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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00052
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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MNISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-10, rue Lord-Byron, Paris (8').


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES


BULLETIN


PRESS


6 mars 1947.


QUOTI


ETRANGERE


Nouvelle 'Serie No 611


I. PRESS BRITANNIQUE


Revne de la press brilannique du 5 mars 1947
Alliance franco-britainfque (suite)
Le Manchester Guardian et le Yorkshire Post d'hier martin
consacraient P'un et l'autre leur principal editorial i 1'al-
liance franco-britannique.
Le Manchester Guardian ecarte les malentendus qui avaient
affaibli les liens 6troits forms pendant la guerre. (Voir
l'article plus loin).
Le Yorkhsire Post se rtjouit igalemcnt do constater que
grAce au trait de Dunkerque on 6vite la repetition tde
fautes commises apris la victoire de 1918 ct i'on s'efforce
d'assainir 1'6cononie des deux pays.
II signal qu'A Moscou 'Allcmagne sera 1'objet des pre-
occupations essentielles des quatre Ministres des Affaires
etrang&res, come elle l'a 6td des n6goclatcurs, du trait de
Dunkerque. Peut-&tre cette preoccupation commune les amf-
nera-t-elle a conclude l'alliance it quatre proposed par
M. Byrnes. II faut toutefois se gardcr d'espoir inconsid6rt.
Sans doute, no parviendra-t-on pas it r6gler une fois pour
toutes le probl6me allemand, di moins verra-t-on peut-.tre
la natissance d'un syst6me fondi sur un esprit de coopera-
tion et destine i assurer Ic maintien de la paix et A panser
les blessures et reliever les ruines causdcs par la guerre.

Reune de la press brilanniquce du 6 mars 1947
La dislocation du traffic ferroviaire et routier cause par
la violent temp8te de ncige qui sevit depuis deux jours sur
la Grande-Bretagno ainsi que Ic rejet du travail de nuit par
le T.U.C., tiennent la vedette dans la press de cc matin. A
la place du travail d unit propose par le Gouverneinent,
le T.U.C. recommande P'adoption dn systbmc de deux 6qui-
pes diurnes.
La chronique impiriale est presque exclusivement rser-
au grand dlbat qui a eu lieu' hier it la Chalnbre des Com-
munes sur la question indienne. Dans le domain extdricur,
aucune question ne fait l'objet d'importants articles. La
question grcque est rel6gutie pour l'instant a l'arriere-plan.
sur la Palestine, la press se borne h signaler brievement de
nouveaux attentats terrorists. Le voyage de M. Bevin it
Moscou ne fournit iuatiire qu'i des reportage de caractirec
anecdotique, de m&me que l'alliance franco-britannique
(Daily Graphic). Notons cependant quc le Daily Telegraph
reproduit certaines opinions de la presse frangaise sur l'al-
liance et, ainsi que le Times, le tcxte du message envoy par
Ic Roi t M. Vincent Auriol. A noter encore un court article
.n1 Times sur l'Indochine.


I. INDE
An course d'un grand debat qui a *cu lieu' hieIr t la Chlam-
bre des Communes sur la question indicnne, Sir Stafford
Cripps at repondu aulx critiques adressics iu Gouvernelment
par Sir John Anderson, ancien goulverneur du Bengale.
Celni-ci a demand quo le gouvernement fixe une date prei-
cise pour la creation d'une autorit6 central indienne .i la-
quelle Ic pouvori pourrait 6tre remis. Sir Stafford CGrpps a
reconnu qu'il ~tait impossible de prevoir actuellcment i qui.
le pouvoir pourrait etre remis. Exhortant les chefs indiens
a se mettre d'accord, il a fait appel t leur esprit civique
et t leur patriotism. On s'attend pour aujourd'hui a un
important discours de M. Churchill h la Chambre des Com-
munes. La press reprod'uit, soit in exltetnso ('ies), soit
dans ses grandes lignes, le texte des declarations de Sir
Stafford Cripps. Elle met en relief l'urgence de la tacho et
les rcsponsablit6s qui incumbent aux chefs indiens.
D'autre part, certain journaux, come le Times, lc Daily
Telegraph, font 6tat des troubles qui s6vissent dans Ic Ben-
gale ;, troubles d'une extreme gravity ,,, selon le corres-
pondant du Daily Telegraph. Dcvant l'6chec de scs efforts
de conciliation et devant l'impossibilit6 oih so troirvnt les
chefs de la liigue musulnane an Punjab de former un gou
vernement avec l'appui des autrcs parties. Sir Ivan Vinkins,
gouverneur de cette province, a ddc'dd d'appliiquer Ic para-
graphe 03 du < Government of India act >> de 1935. Cet
acte lui donne tout pouvoir pour fair respecter la loi et
retablir l'ordre. 'i charge d'en adviser lc vice-ri et leI secrd-
taire d'Etat pour 1'Inde.

2. Moscou

Le Times et Ie Daily Telegraph reprodulsent des ddpeches
dce curs correspbndants de Washington rendant compete tdes
declarations faites par le Gendral Marshall it son depart
pour Moscou. Ces correspondents mettent en relief le fait
(que Ic g6enral Marshall s'est montrt tres sceptiquc quant
aux risultats des n6gociations de Moscou en ce qui concern
Ic problme allemand. En revanche, il avait l'espoir d'ar-
river i un accord rapid sitr la question du trait autri-
chien.
3. Gnuct

Le Times et le News Chronicle, le Daily Mail et le Daily
Worker accordent encore cc matin une certain importance
at la question grecque. Le correspondent du Times announce
que la reponse britannique A la note ambricaine sur la
Gr6ce a 6t6 premise avant-hier. h M. Dean Acheson, par Lord
Inverchapel. Lo son c6t6, le 'News Chronicle rapport les
declarations faites hicr a la Chambre des Communes par le
'S'(ls-Sccr6taire d'Etat an Foreign Office. Selon M. Mayhew,


DE







2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS i'TRANGERE


la Grande.Bretague serait fermement diciddeo. retirer ses
troupes de Grece dans Ic plus bref d6lai possible, sans toiu-
tefois fixer auenem date precise. (Voir 1'article plus loin.)
Le Daily Mail, dans tine court d6peche, anonce iluc la
Gr6ce ne recevra bientOt plus de secours ,de I'U.N R.R.A.
Cette absence de dake precise pour l'dvacuation de la Gr&ce
par les troupes britanniqu s est mise en relief par le cor-
respondant parlementaire du' Daily Worker." Celui-ci in-
siste 6galement sur le fait que M. Mayhew n'a pas assure
a la Chambre ,des Communtes que cl Gouvernement britan.
nique s'oppo-erait d ce que l'assistante fnancibre des Etats.
Unis 'fut utilis6e par le Goivernement gree pour poursuivre
la guerre centre le movement de resistance.

4. CoNSEiL DE SCUITRE
Ie Times, hl Dnily Telegraph, In News ChlOnicle et lie
Daily Worker donuent un bref aperqu des travaux dti Con-
seil de Sdeurith sur la question de '6incrgie atomniqiCe. Ils
mettent en relief le fait que M. Gromyko s'est refufl; ia tout
systime de contr6kl comportant une intervention itterna-
tionale dans la vie industrielle de son pays.'Pour "ippuyer
ce refus il a invoqud le principle de la souverainet, natio-
nale et la crainte que I'industrie de l'Union sovietiqice soit
a la merci d'un organism international dnnt la niijorit6
des membres strait hostile au regime sovidtique.
Edotard Montgomery, correspond&at du News Chronicle
aux Etats-Unis, conclut des declarations de M. Gromyko que
celle-ci ont reported le probl6me du contr6le de l'energie
atomique an point oft il se tronvait en juin dernier. Lce
Daily T'elegraph present ]a question -sous Ic titre :
Mi. Gromnyk ccciur, Ibs Etats-Umnise d'ctature dens le do-
"maine de 'denergie atomique et le Daily Worker ac.eusf i
son tour les Etats-Unis de projeter la formation i d'un im-
mense trust atomique .

5. FnAcsE
Lu Times et In Daily Telegraph donnent un bref compete
rendu du procs de Brinon. Le chroniqueur du Daily Tele-
graph siguale "n outre, le. soin avec lequel, du c6t" fran-
gais. on a echerehi h assurer le comfort de la ddllgatVn bri-
tanniquc qui se rend it Moscou.

6. ALLIANCE FRANCO-BRITANNIQUE
Le Daily Graphic public un article. humorisliquc t( trcs
bienveillapt de Paul Boyle, intituld : i marriage d'extri-
mes ".
7. -- INDOCHINE

Le corrrcpondant du Times I Paris announce la nomina-
tion de M. Emile Bollaert au poste de haut-commissa re en
Indoch'.n en remplacement de l'Amial Thierry d'Arg(nlieu.
Ce correspondant signal les services rendus par M. Itllaert
a la Risistance et voit "dans sa nomination I'annonce (d'n'nn
dvolntion de la politiqeuc francaise en Indochine virs la
pacification.
8. BELGIQUE
Le eo)rrti.pondant diplomatique du Dally Telegrap an-
nonce que Ic Colonel de Fraitcur, Ministre de la )'f sense
beige, est arrive hier h Londres, od il est l'hote de IEtat-
Major britannique.
9. -- PORTUGAL

1, cArrespoindaint du Daily T7eleqraph i Lislonne pr voit
un remaniement prochain du gouvernemcnt portugdis ainsi
que la candilat-ure de M. Salazar ft la pr6eidence de 1: R&-
publique, en replacement du g6ndral de Carmona qui ne se
reprdsenterbit pas.
10. -- MOVEMENT DIPLOMATIQUE
Le correspondent particulier du Times i New-York an-
nonce P'arrtive dans cette ville de 1'Ambassadeur des Etats-
Unis en Pologne, M. Arthur Bliss Lane. Bien qu'ill ne conmpte
pas reprendre son post, M. Bliss Lane a d6clard qu'un


nouiecau clapitre va bientst s'ouvrir dans les relations amn-
ricano-polonai.ses.
D'autre part, Sir Donald St C. Gainer, Ambassadenr de
Grande-Bretagne ii IVto-de-Janciro, est nommi au poste
d'ambassadeTr it \'arsovie en replacement ide M. Cavendish
Bentick. M. P. Terowlc, conseiller an Foreign OfiLce, est
nommn Ministre aunpris du Saint-Siege come su cesseur de
Sir d'Arcy Osborne.
11. ARGENTINE
Douglas Hyde -publie dans le Daily Worker, sous une
manchette important, des informations selon lesquelles
I'Ambassadeur d'Argentine viendrait en aide i des prison-
niers de guerre nazis svades quli sc trouvent en G4rande-
Ircieagne et don't beaucoup se font passer pour des mem-
ires de I'Armif Anders.

1) SIGNATURE DU TRAIT D'ALLIANCE FRANCO-BRITANNI-
QUE (Manchester Guardian, 5/3, liberal) :
<< Une des consequences heureuses du trait sera son
influence sur ]es entreliens conumerciaux franco-britan-
niques. Ces entretiens ont fait quelque progrbs au
course des deux derniers mois, mais on ne peut pas dire
qu'ils nous aient conduits bien loin. Une des difficul-
t6s qui entraveit la coordination des deux economies,
est que les plans britanniquesO sont beaucoup moins
pr6cis que les plans francais. Nous n'avons rien qui
res.semble au plan Monnet, nussi bien au point de vue
de son aspect general que de sa politique A long terrie.
La Grande-Bretagne et aI France ont &t6 serieuse-
ment affec'.es par les 6venements de ces derniEres an-
n6es. I1 y a vingt-huit ans, les deux pays etaient sortis
Ide la premiere guerre mondiale avec un prestige
rehauss6. Ils huraient pu, en cooperant, jouer en Eu-
rope un rble de premier plan qui justiflait tons les
espoirs de maintien de la paix et tie la stability. Par
centre, ils sont sor;is de la deuxinme guerre mondiale
bien appauvris, autant an point de vue de leur richesse
que de leur puissance. Certes, aucun des deux pays ne
saurait accepted le d6clin come son destin fatal, mais
pour le relivement ct le maintien des id6aux qui les
animenl, chacun de.; deux pays a besoin de l'appui
moral et materiel d( l'autre.

b) AVANT LA CONF RIENCEI D1E MOSCOU (MIalchester Gucr-
dian., 5/3, liberal) :
< Le principle fundamental dont s'inspire la Rtussie
dans les pourparlers de paix qui vont commencer, peut
se caracteriser ainsi : la Conf6rence.doit reussir en dd-
pit de tout, ,meme si elle dolt durer tres longlemps. II
n'y aura que le deroulement pratique des d6bats pour
,dire dans quelle mnesure on atteindra ce but, en faisant
appel A des compromis (el M. S'aline a vraiment le sens
des compromise par des concessions, ou en mettant
en evidence les err!anrs des antagonistes (en ameutant
I'opinion 6trangrre pour appuyer la position russe).
Bais il ne faith aucun doute que la Russie est plus d6-
cidee que jamais i arriver .h un accord raisonnable
avec le monde occidental.
C(e n'est pas que le problime allemand soil I'unique
objet des d6bats. Meuie si le citoyen russe moven ne
s'interesse pats outre measure aux probl6mes. de 'Extr&-
me-Orient, le gouvernement, le part communist et
l'armee s'en preoccupent fortement et, comme un sol-
dat russe me le faisait remarquer I'autre jour, c ce se-
rait une bonne chose si nous uliminions le danger alle-
mand. mais ceci n'est pas toit ; il y a encore les pro-
blmmes de I'Extreme-Orient et qui iseront peut-etre en-
core plus difficiles t resoudre ,.
En attendant, toute l'attention est naturellement tour-
ne vers l'Allemagne et la lecture de la press sovieti-








JIb .LLTIN QUOTIDIAN D)E PRESSE 'TIrANGERE 3


que montre clairement les principaux soucis du gou-
v'ernement sovidtique. Ceux-ci peuvent se resumer dans
la question suivante : les Occidentaux vont-ils essayer
de debacher l'Allemaine occidentale.?
(ALEXANDER WERTH).

C). L AM&E ANGLO-AMIRICAINE A LA GRACE.
1. TiVms (6/3) :
Si les Ambricains assumaient des charges fi'nancieres
pour aider il resterait encore A rdgler le problem de
la presence dans ce pays des troupes britanniques, que
le gouvernement britannique a rintentlon de retirer
aussit6t que possible.
Si la crainte de voir les Yougoslaves niettre ]a main
sau Salonique, crainte base sur l'aetivit6 de. bandes
armies dans les regions frontieres etait consid6rde
come bien fond6e par la commission d'enqu6te qui
opere actuellement, l'unique remAde, semble-t-il, serait
la presence en Grece, pour une pAriode ind6finie, d'une
commission des Nations Unies, soutenue par ine force
international de police et ayant pour objet d'emp6cher
la present agitation de d6g6ndrer en une funeste guerre
civil come. celle qui a eu lieu en Espagne el ayani
les mkmes consAquences lointaines.
II regne en Grbce un sentiment d6sesp6r6 d'incerti-
tude et d'insecurit6 qui emp6che le people tie considh'-
ret Pavenir et de faire des projects avec confianee, qiii
le' d6tourne des tlches de'reconstruction 6conomique
et soiale; en outre, "ce sentiment ne lui permit pas de
consid6rer les communistss comme de simples adver-
saires politiques, et Ie porte A voir en eux une cinquic-
me colonne ou tes agents de puissances 6trangeres et
inamicales.
D'autre part, il faut rappeler au people grec qu'il ne
pent guere computer sur l'aide diplomatique et Acono-
mique qu'it r6clame de l'6tranger, tnndis que la poli-
tique du gouvernement grec semble A une grande partlie
de l'opinion 6trangere toute A la fois domin6e par l'es-
prit de parti et inefficace. La perspective de voir les
AmBricains s'int6resser A la Grace de facon mat6rielle
en apportant leur aide et leurs conseils peut influence
str la stability du pays et la promesse am6ricaine d'un
soutien total pourrait vraisemblablement ouvrir la voie
A un gouvernement de coalition plus large capable de
realiser tout A la fois les taches de reconstruction et le
rctablissement de l'ordre.

2. News Chronicle (6/3, lil ral) :
En Extrame-Orient les engagements americains out
6t6 nettement dAtermines. Par centre, dans ie bassin
m6diterran6en, la politique des U.S.A. n'est pas tr~r
nette. Si les Etats-Unis se d6cident A inclure la Grace
dans K leur zone d'influence > les repercussions seront
consid6rables.
La note r6cemment adresste par le gouvernemcnt
britannique A Washington a cause un certain embarrass
-u Departement d'Etat. D'un c6te, l'opinion publique
ambricaine est nettement opposee A une augmentation
des engagements americains, et d'un autre cSte, beau-
coup de gens croient que la GrAce est le dernier bas-
tion de I'influence occidentale dans les Balkans, et
joue un role vilal dans la strategic anglo-am6ricaine
pour le Moyen-Orient. Judqu'A pr&sente, le poids .de cette
responsabilith avail et6 portA uniquement par les Bri,
tannique, et la question qu'on pose aujourd'hui est la
Bnivante : que va-t-il arriver maintenant que les Bri-
tanniques ne peuvent plus le porter ?
En cc qui concern notre pays, nous devons tenir


compete de deux considerations. PremiArement, nous
avons la quasi certitude que l'Ambrique n'enverra pas
de troupes en Grace, et il sembec maintenant qu'elle
espere parvenir A un accord aux terms duquel elle
fournirait des fonds et la Grande-Bretagne des hommes.
Deuxiemement, ii est important de comprendre que
I'affaire A laquelle les Etats-Unis se preparent A s'asso-
cier est sur le point de faire faillite. L'appel du gou-
vernement grec en est une preuve Avideate.
Les forces britanniques avalent M6t maintenues en
(Grce dans. le but de creer une atmosphere favorable A
la stabliit6, A la prosperil6 et la democratic. Le regime
actuel n'a realis6 aucun de ces trois objectifs, et ii est
evident que nous aurons A r6flechir encore.
Quand la Grande-Bretagne 6vacuera la Grace, ii ne
pourra etre question d'un t sabordage 3. Les Britan-
niques oat sdjourn6 en Grece en tant qu' h6tes d'un
gouvernement souverain depuis la liberation. Notre
position en Gr6ce estr lie a nos engagements dans le
Moyen et le Proche-Orient, et une Avacuation devrait
etre l'occasion d'un examen approfondi de notre stra-
tegie dans ces regions.
d<) LES FRONTIARES DE LA POOIkONE (Daily Worker, 6/3,
communist) :
II est question de proceder A la revision des fronti6-
res polonaises sur lesquelles on s'6tait mis d'accord A
la conference de. Potsdam en 1945.
Rien ne pourrait plus sfrement contribuer A Abranler
la paix de l'Europe et A encourager les nazis, qui sont
encore bien organisms et influents, qu'une semblable
tentative pour annuler une des plus graves decisions
prises par les Alli6s.
La conference de CrimCe de fevrier 1945 a r6affirm6
le d6sir commun ,des grades puissances de < voir
s'hatblir une Pologne forte, libre, independante et dA-
mocratique a et c'est A la lumi6re de ces principles que
les contractants de Potsdam ont about a leur decision
relative aux frontikres.
Parler de revision de frontibres, c'est de i folie pule.
Une telle action nous ramenerait A 1939 et serait .un
coup de nature a annihiler les snccs initiaux de la
reconstruction europ~enne.

() L.A POLriUIQUE AN.I,AISE AUX INDPS (Daily Held, 6/3.
travaitllisle) :
Les charges qul p6sent sur nos resources sont d6 j
Irop grades et la politique preconis6e par M. Chur-
chill de 'nous maintenir aux Ind'es A tout prix nous obli-
gerait a faire appel A des troupes et des fongtinaares
britanniques suppl6mentaires.
Elle signifierait le maintien sous Jes drapeaux de
forces plus nombreuses, une plus lente d6mobilisation
et un appel plus important de recrues.
En faith, Sir Stafford a ,clairement indique hier que
la decision fixant une date pour l'evacuation de l'Inde
.tait prise nii parties dans ]e but d'Aviter de nouvelle$
charges pour potre inain-d'oeuvre. Si la Grande-Breta.
gne devait continue A gouverner l'Inde an delA de juin
1948, il serait necessaire de proc6der A de nouveaux
recrutement sur la base T'un service 6 long terme pour
le Service Civil Indien.
Dans la politique indienne qu'il a suivle an ours des
deux dernieres annees, ]e gouvernement actuel peut se
flatter d'avoir oblenu de grands suoces: simultan6ment
il a 6cartl le danger de la famine, rapproch6 le moment
oh l'Inde deviendrait ind6pendante et allege le fardeau
Bconomnique de Ia Grande-Bretagne.









4 BUIrIN QIOTIDIEN DE PRESSE


II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press amnricaine du 5 mars 1947

1. GRkCE

Tous lo journaux reproduisent en premieree page ct ,ous
de gros titres, 1'appel lance par le gouvernement grec au
gouvernement americain. Le texte de la note envoyec par
M. Tsaldaris au president Truman ct au general Marshall,
est public intigralemcnt dans le New York Herald Tribaute.
On y lit notamment :
A II est impossible d'exag6rer 1'importance des dif-
ficult6s actuelles auxquelles se heurtent ccux qui ont
survcu en Gr6ce ct qui se devouent h la restaurAtion
de leur pays... Le gouvernement et le people grcc sont,
en consequence, obliges de faire appel au gouvcrnc-
ment am6ricain et par lui au peuplo am ricain, en vue
d'une aide Ifinanciere ct conomique ainsi quc de Pen-
voi d'experts. a
Toute la press reprend egalement une declaration du
secr6taire d'Etat americain disant, notamment, qu'aprrs s'ttre
r6f6r6 h la demand grecque ha la lumiere de la situation
mondiale n, il a constatC qu'il s'agissait.d'un sijet de pre-
mibre importance pour les U.S.A. Le g6n6ral Marshall a
promise de faire une declaration tr6s prochaine. i ce .sujt,
mais a ajout6 que les probl6mes soulev6s ont des conse-
quences si profondes et sont d'une importance tellement
capital qu'une declaration i leur sujet ne pent venir que
du president lui-meme. Les decisions finales scront prises
par le pra6sdent et le Congres.
Dans leurs commentaires,, les correspondents de Washing-
ion indiquent que le president Truman pourra,'t faire cettl
declaration vendredi prochain A son retour du Mexiquc. S'ap-
puayant sur le communique donn6 par le g6ndral Marshall.
ils estiment que le gouvernement amlricain fournira une
aide 6conomique et financiire I la Grece, una s ils ajoutent
qu'il n'est pas question de remplacer les troupes britanni-
ques en Gr&cc par des troupes am6ricaines.
Les correspondents de Londres declarent qu'une note bri-
tannique en r6ponse h une note am6ricaine anterieure a et6
premise it l'ambassade americaine A Londres. Une d6pEche
A. P. de Londres indique de a source gouvernementale .
que la Grande-Bretagne continuera a applquer soi pro-
gramme de reduction de forces en Gr&ce pour aboutir fina-
lement i leur retraite complete, malgrI les offres amnri-
caines d'aido financibre.
Par ailleurs, de nombrcux articles continent I discuter
la situation grccque et ses repercussions sur la politique
ambricaine. Un editon'al du Chicago Daily News conclut par
ces mots : Toutes les questions embarrassantes reviennent
a l'in6vitable question suivante est-ce que les Russes et
nous.mmes pouvons nous d6barraser de la mdflance et de
la suspicion mutuelle qui nous inspirent et trouver une
base saine de cooperation ? n. Si nous ne trouvons pas de
r6ponse a cette question, pursuit notamment 1'auteur de
Particle, essayer de trouver des solutions aux problimes de
Grbec. de Chine, de Palestine ct d'ailleurs serait futile. Co
nc sont pas les moindres aspects du veritable probl6me.
Owens, dans un editorial du Baltimore Sun, s'exprime dans
des terms assez semblables. II estime qu'A Moscou (in de-
vrait se rendre mieux compete que le grand problOme du
monde est celui de savoir si les U.S.A. auront des relations
aniicales avec la Russic ou non. Dans ce dernier cas, le de-
clin ddsormais admis de la puissance britannique obligera
les U.S.A. a de nouvelles responsabilites car, dans un nonde
divis6 entire les U.S.A. et la Russie, le d6clin de la puissance
britannique obligera dans une certain measure les U.S.A. a
y stubstituer la leur.

2. LE PACTE FRANCO-BRITANNIOUl E

De nombreuses d&p6ches de Dunkerque sont reprodudtes
dans la press. rapportant les c6ermonies de la signature
du pact franco-anglais. Le text du trait est reproduit inte-
N


gralemcnt dans Ic New York Times. Browne, correspondent
(Id New York Times A Londres, declare que le communique
conjointcment public A cette occasion par les governments
anglais et frangais souligne ]'importance du Pactk i Quatre
qui doit Etre discute ah Moscou. I1 icrit notamment :
< L'alliance franco-anglaise fut bien accucillie par
le people britannique ct le choix de Dunkerque...
frappa imagination popul-aire en general. 1,i, on sr
rend bien compete que la paix depend beaucoup plus de
cc que M. Bevin rapportera de Moscou (que de cc qu'il
sign at Dunkerque. .

Cetto declaration conjointe anglo-francaise signifierait quc
le general Marshall aurait 1'appui de MM. Bidault et Bevin
dans les discussions des propositions ambricaines de Pacte
a Quatre qui auront lieu it Moscou.
H'u'mnpircys, dans 'Ie New York Herald Tribune, pense quo
la formation d'un front a qnatre pour emp&cher la renais-
sance de la menace allemande parait n'attcndre plus qne
l'accord du gouv.irnement aminricain. II ajoute que M. Bevin
paraissait presque certain de cet accord.

3. -- ALLEMAGNE

Dans ]J New York Herald Tribune, M. Sumner Welles
expose les raisons militant en faveur d'une paix imposee A
1'Allemagne et centre la formation d'un gouvernement cen.
trial allemand. (Cf. Rnlletin Quotidien de Presse Etrang6re,
no 610.)
Une dcpechc A. P. de Berlin declara qu'i, la veille de la
Confi6rence de Moscou, une communication officielle fran-
gaise indiquc que la politique franqaise vis-i-vis du Reich
n'a pas change et qu'elle s'oppose en particulier au r6ta-
blissement d'un government central allemand.

4. RATIFICATION DES TnRAriS DE PAIX AVEC LES SATirLUlBJ
DE L'ALLEMAGNE

Toute la press reprend les declarations faites par Il
g6ndral Marshall et M. Byrnes devant la Commission des
Affairs etrangeres du SBnat en faveur de la prompted rati-
fication des traits avec les satellite de l'Axe. M. Byrnes,
Squi a sign ces traits, les d6fendit, disant notamment :
J Je crois que ces accords sont aussi bons quo nous pouvons
l'esperer... Je crois qu'il vaudrait mieux pour nous et pour
les pays intbresses que nous ratiflions ces accords ,.
Le general Marshall declara que ceux-ci n'avaient pas 6te
dictes par les U.S.A. ni par aucune autre puissance et qu'ils
6taient le r6sultat du jugement combine des Nations don't la
lutte rendit la Victore possible. (Voir plus loin 1'6ditoriMl
du New York Herald Tribune.)

5. NOUVELLES FRAN (AISES

Une d6pclhe de Callender au New York Times declare
qu'un rapport soumis par le gouverneur des Colonies fran-
qaises au Cabinet indique 1'inqui6tude que leur case la
champagne nationalist de Madagascar, 4 qui resemble a
cclle du Vietnam en Extreme-Orient >. Le rapport souli-
gnerait que 1'agitat'on i Madagascar ," est dirig6e par I'un
des trois deput6s malgaches siegeant a l'Assemblde Natio.
nale *.
Une dp6eche de Keller, de Paris a'" New York Herald
Tribune. parlant des relations entire la France et le Gou-
vernement des Indes, declare qu'elles sont troubles par le
fait que le gouvernement indien n'a pas invite le gouver-
nement francais A partio'per A la Conference panasiatique.
de Delhi, le mois prochain, alors qu'il a invit& une repre-
sentation du Vietnam.
Une dB6pche Kuh, de Londres. au P. M.. declare que la
Compagnie francaise des p6troles a propose I ses parte-
naires ambricains, britanniques et hollandais de e Irak Pe-
troleum Co. n, de porter la production des champs de pd-
trole de 1'Irak, de quatre millions de tonnes a quatorze
millions de tonnes par an, en 1950. c Cela fait parties, dit-il,
d'une proposition francaise pour r6gler a Il'amiable un pro-
c6s qui, autrement, devrait venir devant la Haute-Conu de








ILL. i.LF I IN QUOT (I iE.N DE JIESSE ktAN(;-.EJE 3


]a Grapde.Brctagne dans dcux mois environ ,. Kuh rap-
pelle la protestation officielle faite par la Frauce t Londre"
ct A Washington, it )a suite d'un recent accord pass par
la Standard of New Jersey et Socony Vacuum, et remarque
quo la production du petrole de l'Irak est la scuile don't
la France ait une part, d'ofi l'importance pour clle d'aug-
menter cette production. II se demand si les firms a'mc-
ricaine et hritannique ont egalcment le mime interet.

a) LA POLITIQUE. ANGLO-AMRHICAINE DANS LE MO)NDE
(Newu Yirk Herald Tribune, 6/3, edit. europ.)

Nous en soiumnes arrives maintenant a 1'epreuve
dt:isive tie la poIitique anglo-animricaine d'apres guerre
dans ses rapports avec I'lnion sovietique. Le principle
general de cette politique a 6i ti e contenir I'expansion
de la puissance et de I'influence russes, en appuyant
l'opposition dans cette ilnmense zone p6riph6rique qui
part 'de la Mandchou'ic et ie la Cor6e et qui passe par
le Proche-Oricnl, les Balkans et 1'Europe central. Les
Ainericains avaient la responsabiiit6 du seeteur extr&-
me-oriental de ce front diplomatique. C'est aux Am&-
ricains qui'inconibe l'occupation du Japon, tdu Sud de
la Core, it le rcgieinent du problime chinois. Par
centre. dans lc Sud de 1'Asie, 'dans le Proche-Orient, y
(ompris la (irece, la tiche de maintenir le front a et6
confii'ee 'Aingleterre. Dans l'Europe central, c'est-A-
dire en Allemagne, en Autriche et en Italie, la respon-
sabilit cilait partagle par les Anglais et les Ainricains.
Les Anglais abandonnent maintenant leurs positions
plans l'Inde, en Egypte, en Grice et du m6me coup en
Turquie.
Puisqu'ils ne pcuvent porter le fardeau relativement
;eger que conslitue la Grece, cc serait ine imprudence
do ne pas supposed qu'ils seront 6galement incapable
de porter plus longtemps le fardcau beaucoup plus
lourd que reprbsente pour cux leur zone d'occuipation
en Allemagne.
Ainsi, si nous consid6rons l'ensemble de la situation,
nous assistons A la faillite de la politique anglo-am6-
ricaine qui voulait 6tablir une barriere autouir de
I'U.R.S.S., nous n'avons pas r6ussi A appliquer effec-
tivement celle politique en Chine ct les Anglais ne
sont plus capable de l'exercer dans le Ptoche-Orient.
On a vraiment pen de raisons pour croire iue les
Etats-Unis seuls pourraient faire ce Ique la Grande-
Bretagne et I'Am6rique n'ont pas pu rialiser en conm-
ii in.
La situation dans chaque secteur ou presque de ce
front diplomatique est pire que lorsque nous avons
entrepris de le maintenir. Au lieu de disperser nos
forces et notre influence, nous pourrions mettre en
oeuvre une autre politique qui consisterait A concentrer
celles-ci aux points vitaux en Allemagne, en Europe
occidentale, en Turquie et au Japon. Au lieu de resister
alors de facon passive A I'expansion sovietique, en
fournissant des subsides dans tout ]e continent eurasien
a des gouvernements fantoches et des satellites sur les-
quels on ne peut computer, nous pourrions exercer une
action directed sur Moscou A partir de l'Europe occi-
denta!e, de la Turquie et du Japon.
L'endroit oit i faut mettre fin aux agissements des
ban'des grecques qui sont entrain6es et 6quip.es en
Yougoslavie, c'est A Moscou. d'abord en entamant des
negotiations diplomatiques directed avec le gouverne-
ment sovi6tique et, si celles-ci 6chouent, en portant la
question devant le Conseil de S6curit6 et en posant
franchement la question de savoir si la Russie vent ou
ne veut pas maintenir la paix dans sa propre sphere


d'inlluence.' 1 y a des risques iianifestcs A soulever le
problbme tie cette facon. Mais on ne court pas plus de
risques en agissant ainsi qu'en s'exposant a se trouver
engage dlans une guerre lblkaniqcu ofd le gouvernement
dti Roi George strait I'instrumnen tie noire cloix >.
(WA'rLTE LIPPMANN).

b) L'AMIERIQUE ET LES T'AIt'r: (lVeiv York Hlertd Tri-
bline, 5/3) :

< I1 y a ldes limiites a nos souhaits et a nos disirs
dans ce monde imparfait. C'est une leon que nous
n'avons pas apprise apris la premiere guerre Jnondiale
et nous avons repoussi les compromise de 1919 parce
qu'ils talentt loin do salisfaire nos kdtsirs abstraits. Les
consequences de cette conduite sont des plus eloquen-
tes. L'une de ces consequences c'est que nous nous
trouvons maintenant devant les compromise de 1946 et
1947, compromise qui sont plus durs, et pires sous bien
des aspects, que les .premiers. Mais cette fois nous so-
rons heureux de les accepter.
Nous avons combattu pour defenlre notre regime
tldmocratique, et nous avons gagn. la guerre. Mais en
miee temps nous nous sommes exag6r6 la port6e
qu'aurait notre victoire pour ktendre notre system d&-
mocratique au rcste du monde: Nous nous inqui6tions
du sort des Etats bates. Apris Yalta, nous espbrions
encore qu'uie ionomie politique .oocidentale, du type
capitaliste-d6mocratique s'ktendrait jusqu'a la ligne
Curzon et aux frontiires de la Bessarabie. Nous esp6-
rions d6mocratiser Ie Japon et la Chine, nous nous at-
tendions a voir une Chine nouvelle prendre nos insti-
tutions pour module. En conclusion, nous esperions que
le reste du monde se serait transformed A notre propre
image, et qu'en consequence il aurait e16 simple pour
nous de fair disparaitre les aberrations locales de
l'Union soviktique.
Mais cela n'6tait qu'illusion. I est inutile de chercher
a voir si on nous a faith tomber dans ce pi6ge on si
nous nous sommes duues nous-mmnes. Le fait impor-
tant, c'est que nos illusions n'ont etB confirmbes en
alucune facon par les r6alit6s du monde d'ap.rbs-guerre.
Notre puissance militaire, pas plus que notre puissance
idkologique, de notre puissante Boonomique, n'est arri-
ve ia fixer le sort des Etats Balkaniques ou de la Po-
logne ou des Etats de 1'Europe central.
Les traits signs avec les satellites de 1'Allemagne
n'ont pas Ct1 r6dig6s comme nous aurions d6sir6 qu'ils
le fussent, mais ils 'ont 6tC de la seule fagon qui s'est
aver6e possible. Nous les ratiflerons maintenant parce
qu'il n'existe pas d'autre alternative. Mais nous les
ratifieron.s quan'd meme et ce sera pour nous une exp6-
rience salutaire.
Cela nous apprendra que nos di6sirs sont pen de
chose lorsqu'il s'agit de les transformer en rialit6s dans
ce monde ; cela nous apprendra que les buts valuables
sont ceux pour lesquels nous sommes prets A letter
avec toute notre foi, toutes nos resources et tous nos
efforts. De nouveaux probldmes et de nouveaux obsta-
cies nous attendent et on ne pourra les r6sou-dre ou
.ls surmonter automanqnement. Nous n'obtiendrons que
ce que nous miritons kl'obtenir et non pas ce qui pour-
rait nous faire plaisir. )









6 BULLETIN QUOTIDIAN DE PRESSE IETIANGIEHE


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la presse souitiique du 5 mars 1947
Les rubr'ques de politique CtrangBre d'une page et detie-
en moyenne, sont surtout informatives. Deux preoccupations
domi'nent, s'interp6entrant d'ailleurs 6troitement : la ba-
taille pour la democratic dans le monde et la politique
anglo-americaine.

1. LA BATAI.ILE POUR LA DIMOCRATIE DANS LE MONDE
a) Dans tou" les journaux, les dipeches de 1'Agence Tass
sur les travaux de la Commission de I'O.N.U. en Grace, le
Gongr6s des Comitbs populaires de la Coree du Nord, le
soul&vement dans I'ile de Formose.
b) Dans les Izvestia, une copie-use 6tude de Koudriavstsy-v
est publr.6e sons le titre : o La lutte pour la democratic an
.apon ,. Commentant la decision du general MacArthur. le
journalist sovi6tique ecrit notamment que, pour autant
que les 61ections se d6rouleront selon la loi anti-democra-
tiquc, on peut les consider tomme une -mple tentative
de rdit6rer la manceuvre du 10 .avril 1946. II ajoute que
les changements qui se sont products dans l'equilibre d;es
forces du pays rendront d:fficile a un gouverncmcnt r6ac-
tionnaire, coup du people, de se faire passer, apres lde
pseudo-lections, pour un gouverncment v6ritablement r2-
prdsentatif.

2. LA POLITIQUE ANGLO-AMERICAINE
Deux themes .
a) La politique anglo.amiricaine d'accords et tdarmements.
Tons les journaux annoncent en cinq lignes la signature
a Dunkerquc de l'alliance franco-anglaise. La Pravda fait
precdder cette d6peche d'un t16lgramme de son correspon-
dant particulier i Paris, declarant notamment :
c D'aprBs les milieux de presse d'ici, le general de
Lattre de Tassigny est actuellement en train de ne-
gocier, A Londres, pour la standardisation des arme-
nments. II paralt que les Anglais hAtent ces n6gocis-
tions qui, a ce qu'on dit, sont lies aux n6gociations
d'ensemble pour I'alliance franco-anglaise. Le fait que
le Forrign Office a d6menti ces bruits, est cons'der6
come la marque d'un d6sir d'eviter la publici'6 air
r6sultat des n6gociations. Qn assure aussi qu'un accord
sur la standardisation des armements va 6tre conclu
entire la France et la Hollande. n
b) La Pravda public une copicuse 6tude de Joukov sur
l'accord militaire entire le Canada et les U.S.A., et se de.
made s'il ne constitute pas en reality un accord anglo.
amiricain, si cette alliance d'une grande puissance avec nne
puissance relativement faible ne r6vele pas une autre al-
liance, l'alliance de deux grandes puissances. (Voir articlei'
plus bas.)

3. LA POLITIQUE AMIBRICAINE EXPANSION
Denx dedpches de caractirc passablement caricatural sonlt
reproduites par tons les journirx :
a) Les declarations du businessman Pokers au Stockolmh.
Tidningen : e Cc que 1'Amdrique veut acheter en Suede,
c'est tout d'abord la Suede elle-mtme n.
b) L'interview du sdnateur Russel, a Atlantic City : a L'An.
gleterre, incapable de se ddfendre, doit devenir un des Etats-
Unis d'Amdrique. Si le roi vent rester sur l'ar6ne poli-
tique, il peut toujours presenter sa candidature au Sdnat v.

A PROPOS DE L'ACCORD MILITAIRE ENTIRE LE CANADA El
IES ATATS-UNIS, (Pravda 5/3).
a L'accord am6ricano-canadien n'a pas d'au:re but
(ue de subordonner ce riche pays A l'influence politi-
que, 6conomique et surtout militaire des Etats-Unis. La


:question qui se pose alors est de savoir qu'elle est J'atti-
lude de l'Angleterre a l'egard 'de cette situation ? On
peut se demander s'il serait normal pour le gouverne-
ment de Londres de voir son plus ancien dominion
collaborer 6troitement avec les E:ats-Unis.
Apres la conclusion de l'accord militaire amkricano-
canadien, le journal londonien Times se hftait de de-
clarer que I'accord 6tait < l'exprcssion formelle d'unc
n6cessilt g6ographique >. Cependant, ce journal est
alley plus loin car il a soulign6 que le Canada & 6tait
maintenant une chaine qui reliait les Etals-Unis A l'em-
pire britannique >. Une tell appreciation n'est pas d6-
nuie d'int6rkt. II est clair. en' effect, que si le Canada,
en acceptant de collaborer avec les Etats-Unis, con-
tracte 1'obligalicn de serv:r de lien entire les Etats-
Unis et l'Angleterre, il en r6sulte que l'Angleterre aussi
lar:icipe a cet accord. Autrement dit, en plus des
obligations imposes au Canada par l'Empire britan-
nique, le Canada s'est engage 6galement h remplir d'au-
tres obligations qui d6coulent de la conclusion de l'ao-
cord americano canadien ; ces obligations consistent
h lui faire joucr le r6le de chainon centre les Etats-
Unis et 1'Angleterre.
A la lumibre de tous ces faits, on est en droit de
se demander si, en r.alit6, I'accord militaire am6rica-
no-canadien n'est pas un accord militaire anglo-am6ri-
cain. cet accord qui lie une grande puissance tell que
les Etats-Unis a une petite nation, tell que le Canada,
ne serait-il pas en r6alit6 un accord liant deux grande
puissances : ks Elats-Unis ct la Grande-Brelagne ? Un
tel accord serait tres commode aux deux pays car ii
6viterait, en l'absence de tout caractere formel, de re-
courir au conlrtle du Parlement. Cette hypothese a
toutes les chances d'e.re exacle si l'on prend en cnnsi-
d6raltion le faith que tout dernibreanent, la Grande-Bre-
lagne et les Etats-Unis ont conclu un accord au sujet
de la cooperation dans le domaine de l'aviation ainsi
qu'un accord sur la standardisation des armements. Ce
dernier accord a 6.6, come on le sait, blabor6 et con-
clu en qu(.4ue sorte a en feuille 3 ; et ceux qui 'ont
conclu n'ont m&me pas pris la precaution d'invoquer
quelque facteur d'ordre geographique.
(Joakuc).



IV. PRESS BELGE


LE TRAIT D'ALLIANCE FRANCO-BRITANNIQUE (La Mftro-
pole, 5/3), catholique :
SLe traits de Dunkerquc ainsi que ceux qui en se-
ront le complement, est concu suivant l'esprit de la
Charte des Nations Unies. Cependant, A consider la
poiitique respective de chaque pays, la course aux ar-
mements qui se pursuit et s'intensifie, les conflicts et
les suspicions, on est en droit de se demander si le
syslime d'alliance qui est en voie de se cr6er autour
du cadavre de l'Allemagne n'est pas le sympt6me d'unp'
certain mefiance international quant aux possibitit6s
et A l'efficacit* du Conseil de S6curith.
Le temps a manqu6 (le d6sir aussi peut-etre) potir
donner une solution satisfaisante a tons les problimei.
au sujet desquels le Foreign Office s'oppose au Qai'
d'Orsay. Ce dernier a restraint ses pr6tentions rheai.
nes, tandis que le premier accepted sans d6plaisir le
rattachcment 6conomique de la Sarre la France. Co'
pendant, de l'aveu meme des ministries des Affaire'
6trangeres des deux pays, nombre de questions rest'fnt








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS 'TRANGEIRE


en suspens. II y a dans ce trait& quelque chose d'assez'
superficiel et de flou. La n6cessit6 de a faire vite >> a
contraint les n6gociateurs A s'en tenir aux gen6ralites,
aux principles. Le pacte pourra, par ses d6veloppements
ulterieurs, 6tre complete et avoir une plus grande por-
16e. N'emp6che qu'aujourd'hui, A la veille du r6glement
des principles affaires mondiales, il n'est pas question
d'unification de la politique 6trangere de Londres et
de Paris.



ANNEXE



CONCLUSION DU DISCOURS PRONONCE
PAR LB PRESIDENT TRUMAN, LE 6.MARS, A WACO (TEXAS)
SUR LA POLITIQUE ICONOMIQUE DES ETATS-UNIS
a Partout, dans le monde, les nations subissent la
pression des conjonctures 6conomiques. Les pays de-
vasts par la guerre tentent actucllement de reconstruire
leurs industries. Leurs besoins en produils imports, au
cours des prochains mois, d6passeront leurs possibilities
d'exportation. C'est pourquoi ils sont d'avis de controler
strictement les importations.
Ce n'est pas tout. Les products de certain pays sont
trks demands. Mais les acheteurs strangers a ces pays
ne possedent pas de quantit6s suffisantes de devises
pour payer les products qu'ils desirent. Et ils out des
difficulties A se procurer ces devises. Les pays importa-
teurs, lorsqu'ils effectuent leurs achats sont done con-
duits A prendre des measures discriminatoires contre
les pays don't ils ne possbdent pas de devises. LA encore
its s'efforcent de contr6ler strictement les importations.
On peut restreindre les importations en r6duisant la
lib'erl6 que poss6dent les n6gociants de se servir de
monnaies 6trangbres pour payer les products imports.
Mais le recours A un tel proced6 esot actuellement li-
mit6 par les, term'es m6mes de 'accord de pr6t A l'An-
gleterre et par les riglements du Fonds Mon6taire In-
ternational. Un nutre moyen de r6duire les importa-
lions consist A reliever les tarifs douaniers.
Mais si les contr6les imposes au commerce doivent
devenir stricts, les tarifs douaniers ne le sont pas suf-
fisamment. On peut employer des measures encore plus
rigoureuses. On peut imposer des quota a l'importa-
tion, pays par pays, produit par produit et mois par
moist. On peut interdire aux importateurs d'acheter A
I' lranger sans licences. C'cux qui ach6tent des quantities
peranises peuvent &tre frappes d'une amende ou mis
en prison. Le programme d'importation d'un pays peut
etre maintenu dans les limits d6termin6es d'un plan
central. Ceci constitle un enrtgimentement et telle esl
la voie ofi s'engage la plus grande parties du monde h
I'heure actuelle. Si cette tendance n'est pas inversCe,
le gouvernement des Etats-Unis se trouvera dans l'obli-
gation, t6t on tard, d'employer les m6mes proc6dds dans
la litte pour les marches et les matieres premieres.
Et si le gouvernement c&dait A cette pression, il de-
vrait bienlbt r6partir les marclandiscs 6trang6res parmi
les importateurs, et les marches strangers parmi les
exportateurs et indiquer a chaque n6gociant ce qu'il
peut acheter ou vendre, et combien, quad et oLi. Ce
,sont pr6cis6ment les tendances que nous nous sommes
efforc6s de faire disparaitre le plus rapidement pos-
sible depuis la fin de la guerre. Ce n'est pas la m6thode
aemricaine. Ce n'est pas le moyen de parvenir A la
paix.


Par bonheur, le monde va pouvoir ,choisir en adop-
tant la Charte de l'Organisation international du Com-
merce qui sera 6tudide A Genvve le mois ,prochain. La
Charte limitera fl'actuelle liberty que possedent les gou-
vernements d imposer des r6glementations administra-
tives detailltes A leur commerce extirieur. L'Organisa-
tion Internationale du Commerce exigera de ses mem-
bres qu'ils reservent les measures de vonlr6lp ux cas
exceptionnels, pour ce qui est de I'avenir imm6diat, el
qu'ils les abandonnent completement dbs que possible.
La nogociation des accords commerciaux permet-
trait aux pays qui sont maintenant en difficult de tra-
vailler pour en sortir, en leur ouvrant plus largement
les marches mondiaux. 'Ce programme doit restaurer
et protgger un systeme commercial conforme A fune li-
berte d'entreprise continuelle, dans tous les pays iqui
choisissent la liberty pour leur propre economic. C'est
un programme qui servira les int6rets des autres na-
tions aussi bien que ceux des ,Etats-Unis.
Si ces n6gociations sont couronnees de succis, nous
devror^s prendre nous-m6mes les mimes enga-
gements que ceux que nous demandons aux autres
nations du monde. Nous devons nous preparer A faire
des concessions si nous voulons, en change, obtenir
des concessions des autres. Si ces negociations
6chouaient. nous devrions perdre tout espoir d'une ra-
pide restauration de l'ordre international, qui permet-
trait au commerce libre de prosp6rer. Je le tr6pte, les
negociations ne doivent pas behouer.
Le programme que nous avons discut6 donnera a
notre commerce international un volume qu'il ne pour-
rait avoir autrement. Ce qui veut dire que no -expor-
tations seront plus importantes. Ce qui veut dire atissi
que nos importations seront plus importantes. Beau-
coup de gens, il est vrai, ont peur des importations. Its
out peur parce qu'il admettent a priori que nous ne
pouvons importer davantage, sans produire d'autint
moins chez nous.
Heureusement, tel n'est pas le cas. L'importance de
notre march n'est pas fixee d6finitivement. Elle esl
plus restreinte quand nous essayons de nous isoler du
rest du monde. Elle est plus grande quand notre
commerce avec 1'6tranger se d6veloppe. Nos importa-
tions ont 06o en 1932 de 1 milliard, en 1946 de 5 mil-
liards. Mais personnel ne peut pr6tendre que 1932 ful
pour nous une meilleure ann6e que 1946, pour la vente
des marchandises, les bendfices realises ou les facilities
de trouver du travail. Quand les marches sont rcs-
treints, les affairs sont mauvaises. Quand les marches
sont important, les affairs prosperent. Les negocia-
tions qui vont se derouler ont pour but d'abaisser les
barriers commercials existantes pour que les mar-
ch6s puissent se d6velopper partout.
J'ai dit au Congrbs, la derniore fois qu'il consider
la prorogation de la Loi sur les accords commerciaux,
et je le rep6te maintenant, que nos propres inte6rts
seront garantis lorsque nous d6velopperons notre com-
merce ext6rieur. Mais il exists encore des gens qui ont
sincerement peur que les n6gociatiohs d'accords cont-
merciaux s'avyrent d(sastreuses pour les int6r&ts de
certain groups producleurs. Je suis str que leurs
crain.cs sont d6nudes de fondement. Voici, en bref, la
situation :
1. La Loi sur les accords commerciaux recipro-
ques est en vigueur depuis 1934. Elle a 6t& applique
avec un soin, minutieux et avec une strict impartia-
liti. On a conclu environ 30 accords avec d'autres
pays. Et notre commerce s'est developpe, au grand pro-
fit de notre economie.






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ET]


2. Notre gouvernement n'a pas l'intention, au
course des prochaines n6gociations, de supprimer les
tariffs douaniers ou d'6tablir le commerce libre. Tout
ce que 1'on envisage, c'est d'abaisser les tariffs doua-
niers, de supprimer les measures pr6ferentielles, et de.
r6aliser non pas un commerce libre. mais un commerce
plus libre.
3. Au course des n6gociations, les tarifs ne seront
pas tous r6duits dans la mime proportion. Ces measures
seront selectives. Cerlains tarifs seront reduits consid6-
rablement, d'autres mod6r6ment, et d'autres pas du
tout.
4. En retour de ces concessions, nots tacherons
d'obtenir des autres pays des concessions qui soient
utiles a notre commerce d'exportation.
5. Une parties des resources de millions tl'Animri-
cains, dans les fermes, les usines, les chemins de fer,
le commerce d'exportation et d'importation, dans les
transports maritimes, les companies aBriennes, les
banques, les assurances, dlans le commerce de gros et
le commerce de detail, provient du commerce cxt6-
rieur. Si nous voulons prot6ger les int6rits de ces
AmBricains, dans les placements qu'ils out faits et leur
activity courante, naus devons veiller a cc que notre
commerce ne diminue' pas de volume. Prenons pour
example l'un de ces groups :
Nous avons export en 1946 pour plus de 3 milliards
de dollars de products agricoles seulement,' la plupar't
de oette some repr6sentant tes cereales, du coton, du
tabac, des products laitiers et des ceufs. Si une partic
important des marches strangers nous 6tait ferinee,
le revenue de plus de six millions de families paysannes
serait de beaucoup rCduit ct leur pouvoir d'acha1 de
products de nos usines coiisidtrablement diminu6.
ft. Nous- n'avons nullenient l'intention d'inposer
des sacrifices a un group pour en fair profiter un
autre group. Nos negociations auront pour but W'ou-
vrir des marches plus vastes, ii la fois IFl'6iranger et
ia l'intrieur du pays, pour le bien de tous.
7. Aucun tarif ne sera r6duit avant qu'une 1uttde
tres complete ait WtC faite, avant que lous ceux qui
veulent Otre entendus aient Wt entendus, ct que leur
cas ait 6t examine avec beaucoup d'attention.
8. Dans tout trait commercial, A l'avenir, it y
aura une clause qui permettra a ce gouvernemenl -
-ou i tout autre gouvernement de modilier on de
supprimer une concession si elle finissait par nuire
ou menacait de nuire s6rieusement a une de nos indus-
tries domestiques.


Ceci est devenu n6cessaire, aux terms du d6cret que
j'ai promulgu6 le 25 f6vrier, a la suite de conferences
prolong6es centre les fonctionnaires du d6oartement
d'Etat et les leaders de la majority du SBnat. Tout cela,
l'histoire du fonctionnement des accords commerciaux,
la maniere don't les n6gociations sont conduites, la
protection que sont pour nous les clauses de sauve-
gardc, devraient nous offrir les garanties n6cessaires.
ct nous assurer que les int6rets de notre pays ne se-
rout pas 16s6s.
La politique qui consiste A abaisser les barrinrcs qui
entravent le commerce est une politique constant de
ce gouvernement. Elle est incorporie a la. Loi sur les
Accords Commerciaux R6ciproques, instaur6e et admi-
nistr6s par Cordell Hull depuis de nolmbreuses ann6e.s.
Elle se re:rouve dans les status de l'Organisation In-
ternationale du Commerce. C'est I'une des pierres an-
gulaires de nos plans en vue de la paix. C'est unc poli-
tique don't nous ne pouvons et ne devons pas nous
d6tourner.
A ceux d'entre nous, et ils sont encore assez nom-
breux, qui voudraient saper cette politique dans un
but partisan et revenir u 1'6poque des tarifs douaniers
1lev6s et de risolationnisme 6conomique, je ne puis
que dire ceci : < Attention, vous qui vous r6criez !
Les temps ont change. Notre position dans le monde
a change. L'esprit de notre people a change. Les mots
d'ordre de 1930 et de 1896 sont fort d6mod6s. Aprbs
deux guerres mondiales, 1'isolationnisme est l'aveu
d'une faillite morale et intellectuelle.4
Par bonheur, notre politique 6trangbre, dans le do-
maine economique, ne repose plus maintenant sur un
6troit esprit de parli. Les leaders des deux parties ont
exprimt leur foi en ses buts essentiels. Ici, co-mme dans
les autres domiaines de nos relations avec les autres
nations, jP serai heureux de voir conlinuer une colla-
biration des deux parties.
Notre people est uni. II a fini par coniprendre ses
rcsponsabilites. II est pret a assurer le r6le de guide
qui lui revient. 1I est dl6cidC a d6fendre un ordre inter-
national oit la paix el la liberty seront assures.
La paix et la liberty ne sont pas de conqute fa-
cile. Elles ne peuvent Wtre alteintes par la violence.
Elles viennent de la comprehension nmutuelle et de ti
cooperation, de la volonte de trailer honnitement aver
toutes les nations amies, dans tous les domaines, poli-
tiques et 6conomiques. D6cidons done de continue
d'agir ainsi, maintenant et i l'avenir. Si les autres na-
tions du monde font de m6me, nous pourrons attein-
dre notre objectif, qui est une paix permanent et la
liberI6 dans le monde enter. >


.'. 1'1.1. Imp., '-7, rue Nicolo, Paris 31.3009


Prix : 6i francs.