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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
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Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
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SERVICES FRANQAIS
D'INFORMATION
(MINISTiRE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Dii'ection de la Documn.entatioi
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8).


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES


BULLETIN



DE PRESS

14 mars 1947.


QUOTIDI



ETRANG


Nouvelle Serie No 618


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press brilannique du 14- mars 1947
Toutes les questions, aussi bien de politique ext6ricure
que .de politique interieure, percent considerablement de
leur importance devant les repercussions qu'a cues, dans le
monde entier, le discours du Prdsident Truman. Les ddbats
de la Conference de Moscou, pour si important clu'ils
soient, n'attirent gudre I'attention des journaux. sauf du
Times et du Manchester Guardian, et seulement dans la
measure oh ces dthats seront modifies dans leur teneur et
dans leur atmosphere, par l'intervention directed des Etats-
Unis en Europe.
Aide amdricane in la Grace
Le Times public plusieurs articles important de scs cor-
respondants .i Washington, i 1'O.N.U.. i! Istanboul, a
Ath6nes, A Ottawa, ainsi qu'un article de son correspondent
diplomatique, et rapport de facon detaillec 1!accuceil qui a
dtd rdserv6 au discours du Prdsident Truman par lcs pays
intdresses.
a) Etats-Unis. Son correspondent A Washington 6tudic,
dans un article de pr&s d'une colonne, les reactions des mi-
lieux politiques ainmricains. Ii fait 6tat des divergences de
vuies qui existent entire les rdpublicains et les d6mocrates au
Congr6s et i la Chambre des Reprdsentants, divergences qui
expliqueraient le silence relatif qui a accueilli le message du
President. I1 est probable, estime cc forrespondant, quc de
vives dissensions se manifesteront prochainement, non sur
le principle de l'aide financicre, g6ndralement admis, mais
sur la nature et l'ampleur de l'intervcntion americaine. Cer-
tains milieux politiques reprochent au Pr6sident Truman
de n'avoir pas precis6 la nature de l'aid.e militaire que le
gouvernement amrricain entend apporter A la Grecp et qui,
de ce fait, pourrait se trouver it la merci des v6inements.
Ce correspondent met dgalement en relief les declarations
du President Truman selon lesquelles le gouvernement des
Etats-Unis n'a pas I'intention de favoriser la formation de
deux blocs, Pun communist et l'autre anti-communiste,
mais de crder des conditions permettant un rgglenient g6-
n4ral avec la collaboration de la Russie. 11 se fait par ail-
leurs l'echo dc l'opinion qui rigne g6ndralement i Was-
hington selon laquelle un nombre suftisant de membres des
deux chambres seront prdts i soutenir le Prdsident, et cela
d'autant plus volontiers qu'lls sentent que 1.vur appui ser-
vira egalement Ic general Marshall ht Moscou.
L'opinion de la prese aml ricaine est passe en revue par
le correspondent du Manchester Guardian h New-York qui
cite des extraits d'dditoriaux des journaux publics dans ales
diffirents Etats aminricains. Dans 1'ensemble, les passages
sont favorable t la politique d President Trum'an. h I'ex-
ception du Chicago Sun qui estime que la guerre sera l'issue
fatale de la politique amiricaine.


b) O.N. i. U- Deux questions de prc.miire importance sc
posent d6sormais : Quel sera I'effet de ]a politique amneri-
caine sur I'O.Ni.U. et sur Moscou ? Sur la premiere question,
le *corrcspondant du Times i Lake Sudcecs sc garden de rC-
pondre nettemcnt, bien qu'il admette que le premier rdsultat
n'est pas a l'avantage de 1O.N.U. Il y voit la preuve que
les Nations Unies ne sont pas encore dev'enues une organi-
sation capatile de prendre des decisions positives, conformd-
nment aux huts de la Charte sur les problnmes majeurs. 1!
ajouTe quc la question ne reside pas, naturellement, dans Ic
fait que les Nations Unies n'ont pas les fonds ni ecs troupes
nicessaires pour intervenir dans Ie Proche-Orient, elle reside
dans Ic fait qu'un scul de ses melnbres, avec l'Pqide de satel
lites, puisse poursuivre unei politique contraire h la Charte
et faire obstruction aux decisions prises, par ]a majority..
Dans ces circonstances, l'initiative amiricaile en Grice et en
Turquie a permis un acte d'autoritd de 1'Amirique ct la
premiere manifestation d'une politique de defense de ses
propres intderts dconomiques et politiques. II n'y a pas d'in-
fraction aux principles .de 1'O.N.U., mais bien plutbt une
invitation adressde ai 1'U.R.S.S. de collaborer dans Jc cadre
de 1'O.N.U. ct conformiment a ce que ]a iajoritd estime 6tre
les principles fondamentaux de la charter. Si c'la rdussit, it
et pcut quie P'ocuvre des Nations Unies soit encore plus cffi-
cace.
Le correspondent du Times i WVashington fait 6tat des
declarations faites hier a la press par le s6nateur Vandcn-
berg, selon lesquelles la Russic elle-m6me se -srait oppose
a la creation d'une armde international. M. Vandenberg q
rappeld que la Charte prevoyait des accords centre les Na
tions Unics pour la creation d'une force militaire et que do
tells accords n'avaient pu itre rlalisds en raison de I'oppo-
sition russe. Cepcndant il ne croyait pas que 'aide amdri-
caine a la Grdce pou'rrait Bter i I'O.N.U. son r6le de premier
facteur de paix dans le monde d'aujourd'hui.
Al. Cooke. dans le Manchester Guardian, de son cotd cst
franchement pessimiste. Il estime mime q[ue si le presi-
dent Truman ddcrit la politique actuelle de 1'Amerique
come un expedient qui permette d'attendre que les Na-
tions Unies puissent administrer ellesmEmes Ic Proche-
Orient. on a i'inpression h Lake Sucess que, en disant
que la Grece 6tait menace par des meenees totalitaircs, en
s'opposant ouvertement aux efforts que les Russes font pour
renverser les regimes actuels en Grce et en Turquie, le
president Truman a crd6 l'atmosiphbre de suspicion et de
mautvaise foi la plus dangereuse pour les prochains tra-
vaux de FIO.N.U.
c) Conference de Mosoon. L'atmosphdre des dd6ats de
Moscou ne manquera pas non plus d'etre influen6ee par la
nouvelle americaine
Le Daily Epress, Daily E e Daily Herald, ]e Daily Telegraph re-
produisent un extrail d'une depeche Tass accusant le Ipri-
sident Truman de: vouloir 6touffer les efforts ddmocraliques
on Grcce et d'6tahlir un contrble de l'Amerique sur le pays.
II fait dtat 6galement d'un journal allemand publidi en zone







2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


russe et accusant ouvertement d'agression le president Tru-
man.
Dans le Daily Express, Alarie Jacob ecrit, sous una man-
chette important, que maintenant les Russes discnt que
c'est h Bevin de parler. La Grande-Bretagne est le seul
rayon d'espoir. Selon ce correspondent, les relations russo-
amdricaines n'auraient jamais etC aussi tendues qu'actuelle-
ment. Le discours de M. Truman aurait eclipse toutes les
autres questions qui doivent Etre discuties A Moscou. Les
Busses se demanderaient si la Grande-Bretagne va apporter
un appul inconditionnd au president Truman ou si c:le sau'-
vegardera le principle de son ind6pendance. 11 se dermande
lgalement si le president Truman a clerched faire la Conference des son overture. Alaric Jacob va mime plus
loin et prtte aux Russes l'espoir que I'intervention ameri-
caine en Europe marquera le debut d'une scission centre la
Grande-Bretagne et l'Amerique, que le people brila unique
refusera de soutenir davantage le president Truman et que
M. Bevin sera amene a abandonner sa politique pro-ame-
ricaine.
Le pessimism manifesto par A. Werth, dens le Man.
chesler Guardian, rappelle celui dc A]. Cooke dans mIme
journal. Il n'est pas tout a fait exact, selon lu'i, qIie 1'on
soit tellement sombre A Moscou, car scule une faille ma-
jorit6 de Russes ont eu connaissance du discours. 11 n'en
deineure pas moins que, dans les milieux internationaux de
Moscow, il existed un sentiment de profound malaise, car le
discours du president Truman est come un d6fi la a Can-
ference elle-m6me.
d) Grande-Bretagne. En Grande-Bretagne, 'accueil re-
serve an discours du president Truman s icrit tros fa\ orable.
Le correspondent diplomatique du Times ne cache pas que
le gonvernement britannique se rend compto du change-
ment considerable que ce discours announce dans la poli-
rique am6ricaine.
Le correspondent diplomatique du Daily Telegraph .ijoute
toutcfois que la Grande-Bretagne n'entend pas se laisser
expulser de Gr6ce ou de Turquie, mais qu'elle v :ut an
contraire poursuivre les liens traditionnels qui l'unissent
i ces deux pays.
En revanche, le correspondent diplomatique du Daily
Worker announce, sous une important manchette, qte b'en
qu'une vague de protestation irritee ait balay6 le parti
travailliste, le Foreign Office a accueilli favorablement le
plan du president Truman < destine i lancer unc 4rairie
offensive imperialiste du dollar pour lutter centre la de-
mocratie en Europe et dans le Proche-Orient ,.
Le correspondent signal d'autre part P'opposition mani-
fest6e par certain deputies travaillistes A la politijue de
M. Bevin.
c) Turqnie, En Turquie regnerait un sentiment de
joic et d'immense soulagement. Le correspondent dil Times
a Istambul ajoute que la Turquie aimerait connail re les
reactions britanniques devant l'initiative am'6ricaine. .es mi-
lieux politiques tures affirmeraient clue 'alliance anglo-
turque rest intacte parce que la Grande-Bretagne a et6
enue au' courant des intentions americaines.
f) Grcc. La Gr6ce manifesto un sentiment d'imimense
gratitude ia 1'egard de 1'Amerique, a exception toltefois
des communists.
g) Canada. A Ottawa, on est satisfait (te cc qu'une
gl democratie-soeur a soit prete A assumer certain; obli-
gations que la Grande-Bretagne doit abandonner. II se
pourrait mme clue le Canada soit amcne A contribuacr a la
polilique de secours entreprise par les Etats-Unis.
L'impression general que les autres journaux donrent cc
martin est colHe d'un raidissement considerable de l'attitude
americaine h l'dgard de I'Union sovietique. Ainsi, Ed. Mont-
gomery announce, en premiere page du News Chronicle, qu'il
regne "presque A Washington une atmosphere de temps de
guerre et que les chefs militaires ont ete convoqu6:; pour
des conversations secretes. II announce par ailleurs que le
gouvernement des Etats-Unis a refuse d'expedier en Russie
du materiel de forage pour des puits de petrole parce que,
selon M. John Tabor, president de la Commission dcono-
mique, qui a pris cette decision, ce serait la une llesure
d'apaisement.


Le Daily Telegraph ct ie Daily Herald publient en pre-
miere page l'annonce que M. Bevin a r6v61ee la Confe-
rence de Moscou que les Russes employaient un nomm6
Augustin, ing6nieur allemand qui a congu le char < Tigre ,,,
i ain post 6lev6 dans I'industrie automobile.

2. France
Le Times, le Daily Herald, le Daily Telegraph, le News
Chronicle rapportent les violent incidents qui se sont pro-
duits hier h, l'Assembl6e national sur la question indo-
chinoise.
3. Conference de Moscou

A. Werth, correspondent h Moscou du Manchester Guar.
dian, fait 6tat de la contrarietd que M. Bevin a cause aux
ddl6guds franais .on omettant de les consulter avant d'an-
noncer ses nouvelles propositions sur 1'avenir de l'industrie
allemande, et selon lesquelles il n'envisagerait pas de d6mi-
litarisation industrielle sans unite economique. Les Fran-
cais estimeraicnt que M. Bevin ddpasserait considerablement
ses id6es precedentes : pas de reparations sans, au pra-
lable, d'unit6 Bconomique. Les Francais verraient toutefois
un signe encourageant dans le fait que la Conf6rence se
mcttrait d'accord sur la seric d'instructions destinies an
Conscil de contr6le en Allemagne et sur les progress pro-
bables qui seront realises au sujet du trait autrichien.

a() APRPS LE DISCOURS DU PRESIDENT TRUMAN AU CON-
GRES.

1) Daily Herald (14/3), travailliste :

Le president Truman a franchi le Rubicon. Sa de-
nande au Congres pour lui permettre d'apporter une
aide 6conomique et financiere A la GrAce et A la Tur-
quie constitute l'acte le plus important qui ait .&te pris
par un president am6ricain depuis que Roosevelt a fait
adopter le Pret-Bail.
Depuis des mois, les strateges ambricains ont soulignA
que les Dardanelles et la Turquie forment l'un des bas-
tions essenliels dans le conflict pour P'h6g6monie mon-
diale qui oppose 1'Union Sovi6tique et les Etats-Unis. Le
President approve maintenant cette thdorie.
Si le Congres accepted l'Amerique devient une puis-
sance mediterran6enne aussi sfirement que si une ar-
nee de soldats amnricains avait d6barqu6 en Grace ou
en Turquie.
C'est lA un acte de la politique de puissance.
Mats les peuples peuvent se demander si nous som-
mes v6ritablement retournds aussi rapidement a Pan-
cienne anarchie. Si la force compete seule. S'il n'y a v6-
ritablcment pas d'autres moyens de parvenir A un ac-
cord. Et si nous devons vraiment pr6tendre de fagon
hypocrite que la Grace et la Turquie sont de veritables
democraties.
N'avons-nous pas le droit de demander dans le cas
du Moyen-Orient qu'on essaie au moins de parvenir a
un compromise avant de permettre A la politique de
puissance de pr6valoir ?
La Grande-Bretagne doit abandonner un grand nom-
bre de ses positions au Moyen-Orient et non pas seule-
ment en GrAce ? Qui nous succedera ? L'AmBrique agis-
sant dans l'int6rt de sa a scurit6 national > ? Ou les
Nations-Unies agissant dans l'int6rkt du Monde entier ?
Dans l'interet de la Paix, il ne devrait y avoir qu'une
seule r6ponse possible.
(MICHAEL FOOT.)

2) Times (14/3) :

DejA le discourse de M. Truman incite les homes et
les nations de tous les continents A envisager un chan-
gement fundamental dans les relations internatio-







BULLETIN QUO.TIDIIF DE PRESS ATRANGERE


nales et A examiner de nouveau les foundations die la
s6curil6 mondiale. Depuis la fin de la guerre, il a 6t
visible que la s6curitP ne pouvait pas tre r6tablie dans
le nonde sans que les Etats-Unis assurent, i la fois en
Europe et en Asie, des responsabilit6s beaucoup plus
importantes qu'ils n'6taient prets A le faire enlre 1918
et 1941. Mais le-discours de M. Truman fait. beaucoup
plus que r6clamer l'61argissement des responsabilit6s
des Eiats-Unis. II met en question la facon don't cs res-
ponsabilit6s seront exercees.

3) News Chronicle (14/3), liberal :

Quelle que soit en definitive Ia facon don't les choses
6volueront, il semble que les Etats-Unis se sont rendus
compete des fardeaux et de la responsabilil[ quite conm-
porte la puissalce morale et maltrielle. .llsqu'ta Ilaill-
tenant, les Etats-Unis n'oni pas ] ( protlv6 lII n6rcessitie
de se pr6occuper de ces problnelcs. Leur eloignement
des centres de discordes mondiaux leur a permits de
continue a mener une vie relalivemeni tranquille. La
force incontest6e de la marine britannique suffisait
pour 6loigner de leurs c6tes des strangerss importuns.
Mais a present tout est change ; en fail ce change-
ment s'est r6alise progressivement an course des 25 ier-
nitres ann6es. La Flolte britannique a cess6 d'Ptre
toute-puissante, les points strategiques de l'cmpire bri-
tannique ne repr6sentent plus commie autrefois des for-
teresses inexpugnables centre une aggression quelconque.
MWme s'il en itait encore ainsi les Iimbes alomiques
et les bombs volantes out fait de 1'isolalionnisme uni
non-sens.
Par ses altaques i pine voilees centre la tyrannic
du connmmtnisme russe, M. Trumllan a fourni line armne
excellent A ceux qui prelendent que la politiquc des
Etats-Unis ne fait qu'blargir In brdlehe qui stp4rle
I'Orienl de l'Occident.
La reaction russe f ce discours ne s'esi pas encore
manifest6e. Mais nous esp6rons que !e general Marshall,
pour qui le g6enralissime Staline a come on ile sait
un grand respect, sera capable d'6carter tout malen-
tendu qu'aurait pu provoquoer a Moscou le discours tde
M. Truman en expliquant la politiqtic de son gouverne-
ment dans des terries moins dramatiques et plus accom-
modants.

b) LA SITUATION EN HONGRIE (Daily Telegraph, 14/2)
Les probl6mes qui se posent en Hongrie sont-sembla-
bles A.ceux qui ont I6t soulevcs en Grice dans le mes-
sage du president Truman au Congres, h savoir si
1'on permettra & une minority communist de renverser
un goIovernement 6lu ; mais le conflict enlre la Russie et
les Etats-Unis, soutenus par la Grande-Bretagne, est
dans ce cas beaucoup plus evident, et 1'intervention so-
vi6tique beaucoup plus directed. Les Etats-Unis s'oppo-
sent A la pression russe de la mnme facon, c'est-A-dire
par une aide 6conomique. Les notes de protestation
n'ont eu aucun resultat. Le temps montrera si l'argent
sera plus puissant que 1'6p6e.

Ic) LA.VISITE DES DEPUTIES SOVIETIQUES EN GRANDE-BRE-
TAGNE (Daily Herald, 14/3, travailliste)

Nous souhaitons ]a bienvenue au group des d6putes
sovi6tiques qui sont arrives hier soir A Londres.
Leur presence nous rappelle en temps opportun la
chaide camaraderie et la bonne volont6 du temps de
guerre que nous avons un besoin pressant de retrouver.
I1 ne peut y avoir de malentendus insurmontables en-
tre deux nations don't les citoyens connaissent et apprP-


cient respeclivenent leur I'acon de vivre. Cc qui esl
tragique dans nos relations d'apr6s-guerrc avec la Rus-
sie c'est que nous ne visilions pas davanlage nos pays
respectifs.
Plus nous nous verrons, niieux nous nous-entendrons
et moins Lne propaganda inamicale sera en mesurt
d'accenluer nos divergences.

2) Times (14/3) :

La delegation des repr6sentants du Soviet Supreme
de l'Union Sovietiqoue est arrive hier h Londres pour
effectuer un voyage qui a (d'abord et6 retard par I'ou-
verture de la session (Id Soviet Supreme et ensuile par
Ie mauvais temps.
Les d6lh6gu6s sonl stirs de recevoir un accueil chaleu-
reux en Grande-Bretagne. Ces visiles ne peuvent avoir
qule d;' bons r6sultal s Plant donn6 qiu'clles peuvent con-
tribuer h dissiper la m6lfiance si facilement engendr6e
par des systiimes poliliques ct sociaux diff6rents. On ne
pult que regrellcr qu'elles nc soient pas plus frCquenles.

dt) APnkS LE DI'nAT SUR L'I:CONOMIE AUX COMMUNES
(Daily Herald, 14/3, travaillisle) :
Le premier gouvernemenl socialisle de Grande-Bre-
lagne a une occasion unique e de prouver sa valeur. M.
Atllee el ses collggues peuvent obtenir pour la Grande-
Brelagne un triomphe aussi retentissant que celui qui a
terminic i la recenic guerre.
Quels nmyens employer pour reinporter cette victoire
pacifique ? UInc p)arlic en C it6 indiquie par le premier
miinistre fla fin du long d6bal qui s'est tlroul- cell
semaine A la Chamlbre des Communes sur la situation
6conomique. 11 a dit que' le gouvernemeni 6tait bien
avanc6 dans la preparation d'un plan quinquennal de
prosp6ril&. Nous avons besoin de cc plan et nous en
avons besoin rapidement pour des raisons psycho-
logiques aussi bien title commercials.
La nalioln doit connailre exactement le but a attein-
dre dans lcs cinq prochaines ann6es et savoir pourquoi
il faut I'alleindre. Tous les homnies et les femmes de
boinnu volontit de Grande-Bretagne apporteront alors
leur collaboration. La force qui mettra les energies en
oeuvre esl loujours 1h, c'estle courage, le caractere et
les qualities de resistance du people britannique. II suf-
fil de laisser s'6panouir ces qualities pour que toute nl
nation redouble ses efforts.
Stimuler ces efforts durant les premieres et les plus
dures ann6es de misc en application du plan, telle sers
la tAche primordial du gouvernement.



II. PRESS AMERICAINE


Rievue de la press amdricaine uM 13 mars 1947

1. Rdactions au ditscours td president Truman
La; plupart des editoriaux sont d'accord avec le president
Truman qu'il n'y a pas d'autre alternative pour les U.S.A.
que d'aider la Gr&ce et la Turquie. Toute autre poll ique
serait plus onsreuse pour cux et plus apte a engendrer des
situations mondiales contraircs aux interats de la ddmo-
cratie amiricaine. Bien que le Pr6sident n'ait pas parl6 de
I'U.R.S.S., tous les iditorialis'es considerent que c'est, en
'ait, le gouvqrnement russe qui reqoit un avertissement que
les U.S.A. ne tol6reront pas une nouvelle expansion com-
muniste dans le monde.


3







4 OULLIETI-N QUOTIflIEN DE PPESSI- ETRANcGkRE


L'(s org ,1i( i,( ll a lio i ini ,i t, oniiiI leC C /hi'(lQJIo T l ib illr
s'attaIquent I la Id cisioni prise parl le prisidcnl Tnruman,
qu'ils considrcent comiine un premier pas vers ]a guerre
nvec I'U.R.S.S. Le, Diilyj Worker s'oppose egalement Lermnes energiqucis a la proposition prCsidenltielle. (Voi 'ar-
ticle plus loin.)
P.M., journal liberal, accepted la conclusion titic par
M. Truman. ll s'oppose, cependant, an r'enforcemcnt des.
gouvernements rdactionnaires, car, dit-il, 1'opposiiol qui
leiu" est faite nc pout quce grandir do ce fait ct ser ir de
tremplin an coimmunismne .
Les sentiments anticommunistes des Americains paraissent
avoir r'uni les rdpubllicains et les democrats derriire la
lnouvellc politique 6noncec par le president Truman, si P'o'n
en croit la majority des 6ditoriaux. Les correspondai Si de
\Washington notent, cependant, que Ic Congrbs veut encore
r6116chir sur les consequences de ccitt politique avant do se
p]'ononcer sur i'aide it la Grbee et i la Turquic. Di, anu-
.jound'hui, la Commission des Affaires 6trang&'es du '6nat
entendra une nise au point de M. Acheson sur la situation
grecque. L'dditorial du New-York Times dcrit en manchitte :
Avertissement Ai la Russic. Ce journal ajoute qile le
president Truman a lanc6 un appel, sans aucun dout., en
f',veiur d'une action qui entrainera les U.S.A. dans unc nou-
Nivllc politique etrangere positive A responsabilitds mnon-
diales visant I maintenir l'ordre et la paix. (Voir 'an ticle
plus loin.)
Le Philadelplhi Inquirer s'exprime ainsi : Une iAchoc
lonrde de couisclqucnce.s qu nious no pouvons pas evil '. >>
Et il ajoute :
< Mais nous devous faire attention clue notre olii-
tique ne conduise, pas it un conflict. En servant la
cause de la vraic d6nocratie autant que nous le jou-
vonis, nous devrions echerclher, par tous les moyiens
en notre pouvoir, a obtenir une veritable coop6ralion
internationale... C'est tine filhe que nous ne poll 'Ons
pas refuser.
Le Chictiojfo Tribune consider que 11 le president Trunman
s'engage vcrs uline nouvelle guerre '). 1 estime qu'il est )os-
sible cde p:eddiic que les consequences de celte polilique
seront la guerre, car la Russie ne pout consid6rcr celte I| li-
tiqu(Ii que comminc lui 6lant hostile et cons-acrue 1i comniattre
scs ambitions ou viser ii sa destruction. An fur et A iucnarec
qu(i la facture que l',on prisenle i la Trelori'ie monte,
les U.S.A. approchlent dc la banqueroute. Quand la gui rre
clalira, les U.S.A. In front en nation appauvric.
I.'6ditorial de P.M., sous la signature de Max L.erner, (id-
cla,'e 6galeiment :
(c Si la guerre' approche, alors le discourse du 1'ri6-
.sident a un sens. Si elle pent 11'(re 6vite, alors, mne tre
'1u application les terms de ce discours, c'tst s'en-
gaglcr dans u'ne voie catastrophique... Nous no pi)u-
:oins pas letter centre 1'id6ologie russe efficaceinnt
si nous appuyons des forces fiodales ien Grece et dans
le Moyen-Orient... Envoycr de l'argent.- des armc.s et
(In personnel militaire en Grbce, enmpAcher les comn-
munistes de prendre le contr6le pendant un moment,
co sera, en fin de compete, cependant, ]c chemin le
plus stir d'6tablir cette h6g6monic conmmuniste. ,,
Le Baltimore Sun note que, si l'inervention am6rjicaine
est mal guide, cile pourra conduire i une aggravation 'a-
pide dc nos relations avec la Russic sovi6tique. .Mais coiin-
ment peut-on hien guider cette intervention? iPar-desusa
tout. il faut quo cc soit tine demonstration que cc qute es
U.S.A. recheir6hent nc s'oppose en aucine facon Li li con-
elusion d'un accord ferme et d6fini avec la Russie sov e-
tique. La tAclie des U.S.A. consist it demontrer qu' I
agissent avee precaution phlutt que par hostility. La tatc in'
des U.S.A. est de dtmontrcr que les demands et les asli-
ration!; russes l6gitinmes ne sont pas bloquees par l'actlion
aminricaine, mais peuvent fire l'objet de ndgociations. I.a
tilcbe des jU S.A. est de travailler sans cesse, alors mi.icw
que nous assutrons Ic maiinticn de 1'integritW de la Grcte A't
de la Turquic, A r6gler les diff6rends centre la Russic et i]'s
U.S.A. aui, jusqu't present, out empech6 ]a rdalisation ('e
la paix 3.
Les .6ditoriaux des journaux financiers come le Wa1(l
Sctreeti Journal et le Journal of Commerce so declarent d'ac-


vord aveec l' I'r sidnti cl conicluent li la n6ccasitl de -c visi'c
Ih budgcit dans le sen.s do nouvelles economics budg6taires,
adin de pouvoir consacrer celles-ci aux obligations ameri-
.at.nes ext6rieures nientionn'ecs par le president Truman.

2. Nouvelles franoaises
Whitcomb, dans le Baltimore Sun, announce que le minins-
nre de Fcance it Sofia a 6tW rappeld A Paris a la suite d'in-
cidents concernant 1'expulsion d'une correspondante de
presse frangaise.
iHumphreys, dans le New York Heral Tribune, announce
u t'un accord est intervene entire le gouvernement frangais
el les repr6scntants anime'icains pour ic rapatriement des pri-
sonniers de guherre allemands.
Le New York Times public une note rectificative donn6e
par la prdsidencee de la Republiquc que M. Thorez avait bien
: ,ssist6 au diner en l'honneur de M. Marshall.

APi AS LE DISCOURS DU PRESIDENT TRUMAN.

1) New York Time:s (13/3, d6mocrate ind6pendant) :

Le discours du president Truman est comparable au
c6l1bre discours de lI << quarantine > du president
Roosevell centre los agresseurs, et qui a 6t6 prononc6
dans des circonstances analogues en 1937. Mais le pr&6-
sident Truman a 6t1 plus brutal et il a fait appel sans
qu'on puisse se tromper i une action qui lancera Tes
Elats-Unis dans une pfolitique 6trang6re nouvelle et po-
sitive de -responsabilit6s mondiales pour le maintien de
la paix et de l'ordre. M. Truman n'a pas lane& de d6fi
au coinnniuisme, *en tant que tel, il n'a pas non plus
prtIconise une croisade centre lui ; en cela il n'a pas
suivi les dirigcants russes qui so livrent La des provoca-
tions constanles et prechent la croisade centre notre
propre regime d6mocratique. Mais il a indiqu6 claire-
meni qu'un regime communist est un regime totalilaire
t, il a deinand6 qu'on cesse d'imposer par la force de
lels r6gime centre la volon.t des peoples.
On ne pent douter, A notre avis, que le people am6-
ricain tout entier soutient .cet avertissement. 11 ne d6-
pend pas seulement de la Russie qtue ce discours soit
6eoulL', inais aussi de la rapidity et de 1'unanimitl avec
Iesiquelles le Congrcs suiv-ra les recommendations du
President. Le discours dt la < quaranlaine >> du pr6si-
dent Roosevelt n'a pas atteint son but parcel qu'il n'a
pas 6t6 suivi d'action et il est facile d'en voir mainte-
nant les consequences dans 1'histoire. C'est au Congrbs
maintenant de prendre ,ine decision.

2) New York Post (d6mocrale ind6pendant) :

Le president Truman, parlant de la politique r6ac-
tionnaire en Grece, a d6clar6 que les Etats-Unis
1'avaient condamn6e dans le pass -et que nous condam-
nons encore maintenant les nmesures extr6mistes de la
droite ou de la gauche. II a dit que nous avons dans le
passe conseill6, la olerance et que nous la conseillons
encore niaintenant.
On devrail accorder cc p)rit I I Grbec dans des con-
ditions tells que nos repr6seniants qui se trouveni dans
ce pays soient on measuree d'empecher le gouvernement
de prendre des measures exir6mistes, en 'suppriniant
toute aide finiiancieir ou lout autilre contours, en parti-
culier pour ce qui est des arnienents. II no suffil pas
de consciller la tolerance.
Si l'on no poirle devant los Nations Unics des proble-
nmes lels que ceux Idu Proche-Orient, la m6fiance divi-
sera le monde en deux camps arms. C'esI un luxe que
ni les Soviets ni nouLs-m1nes ne pouvons nous permnet-
Ire. L'enjeu d'une telle politique est la mort.
Malgr6 les divergences qui s6parent les puissances








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE '5


*,rienlales des puissances occidentales, il est encore
temps de s'arranger.

3) Saint-Louis Post-Dispatch '(13/3, democrate) :

La lutte pour la domination du monde qui oppose les
Etats-Unis et la Russie a .etd mise completement en lu-
mi6re par le president Truman.
Le Congr6s peut peser le pour et le centre et discu-
ter de la question, mais la declaration du PrBsident a
engage la nation dans une action diplomatique total,
de la meme facon qu'une declaration de guerre dolt
Otre n6cessairement adopted lorsque la demand en a
6et faite par le PResident.

4) Los Angeles Timles (13/3, rdpublicain) :

Ce prix de 400 millions de livres ne correspond pas
a un prix d'achat, mais simplement A 1'6ch6ance de la
premiere prime d'assurance qui garantit I'arr6t de I'ex-
pansion russe dans routes les positions clefs.

5) Daily Worker 1(13/3, communist) :

La requ6te du president Truman pour que l'Ameri-
que prenne A son compete les charges relatives A la
Grcce et A la Turquie marque un jour de honte natio-
nale pour notre pays.
Ce sont IA de dures paroles, mai s les aits les jusli-
fient.
La proposition du president Truman nous fait voir
en lui le porte-parole docile du trust de la Standard
Oil dans le Moyen-Orient.
Il faut porter la question grecque devant les Nations
Unies pour I'6tablissement d'une paix durable fondue
sur l'amiti6 entire les Etals-Unis et la Russie.

6) Daily News (13/3, isolationniste) :
Cette politique de prMt que veut nous voir adopter
M. Truman ne peut nous engager qu'A consenlir un,
nombre croissant de pr6ts A un nombre croissant de
pays, si elle n'aboutit pas A quelque chose de pire. Le
r6sultat evident de cette politique c'est qu'elle affaiblira
notre position plut6t qu'elle ne la renforcera.




III. PRESS SOVIETIQUE



Revue de. la pnesse sovidtique du 14 mars 1947

Les rubriques tirang6res, de deux pagesen moyenne sont
uniquement informatives. Les textes penvent etre rdpartis
i verC les sous-titres suivants :

1. -- La session
Le Conseil des Ministres des Affaires dirangbres en cst le
thlime essential : une page de comptes rcndus Tass dans tous
les journaux, don't les cinq sixiemes sont occupis par la
reunion des ministres sous les titres : discussion de la pro-
position sovidtique sur la Chine, discussion des propositions
amdricaines sur I'ordre du jour, rapport de M. Vychinsky
sur la Conference dos supplants, declaration de M. G. Bi-
dault. declaration ,de M. :Molotov, declaration de M. Marshall,
intervention de IM. Bevin.
Les declarations des chefs de di61gations sont publiees
sou-s gros titres; le text do celle de M. Molotov est donned
in extenso (MO3 lignes); oelles des chefs des autres delga-
tions sont simplement analyses. La declaration du pr6si-
dent Bidault est la plus longuement ddvelopp6e (74 lignes);


51 lignes sont reserv6cs i la declaration de M. Bevin. 46 a
celle du general Marshall. Aucun commentaire n'est fait.
Toutefois, au compete rendu de intervention do fM. Bevin,
Tass ajoute trois points de suspension ironiques dans la
phrase : Bevin declare que I'une des difficulties princi-
pales est I'absence do definition du potcntiel de guerre ,,
ainsi que la remarque suivante, apr&s r6sum6 du passage
du discours relatif aux unites allemandes employees au dd-
minage : a Ainsi, Bevin a de nouveau reconnu la presence
de formations allemandes dans la zone britannique. ,

2. La lutte pour la ddmocratie, dans le monde
IUne series e ddpAches Tass de longueur moyenne, que la
plupart des journaux reproduisent : la reunion du group
parlem.entaire travailliste, les poursuites centre les 614ments
ddmocratiques en Chine, la situation i Formose, I'arresta-
tion de collaborateurs dconomiques en France. la creation
d'une union ,des femmes antifascistes en Allemagne, lo
. financement par les Amnricains d'une organisation fas-
riste coreenne >) des informations sur des arrestations rmas-
sives en Grbce, etc...

3. -- Lets reldlions internationals
Tout en demeurant de second plan par rapport a la ses-
sion dn Consell des Ministres. le th6me est traitS avec une
attention marquee. On puet distinguer trois aspects :
a) Les organisms interndtionaux :
Ils comprennent une diepche Tass de 25 ligncs environ,
sur la seance du 11. au Conseil ,de Controle sur 1'Allemagne,
le compete iendu en 68 lignes de la discussion du 10 au
Conseil de la Securit6 du Contr6le de I'6nergie atomique.
h) Inridences diverses des polfliquies asnglo-ameriraines :
Los ddpSches d'Athbnes annnoncent quoe a mission 6cono-
mique animricaine en Grece s'dtait categoriquement opposkc
ih nne assistance 6conomique ct financiire actuelle au gon-
veonenment gree pour le motif qu'il est tellement rdaction-
naire et ddpourvu d'autorittA que cette assistance discredi-
terait Ics U.S.A.
Les didpchcs de Londres annoncent I'opposition dans
I'Inde an statut dlabord par la Grande-Bretagno et demand
par ] riationaliste irlandais du retrait d'Irlande du Nord'
des forces armdes britanniques.
Une d6ppche de Paris rapport le voyage i Londres du
ministry beige do la Diffense national. On relive notam-
ment : l'interet de cette visited s'est accru a la suite des
ddclarations de M. Bevin annoncant clue la conclusion d'une
alliance anglo-belg'e 6tait selon touted possibility du domain
de l'avenir proche concernant l'unification des armaments
belges sur le inodile anglais. Le colonel Debraiteur declare
au journal Soir qu'elle dtait depuis longtcmps realisde, puis-
quc c'est en Grande-Bretagne que la Belgique avait achete
son materiel. La cooperation militaire anglo-belge n'est pas
une noilveautd. C'est le rnsultat de la guerre, et elle cst en
train de continue.
o) La question de la Commission mixte de Corde :
Tons les journaux reproduisent sons de grands titres une
d6peche h &e sujbt.

LA SITUATION EN CHINE (Izuesltia, 12/3) :
A Les nouvelles de Chine 16moignent du fait que la
situation politique dans ce pays au course de l'annie
dernicre a sensiblement empire. Non seulement la
guerre civil n'a pas cess6, mais clle s'6tend de plus
en plus. En matibre de democratisation et d'unifica-
lion de la Chine, aucun progress n'a 6et r6alis6. Au lieu
d'une consolidation politique de la Chine, d'une r6or-
ganisation du gouvernement national, sur la base d'une
large participation des 616ments d6mocratiques, La dic-
tature des milieux r6actionnaires du Kuomintang s'est
accentuee. Une politique d'l6imination syst6matique des
forces ddmocratiques de la direction du pays est prati-
qube. La representation populaire est faussue et la








SLBULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


guerre civil s'6tend. Ii convient de rappeler qu'il y a
plus d'un an, la situation politiquc en Chine 6tait assez
tendue. Cela amena alors 1'Union Sovi6fiquc, les Etats-
Unis et la Grande-Bretagne .a decider d'un common
accord lors de la Conference de Moscou des minis-
tres des Affaires Etrangeres de decembre 1945 la n6-
cessith : 1 de l'unification et de la d6mocratisalion de
la Chine, sous la direction d'un gouvernement national;
2 de la participation des elements d6mocratiques A
tous les organes du pouvoir en Chine ; 3. de la cessa-
lion d'une guerre civil fratricide.
Les trois puissances. U.R.S.S., Etats-Unis et Grande-
Bretagne confirmerent alors leur fiddlit6 A la politique
de non-intervention dans les affaires int6rieures de la
Chine. Les ministres des Affaires 6trangeres des Etats-
Unis et de l'Union Sovi6tique parvinrent 6galereicnt i
un accord total sur la nccssit6 du retrait de Chine des
forces armies sovi6tiques et americaines dans le plus
bref delai compatible avec l'ex6cution de leurs obliga-
lions et avec leurs responsabilites. L'Union Sove6tique
a sans cesse soutenu le point de vue que executionn de
l'accord de Moscou sur la Chine,.par tous les signatai-
res de cet accord, 6tait la condition essentielle du main-
tien de la paix int6rieure en Chine'et de l'unite de la
dmiocratisation du pays. Le faith quo depuis l'adoption
de la decision de Moscou ]a situation en Chine :it em-
pire prouve l'urgence de la n6cessilb d'une virifica-
tion de la facon don't cette decision est executic par
les puissances 'qui l'ont adoptle. Le ministry des Affai-
res 6lrangercs de 1'Union Sovi6tiuec, M. Molotov. a pro-
l)os5 d'inclure A l'ordre du jour de la session arinuelle
du Conscil des ministres des Affaires Mtrant res, le
probleme de la verification de 1'ex6culion de I':;ccord
sur la Chine conclu on dcemibre 1945, A la r6uni n des
Irois ministries des Affaires 6erangeres A Moscou. Dans
la declaration qu'il a faite 'e 10 mars, M. Mololoov a
propose que le Conscil des ministries des Affaires
ilrangeres entende Jes informations des signataires (de
1'accord de Moscou sur la Chine relatives h 1'execution
des decisions de cette reunion. A la lumiere des fails
qui caract6risent la situation actuelle en Chine, 'op-
portunit6 de celte proposition est evidente. >




IV. PRESS POLONAISE



a) LA CONFERENCE DE MOSCOU ET LA DEMILITARIZATION
DE L'ALLEMAGNE.
1. Zycie Warszawy, (ind6pendant, 13/3):
<< La premiere discussion qui s'est engagee a Moscou
autour du compte-rendu du Conseil interallii de Con-
tr6le a constitu& dans une certain measure une rev6la-
lion pour cette parties de l'opinion mondiale siiitoul,
aux ycux de laquelle une certain press s'6tait effor-
c6e de dissimuler la situation veritable dans les zones
britannique et amnricaine d'occupation en Allemagne...
Malgr6 1'espril et la letire des accords de Poisdam,
on pent dire que la liquidation (te i'industrie de guerre
allemande dans ces zones ne fait en some que com-
mencer. Suivant les donndes do source anglaise, au
e1' janvier de cellc ann6e, Ai pine 7 % des ateliers de
conslruclii)n de chars, avions de combat, c mons,
avaient Ile d1emontes.
L'opinion mondiale et avant !out celle des peuples
qui onl eprounve sur leur peau les << bienfails > du po-


lentiel de guerre allemand n'acceptera jamais le main-
lien en territoire allemand d'un formidable outillagc
qui pourra, du jour au lendemain, reprendre la fabri-
cation des avions, chars d'assaut, pieces d'artillerie,
obus volants et cyclone. Nous n'avons pas de raison
de mettre en doute la sincerity des propositions du g6-
neral Marshall. Toutefois, le meilleur criterium de cette
sincerit seraa l'acceptation de la resolution sovi6tique
invitant le Conseil des ministres des Affaires 6trangi-
res A charger le Conseil de Contr6le en Allemagne de
meltre an point avant le ler juillet un plan d6taille de
liquidation du potentieT de guerre allemand. >

2. Trybuna Robotnicza socialistt, 13/3) :
< Sans vouloir nous iivrer a une polemique avec les
jugements et horoscopes pessimistes, emis par certain
organes de la press 6trangere, nous croyons que les
milieux r6aclionnaires misent vainement sur un man-
'que d'.unitl et sur I'insuccs de la conference de Mos-
cou...
En depit des divergences un compromise 6quilable
interviendra en ce qui concern 1'Allemagne, parce
qu'au dessus des intrigues des requins du capital, il
y a des forces qui ne permettront pas que se repitent
les erreurs n6fastes et les consequences tragi;ques de
Versailles. >>

b) LE (( NOUVEAU STYLE SLAVE >> (Kirier Codzieniny, d6-
inocrate, 12/3) :
L Les conversations qu'ont cues A Moscou le prbsi-
dent Cyrankiewicz et le ministry Mine, presque simul-
tanmient avec la signature du pact polono-tchecoslo-
vaquc. ont porter aussi sur des sujets economiques. Car
tel esl aujourd'hui ce qu'on peut appeler le << nouveau
style slave >>, non seulement chez nos voisins ct amis
de I'Ouest, mais aussi chez ceux de l'Est. Le premier
emprunt en devises a Wt6 accord A la Pologne d'apres-
guerre par l'Union Sovietique et la moitie du carbon
polonais qui devait, conformbment a l'accord, Iore ex-
port6 en U.R.S.S., a Wt6 liberte, afin de permettre A lI
Pologne de I'utiliser pour d'autres transactions, destinies
a leur tourr h lui permettre d'acquerir les devises indis-
pensables a son 6conomie.
VoilA (qui prouve que certain style qui passait jus-
qui'ici pour irr6aliste, le style romantique des Slaves.
s'cst transforln julsqu'i 6tre meconnaissable.
Apres-lI'6chec des revolutions sentimentales de 1846
el de 1848, la Pologne avait produit I'hymne boulever-
sant : o Du sein des flames, du sang des n6tres, vers
Toi, Seigneur Dieu, monte ce chant... >. Aprbs le re-
tournement social r6ussi de 1945 .la Pologne a produit,
non plus un hymne, cette fois, mais un plan triennal
de reconstruction oeonomique. Nouveau style slave. >




V. PRESS BELGE


LA SITUATION EN, FRANCE (La CiWt Nouvelle, 13/3):
Aujourd'hui, le suffrage universal s'est prononce en
faveur des parties de gauche, c'est-A-dire d'une politique
qui serait tent6e ou capable de mettre fin aux privileges
de la ploutocratie. Cette ploutocratie, malgr6 les coups
durs qu'elle a recus et toute compromise qu'elle soit
par la part considerable qu'elle a eue de la trahison de
Vichy, domine toujours la soci6t6 francaise : qui a








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS E'RANGERE 7


1'argent... Loin d'etre r6sign6e a passer la main, elle est
occup6e, une fois encore, A expulser du pouvoir les
groups que le suffrage universal y a install. Le pro-
c6d6 a deja servi, mais il reste toujours bon. Affoler
l'opinion par des campagnes de press, un pessimism
* exalt6, 1'exploitation des difficult6s financi6res, la de-
magogie syndicale, etc.
Quand on aura sabot6 le pays, que Popinon d6coura-
gee, ahurie, 6puisbe de guerre lasse, sera prete a tout
accepter on lui sortira le sauveur qu'on lient en re-
serve. II s'est appel6 Poincar6, Doumergue, PBtain...
Le systbme fonctionne aujourd'hui en faveur de de
Gaulle qui parait dispose A accepter, sans bien com-
prendre, le rble qu'on lui destine.
Naturellement, une telle cntreprise suppose la pos-
session de la press. Le proc6dd a eI6 fort simple ; la
press de la resistance n'avait pas de capitaux, elle ne
pouvait fixer se.s prix de vente, il suffisait done d'aug-
ilcnter ses depenses pour qu'elle ffit mathematiquement
6trangl6e. Et c'est pourquoi des raisons techniques onl
fait qu'il n'y a jamais eu de paper, et qu'il a toujours
0i6 i des prix exhorbitants. C'est pourquoi aussi la
Fel6ralion du Livre a loujours demnand6 des auginenla-
lions de salaires. A remarquer que cette f6d6ration ap-
partion a cette aile anarcho-proudhonnienne du syn-
dicalisine, don't la collusion avec la ploutocratic est une
des donn6es les plus constantes de la situation pr6sen-
te. OiL celi mnnc-t-il ? On peut craindre une dictature
qui, sous le noin de de Gaulle, reproduirait celle de
Vichy, parce que ce serait la m6me, celle des grands
interets ploutocratiques...
Les jeux ne sont pas faits, mais il est certain que la
dbmocratie en France, est exposee. L'est-elle seulement
I ? >
(ELIF BAUSSART).


VI. PRESS SUISSE


LE DISCOURS DE M. TRUMAN (Tribune de Genive, 13/3):
< Depuis le debut de la guerre, le president Roqse-
velt a rep6t6 au people an6ricain qu'il serait neces-
saire de donner A la fin du conflict une aide am6ricaine
sur une large 6chelle aux peuples europ6ens, car 1'in-
t6rUt vital des Etats-Unis exige d'bviter le chaos on les
desordres. M. Roosevelt Blait un trop habile politician
pour presenter l'aide ambricaine comme une croisade
centre la Russie. Mais il est clair qu'.6viter ce chaos
equivaut a 6viter le communism.
AprLs la fin de la guerre, il eill fall un veritable
courage politique pour expliquer au pCeuple am6ricain
que cette politique de M. Roosevelt dtait raisonnable.
Ayant laiss6 oublier A l'opinion ambricaine que la poli-
tique de secours en Europe devait OIre poursuivie dans
l'inlefret in6me de 1'Amiriquf, il 6tait bien difficile pour
M. Truman de r6veiller brusquemeni les esprits endor-
mis, (de rappeler le Conigris, preoccup6 par los econo-
inies, aux r6alit6s internationals. Aussi M. Truman
s'esl-il sorti d'une silualion enibarrassante en transfor-
niant la' politique de secours inspire par Roosevelt
d(ans l'int6ret g6n6ral en une politique nationalist amb-
ricaine susceptible d'0tre approuv6e par le Congres et
les blecteurs pour des raisons patriotiques.
Aujourd'hui, beaucoup d'Americains raisonnablcs,
toul en approuvant 1'aide a la Grbce et a la Turquic,
regrettent que M. Truman ait dfi recourir a cette tac-
lique de valeur douteuse pour atteindre un objectif
louable. >
(Du correspondent de la Tribune de Geneve
A Washington).


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