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SERVICES FRANAiS -D'INFORMATION (&M3IsTERE DR LA JEUNE$SE, 'Do ARTS BT DES LETifRES) Direction de la Documentation 14-16, rue Lord-Byron, Paris ,8'). B BULLETIN DE PRESS 3 avril 1947. DES QUOTID IE " ETRANGJERE Nouvelle S6rie No 6.35 SOMMAIRE I. PPRSSE BRITANNIQUE. a) Apres le discours de Bruneval (Neius Chruovice, 3/4). b) Th6ses frangaise et britannique sur le carbon de la Ruhr (Manedester Guardian, 3/4). c) Les graves dans la Ruhr (Daily Telegraph, 3/4). d) Les rapports anglo-sovidliques (Daily Worker,. 3/4). II PRESSE A nRICAINE. a) Aprbs le discours du gOnra.l de Gaulle (New York Herald Tribune, 3/4, edition europ6enne). - b) Un pliidoyer pour une cooperation anglo-ameri- cnin, plus 6troite (New York Herald Tribune, 3/4, Edition europ6enne). c) Un anendement de M. Vardenberg ad project d'aide A la Grace et A la Turquie (New York Herald Tribune, 3/4). III. PRESS SOVI&TIQUE. IV, PRESS POLONAISE. AprBs 1'expos6 du g6neral MarshalM la Conference de Moscou : 1. Rzeczpostolita (2/4). 2. Slowo Powszechne (2/4) V. PRESSED SUISSE. La question constitutionnelle en Espagne : 1. Journal de Gendue (3/4). 2. Neue Zirether Zeitung (2/4). 3. Gazette de Lausanne (3/4). I. PRESS BRITANNIQUE Rseue de la press britannique du S avril 1947 1. La question du'charbon question du carbon que la press de Splupart de ses manchettes et de ses u l et en relief trois faits important : 1 La pk _CesW ydicats de mineurs d'une modernisation de " MM.tninier; 2* Le succ6s de la commission de re. tw d" in-i4'ouvro pour les mines annonc6 hier par Sir Stafford Crippi; 3* L'etablissement d'un systme de- rationnement du carbon pour 'la consommalion domes- tique. Sir Stafford Cripps a annonce 6galement la creation d'un office du plan compose d'un nombre legal de repr6senlants des syndicate. ouvriers et dui gouvernement; cet office dtu- diera les moyens de mettre en oeuvre routes les resources de I'bconomie national. D'apres oerta:ns journaux, un rema- niement ministeriel pourrait avoir lieu prochainement A la suite de opposition Tnanifest6e par un certain nombre de d6put6s travaill:stes au -ujet de la conscript'oi. La chronique cxt6rieure est tout cnti6re dominde par les dvdnements de la Huhr et la Confdrence de* Moscou passe ellc-mAme au second plan ppisque cinq journaux seulement en font mention. 'I faut noter cependant un article du Man- chester Guardian dans sequel Al. Werth oppose les theses frangaLe et britannique sur le carbon de la Ruhr. 2. Ruhr Plusleufs journaux donnent d'abondants ditalls snr lea giRves des miners de In Ruhr et exposent It point de vue britannique sur la situation. Scion le correspondent du Times, la decision prise par 850.000 miners de .se me:tre en grWve au'jourd'hui scrait le debut d',vdnements don't il serait d:fficile d'arrater le course et qui pourra'ent avoir des r6sultals trb.s graves. Selon l'opli union d'un official hritannique, cette greve consti'uerait e la menace la plus serieuse des Allemands B l'egard de l'occu. nation allide ,. En attendant, la production de carbon continuerait & diminuer considerablement ct 1'un estime qfle 500.000 tonnes seront probablemcnt perdues en reason de l'at-rt general du travail dlecrdtd pnur ce matin et les r4- teentes groves locales. Ce mAme correspondent declare dga. element que les mineurs feraient depuis quelque temps une sorte de gr6ve perlCe. Pour le enr spnondant ,li Manchrester Guardinn. la grAve d'aujourd'hui porter h leur paroxysme les values d'agiaa- tion publiques qui ont commence ii y a plus d'une semaine. II fait 6tat lui au'si des declarations d'un offic'rl britan- nique d'apres lequel I'armde d'occupation strait Impuissante A arrdter la greve. Le correspondent du Daily Telegraph s'gnale dgalement que les agricuIeurs allemands ont .ahbof dtlihblri'dm t I. ravitaillement des villes allemandes el que les responsables allemands se sont refuses h donner des ordres impopulaires aux fermiers de fagon h se concilier leurs faveurs en vit des prochaines elections Le Daily Mail announce en premiere page des manifesta- tions de femmes au course desquelles celles-ci ont' ncourag6 leur mari i. se mettre en greve. Le Daily Herald, qui public son article en premiere page, declare que la cri.e aurait det dvitde si les allies avaient maintenu lenU contr6le au lieu de le conaler A desi ARot mands. LA IVOCUMiNTAT1ON FRANCAI5EL --- 2 B.UL.LTIN QUOTID? N D9 PRWSSE E TrHA2GRE 3. Confdrence de Moscoau Iies cotht'hifitaires de la press sont ce matin un peu plus optimistes. Tos- les correspondants s'attendaient A ce que les Quatre arrivent A se mettre d'accord sir l'aspect poliP tique du probl6me allemand. I.s font remarquer que les mi- nistres ont convcnu de creer une administration central allemande travaillant sous la direction du Conseil de con- tr&le et que celii-ci sera charge d'dlaborer une constitution provisoire allemande avec 1'aide d'un corps consultatif alle- niand. Le correspondent du Times fait Rtat entire autres du d6sir exprim6 par M. Bidault que la Sarre ne tombe pas sous P'autorit, de administrationon eentrale allemande. l correspondent du News Chronicle fait remarquer que Pindicatiin la plus sire des progres de la Conference reside dans le fait que les ministres out travaille avec acharne- ment apres s'tre mis d'accord que tout ce qu'ils d6cidaient sur I'aventr politique de 1'Allemagne presupposait I'etablis- seinmet de 1'unit6e conomique. W. N, Ewer, dans le Daily Herald, 6crit de son cotd que la journde d'hier a marque un progres essential et que cette fois-ci il existe des chances rdelles de paivenir t un accord. Al. Werth, du Manchester Guardian, met en presence les thdses frangaise et britanpique sur le carbon de la Ruhr. (Voir Particle plus loin.) 4. France Le Times, le Manchester Guardian, le Daily Telegraph, le News Chronicle, le Daily Express rdservent de courts articles a I'entrevue qu'a eue le president Ramadier avec le g6ndral de Gaulle. Le correspondent particulier du Times faith 6tat de la tension politique qui s'est manifesto m en France et renmarque que la visife de M. Ramadier ia Colom.bcy-les-deux-Eglises est le premier contact official qsi a eu lieu cntre !le gou- vernement francais et le g6ndral de Gaulle depuis la demis- sliii d eelui-ci en janvier 1946. I1 estime que ce n'est guere par hasard que le genOral' de Gaulle semble jouir de P'appui de tons coux qui voient dans la constitution de la IV" Rd- publique et sa tendance vers la creation d'un nouveau cadre social, une tendance qui doit 6tre 6cart6e a tout prig. Tous ces journaux signalent que lo gouvernement s'at- tache A distinguer dans ,le g6ndral de Gaulle, d'une part le premier resistant de France auquel sont dus tons les hon- neurs, d'autre part I'homme politique, auquel ces mcmes hohnneuts doivent 8tre refuses. Le correspondent du Manchester Guardian dcrit a cc sujet que le neeud du probl6me reside dans la position tout a fait exceptionnelle du gdndral de Gaulle en tant que premier resistant de France. II apparait toujours en uniform et a deux officers attaches A sa personnel comme aides de camp. .11 estime dgalement qu'il est absolument en droit d'exprimer ses vues sur la situation politique lorsqu'il le veut. W. Forest, du News Chronicle, met egalement l'accent sur la dualit6 de ih personnel du general de .Gaulle et estime que .4 le resultat le plus net est que le g6enral de Gaulle e n'en- tend pas se laisser museler ,, mais, ajoute-til, dans l'avenir il devra y avoir deux de Gaulle : le politician et le lib6- rateur. * Le Daily Telegraph public une ddepche de derniere here annongant l'cnvoi de troupes adroportdes de la RBunion a Madagascar et la proclamation de 1'6tat de siege dans dix districts de 'ile. 6. Grce La mort du rol de Grece a presque cessd d'intdresser la press. ,La plupart des correspondents A Athenes se bornent -A announcer que ambssadeur de I'U.R.S.S. en Grce est rap- pel6 A Moscou. Le correspondent du Times croit que cette decision a 6t4 Sprise en reason de la r6puguance qu'avait ce diplomat it assIster aux funerailles du roi. Selon une d6pAche Reuter pubklii pat. le Manchester Guardian, ce depart serait cause par r'attitude anti-sovietique de la press grecque. ,6. N. U. Lo correspondent special du Daily Telegraph announce que de hautes personnalites de 1'O.N.U. ont refute les all6ga- tions port6es centre M. T. Lie et des membres de la Corn. mission de I'O.N.U. aux Balkans selon lesquelles ceux-ci favoriseraient la politique sovi6tique dans cette region. 7. Japon iLe TVines, le News Chronicle signalent que le gouverne- ment japonals approuverait la resistance passive aux ordres du g6ndral Mac Arthur. L'6puration n'aurait pas 6td menee avec assez de vigueur dans administration et certain 416- ments mettraient 4 profit 'inflation actuelle. Le correspon- dant du Times 6crit que le changement subit d'attitude des milieux allies, qui jusqu'A maintenant n'avaient pas trouvd a redire au gouvernenrnt Japonais, mnonre clairement que le allies se rendent compete de 1'etat d'esprit des chefs japonais. a) APRnS Ji DISCOURSE DE BRUNEVAL (News Chronicle, liberal, 3/4) : c Le general 'de Gaulle avait entierement le droit d'exprimer sa miefiance a 'P gard des communists. I1 est evident que son point de vue a cet 6gar d est partage par la plupart des autres groups de I'opinion publique frangaise, y compris les socialists. Mais la critique severe qu'il a faite de tous les parties, organs de 'divi- sion et de decadence, et ses attaques centre la nouvelle Constitution de la IV" Republique ont profond6ment .mu la majority des Frangais et les amis 6claires de la d.mb6cratie franchise 'dans le monde entier. La recente r6volte des communists centre ia poli- tique militaire suivie en Indochine a montre que dans les consequences les plus difficiles a imagine, la nou- velle Constitution pouvait supporter l'epreuve *d'unp violent crise ministerielle. La clause qui oblige a at- tendre 24 heures avant de passer a un vote 'de conflance on 'de censure, s'est averee excellent. Les pouvoirs du president que de Gaulle aime tant critiquer ont aussi etW exerc64avec advantage. Le gouvernement de coalition est sorti de cette crise 6branli mais intact. Il est possible qu'il y ait 'des divisions en France. A un degr6 plus ou moins grand, c'est l'une des caract6- ristiques des pays les plus 'd6mocratiques aujourd'hui. Mais 1'etat d'esprit d'e intoxication febrile > (que M. Blum a attribute a un grand nombre de partisans du general de Gaulle) ne constitute pas l'atmosphrre id,6ale *pour mettre un term A ces divisions. L'appel lance par le general de Gaulle pour un rallie- ment sous i le seul 'drapeau de la France 3, conjuguP uavec son attaque centre la Constitution, resemble 6trangement A un appel sous l'unique 'drapeau du general de Gaulle . b) THESES FRANCAISE ET BRITANNIOUE SUR LE CHARBON DE LA RUHR (Manclh star Guardian, liberal, 2/4) : << La France et la pussie auraient accuse la Grande- Bretagne de s'8tre octroye la part du lion dans l'indus- trie allemande et 'de vouloir la conserver sous une former plus ou moins ddguisee. Les Britanniques rapondraient A cela : 1) que les rapports sur la production de la Rihr contenaient: des chiffres superieurs A la reality ; 2) qu'ils ont autoris6 les Francais, d6s le debut, a im- porter plus de carbon de la Ruhr qu'il n'etait vraiment possible. Les Francais 'demandent A importer dd carbon de ,la Ruhr pour se livrer A la fabrication .de 1'acier en France mkme. Les Britanniques rejettent ce plan fran- cais qu'ils estiment absurde : << Si 'vous imported de 1'acier en Allemagne all prix fort, objectent-ils, comic BWULUTIr OWOTIDIMK Ii PRESS ITRmANOARE onent pouvez-vous 4tablir une balarre conveable des paiements? , Les Frangais d6dlarent que 17 millions de tonnes de eharbon de la Ruhr sont gaspill6s chaque annbe en Allemagne et que cette seule quantity suffirait A satis- faire aux besoins de la'France. Les Britanniques r6pon- dent que ces estimations ne se fondent pas sur 'des faits pr6cis, mais reconnaissent toutefois que les conditions actuelles de l'Allemagne rendent inevitable le gaspil-, lage' du carbon. (Les chemins de fer sont en mauvais .tat et le traffic est encombr6, en outre la fraud est inevitable du fait qu'il n'y a pas d'allocation r6gulibre de carbon pour la consommation domestique.) Les Francais d6clarent que la faiblesse de la produc- tion de la Ruhr s'explique en grande parties par la poli- 'tique britannique de laisser-faire et de nAgllgence, tandis que 'dans ja Sarre les m6thodes francaises ont donn6 des r6sultats satisfaisants. Les Britanniques r6- pondent : c L'exemple de la Sarre ne signifle rien. Ses 27 pults sont, intact tandis que la majeure parties de ceux de la Ruhr sont r6duits. D'autre part, 1'i'dWe de militariser les mines en postant des sous-offlciers bri- tanniques et surto-ut fran mands et diminuerait leur rendement ,. Les Francais se plaignent enfin d'avoir A payer le carbon de la Ruhr. Les Britanniques rpo.ndent'que le carbon ven'du A la zone franchise est encore nay. en marks, mais que les Francais devront ipeut-Atre 'e payec en .dollars a I'avenir, A moins qu'ils ne joignent leur 7one A la zone anglo-am6ricaine et qu'ils partagent le deficit ,. c) LEs GntvES DANS LA RUHR (Daily Telegriph, conser- vateur, 3/4) : a Si 1'on veut bien se souvenir au jour le jour tout an long de cet hiver extr&mement rigoureux, les manifestations actuelles qui out pour objet de protester contre la pInurie de vivres doivent Atre considerAes dans l'ensemble comme une reaction sans gravit. . Le fait que ces demonstrations se produisent just au moment de la Conf6rence *de Mosrou fait in6vitable- ment sounconner au'a l'orinine de ces demonstrations, il y a des manoeuvres politicues. TI ne semble pas qu'on ait 'de slides raisons nour accenter cette ma- niore de voir. N6anmoins. 'le fait moe 20.000 tonnes de carbon par jour aient WtA nerdues di fait de ces arrvves non autoris6es par les svndicats et daclenches A cause' de 1'insufflsance des rations alimentaires pent fournir sans doufe des indications sur la reaction ornhable du people allemand' devant les exigences formulees pour obtenr des reparations pr6lev4es sur la production courante. Le mineur de la Ruhr sait tres bien que sa prodic- tion Aquivaut a unn exportation ani doit solder le prix des importations en vivres; ce fait ,etait mis en evi- dence au meeting ten hier A Bochum oa l'on deman- dait que les rations supplDmentaires attributes aux miners oour leur permettre d'extraire davantage de charbon fassent l'obiet d'importations suppl',mentaires et ne soient plus allou6es aux d6pens des autres con- sommateurs allemands. Les Britanniques pourraient r6pondre en toute 6quitt que la plupart des rations qu'ils touchent actuellement le sont aux dppens 'du contribuable britannique. 11 semble qu'on ne se rende pas compete er Allemagne des 'sacrifices que fait 1Angleterre pour maintenir A son niyeau aotuel le mdiocre standard de vie -des Alle- mands 3. * d) Los RAPPOIRTs ANYLO-SOrtTIlavS (Dacu, Wtkw. communist, 3/4) : Une certain inquiAtude A l'6garrd de ia politiqre 6trang6re du gouvernement, en particulier n ce .qul concern son attitude A l'egard 4e l'Union Sovi.tique, s'est emparke des membres du parti travailliste. Elle s'est tranuite dans le grand nombre de suffrages hostile au project de loi sur la conscription. En attaquant ce project dans leurs discourse at en votant conire lui, les rebelles travaillistes d6fendalent les intar&ts viritables du people britannique car le re- dressement 6conomique de la Grande-Bretagne est sabot6 par la politique anti-sovittique que suit le gouverne- ment en cooperation avec la reaction am6ricaine. Le nombre considerable des effectifs britanniques actuellement mobilises n'arrAte Ipas expansion ruse, car on n'envisage pas une chose semblable, mais .i arrefe I'expansion de la production britannique et du commerce exttrieur,9 et crAe une situation qui obligera le gouvernement A demander un nouveau pret aux Etats-Unis, pret qui ne sera accord que sous certaines conditions a. II. PRESS AMERICAINE Revue de la ptesse amirfoaite dt 2 april 1947 1. Confirnce de Moscon' Dans la press americaine du 2 avril, tons les correspon- dants s'accordent pour declarer que la stance secrte. qu'oat tenue. bier, les quatre ministres des Affaires dtranrt~na a about A une impasse. Dans le New York Times. Middleton remarque qu'nprbs trois heures et demte d'une Apre discus- sion, qui n'a entratnd aucune decision sur lea questions relatives an niveau de l'industrie allemande et aux rtpara- tions. les quatres ministres ont decide de s'attarquer domain au probl6me du.futur gouvernement de IAllemagne. Egalement dans le New York Times, un article sonsacr6 A'la Conf6rence de Moscou reproduit les declarations Taites par M. Dulles indignant qu'il soutient la politique sulvie par le gdn6ral Marshall. L'auteur de cet article observe que M. Dulles et M. Cohen repr4sentent ce qu'on peut appeler lei membres de a la section pro-frangaise a & l'intdrienr de la delegation emericaine. C'est-h-dire qu'ils voudraient qu'on construisit une France forte en meme temps qu'une Alle- magne dEmocratique, et qu'ils consid6rent que si un cheix doit Ptre fait entire ces deux solutions, e'est en favour do la France qu'il faut le faire. Poursuivant son etude sur le m8me ton, le journalists ecrit ensuite e c o'on pent appeler c la section pro- allemande ) 'e la delegation americaine eat menie par le general Clay et l'amiral Murphy. Ceux-ei ne se considirent en aucune faCon comme pro-allemands. mais veulent cepen-. dant faire soitir de l'pave du troistime Reich un Etat democratiqne. Dans son dernier article. Sumner Welles passe en revue les differentes propositions amsricaines, russes, anglaises et franchises. qui ont et6 faites jusqu'B present an. sufet du future regime, de l'Allemagne. 11 estime que le project ami4 ricain paratt accorder une autonomic locale suffisante aux divers Etats allemands, tout au moins sur le paper. Mais 11 ajoute cependant que ces fahilesses no sont que trop appa- rentes. En effect. les Etats traditionnels allemands ont perdu peu &' pen leur autoritd gouvernementale de 1870 A 1933, et n'en out plus eu du tout aprbs I'arrivee d'Hitler an pou- voir. Le.particularisme qui etait si fort a un moment donn6 en Allemagne du Sud, en Saxe et en RhEnanie perdit alors de sa popularity : seuls les plus Ages des Allemands talent a mmme d'en appricier les avantages. II est vain de penser- que, si les Allemands adoptaient maintenant une constitution batie sur le module de cello des Etats-Unis, ils deviendraient pour autant les zeles d#fenseurs des droits des Etats. On ne pent rdtablir nn veritable system federal en Allemagne sans que les Allemands de domain soient convaincA que leurs intedrts seraient mieux defended dana un Etat auto- 4- BULLETIN QUOTXDIEN DE PRkSSE ATRANGARE ome. II est Impossible .d'implanter la conviction contraire, s~ns que les Allemands d'aujourd'hui fassent eux-memes experience, pendant une longue pcriode, de gouvernements ocaux Ind4pepdants, et lilbrds de tout contrOle venant d'un oidvernement national. L'auteur deduit de cette analyse que la proposition fran- gaise sur ce point est de beaucoup la plus sense, et que la senle note realiste qui ait eti donnde a Moscou est venue dit ministre des. Affaires 4trangres frangais. A son avis, le Iouvernement frangais lance un grave avertissement en d6clarant qu'il est beaucoup trop t6t pour retablir un gou- vernement national allemand quelconque, ou pour permettre aux Allemands d'adopter une constitution definitive. II pro- pose que la reconstitution de l'Allemagne soit limited pour I'instant au d6veloppement de gouvernements municipaux et d'Etats feddraux. Les democraties occidentales se rendront compete plus tard que sur cette importance question c'est 16 gouvernement frangais qui a toujohrs raison. 2. Affaire grecqae La mort du rol Georges de Grece provoque un certain nombre de commentaires dans la press amrricaine. Celle-ci estime en general que son successeur, le roi Paul, quf ne fPt pas associd a la dictature Metaxas, sera mieux accueillie par l'opinion ameficaine. Dans son editorial. le Washington Post remarque cependant que les mgmes el6mnts fascists et corrompus qui ont influence le rol Georg6s continueront & exercer une pression sur son successeur. L'auteur de l'article ajoute toutefois que Ianmort duaroi Georges permettra au gouvernement amnericain, maintenant qu'll a et6 invite A sauver l'independance grecque, de travailler avec un person-* nage qui ne pprte pas les marques d'impopularitd qui dtaient cel!es de son prdd6cesseur. Dans un sens, notre tAche sera plus facile et on peut attended que ce changement accroisse lea chances des rdpublicains en Grace, quand les r6formes qui accompagneront notre aide auront influence la politique et 1'6onomie de la Gr&ce. La press met surtout en evidence la proposition faite par M. Byrd, senateur dkmocrate de Virginia, en vue de provo- oer des ddbats A I'O. N. U. sur I'affaire grecque, plut6t que Strainer celle-cl de manibre unilatdra'e. Une resolution dans ce sens a 6te presented par le senateur qui l'a (efendue nf d clarant nctamment que, s'il plait lan Russie d'exercer mbM droit- de veto. qu'elle le fasse, les Etats-Unis auront Alora une explication avec elle ; et si cela est ndcessaire, ils prendront des measures pour abolir le privilege du veto. Si ce faith avilt pour consequence que la Russle se retire des N-ations Unles, II est bien prerfdable qu'elle le fasse mainte- iant, puisouan tant ryu'ellr cont!nuera A employer une tac- ttque d'6?oTvme et d'obstruction, on ne pourra pas esperer que l'O.N.,U. soit un ve'ritab'e in::trument au service de la paix mondiale... Si la Russie est et pmrsiste a etre une ennemie des pennles libres. il vaut inieux qu'elle soit en *ehbors de la famille rePs Nations, plut6t qu'au sein de cette famille. Si les Etats-Unis ne peuVent pas s'entendre avec elle : an quoi bon lul donner des apaisements autour d'une table de Consetl comme nous l'avons fait dans le passe, ren- forcant ainsi, par lh-nime, 'son jeu avant qu'elle n'ait abattu sea cartes P. 3. Nouvelles de France Let eorewpondants du Baltimore Sun, du New York Belid Trtbuie et du New York Time Indiquent que le pirtSi ieoimuniste a annonci son intention d'ouvrir les debats A ''Assembl]e national au sujet du discours prononce par le gdndral de Gaulle a Bruneval. Ils notent dgalement que le jouvernement a ddc!de d'autoriser que les honneurs mill- talres soiuet rendus au general, mals qu'il l'oppose A ce que les repr&aentants du gouvernement assistant A ces ceremonies oh' 11' preddra la parole. Witheomb constate que le gdenral de Gaulle rdissit B cr6er l'unanimitd de opposition de tous les groups politiques a, et, apres avoir rappele toutes les rumeurs qui circualrent sur les intentions politiques du ghnral, 11 conclut :. T.e discours de Strasbourg apportera peut-itre un novel element, mats, pour le moment, ]'opinion gnderale demeure qu'un printemps agrdable entrainera la Pihanc & suivre sa bonne vieille politique du dur travail de M. Namadler ,. Des d6p6ches du New York Tine) et du .New York iHeidd Tribune signalent l'envol de uenforts adriens et de tr npes mra'aishes A Madagascar pour eombattre la rdvolte qui se seralt 4tendue dans plusieurs point de 1ile. a) APRIS LB DISCOURSE DU GiN*IRAL DE GAULLE (New York Herald Tribune, 3/4, edition europ6enne) : < I1 semble evident que le g6n6ral de Gaulle a de tres nombreux partisans. On ne pensait pas que sa decision de rompre le silence qu'il avait observe pen- dant les quatre derniers mois aurait un tel retentisse- ment. Ce qui inquiete surtout la gauche c'est, semble- t-il, qu'elle' cheiche & savoir quels sont ses partisans plut6t que les decisions que le g6unral de Gaulle ipourra piendre. De grandes affiches annongant sea discours Sont r6pandues A profusion dans tout le. pays, ce qui indique qu'on ne n6glige rien pour en faire de nouveau une figure de premier plan 3. (WILLIAM J. HUMPHREYS). b) UN PLAIDOYER POUR UNE COOPERATION ANGLO-AMBRT- CAINE PLUS ATROITE (New York Herald Tribune. 3/4, edition europeenne) : a 1R est vraisemblable qu'on fera dans un proche ave- nir un serieux effort pour parvenir A un accord plus complete avec la Grande-Bretagne pour adoption d'urA, politique commune dans le domaine international. Nous gaspillerons notre argent en GrBce et en Tur- quie si la situation s'aggrave en Iran, en Irak, en Syrie, en Transjor'danie ou en un point quelconque du Moyen- Orient. Il existe certaines regions oi I'influence ambri- caine est d6ja'plus grande que celle de la Grande-Bre- tagne, come c'est le cas en Iran. II y en a d'autres oit nous n'avons pas encore penktre. Nous ne pouvons pas tout faire, pas plus que les Britanniques d'ailleurs. De plus, la situation est en pleine evolution du fait que les Anglais effectuent sur une large .chelle un repli stratW- gique, conformdment. au plan de 1'Etat-Major g6enral britannique. Ce plan situe en fin de compete les princi- pales bases britanniques en Afrique orientale en laissant seulement quelques bases avanches en Transjordanie et en Irak. Dans ces conditions, un plan.l'action commune cons- titue une necessi6 imphrieuse. L'~pineux probl6me pa- leatinien doit 6tre regle. It faut itablir des programmes cnncert6s pour faire rkgner la stability Bconomique et politioue -dans tout le Moyen-Orient. II n'y a pas de raison de se montrer alarms du fait qu'on ait compris assez tardivement que la Grande-Bre- tagne et les Etats-Unis doivent s'associer. Ce qu'on veut, ce n'est rien qui resemble A une alliance on t un trait. Le but du rapprocherpent 'des deux pays c'est que chacun d'eux connaisse exactement la position de l'autre et la fagon don't ils peuvent travailler ensemble pour le bien commun ,. (JOSEPH-ALSOP). C) UN AMENDMENT DE M. VANDENBERG AU PROJECT D'AIDE A LA- GRACE ET A LA TUROUIE (New York Hearld Tri- bune, 2/4) : a Le ravitaillement les paysans grecs, les gukrillas qui ensanglantent eles months de la Macedoine, l'activitk des sp6culateurs ath6niens ne constituent pas des probl6mes que les Nations Unies sont en measure de regler. Investir 'des capitaux important en Gr6ce n'est pas du resort d'une organisation international; de meme il peut etre necessaire pour faire face aux rbper- cussions que peut entrainer la mort du roi Georges de, prendre des measures rapides que 'O.N.U. par sa nature m6me n'est pas capable de prendre. BULLETIN QUOTIDIAN DE PRESSh, ETRANGARE fLe tnatsur.'Vasadetaberg :reconaaissant ~ quel -point on se-preoceupe 'du fait que I'O.N.Ul 'n'ait pas ~t con, sultCe, a fait-'anee de ces propositions senses don't ii a le.secret.En vertu de cette.,proposition, le programme d',lide ila.-,Gr.ce et A- la Turquie pourrait etre retire A la suite' d'un vote i de procedure a to'est-t-dire un vote auquel les Etats-tJis, -ne pourraient opposer leur veto), A I'O.N.U. Tout en reconnaissant 1'autorit6 toute puissante de I'O.N.U. cette, proposition ne laisserait pas le programnei d'ai'de a la merci des divisions inti- rieures.'de. cet-organisme. C'est une suggestion sage et constructive, qui aurail t.d accompagner la proposition originale: mais bien qu'elle rggle le problbme de 1'O.N.U. elle ;ne rkgle certainement pas en elle-mnme le veritable prebl6me, c'est-A-dire celui de ]a Grkce et de la Turquie. . IIL PRESS SOVIETIQUE Revue de la press osa.itique du 2 avnil 1947 Les rubriques de politique 6trangere, qui occupent deux pages ei demie en moyenne, sont constitutes pour l'essen- Oiel par trois groups de d6pches Tass : les reunions du Conseil des minlstres, le discours du markchal Tito i la Skuptchina yougoslave, I'article de Harold Laski sur le message du President Truman. Sous des titres discrets, les journaux annoncent, d'apres une d6pech Reuter la mort de Georges de Grt e et.la dbsi- gnation du prince Paul A sa succession. Rdunion da Consewl cdes nainistres a) Reunions du 31 mats 1947 : texte integral des ddcla- rations de MM. Marshall, Bidault, Bevin et Molotov. La dd- claration de M. Molotov est sous-titree conmme suit : v La question des reparations s a, a Notre droit aux reparations ,, e L'AIlemagne dolt r6parer les dommages causes P, 4 Niveau de l'lndustrie idllemande %t reparations i, n L'unite dcono- mique de 1'Allemagne et les puissances allies e. b) Rdunions dnl 1" avril 1947 : le ler avril, s'est tenue une reunion restreinte du Conseil des minister des Affaires Utrang6res. On y a discuti la question du niveau (d, l'indus- trie allemande et des reparations ; il n'a pas et6 pris de decision ; la prochaine stance se tiendra le 2 avril. c) Ruhnion des adjoints : la majeure partie du comptc rcndu est consacrie aux interventions de M. Vichinsky tou- chant les questions poses i M. Rueff. L'agence Tass les resume ainsi : comment sont rdparties les fournitures ct notamment lea navires de commerce ? Quelle est la some global des brevets d'invention qui doivent 6tre repartis ? M. Rueff n'a pas donnd de r6ponse directed, se bornant i repeter les rensoignements connus de tous. Touehant les principles selon lesquels sont effectu6es les reparations, les d6l6guds de Grande-Bretagne et de France n'ont posd aucune question B M. Rueff. % IV. PRESS POLONAISE APRES L'9XPOSI DU GENERAL MARSHALL A LA CONFERENCE DE MOSCOU. 1. Rzeczpospolita, officieuse (2/4) : o La question des territoires occidentaux est avant tout un probleme sp6cifiquement polonais. II a djis 6tW jug6 par'la nation et se trouve exclu de toute discus- sion. A l'appui de sa (6claration. le general Marshall a in- voqu6 la necessity de faire participer les riches regions de Sil6sie A la reconstruction 6conomique de 1'Europe. Si nous devons la prendre A la lettre et qu'en parlant de l'Eui;opeson auteur n'ait pas.eu. e4.yuil'Alle=agne. _ nous estimons, que M. Marshall ne dolt pas isnorer qqe la contribution de. otre charbou, l'industrie de per- tains .pays est d6jA .suffisanatent sensible. Plus_ tad, nous exporterons aussi des ldenrs alimentairs, et des produits industries, nos propres besoins uae, fois sa- tisfaits. C'est mme. l1 un. des e16ments iconstituifs. dei notre Bconomie, avec cette reserve, to4tef.is, que nous nous .kisserons guider avant tout paIr le sQuci .de nips propres- besoins et inltrkts. .. S2. Slowo Powezechke, catholique (2/4) Slinteiventiosi de M. Marshall t6ifioigne d'dine tac tique habile. 1i sait tr6s bien que V"tat de chcSes da.s.' nos territoires recouvr6s est un fait accompli. 'I est trop rompu aux chose ;de la. politique potr defendre jusqu'au bout une position perdue. II s'agit plut6t de' pr6paret une action d'envergure centre l'engim6elb-'es accords de ,Potsdam. Cela ne signifie pas que I'Amn- rique et la Grande-Bretagne veuillent revoir ces rfgiosis en possession de 1'Allemagne. Elles recbnnaissent en ge- neral la l6gitimit6 de notre & obstination mafs elles voudraient negocier un compromise don't 6videmment'" nous supporterions les frais. Pour ce qui est, par contre, de la partidipat.iot de notre Bconomie au .rel6vemerit de la consommatoh 'etl des changes commerciaux en Allemagne comnie ail- leurs, c'est'toujours volontiers que nous protons l'oreille aux propositions, non pas ddemagogiques, mais con- crtes.. Elles doivent s'accorder, ndanmoins, avet notre plan d'exportation, car ifous ne consentirons janmais i ce que ]e re8bvem'ent 6eoonomque de 1'Allemagnp puisse s'effectuer plus rapidement que celui de la Pologne et des autres pays de la ruine desquels tons les Allemands sont responsables. V. PRESS SUISSE LA QUESTION CONSTITUTIONNELLE EN ESPAGNE. 1. Joaruia' 4e Genuve (3/4) : t Le g6n6ral Franco a toujoars affirm qu'il etait partisan de la monarchies; toutefois et ce fut 1 Ie niotif profound dde son dissentiment avec le pr6tendant au tr6ne il la consid6re non comme une institution en soi, mais comme une piece dans 1'organisation qu'l.. a cre6e. I1 suffit de lire le singulier texte qu'il va soumettre A l'approbation des Cortes pour cbnrstater qu'il refait de l'Es.pagne un ,royaume en pregnant toutes precautions pour qu'un roi ne puisse pas y r6gner, car jamais un sou- verain ne pourrait accepted les conditions qui lui sont poses. Ce texte ne tient compete ni des aspirations populaires, puisqu'il ne sera soumis a aucun plebiscite, ni du caractere traditionnel de la monarchie. !' impose ainsi au pays un system qui derive .'des .conceptions phalangistes, et il replace le principle essential de la royaut4, celui de la continuity, par un mode d'l1ection qui en est la negation absolue. II convient d'ailleurs &de noter que le g6n6ral Franco s'est sacr6 premier president *du royaume : il d6tient ainsi le pouvoir un peu A la mani6re de 1'aniral Horty qui fut regent de Hongrie. II n'y a done rien de change en Espagne, Ai de n'est 1'appellation de l'Etat; et il semble bien que le Caudiillo restera i la tIte du pays aussi longtemps qu'il vivra, a moins que des Bvene- ments le forcent A s'en aller. S'il partait volontalre- nent, il serait sans doute le premier dictateur qui eit abandonrid les prrrogalives qu'il s.'est arrog6es. On nei 6' BULLE-Ir) QUONDIEN DE PBESSE ATRANOGPBE pensl pas qu'il 6prouve le moindre d4sir de crber un example memorable. Ce que le texte r6gle, c'est la succession. II appar- tiendra a un Conseil de r6gence de slept membres si- geant avec le gouvernement de designer soit un roi, soit tun regent; et leur choix devra 6tre ratifi6 par lIs deux tiers des Cortes. Le project dit que a sera appelee la personnel de sang royal la plus qualified r6pondant oaux exigences de la loi 3. II est curieux de constater que le g'nbral Franco qui, dans sa correspondence avec Don Juan, l'avait toujours qualifi6 d'hAritier 16gitime .de la couronne, n'accepte plus I'ordre natural de suc- cession et donne A un college la possibility de chisir qui bon lui semble. Si aucun membre de la famille royale ne remplit les conditions voulues, une personnalit6 prise en dehors 'd'elle pourra Wtre blue en quality de Regent. On voit que la royaut6 telle que la congoit le general Franco ne manque pas d'originalit6. On peut meme etre certain que le pr6tendant au tr6ne trouvera qu'elle ne s'accorde guere avec le caractere m6me d'une-monar- chie don't I'avantage essential est la stability. Si A cha- que vacance, il faut recourir a une election, les bien- faits resultant de la permanence de l'institution royale disparaltraient, et A tous les sujets de division qui 'exis- tent en Espagne s'ajouteraient les &pres luttes autour ,duc'hef de 1'Etat. 3 (RENA PAYOT.) 2. Neae Ziircher Zailung (2/4) : e La brusque initiative de Franco est bien caractk- ristique de ses m6thodes politiques. Nous arons a plu- sieurs reprises fait observer ici que le Caudillo n'avait jamais pris au serieux 1'instauration du system a fasciste en Espagne don't il avait adopt les formes texterieures. II ne prend sans doute pas plus au sdrieux les institutions monarchiques. De meme qu'un jour il fondit la Phalange et le traditionnalisme a'essence pro- fond6ment diff6rente en un a parti unique a auquel ill retire peu A peu toute influence reelle, de meme au- jourd'hui il unit des 6elments qui s'excluent mutuelle- ment. On ne peut s'attendre a voir sortir de son initia- tive des, institutions viables et d'ailleurs telle ne doit pas Atre son intention. Le but de Franco avec ce coup d'bchecs es4 bien plut6t, dans une p6riode de malaise sur le plan de la politique int6rieure et sur de plan Bconomfauqe, .de faire un geste qui apparaisse conime une promesse de continuity et qui mette fin a la dis- cuSsion publiquement engage sur le regime future. On ne serait pas surprise, toutefois, ,que le r6sultat fit exafctement inverse. Le caractere d'improvisation propre au regime Franco avait rendu a des monarchis- tes comme A des r6publicains la collaboration avec le Caudillo relativement facile. Les deux parts, en effect. y vbyaient la promesse que leur ideal pourrait quelque jour passer dans la rTalit6. C'est fini maintenant. Cette solution hybride apparaltra unacceptable aussi bien aux monarchistes qu'aux r6publicains. Seules 1'Eglise et 1'arm6e, les deux pliers slides du systfme politique dte 1'Espagne, voient leur influence effective soulignbe par les dispositions du texte constitutionnel. Les relations entire 1'Espagne et le reste du monde ne seront vraisemblablement pas infltiencres par la proclamation de Franco. Les adversaires du regime qui vivent en France et des gouvernements qui attendant ,des avantages d'un bouleversement en Espagne conti- nueront leur lutte contre le .general Franco, qu'il exerce ses functions ccmme chef de a l'Etat espagnol a ou comme chef du royaume d'Espagne ,. En fait, il depend de l'bvolution conomique que le regime Franco puisse resister l'intbrieur et A& 'exterieur. S'il rbussit A arrAter la d6pr6ciation mon6taire, A rem&dier pen a peu au manque de denres alimentaires et d'objets de consommation .courante, a realiser son grand pro- gramme de reformes sociales, ,alors opposition int6- rieure ne conservera plus que de faibles chances *de provoquer -des changements A bref 'dlai. En mAme temps disparaltrait la possibility d'un renvers'ement du regime grace A une pression .exterieure. On peut con- siderer comme significative A cet igard 1'volution des relations entire 1'Espagne et ia NorvBge qui, aussi bien par 'organe de son propre ,gouvernement que par la voix de M. Trigve Lies, s'6tait place A la tate de l'agi- tation antifranquiste. Au moment oil Madrid fut en idesure de menacer la Norv6ge de measures de retorsion 6conomiques, Oslo abandonna son attitude combative. Op, fera bien Ide ne pas. accorder trop d'importance aux nouvelles concernant le changement constitution- nel en Espagne. I1 est possible que tout ce plan tombe dans l'oubli et que les .venements de la p6ninsule sui- vent une voie toute diff6rente. a 3. Gazette de Lauascane (3/4) : < Les Cortes, of domine la Phalange, ratifieront, on peut le supposer, le project de Franco. La Phalange cherchalt, en effet, A reagir ces dernfers temps contre une certain lassitude engendree phr les.coups que le regime avait recus de 'extbrieur. Ce programnme cons- titutionnel pourrait aussi 9tre destiny & ranimer quel- que peu l'enthousiasme, en suscitant un nouvel intdrAt pour le regime. Du point de vue international, la decision de France ne change rien aux donnees fondamentales ,du pru- blbAme espagnol. Dans les milieux de 1'O. N. U., on declare, bien entendu, que I'attitude des Nations Unies reste la meme. En realitd, la manoeuvre de Franco n'aura de repercussions sur les affaiies internationales que dans la measure oh elle favorisera en Espagne soit les menbes rbvolutionnaires de la gauche, soit le retour A une veritable stability politique. Dans le premier cas, les Anglo-Saxons craindront une nenace pour leurs communications et leur system d e defense; dans le second, 1'U. R. S. S. restera hostile A un Etat qui 6chap- pera A ses visdes politiques. C'est ainsi que la question espaignole est, edle sussi, un des aspects de la Iutte entire les deux grands imnprialismes mondiaux. S.P.L mp,27 re icl, ars 3.00 Pix 6 r s. S. P. Imp., 27, rue Nteolo, Parts $1.3009 Prix : 6 fr. |
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