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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00060
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S~RVtICES PRANCAtS
D'INFORMATION
(MINISTBE DE LA JEUNESSE,
DES AnTS ET DES LETTRES)

Direction de la Docuimenlulioi'
14-16, rue Lord-Byron, Paris ,81.


LA DOCUMENTATION FRAN.AISE


DES AFFAIRES ETRAN&ERES


SERVICE D'
ET A


BULLETIN


PRESS


QUOTIDI N



STRANGE RE


Nouvelle Serie


SOMMAI RE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) Les travaux de la Conference de Moscou (News
Chronicle, 19/3).
b) Le probl6me de l'energi-e atomique (Manchester
Guardian, 18/3).:
c) Lec discours de M. Altlee:
1. Daily Telegraph (19/3) ;
2. Daily Heruld (19/3).

II. PRESS AMEHi1CAINE.
a) L'entrevue Bidaull-Staline (New York Herald
Tribune, 19/3, edition curop6enne).
b) Les propositions de M. Bidault a Moscou (New
York Herald Tribiue, 18/3).
c) Vers une revision de l'adniinistratlon aux Etats-
Unis ? (New York Heruld Tribune, 19/3, edition
curop6enne).

Ill. PRlESSE SOVIITlQUE.

IV. PRESS SUISSE.
L'auenir du minister Rumuaicr :
1. Tribune de Genuve (18/3);
2. GauzOqlte de Lausunte (19/3).
V. ANNEXE.
Texte de la nouvelle prolestalion americaine au su-
jet de la situation en Hongrie.


I. PRESS BRITANNIQUE


Reaue de la presse brilutaiquc duI 19 m1ars 1947
1. Confdrence e e Moscou
L'ensemibl duc la press accord lne large place aux ddcla-
rations faites hier i Moscou par M. Bidault. Les correspon-
dants du News Chronicle et du Daily Mail les considirent
conmne Ils plus fcrmnes et les plus nettes que lc. minister
franiais nit faites sur la position de la France I l'egard de
1'avenir dcono.mique de l'Allcmagne.


Le Times leur reserve une de ses manclettes ct les resume
ainsi : < M. Bidault a exposed hier les propositions fran-
.aiscs sur le contr6le iconomiquc de I'Alle-magne. Ces pro-
positions suggerent que l'Allemagne soit oblige d'cxporter
une partli de sa production de charbon au profit des allies. >
Le correspondent i Moscou du journal porte sur ces dCcla-
rations le jougement suivant :
a a. Bidault a lu un document admirablcinent clair
qui temoignait de l'ind6pendancc cou'tumiieI des vues
franuaiscs sur le problime allcmanld, passant rapidc-
ment de I'cxposd de principles gendraux aux proposi-
tions concretes et rigoureuses destindcs A assurer Ie
respect de la justice ct de la security des allies, tout
en cherchant A accorder aux Allemands un niveaut de
vie raisonnable. MAmc quand M. Bidault sc rapproche
dcs points dc vue exposes par ses colleagues, il le fait
avec des reserves et en proposant des amendments. >

Al. Werth, correspondent i Moscou ndu Manchester Guar.
dian, dcrit de; son cotd :
o L'un des trait. les plus frappants des declara-
tions die M. Bidault reside dans le fail qu'c la France
est la seiile des Quatre Grands qui s'oppose vigourcu-
seient une E61vation du niveau de I'industrie allc-
mandc tout en ne rejetant pas l'idec de reparations
tires tie la production courante ct qu'clle s'oppose 6ga-
]caient A la creation d'organismcs allemands centraux
destin6s a 6tablir I'unitc econolnique de 1'Allemnagnc.
Sur ces dcux points, la France se trouve plus oli moins
seule.

La plupart des autres jou'rnaux pr6sentent les declarations
tle la France sous des tires caract6ristiques. Ainsi lc News
Chronicle dcrit en premiere page : a La France ne liche pas
ses demands sur la Sarre ,. Le Daily Express ecrit a Bi-
dault dit a Non, non, non s. Le Daily Telegraph :
Craintes frangaises ,.
Les journaux insistent surtout sur Ie fatl qu( M. Molotoo
a rcndul publiqucs les clauses du trails secret de Yalta sur
les reparations.
Al. Werth, dans un autre article du Manchester Guardian,
comment la visit rendue par M. Bidault au gdndralissime
Stalinc. Ce correspondent croit savoir que c'est M. Bidault
qui aurait demand i voir M. Staline, a bien que la D1d6-
gation frangaise fasse preuve d'une reserve inaccoutumde ,,.
M. Bidault aurait Btd d6sireux de connaitre le point de vue
du g6ndralissime Staline sur diffdrents points qui intlressent
vivenment la France : le contr6le quadripartite de la Ruhr,
la inesure dans laquelle les Russes seraient pr6ts A contri-
hbcr a 1'6tablisseminnt de 1'unit6 dconomiquc de l'Allemagnc,
dans des conditions plus ou moins acccptablcs pour les Bri-
tanniques ct Ics Anmdricains.
Il nc faith pas de doute quo les ralsons pour lesquelles
M. Bidault desirait connaitre le point de vuc du g6ndralis-
simc Staline reside dans le fait qu'il vouidrait savoir si la
France doit ou ne doit pas accepter les invites assez prcs-


DE


19 mars 1947.


N 622


-






^ BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


santes que lui folt les Americains de fair fusionner la zone
frangaise avec la zone anglo-amiricaine. Pour des raisons
politiques, les Francais ne sont guire disireux de s'engager
pour l'inslant. Mais de pu'issautes raisons dconomniques I's
incident ia s joindre aux Britanuiques el aux Amcricains.
L'ine des raisons les plus fortes (si ec qlue les Fran.ais
aunoncent est vrai) est qiuo les Anmuricains ont pronis d'ac-
croitre les 'livraisons de charoin ii la France sl Ics trois
zones fusionnent...
II y a d'autres questions lqu M1. Bidaull et M. Staline ont
dtl discuter tells que celle id' 1'appui que sIn Russcs
accorderaient aux dcmandes franqaises pour 1'annexion de la
Sarre en dipit des critiques de M. Molotov ct, d'aut-c part,
I'appu'i que la France apporterait a l'iMntangibilite dis t'ron-
tibres polonaises de Potsdam. Al. Werth ecrit encore :

< It 'est probable que Staline a cxlpliqu6 it M. Bidault
les raisons pour lesquelles la Russie encourageait
l'augmentatiou de la production allenande d'acirr.
Cette question est liie, du moins dans I'cspriit des
llusses et des Franxais, A la n6ccssiti d'tun conilr6le
quadripartite de ]a Ruhr. >

Enfin, sur la Confdrencc. Robert Waillhman, corrcsLpondaiiL
diplomatique dtu NAcws Clr1onic', cCrit qu'un ace drd de
principle est en vue sur tie nomhreux, points qui dcviu :dront
important si les Quatre Grands rdussisscnt un jour i tra-
vailler .conle des associds et non coniune des rivaux. MKdis
les grades questions restient intactes (mise on colnimmiin des
resources aliintetaires alleiiandcs, rdpartition d(luitlable dLu
fard,,-au financier, etablissecment d'un plang'des rdparatiouls
qui nle fauc pas de I'Allemagne un poids mort pour 1'Eu-
rope). Si ces trois points sont riglds, alors nous pouirrons
sauter de joie. iOn pet dire quc la tionfircnce a pris un
bon depart, ,naib cc W'esi qu'anu depart.

2. -- Si:uatlioit intlricitre briuanniq(llc

La pressed det cc latin doinne d'amples dtlails sur lc. doun-
llages causes a tiente coiilCs par l]s crlis de la T'n.llise,
de ia Severn et de T'Ouse. Dans c doniaine dte la poiilique
iintricure, clle accord uile cerlailne importance i. I';llocu-
Lion raidiodilf'usc du Preliiier Ministre au plcuple liritan
llique.
Lr Premier Ministre a soulignd que les difficull6s a"ctdelc-s
de la Girande-Bretagnie talent dues ii ses sacrifices pundalnt
la guerre. 11 a ajouit qvt loe Sc l movenl de 'sailtl 's une le
production ,acclru, mai'; qlie les prineipels llnmocrallqlies dui
lpa s inlerdisail d'illoser ii qui quie ce soit un1 I avail
donni il fallait que Lous f'ass'iien unl el'lorl de discipline.
Celle allocation esl la premiere d'un.0 s'rie plans laq.u llcl
SrlOlt exposes les points de vuet.dul gouv erineinclil .1 dI
I'oppositiotn.

(t) Llas 1TH\VAUX li, I, CONli iENCi: DL MlosUOU (N\I'ws
Chronicle, 19/3, liberal) :

< Nous lie devious pas prenldre trop au sirieux la
deilande brutahe de A1. Mollololv pour in sealraliol die's
zones d'occupalion britannique et americaine en Alle-
lilagne.
Le problnie tdes riparalions et les intentions 1le la
Hlussie concernant une participation 6.quilable aux de-
pens d'une Allemagne unifide constituent det questions
beaucoup plus s6rieuscs. On doit faire coilprendre clai-
rement que 1'Allenagnle ne doit pas dire considtree
colnle la vache a lait de 1'Europe. 11 scmble quc la
Hussie ail dbja tellement dep)ouill6 sa zone de tout ce
qui avail une valeur industrielle, que cetie zone cons-
litucrait plut6t une charge (u'un. a)pport pour le resle
de l'Alleniagne. S'il en est ainsi, cela renl'orce la Iliese
qui vcul qu'on insisted pour que la premiere conlribu-
lion de l'a Russic soil de chlanger le sens des envois do
ravilaillenieii qui olt it efecltus de 1'Oucst vers 1'Est.
Si l'on pouvait surmonlcr les obstacles des repara-
lions et des depenses, il ne serait pas impossible que
la Russie plivienne a conclude un accord viable avec


la Grande-Brelagne ce les Etats-Unis, car to ts trois sem-
blent d'accord pour que l'Allemagne devienne, aussi-
16t que possible, une unite 6conoiniquc.
Mais MI. Bidaull ie considered pas qu'il soil dtsirib)!c
d'uniiier 1'All-eniagnc economiquement tail que la ques-
tion de ses fronlicres ct de sa structure politique n'aura
pas (1I r6glk. Ceci, en faith, repousse a une date indd-
tcrmiini c Ics advantages de nl fusion, car I's arrangce-
inenis provisoires que les Fraiinais 6it proposes sO-
rulellt probablemient irop faib!es pour produire tons les
risultals que nous desirous.
Ceci ne peut &dre le dernier niot dte la France. Tai-
dis qu'elle refllchit, les autres pulssances pourraient
fort bien examiner les niesures qu'ellcs pourraient pro-
poser pour r'pondre a son d6sir legitinic de securite. >

b) LE PiOBlILEI DE L'ENElRGIE ATOMIQUE (MlClllI tICtIs
Gutardilli, 18/3, lib ral) :

< 11 y a peu dei chances pour tque la question du coin-
trile de 1'Hnergic atomique figure officiellement a l'or-
t(re du jour de la Confrcence de Moscou. 11 y aurail
peul-etre pet d'espoir, si elle y figural, de d6nilcer
I'iiiibroglio dans sequel on 1'a si bien plongCe ai Lake
Success. Mais si 1'on veu.L voir la lenslon se relcliher
et si 'on veul faire naitre des discussions profitable
an Conseil de S&curilt, c'cst A Moscou seulcniclt qu'on
poul y parvenir, cl tie preference au course d'entretiens
oficieCux sans que I'on prele !rop d'atlention aux alli-
ludes qui out dja Cle6 adoptles en public. Sans nou
velles explications, les inmeibres du Conseil de Sccu-
rite trouveront difficilenient le nioyen d'en sorlir.

c) LE DISCOURS DE A. ATTILEF.

1. Daily T'elegra''ph (19/3, coiiservaleur) ;

< Pour une large par;, Ic dliscours radiodiffuse do
I1. Alllce ne reprlsenlail guire davanlage qu'une expli-
calion en terines simples des difficultls profondes,
iials 1non ilnsurII ontables, auxquelles Cl pays dolt fair
face. Claque ciloyen repondra a cet appel (qu'il esr
pri'l a fire de son mieux pour aider la nation.
On doit dire outefois sans aucune nmalveillncc
qi'un tel discourse esl en retard d'un an el denl.
Le parli socialisle aurnit rail prenve de sagesse pra-
liquc en donnant I'alerle a ce moment, au lieu de nous
laisser croire que loul nllait pour Ic lmicux.
La modeslic don't fail preuve aujourd'hui M. Atllee
esl jusliliec, mnais les Ihi6ories socialists onl 6chou ;
el, en fail, le gaspillag e tc inps et d'6nergie, le d&-
strdre ct les incertiludes .qui on.t result du fail qu'on
s'est trop allach 6 A appliquer ces Ih6ories,.pnt augmenli
largement braucoup des difficultls qu'il a enumiiercs.

2. Daily lHeraihl (19/3, travaillisle) :

< Le gouverneleni nle ii eui venir ai bout de cette ta-
che a lui seul. Quand nous avons 1lu nos gouvernails
en 1945, il n'cst jamais enlre dans notre esprit qu'ils
pourraient ramener la prosperity par une formule ma-
gique. Nous nous attendions tous a traverser une pd-
riode difficile. En raison de la situation mondiale, cetle
pdriode difficile a tle encore plus dure que nous ne
l'cscomptions. Nous pouvons cependant en venir a
bout.
De inlle que nous ne pouvons nous pierlietlre de
dire << qu'il faut laisser au gouvernement le soin de
s'cn occuper >), de meme nous ne pouvons laisser aux
se us inilIeurs, ,ouvriers. mntallurgistes, ouvriers des
Iransports ct rermiers, Ic soin de nous tirer d'affairc.
De toute facon, toutes ces industries souffrent d'un









TiLEINQOIDFNOFPESEITANiE.


manque fAcheux de main-d'oeuvrc. II en est de mime
pour d'autres industries d'une importance A peine
moins essentielle.
L'appel du Premier Ministre s'adresse A tons les hom-
mes et a toutes les femmes. II a dit en effect : Si vous
accomplissez une lache essentielle, pouvez-vous aug-
menter votre rendement ? Si vous occupez un emploi
sans utility, voulez-vous changer d'occupation pour
Iravailler dans une branch plus essentielle ? > Et, aux
employers, il a dit < qu'ils devaient tirer le meilleur
part de la nmain-d'Wruvre disponihle, par line bonne
organisation >>.
L'appel de M. Alilee pour unoe collaboration volon-
laire est en harmonic avec 1'orgueil et In dignity de
notre pays. TI m6rite de rcncontrer unt adhesion nm-
pressc ei sonSolOntl, a



II. PRESS AMERICAINE



Revine de la prcsse am<'riraine (hi 18 nars 1947

1. Affaire greeque

Les corresp pndanos oliliqcus tes gr;lands journaux
Washington consl'atent niujoiurd'hui qur do nouvenux cl'inis
et tld noluve:taux Ohstacles vont prolanhblcmnnt empincher Ic
CongrIs de s se prononer sur l p;opoisition faito par M. Tru-
man avant Ic 31 mars prochain. Ils remarquent quc, d'unc
part. l'adminislration n'a pas prscent6 encore de projel de
loi cnglnlant les recomlnnllidations prdsidentielles et quo,
td'autce part, I'opposition s'ntllque nux contradictions et i
i, In confusion q, qlu lui parnissent rxisler dans la politique
i(rangl&w du Pr6sident Truman. En outre, les critiques dcs
milieu lihbraux portahit sur Ic rerus tli Pr6sident ido fire
riggler cctte affairs par I'O. N.U. Iapparnissent sous la signa-
ture de journalists de talent lels que Lippmann i Mme Roo-
sevelt, Thomas Stokes dans lrs journaux tie la chain
S.,ripps-Hloward<, ct Grarfon dans le NewI York Post.
Krock, cher du Iburea u du New York Times it Washington,
'lutdie cltco situation et rappelled que I government amn-
rivnin a hlisit6 h dlonner c a i raunndc-Brctagne toute i'nide
lqu'ellc deniandait par craintti de s'attirer les foudres nlu
(Congris. Le r6sullal do cettc politiqlue dit-il, npparait cvi-
dent nujourd'hui. Le Pr6sident a dtC ainsi amend it formuler
unec politique nouvelle sons la pression de ln decisionn britan-
nitque. ie Krock ajoute quo le Conigrs sc tronvc tie cc fait
a:mis la n6cessilC d'endossr cottic politique en acceptant les
premniers emprunts proposes oin hien de repousser cette poli-
liqcue dul Prdsidlmit. S'il adoptait cctlc second solution, il
ruinerait la reputation amniricaine a I'Clranger, encouragerait
dil nouvcllcs a gressions dics Soviets et ld6truirait tout espoir
(1qe le g6inrnl Marshall puissc dlabliUr Mosconu ls fonda-
tions tl'une paix slable. Krock no pense pas dn rcstc que les
r6pullicains puissefit rf(pndicr an politique (in Pr'sidcnt,
car. lit-il, cc strait rouvrir In question dc << l'isolation-
nisiI. a, qui leur a value les cdfnites 61ectorales de 1940
et 191 1.
En vue ide maintenir le front des deux parties, en matiare
dc ipotliiquc. 6trangere, le Prdsident du Comit6 directeur du
par:i d6meocrate a adressi h son coll6gue du part rdpublicain
une lIttre publiee par Fun des correspondent du New York
Timhe s Washington, dans laquelle il lui propose une ddela-
ration conjointe attestant que les deux parties soutiennent
fermemnnt le President Truman et le s6nateur Vandenberg
iln-: attitude qu'ils ont prise tons deux h 1',gard ce la
C irce rt er nla Turquie. Le correspondent indique que cette
inill-tive ddmocrate a surprise les rIpublicainsqui prfiere-
rnient maintenir une certain liberty d'attion pendant les
dihat., an Congris plut6t que de s'engager A prior romme
le propose le Comit6 directeur d6mocrate. Ce correspondent
indique qiu'aucune rdponse n'a dti encore faite par le Comite
rdpublicain.


2. Proposition Bidaont
Le Washington Post t le New York Herald Tribune con-
sacrent chacun un long editorial i aI proposition faite par
M. Bidault concernant 1'emigration allemanlde. Le premier
accueille avec une tres vive sympathies la proposition fran-
caise. II reconnait que certaines nations ont intr@t A se d6-
barrasser de leur xdnophobie et A laisser immigrer le, tra-
vailleurs allemands. II ajoute que 1'Amerique serait assure
d'etre plus riche et plus prospere si elle rdvisait ses quotas
tie facon it absorber une parties silectionnie du materiel hu-
main disponible en Allemagne. La trag6die de ne pas avoir
laissa participer la France a la Conf6rence de Potsdam appa-
alil clairement maintenant que celle-ci, abrit6c derriere le
bouclier de la doctrine Truman. est plus confiante on sa
diplomatic. La France pent fair benucoup pour in prepa-
ration de In paix. Le renversement d, la poliltique d6mogan-
phique A fire en Allemagne, tel qu'il est prieonis6 par In
France, doit dtre lid h isa proposition d'internalionalisation
de la Rubr. Le danger d'un militarism rennissant en Alle-
magnc n'existerait plus si 'on adoptait des solutions con-
formes i ces deux plans et si ces solutions 6taient soulenues
par la vigilance et la cooperation des Alli6s. Au contraire,
line nouvelle Europe sc dresserait, dcidde i se r-construire
el libdrde de la crainte d'un retour du prussiennisme.
Le Newt York He'rald Tribune estimoe que la proposition
de M. Bidaull << vn an ocur des contradictions de la poli-
tiqel allies i. (Voir cct article pils loin.)

3. Confrrence rdc lfosrcon

Tolns los. journaux mctlinl cn evidence avoc dces litres
important los revendications russes, en matire de rrpnra-
lions allemandes, et-de la participation nu contr61e de la
Itulr. Certain soulignent quto M. Molotov a d6clard la sus-
pension di rgimne d'unification Etabli en zones d'occupation
Sanglo-saxonnes. Aucnn iditorinl n'est encore consacr6 a ce
problbme.
De courles td6piches de Moscou indiquent que M. Bidault
s'cst entretenu lorguement hier aver Ic g6ndiralissinm Staline
inais qu'aucune information n'a dtI donndo h la press a la
,suite de cotte entrevue.
4. Hongrte

La press public Ic toxic d'une nouvelle note adrestse par
le Ddpartement d'Etal h la Commission de ContrAle allie
en Hongrie proposant quo le Conseil allied fasse une enquete
sur la situation politiquc, en Hongrie. (Voir le texte de cette
nole on annexe.)
5. Conr supreme

Tons les correspondants de Washington signalent que In
Conr suprmnim a refuse d'examiner nne decision d'une Cour
fid6rale qui avalt affirm que le gouvernement avait le drolt
de renvoyer un employ A cause do ses sympathies commu-
nistes.
6. .Japon

tes journaux reprennoen les diclar'ations faites par le
gPct'nral Mac Arthur a ln presse nia sujel de la situation an
Japon. Le gnd'ral urnait inilaTniment d6clard que le problem
tce 1'occipation amnricaine comportnit trois phases : une
militaire, une politique ct une 6conomique. La premiere est
terminde, la second, est sur le point de se terminer, quant
h la troisibme, elle ne saurait pas Otre complete sans signa-
ture d'un trait avoc lc Japon. Le ge6nral a rappel6 qu'il
avait suggd6r queles Nations Unies exercent leur control
sur le Japon quand I'occupation am6rkcaine prendra fin.

7. Saisie d'hdroine
Tous les journaux de New-York signalent I'arrestation de
deux marines franais et la saisie d'h6roinen pour une valeur
d'un million 147.500 dollars h hord d'un navire francais, IP
Saint-Tropez.
S. Xonmvllfes et France
Le New York Times reproduit les ddclaralions faites hier
par M. Depreux et en particulier celle-ci : < Si 1'on aban-


3


TIULLMRTN QUOTIDIAN DF PRFSSF tTFUMPREF








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGIRE


donne la RBpubliquc aux factions rivals, cela signifiera la
guerre civil avant peu. >
Le correspondent du New York Herald Tribune reproduit
fes declarations faites par 'M. Henri Teitgen au Congr&,' dn
parti rppublicain populaire dans lesquelles ili a soulign6 la
necessity de d6centraliser le pouvoirgouvernemental et 6nale-
ment les contrbles economiques.
Une dip&che de Paris au New York Timles et une deprche
de Whitcomb dans le Baltimore Sun font tal ides reactions
de In press franai.se au recent discours Truman et :t la
Conference de Moscou. Le litre du Nen, York Times rtasume
ainsi ces reactions : Le discours Truman a mnnavai'sp
press A Paris >>. Le Ballimoire Sun reprend ccr'ains -rim,-
mentaires de 1'HnmatiiiH, Franc-Tireur, Liberalikn-soir et
Ce Martin.

a) L'ENTREVUE BIDAULT-STALINE (New York Herald Tri-
bune, 19/2, idilion europbenne) :
< On pense que les positions prises respectivcnient
par M. Staline et M. Bidauli n'6taient pas trbs dliTi-
rentes au course de leur discussion sur la Ruhr, celt
region qui clle seule permet de contr6ler la produc-
tion de carbon et d'acier de 1'Allemagne. La Russie.
tout come la France. est favorable A un contrOle alli6i
sur la Ruhr.
Cependant, il semble qu'h la suite de l'entrcvue
Bidault-Staline, il n'y a pas eu de changement dons leP
positions de la Russie et de la France h l'6gard de 1'or-
ganisation politique de l'Allemagne. La Russic desire
une Allemagne centralisbe, landis que la France, t:vec
les Etats-Unis ct la Grande-Brelagne, )prconise line
federation lache d'Etals allemands.
(JOSEPH NEWMAN.)

b) LES PROPOSITIONS DE M. BIDAULT A MOSCOU (Nell
York lHerald Tribune, 18/3) :

< Lorsque M. Bidaull cut termin6 son expos .sur 1'Ctal
acluel et les perspectives d'avenir tdu peUple allemand,
le Secrbtaire d'Etal Marshall dbclara que Ic ministry
francais, dans son expose, blait aIl junsqlu'au c,'eur
meme du problbme. 11 est certainement al16 aun coeur
des contradictions dans lesquelles s'est engage Ia po-
litique alli6e ct. a montr6 h quel point il btait dange-
reux d'essayer d'6tahlir une paix sur la base de ces
contradictions.
Une forte density de population, dans un pays qui
ne pent se dbvelopper industriellement, cr6era indvi-
:tablement des d6sir.s d'expansion qui pourront btre
fatals pour ]'Europe. De toules falcons cela constitlera
un obstacle insurmountable i une vbrilable rbduncation
du people allemand.
M. Bidault propose la dispersion des personnel db-
plac6es qui se trouvenl actucllement en Allemagne,
l'nrrbt tes deportations d'Allemands d'autres pays vers
le Reich, et un programme international pour enou-
rager 1'bmigration des Allemands. Son programme
pourrait conslituer un palliatif et on devrait I'cssaver,
mais il ne semble pas offrir de solution fondainenlale.
D'autres ont propose que les Allemands soient envoys
dans les pays situ6s A 1'est de la ligne Oder-Neisse (en
chassant probablement les Polonais qui ont pris leur
place), ce qui ne semble pas ttre du domaine de la
politique pratique. Mais quoi qu'on puisse faire par
ailleurs, il est clair que routes les considerations sur le
type d'tconomie qu'on autorisera en Allemagne doi-
vent passer aprBs les decisions fondamentales concer-
nant le people allemand. 11 est impossible d'!'ss:ver
plus longtemps d'engager I'Allemai:iiie tins 1i1n (iini-
donzaine de directions ia hi fIis on de nl goniverner
d'aprbs une politique qui tient les Allemands a l'ecart.>>


C) VERS UNE REVISION DE L'ADMINISTRATION AUX ETATS-
UNIS (New York Heralid Tribune, 19/3, 6d. eur.) :
< Un dv6nement significatif mais pen remarqu6 s'est
product r6cemmient au S6nat. Le s6nateur Henry Cabot
Lo'dge, du Massachusetts, a prononc6 un discourse soi-
gneusement prbpar6 pour demander que le Congrts
agisse d'tirgence pour reformer complktement l'admi-
nistration. II a admnis I'ineffle'cilh et la confusion de
administrationn acluelle.
Le gouvernemeni fid&ral ne dispose t l'hceure ac-
luelle d'aucun organism pour coordonner l'blaboration
ct l'application de sa politique par ses diff6rents orga-
nes, i l'exception !du president lui-mtme. La n6cessit6
d'un tel organisme a d'abord 6tt soulign6e dans un
rapport confidential que les chefs d'Etat-major combine
ont 616 assez hardis pour preparer an printemps der-
nier. Pendant la guerre, tous les chefs miilitaires ame-
ricains, y compris le general Marshall, ont 61 impres-
sionn6s par l'unit6 d'action et de vues qui existait an
sein du gouvernement brilanniquc. Sir la proposition
du ministry 'de la Marine, M.. James Forrestal, les chefs
d'Etal-major onl etu'diC Ils moyens de rbaliser aux Etats-
Ulnis la mtme unit. d'action et de vucs. Dans ce bul,
ils ont propose qu'un Cabinet ou un Secr6tariat ex6-
couif, copi6 en gros sur celui de la Grande-Brelagne,
soil 6tabli sans l61ai.
A l'epoque, on n'a prtt6 aucune attention an memo-
randum des chefs d'Etal-major, en particulier parce que
le secr6taire d'Etat James F. Byrnes 'doutait de sa va-
leur. Mais M. 'Byrnes a maintenant Ret remplac6 par
I'un des parrains de ce memorandum et M. Marshall
s'est d6jA occupy de faire suivre d'effel une parties des
recommendations continues dans ce'memorandum. La
reunion hebdomadaire 'des ministries des Affaires. etran-
gbres, de ]a Guerre el de la Marine est destinte a coor-
donner la politique 6trangere et la defense national.
Aucun secretariat, si efficace soit-il, ne pent verita-
blement coordonner compl6tement les efforts d'une ad-
ministration aussi complex que la n6tre. Tous les pro-
jets de r6organisation 6tudi6s dans le pass ont et 'des
conmkdies. On doit effectuer mainlenant une r6organi-
sation contn)lte, aussi total que celle qui a bt6 accom-
plie de facon si brillante par M. Alfred E. Smith, et
M. Robert Moses dans l'Etat de New-York. La rborga-
nisation et la coordination de administration scront
inutiles tant que le problhme du personnel a'dministra-
tif n'aura pas 6t6 r6solu. Une entreprise de 37 milliards
de dollars dirig6e en grande parties par des employs
est le signe d'une folie sans nom et d'une mauvaise
iconomiie. Mais du moins est-il encourageant de voir
qu'on .envisage enfin de facon r6aliste le problime de
administration (
(JOSEPIT ALSOP.



III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovidlique di 18 mars 1947
Tous les journaux paraissent, sauf la Pravda. On peut
reliever quelques d6peches sons les titres suivants : L'Etat-
Major de Mac Arthur precise la listed des objets de r6para-
tions Elections en Irak Persecutions de d6mocrates chi-
nois Un journal anglais traite du message de Truman -
Temoignage de reconnaissance A lP'Jkraine sovietique du
gouvernemnt t du people hiindou Des d6putes travaillistes
parent te la nicessite de r6forme dans 1'armite anglaise.
A c616 tie scs sdiplchcs de longueur moyenne, la session du
Conseil des ministres occupe la totality des rubriques etran-








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS fTRANGERE 5
a -- --


geres qui, dans certain quotidilns. tiennent jusqu'i trois
pages sur quatre.
Tous les journaux reproduisent en premiere page, sous
un titve de dcux coloinns, lte communique annoneant la
reception du Pr6sident Bidault par le gdenralissime Staline :

L Le 17 mars, le Prdsident du Conscil ides illinistres
tie 'U. 1. S. S., Joseph Staline, a reu Ice ministry tids
Affairs itrangeres de la Republique franlaise,
M. Georges Bidault. A la reception, assistant le mi-
nistre des Affaires ctrangeres de. I'U. 11. S. S., M. Molo-
tov, ct l'ambassadeur de France i Moseou, Ic gdenral
Catroux. ,

Ainsi qu'il est de regle strict dans la press souvitique,
aucun detail n'est fourni, ni aucun commentaire public.
Le compete rendu de la reunion du Conscil des ministies
du 17 mars est rcproduit par tous les organs, .qui publient
in extenso le texte de la declaration de M. Molotov. Certains
journaux se borncut i des rssumns des declarations de
M. Bevin ct du g6niral Marshall. Les Izuestia publicnt ces
dcux interventions intiegralement. En fin de compte rendu,
tous Ics journaux annonecnt quc le Prisident Bidault prcen-
dra la parole aujourd'hui.
Les co rnduseses rt rndu d unionsiols ties adjoinls du 17 imars
occupelnt environ une colonne ct demie dans tous les jour-
naux. A propose de la preparation du trait dtie paix avce
I'Allelmagne, Tass relieve notamment que les deleguts des
Etats-Unis ct de la Grande-Brctagne out dmis it nouveau une
serie de propositions allant a 1'encontre des principles de
ba:,e tlablis a Berlin. Le dhlggud americain Murphy, par
exemplc, a propose d'appeler pour consultation non seule-
ment les voisins de l'Allemagne oh lIs Etats ayant particip6
avec leurs forces armies i la lutte commune centre I'Alle-
magnc, Inais aussi ceux qui se sont horns i une declaration
formelle de guerre i 1'Allcmagne. Gette proposition a pro-
voque les objections du d6dlgu6 franqais, M. Couve de IMur-
villc, qui a dit qu'il serait inopportune dte transforine la
Conference en quelque chose de semblablce a une Assemblee
parlementaire. Le tdelgu6 sovidtique s'est 6galcncent dievr
centre la proposition ; 1'agence Tass donne une analyse dd-
taille de l'intervcntion de M. Vichinsky. Elle analyse en
outre la proposition francaise et se borne A citer la propo-
sition blitannique qu'clic accuse de faire c chavirer l'ordre
6tabli. L'agence sovietique reproduit 6galemcnt les objections
de MI. Vichinsky h cette proposition britannique.
Au sujet de, l discussion sur 1'Autriche qui est rapportee
Cesuitc sous un titre special, l'agcnce soviktique relive les
divcrgcnces qui se sont manifestecs quant it 'intcrdiction
d'cmploi par i'Autriche de citoyens allemands daus des
occupations touchant h l'armde. Ces measures, celeve Tarss,
sont absolument indispensablcs pour prevcnir la possibility
d'un rdarmnemcnt de 1'Allemagne. Pourtant, le gouvernement
britanniquc :,'cst oppose l'cxtcnsion de I'intcrdiclion aux
personnes de citoyennet6 autrichictnne i qui le service a 6t&
initerdit clans les forces armies pour avoir activenment servi
dans i'armde fascist.
Deux articles traitent ties problicmes touchant i la Confe-
rence :

a) L'Etoilc Roulge public un brcf reportage sur la vie dans
un village d'Allcmague en zone sovidtique. Cclui-ci done
une description du village et parole de l'opposition du
fascism clandestine que la reforme agraire a di surmonter.
11 indique Ic partage des terrcs rdalise par cette r6forme ct
public une interview des paysans bindficiaires, notamment
d'un expuls6 de Pologne. Le reportage trait en outre de la
centralisation du materiel agricole par le Comit6 d'aide
paysanne. It conclut : 1 La reform agraire a assaini ce
village allemand. >
b) Uiin note est publide sur les syndicate allemiands et la
ddnazification. Cett- note indique que In nombre des mem-
bres des syndicat s allan se monte : 3.500.000 pour
la zone sovietique, 1.750.000 pour la zone anglaise, 945.,000
pour la zone amuricaine, 320.000 pour la zone frangaise.
Scion Pauteur de la note, les discourse des d6tlguds bri-
tannique ct amnricain en rCponse h l'intervention de M. Mo-
lotov du 13 mars sembleraient prouver que les syndiqut&s


allemands de leur zone sont satisfaits do la d6nazification.
Mlais ii n'cn cst rien, conclut-il, et il n'y a qu'h se reporter
au rapport des conf6rcnces syndicalcs inteczones d, Franc-
fort-sur-lc-Mlei, Mayence et Berlin, au rapport de la F6dd-
ration Syndicale Mondiale.
Daus la zone fran;aisc, oil Ic rythnic do la dtinazification
cst particulieremc nt faible, non sculcment Irs syndicate ne
sout pas invites it participcr i la denazification, niais, au
contrairc, ils tombent parfois sous Il contr6le d'dl1inents
nazis. Ainsi, dans certain regions, les autorit6s locales out
confide le contrile des elections syndicales i une commission
d'observateurs entitrenentc comlposce de nazis. La critique est
beaucoup plus diveloppCe h propose des zones anglaise ct
americaine. Par exemple, en ce qui concern cctte dernicre,
I'auteur rcleve qu'il n'y cst pas plus difficile de se faire
d6livrcr un certificate de ddnazification qu'il ne i'cst de se
fair dtlivrcr un bulletin de dcsinfcction dauns un centre
sanitaire de troisiime ordre.
L'article conclut :

SLcs syndicats allemands solt enl droit d'cscompte.r
qu'ils oceuperont dans le processes do denazification
la place i laquelle ils out droit de par leur rBle da y
la democratisation de I'Alleinagne. >


-:'St...


IV. PRESS SUISSE


L'AVENIII DU MINISTLilE RAMADIEII.

1. Tribune de Genrve (18/3) :
<< Divers bruins out couru ces derniers jours aui sujet
des difficultCs que rencontre le gouvernement et d'une
eventuelle cruise ministirielle en perspective.
D'aucuns prennent peut-6tre A cc sujet leurs d6sirs
pour des realitds. En fail, le Cabinet Ramnadier n'est
pas menace d'une mlaniere inmmediate, et ii cst certain
d'abord que lant que durera la Conference de loscou,
personnel ne vofudra prcndre la responsabilit6 d'affai-
blir la position de la France sur le terrain international
en provoquant un changement dans la direction des af-
faires. II est clair que les conditions poliliques acluellcs
nie rendent pas facile la litche du gouverneinent, lnais
il est non iiloins evident que toul autre niinisttre serait
expose aux niimcs inconvenients.
Le plus malaise est surloul de rtealiser au scin du
Conseil une parfaite unit de vues, et les debals par-
lenmentaires sur l'Indochine on0 laisst apercevoir quel-
ques hesitations, quelques ilottements 'de la part du gou-
vernenient. On est bien force de constater que cela est
fiacheux, mais pour ajouter aussit6t quc si l'on donnait
un successeur a M1. Ramadier, il se trouverait en pre-
sence dcis ;itmes obstacles.
Ajoulons que plusieurs homes politiques de divers
parts que nous avons pu approcher ces derniers jours
ne sont pas d'avis qu'une crise soil iuininente et ne la
souhaitent ae aucune facon >.
(Du correspondent a Paris
de la Tribuine de Geneve).

2. Gazette de Lausi.nne (19/3) :

(( Nous croyons que, malgre ises faiblesses, le cabinet
Ramadier subsistera quelques scmaines encore, et cela
pour deux raisons. II est peu vraisemblable, d'une part,
qu'un parti prenne la responsabilit6 de rompre I'idifice
gouvcrnemental a un moment of le ministre die's Af-
faires 6trang6res defend a Moscou la th6se franchise.
D'antre part, nous pensions qu'une crise ministerielle
ferait surgir de lelles difficulies (t1 reposant le pro-
blime de la participation desdiff6rents parties a uir nou-









61 ULLETiN QUOI'lDiEN Dli PRESS ETRANGERE


veau cabinet, qu'a tout prendre, les rcprdsentanis des
groups politiques dans le government Ramadier
risquent de prdf6rer le statu quo a tn remaniement
susceptible -de leur faire abandonner les rnes du pou-
voir. On se rappellc encore Ic cabinet homog~iei do
M. Blum et l'on craint, surtout du c6t6 coimuniste, le
renouvellement d'une telle experience.
Les parties vont done probableinent continued encore
a taire leur m6contentement, tout en continuant a s'ob-
server attentivement les uns ct les autres et h esptrer,
dans le secret et le silence, quo ce soil Ic vuisin qui
fasse le geste irrinddiable. >>
(Du colrrespondanlit Paris de la Gazette
de Lausanne.)


ANNEXE


...Les Etats-Unis ont renouvel6 auprts dii prC-
sident sovi6tique du Conseil de Contr6le Inttrallic
en Hongrie leur protestation au ,sujet du conpor-
tement des groups de la minority dans le d6ve-
loppement de la crise hongroise actuelle. Dans
une note qui a i6t remise le 17 mars a ce fonc-
tionnaire sovi6tique et qui a 616 transmise par
Ie reprtsentant des Etats-Unis au Conseil, le ge-
n6ral George Weems.

Voici le texte integral de la note amiricaine :
< J'ai l'honneur d'accuser reception de votre note du
8 mars 1947 en r6ponse a la note que je vous avais
adress6e le 5 mars au sujet des 6v6nements politiques
en Hongrie, et j'ai 1'honneur, selon les instructions de
nion gouvernement, de vous transmettre la declaration
suivante du gouvernement des Etats-Unis sur le mime
sujet.
Le gouvernement des Etats-Unis a examine avec at-
lention les opinions du gouvernement sovi6tique expri-
m6es dans votre note. II a cependant remarque que
votre lettre ne tient pas compete des particularitis sui-
vantes, auxquelles ma note du 5 mars faisait allusion.
1. L'enqu6te sur le coniplot centre l'Etat n'a jusqu'ici
6t6 conduite que par des organisms de police infeodes
aux communists. Alors que le Parti des Petits Pro-
pri6taires s'est effort d'obtenir un accord sur utne
enqu6te parlementaire, mente par les divers parlis sur
les allegations concernant l'implication dans le corn-
plot de divers membres de 1'Assembl6e Nationale, les
communists s s sont refuses h accepted une tell pro-
cddure.


2. Des quatre reprtsentants des parties politiques qui,
en compagnie du juriste qui Ic preside, composent le
tribunal du people charge de miener le proccs de cer-
tains individus accuses d'etre impliqu6s dans le con-
plot, trois reprtsentent"dcs parties du bloc de la mino-
ritt, contre un seul choisi par la majority, c'est-a-dire
Ic Parti des Petits Propritlaires.
3. En ce qui concern l'arreslalion ie M. Bela Kovacs,
quoique les arrestations effectutes normlalement par les
forces d'occupation dans le but de maintenir la secu-
ritl desdites forces, ne puissent bien entendu etre su-
jetles h aucune objection fondc 4sur le faith d'une inter-
vention injustifide, l'arrestalion de M. Kovacs par les
auloritts sovietiques ne peut, en l'examinant de pres,
ctre considtr6e come 6tant de cette nature. Le gou-
vernement des Etats-Unis fait remarquer que i'arrcs-
tation ne fut effectute-que lorsque le parli conmmunisle
ihngrois cut tpuist sans succesles divers moyens di-
lurnes auxquels il avail eu recourse pour obtenir le
retrait de l'immunit6 parlementaire de M. Kovacs ct
son arrestation par la police politique. Tant que dura
ccele p6riode, rien ne permit de supposed qu'il pour-
rail ctre soupconne d'activitts -dirig6es centre les for-
ces d'occupation sovi6tiques.
)ans ces conditions, le gouvernemeni des Etats-Unis
ne peut, A la lunmiere de toutes les informations qu'il a
pu obtenir, ttre d'accord avec 1'interprttation des 6vd-
nements politiques en Hongrie que continent votre note.
II semble clair, pour lc gouvernement des Etats-Unis,
que des groups de la minority, sous la direction du
Parli 'Comnuniste Hongrois, tentent de s'emparer du
pouvoir en ayant recours A des tactiques extra-consli-
lutionnelles. Les Etals-Unis sont d'avis que ceci menace
nettement le maifitien de la d6mocratie en Hongrie.
Dans de tells conditions, le gouvernement des Etals-
Unis considered que les puissances qui out sign ai
Yalta P'accord sur l'Europe liberte se trouvent dans
l'obligation d'entreprendre de concert des measures
pour enqueter sur la situation politiklue en Hongrie. Le
besoin d'une telle discussion et d'une tell enquele cst
rcndu encore plus imperieux par le faith qu'il existed un
d6saccord entire la Russie sovi6tique et les Etats-Unis
sur une question d'une importance aussi capital pour
la Hongrie. Selon l'opinion de mon gouvernement, on
ne pourrait pr6tendre qu'une telle enqukte serait do
nature, commle vous le sugg6rez, a porter attei.nte aux
droits t6gaux des tribunaux hongrois, on pretendre quc
I'interct de mon gouvernement porter au cas de M. Bela
Kovacs constitute une atteinte au droit qu'ont les auto-
ritts d'occupation sovidtiques de prendre des measures
justement fondues pour le maintien de la security de
leurs forces d'occupatiqn. >


S.~~~~~~~~~~ ~ ~ ~ ~ ~ P.I m. 7 cNclPrs-3.09Pi rns


S. P.I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


Prix : 6 francs.