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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00064
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SERVICES FRANlAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris W8').


LA DOCUMENTATION FRANAISE


BULLETIN


DE


PRESS


24 mars 19A7.


DES


QUOTID IEN



ETRANGERE


Nouvelle 56rie No 626


SOMMAIRE


I. PRESS BRITANNIQUE.
a) Les travaux de la Conf6rence de Moscou.
S1. Observer (23/3).
2. Daily Herald (24/3)
3. Times (24/3).
4. Daily Telegraph (24/3).
b) La situation politique en France (Times, 24/3).
c) Le probleme colonial (Raynolds Neuws, 23/3).

II. PRESS AMERICAINE.
La question des reparations A Moscou.


1. New York Herald Tribunte, (23/3),
europ6enne.
2. Washiington Star (22/3).
3. New York World Telegramn (22/3).
4. Chicago Sun (22/3).
5. Sian Franciscio Chronicle (22/3).


edition


ILI, PRESS SOVIITIQUE.
Autour *de la Conf6rence de Moscou.
1. Pravda '(22/3).
2. Izvestiia (23/3).

IV. PRESS BELGE.
Les travaux de la Conference de Moscou (I,a Md-
tropole, 22-23/3).
V. PRESS SUISSE.
La politique .6trangbre des Etats-Unis.
1. La Tribune de Geneue (23/3).
2. Neue Ziircher Zeitung (22/3).
VI. ANNEXE.
RWponse dU general Sviridov i la -deuxieme note de
protestation am6ricaine relative A la Hongric.


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 23 mars 1'947
L'atteption d'es jouTnaux du dimanche est essentielle-
ment tourn6e vers les problbmes de politique int6rieure.
Dans le domaine de la politique international, la press
dominicale s'interesse plus particuli6rement A I'6tat des
pourparlers de Moscou sur l'Allemagne et aux diverse ma-
nifestations de la politique amCricaine.
1. Politique intlrieure
Le prob eme du carbon continue a tenir la premiere place
dans les cbmmentaires des hebdomadaires.
La press s'inqui6te toujours de l'extension prise par les
inondations et divers journaux reprochent au gouvernement
de manquer l1 aussi d'dnergie. Le Sunday' Times laisse pr&-
voir, sous la signature de son correspondent politique, que
des mesuTes pourraient etre prises contre les deputies tra-
vaillistes signataires d'un amendment anti-conscriptioniste
dans le cas oh ceux-ci voteraient rontre le gouvernement.
L'Observer consacre un long article aux efforts de Lord
Woolton en vue de remplaoer les bases (inancisres du part
conservateur et d6velopper son action dans le pays et d'as-
socier les troupes du parti a la definition d'une nouvelle
politique conservatrice. L'Observer public 6galement un arti-
cle de M. Butler sur les efforts de redressement des conser-
vateurs.
2. Politique extdrzeure
Conference de Moscou. Les 'journaux mettent en vedette
les propositions de M. Molotov en vue de la mise en vigueur
de la Constitution de Weimar et les declarations optimisteF
du general Marshall, selon lesquelles les divers points de
vu'e en presence se seraient rapproches. On lit en outre, no-
tamment dans l'6ditorial de l'Observer, qu'entre les points
de vue britannique ,et americain d'une part et les concep-
tions russes d'autre part, un compromise est possible. (Voir
l'article plus loin.)
Le correspondent a Moscou de 1'Observer consacre une db-
p&che speciale aux efforts faits par M. Bevin dans ses der-
nibres propositions pour r6pondre aux demands franqaises
de carbon nllemand.

3. Politique des Etats-Unis
Les journaux rendent compete des measures d'epuration des
fonctionnaires anno.nc6es par le President Truman. Le Sun-
day Dispatch donne a celles-ci une tres large publicity et
insisted sur leur caract6re sensationnel.
Le Sunday Times, sous la signature de son rddacteur diplo-
matique, affirme qu'il est tr6s probable que le gouvernement
des Etats-Unis demariderait de prendre en tutelle une des









2. BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


colonies italiennes ou de se faire attribuer une ou plusie ars
bases dans l'ancienne Afrique du Nord italienne.
Le correspondent du Sunday Times A Jwashington ne prd-
volt pas plus qu'e son coll6gue de l'Obsruver des difficulties
particulirres pour l'adoption par le Congrds de P'aide prdco-
nis6e par le Pr6sident en faveur de la Grece et & la Turquie.
Le People puhlie sous u'ne forme sensationnelle une da -
pdche de son correspondent i Moscou, d'apres laquelle l'un
des principaux membres de la suite du g6n6ral Marshall lui
aurait dit que la politique americaine & l'dgard de la Iussie.
vise h repousser la zone sovi6tique d'influence en Allemagne,
de 1'Elbe h 1'Oder et au delh.
Le correspondent du People en conclut quc le gin6ral
Marshall est ddsireux d'amener les Soviets a 6taler leurs
cartes. Il affirmed par centre quo Mh. lievin cherche a placer
la Grande-Bretagne dans une position intermidiaire entire
1'Ameriqu'e et la Russie.

4. France

Les journatx rendent compete edc ]a solution intcrvenue i
Paris pour eviter une rise gouvernementalc. Le correspon-
dant du Sunday Times 6crit entire autres que le r6sultat
obtenu dimanche a la valeur de l'article de la nouvelle cons-
titution qui pr6voit un :jour de. preavis avant un vote de
confiance ou de mdfiance envers le gouvernement.


Remale de la press brilansnique di 24 mars 1947
1. Confdrence de Moscou

Cinq journaulx seulement consacrent des articles i la Con-
ference de Moscou : le Times, 1,' Manchester Guardian,, le
Daily Telegraph, le Daily Herald, le Daily Worker. Parmi
ceux-ci,. le Times, le Daily Telegraph, le Daily Herald lui
consacrent leurs editoriaux.
Chacun de ces journaux expose et comment plus ou' moins
brivvement la march des travaux au course de ces deniers
ours, notamment le plan britanniquc sur P'industrie alle-
mande.que 'M. B.evin a fait connaitre aux autres ministre.-
la semaine derniere et le plan sovidtique relatif a l'acvcnir
politique de 1'Allcmagne.
Le correspondent du Times estime quo le moment appro-
che oh d'importantes decisions devront terc prises. Ce mo-
ment aurait 6t6 retard en raison de 1'insistance avce la-
quelle M. Bevin a demanded que toute la question allelnande
soit 6tudide en detail avant qu'une decision quelconqu., soit
prise. Or, constate le correspondent, cot examen g6nd6erl est
termind et les quatre ministries ont constitud une Commis-
sion qui coordonnera et comparera touts les propositions qui
ont 6te formulBes. Ce correspondent so montre assez opti-
miste sur les prochains travaux de la Conf6rence. 11 croit
que les Quatre se mettront rapidement d'accord sur la crea-
tion d'administrations centrales allemandes operant sous le
contr6le allied. I1 pr6voit 6galement un accord prochain sur
la denazification, mais estime quo de tels accords on peu
d'importance en soi si on les compare aux graves probl6mes
qui s6parent encore les allies.
L'un des obstacles essentials aux progr6s de la Conference
r6siderait, scion ce correspondent, dans le fait que M. Bevin,-
dans un expos6 du, 22 mars, a lpleinement reconnu l's be-
soins en carbon des pays liberes :

a On pent esp6rer, note cc correspondent, que ces
declarations apaiseront l'inquidtude des Frangais qui
'etait manifested ces derniers jours d'une fagon plus
vive que jamais, ceux-ci ayant pose come condition
prdalable a leur acceptation qu'une decision qurlcon-
que intervint sur les exportations de carbon alle-
mand. a

Sur la question de I'avenir politique de 1'Allemagne, ce
correspondent resume les t prudentes a declarations de
M. Bidault et signal que la France s'en tient iu premier
stade qui consiste en une constitution d'assembl6es elues au
suffrage universal pour les diff6rentes provinces, assemblies
destinies a organiser des Etats sdpares sur une base demo-
cratique.


Ce plan ifrangais, Al. Werth, dans le Manchester Guardian,
croit savoir qu'on le considere ign6ralement comme c uto-
pique ). Le memorandum frangais du 17 f6vrier souleverait
une grave question de principle, car il ne semblerait pas
pr6voir une r6glementation des 6eections g6nerales alle-
mandes, m6me sur une echelle restreinte.

< L'une des idles fonfamentales de la France, ecrit-
il. c'est que nous ne devons pas rip6ter les erreurs de
1918 en conservant un gouvernement hautement cen-
tralis6 dot6 de l'ancienne machine administrative. ,

Al. Werth, dans un autre article de ce mnme journal, passe
<'n revue les travaux de la semaine ecoulee ct estime que les
deux problemes principaux qui se posent A la Conference
sont : 1o la question de l'attribu'tion du carbon i la France;
2 cell des reparations ft la Russie. II estime que si une
solution n'est pas trouv6e A ces. deux problems, < les
chances d'un accord seront fres minces ,.
Selon ce correspondent, Jes Frangais continueraient h esp6-
rer que M. Bevin re-examinera leur dcmande.de carbon.
Quant aux relations ahglo-frangaises, elles auraierit it6 em-
preintes ces derniers temps d'une certain humeur et des
mots un peu vifs auraierit e6td changes centre les membres
des deux d6l1gations.
Sur la question de I'industrie allemande, Al. Werth ecrit
encore au sujet de la position frangaise que les Frangais
sont les plus intraitablcs, qu'ils proposent que l'industrie
sid6rurgique de l'Allemagne soit fix6e a un niveau tres has
ct que la France, la Belgique, le Luxembourg envoient de
I'acier en Allemague et ii ajoute que ce project est rejet6 par
les Britanniques comme absurde.
W. N. Ewer, dans le Daily Herald, estime pour sa part que
sur les questions 6conomiques, le foss6 est plus profound
entire la France et les trois autres Grands qu'entre 1'Est ct
l'Ouest. II precise que si les Frangais ne veulent pas aug-
menter la production sid6rurgiqule de l'Allemagne, c'est
parce qu'ils craignent qu'une production l6ev6e en temps dr
paix puisse creer un potential de guerre elev6, et aussi pour
que les exportations de charton allemand en France soient
considerablcment augmenties.
Toutefois, cc correspondent pense que M. Bidault accep-
terait n'importe quelle solution a condition qu'elle donne
h la France la quantity de carbon qu'elle consid&re 6tre
son d4.
Enfin, F. Lesser, du Daily Worker croit que les dernieres
declarations de M. Bevin sur l'industrie allemande consti-
tue un effort pour apaiser les inqui6tudes frangaises. o On
n'y retrouve plus l'iusistance mise auparavant sur la res-
tauration de industriese allemande et sur l'accroissement de
sa production d'acier. Celle-ci passerait apres les demands
de yharbon de la France et des pays liberis. ,
2. Aide amdricaine ea i Grcje et a la Turquie.
Des documents secrets qui atraient et6 communiques aux
membres de la commission ides Affaires etrangrres de la
Chanbre des repnesentants et la prcsae, la plupart des
journaux britanniques detachent la phrase of ceux-ci accu-
sent 1'U.R..S. de livrer une guerre des nerfs a la Turquie
et la Grace.
Le correspondent du Times a Washington expose dans
Ile detail le contenu ide ce document; il note les passages
relatifs a la reduction des forces britanniques en Gr6ce
don't le rble no serait plus ddsormais que purement psy-
chologique, la faiblesse ddrisoire de l'armee gouvernemen-
tale grecque qui permettrait aux rebelles de s'emparer du
pouvoir s'Hs ne craignaient,pas des complications interna-
tionales, 1'eventualit6 d'une cession de Chypre A la Grace, la
creation d'une zone libre dans le port de Salonique qui pour-
rait &trc utilis6e comme dbdouch6 sur la Mer Egec par les
Yougoslaves et les Bulgares et, enfin, le rejet de toutes les
revendications sovidtiques sur le territoire turc.
R. N. Mac Gool, dans le Dailly Express fait 6tat du trouble
qui rignerait a Washington df au fait que le dtsir de voir
la Graude-Bretagne ceder Chypre a la Grece aurait di
rester secret. Selon le correspondent, les cercles officials
de Washington se hAteraient 'd'ajouter que le gouvernement
amdricain n'a pas encore pris une decision definitive A ce
sujet.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PR'ESSE ATRANG-BE S


3. Etate-Unis
Le Times, le Manchester Guazidian, le Daily Telegraph,
le Daily Worker et le News Chronicle annoncent que le
president Truman a ordonnd l'6puration du personnel ad-
ministratif amdricain de tous les 616ments communists ou
A sympathies communists.
Le correspondent du Manchester Guardian fait 6tat de
la vive reaction qui s'est manifested contre ces nouvelles
measures. Le Daily W9orker announce la nouvelle sous un titre
important. < Malgre l'emploi du term e fasciste a, I'offen-
sive est dirig6e contre la gauche a, ecrit Rober' Hall, cor-
respondant de ce journal A Washington. I1 y voit une ten-
tative faite par Truman pour apaiser les rdpublicains, les
democrates du Sud ct le clergy qui demandent h grands cris
I'a mise hours la loi du parti communist. a

A. France.
Le Times expose 1'dvolution de la situation politique qui
a mend au comoromis communist. Ce correspondent estime
que la survie du Gouvernement Ramadier sera brdve. Elle
a montr6, selon lui, que dans les conjonctures nationals
et internationals de 1947 le iproblime frangais reside dans
uine large et tolerante cooperation.
I,e correspondent du Manrdhester Guardian estime, pour sa
part, que le fosse s'est dlargi entire les communists et les
autres parties, ct conclut que si l'on veut 6viter la guerre
civil en France tout Gouvernement doit inclure des com-
muniste:;, m'ais que tout Gouvernement doit include des com-
les communists se trouvera en face de probldmes qui
mettront son united en pdril.
Le correspondent du Daily Tele.graph explique la situa-
tion des radicaux de la manidre su:ivante :

a Comme tons les autres parties de coalition, les ra-
dicaux n'dtait pas prdts a assumer le responsabilitd
d'une cruise qui aurait laissd la delegation frangaise
ie Moscou sans Gouvernement pour a so utenir. a

Dominique Richard, du Daily Worker, estime, de son cotd,
que I'attitnde des communists a l'dgard de la question
indochinoise ne manquera pas d'avoir un effet considdrablo
sur les actes du Gouvernement.

a) LES TRAVAUX DE LA CONI(RENCE DE MOSCOU.
1. Observer (23/3), conservateur :
< Aucun plan pour donner A l'Allemagne des insti-
tutions libres ne rdussira s'il ne se fonde pas sur une
base kcononfique satisfaisante.
On est encore loin d'un accord sur l'avenir 6conomi-
que de l'Allemagne, mais du moins les divergences de
vues commencent-'elles h apparaitre -clairement. M. Be-
vin et M. Marshall, tout en se montrant beaucoup moins
expansifs que les deux autres ministres, ont soutenu lo
point de vue qu'il faut tout d'abord donner A l'Allema-
gne le moyen de subvenir a ses besoins.
L'essentiel de leur argumentation se pr6sente ainsi :
les Allids doivent chercher des garanties de sccurite non
pas dans une ruine de l'Allemagne et dans le d6man-
tilement -de son industries, non pas dans une misdre et
dans un chbmage g6ndral, mais dans un contr6le strict
des quatre puissances sur I'industrie allemande. Cette
industries dolt 6tre moins important qu'avant la guerre,
mais elle dolt rester suffisante pour satisfaire les de-
mandes allies et les besoins essentiels de l'Allemagnv'.
La politique russe a subi un changement frappant.
M. Molotov propose maintenant une augmentation do
la production indpstrielle. Au, lieu d'une communaut6
paysanne, la Russie semble vouloir maintenant voir
s'6tablir un Etat tributaire prospere don't le rble serait
de satisfaire les besoins du march russe en products
de consommation.
Celte'id6e d'une industries allemande florissante, don't


I'existence serait justified en premier lieu ppur payer
les reparations A la Russie, et qui serait par conse-
quent 6troitement associ6e A 1'economie .sovi6tique, tan-
dis que seul un contr6le interallid l'emp&cherait de de-
venir dangereuse, a peu de chance de, plaire h la
Grande-Bretagne, A la France on A l'Am6rique.
IEntre les positions anglo-am6ricaines et russes, il y
a place pour un compromise. Les Anglo-Am6ricains et
les Russes reconnaissent la necessity d'une unit Bco-
nonmique;. les Anglo-Amdricain. et les Russes ont un
6gal desire d'dlever le niveau de la production alle-
mande, biep que ce soit pour des raisons toutes diff'-
rentes. La difference qui existe entire ces points de vue
est une question de prioril6 et de chiffres et pent Wtre
rbsolue.
La France soulbve des difficulties plus grades. Les
interventions nettes et fermes de M. Bidault mbntrent
que la politique frangaise reste comme toujours domi-
n6e par les besoins en carbon de la France et par son
desir passionn6 de s6curit6.
Tandis que les autres Allies recherchent des garanties
de s6curit6 dans un systeme de contrble efficace, la
France les recherche dans une dislocation definitive de
1'economie allemande, et cette solution aurait 6galement
un effet de dislocation sur l'economie de d'Europe.
Les demands frangaises ne seront jamais accepta-
bles pour les autres puissances sous leur forme actuelle.
Mais il ne faut pas non plus les consider comme .dA-
finitives.
Ii n'6tait pas raisonnable non plus de demander aux
Fran9ais de se prononcer sur des plans d'anit6 6cono-
mique de l'Allemagne avant d'avoir d6cid6 du futur.sta-
tut de la Sarre 'et de la Ruhr, qui les int6ressent au
premier chef.
L'un des buts principaux de la politique frangaise,
comme de la politique -de toutes les autres nations, do-
vrait 6tre d'Aviter un isolement diplomatique, puisque'
aucune puissance n'est assez forte pour etablir a elle
seule les conditions de security requises. L'assurance du
soutien anglais et du soutien russe contenus dans les
pactes franco-britannique .et franco-sovikti'que, et la
sympathie effective des Etats-Unis, implicite dans toute
la politique du Pr6sident Truman, sont des garanties que
la France trouvera en fin de compete les plus solides.

2. Daily Herald 1(24/3), travailliste.
a Un accord sur 1'Allemagne serait plus efficace que
toute autre chose pour relAcher la tension politique et
economique qui continue A affaiblir le monde. Le re-
gime actuel, difficilement applicable et inop6rant, que
les quatre puissances imposent au people allemand,
triste et appauvri, ne fait de bien A personnel. En fait,
c'est principalement l'occupation de l'Allemagne qui a
oblig6 notre gouvernement A maintenir les forces ar-
mees de la Grande-Bretagne A un niveau qui, de l'aveu
general, constitute une entrave pour l'ensemble de -notre
vie Aconomique.
Toute reduction des charges que nous impose l'occu-
pation all6gerait notablement les difficultis fondamen-
tales auxquelles nous avons A faire face en Grande-
Bretagne dans les domaines de 1'6conomie et de la main-
d'oeuvre.
Par consequent, c'est avec reconnaissance 'que nous
pouvons constater que les premiers signes d'accord
commencent a apparaitre, quelle que soit 1'Aprete qui
marquera sans doute les n6gociations. Les Etats-Unis
et la Russie ne font qu'un avec la Grande-Bretagne dans
leur recherche commune pour 6tablir une Allemagnie
d6mocratjque et pacifique, mais ind6pendante et r6gie
au moins par une forme quelconque de gouvernement
central.







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE


Les opinion diff6reront sur la maniere don't il con-
viendra de r6parrir le pouvoir entire ce gouvernement
central et les autoritds provinciales.
Ii y a toute latitude pour que puissent se faire jour
des differences d'opinions, pour qu'apparaissent des
arguments constructifs et, pensons-nous, pour I'etablis-
sement de compromise pratiques. Tant que les Grandes
Puissances .aborderont la question avec le d6sir de
rtaliser de semblables compromise, et de resister A la
tentation de traiter I'Allemagne comme un pion dans
le jeu d'une politique de puissance, il ne devrait pas
dtre difficile de metre sur pied un plan pour le trans-
fert progressif de l'autorit6 entire des mains allem.andes.
Car la conception que le bon sens sugg6re en la ma-
tiere et que les peuples de Grande-Bretagne, de Russie,
des Etats-Unis et d'Allemagne, entrevoient est cello-ci :
Nous n'aurons en definitive la Paix que si le people
allemand le desire. Et il La d6sirera seulement s'il a la
chance de se cr&er une existence raisonnable et un
mode de vie d6mocratique >.
4. Daily Telegraph (24/3), conservateur:
A L'opinion des quatre puissances sur l'avenir de
l'Allemagne est maintenant connue.
I1 est tres difficile de voir, malgr6 l'optimisme de
M. Marshall, ce qu'il y a de commun entire les proposi-
tions russes et celles des puissances occidentales.
Le plan de M. Molotov est un plan dans lequel I'au-
toritd Amane du centre, tandis que dans celui de M. Be-
vin I'autori6t est d(16gude par les diff6rents Etats. Telle
est la difference essenticlle.
On peut supposed que M. Molotov a formula ses de-
mandes maxima dans le but de se livrer A des marchan-
dages. I1 reste A voir les concessions qu'il est pret A
faire et ce qu'll obtiendia en change. Les motifs qui
ont pouss6 les Britanniques A faire leurs propositions
sont apparent. Les Britanniques voient dans le f6ddra-
lisme le system politique qui peut concilier les exi-
gences de 1.a skcurit6 avec les arguments economi(lues
en faveur de l'unitd. Les motifs des propositions russes
ne sont pas aussi 6vidents. Les Russes cherchent peut-
etre A obtenir les suffrages des Allemands comme M.
Bidault l'a clairement laissd entendre. b
3. Times (24/4) :
a Les quatre grands ont passe les quatre premiers
jours de la semaine dernibre A examiner trois ques-
tions : unitedd Aconomilque, les reparations et le niveau
de l'indtstrie allemande.
Ce n'est pas simplement la facon don't l'Allemagne
sera gouvernee qui est en jeu ici, mais la maniere cont
elle vivra. Les Allies sont parliculidrement sensible A
1'6gard de cette question, car elle met aussi en cause
la facon don't la Grande-Breiagne, ia France et la Rus-
sie vivront. II n'est pas 6tonnant que pour un continent
aux prises avec une cise Aconomique sdricue, la q:us-
tion la plus important du rglement avec l'Allemagne
soit d'ordre *.conomique. A ce sujet il est significatif de
voir que les principles difficulties qui n'ont pas Wte rf-
solues en ce qui concern I'Autriche sont pratiquement
identiques.
Les reparations prdlev6es sur la production courante
ne pourront 8tre payees avant de nombreuses annees si
l'on ne veut pas r6duire l'Allemagne A l'6tat de desert,
ce que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis patient dejh
suffisamment cher pour Aviter .dans leur zone.
De plus, I'Allemagne orientale ne pourrait faire face
A elle seule aux demands de la Russie, si c'est IA ce
que cette derncire tait tent6e de faire en i'isolant des
autres zones. M. Molotov a annoncd sa sollicitude A
l'6gard du bien-8're politique future de I'Allemagne. 11
faut esp6rer qu'il fera preuve d'une sollicitude sem-
blable A I'ega'rd de son hlienetre economique, S'il n'en


est pas ainsi, l'unit6 dconomique de I'Allemagne semble
devoir demeurer, peut-6tre pendant des annees, une as-
piration seulement, et s'il en 6tait ainsi, cela aurait de
graves consequences 6conomiques et peut-Stre des con-
sequences politiques plus graves encore. Tel est le point
crucial oti en est arrive la conference de Moscou. Le
fait de transmettre ce problime aux supplants ou A la
Commission de ContrBle ne pourra amener de solution,
si les ministres des Affaires 6trangires ne parviennent
pas A en trouver une eux-memes. 2
b) LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE (Times, 24/3) :
< C'est par un compromise, auquel on est parvenu
difficilement en derniere ,heure, qu'on a sauv6 le gou-
vernement francais pour un temps.
En fait, on n'a fait que reculer, peut-etre pour peu
de temps, la n6cessit6 de se prononcer dans un choix
qui remote loin dans le passe, s'il se pr6sente main-
tenant sous upe apparence nouvelle. La France doit
fire face de nouveau A la difficult qui a toujours 6te
un obstacle pour sa politique depuis la Revolution et a
oblig de temps en temps ce pays A se r6fugier dans
la solution dBsesp6r&e d'une forme quelconque d'auto-
cratie. Comment peut-on. arriver A faire fonctionner
au sein du meme regime, deux parties don't les princi-
pes sont directement opposes ? La troisiime Republi-
que n'a jamais r6pondu A cette question.
La Resistance a amene un changement d'atlitude;
elle a conduit A la naissance d'un grand part qui -
bien qu'il rappelle encore avec insistence que la France
reste par tradition la fille ainee de 1'Eglise a rompu
A la fois avec le clAricalisme et la monarchies, et s'est
d6clare populaire et r6publicain. Mais la Resistance a
6galement faif naitre dans le Parti Communisle un an-
tre movement qui pourrait se dire a la fois populaire
et republican en d.6pit du dafi present par son pro-
gramme et ses doctrines aux traditions nationals les
plus chores. Ces deux parties, don't les positions de pen-
see sont opposes, pouvaient travailler en emble et ont
travaille ensemble non seul.ement pour la liberation de
la France, mais pour la victoire des principles de la
reconstruction 6conomique du pays. Une cooperation
plus grande de leur part pour le r6tablissement de l'or-
dre politique est, comme M. Blum l'a remarque un jour
avec tristesse, t indispensable et impossible >. C'est
cette cooperation qui a 6t6 menace par les iAvnements
de ces derniers jours.
Les dirigeants socialists soutiennent ce point de vue
que le devoir de leur part, en tant que part du cen-
tre, est d'empkcher opposition existent entire les com-
munistes et leurs adversaires de deg6gnrer en rupture
ouverte. C'est pourquoi ils ont l66 partisans d'un com-
promis A la fois au course des d6ba's sur la Constitu-
tion et apr6s ceux-ci, et ils- fournissent maintenant la
moitie des membres d'un gouvernement qui a donn6
des posters important A des repr6sentants de toutes les
nuances d'opinion ou presque, y comprises les commu-
nistes.
Le lien que les socialists representent entire les par-
tis aurait Wte rompu aussi completement par un retrait
de. l'appui communist que par un vote d'hosti!itH di-
recte. C'est une telle Avolution de la situation qui a 6tP
evitee dde si peu et peut-6tre pour si peu de temps.

c) LE PROBLiME COLONIAL (Reynolds News, 23/3, tra-
Svailliste) :
< La Grande-Bretagne, la France, la Hollande et la
Belgique ont df ern grande parties leur forte position A
leurs possessions imperiales et coloniales en d'au-
tres terms, A exploitation de nations et de races plus
fables. La rise qui les affected aujourd'hui n'a rien &









9 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE 5


voir avec la ichrdtient6, mais avec le fait que cette ma-
nitre de vivre n'est plus possible.
Pour la France comme pour la Grande-Bretagne, le
probl6me est aujourd'hui de savoir comment vivre sans
les investissements a 1'6ranger el dans les colonies, qui
servaient a payer les importations du ravitaillement et
de matirres premieres. Le Plan Monnet et le Livre
Blanc britannique reconnaissent que nos deux pays
doivent pourvoir a leurs besoins par leur seul travail.
Et, dans les deux pays, les dangers proviennent de
la lente transition vers une nouvelle fagon de penser
plus en rapport avec la nouvelle situation. Aujourd'hui,
la Grande-Bretagne maintient a l'6tranger une armee
plus important qu'elle ne le faisait lorsque l'imp6ria-
lisme 6tait la base de notre existence 6conomique.
L'ipreuve ,que ceci impose a notre main-d'ceuvre in-
dustrielle a dtC mise en evidence au cotirs du debat de
la semaine dernirre sur le budget de la defense natio-
isale. En France, la crises politique qui a menace la
coalition 6tait due A la nmme question.
La scission s'6tait produite au sujet de l'envoi dc
nouvelles troupes en Indochine, alors que I'on recrute
400.000 p.ersonnes dCplac~es pour faire face A la p6nu-
rie de main-d'oeuvre de la France.
Si la Grande-Bretagne et la France ne parviennent
pas h r6soudre leurs probl6mes intdrieurs, et a isdifier
leur .conomie sur une nouvelle base, la civilisation
occidental court alors un veritable danger. >
(DAVID RAYMOND.)




II. PRESS AMERICAINE



Revue 'de la press amwricaine du 22 ,nans 1947
1. Sitnua'ion frangaise

Tous les journaux reproduisent ]es dip6chcs ide Paris
indiquant que des consultations politiques ont eu lieu dans
le hut d'eviter une cruise gouvrrnementale. Un editorial du
New York Herald Tribune, un article de Callender, dans le
New York, Times, et un article de Mackenzie, dans le Phila.,
delphia Everning Bau,!etin, font curtains rapprochements entire
'la situation politique frangaise ct le recent discourse de
M. Truman sur 1'expansion communist. Callender rapport
que les communists auraient ddcidd de montrer au monde,
et en particulier aux Amdricains, combien le parti com-
muniste serait fort en France et il ajoute : < Certains vout
jusqu'h penser que c'est la response de Mosco'u a M. Tru-
man. ,.
Un editorial du New York H:rald Tribune so demand ce
qu'il adviendrait si ~es communists se retiraicnt du g'ou-
vernement et il envisage que, dans cce cas, les autres parties
resteraient an pouvoir.

a Un tel changcment radical dans la situation poli-
tique frangaise aurait de vastes repercussions allant
de Moscou a Hanoi. Si l'on devait attribuer ce rdsul-
tat an discours de M. Truman, ce serait le premier
fruit, peut itre curieux mais non illogique, de la dc.r-
nidre initiative amdricaine dans la politique dtran-
gere ,.

2. Conference de Moscou

La press reproduit les declarations faiths par MM. Mars-
hall et Bevin, qui out esquiss6 leur programme en vue
,du r6tablissement d'un regime allemand sur une base fdde-
rale. Middleton, correspondent du New York Times, souligne
que l'attitude frangaise demeure fortement oppose a la
constitution d'un gouvernement central.


Un editorial du Philadelphia Inquirer traitant de la ques-
tion de reconstruction 6conomique allemande declare notam-
ment que : < Tons lsc AmCricaini., mais en'parilculier les
homes d'Etat am6ricains, devraient faire preuve d'une
comprehension sympathique pour la forte opposition que la
France manifesto A la constitution d'un gouvernement alle-
manmi politiquemcnt fort ou a la renaissance .du potential
de guerre allemand dans les industries et les mines de 1'Al-
lemagne occidentale. ,

3. Allemiagne.
Une dep&che A. P. de Berlin annoncent que les adtorites
amnricaines et britanniques ont placid l'embargo sur tous
les envois ide fer et d'acier i la zone sovi6tique, les Russes
n'ayant pas livr les quantities promises de blM et de seiglp
et d'autres products de leur zone d'oecupation.

4. Affaire grelcque.
Reston, dans le New York Timles public aujourd'hui les
extraits d'un rapport confidential qui circle a Washington
sur les intentions du gouvernement am6ricain A 1'Igard de
la Grce et selon lesquels :
1 Les U.S.A. reconnaissent que la preservation de l'ipDd-
pendance et de l'int6grit6 territorial grecques imported a la
security et a l'inddpendance de tout Ic Moyen Orient qui
sont d'une importance vital pour la s6curiti des U.S.A.
2" Les U.S.A. sont partisans de maintenir les frontidres
grecques de 1939 sans changement. Ils n'appuient pas les
revendications de la Grece sur l'Epire du Nord; mais ils
acccpteralent que les Grecs soulivent cette question -au conseil
des ministers des Affaires 6trahg6res quand celui-ci aura
termind les pourparlers de paix;
3" Les U.S.A. seraient partisans a de 1'6tablissement dans
le port de Salonique d'une zone libre place sous la souvo-
rainete grecque afin de diminucr la pression que la Yougo-
slavie et la Bulgarie exercent sur la Grece .,. Les U.S.A.
reconnaissent ainsi les avantagcs, qu'aurait pour la Bul-
garie et la Yougslavie un ddbouchd sur la iMer Eg6e;
4 Le gouvernement americain estime que la question
de Chypre doit 6tre riglde par une nugociation grdco-britan-
nique; il est favorable a la cession de cette, fle A la Grice
sous reserve que la security des habitants non grecs soit
assure et que les lignes de communications en Mdditerra
nee oriental soient igalement assures;
5 Le gouvernement amrricain n'a pas 1'intentdion de de-
mander an gouvernement grec d'apporter ides changements
dans la constitution de son cabinet, mais il continuera cc-
pendant a encoue.ager FIlargisse.ment ide celui-ci par I'inciu-
sion de reprisentants de tous les parties grccs sidgeant an
Parlement.
L.s correspondents de Washington suivent lc d6bat sur
la proposition amiricaine d'aide a la Grice et notent en
particuller le preambule que les s6nateurs Vandenberg et
Connally ont propose de donner aW'texte de loi afin de bien
souligner que le gouverncment americain n'a pas l'inten-
tion d'ignorer I'O.N.U. mime si elle agit immndiatement et
de sa seule autorit6 en Grace. et en Turquie.
Les principals critiques du recent discours Truman pa-
raissant dans la press portent principalement sue ce que
certain commentateurs appellent l'abandon de I'O.N.4U.
Un editorial du Washington Post considbre que les Nations
Unies ne sont pas en measure d'adopter une aide urgente a
Ia Grcce propose par le president Truman.

5. Accord franco-italien

L.e New York Times reproduit une dip&che de Rome an-
nonceant la signature d'un accord franco-italien pour l'emi-
gration de 200.000 travailleurs italiens au course de l'annde.

6. Les Philippines

Une dipche A. P. de Manille announce la signature
d'un accord d'ass..,tancce militaire de cinq ans 'par lequel
les U.S.A. fourniront des armements nucessaires aux forces
armies aux Philippines.








6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGIARE


LA QUESTION DES REPARATIONS A LA CONFERENCE DE
Moscou.
1. New York Herald Tribune (23/3, edit. europ.):
< Comment 1'Allemagne pourra-t--elle produire assez
de products manufactures pour faire face a ses besoins
et payer des reparations don't le montant d6passe celui
qui avait 6t6 propose par l'accord de Potsdam, sans
que l'on fixe un niveau de production pour i'industrie
qui puisse devenir une menace pour la s6curit mnon-
diale ?
L'accord de Potsdam stipule que les reparations
pourraient s'effectuer par pr6l6veoment sur l'6quipe-
ment industrial, ainsi que sur les biens allemands si-
tues A 1l'tranger. Les Russes veulent aussi obtenir des
reparations pr6lev6es sur la production courante, et les
Francais, de leur cot6, craignent que le r6sultat de cette
politique soit de doter I'Allemagne d'une capacil6 de
production bien sup6rieure A la leur.
L'insistance que montrent les Francais pour obtenir
davantage de carbon a suscit6 entire les d616gations
frangaise et britannique ccrtaines frictions que M. Mar-
shall s'efforce d'atl6nuer.
La situation va se trouver 6claircie dans les discus-
sions qui commenceront mardi.
En attendant, on va s'efforcer de "d6finir exactement
la position de chaque d616gation et de voir comment
on pourrail concilier les diff6rents points de vue. Per-
sonne ici n'essaie de nier les difficult6s auxquelles les
ministres doivent faire face. >
(WALTER KER '.)
2. Washinglon Star (22/3) :
< Bien que la Russie ail des droils pour r6cl.imer
10 milliards de dollars .et m6me davantage, qu'elle pr6-
l6verait sur 1'Alleimagne par diff6rents moyens, il est
indubitable que 1'accord de Potsdam exclut la possibi-
lite de recourir A la production courante de 1'Allema-
gne en tant que source de reparations. Les raisons en
sont 6videntes : les Allemands doivent produire suffi-
samment pour subvenir A leurs besoins. Si la R issie
met la main sur leur production, ils ne seront pas en
measure d'assurer leur existence, et la Grande-Bretagne
et les Etats-Unis devront continue A fournir de l'ar-
gent A l'Allemagne pour que les Allemands puissent
subsister. De cette facon, nous paierons indirectemnent
les reparations allemandes A l'Union Sovi6tique. De
quelque facon que l'on envisage cette question, une so-
lution de ce genre serait contraire au bon sens. >
3 New York WVorlId TeleOlgrcm (22/3).
< Ou bien nous devons fournir de i'argent pour fire
renaitre l'industrie allemande et nourrir les Allem'inds
pendant qu'ils iravaillent pour les Russes, on bien l'Al-
lemagne 'deviendra l'esclave perp6tuelle de l'Union So-
vi6tique. Le versement de 10 milliards de dollars, iche-
lonn6 sur vingt ans, que reclame l'Union Sovi6tique
.au litre de reparations est insens6, car l'Allemagne: ne
pourrait payer une telle some ni en vingt ans, ni
m6me en cinquante ans sans emprunter A l'6tranger, et
i'Allemagne ne risque pas 'de trouver de credits s. les
Russes out une hypothbque initial de 10 millards de
dollars sur sa production. ?
4 Chicago Sun (22/3).
< Etant donni que 1'actord de Postdam s'est av6re
inapplicable, on doit permetire A I'Allemagne d'avoir un
niveau de production plus 6lev& qlue celui qui 6tait pr6-
vu. Une parties de cette production doii servif A payer
les reparations. C'e a pilist aux specialists qu'il appariient
d'en determiner la proportion'. Il est toutefois certain


que la Russie ne peut maintenir une demand qui pr6-
volt pour vingt ans l'assujettissement de l'in'dustrie alle-
mande aux besoins de la Russie. >
5 San Fraccisco C~ronicle (22/3).
< La n6cessita pour toute 1'Europe de redresser sufti-
sommnent I'Allemagne pour qu'eile puisse subvenir A
ses propres besoins prime actuellement le droit moral
que posside loule nation de ne s'occuper que -d'elle-
meme. >)



Ill. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press siovuiti'que du 22 mars 1947

Les rubriques de politique dtrang6re, de deux pages en
noyenne, ainsi que les commentaires sur la session du con-
seil des ministres, dermeurent la preoccupation essentielle.
Le- second thsnme (incidences diverse des politiques anglo-
amcricaine) vient interf6erer avec le troisimce (la bataille
pour la democratic dans le monde).'

A) La session du conseil des mihistres des Affaires dtranggres
10 Comptc, rendu de l'agence Tass sur cinq colonnes dans
les Izvestia qui publient le texte A peu pres integral des
diff6rentes diicarations des ministries, alors que les autres
quotidiens se bornent A des analyses concernant les inter-
ventions frangaises.
Dans le d6veloppement consacr6 A la discussion du rap-
port des adjoints sur l'Autriche, il est implement releve
au paragrapie 2 qu'au nom de la delegation frangaise,
M. Georgeo Bidault s'est ralli6 i la proposition du general
Marshall au paragraph 7 que MM. Marshall, Bevin et Bi-
dault se d6clarent d'accord avec les propositions de M. Mo-
lolov.
2" 'Dans la plupart ides journaux, deux dep&ches se r&-
f6rent A des sujets traits A la conference : a) extraits de
Der Morgenl, de Berlin, concernant l'utilisation par les An-
glais et les Am6ricains des brevets d'invention allemands ;
b) activit6s provocalrices des fascists en Garinthie slovene.
'i Trois commentaires. a) Dans 1'organe syndical Trud,
note id'infornation de Lobanov sur la situation des syndicate
dans la zone sovietique. Apris une inumrration de faits et
de chifrlcs, I'auteur conclut que l'action des syndi'cats n'est
pas seulement utile, mais n6cessaire aux larges masses de
la population allemande, et qu'elle r6pond aussi aux int6-
rnts de la paix et de la securitA international et aux inte-
rets do la democratic monidiale.
b) Dans la Pravuda, lettre de Vienne de Geor'ges Axenov
sur la situation en Carinthie slovene. L'auteur d6crit Pam-
pleur du movement en faveur du rattachement A la You-
goslavie et ia violence de l'effort tent6 pour briser ce mou-
vement. II met en cause administration britannique.
c) Dans la Pradual, sur prms.d'une demi-page, 6tude de
Marinine sur I'unit6 6conomique de I'Allemagne et oe niveau
oe 1'industrie allemande (voir Particle plus loin).

B) Incidence diverse des politiques ang ,o-amdricaine"s.
1" Une important anrie de d6peches Tass reproduites par
presque tons les journaux se referent par un lien plus on
moins apparent au message du president Truman. On re-
lJve les ichos du discourse du Pr6sident aux U.S.A. (syndi-
calisles, anciens combatantst, Congres slave, organizations
protestantes, organisation politiques diverses. On relive
6ga!ement des d6veloppements sur l'aide anglo-amdricaine A
la GrAce. Certaines dip&ches ,donnent des details sur le
meurtre de Zevgos, et ipublient la TCsolution du Comit, Cen-
Iral de I'E.A.M. A propos de ce meuctre. 20 On relive dans
es depechles relatives aux s6ances du Conseil de S6curit6
la plainte anglaise centre l'Albanie, En outre, on peut noter
los pretentions de l'Union Sud-Africaine sur le Su'd-Ouest
Africain, la publication d'un nouveau journal polonais en








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS TkTRANGtRE


Angleterre, le sEjour & Londres de la delegation du Soviet
Supreine, la premise par Truman au Senat du project de trait
de commerce sino-amdricain.
C) La lute pour la ddmocratie dans le monde.
Outre des depdches cities par la plupart des journaux.
dans la section precedent et qu'on pout 6galement rattach:r
'i ce thbme, on relive les mendes de la reaction en France
(extiaits de Ce Soir sur les liens entire les organizations
fascists frangaises et le Comit6 pontifical d aide aux rdfu-
gies, arrestation d'un membre de la ddligation du Viet-Nam
a Paris), declaration de Tran Ngok Dan a l'agence Reuter
I propose de l'arrestation de Duong Bakmay, le process des
conjures du complot anti-republicain en Hongrie, le process
de Guido Schmidt.

Presse soviidi'ique du 23 mars 1947

Les rubriques 0trang6res de deux pages en moyenne com-
portent ainsi qu'il est d'usage le dimanche de nombreux
commentaires. La session du Conseil des ministries des Af-
faires 6trangBres rest la preoccupation dominant. On dis-
tingue en outre deux themes d'arriere-plan : les incidences
diverges des politiques anglo-amdricaines et la politique
franchise.
1. La session du Conseil des Ministres
des Affaires dtrangbres
Dans tous les journaux, snr cinq colonnes, le compete
reodu Tass de la reunion des Ministres du 22 : Texte in-
tegral de la declaration de M. Molotov, analyse en 90
lines de la declaration du president Bidault, analyse en
24 lignes de l'intervention du general Marshall, texte in-
tearal de la second intervention de M. Molotov. ri;-ume
de la discussion engage autour de la Constitution de
Weimar.
S.i 'on except un brief tdlegramme reproduisant les dd-
clarations de Jean Durckheim, au sujet de son voyage en
Carinthie Slov6ne, reproduit par tous les journau,, le rest
des informations Tass et des commentaires se r6f6rant a
la Conference se r6Dartit entire deux probl6mes.
A. La q.uesiiOn allemande,
a) La deux:'me des chroniques de Moran a sur des themes
de la vie h l'etranger '(Izestia) dvoque un nouvel aspect
de la non de'nazification en zone anglaise. Parlant de la
Chamibre des Metiers de Hanovre, qui continue d'exiger des
candidates a la puretd du sang ,, Moran cite a ce propos une
coupuTe de News Deustchland et conclut en distant qu'il n'y
avait rien d'6tonnant si, du temps de Hitler, le droit de
ressemeler des hottes on de cuire des pains constituait 1'ex-
clusif privilege des a purs aryens ,. Mais que c'est tout
de meme strange que ces reglements subsistent dans le Ha-
novre aujou'rd'hui.
b) Le probl6me de o la structure de l'Allemagne > re-
tient I'a'tention essentielle des commentateurs. Dans les Iz-
vestia, I'acaddmicien Tarle y consacre un article sur cinq
colonnes (voir l'article plus loin), et dans la Pravda, Zas-
lavsky un article de plus de doux colonies.
B. La question ohinoise
UIn certain nombre de texts traitent de cette question en
liaison avec la demand par M. Molotov d'examen de la
question chinoise a la session du Conseil des Quatre.
a) Tons les journaux, sous le titre : c L'opinion ddmo-
cratique chinoise et 1'examen de la question chinoise s, re-
produisent une d6pdche Tass de Shanghai (140 lignes en-
viron), analysant les reactions provoqudes par la demand
du ministry sovidtique des Affaires 6trangeres. L'Agence so-
viPtique relive successivement quatre manifestations :d'un
group de leaders ddmocrates et d'intellectuels (d'aprds le
journal Dagoounbao). du secr6taire general de la Ligue dB-
mocratique Tchan. Doun Soun, du leader communist Tchou
Enlay. Tous demandent l'examen du, problime chinois & la
session du Conseil des ministries. ,
b) La premiere des chroniques de Moran ddji mention-
nees (Izuestia), raille a la mise en scdne d'indignation na-
tionale ,, qu'elle accuse les reactionnaires du Kuomintang


d'avoir monlde en reponse a la demand de M. Molotov.
D'apres les correspondents strangers, Moran relieve notam-
ment : que les appeals at resister h l'intervention etran-
.gre a avaient ete placards dans les rues avant que les
journaux n'eussent announce la declaration du ministry so-
vidtique des Affaires etrang6res, que dans certaines villes
de province, k Pdkin notamment, des manifestants s'dtaient
trompds et portaient des banderolles protestant centre 'in-
tervention am6ricaine, que la manifestation de Nankin
groupait seulement 2.500 personnel, pour la plupart elev6es
de 1'enseignement secondaire, en 1'absence des ttudiants 'des
universities, etc. C'est par oette procession d'enfants, ras-
sembles en hAte, conclut Moran, que se couronna la mise
on scene sans gloire montde.. ar la reaction du Kuomintang.
Digne finale I
c) Dans sa troisiome chronique, Moran revient sur le
theme de la Chine. evoquant les difficulties financinres de ce
pays, que seuls qu'elqus journalists eurent le courage d'at-
tribuer a leur veritable cause. La politique mortelle du
Kuomintang qui attise la guerre civil, les efforts du reste
de la press et des homes politiquses pour en chercher
l'origine dans les manoeuvres des communists, la circulaire'
de la Chambre de Commerce de Tsin Dao, imaginant 1'en-
vol par le Komitern, contr6ld par le Guepeou, de faux dol-
lars chinois pour aggraver la crise, sont des mensonges bdtes
qui marquent l'impuissance des gouvernants de Kuomintang,
face A la ruine qu'ils ont provoqude eux-mnmcs.

2. Themes d'arrirre-plan'.

a) Incidences diverse les politiques anglo.amdricaines. -
Siri, de d6peches Tass dans presque tous les journaux,
moins copieuse que les jours prdecdents : q Au Conseil de
Securit6d (plainte britannique centre I'Alibanic). le dis-
cours d'Acheson informationn lance par A. P. et U.N.P.
et reprise par les journaux du soir, le ddmenti du De-
partement d'Etat, entCrind par les agencies et confirmed par
le sltnogranimme), 'opiniori arabe condamnant l'interven-
tion de Truman (dep&ches de Bagdad), les operations con-
tre les partisans en Gr6ce, survol du pOle Nord par un
avion amdricain, le sejour de la delegation do Soviet
Supreme en Angleterre.
b) Autour de la ptlitique frangaise. Dans tous les
journaux, une d6peche Tass d'une cinquantaine de lines, sur
la seance du 22 A 1'Assemblde 'Nationale, debutant par un
bref rappel des 6venements survenus depuis le 11 mars. Le
correspondent particulier de la Pravda a Sofia revient sur
l'incident du ministry de France it Sofia, dans une d6peche
intitul6e : a La conduite sans dignity de certain diplomats
strangers en Bulgarie >.

AUTOUR DP LA CONFtRENCE DE MOSCOV.

1 Pralvda (22/3).
q II faut que la lumiere soit failed sur la question ces
rdparatoions dues.par 1'Allemagne aux Allids. On ne doit
laisser subsister aucun 'doute sur l'interpretation des
accords existants La fusion tconomique des zones bri-
tannique et amndricaine a d6montr6 que pour 6viter que
l'appli'cation du programme des reparations ne s'effon-
*dre, une unite des quatre zones est nDcessaire. Le retour
A une tell unite doit se baser sue une revision des
taux de livraisons au titre des reparations et sur 1'aban-
don 'de la politique de sabotage de ces livraisons.
A Moscou, et ailleurs, certaines parties s'affairent
pour que 1'unitl de I'Allemagne soit rdtablie, mais nd-
g igeni completement Ia question des reparations et
e,spdrent que cette question ne sera pas rBvis6e. Une
te.le po.itique est vou6e A l'dchec. Nous dcvons assurer
l'execution total du programme des reparations con-
form6ment aux resolutions -des conferences de Yalta et
de Berlin, ainsi que l'unit6d politique et iconomique de
I'Allemagne et le rdlablissement d'un plus haut niveau
de son in'dustrie de paix. C'est la seule politique qui
soit just ,
MARININE.







8 ". BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGi RE


2 Izvestia (22/3).
< Tous ceux qui observent A l'heure actuelle les reac-
tions de I'Allemagne ne peuvent douler que scule 1'un- .
fiction de ce pays peui servir de base a sa conmplte
democratisation. A cette vision d'une Allemagne unifite
et reellement d6mocratique s'opposent les pans .de fede-
ralisme d6fendus 6nergiquemerit par une partic de l:
press et 'des homes politiques anglo-saxons.
Si ces plans 6taient appliques, les forces d6mocratl-
ques allemandes se verraient divistes et affaiblies. La
classes ouvriere en particulier n'aurait pas la possibility
de s'organiser et la reaction soctale pourrait 6tre tran-
quille pendant un certain temps. Le rtgne du capital
anglo-ambricain n',tant pas contest dans le centre cde
l'Europe, il pourrait 6ten.dre sa domination sur l'Italie,
les Balkans, les Pays scandinaves et surtout sur la
France. Et cependant, le d6membrement 'de l'Alleinagne
ne serait toujo'urs pas une garantie contre sa renaissance
en tant qu'Etat agresseur. Ce serait tout au contralre
le meilleur moyen d'6veiller des forces qui se desti-
neraient au debut A r6tablir l'unit6 allmande.
Une 6tude attentive des differenls plans de f6ddralis-
me mointre qu'ils n'ont absolument pas pour but do
transformer 1'Allemagne en une 'd6mocratie. Les d6fen-
seurs du fed6ralisme en Amerique et en Angleterre con-
sidbrent ,ses noimbreux avantages.
Tout d'abord, ils voient que les regions les plus in-
dustrielles, les plus riches en carbon et cells ofi il
reste le plus ,d'ins:allations intactes demeurercaent entire
les mains des Anglo-Saxons, et cela pendant une trts
tongue p6riode. Pendant cc temps, it serait possible
d'envoyer outre-Atlantique un grand nombre de hosess
'precieuses et tiles, ne serait ce que des brevets d'in-
vention et des d:couveries.
Avec la r6alisation de plans senibiables, ce qui a 'ienti
I'Allema-gne, c'est un fieodalisme industrial sous la for-
me d'un conquete bconomique pacifique par des etran-
gers. Ces programanes sont si monstrueusemenu con-
traires a 1'Histoire, si grossibrement anti-d6mocraliques,
qu'il est pen probable qu'ils obtiennent le soutien des
masses d6mocratiques 'd'Amtrique et d'Angleterre, ni
de cells de l'Allemagne. >




IV. PRESS BELGE



LFS TRAVAUX DE LA CONFERENCE DE MOSCOU (La Mntro-
pole, catholique, 22 23/3) :
g II a suffi 'de deux semaines de .discussions pour
que soient mis en lumiere les points de d6saccord sui-
vants : divergences de vues sur l'unification politique
et economique, sur le statute .de la Ruhr et de la Rh6-
nanie, sur I'importance de la production industrielle,
sur le mo-de de pr6l6vement des reparations, 1'enivve-
ment 'des usines et !e trace des frontitres.
Mais deux accords capitaux sont intervenus : 'un sur
le demembrement de l'ex-royaume de Prusse, l'autre sur
la n6cessit6 de rTduire le potentiall militaire.
Pour le reste, qu'attendre? Le pire est A craindre. La
paix avec 1'Allemagne ne semble pas devoir 6tre axde
sur un principle directeur bien net, mais plut6t Ctre le
r6sultat ,de mis6rables compromise.
Quant au message Truman sur l'aide A la Grice et
" la Turquie, jusqu'ici il ne parait pas avoir influence
!directement les dtbats des Quatre >.


V. PRESS SUISSE


LA POLITIQUE ETRANGARE DES ETATS-UNIS.
1. La Tribune de Geneve (23/3)
< Le geste accompli par le president Truman a
1'6gard de la Grece et de la Turquie constitute un acte
de haute politique et routes les belles formules don't
on l'entourerait n'y ,changeraient rien. II repr6sente en
outre le couronnement d'un vasle plan d'ensemble ten-
dant a hAter la stabilisation de 1'Europe, A ouvrir de
nouveaux 'd6bourh6s au commerce amnricain et a for-
tifier dans leur volonte de resistance les Eiats qui ont
echapp6 A la mainmise russe...
L'octroi de ces subsides est 6videmnment lie A des con-
ditions d'ordre politique. Comme ie 46claralt un mem-
bre influent du Congrts, l'Ambrique ne saurait se payer
le luxe de faire ind6finiment la charity& A des gouver-
nements qui lui tirent constamment dans les jaimbes. De
ce point de vue, le refus oppose par le gouvernement
de Washington A la requtte de la Yougoslavie, qui de-
mandait A 6tre associde A cette distribution, mais qui
se distingue d'autre part par son attitude franchement
hostile A l'6gard 'des puissances anglo saxonnes, est tres
significatif.
De plus, le d6partement d'Etat envisage aussi 1'6mis-
sion d'un emprunt de stabilisation de 500 millions de
dollars en faveur de la Corde, cette R6publique encore
en enfance don't la situation, A cheval sur la limited des
spheres d'influence russe et ambricainc, faith pendant,
en Extr&me-Orient, a celle iou se 'd6baltent, en Europe,
1'Autriche et la Grece. Pour coltenir la poussee sovie-
tique, les Etats-Unis recourent de la sorte sur le plan
economique, A cette tactique des < h6rissons a inau-
guree naguere sur les champs de bataille par les stra-
teges du TroisiBme Reich. Ils veuient s'assurer de la
soree le contrble de positions-clefs sur loute la pbri-
ph6rie de l'empire des mers et particulitrement. de
la Mdditerran6e, qu'ils considtrent comme la plaque
tournante maritime .de leur politique d'expansion com-
merciale A travers 1'Europe, 1'Asie et l'Afrique.
Dans 'divers milieux, on trouvait le geste du pr6si-
dent Truman inopportun, en cc sens qu'on craignait
qu'il n'efit des repercussions ficheuses A la Conf6rence
de Moscou, qui venait A 'peine de s'cuvrir. Un commen-
lateur francais laissait meme entendre qu'il avait rendu
un mauvais service au general Marshall. Cependant, tout
p'orte A penser qu'il avait agi en parfait accord aver
son nouveau secr6taire d'Etat, lequel, en sa quality de
militaire, pr6mfre les situations branches et qui s'6tait
embarqu6 pour la capital sovi6tique avec l'intention
de mettre carr6ment les choses an point avec M. Molo-
tov. D'ailleurs, la conference elle-meme n'a pas pris jus-
qu'ici trop mauvaise tournure. Le general Marshall vient
de r6p6ter lui-m&me qu'il garde bon espoir. Mais si
cette attente btait d6ue, l'Ambrique pourrait se consa-
crer en toute s6curit hA l'organisation de la paix, a
1'abri de la line d'avant-p.ostcs ct de tetes de points
qu'elle est en train de se crier sur tout le pourtour des
oceans sur lesquels la banniere &toilde est en train
d'6clipser l'< Union Jack ,.
(PAUL DU BOCHET).

2. Neue Ziircher Zeitung (22/3) :

< Les chefs responsables de la politique americaine
continent A d6fendre cette thbse que l'offensive anti-
communiste sur les points strategiques essentiels favo-
risera le r6tablissement par voie diplomatique 'd'un
ordre rationnel, parce que, au point de vue tactique,








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE 9


elle constitute un moyen de pression efficace. On in-
voque aujourd'hui a *'appui de cette opinion attitude
parait-il plus conciliante de M. Molotov dans la question
des reparations. Nous verrons si l'argument demeure
valuable par la suite. Mais si la nouvelle politique .de
M. Truman, consid6r6e come moyen tactique pour
obtenir une paix 'de coalition, devait 6chouer et que
le Kremlin ne fit pas autant de concessions qu'on le
souhaiterait, cette politique pourrait encore se re6vler
susceptible de fournir une base A une paix separ6e de
l'Ouest, une pax anmerict'aa. Dans ie cas. d'un c.hec des
efforts communs des anciens Allies pour bAtir la paix,
les Etats-Unis ne s'abandonneront pas au desarroi. Ils
tireront au contraire les consequences de cet insuces.
La nouvelle politique leur fournit un instrument utile
a cette fin et il leur sera facile de s'en servir ).
(Du correspondent
de la Neue Ziicher Zeitung a Washington).



ANNEXE


REPONSE DU GENERAL SVIRIDOV A LA' DEUXIEME NOTE DE
PROTESTATION AMERICAINE A LA HONGRIE.
< En vous accusant reception de votre lettre 'du
17 courant, j'ai l'honneur de vous faire savoir qu'elle
ne souleve aucune question qui n'ait pas trouv6 de r6-
pohse dans ma lettre du 8 mars. En ce qui concern
votre remarque, A1'6gard de la procedure d'instruction
dans l'affaire du complot anticonstitutionnel dirig6


centre la Republique, affaire qui a etd conduit par
la police et le parti hongrois jusqu'h son renvoi 'devant
le Tribunal, j'ai l'honneur de vous faire remarquer .que
cette procedure est rigoureusement conforme aux lois
en vigueur dans la Republique hongroise. Les r6sultats
du process dans l'affaire des conspirateurs montrent
clairement que les tentatives pour changer la proc6-
dure habituelle en constituent une commission .parle-
mentaire special pour instruire cette affaire, n'6tait
justifiee par aucune necessity et n'6tait destinde .qu'b
cacher le r1le criminal des d6putes du parti des Petits
Proprietaires, impliquc dans le complot. En ce\qui con-
cerne vos remarques sur la constitution 'du Tribunal,
j'estime uWile de vous rappeler que le Tribunal qui exa-
mine actuellement l'Nffaire des conspirateurs est cons-
titue conformement a la loi sur la defensee de la R6pu-
blique vote par I'Assemblee national. Un .tribunal
constitu6 de facon diff6rente serait contraire A la loi et
serait inconstitutionnel. Vos remarques sur l'arrestation
de Bela Kovacs par les autoritCs d'occupation sovid-
tiques causent une certain g6ne car j'ai d6ej eu 1'occa-
sion d'entendre votre intervention dans cette affaire.
mais puisque malgr6 cela, vous revenez de nouveau sur
cette question, je puis vous faire savoir uniquement
pour vous eviter 'de commettre 6ventuellement une nou-
velle faute, que Bela Kovacs s'est reconnu coupable des
crimes perpetres par lui contre I'armee sovi6tique et
qu'il a egalement reconnu sa participation au complot,
Me r6ferant A ma lettre du 8 courant, et en consequence
de ce qui est expos plus haut, je ne vois pas la p-ossi-
biliti de changer ma position A l'egard de votre pro-
position pour un examen commun de la situation ac-
tuelle en Hongrie, ainsi que du complot et de 1'affaire
Bela Kovacs .


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009