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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00061
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D'INFORMATION LA DOCUMENTATION FRAN(Q DIS RES ETRANGERES
(MINIST&RE DE LA JEUNESSE, /'
DES ARTS ET DES LETTRES) m EVI 'INFORMATION
\ "3 (?1V E PNRESSE
Direction de la Doccumentallo nEss
14-16, rue Lord-Byron, Paris 8').



BULLETIN QUOT IEN


DE


PRESS


20 mars 1947.


ETRANGERE

Nouvelle S6rie No 623


SOMMAIRE


PRESSE BRITANNIQUE.
a) Les Iravaux dre a Colf ernce de Moscou.
1. Daily Telcgraph (20/3).
2. Daily Herald (20/3).
3. Manichcster Guardian (19/3).
b) La paix dans le Pacifiquc (Times, 20/3).

II. P1,ESSE AMERICAINE.
() Les Etats-Unis ct Ies trails de paix avcc I'Alle-
magne et le Japon (New York Herald l'riibue,
19/3).
'b) Apres la declaration tie MI. Marshall siir la (lieio-
cratie (Washinglon Star, 18/3).

11. -- I'-ISSE SOVIIETQUEi.
La dlenocratisation de !'Allemagne (Pravda, 19/3).

IV. PIriSSE 1'OLONAISE.
a) La Conf6rence de Moscou (Gazela Polska, 20/3).
b) Le proces de Rudolf Hoess, ex-'coi'mandIant ldu
camp d'Ausschwilz (Zycie Wtrsztaiy, 18/3).

V. I'EiSSiE SUISSE.
Le probl6'm dtlnograpliiqu e allemand cl le project
Bidalull.
1. Tribune de Genetie (19/3).
2. Nlliontl Zeilung (19/3).


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de Ia press briutnnitque dt 20 ilmars 1947

La pressed, du joiusr sc conecntre sur les prol)lbil,'s colno-
miques. Lc Times, Ic Manchester Guardian, Ie Dai'l T'ely.
UrIph,l It' News Chronicle donnent une imiportanlce parli-
culire all dtbat de poliliquc 6cioniiquc qui s'est tddrould
hicr it la Chainbre des Lords et au cours duquel le part
liberal a vivement critique le nilanlque de cohesion de la
politique gouverinementale ainsi clqe << son impr6voyance
notoire ,. 11 a, en outre, faith porter ses critiques sur le


Livre Blanc 6conomiquc pour 1947 dans lequel il s'est
refused it voir I'annonce d'lune politique efficace.
Le Daily Express ct le Daily Herald annoncenlt cn iman-
chette que de nombrcux prisonnicrs allemands pourrout
obtlnir la nationality britannique.
Le Daily Express announce en prcmiirle page q ue le gou-
vernement britanniqu'e a decided d'iinportcr avant 1'hiver
prochain 3 ,millions de tones de charboni aimericain.
Le Daily Graphic announce, par aillcurs, I'importation
iimmdiatc de 11 millions de tonnes de viande.
En outre, hl Grande-Bretagne va lierr dans trois senmaines
50 inillions de lives sterling de l'cmprunt qui lui a et6
accord par I'Aimriquc il y a huit Imois.
Au sujet de la motion travailliste contre la conscription,
Ic Daily Worker announce une d6tnma'rcihe faite par lc groups
des parlementaires au'prts idu Premier ministry, ceux-ci 'ont
averti qu'ils rcfuscraient leur confiance i MI. Alexander.
La chronique cxtdricure cst surlout dominic par la con-
firence de Moscou, les questions frangaises, notamment la
menace d'une crisc gouvernemlncntale, fout l'objet d'artilces
plus ou moins longs' mais toujours publics en bonne place
dans lv Tinmes, le Daily Telegraph, le Daily Worker, Ie.
Newts Chronicle.
De son c6iI, Ie Manlichester Guardian public le premier
article tl'une series relative ait 'avenir du Maroc fran'ais.

1) Coinfdrence ie Moscou
Les travaux tie la conference de Moscou donllnnt lieu A
d'importants articles dans le Times et It Daily Tel'eraph.
'ous lcs deux nmttent en vedette les declarations de AI. Be-
vin, mais landis quii 1ir Times insisle sur tout sur le passage
dc ccs declarations oil .I. Bevin accucille avec plaisir I,
d6sir manifested par M1. Molotov de voir reliever lc niveau
de la coiiinuiiaut allcemande, le correspondent diploma-
tiqtce du Daily l'el'yraph met en relief 1 ferine decision
de 1M. Bcvin de ne pas abandonner le conlrole britannique
de la Iuhr jusqu'it ce qu'ail eid ,tabli It contr6le quadri-
partile de toutes Ics industries allemandes.
Le correspondent du Manchester Guardian, pour sa part,
insisted sur les trois refuse exprimi s par 31. lBcvin, le premier
sur la denmande tie reparations russes, le deuxiihe s'ur le
contr6lc quadripartile ie la Rulr, Ic troisimine sur I'aboli-
tion de la fusion des zones anglo-aimlricaincs.
W.-N. Ewer, dans le Daily Herald, resumne les d6elara-
tions ie 31. Bevin et insisle stir la ndcessitl d'une icono-
mie allemande dquilibric ct d'un allegement du fuardeau'
que l'occupation fait peser sur le contribuable britannique
(voir P'article plus loin).
Sclon lc correspondent du Tim'es it Moscou, on aspirerait
a in rapprocliement sensible des difflreuts points d imais 1'dprcuve cssenticlle reste it surmonter. Les ministries
ne sont pas encore sortis du stade des declarations g6ndrales;
ils n'osent pas encore prendre de dCcisions ni mmne prd-
ciser des questions qu'ils devront trainsmettre pour 6tude
it leurs supplants. Mais, certainement, Ics d6bats semblent







i BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


ouvrir des possibilities d'accord alors qu'auparavant 1'Est
et I'Ouest ne parlaient pas la Imme langue.
M&me optimism nuance dans le Mmanchester Guurdian.
Al. Werth croit qu'on arrivera < La quelqucs realis.dtionii
positives hien qu'i! ne puisse pas <'n donner 1'tclndue
cxacte.
Un autre correspondent h Moscou de cc journal, ain;i quc
les correspondents du News Chronicle et du Daily worker
mettent en vedette les paroles relativement conciliantes de
SM. Molotov apres 1'expos6 des points de vue britannique,
francais et amnricain.
2) France
Le Times rend compete, sans les commenter, des decla-
rations de M. Ramadier et de M. Duclos au sujet de l'Indo-
chine. Selon lui, attitude des communists aura des cons6-
auences imprdvisibles, i ceux-ci, cependant, seraient d6ci-
dds a tout faire pour ne pas entrer dans opposition ,.
La decision qu'ils ont prise de s'abstenir dans lo vote
de confance, permet an correspondent du Times de croire
qu'ils front tout leur possible pour maintenir la coalition
actuelle.
Le Daily Telegraph public en premiere page el ave, u'inr
photographic de M. Ramadier, un article de son corres-
pondant parisien intituli : < La crise ministdrielle sur le
probl6me indochinois est 6vitie ,. x Les communists
rompent le pacte de coalition, It attribue 4- des raisons
tactiques ]e d6sir des communists de ne pas cntrer dans
l'opposition, et pense que tous les parties franuais se discr6-
diteraient si M. Bidault n'avait pas un gouvernemcnt pour
le soutenir pendant les n6gociations de Moscou.
II est a remarquer que la plupart des journaux publient
une dbpeche Reuter annon.ant qu'rn avion special est A la:
disposition de M. Bidault au cas oil oelui.ci devrait re' cnir
d'urgence i Paris.
Le News Chronicle reproduit une ddepche Rhutcr annoiwali]t
que le deficit de la balance comlnerciale de la France s''l ive
i 450 millions de livres sterling.
3) Gricr
Le correspondent du Times it Washington announce quc
la .Commission des affaires 6trang6res de la Chaimbrc des
reprdsentants commencera demain une discussion du project1
d'aide A la Grkce et i la Turauie. Selon ce crrespondjanl,
il est impossible de savoir combien de temps dureronm ces
dibats.
Le problkme fundamental que .soulcve la question tgrcque
sera pour les Etats-Unis de fixer dans quelle inestlri ils
peulvent, en tant que grande puissance, prendre d'aulril"
des measures propres a assurer Icur security.
4) Allemagnce
Le Manchester Guardian done une certain importance
aux declarations du Dr Schumacher sur le project d'une
representation des quatre grands parties allemands qui
dinettrait son opinion sur les decisions prises it Moscou.
Par ailleurs, il announce la creation d'un nouveau parti
allemand ie parti ddmocratiquc allemand au sein duqu Irouvent r1unis le parii d tmocrate liberal, Ic parti demo-
eratiquc libre de la zone britannique ct l parti d6inucra-
tique popgllaire de la zone amuricainc. < L'union des trois
parts, 4crit cc correspondent, est symptoinatiquc dt la
forte tendance actuclle en faveur de I'uniti allemande >.

5) Chine
Le Times et le Manchester Guaxdian annoncent que les
troupes gouvernementales se sont ciniparies de Yenan, capi-
tale politique des commnu'niste" chinois.
Le correspondent du Times fiait remarquier que la ville
6tait d6serte au moment oil les troupes chinoises *,ont
entries.
6) Japon
Le Manchester Guardian public uu article de L.indgriige
sur le Japon oil il signal la surprise que lui a cause la
bienveillance du peuple japonais A 1'6gard des forces d'occu-
pation.


Le Times, do son c6ti, fait etat de la sympathie qu'ont
suscitce les paroles prononcecs par Ic g6ndral Mac Arthur,
le 17 mars, A Tokio, dans lesquellcs il a reclam6 une
prompted signature du trait japonais,

7) YouUlosl hie
Le Daily Worker announce que les Etats-Unis ont refusA
d'envoyer en Yougoslavie les 100.000 tonnes de bid neces-
saires ia viter la famine, ainsi que les cargaisons de ponimnes
td terre qui avaient itd coninandCes par 4o gouvernement.

a) LES TlAVAUX DE LA CoNFi BENCI,; c 1)E MSCOU.
1, Daily Telegraph (conservateur, 20/3) :

Le conseil des sninistres des Affaires etrangeres
siege maintenant depuis 10 jours. On n'a pas encore
fait allusion au trait de paix avec I'Autriche et la con-
clusion du trait ide paix avec I'Allenaignc sensible encore
Oloign6e.
On espere, et en particulier M. Bevin, que lorsque le
moment viendra de r6diger le trails de palx definitif,
les ministres auront travaill6 beaucoup mieux qu'ils
lie le pensaient et que leur tLche consistera surtout i
confiliner ce qu'ils auront decide au course kdes debats.
A mon avis, la question vitale de la Conf-rence est
la suivante : l'Union Sovictique eniploie-t-elle des
nioyens dilatoires pour cinpecher la conclusion ,d'un
Iraite de paix avec l'Alleniagne et surtout 1'examnen du
trait avec I'Autriche qui doil impliquer le depart des
troupes russes dde cc pays?
Jusqu'A niaintenant le conmporleinlct de M. Molotov :i
la Conference n'a pas et6 Lr's clair ct ii a conimnis
plusieurs erreurs tactiques. 1I slemble incapable !de co-m-
prendre que les Britanniques sont prets a r6pondre avec
des documents a l'appui h toules les attaques, bien que
l'Union Sovi6tique ne soit pas disposee A repondre ni
a donner des informations doni clle dispose de toule
evidence.
M. Molotov semble s tr'ouver sur un terrain mlou-
vant et il parait 6tonn6 par la force morale ct 1'effica-
cit6 dialeclique 'des Etats-Unis et de la Grande-Bre-
lagne.
En gros ii semble que li Russie soil obligec de fair
attention ct on ne peul pas inmconnailre I'etrct du tIis-
cours ,du Ipresident Truman sur I'attitude sovi.lique. 11
est just de dire que'les mninislres onl beaucoup appris
depuis le premier conseil des ministries des Affaires
ilrangures qui a eu lieu a Londres en 1945 et la Russic
ne joue nullement un role preponderant au Conseil daiis
sa propre capital >>.
(HElBunTr ASIILEY).
2. Diily Herald (travaillisle, 20/3) :

< Tandis quc se poursuivent les discussions des mii-
nistres des Affaires 6trangircs sur les problmeics eco-
noumiques, on a 1'impression que les Russes se Irouvent
en presence .d'un dilemme.
Ils sont profondement attaches a la conception d'une
Allemnagne unie 6conomiquement et politiquement, ct ils
se rendent compete de la necessit& pour l'Allemagne de
se suffire A elle-mnme.
Mais en raison de l'extreme difficulte de leur propre
situation 6conomique, ils 6prouvent un besoin doses-
pere de tirer le plus de reparations possible de l'Alle-
mnagne et ils veulent 6viter autant qu'ils le pourront
d'avoir a conlribuer au redressement de celle-ci.
C'est 14 l'essentiel de tout le problime >.
3. Manlchester Guardian (19/3) :

< On est maintenant bien engage dans la question
allemnande A Moscou. Les quatre grande puissances out








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGIRE


expos leurs th6es principles, et les 'divergences qui
opposenl I'Orient et 1'Occident sont maintenant claires.
Elles ne seront pas surmon'tdes rapidement. En effet,
cc que demand la Russie c'est que les Allies payment les
reparations qu'elle demand. Bien entendu, elle ne pose
pas In question aussi brutalement. Ce sont les Allemands
qui sent supposes payer, mais 6tant donn6 que la
Russic no permettra pas aux Allemands 'de vivre autre-
ment que sur les importations de vivres faites .aux frais
de 1'Angleterre et des Etats-Unis, le resultat sera le
m&me. Une telle position. ainsi que les trois allies occi-
dentaux 1'ont fait remarquer, est inadmissible. Si la
RRssie desiree recevoir l'aide de ses allies, elle doit la
demander d'une fagon franche; la solution 6vidente
r6si.de dans un pret consent par les Etats-Unis.
Les besoins auxquels la Russic dolt faire face pour sa
reconstruction sont bien connus, et it est bien comprt-
hensible qu'elle cherche des secours A l'ext6rieur pour
les satisfaire. Mais ce qui serait injustiflable, ce serail
qu'on lui permoette de reconstruire sa propre Iconomie
aux d6pens 'de 1'Fconomie de tous ses voisins, et en
abaissant le standard de vic de I'Europe.
L'cxplication semble r6sider dans le faith que les con-
dilions 6eonomiques .de la Russie out empire au course
des derniers mois et que la Russie retourne maintenant
vers une position don't elle s'est bcart6e A Potsdam.
Mais il est 'difficile d'admettre dans une question aussi
essentielle que M. Molotov puisse pr6tendre qu'il est
Ic seul home just el qpe tous ses Alli6s sont dans
leur tort.
Mais on ne pourra parvenir A naucnn accord tant que
les Russes n'auront pas accept ce principle que l'Alle-
magne doit subvenir A ses besoins et que le contr6le'
allied doit etre bas6 sur une politique commune. Com-
ment pout-on entamer une discussion loyale sur les
reparations quand les Russes refusent des informations
essenliclles? >>.

Ib) LA PAIX DANs I.E PACIFIQUE (Times, 20/3) :
< Le plaidoyer prononer lundi dernier par le gen6-
ral Mac Arthur en faveur d'un trait de paix rapi'de
avec le Japon resume les conclusions djh foormulees
dans ses derniers rapports sur l'occupation allioe.
Le point de vuce du general Mac Arthur, fond sur
une cslilialon des besoins actuels du Japon et des exi-
gences de la security international dans l'avenir, 'de-
mande it tre consid6r6 avec sympathie et respect dans
tout le Commonwealth britannique.
La Grande-Bretagne s'est depuis longtemps prononcee
en faveur de la conclusion rapide d'un accord g6ndral
pour 1'Extrnme-Orient, accord don't une paix formelle
avec le Japon doit constituer une parties essentielle. Leo
Dominions, A 1'association desquels la Grande-Bretagne
attache ]a plus haute importance dans ce genre de rA-
glement, .onl recemnment exprimb des avis semblables.
On peut grandement esp6rer que cette united de vues
en faveur d'un rbglement rapid 0de la question japo-
naise se r6evlera assez forte pour permettre de surmon-
ter les difflcult6s qui ont jusqu'a present r6duit A rien
les efforts de la Commission d'Extr6me-Orient pour par-
venir a un accord sur la politique allies. On devrait
examiner en premier lieu la proposition a.mbricaine
d'un pacte destiny A emp&cher une nouvelle aggression
japonaise; dans le cas du Japon come dans celui de
l'Allemagne, la n6cessit6 d'emp6cher une aggression
est essentielle et prime toutes les autres. La deuxieme
chose A faire serait d'essayer de fixer par un accord le
niveau auquel on permettra l'in'dustrie japonaise de
s',lever. Quand ce r&sultat aura 6t6 obtenu, toute la
production d6passant le montant r6serv6 aux besoins
inunmbdiats du Japon pourrait constituer la base d'un


plan transitoire dde reparations. Il sera difficile, en
cffet, de s'accorder sur un plan ddfinitif de reparations
plant que la Russie s'opposera A voir inclure dans le
montant 'des reparations les avoirs japonais A 1'6tran-
ger. Mais la n6cessit4 d'arriver A -un reglement g6n6ral,
se fait ,maintenant sentir A un tel point que les Allies
doivent redoubler d'efforts pour parvenir A une entente.
La paix dans le Pacifique, tout comme 'avenir du peu-
ple japonais, depend de la suite qu'on donnera aux
conseils de ceux qui, comme le gn6rral Mac Arthur et
le Dr Evatt, sont A meme d'apprcier l'urgence de cette
n6cessite >.



II. PRESS AMERICAINE



Refvu de &e presspe ammicaline dr( 19 mars 1947

1. La Confirence de Moscou

Les correspondents mettent surtout en valeur la rdponse
faite par le gidndlal Marshall a la demand sovi4tique de
reparations allemandes. Ils considbrent la rdponse du g6nd-
ral Marshall come negative. Los correspondents du New
York Times, du Washington Post ot du New York Herald
Tribune mettent bgalement en valeur intervention id
M. Bidault qui s'est opposed A l'Adlvation du niveau de pro-
duction industrielle allemande, en particulier de production
sid6rurgique. Ils relbvent tous que M. Bidault pose comme
condition premiere de tout trait avee I'Allemagne l'obli-
gation pour celle-ci de livrer des quantitWs d6terminees de
charhon aux pays allies. Ils remnarquent que la position
francaise n'a pas dbvi6 depuis F'entrevue que M. Bidault a
cue avec le gendralissime Staline. Le correspondent du New
York Times note que M. Bidault a sugg6erb galemelnti gut
l'on envoio du carbon allemand pour servir l'industrie sid&-
turgique frkntaise au lieu d'envover le mineral de fer
francais h 1'Allemagne pour qu'elle le transform en acier.
,Un editorial du New York Tines et un editorial du Phila-
delphia Inquirer sont consacr6s aux demands sovidtiques
de reparations. Tous deux estiment que l'Allemagne ne pour-
rait livrer les reparations a la Russie que si elle tait
reconstruite gLrce a des aspports de capitaux am6ricains et
quo le montant de dix milliards de dollars rde reparations
demand par la Russie 'ne pernettrait pas l'Allemagne
d'exporter suffisamment pour lui donner la possihilit6 de
rembourser ces capitaux. Ce serait en fin de compete 1'Amb-
rique qui verserait des reparations A la Russie. L'editorial
du New York Times conclut en disant qu'en d'autres terms,
ce que la Russie propose en fait, c'est que toute 1'Allemagne
soit organis6e pour travailler pour la Russie pendant une
generation et que les autres allies non iseulement aban-
donnent leurs propres reparations, nais qu'ils investissent
de nouveaux capitaux en Allemagne au profit de la Russie.
Le g6ndral Marshall a rejet6 carrdment cette proposition hier
au nom des U.S.A.. Si IM. Molotov insisted pour obtenir
I'acceeptation de son plan, les perspectives d'accord h Moscou
Iln sont pas brillantes.
Le correspondent du Phitfladelphia Inquirer h Moscou est
seul a rapporter qu'une entrevue secrete a eu lieu entire
Staline et le general Marshall
Une d6pache de Moscou au New York Times 6tudiant les
diverse opinions qui se manifestent au sein de la ddl6gation
amnricaine A l'egard du probl6me de 1'Allemagne note que
la majority de cette dlIdgation se rallie aux idcs ,du general
Clay et de M. Murphy de restaurer tout d'abord 1'Allemagne
pour en faire une d6mocratie occidental. L'article ajoute
que cette politique, cependant, entraine I'opposition d'une
minority de la id61lgation qui pense que &l m&me effort
devrait rtre fait en France, afin d'appuyer les parties aux
ideaux politiques occidentaux par une aide .conomique et
technique qui coutrihuerait A la d6faite du communism
dans ce pays. La difference entire les deux groups porte
sur la question de savoir oa les U.S.A. ont-ils le plus de
chance de gagner leur lutte pour l'avenir politique de l'Eu-








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGBRE


rope occidetale : en Allemagn6 on en France ? Les vues de
la majority de la d61dgation, d'apres cct article, seraient
que l'Allemagne peunt Ltre conquise ht I'idtle dlmocratique.
Les vues de la minority* seraient, par centre, que 'alliance
future de l'Allemagne tt I'Union Sovi6tique est historique-
ment inevitable et qu'il vaudrait, par consequent, inicux
fire porter les efforts anmirieains sur la d&imocratie fran-
gais-. Cette minority pcnse igalrement qu'appluyer l'Allemiiagie
risque de jefer les Franqais << dans les bras td l'tlnion
Sovihtique >> Cet article conclut e'n .remarquant q('une
France communist pourrait entraincr une Espagnet cominu-
nisle ct qu'ainsi les poles occidentales dte Mlditerranec
seraient f'crmi cs .

z. Affaire grecque
L'administration a pr6scnt6 hier son proetc de loi d'aide
h la Grece ct la Turquie. I1 prdvoit que Ic gouvernimnunt
amnricain pourra utiliser 400 millions de dollars a itre tde
e enmprunts I cr6dilits ou d d(lons ii pour venir en aide a ain
(;rce et a la Turquie ct qu'il pourra envoyer ties experts
gouvernementaux civil ou militaires < ayant un riAli con-
sultatif sculemcnt ,. Les commissions int'vress6cs du Congris
commenccront d6s aujourd'hui la discussion de ce project dct
loi. La presse reprind longuement les declarations des s6na-
tcurs Vandenherg et Connally faites an Sdmnat hier. qui ont
critique l'inititive p'iso ipar le Pr6sident du Comitit direc-
tour dui part d6miocrate (signalde dans W\P 2158).
Tons les correspondents tde Washington annonccnl t envoi
prochain d'une flotte americaine composic d'un porte-avions,
de croiseurs et de destroyers on AlCditerranne. Celte cjr'isi&re
Iouchera les pots green t les ports turcs des Dardaiielles,
ninsi que I'Egypte. La dcisinn d'envoyer cctte flotte aurait
6t6 prise par le ministry dce la Marine avant le comnmence-
ment de I'affaire grecque.
Les article's des revues U. S. News ct W'orld Report, ainsi
que I'cditorial des journa.ux de la chain Scripps-Howar'd,
consacres a la nouvelle politique anmiricaine priconiste par
Ie P'csidcnt Truman, s'accordent in reconnaltre .que la poli-
lique d'anpaisemnent ct de compromise d'avant gucrre a ahouti
finalement I Pearl Harbor et qu'il est dans l'intrett ties
I. S. A. do ne pas adopter une politique semblable h I'6gardt
de la Russice, si l'on vcut, disent-ils, eviter un nouv\eni con-
flit. Ils consid&rent que la nouvelle politiquc amnricaine
entrainera d'mnurines charges pour les contribuables amicri-
cains et qu'il sera indispensable pendant de longue.s ann'es
de maintenir 'organisation militaire, naval et adrienne
amcricaine a un niveau sup6rieur h celoi d'avant guerre.
L'6ditorial des journaux Scripps-Howard dit notainment
iquc la politique n'a pas cmpech6 les guerres avec I'Alle-
maguc et le Japon. Elle n'a pas permits aux Etats-Upis d'ob-
tenir la cooperation de la Russic. Les concessions aux So-
viets ne font qu'encourager de nouvelles revendications irrai-
.onnal)les, faiths an d6pcns des opeuples plus faibles. Le pro-
graimme du President Truman cherche .A contenir ]e comnmu-
nismce h Iin'tiricur de ses fronlieres actuelles. La signifi-
cation essentielle de la proposition prisi.denticlle est qu'unt
fois que les Etats-Uinis scront engages a soutenir cctti poli-
lique, ils devront la conserve. Elle devra itre suiviec jiu.squ'hi
cc que la question ait mtc liquid6e de savoir si la idmo-
cratic ct le communism peuvent vivre ensemble ou Si l'un
ou I'autre doit Etre tdtruit. It cst inutile, conclut I':r ticle.
de croire qu'il existed une autre fagon d'en sortir.

3. Le Bite
Tons les journaux signalent la monte des coors du bil' aul
macch& de Chicago. I1 aurait attcint le prix de trois collars
cinq cents le boisseau, chiffre qui n'aurait pas ite enrigistrA
depuis le 9 mai 1917. Les articles soulignent que cc, course
est en augmentation d'un dollar pour cent sur celui det mois
dr, janvier dernier.

I. Les noniellese tde France

La pi'esse announce l'fleetlion td M. IMonntirville ani posted
tie Pr6sident du Conseil de Ia RCp1ublique sans fire d( con-..
mentaires.
Un article de Paris public par le New York Times signal


les dbhans a I'Assemblce national au sujet de 1'Indochinc
I1 est inti(tul : a Le gouvcrnement frailgais n'offrira pas
de fire lai paix avoc le rgJime vietnnamien acluel .
Une d6ptche U. P. reprenanl une ianformalion .de Eatliange
T'elegr.l:rph etpubliec parT le Wlashilllon Post d6elare qu'un
s'attend a cc que M. Ramadier donne sa admission a la suile
dle 'opposition que lui a mannifeslhe lI group cominuniste
alins Ie dChat sur lInltldclinc.


:I) LES U.S.A. ET i.LE.S T'iAITI:S Dn PAIX AVEC L'AL.,EMACGNI.
WI' LE JAPON (Neo, York Herald Tribn:l;, 19/3) :

< Au Japon et en Ailemuagne, les problimes fonda-
ineniaux sont similaires. Le fail que le general Mac
Arthur puisse les traiter i Tokio dans des conditions
qui semhblent sur bien des points en 'ontra.diction tla-
grante avee hl polilique que Ic ge6nral Marshall pour-
suit I Moscou, et clue le president Truman prbconise a
Washington, suffit i montrer qu'en annt que nation, nous
sonimes loin d'avcir d6couvert des solutions d6finitives.
Le .itpon et I'Al!emagne ne peuvent vivre que grace
a Lne activilC industrielle intense et A des changes
connmerciaux avec leurs voisins, inais ii est 'difficile de
voir comment les allies peuvenl le clur permettre sans
laisser se r6tablir du minme coup leur ascendant sur
I's terriloires avoisinants.
Les nombreuses a solutions >> prieonisCes sont par-
liales et en g6n6ral contiraliceoires. I'ne division du
lerriloire n'aboutirail qi' la I cvbation de regions moins
viable que les territories actuels. Un contrble impose'
pourrait pendant longtenips empecher la restaurati:an
-'le I'industr:e el .du potential de guerre, mais ne per-
melranit pas de r6soudre completement le problem. Si
l'on aulorisnit In er6alion 'd'une puissante industries de
paix. Les Pusses semblent plut61 favoriser une reprise
deonomique, niais desirei'aient (Iu'une bonne parties
sinon la totalilt de la production serve dtic reparations.
L'exp6rience protuve cependanl que cctte solution esl
peu pralique. L'OccidenI a souvenl insisted sur une << dC-
inmocraii.;ation >, el sur unle < rciducation ), mais cette
libse ne perimet egalement qlue dtes espoirs incertains.
i'autre parl, si lia < diimocralisation >> est primiti-
venient conCue dans le but d'ltablir le genre 'de regime
qui stra favorable a notre polilique el iL nos interbts,
ce programme se heurlera aux dissensions profondes
ldes politiques et des intbrels des nations victoricuses.
Saui dans les regions oil la Russie oi le s nations occi-
ilenlales ne srolnt pas virluellement les scules a exerrer
le control, la < dinmocralisalion > ne signiliera prali-
(tolueent rien d'aiulre qu'une :ilpre iulle entire Ic com-
lnunisine et les faibles notions du gouvernenenlt popl-
laire (qie nious avons coinnicne i ilnpl:inter.
El cc no serail pas it uine situation que nous pour-
rions sitmplcenient porter devani I'O.N.U. et don'tt nous
pourrions nous dtsinl6resser ensuiile.
Voila certain points essenlie's (qui se (dlgagcnt de ia
conlf'renee du general Mac Arlhur aussi bien que des
propositions de M. Mololov concernant l'Allemagne, et
de l'insistance de M1. Marshall pour faire respecter la
democratic et les decisions de Potsdam. Les solutions
r6elles front sans nul doute une grande place aux
compromise, miais la participation de l'AmCrique dans
ces compromise n'aura gu6re de valeur ci elle ne s'appuie
pas sur une ferme politique concernant les questions
f'nndamentales telles que le potential industrial que nous
ponvons antoriser, le montant des subsides que nous
pouvons fournir, I'itcntlii du crcnlro!e que nous vou-
lons ap)pliquer, la grandeur de I'cfrort que nous gallons
entrcprendre dans Ic domaine 6ducalif et la nature des
garanties que nous devons demander A la Russie >.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGkRE 5


b) APRES LA IBCLARATION DE M. MARSHALL SUR LA DE-
MOCRATISATION (Wa(.shiiin.r!on S (r, 18/3)

< Dans un effort pour 6claircir I'nlmosphbre ct pour
arriver 5 un accord sur le sens des Inots, Ml. Marshall
a fail connailre an monde cnier, ct en particulier a
la Russie, ce quc les Ainuricains veulcnl dire lorsqu'ils
parent de democratic. Nous etlendons par Il que les
,Ires humains ont certain droils inaliCnables. Nous
entendons par lit que chatlue individu, lant (qu'il ne
porte pas prejudice A ses conciloyens. a le droil de
cultiver son esprit et son Ame conimme bon lui semble,
libre de toute crainle et tde oute niVsurc tie coercition.
En presentant sa definition A la Conffrence de Mos-
cou, M. Marshall faisait surlout allusion A I'Allemagne,
mais il est evident que ses paroles sont dcslin es au
monde entier. Elles sont destinbcs h rendre parfaile-
ment claire pour la Russie noire interpr6lation des so-
lutions << d6mocratiques >. 11 rest maintenant aux Rus-
ses a donner leur propre definition. Une d6claralion
officielle de leur part sur cell question servirait au
moins hL indiquer s'il y a un espoir quelconque de c n-
cilier leurs conceptions idrlologiqucs avec les ni6res.
Dans l'6tat actuel des chose, Ic faith d'6crire Ic mot
< d6mocratie >c dans des accords, alors que nos dcux
inlerprClalions du mot sont aux antipodes, cause plus
de imal lque dic himn A nos dtiux pays. >



III. PRESS SOVIETIQiUE


Revile de Ina presse sonielique dii 19 mars 1947
Les ruhriques de politique ,trang're sont esssentiellemlent
consacrdes A la session du Conseil des ministries des Affaires
6trangares. Les autres sujets traits se rapportent au thinme
gindral de ai lutte pour la ddmocratie dans le monde, avec
une insistence toute narticulibre A l'6gard (id problmnie gree.

1. La session diI Cortscil des minisre's
des Affaires itrangilres
a) Tous les journaux rcproduisent en premiere page les
communiques de i'agence Ta.ss sur les deux receptions offer-
tes hier par M. Molotov
b) Tous les journaux donnent dgalcmenl des competes ren-
dus de l'agence Toiss de lai union dn 18 qtu'ils font pr-
edher des tires suivants : declaration de M. Bidault I pwo-
pos de i'invitation des repr6sentants de I'Ag\cen internalio-
nale des reparations a propos de la position des U. S. A.
dans la question des reparations discussion te In procedure
te preparation des traits tdo paix ovec I'Allemagn'e discus-
sion des clauses politiques du trait de paix avte i'Autriche.
L'ensemble des comptes rendus r6esrve uine place inmpor-
tante aux diverse interventions francaiscs et sans ajouter
on mot de commcntaires, faith rchsortir encore plus ncttc-
mnent ique les jours pr6cidents le rapprochement des points
de rue de la d16dgation franchise de crux de la tdildgaiion
sovi6tique.
La Pravda, I'Eloile Ronuge, Moskoisky; Bolchelnik analysent
en plus de cent lines la declaration du Presidenl Bidault.
Les Izvestia la reproduisent integralciment.
Au sujet des interventions du Prcsident Bidault dans la
discussion, Toss relive que le ministry franqais soutient la
proposition de M. Molotov, alors que le general Marshall
o fait des observations et que M1. B.vin c s'oppose 2 ce
que la parole soit donndec a ces repr6sentants, et qu'il dtablit
que la France n'a pas profit de preparation sur la produc-
lion courante, et qu'elle dolt payer en dollars ls nmarchan-
dtises qui lui sont fournies.
c) Concernant la discussion i la runiLion ) des :;l.jiinls sur
la procedure tde pr6paraiion du trailed te pe ix, P'ag:rene /Toss
signal P'accord entire les d616gations francaise et snvidlique
sur la composition des comitis permanent. Elle analyse en
un paragraphe la declaration de M. Couve de Murville, en


sonlignant qu'il fonde son point de vue sur le texte de l'ac-
cord de Potsdam. Elle diveloppe intervention de M. Vy-
chinsky 6galement fondde sur Ic texte de Potsdam et conclut
son compete rendu en marquant que M. Couve de Murville
s'est solidaris,6 dans le principle avec ile illguA sovi6liqrue.
On peut reliever deux commentaires sc rapportant L ties
sujets traits a la onfnrence :
Les Izvestia publient une note d'information sinr la renais-
sance 6conomique te la Pologne. Ils relcvent I'importance
des problbmes Oconoiniques dans la Pologne d'aujourd'hui
ct signalent qu'il aurnit fall cinquante ans pour rccons-
truiire' l'conomic polonaise an rythme d'avant-guerre. Aux
terms du plan triennal, le nivean de production d'avant
guerre, sera d6passd en 1949. Le journal signal 6galemcnt
I'importance du retour i la Pologne de ses terres de l'Ouesl
ct la r6forme agraire qui a 6t6 entreprise. Il indique l'effort
r6alis6 pour Ic redres:;cmcnt industrial, la remise des ports
en itat, la reprise, de l'agri.culture ct de la vie culturelle. Ii
cite, relevant les suces obtenus par la Pologne dans le
domain tie I'conomic, des extraits de press anglo-ameri-
caine : Manchester Guardian, Times, WIorfd Reeports...
La Pranda public un article intituli : < A prhIpos de la
democratisation tie l'Allemagne >>. (Voir l'article plus loin.

2. -- La litte ponr 'Vt ddmocralie dans te monde
a) tUne s6rie de dpic)hes Taoss de longueur moyenne sur
les divers episodes de la lutte pour la democratic dans la
monde : le process de criminals de guerre it Tirana, Ic' procis
tie Budapest (allusion rapid nux liaisons d'un agent itrangev
avec les puissances occidentales sur les lignes anglaises et
americaines) l'4lection de M. Monnerville it la Prtsid,.nce du
Conseil tid la R6puhlique en France, la hataille en Indondsie.
l'ouvcrture du premier congrbs du front populaire seri:...
b) En liaison plus on moins directed avec Ie message du
President Truman, une place trbs important est riservec
nux informations traitnnt des 6ivnements de Gr;'ee. On rcltve
pris d'une demi-pagee de diptches Tarss dans la plupart des
journaux sur les siujets suivants : champagne tie la reaction
centre les forces dmocratiques de Grec, prochaine arriveide
navi cs am6ricains en Grcce, declaration du parti des libhn.-
tcurs de gauche en Grecc, les travaux de la commission du
Conscil de sicuriti, provocations grecques h In frontier'
grco-bulgarc, La Guardia et le message de M. Trunman.

LA DEMOCRATATITION DE L'ALLEMAGNSE {PPIradc, 19/3)

< La. session du Conscil des ministries des Affaires
ktrang6res a consncr6 deux s6ances A l'examen des pro-
blimes de la d6nazification et de la d6mocratisalion
de l'Allemagne. L'imp,'rtance capital de ccs problbmes
ei les liens 6troils qui les unissent entire cux sonl Cvi-
dents. Sans dtmnocralisali'on politique et 6conomique de
la vie du people allema ndl, la transformation de l'Alle-
mnagne en un Etal dninocraliquc esl impossible. Maais
la democratisalion est impossible sans 1'extirpation du
fascism et de loules ses influences, c'est-A-dire sans
la d6nazification. Les decisions de la conference de
Berlin des trois puissances contiennent un programme
dltaill6 de d6naziicalian et de de&mocalisalion ie
I'Allemagne. I.'execution tde cc projel a l66 confit au
Conscil de contrile allib dhont le rapporl esl examine
par le Conseil des minislres des Affaires &trangeres.
Ainsi il semblerait done Avident qu'il s'agit de la veri-
fication pratique de ce qui a 6te faith en Allemagne dans
le domaine de la dtnazification et de la democratisa-
tion. Cependant, dans 1'examen de ces questions, on a
introduit de facon tout A faith inattendue un 616Ameni
th6orique > en ce sens que l'on a pos6 le pro blme de
la definition de la democratisation. Nous faisons allu.
,ion a 1'intervention du secr6taire d'Etat americain,
3M. Marshall. qui a jtg61 neccssnire dr consacrer tune
piarlie de son discours it des raison)nemenis g'6ndraux
sur la d6mnocratisation. II naus semble qu'une le!le facon
d'aborder le problime est pen conform au but A at-
toindre et qu'il est difficile de la justifier pratiquement.







6 -BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS PTRANGARE

Tout le monde sait qu'entre la th6orie de la d6miocratie Non pas qu'il faille se figure apr6s cela qu'il n'existe
ct sa r6alisation pratique, il y a tres souvent une dis- plus de divergences fondamentales entire les Quatre. II
stance 6normee. N'est-ce pas un fait que, dans la pra- y en a encore et de graves. Molotov et, pour une part,
lique, des homines sont priv6s de ces < droits inali6- Bidault, pr6conisent I'unith economique de I'Allemagne
enables don't a parl6 M. Marshall el qu'ils vivent plans el le d6veloppement de ses industries de paix, afln de
la crainte qu'on ne leur refuse le droit au travail, qu'on permettre aux Allies de pr6l'ever sur la production cou-
Ics supprime on qu'on les prive de la liberty ou de la rante les reparations qui leur sont dues. Bevin ct
possibility d'aspirer au bonheur du seul chef qu'ils font Marshall parent 6galement d'unit6 et d'extensi'on des
parties de la population de couleur et non de la popu- industries, mais its sont plut6t guides par le souci d(i
nation blanche de tel pays. De mime, la proposition reliever le standard de vie des Allemiands et de servir
th6orique du droil de 'chacun d'exprimer librement ses aussi les int6rEls des trusts .anglo-saxons qui veulent
opinions et ses convictions ne s'accorde gurec par utiliser 1'industric allemande pour eux-memes.
exemple avec la suppression du parli communiste, Quand ils se prononcent pour les industries .de paix
comme cela se passe aux Etats-Unis. II est impossible en Allemagne, Molotov et Bidault demandent en meme
de ne pas conclude que les g6n6ralisations th6oriques temps Ie contrble des Quatre isur la Ruhr, afin de ren-
sur la d6mocratie contribuent fort peu A 6claircir I'exa- forcer la s6curit6 europ6enne. Bevin, lui, en d6pit du
men du probl6me pratique et vital de la d6mocratisa- pactc de Dunkerque, ne se prononce pas du tout sur
tion de l'Allemagne. la question. Molotov propose une politique commune et
Au! Conseil des minisilres, M. Marshall so pronounce uniform vis.--vis de I'Allemagne. Marshall r6pond :
pour l'6galit6 effective des droits des syndicats. Mais, d'accord, mais a condition que les decisions soient pri-
en pratique, celte 6galit6 des droits n'est pas respec- ses la majority simple des voix, ce qui reverse la
Ice par les autoritis d'occupation amnricaine et britan- r6gle adopt6e par I'O. N. U., A savoir que les resolutions
unique qui menent une politique de division du mouve- du Conseil des Quatre doivent etre prises it 'unanimil6.
ment syndical et empiche I'unification des syndicats afin de pr6venir tout danger de constitution di blocs.
dans I'ensemble de 1'Allemagne. En ce qui concern la
d6mocratisation de I'Allemagne, la situation existent Les divergences de position vont certainement pro-
dans la zone amcricaine semblerait inliquer qu'il y a voquer encore des changes de vue animns. Les confe-
loin de la h6orie A la pratique. > rences internationals lenses jusqu'a present avaient 616
(VIrTono .) fr6quemment d6jh Icl terrain de joutes oratoires. La vo-
lonl6 dc collaboration et d'entente a cependant fini par
Iriompher. Le relour de Marshall et de Bevin aux con-
ceplions de Potsdam nouas laisse entrevoir que les es-
IV. PRESSE POLONAISE poirs des nations quant A une liquidation solidaire el
commune tdu danger allemand ne seront pas vains. >
(A. KOWAiLSKI.)
(i) LA CONFiRIENCE DE lMoscou (Ga(zel Polsik, officiuse,
20/3) :
20/3) b) LE PnociEs DE RUDOLF HCESS, VX-COMMANDANT DU CAMP
< Si i'un des buts du message du Pr6sident Truman n'Os"IECIM (AussnwirTT).
6lait d'exercer une pression sur les travaux de la Con- (Zycie VWars:zaw!, ind6pendant, 18/3) :
f6rence de Moscou, on pent conslater d'ores et tdjlCj que
ce but n'a pas 6tC atteinl. Tandis qcu' Washington des < Dij; dans sa phase actuelle ce proces devrait 6elai-
membres de plus en plus nombreux du Congrbs, (qu'ils rcr les esprils de lous ceux qui, c6dant aux influences
soient r6publicains *on d6mocrates, freinent les elans du de cerlains milieux occidentaux, admettaient que le ri-
pr6sident << atomique >>, a discussion se poursuit it dean te l'oubli pft 6tre abaiss6 sur les crimes allc-
Moscou dans une atmosphere Ielle qcu'elle a amen nin imands.
journalist am6ricain A expriimer la conviction que, La v6rit6 sur Oswiecim, la v6rit6 sur I'extermination
malgre tout et a l instar des films am6ricains, la Con- moderne, syst6mati'que, industrielle de 4 millions d'6tres
ference se terminera favorablement. humans, doit p6n6trer partout et 6branler par sa m'ons-
Les d6bats sur la question de I'6conomie allemande truosit6 ]a conscience universelle...
ont montr6 que les Quatre Grands etaient on principe La comprehension de l'essence du probleme allemand
d'accord quant A la n cessit6 de mainlenir sur ce point est plus grande chez les peuples qui ont connu I'occu-
l'nnite du pays. Voili d6jh un rbsullal Irbs important. nation allemande que chez ceux qui n'ont jamais su co
L'ulnit .cono'niqne de 1'Allemagne, come du rest son qu'clle signifiait. Pour nous, mais aussi pour les Russes,
unit politique, avail 6td pr6vuc dans 1'accord de Pots- les Yougoslaves, les Tch6ques, les Francais, les Belges
dam. L'application de cc principle constituerait sans et Ious ceux qni se sont trouv6s dans le cercle infernal
aucun doute un facteur de consolidation de la paix, sur- de l'oppression hitlerienne, it est evident que l'affaire
lout A un moment 'oii les atliscurs de guerre lient leurs ne se limited pas aux 21 condamn6s de Nuremberg ni
espoirs aux projects de division de I'Allemagne, destin6s A -quelques centaines ou i quelques milliers, ni mnme i
a contrecarrer tonte poliliquc commune et harmon cuse plusieurs centaines de milliers d'individus. Dans tous
a son 6gard. les pays, il peut se trouver une poign6e de bandits d6-
La fusion des zones britanniquc et amnricaine ,ppa- natur6s, mais aucun people civilis6 ne se laisserait
raissait aux < churchilliens > de tout acabit comme dresser par cette p'oign6e aussi parfaitement que l'a 6te
un pr6liminaire excellent A la constitution du bloc oc- le people allemand. V est ind6niable que des millions
cidental, outre que dans leur id6e le maintien dans les d'hommes se .sont soumis en Allemagne au dressage
zones occidentales d'une industries de guerre A peu pr6s hitl6rien, et cela, nous ne l'oublierons jamais...
intacte devait permettre de convertir ces territoires en De lh notre position de profonde defiance vis-h-vis
arsenal et en base de depart centre les democraties de 1'Allemagne et notre scepticisme A l'6gard des nou-
orienlales. A la lumicre ie ces mnanoeuvres. I'accorl de velles selon lesquelles les Allemands se sont djhi ame-
principe de Marshall et de Bevin sur l'unit6 6conomi- lior6s, voire qu'ils 6taient innocents dbs le d6but.
que de l'Allemagne et le retour A la politique de Pots- 'Notre attitude envers les gouvernements et les peu-
dam rev6t une importance toute particuli6re. pies n'est pas A la measure de la leur envers 1'Allemagne,








bUlALTIN QUOTIbMEN bE PRESS ATRANGiRi g


Quiconque r&ve de reconstruire une Allemagne forte ne
peut rtr'e un ami de la Pologne, de meime que nous nli
consid6rerons jamais come un adversaire celui qui
tend a juguler la puissance aggressive de I'Allemagnc.
Que ceux qui divaguent au sujet d'un bloc slave lisent
attentivenient les comptes rendus du procLs de Houss.
Ils y trouveront I'explication de la politique du gou-
vernement polonais qui dcdoule de la position simple,
logiquc, irr6conciliable et instinctive de la nation tout
entire. >>




V. PRESS SUISSE



LE PROBLFME DiMOGRAPHIilQJU ALLEMANi) ET LE PROJECT
BIDAULT.
1. (Tribunie de Genuve, 19/3).
< Dans sa d6faile, I'Allenagnc possede loujours unu
potential demographique trIs considerable. On coin-
prend que .cet 6tat dc choses inqui6te viveiment ses
voisins, don't la France, lqui vivent dans l'obsession
d'un retour offensif de I'iimpLrialisime germanique, et
qu'ils mettent coinstammnent l'accent principal sutr la
question des futures garanties de security. Bien enca-
druc et bien conduit, cette n'ormic masse huminiie,
Lirs hoinogene, consliluc une precieuse reserve de
main-d'oeuvre. Cependant il ne faut pas oublier non1
plus qu'clle comprend beaucoup d'elements que les na-
zis auraient qualifies d' < asociaux > : anciens com-
ballants ct victiimes des bonmbardements, aux nerfs coin-
pletement d6miolis, bourgeois ruins et aigris, ouvriers
d6inoralises par un long ch6mage, rifugit.s ou anciens
emigres qui ne peucven se fair aux habitudes de la
m6re-palrie, tous gen.s incapables de s'adapter aux con-
ditions nouvelles. Au contact de ces d6traques, de ces
desesperes et de ces revollts, l'Allemagne, avec sa po-
pulation L6roitement conprimeie et dis lors particulic-
remient exposCe A routes les fornies de contamination,
reprcsente, alu occur du continent, un vrai chaudron ide
sorcire.
Pour parer a cette menace latenle ct a la d6poplu-
lation don't, souffre son propre pays, M. Bidaull a
aninonc6C Moscou que la France est prete i accueillir
des immigrants allemands. Cette offre s'inspire d'un li-
beralisnlm qui fail un heureux et reconfortant contrast
avec la mientalit6 d'aprds-guerre. Cependant, 'la pre-
miere experience faile, en France m6me, avec les pri-
sonniers qui, sur les instances du gouverneinent anmb-
ricain, out W6t admis h opter entire le rapatriement et
la situation de travailleurs libres, n'a pas donn6 les
rsulltats escompt6s. La majority des int6ress6s se soul
prononcls pour le retour dans leur patric, et cela, mal-
gr6 la misere qui les guette.
En raalit, 1'6migration n'est el lie sera jamais qu'un
paliatif. La solution serait de doter la nation allemande
d'un statut qui, tout en excluant toute possibility de
rearmement, lui permettrait de se refaire une existen-
ce supportable dans ses frontieres rItricies. C'est A
quoi devrait tendre la Conference de Moscou, et il y


va du rel6venent et de la pacification de l'Europe
enliere qui, tant que subsistera le vaste gouffre creus6
par l'effondrement du Reich, faith penser a uine noix
crcuse don't les << tres grandes puissances >> se dispu-
teraient les coques. >
(PAUL DU BOCIET).

2. National Zeilutn (19/3, edition du malin).
< Un des aspects du project franiais possedq un ca-
'racltre cssentiellement positif. Le project monlre que
les Allemands ne soul pas jugs simplement propres a
faire des mercenaires dans la L6gion Etrang6re, mais
que la France est disposec it les accueillir comme ap-
point au sein de sa propre population. On n'a pas en-
core faith connaitre La quelles conditions cette immigra-
lion pourra se produire. Un premier coup d'oeil sur
les problems que pose 1'operation rC6vle l'existence
Id'ui noinbre in'fili de difficull s. Mais, d'un autre c6-
l&, de nombreux teinoignages prouvent que, mnme pcn-
danL occupation allemande, 'des soldats allemands out
pu, A litre personnel, entretenir avec des families fran-
.aises des rapports cordiaux t eempreints d'humnanit
jusqu'au bout ; inversement, des prisonniers francais
en Alleinagne se sont trouv6s bien traits, notamment
ceux qui Iravaillaient dans les fermes. Le temps est-il
reellement deja venu de repousser i l'artiere-plan le
souvenir des niaux que les nazis, par la guerre el la
terrcur out inlliges i leurs voisins de I'Ouest, pour se
souvenir de ces simple r6aliles huinaines, et niimei
pour y decouvrir des possibilities intlressant 1'avenir ?
Sails la niouvelle qui lnous parvient de Moscou, nous
In'aurions pas encore ose caresser un tel espoir. Mais il
nous parail impossible de proposer une Ielle op6ra-
tion autrement cque sur la base, d'une cerlaine bonne
volonte r6cipro.quc ; sinon, comment voudrait-on la
ilnctre en rapport avec la pression demiographiquc de
l'Allemagne, ct par suite, en attendre des effects du-
rables ?
11 ne peut inalurclleineilt dre question de perinelre
la constitution en France d'une nouvelle < colonies ger-
lnanique A 1'etranger >. Un project conmme celui de
M. Bidaull doit 6tre l6aye par la certitude que posside
la France d'assimiler celle vague d'iminigration comme
elle I'a deja faith pour tant d'autres. Cc signed est en
lui-nlmic .plein de processes pour tous les EuropCens.
Mais nous voyons 6galement ici la preuve d'une adhe-
sion a cetle idec que le germanisme, tel qu'il s'est
nianifeste dans les hordes S.S. et la terreur de la Ges-
tapo, n'est pas la resultante de dispositions immnuables
de la nature allemande et qu'il proedc de flchcuses
donn6es historiques et politiques susceptiblcs d'etre
corriges. Une demonslra1ion aussi concrete de l'ac-
lion vivante d'idees humaines sur un des principaux
hommes d'Etat europ6ens, administree au nom de la
Nation francaise, c'est un trait de lumiere dans 1'obs-
curit6 de la p6riode actuelle. Celui qui connait inti-
mement le people allemand est en droit d'admettre que
la reaction d'une multitude de gens sera favorable, bien
qu'on n'ignore pas que sous l'influence de ressenti-
mnents nationalists un nombre peut-6tre aussi 61ev6
d'Allemands se lamenteraient d'abord sur 1'6migration
6ventuelle d'une parties de la < force populaire > de
leur pays.


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009