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SERVICES FRANQAIS D'INFORMATION LA DOCUM (MINISTARE DE LA JEUNESSE, DES ARTS ET DES LETTRES) Direction de la Documentation 14-16, rue Lord-Byron, Paris 8'). BULLETIN ENTATION FRANQAISE QUOT DE 21 mars 1947. PRESS ETRANGERE Nouvelle S6rie No 624 SOMMAIRE I. PRESS BRITANNIQUE. a) Les travaux de la Conference de Moscou. 1. Times (21/3). 2. Daily Herald (21/3). 3. News Chronicle (21/3). b) Le d6bat sur la defense national aux Communes (Times, 21/3). c) Le .discours de M. Eden (Daily Herald, 21/3). II. PRESS AMERICAINF. Les travaux de la Conference de Moscou. 1. New York Herald Tribune (20/3). 2. New York Herald Tribune (21/3, edition curopienne). Iii, PRESS SOVIETIQUE. a) Apres la declaration 'de M. Marshall sur la de- mocratie (Izuestia, 20/3). 1b) Le problem des reparations A Moscou (Pravda, 20/3). IV. PRESS SUISSE. La crise beige et la constitution du ministere Spaak. 1. Journal de Geneve (21/3). 2. Tribune de Genuve (20/3). I. PRESS BRITANNIQUE Revue de la press britannique du 21 mars 1947 L'attention de la press de ce matin se porte sur diff6- rentes questions de politique intbrieure : vote de censure ai la Chambre des Lords condamnant la politique 6conomique du gouvernement par 119 voix contre 30, d6bat de politique interieure h la Chambre des Communes au course duquel M. Alexander a ddfendu la politique gouvernementale et an- nonga une reduction des effectifs de l'armie; discours radio- diffus6 de M. Eden critiquant la politique des nationali- sations. La chronique extCrieure est elle-meme assez variee. La Conference de Moscou occupe cependant la place la plus im- portante dans la plupart des journaux qui mettent en vedette Ics declarations de M. Bidault et cells de M. Bevin sur la question du carbon allemand. Cinq journaux, don't le Times et le Manchester Guardian, publient des articles sur la situation politique en France. Le Manchester Guardian public aujourd'hui son deuxieme article sur le Maroc. 1. Conference de Moscou Tous les journaux de ce matin, sauf le News Chronicle, le Daily Express et le Daily Graphic, r6servent dans leurs articles sur la Confrecnce de Moscou une large place aux declarations de M. Bidault. Ils cherchent a leur donner m&me une allure comminatoire. Le Daily Telegraph parole du o d6fi lance par la France au sujet cu carbon allemand >. Al. Clifford, dans le Daily Mail veut y voir c un ultimatum & Bevin ,, le Daily Herald < un pistolet braqud sur les trois autres ainistres et le Daily Mirror, en rendant compete du discours, le fait pr6ecder du titre : La France demand davantage de carbon, sinon... 1 Le ton du Times et du Manclhster Guardian est plus me- suro. Ces journaux insistent cependant sur la fermet6 des exigences frangaises et sur 1'antagonismc des thbses soute- nues par M. Bevin et M. Bidault. Le correspondent du Times cstime que M. Bidault a ex- pos6 hier avec ,plus de fermet6 que jamais, a le d6sir qu'a la France d'obtenir des garanties sur les exportations de carbon allemand. (Voir article plus loin.) M. Werth, correspondent du Manchester Guardian, volt dans les declarations de M. Bidault une manifestation a de la logique coutumiere des Frangais a et insisted, pour sa part, sur le ddsir des Frangais de ne rien rejeter d'une ma- nibre formelle. I1 a meme l'impression quo, malgrb les divergences de vues entire les Quatre Grands, l'on assisted A un rapprochement progressif sur un terrain d'entente con- mun. MM. Bevin et Bidault chercheraient L& trouver un com- promis entire les points de vue russe et britannique sur les reparations. W. Ewer, co;rrespondant du Daily Mlail, constate, en revan- che, que les declarations de M. Bidault sont les plus bru- tales et les plus tranchantes qui aient et6 faites depuis l'ou- verture de la Conference ). (Voir l'article plus loin.) Dans le News Chronicle, R. Waithman resume brievement la these franqaise et estime que M. Bidault a su se montrer persuasif. Le Daily WOrker reproduit les passages essentiels de ce.s declarations dans lesquelles il voit < une vigoureuse cri- tique des deux points de vue de M. Bevin, le premier sur le contr6le international de la Ruhr, le deuxieme sur les livrai- sons de carbon allemand a la France. A. Jacob, dans le Daily Express, rapporte le point do vue franqais sans l'accompagner d'aucun commentaire. I1 an- nonce sous un titre assez important que M. Bevin s'est declare prit h une revision du pacte anglo-sovidtique. Enfin, Al. Clifford, du Daily Mail, tout en qualifiant d'ulti- matum les declarations de M. Bidault, rapport I'opinion des imilieux frangais de Moscou selon lesquels le chef de la d6Bl- gation frangaise ne serait pas aussi ferme qu'il voudrait le ANGERES LTION Z BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE paraitre. II se serait reserve une a porte de sortie > en declarant que la France d6sirait < un r6glement > dans un sens conform a ses demands. AprBs avoir rappeld 1ies paroles tde M. Bidault d'aprds lesquelles 17 millions de tonnes de carbon allemand etaient gaspillees chaque annke et qu'il etait possible de satisfaire les exigences des allies en carbon ,en mime temps que de faire de 1'Allemagne une affaire qui rapporte, le correspondent conclut : Si M. Bi- dault a raison, alors tout est facile : 1'Allemagne pourla se suffire a elle-mime, les Frangais obtenir du carbon et tout le monde des reparations. Mais il doute que tout cela puisse arriver en mime temps. 2. -- France Le correspondent particulier du Times it Paris announce que la tension entire les communists et les autres parties gouvernementaux sur la question d'Indochine a atteint a le point de rupture ,, cette tension serait la plus vive qui se serait maniffestte depuis la liberation et elle aurait deginere en une attaque gdnerale de la droite contre la participation des communists au gouvernement. Le correspondent du Manchester Guardian estime, de son c6te, que la resolution du Comitd central du Parti coninu- niste contre un vote de credits militaires pour 1'Indochine a dissip6 tout espoir d'eviter la crise. Il fait 6tat des efforts de conciliation deploys par le President de la Republique et remarque, en passant, que cela constitue une innovation sur l'anci.enne constitution marquant un enforcement de I'autorite du President de la Republique come nmIdiateur entire les parties. Ronald Matthews estime, dans le Daily Herald, que les appeals de M. Ramadier seront vains et D. Richard, dans le Daily Worker, pense que < la vigoureuse prise de position des communists frangais a mis en lumidre la politique desastreuse suivie par ]es Frangais en Indochine n. 3. Aide anmdrcainie a la Grice La plupart des journaux annoncent 1'ouverture des dlhats a ]a Commission des Affaires itrangeres de la Chambre des reprdsentants sur la proposition du Prisident Trouman d'aide economique et militaire A la Grce et i la Turquie. Les correspondents du News Chronicle, du Daily Express et du Daily Mail insistent tous trois sur le passage d,, la declaration de M. Acheson affirmant que 1'aide americ.ine is la Gr&ce n'entrainerait pas de risques de guerre. Le Times public un long article de son correspondent a Athlnes sur la commission d'enqutte des Etats-Unis en Grece. Le Daily Worker announce que les socialddmocrates dc. lant une offensive des troupes gouvernementales grecqlues dans la region oh enquite la commission. 4. Akleimvaiune Le Daily Telegraph announce sous une manchette, impor- tante que de nombreux 6tudiants du secteur russe de Berlin seraient arretis par des agents sovi6tiques en civil. Les Autorites britanniques, americaines et frangaises s s seraient emues de ces arrestations. Le Manchester Guardian accord une assez grande impor- tance aux declarations du Dr. Schumacher qui, selon le cor- respondant de ce journal a Berlin, serait disireux que los differends entire les parties allemands n'entravent pas les travaux de la Conference de Moscou. Brian Connel, correspondent du Daily Mail a Berlin, an- nonce que 1'Allemagne pourra obtenir 75 liberty ships. Ceci lui permettrait do payer une parties des frais qu'entrainc le transport de ses importations. Le Daily Worker announce que les social-d.mocrates de Berlin traverscraient une cruise et qu'ils auraient pronuv leur incompetencec dans administration civil. 5. Yooigoslaoiie Apris le Daily Worker, le Times, le Daily Telegraph eI le .Daily Herald annoncent t leur tour que les Etats-Unis out rcfus6 de donner une aide alimentaire h la Yougoslavie. 6. Indondsie Le correspondent du Manchester Guardian f La Haye annon.ce que le gouvernement hollandais a autoris6 son representant h Batavia A signer l'arrangement de Cheriboon et que l'offensive ddclenchee dans la rCgion de Sourabaya par les forces neerlandaises serait arretee. a) LES TRAVAUX DE LA CONFtRENCE DE MOSCOU. 1. Times (21/3) : < II faut espCrer que de nouveaux changes *de vucs permettront de r6aliser des progress. On a remarque que M. Bidault n'a pas dit qu'il refuserait de 'discuter d'autres questions, mais simplement qu'il refuserait de prendre des decisions et il peut s'Ccouler beaucoup de temps avant qu'.on en soit 1a. Cependant, it est strange que ni M. Bevin, ni M. Bidault, n'ait faith allusion A l'accord Blum-Attlec, qui est intervene au debut 'de cette annee, et dans lequel le principle 6tait pos6 qu'au fur et A measure que la production charbonnikre alle- mande augmenterait les exportations augmenteraient aussi. Jusqu'A maintenant on ramine les principles causes de d6saccord entire les ministres h la fagon diff6rente don't chaque pays aborde le problem .allemand. La France r6clame avant tout du carbon et desiree que les decisions sur toutes les autres questions solent fonc- tion des besoins des Allies en carbon. La Grande-Bre- lagne et its Etats-Unis d6sirent mettre un term a une anomalie intolerable qui fait qu'ils sont obliges de d6- penser de grosses sommes d'argent pour que les zones occidentales puissent subsister; ils cherchent par con- s6quent avant tout a obtenir que 1'Allemagne puisse se suffire a elle-meme. L'Union Sovi6tique desire a 1l'eure actuelle s'assurer -des reparations; en consequence, elle a change sa politique ant6rieure et veut augmenter le niveau de production de l'industrie allemande jusqu'A un point qui sembie dangereux a au autres si un contrBle serieux n'est pas exerce i. (Du correspondent du Times a Moscou). 2. Daily Herald (travailliste, 21/3) : < Ce soir, M. Bidault a place un couleau sur la gorge de ses colleagues *du Conseil des ministres des Affairs .*6rangeres en disant que la France n'adh6re- rait f aucun accord sur les problems 6conomiques de l'Allemagne si on ne lui accor'dait pas de carbon. C'est la declaration la plus brutale et la plus franche qui ait e6te aite au Conseil des ministres et c'est une consequence inattendue de l'accord Blum-Attlee qui re- connaissait le droit de la France d'obtenir davantage de carbon et qui promettait d'augmenter les livrai- sons destinies a ce pays lorsque la production 'de la Ruhr augmenterait. Nous avions pens6 que le gouverne- ment francais considerait comme satisfaisant cet accord sur les exportations de carbon >>. (W. N. EWEI). 3. News Chronicle liberall, 21/3) : < En dehors des reserves formulees par la France il semble y avoir un certain degree d'accord a Moscou sur la necessity d'unifier 1'economie allemande. Les diver- gences 'd'opinion se concentrent surtout sur les r6pa- rations et les d6penses, mais ces questions ne devraient pas constituer des obstacles insurmontables, car dans le fond les besoins de toutes les puissances sont les mnmes : A savoir que l'Allemagne puisse payer le plus t6t possible. Les trois ministres des Affaires 6trang6res sont d'ac- BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGaRE cord en principle sur certain points tout au moins, et ce qui est le plus signiflcatif sur 1'augmentation du niveau de production de l'industrie allemande. M. Bevin a de- clar6 qu'il accepterait que des reparations soient pr6- lev6es sur la production courante si l'unit6 economique de l'Allemagne 6tait r6alisee et si la Russie d6sirait par- ticiper A toutes les d6penses passes, pr6sentes et fu- tures. Les progrds sont lents, mais du moins on ne piktine pas trop >. b) LE DEBAT SUR LA DEFENSE NATIONAL AUX COMMUNES (Times, 21/3) : << Le c6te financier de la politique de la defense na- tionale rmcoit sa honne part de critiques, mais les attaques les plus violentes ont 6t t motives par l'inci- dence de cette politique sur le problem de la main- d'oeuvre qui constitute probablement son point le plus vulnerable Ceux qui critiquent la politique de la defense natio- nale pensent on le sait que les exigences ddu Moyen- Orient constituent le principal obstacle aux rAductions qu'ils estiment nAcessaires et c'est pourquoi ils sont enclins A favoriser 1'Vvacuation de celte region. Le Moyen-Orient est plus qu'un simple chainon. S'il disparaissait, une breche important serait cre6e dans la structure de la defense du Commonwealth, Son im- portance ne dependd pas sculement du canal de Suez, come la preuve en a etR faite lorsque nous 1'avons conserve pendant la p6riode de la derni&re guerre oh le canal avait prnaiq.,emPnl cess6 d'etre utilisL. Son im- portance ne depend pas non plus entirrelnent de la proximity des champs p6trolifAres qui repr6sentent pour la Grande-Bretagne des int6rets profonds et 16gi- times et oi elle a invest de gros capitaux. On 'doit tenir compete de cos deux facteurs pour maintenir des forces britanniques an Moyen-Orient, mais mime si 'on n'en tient pas conmpte il y a des raisons purement strat6- giques qui nous poussent A agir ainsi. On devrait laborer une politique A longue 6ch6ance 'mais dans une certain measure elle ne peut &tre que provisoire. L'importance des forces armies necessaires pour l'appliquer fera obligatoirement l'objet d'une rtvi- sion. II n'y a absolument rien de sacro-saint dans le chiffre d'un million qui doit repr6senter les effectifs 'de J'arm6e en avril 1948. Au contraire, .on devrait d6ployer des efforts pour r6duire encore davantage ce chiffre apres cette date soit en modifiant la politique adopt6e si cela s'av6rait prudent, soit en r6alisant des econo- mies dans 1'armie si cela 6tait possible, on bien encore en conmbinant les deux m6thodes >>. c) LE DISCOURS DE M:. EDEN (Daily Herald, travailliste, 21/3). < Le 'discours radiodiffus6 pronone hier soir par M. Eden a 6t6 caract6risM par sa reserve 6vidente. Mais sa moderation ne peut dissimuler pas plus d'ailleurs que la r6fhorique de M. Churchill la faiblesse fon- damentale de la position des conservaeurs : l'absence de politique. Le trait dominant de ce discourse 6tait une requite adressBe au gouvernement travailliste pour lui deman- der de cesser d'etre on gouvernement travailliste; de trahir les engagements pris A 1'6gard de ses 6lecteurs pour obtenir l'approbation de ceux 'qui ont vote con- servateurs et cela en 6liminant le programme de natio- nalisation. M. Eden sait parfaitement que si ses propositions ini- maginables se r6alisaient et si M. Attlee acceptait sa proposition, I'abandon par le gouvernement de son pr,,- gramme aurait les consequences suivantes : 1 il lui vaudrait simplcment le m6pris des conservaleurs; 2 it plongerait les ouvriers sur qui repose enlierement le succCs de la champagne de redressement dans un 6tat de tristesse et de ressentiment. Si les conservateurs avaient une politique un tant soit peu progressiste, M. Eden n'aurait pas eu besoin de prendre tant de temps pour donner au gouverne- ment des conseils aussi fantaisistes. Aucun des 6v6nements survenus depuis juillet 1945 ne discourage le parti travailliste dans sa determination d'ex6cuter le programme qui l'a amen aau pouvoir. Les graves difficulties 6conomiques que l'Angleterre a h6rit~es de la guerre seraient mille fois plus graves si, aujourd'hui, un gouvernement qui se ferait le cham- pion fanatique de 1'entreprise priv6e et de la suppres- sion des contrdles, se trouvait A Downing Street. - II est plus que janais n6cessaire .d'organiser et d'uti- liser les resources de la nation pour contribuer au bien-tre de la communaut6 tout entire. C'est seule- ment grace A 1'6conomie dirig6e que ce rdsultat pourra 6tre atteint >>. II. PRESS AMERICAINE Revue de la press americaine du 20 mars] 1947 1. Affaihwe grecque La polilique du < Showdown, avec la Russie, c'est-h-dire cello qui consiste A ,mettre la Russie au pied du mur et de la force A limiter son expansion politique et iddologique, est vigoureusement soutenue dans la press de ce martin par Ics declarations ide M. Landon, ancien candidate du parti rd- iublicain h la Presidence, et par des 6ditoriaux de Lindley dans la revue News VWe.k, de David Lawrence dans U. S. News, et de Barnet Nover dans le Washilngtozi Post, La revue World Report public, d'autre part, une serio de photographies montrant 1'accroissement de puissance dies U. S. A. depuis Icur formation sous le titre a Les U. S. A. : Icur accession a la position de puissance numero un dans 1Lc monde >. Selon le New York Times, Landon aurait dit notamment : a C'est le moment d'exercer notre puissance, notre d6termi- nation pour avoir la paix ou la guerre si c'est necessaire. a Ii aurait 6galement dit quoe les U. S. A. ne peuvent esprrer diminuer la menace de guerre que si l'oncle Sam, qui pos- sede une grosse matraque, parole avec une vcix puissante ct agit en cons6quence... < A mon avis, nous no pouvons esp6- rrr vivxe librement et en security que si nous donnons au President tout ce qu'il demand et si le Pr6sident, de son c8te, pursuit une politique 6trangrre idifinie, dnergique, consistante et intelligence, au lieu d'une politique trang6re vacillante au point qu'elle ne compete plus. a Lindley, dans le New*s Week, conclut son article en disant que les U. S. A. ont appris par une experience tragique qu'ils ne peuvent pas 6viter la guerre en apaisant aggression en l'ignorant ou en laissant le mond.e dans le doute quant A 1'attitude amdricaine ct quant c ce que les Am6ricains sont prets A fair. II estime que le meilleur, sinon 1'unique espoir d'dviter une autre conflagration mondiale, scsrait d'ar- r&ter l'agrcssion coammuni-ste maintenant. c Telle cst la legon du pass. C'est aussi l'avis des homes qui out le plus d'expdrience des rapports avro les maitres actuels de la Russie. ' David Lawrence, dans U. S. News, estime quce Ie com- munisme est la force qui menace aujourd'hui la palx du monde et qu'il est grand temps que le communism soit mis en echec ouvertemcnt aux yeux du monde. II ajoute que le message Truman a fait exactement cela et qu'il mdrite, par consequent, d'etre appuyn par les Amricains aussi bien que par les peuples de tons autres pays ddmo-cratiques. Barnet Nover, dans le Washington Post, 6crit, apr&s avoir remnarqu& qu'il n'est pas simplement question d'une aide 4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE charitable i la GrAce et h la Turquie, que ce qui est Pl'njeu e'est quelque chose de bien different. C'est de savor si PI'quilibre ide puissance qui existed entire la Russie et les nations occidentales, entire le monde domino par le commu- nisme et le monde non communist, sera maintenu.,. Le scul empire qui se soit agrandi durant ces dernibres annees est 1'Pmpire sovietique. Moscou a ajoutd 250 miles carrts au domain plac6 sous son contrble et le territoire des Etats satellites de 'U. R. S. S. est considerable. 11 n'existe aucune assurance que 1'expansionnisme russe soit au bout ide sa course. Tous les signes indiquent le contraire. La question que notre pays doit se poser est done de savoir si une nou- velle expansion de la Russie serait un *6venemcnt que les U.S.A. pourraient envisager avec indifference At serel ite. Et il conclit que la politique amiricaine a des objectifs s a la fois iddalistes et pratiques ) qui devront etre appuyds par tous les moyens don't les U. S. A. disposent. Les correspondents de Washington continent a reliever 1'6norme intiret que portent les representants et les scna- teurs aux declarations du President Truman et font 4tat des demands du CongrBs pour obtenir d'autres precisions sur la nouvelle politique amtricaine. Ils notent en outre les efforts faits par le lcgislateur Proendigucr, 'infiltralion communist aux U. S. A., en particulier dans les syndicate ouvriers. Ils reprennent dgalement un ediscours de M. Den- ton. seeritaire charge de l'information au Dipartenment d'Etat. prononce devant 1'Association de press 4trangeri ia New-York. et qui met surtont en relief la propaganda fslite par les Soviets dans tous les pays du monde. Dans 'en- semble, ces articles donnent l'impression que, malgre- 1'oppo- sition qui a pu naitre au Congres sur certain points .de d-tail ides propositions Truman, celles-ci seront accepttei. 2. Confdrence de Moscon Les correspondents de Moscou donnent aujourd'bui ane not- un pen plus optimist tur la Conf6rence. h la suite des declarations faites par M. Molotov et M. Marshall, indiquant toutes deux qu'un accord n'etait pas impossible. C'est surtout sur 'a question des rTparations que portent leurs articles et c'est encore h cette question clue sent con- sacris les .iritoriaux du New York Herald Tribune et du Washington Post. Le premier conclut en distant que, 'bien que les Etats-Unis consid6resnt que la some de dix millia-ds de dollars est beaucoun trop Mlevee, il leur semble que le general Marshall et M. Bevin devraient serieu.sement prendre en consideration les possibilities de fournir Ins reparations provenant de la production courant afin de s'en servir come un levier pour obtenir le consentement soviitique a d'autres principes sur lesouels les nations occidentales ne peuvent pas admettre de.compromis, Le Washiniton Post n'est pas do tout d'accord pour que 1'Allemagne fournisse ce montant de renarations a la Russie, car ce serait simplement unp redptition de I'expdrierce d'aprbs 'la premiere guerre mondiale. c'est-a-dire qu'on attcn- drait des Etats-Unis qu'ils engraissent l'Allemagne alin qu'elle pnisse fair face anx versements de reparations a la Russie. Il n'est pas surprenant que le g6ndral Marshall ait r6pondu non h ce non-sens. Le New York Times consacre nn editorial h P'article de sun corresnondant de Moscou relatif aux diverg-n-ces d'opinions f l'inl6rieur de la delegation americaine. II estime que le problime, pour les U. S. A., n'est pas de choisir entire la France on I'Allemagne, car, dit-il, dans ce cas, le choix est evident. mais plutSt de trouver le meilleur moyen id'aider toute P'Europe h atteindre la paix et la prospiritP. 11 faith atat ensuite de V'aide financirre animricaine apport-e A la France et declare que certain Amiricains vont jusqu'h solu- tenir les propositions franchises de demembrement de l'All- magne, de destruction de ses industries et de reduction de ;a population par une migration plus ou moins force. I e.st difficile de voir la logique d'une tell position. La politique franchise a cet regard est encore hbase sur les conceptions du cardinal Rich-lieu oui reche-chait la security franchise dars la division et l'anpauvrissement de l'Allemagne. Cotte poli- tique 6tait valuable quand les Allemands 6taient sculs rivaux de France sur le continent et quand la Russie 6tait un- princinaute pratianement inconnue... Mais, memr Richeliei n'a jamais rev6 d'l6iminer les Allemands completement. (t il ajoute que les Franqais semblent desormais embarqu6s dans une politique qui d6passe celle de Richelieu et com- prend h la fois la destruction de 1'Allemagne et celle des Allemands. Ce que cette ipolitique fera sera tout d'abord de crier un centre pestif6rt an coeur de l'Europe qui ne peut Iianquer d'empoisonner le continent et ensuite un vide 6co- nomique et politique oh la Russie s'installera. AprBs avoir ainsi diforme la politique frangaise, 1'tiditorial conclut A la .ncessit6 de r6alis-er le pacte A quatre propose par le gouver- nement am6ricain. 3. Politique intrrieure amrricaine La press announce que Thompson, gouverneur interimaire de l'Etat de Georgie, et que IM. Talmadge a .td oblige de se retire, mettant ainsi fin i la controversy des < deux gou- verneurs de G6orgie. La press indique que Lewis a donn6 ordre a ses mineurs de ne pas faire greve le I" avril prochain et qu'il s'est sou- mis ainsi c sans condition aux decisions de la Cour supreme. 4. Nouvelles de France La plupart des articles sont consacres h 1'abstention du parti communist dans le vote sur 1'Indochine ha 'Aiscnmblie national. Une d6ptche A.P. remarque que cette abstention crie une nouvelle difficult pour le gouvernement, ,mais qu'elle n'o- blige pas les communists a se retire du cabinet Ramadier. LES TRAVAUX DE LA CONFERENCE DE MOSCOU. 1. New York Herald Tribune (20/3) : < Nous avons l'impression que l'atmosphbre qui re- gne A Moscou pendant la second semaine de la Con- f6rence des Ministres des Affaires 6trangbres est mneil- ,leure que la plupart .des observateurs ne l'avaient escompt6. 1I est exact que les diverse d6elgations donnent en- core P'ii'pression d'avoir dies points de vue diff6rents sur les reparations. Et les reparations, qui mettent en cause la question du niveau future de la production allemande, du contrble du potential de guerre de PAl- 1'emagne et indirectement celle de la delimitation de ses frontires, constituent un probleme don't depend le succes des n:gociations. M. Bevin a approuv6 la proposition russe d'accroi- tre lIa production d'acier de l'Allemagne jusqu'au dou- ble environ de la limited fix6e ant6rieurement. M. Mar- shall a d6clar6 qu'il 6tait pret a examiner cette pro- position. VoihA qui pourrait preparer le terrain pour parvenir A un accord sur les reparations, celles-ci 6tant prilev6es sur la production courante. bien que, jusqu'A present, ni les Americains ni les Anglais n'aient admis ce principle. La d1Clgation an6ricaine se preoccupe aussi d'un autre danger. Elle craint que les reparations rservees A la Russie nie puissent 6tre payees que sur la base de l'aide 6conomique de 1'Ambrique A l'Allemagne. C'est 1A une difficult qui pourrait 6tre surmontbe si les Soviets font preuve de bonne volont6. Its pourraient aider A faire vivre la population allemande de plu- sieurs falcons, notamment en rendant A 1'Allemagne une parties des terres agricoles qui sont actuell-ement < ad- ministries > par la Pologne. Les Russes pourraient approvisionner en matitres premieres des usines allemandes -dont la production se- rait consacr6e aux reparations. Les Russes pourraient s'arranger pour que 1'Allema- gne reqoive du carbon de Silesie, ce qui permettrail a la France de recevoir une plus grande proportion du carbon de la Ruhr. Si les Russes, en agissant dans ce sens, montraient leur d6sir .de partager les charges qu'implique 'la restauration de 1'6conomie allemande, BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE ils donneraient beaucoup plus de force au droit qu'ils out de demander des reparations. II est ind6niable, en effect, que cc droil cxiste. Bien que le chiffre de 10 milliards de dollars soit beaucoup trop .l6ev6, nous pensions que M. Marshall et M. Bevin devraient au moins envisager s6rieusement la possibi- lit6 d'accorder aux Russes des reparations pr6lev6es sur la production courante, ce qui, en revanche, pour- rait permettre de recueillir adhesionn d'es Russes A d'autres principles qui no peuvent faire 1'objet de com- promis de la part des puissances occidentales. > 2. New York Hierald Tribune (21/3, 6dit. europ.): < Ce que cherchait tout sp6cialement M. Bidault, c'6tait de faire approuver un plan francais aux terms duquel serait accord A la France un certain pourcen- tage de la production allemande de carbon, cette allo- cation 6tant garantie par les clauses du trait de paix lui-m6me. C'6tait la .deuxi6me fois en trois jours que M. Bidault avait pr6sentz la demand francaise et, pour le deuxi6me jour cons6cutif, M. Ernest Bevin, ministry des Affaires BtrangBres de Grande-Bretagne, a refuse de se laisser circonvenir. Les n6gociations, de ce fail, out about A une situa- tion assez curieuse, qui est presque aussi compliquee que l'ensemble du probl6me allemand lui-m6me. En principle, tout au moins, les qualre grandes puissances se sont mises d'accord pour r6aliser 1'unilb 6conomi- que de l'Allemagne. Elles se sont mises d'accord jus- qu'A un certain point pour cr6er des administrations centrales. Et A un degr6 moindre, elles pensent que le niveau de l'industrie allemande devrait 6tre :relev6. Mais IA cesse l'entente. Avant que ces trois points aient fait l'objet d'un accord definitif, les Russes in- sistent pour obtenir de l'Allemagne des reparations plus importantes, y compris des reparations pr6levees sur la production courante et a nmain-d'oeuvre alle- mande. Les Francais, de leur c6t6, r6clament avec in- sistance davantage de carbon. Les Russes soutiennent les Frangais. Et les Francais soutiennent les Russes. Mais leurs positions s'6cartent brusquement l'une de l'autre, car les Russes d6sirent permeettre A l'industrie allemande un niveau 6lev6 de production, tandis que les Francais veulent la mainte- nir A un niveau bas de production. > III. PRESS SOVIETIQUE Revue de la press sovi6tique (iu 20 mars 1947 L'intiri t des rubriques de politique M'rangbre. qui com- prennent deux pages en moyenne, demeure centre sur la session du Conscil des ministres des Affaires ctrangeres. La politique americaine d'expansion, la lutte pour la d6mo- cratie dans Ic monde, divers aspects du problem des rela- tions internationals sont 6galement abord6s par la press sovietique qui leur consacro cependant une moindre place. 1. Conseil des ministries des Affaires dtrangeres L'Agence Taps donne un compl'e rendu de plus d'une page des rEunions du 19 mars que reproduisent tous les jour- naux. Le ton en est rigoureusement neutre. On y relive une analyse de la declarations do M. Bevin, le texte intkcral de la declaration de M. Molotov, une analyse de celle du gene- ral Marshall et, en conclusion, I'annonce que le President Bidault exposera aujourd'hui les vues de la delegation fran- gaise sur un certain nombre de questions que la discussion a soulev6es. Dans 1'analyse qui est donnee de la declaration de M. Be- vin, les appreciations du ministry des Affaires %trang6res britannique sur les changements administratifs survenus en Sarre ainsi que sur l'impossibilit6 d'accepter la proposition Bidault touchant la fixation des exportations allemandes en carbon occupent chacune un paragraphe. 2. Rdunion des adjoins Le ton des comptes rendus est nettement plus explicatif. a) Discussion sur l'invitation des representants de I'Agence International des Reparations : Tass relive qu'A la premiere seance de la session de Mos- cou, M. Bidault avait relev l'opportunit6 d'examiner le me- morandum de 'Agencee Internationale des Reparations. Sur la proposition de M. Bevin, il avait etW decide de proceder h eel examen quand le Conseil arriverait h 1'Atude gdnerale dn probl6me des reparations. Pourtant, le 18 mars, apres que les ministres eurent fait leur declaration general touchant les principles economiques et les reparations, lorsque M. Mo- lotov proposal d'inviter les reprdsentants de cette agency pour qu'ils 'puissent exposer lonr point di rvue, M. Bevin s'y opposa. Apres discussion, les ministres s'accorderent pour confer a leurs adjoints le soin d'entendre ces representannl Le 19 mars, A la reunion des adioints. le dlegud britan nique, Sir William Strang, et le d6legue francais, M. Couve de Murville, declarerent neanmoins que le Conseil des ml- nistres n'avait point pris de semblable decision. M. Vi- chynsky lut alors un expos du compete rendu stenographic de la seance du Conseil qui fail clairemern ressortir qu'il avait et confi aux adjoints le soin d'entendre les repre- sentants de l'Agence Internationale des Reparations. b) Discussion sur la constitution des comites. Tass relive I'insistance de la del0eation sovi6tique pour une application strict ide I'accord de Potsdam, alors que les delegations americaine et anglaise insistent pour que la composition des comites et des sous-comites soit elargie et qu'on y joigne une quantity convenable de representants des autres puissances allies. M. Couve de Murville repete la declaration qu'il a faite hier, a savoir : que la delegation franchise est prete A ireviser et A ameliorer I'accord de Potsdam. si ccs modifications sont acceptable pour les autres membres du Conseil. M. Vichinsky s'oppose alors A toutes tentatives de revision des accord de Potsdam. c) Discussion sur les clauses politiques du traitW autri- chien. L'agence Tass relive que lo g6enral Clark a declare ne point comprendre le mot a organizations fascists a et, com- mentant la question de l'obligation pour 1'Autriche de main- tenir en vigueur les lois approuvees par Ia Commission Interalliec de Controle, elle souligne la nucessitd de mainte- nir cette clause pour le r6tablissement et l'affermissement de In democratic, ainsi que pour la liquidation des traces du fascism. En marge de la Conference, tous les journaux reproduisent 6galement des informations sur des sujets qui y ont trait. On peut releveer une note sur la situation du camp d'interne- ment de Mossburg. pres de Mun'ch, d'apres un article du correspondent du New York Times, ainsi qu'une etude sur a les menees intrigantes des hitltriens en Autriche ,. La Prauda public un article de Marinine intitule Dans la brume d, l'dquivooue l qui traite du point de vuc de M. Bevin sur les reparations. (Voir Particle plus loin.) Les Izuestia reproduisent une etude de Moran : < Conside- ration sur la democratic n, qui traite du point de vue du general Marshall sur la democratisation ide 'Allemagne. (Voir l'article plus loin.) 3. Polifique amdficaine d'expansion ITne abondante series de dep&ches Tass de longueur moyenne, sur les suits suivants : critiques faites aux Com- munes par le depute Lewis sur le bloc anglo-amnericain. la press libanaise et le message du President Truman, 'in- fluence des trusts du pdtrole sur la politique etrang6re ame- ricaine, le plan de lutte centre les partisans en Grece, raid 6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANGARE cotr l see n ariconmflse n Jao, onele contre le siige du parti communist au Japon, nouvelle, d6nominatlions ies troupes amiricaines en Allemagne. 4. La ltlte pour la democratic tdans le monde Dans la plupart des journaux, on trouve un r6sume des declarations de M. Depreux sur les niendes des rdactionnaires en France. On relive un comrmentaire ide l'Humanitg, un appel du Bureau politique du parti communist francaas. 5. Aspec,'s divers du problene dies relations international's Dans tous les journaux est public le texte de la plainte albanaise a I'O. N. U. l'o.ccasion de la violation des caux territo:iales de ce pays par des httiments italienm. a) APRtS LA DECLARATION DE M. MARSHALL SUR LA DE- MOCRATIE '(Izvestia, 20/3). q On salt ce que valent ces .considerations d'ordre g6ndral :sur la notion de d6mo-cratie, et le mnpris qu'elles cachent pour les v6ritables int6rets des peuples d6mocratiques. En fait, a la conference de Berlin, on avait trac6 la route menant a la disparition du fas- cisme, et A la d6mocrati.salion de l'Allemagne. Aussi A quoi hon se lancer maintenant .dans des speculations th6oriques quant ,aux droits a accorder aux Allemands? D'ailleurs, la definition de M. Marshall est d'un carac- tere si abstrait qu'on pent se demander quelle pourrait 6tre son application concrete en Allemagne. Faudra-t-il donner aux nombreux criminals de guerre qui se trouvent encore dans les zones occidentales la possibility de jouir des bienfaits de la d6tnocratie qu'ils ont voulu .d6truire ? Et qui peut dire que ces criminals ne profiteront pas de leur liberty pour fomenter de nouveaux complots contre l'humanit6 ? L'Histoire a montr6 que les hitl6riens s'a'coiiimo- daient fort bien de la < d6mocratie > de Weimar. Mais peut-etre est-ce pour des motifs hautement dtLmocra- tiques 'que le commandment aniricain a recemment amnisti6 .des centaines de milliers de jeunes hitl6riens. Nous avons besoin d'une strict application des d6ci- sions de Berlin par toutes les puissances occupants, et non de considerations vagues sur la notion de la d6miocralie > (MORAN). b) LE PROBLEM DES REPARATIONS A MOSCOU (Pravda, 20./3). a Le probl6me des reparations constitute aujourd'hui le point 6pincux des discussions des ministres des af- faires 6trangbres. On peut assurer sans hesitation que le programme des reparations a 6t6 sabot6 pendant toute la p6riode qui a suivi la conference de Berlin. I1 serait natural de croire que les principles 6tablis a la conference de Potsdam ont fait faillite. Cependant, M. Bevin affirme le contraire. Mais alors, comment expliquer le fait que des 6carts sensibles se sont pro- duits au course de la r6alisation du programme des re- parations M. Bevin attribue les causes des divergences actuelles A ce qu'il a appel6 < les brumes d( l'incer- titude > qui planet au-dessus des decisions de Potsdam. Pour M. Bevin, une premiere i incertitude > reside dans le fait qu'on ne sait pas encore s'il faut *ccnsid6rer l'Allemagne comme une unite &conomique ou non; cette premiere raison a beaucoup contribute f d6rtgler le m6canisme du pr6lvement des reparations. II nous semble pourtant qu'aucun doute n'est possible en cc qui concern l'interpr6tation de la decision prise a Po isanll au sujet de la realisation de l'unild 'conolni- que de I'Allemagne. Le texte de la decisionn de Postdam dit d'une facon trbs precise qu'au course de la p6riode d'occupation, 1'Alleinagne dolt 6tre consid6rke come une unite 6conomique. On peut done se demander oil sont les clauses qui paraissent << douteuses > a M. Bevin. 'roujours selon M. Bevin, le fait que 1'on ne soit pas encore fix6 sur la question des futures frontities de I'Allemagne constitute une deuxieem incertitude. On sait .6galement que les decisions .de Potsdam ne laissent aucun doute possible sur cette question; encore une fois il ne ne nous reste plus qu'A essayer de compren- dre les origins de l'incertitude de M. Bevin. Lorsque la conference de Berlin avait 61abord le plan de reparations, elle 1'avait fait dans le but de permettre aux occupants d'achever l'application du programme dans Je plus bref dlai et avec le plus d'exa.ctitude pos- sible, sans se pr6occuper d'une opinion non autoris6e. Si les decisions de Berlin n'Wtaient pas suivies a la lettre, le principle de la collaboration entire les grandes puissances devenait inutile, et la liberty& la plus com- 'pl6te pouvait r6gner dans le 'domaine des actions uni- latlrales. Si telle est,, aujourd'hui, la volont6 de M. Bevin, pourquoi son gouvernement a-t-il donned son accord aux decisions de Potsdam. On comprend que M. Bevin veut imposer son propre programme des r6partitions, mais il nous est impossible ,de comprendre pourquoi il veut nous faire croire que les decisions de la conference de Potsdam sont em- preintes d'une c incertitude n6buleuse >. (MARININE) IV. PRESS SUISSE LA CIISE BELGE ET LA CONSTITUTION DU MINISTER SPAAK. 1' Journal \de Genve ,(21/3). e Les ministries de c:)alition qui, depuis la guerre, se sont constitu6s dans p!isieurs Etats occidentaux, ne sont plus renvers6s par le Parlement; ils se dcom- posent d'eux-mnmes. Ce phinom6ne, df A la discipline que manifestent les parties, montre que le systume par- lementaire ne fonctionne plus comme autrefois. On peut le regretter, car la rigidity des parties empAche le libre 6panouissement des courants d'opinion : la d6mocratie fonctionne ainsi come une m6canique et la personnalit6 est 6touffc6 par le group. Quant aux coalitions h6ttrogenes, elles sont utiles et meme necessaires dans les p6riodes de crise, lorsqu'il s'agit de prendre des measures de salut public et que le gouvernement incarnant totes les tendances done ai pays 1'exemple de la discipline national. Mais, en temps normal, si elles sont samples, elles prAsentent de nombreux inconv6nients, car, paralysfes par les com- promis incessants qu'elles doivent r6aliser entire leurs divers l66ments, elles ne peuvent poursuivre une action vigoureuse et continue. Associer ensemble.des lib6rau- partisans des liberties Aconomiques, et des communists, r6solument 6tatistes, c'est marier la care et le lapin. I1 arrive fatalement un jour oil le desaccord eclate; et il 6clatera toujours, car la population, lassie par I'apathie nu ponvoir ex6cutif, exprimera son mrcon- ten cniiienl. BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 7 C'est ce qui vient de se passer en Belgique. Les inoi- dents de rue provoqu6s par les anciens combatants, irrit6s au sort qu'on leur faisait, la gr6ve du commerce bruxellois ont donn6 le coup de grftce au minister que dirigeait M. Camille Huysmans, oft si6geait des socialists, des liberaux et des communists. Pour reconstituer un gouvernement, le prince-regent s'est adress6 A M. Spaak. Celui-ci, qui a de belles qua- lites d'homme d'Etat, avait, il y a plusieurs mois dejA, condamn6 les combinaison.s trop 6troites; il 6tait parti- san d'une entente entire les deux plus grands parties : le parti social chr6tien, qui constitute le group le plus fort, et le part socialist. Apres les conversations pr6liminaires qui r6v6l6rent, de part et d'autre, un d6sir d'entente, M. Spaak puit for- mer son cabinet; il aurait voulu y associer les liberaux et les communists, mais leur refus ne l'empeche point d'aboutir. Son gouvernement tripartite comprendra neuf catholiques, sept socialists et deux technicians. Ainsi, le pays possddera un ministbre solid; il aura fal- lu dVux ans pour arriver a la solution la plus raisoa- nable >. (RENP PAYOT). 2 La Tribune de Geneve (20/3). B Dans le pass, les experiences de collaboration entire catholiques et socialists ne furent gubrent he:- reuses. Pourtant, apris la rupture de la coalition des gauches et 6tant donn6 le rapport des forces au Parn element, la combinaison bipartite mise sur pied par M. Spaak repr6sentait l'unique et derniere solution pos- sible. En .cas d'echec, 11 ne resterait plus au prince Charles qu'A signer l'ordre de dissolution et i recourir A de nouvelles elections. Or, avec leur slidee bon sens, la plupart des Belges se dissent 'qu'une consultation po- pulaire entrainerait une perte de temps et un gaspil- lage de forces qui ne pourrait que nuire A la grande ceuvre de reconstruction a laquelle il: s s snt atteles de tout coeur >. (PAUL Du BocIIET.) S. P. 1. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009 |
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