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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00059
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SERVICES FRANCAAIg
D'INFORMATION
(MINIsTnRE DE LA JEUNESSI,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Docum.entation
14-16, rue Lord-Byron, Paris ;81.


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


MINISTER
DDS AFPFAIrES ETRANElERkS


BULLETIN


DE


PRESS


17 mars 1947.


QUOTIDIE!



ETRANGE1


Nouvelle S6rie No 620


SOMMAIRE


I. PRESS BRITANNIQUE.
a) AprBs le discours de l'ambassadeur des Etats-
Unis A Paris (Reynolds News, 16/3).

b) Les travaux de la Conf6rence de Moscou.
1. Observer (16/3).
2. Secitator (14/3).

,c) Apres le discours du President Truman (Reynolds
Nelujs, 16/3).

II.' PRESS AMERICAINE.
a) Le trait& de paix avec I'Allemagne (New York
Herald Tribune, 17/3, edition europ6enne).
b) Le r6le des Etats-Unis dans le m.onde (New York
Herald Tribune, 16/3).

III. PRESS SOVIITIQUE.
Les formations militaires allemandes en zone bri-
tanniquc (Trud, 15/3).

IV. PRESS BELGE. '
Apres le discours du president Truman (La Libre
Belgique, 17/3).

V. PRESS SUISSE.
SLes Etats-Unis et l'Union Sovi6tique.
1. Tribune de Geneve (15, 16/3).
2. Basler NacltuicLehtn (15, 16/3).
3. National Zeitung (15, 16/3).

VI. ANNEXE.
Discours de l'ambassadetir 'des Etats-Unis A Paris
sur les relations 6conomiques franco-am6ricaines.


I. PRESS BRITANNIQUE


SRevuoe de la press brftannique du 16 mars 1947
Les mifaits des inondations ont romplac6 ceux du gel
dans les preoccupations du public britannique comme dans
les journaux de ce martin : c'est en effet aux r6sultats des
intemperies que sont consacr6es la plupart des manchettes
et des illustrations des feuilles dominicales, oh la conference
de Moscou et la situation politique et 6conomique en Grande-
Bretagne font par aillcurs l'objet des principaux commen-
taires.
I France
Selon McDermott correspondentt A Paris du Sunday Times),
la coalition gouvernementale est loin d'etre solide et menace
d'etre 6branlee par de s6rieuses divergences entire les parties
qui la constituent tant i propose de la politique int6rieure
que de la politique 6trang6re, le journal britannique relve
que la recent declaration du president Truman a provoqu6
dans les milieux politiques des r6acions diverse et 11 estime
que le gouvernement ne durera pas beaucoup plus longtemps
que la conference de ,Moscou. M. MacDermot pense que, mal-
grd les incidents qui ont marque les d6bat parlementaire
de la semaine dc'ni6re relatif t l'Indochine, M. Bollaert
sc verra en fin de, compete assure de l'appui de l'unanimitU
de 1'Assemhlde et que tous les parties se ralli,eront A une
politique commune, mais que la question des salaires reste
en suspense et se posera peut-6tre avec acuit6 au itiois de
mai, si la situation economique 6volue favorablement, les
parties accepteront sans doute de continue A collaborer en-
semble mais si de' nouvelles difficulties surgissent chaeun
voudra reprendre sa liberty et c'en sera fait du minister.
En conclusion le correspondent du Sunday Times enregistre
lc rTglement du conflit de la press et loue M. Ramadier
pour son habiletc ct son bon sens.
Le Reynolds News public un article de M. Edouard Herriot
intitul6 < Justice ct non sentiment exposant le point de
vue franmais relatif a l'Allemagne.

II. Politique gndradle
a) Moscou.
SL'intervention de M. Bidault, i propos de la surpopulation
de 1'Allemagne, est rapport6e en bonne place par tous les'
journaux don't plusieurs 6crivent en gros caract6res : < La
France est prete h accueillir des Allemands >>.
b) La politique amidricaine.
Les journaux publient de nomhreuses d4p1ohes relatives









-2 IITLLETIN QUOTIDInN DE PIRESSE ETRAN'GRbt


aux reactions provoqu6ecs dans le monde entier par la dicla-
ration du president Truman.
Dans le- Sundaa flime;s Scrutator 6crit : que cette decla-
, ration a -envoyd en Europe une bouffde d'air friis >, il
estime que si la Grice et la Turquie devaient Mtre abandon-
n6es h I'influence sovietique, d'autres pays ne tarderaient
pas h y succomber ii leur tour, et que 1'Iltalie d'ahord et
la France ensuite st verraient privies de leurs lilertc.s demo-
cratiques. La chute de la Franco >> inarqueraii la fin
dte cc qui reste de liberty en Europe. in conclusion Scri-
tator releve que la Hassle manifesto a Moscoti des dispo-
sitions' plutAt eonciliattes et il declare que seule une poll-
tiq'ue de fermPet de ]a part des puissances occidentales, peal
assurer Ja paix du ,monde.
L'Observer s'emploie i d6montrcr qu'il ne faut pas exa-
gdrer la portee du prit que le president des Etats-Unis vent
consentir t la Grbee et iA a Tlrquie, car il y a de nctmbheux
pr6c6defits, Ii espere cependant que le geste de 1'Aminrique
fera rdflechir le gouvernement sovietique et lui donnera
des tendanoes plus conciliantes.
Selon le Reynolds News, l'affaire grico-turque encourage
le government de Tchiang Kai CChek a resister i lai
pression russe.

Revve de la prdxse britannique din 17 mars 1946

I. Confirence de Mosrou
Cinq. journaux consacrent des articles a la conference
de Moscou, mais cc sont surtout le Tim!es et le Manchester
Guardian qui lui r6servent une place de premier plan. Tous
deux donnent un relief particulier a l'intervenlion de
M. Bidault que le correspondent du Times qualific de re-
marquable et qui, selon Al. Wlerth, du Manohester Guar'dian,
i a susciti un interet considerable ,,
Les propositions du ministry frangais sont exposes en
deitail par les correspondents des deux journaux et Al. W6rth
estinme qu'elles se sont. attaquses an fond memc de la
question allemande : celui de la population de cc pays et de
sa density demographique. Al. Werth met ensuite l'accent
sur la proposition de M. Bidault qu'il consider come
6tant peut-etre la plus scnsationnelle : h sav6ir celle de
I'organisation de immigration allemande i laquelle la
France ost lirte it contribuer. II erit it c, sujet:

Ces propositions ont soulev t do nombreuses qurs-
tiOns. Les Francais esperent-ils employer dt faqon
perrianente de la main-d'ce~vre allemande dans
I'agriculture et l'industrie et surtout dans les mines?
On bien envisagent-ils 1'6tablissement tie colonies al-
lemandes, par example A Madagascar qui, avant la
guerrt etait destined I .devenir no centre d'iinmigra-
tion juive ? Nous cntendrons sirenment encore Ieaou-
S oiup parler de ces propositions franqsn se .

En ce qui concern Ie earaetre 'd~lniral des I6igiolailions
de Moscou, Al. Werth erit :

t II est important de fair une distinction centre
les problmnies majeurs des relations sovi'to-amfri-
caines et, ii semble paradoxal de l'appeler ainsi, le
probleme mineur die 'Allcmagne. II est cliir que
deJ)uis lec dlbut de la conference, it y cut un gentle-
Imen's agreement entire les qualre ministres des Af-
fairts ,trangres. Aux terms de celui-ei, on ne lais-
serait pas ces problnmes emnpitder l'un sur l'aulre
au mioins en surface. Par ailleurs. le tliscoturs de
M. Truman pourrait avoir tin effet salulaire sur la
conference en cc sens que les Russes scront plus sou-
cieux quo jamais de voir ]a question allemnande so.
rlgler par un accord raisonnahle >.

A. Clifford, dans le Daily Mail, 6crit de son c6ti :

<< M. Bidault a eu jusqu'i maintenant un rieh effacl,
sa position est rendue effroyablemnnt dflieate (du
fait que son portefeuille depend de l'appui que lUi
prlteront les communists en France. Cela. le met dans
la quasi impossibility de prendre nettemeut position
sur toutes les questions en litige.


.... Mme Bidault, soit dit en passant, se trouve a
M'oscou et elle a rang de consoiller d'ambassade de
plein droit. On raconte que son activity est grande
dtlns les coulisses de la d6Cigation frangaisoe .

Sur I'atmosphere de la conference, il erit encore:
<< Le seul r6sultat concrete est la liquidation de la
Prusse, mais I'atmosphere a et6 cordiale ct aucun
heurt insurmontable ne s'est produit. Les Russes sont
deventis legbrement plus corsciliants depuis Ic discourse
dn president Truman.

Frank Ldsser, dans lIe Daily Worker, comment Agale-
ment les propositions franiaises qui auronl, scion lui, pr6-
voqu6 des discussions consid6rables en dchors meme des
quatre d6lgationhs. 11 veut voir un renversement des dici-
sions de Potsdam dans Ic fait que la France priconise un
arret de l'exptilsion des minorities allemandes, notamment
de Pologne et de Tch6coslovaquic.

< Alors que les gouvernements de ces deux pays,
6crit-il, n'ont pas encore fait savoir officiellement
leurs reactions devant les propositions frangaises, les
milieux frangais laissent entendre que la Pologne se-
rait disposee a garder des ouvricrs sp6cialis6s alle-
mands .

2. Aide americaine ci la Grbce
Cette question semble avoir perdu considerablement de
son importance dans la press de ce matin. Le timess lui
reserve encore toutefois un article d'une demi colonne dans
lcquel il fait Rtat des declarations reticentes du 66nateur
Taft, notamment en cc qui concern les consequences mili-
taires que pourrait entrainer une aide americane A la
Gr(ce. Selon le correspondent de ce journal, la question
fondamentale qui se poserait h Washington serait de savoir
quelle doit etre l'ampleur de 1'aide 6conomiquec et militaire
amtricaine.
Le correspondent du Mandhester Guardian, de son c6t6,
declare que de nombreux Am6ricains sont indignes en enten-
daoit M. Truman affirmer que la Grardo-Bretagne est deve-
nuo maintenant une puissance n6gligeable, non seulement
en M6diterran6e oriental, mais encore dans le rest du
monde. Tout en reconnaissant les difficultls actuelles de la
Grande-Bretagne, il semble que les informations de M. Tru-
man selon lesquelles tout le fardeau de I'avenir du monde
repose d6sormais sur les Etats-Unis no sont pas confir-
mees par les faits.
Ce cbrrespondant fait 6galement etat de nomhreuses lettrcs
dt protestation qui seraient parventes it la Maison Blanche.
Ii mentionne aussi que de nombreux journaux annioncent
dans leurs nanclhettes que les Etats-Unis vont bientat avoir
a venii en :aide is 1'Iran, nl Syrie, le Lil)an, la Hongrie et
Ia. Palestine.
Le Daily l"'orker public en premiere page un article de
Robert Halle dans lequel celui-ci fait tlat (le I'acpposition
qui s'est inantfestee au scin des anciens fidbles du president
Roosevelt centre la politique do M. Truman. Mine Roose-
velt aurait dlclar6 qu'clle aurait iti heaquoup plus heu-
reuse de voir les Etats-Unis apporter de i'aide a la Grece
sans y nsettre de conditions d'ordre pnlitique. Ce corres-
pondant fait egalement etat des declarations da sinateur
Pepper, solon lesquelles l'aid& aminiciaiie aurait dfi se fair
par i'inlermndiaire des Nations Unies. II profit de P'oe-
casion pour rappeler que la classes ouvribre amlricainc, dti-
chiir6c par dies dissensions internes et lutitani dlsespirmhnnlt
centre une 6igislation viciepse, ne so prononce gin1rale-
ment pas sur les questions de politique cxterieure parce qau
ses cewfs ne se rendent pas compete de ce qoe l'hystlric
amerirtain, contre la Russie ne sert qu'io mner uine offensive
centre lc mouvemnent ouvrier.
Sclon le correspondent de cc nAime journal. ia politique
Trunian serait destine in miner la position di In Grande-
Bretagne -et it enforcer celle de M. Churchill el des forces
conservatrices ct s accroitre la dependance cde n Grande-
Bretagne vis-h-vis des Etats-Unis.
La Daily Worker public en outre le texte d'une risolu-
tion du Comit6 exicutif du part communist britanniquc en







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE 3


avertissant le pays des graves dangers que, sclon lui, la poli-
tique americaine faith courier a la Grandc-Bretagne.
Scston Dclmer, dans Je Daily Express, est convaincu qu'e
la Russie n'cnvisage pds la possibilitU de fire la guerre
aux Etats-Unis et A l'.Amriquc. Mais il croit que la poli-
tique du president Truman emp&chera les Soviets de se ser-
vir de la guerre des nerfs come instrument de leur poli-
tique 6trangire. II incline me6me penser qu'aui lieu de
stabiliser la situation, les declarations du president Tru-
man contribueront i la rendre encore plus incertaine.

3. France
Lc Times, le Manchester Guardian, ie Daily TelIegrapit
annoncent la fin de la greve de la press: Le correspondent
du Manchester Guardian fait suivre cetle nouvelle des com-
*nentaires suivants :
Le principal vainqu'eu'r est M. Itamadicr, qui a
cmp eh6 les gr6vistcs de tirer part de leur grdvc pour
obtenir une augmentation de sa.ilaires. La difaitC des
gr6vistes est une victoire a la Pyrrhus pour les jour-
naux qui sortent du conflil trIs affaiblis an point de
vuc financier. On pense que la plupart rdussiront A
reparailre, mais plusieurs d'Wntre cux ne scront pas
i minec de survive s'ils ne trouvent pas d'appuis
financiers. Le manque de journaux a 6te durement
ressenti ct a favorisd la divuligation de fausses nonu-
velles, la circulation de bruits alarmtistes. Elle a em-
pechb, la c6l6bration de la signature de l'alliance
franco-anglaise. s
Le correspondent i Paris du Times vent voir Cgalement
dans la cessation de la grbvo n ne victoire, pcut-tLre Cphe-
mere pour Ic gouverncment.

4. Allemagne
Le correspondent special du Manchester Guardian i Ber-
lin fait 6tat des informations qui lui ont 6ti fournies par
les autorit6s britannicques sur. les organizations quasi mili-
taires qui subsistent en Allemagne et qui sont employees
par le R.A.S.C. pour le dragage des mines et autres tra-
vaux dangereux. Ces Allemands sont traits avec tact mais
fermet6. Ce sont pour la plupart des travailleurs qui sont
d6mobilis6s dis que les circonstances le permettent. Ils ne
devvraient pas causer d'inqui6tude aux Allids, et le corres-
pondant special de cc m6me journal dans la Ruhr reserve
un assez long article a l'augmentation de la production
du carbon, grace aux avantages de toutes sortes accords.
aux mineurs.
De Berlin, le correspondent au Manches4er Guardian an-
nonce que les chefs due partidlimocrate chritien ont decide
de demander aux autres parties allemands d'envoyer des
rcpr6sentants h un Congres national destiny A etablir les
bases d'action commune et la creation d'une administra-
tion central temporaire susceptible, d'etre represented I
Moscout

APRIS LE DISCOURSE DE L'AMBASSADEUR DES ETATS-UNIS
A PARIS ,(Reynolds News, travailliste, 16/3) :
< L'offensive 'diplomatique des Etats-Un(s en Europe
est suivie d'une offensive commercial pour retrouver
les marches perdus. Des personnalitis importantes se
sont mises en route pour l'Europe a la suite des plaintes
du gros commerce am6ricain, selon lesquelles les Etats-
Unis, qui produisent maintenant a plein rendement, ne
peuvent vendre leurs marchandises dans les pays qui
constituaient auparavant leurs meilleurs acheteurs.
Le signal de cette nouvelle offensive a 0t6 donni plar
I'ambassadeur amiricain, M. Jefferson Caffery, dans uon
'discours oil il a dit brutalemetn au people franeais que
les Etats-Unis ne se conienteraidnt pas d'exporter seu-
lement du carbon et du b6.
II a dit notamment : < Ce que desire mon pays. c'est
ulne expansion genCralc du commerce. >>
En d'aulres tcrmes, si la France veut continue a re-


_- 1 1 111 19 us"
cevoir une aide de la part des Etats-Unis, elle doit
acheter des products manufactures am6ricains >.
(Du correspon'dant du Reynolds News A Paris).

b) LES TRAVAUX DE LA CONFERENCE DE MoSCOU.

1. Obseiner (16/3) :

<< On s'explique ais6ment que la Russie insisted pour
qu'on dispute A la Conference de Moscou officieuse-
ient sinon officiellement des troubles int6rieurs ide
la Chine. Les Etats-Unis s'6tant apparemment retires
de Chine, 6eoeur&s, le moment est maintenant venu
(selon le point de vue russe) de prouver que le commu-
niste Codlin et non le capitaliste Short est bien un ami.
La Chine se rappelant avec amertume qu'h Yalta on
avait joun derriere son dos avec ses int6rsts en Mand-
chouric, a fait connaitre clairement qu'elle ne tol6rera
plus qu'on s'occupe de ses affaires avec elle ou sans
e!l!. La v6rilt est que la Chine seule peut resoudre ses
liropres difficulties >.

2. Spectator (14/3, conservateur).
<< Des Ic d6but de la conference. olna eu impression
que 1'on poursuivait un but et qu'on 6tait d6sireux de
fire du bon travail. On a evite l'habituelle controversy
sur l'ordre du jour, le project prepare par les supplants
des Ministres strangers ayanjt te a'dopt6 sans discus-
sion ou presque. M. Bevin a obtenu le m6mie succs
lorsqu'il a propose la division de la Prusse en trois ou
on quatre hlnder et la fin de sa domination sur le reste
de.l'Allemagne une fois pour touted. C'6tait li une me-
sure a laquelle il fallait s'attendre, mais il a Wte sage
de la preadre an 'debut et il est satisfaisant de consta-
ler qcu'elle ait Wte adopt6e a l'unanimit6.
On ne peut pr6dire maintenant quelle sera la port6e
des discussions de Moscou. La proposition soudaine de
M. Molotov tendant a dliscuter' de la situation en Chine
caract6rise bien les m'thodes 'diplomatiques russes. II
est douteux qu'on se lance ;dans cette discussion ; on
peut nmme se demander si elle est opportune. Si une
r6elle entente existait entire les Ministres des Affaires
6trang6res, l'influence qu'il.s pourraient exercer sur les
diverse functions qui se disputent le pouvoir en Chine
pourraient avoir une certain' valeur et une certain
efficacit6. Mais on ne peut gUilre cbmpter sur une en-
tente aussi complete. Les Britanniques et les Amxri-
cains r6pugnent assez naturellement a discuter des af-
faires de Chine en 1'absence de ce pays et 'de son c6t6,
la Chine s'.oppose fortement A ce que 1'on discute de
cas affairess. Dans ces circonstances, tout d6bat formel
causerait plus de tort que de bien.
I1 existe th6oriquement un group de cinq grandes
puissances et la Chine. qu'on le veuille ou non. en fait
parties.
La tfiche essentielle de la Conference de Moscou est
d'approuver un traits avec l'Autriche, d'6tablir les bases
'd'un trait avec l'Allemagne et d'arriver A un accord
sur l'attitude a adopter envers ce pays durant l'inter-
valle *qui s'6coulera avant la conclusion du trait. Les
discussions devraient se baser sur l'accord de Postdam,
maiss seulement si toutes les puissances consentent &
s'en tenir aux conditions essentielles de Potsdam. La
Russie n'a jamais agi de la sorte et rien ne montre
qu'elle soit pr6te A s'en inspire maintenant. En effet,
toute la structure 'des -accords de Potsdam s'appuie sur
la resolution de traiter 1'Allemagne come une en-
tit6 6eonomique. Si la Russie i'nccepte pas ces dispo-
,iiionl i; (r ln e--lBre ii' c cet I'A il.,riqi ne devront ad-
mlinisirer lcur propre zone d'Allemagne du mikux qu'el-








4BULLv'IN tUOTIDILN -DE PRESSED ETRANOGRt
N~~


les le pourront. La division lde 1'Allemagne qui en r6-
sulterait serait'le principal obstacle a la realisation (l'tu
accord final A Moscou.

APvBLs Li PISf!prURs Du p vi4PNT TiuM4wN.
Reynolds News (16/3, travailliste).
I.es Etats-Unis se considerent combine engages 'daus
4I1g lutte iponta la Russic pour A'assurer I'heg6nmonic
*mo'l dile et ils noys opt consi.4grs cummne n allic
qui .iait prot .a ssunmer la fichpe ,i4sagrablc de fai re
1a police dans lps epdroits dagfre du'imonde. Des
q4'ils sp aonl aperi-us qu'il Pans serait difficil e du von-
linuer cettfe tacie, ils ont agi rapideMent afin de r bljr l'6luiljr, 'des forces avep 1a Russie. Les Etals-
Unis vgnt 8e rendre dans les lieux quc la Grande-Bre-
Iqg!ip envisageait d'.vapuer.
En e0 qqi copcerne la Grhce. l'effet de I'iptcrvention
qinirioijne sero de sotoepir l'un de ces regimes < cor-
romnpuh, riapctiogaires et inefficaces >, don't Walter
Lippmann parlait l'autre jour.
Les Etats-Unis sont une puissance expansionniste ;
et l'un des lieux oi ils ont pris le phis d'emnprise est
la region petrolifere du Moyen-Otienl.
Dans ls parties les plus branches de son discourse,
M. Truman a admits que ce u'6tait pas taut la (Gr]ce,
tllo-mmnie, qtui l'ilnt'rssait, que ai vqisine li Turquic
qui pcu() p tile pps.ition d'dlat-tan4poi centre la Husiw
et jls phalps potrolif res du Moyep-Orienti. Ls ltats-
Unis veglent enippcler la Russie d'.obtenir du p trole
sans lePur au4lriSatipp. Ils tdbirent pls champs petro-
lifPeres pou'r eux-m iees, et, pour epup6pler les Russes
d'y pen4trer, Uis en chassent .igalerpent la GI!rldc-Bre-

(I)AVID RAYMOND).



II. PRESSE AMERICAINE



ffepjue (d la press qmiricuine dL 15 murs 11117

1. Affhier .fli'cqr

'Tandis que les, ditorialistes continent it etudier les mnul-
ti)les aspects de la nouvelle politiqucr cxt6rirure anmiricainec
ldtinii par le president Truman ainsi que les r6actiins
Otrangeres au discours presidential, les corrcspondanls., poli-
liqupS it Washiplgtpi spivcnt pas i p; la late ivolttiqp Ide
1a lgisl'tiop 'que 1i CongrEs ldevrr. voter pur que Ic you-
vct!ne'rgPe 1cil rl:cip pwi'sse appliquor cetle no'velle poli-
tique en Grcee et cn Turqtle. Ges correspond4lts d6cl'trent
que 1'administrntion amCricaine prepare un project de loi it
sousnettr.e an Congrbs it don't les ternies donneraient, i
I'huure actuclle, des pouvoirs discr6tionnaires au Pr6sideiit,
de nature i hii permcttre d'u'tiliser les 400 millions de lol-
l;irs qu!il a depnapdSs soit sound 1;( ftorl d'r.plprPnts, s> it
sons 1a forip'e ie dOns a la Greec ct i ja Turquic. Cp project
dp jfi auto'isprrait ,galeinent lp President i envoyer t sa
discr6tiqn d(n personnel civil et nilitaire dm6'icain dans ,cs
d(euy pays. Avant d'6tudier cc project de loi, la Coininissin
blud 6tafre de la Chamni'L a decid dr terminc-r la discussion
d'(un project de, lot ant6rieurement ddpos6 qui permcttrait anu
gonvernement amiricain de depenser 350 millions do dill:ir's
daus des paid's oil I'U.N.R.RA. nc pIurra plus apporter 'de
strcuurs, la (irece 0tanl un de ccs pays.
Cjp taiin corrsppncldanls, co '11r c' iji tdu New YPrk Itirtqit(
TfifuGe, cstinfent qB pecttie prqgpgti.r.e retardfra la discussion
dc 1'aide it 1i Qrpe et a la Tirquie, d'auiant pips qu'L le
Cqggrgs a decide d'ouvrir un ddbat public dc 'pjt Ict com-
missions budgetaires des deux Chatmbres, les correspon-
,dants se demandent si le Congrbs pourra voter cctte' aide
avant la date limited du 31 mars pirochain.


Le correspondent du Neu York Times estime cependant
que I'opinion de ia ,majorijd au Capitole dcmeure favorablle
a I'iniliative de M. Truman ct que lc Congrbs agira avant
cLte 6ch@iance.
Des 6ditoriaux du' Ballimore Suit e d lli Net vork Herald
Tribune ct un long article. de David Lawrence dans I'Eoeniug
Star font apparaftre Ics craintes de conflit que Ic liscours
Truman a pu cnrgendrer et expriment do cc fait clur cspoir
qu'il sLcra possible maintenant d'arriver h une entente avec
les RIusses. Le Ballimore Sun s'cxprime notamnment en ccs
terms : c La decision tdu l'residcnt aura de boans resullals
si sa franchise el I'apptohbaton du Congi'rs qui suivra pro-
1thlt'inenl ont ponvaincu les Russcs que notir pays Pr 'in-
ling de tpnir bol et si, d'autre parl, ectte conrviltion ouvre
1 voice ln gtp6ral Marshall pour q ,'il s'entendc avec 1'I
Russic, de fagon it cc quc lnos deux pays vivent ensemble
dans un monde en paix. ,
David Lawrence 6crit, d'anulrfe pearl, qu'il nc-scrait pas
Ssulrpirnaint si un accord inltrvenaitl 'nlie Marshall ct le
,toi;vtirntc:.int sovi6tique', duran it i,.: Isic:ur du secrlt.iire
d'!it.lt i MInssc( >.
Un Editorial des IzocslMi est rcrproduit dqils sa totalil6
danns le VNew Y'rk l 'imes etl ,t longucniellt ci61 dalns'les
autres journanlx quii remlarquont, enl gEn6iral, le Ion Inu
td6er de cclte prcmibre r6aclion rus's. officielle an diicourr
diu prdsidcnt I'ru'ian.
Lippmann dans soi article, :iijourd'hiui. regrclle (qu Ic
prisidenii se soit il montr imnprcis quanl aux intentions do
gquvrncImenot amn6icpain de sMo)llnir tous < ]es piauples ]i-
lires qui r6sistent ". I1 eslimn qu'e 4 les d6clatralions dl'uin
goiuv'crIripoent puissant devraient 6te f dttincs et prt'ises, ilv
.*railtc (lu'cllcs no solent i!litepri tiSes coimme plus mIna-
k:;,ites ou plus p lines tdi promllnts's qCii'elle, ni IV soul ill
rcalitei ,,. tc il ajoulte
SUine politique mondiale vague, ,|ui :'esinn
conmme e Incsill d'une croisadec ijdologique. n'a ;pas
il' limits. Ellrc le peut pas e6rc- e3ntrflCe On ne
pout pas en pr6dire les effcls. Chaciun y verra 1'ex-
pression dl ses proper's craintes et de ses propres
csuoirs et clle pourrait ainsi lencur:iger ec provo-
iquer des s gilrres civiles dans les pays oiu Iie coo'e-
raloian iatio!nalt des parties est deliicalt c t pire ire. c

2'. -- Confirrc'-I deiloscoo

Tous Igs articles dat6s de lMiscon o!l titat des declara-
lions *faites piar le "itlndral ? bl1trsall sur ce qIut rIprlsenIt
la democratic pour I.\tti'riliue et sul r c:, qu'il con-viendrait
dc fire ni Allciagne your reindr ce palys 1m rilocraliqitic.
Patr ailleurs. les correspoitdatils nottnt qle la lussie .
fait coinaitrr le Ic inbroi dol prisonniers dic gcl!rre alle-
imands (Il'elle dl6enit it el yi les r;' Iprisent.llnts lranq;ais ct
brirlaiiquice oni di6oil cigalemnt 1' noinmbr0 d s orison-
niers alleltpanlds dan.s leurs zones d'ociupation.

:1. --- N.Vuni'lrel' d Fraltlc' '/

IU;n d:crrc.sp"ondl a Ni ilu NcH o q Time's, h )Wris rapp'tor '
les inicide(tls qui qut nmarq vi vnepore liiec 19 cihlt sbr P'lu-
!ioclinc i I'Asseliblhe Nationale.
Callender. dans Ic mnimne journal, signalle Ic discutrs pro-
noncd par Ml. Portais irevant le c(ougr6s du 1M.1.P.
Lcta correspo!dainls d'agcepcs dqpicenq d's details sur lcs
incidents fl'itlncn-huliarp' el. qqulincijt Ie rappel suo'dainj
du gonetial Miarinov it Sofia.

n) E': T'I'IAL' 1)1E I1AIX AVEtMC 'ALkiPMAIiNEI (N'iw YOmk 1le-
rvld T'Jibriu, 17/3, dlition eulropicIne) :
< II .scnjiblc que nous soyous pri'ts Ct courier le risque
tdaincreiix e conpinettre les nuinics faulcs quc cellcs
qui opt 1 t( faites en 1919. Si les qualre grandes puis-
sances doivent imposer un accord an people allemand,
la validity d'in tel accord serai-t-elle renforcee sim-
plement parce qu'un gouvernement central sera 6tabli
el que les representants d'un tel gouvernement signe-
ront Ic texte de ce reglement







ltttt~ItIN QUOTIOIEN DR PRESSE ATRANGARE 5


Que gagneront les Nations, Unies en insistant pour
(lIu'Lul accord soit conclu avec un gouvernement cen-
tral allemahci cr&6 dans ce but, alors qu'un tel gouver-
inement, s'il signait le traits de paix, n'agirait certaine-
ienet pas selon la volont6 de la majority du people
qtt'il serait sensii represeter.
On a annonci, il y a quelques semaines, que les
representants amnricains avaient sugger6 A la Conf6-
rence tds supplants tes quatre ministres dQs Affaires
ctrangbres qn'un reglcment avec l'Allemagne devrait re-
Svtir la forme 'tiln < statut international > ii1tpose par
les puissances allies plut6t qu'un trait de paix. Cette
.suggestion a 6t iecart6e, selon toute apparence. Cepen-
thint, elle cst-d sirable et devrait ctre adoptde.
Les grades puissances devraient revenir it la con-
ceplion premritre de ceux qui Gtaient charges d'Wlaborer
a1', poix en 1919. Les clauses dut rbglement avec l'Alle-
magne devraient Sire ties clauses imposes all people
allemand. Elles ne devraient pas fire l'objet de n6go-
cialions. Elles devraient englober (des questions aussi
fondatmentales quc la fixation ties nouvelles frontiires
dte 'Alleimngne, I'occupation militaire prolong6c des
ponils strat6gique.s, le contlrle des principles ressour-
Ces intirelles el industrielles de l'Allemagne, et la dd-
etntralisition polilique de I'AllemAigne, de faeon ,quci
les anciens flats alleniands retrou.vent letir atitonoijie
politique tout en conservant cn meme Icimps enlre cux
Inite l'unilb beononiique nOeessaire.
L'1incltislon de conditions semblables dans tn regle-
nii eni prbliini nire crecra tdes conditions 6conomiques
et sociales qui pourronl encourager lentement, mais
strenlent, Ic ditveloppeimient de la liberl16 politiclue el
renidre possible, en. lin do complex, la naissance d'une
v('rilable dtmnocralie allemande. C'est seulement lorsque
ecl uolectif ser natteint que les Nations Unies pourront
Itr'tllttir en 0lohi0 s&euril it tin gotlvcrnemlent alle-
illtlid ti nii.ancier tn trail permanent et enterr par
11a suilIP ai setn ati I1'O. N. IT., stnr tun pied d'egalite
aVec les atiitrs inenibrcs 'le la comnmunnatutI tdes na-
lions. >
(SUMNEIn E WELLES.)


10) L, ROLEr n1.S ET'rvr-UNIS DANS L.E MONt)E (NeWt York
flhcruid 7'ribiine, 1(i/3) :

< Ia rise diu'Proche-Orienl, qui ne fall que reflter
iioe .siluatioin nondiale critique, a et ain effet bienfai-
s;ail,,sans parlor de I'action que pourront entreprendi'e
les Etats-Unis it I'gard de cetle crise. ~lle a d6n~ontre
tie la facon la plus dramatique quelles sont les respon-
sabilites complexes que la puissance am6ricaine fait
inevi!ablement porter au people ambricain. On a re-
coinu en general, au course des dix dernieres annnes,
" existence ie ces responsibilities.
Comme l'a soulign6 le secretaire d'Etat Marshall, les
Iraitis de paix (qui constituent en fait la solution des
lproblmes r6sullant de la guerre) doivent former
ine b::se durable sur laquelle les Nations Unies puis-
sent fonelionner. Tant qu'on ne se sera pas mis d'ac-
cord sur ees reglements, I'O. N. U. sera en miauvaise
posilioin pot;r s'occuper des crises iondtiales; cc n'est
i0Crllifllnelnilhi paI)s Ot organisme nltluel nous pourrons
s!ilu:telIrte tous les problenmes en elant stirs qt'ils seront
r srolus d'uine facon precise sans auciine difficult.
Prive de(,ee refuge, le people amiricain doit computer
sutr ses pr:pres resources nmatrielles et morales pour
iasumer ses responsibilities. C'est lit ine necessity inm-
petictise ; il d'y a pas moyen d'y echapper. Elle ne d6-
coule pns des actes oil de la volpnt6 d'un hommes on


ri'un grope. Elle r6sulle de la guerre et de la partici-
pation des Etats-Unis dans Cette lutte. Avant toute clle
est due a la force des Etats-Unis force qui peut utre
aussi puissante en s'abstenant d'agir -qu'en agissaitt,
force qui aura certairnment une grosse influence dans
Ic hon on dans le mauvAis sens, qu'efle soit emiploye
on non. La seule existence de cette force est'un objet
de craintes et d'espoirs, d'envie et d'6mulation, de haine
et de Bonne voloht*.
Les Etats-Unis doivent apprendre A se servir de leur
ptissance avec sagesse lorsque 1'occasion s'eti present.
II n'y a pas d'nutre- alternative. z




III. PRESS SOVIETIQUE



Remvu de l a preSe ,sovifl'ituei du 13 mars 1947

LES RELATIONS INTERNATIONALS i)ANS L .'EST EURIOP'I.N

Ta s.ssioll Ino Consell des ministries ties Affaires. 6trat-
ie.res demeut-e la preoccupation essentielle et son intensity
aiiparait eroissante. Dans tous les jounnaux, environ unte
I)pge de comnpte iend' ties s6ances du 12. I y a- lieu de
reliever h l'analyse que la declaration de M. Bevin prend,
dtls le deuxiime paragraple, le caract6re d'une critique atta-
ilihde I ddcouvrir Ics inconsdquences dtl textc. En voii quel-
ulies exetples I'appreciation de M. Bevin Btait quelque
penu inattcnduie pour ailtant 'quce I ministry avait dit lui-
:ninim que les formations militaires qu'il pr6sente comnm
dcs corps de Iravailleurs. anteignent 81.000 homes. Lcs.
explications de. M. Bevin touchant l'armet royale yougo-
slave rcndaiknt un son aussi pen convaiicant, an d6but ell'e
aivait r6t dissoute, ensulite ii ajoutd que ses soldats font
du service do garden, finahlement il a declared quc lorsqu'ils
font cc service ils ont des fusils; sentant nettement la fai-
blcsse de sa position, M. Bevin a essays do retourner la
discussion en soulevant de fanon inattenduc la question du
sort... En ce qui concern Ics prisotniers de guerre alle-
mands, il n'a pas lidsitd a faire 6tat i laI table de la Con-
f'rence des histoires absutrdes depuis longtiemps dementies,
oit 1'on conto que ces prisonniers servent' dans les forces
armies sovietiques, .puis il a essay une tentative malheu-
rensmi de justifier les measures 6videmment insuffisantes pri-
ses dans I1s zones occidentales pour ddtruire le potential
tie guerre, en s'appuyant sur le fait que la r6ponse dUs
atttorites sovldtiques reste obscure dans la question de la
destruction definitive de l'insigniflante portion de ]a floltt
allemande d6truite par l'aviation anglo-amdrfaine pendant
In guerre et depneurie d(ans la zone sbvidtique. II a delare
que dans cotte zone de ]a Ruhr as appliqguait la lot de
detartellisation; or, on salt qu'en Grande-Bretagne la mnme
opinion .publique apprecie avec inflniment de scepticistne
la dite ddcartellisation pour autont que son application est
confiie a ties Aitleriens notolres, pas plus tard que ces der-
niers ours. Cette dcdartellisalion a etM traits de recartcl-
lisation an Parlement ibritannique. M. Bevin a du donner
son accord a In declaration de M. Molotov' touthant Ic
fait qu'unc portion miserable do l'Cquipement de l'indtis-
trie (!e gue'rre allemand a ttdi retire des zones occidentales.
par comparison avec cc qui a' et6 realise dans la zone
sovietfcuc. Pourtant, de ces faits il a tire la conclusion sur-
prehlante qu'on ne peut pas retire cet equipelment a 1'Oiuest
tatl qu'on ne sait pas ce. qui a 6tc fait dans ia zone sovie-
tilnu;e.
A la diff6lrnce des jours pr6eedents, le texte de la reponse
dle M. Mololov h M. Bevin n'est pas donna integralement.
Dans I'analyse ,de 1'Agence Tass, se troupe reproduit Ie pas-
sage oit ie ministre des Affaires Utran.geres soyi6tique op-
pose an point de vue du chef dui Foreign Office, le point do
rue plus just expos par M. Bidault. A la suite de 1'ana-







6 BULLETIN QUOTIDIAN DE PRESS ATRANGARE


lyse de la r6plique de M. Bevin A M, Molotov, apres avoir
dnumm6r les points sur lesquels le ministry britannique des
Affairs 6trang6res tombe d'accord avec son interlocu'tcur,
''agence sovi6tique relivee toutefois, en ce ,qui concern les
propositions de.M. Molotov, que les quatre gouvernements
pr6sentassent des informations sur les prisonniers de guerre
allemands, auoun des ministries n'a fait aucune declaration,
la question est done rest6e. sans solution.
Touchant la discussion de procedure i la i union des
Adjoints, Tass relive, apres une longue discussion, que Mur-
phy a accepted do renoncer it la formula ilu trait de paix
pour 1'Allemagne et a son replacement par l'exprcs:;ion
<( trait de paix allemand .. La discussion de cette ques-
tion avait une grande importance politique et d6passait
consid6rablenent le cadre de la procedure, pour autant 'u'il
s'agit de savoir si ce qui sera conclu avec 1'Allemagne csra
un trait de paix ou un rlcuiment de paix sons ner former
out une autre.
Dans tons les journaux Agalement. des inOchCes Tass re-
latives a la politique d'occupation dans les zones occitlen-
tales et a la- note do protestation de la Mission mililiire
polonaise A Berlin centre l'accueil dans des uniles I-ilita res
de personnel d6placees d'origine polonaise, aiili que dtx-
prisonniers de guerre, et aux extraits de la BerIiner Zeil. ny,
accusant les dirigeants du Konzern Siemens d'etre 'les cri-
minels de guterre, et & la d6couverte d'un complot hitlirien
dans les zones occidentales d'occupation en Autriche.
La Prauda, organe du parti communist dc 1'U.R.S.S., pu-
blie deux commentaires concernant les questions d6battues
a la' Conf6rence. Le premier, sign des initials J. V., ii-
tique la thdorie du. potential militaire tclle qu'elle a 6td
expose 5par M. Bevin; le second, sign de George joulov,.
s'attache A la question de l'insuffisance de la demilit:iri-
sation des zones occidentales. s'6levant contre l'optimisinm
tes d6legu6s americains ct britanniques en nla matiere.
L'un et d'autre concluent c-n soulignant la n6cessit6 d':p-
pliquer les decisions de 1p Conf6'rercoe de' Berlin.




Revue de la pressed' soirtlique rdu 15 mars 1947

Aujourd'hui come hier, deux tlhmes constituent Its
flyers d'attention uprincipaux de la presse.

1. La Conf:renc'ir

a) Tous les journaux reproduisent les complex rendus rle
reunions du 14, don't 1'essentiel est constitudi par '-antallyse
de'la reunion des ministries : texte de ia dtclnration dii
gndrral Marshall, analyse dls interventions dlu president [ii-
tdult et de M. Mololov. Le ton rest i'igoureuscminnt neuire.
b) L'organe syndical Trud piulie un article inlitulu:
< Des formations militaires alleniandes lans lep zones occi-
dentales >, trailant cssenticlleml'nt td lia question dlans Itr
seclcur britanniqui. (voir annexe).

2. Le mnessagfle du president Trumini

a) Tous les journnaux reproduisent sous tie grantss lit 'cs
aI declaration d'Henri Wallace, propose du message dlu p;.'-
sident des Etals-Unis. L l)rel << chapatiau > don't I'AXgeince
Tass fait prefedder cette analyse' caracldrise l'inltervLnliion die
Henri Wallace commune une tdurc criliqe.l.
b) A 1'ddilorial des Izoestir s d'lier, succide unjoiurd'hlli
un editorial de la Pranda, criliquant egaloemien It mess:; ,.
du president des U.S.A. Abordant le problem. dl e 1a m,;ine
fagon quc l'organe du Soviet Sulpreme, lc texte que ( p'hli
I'organe du parli communist sovitfiquc sc di',linjlge pir ;in
ton ncttement plus .vif.


Revuou de la press sovitdique du 16 mars 1947

Les questions de politique 6trang6'e d'une page et aemi
a deux pages environ sont uniquement informatives, ce qui
est exceptionnel le dimanche. Un seul theme de premier
plan : la .session du Conseil des ministries des Affaires
i:rangiires. Le discours du president Trunman passe au se-
cond plan, et an second plan 6galement la luttc pour la
democratic dans je monde, les relations internationals, la
Iort d(, Jean-Richard Blocli.

1. La session dtes minislres des Affaires (rrangBires.

Les Izucsi'ia et la Pravda reproduisent des photogra-
phies du group des quatre ministres et tous les journaux
publient le compte-rendu de 1'Agence Tass qui garde
touiours un ton rigoureusement neutre et donne les 'infor-
mations sans commentaires. On relive :

a) Conference des adioinls.

Les deliguos anglais et am6ricains se sont 6lpvves centre
l'inclusion :des repr6sentants de 1'Albanic en faveur de la-
quelle a insist6 a delegation sovi6tique soutenue par la
ddl6gation frangaisc. M. Bidault a exprimd 1'avis qu'il ne
fnut pas differ a la discussion de la composition de la Con-
f6rence consultative information, vu que cette question
touche aux intirets d'Etats pour lesquels la solution du pro-
hlilee allemand pr6scn'e une importance vitale.

1h) I.'intlercenlion de M. Bidtult.

Soulignan I 'inportalnc', du problinm des personnel d'-
alacIes. M. Ilidanlt a d6clar4 que dans cette question
come danls Ics autrcs la d616gation frangaise se guidait
principalement sur l'idde de la security. Ii est incontestable,
ai dit M. Iidault, que le richer potential human don't 1'Al-
Lemnagne a dispo:;s jusqu'h present constituera un el6ment
capital de son potential de guerre qu'on peut au moins 4ga-
Icr hi la puissance industriclle de ce pays. M. Bidault a
rourni les donn6es du dernier recensement do la population
:llemande qui permit -de juger quc la density de la popu-
lation allemande dlpassc' considiral)omnent la density de la
population des voisins de ce pays et de la France en par-
ticlier. Montraint que la France, pour sa part, est prite a
(ontribuer i. la: mise en execution de cos propositions, M.
liidagilt a declanrd quic Q uoiqu'il soit difficile au ipeuple fran-
cnis d'oublier ses souffranccs et ses 6prcu.ves d'hier. le
Gouvecrnement francais- a cepcndant decided de s'en tenir h
une ielle polilique. II attribul, a dit M. Bidault. une im-
portance priniordiale ,t I'dlaboration par voice d'accords in-
Iernationanix de me.surcs pratiques propres a assurer I'appli-
rlaioun dt'un tell politique. La mise en,vigueur de ces me-
sulres doit iprovoquer la stabilisalion .de la population alle-
ilanilde aussi hin (iu point de vue coniomique que dut point
tie vue polilique.
I Unr dlure exp'lriencc. a declare LA. Bidault en conclusion.
nous a fail comprendre que le nomlire constilue un factcur
iprlinordial an:, la gUCnerL el Ic Gouvernenlent franoais ne
tnlltra jamais I'oublier

c) Dih'/ls sur lNI riorganisalion lerritoriale.
M1. Hidaullt a communiqude la ,division territorial opdrbe
tlan.s i zone I.anmaise, il a aussi relcvd le caracitre provi-
soice Ides ellstI'res rises danls la zone fran iaise. De P'avis
id la dtdl6gatliun 'raniaise', les frontibrcs.elitre les provin-
ces aillcimnndis peuven t et jdovent 6tre r6visies. Ceci est
dliti !iotiamiient par la dl6ci.sion prise de liquider 1'Etat
prussien d'oij il6coulo la neccssit6 d'organiser ide nouvelles
tinit6s terrilitoiales. MI. Bevin propose d'ajourner Ia decision
.iisqu'hi lat rin tie la discussion gdn6rale. Marshall ne s'o)p-
posa pas a Ia proposition do Mi. Molotov, mais se prononca
pour 1'adoption d'une dicisini apr&s la fin de la discus-
sion g6ndrhle. Apparcmniment, nous avons tendance A mettre
lintltes Its questions dans un sac et h ajourner leur examen,
imas il fandra lhie iI un jour ouvrir le sac a dit M. Bi-
datult. et Mole lov, rappelant oni plaisantant cl principle du
lirro d'llbsn o tout on rien m ajouta : nous avions renonec








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGBRE 7


a cc principle en decidant de liquider 1'Etat prussien., mais\
voici que nfous y revenous.

2. Message du president Truman.
Tous les journaux reproduisent une revue Tass des t6-
legrammes de source non sovi6tique r6eptant 1'dcho soulev6
par le message du president Truman. L'agence sovidtique
oppose, tout d'abord les louanges que cc texte a provoqu6
dans les amilieux les plus r6actionnaires .en tant qu'appel
non d6guist h une politique de force, i l'inqui6tude pro-
fonde qu'6prouvent aprss en avoir pris connaissance les
homes de progr6s et les amis de la paik qui y voient 'une
renonciation ah la politique de cooperation et de soutien de
l'O.N.U.. une menace possible pour la paix Idont les peu-
ples martyrisds par la second guerre mondiale snt telle-
ment avides. Tass rapport ensuite : 1 les commentaires
contradictoires que le message a provoqu6 aux U.S.A. ;
les reactions de source franqaise ; 3 les reactions britan-
niques aussi bien d'616ments progressistes que des milieux
officials don't est relevn la situation difficile puisque le
president Truman a explique avec assez de sineprite la vo-
lonte americaine de sauver la Grece et la Turquie par la
banqueroute de l'Angleterre qui s'itait assignee aupara-
vant une semblable mission. Concernant les reactions ide
source frangaise I'agence sovietique rapporte deux d6p6-
ches A.F.P. (les commentaires de la premiere notamment
demandent quels intdrdts purement amdricains peuvent aIe-
fendre les U.S.A. en Turquie) et comment des declarations
faites par un porte-parole du Quai d'Orsay, en indiquant
que le discour. de Truman a impressionn6 les gens qui ont
les nerfs faibles, et on sait qu'il n'en manque pas de
par le monde >.

LES FORMATIONS MILTTAIRES ALLEMANDES EN ZONE BRI-
TANNIQUE (Trud, 15/3).
a La question des formations militaires allemandes
slationn6es dans les zones occidentales est revenue sur
ei tapis a l'occasion de la discussion des problems de
d6militarisation de l'Allemagne,-au Conseil-des Minis-
tres des Affaires 61rang6res a Moscou.
De mLme qu'aprbs la d6faite de 'arnmee du Kaiser en
1918, I'Elal-Major allemand s'6tait intlress& au main-
lien des cadres, dans le but r- r6lablir la puissance mi-
litaire de l'Allemagne, en 1945, les survivants du regime
hill6rien s'efforerent de fire partager au commande-
ment allii opinion qu'un d6membrcinent trop hAttif des
formations militaires allemandes pouvait engendrer
une formidable d6sorganisation du pays. Dans la zone
britanniquc Doenitz ct le feld-marshal Busch reussi-
rent h oblenir des Alli6s la direction des operations
de d6mobilisation. Ces functions Icur permettaient de
conserve en function des 616ments susceptibles d'ihre
utilist-s dans de << meilleures circonstances >.
Les .successcurs allemands de Drenitz et Busch a l'or-
ganisme allemand de d6mobilisation en zone britanni-
[que o'ont toujours pas complttement liquid les 61t-
ments rassembits par .leurs prid6cesseurs. Le nombre
pr6cis dtes anciens soldats hitl6riens qui se trouvent
acluellement au service dte l'administration militaire
est bien plus 61ev6 que ne le laissent supposed les chif-
'fres officials publi6s par administration militaire bri-
lonnique, sous le modest titre dq << commandos de
Iravailleurs >. On pent s'cn rendr.e compete par la quan-
lit6 imnnortante de camps de soldnts allemands existant
dans celte zone. Dans le district de Hambourg, par
exemple, on c6mpte 24 camns de 1.000 a 1.500 soldats
organisms en formations militaires appel6es hbalaillons
de conslructeurs, mnanoeuvre, terrassiers >>, et comman-
des par des officers allemands.
La press d&mocratique allemande mentionne l'exis-
tcnce de camps analogues ainsi que de camps d'anciens
SS dans d'autres regions de la zone britannique. D'au-
tre part, des groups militaires continent h porter
i'uniforrte allemand. Ces groups ont 6t6 renforc6s der-


ni*rement par d'anciens prisonniers allemands rapa-
tri&s d'Angleterre.
La press progressiste du monde enter a signal a
plusieurs reprises le danger 'que constitute le maintien
en Allemagne de ce noyau militariste fascist. Ce n'est
qu'en appliquant la resolution de Potsdam sur la d6mi-,
litarisation de 1'Allemagne que l'on pourra 6viter A
1'avenir qu'un tel danger se renouvelle. >


IV. PRESS BELGE


APRIS LE DISCOURS DU PRESIDENT TRUMAN (La Libre
Belgique, catholique, 17/3).
< M. Truman a-t-il Wti heureusement inspire en don-
nant A ses declaration un caractere que I'on dolt, fata-
lement, A Moscou, trouver agressif ? II' est permits
d'6mettre un doute A cet 6gard. Nous avons tonnu, il y
a peu d'ann6es bien qu'un monde se soit 6vanoui de-
puis lors une p6riode trouble au course de laquelle
les chefs* d'Etat pol6miquaient entire lux en des dis-
cours retentissants, qui faisaient songer aux impr6ca-
lions que se langaient les hirns d'Hombre. It n'est pas
certain que pareille modality de la diplomatic publi-
que serve toujours la paix. Elle aggrave la tension plu-
tSt qu'elle ne l'apaise.
Mais sous cette reserve, it convent de retenir trois
conclusions heureuses du tournant historique que mart
que le discours de M. Truman. La premiere est que le
saint de la Grice parait assure. Tous ceux qui ont gard6
le souvenir de I'attitude h6roique de ce pays face a
l'agression fasciste et nazie et de la gratitude que lui
doivent les d6mocraties, ne pourront Que s'en r6jouir.
Par'ailleurs, l'isolationnisme am6ricain qui, kIu'on ne
se le dissimule pas, garde ses partisans, se voit infliger
Lun nouveau coup, plus dur et plus sensible que ceux
qui I'avaient prBc6d&. Pour qui se rappelle le d6sastre
que fut, pour la cause de la paix, la defection am6ri-
caine lors de la.cr6ation de la SociMt6 des Nations en
1919, ctte manifestation de solidarity entire l'Europe
et I'Ambrique apparait come un gage de confiance
dans l'avenir.-Enfin le gesle am6ricain et les commen-
taires qui 1'ont entour6 attestent la conscience iqu'ont
les Elats-Unis du devoir de defense de notre vieille ci-x
vilisation occidentale don't les circonstance les ont
amen6 A devenir les champions. 'Sur cc plan encore,
ceux qui ardent chevillee au coeur la fid61it6 A nos
valeurs traditionnelles ont entendu avec motion In
grande voix qui nous vient d'oultr-Allantique. >
(PAI!r. S'nIUYv).


V. PRESS SUISSE


LEs ETATS-UNIS ET L'U.R.S.S.
1) L(I Tribune de' Geniivue (15-16/3.) :
Tout cc e q leis Elals-Uais exigent pour l'instant de
I'U.R.S.S., c'est q(u"elle limited son action conqu6rante on
subversive --- pour eux-cela revient au Inicne aux
lerritoires don't ellc s'est d6.i assure le contrl1c exclu-
sitf A la faveur des conventions d'armistice. II suffirait
done que les dirigeants de Moscou ordonnassent i leurs
homes de confiance, A Belgrade, A Sofia et A Tirana,
de s'abslenir de loute ing6rence hostile dans les affai-
res de la Gr6ce, qu'ils s'engageassent A respecter I'inth-
gril6 el la souverainet6 de la Turquie en se pr6taht
loyalement A I'application de la procedure de revision
fix6e par la conTention des D6lroits, qu'ils se montras-
sent un peu plus accommodants, aussi, A 1'6gard de la







3 BULLETIrN QtOttblEN D1 P1RESSE' A NL1t5E


1-ongric et dcl'Autriche pour ramener d6jah ine pre-
mire et s6ricuse d6tenle.
Reste. il est vrai, le problWme allemand, qui devrait
fire l'objet principal de la Conf6rence de Moscou. Mais
il ne constitute pas, come oni a parlois tendanceA le
croire, un problbme isolt,. LA enco-c, les possililit6s de
marchandage !ne mtnquent pas. Des le premier jour de
la Conference, M. MoloLov a d'aillcurs lance in coup
de sonde lris significalif, en proposant A ses colleagues
d'inscrire 6galemertt A l'tPrdre du jour In question de la
situation intlrieure en Chine. C'6tait dire clairieent au
g6n6ral Marshall que I'altitude de I'U.R.S.S. plans les
discussions relatives A I'Europe lependra en definitive
des concessions que les Etals-Unis sernient disposes A
lui fire en Extreme-Orient.
(P.AUL nou BocTnuT.)

2) Banser NcchHichlen (15-16/3) :

Si le Congrbs suit Ie President on pourra parlor d'un
touriant dans l'histoire dui monde. En effect, fl s'cst pro-
duit un 6v6ncment qui ne s'6tait pas product il y a dix
ans, bien qu'il eAt pu empecher la second guerre mon-
diale : le gouvernement nnamritain a fait connnallre sa
volont6 et d6pass6 la sphere des allusions mnnencantes.
Quiconque, h la surface de la terre, caresse des desseins
cblliqueux sait ninintenant, sans aucune Cquivoilue, que
P'Arnrique prendra position contre lui. El les (venluel-
les victinmes je l'agresseur, savent 6galement de science
certain qu'elles peuvent computer sur I'aide ameni-
eaine...
Mais, ,u Kremlin, comment va-t-on appr6cier la non-
velle situation avec les chances qu'elle offre cl les ris-
ques qn'elle comporte ? On peut admetlre d'avancee,
sans risquer beaucoup de se tromper, que la decision
des froids calculateurs de Moscou ne scrap p;s prise
,sons influence du ltdsarroi. La Rus'ic n'est pas arnme
pour une grande guerre Orient-Occidenl, pas encore.
Economiquement, elle n'cst pas pr6te. en particulier an
point de vue du rvitaillement. A la difference ie ,1939,
on ne Irouve plus, dans le vieux nionde A deini-mort de
faim, de pays aux d6pens desquels de grandes armies
d'invasion potrraient vivre, ne fit-ce qcre quelques
minis, h aI suile ld'une attalqe declenchie anu lion mo-
ment. On petet douter aussi (lue les peuIles i)ppartc-
nant A In ceinlnre de s6cnril6 russe, qui s'elenl si loin
ot' Europe. soient deja siu'fisnmncilent doniestiqi6es pour
'ouriirir nine base de d6lparl tout A fail s.r-. 1En Asic,
Ia silutdion est sensiblieent la nnime. El puis i' ya 'les
bonmbes atominuties II est incon,!estAble quc 1'A tnrique
en nossebde une grande quanlil et u'celle continue a en
fabriquer tonjours davantage. Du cAte russe, pas de ren-
seignements curtains cet e 6gard. Mais on peul croire
que I'U.R.S.S. n'cst pas prte,; sinon sdn attitude au sein
des commissions. de 1'O.N.U. qui s'occupent du problme
atonlique serail probablenient un pen mnoins neirvuse.
Lorsque In volont6 amirieaine de secourir, les Elats
mennc6s so scr Iraduite c4 actes, on ie tardera pas
a .savoir si !In Russie veul lia guerre : an cas oil les in-
':slrgds grecs continueraietll I opposer une 6rergique
r sislhncc, il fiaudran n conclnre qu'ils reoivent des
enlcotluragementles de Moscon. .Sino. conclusion coll-
Iraire : continuer A les exciher, puis JIs laisser ecra-
ser, ce serai I al servir Ie prestige russe. II I'lnt done
tilendre de voir s'il se plieront bien genliment. Les
Ani6ricains votidront sans dloile leur facililer la lAche
et, hon gr6, .mal gr6, ec goiuvernement grec devra aider
le gouvertnheent de Washinglon. Le president Truman
ne souhaite 'etrtainement pns que sa polilique s;it mise
A I'6preuve dans le sang.


3) National Zeitanq (15-11/3) :
La politique d'abandon sans combat et de liquida-
tion que les Alli6s ont faite au temps de l'ivresse impc-
riillste de l'Allemagne, disparait au profit d'une poli-
tique 6iiergifu dle resistance et de d6limitation des
spheres d'intluence. II est certlaini qu'il en r6sultera des
opposition violentes ct meme menagantes, mnis d'apr ~
nous, cette rencontre di'ecte extra-europ6enne est A
l'heure pr6sente plus utile qu'un jeu avec le fel qui dii-
rerait de.s ann6es aux conferences de la paix.
La, Ipalole est en premier lieu au Congres anidricain;
il doil dire s'il entind appiotivet la notivelle politique
6trang6re des Etats-Unis et le d6placemeht de la froti-
tiere vers le sud-est de 1'Europe. Puis il faudra attendre
la ractioii de Moscou A cette injunction 6nergique. II
appar(ient A I'Europe de rendre fructueux le resultat de
cette explication entire los grandes puissances1 afin
qct'un accord paciflque, sans guerre, miits non sans
lutte, pIlsse Ntre oblcnu dins le chocur des Nations
17nies.


ANNEXE


DISCOUns PRONONCf PAR L'AMBASSADEUR DES ETAT-UNIS
A PARIS SUR .ES RELATIONS IECONOMIQUES FRANCO-
Ail1RICAINES.
Le 13 mtars devant to Comil6 France'-Ai6riquc,
I'ambassadeur des Etats-Unis, M. Jefferson Caffery,
a pronionci un important discours sur les rela-
tions economiquies franco-ami6ricaines. En voici le
text integral :
< Je suis tres heuretux 'd'etre ici eel aprs-mnidi, parmi
tant de vienx amis.ct de meinbres du Comit6 France-
Am6rique. Vous le savez, j'ai toujours 6et int6ress6 par
vos efforts tendant A elargir la comprehension entire
la France et les Etats-Unis, et je suis trcs honor de
figure A votre programme d'aujourd'hui.
I! y a quelque temps, lorsque votre distingu6 Pr6si-
dent m'a deoman'd6 de prendre la parole, j'6tais iind6cis
quant A la phase d.es relations franco-anmrieain.es qu'il
convenait de choisir c'omme sujet Ie plus int6ressant
et lc plus A I'ordre dul jour, Les rapports entire nos
deux pays ehglobant tant de champs d'activite, tant
d'iddes Je crois qu'il ne serait ni interessant, ni ins-
tructif de traiter totites ces questions dans line simple
'discussion panoramique, si large soit-elle.
Nous vivons en ce moment des temps durs ell mlat6-
rialistes. La lutte pour la paix et la security est tout
aussi d;ifficile et exasperante que I'a Wt6 la lutte pour
la victoire. C'est pourquoi j'ai pens6 que la discussion
d'in point particulier de nos rapports celui des
relations 6conomniqucs et. commercials franco-am6ri-
caines serait infiniment plus approprie qu'und suite
de g.n6ralit6s sans but.
J'ai aussi et6 pouss6 au choix de ce sujet .lpar' ie
faith que la Conf6rence Internationale Econonique de
Geneve s'ouvrira trbs prochainemeni, et le sucies do
cette conference est d'un int6ret primordial pour nos
deux pays.
Je ne saurais trop insisted sur ce que la France et
les Etats-Unis gont l'un pour Pautre dans le domain
du commerce international. Avant la guerre, cinq et
demi pour cent des exportations totales de la France







ib LLETIN QUIOTIDIEN PE PRESS fTtANQRE .


allaient aux Etats-Unis, et onze pour cent de ses im-
portations ,provenaient dp notre pays.
L'an dernier, six pour cent de toules les exportations
de la France all6rent aux Etats-Unis, et vingt-huit pour
cept de toutes ses iniportations provinrent de cette na-
tion.
Ainsi, an 1946, plus 'du,quart des importations totales
de la France arriverent 'des Etats-Unis.
En reality, la participation du commerce franco-am6-
ricain est aneme plus grande si oan considered qu'unp
grande parties des changes de la France s'effectue avec
ses propres colonies. Ce qui ne peut vraimnent Ctre ap-
pel6 commerce exterieur.
Les chiffres suivants pourront illdstrer encore mieux
L'interd6pendance de la France et des Etats-Unis dans
le commerce international. Les importations totales de
"la France en 1946 ont 6te valuess a doeux cent trente
juatre milliards de francs, Soixante-dix-huit pour cent
e ce total provenaient des pays Ctrangers, vingt-deux
pour cent de ses colonies.
Les exportations totals do la France pour' 1946 fu-
rent 4yalubes h cent un nillards ide francs. Soixante-
sept pour cent de ce monlant all6rent aux pays 6tran-
gers, tentle-trois poPr cenit aux colonies rantaises. ,
Si-l'on consid6re les chiffres lotaux 'des iniporlations
el exportations, on est frapp par le fail que iwnlgre la
grande aminlioration spr 1945, les imnportation's fran-
;dies o'u'r 1946 ont pcore e6t, plus du double de ses
eoportatOtps. La marge de diff6rence enlre les deux a
cel)peudat dijlinu6 au fur et 4a icsu'ce 'que l'anneu
g'avancail. Le deficit de la balance commercial fran-
Cipc avee les Etats-Uais s'6levait 4 presque cinq cents
millions da 'dollars sur um d6licit total de plus d'un
minliar d de dollars. Ainsi, la part des Elats-Unis 6tail
d'envirop quarante-cinq pour cent. Le fail ienluctable
est que la France a 616 oblige d'acheter aux Etats-Unis
des mnarchandises 'd'une valeur dix fois Suprieure 'a
colles d'es produils qu'elle 'clait, en, nesure 'd'cxporler
vers ce pays.
Cette balance anormale est in consCqueuce inevitable
de la dislocation r6sultant de la guerre ct d'un- besoin
urgent de materiel pour s.a reconstrtciion. Pour sauver
,son people, sa terre et sa machine 6cononoique, la
France a dl acheter A l'6lrange cn quantilts 6normes
des products alimentaires, des matieres preminires et des,
produits finis. La terrible s6cheresse don'tt out souffert
h la fois la Me!ropole ct l'Afrique du Nord' Fri;'qaise en
1-945 a rendu indispensable l'achat a l'ltranger de cU-
rlale et de farines dans des proportions plus grades
qu'il n'avait ittC nCcessaircs de la fair auparavant. La
crises du chalrbon, conine vous le save si bien, a molive
*1'iplortation des Etals-Uiis 'de grande quatlilcs d'e
Scornhustib.les qui auraiclel Aorm-atleient pu t3tre hocenus
de sources beaucoup plhs rapproclecs.
Il est intlressant d'Ctudier la nature des marchandises'
qui sont actuellement imporl6es on ui tel volume des
Etats-Unis. Au point de vue tonnage, le carbon esl
de loin le premier, occupant un volume trois fois plus
important quo le suivant, les products petr:olifres. En
1946, pr&s de cinq ihillions d .lonnes nimtriques de
charbon ont 6t1 importles 'des Elits-Unis en, France
sur un total de neuf millions de provenances diverse.
Tandis qu'en 1938, pas un seul kilo de carbon fl'avait
6t6 enVoyB6 la France par les Etats-Unis. D'ailleurs,
aucune livraison de carbon n'6tait alors faite par les
Etats-Unis aux pays europeens, car i'l n'eut pas 6t6 pro-
filable de faire venir de si loin ce qu'on pouvait obtenir
en Europe m&me. La guerre a change tout cela.
En oe qui concern les produils .ptrolif6res, la Fran-


ce d6pend ,de ses importations potr satisfaire A quatre-
vingt dix-huit pour cent 'de ses besoins. pien que la
production p6trplif4re mondiale alt 4te insffisaple en
1940, les companies am6ricaines -et leUrs filiale's 4
1'itranger qnt foprpi A, la France environ spxa.lel
quinze pour cent de sa demand. Plus de cipq millions
de tones d'essence et p6trples opt 6tc jmportees en
France en 1946., De plus, les poupagnies .americgines
investissent des capitaux dans industries .franaise ide
Ia raffilerie. S.Ar les quatre 'usines qndommaggee par la
gperre, dans lesquelles les AmCricains ont des inthrpts,
trois pnt 6t4 remises on Rtat au d6but de l'anne1 1940
et en jajvier 1947 travaillaiept a plus de cinquante
pour cent de leqr capacitB d'avant-guerre. De grands
projects sent a 1'6tude pour la modernisation compllet
de cette industries.
Une autre importation des Etats-Unis qui a pris une
gran'de-importance depuis la guerre, alors qu'eti temps
normal e'lle ne jouait qu'un role secondaire, est cell
des c6rCales et des marines. En 1938, les Etats-Unis
out envoyC h la France trente-quatre mille tonnes de
ctr6ales et de farines. L'an dernier, en depit de la
diskette, mondiale de grains, les Etats-Unis lui en out
fourni plus d'u.n million de tonnes. Pourrais-je citer un
meilleur exeniple e e la faon don't les circonstances
adverses en ce cas les conditions almospheriques -
'ont atgmente le deficit de la balance colnmerciale
franiaise. II est vraiment tragique de pcnser qu'h un
ionment o4t les devises dtrang6res sont si prelieuses et
les exportations si d6ficientes, il y ait cu It a fois en
France et dans ses colonies des recoltes si mauvaises
'qu'il a 6t6 indispensable d'imporler de 1'CLranger deux
fois auptant 'de bl6, de farine et d'autres c6r6ales en
1946 1qu'en 1938, et ceci en depit du rationnemnent du
pain et autres measures destinies a dim.inuer la con-
sonmnation. Bicn que le carbon' ct le tb constituent
des exemnples types de products imports on 1946 en
plus grande quantity qu'A I'habilude, ils no sont pas
uniques. En ce qui concerne les machines, par exem-
ple, je note ,que les quantit6s importi es onl i Ce seize
fois plus iimportantes on poids et sept fois cin valour
en 1946 qu'avant la gurre.'
En fail, on examen atlentif des iun.porlalions uonutre'
qye le seul produit inipoirl avait la guerre en plus
grande quantity& qu'en 19416 Clait le petrole. Et ceci
i'est pas r^ comnme vous le pcnsez bien, a ute dimi-
nution Ode 1a dvmainde mais a la difficult d'obteniir des
petrtoliers pour le transport et l'impossibilite d'utiliser
a plein rendemeni los raffinerics francaisvs cndomnia-
gdcs par la guerrc.
Une 6lude similaire portent sur l'.s cxportalion.s
franchisess rkvcie qu'en 1938' le volume total cn dol-
lars a Cte d'environi quarante-hitiU miniions alors qu'il
s'cs 61cev4 a cinquante-dcux mNilli on.t' cn 1946, une aug-
icentation nc correspondent en ricn i celle des impor-
lations. Ii esl toplcfois reconfo'tant de cnstater que oe
taux d'augiientation des exportations franc(ai.ses est alli
crescendol vers la fin de I'annie, notainient pendant le
dleriier triniestre dc 1946. On retrouve :uix premieres
places parmi les produils franuais e.xporls vers les
Ftals-Unis cegix qui y figurkient deja avant la guerre.
Iis co0mppenncut lcs vins, cl liqueurs, cuir.s et pcaux, lex-
tiles, parfums et huiles essceticlles, etc. Ccrtaiies des
quantit6s exp6di6es out cependant te6 tris diminuees
alors que les prix se sont elev6s. Les vins et liqueurs,
par example, figurent pour 75.000 hectolitres compara-
li,vermenlt a 65.000 hectolitres en 1938. Leur valeur ce-
pendant fut de plus de 20 millions de dollars, s'oppo-
sant moins de quatre millions avant guerre. Ceci 'est
un example frappant de l'augmentation des prix en
France et un signal d'alarme pour la prosp6rit6 future







i0 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


des exportations francaises dans la concurrence inter-
nationale. On a beaucoup pari6 r6cemment de la diffi,
cult rencontr6e par les importateurs am iricains dans
la vente des products de luxe a des prix surestimbs a un
public de consommateurs de plus en plus reticent.
MWme lorsque les products sont aussi connus que les
vins et parfums francais, le temps ne sera bien t6t plus
oil les acheteurs consentiront A les payer deux on trois
fois leur ancien prix en dollars. Les vins et parfums
sont sans doute un exemile exceptionne,1, mais iT est
cependant frappant qu'en 1938 la valeur moyenne par
hectolitre de vins et liqueurs francais imports aux
Etats-Unis 6tait iapproximativement de soixante dol-
lars alors que Van dernier leur prix moyen 6tait de
290 dollars par hectolitre. Le faith que les importations
de Fan dernier comportaient une grande quantity de
liqueurs et cognacs coilteux et relativement pen de vins
de table ne diminue guire la valeur de cetle compa-
raison.
Pendant toute ccttle p6riode d'importalion aiormalc,
il a 6galcment B6l impossible a la France de produire
des marchandises pour i'exportation sur une 6chelle
comparable a celle d'avant-guerre. MWme A l'6poque la
plus favorable la France a souffert d'une balance com-
merciale d6ficitaire qui etait partiellement .comipensec
par les grandes depenses des tourists strangers sur
son sol. Mon pays avait une place d6termin6e dans .ce
ph6nomine, car mime lorsque la balance commercial
des Etats-YJnis avec la France 6tait d6favorable a cette
derniLre, mes compatriotes 6taient parmi les plus nom-
breux dans les Phordes d'6trangers qui choisissaient la
France comme but de leur invasion. On met de grands
espoirs dans la renaissance parlielle -de l'industrie, tou-
ristique cette ann-6e. On s'attend officiellement A rece-
voir cinq cent mille tourists parmi lesquels on pense
que cent mille an moins viendront des Etats-Unis. Ce
chiffre est plus qu'un vague espoir, car les transatlan-
ti6ques en service A l'heure actuelle entire les Etats-Unis
et la France sont tous complete de mai L octobre 1947,
tandis que les companies aeriennes s'attendeni a une
mlme affluence. Le Commissariat general au Tourisme
francais prend des measures actives pour permettre A
a France de recevoir les strangers, meme dans les dif-
Ticiles conditions actuelles; Les hotels sont restaur6s
de telleJnanikre que les hoteliers seront fiers d'accueil-
lir leurs clients. Quand 1'6te viendra, on espere que les
problimes de l'alimentation et des transports auront tde
solutionn6s de facon A prouver aux visiteurs strangers
que la France est toujours le centre gastronomique du
monde. Je crois savoir a ce sujet qu'il existe un project
tendant a r6duire de 25 % la taxe de luxe dans les
restaurants comme un encouragement au commerce.
touristique.
Cependant ce chiffre de cinq cent mille est un tris
faible pourcentage du traffic touristique regu ,nrmale-
ment de 1'Ptranger. A partir de 1920, pendant les an-
.nes suivant la derniere guerre, le nombre des touris-
tes s'est l6evO A plus d'un million par an et s'est main-
tenu constamment a ce chiffre jusqu'en 1933. Pendant
l'ann6e de prosp6rit6 de 1929, il y a eu environ deux
millions de tourists strangers en France et m&ne du-
rant les annees de depression, de 1933 A 1938, ieur nom-
bre est tomb6 A un pen moins d'un million par an.
Avec une balance commercial nettement d6favorable
et une forte reduction du tourism, le deficit .commer-
cial frangais avec les Etats-Unis est covert au moyen
de credits commerciaux. Le plus recent a 6te alloune
: F In Frnce- conform,6mTtent anx records B'um nmrcnei
in m1iii d'rniT ir Wishinglon. C'e crs rdil s'dcl nt l,'
un milliard neuf cen vingl millions de dollars. ED


oclobre dernier, de ce montant, un milliard deux cent
millions de dollars avaient dejh 6t6 utilis6s et les com-
mandes places aux Etats-Unis avec livraisop en 1946
et 1947, s',levaient a neuf cent millions de dollars. Par
consequent, il y a d6jh un deficit de cent quatre-viligt
millions de dollars. Pour faire face a cette situation, les
autorit6s franchises out r6cemment demand A la Bain-
"que Internationale un autre pret de cinq cent millions
de dollar
La .seufe solution que l'on puisse envisager pour re-
mtdier A la dislocation actuelle du commerce franco-
am6ricain est une augmentation des exportations vers
les Etats-Unis. D'autre part, il est logiLue de s'attendre
A une revision dans la nature de certaines marchandises
achet6es actuellement aux Etats-Unis en grandes quan-
tit6s. Bien que nous ne d6sirions pas une diminution
des exportations americaines vers la France, il ne
serait cependant pas clairvoyant de s'attendre a ce
qu'une grande parties de nos envois vers ce pays con-
tinue ah tre constitute par des products tels que le
carbon et ile bi,. Ce que mIon pays recherche est une
expansion g6n6ralc du commerce cnlre nos deux pays
et cn fait, avec le monde enter.
l.es principles auxquels les Etals-Unis sont sincCre-
ment attaches en' cc qui concern le commerce inter-
national ont W6t exposes r6cemment dans uec brochure
intitul6e < Propositions pour le d6veloppcment du coin--
merce mondial et du travail >. Ces memes propositions
,nt plus lard ete incorpor6es dans une < Proposition
de Charte pour une organisation international des Na-
tions Unies >. Ces documents serviront de base aux
n6gociations qui auront lieu lors de la Conf6rence de
SGenbve qui s'ouvrira le mois prochain. Le but de ces
n6gociations est de poser les fondements d'un system
6conomique unilateral entire les nations du monde dans.
Sequel les products de France, d'Am6rique et des autres
pays pourront se concurrencer dans un march mon-
dial. Nous croyons qu'un tel systeme 6conomique inter-
national est indispensable a la prosperit& mondiale et
h une paix durable. Nous pensions que la r6alisation de
cet objectif repose sur la bonne volont6 des Nations
pour reduire les tarifs et l6iminer les autres barribres,
entravant 1'6conomie international, pour 6tablir leur
politique Bconomique international sur une base de
non discrimination et pour limiter et r6duire les pra-
tiques restreignant le commerce priv6 et affectant P1'co-
nomie international. Plusieurg pays, parmi lesquels la
France, ont donn6 leur accord de principle a ces pro-
positions. La DBclaration commune de politique com-
merciale, signee A Washington, en mai dernier, par le,
secr6taire d'Etat et M. Blum, contenait une clause par
laquelle le gouverhement francais exprimait son accord
avec les propositions de mon gouvernement.
Le. succ6s des prochaines n6gociations internationa-
les 6conomiques est intimement lie aux progrbs impor-
tants. que la France a deja accomplish dans sa restaura-
tion 6conomique et don't nous esp6rons la continuation
pendant les mois qu'i viennent. Ces n6gociations de-
vraient aboutir a la creation d'un march& mondial paur
les products francais et faciliter l'achat des matirres
premieres et des products manufactures qui seront nd-
cessaires A la renaissance de l'industrie et de l'agricul-
ture francaises. La mise e.a application de ce system
contribuera largement a 6viter le cbmage dans le
monde enter et A d6velopper la prosp6rit6 6conomi-
hue -mondiale sans laquelle la prosperity national ne
peut exister.
La semaine dernikre, le president Truman, dans un
discours prononc6e Waco '(Texas), a dit cc qtii suit :
<< Noui>s \ ions d(Iutial rt' o>ux i't Nalin i.u nl,(i
dt sc joindre a nous pour abai.ssrr le: barrieres cim-









BULLETIN QUOTIDWFN DR PRESSE 1ATRANGARR 11


merciales. Nous ne leur avons pas demand6 de suppri-
mcr toules les barriers, pas plus que nous avons offers
de le fire nous-memes. Mais nous avons propose de,
n6gociations en vue de la reduction des tariffs doua-
niers, ici et h 1'etranger, de l'l6imination des autres
measures restrictives et de I'abandon des measures prif6-
rcntielles; Ces n6gociations doivent etre entreprises au
course de la conference qui s'ouvrira h Geneve le mois
prochain. Le succes de ce programme est essential h
ln creation de l'Organisation du Commerce internatin-
nales et du Fonds mon.tairc, et A la validity de toute
la structure cooperative des Nations Unies dans le
domaine 6conomique et politique. >
'Et le Pr6sident continue, et c'est la parties de son
discours qu'il imported de souligner.


II est ine chose h laquelle les Etats-Unis attachent
encore plus de valeur'qu'A la paix. C'est la liberty. Li-
bert6 des cultes, liberty de parole et liberty d'entre-
prise. II doit Otre vrai que les deux premieres de ces
liberties out un rapport avec la troisiime car, dans
Loute l'histoire, c'est dans les pays qui ont accorri6 uOe
grande part de liberty h I'entreprise priv6e que l'on *i
Sjoui le plus fr6quemment de la liberty des cultes pt
de la liberty de parole. La liberty a fJcuri quand il y
a eu separation des pouvoirs. Elle a langui quand eI
pouvoir ettrit trop fortement centralis6. Si bien que no-
tre atlachement a la liberty d'entreprise aux Etats-Unis
a des racines plus profondes .que le d6sir de protege--
les b6n6fices de la propri6te. II fait parties int6granto
dp notrc h,6ritage d'Amnricains. >


b. 11. 1. Im-p.. 27, rue Nicolo, Patris -3I.jo-0:j