6 marques par l'intervention du s6nateur
Taft qui s'est finalement declaL' parti:;an de I'aide a la
Gr6ce et a la Turquie. Les correspondents au Capitole indi-
quent que le Sinat a accepted l'unanimitA I'amendement
de M. Vandenberg autorisant le gouvernement A suspendre
cette aide si le Oonseil de S6curitd le demandait, et m&me
si Ia majority de ce Conseil se pronongait pour cette suspen-
sion et qu'iin veto d'une puissance quelconque intervienne
par la suite.
L'approbation donn6e par le senateur Taft est consilderde
par les journalists parlementaires comme un appui impor-
tant consent a la p31iique ae Trumnan, 6lant donn6 les
opinions, autrefois isolationnistes, bien connues de M. Ta'ft.
Le Life public le premier de d&ux articles de M. Winston
Churchill, rappelant que son gouvernement a sauv6 la Grace
du communism en 1945, malged la reaction peu sympa-
thique que cette mosure avait provoqude aux Elats-Unis.
M. Churchill se felicite de la nouvelle attitude prise par
I'administration Truman.

3. Iran
Un communique du Departement d'Etat announce qu'une
mission d'achats, composee d'officiers iraniens, est arrive
A Washington pour y n6gocier l'achat de materiel de surplus
de l'armde americaine. Ce communique rappe:le 1'accord de
decembre dern!er par sequel le gouvernement am6ricain s'est
engaged A yendre ses surplus a I'armee et A la gendarmerie
iraniennes a dans le but de maintenir la sCcurit6 interieure
en Iran

4. Ddclaration de M. Truman
Au course d'une conference de press, le Prdsident Truman
est revenue, une fois de plus, sur le problem des prix a la
suite de questions posees par les correspondants. I1 a propose
que les homes d'affaires amiricains se mettent d'accord,
entire elix, pour abais-er leurs prix de vante, et a indiqu6
que, si les prix continuaient a monter, les salaires monte-
raient 6galement. Le Prlsident aurait soulign6 que les hom-
mes d'affaires, aussi bien que le public americain en gdenral,
ont demanded que les contr6les gouvernementaux soient sus-
pendus, et qu'il leur appartienne ddsormais d'assurer le
fonctionnement du system de l'entreprise privde en enrayant
la hausse des prix.

5. Nouvelles de France
Les correspondents du New York Times reproduisent les
declarations de M. Ramadier sur Madagascar et cells faites
sar le sultan du Maroc A Tanger. A ce propos, Campbell
remarque que les explications fournies par M. Ramadier et
par le porte-parole du ministbre des Affaires etrang6res
indiquent que le discours du sultan 6tait purement rcligieux
et n'avait pas un caract6re tres cOnvaincant. Le journalist
se demand si leJaroc no va pas s'ajouter a la liste des
autres possessions frangaises qui causent des inquietudes
au gouvernement.
L'Evening S'ar de Washington consacre un editorial aux
recent discours du general de Gaulle et estime que, derriere
la question capital de la rdforme constitutionnelle, il y a
4.galement, de la part du general, une opposition a l'infil-
tration communist qui menace de dominer la France;
aussi, bien qu'il n'ait pas encore fait dtat de cette tendance,








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS fTRAN'.3RE 5


le general de Gaulle a, cependant, indiqu6 clairement qu'il
se place aux c6tes des democraties occidentales dans la lutte
kvidente qui les oppose au communism international inspire
par Moscou.

a) APRES LES DISCOURSE DU GENERAL DE GAULLE (New
York Herald Tribune, 12/4, edition europ6enne) :
e De Gaulle n'a pas v6cu suffisamment longtemps
dans le monde des r6alites potliiques pour savo i que
les d6sirs et les r6alisations constituent des choses dif-
f6rentes ct que la creation d un nouveau movement
po:.iique ne resemble pas A la conduite d'une armAc
dans la balaille.
Le g6n6ral de Gaulle pense de loute evidence qu'une
nation peut en temps de paix etre mobilis6e au sein
d'un part national comme on mobilise des conscrits
dans une arm6e national. L'appel qu'il a lahce en fa-
veur d'un rassemblement national du people francais,
afin 'de lib6rer la France de la lulte sterile des parties
politiques et de sa Constituiion inappropriate ne peut
signifier que cela.
Mais l'histoire des rassemblements, des blocs, et des
coalitions anlrieurs en France n'a pas 6t6 tres heu-
reuse. II est probable que la nouvelle organisation gaul-
liste ne fera qu'ajouter un nouveau parti aux parties
existanls au lieu de les supprimer.
Les attaques du general de Gaulle centre la Consti-
tution n'ont pas provoquB de reaction marquante centre
le public. Sa plus recent at:aque centre le systeme des
parties a 616 interpr6tee comme une attaque deguisee
centre le Parlement lui mime. Certains 'de ses families
laissent entendre que .si le general 6tait appeal au gou-
vernement, sa premiere decision serait de suspendre
l'Assembl6e national pour deux ans et de gouverner
par d6crets. Le souvenir de l'Assemblee national de
Vichy qui a 6t6 6cartie de facon definitive par Petain
et Laval est encore trop recent pour encourager de
nouveaux actcs de suicide polilique et constiiutionnel.
Si l'on consdicre froidement et de facon realiste la
champagne du gfenral de Gaulle, celle-ci ne peut signi-
fier que l'une des deux choses suivantes : ou bien le
general de Gau.le est un Don Quichotte.moderne qui se
lance a J'assaut des moulins A vent avec une escorted
curieuse de Sancho Panca qui ne. savent pas tres bien
oi il les conduit, mais qui se contentment 'de ramasser
tout ce qu'ils peuvent trouver sur la route; ou bien ses
discours et ses actes aetuels font parties d'un plan soi-
gneusement prepare en vue d'un coup d'Etat politique.
Nous serons 6ciaires sur ce problme fascinant dans un
iveni- prochain a.
(GEORGES SLOCOMBE).

b) LES FRON~TIERES DE L'ALLEMAGNE A LA CONFERENCE
DE Mo.scou (New York herald Tribune, 11/4) :

c Les d6bats qui ont lieu A Moscou sur les frontieres
de l'Allemagne tirent toute leur importance du fait que
les Quatre Grands n'ont pas r6ussi A r6soudre ie pro-
bl&me essontiel qiii se posait a propose 'de i'Allemagne,
c'est-A-dire l'avenir el la nature de la nouvelle 6cono-
mie allemande. La question des frontiires est nature!-
Slemenl li6e de fanon tris 6troite A ce probl6me. Mais
tant que la Russie et les puissances occidentales ne
pourront se mottre d'accord s'ur un programme qui
recon'nsisse les consequences economiques et politiques
des d6limitations proposes A Potsdam ou en v6rit6
sur n'imporle quel autre programme on dolt consi-
kldrer les discussions portant sur les r6gtons frontieres,
S1'Est ou A l'Ouest, comme simplement une autre tape
qui confirm tristement les diff6rends exi4tant entire les
Quatre Grands.


Si les terms du communique de Potsdam n'ont au-
cune signification, M. Moiotov a tort d'insister sur le
fait que la fronlire orientale de 1'Allemagne a 6te
d6finie. A cette reunion.
Quelle que soit la valeur des propositions de M. Mar-
shall en elles-m6mes, le principal resultat de son inter-
vention a etA 'de poser un nouveau sujet de discord,
et d'augmenter le nombre des heurts qui ont jalonn6 la
Conference de Moscou depuis le d6but.
C'est lI uine autre elape du processus qui consist a
d6mnntrer l'impossibilit6 pratique de mettre sur pied
une Allemagne qui donne A la Pologne tous les terri-
toires qu'elle r6clame, A la Russie les reparations qu'elle
d-.manrle, A la France le carbon, a la Gran'de-Bretagne
des d6bouches qui satisfasse 6galem'nt le d6sir des
Etats-Unis de voir des A:lemands jouir d'une prosp6rit6
raisonnable et abandonner loute volont6 de revanche,
et qui rechargee les Etats-Unis de ]'obligation de les
nourrir et de les administer? C'est 1i une autre phase
d'une lutte inutile, une tape vers le moment od deux
grands rigimes moridiaux auront renforc6 leurs posi-
tions respectives sur tons les points litigieux, et devront
choisir centre le maintien de cette intransigeance et les
concessions qu'il faut faire n6cessairement pour parve-
nir A un regime international viable >.

c) LA CONFERENCE INTERNATIONAL DU COMMERCE A
GENEVE.
1. Washingtotn Star (10/4)
< La v6rit6 est que le commerce ext6rieur joue un
rble important dans la sPcurilt et la prosp6rite de toutes
les nations, et que pour cette raison la conference qui
s'onvr6 A GenBve est aussi opportune et important,
dans son domnine, qae les reunions 'du Conseil dd
Skcurit* pour r6gler le problem du d6sarmement.
Cetle conference est 'due en grande parties A l'initia-
tive am6rica'ne. Son objectif est double : tout d'abord
mettre an point des concessions commercials r6cipro-
ques, et ensuite rfdiger le text d6finitif 'd'une Charte
Sde 'organisation international du Commerce, place
sous l'g:de des Nations Unies:
Dans un sens restreint, et du seul point de vue de
-leur propre int6rit 6conomique, les Etats-Unis ont de
bones raisons de tout faire pour que la conference de
Gen6ve .oit un succes. Nous avons nesoin 'de nouveaux
d6bouch6s strangers pour pouvoir ecouler tine propor-
tion importnnte de notre production, mais nous ne
pouvons les d6velopper si les autres pays ne peuvent
se procurer des dollars qui leur permettraient de nous
acheter ces prodnits. En dehors des credits que nous
pourrions leur accorder, ils no peuvent se procurer 'des
dollars qu'en ayant In possibility de nous vendre leurs
propres products, sur la base de concessions mutuelles
tel'es que cells que l'on 6tudiera -A Gen6ve.
Mais la repercussion que peut avoir la conference de
Genive sur I'elaboration de la paix est encore plus
importance. Le commerce r6ciproque n'est que l'une des
nombreuses measures n6cessaires au developpement de
la security et 'de la prosperity international, mais il
constitute une de ses .tapes essentielles.
Sans changes commerciaux et sans accords r6cipro-
ques comme l'a declare ricemment le president Tru-
man A Waco nous ne pouvons aboutir a aucune
cooperation 6eonomique et si nous en pouvons assurer
cette cooperation, li en .rsultera in6vitabl6ment une
sorte de guerre Bconomique pouvant engendrer des con-
flits arms. En consequence, la conference de Gen6ve
estfort important et opportune. Si elle r6ussit, elle peut
contribuer Bnorm6ment a creer un monde meilleir et
plus sir en aidant A. instaurer les conditions qui mbnent








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANEARE


a la prosperity mutuelle des nations et. 'de la. an dear
moment et A la paix >.

2. Baltimore Sun (10/4) :
at I est evident qu'une des meilleures armes contre
les tendances A i'intlation de notre economic sera i ap-
port d'une quantilt plus important de marchandises
importees qui s'ajouteront au volume insuffisant des
marchandises disponibles aux Etats-Unis. En d'au res
terms, nous nous trouvons maintenant places 'desant
une forme tres nette te ]a ribgle classique qui veut que
ceux qui pr6tent et vendent soient disposes i acheter.
Tous nos plans pour l'apris-gucrre et tous les plans
des Nations Unies sont bases sur le developpement des
changes comlnuerciatx entire !cs nations du mnondel. La
Banque Internationale creee par les accords de Bre.ton
Woods visait A d6velopper la production de marchian-
dises, destinies Ah 'exporlalion aussi hien que la pro
duction de cells qui sont desinr's a la consommnna on
ini.rieure, et cela dans tous les pays du monde. Le
fonds monitaire cri a Bretton Woods visit a faciliter
la solution 'des prob'mncs financiers complexes, de facon
que les marchandises puissent.circuler libreiment entire
les pays ayant des inonnaics differences.
C'est la premiere tape vers un accord commler,'ia
general qui doii maintenant 6tre r6alise a Genive, tlans
ie cadre meme de la structure dtjA etablic par la Banque
et le Fonds monl6aire >.

d) L'IMPORTANCE MONDIALE DE LA CRISE ECONOMIQUlI EN
GRANDE-BRETAGNE (Nerl York Hirald Tribune, 12/4,
edition europenne) :
x Le danger d'un effondrement 6conomique eCLo-
peen est la menace qui pbse sur nous et sur le monde
entier.
Le gouvernement britannique agit comme si i'6tat
d'esprit de M. Churchid aprios Dunkerque pouvait itre
ranim6 par une poliLique qui resemble A cell de
M. Chamberlain avant la Conf6rence de Norvege.
En tout eas, les Etats-Unis qui seront touches sL un
(ffoodr-ement se produit, doivent connaitre la realitI et
ne pas s'endormir sur 'des assurances qui, bien qu'elles
soient vraies, ne tiennent pas compete des rbalites i:ant
donn6 le caractire du people britannique.
Le moment n'est peut-8tre pas loin oiL les Anilais
seront obliges d'6vacuer I'Allemagne. --- l'exception
de quelques troupes-- laissant toute la parties ,cci-
dlen!ale c'est-A-dire la plus grande parties de ce pays
aux Etats-Unis. Ceci nous laisserait isoles en Europe.
face A face avec les Russes au coeur d'un continent qui
craint par-dessus tout 'de servir de champ de bataill'
A la Russie et' l'Ambrique.
L'effondrement Iconomique de la Grande-Bret-gnc
- si on ne l'cmpiche pas engendrera une disloca-
tion Bconomique et aura 'des repercussions politiques
d;ans toutes les regions du monde qui se trouvent dans
la zone sterling.
La v6rit6, e'est qu'il sera nccessaire de pren'drc. anl
cours des deux prochaincs anntes, des measures poli-
tiques et iconomiques, a une ichelle qu'aucun hoiimme
d'Etat ne s'est encore aventur6 i imagine. Pour emnpi-
cher la crise de s'abattre sur I'Europe entire& et
de fire rigner le chaos dans le nionde entier ces
measures devront 6tre tr6s large en Europe il faudra
au moins crier une union 6conomique, et aux Etats-
Unis il faudra au moins mettre sur pied un syst6me
quti s )it I'cquivalent 'du pret-bail. Pour resoudre la c(rise,
si on ne parvient pas a 1'emp&cher, les measures devront
6tre encore beaucoup plus large et beaucoup plus dan-
gereuses >.
(WALTER LIPPMANN).


III. PRESS SOVIETIQUE

Revue de la press sovidtiquel cdu 11 avril 1947
Les travaux du Conseil des ministres des Affaires etran-
geres demeurent le sujet principal des informations consa-
crees aux questions de politique etrangere.
1. -- La C:onfrernc. de MAoscou
a) Lo Conseil des ministries des Affaires itrangeres :
Tous les journaux riproduisent un court compete rendu
Tas's de 1:a &ance du 10 av'ril. Un compete rendu plus ,de-
tailln scra d'aillurs pubii dnns les journaux du 12.
bi Le Coniit6 des Adjoints :
LI's journaux reproduisent un compete rcndu Tass sur la
i6union du Comitt de coordination dcs adjoints et du Comit6
special. Le debut de c- com)pte rendu est consacr6 a une
li,:ve mise au point de 1'ttat des travaux du Oonseil des
iniistres tel qu'il risulte .des siances pr-icdentes.
II rapport notamment qu'on doit retablir la tdtcentralisa-
tion du gouverncnioit existant avant le regime nazi avec les
Landtag et deux Chambres poiur toute l'Allcmagne, et qu'A
cctte fin, Ia dtltgation sovietique a propose qu'il filt cri 6
ni gouveC.'cIneminl provisoire allemand qui, tout en assurant
I'unit6 dconomique et politique de I'Allemagne, pft, en meme
lemps. a-sumer la responsabiliti de 1'exctution par I'Alle-
ilmanc de' se etnga:gemens envers les Etats allies.
2. Informations sc i~tftrailt. t des problhmecs tralftc
ta l Confdrcnre
Les journanx publient quelques t6ltgrammes ayant trait
aux problbmes de la dmiocratisation .de 'Allemagne. Une
dt6puche' declare notamment : En zone anglaise, on r6habi-
lite un financier hitlericn en vue du deuxieme congrcs du
parti communist bavarois. a Au sujet de 1'Allemagne.
Linictzky public, dans Moskovsky Bolchevik, un article dans
Icquel I'auteur analyse assez longuement la Constitution
de Weimar qui, d'apr&s lui, pourrait constituer une base de
ddpart pour f'organisation de la nouvelle Allemagne. L'edi-
torialiste precise que ce serait une lourde faute que de nier.
come le font certain hommcs politiques des pays occiden-
taux, la possibility d'un diveloppement d6mocratique du
pcuple allemand. Et Linietzky dit, pour conclude., qu'unv
consti ution p10rovi -,ire ( mocrnti'-nu sn tisfai ant ~'t le inti(-
r'ts de touted i'Allmi hgne e, ceux dis l.iin;. r. iu co.:.;iu-
lion prepare par le Con:eil de control en appelant in
consultation les qrganisations democratiques allemandes et
les repries.ntants des Lander, hi.lera le processes de transfor-
ination de P'Allniagne en un Etnt dimocratique et paci-
fique.
Dans la Flotte Rouge, la premiere parties de l'dditorial de
Lanine est consacrde I la discussion (des frontilres occiden-
talcs .de la Pologne qui cut lieu I la COonf6rence de Moscou.
La question chinoisc retient toujours attention de Ia
press sovi6tique. PIusieurs journaux publicnt dis dip chcs
de Shanghai. L'une d'clles declare que des journaliste; chi-
nois ont 0t6 frappts par la police militaire amfricaine. La
plupart des journaux reproduisent igalemcnt une depeche
de Nankin rapportant des declarations faites par le group
democratique dlu Kuomintang sur la situation en Chine el
In politique amirieaine i l'tgard de ce pays.
3. La politique angJlo-saxonne
,La plipart des journaux publient une seric d'informations
Tass qui s 'apportent aux divers aspects de la politique
anglo-saxonne d(ans le nionde. Elles ont tra it l 1'envoi
l'avions anglais ci Turquie ., ia la discussion (I- l'affaire
de Corfou p:r tle Coseil .le S.rcuric >>. it < I'off-n.sive des
troupes govi\crnemnintales greeques contri les partisans ,,
A I'accord enl.i'c iAng!eter,-t et I1', U. S. A. a sujet des
niijions mililaiies anglaises en Grece >.
Dans Trud. organ des .yndicats, Smiirnov public un arti-
cle sur la pen6tration des trusts amiricains dans les pays
du Proche-Orient. Cet artie Icnt nd metit'oe en opposition
certain fails et les pr-incipt:; dmtnoc'atiques proclames par
les milieux americains. L'autcur, dans sa conclusion, estime
.que la politique d'cxpansion americaine dans los pays du
Proche-Or:ent rs vt le caractere d'Une intervention de plus
en plus manifesto dans la vie economique et politique de ce







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE TIRANGERE 7


pays. L'inquietude de l'opinion publique dans les pays du
Proche-Orient est pleinement comprehensible it la suite du
message du Pr6sident Truman, car la politiquc i laquclle
les Pri6sidcnt .des U.S.A. se montre favorable tcaduit Ik-
plans de milieu amnricains agressifs qui chercheni insti-
tuer l'h6g.6monic mondiale des U. S.A.. Mais o(n sail. ct
I'histoire l'a minutes fois ccnfirm6, que !es plans de cc
genre al)outissen1t 1 un fiasco.
Dans la seconrde parties de son editorial, Smi:'nov tuditi Ie
discours dA gen6cal de Gaulle qui, .d'aprsj lui, rappeile beau-
coup certain passages des deini &-e. intervention' d( Prisi-
dent Truman.
5. Divers
Les Izvestia publicint un article de Miedviediew coummn-
ino. ant le second anniversaire ide la signature du pacte
sovito-yougoslave. Get article est intitule : L'amitii so-
vidlo-vougoslave croit et se ddveloppe n. Rddig en terms
Irbs chaleureux, cet article souligne 1'importance pour la
paix mondiale des liens qui se Sont in.stituos entire I'U.R.S.S.
ct la Rdpublique populaire yougoislave.

LE PROBLEM DES FRONTIERES POLONO-ALLEMANDES A LA
CONFIRENCE DE MoscoU (Flotle ,Rouge, 11/4).
< La decision historique de Potsdam sur le retour it
la Poloigne de ses anciennes terres confisquues par 1'Etat
allemand, a satisfait les esp6rances seculaires du peu-
ple polonais. Les travaux effectubs dans la region rmcu-
peree 'par le people et le gouveitnement d6mo-
cratique polonais sont indiscutables et constituent un
des rnsultats les plus marquauts du redressement de
l'Europe d'aprms-guerre. Non seulement les millions de
Polonais transfres dans ces territoires, mais aussi une
multitude de gens des milieux les plus divers de diff6-
rents 'pays estiment que la question des ifrontinres polo-
no-allemandes est complement rdglde.
L'attitude polonaise etait base sur les decisions des
quatre grands allies, decisions includes dans la daclara-
tion de Potsdam. Aussi il y a de quoi dtre surprise par
l'attitude prise maintenant par les del6gations ameri-
caine et anglaise au Conseil des Minisores des Affaires
etr,ag6gres. La proposition amiricaine tendant A career
une commission sp6ciale pour l'6tude du problime des
frontirres polono-allemandes n'est pas autre chose qu'un
retour sur ce qui avait !Ai faith il y a deux ans. La de-
claration de M. Bevin demandant que des Allemands
soient installs dans ceete region ct que la population
polonaise en soit expulsbe n'est pas moins .61range. Les
arguments prdsentds par les dil6gu6s anglais et amie-
ricain pour difendre leur tentative de revision des de-
cision territoriales de la con''6rence de Potsdam sont
tres peu convaincants. M. Molo'ov l'a d6montre,, en ci-
lant des declarations d'hommes d'Etat allies, y comprise
des declarations du president Truman.
L'opinion publique d'avant-garde de tous les pays
allies a souvent manifesto sa solidarity avec le people
polonais, sur cette question. L'opinion publique sovid'i-
que ap'prouve elle aussi le point de vue du people polo-
nais. Le people sovidtique voit dans les frontirres tells
qu'elles ont ete etablies A Potsdam, I'une des conditions
essentielles d'une paix solid et d'une collaboration de
bon voisinage entire ies peuples europ6ens. >


IV. PRESS POLONAISE

APRES LE DISCOURSE DU GENERAL DE GAULLE A STRASBOURG
(Rzeczpospolita, coalition gouvernenientale, 10/4):
< Les dernitres nouvelleg rescues de France semblent
confirmer qu' de Gaulle tend i la creation, non pas
d'une nouveau part de droite, suivant P'ancienne for-
mule, mais d'un movement anti-d6moc.ratique de masse


qui, outre les 61ements conscients de droits, absorberait
la foule des sans parti...
Le but du gaullisme, en tant que conception politi-
que, serait de mobiliser en vue de la lutte centre les
parties de gauche ces millions de Frangais qui s'6taient
abstenus jusqu'a present de se prononcer, lors du refe-
rendum come des elections, ni pour ou centre la droi-
te, ni pour ou contre la gauche... C'est pourquoi de
Gaulle met aujourd'hui en .avant, non pas un nouveau
et concrete programme de droite, .car le nombre des va-
riantes de la doctrine r6acti-onnaire est n6cessairement
limited, mais le mythe de l'unit6 national au-dessus des
parts don't il serait le r6alisateur en meme temps que
le sauveur de la France.
L'essence du gaullisme serait ainsi un'e coalition spe-
cifique des vieux parties conservateurs auteur d'un
< homme providentiel >, de Gaulle, qui se propose de
baser cette association sur le ralliement de l'homme de
la rue, d6sorient6 et aigri par les difficulties de l'aprbs-
guerre.
Mais a cela ne se borne pas le r6le du gaullisnie, car
il repr6senie aussi une conception de politique 6tran-
gere. Dans son discours de Strashourg, le gin6ral l'a d,-
finie clairement, quand il a d6clare que la France so
trouvait aujourd'hui entire deux masses 6normes, les
Etats-Unis et l'Union Sovi6tique, et que sa lAche itait de-
constituer en Europe Occidentale un 616ment d'6quili-
bire en:re cs deux colosses ou, en d'autres terms, do
creer un bloc occidental...
Si done dans le domain de la politique intnrieure la
fonction du gaullisme est de realiser ce.que la droite
frangaise n'a pu obtenir par les anciennes m6thodes,
sur le plan international, la thiorie de < 1'616ment
d'6quilibre > dolt aboutir au rdsultat qu'aucune 'coali-
tion reac:ionnaire n'avait reussi a atteindre jusqu'.a
present.
Il ne fait pas de doute que dans les mois qui vont
siivre le people francais sera mis en demeure de choi-
sir. >


V. -- PRESS BELG


a) LA CONPEIIENCE DI MOSCOU ET LES FRIONTIEIES DE LA
POLOGNE (Le Pvtlfple, socialisle, 12/4) :
<< On peut pretendre, aujourd'hui que les Allids ont eu
tort, A Potsdam, de retire une parlie de la Prusse
oriental, la Poineranie el la SilIstie. souIs l'alninis.ra-
tion polonaise. Mais si an pays merita'it des compensa-
tions massive, c'etait bien la Pologne. Quoi qu"il en
soil, l'annexion et les transfers out te6 faits. Et on ne
voit gLire aujourd'hui comment on 'pourrait les dC-
faire.
Nouveaux transfrerls des populations ? Indemnisation
de la Pologne pourtles capitaux investis dans les terri-
toiies de 1'Ouest ? II suffit de poser ces .questions pour
constater les difficulties insurmontables auxquelles se
lieurterail toute tentative de ne pas rendre definitif le
regime actuel.
Certes, les arguments historiquzs, ethniques et slra-
tegiques avanc6s par les Polonais ne semblent pas tou-
jours tres convaincants. Ce genre d'argument I'est rare-
ment. Mais ii y a une situation de faith : les regions en
question ont 6te polonisies. Cette situation, les Allies
ne pourront pas ne pas 1'accepter.
L'important, d'ailleurs, n'est pas de !fixer les fron-
tiercs polonaises. L'important, c'est de savoir comment
la nouvelle Pologne, enrichie de l'ensemble du bassin
industries silisien et des ports deSla Baltiqu.e, pourra'
conlribuer a la prosp6rite de la nouvelle Europe.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ]TRANGARE


Et cette question-l restera ouverte tant qu'on s'obsti-
nera & ne pas affronter la seule question qui compete:
celle de 1'organisation des rapports entire I'U.R.S.S. et
les autres Alli6s sur toute 1'6tendue du globe.
(G. KOULISCHER).

b) LA CONFELiENCE INTERNATIONAL DU COMMERCE A
GENtVE ;( Le Soir, 12/4) :.
11 s'agit lessenti'ellemnlen't pour cihaquie pays reprdsen-tte
die dresser une lilste -des, prodiilts doint 1'exp'ortation pr&-
senite pour lui un inth6rt re'l et pour le:squel:s ill de-
mande une r.elductoino dies tairifs diotuianiiers aux autres
plays. Chaque pays pr6parera .6gailement une liiste des
concessions, ic'est-h-dire des proidluits pour lesiquelis il
est pret f n6gocier des r6duc.ions de tarif ou autres.
Ces ideux projects seront 'les diocunmentis ide base des n'ego-
aiations .g6nibrales.
C'eist la,prermibre fois dianas .l"hbiitoire que d'es inigciia-
tions ,compiercilales miullti-ilaterale's sont tenties cuir une
tellle iCcheille. Lorsque, d'ioi Fun imois, ce travail tech-
niqu'e aura 6t, mis an point, oin pounrra envisager la pos-
sibiliit d'abattemnents serieuix de tariffs et, sutr un ,plan
plus. g6n6nral, deis rbducllicons se'nlsiibles des barrieres
douanibres. La .base n6cessaire inidispcnsabl.e sera cr6e
'e la sorte pour i.l"'aboration d'&ine promiire cl- .rte
cionlom'nqique internal ionale. (L 'CREPLET.)


VI. PRESS SUISSE


APRES LES DISCOURSE DU GENERAL DE GAULLE A STRAS-
BOURG.
1) Basiler Nachnlchten (11/4) :
Les pronoLsLics suir lies ,chanlc.es du Raisisembblerneint
diu Peuple Frangais que veut crcer le g6n,6rall 'de G mulel
sont tres divergens. 'Adanellons pour un instant qufe ce
Rassenmbletmenit parvi.enane a grou,per iln p'oIu de limps
la nmajo.ri't' des Fraancais. AlicIrs uC e qaucstion se posera :
comment ccie majiarite fera-t-ellie ,prevaloir sa voilinte,
en, suivant les voies leig..ls coun.e le di.liare lie g6Siiiral
die Gaulle ? Le Piairmlement actucl, qui a 6.6 r6guglire-
ment 61lu, ne diisparaitrait sans doute pau vol:jntla.re-
mient. Quannt h la dissolution de 1'Asscseblee Natio.iale,
elle ,dIpcind aux terms de la Cons'ti'iullion d'v6Cnc.n counts
sic produisanit a l'iintrii'iiar et non Ah l'cxl riouir 'dle e:elte
Asseinbl.e. La rvision die la Consiilutic n ne peut ktre
d6cidee par le people, mais par la majorild de l'Ascsm-
blde Nationale, et le text e aidopt6 d'oit pr6c:ic.r l'objet
die ciette r.vi;siion. iS'il exiiste ]a inuindre diverg:inice
d'opiinion.avoc lie iClncseil de 'I: R6pub'iqune, nune second
lecture a 'lieu diins .un dllai 'die tro.is moil. Finalement,
le project die loi portant r6vis.ion qe da Corncliilution est
sioulunis lau rfererendauim, i mncncs qi'il a.it 6te voi da.tns
ies deux Asseimm blie.s A la mlajoril6 des d'c.ux tiens.. Si pilus
d:e h i moiti6 des Fraingais se-ralliaicint aiu g6n'ral de
Gatlile, on nie voiit pais comment iils pourra:lnl, en res-
pectant la l galit, fire tlrioimphcr clur paint die vuc
,avant ia fin die la 16gisiature. On est pratiquemnea en
droit d'eoarter l'hyp'othbse d'un asscnItime~nt des ;S.:,s.
Beaucoup die gens conl-iddrent comime tout a fait invrai-
scuibnlblbe ,que die Gaulle r6unisse derrir'e luil unie n asse
iiinposante dte palrtis.ans e't, a plus for.e raison, lune ma-
jorit6. (lls ise demandlent d'of icelle-ici ipourrait bli'en pro-
venir. Les mlarxisiteis possedent des troupes fiddles et
i!!s les conscerveront, nm ~ne siaurait len douter sdricuse-
ment. Les 'rpabu ip ains populaires ont un grand respect
pour de Gaule en tant que premier RBsistant ide


France, mais on tient pour certain que le gros du part
nie le .suivra pas sur ile plan politique. II faut en dire
,autant .des radiicaux et d'un bon nombre de mod6r6s.
On ne doit pas s'imSaginer que le people 'est las des
parties et des institutions. Les rkcenles 6,lectioins dans le
d6partetment de la Dr6me maonlr'ent le contraire. La par-
fliciipali on 6lectorale n"a pals kte moiins l6ev6e que pr6-
,e6dlenmment et -les grands part's ont c:onserv6 lla faveur
populaire. #
Le sieui fait ide in.ti'ree du gonabral de Gaulle dans-
*'ardne politique ne menace la 1V" Rdpulblique ni en
droit ni en fait. Mais sa personnalite et les .circonstan-
ces de son intervention ont provqu6 tune r6actlion don't
on ne peut encore pr6voir les consequences. En tout
cias, ce n'est pas unn bon signed cque certlains milieux
aicitt saisi I'oeicas.ioni aveic tant d'empresiseiment pour dB-
clencher une agitallion poliitique, en un mco ent oi le
pays qui n'a pas encore recouvrd la sant6 a le plus
grand beso.in de calme et d'ordre.
(Du correspondent A Paris
du Basler Nachrichten.)
2) National Zeilung 1(11/4, edition idu martin) :
Les causes proifondes, de 1'ensemble du malaise fran-
cais rlisiident dans iune question de structure. La France
poissedc un sysimnie adn.iniiistralif extrmeanent centra-
lis6. Or, si l'on veut qu'un tel system ifonctionne de
fagon satisfaisante, ii faut assurer la slabiilit6 gouverne-
mentale. Le g6nerall die Gaul:le 1'a parfailement bien
conmpris, et c'est pourquoi, lors .de Ila discussion sur les
inslituiionis fondaim.elntiales de la IV, Rpiubl6que, iil s'est
promnonice pour un gouvernoment fort, a la difference
dies grands parlis, et surlout d.es. parties de gauche, qui
voulaient contirer aiu Parlement des attributions plus
6tenduels que sous la IIP R1piublique tet qui y sont d'ail-
leurs parvenus.
Le renforceiment die I'autoriie6 gouvernemenntale exclu-
raiit lnaIurelliementil le systlme pluri-partite qui existe
aunjurd hu.i et coiniduirait n6cesisairement i iun.e sorte de
parli unique. Le.i teaches qiui s'imposeront A Ia Erance
p])e.indant de nontibrcunscs annnes sont d'une le!!e ampleur
qtl'i'; parail dcuteux q(uncile puliise cn veni'r A ,bout avec
la reparbition actuclle dc:s 'forces politiques. De Grauiil'e
est bien persuade qu'uin gouvernenienil consituid exclu-
sivemnent en foniction des parlis n'allcindra jamails le
but : ct voir la sililualiun pr6sienle, on est, h6las !
[ii;,: d'aidmellre qu'il n'a p:ut-dire pas tort.
La IV' Repiu'.b 'ique n'a p:',s encore fail la preuve de sa
.ilperioril.t sur la IIIP. Si les parties in2 ri&uIsi'Sssent pas
a sulbordonner Icurs int6rdts particiu'icr s I'inltril ge-
n6ral, el si, par voie 'de cons6qcuence, ia gouvernciment
ne r6ussit pas A faire sortir le pays r'. chaos, il sera
fort h craindre qu'on ne tende vers le systme du
parti un,-iue ; I'heure scrait alors venue pour aun de
Gaulle, qui n'est 'pas A propremena parler un bon politi-
.cicn, I'cpposi.ion eerait 6louiffee et la r'cule de la diictla-
lure ouverle. Sans dotule, la doctrine du g6nbral de
Gaulile veut suvegaridler la d6mociratie, mais il n'y a pas
de ddmocratie sanis ,parlis.
Jiuisqu'a 'malinlenant, les coalitions do la IV' Rbp'ubli-
que ont e'.6 identiques A tons les marriagess de raison qui
se concluent dans les pays doles d'une administration
centralisle : des exp6rienccs d'hoim'mes poliliques.-Mais
un Ellat qui veut rebAbir et lamninager sa mason ne peut
pas se Ipermettre de faiire des experiences. Si l'on veut
coup'er la ralcine diu madlaise franigais il faudrait, nous
semble-tUil, en finir une bonne fois, avec ile centralismie
excessif. Alors, on n'aurait plus besoin d'un de Gaautle !
S. P.I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009
Prix : 6 frs.


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