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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00068
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-D'INFORMATION
(&M3IsTERE DR LA JEUNE$SE,
'Do ARTS BT DES LETifRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris ,8').


B BULLETIN


DE


PRESS


3 avril 1947.


DES


QUOTID IE "



ETRANGJERE

Nouvelle S6rie No 6.35


SOMMAIRE

I. PPRSSE BRITANNIQUE.
a) Apres le discours de Bruneval (Neius Chruovice,
3/4).
b) Th6ses frangaise et britannique sur le carbon de
la Ruhr (Manedester Guardian, 3/4).
c) Les graves dans la Ruhr (Daily Telegraph, 3/4).
d) Les rapports anglo-sovidliques (Daily Worker,.
3/4).
II PRESSE A nRICAINE.
a) Aprbs le discours du gOnra.l de Gaulle (New York
Herald Tribune, 3/4, edition europ6enne). -
b) Un pliidoyer pour une cooperation anglo-ameri-
cnin, plus 6troite (New York Herald Tribune, 3/4,
Edition europ6enne).
c) Un anendement de M. Vardenberg ad project
d'aide A la Grace et A la Turquie (New York Herald
Tribune, 3/4).
III. PRESS SOVI&TIQUE.
IV, PRESS POLONAISE.
AprBs 1'expos6 du g6neral MarshalM la Conference
de Moscou :
1. Rzeczpostolita (2/4).
2. Slowo Powszechne (2/4)
V. PRESSED SUISSE.
La question constitutionnelle en Espagne :
1. Journal de Gendue (3/4).
2. Neue Zirether Zeitung (2/4).
3. Gazette de Lausanne (3/4).

I. PRESS BRITANNIQUE

Rseue de la press britannique du S avril 1947
1. La question du'charbon
question du carbon que la press de
Splupart de ses manchettes et de ses
u l et en relief trois faits important : 1 La
pk _CesW ydicats de mineurs d'une modernisation de
" MM.tninier; 2* Le succ6s de la commission de re.
tw d" in-i4'ouvro pour les mines annonc6 hier par


Sir Stafford Crippi; 3* L'etablissement d'un systme de-
rationnement du carbon pour 'la consommalion domes-
tique.
Sir Stafford Cripps a annonce 6galement la creation d'un
office du plan compose d'un nombre legal de repr6senlants
des syndicate. ouvriers et dui gouvernement; cet office dtu-
diera les moyens de mettre en oeuvre routes les resources
de I'bconomie national. D'apres oerta:ns journaux, un rema-
niement ministeriel pourrait avoir lieu prochainement A la
suite de opposition Tnanifest6e par un certain nombre de
d6put6s travaill:stes au -ujet de la conscript'oi.
La chronique cxt6rieure est tout cnti6re dominde par les
dvdnements de la Huhr et la Confdrence de* Moscou passe
ellc-mAme au second plan ppisque cinq journaux seulement
en font mention. 'I faut noter cependant un article du Man-
chester Guardian dans sequel Al. Werth oppose les theses
frangaLe et britannique sur le carbon de la Ruhr.

2. Ruhr
Plusleufs journaux donnent d'abondants ditalls snr lea
giRves des miners de In Ruhr et exposent It point de vue
britannique sur la situation.
Scion le correspondent du Times, la decision prise par
850.000 miners de .se me:tre en grWve au'jourd'hui scrait le
debut d',vdnements don't il serait d:fficile d'arrater le course
et qui pourra'ent avoir des r6sultals trb.s graves. Selon l'opli
union d'un official hritannique, cette greve consti'uerait e la
menace la plus serieuse des Allemands B l'egard de l'occu.
nation allide ,. En attendant, la production de carbon
continuerait & diminuer considerablement ct 1'un estime qfle
500.000 tonnes seront probablemcnt perdues en reason de
l'at-rt general du travail dlecrdtd pnur ce matin et les r4-
teentes groves locales. Ce mAme correspondent declare dga.
element que les mineurs feraient depuis quelque temps une
sorte de gr6ve perlCe.
Pour le enr spnondant ,li Manchrester Guardinn. la grAve
d'aujourd'hui porter h leur paroxysme les values d'agiaa-
tion publiques qui ont commence ii y a plus d'une semaine.
II fait 6tat lui au'si des declarations d'un offic'rl britan-
nique d'apres lequel I'armde d'occupation strait Impuissante
A arrdter la greve.
Le correspondent du Daily Telegraph s'gnale dgalement
que les agricuIeurs allemands ont .ahbof dtlihblri'dm t I.
ravitaillement des villes allemandes el que les responsables
allemands se sont refuses h donner des ordres impopulaires
aux fermiers de fagon h se concilier leurs faveurs en vit
des prochaines elections
Le Daily Mail announce en premiere page des manifesta-
tions de femmes au course desquelles celles-ci ont' ncourag6
leur mari i. se mettre en greve.
Le Daily Herald, qui public son article en premiere page,
declare que la cri.e aurait det dvitde si les allies avaient
maintenu lenU contr6le au lieu de le conaler A desi ARot
mands.


LA IVOCUMiNTAT1ON FRANCAI5EL


---










2 B.UL.LTIN QUOTID? N D9 PRWSSE E TrHA2GRE


3. Confdrence de Moscoau
Iies cotht'hifitaires de la press sont ce matin un peu plus
optimistes. Tos- les correspondants s'attendaient A ce que
les Quatre arrivent A se mettre d'accord sir l'aspect poliP
tique du probl6me allemand. I.s font remarquer que les mi-
nistres ont convcnu de creer une administration central
allemande travaillant sous la direction du Conseil de con-
tr&le et que celii-ci sera charge d'dlaborer une constitution
provisoire allemande avec 1'aide d'un corps consultatif alle-
niand.
Le correspondent du Times fait Rtat entire autres du d6sir
exprim6 par M. Bidault que la Sarre ne tombe pas sous
P'autorit, de administrationon eentrale allemande.
l correspondent du News Chronicle fait remarquer que
Pindicatiin la plus sire des progres de la Conference reside
dans le fait que les ministres out travaille avec acharne-
ment apres s'tre mis d'accord que tout ce qu'ils d6cidaient
sur I'aventr politique de 1'Allemagne presupposait I'etablis-
seinmet de 1'unit6e conomique.
W. N, Ewer, dans le Daily Herald, 6crit de son cotd que
la journde d'hier a marque un progres essential et que cette
fois-ci il existe des chances rdelles de paivenir t un accord.
Al. Werth, du Manchester Guardian, met en presence les
thdses frangaise et britanpique sur le carbon de la Ruhr.
(Voir Particle plus loin.)

4. France

Le Times, le Manchester Guardian, le Daily Telegraph, le
News Chronicle, le Daily Express rdservent de courts articles
a I'entrevue qu'a eue le president Ramadier avec le g6ndral
de Gaulle.
Le correspondent particulier du Times faith 6tat de la
tension politique qui s'est manifesto m en France et renmarque
que la visife de M. Ramadier ia Colom.bcy-les-deux-Eglises
est le premier contact official qsi a eu lieu cntre !le gou-
vernement francais et le g6ndral de Gaulle depuis la demis-
sliii d eelui-ci en janvier 1946. I1 estime que ce n'est guere
par hasard que le genOral' de Gaulle semble jouir de P'appui
de tons coux qui voient dans la constitution de la IV" Rd-
publique et sa tendance vers la creation d'un nouveau cadre
social, une tendance qui doit 6tre 6cart6e a tout prig.
Tous ces journaux signalent que lo gouvernement s'at-
tache A distinguer dans ,le g6ndral de Gaulle, d'une part le
premier resistant de France auquel sont dus tons les hon-
neurs, d'autre part I'homme politique, auquel ces mcmes
hohnneuts doivent 8tre refuses.
Le correspondent du Manchester Guardian dcrit a cc sujet
que le neeud du probl6me reside dans la position tout a fait
exceptionnelle du gdndral de Gaulle en tant que premier
resistant de France. II apparait toujours en uniform et a
deux officers attaches A sa personnel comme aides de camp.
.11 estime dgalement qu'il est absolument en droit d'exprimer
ses vues sur la situation politique lorsqu'il le veut.
W. Forest, du News Chronicle, met egalement l'accent sur
la dualit6 de ih personnel du general de .Gaulle et estime que
.4 le resultat le plus net est que le g6enral de Gaulle e n'en-
tend pas se laisser museler ,, mais, ajoute-til, dans l'avenir
il devra y avoir deux de Gaulle : le politician et le lib6-
rateur. *
Le Daily Telegraph public une ddepche de derniere here
annongant l'cnvoi de troupes adroportdes de la RBunion a
Madagascar et la proclamation de 1'6tat de siege dans dix
districts de 'ile.

6. Grce

La mort du rol de Grece a presque cessd d'intdresser la
press. ,La plupart des correspondents A Athenes se bornent
-A announcer que ambssadeur de I'U.R.S.S. en Grce est rap-
pel6 A Moscou.
Le correspondent du Times croit que cette decision a 6t4
Sprise en reason de la r6puguance qu'avait ce diplomat it
assIster aux funerailles du roi. Selon une d6pAche Reuter
pubklii pat. le Manchester Guardian, ce depart serait cause
par r'attitude anti-sovietique de la press grecque.


,6. N. U.
Lo correspondent special du Daily Telegraph announce que
de hautes personnalites de 1'O.N.U. ont refute les all6ga-
tions port6es centre M. T. Lie et des membres de la Corn.
mission de I'O.N.U. aux Balkans selon lesquelles ceux-ci
favoriseraient la politique sovi6tique dans cette region.

7. Japon

iLe TVines, le News Chronicle signalent que le gouverne-
ment japonals approuverait la resistance passive aux ordres
du g6ndral Mac Arthur. L'6puration n'aurait pas 6td menee
avec assez de vigueur dans administration et certain 416-
ments mettraient 4 profit 'inflation actuelle. Le correspon-
dant du Times 6crit que le changement subit d'attitude des
milieux allies, qui jusqu'A maintenant n'avaient pas trouvd
a redire au gouvernenrnt Japonais, mnonre clairement que
le allies se rendent compete de 1'etat d'esprit des chefs
japonais.

a) APRnS Ji DISCOURSE DE BRUNEVAL (News Chronicle,
liberal, 3/4) :
c Le general 'de Gaulle avait entierement le droit
d'exprimer sa miefiance a 'P gard des communists. I1
est evident que son point de vue a cet 6gar d est partage
par la plupart des autres groups de I'opinion publique
frangaise, y compris les socialists. Mais la critique
severe qu'il a faite de tous les parties, organs de 'divi-
sion et de decadence, et ses attaques centre la nouvelle
Constitution de la IV" Republique ont profond6ment
.mu la majority des Frangais et les amis 6claires de la
d.mb6cratie franchise 'dans le monde entier.
La recente r6volte des communists centre ia poli-
tique militaire suivie en Indochine a montre que dans
les consequences les plus difficiles a imagine, la nou-
velle Constitution pouvait supporter l'epreuve *d'unp
violent crise ministerielle. La clause qui oblige a at-
tendre 24 heures avant de passer a un vote 'de conflance
on 'de censure, s'est averee excellent. Les pouvoirs du
president que de Gaulle aime tant critiquer ont aussi
etW exerc64avec advantage. Le gouvernement de coalition
est sorti de cette crise 6branli mais intact.
Il est possible qu'il y ait 'des divisions en France. A
un degr6 plus ou moins grand, c'est l'une des caract6-
ristiques des pays les plus 'd6mocratiques aujourd'hui.
Mais 1'etat d'esprit d'e intoxication febrile > (que
M. Blum a attribute a un grand nombre de partisans du
general de Gaulle) ne constitute pas l'atmosphrre id,6ale
*pour mettre un term A ces divisions.
L'appel lance par le general de Gaulle pour un rallie-
ment sous i le seul 'drapeau de la France 3, conjuguP
uavec son attaque centre la Constitution, resemble
6trangement A un appel sous l'unique 'drapeau du
general de Gaulle .

b) THESES FRANCAISE ET BRITANNIOUE SUR LE CHARBON
DE LA RUHR (Manclh star Guardian, liberal, 2/4) :
<< La France et la pussie auraient accuse la Grande-
Bretagne de s'8tre octroye la part du lion dans l'indus-
trie allemande et 'de vouloir la conserver sous une former
plus ou moins ddguisee. Les Britanniques rapondraient
A cela : 1) que les rapports sur la production de la
Rihr contenaient: des chiffres superieurs A la reality ;
2) qu'ils ont autoris6 les Francais, d6s le debut, a im-
porter plus de carbon de la Ruhr qu'il n'etait vraiment
possible.
Les Francais 'demandent A importer dd carbon de
,la Ruhr pour se livrer A la fabrication .de 1'acier en
France mkme. Les Britanniques rejettent ce plan fran-
cais qu'ils estiment absurde : << Si 'vous imported de
1'acier en Allemagne all prix fort, objectent-ils, comic







BWULUTIr OWOTIDIMK Ii PRESS ITRmANOARE


onent pouvez-vous 4tablir une balarre conveable des
paiements? ,
Les Frangais d6dlarent que 17 millions de tonnes de
eharbon de la Ruhr sont gaspill6s chaque annbe en
Allemagne et que cette seule quantity suffirait A satis-
faire aux besoins de la'France. Les Britanniques r6pon-
dent que ces estimations ne se fondent pas sur 'des faits
pr6cis, mais reconnaissent toutefois que les conditions
actuelles de l'Allemagne rendent inevitable le gaspil-,
lage' du carbon. (Les chemins de fer sont en mauvais
.tat et le traffic est encombr6, en outre la fraud est
inevitable du fait qu'il n'y a pas d'allocation r6gulibre
de carbon pour la consommation domestique.)
Les Francais d6clarent que la faiblesse de la produc-
tion de la Ruhr s'explique en grande parties par la poli-
'tique britannique de laisser-faire et de nAgllgence,
tandis que 'dans ja Sarre les m6thodes francaises ont
donn6 des r6sultats satisfaisants. Les Britanniques r6-
pondent : c L'exemple de la Sarre ne signifle rien. Ses
27 pults sont, intact tandis que la majeure parties de
ceux de la Ruhr sont r6duits. D'autre part, 1'i'dWe de
militariser les mines en postant des sous-offlciers bri-
tanniques et surto-ut fran au propre, soit au figure, ne ferait qu'irriter les Alle-
mands et diminuerait leur rendement ,.
Les Francais se plaignent enfin d'avoir A payer le
carbon de la Ruhr. Les Britanniques rpo.ndent'que le
carbon ven'du A la zone franchise est encore nay. en
marks, mais que les Francais devront ipeut-Atre 'e payec
en .dollars a I'avenir, A moins qu'ils ne joignent leur
7one A la zone anglo-am6ricaine et qu'ils partagent le
deficit ,.

c) LEs GntvES DANS LA RUHR (Daily Telegriph, conser-
vateur, 3/4) :

a Si 1'on veut bien se souvenir des districts industries de In zone britannimae ont vecu
au jour le jour tout an long de cet hiver extr&mement
rigoureux, les manifestations actuelles qui out pour
objet de protester contre la pInurie de vivres doivent
Atre considerAes dans l'ensemble comme une reaction
sans gravit. .
Le fait que ces demonstrations se produisent just
au moment de la Conf6rence *de Mosrou fait in6vitable-
ment sounconner au'a l'orinine de ces demonstrations,
il y a des manoeuvres politicues. TI ne semble pas
qu'on ait 'de slides raisons nour accenter cette ma-
niore de voir. N6anmoins. 'le fait moe 20.000 tonnes de
carbon par jour aient WtA nerdues di fait de ces arrvves
non autoris6es par les svndicats et daclenches A cause'
de 1'insufflsance des rations alimentaires pent fournir
sans doufe des indications sur la reaction ornhable du
people allemand' devant les exigences formulees pour
obtenr des reparations pr6lev4es sur la production
courante.
Le mineur de la Ruhr sait tres bien que sa prodic-
tion Aquivaut a unn exportation ani doit solder le prix
des importations en vivres; ce fait ,etait mis en evi-
dence au meeting ten hier A Bochum oa l'on deman-
dait que les rations supplDmentaires attributes aux
miners oour leur permettre d'extraire davantage de
charbon fassent l'obiet d'importations suppl',mentaires
et ne soient plus allou6es aux d6pens des autres con-
sommateurs allemands.
Les Britanniques pourraient r6pondre en toute 6quitt
que la plupart des rations qu'ils touchent actuellement
le sont aux dppens 'du contribuable britannique. 11
semble qu'on ne se rende pas compete er Allemagne des
'sacrifices que fait 1Angleterre pour maintenir A son
niyeau aotuel le mdiocre standard de vie -des Alle-
mands 3.
*


d) Los RAPPOIRTs ANYLO-SOrtTIlavS (Dacu, Wtkw.
communist, 3/4) :
Une certain inquiAtude A l'6garrd de ia politiqre
6trang6re du gouvernement, en particulier n ce .qul
concern son attitude A l'egard 4e l'Union Sovi.tique,
s'est emparke des membres du parti travailliste. Elle
s'est tranuite dans le grand nombre de suffrages hostile
au project de loi sur la conscription.
En attaquant ce project dans leurs discourse at en
votant conire lui, les rebelles travaillistes d6fendalent
les intar&ts viritables du people britannique car le re-
dressement 6conomique de la Grande-Bretagne est sabot6
par la politique anti-sovittique que suit le gouverne-
ment en cooperation avec la reaction am6ricaine.
Le nombre considerable des effectifs britanniques
actuellement mobilises n'arrAte Ipas expansion ruse,
car on n'envisage pas une chose semblable, mais .i
arrefe I'expansion de la production britannique et du
commerce exttrieur,9 et crAe une situation qui obligera
le gouvernement A demander un nouveau pret aux
Etats-Unis, pret qui ne sera accord que sous certaines
conditions a.

II. PRESS AMERICAINE


Revue de la ptesse amirfoaite dt 2 april 1947
1. Confirnce de Moscon'
Dans la press americaine du 2 avril, tons les correspon-
dants s'accordent pour declarer que la stance secrte. qu'oat
tenue. bier, les quatre ministres des Affaires dtranrt~na
a about A une impasse. Dans le New York Times. Middleton
remarque qu'nprbs trois heures et demte d'une Apre discus-
sion, qui n'a entratnd aucune decision sur lea questions
relatives an niveau de l'industrie allemande et aux rtpara-
tions. les quatres ministres ont decide de s'attarquer domain
au probl6me du.futur gouvernement de IAllemagne.
Egalement dans le New York Times, un article sonsacr6
A'la Conf6rence de Moscou reproduit les declarations Taites
par M. Dulles indignant qu'il soutient la politique sulvie
par le gdn6ral Marshall. L'auteur de cet article observe que
M. Dulles et M. Cohen repr4sentent ce qu'on peut appeler lei
membres de a la section pro-frangaise a & l'intdrienr de la
delegation emericaine. C'est-h-dire qu'ils voudraient qu'on
construisit une France forte en meme temps qu'une Alle-
magne dEmocratique, et qu'ils consid6rent que si un cheix
doit Ptre fait entire ces deux solutions, e'est en favour do
la France qu'il faut le faire.
Poursuivant son etude sur le m8me ton, le journalists
ecrit ensuite e c o'on pent appeler c la section pro-
allemande ) 'e la delegation americaine eat menie par le
general Clay et l'amiral Murphy. Ceux-ei ne se considirent
en aucune faCon comme pro-allemands. mais veulent cepen-.
dant faire soitir de l'pave du troistime Reich un Etat
democratiqne.
Dans son dernier article. Sumner Welles passe en revue
les differentes propositions amsricaines, russes, anglaises et
franchises. qui ont et6 faites jusqu'B present an. sufet du
future regime, de l'Allemagne. 11 estime que le project ami4
ricain paratt accorder une autonomic locale suffisante aux
divers Etats allemands, tout au moins sur le paper. Mais
11 ajoute cependant que ces fahilesses no sont que trop appa-
rentes. En effect. les Etats traditionnels allemands ont perdu
peu &' pen leur autoritd gouvernementale de 1870 A 1933,
et n'en out plus eu du tout aprbs I'arrivee d'Hitler an pou-
voir. Le.particularisme qui etait si fort a un moment donn6
en Allemagne du Sud, en Saxe et en RhEnanie perdit alors
de sa popularity : seuls les plus Ages des Allemands talent
a mmme d'en appricier les avantages. II est vain de penser-
que, si les Allemands adoptaient maintenant une constitution
batie sur le module de cello des Etats-Unis, ils deviendraient
pour autant les zeles d#fenseurs des droits des Etats. On ne
pent rdtablir nn veritable system federal en Allemagne
sans que les Allemands de domain soient convaincA que
leurs intedrts seraient mieux defended dana un Etat auto-





4- BULLETIN QUOTXDIEN DE PRkSSE ATRANGARE


ome. II est Impossible .d'implanter la conviction contraire,
s~ns que les Allemands d'aujourd'hui fassent eux-memes
experience, pendant une longue pcriode, de gouvernements
ocaux Ind4pepdants, et lilbrds de tout contrOle venant d'un
oidvernement national.
L'auteur deduit de cette analyse que la proposition fran-
gaise sur ce point est de beaucoup la plus sense, et que la
senle note realiste qui ait eti donnde a Moscou est venue
dit ministre des. Affaires 4trangres frangais. A son avis, le
Iouvernement frangais lance un grave avertissement en
d6clarant qu'il est beaucoup trop t6t pour retablir un gou-
vernement national allemand quelconque, ou pour permettre
aux Allemands d'adopter une constitution definitive. II pro-
pose que la reconstitution de l'Allemagne soit limited pour
I'instant au d6veloppement de gouvernements municipaux
et d'Etats feddraux. Les democraties occidentales se rendront
compete plus tard que sur cette importance question c'est
16 gouvernement frangais qui a toujohrs raison.

2. Affaire grecqae
La mort du rol Georges de Grece provoque un certain
nombre de commentaires dans la press amrricaine. Celle-ci
estime en general que son successeur, le roi Paul, quf ne fPt
pas associd a la dictature Metaxas, sera mieux accueillie par
l'opinion ameficaine. Dans son editorial. le Washington Post
remarque cependant que les mgmes el6mnts fascists et
corrompus qui ont influence le rol Georg6s continueront &
exercer une pression sur son successeur. L'auteur de l'article
ajoute toutefois que Ianmort duaroi Georges permettra au
gouvernement amnericain, maintenant qu'll a et6 invite A
sauver l'independance grecque, de travailler avec un person-*
nage qui ne pprte pas les marques d'impopularitd qui dtaient
cel!es de son prdd6cesseur. Dans un sens, notre tAche sera
plus facile et on peut attended que ce changement accroisse
lea chances des rdpublicains en Grace, quand les r6formes
qui accompagneront notre aide auront influence la politique
et 1'6onomie de la Gr&ce.
La press met surtout en evidence la proposition faite par
M. Byrd, senateur dkmocrate de Virginia, en vue de provo-
oer des ddbats A I'O. N. U. sur I'affaire grecque, plut6t que
Strainer celle-cl de manibre unilatdra'e. Une resolution
dans ce sens a 6te presented par le senateur qui l'a (efendue
nf d clarant nctamment que, s'il plait lan Russie d'exercer
mbM droit- de veto. qu'elle le fasse, les Etats-Unis auront
Alora une explication avec elle ; et si cela est ndcessaire, ils
prendront des measures pour abolir le privilege du veto. Si ce
faith avilt pour consequence que la Russle se retire des
N-ations Unles, II est bien prerfdable qu'elle le fasse mainte-
iant, puisouan tant ryu'ellr cont!nuera A employer une tac-
ttque d'6?oTvme et d'obstruction, on ne pourra pas esperer
que l'O.N.,U. soit un ve'ritab'e in::trument au service de
la paix mondiale... Si la Russie est et pmrsiste a etre une
ennemie des pennles libres. il vaut inieux qu'elle soit en
*ehbors de la famille rePs Nations, plut6t qu'au sein de cette
famille. Si les Etats-Unis ne peuVent pas s'entendre avec
elle : an quoi bon lul donner des apaisements autour d'une
table de Consetl comme nous l'avons fait dans le passe, ren-
forcant ainsi, par lh-nime, 'son jeu avant qu'elle n'ait
abattu sea cartes P.

3. Nouvelles de France
Let eorewpondants du Baltimore Sun, du New York
Belid Trtbuie et du New York Time Indiquent que le
pirtSi ieoimuniste a annonci son intention d'ouvrir les debats
A ''Assembl]e national au sujet du discours prononce par
le gdndral de Gaulle a Bruneval. Ils notent dgalement que le
jouvernement a ddc!de d'autoriser que les honneurs mill-
talres soiuet rendus au general, mals qu'il l'oppose A ce que
les repr&aentants du gouvernement assistant A ces ceremonies
oh' 11' preddra la parole. Witheomb constate que le gdenral
de Gaulle rdissit B cr6er l'unanimitd de opposition de
tous les groups politiques a, et, apres avoir rappele toutes
les rumeurs qui circualrent sur les intentions politiques du
ghnral, 11 conclut :. T.e discours de Strasbourg apportera
peut-itre un novel element, mats, pour le moment, ]'opinion
gnderale demeure qu'un printemps agrdable entrainera la
Pihanc & suivre sa bonne vieille politique du dur travail
de M. Namadler ,.


Des d6p6ches du New York Tine) et du .New York iHeidd
Tribune signalent l'envol de uenforts adriens et de tr npes
mra'aishes A Madagascar pour eombattre la rdvolte qui se
seralt 4tendue dans plusieurs point de 1ile.

a) APRIS LB DISCOURSE DU GiN*IRAL DE GAULLE (New
York Herald Tribune, 3/4, edition europ6enne) :
< I1 semble evident que le g6n6ral de Gaulle a de
tres nombreux partisans. On ne pensait pas que sa
decision de rompre le silence qu'il avait observe pen-
dant les quatre derniers mois aurait un tel retentisse-
ment. Ce qui inquiete surtout la gauche c'est, semble-
t-il, qu'elle' cheiche & savoir quels sont ses partisans
plut6t que les decisions que le g6unral de Gaulle ipourra
piendre. De grandes affiches annongant sea discours
Sont r6pandues A profusion dans tout le. pays, ce qui
indique qu'on ne n6glige rien pour en faire de nouveau
une figure de premier plan 3.
(WILLIAM J. HUMPHREYS).

b) UN PLAIDOYER POUR UNE COOPERATION ANGLO-AMBRT-
CAINE PLUS ATROITE (New York Herald Tribune.
3/4, edition europeenne) :
a 1R est vraisemblable qu'on fera dans un proche ave-
nir un serieux effort pour parvenir A un accord plus
complete avec la Grande-Bretagne pour adoption d'urA,
politique commune dans le domaine international.
Nous gaspillerons notre argent en GrBce et en Tur-
quie si la situation s'aggrave en Iran, en Irak, en Syrie,
en Transjor'danie ou en un point quelconque du Moyen-
Orient. Il existe certaines regions oi I'influence ambri-
caine est d6ja'plus grande que celle de la Grande-Bre-
tagne, come c'est le cas en Iran. II y en a d'autres oit
nous n'avons pas encore penktre. Nous ne pouvons pas
tout faire, pas plus que les Britanniques d'ailleurs. De
plus, la situation est en pleine evolution du fait que les
Anglais effectuent sur une large .chelle un repli stratW-
gique, conformdment. au plan de 1'Etat-Major g6enral
britannique. Ce plan situe en fin de compete les princi-
pales bases britanniques en Afrique orientale en laissant
seulement quelques bases avanches en Transjordanie et
en Irak.
Dans ces conditions, un plan.l'action commune cons-
titue une necessi6 imphrieuse. L'~pineux probl6me pa-
leatinien doit 6tre regle. It faut itablir des programmes
cnncert6s pour faire rkgner la stability Bconomique et
politioue -dans tout le Moyen-Orient.
II n'y a pas de raison de se montrer alarms du fait
qu'on ait compris assez tardivement que la Grande-Bre-
tagne et les Etats-Unis doivent s'associer. Ce qu'on veut,
ce n'est rien qui resemble A une alliance on t un
trait. Le but du rapprocherpent 'des deux pays c'est
que chacun d'eux connaisse exactement la position de
l'autre et la fagon don't ils peuvent travailler ensemble
pour le bien commun ,.
(JOSEPH-ALSOP).

C) UN AMENDMENT DE M. VANDENBERG AU PROJECT D'AIDE
A LA- GRACE ET A LA TUROUIE (New York Hearld Tri-
bune, 2/4) :
a Le ravitaillement les paysans grecs, les gukrillas
qui ensanglantent eles months de la Macedoine, l'activitk
des sp6culateurs ath6niens ne constituent pas des
probl6mes que les Nations Unies sont en measure de
regler. Investir 'des capitaux important en Gr6ce n'est
pas du resort d'une organisation international; de
meme il peut etre necessaire pour faire face aux rbper-
cussions que peut entrainer la mort du roi Georges de,
prendre des measures rapides que 'O.N.U. par sa nature
m6me n'est pas capable de prendre.









BULLETIN QUOTIDIAN DE PRESSh, ETRANGARE


fLe tnatsur.'Vasadetaberg :reconaaissant ~ quel -point
on se-preoceupe 'du fait que I'O.N.Ul 'n'ait pas ~t con,
sultCe, a fait-'anee de ces propositions senses don't ii a
le.secret.En vertu de cette.,proposition, le programme
d',lide ila.-,Gr.ce et A- la Turquie pourrait etre retire
A la suite' d'un vote i de procedure a to'est-t-dire un
vote auquel les Etats-tJis, -ne pourraient opposer leur
veto), A I'O.N.U. Tout en reconnaissant 1'autorit6 toute
puissante de I'O.N.U. cette, proposition ne laisserait pas
le programnei d'ai'de a la merci des divisions inti-
rieures.'de. cet-organisme. C'est une suggestion sage et
constructive, qui aurail t.d accompagner la proposition
originale: mais bien qu'elle rggle le problbme de 1'O.N.U.
elle ;ne rkgle certainement pas en elle-mnme le veritable
prebl6me, c'est-A-dire celui de ]a Grkce et de la
Turquie. .


IIL PRESS SOVIETIQUE

Revue de la press osa.itique du 2 avnil 1947
Les rubriques de politique 6trangere, qui occupent deux
pages ei demie en moyenne, sont constitutes pour l'essen-
Oiel par trois groups de d6pches Tass : les reunions du
Conseil des minlstres, le discours du markchal Tito i la
Skuptchina yougoslave, I'article de Harold Laski sur le
message du President Truman.
Sous des titres discrets, les journaux annoncent, d'apres
une d6pech Reuter la mort de Georges de Grt e et.la dbsi-
gnation du prince Paul A sa succession.
Rdunion da Consewl cdes nainistres
a) Reunions du 31 mats 1947 : texte integral des ddcla-
rations de MM. Marshall, Bidault, Bevin et Molotov. La dd-
claration de M. Molotov est sous-titree conmme suit : v La
question des reparations s a, a Notre droit aux reparations ,,
e L'AIlemagne dolt r6parer les dommages causes P, 4 Niveau
de l'lndustrie idllemande %t reparations i, n L'unite dcono-
mique de 1'Allemagne et les puissances allies e.
b) Rdunions dnl 1" avril 1947 : le ler avril, s'est tenue
une reunion restreinte du Conseil des minister des Affaires
Utrang6res. On y a discuti la question du niveau (d, l'indus-
trie allemande et des reparations ; il n'a pas et6 pris de
decision ; la prochaine stance se tiendra le 2 avril.
c) Ruhnion des adjoints : la majeure partie du comptc
rcndu est consacrie aux interventions de M. Vichinsky tou-
chant les questions poses i M. Rueff. L'agence Tass les
resume ainsi : comment sont rdparties les fournitures ct
notamment lea navires de commerce ? Quelle est la some
global des brevets d'invention qui doivent 6tre repartis ?
M. Rueff n'a pas donnd de r6ponse directed, se bornant i
repeter les rensoignements connus de tous. Touehant les
principles selon lesquels sont effectu6es les reparations, les
d6l6guds de Grande-Bretagne et de France n'ont posd aucune
question B M. Rueff. %


IV. PRESS POLONAISE


APRES L'9XPOSI DU GENERAL MARSHALL A LA CONFERENCE
DE MOSCOU.
1. Rzeczpospolita, officieuse (2/4) :
o La question des territoires occidentaux est avant
tout un probleme sp6cifiquement polonais. II a djis 6tW
jug6 par'la nation et se trouve exclu de toute discus-
sion.
A l'appui de sa (6claration. le general Marshall a in-
voqu6 la necessity de faire participer les riches regions
de Sil6sie A la reconstruction 6conomique de 1'Europe.
Si nous devons la prendre A la lettre et qu'en parlant


de l'Eui;opeson auteur n'ait pas.eu. e4.yuil'Alle=agne. _
nous estimons, que M. Marshall ne dolt pas isnorer qqe
la contribution de. otre charbou, l'industrie de per-
tains .pays est d6jA .suffisanatent sensible. Plus_ tad,
nous exporterons aussi des ldenrs alimentairs, et des
produits industries, nos propres besoins uae, fois sa-
tisfaits. C'est mme. l1 un. des e16ments iconstituifs. dei
notre Bconomie, avec cette reserve, to4tef.is, que nous
nous .kisserons guider avant tout paIr le sQuci .de nips
propres- besoins et inltrkts. ..

S2. Slowo Powezechke, catholique (2/4)
Slinteiventiosi de M. Marshall t6ifioigne d'dine tac
tique habile. 1i sait tr6s bien que V"tat de chcSes da.s.'
nos territoires recouvr6s est un fait accompli. 'I est
trop rompu aux chose ;de la. politique potr defendre
jusqu'au bout une position perdue. II s'agit plut6t de'
pr6paret une action d'envergure centre l'engim6elb-'es
accords de ,Potsdam. Cela ne signifie pas que I'Amn-
rique et la Grande-Bretagne veuillent revoir ces rfgiosis
en possession de 1'Allemagne. Elles recbnnaissent en ge-
neral la l6gitimit6 de notre & obstination mafs elles
voudraient negocier un compromise don't 6videmment'"
nous supporterions les frais.
Pour ce qui est, par contre, de la partidipat.iot de
notre Bconomie au .rel6vemerit de la consommatoh 'etl
des changes commerciaux en Allemagne comnie ail-
leurs, c'est'toujours volontiers que nous protons l'oreille
aux propositions, non pas ddemagogiques, mais con-
crtes.. Elles doivent s'accorder, ndanmoins, avet notre
plan d'exportation, car ifous ne consentirons janmais i
ce que ]e re8bvem'ent 6eoonomque de 1'Allemagnp puisse
s'effectuer plus rapidement que celui de la Pologne et
des autres pays de la ruine desquels tons les Allemands
sont responsables.


V. PRESS SUISSE


LA QUESTION CONSTITUTIONNELLE EN ESPAGNE.
1. Joaruia' 4e Genuve (3/4) :
t Le g6n6ral Franco a toujoars affirm qu'il etait
partisan de la monarchies; toutefois et ce fut 1 Ie
niotif profound dde son dissentiment avec le pr6tendant
au tr6ne il la consid6re non comme une institution
en soi, mais comme une piece dans 1'organisation qu'l..
a cre6e.
I1 suffit de lire le singulier texte qu'il va soumettre A
l'approbation des Cortes pour cbnrstater qu'il refait de
l'Es.pagne un ,royaume en pregnant toutes precautions
pour qu'un roi ne puisse pas y r6gner, car jamais un sou-
verain ne pourrait accepted les conditions qui lui sont
poses. Ce texte ne tient compete ni des aspirations
populaires, puisqu'il ne sera soumis a aucun plebiscite,
ni du caractere traditionnel de la monarchie. !' impose
ainsi au pays un system qui derive .'des .conceptions
phalangistes, et il replace le principle essential de la
royaut4, celui de la continuity, par un mode d'l1ection
qui en est la negation absolue.
II convient d'ailleurs &de noter que le g6n6ral Franco
s'est sacr6 premier president *du royaume : il d6tient
ainsi le pouvoir un peu A la mani6re de 1'aniral Horty
qui fut regent de Hongrie. II n'y a done rien de change
en Espagne, Ai de n'est 1'appellation de l'Etat; et il
semble bien que le Caudiillo restera i la tIte du pays
aussi longtemps qu'il vivra, a moins que des Bvene-
ments le forcent A s'en aller. S'il partait volontalre-
nent, il serait sans doute le premier dictateur qui eit
abandonrid les prrrogalives qu'il s.'est arrog6es. On nei









6' BULLE-Ir) QUONDIEN DE PBESSE ATRANOGPBE


pensl pas qu'il 6prouve le moindre d4sir de crber un
example memorable.
Ce que le texte r6gle, c'est la succession. II appar-
tiendra a un Conseil de r6gence de slept membres si-
geant avec le gouvernement de designer soit un roi,
soit tun regent; et leur choix devra 6tre ratifi6 par lIs
deux tiers des Cortes. Le project dit que a sera appelee
la personnel de sang royal la plus qualified r6pondant
oaux exigences de la loi 3. II est curieux de constater
que le g'nbral Franco qui, dans sa correspondence avec
Don Juan, l'avait toujours qualifi6 d'hAritier 16gitime
.de la couronne, n'accepte plus I'ordre natural de suc-
cession et donne A un college la possibility de chisir
qui bon lui semble.
Si aucun membre de la famille royale ne remplit les
conditions voulues, une personnalit6 prise en dehors
'd'elle pourra Wtre blue en quality de Regent.
On voit que la royaut6 telle que la congoit le general
Franco ne manque pas d'originalit6. On peut meme etre
certain que le pr6tendant au tr6ne trouvera qu'elle ne
s'accorde guere avec le caractere m6me d'une-monar-
chie don't I'avantage essential est la stability. Si A cha-
que vacance, il faut recourir a une election, les bien-
faits resultant de la permanence de l'institution royale
disparaltraient, et A tous les sujets de division qui 'exis-
tent en Espagne s'ajouteraient les &pres luttes autour
,duc'hef de 1'Etat. 3
(RENA PAYOT.)

2. Neae Ziircher Zailung (2/4) :
e La brusque initiative de Franco est bien caractk-
ristique de ses m6thodes politiques. Nous arons a plu-
sieurs reprises fait observer ici que le Caudillo n'avait
jamais pris au serieux 1'instauration du system
a fasciste en Espagne don't il avait adopt les formes
texterieures. II ne prend sans doute pas plus au sdrieux
les institutions monarchiques. De meme qu'un jour il
fondit la Phalange et le traditionnalisme a'essence pro-
fond6ment diff6rente en un a parti unique a auquel
ill retire peu A peu toute influence reelle, de meme au-
jourd'hui il unit des 6elments qui s'excluent mutuelle-
ment. On ne peut s'attendre a voir sortir de son initia-
tive des, institutions viables et d'ailleurs telle ne doit
pas Atre son intention. Le but de Franco avec ce coup
d'bchecs es4 bien plut6t, dans une p6riode de malaise
sur le plan de la politique int6rieure et sur de plan
Bconomfauqe, .de faire un geste qui apparaisse conime
une promesse de continuity et qui mette fin a la dis-
cuSsion publiquement engage sur le regime future.
On ne serait pas surprise, toutefois, ,que le r6sultat
fit exafctement inverse. Le caractere d'improvisation
propre au regime Franco avait rendu a des monarchis-
tes comme A des r6publicains la collaboration avec le
Caudillo relativement facile. Les deux parts, en effect.
y vbyaient la promesse que leur ideal pourrait quelque
jour passer dans la rTalit6. C'est fini maintenant. Cette
solution hybride apparaltra unacceptable aussi bien aux
monarchistes qu'aux r6publicains. Seules 1'Eglise et


1'arm6e, les deux pliers slides du systfme politique
dte 1'Espagne, voient leur influence effective soulignbe
par les dispositions du texte constitutionnel.
Les relations entire 1'Espagne et le reste du monde
ne seront vraisemblablement pas infltiencres par la
proclamation de Franco. Les adversaires du regime qui
vivent en France et des gouvernements qui attendant
,des avantages d'un bouleversement en Espagne conti-
nueront leur lutte contre le .general Franco, qu'il exerce
ses functions ccmme chef de a l'Etat espagnol a ou
comme chef du royaume d'Espagne ,. En fait, il
depend de l'bvolution conomique que le regime Franco
puisse resister l'intbrieur et A& 'exterieur. S'il rbussit
A arrAter la d6pr6ciation mon6taire, A rem&dier pen a
peu au manque de denres alimentaires et d'objets de
consommation .courante, a realiser son grand pro-
gramme de reformes sociales, ,alors opposition int6-
rieure ne conservera plus que de faibles chances *de
provoquer -des changements A bref 'dlai. En mAme
temps disparaltrait la possibility d'un renvers'ement du
regime grace A une pression .exterieure. On peut con-
siderer comme significative A cet igard 1'volution des
relations entire 1'Espagne et ia NorvBge qui, aussi bien
par 'organe de son propre ,gouvernement que par la
voix de M. Trigve Lies, s'6tait place A la tate de l'agi-
tation antifranquiste. Au moment oil Madrid fut en
idesure de menacer la Norv6ge de measures de retorsion
6conomiques, Oslo abandonna son attitude combative.
Op, fera bien Ide ne pas. accorder trop d'importance
aux nouvelles concernant le changement constitution-
nel en Espagne. I1 est possible que tout ce plan tombe
dans l'oubli et que les .venements de la p6ninsule sui-
vent une voie toute diff6rente. a

3. Gazette de Lauascane (3/4) :
< Les Cortes, of domine la Phalange, ratifieront, on
peut le supposer, le project de Franco. La Phalange
cherchalt, en effet, A reagir ces dernfers temps contre
une certain lassitude engendree phr les.coups que le
regime avait recus de 'extbrieur. Ce programnme cons-
titutionnel pourrait aussi 9tre destiny & ranimer quel-
que peu l'enthousiasme, en suscitant un nouvel intdrAt
pour le regime.
Du point de vue international, la decision de France
ne change rien aux donnees fondamentales ,du pru-
blbAme espagnol. Dans les milieux de 1'O. N. U., on
declare, bien entendu, que I'attitude des Nations Unies
reste la meme. En realitd, la manoeuvre de Franco
n'aura de repercussions sur les affaiies internationales
que dans la measure oh elle favorisera en Espagne soit
les menbes rbvolutionnaires de la gauche, soit le retour
A une veritable stability politique. Dans le premier cas,
les Anglo-Saxons craindront une nenace pour leurs
communications et leur system d e defense; dans le
second, 1'U. R. S. S. restera hostile A un Etat qui 6chap-
pera A ses visdes politiques. C'est ainsi que la question
espaignole est, edle sussi, un des aspects de la Iutte
entire les deux grands imnprialismes mondiaux.


S.P.L mp,27 re icl, ars 3.00 Pix 6 r


s. S. P. Imp., 27, rue Nteolo, Parts $1.3009


Prix : 6 fr.