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SERVICES FRANlAIS D'INFORMATION (MINISTARE DE LA JEUNESSE, DES ARTS ET DES LETTRES) Direction de la Documentation 14-16, rue Lord-Byron, Paris W8'). LA DOCUMENTATION FRANAISE BULLETIN DE PRESS 24 mars 19A7. DES QUOTID IEN ETRANGERE Nouvelle 56rie No 626 SOMMAIRE I. PRESS BRITANNIQUE. a) Les travaux de la Conf6rence de Moscou. S1. Observer (23/3). 2. Daily Herald (24/3) 3. Times (24/3). 4. Daily Telegraph (24/3). b) La situation politique en France (Times, 24/3). c) Le probleme colonial (Raynolds Neuws, 23/3). II. PRESS AMERICAINE. La question des reparations A Moscou. 1. New York Herald Tribunte, (23/3), europ6enne. 2. Washiington Star (22/3). 3. New York World Telegramn (22/3). 4. Chicago Sun (22/3). 5. Sian Franciscio Chronicle (22/3). edition ILI, PRESS SOVIITIQUE. Autour *de la Conf6rence de Moscou. 1. Pravda '(22/3). 2. Izvestiia (23/3). IV. PRESS BELGE. Les travaux de la Conference de Moscou (I,a Md- tropole, 22-23/3). V. PRESS SUISSE. La politique .6trangbre des Etats-Unis. 1. La Tribune de Geneue (23/3). 2. Neue Ziircher Zeitung (22/3). VI. ANNEXE. RWponse dU general Sviridov i la -deuxieme note de protestation am6ricaine relative A la Hongric. I. PRESS BRITANNIQUE Revue de la press britannique du 23 mars 1'947 L'atteption d'es jouTnaux du dimanche est essentielle- ment tourn6e vers les problbmes de politique int6rieure. Dans le domaine de la politique international, la press dominicale s'interesse plus particuli6rement A I'6tat des pourparlers de Moscou sur l'Allemagne et aux diverse ma- nifestations de la politique amCricaine. 1. Politique intlrieure Le prob eme du carbon continue a tenir la premiere place dans les cbmmentaires des hebdomadaires. La press s'inqui6te toujours de l'extension prise par les inondations et divers journaux reprochent au gouvernement de manquer l1 aussi d'dnergie. Le Sunday' Times laisse pr&- voir, sous la signature de son correspondent politique, que des mesuTes pourraient etre prises contre les deputies tra- vaillistes signataires d'un amendment anti-conscriptioniste dans le cas oh ceux-ci voteraient rontre le gouvernement. L'Observer consacre un long article aux efforts de Lord Woolton en vue de remplaoer les bases (inancisres du part conservateur et d6velopper son action dans le pays et d'as- socier les troupes du parti a la definition d'une nouvelle politique conservatrice. L'Observer public 6galement un arti- cle de M. Butler sur les efforts de redressement des conser- vateurs. 2. Politique extdrzeure Conference de Moscou. Les 'journaux mettent en vedette les propositions de M. Molotov en vue de la mise en vigueur de la Constitution de Weimar et les declarations optimisteF du general Marshall, selon lesquelles les divers points de vu'e en presence se seraient rapproches. On lit en outre, no- tamment dans l'6ditorial de l'Observer, qu'entre les points de vue britannique ,et americain d'une part et les concep- tions russes d'autre part, un compromise est possible. (Voir l'article plus loin.) Le correspondent a Moscou de 1'Observer consacre une db- p&che speciale aux efforts faits par M. Bevin dans ses der- nibres propositions pour r6pondre aux demands franqaises de carbon nllemand. 3. Politique des Etats-Unis Les journaux rendent compete des measures d'epuration des fonctionnaires anno.nc6es par le President Truman. Le Sun- day Dispatch donne a celles-ci une tres large publicity et insisted sur leur caract6re sensationnel. Le Sunday Times, sous la signature de son rddacteur diplo- matique, affirme qu'il est tr6s probable que le gouvernement des Etats-Unis demariderait de prendre en tutelle une des 2. BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE colonies italiennes ou de se faire attribuer une ou plusie ars bases dans l'ancienne Afrique du Nord italienne. Le correspondent du Sunday Times A Jwashington ne prd- volt pas plus qu'e son coll6gue de l'Obsruver des difficulties particulirres pour l'adoption par le Congrds de P'aide prdco- nis6e par le Pr6sident en faveur de la Grece et & la Turquie. Le People puhlie sous u'ne forme sensationnelle une da - pdche de son correspondent i Moscou, d'apres laquelle l'un des principaux membres de la suite du g6n6ral Marshall lui aurait dit que la politique americaine & l'dgard de la Iussie. vise h repousser la zone sovi6tique d'influence en Allemagne, de 1'Elbe h 1'Oder et au delh. Le correspondent du People en conclut quc le gin6ral Marshall est ddsireux d'amener les Soviets a 6taler leurs cartes. Il affirmed par centre quo Mh. lievin cherche a placer la Grande-Bretagne dans une position intermidiaire entire 1'Ameriqu'e et la Russie. 4. France Les journatx rendent compete edc ]a solution intcrvenue i Paris pour eviter une rise gouvernementalc. Le correspon- dant du Sunday Times 6crit entire autres que le r6sultat obtenu dimanche a la valeur de l'article de la nouvelle cons- titution qui pr6voit un :jour de. preavis avant un vote de confiance ou de mdfiance envers le gouvernement. Remale de la press brilansnique di 24 mars 1947 1. Confdrence de Moscou Cinq journaulx seulement consacrent des articles i la Con- ference de Moscou : le Times, 1,' Manchester Guardian,, le Daily Telegraph, le Daily Herald, le Daily Worker. Parmi ceux-ci,. le Times, le Daily Telegraph, le Daily Herald lui consacrent leurs editoriaux. Chacun de ces journaux expose et comment plus ou' moins brivvement la march des travaux au course de ces deniers ours, notamment le plan britanniquc sur P'industrie alle- mande.que 'M. B.evin a fait connaitre aux autres ministre.- la semaine derniere et le plan sovidtique relatif a l'acvcnir politique de 1'Allcmagne. Le correspondent du Times estime quo le moment appro- che oh d'importantes decisions devront terc prises. Ce mo- ment aurait 6t6 retard en raison de 1'insistance avce la- quelle M. Bevin a demanded que toute la question allelnande soit 6tudide en detail avant qu'une decision quelconqu., soit prise. Or, constate le correspondent, cot examen g6nd6erl est termind et les quatre ministries ont constitud une Commis- sion qui coordonnera et comparera touts les propositions qui ont 6te formulBes. Ce correspondent so montre assez opti- miste sur les prochains travaux de la Conf6rence. 11 croit que les Quatre se mettront rapidement d'accord sur la crea- tion d'administrations centrales allemandes operant sous le contr6le allied. I1 pr6voit 6galement un accord prochain sur la denazification, mais estime quo de tels accords on peu d'importance en soi si on les compare aux graves probl6mes qui s6parent encore les allies. L'un des obstacles essentials aux progr6s de la Conference r6siderait, scion ce correspondent, dans le fait que M. Bevin,- dans un expos6 du, 22 mars, a lpleinement reconnu l's be- soins en carbon des pays liberes : a On pent esp6rer, note cc correspondent, que ces declarations apaiseront l'inquidtude des Frangais qui 'etait manifested ces derniers jours d'une fagon plus vive que jamais, ceux-ci ayant pose come condition prdalable a leur acceptation qu'une decision qurlcon- que intervint sur les exportations de carbon alle- mand. a Sur la question de I'avenir politique de 1'Allemagne, ce correspondent resume les t prudentes a declarations de M. Bidault et signal que la France s'en tient iu premier stade qui consiste en une constitution d'assembl6es elues au suffrage universal pour les diff6rentes provinces, assemblies destinies a organiser des Etats sdpares sur une base demo- cratique. Ce plan ifrangais, Al. Werth, dans le Manchester Guardian, croit savoir qu'on le considere ign6ralement comme c uto- pique ). Le memorandum frangais du 17 f6vrier souleverait une grave question de principle, car il ne semblerait pas pr6voir une r6glementation des 6eections g6nerales alle- mandes, m6me sur une echelle restreinte. < L'une des idles fonfamentales de la France, ecrit- il. c'est que nous ne devons pas rip6ter les erreurs de 1918 en conservant un gouvernement hautement cen- tralis6 dot6 de l'ancienne machine administrative. , Al. Werth, dans un autre article de ce mnme journal, passe <'n revue les travaux de la semaine ecoulee ct estime que les deux problemes principaux qui se posent A la Conference sont : 1o la question de l'attribu'tion du carbon i la France; 2 cell des reparations ft la Russie. II estime que si une solution n'est pas trouv6e A ces. deux problems, < les chances d'un accord seront fres minces ,. Selon ce correspondent, Jes Frangais continueraient h esp6- rer que M. Bevin re-examinera leur dcmande.de carbon. Quant aux relations ahglo-frangaises, elles auraierit it6 em- preintes ces derniers temps d'une certain humeur et des mots un peu vifs auraierit e6td changes centre les membres des deux d6l1gations. Sur la question de I'industrie allemande, Al. Werth ecrit encore au sujet de la position frangaise que les Frangais sont les plus intraitablcs, qu'ils proposent que l'industrie sid6rurgique de l'Allemagne soit fix6e a un niveau tres has ct que la France, la Belgique, le Luxembourg envoient de I'acier en Allemague et ii ajoute que ce project est rejet6 par les Britanniques comme absurde. W. N. Ewer, dans le Daily Herald, estime pour sa part que sur les questions 6conomiques, le foss6 est plus profound entire la France et les trois autres Grands qu'entre 1'Est ct l'Ouest. II precise que si les Frangais ne veulent pas aug- menter la production sid6rurgiqule de l'Allemagne, c'est parce qu'ils craignent qu'une production l6ev6e en temps dr paix puisse creer un potential de guerre elev6, et aussi pour que les exportations de charton allemand en France soient considerablcment augmenties. Toutefois, cc correspondent pense que M. Bidault accep- terait n'importe quelle solution a condition qu'elle donne h la France la quantity de carbon qu'elle consid&re 6tre son d4. Enfin, F. Lesser, du Daily Worker croit que les dernieres declarations de M. Bevin sur l'industrie allemande consti- tue un effort pour apaiser les inqui6tudes frangaises. o On n'y retrouve plus l'iusistance mise auparavant sur la res- tauration de industriese allemande et sur l'accroissement de sa production d'acier. Celle-ci passerait apres les demands de yharbon de la France et des pays liberis. , 2. Aide amdricaine ea i Grcje et a la Turquie. Des documents secrets qui atraient et6 communiques aux membres de la commission ides Affaires etrangrres de la Chanbre des repnesentants et la prcsae, la plupart des journaux britanniques detachent la phrase of ceux-ci accu- sent 1'U.R..S. de livrer une guerre des nerfs a la Turquie et la Grace. Le correspondent du Times a Washington expose dans Ile detail le contenu ide ce document; il note les passages relatifs a la reduction des forces britanniques en Gr6ce don't le rble no serait plus ddsormais que purement psy- chologique, la faiblesse ddrisoire de l'armee gouvernemen- tale grecque qui permettrait aux rebelles de s'emparer du pouvoir s'Hs ne craignaient,pas des complications interna- tionales, 1'eventualit6 d'une cession de Chypre A la Grace, la creation d'une zone libre dans le port de Salonique qui pour- rait &trc utilis6e comme dbdouch6 sur la Mer Egec par les Yougoslaves et les Bulgares et, enfin, le rejet de toutes les revendications sovidtiques sur le territoire turc. R. N. Mac Gool, dans le Dailly Express fait 6tat du trouble qui rignerait a Washington df au fait que le dtsir de voir la Graude-Bretagne ceder Chypre a la Grece aurait di rester secret. Selon le correspondent, les cercles officials de Washington se hAteraient 'd'ajouter que le gouvernement amdricain n'a pas encore pris une decision definitive A ce sujet. BULLETIN QUOTIDIEN DE PR'ESSE ATRANG-BE S 3. Etate-Unis Le Times, le Manchester Guazidian, le Daily Telegraph, le Daily Worker et le News Chronicle annoncent que le president Truman a ordonnd l'6puration du personnel ad- ministratif amdricain de tous les 616ments communists ou A sympathies communists. Le correspondent du Manchester Guardian fait 6tat de la vive reaction qui s'est manifested contre ces nouvelles measures. Le Daily W9orker announce la nouvelle sous un titre important. < Malgre l'emploi du term e fasciste a, I'offen- sive est dirig6e contre la gauche a, ecrit Rober' Hall, cor- respondant de ce journal A Washington. I1 y voit une ten- tative faite par Truman pour apaiser les rdpublicains, les democrates du Sud ct le clergy qui demandent h grands cris I'a mise hours la loi du parti communist. a A. France. Le Times expose 1'dvolution de la situation politique qui a mend au comoromis communist. Ce correspondent estime que la survie du Gouvernement Ramadier sera brdve. Elle a montr6, selon lui, que dans les conjonctures nationals et internationals de 1947 le iproblime frangais reside dans uine large et tolerante cooperation. I,e correspondent du Manrdhester Guardian estime, pour sa part, que le fosse s'est dlargi entire les communists et les autres parties, ct conclut que si l'on veut 6viter la guerre civil en France tout Gouvernement doit inclure des com- muniste:;, m'ais que tout Gouvernement doit include des com- les communists se trouvera en face de probldmes qui mettront son united en pdril. Le correspondent du Daily Tele.graph explique la situa- tion des radicaux de la manidre su:ivante : a Comme tons les autres parties de coalition, les ra- dicaux n'dtait pas prdts a assumer le responsabilitd d'une cruise qui aurait laissd la delegation frangaise ie Moscou sans Gouvernement pour a so utenir. a Dominique Richard, du Daily Worker, estime, de son cotd, que I'attitnde des communists a l'dgard de la question indochinoise ne manquera pas d'avoir un effet considdrablo sur les actes du Gouvernement. a) LES TRAVAUX DE LA CONI(RENCE DE MOSCOU. 1. Observer (23/3), conservateur : < Aucun plan pour donner A l'Allemagne des insti- tutions libres ne rdussira s'il ne se fonde pas sur une base kcononfique satisfaisante. On est encore loin d'un accord sur l'avenir 6conomi- que de l'Allemagne, mais du moins les divergences de vues commencent-'elles h apparaitre -clairement. M. Be- vin et M. Marshall, tout en se montrant beaucoup moins expansifs que les deux autres ministres, ont soutenu lo point de vue qu'il faut tout d'abord donner A l'Allema- gne le moyen de subvenir a ses besoins. L'essentiel de leur argumentation se pr6sente ainsi : les Allids doivent chercher des garanties de sccurite non pas dans une ruine de l'Allemagne et dans le d6man- tilement -de son industries, non pas dans une misdre et dans un chbmage g6ndral, mais dans un contr6le strict des quatre puissances sur I'industrie allemande. Cette industries dolt 6tre moins important qu'avant la guerre, mais elle dolt rester suffisante pour satisfaire les de- mandes allies et les besoins essentiels de l'Allemagnv'. La politique russe a subi un changement frappant. M. Molotov propose maintenant une augmentation do la production indpstrielle. Au, lieu d'une communaut6 paysanne, la Russie semble vouloir maintenant voir s'6tablir un Etat tributaire prospere don't le rble serait de satisfaire les besoins du march russe en products de consommation. Celte'id6e d'une industries allemande florissante, don't I'existence serait justified en premier lieu ppur payer les reparations A la Russie, et qui serait par conse- quent 6troitement associ6e A 1'economie .sovi6tique, tan- dis que seul un contr6le interallid l'emp&cherait de de- venir dangereuse, a peu de chance de, plaire h la Grande-Bretagne, A la France on A l'Am6rique. IEntre les positions anglo-am6ricaines et russes, il y a place pour un compromise. Les Anglo-Am6ricains et les Russes reconnaissent la necessity d'une unit Bco- nonmique;. les Anglo-Amdricain. et les Russes ont un 6gal desire d'dlever le niveau de la production alle- mande, biep que ce soit pour des raisons toutes diff'- rentes. La difference qui existe entire ces points de vue est une question de prioril6 et de chiffres et pent Wtre rbsolue. La France soulbve des difficulties plus grades. Les interventions nettes et fermes de M. Bidault mbntrent que la politique frangaise reste comme toujours domi- n6e par les besoins en carbon de la France et par son desir passionn6 de s6curit6. Tandis que les autres Allies recherchent des garanties de s6curit6 dans un systeme de contrble efficace, la France les recherche dans une dislocation definitive de 1'economie allemande, et cette solution aurait 6galement un effet de dislocation sur l'economie de d'Europe. Les demands frangaises ne seront jamais accepta- bles pour les autres puissances sous leur forme actuelle. Mais il ne faut pas non plus les consider comme .dA- finitives. Ii n'6tait pas raisonnable non plus de demander aux Fran9ais de se prononcer sur des plans d'anit6 6cono- mique de l'Allemagne avant d'avoir d6cid6 du futur.sta- tut de la Sarre 'et de la Ruhr, qui les int6ressent au premier chef. L'un des buts principaux de la politique frangaise, comme de la politique -de toutes les autres nations, do- vrait 6tre d'Aviter un isolement diplomatique, puisque' aucune puissance n'est assez forte pour etablir a elle seule les conditions de security requises. L'assurance du soutien anglais et du soutien russe contenus dans les pactes franco-britannique .et franco-sovikti'que, et la sympathie effective des Etats-Unis, implicite dans toute la politique du Pr6sident Truman, sont des garanties que la France trouvera en fin de compete les plus solides. 2. Daily Herald 1(24/3), travailliste. a Un accord sur 1'Allemagne serait plus efficace que toute autre chose pour relAcher la tension politique et economique qui continue A affaiblir le monde. Le re- gime actuel, difficilement applicable et inop6rant, que les quatre puissances imposent au people allemand, triste et appauvri, ne fait de bien A personnel. En fait, c'est principalement l'occupation de l'Allemagne qui a oblig6 notre gouvernement A maintenir les forces ar- mees de la Grande-Bretagne A un niveau qui, de l'aveu general, constitute une entrave pour l'ensemble de -notre vie Aconomique. Toute reduction des charges que nous impose l'occu- pation all6gerait notablement les difficultis fondamen- tales auxquelles nous avons A faire face en Grande- Bretagne dans les domaines de 1'6conomie et de la main- d'oeuvre. Par consequent, c'est avec reconnaissance 'que nous pouvons constater que les premiers signes d'accord commencent a apparaitre, quelle que soit 1'Aprete qui marquera sans doute les n6gociations. Les Etats-Unis et la Russie ne font qu'un avec la Grande-Bretagne dans leur recherche commune pour 6tablir une Allemagnie d6mocratjque et pacifique, mais ind6pendante et r6gie au moins par une forme quelconque de gouvernement central. 4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE Les opinion diff6reront sur la maniere don't il con- viendra de r6parrir le pouvoir entire ce gouvernement central et les autoritds provinciales. Ii y a toute latitude pour que puissent se faire jour des differences d'opinions, pour qu'apparaissent des arguments constructifs et, pensons-nous, pour I'etablis- sement de compromise pratiques. Tant que les Grandes Puissances .aborderont la question avec le d6sir de rtaliser de semblables compromise, et de resister A la tentation de traiter I'Allemagne comme un pion dans le jeu d'une politique de puissance, il ne devrait pas dtre difficile de metre sur pied un plan pour le trans- fert progressif de l'autorit6 entire des mains allem.andes. Car la conception que le bon sens sugg6re en la ma- tiere et que les peuples de Grande-Bretagne, de Russie, des Etats-Unis et d'Allemagne, entrevoient est cello-ci : Nous n'aurons en definitive la Paix que si le people allemand le desire. Et il La d6sirera seulement s'il a la chance de se cr&er une existence raisonnable et un mode de vie d6mocratique >. 4. Daily Telegraph (24/3), conservateur: A L'opinion des quatre puissances sur l'avenir de l'Allemagne est maintenant connue. I1 est tres difficile de voir, malgr6 l'optimisme de M. Marshall, ce qu'il y a de commun entire les proposi- tions russes et celles des puissances occidentales. Le plan de M. Molotov est un plan dans lequel I'au- toritd Amane du centre, tandis que dans celui de M. Be- vin I'autori6t est d(16gude par les diff6rents Etats. Telle est la difference essenticlle. On peut supposed que M. Molotov a formula ses de- mandes maxima dans le but de se livrer A des marchan- dages. I1 reste A voir les concessions qu'il est pret A faire et ce qu'll obtiendia en change. Les motifs qui ont pouss6 les Britanniques A faire leurs propositions sont apparent. Les Britanniques voient dans le f6ddra- lisme le system politique qui peut concilier les exi- gences de 1.a skcurit6 avec les arguments economi(lues en faveur de l'unitd. Les motifs des propositions russes ne sont pas aussi 6vidents. Les Russes cherchent peut- etre A obtenir les suffrages des Allemands comme M. Bidault l'a clairement laissd entendre. b 3. Times (24/4) : a Les quatre grands ont passe les quatre premiers jours de la semaine dernibre A examiner trois ques- tions : unitedd Aconomilque, les reparations et le niveau de l'indtstrie allemande. Ce n'est pas simplement la facon don't l'Allemagne sera gouvernee qui est en jeu ici, mais la maniere cont elle vivra. Les Allies sont parliculidrement sensible A 1'6gard de cette question, car elle met aussi en cause la facon don't la Grande-Breiagne, ia France et la Rus- sie vivront. II n'est pas 6tonnant que pour un continent aux prises avec une cise Aconomique sdricue, la q:us- tion la plus important du rglement avec l'Allemagne soit d'ordre *.conomique. A ce sujet il est significatif de voir que les principles difficulties qui n'ont pas Wte rf- solues en ce qui concern I'Autriche sont pratiquement identiques. Les reparations prdlev6es sur la production courante ne pourront 8tre payees avant de nombreuses annees si l'on ne veut pas r6duire l'Allemagne A l'6tat de desert, ce que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis patient dejh suffisamment cher pour Aviter .dans leur zone. De plus, I'Allemagne orientale ne pourrait faire face A elle seule aux demands de la Russie, si c'est IA ce que cette derncire tait tent6e de faire en i'isolant des autres zones. M. Molotov a annoncd sa sollicitude A l'6gard du bien-8're politique future de I'Allemagne. 11 faut esp6rer qu'il fera preuve d'une sollicitude sem- blable A I'ega'rd de son hlienetre economique, S'il n'en est pas ainsi, l'unit6 dconomique de I'Allemagne semble devoir demeurer, peut-6tre pendant des annees, une as- piration seulement, et s'il en 6tait ainsi, cela aurait de graves consequences 6conomiques et peut-Stre des con- sequences politiques plus graves encore. Tel est le point crucial oti en est arrive la conference de Moscou. Le fait de transmettre ce problime aux supplants ou A la Commission de ContrBle ne pourra amener de solution, si les ministres des Affaires 6trangires ne parviennent pas A en trouver une eux-memes. 2 b) LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE (Times, 24/3) : < C'est par un compromise, auquel on est parvenu difficilement en derniere ,heure, qu'on a sauv6 le gou- vernement francais pour un temps. En fait, on n'a fait que reculer, peut-etre pour peu de temps, la n6cessit6 de se prononcer dans un choix qui remote loin dans le passe, s'il se pr6sente main- tenant sous upe apparence nouvelle. La France doit fire face de nouveau A la difficult qui a toujours 6te un obstacle pour sa politique depuis la Revolution et a oblig de temps en temps ce pays A se r6fugier dans la solution dBsesp6r&e d'une forme quelconque d'auto- cratie. Comment peut-on. arriver A faire fonctionner au sein du meme regime, deux parties don't les princi- pes sont directement opposes ? La troisiime Republi- que n'a jamais r6pondu A cette question. La Resistance a amene un changement d'atlitude; elle a conduit A la naissance d'un grand part qui - bien qu'il rappelle encore avec insistence que la France reste par tradition la fille ainee de 1'Eglise a rompu A la fois avec le clAricalisme et la monarchies, et s'est d6clare populaire et r6publicain. Mais la Resistance a 6galement faif naitre dans le Parti Communisle un an- tre movement qui pourrait se dire a la fois populaire et republican en d.6pit du dafi present par son pro- gramme et ses doctrines aux traditions nationals les plus chores. Ces deux parties, don't les positions de pen- see sont opposes, pouvaient travailler en emble et ont travaille ensemble non seul.ement pour la liberation de la France, mais pour la victoire des principles de la reconstruction 6conomique du pays. Une cooperation plus grande de leur part pour le r6tablissement de l'or- dre politique est, comme M. Blum l'a remarque un jour avec tristesse, t indispensable et impossible >. C'est cette cooperation qui a 6t6 menace par les iAvnements de ces derniers jours. Les dirigeants socialists soutiennent ce point de vue que le devoir de leur part, en tant que part du cen- tre, est d'empkcher opposition existent entire les com- munistes et leurs adversaires de deg6gnrer en rupture ouverte. C'est pourquoi ils ont l66 partisans d'un com- promis A la fois au course des d6ba's sur la Constitu- tion et apr6s ceux-ci, et ils- fournissent maintenant la moitie des membres d'un gouvernement qui a donn6 des posters important A des repr6sentants de toutes les nuances d'opinion ou presque, y comprises les commu- nistes. Le lien que les socialists representent entire les par- tis aurait Wte rompu aussi completement par un retrait de. l'appui communist que par un vote d'hosti!itH di- recte. C'est une telle Avolution de la situation qui a 6tP evitee dde si peu et peut-6tre pour si peu de temps. c) LE PROBLiME COLONIAL (Reynolds News, 23/3, tra- Svailliste) : < La Grande-Bretagne, la France, la Hollande et la Belgique ont df ern grande parties leur forte position A leurs possessions imperiales et coloniales en d'au- tres terms, A exploitation de nations et de races plus fables. La rise qui les affected aujourd'hui n'a rien & 9 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE 5 voir avec la ichrdtient6, mais avec le fait que cette ma- nitre de vivre n'est plus possible. Pour la France comme pour la Grande-Bretagne, le probl6me est aujourd'hui de savoir comment vivre sans les investissements a 1'6ranger el dans les colonies, qui servaient a payer les importations du ravitaillement et de matirres premieres. Le Plan Monnet et le Livre Blanc britannique reconnaissent que nos deux pays doivent pourvoir a leurs besoins par leur seul travail. Et, dans les deux pays, les dangers proviennent de la lente transition vers une nouvelle fagon de penser plus en rapport avec la nouvelle situation. Aujourd'hui, la Grande-Bretagne maintient a l'6tranger une armee plus important qu'elle ne le faisait lorsque l'imp6ria- lisme 6tait la base de notre existence 6conomique. L'ipreuve ,que ceci impose a notre main-d'ceuvre in- dustrielle a dtC mise en evidence au cotirs du debat de la semaine dernirre sur le budget de la defense natio- isale. En France, la crises politique qui a menace la coalition 6tait due A la nmme question. La scission s'6tait produite au sujet de l'envoi dc nouvelles troupes en Indochine, alors que I'on recrute 400.000 p.ersonnes dCplac~es pour faire face A la p6nu- rie de main-d'oeuvre de la France. Si la Grande-Bretagne et la France ne parviennent pas h r6soudre leurs probl6mes intdrieurs, et a isdifier leur .conomie sur une nouvelle base, la civilisation occidental court alors un veritable danger. > (DAVID RAYMOND.) II. PRESS AMERICAINE Revue 'de la press amwricaine du 22 ,nans 1947 1. Sitnua'ion frangaise Tous les journaux reproduisent ]es dip6chcs ide Paris indiquant que des consultations politiques ont eu lieu dans le hut d'eviter une cruise gouvrrnementale. Un editorial du New York Herald Tribune, un article de Callender, dans le New York, Times, et un article de Mackenzie, dans le Phila., delphia Everning Bau,!etin, font curtains rapprochements entire 'la situation politique frangaise ct le recent discourse de M. Truman sur 1'expansion communist. Callender rapport que les communists auraient ddcidd de montrer au monde, et en particulier aux Amdricains, combien le parti com- muniste serait fort en France et il ajoute : < Certains vout jusqu'h penser que c'est la response de Mosco'u a M. Tru- man. ,. Un editorial du New York H:rald Tribune so demand ce qu'il adviendrait si ~es communists se retiraicnt du g'ou- vernement et il envisage que, dans cce cas, les autres parties resteraient an pouvoir. a Un tel changcment radical dans la situation poli- tique frangaise aurait de vastes repercussions allant de Moscou a Hanoi. Si l'on devait attribuer ce rdsul- tat an discours de M. Truman, ce serait le premier fruit, peut itre curieux mais non illogique, de la dc.r- nidre initiative amdricaine dans la politique dtran- gere ,. 2. Conference de Moscou La press reproduit les declarations faiths par MM. Mars- hall et Bevin, qui out esquiss6 leur programme en vue ,du r6tablissement d'un regime allemand sur une base fdde- rale. Middleton, correspondent du New York Times, souligne que l'attitude frangaise demeure fortement oppose a la constitution d'un gouvernement central. Un editorial du Philadelphia Inquirer traitant de la ques- tion de reconstruction 6conomique allemande declare notam- ment que : < Tons lsc AmCricaini., mais en'parilculier les homes d'Etat am6ricains, devraient faire preuve d'une comprehension sympathique pour la forte opposition que la France manifesto A la constitution d'un gouvernement alle- manmi politiquemcnt fort ou a la renaissance .du potential de guerre allemand dans les industries et les mines de 1'Al- lemagne occidentale. , 3. Allemiagne. Une dep&che A. P. de Berlin annoncent que les adtorites amnricaines et britanniques ont placid l'embargo sur tous les envois ide fer et d'acier i la zone sovi6tique, les Russes n'ayant pas livr les quantities promises de blM et de seiglp et d'autres products de leur zone d'oecupation. 4. Affaire grelcque. Reston, dans le New York Timles public aujourd'hui les extraits d'un rapport confidential qui circle a Washington sur les intentions du gouvernement am6ricain A 1'Igard de la Grce et selon lesquels : 1 Les U.S.A. reconnaissent que la preservation de l'ipDd- pendance et de l'int6grit6 territorial grecques imported a la security et a l'inddpendance de tout Ic Moyen Orient qui sont d'une importance vital pour la s6curiti des U.S.A. 2" Les U.S.A. sont partisans de maintenir les frontidres grecques de 1939 sans changement. Ils n'appuient pas les revendications de la Grece sur l'Epire du Nord; mais ils acccpteralent que les Grecs soulivent cette question -au conseil des ministers des Affaires 6trahg6res quand celui-ci aura termind les pourparlers de paix; 3" Les U.S.A. seraient partisans a de 1'6tablissement dans le port de Salonique d'une zone libre place sous la souvo- rainete grecque afin de diminucr la pression que la Yougo- slavie et la Bulgarie exercent sur la Grece .,. Les U.S.A. reconnaissent ainsi les avantagcs, qu'aurait pour la Bul- garie et la Yougslavie un ddbouchd sur la iMer Eg6e; 4 Le gouvernement americain estime que la question de Chypre doit 6tre riglde par une nugociation grdco-britan- nique; il est favorable a la cession de cette, fle A la Grice sous reserve que la security des habitants non grecs soit assure et que les lignes de communications en Mdditerra nee oriental soient igalement assures; 5 Le gouvernement amrricain n'a pas 1'intentdion de de- mander an gouvernement grec d'apporter ides changements dans la constitution de son cabinet, mais il continuera cc- pendant a encoue.ager FIlargisse.ment ide celui-ci par I'inciu- sion de reprisentants de tous les parties grccs sidgeant an Parlement. L.s correspondents de Washington suivent lc d6bat sur la proposition amiricaine d'aide a la Grice et notent en particuller le preambule que les s6nateurs Vandenberg et Connally ont propose de donner aW'texte de loi afin de bien souligner que le gouverncment americain n'a pas l'inten- tion d'ignorer I'O.N.U. mime si elle agit immndiatement et de sa seule autorit6 en Grace. et en Turquie. Les principals critiques du recent discours Truman pa- raissant dans la press portent principalement sue ce que certain commentateurs appellent l'abandon de I'O.N.4U. Un editorial du Washington Post considbre que les Nations Unies ne sont pas en measure d'adopter une aide urgente a Ia Grcce propose par le president Truman. 5. Accord franco-italien L.e New York Times reproduit une dip&che de Rome an- nonceant la signature d'un accord franco-italien pour l'emi- gration de 200.000 travailleurs italiens au course de l'annde. 6. Les Philippines Une dipche A. P. de Manille announce la signature d'un accord d'ass..,tancce militaire de cinq ans 'par lequel les U.S.A. fourniront des armements nucessaires aux forces armies aux Philippines. 6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGIARE LA QUESTION DES REPARATIONS A LA CONFERENCE DE Moscou. 1. New York Herald Tribune (23/3, edit. europ.): < Comment 1'Allemagne pourra-t--elle produire assez de products manufactures pour faire face a ses besoins et payer des reparations don't le montant d6passe celui qui avait 6t6 propose par l'accord de Potsdam, sans que l'on fixe un niveau de production pour i'industrie qui puisse devenir une menace pour la s6curit mnon- diale ? L'accord de Potsdam stipule que les reparations pourraient s'effectuer par pr6l6veoment sur l'6quipe- ment industrial, ainsi que sur les biens allemands si- tues A 1l'tranger. Les Russes veulent aussi obtenir des reparations pr6lev6es sur la production courante, et les Francais, de leur cot6, craignent que le r6sultat de cette politique soit de doter I'Allemagne d'une capacil6 de production bien sup6rieure A la leur. L'insistance que montrent les Francais pour obtenir davantage de carbon a suscit6 entire les d616gations frangaise et britannique ccrtaines frictions que M. Mar- shall s'efforce d'atl6nuer. La situation va se trouver 6claircie dans les discus- sions qui commenceront mardi. En attendant, on va s'efforcer de "d6finir exactement la position de chaque d616gation et de voir comment on pourrail concilier les diff6rents points de vue. Per- sonne ici n'essaie de nier les difficult6s auxquelles les ministres doivent faire face. > (WALTER KER '.) 2. Washinglon Star (22/3) : < Bien que la Russie ail des droils pour r6cl.imer 10 milliards de dollars .et m6me davantage, qu'elle pr6- l6verait sur 1'Alleimagne par diff6rents moyens, il est indubitable que 1'accord de Potsdam exclut la possibi- lite de recourir A la production courante de 1'Allema- gne en tant que source de reparations. Les raisons en sont 6videntes : les Allemands doivent produire suffi- samment pour subvenir A leurs besoins. Si la R issie met la main sur leur production, ils ne seront pas en measure d'assurer leur existence, et la Grande-Bretagne et les Etats-Unis devront continue A fournir de l'ar- gent A l'Allemagne pour que les Allemands puissent subsister. De cette facon, nous paierons indirectemnent les reparations allemandes A l'Union Sovi6tique. De quelque facon que l'on envisage cette question, une so- lution de ce genre serait contraire au bon sens. > 3 New York WVorlId TeleOlgrcm (22/3). < Ou bien nous devons fournir de i'argent pour fire renaitre l'industrie allemande et nourrir les Allem'inds pendant qu'ils iravaillent pour les Russes, on bien l'Al- lemagne 'deviendra l'esclave perp6tuelle de l'Union So- vi6tique. Le versement de 10 milliards de dollars, iche- lonn6 sur vingt ans, que reclame l'Union Sovi6tique .au litre de reparations est insens6, car l'Allemagne: ne pourrait payer une telle some ni en vingt ans, ni m6me en cinquante ans sans emprunter A l'6tranger, et i'Allemagne ne risque pas 'de trouver de credits s. les Russes out une hypothbque initial de 10 millards de dollars sur sa production. ? 4 Chicago Sun (22/3). < Etant donni que 1'actord de Postdam s'est av6re inapplicable, on doit permetire A I'Allemagne d'avoir un niveau de production plus 6lev& qlue celui qui 6tait pr6- vu. Une parties de cette production doii servif A payer les reparations. C'e a pilist aux specialists qu'il appariient d'en determiner la proportion'. Il est toutefois certain que la Russie ne peut maintenir une demand qui pr6- volt pour vingt ans l'assujettissement de l'in'dustrie alle- mande aux besoins de la Russie. > 5 San Fraccisco C~ronicle (22/3). < La n6cessita pour toute 1'Europe de redresser sufti- sommnent I'Allemagne pour qu'eile puisse subvenir A ses propres besoins prime actuellement le droit moral que posside loule nation de ne s'occuper que -d'elle- meme. >) Ill. PRESS SOVIETIQUE Revue de la press siovuiti'que du 22 mars 1947 Les rubriques de politique dtrang6re, de deux pages en noyenne, ainsi que les commentaires sur la session du con- seil des ministres, dermeurent la preoccupation essentielle. Le- second thsnme (incidences diverse des politiques anglo- amcricaine) vient interf6erer avec le troisimce (la bataille pour la democratic dans le monde).' A) La session du conseil des mihistres des Affaires dtranggres 10 Comptc, rendu de l'agence Tass sur cinq colonnes dans les Izvestia qui publient le texte A peu pres integral des diff6rentes diicarations des ministries, alors que les autres quotidiens se bornent A des analyses concernant les inter- ventions frangaises. Dans le d6veloppement consacr6 A la discussion du rap- port des adjoints sur l'Autriche, il est implement releve au paragrapie 2 qu'au nom de la delegation frangaise, M. Georgeo Bidault s'est ralli6 i la proposition du general Marshall au paragraph 7 que MM. Marshall, Bevin et Bi- dault se d6clarent d'accord avec les propositions de M. Mo- lolov. 2" 'Dans la plupart ides journaux, deux dep&ches se r&- f6rent A des sujets traits A la conference : a) extraits de Der Morgenl, de Berlin, concernant l'utilisation par les An- glais et les Am6ricains des brevets d'invention allemands ; b) activit6s provocalrices des fascists en Garinthie slovene. 'i Trois commentaires. a) Dans 1'organe syndical Trud, note id'infornation de Lobanov sur la situation des syndicate dans la zone sovietique. Apris une inumrration de faits et de chifrlcs, I'auteur conclut que l'action des syndi'cats n'est pas seulement utile, mais n6cessaire aux larges masses de la population allemande, et qu'elle r6pond aussi aux int6- rnts de la paix et de la securitA international et aux inte- rets do la democratic monidiale. b) Dans la Pravuda, lettre de Vienne de Geor'ges Axenov sur la situation en Carinthie slovene. L'auteur d6crit Pam- pleur du movement en faveur du rattachement A la You- goslavie et ia violence de l'effort tent6 pour briser ce mou- vement. II met en cause administration britannique. c) Dans la Pradual, sur prms.d'une demi-page, 6tude de Marinine sur I'unit6 6conomique de I'Allemagne et oe niveau oe 1'industrie allemande (voir Particle plus loin). B) Incidence diverse des politiques ang ,o-amdricaine"s. 1" Une important anrie de d6peches Tass reproduites par presque tons les journaux se referent par un lien plus on moins apparent au message du president Truman. On re- lJve les ichos du discourse du Pr6sident aux U.S.A. (syndi- calisles, anciens combatantst, Congres slave, organizations protestantes, organisation politiques diverses. On relive 6ga!ement des d6veloppements sur l'aide anglo-amdricaine A la GrAce. Certaines dip&ches ,donnent des details sur le meurtre de Zevgos, et ipublient la TCsolution du Comit, Cen- Iral de I'E.A.M. A propos de ce meuctre. 20 On relive dans es depechles relatives aux s6ances du Conseil de S6curit6 la plainte anglaise centre l'Albanie, En outre, on peut noter los pretentions de l'Union Sud-Africaine sur le Su'd-Ouest Africain, la publication d'un nouveau journal polonais en BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS TkTRANGtRE Angleterre, le sEjour & Londres de la delegation du Soviet Supreine, la premise par Truman au Senat du project de trait de commerce sino-amdricain. C) La lute pour la ddmocratie dans le monde. Outre des depdches cities par la plupart des journaux. dans la section precedent et qu'on pout 6galement rattach:r 'i ce thbme, on relive les mendes de la reaction en France (extiaits de Ce Soir sur les liens entire les organizations fascists frangaises et le Comit6 pontifical d aide aux rdfu- gies, arrestation d'un membre de la ddligation du Viet-Nam a Paris), declaration de Tran Ngok Dan a l'agence Reuter I propose de l'arrestation de Duong Bakmay, le process des conjures du complot anti-republicain en Hongrie, le process de Guido Schmidt. Presse soviidi'ique du 23 mars 1947 Les rubriques 0trang6res de deux pages en moyenne com- portent ainsi qu'il est d'usage le dimanche de nombreux commentaires. La session du Conseil des ministries des Af- faires 6trangBres rest la preoccupation dominant. On dis- tingue en outre deux themes d'arriere-plan : les incidences diverges des politiques anglo-amdricaines et la politique franchise. 1. La session du Conseil des Ministres des Affaires dtrangbres Dans tous les journaux, snr cinq colonnes, le compete reodu Tass de la reunion des Ministres du 22 : Texte in- tegral de la declaration de M. Molotov, analyse en 90 lines de la declaration du president Bidault, analyse en 24 lignes de l'intervention du general Marshall, texte in- tearal de la second intervention de M. Molotov. ri;-ume de la discussion engage autour de la Constitution de Weimar. S.i 'on except un brief tdlegramme reproduisant les dd- clarations de Jean Durckheim, au sujet de son voyage en Carinthie Slov6ne, reproduit par tous les journau,, le rest des informations Tass et des commentaires se r6f6rant a la Conference se r6Dartit entire deux probl6mes. A. La q.uesiiOn allemande, a) La deux:'me des chroniques de Moran a sur des themes de la vie h l'etranger '(Izestia) dvoque un nouvel aspect de la non de'nazification en zone anglaise. Parlant de la Chamibre des Metiers de Hanovre, qui continue d'exiger des candidates a la puretd du sang ,, Moran cite a ce propos une coupuTe de News Deustchland et conclut en distant qu'il n'y avait rien d'6tonnant si, du temps de Hitler, le droit de ressemeler des hottes on de cuire des pains constituait 1'ex- clusif privilege des a purs aryens ,. Mais que c'est tout de meme strange que ces reglements subsistent dans le Ha- novre aujou'rd'hui. b) Le probl6me de o la structure de l'Allemagne > re- tient I'a'tention essentielle des commentateurs. Dans les Iz- vestia, I'acaddmicien Tarle y consacre un article sur cinq colonnes (voir l'article plus loin), et dans la Pravda, Zas- lavsky un article de plus de doux colonies. B. La question ohinoise UIn certain nombre de texts traitent de cette question en liaison avec la demand par M. Molotov d'examen de la question chinoise a la session du Conseil des Quatre. a) Tons les journaux, sous le titre : c L'opinion ddmo- cratique chinoise et 1'examen de la question chinoise s, re- produisent une d6pdche Tass de Shanghai (140 lignes en- viron), analysant les reactions provoqudes par la demand du ministry sovidtique des Affaires 6trangeres. L'Agence so- viPtique relive successivement quatre manifestations :d'un group de leaders ddmocrates et d'intellectuels (d'aprds le journal Dagoounbao). du secr6taire general de la Ligue dB- mocratique Tchan. Doun Soun, du leader communist Tchou Enlay. Tous demandent l'examen du, problime chinois & la session du Conseil des ministries. , b) La premiere des chroniques de Moran ddji mention- nees (Izuestia), raille a la mise en scdne d'indignation na- tionale ,, qu'elle accuse les reactionnaires du Kuomintang d'avoir monlde en reponse a la demand de M. Molotov. D'apres les correspondents strangers, Moran relieve notam- ment : que les appeals at resister h l'intervention etran- .gre a avaient ete placards dans les rues avant que les journaux n'eussent announce la declaration du ministry so- vidtique des Affaires etrang6res, que dans certaines villes de province, k Pdkin notamment, des manifestants s'dtaient trompds et portaient des banderolles protestant centre 'in- tervention am6ricaine, que la manifestation de Nankin groupait seulement 2.500 personnel, pour la plupart elev6es de 1'enseignement secondaire, en 1'absence des ttudiants 'des universities, etc. C'est par oette procession d'enfants, ras- sembles en hAte, conclut Moran, que se couronna la mise on scene sans gloire montde.. ar la reaction du Kuomintang. Digne finale I c) Dans sa troisiome chronique, Moran revient sur le theme de la Chine. evoquant les difficulties financinres de ce pays, que seuls qu'elqus journalists eurent le courage d'at- tribuer a leur veritable cause. La politique mortelle du Kuomintang qui attise la guerre civil, les efforts du reste de la press et des homes politiquses pour en chercher l'origine dans les manoeuvres des communists, la circulaire' de la Chambre de Commerce de Tsin Dao, imaginant 1'en- vol par le Komitern, contr6ld par le Guepeou, de faux dol- lars chinois pour aggraver la crise, sont des mensonges bdtes qui marquent l'impuissance des gouvernants de Kuomintang, face A la ruine qu'ils ont provoqude eux-mnmcs. 2. Themes d'arrirre-plan'. a) Incidences diverse les politiques anglo.amdricaines. - Siri, de d6peches Tass dans presque tous les journaux, moins copieuse que les jours prdecdents : q Au Conseil de Securit6d (plainte britannique centre I'Alibanic). le dis- cours d'Acheson informationn lance par A. P. et U.N.P. et reprise par les journaux du soir, le ddmenti du De- partement d'Etat, entCrind par les agencies et confirmed par le sltnogranimme), 'opiniori arabe condamnant l'interven- tion de Truman (dep&ches de Bagdad), les operations con- tre les partisans en Gr6ce, survol du pOle Nord par un avion amdricain, le sejour de la delegation do Soviet Supreme en Angleterre. b) Autour de la ptlitique frangaise. Dans tous les journaux, une d6peche Tass d'une cinquantaine de lines, sur la seance du 22 A 1'Assemblde 'Nationale, debutant par un bref rappel des 6venements survenus depuis le 11 mars. Le correspondent particulier de la Pravda a Sofia revient sur l'incident du ministry de France it Sofia, dans une d6peche intitul6e : a La conduite sans dignity de certain diplomats strangers en Bulgarie >. AUTOUR DP LA CONFtRENCE DE MOSCOV. 1 Pralvda (22/3). q II faut que la lumiere soit failed sur la question ces rdparatoions dues.par 1'Allemagne aux Allids. On ne doit laisser subsister aucun 'doute sur l'interpretation des accords existants La fusion tconomique des zones bri- tannique et amndricaine a d6montr6 que pour 6viter que l'appli'cation du programme des reparations ne s'effon- *dre, une unite des quatre zones est nDcessaire. Le retour A une tell unite doit se baser sue une revision des taux de livraisons au titre des reparations et sur 1'aban- don 'de la politique de sabotage de ces livraisons. A Moscou, et ailleurs, certaines parties s'affairent pour que 1'unitl de I'Allemagne soit rdtablie, mais nd- g igeni completement Ia question des reparations et e,spdrent que cette question ne sera pas rBvis6e. Une te.le po.itique est vou6e A l'dchec. Nous dcvons assurer l'execution total du programme des reparations con- form6ment aux resolutions -des conferences de Yalta et de Berlin, ainsi que l'unit6d politique et iconomique de I'Allemagne et le rdlablissement d'un plus haut niveau de son in'dustrie de paix. C'est la seule politique qui soit just , MARININE. 8 ". BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGi RE 2 Izvestia (22/3). < Tous ceux qui observent A l'heure actuelle les reac- tions de I'Allemagne ne peuvent douler que scule 1'un- . fiction de ce pays peui servir de base a sa conmplte democratisation. A cette vision d'une Allemagne unifite et reellement d6mocratique s'opposent les pans .de fede- ralisme d6fendus 6nergiquemerit par une partic de l: press et 'des homes politiques anglo-saxons. Si ces plans 6taient appliques, les forces d6mocratl- ques allemandes se verraient divistes et affaiblies. La classes ouvriere en particulier n'aurait pas la possibility de s'organiser et la reaction soctale pourrait 6tre tran- quille pendant un certain temps. Le rtgne du capital anglo-ambricain n',tant pas contest dans le centre cde l'Europe, il pourrait 6ten.dre sa domination sur l'Italie, les Balkans, les Pays scandinaves et surtout sur la France. Et cependant, le d6membrement 'de l'Alleinagne ne serait toujo'urs pas une garantie contre sa renaissance en tant qu'Etat agresseur. Ce serait tout au contralre le meilleur moyen d'6veiller des forces qui se desti- neraient au debut A r6tablir l'unit6 allmande. Une 6tude attentive des differenls plans de f6ddralis- me mointre qu'ils n'ont absolument pas pour but do transformer 1'Allemagne en une 'd6mocratie. Les d6fen- seurs du fed6ralisme en Amerique et en Angleterre con- sidbrent ,ses noimbreux avantages. Tout d'abord, ils voient que les regions les plus in- dustrielles, les plus riches en carbon et cells ofi il reste le plus ,d'ins:allations intactes demeurercaent entire les mains des Anglo-Saxons, et cela pendant une trts tongue p6riode. Pendant cc temps, it serait possible d'envoyer outre-Atlantique un grand nombre de hosess 'precieuses et tiles, ne serait ce que des brevets d'in- vention et des d:couveries. Avec la r6alisation de plans senibiables, ce qui a 'ienti I'Allema-gne, c'est un fieodalisme industrial sous la for- me d'un conquete bconomique pacifique par des etran- gers. Ces programanes sont si monstrueusemenu con- traires a 1'Histoire, si grossibrement anti-d6mocraliques, qu'il est pen probable qu'ils obtiennent le soutien des masses d6mocratiques 'd'Amtrique et d'Angleterre, ni de cells de l'Allemagne. > IV. PRESS BELGE LFS TRAVAUX DE LA CONFERENCE DE MOSCOU (La Mntro- pole, catholique, 22 23/3) : g II a suffi 'de deux semaines de .discussions pour que soient mis en lumiere les points de d6saccord sui- vants : divergences de vues sur l'unification politique et economique, sur le statute .de la Ruhr et de la Rh6- nanie, sur I'importance de la production industrielle, sur le mo-de de pr6l6vement des reparations, 1'enivve- ment 'des usines et !e trace des frontitres. Mais deux accords capitaux sont intervenus : 'un sur le demembrement de l'ex-royaume de Prusse, l'autre sur la n6cessit6 de rTduire le potentiall militaire. Pour le reste, qu'attendre? Le pire est A craindre. La paix avec 1'Allemagne ne semble pas devoir 6tre axde sur un principle directeur bien net, mais plut6t Ctre le r6sultat ,de mis6rables compromise. Quant au message Truman sur l'aide A la Grice et " la Turquie, jusqu'ici il ne parait pas avoir influence !directement les dtbats des Quatre >. V. PRESS SUISSE LA POLITIQUE ETRANGARE DES ETATS-UNIS. 1. La Tribune de Geneve (23/3) < Le geste accompli par le president Truman a 1'6gard de la Grece et de la Turquie constitute un acte de haute politique et routes les belles formules don't on l'entourerait n'y ,changeraient rien. II repr6sente en outre le couronnement d'un vasle plan d'ensemble ten- dant a hAter la stabilisation de 1'Europe, A ouvrir de nouveaux 'd6bourh6s au commerce amnricain et a for- tifier dans leur volonte de resistance les Eiats qui ont echapp6 A la mainmise russe... L'octroi de ces subsides est 6videmnment lie A des con- ditions d'ordre politique. Comme ie 46claralt un mem- bre influent du Congrts, l'Ambrique ne saurait se payer le luxe de faire ind6finiment la charity& A des gouver- nements qui lui tirent constamment dans les jaimbes. De ce point de vue, le refus oppose par le gouvernement de Washington A la requtte de la Yougoslavie, qui de- mandait A 6tre associde A cette distribution, mais qui se distingue d'autre part par son attitude franchement hostile A l'6gard 'des puissances anglo saxonnes, est tres significatif. De plus, le d6partement d'Etat envisage aussi 1'6mis- sion d'un emprunt de stabilisation de 500 millions de dollars en faveur de la Corde, cette R6publique encore en enfance don't la situation, A cheval sur la limited des spheres d'influence russe et ambricainc, faith pendant, en Extr&me-Orient, a celle iou se 'd6baltent, en Europe, 1'Autriche et la Grece. Pour coltenir la poussee sovie- tique, les Etats-Unis recourent de la sorte sur le plan economique, A cette tactique des < h6rissons a inau- guree naguere sur les champs de bataille par les stra- teges du TroisiBme Reich. Ils veuient s'assurer de la soree le contrble de positions-clefs sur loute la pbri- ph6rie de l'empire des mers et particulitrement. de la Mdditerran6e, qu'ils considtrent comme la plaque tournante maritime .de leur politique d'expansion com- merciale A travers 1'Europe, 1'Asie et l'Afrique. Dans 'divers milieux, on trouvait le geste du pr6si- dent Truman inopportun, en cc sens qu'on craignait qu'il n'efit des repercussions ficheuses A la Conf6rence de Moscou, qui venait A 'peine de s'cuvrir. Un commen- lateur francais laissait meme entendre qu'il avait rendu un mauvais service au general Marshall. Cependant, tout p'orte A penser qu'il avait agi en parfait accord aver son nouveau secr6taire d'Etat, lequel, en sa quality de militaire, pr6mfre les situations branches et qui s'6tait embarqu6 pour la capital sovi6tique avec l'intention de mettre carr6ment les choses an point avec M. Molo- tov. D'ailleurs, la conference elle-meme n'a pas pris jus- qu'ici trop mauvaise tournure. Le general Marshall vient de r6p6ter lui-m&me qu'il garde bon espoir. Mais si cette attente btait d6ue, l'Ambrique pourrait se consa- crer en toute s6curit hA l'organisation de la paix, a 1'abri de la line d'avant-p.ostcs ct de tetes de points qu'elle est en train de se crier sur tout le pourtour des oceans sur lesquels la banniere &toilde est en train d'6clipser l'< Union Jack ,. (PAUL DU BOCHET). 2. Neue Ziircher Zeitung (22/3) : < Les chefs responsables de la politique americaine continent A d6fendre cette thbse que l'offensive anti- communiste sur les points strategiques essentiels favo- risera le r6tablissement par voie diplomatique 'd'un ordre rationnel, parce que, au point de vue tactique, BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE 9 elle constitute un moyen de pression efficace. On in- voque aujourd'hui a *'appui de cette opinion attitude parait-il plus conciliante de M. Molotov dans la question des reparations. Nous verrons si l'argument demeure valuable par la suite. Mais si la nouvelle politique .de M. Truman, consid6r6e come moyen tactique pour obtenir une paix 'de coalition, devait 6chouer et que le Kremlin ne fit pas autant de concessions qu'on le souhaiterait, cette politique pourrait encore se re6vler susceptible de fournir une base A une paix separ6e de l'Ouest, une pax anmerict'aa. Dans ie cas. d'un c.hec des efforts communs des anciens Allies pour bAtir la paix, les Etats-Unis ne s'abandonneront pas au desarroi. Ils tireront au contraire les consequences de cet insuces. La nouvelle politique leur fournit un instrument utile a cette fin et il leur sera facile de s'en servir ). (Du correspondent de la Neue Ziicher Zeitung a Washington). ANNEXE REPONSE DU GENERAL SVIRIDOV A LA' DEUXIEME NOTE DE PROTESTATION AMERICAINE A LA HONGRIE. < En vous accusant reception de votre lettre 'du 17 courant, j'ai l'honneur de vous faire savoir qu'elle ne souleve aucune question qui n'ait pas trouv6 de r6- pohse dans ma lettre du 8 mars. En ce qui concern votre remarque, A1'6gard de la procedure d'instruction dans l'affaire du complot anticonstitutionnel dirig6 centre la Republique, affaire qui a etd conduit par la police et le parti hongrois jusqu'h son renvoi 'devant le Tribunal, j'ai l'honneur de vous faire remarquer .que cette procedure est rigoureusement conforme aux lois en vigueur dans la Republique hongroise. Les r6sultats du process dans l'affaire des conspirateurs montrent clairement que les tentatives pour changer la proc6- dure habituelle en constituent une commission .parle- mentaire special pour instruire cette affaire, n'6tait justifiee par aucune necessity et n'6tait destinde .qu'b cacher le r1le criminal des d6putes du parti des Petits Proprietaires, impliquc dans le complot. En ce\qui con- cerne vos remarques sur la constitution 'du Tribunal, j'estime uWile de vous rappeler que le Tribunal qui exa- mine actuellement l'Nffaire des conspirateurs est cons- titue conformement a la loi sur la defensee de la R6pu- blique vote par I'Assemblee national. Un .tribunal constitu6 de facon diff6rente serait contraire A la loi et serait inconstitutionnel. Vos remarques sur l'arrestation de Bela Kovacs par les autoritCs d'occupation sovid- tiques causent une certain g6ne car j'ai d6ej eu 1'occa- sion d'entendre votre intervention dans cette affaire. mais puisque malgr6 cela, vous revenez de nouveau sur cette question, je puis vous faire savoir uniquement pour vous eviter 'de commettre 6ventuellement une nou- velle faute, que Bela Kovacs s'est reconnu coupable des crimes perpetres par lui contre I'armee sovi6tique et qu'il a egalement reconnu sa participation au complot, Me r6ferant A ma lettre du 8 courant, et en consequence de ce qui est expos plus haut, je ne vois pas la p-ossi- biliti de changer ma position A l'egard de votre pro- position pour un examen commun de la situation ac- tuelle en Hongrie, ainsi que du complot et de 1'affaire Bela Kovacs . S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009 |
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