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SERVICES FRAN(AIS D'INFORMATION (MINISTiRE DE LA JEUNESS, DES ARTS ET DES LETTRES) Direction de la Documentation. 14-16, rue Lord-Byron, Paris ,8'). LA DOCUMENTATION FRANCAISE MINISTER DES AFFAIRES ETRANGERES BULLETIN DE PRESS 15 mars 1947. QUOTIDH ETRANG Nouvelle S6rie NO 619 SOMMAIRE I. PRESS BRITANNIQUE. a) Apres le discours du president Truman. 1. Dally Herald (15/3). 3. Daily Express (15/3). 3. Marichesieir Guardian (14/3). b) La visit des deput6s sovi6tiques en Grande- Bretagne (Manchester Guardian (15/3). c) Autour de la Conference de Moscou (New Sta- tesman and Nation (14/3). II. PRESS AMARICAINE. Apres le discours du president Truman (New York Herald Trib.une .(14/3). III. PRESS SOVIATIQUE. Apres le discours du Pr&sident Truman. 1. Izvestia (14/3). 2. Pravda -(15/3). b) La Conference de Moscou et le r6glement de la question allemande. 1. Isvestia (14/3). 2. Pravda (14/3). IV. PRESS POLONAISE. Apres le discours du President Turman. 1. Zycie Waviszawy (14/3). 1. Robatnik (14/3). V. PRESS BELGE. Apres le discours du President Truman. 1. La Mdtropole (14/3). 2. La libre Belgique (15/3). VI. PRESS SUISSE. a) Apres le 'discours du President Truman. 1. National Zeiting (14/3, 6dit. du soir). 2. Neue Ziircher Zel'ung (14/3). 3. La Tribune de Gendve (14/3). b) Le probleme allemand et la paix mondiale (Jo<,r- nal ide Geneve (15/3). I. PRESS BRITANNIQUE Revue de la prestle britanniqiue du 15 mars 1947 La press de ce matin reserve une parties de ses man- cheites aux imnportants dghAts causes par les inondations. Toutefos, c'est encore au aiscours du pr6siaent Truman et A ses Lepercusiions qu'elle consacre la plus grande parties de -ses articles ide fond. La Confeience de Moscou est 6galement 6tudide d'assez pr6s, mais il semble que les corresponaants insisicnt bien davantage sur les modifications que la nou- velle politique am6ricaine ne manquera pas de causer nans les relations internationals. Bien que les questions frangaises fassent I'objet de quel- ques articles, aucun journal, sauf le Manchester Guardian, ne leur accord une place important. 1. Aide americainie a la Grace La press etudie ce matin encore les diverses reactions qui se sont manifestoes idans le monde devant le discourse du president Truman. a) Aux Etats-Unis. Les milieux politiques se montre- raiOnt, selon le correspondent du Times, de plus en plus favorables a une aide amiricaine a la Gk'dce et a la Tuoquie. Toutefois, ceux qui seraient charges de r6diger le texte du project d'ass.stance a ces deux pays auront soin de precisser .que l'aide amdricaine qui leur sera aoordde se limitera a la livraison de fournitu-es militaires et a l'envoi d'officiers instructeurs. Toutefois, le correspondent du Manchester Guardian donne une note contraire : selon lui, une opposition de plus en plus vive se manifesto a la politique du president Truman; ii semble probable que le d6bat au Gongrbs sera plus long et plus ardu qu on ne l'avait tout d'abord pcns6. II donne les noms des diff6ients s6nateurs et membres du Congr6s qui s'opposeront au President et fait 4galement 6tat d'un discours radiodiffus6 de M. Wallace dans lequel celui-ci a vivement critique, la nouvelle orientation de la politique am6ricaine et a idemand6 que la question grecque soit sou- mise a I'O.NkU. Toutefois, ce correspondent estime que le president Truman obtiendra une maj.orit6 au Congres et l'appui de l'opinion publique : Il est difficile de sures- time, les sentiments antirusses de la plupart des A.mri- cains ,, ajoute-t-il. Selon Al. Cooke, dans le meme journal, les critiques ou les 6loges doivent s'adresser 6galement au Pr6sident, au general Marshall et A M. Dean Acheson. Selon. le correspondent idu Daily Telegraph, les membres du Congres seraient convoquas, car le d4bat qui doit avoir a ^ BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGtRE liu sera le plus important depuis le jour oh Ih Congres a adclare la guerre aux puissances de l'Axe. Les Amiricains se rendent compete desormais que les Etats-Unis se trouvent dans la necessity de prendre sans cesse de nouveaux enga- gements Idans le monde. Selon S. Birch, correspondent du News Chronicle, la nou- velle poiitique 6trang&re de 1'Ameiique sta le r6sultat di- rEet de consultations entire M. Truman, le .gndral Marshall et le general Eisenhower. Ce serait une erreur considerable de la part de tout pays stranger de sous-estimer la volontd qu'a l'Amerique de ,uivre les principles exposes dars le dis- cours de M. Truman. Le Daily Express met en relief les paroles 'de M. Van- denberg, selon lesqu.lles 1'Am-er.que courrait moini de ris- ques A souvenir le project du president Truman qu'a le re- jeter. Son correspondent ne pense pas cependani que ce proj.t puisse etre adopt par les deux Chambres avant le 31 mars, date oft la Grande-Bretagne cessera d'aider la Grace. b) En Grande-Bretagne. Deux opinions se font enten- dre : cello de M. Chutchill, approuvant sans reserve la poli- tique americaine, dans laquelle il volt le moyen d'cmpdcher une nouvelle guerre; et celle de M. Noel Baker, demnandant que la question grecque soil portee devant I'O.N. . Entre autres, la press signauen qu'un certain normbre de parlementaires ont d6cid6 de demander an gouvernement de publiev un Livue Blanc sur les negotiations qui out eu lieu entire le gouvernement britannique et le gouvernement ame- ricain avant le :discours du president Truman. Le Daily Worker announce, d'autre part, que dix-neuf chefs de syndicats britanniques ont demand au Premier Ministre de condamner publiquement et immediatement la politique am'icaine. c) En Russie. Les reactions officielles se font connaitre par le truchement de deux 6ditoriaux dans la PrtwdI et les Izvestia, don't AkIxandre Werth donne d'im ortants extraits dans le Manchester Guardian. Selon ce correspon- dant, il semblerait que les Russes ne vouduaient prs enve- nimer les choses, ni faire quoi que ce soit qui puisse causer 1'echec de la Conference ide Moscou. On retrouvera lan mnme mode.'ation russe dans les complies rendus donnes par les correspondents sur les negotiations au sujet du trait allemand. d) France. Le Manc'hster Guardilan reproduit une de- pdche Renter qui donne ide trds courts extraits de deux jour- naux frangais : l'Ordre et la Ddepche de Paris,, d'apres les- que.s ces deux journaux insisteraient sur la p-'sence amd- ricainc au Proche-Otient aux depens de la Grande-Bretagne et sur le fait que les Etats-Unis et la Russie se trouvent ddsormais face A face. Le correspondent particulier du Times A Moscou fait 6ga- lement 6tai de l'opinion de la ddelgation frangaise. Celle-ci considdrL'ait, en effect, que le discours du president Truman est 18 plus important qui ait 6t6 prononcd par un home d Etat am.6ricain depuis vingt ans, et le compare 6galement aux propositions faites par M. Byrnes d'un pacte quadri- partite destined A pr6venir une nouvelle aggression allemande. <) Pologne. La press polonaise condamnerait la poli- tique am6ricaine et volt dcans le discours Truman l'aveu de I impbeialisme amdricain. 2. Confdrence de Mosoou Les debaets de Moscou sont exposes en detail par le Times et le Manchester Guardian, et, dans l urs grandes lignes, par les autres journaux. Tous signalent l'importance qu'a rev&tu exposo6 de M. Marshall sur les concessions amdricaines a 1'dgard de la denaz.fication de l'Allemagne (1lberti de la press, ide la radio, creation de syndicate libres, etc...). Alexandre Werth signal par ailleurs qu'un heurt s6rieux s'est produit sur la question de savoir si le 'tait6 qui devait etre ldabord dvait 6tre un traits avec l'Allemagne on pour 1'Al:emagne ,. I1 remarquee par ailleurs que 1t g6neralissime Staline n'a pas fait connaitre encore sa position et que les pourparle's en vue de 1'alliance anglo-sovirtique n'ont pas encore pris corps. I1 precise 4galement qu'h part les visits de courtoisie qui ont eit changes au debut de la Conf6rence, il n'y a guere eu de contacts entire M. Bevin et M. Bidault et que les Frangais seraient a perplexes et agit6s ,. Les Russes s'efforcea'aient de mettre la Conference a 1'abri deis remous causes par la question grecque. Alexander Clifford, dans le Daily Mail, parole a du jovial n Molotov, de qui l'on pourrait croire quil n'avait pas eu connaissance du discours Truman. De son c6te, M. W. N. Ewer, correspondent du Datly Herald A Moscou, met 1 accent sur l'espoir soulevd par le tscours de M. V;chinsky, selon lequel la delegation sovie- tique admettrait une modification de I'accord de Potsdam, et le reporter de ce meme journal constate que rien ne laisse supposer que le discours de M. Truman affectera en aucune manidre les travaux de Ja Conf6rence. Le correspondent du Daily TI.iegraph signal mime que les s6nateurs Vandenberg et Connally out tous deux insist pour que le gdndral Marshall entire directemint en contact avec le g6ndralissime Staline pour lui exposer ciainement toutes les consequences nouvelles de la politique americaine. 3. France ' Diverses d6oches annoncent la condemnation de I'amiral Robert et l'accident d'avion dans le Daunhine. Le Manchester Guarldian donne une assez grande impor- tance aux incidents qui out eu lieu recemment A 1 Assemblee National et qui ont amend M. Ramadier et M. lHerrot & avertir les d@putes des dangers que ces manitestations bruyantes faisaient courir aux institutions pariementaires et an prestige de la France A l'6tranger. Par ailleurs, le Daily Herald public une depecuh selon laqu.lle il faudrait s'attendre i la chute du gouvernement Ramadier la semaine prochaine, h moins qu'un compiounIs n'intervienne sur la politique frangaiso en Extr6me-Orient. 4. Chine Selon le Times, le gouvernement chinois aurait une fois de plus fait savoir aux d6Blgues ide 'Moscou qu il refuseralt d'envoyer des reprdsentants A la Confdrence et qu'il nc se tiendrait pas pour lie par les decisions qui seraient prices A l'6gard de la Chine. 5. Iran Le correspondant du Times a Tdhdran fait 6tat des craintes qu'a la press iranienne de voir la Confdrence de Mousco idiscuter sur les concessions p6trolidres d Iran sans que ie point de vue de 1'lan soit konsid t6gritL national de 1'Iran. a) APRtS LE DISCOURS DU PRESIDENT TRUMAN. 1. Daily Heracld (15/3), travailliste : (( Notre premiere reaction au discours de mercredi du President Truman a &tl de nous sentir mal A I aise. En y r6fischissant, nous ne nous sentons pas mieux. Le President est entr6 en lutte politiique avec la Rus- sie. Sans doute la politique russe depuis la paix a dtd souvent provoquante et, du moins en apparence,. sinis- Ire. Mais devons-nous applaudir parce que nos deux aliids se regardent maintenant avec mefiance par delh les fronti6res balkaniques ? Le Daily Herald ne voil aucune raison de se r6jouir de cet incident. II prdvoit que l'unite du monde sera .comp.tement andantie si lon permit aux diff6rends entire I'Amerique et la Russie de prendre de l'ampleur. L'attitude de la Grande-Bretagne dolt &tre non pas celle du contentment, mais de i'anxid.6; il devient plus que nucessaire fiu'elle s'adonne corps et ame au enforcement de I'O. N. U. et qu'elle s'emploie paral- l1lement A jouer le r6le de m6diateur enre I'Amerique et la Russie. > BULLETIN QUOT1DIEN DE PRESSED ATRANCGE 3 2. Dl/y Express '(15/3), conservateur. ( La jeunesse des Etats-Unis est-elle plus dispos,6e que .celle de la Russie A endosser l'uniforme ? En au- cune facrn. La politique amnricaine est empreinte de resolution et de fcrmel6, mais elle vise A des compromise et non A la guerre. II ne saurait en Otre autrement. Elle tend A instituer une paix que la Russie puisse accepter tout en conservant son prestige de vainqueur. Les perspec- tives sont, A beaucoup d'6gards, meilleures qu'apr&s 1918. Nous nous trouvons en presence d'une situation dans laquelle la Grande Bretagne a un r6le A jouer, r6le qui sersit 6minemment conform A ses traditions. Nos infir&ts les plus sacr6s d6pendant du maintien dais 'des buts pacifiques de i'unit6 de vues qui a permis de gagner la guerre et de sauver les libert6s de 1'Eu- rope. L'heure est venue pour la diplomatic, la bonne vo- lo,!6 et 'a sagesse britannique de faire tous leurs ef- forts dans ce sens. > 3) Manchester Ginurdian (14/3, liberal). < Nous avons essiv6 de preserver I'ind6pendance de la Gr6ce ef 'de la Turquie non seulement parce que c'6tait notre inter&t, mais aussi par un sentiment de justice. Si les Am6ricains font de m6me, leur action ne peut &:re blim6e. L'ennui vient du faith que i'on peut craindre qu'en reprenant en Europe et en Mediterran6e la cause de la dimocra'ie, de Ii Fbert6 et de l'ind6nendqnce, les Etats-Unis n'augmentent la tension ex!stant entire la Russie sovi6tique et eux dans 'des proportions tells que la paix s'en trouverait menacCe. Mmie si nous sou- tenons le point de vue am6ricain, et si nous accueillons favorablement l'idbe de i'aide am6ricaine, nous ne pou- vons acnenter de gaiete de coeur un 6quilibre des for- ces qui laisserait la Russie et les Etats-Unis fa.cei A face en Europe et dans le Proche-Orient. Nous avons un besoin urgent de i'aide am6ricaine en Europe mais il ne faut pas que cette aide prenne des proportions exag6r6es. Malheureusement, il y a une grande difference d'opinion chez les Am6ricains entire une aide 6conomique et une aide mi'itaire. Si a!trayante qu'une telle situation apparaisse aux yeux de certaines gens, I'envoi de troupes am6ricaines en Grece ne sera't pas necesslirement a encourager. Si P'on envoyait des troupes am6ricaines en GrAce, nous ne verrions jamais les troupes russes quitter la Bulga- rie. Notre but doit res.er -celui-ci : restaurer I'ind6- pendance de I'Europe. C'est A Mos-ou que la politique americaine sera r6el- lement mise A 1l'preuve. A la :ongue, s'opposer A la Russie 'dans tous les do- ma'nes en se contentant de soutenir ses ennemis dans chaque pays ne peut que conduire au desastre Ceci rendrait certainement impossible toute action commune en Allemag-e ou au sein de l'Organisation des Naiions Unies La Grande-Bretagie et les Ela:s-Unis doivent, 'de concert, s'efforcer de convaincre la Russ:e que, dans tous xes cas ou elle 6meitra des pretentions raisonna- bles, elle aura dro.t a notre sympathique appui, mais qu'e e ne p:u' esperer arriver a ses fins par la menace et l'intimida ion. Le message du Pr6sident Truman ne cois.i us qu'un des aspec s de .a poiit-que am6ricaine ; i] est A pr6sumer que i'auire aspect sera rev616 par le g6n-.-al Miarsnall A Moscuu. II est plus sage de diff6- rer no re jugement jtisqu'au moment oh nous connai- trons l'ensemble. > b) LA VISTTE DES DAPUTES SOVItTTOTTES ERN (TRANDE-BRE- GAGNE (Manchs'er Guardaan, 15/3, liberal). < Nous a'merions voir les Ruvses plus souvent. Personne ne s'attend A ce au'arnus uiI seiour de miel- ques jours, Koutznetzov et ses col'brues se convertis- sent d'une facgn spectaculaire A la 'd6mocratie social. Mais si nos visiteurs parvienrent A ero're, commne nous le erovons nous-mimes, aue la d6mocratie n'est pas une forme subtile de fascisme. et que la derniere id6e qui lpusse germer dans I'esnrit du peunle bripni-irmue est de faire ou de pr6narer la guerre centre P'UR S.S., nous ne pouvons qu'esp6rer que ceux-ri nous viqitent plus souvent ; leur opinion sur la Grande-Bretagne n'en sera que plus nette. a c) AUTOUR DE LA CONFERENCE DE MoscoU (New States- man and Nation, 14/3, travailliste). C Tandis que les Francais doutent simplement du desir et de la possib'lit qu'ont la Grande Bretagne et l'Am6rique de contrbler une Allemagne renqissante, les Russes ont prif6r6 croire A un complot ayant pour but de se servir de 1A'lemagne centre eux-memes. Tant que cela durera, I'U.R.S.S. aura pour tactinue d'a;ourner un rbalement du probl6me allemand, d'in- sister sur des details minutieux et des tentatives A lorgue 6cheince pour etouffer dans l'oeuf toute agres- sion allemande, ainsi que de rechercher en dehors de 1'Allemagne des occasions pour diviser la Grande Bre- tapne et les Etats-Unis. II faudra done toute la patience et la determination de M. Bevin pour que la Conf6rence ne s'ecarte pas 'du principal objeclif de la Grande-Bretagne, 1'accord sur le r6A'me Aconomique et politique provisoire pour Fen- semble de 1'Allemagne. II. PRESS AMERICAINE Revue dce la pressed amdricaine du 14 mars 1947 1. La question grecque Le piCsident Truman ayant faith un exiisos6 de aI situation en GrAce et en Turquie et tir6 les conclusions qui lui pa- raissent n6ecessaires A la defense des intt"-ts aimricains, la press est unanime a r6c'amer que le Congr6s 6'udie avec soin les details de la situation de ces pays et les consequen- cos one pouvent entrainer les conclusion, du president. On annonee de Washington que M. Taft, president du parti r6- publicain au Senat. a demand fue celui-ci si6ge tous les jours, meme au' hesoin la nuit. afin de pouvoir prendre une decision avant le 31 mars proehain. Par ailleurs, les Com- missions budgitaires et des Affaires 6trangeres des deux Chambres ont commence i'audition a hqjs-clos des reprdsen- tants du D6partement d'Etat et des ministries de la DMfen- se N'ationale. Les 0ditoriaux du BODfon Daily Globe et de i'Enening Star concluent la n6cessitd d'un that approfondi au Con- gr6s. Le premier estime que le problem est sdricux et va-te, tt com.porte des engagements dans les regions ofi 1Amdrique n'en a pas encore. Le Congris et les pays front b'en de traiter cette question dans un esprit qui assure une delibe- ration sincere, rune tude vigoureuse et des debats approfon- dis. L'Evening Star 6crit de m&me: e Nous ne devons pas nous leurrer et eroire que 400 millions de dollars pour la Grice et la Turquie nous permettront d'acheter ce que nous cherchons. Si nous nous engageons dans ccte voie, et nous devons le faire, nouIs devrions ouvrir I'oeil, envisager les ris- quaes et les nouvelles revendications qui nous seront 4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE probablement prbsentees et 6tre rdsolus cependant & aller jusqu'au bout. , Reston, le correspondent diplomatique du New York Ti- mes L Washington, declare que deux points des propositions Truman retiennent surtout l'altention du Congres. Le pre- mier est relatif A 1'aide financiere a la Gr6ce et I la Tur- quie pour P'aehat de materiel militaire et le second se rap- porte i l'envoi d'experts militaires -A la Grice et i la Tur- quie. II note que les sdnateurs Taft et Byrd sont opposes au credit militaire et h l'envoi d'experts militaires amiri- cains. Il rapporte, cependant, que le senateur Vandenberg est d'un avis contraire et que administration an(iricaine compete sur lui pour entrainer Ic vote des r6publicains. La presie rapporte les declarations faites par M. Wallace, ancien vice-prisident, qui s'oppose C ce qu'une aide militaire soit fournie i la Grece et A la Turquie et qui declare que la politique priconisie par le president rend la gueire ine- vitablement plus proche. M. Wallace estime quie soutenir le gouvernement grec ac'uel c'est encourager l'o.pposi:ion et par le fait mime, le communism. La press rapporte egalement les propos du senateur Brew- ster, ripublicain du Maine, relevant, come 1'avait fait pre- c6demrment M. Vandenberg, I'anomalie de la politiqu,, ami- ricaine qui consiste.h af finance le roi Georges dans sa lutte contre les communists en Grece 1. alors qu'elle refuse d'aider Tchang Kai Chek dans sa lutte contre les commu- nistes chinois. Le Newu York Times reproduit le texte de la declaration faite hier i Istanboul par le premier minittre turc qui a exprime sa reconnaissance pour l'aide financiere et icono- mique promise par l'Apn6rique. Ce m6me journal reproduit 6galement le message de M. Maximos au, pi:sident Truman, exprimant sa gratitude pour les paroles 'prononcies )ar le president amnricain et offrant une amnistie aux rebelles grees afin de mettre plus rapidement fin A la situation anor- male qui privaut en Grice. Une d6piche < A.P. de Waskington note qu.e la Com- mission hudg6taire de la Chambre a refuse un credit de 25 millions de dollars demand par le D6nartement d'Etat pour la Russie pour l'achat de materiel de raffineries de petrole. Enfin, la press announce qu'un Comite special du Senat a d6cidi de maintenir sur place administration du a Selec- tive Service a jusqu'a fin juin bien que la conscr ption obligatoire expire le 31 mars prochain. Le correspondent du New York Times note que a de nombreuses fois peadant la session A huis-clos du ComitB on a parle de possibidit6 d'une remobilisation soudaine >, aussi cette decision e -t- ellc considered comime une a assurance prise centre 1I ris- que d'une crise mondiale ,. 2. La Confirence de Moscou Toute la press reprend soit le texte complete soil des extraits de la declaration faite par le g6ndral Marshall sur le proble6me de la d6nazification en Allemamgne. Les corrCepondants de Moscou relevent que le general Marshall a demanded aux Russes des explications au sujet de l'adh6sion d'anciens nazis au parti socialist unified alle- mand. D'autres correspondants soulignent la nouvelle inte-ven- tion de M. Molotov en faveur d'une discussion des pro- bl6mes chinois. Le correspondent du New York Times con- sidire que M. Molotov cherche -A placer M. Marshall dans une position difficile, mais il ajoute qu'e le secr'iaire d'Etat americain se rend compete des intentions des Russes de se servir de la question chinoise dans un but de propaganda. Un court eitrefilet envoy de Moscou au New York Times fait 6tat des declarations qui auraient 6et faites par des diplomats frangais : ceux-ci auraient indiqu-6 que M. Bi- dault avait cherch6 en vain ha lever le ton des discussions, mais que c MM. Bevin et Molotov 6taient trop occupcs i laver leur line sale en famille s. 3. Nouvelles de France Tons les correspondents de Paris et les agencies signalent sans le commenter I'incident qui a provoqud une nouvelle suspension de soance bier A 1'Asseonbl6e Nationale. Le correspondent du Chicago Daily News 6crit cependant que ces conflicts entire les communists et les autres d6put6s ont pour effet de rehausser le prestige du general de Gaulle. Par ailleurs, Huomphreys, dans le New York Herald Tri- bune consacre un long article i P'ancien president, indiqu'ant que celui-ci attend patiemnment 1'dvolution de la situation politique franuaise. APRIS LE DISCOURS DU PRESIDENT TRUMAN. (New York Herald Tribune, 14/3.) < M. Truman n'a sen aucune facon lanc6 un d6fl au pouvoir sovi6tique 6tabli. Tout ce qu'il a fait, c'est d'accepter de facon explicit et directed le d6fi que 1'Union Sovi6litue n'a cess6 de jeter au monde occi- dental dans les pays limitrophes mis6rables et d6sor- ganis6s qui s6parent les deux regimes. Ce n'est pas une provocation de guerre. C'est un appel pour compare, du point de vue politique, Bco- 'nomique et social, les m6rites respec;ifs des systmmes soviitique et occidental. Accepter ce d6fi ne risque pas de provoquer une guerre, mais plul6t de contribuer a imposer le riglement qui l'empichera. Il n'y a pas au- jourd'hui davantage de ri.ques de guerre qu'il n'y en avait avant que ce discours soit prononc6; en fait, il y en a probablement beaucoup moins. > III. PRESS SOVIETIQUE Revue de la press e sovietique du 14 mars 1947 ,Les questions etrang6res occupent de la moitis au deux tiers des quotidiens. Les commentaires sont nombreux et certain d'entre eux d'importance exceptionnelle. On peut classer les themes en deux groups, selon leur importance . a) Thbmes de second plan : 1" La lutte pour la democratic dans le monde ; 2 Les relations internationales. b) Themes de premier plan : 10 La session de Moscou; 2 Le discourse du president Truman. 1. La lutte pour la ddmocratie dans le monde Quelquos dipiches Tass que la plupart des journaux re- produisent : la r&volte de Formose, le procis de l'ex-com- mandant d'Ausciwitz, la admission du gouvernement belge. La chronique international hebdomadaire des Izuestjas traite du complot antigouvernemental en Hongrie et rap- pelle une fois de plus aux d6mocrates la vitality du fas- cisme et les tentatives obstinecs de la reaction fasciste pour prendre sa revanche. Le journal souligne la n6cessit6 d'une lutte consiquente et la liaison des conjures avec certain 61ements du parti des petits proprietaires qu'h re6v6le 'en- qu6te. II aurait pu sembler, selon les Izvestjas, que la si- tuation de ce part qui a la majority as Parlement, oblige- rait ses dirigeants i prendre des measures dicisives. Or, la direction de ce parti a pris au contraire sous sa protection les per.;onnes lies au complot. Hier encore, la Hongrie 6tait un satellite de l'Allemagne. La reduction des traces du fas- cisme en Hongrie constitute une parties de la tAche tendant a assurer la s6curit6 en Europe. C'est poutrquoi la jeune Gd- imocratie hongroise est en droit d'attendre aide et assistance de tous ceux A qui est cher l'intidrt de la paix et de la d&- mocratie. Les Izvestjas traitent aussi de la nouvelle campa.gne de calomnies de la press riactionnaire du Kuomintang : I1 s'agit des bruits dejh d6mentis qu'on a lance sur la politiqu'e sovietique en Cor6e. L'organe du Soviet Supreme ,en appr6cie en ces terms l'origine : a Le lot des insinua- tions croit i measure que la situation en Chine tend A s'ag- graver. L'actuelle champagne est imm6diatement liee h la cruelle crise Bconomique et financi6re qu'exasprre la guerre civil attisie par la reaction, Mais ce n'est pas i 1'aide de BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE 5 la calomnie et du mensonge qu'on ameliorera la situation interieure en Chine. Ces procidds ne permettent pas non plus de detourner attention du people chinois -aussi bien que l'opinion mondiale les difficulties que le pays traverse. 2. Les relations internationales Tous Ics journaux roproduisent Ic compte-rendu Tass de la stance du 13 au 'Conseil de Securiti sur la question des lies sou's mandate japonais. La plupart d'entre eux publient en outre des--'dA6pches se r6f6ran" aux incidences diverse des politiques anglo-ambricaines protestations de la press'e polonaise centre 1'ultimatum ,prisente aux emigres polonais par Ic ministry de la Guerre britannique d'avoir h s'en- gager dans un corps special ou a regagner leur pays sous pine d'etre renvoyds en Allemagne. Retour de la dedlgation cy-priote envoyde IA Londres. Protestation de l'ambassade des U.S.A. A Londres aupres du mninistre britdnniquo du Com- merce A propos du traitement privil6gie des firmes anglai- ses pour les licences d'exportation en Palestine. Protestations des -milieux progressistes americains centre la proposition de mise hors la loi du parti communist aux U.S.A. Dans les Izvestjas sur presque deux colonnes, les d6pg- ches Tass relatent les declarations du president Dimitrov touchant I'incident du ministry de France a Sofia. 3. La Conference de Moscou Tous les journaux consacrent un peu plus d'une page et demi d'informations de l'agence Tass aux reunions du 13 mars. b) Reunion des adjoints :. L'agence sovi6tique y consacre la plus grande place et donne in extenso les textes des interventions du general Marshall, du president Bidault et de M. Molotov, ainsi que le texte A peu pr6s in extenso de d'intervention de M. Bevin. Cette reproduction est faite sans commentaires. b) Rdunion des adjoints : I1 y a lieun de reliever que 1'accord entire les d6elgations sovietiquie et francaise (sur la question de la consultation de 1'Albanie, sur les questions de 1'obligation pour I'Autri- che de publier son budget de guerre et de limiter la rcclrer- che scientifique dans les domaines susceptibles de servir la guerre) est tres fortement soulign6, alors que les interven- tions des delegations, an.glo-amrricaines dans les questions de consultation' de l'Albanie sont fortement critiquees. c) Rdunion non officielle dSs Trois: Les anglo-ambricains avaient exprime le ddsir que le re- prdsentant de la Chine prit part aux discussions et M. Molo- tov avait declare dans sa reponse que la dedlgation sovid- tique ne s'opposerait pas iA cette proposition. Le mn me jour, apr6s la stance, il avait reit6re son accord par une lettre envoyee a M. Marshall et A M. Bevin. M. Molotov a propose de fixer cette reunion, qui ne sera pas officielle et se tien- dra en marge de la Conf6rence h I'un des plus prochains jours. Sur la session de Moscou, les Izvestjas donnent dans leur chronique international une impression d'ens'emble. La Pravda reproduit une note deJoukov sur la question de savoir si la conclusion de la paix avec I'Allenagne se fera sous forme de trait onu de diktat (voir l'article plus loin). 4. Le fdiscours du president Truman Tous les journaux reproduisent les depeches Tass suivan- tess; 10 sous un grand titre sur un peu plus d'une colonne et demie, l'analyse du discours illustr6e -de large extraits 20 une s6rie de telegrammes relatifs aux reactions suscit6ee par ce texte aux U.S.A., un message A la presse de 1'Associa- tion des citoyens progressistes disant que le discours mene A la guerre, remarques du New York Herald Tribune, 'du PM, du s6nateur Taylor sur 1'opposition de certain milieux du contr6le. Impressions de couloir recueillies par le cor- respondant de 'agcnce sovidtique : it nous apprend que des mem.bpes du Congres et d'autres personnalit6s considerent que le message du pr-sident Truman represente une nou- velle orientation de la politique americaine tendant A une intervention unilat6rale des U.S.A. pour soutenir les r6gianes rdactionnaires en Grece et dans d'autres pays, ainsi qu'i arrrter ce que Truman appelle < la montee du commu- nismo ,. Cette politique provoque des doutes s6rieux et mnme une alarme parmi les plus conservateurs au, Congrbs et hours du Congres, de nombreux membres influents comme les s6nateurs rdpublicains Taft et Jenner, et les represen- tants r6publicains Vansandt, Reed et Saint-George, ainsi que les sdnateurs ddmocrates Uillander Johnson et Odaniel, ont exprim6 leur inquietude devant le fait ique le Gouver- nement s'enigage sur une route p6rillcuse qui peut mener i 1q guerre. Bien ,que les 6ditoriaux de la press sovidtique ne soient consaeres i des themes de politique dtrangire que dans' des circonstances jugdes absolument exceptionnelles, come ce fut lo cas pour le discourse de Churchill A Fulton, et la si- gnature de la paix avec les ex-satellites de 1'Axe, I'organo du Soviet Supreme, les Izuestjas consacrent leur premiere page an message du' president Truman. 1. Izvestia (14/3). Le 12 mars, M. Truman, president des Etats-Unis, s'est adresse au Congres dans un message ous il lui de- mande de consentir un credit de 400 millions de dol- lars pour apportcr une aide urgent A la GrBce et A la Turquie, et de permettre l'envoi dans ces pays de per- sonnel amnricain civil et militaire, ainsi quie d'assurer l'i'nstruction et la formation de cadres grecs et turcs, specialement s6lectionn6s par des instructeurs amn- xicains. Exposant les raisons qui ont motive sa proposition, le president Truman a declare que la Gr6ce se trouvait dans une situation desesp&r6e au point de vue econo- mique et politique et que la Grande-Bretagne n'6tait plus en mcsure d'aider les Grecs. La Grande-Bretagne, a ajoutI le president Truman, se trouve dans la n6ces- site de limiter ses obligations ou d'y renoncer dans certaines parties du monde, y compris la GrBce. La Turquie, de son c6te, a reclamB une aide urgente de la part des Etats-Unis. A vrai dire, la Turquie n'a pas souffert de la deuxieme guerre mondiale, et c'est en cela que sa situation differe de celle de la Grece, mais l'aide financiere de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis lui est n6cessaire, a dit M. Truman, pour moderniser son 6quipement, et cette modernisation est indispensable au maintien de son ind6pendance 'et de sa grandeur national. Etant donn6 que le gouverne- ment britannique, en raison de ses propres difficulties, n'est pas en 6tat d'accorder actuellement une aide linanciere on autre aux Turcs, M. Truman estime que ce sont les Etats-Unis qui doivent leur apporter cette aide. Alnsi le CongrBs am.6ricain se voit-il proposer de sanctionner deux bonnes oeuvres du meme coup : sau- ver la Grace des troubles int6rieurs et couvrir 1es frais de la modernisation de la Turquie, ce don't d6pendrait meme.e- A ce que l'on pretend son existence future. Sans aucun doute, la requete et I'appel au secours adresses par le gouvernement Tsaldaris aux Etats-Unis sont une preuve 6clatante de la faillite du regime poli- tique int6rieur de la GrAce, qui, dans le message du president Truman au Congres, a reCu inopinement une appreciation flatteuse. Mais le probleme ne concern pas seulement ni tel- lement les monarchistes grecs v6naux et leurs allies, gu'on a pr6sent6s au Congrss am6ricain comme les descendants directs des d6fenseurs des Thermopyles' et du fameux roi LAonidas. C'est un fait bien connu qcue les v6ritables maitres a BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE en Gr6ce ont 6le jusqu'A maintenant et restent les au- torit6s militaires britanniques. Depuis 1944, les troupes britanniques se trouvent en territoire grec; sur 1'ini- tiative de M. Churchill, la Grande-Bretagne a pris sur elle la responsabilit6 de la c stabilisation de la situa- tion politique > en Grece. Les autorit6s britanniques ont non seullement contribu6 h maintenir au pouvoir les forces reactionnaires, antid6mocratiques, en Grece, non seulement clles ont fait preuve d'un manque de discernement -en soutenant les 616ments qui ont effec- tivement et consciemment collabor6 avec les Alle- mands, mais encore toutes les activities politiques et 6conomiques des gouvernements, grecs 6ph6mbres n6s des combinaisons les plus varies ont 6t6 soutenues jusqu'a maintenant par le contr6le et I'administratiQn vigilants des Anglais. Maintenant, les r6sullats\sont vi- sibles : une faillite complete; les troupes britanniques n'ont pas apport a la Grece torturee la paix it le came qu'elle avait si bien merits. Le people grec a ete precipite dans une suite de malheurs nouveaux, la disette et la misere. La guerre civil, loin de s'apaiser, revit un aspect de plus en plus tragique. Mais la pre- sence de troupes 6trangeres sur le territoire de la Grece n'a-t-elle pas contribu6 A amener une situation aussi triste? La Grande-Bretagne, lui s'est d6clar6 tu- trice de la Grece, n'est-elle pas responsible de la fail- lite de sa protegee? Le message du president des Elats-Unis passe sous silence routes ces questions 16gitimes. La raison d'une lelle delicatesse est comprehensible. Les Etats-Unis ne veulent pas critiquer les proceeds anglais, car ils ont 1'intention de suivre eux-mimes I'exemple britannique. I1 ne faut pas s'6tonner que le journal londonien Times ait chaleureusement accueilli la declaration de M. Tru- man, et que le Daily Telegraph ait soulign6 que ce dis- ,cours conslituait une approbation sans reserve de la politique britannfque en GrBce. On peut conclure du discours de M. Truman quc les Etats-Unis n'ont pas intention de modifier le course de la politique britannique applique en GrAce, nais, dans ce cas, on ne peut pas s'attendre a de meillhurs r6sultats. Le gouvernement amnricain n'a pas Ia inoindre in- tention de prendre i 1'gard du problem grec la po- sition qu'on aurait pu attendre de la part d'un membre de l'Organisation des Nations Unies, inquiet du sort d'un autre membre de l'Organisation des Nations Unies. II est evident qu'A Washington on n'a pas I'intention de prendre en consideration les obligations contraclees par le government des Etats-Unis en tant que mem- bre de I'O.N.U. Faisant preuve d'une singulibre nervo- site, M. Trunian n'a mnme pas jug6 n6cessaire d'atten- dre les r6sultats des travaux de la Commission du Conseil de Securit6, envoyee sp6cialement en Grece afin d'etudier la situation sur place. Le president des Etats-Unis a rappel6 mal A propose que les Etats-Unis ont jou6 un r6le primordial dans la creation de l'Organisation des Nations Unies. De toute facon, le President n'avait pas besoin de s'en souvenir pour d6clarer aussit6t apres qu'il avait l'intentijn d'agir d'une facon strictement oppose aux decisions de l'Organisation des Nations Unies, sarns prendre en consideration I'existence de cette Organisation inter- nationale et en oubliant qu'a New-York siege un orga- nisme permanent, le Conseil de S6curit6. M. Truman n'a tenu aucun compete de l'Organisalion International ou de ]a souverainetl de la Grbce. En fait, que restera-t-il de la souverainet6 de la Grece apr6s que les insolents dirigeants grecs auront W6t sup- plantes par le personnel civil et militaire am6ricain, et que ce personnel commencera t gouverner la Grece, a I'aide des 250 millions de dollars qu'ils y apporte- ront ? Ce seront en premier lieu la souverainet6 natio- nale et l'ind6pendance de la Grece qui souffriront d'une si singulibre a protection >. Le people grec qui a men.e une lutte h6roique pour son ind6pendance et sa liberty n'a pas mnrito un tel traitement. Si les MM. Tsaldaris voulaient en venir 1A, alors tant pis pour les Tsaldaris qui ont plong6 la Grace dans une tell situation. Le people grec qui souff're depuis si longtemps se trouve devant la perspective de remplacer un maitre, la Grande-Bretagne par un autre maitre, les Etats-Unis. Quels que soient les pretextes utilis6s pour soutenir le 'desir ambricain de gouverner la Grece, ces revendica- tions ne peuvent se justifier par (< la defense des libef- tes et des droits du people grec >>. Les arguments americains qui motivent la nCcessit6 d'apporter une aide i la Turquie se basent sur une menace 6ventuelle centre son territoire, bien que l'int6- griti de la Turquie ne soit menacee par personnel ni par quoi que ce soil. i L'aide > americaine A la Tur- quie vise egalement de facon manifeste h soumettre ce pays au contr6le des Etats-Unis, apres quoi on ne pourrait plus parler de I'in'dpendance du pays turc, et de politique 6trangere de la Turquie, car ce pays se trouverait directement sous le contr6le de l'imperia- lisme americain. Certains conmmentateurs americains en parent ouvertement, comme par example Walter Lippmian, qui declare franchement dans le New York Herald Tribune que l'alliance americaine avec la Tur- quie donnerait aux Etats-Unis une position strategique, bien plus avantageuse que n'importe quelle autre, d'oi l'on pourrait exercer son autorite en Moyen-Orient. Le journal New York Tijmes en commentant le mes- sage de M. Truman, announce bien haut la venue de << 'Age Ide la Responsabilit6 americaine >. On pour- rait se demander cependant : < Que signifie ce mono- pole de la responsabilite americaine? et il n'y a pas d'autre explication que celle-ci : le camouflage des plans expansionnisfe~ Pr6ten'dre que les Elats-Unis sont appeles A sauve- garder la Grece et la Turquie contre le danger d'ex- pansion des soi-disant pays totalitaires n'a rien de nouveau. Hitler faisait aussi allusion aux Bolcheviks quand il voulait s'ouvrir une route de conqurtes. Main- tenant les Etats-Unis veulenit soumettre I leur contr6le la Gr6ce el la Turquie en s',levant constamment contre < les pays totalitaires a et camoufler de cette fagon des plans expansionnistes. Ceci est d'autant plus curieux que les Etats-Unis, agissant pour leur propre complex, essayent de prendre la place de la Grande- Bretagne qui n'est pas un Etat totalitaire 'dans deux ou trois pays. La declaration de M. Truman ne pouvait faire autre- ment que de retenir attention d'un grand public, tant A l'interieur qu'a I'extlrieur des U.S.A. On ne peut pas dire cu'elle n'a pas suscit6 -de vives critiques, meme dans les milieux du Congres des Etats-Unis, ainsi que le prouvent les kdeclarations faites par les senateurs Tay- lor. Johnson et Pepper, et autres hoinmes politiques 6minents des Etats-Unis. Un group de treize membres du CongrBs a tent d'amener M. Truman A renoncer a sa declaration. Le senaleur democrate Taylor a 6cout6 avec dkgofit la proposition de voter pour le project d'aide financiere au gouvernement monarchiste grc, qui persecute ceux qui ont lutt6 contre le nazisme. La meme attitude fut adoptee par un autre sknateur democratt, M. Johnson : \De tout coeur, je partage l'idbe d'aider au ravitaillement de la Grece, en le fai- sant sans aucun but politique, mais le President n'a pas soulign6 .a difference qui existait entire le ravi- BULLETIN QUOTIDIEN DE PRBSSE BTRANGAORE . , taillement en vivres et les balls. aussi ce discours m'a profondiment d6qu. Je ne suis pas d'avis qu'il faille envoyer notre personnel militaire en Gr.ce et en Turquie, m&me en quality de conseillers. L'aide mili- taire A la Turquie et A la Grice pourrait nous con'duire A une intervention militaire dans d'autres pays du monde. Je suis pret A donner des millions, afin de venir en aide au people affam, de Grece, mais pas un cent pour venir en aide aux monarchies pourries qui tom- bent en ruines. Le senateur 'dimocrate Pepper a d6clar6 que les recommendations de Truman, faites sans aucune consul- tation avec les autres Nations Unies, creent une menace pour l'Organisation des Nations Unies et imposeraient aux Etats-Unis des obligations inconnues. Tout aussi caracteristique est la remarque, faite par le President de la Commission du Budget de la Cham- bre des Repr6sentants, qui a declare que les partisans du programme de Truman ne seront pas satisfaits tant que les Etals-Unis n'auront pas fait faillite. M. Henry Wallace et d'autres homes politiques :emi- nents des Etats-Unis ont r6pondu de facon negative au discours de M. Truman qu'ils ont criliqu6 vivement. Nous assistons A une nouvelle intervention des Elats- Unis dans les affaires 'des aulres pays. Les Etats Unis r6clament la direction des affaires internationales, et I'appetit de certain milieux americains grandit paral- llement. Cependant, les dirigeanls americains, agis- sant dans une nouvelle situation historique, ne prennent pas en consideration le fait que les anciennes methodes des colonisateurs et des politicians born6s ont fait leur temps et se sont vouus A l'6chec. VoilA en quoi consiste la principal faiblesse 'de la declaration de M. Truman. 2) Pravda (15/3) : a Dans son message, le Pr6sident Truman donne A l'aide A la Grace, une portee bien plus considerable que celle que devrait avoir le simple octroi d'un pr&t A un pays stranger Ceci s'explique par le fait que l'assistance don't le President Truman a parl6 d6bor'de le cadre d'une aide normal, ainsi qu'il resort claire- ment des commentaires de la press qui, bien plus que de la Grece, parole de la politique des Etats-Unis. Ce n'est un secret pour personnel que les monarcho- fascistes, sous l'Lgide de la Grande Bretagne, ont mend la Grece A une banqueroute complete. Cependant l'ap- pel du President Truman n'est aucunement inspire par le desir d'aider le people grec; bien au contraire, il ne vise qu'A soutenir et renforcer le regime qui, tout en menant le pays A la faillite, sort fidiiement les ini[6rts strangers. Le discours pr6sidentiel montre que les Etats-Unis entendent continue la politique britannique. VoilA com- ment l'expansionnisme imp6rialiste se camoufle sous les apparences de la charie. L'envoi de personnel ambri ain civil et militaire, le programme d'instruction de ceux qui se sont destines A Rtre, en Grece, les serviteurs obbissants du capital stranger, signifient en fait que l'indcpendance grecque est liquidee et que la domination americaine est brutale- ment imposee A la GrBce. Le message du President Truman concern non seu- lement la Grece, mais encore la Turquie, laquelle, come on le salt, n'a nullement souffert 'de la guerre. Comment expl quer la necessile de fournir A ce pays une aide urgente? Il est impossible de ne pas noter que, dans ce cas 6galement, les Etals-Unis sont prkts A rem- placer la Grande-Bretagne. I1 n'est pas besoin de prouver que personnel ne me- nace 1'int6grit6 national de la Turquie. Par conse- quent, la modernisation dont parole le President Truman A propos de la Turquie et pour laquelle la Turquie au- rait besoin de 1'ai'de americaine, n'est rien d'autre que 1'Ftablissement de la domination americaine sur ce pays 6galement ,. b) LA CONFERENCE DE MOSCOU ET LE REGLEMENT DE LA QUESTION ALLEMANDE. 1) Izvestia (14/3) : < Tous les amis de la paix d6sirent le succ6s de la Conference de Moscou et sont convaincus que le Conseil des M'nistres des Affaires 6trangeres aboutira A des r6sultats positifs. Cette conviction n'est pas sans fondement, car les gran'des puissances trouvent un terrain solide pour edi- fier une oeuvre commune dans les decisions historiques adopteess au sujet de l'Allemagne lors des conferences tenues par les Allies en Crimee et A Berlin. Certains journaux strangers s'empressent de predire l'Pchec de cette Conference... I1 est symptomatique de constater que la majority de ces < pessim!stes > appar- tient au camp de ceux qui, pendant longtemps, ont fait champagne centre les principles mis en avant en Crimee et a Potsdam. Peut on, par exemp!e, consid6rer comme purement accidental le fait que le Times de Londres juge oppor- tun de declarer le jour meme de l'ouverture de la Con- fUrence que celle-ci ne pourra jamais arriver A des decisions finales et unanimes sur la question allemande? L'article du redacteur diplomatique du Times paru dans la m&me edition, montre qu'il n'en est pas ainsi. Il ne consacre pas un seul mot A la demilitarisation ou A la democratisation de 1'Allemagne, ces deux prin- cipes essentials permettant de r6soudre le problem allemand tels qu'ils ont te 6tablis aux conferences de CrimBe et de Berlin. Par centre, le rd.acteur diplomatique du Times dB- clare nettement qu'il est n:6cessaire de reviser l'accord de Potsdam d'une facon ou d'une autre. De son c8ld, le New York Herald Tribune dre!sant un tableau des divergences qui, A son avis. separent les Allies au sujet du problem allemand, 6crit que la question la plus epineuse est 'de savoir e qui contr6- lera l'Al'emagne et aussi qui disposera de sa produc- tion excedentaire. En contradiction manifeste avec la v6rit6, ce journal affirme qu'une tentative avait 616 faite a Potsdam en vue d'arriver a un compromise sur cette question, mais que la formule s'6tait av6ere inefticace. C'est ]A un example typique de mensonge politique Y. 2) Pravda (14/3) : a Suivant la r6gle ancienne du droit international, la delegation sovi6tique avait propose 'd'intituler le do- cument du Conseil des ministres des Affaires 6tran- geres : < Trailt de paix avec 1'Allemagne ,. Les d6l&- gations britannique, americaine et frangaise ont insist pour que ce document s'intitule : t Traite de paix pour l'Allemagne >. Cela fait I'objet d'une vive discussion a la reunion du Conseil des supplants A Lon'dres, dis- cussion qui s'est prolong6e A Moscou. Quelles sont les raisons de cette discussion ? Le d61d- gue sovitLque Vichinsky a d6montre clairement au course de la Conf6rence des Suppl6ants que celle-ci n'est pas 'du tout du domaine de la philologie abstraite, mais 'ben une querelle de grande importance concernant le fond meme de la question. II s'agit de savoir si les puissances alliees signeront un trait de paix avec l'Al- BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE ____- .. -- t .. i 1 ' ' lemagne, ou bien si elles se contenteront d'elaborer un document uni'atfral qui serait impose a l'Allemagne. En r6clamant que le Consell des Ministres des Affaires 6trangbres 6!abore un trait de paix avec 1'Allemagne, autrement dit un trait entire les Nations alliees unies 'de 1'Allemagne, la delegation sovi6tique a insist pour que les principles adopts a Potsdam soient appliques d'une fagon cons6quente et la conclusion d'un trait de paix avec I'Allemagne en d6coule. Ceci ne signifie Inturellement pas que le trait& de paix avec 1'Al- lemagne ne pourrait ktre 6tabli qu'une fois que ce pays serait pourvu d'un gouvernement central d6mo- cratique. Un temps relativement long peut s'ecouler en- tre 1'6tablissement du traitei et sa signature. Mais dans, ses travaux, le Conseil des Ministres des Affaires itran- g6res doit avoir devant lui une image nette de la situa- tion. Son devoir est d'elaborer un trait de paix et non pas un document unilateral masqu.5 par la 'd6nomina- tion n:ebuleuse et imprecise de < riglement de la Paix >, que s'obstine a employer la d6liga'ion amricaine. Seul un veritable trait de paix avec 1'Allemagne et non un acte unilateral, sera une garantie de paix durable car, dans ce cas seulement, I'Allemagne sera responsible de 'ex'6cution des clauses du trait. (JOUKOv). IV. PRESS POLONAISE APRES LE DISCOURSE DU PRESIDENT TRUMAN. 1. Zyeie Warszawy '(in'dpendant, 14/3) : < L'expansion 6toilee gagne en force et embrasse ddjh fltt6ralement le monde entier. Elle s'effectue entire au- tres par le moyen des emprunts, accords a des pays aussi d6vastis par la guerre et qui ont autant contribute A P'crasement de 1'Allemagne que la Turquie, ou encore A des gouvernements particulibrement soucieux des libertis populaires, comme le gouvernement grec... La crise dconomique que traverse la Grande-Brelagne depuis la fin de la guerre a* affaibli sa position dans pas mal de dominB-ns et de colonies. D'ofi le d6sir, ouvertement manifesto par certain groups ambricains de prendre sa succession. II semble douleux que les milieux mod6r6s et isola- tionnistes du Congres soient capable de s'opposer i la forte pression des groups financiers et militaires qui tendent a un pandominium amlricain. Lissue des debats de Washington sur 1'aide A la lGrce et a la Turquic aura des repercussions mondiales et cela aussi bien en ce qui concern la configuration de la politique du gouvernement britannique, qui ne tient nullement A jouer le role de fossoyeur de l'Ernpire, qu'en ce qui concern l'attitude des autres puissances. > 2. Robotnlk, (:ocialfs:e, 14/15 : < Un des organes des capitalists anglais a *ecr:t ces jours-ci: < Les possibilities tinanciLres de la Grande- Bretagne sont i I'heure actuelle ser;eusement r6duites et c'est l'Am6rique qui a di prendre sur elle de fournir une aide a la Grece >. II s'agit done de continue en Grmce la polilique anglaise qui mene a la victoire du fascisme, a la guerre civil, A la misbre et A la famine. Cet aboulissement, un homme politique amnricain l'a appele par son nom, quand il a declar6 A la Chambre des Repr6sentints que < l'assistance des Etats-Unis a la Grece et a la Turquie a pour but d'arriter l'avance des communists vers I'Ouest. > Nous connaissons bien la terminologie du monde capitalis'e et nous savons que ce language signifle l'essai de maintien au pouvoir des gouvernements r6action- naires actuels de Grce et de Turquie. Un but aussi c noble > m6rite bien, aux yeux des banquiers ameri- cains le sacrifice de 400 millions de dollars. Rien d'6ton- nant aprbs cela que l'argent leur ait manqu6 pour con- tinuer a subventionner I'U.N.R.R.A. et aider les pays vic:imes de l'agression hitl6rienne. > V. PRESS BELGE APntS LE DISCOURS DU PRESIDENT TRUMAN, 1. La Mitropo~e' i(catholique, 14/3) : c Le 12 mars 1947 marque le d6but d'une nouvelle re dans l'histoire du people d'Abraham Lincoln. Cette renonciation bruyante A la doctrine de Monroe est en opposition violent avec la politique americaine de l'autre apr&s-guerre. Elle constitute une mise au point de la politique 6trangere am6ricaine tris h6sitante de- puis la fin des hostilit6s. Elle est ]'expression de la puissance yankee, la reconnaissance du principle que le monde est un. Voici done le Nouveau-Monde m616 directement a la politique de l'Ancien. Par le truchement de I'O.N.U., il est et sera appel6 A prendre position dans les prob!6mes albanais, 6gyptien, palestinien et autres. II participe activement au remodelage de l'Europe. II prend pied dans les deux derniers bastions britanniques en M6di- terran6e, qui en mime temps sont les verrous de la mer Noire. Qu'on le veuille ou non, le D6partement d'Etat acceptant d'assumer les obligations britanniques, ap- prouve tacitement la politique tant discut6e du Foreign Office en Hellade. > 2. La Libre Belgique ,(calholique, 15/3): < Le message du president Truman a mis en evidence combien nous sommes loin auiourd'hui du traditionnel isolationi'me americain. En effect, les Etats-Unis qui portent dbih de lourdes responcabilitEs en Allem'ngne, en Autriche, en Italie, s'appr6tent h les 6tendre d6sor- mais a la Grece et i la Turquie. En accordant A ces deux pays, bastions les plus important de cette region, des prets politiques d'une pareille importance, en leur envoyant leur personnel civil et militaire, qui doit les aider a maintenir leur ind6pendance, les Etats-Unis prennent virtuellement sous leur tutelle le bassin me diterran6en. La Grece avec ses miles, la Turquie avec ses ditroits, constituent, en effect, les cl6s de la M6diterra- n6e. Celui qui y prend pied, contr6le automatiquement tout le bassin et, avec lui, certaines des principles voies de communication mondiales. Si done le Con gr6s ratifle les propositions du pr6-ident Trumqn, I'in- flil'nc- Trn6ricaine dans les p)ys riverains de la M6di- terranee ne peut .que s'accroitre, dans une measure qui est di'ficile encore A prdvoir. iEt ainsi, bon grd, mal grb, les Etats-Unis deviendraient automatiquement les arbi- tres des destinies 'futures d'une consid6rab'e parties du monde et remplaceraient, dans ce r6le, la Grande-Bre- tagne. Sans aucun doute, I'U.R.S.S. comprendra la significa- tion e' I'importance de ce geste americain qui lui barre la route vers les mers chaudes, objectif supreme de la politique russe, aussi bien au temps de Catherine, BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE 9 d'Alexandre I" et de Nicolas, que de Staline. Cette politique, reve de nombreuses generations russes, et l'aboutissement d'un long travail de penetration effectu6 pendant des siecles, est mise en question. Jamais en- core, au course de son histoire, la Russie n'a rencontre sur cette route menant aux mers chaudes un adversaire de la taille des Etats-Unis. Comment done agira-t-elle desormais ? Quelles seront les repercussions de 'atti- tude ambricaine sur la politique europ6enne de 1'U.R.S.S. et surtout, sur sa poli'ique allemande ? (ROMAN FAJANS.) VI. PRESS SUISSE a) APnES LE DISCOURSE DE M. TRUMAN. 1. National Zeitung (ed. du soir, 14/3) : < Le refus des credits 6quivaudrait par ses effects a I'abandon de toute politique extreneure active. Si le general Marshall faisait a Moscou des concessions aux aspirations russes sur des points essentiets, on ne pourrait praiiquement lui reprocher d'avoir baisse pa- vilion; en effer, en n'approuvant pas i'action de se- cours proposee, ]e Congres aurait atfaibli d'une facon presque irreparable sa position de negociateur. Mais visiblement, MM. Marshall et Truman out exclu l'hypo- these d'une issue aussi negative de leur enireprise en vue d'6clairer I'esprit des Americains ; sinon, its n'eus- sent sans doute meme pas voulu courir le risque de compromethre leur autorite auprbs des ministres reu- nis a Moscou. Inversement, si la volont6 populaire de 1'Amerique incarne dans le Congres approve le programme de security en Mediterranee orienale, l'iniiuence ameri- caine a la Conierence s'atfirmera bien plus elficace- ment au moment des decisions. De ce fair, le Secretaire d'Etat se verra d'ailleurs charge d'une tres lourde res- ponsabilite qui mettra t une rude epreuve son sang- froid ainsi que sa fermet6. Seul un homme poss6dant une aussi grande autorite personnelle et une sairet6 de jugement aussi inconteste, pouvait poser une question de confiance comportant ces consequences formidable. Le tranquihe courage avec lequel M. Truman a soumis au Parlement cette mime quLstion, qui possede, aussi au regard de sa place dans I Histoire, une tres grande importance, la simplicity, la franchise des formules avec lesquelies cet effort de clarification a Aie entrepris, meetent en pleine lumiire le seas des responsabilites et le grand caractere de ces deux homes d'Etat. s 2. Neue Ziircher Zeit;ing (14/3) : < On ne peut determiner encore dans quelle measure le discours de M. Truman inlluera sur les n6gociations de Moscou. II peut pousser les Russes h une inransi- geance radical, mais de leur c6td les d6l1gu6s occi- dentaux sentiront sans sucun doute leur position ren- forc6e, car l'Amnrique a inaintenant adopt une atti- tude nette. La politique << d'energie > que i'ancien se- cr6taire d'Etat Byrnes conseillait a l'igard de l'Union Sovietique regoit une vigoureuse impulsion. Si le Secr6taire d'Etat Marshall a cried : halte I i l'intervention sovietique en Hongrie, cette injunction est valabie maintenant pour tous les autres Eats od une minority communist terrorism la majoriLe de la popu- lation. 11 est remarquable que ce soit Washington et non point Londres, qui ait protest contre les 6v6ne- ments de Budapest. Le r1le principal qui, dans les af- faires du sud-est de l'Europe, appartenait normalement A la Grande-Bretagne, revient d6sormais dans ce see- teur comme dans les autres aux Etats-Unis. , 3. La Tribune de Genibe (14/3) : t M. Truman a soulign6 enfin la necessity d'agir avec t Bnergie et rapidity >. Cette hte .s'explique par la po- litique de repli general pratiquie par le cabinet tra- vailiste et qui cree un vide dangereux, don't I'U.R.S.S. pourrait etre tentee de profiter pour etendre son em- prise sur tout le bassin ae la M1dlterranee oriental. Comme le disait un homme d'Etat turc qui paraphra- salt le mot c6iebre de M. Baldwin t propos du Rhin, les Etats-Unis 6tablissent done la frontiere de leur s6- curit6 sur les D6troits et sur les hauts plateaux d'Ana- tolie. En meme temps, ils reprennent en Mediterranee la position tenue jusqu't present par la Grande-Breta- gne. II y a lh un averlissement tries net a l'adresse de la Russie. Certes, tout cela n'a rien de rassurant et prouve qu'on n'est pas sans inquieLude, a Washington, quant A I'issue de la Conlerence de Moscou. Cependant, ces measures de precaution ne constituent en some qu'une riposte A la politique d'expansion sovietique. D'autre part, elles fourniront A MM. Marshall et Molotov l'occasion d'une de ces explications < branches et loya- les > don't on a parl6 si souvent depuis T6ehran et Yalia, mats qui ont chaque lois tourn6 court parce que les interiocuteurs s'eiforgaient d escamoter les dilficul- tes au lieu 'de les border de front. Maintenant au moins, le temps des 6quivoques et des fleurs de rh6torique est fini, et les discussions vont se poursuivre toutes cares sur table. Seuls peuvent s'en alarmer les p6cheurs en eau trouble et les th6oriciens qui n'aiment pas a regarder la r6alit6 en face. I(PAUL DU BOCHET.) b) LE PROBLkME ALLEMAND ET LA PAIX MONDIALE (Jour- nal de Genive, 15/3) : Ce que 1'Amerique veut obtenir h Moscou, c'est une Allemagne trop faible pour redevenir un danger pour 1'Europe, et assez forte pour subvenir A ses propres be- soins, tout en payant peut-&tre des reparations mode- rees. Mats pour I'Amerique, ce qui est en jeu mainte- nant, c'est d'6viter cete charge effroyabie de 500 mil- lions de dollars qu'il lui faut payer pour eviter que sa zone et la zone anglaise s'effondrent completement et deviennent la proie du communism. Le but americain, c'est d'obtenir une Allemagne qui puisse vivre sur elle-meme, d'en faire un facteur de stabilisation de l'Europe, et cela au prix de beaucoup de concessions politiques. Car ce qu'il imporie de sau- ver avant tout, c'est du temps. Le temps necessaire pour maintenir un accord meme precaire entire les deux grands : Russie et Ambrique ; le temps pour embray.er serieusement le moteur de 1'O.N.U. dans laquelle les Etats-Unis placent tous leurs espoirs de paix future. L'O.N.U. sans droit de v.eo, avec armee et inspection international, le premier pas vers un reel gouverne- ment mondial. Pour 1'Amerique, en d'autre terms, l'Allemagne n'est pas un but .en soi, ce n'est qu'une tape transitoire, un moyen d'arriver au but, qui est celui de sauver 1'Europe et la paix. Et en mnme temps de preserver 1'Am6rique. (PAUL A. LADAME.) S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009 |
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