Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: April 11, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00072
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES' ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Dacumentatton
14-16, rue Lord-Byron, Paris 8'.).


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


MINISTRERE
DES AFFAIRES ETRANGERES


BULLETIN


DE


PRESS


11 avril 1947.


QUOTIrI



ETRAN


SOMMAIRE

1. -- PRESS BRITANNIQUF
a) La situation en Indochine (Times, 11/4).
b) La fronti6re polono-allemande a la Conf6rence
die Moscou :
1. MIcachesker Guaidian (10/4).
2. News Chrlonilcle (11/4).
c) La conference Internationale du commerce a
Gen6ve (Daily Herald, 11/4).
1I. PRESSE AMERICAINE.
a) Le discours de M. Vandenber :
1. New York Heratl Tribune (10/4).
2. New York Times (9/4).
b) La position die la Grande-lerelagnc au Soudan
(New York H'Ieald Tribnuve, 11/4, id. europ.).
III. 1RESSE SOVIWTIQUE.
IV. PRESSE ROLONAISE.
Ies propositions tle M. Marshall relatives a la fron-
tiere polono-allemande :
1. Zcile Warszawy (10/4).
2. Roboltik (10/4).
3. Gazeta Polska (11/4)
V -- PI'ESSE BELGE.
Apres le discours du gin'ral dtie Gaulle a Strasbourg
(La Libre Raelfiue, 11/4),
VI. PRESS SUISSE.
Apr&s le discours du g6n6ral de Gaulle h Strasbourg :
1. Tribune de Genvue (10/4).
S 2. Nelee Zriircler Zeitmug (10/4).

I. PRESS BRITANNIQUE


Reus de la press britannique du 11 avril 1947
La pressede de oe matin est dans l'ensemble assez creuse,
la cbronique int6rieure n'est fournie que par des articles
annoutant une aingmentation de 50 % de I'allooation de
charbon aux industries en raison, des' efforts d6ploy6s par
les minaurs et de Ia menace d'uno grive des dfckers de


Londres pour r6pondre au licencielaent de 50 dockers de
Glasgow.
Le Times, le Daily Telegraph, le Manchester Guardian con-
Linuent a donner la vedette i la Conference de Moscou, bien
(rue la plupart de leurs correspondents s'abstiennent de tout
conmmentaire et de tout pronostic sur les progrds des pour-
parlers ct so contentent de rapporter les declarations des
ministres.
D'autres journaux accordent une place sensationnelle it
l'affaire de traffic de devises dans le sud de la France des-
tinu i faciliter le depart d'immigrants juifs pour la Pales-
tine et dans laquelle serait implique Max Intrator, financier
d'origine 6trangbre. D'autres, enfin, donnent la vedette a la
reprise des negociations commercials anglo-sovi6tiques.
La politique intericure de la France semble avoir cesse
d'intdressor pour l'iustant l'ensemble de la press; iA-l'ex-
ception d'un brief article dit Mapchester Guardian, on cher-
che en vain dcs commentaires sur la champagne du g6ndral
de Gaulle.
II faut noter, toutefois, un editorial du Times sur rIv.o-
lution de la politique frangaise en Indochine. (Voir cet ar-
ticle plus loin.) Le trait le plus frappant de la press de ce
martin est l'absence de tout commentaire, les articles n'ont
qu'un caractire de pure information.
1. -- Conrfernce de Moscou
La press annoncc que M. Bidault a Idleande hier quc la
luhlr et la Rh6nanic soieut places sous contrble interallie.
3M. Bevin et M. Marshall s'y sernient opposes, mais auraient
acccpte l'incorpoiation de la Sarre h lieconomie frangaise.
Lc Ties 6crit a ce sujct que les divergences de vues entire
la Grande-Bretagne ct la France sur la Ruhr et la Rh6nanic
sc soul rd\elces hier ,presque aussi importantes que jamais.
Tout nc s'opposant i. une separation de la Rhdnanie du rest
de ]'Alkemagne, M. Bevin a peut-6tre r6conforte quelque
pen les Francais en les assurant qu'il estimait que l'occu-
pation militaire de cette region devait btre n6cessairemeat
longue.
W. N. Ewer, dans le Daily Herald, reniarquc que les Qua-
tre Grands passent en revue les sujets de leur prograinmme
sans essayer d'en r6gler un seul sur lequel l'accord no soit
pas iinmmdiatement realisable. C'est pourquoi ils ont abaa-
donn6 la question des frontiBres polonaises pour s'occuper'
de la Ruhr, de la Rhenanie et de la Sarre. An sujet ds,
frontieres polonaises, le Manchester Guardian donne un
compete rendu d6taille des declarations du chef de la press
du ministbre des Affaires 6trangrees polonais, M. Victor
Grosz, dans lesquelles celui-ci a fait connaltre au course
d'une conference de press que son gouvernement s'opposait
catigoriquement au recul des frontiires polonaises h 1'est
de l'Oder ainsi cu'h toute aide economique de la Pologne
a la restauration d l1'Allemagne.
II est clair, 6crit Al. Werth dans ce journal, que la
haine des Polonais a l'6gard de 1'Allemagne est beaucoup
plus forte que tous les arguments don't pourra se servir
M. Revin on faveur du rItablissement d'unv Allemague .c6-
4


Nouvelle S6rie No 641


- __








2 BULLETIN QUOTIDIlN bE PR ESSSE TRANGtRfi
** *'- . .- -._ - ^ ^ ^' - - - ^ ^ r r


nomiquement saine dans l'intret mmine de l'Europe. ,
Quant l'Pattitude allemande i l'dgard de cette question, le
correspondent du mnme journal i Berlin cite un article du
Zeit de Hambourg, naturellement en faveur du retour des
riches terres de 1'ouest a l'Allemagne.

2. Rdvision dui pac'le anglo-sovietique
Plusieurs journaux annoncent la ioprise des pourparlers
en faveur d'une revision du pacte anglo-sovi6tique.
Le Times faith 6tat d'un article dui New York Times selon
Icquel la Grande-Bretagne aurait refuse d'insCrer une no.-
velle clause dans le trait qui I'isolerait effectivement des
Etats-Unis. au point de vue diplomatique.
Le correspondent particulier du Daily Telegraph a Was-
hington fait allusion aux m&mes difficultis et Acrit quo
M. Bevin estime que Ic nouveau trait ne devrait, en aucune
manibre, exclure les Etats-Unis, mais, au contrairc, se fonder
sur les Nations Unies et sur le trait quadrilateral envisage
pour em.pecher le retour de I'agression allemande, ee qui,
come l'a indiqu6 le senateur Vandenberg, reste la pierre
angulaire de la politique 6trang6re amnricaine. (La clause
en question qui fait i'objet du 'litige entire I'U.R.S.S. et la
Grande-Bretagne obligernit cettc derni6re i tie soutenir aucun
pays < qui puisse etre considered colnme hostile h la
Russie ).)
Selon ce mdme correspondent, le D6partement d'Etat esti-
mnerait que les espoirs d'un accord quadrilateral seraicnt
minces du fait que les Russes voudraicnt y fair entrcr de,
clauses economiques sur le contr6le de 1'Allemagne, depas-
sant ainsi le caractrre purerment militaire du trait tcl qu'il
avail dtd propose par M. Bevin.
11 ne pense pas qu'on arrive h au'tre chose qu'h un accord
de principle.
Quant au.' conversations economiques entire la Grande-
Bretagne et I'U.R.S.S., plusieurs journaux (le News Chro.
nicle leau donne une importance de premier plan) ann cent
qu'une mission dconomique ,hritannique va se rendrc pro-
chainement A Moscou afin de d6velopper les changes com-
merciaux entire les deux pays.

N. France
Le correspondent special du Manchesser Guardian a Paris
fait 6tat des critiques adress6cs de plusieurs co6ts au gndral
de Gaulle sur sa gestion des affaires publiques quand it dtait
au pouvoir et sur sa admission de janvier 1946. 11 fait dtat
de l'attitude du come de Paris contre une oventuclle dicta-
ture et rappelle qu'e celui-ci s'cst pronone6 pendant la guerre
centre les doctrines de Charles Maurras.
Le correspondent en France 8u Daily Telegraph announce
que 400 soldats annamites se seraient mutines LA Carcassonne.
Lia situation & Madagascar et les declarations de hi. Ra-
madier sur I'origine des troubles sont mentionndcs par le
correspondent du Times et du Manchester Guardian.
Celui-ci croit que les troubles ont Rte foments par un
part connu sous le nom de parti de" la Renovation Mal-
gache qtai ne serait pas sans affinit6s avec le Viet-Nam. I1
pense que cc part, compose ia l'origine de la caste domi-
nante de 1'ile, esp6rerait que le depart des Frangais lerur
donnerait une chance de recouvrer leur pr6Aminence. It
pense encore que les colons frangais, macontents de la nou-
vWlae constitution qui a diminud leurs pr6rogatives, auraient
cnatribni, aux d6sordres et que les a ddsh6rit6s k recherchet
raient la protection des Frangals. tout en d6sirant obtenjr
u e large aatonalnic,

4. Tanger
Le correspondent special a Tanger du' Times rend coipte
de la visit du sultan du Maroc ct de ses declarations dans
lesquelles il a affirm f que Tanger rcsterait dans le s cin de
I'Empire marocain. 11 fait Agalniment dtat d'une declaration
du fils du Sultan demandant l'unite du Maroc et son ind4-
pendance.

5. Immigration juive
,Larrestation de M. Max Intrator en France, a laquelle
curtains journaux accordent. une importance ex.ceptionnelle,
serait lide au traffic de devises tendant i favoriser l'ilnmigra-


tion clandestine dc Juifs en Palestine. Les journaux refient
cotte affaire h la lettre envoyde par Af. Bevin i M. Bidault
pour demander au gouvernement frangais de collaborer avec
les autoritds britanniques en vue d'eirtp&cher les immigrants
juifs de quitter les ports frangais.
Une note semblable a Utd remise aux gouverniements ita-
lien et suedois.
Selon Ic correspondent special du Times, certain ports de
France seraient le point de rassemblement do 30.000 Juifs
ol partance pour la Palestine.
Cc correspondent estime que les Juifs sont de plus rn
plus decides a enfreindre les riglements pour rejoindre Ila
Palestine.

6. Grecc
Plusieurs journaux annoncent des succ6s anilitaires pour
les troupes gouvernementales grecques.
D'autre part, It Daily Worker announce on inanchltte que
la Grande-Bretagne continuernit a finance les armees-roya-
listes grecques jusqu'' ce que les Etats-Unis soient pr&ts 4
intervenir.
Le Daily Herald signal de son cote que le SEnat am&-
ricain a votb hier A I'unanimite un amendment nu project
d'aide a la GrBce et i la Turquie. Aux terms de cet amen-
dement, I'O.N.U. aurait tout pouvoir pour arriter 1'execution
du project aniiricain au cas oi la majoritA du Conseil de
Sbcurit6 ou' 1'Assemblae g6ndrale deciderait que l'aide amA-
ricaine est devenue inutile on ind6sirable.

7. Conference dcOnomique international
Plusieurs journaux, don't ke Times, annoncent que la
Commission pr6paratoire de la Conf6rence des Nations Unies
pour le commerce ct I'emploi a 6td mnarqude deuxirm'e
stance par les declarations de M. David Owen. Gelui-ci a
mis en garden les membres du Comite sur les risques qu'un
cehec de cette Confirence fcrait courir-h la paix du monde.
Les correspondents s'abstiennent do tout commentaire.

8. DiploMbatie britannique
Des measures d'6conomie dans 1I personnel des diverse
lgations britanniques seraient envisagees, announce le Daily
Express. Le personnci licencie devra, atnonce le correspon-
dant diplomatique de ce mnme journal, soit enter dans
administration publique, soit dans l'industric.

a) LA SITUATION EN INDOCHINE (Times, 11/4) :

< L'opinion frangaise de tous les parties recherche
une association intime de tons les territoires franqais
d'outre-mer avec ]a mere-patrie dans le idomaine des
relations internalionales. La rcente affirmation 'du
general de Gaulle sclon laquellc la France a le droil et
le devoir de developper et de sauvegarder 1'Union fran-
gaise exprime la conviction de la grande majority de
ses concitoyens. Malgr6 leur sympathie naturelle pour
les aspirations die leurS col.lgues marxistes du Viet-
Minh, les communists n'ont nullement montr6 le 'dsir
de voir la France renoncer A influence qu'elle exerce
effectivement en Indochine.
Le gouvernement vietnamien ne demand. pas mieux
que de demeurer dans le sein de 1'Union frangaise A
condition que les divers elements qui Ia constituent aient
un statut international distinct come les Dominions
dti Commonwealth britannique. La France tient ferme-
mement a la those selon laqu'elle 1'Union doit 6tre une
veritable association, doit presenter un front uni devant
le monde ext6rieur et ne faire entendre qu'une settle
voix.
A moins que 1'on puisse convaincre les Annamites
que les avantages qu'il y a pour eux i fatra partial de
l'Union frangaise justifient une restoMteatio'nt i leur
pr6tention A une existence international id46pendaaflte,
ou A moins que la France ne soit pr6te a modifier son
ipsistance actuelle pour une integration complete de










BlJsLLumT QUOTlpDIN DB IIRESSE TRANGBRE
ORIhSE TAGM


la politique 6trangbre de l'Union, il est difflcile die voir
comment on pourra aboutir tin accord >>.

b) LA FRONTTiBE POL'ONO-ALLEMANDE A LA CONFERENCE
DE. MOScou.

1. M ,qrlchester Guardian liberall, 10/4) :
a On:pent 6tablir un parallle entire le problAme que
pose le grand centre industrial de la Ruhr et celui que
pose le grand centre industrial de la Haute Sil6sie. Si
'la premiere de ces regions est mire pour etre soumise
A une .administration international, dans 1'int&rAt de
l'Europc, la second 1'est 6galement. II y a aussi 'de
nombreuses raisons pour transformer la fronti6re de
c fortune >> de l'Oder et de la Neisse en-une frontiere
tracee d'une fagon plus rationnelle. II est evidentt main-
tenant que les Polonais sont incapables de o coloniser a
les territoires d'of ils ont chass6 les habitants alle-
mands, et que certain dies meilleurs terrains agricoles
de 1'Europe orientale ne sont pas exploits 'de facon
A contribuer au bien-etre g6n'.ral.
Lorsque M. Marshall propose que la fronti6re soit
retrace de facon Ai ce que l'Allemagne ait une 6cono-.
mie plus 6quillibr6e, il- demanded probablement beaucourp
plus que les Polonais et les Russes ne sont pr6ts A
accorder. II est certain que si les fronti6res allemandes
doivent etre modifies pour satisfaire les petites puis-
sances, la fronti6re des territoires allemands pris par la
Pologne avec la permission de la Russie dolt 1'rtre
Agalement. M. Molotov pretend que le probl6me de la
frontiere occidental de la Pologne a 6et r6gle de facon
definitivee A Potscam, mais Ic toxte de cot accord ine
jaustifle pas sa position >.

N. News ChWlnicle liberal 11/4) :
< Les Alli6s sont d'accord pour que la region indus-
trielle die' la Silesie soit incorpor6e d6finitivement A la
Pologne, mais la Ihbse anglo-am6ricaine selon laquelle
les regionss agricoles 'du Nord de la gil6sie devraient
*,tre rendues A l'Allemagne s'appuie sur dies donn6es
s6rieuses car 1'Allemagne ne peut se suffire A elle-m6me
sans l'appoint agricole de ces regions.
La Russie devrait comprendre que si deux des trois
puissances victprieuses contestent la justice die la fron-
tiere 6tablie A Potsdam, il existe un grave danger de
conflict (anns 1'avenir >.

C) LA CONFERENCE INTERNATIONAL DU COMMERCE A
GCENvnB (DMily Herald, travailliste, 11/4) :

t Deux objectifs principaux ont 6i6 assigns A la
conference actuelle. Le premier c'est de so mettre d'ac-
cord sur ine Charte r6glant les changes internatio-
naux. Et IA, la Grande-Bretagne et les Dominions, bien
qu'ils ne puissent accepter compl6tement la doctrine
am.nricaine d'entreprises priv6es, sans aucune organi-
sation, comme guide idlal du commerce mondial, ont
n6anmoins la sagesse de reconnaitre que le problmme
economique de la Grande-Bretagne ne peut etre r6solu
que si le flot du commerce international s'aacroit r6gu-
lier'ement.
Le deuxikme sera de prendre des measures conjugues
en vuc d'une reduction des tariffs diouaniers el de la
suppression des tariffs pr6f6rentiels.
1I est vrai que les tarifs douaniers et les tarifs pre-
f6rentiels n'oat pas une importance Anorme 'dans la
pIriode -actuelle de p6nurie mondiale. Nianmoins une
reduction consentie par tous les pays ambliorerait les
perspectives de la Grande-Bretagne. C'est pourquoi,
d'apy~s nols, des progress dans ce sens sont d6sirablds


el c'est pourquoi on peut fonder des espoirs mo'dr6s
surl les conversations qui s'ouvrent maintenant.
On pout seulement regretter que le gouvernement
russe n'ait pas encore accept de participer A ces con-
versations. Ce sera oertainement le vceu de la majority
des citoyens britanniques ide la voir se joindre encore
maintenant A la conference ,.


II. PRESS AMERICAINE


Revue de la pre.ssoe anm iraine du 10 april 1947

1. Conference dle Moscou
Les correspondents amn6ricains qui rap.portent les ddbats
de la Confdrence de Moscou sur la question des transfers
polonais mettent surtout en relief les declarations faites par
le general Marshall et par M. Bevin en faveur du retour A
l'Allemagne des regions agricoles places sous 1'adminis-
tration polonaise par 1'nccord de Potsdam. Ils soulignent
]'opposition de M. Molotov i cc project, ct la vivacity des
changes de vues qui ont eu lieu h ce propos entire le reprd-
sentant russe, d'une part, et les repr6scntants anglais et
amnricains, d'autre part. L'intervention de M. Bidault dans
ces dehatg nest signal que hbrivement. Le coprcspondant
du New York Herald Tribune constate que co dernier a bien
accucilli la proposition anglaise de faire rentrer sur ces
terriloires, temporairement, les Allemands qui en out 6td
chass's, puisque, a-t-il dit, les Frangais s'opposent A une
trop forte density de population allemande. Levorrespondant
du New York Times souligne, d'autre part, que M. Bidault
a sugg6rd au Conscil d'dtudicr les propositions relatives aiux
nouvelles frontiercs du Reich qui ont dtd prdsent'es par les
AlliCs, y compris les suggestions frangaises pour la Ruhr
et In Rhdnanie, et les revendications belges et hollandaisess

2. LaT po'l-ltiq'ue ami.ricain'e
Dans un long article du New York Times, Reston, corres-
pondant a Washington, estime quoe 'administration Truman
en ai'ayant pas r6ussi i obtcnir un vote du Congrbs 'avant
mars sur la proposition d'aide amdrieaine a la iGrece et A
la Turquie, a perdu un important atout qu'elle avait P'jn-
lention d'utiliser dans les conversations entreprises par le
gdn6ral Marshall a Moscou. Le journalist derit notamment
que, dans les milieux de administration, on est convaincu
que. si Ic gt6ndral Marshall rencontre le mardehal Staline
avant que Ic Congris n'ait approuvd le projectt de loi relatif
A 1'aide americnine it la Grbce et i la Turquie, un important
vantage psychologique aura t6i perdu, et des doutes se fe-
ront jour au sujet de l'appui que la nation amdricaine appor-
t.era i la doctrine Truman. L'auteur constate que les d6bats
nil Senat vont so prolonger, et qu'il ne sera peut-Otre pas
possible que le Congr6s vote cotte loi avant la cloture od
In Conference de Moscon.

3. Energie atoinique
Le Sdnat a confirmed par 50 voix centre 31 la nomination.
de M. David Lilienthal comme president de la Commission'
amoricaine doe l'nergie atomique. Cette nomination met fin
h nne longue et vigoureuse controversy qui s'dtait bevdee
anu'Snat an sujet de la personnaliti de M. Lilienthal.

4. -- Discors diu gqenf(it! de (dhulle

Le New York Times reproduit les declarations faites par
le comte de Paris, declarations qui experiment une opposition
i l'attitude prise par le gdndral de Gaulle. Ce journal repro-
duit galement les commentaires faits t ce sujet par les
journaux francais : France Libre, Le Pays,, L'Ordre, Le
Monde.
Hurd, correspondent du Christian Science Monitor, cons-
tate. dans une longue 6tude sur la situation frangaise, quo
les 'disWurs du g6ndral de Gaulle ont retenu la plus grande
attention, mdme dans la press subventionnie par les parties,









4 dioLLA.Bl 4UOTIWID DR PRESS BTRANGNVW


et se demand si la France va faire 1'experience de la theorie
non essaye jusqu'h present, qu'un gouverncment democra-
tique et liberal cst possible sans le secours des parties on
avec le systeme d'uA parti unique.
Le Saint Louis Post Dispatch consacre un long editorial
aux declarations faites A Strasbourg et estime que le gin.i-
ral de Gaulle a parl6 avec beaucoup de bon sens. Ses ddela-
rations s'adressent aussi bien aux Frangais qu'aux Amnri-
cains, puisquc, en fait, il a dit qu'arrater l'expansion russe
depend de la France plus que de toute autre puissance con-
tinentale. II est done dans l'intbr&t des Etats-Unis que la
France aussi bien que l'Angleterre retrouvent leur prestige
de puissance de premier ordre. ,, Jusque-la, notre pays sera
seul h soutenir la doctrine Truman. >> Cot editorial. apres
avoir pass en revue la situation intbrieure francaise, con-
clut : ( Faire echec a l'autoritarisme de droite et de gauche,
et revivifier le ganio francais grace a de nouvelles institu-
tions politiqucs et republicans, tel cst le but h6roiquc que
s'est as'sign6 la IV" Itpublique. C'cst pour cette tachel que
le g6ndral de Gaullo fait appel a ses compatriots. ,

5. Colonies franqaises
Les r¢s incidents de Casablanca, la situation en Alge-
rie, t Madagascar ct en Indochine provoquent toule une
serie d'articles dans Ia presse de cc jour. Le Christian Science
Monitor consacre une page entire anx agissements des na-
tionalistes marocains et i la visit que le sultan du Maroc
fera prochainement a Tanger.
Zeller, correspondent idu New York Herald Tribune, Bcrit
de Paris que ]a situation militaire et politique i Madagascar
devient confuse ct que la press frangaise a peu fail pour
tirer au clair les raisons de toutes ces fusillades. II ajoute
que les eommunistes frangais nomment rebelles les rcpre-
sentants d'un system do caste f6odal et despotique, eit cer-
tains journaux conservateurs compliquent encore dava:ntage
les choses en dbnongant comme dimod6 le systbme colonial'
applique par P'administration francaise i Madagascar.
Une dp8eche de Paris reproduit les declarations de
M. Depreux annonuant sa prochaine visited en Algerie oil il
instituera de profondes rCformes. Selon cette db6pechc, il
sera soutcnu c par les baionnettes de nouvclles troupes qui
seront retirees d'Allemagne ,.
Une nutre d6peche U..P. announce que la France a appeal
environ 200.000 homes de vingt ans sous les drapeaux"c -

a) LE DISCOURS DE M. VANDENBERG SUR L'AIDE A LA
GRACE.
1. New York HeIrld Tribune (10/4) :
<< Dans le discours par lequel il a ouvert le d6bat
au S6nat sur le programme d'aide A la Grice et A la
Turquie, ]e Senateur Vandenberg n'a pas cherch6 a
combattre un argument russe. Au contraire, il a (tabli
une argumentation puissante cn faveur d'une politique
constructive et positive de la part des Etals-Unis. II
a dit en effet que nous ne pouvons pas nous retrancher
derriere I'O.N.U., que nous ne pouvons lnous predre
dans les visions d'une paix qui n'existe pas, ou faire
dependre nos actions dW'une perfection qui.sera longue
A trouver dans ce monde. Le pfogramme d'aide esl une
r6ponse concrete a une situation concrete. Ce n'est pas
une reponse ideale. Ce n'est pas un programme qui
riussira h coup stir et ii pent conduire A des engage-
ments encore plus grands. Mais les autres solutions
sont encore pires. Cc que les Russes out fait on I'ont
pas faith, ce que l'O.N.U. pourrail faire ou ne pas laire,
si la situation Mtait quelque peu diff6rente de ee qu'ellc
est en realitW, voilA autant die questions qui sont i c6te
du sujet. Les Etats-Unis doivent 'tre capable de Iaire
face aux rdalit6s, de prendre leurs decisions eux-mi.mes
et de suivre une politique coh6rente a partir des con-
clusions qu'ils auront tires eux-mimes. Si les Etats-
Unis agissent dans ce sens, les chances die parvenir
enfin A un accord et a la paix, seront beaucoup plus
grandes qu'elles ne-pourraient l'6tre .autrement ,.


2. NIe York Tivnes (9/4) :

< II y a un point sur lequel MM. Vandenberg et
Gromyko Sont d'accord et ce point est que l'aide A la
Gr6ce est n6cessaire et indispensable. II semble 6gale-
ment qu'il n'existe aucun d6saccord quant A la source
principal de cette aide, A savoir les Etats-Unis. Mais
il existe un d6saccord complete sur tous les autres
aspects de ce programme d'aide en particulier en ce
.qui concern son caractrre, le moment choisi pour
son application, les methodes qui seront employees et
ies organismes qui seront charges de veiller A son exe-
cution. Derriere cc 'dsaccord se trouvent les questions
fondamnenlales qui troubleni le monde A l'Aieure actuelle
et qui lendent i le s6parer en deux 31. Vandenberg
n'a pas h6sit6 a discuter carr6ment ces questions alors
que M. Gromyko les a soigneusement ignores parce que
la Russie impose ses propres solutions partout ofi sa
puissance peut se faire sentir.
Le Senateur Vandenberg a affirm, et ses arguments
sont de poids, que les Etats-Unis, en s'engageant dans
cette nouvelle politique, ne font que suivre leurs id6aux
et leurs meilleures traditions, et qu'en essayant de pr6-
venir les agressions, ils se font a la fois les champions
de la paix et de 1'O.N.U. Le d6sir d'expansion commu-
niste a menace I'ind6pendance die la Grece. En s'oppo-
sant A ce desir d'expansion et en essayant d'amener la
Russie a adopter une politique qui laisse les autres
libres de faire ce qui leur plait, nous ne faisons preuve
d'aucun imperialisme, etant donn6 que nous ne convoi-
tons rien si ce n'est une paix dans l'honneur et dans
un monde libre.
M. Gromyko, porte-parole d'un ifays qui a impose
dans I'Est de l'Europe un ordre nouveau, en se-servant
unilatlralement de la force, viotant ainsi les principles
des Nations Unies, et qui n'a cess6 de mettre des batons
dans les roues de cette organisation en se servant di
veto, se montre maintenant inquiet de voir *les Etats-
Unis, en repondant A l'appel d'6sesp6r6 de deux pays
menac6s par des pressions ext6rieures, laisser de c6tl
I'O.N.U. et intervenir dans les affaires int6rieures de
ces deux pays. Nous esp6rons que le CongrBs saura r6-
pondre bient6t a un tel eynisme et cela de fagon encore
plus convaincante que M. Vandenberg >>.

b) LA POSITION DE LA GRANDE-BRETAGNE AU SOUDAN
(New York Herzaod Tribune, 6d. europ., 11/4).
< Les donn6es essentielles de la position britannique
plans le Moyen Orient sont simples. Car le Soudan, et,
a un moindre degrd, la zone du Canal de Suez, sont les
centres vitaux du systlme strat6gique britannique &tabli
pour d6fendre le Moyen Orient centre toute expansion
de la Russic.
Le Soudan sera la periph6rie de la principal zone
de defense. On n'a pas 1'intention actuellement d'kta-
blir des bases importantes dans le Soudan, mais on
n'a pas I'intention non plus de courir le risque de voir
le Soudan contr616 par un gouvernement 6gypticn future
qui serait favorable h la Russie. C'est immndiatement
au sud du Soudan que se trouve le coeur de la zone
do defense strategique des Britanniques. Le Kenya cn
constituera le centre, reli6 par voics lerrestre et adrien-
ne A une base de ravitaillement situde dais la Nig6-
ria sur la Cote occidental de I'Afrique.
II n'y a rien de saugrenu dans un tel plan. Ce plan
tient compete des nouvelles possibilities offertes par
1'avion A grand rayon d'action et les projectiles tl66-
commandes. II est destine h faire reflechir les diri-
geants sovidtiques avant de se lancer dans des aven-,
tures militaires dans le Moyen Orient. >
(Stevart ALSOP).










bttLL'if WtiO1t1bJN bi thiifes iTRANGdRE 5


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de lu press souidtique du 10 auril 1947

Les chroniques consacries aux questions de politique extd-
ricure ont, le plus souvent, un caractere de strict informa-
tion. La Conf&rence de Moscou garden ]a vedette, cependant
plusieurs de6piches se rapportent aux diverse repercussions
1de la politique anglo-americainc.

1. La Confetence de Moscou'

a) Le Consell des m sinistres des Affatres etrant res, -
Tuus les journaux reproduisent les competes rendus Tass sur
la reunion des ministres des Affaires dtrang6res du 9 avril.
C', comptes rendus font 6tat de l'intervention de M. Bidault
et des declarations de MM. Molotov, Bevin et Marshall. La
derniere parties de la stance est, pr6sentde par l'agence Toss
sons le titre : &'Tentatives de revision des decisions prises
i a Confirence de Potsdam -. L'agence sovietique rdvele
que M. Marshall essaic ,de mettre en doute la decision de
Potsdam sur la frontiere germano-polonaise. II s'est appuye
a cetto fin sur les contradictions qui existeraient, d'apres
lui, entire les tcxtes anglais et sovi6tique.
b) RHunion! des Adjoin's. Les interventions de M. de
Saint-Hardouin en faveur de l'invitation de l'Albanie et do
colle de l'Iran sont prdsenties en bonne place dans les jour-
naux. Les comptes rendus de 1'agence Tass soulignent l'oppo-
sitton, des points de vue anglo-amnricains, d'une part, ct
franco-sovidtiques, d'autre part, dans la question de 1'invi-
tation de I'Albanie. L'agence .sovidtiqup relieve que les objec-
tions de MM. Murphy et Strang se fondent sur diverse
considerations formalistes.

2. Informadions se rftirant a des prob&nmes trait'ds
t la Conference

Tons les journaux sovi6tiques reproduisent des depeches
Tass sur la protestation du Comit6 du front de la liberation
en. Carinthie slovene, et les persecutions des organizations
dnmocratiques a Trieste. Les journaux reproduisent 6gale-
ment uno serie d'informatipns concernant 1'Extreme-Orient :
Les organizations d6mocratiques chinoises exigent I'exC-
cution des decisions sur la Chine ,, announce une d&pechc.
D'autrc part, un ti,61gramme de Shanghai rapporte les di-
vers messages adress6s au Conseil des ministries des Affaires
htrangeres par les organizations democratiques de Pckin.
Au sujet du Japon, Koudriavtsev, dans l'organe syndical
Trud, public un article sur la situation .dans cc pays A la
veille des elections parlemnntaires on insistent sur le role
des syndicats. Au .sujt de l'Allcnagne, des informations
Tuss font 6tat du procs Schacht, de la non-d6nazification
en zones occidentales et du deuxibme congres des syndicate
en zone sovidtique. La Komsomnoskaya Pravda, organe des
jeunesses communists, public, pour sa part, une note de
Gukiiovsky sur le prohlnime de la future structure de l'Alle-
magne. Dans son expose historique, 1'&ditorialiste dimonfrc
le biea-fondi des revendications soviftiques demandant
l'unit4 seayitiquc-et la democratisation de 1'Allemagne en
vue ae transformer cc pays en un Etat pacifique.

3. La politique angfo-ameria ine
Un communique publiW par tous les journaux en premiere
page announce la reception par le g6ndralissime Staline du
leader republicain M. Harold Stassen. Le commuptqu6 pre-
cise que MlM. D. Cook et P. Mattison et M. Molotov assis-
taient it 'entrevue. Une serie de dep6ches Tass se rapporte
a : La declaration de 1'cx-directeur de la mission economi-
qul brithnnique i SaldOtique , a La dis~Assion A la Commis-
Ssii B la Chambre des Representants du project de lol d'aide
a Ja Gr6pe ), a L'envoi di'avions britanniques en Turquie ",
,, La reprise de ractivite fadcste i Black Pool o,. D'autre part,
les journaux font .tat d'un article idu Reynolds News se
rappottant anx measures anticommunistes prises dans l'Etat
do New-York.


4. La France. Le discours du gdndral de Gaulle
Les journaux donnent une place important i l'analyse
du discours de Strasbourg en insistent, plus particulirce-
ment, sur les passages consacres h la politique extbrieure.
Les journaux estiimcnt que de Gaulle a invite les Frangais
i rester dans le camp des occidentaux. La press reproduit
egalement une depeche consacre aux reactions frangaises
devant le dernier discourse *du gindral. La dipeche reproduit
des extraits de l'Humanite, du Populaire et de Francc Libre.
Elle relive quc la press de droite a approuv6 chaleireusc-
inent ce discours.
Les joumnaux reproduiseni 6galement une didpche Renter
d'aprcs laquelle, dis la fin du discours, des personnel de
l'entourage du g6ndral de Gaulle se seraiont r6unies dans
la cave d'und brasserie pour crier le premier comiti local
du Rassemblement du Peuple Francais.



IV. PfIESSE POLONAISE


LES PROPOSITIONS DE M. MARSHALL RELATIVES A LA
FRONTI RE POLONO-ALLEMANDFW
1 Zgcile Warszawy, ind6pendanl (10/4) :
c I1 ne saurai't etre question de la creation d'tne
commission international qui ddterminerait le trace de
notre frontibre de l'Ouest, pour la simple raison que
cette fronliere a d6jA Wti fixee en fail par les-decisions
de Potsdam. En vertu de ces decisions, 5.678.)00 Alle-
inands ont etd expulses des anciens territoires alle-
mands, rattach6s A ]a Pologne, et 5 millions de Polo-
nail y ont Wte install6s. Des milliards de zlotys el une
some 6norme d'cfforts ont C0L inves;is dans ces terres
polonaists. La frontiere de 1'Oder ct de la Neisse est,
definitive et demandte seulement une reconnaissance of-
licielle.
Pour cc qui est de l'exploitalion des resources des
rcgihas' recupirkes, scul leur propri6taire exclusif, la
Pologne, en d6cidera. Quant aux prctextes qu'invoque-
ront de cc faith, A 1'appui de leur acivite,. les entremis
de la democratic et de la liberty en Allemagne, on est
oblige de reconnaitre qu'aussi longtemps que cette acti-
vite sera loleree, il se trouveta toujours quclqu'un pour
criti-quer les frontieres de la Pologne ,.

2 Robotnik, socialisle (10/4) :

11 faul,souligner la position rdsoluc de M. Molotov
ct l'appui donned au point de vue polonais par M. Bi-
dault...
Mais la discussion au sujet des fronlieres de l'All'-
magne ne scr;i sans doute pas tcrminie A la Conf&-
rence de,Moscou. Nous pouvons nianmoins envisager
la suite des dcbals en toute tranquillity, persuades que
nous sommcs que leur conclusion sera la confirma-
lion de la fronlibre polono-ailcmarfde >.

3" Gazetn P olska, gouvernemenlale (11/4) :
<< Comme il elait a prevoir, M. Marshall, soutenu du
rest par M. Bevin; a mis cn cause notre fronti6re occi-
dentale et la souverainet6 de la Pologne sur les pos-
sessions historiques des rois Biasl.
A vrai dire, on ne volt pas tres bien A quel but pra-
tique tendent les attaques de M. Marshall; car, pour
autant qu'il s'agit d'une modification quelconque de nos
fronti49s de P'Ouest, il est hors de doute que M. Mars-
hall se rend tr6s bien compete qu'on ne sauralt s6rieuse-
ment y songer...
Le general Marshall nous l'explique lui-meme. Son
principal souci en l'occurrence n'est pas P'avenir de la








IUlLEflN Qt1OTIDM~N bE PRISSE ATRANIJGRE


Pologne, qui a tellement souffert pourtant de l'invasion
hitl6rienne, mais celui de l'Allemagrie. M. Marshall sou-
haiterait que eIs resources agricoles de nos regions
occidentales fussent destinies aux Allemands. Selou lui,
l'Allemagne ne saurait s'en passer, si elle doit sur-
vivre. Mais est-ce-que toute la propaganda allemande
d'avant-guerre en faveur de l'Oslhilfe (aide aux ter-
ritoires de l'Est) ne prouve pas, on ne peut mieu., que
les provinces centrales de l'Allemagne secouraient beau-
coup plus Ics provinces orientales qu'elles n'6taient se-
courues par elles ?
Le ministry ambricain s'inquibte de restituer A 1'Alle-
magne des territoires, naguere annex6s par elle, sous
un autre pretexte aussi : pour ne pas goner Ics d6mo-
crates allemands dans leurs lulte centre le natinna-
lisme. Certes, les propositions de M. Marshall out ici
un accent de noblesse, mais a notre avis le premier
devoir de tout d6mocrate allemand sincere est de repa-
rer les prejudices historiques inflig6s au course des siW-
cles a notre people. Au surplus, rien ne facilitera autant
la tAche des d6mocrates allemands qu'une denaziflca-
tion effective et la liquidation des trusts, aprbs laquelle
les d6mocrates de la zone anglo-am6ricaine soupirent
depuis deux ans.
Les considerations de M. Marshall sont done, non seu-
lement san's objet, mais encore contradictoires et par'la
force des choses d6nuues d'arguments positifs. 11 est
hors de doute que lorsqu'il s'efforce d'etre gen6reux
aux frais du carbon polonais, c'est seulement pour que
P'oi oublie que les pays europdens out 'drolt, en verft
dii pritrcipLe des ripazations, au carbon alnemntmd, ain
charbon de la Ruhr...
La manoeuvre du g6n6ral Marshall ne changera rien A
la situation. Elle provoquera tout au plus un resserre-
ment plus grand des liens entire les peuples qui furent
victims de aggressionn allemande et une unite plus
forte de la nation polonaise sur la question de nos pro
vinces de l'Ouest, oil se forget 1i puissance et Ilavenir
de notre Etat. La ligne de l'Oder et de la Neisse garan-
tit la security de 1'Europe et le d6veloppement de la
Pologne ,,
(A. KOWALSKI)


V. PRIESSII BELGE(


APILS .LE DI)SCOURS DU GIENEIl\L DE GAULLt (La Libre
Befique, 11/4) :

< Quoi qu'il en soit, il serait vain de se dissiinuler
la gravity de la decision du general, 1'iinporlance de la
lutte' politique dans laquelle elle peut longer la France
et I'importance des conflicts qui en r6sulteront. Le fait
est incontestable : la cr6atlio du R.P.F. va diviser la
France en deux blocs opposes 'un A l'autre. Peut-6tre
cette division s'averera-t-elle salutaire, a la longue,
peul-etre sera-t-elle desastreuse. II est difficile encore
de se prononcer sur cc point, car tout cela d6pendra
de la formne du nouveau movement et de ses me-
thodes. Mais les.tLutes r6centes decisions du Comit6
directeur de la S.F.I.O. nous permettent, d'ores el dbjAi,
de fair certaines'constatations sur des consequences
inevitables de l'initidtive du g6n6ral. Ces decisions, net-
tement-hostiles A cette initiative, indiquent clairement
que la grande majority des socialists conmattra ce
movement par tous les moyens et que, dans Atte lutte,
elle marchera la main dans la main avec le parti com-
muniste. D'of un rapprochement inevitable entire les
deux < partis-fr6res >, tellement souhait* par les com-


munistes et &vite, jusqu'ici, dans une certain measure,
par les 616ments mo'd6res de la S.F.I.O.
Sur les M.R.P. et Rasscmblement des gauches, l'initia-
tie du general de (aulle est appelC c h avoir des consd-
quences plus graves encore. Elle menace directement
leur existence >.



VI. PRESS SUISSE


AP'ltIS. LE DISCOURSE DU GlENIAIL. DLE GAULLE A STR.\S-
IOURG.
1. La Tribute de Genive (IW'4)
< A quoi ces efforts pourraienl-ils conduire le gene-
ral ? Une fois ecartee et nous l'ecartons toute
arriere-pensee de coup d'Etat, de Gaulle ne pourrait
viser qu'a Ctre d6sign6 r6gulierenent par l'Assemblee,
tors d'une crise minist6rielle future, come president
du Conseil. II serait alors, et selon la strict l1galit6,
un successeur de M. Ramadier pour autant, bien en-
iendu (et ce n'est qu'une supposition) qu'une majorile
parlenientaire fHt possible sur son nom. Tel nest pas
le cas, actuellemen-t, mais l'avenir esl toujours reserve.
Ma.is quoi ? Le general de Gaulle a dijh iJ'i au pouvoir.
II a pr&sid6 Ic gouvernement provisoire. II n'est plus
l'homni novus, en qui il est permis de fonder des es.
poirs incontr6lts. On 1'a vu a l'oeuvre. On connail
ses mtritls d'homini d'Etat, fort estimables, et t'on con-
nail aussi scs limiles. En 1945, sous un regime transi-
toire, il disposait mome de plus d'autorilt qu'il n'en
aurait niainlenani, sous l'empire de cette Constitution
qu'il n'admnet pas ct don't it devrait toutefois respecter
1'esprit et la lettre. 11 a jug6 preferable de se retire,
Sen janvier 1946, sans y Mtre constraint le moins du
inonde, et a cause des rivalitIs des parties; Ces rivalit6s
sont-elles moindres un an plus tard ? Ce qu'il n'a pas
pu faire alors, le ferai-t-il plus aisement aujourd'hui ?
Les difficulties qu'il a ]aiss6es A'ses successeurs, et que
ses successeurs lui laisseraient a leur tour devien-
draient-elles soudain et par miracle, plus 16g6res ? II
est peu plausible de l'imaginer >.

2) Neue Ziircher Zeihuing (10/4):

<< 11 n'esl nullement exclu que toules les discussions
autour du general de (Cjulle aient pour effet de prolon-
ger la vie du ministlre Ramadier. Au mois de mars,
le gouvernement a failli .tr6bucher lors du vote des cr6-
dils pour les operations inilitaires d'Indodhine. Les par-
tis associes savent maintenant que s'ils provoquaienl
uine nouvelle crise de cette espece, les rem.des parle-
nientaires habituels ne permettraient que difficilement
de rparer le mal. En cas de' chute du minist6re, une
question se poserait : les communists vont-ils' etre
completemenl exclus des positions qu'ils occupent dans
l'Etat ? Mais les socialists en pregnant d6s maintenant
position de facon Iranchante A l'6gard du general de
Gaulle montrent qu'ils cra.ignent .d'op6rer une conver-
sion. Quand au M.R.P., il ne semble pas dispose a se
laisscr placer devant une alternative susceptible, selon
lui, de con'duire uine aventurp e .
S '(Dfu correspondent A Paris de
la Neue Ziircle. Zeitung)

S. P.. Imp., 27, rue Nicolo. Paris 31.3009
Prix : 6 fr.




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