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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00051
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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTIRE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8').


LA DOCUMENTATION FRANCAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES


BULLETIN


PRESS


5 mars 1947.


QUOTID


ETRANGERE



Nouvelle Serie No 610


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press brilaninique du 5 mars 1947

Comme un signed assez caract6ristique des habitudes de
la press britannique, on peut noter qu'aujourd'hui dans
tous les journaux, sauf le' Daily Worker, la tcmpdte de
neige de la nunit derniere cst le sujet auqu'el les manchettes
sont r6servecs.
A part l'alliance franco-britannique, la chroniquc ext6-
ricure est pen fournie. La question grecque perd de son
importance; notions toutefois l'envoi d'une note du gouver-
nament grec anu Departement d'Etat, demandant aux Etats-
Unis d'apporter de toute urgence une aide financisre i la
Gr6ce. Le correspondent du Times announce i cc susjet que
le general Marshall a declare que la .crise grecque etait
d'une importance essentielle pour les Etats-Unis et qu'il
6tudiait les moyens de venir en aide a ce pays. Stuart Gcl-
der, correspondent du News Chronicle, announce de sqn c6td
qule les Etats-Unis consid6reront la Grande-Bretagne comme.
responsible des repercussions poKtiques. que pourra avoir
1'evacuation de ia GTrce par les troupes britanniques, tant
dans le domaine de la politique interieure grecque que dans
celui des relations internationales. 11 ajo'ute que le gouiver-
nemehnt amdricain desire vivement le maintien du gouver-
nement green actuel et craint qu'un afferm:nssement du con-
tr6le sovi6tique dans la p6ninsule grecque n'oblige la Tur-
quie A entrer dans l'orbite sovi6tique et A edder sur la ques-
tion des Dardanelles.
I.e Daily Worker, de son c6td, attaque le gouvernement
britannique au sujet de l'ancienne armde polonaise en course
de demobilisation, et il pursuit d'autre part sa campagne
contre le gouvernement grec; !il announce sous une man-
chette important qu'une nouvelle vague de terreur sevit en
Gr&ce et que de nombreux d4mocrates out 6t6 amends en
exil dans les lies de la mer Egde.
Le Times public une depiche de son correspondent parti-
culier h Jerusalem annongant de nouveaux actes de terro-
risme au nord et au sud de la region de Tel Aviv qui so
trouve soumise i la loi martial.
Enfin, le correspondent particulier du Times i Was-
hington signal que offensive des communiistes chinois en
Mandchourie a completement echoue.

ALLIANCE FRANCO-BRITANNIQUE
Tout en ne lui reservant pas ses manchettes, 1'ensemble
de la press, accord cependant une place important h la
signature de l'alliance franco-britannique. Seul le Daily
Express, s'efforgant encore de minimiser les 6venements, et
le Daily Mirror lui accordent une place nigligeable. Cepen-


dant, cc dernier, ainsi que le Titnes, cl Daily Worker, lej
News Chronicle et ck Daily Telegraph reproduisent des pho-
tos dr la ceremonie, et notamment celle de la poign6e de
mains change par M3I.. Bevin et Bidault.
Les titres cherchent ," presenter l'evincment de d'ffdrente
faqon. William Forrest, dans le News Chronicle, ecrit : < Le
pelerinage de Dunkerque scelle une nouvelle alliance >.
Victor Thompson, dans le Daily Herald, intitule son arti-
cle : < M. Bevin rassure la Russic A Dunkerqeu!e. Walter
Farr, dans Ic Daily Mail, ecrit de son cote : << Le trait6 de
Dunkerque tanit pcrdu on l'a recherche pendant vingt
minutes et il est sign maintenant pour 1'dternitd ,. Dun-
can XWebb, dans la Daily Graphic, in'istc sur I'accueil rd-
serv6 h MI. Bevin par la population de Dunkerque. Le corres-
pondant diplomatiqule du Daily Worker le pr6sente sons le
titre < Traite de 50 ans avec la France >.
Le Times donne le text du traits ct le fait su vro d'une
declaration commune des gouvernenients britannique et
frangais dans laquelle coux-ci experiment l'espoir que cctto
alliance sera prochainement compl6tde par la signature d'un
accord quadripartite. II public les discours 6changds et les
texts des messages de M. Vincent Auriol au roi et de
M. Bidault a M. 'Chrchill. Son 6ditorialiste analyse les dif-
firentes clauses du traits. (Voir l'editorial pips loin.)
Le Daily Telegraph, tout en reproduisant les details de la
cerdmonie, met en vedette les declarations faites par
M. Bevin h un journalist beige lors de son passage A
Bruxelles, dans lesquelle" il a emis 1'espoir qu'un trait
semblable popirrait tre signed avec la Belgique et les pays
de l'Europe occidentale. L'dditorialiste de cc journal, qui
reserve i alliance un accueil chaleureux, et refuse les
arguments des sceptiques selon lesquels ce traits serait non
seulement inutile, mais encore superflu. (Voir 1'6ditorial plus
loin.)
Aiprrs l'articlc chaleureux de M. Walter Farr dans le
Daily Mail d'hier, l'dditorialiste de ce meme journal voit
dans ce trait < le premier ilot de stability dans le monde
en ruiln de l'Europe occidenrtale >... (Voir l'article plus
loin.)
Le Daily Herald, qui, comme nous l'avons dit, met en
vedette les paroles de M. Bevin destinies A rassurer la Russie
ainsi que la declaration de MM. Bevin et Bidault dans la-
quelle ceux-ci ont imis l'espoir que cettq alliance sera'it
bient6t complete par la conclusion du traits qiuadripartite,
critique dans son editorial I'attitude adopt6e par le Daily
Express depuis le debut des negotiations (notons que le
Daily Express de ce matin ne reserve aucun de ses ed!to-
riaux A la signature de alliancec. (Voir 1'article plus loin.)
Le Daily Graphic insisted particulierement suer l'accueil
chaleureux riserv6 i M. Bevin par la population de Dun-
kerque. (Voir l'article plus loin.)
Enfin, le Daily Worker, qui accord une place important


DE


__ I
_ _







2 BULLETIN QUOTIIDIEN DE PRESS tTRANGtRE


it I'Cv6nvmennt, ]c transpose sur le plan 6conomique et p.li-
tique. Selon cc correspondent diplomatique. le but de
M. Bevin aulrait ete double : Oludcr les dcnmandcs franqa'ses
de charbon en offrant h ]a place un accord general de rin-
quante an.s ct, 'n mAme temps, rcdonner dir la force aux
socialiste, franais en leur offrant un triomphe diplomatique
facile. En outre, M1. Bevin aurait vih tans cette alliance un
moyen d'amener la France a appuyer cortaines de ses de-
mandes it la Confdrence de Moscou. Ce mcme journal met
en rel'cf le fait que 1'alliance frangaise cst limnitic t la
Charter des- Nations Unics.

a) .LE' TIAXITE DALLIANCE FRANCO-BRITANNIQUE.
1. Times (5/3) :
<< La Grandie-Bretagne a accord sa garantie contre
toute aggression allemande, independammient de l'a tti-
tude americaine. Mais si la Grande-Bretagne s'est rap-
proclhec de la France, les Etats-Unis, die leur cote sc
rapprochenl de i'Europle.
I1 est toutefois important de mettre l'opinion publique
en garde contre I'id6e que l'alliance effacera automati-
quement les .divergences qui pourraient surgir entire la
Grande-Bretagpe et la France. Des diverences sulsis-
teront, surtout au Sujet de l'Allemagne, et il ne faut pas
perdre de vue que leur persisiance pent conduire a
plus de malentendus que si le trait n'existait pas. La
France pourrait l'interpreter d'une facon trop rigide.
Aussi, elle pourrait consider l'article trois c:nime une
adhesion de notre part A toutes ses revendications 'co-
nomiques a 1''gard de l'Allemagne, alor-s que 1'Angle-
terre interpr6terait le trait d'une facon plus large.
De mbime, la definition des termes ( politique d'agres-
sion > et facilitant -une politique d'agression >> pour-
rait donner lieu A des difficulties d'interpr6tation qui
ne sont pas de nature A tran(quilliser ceux qui se sou-
viennent des discussions sinlilaires qui se sont dirou-
16es aprbs la derniere guerre.
Mais la Grande-Brctagne et la France sont deux na-
tions qui se connaissent, parent le mnime language pioli-
tique et font honneur A leur parole quand les circons-
lances ct le devoir les appellent. Ces vieux amis ne
perdriont pas leur temps A ergoter sur Ies terms d'une
proniesse don't la porlie est claire, et l'appui mutuel est
assure aussi longtemps que << l'amitie cordiale et ]'&-
troite association d'int6r&ts > mentionnees dans le
preamnbule seront maintenues.
Ce qui imported beaucoup, c'esi que l'opinion publi-
que de l'Angleterre comprenne franchement que la
Grande-Bretagne a pris hier un engagement grave dans
l'interet de sa propre s6curite, de celle de 1'Europe et
du inon:ie. >

2. Daily Teleqrrcaph (5/3), conservateur :

<< Dfu point .de vue militaire, ce serait prononcer un
jugement superficiel que de d6clarer que l'Allemagne,
aneantie et impuissante auipurd'hui, le restera pendant
toute la duree du traits. L'alliance n'est pas superflue,
car I'O. N. U. n'a pas encore sa structure definitive et
n'a pas encore W4t mise A I'epreuve.
On objectera peut-Rtre que nous nous enchainons a
une France faible et incertaine. La premiere r6ponse
que l'on peut fair est que nous sommes 6galement plus
faibles qu'avant. 4La deuxibme 'est que, si la deuxieme
guerre nous a enseign6 quelque chose, c'est bien que
ceux qui ont des id6es communes sur la democratic,
la liberty, la civilisation, doivent rester ensemble.
II est vrai, naturellement, que les traits, pour 6tre
efficaces, doivent 8tre le reflet de v6riths; de toute evi-
dende, .ce traits constitute un beau geste. el non pas un


geste 6ph6en re. I1 y a cc bain de sang common et pass
el i'opinion commune des droitss de 1'homme ; il y a
les economies largement complementaires que recon-
nait In clause economique du trait. Ce sont la des rai-
sons slides pour permeftre cet espoir clue le marriage
entire une nation empirique et une nation logique sera
hcureux et durable. >>

3. Daily Maiil (5/3), conservateur :
a Ce Iraite crec le premier ilot de stability dans le
nmonde en ruines de 1'Europe occidentale. Esperons
qu'nne plus large sphere d'interets pacifiques pourra
se former dans cette region qui, sans menacer per-
sonne. sera ouverle A tous ceux qui veulent s'y intbgrer.
L. France et la Grande-Bretagne, gardens de la civi-
lisation clhrtienne, ont routes les qualit6s requises pour
career ce mouveinent. Leur premier objectif est d'emp&-
cher le retour de I'agression allemande qui, par deux
fois en vingt-cinq ans, a plong6 les foyers des cinq
continental dans la niisere et la crainte. Mais, au delay
de cel objectif immndiat, les deux nations poursuivent
I'extension de leur commerce reciproquc et une paix
durable cnire les nation:. >

4. Di..ly Herald (5/3), travailliste
a Notre nouveau trait avec la France est aussi sim-
ple qu'il es' sincere. Les deux pays qui ont et6 deux
fois units conire la nation allemande s'engagent a agir
de c)inceri si I'Allemagne devait attaquer l'un d'eux
au course des 50 proclhaies atnnes. Lie Daily Express
clbr"e l'ivinenIent par une manifestation intempes-
tive d'isolationnisme. 11 dit que la valeur militaire de
1'alliance est < obscure >... Est-ce que le Dcadly Eanpress
croit vrainment que si 1'Allemagne attaquait la France
une fois encore, nous p.ourrions nous tenir A l'6cart du
conflict ? Mais, a part les obligations quc nous assu-
mons dan Ice cadre de la s6curite gOnerale, notre propr4e
security ni-cessite la collaboration total et immediate
de nous-m.nies et de notre voisin.
II se peut que les perspectives dune aggression alle-
mande ne se pr&senteni plus jamais, imais 1'alliance a
ine valeur slide en lant que symbol de la .confiance
nmuluell qui exisle entire la Grande-Bretagne et la
France. En outre, clle )erniet la collaboration 6cono-
niqoe- qui pourra avanlager grandement les deux
pays. >

5. DaJly Gratphic (5/3), travailliste :
c Jnamais auparavant Ia Grande-Bretagne et la France
n'ont t6 aussi solidement unies et aussi d6cid6es A
marcher nl main dans la main vers l'avenir.
Les holiimes qui ont signed ce trait ont df le faire
en ayant conslamment present A l'esprit le* souvenir de
cette course distance qui les separait des plages his--
toriques (I'ol les troupes britanniques se sont embar-
quoes au milieu de l'enfer pour reprendre le combat
pour la France et ]a liberty. >

b) LA SITUATION POLITIQUE EN ALLEMAGNE AVANT LA
'CONFRaENC~E DE MOSCOU (COtinelntl Daily Mail,
5/3) :
<< II est navrant de constater que les Soviets appuient
de plus en plus les elements qui, A l'interieur de I'Alle-
magne, sont partisans de 1'etablissement d'un gouverne-
ment central. 11 est 6galemnent navrant de voir comment
on denonce avec violence, come une menace r6ac-
tionnaire et dangereuse pour l'exihtence nime de 1'Al-
lemagne, toute opinion avanche par ces puissances no--










BULLETIN QUOTIblEN DE PRfSSE IfRANGARE 3


-cidenrtales et par divers parties allemands, selon laquelle
la d&mocratte allemand'e aurait plus de chances de
s'affermir, et selon laqtulle la menace allemande, qui
renait perpituellement centre la paix europ&enne, serait
minimisbe par un syst6me de f6edralisme d6eentralise.
Les slogans qui circulent sur l'unit6 de la mere-patrie
sont lances par le parti socialists unitaire, inspiration
sovi6tiijue, a une echelle qui n'a rien a envier a la
propagande nazie, et c'est preciskment le genre d'appels
auquel les Altemands sent le plus sensibles. Soutenir
ouvertement ce sentiment traditionnel allemand, c'est,
penseat beaucoup d'Oceidentaux, jouer avec le feu.
Bi'en plus, l'opposition la plus bruyante, la plus natio-
naliste, dirigee centre toute modification des frontibres
oceidentales, administration de la Sarre on un centr6'le
international de a: Ruhr, est toujours venue de ce parti
soatenn par les Busses, et c'est 1A un signe de plus du
eo'nflit sirieu x qui oppose les Russes et les Occidentaux
sur ]a facon d'envisager I'avenir de l'Allenagtre.



II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press amcricaine du 4 mars 1947
1. LA POLITIQUE 'TRANGERE AIMERICAINE
La controversy de poiitique ktrangBre soulev6e par la de-
mande anglaise d'aide h la GAeo continue & alimenter les
discussions h la radio et a occuper la. premiere page des
journaux. Tons les articles et 6ditoliaux reconnaissent i'im-
portance de la division que devra prendre le Gouvernement
ambricain. Consid6rant que cette demand britannique re-
met eno discussion la majeure parties de la politique 6tran-
gre a6mericaine, res iditorialistes se demand'ent g6nfrale-
ment :
I* Si les U.S.A. ne devront pas appuyer la politique an-
glaise dans toutes les regions d' globe;
2" Si PAm6rique a les moyens de le faire.
Lippman estimant que la decision que doit prendre lo
gouvernemeant americain est d'une importance capital, de-
mande qu'elle soit prise apres un examen approfondi de
la situation mond'ale qui permettra a M. Truman de dL-
terminer les points du globe oh 1'Amerique devra faire sentir
sa puissance et r6partir ,& bon eseient los moyens don't les
U.S.A. disposent A cet effet.
Le liberal P.M., le Chicago Sun et le journal conserva-
teur Washington Post, recherchent une solution du pro-
blAme, non pas dans la slbstitatcon de, la politique am6-
ricaine & la politique anglaise dans les regions menaces
par l'a faiNesse finaniriere britannique, mais dans nne politi-
que ta'hlie sous 1'Agide de l'Organisation des Nations JUnies.
Les correspondents de prese an Capitole rapportent les
ddelaratlons des s6nateurs et des membres du Congres qui
refletent ggalement les graves prnecupations que cefte con-
troverse engendre chez eux.
C'est ainsi que Ic senateur George aurait delare qgue si
les U.S.A. prenaient A leur charge les engagements contracts
par Ies Britanniqpes que crest dans I'intdret de la politique ambricaine et non
pas de la politique anglaise. Le s6nateur Taft, president du
Comnr:t ripublicain du Sinat. qui portststit 'ne champagne de
reduetiions budgitaires, a declare qu'il' ne voyait ancane rai-
son de modifier le budget actnel, et qu'au besoia on pourrait
fair une nouvelle ripartition des sommes privues a, titre
de secours h 1'6tranger, de faVon a venir en aide' la Grice.
D'aufre part, Ic Comit6 financier de la Chambre, qui 6tu-
die Ia proposition du President Truman de consacrer 350 mil-
lions de dollars au scours des pays europeens, a d4cide de
suspendre ses travaux en attendant de connaltre quele sera
la decision gouvernementale concernant 1'aide a la Grace.
Selon LIppmanni, In preamiee chose que les U.S&A. dOivent
rconnoirtmae est que, bieng que les prohiAmes. pos6s, dans les


regions menaees de I'Europe .et de l'Asie ne puissent pas
6tre rmsolus sans une intervention iconomique important
des U.S.A., il es'ste egalernent des considerations stqatigi-
ques et militaires. Intervenir en Grlce, par exernple, nest
pas simplement une question d'argent. C'est unt Agagernltt
militaire, mnme si les troupes station~ioes en G oe Conti-
nnent i e6tre des troupes britanniques, car I'appni a dolnier
a ces troupes engagerait Ia responsabifit6 de FAmiriq4i& au-
tant que leur enforcement s' celti-ci Btait nucessaire : les
F.tats-Unis devront maintenir le bastion grec a In Itumibre
de tous lears engagements militaires dans le monde, cat ils
sont 6galement engages en Allemagne, an Japon, en Italie,
en Corde, aux Philippines... et la measure dans laquelle ils
peuvont faire face i ces engagements ne depend pas de
l'importance de leur revenue national mais, des effectifs
mil'taires don't ils disposent. Lorsque les U.S.A. envisagent
dans quelle measure ils peuvent faire face A leurs respon-
sabilitis, ils doivent consider si, lorsqu'ils cherchent A
contenir 1'expan.sion sovi6tique, ils doivent et penvent le
faire en des points comme la Grace, la Cor6e et la Chine,
ott les effeetifs mrilitaires russes, qui sont bien sup-ieurs
aux americains, peuvent intervenir faeilement et A ben,
compete. Les U.S.A. sent surtout une puissance naval et
aerienne et leurs troupes se tronvent stationnies dans des
endroits oi leur puissance pent s'exercer sans so trouver
confront, directeinent avec les masses inf6prisables de 'in-
fanterie resse.

a Nous dcvrions, pursuit Lippmann, itudier avec
un tries grand scin toutes nos obligations militaires
sur le continent eurasien, en des points situds a fai-
ble distance de 1'Union Sovi4tique... II est imposti-
bleA de renfiorcer tous les thlitres militaires et do
combler tous les vides, en m6me temps que de res-
tazter la vie dconomiquo de i'Europe et de i'Asie. o

L'&ditorialiste dcrit que les U.S.A. doivent choisir non sCu-
lement li oi is doivent tenir, mais egalement li oft Jls
devrent eoder et determiner oit ils devront coinmene- r A
reconstruire. Le problem est mondial. Le besolA d'aide est
aussi mondial... a II vaut mieux fire tout ce que nous
pouvons 'pow rnass'ir par example en Grande.Bietagne, en
France et en Europe oecidentale, que de fire un petit peu
cl pas a.sez partout dans le monde. ,

Je sais que 1'Eipire britannique, 6erit Max Ler-
ner, dans P. l., est on train 'I1 s'ecrolter ct q'a,, par-
tout of ii s'croule, ii laisse un viTI2. Je safs qu'en
GrAce, les forces pro-rnsses rentplront cc vide. Je
considdnerais cormme anssi regrettable en Gr&te in rd-
gime communist et a la Police dEtat que le regime
fasciste actuel, mais je ne crois pas qu'il soit nccs-
saire de choisir entire les deux. ,
L'auteur dC Farticle pursuit en assarant que. accord
pourrait se fair entree I'U.R.S.S. et la Grande-IRsetagne sur
la formation d'un gouvcrnement repr6sentant les intedrts des
diffdrents parties, sous 1'6gide dc 1'O.t.U. C-est aussi une
. palix sous Ygide de I'O.N.U. > quie rnclame lc Cricafo
Sun.
Aprbs avoir examine la situation en Gr6ce, l'dittorialiste
du Washirtfon Post ecrit qu'il est d'nne importainlce su-
pr6tme qnue l Comit& de FO.N.U. pour les Balkanst laisse stir
place uine Commission ayant Pautoiit6 Tndessadre pour sur-
veilier les frontifres en attendant que le rapport dt Co-
mit6 des Balkans ait 6it eamini par le Conseil de. SAenite.
Cet editorial rappelle ensuite les r6sultats obtenus en Iran
et & Trieste grAce- i 1'O.N.U. et conclut que des risultats
semblables peuvent etre obtenus en GrAce si l'on emploie
les m&mes moyens.
L'isolationmiste Chicago Tribune protest aujourd'hlti con-
Ire l'idie de remplacer Pinfluenee britannique an Gi6ce par
l'influence amiricaine : a Si noun nous jetons dans cette
venture. iI n'y aura aucune raison logiqae d me pas con-
tinuer h renforcer la domination britannique n Italk,, en
Palestine, A Gibialtar dans les anciennes colonies italiennes
de 1'Afriqe da, Nird' en Egypte, et partout alilleus oih la
Cmrande-Bretagte taBlit son influence a.









4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRfANGIRE


2. LE VOYAGE DU PRESIDENT TRUMAN

Toutc la press reprend en premiere page les 4rlicles rrla-
tifs an voyage de M. Truman i Mexico. Le New York Herl'id
Tribune ct lc New York Times publient le discours du Prd-
sident a son h6te le Prisident Aleman. M. Truman repdla ;i
l'occasion de sa visit dans la capital mexicaine (qu le
gouvernement am6ricain poursuivait sa politiquc de bon
voisinage dans l'hemisphlre amdricaine et rappela q(ue colli
politique ,, comprend spccifiquement la doctrine de orn-
intervention >.
3. NonvEGE

Une information d'Oslo rapport que lc Parlementl nor-
v6gien a repoussi par 101 voix centre 11, ulne d.emande russe
pour 1'Ftablisscment de bases miYtaircs au Spitzberg.

4. COMMERCE AVEC L.ENNEMI

La press announce que les licences d'exportation ddlivtees
jusqu'a present par la Trdsoreric americaine pour le con-
mnerce avec l'Allemagne et lc Japon seront supprimies a
partir d'aujourd'hui. Le commerce avec ces pays demeurcra
cependant soumis i un systinm de licences qui seront dili-
vrbes par des commandants militaires allies en zones d'oc-
cupation. Selon le New York Times, le D6partement d'Etat
aurait ddclare qu'il n'y avait aucun changement dan, la
politique interdisant les nouveaux placements strangers en
allemagne.
5. ITALIE

Une d6p6che A. P. de Rome declare, de source proche du
MinistBre des Affaires 6trangeres italien, que le general
Marshall < a confirmed que les U.S.A. donneraient un appui
limit aux demands italiennes pour un adoucissement des
terms du trait de paix italien ,. Gette indication aurait
dt6 donne par le g6n6ral Marshall a I'ambassadeur italien
a Washington.

a) L'ALLIANCE FRANCO-BRITANNIQUE (New York Herald
Tribune, 4/3) :
< La signature du trait franco-britannique est un
rayon de lumidre i travers les nuages qui couvrent 1'Eu-
rope Occidentale.
Il y a sept ans, lorsque les armies britanniques el
francaises vaincues, .6vacuaient la place 'd6vast6e de
Dunkerque, personnel n'aurait pu prevoir et les
Allemands victorieux moins que tout autre que les
liens qui unissaient ces deux d6mocraties seraient res-
serr6s en ce m6me lieu symbolique. >

b) LA DEMISSION DU GENERALISSIME STALINE DE LA DIREC-
TION DES FORCES ARMEES DE L'U.R.S.S. (New York He-
rald Tribune, 4/3) :
c Les Russes, comlme les autres peoples, pensent da-
vantage aux problems de la reconstruction civil qu'h
la preparation d'une autre guerre.
Celte d6mission n'a pas caus6 ine grande surprise.
Lorsque le g6n6ralissime avait pris en mains la direc-
tion de l'arm6e sovietique, on y avait vu essentiellement
un geste Idestin6 A symboliser 1'unit6 national plut6t
qu'a apporter un changement quelconque dans le meca-
nisme du gouvernement russe. >

.C) LE PROBLEM PALESTINIEN (New York Herald Tribune,
5/3. Ed. europ6enne).
< La decision britannique de soumettre les problems
palestiniens aux Nations Unies a 6t1 prise exactement
un an trop tard. Si le gouvernement britannique avait
soumis l'examen 'de son mandate sur la Palestine aux
Nations Unies lorsque la nouvelle organisation inter-
nationale a 4t6 .6tablie tout id'abord, et insist& pour la
prompted creation du Conseil international de tulelle,


on aurait pu trouver ,maintenant une solution just et
definitive pour r6gler l'ensemble du diff6rend. On au-
rait .6vit6 les tragedies amBres et inuliles des derniers
mois. On pourrait offrir aujourd'hui aux centaines de
milliers 'de rl'ugies Juifs qui d6pirissent maintenant
dans les camps de concentration europ6ens un refuge
el la certitude d'etre -A l'avenir en s6curilb.
La situation qui existe en Palestine est sans au-cun
doute une menace pour la paix mondiale. A moins que
les Nations Unies n'entreprennent rapidement une ac-
lion decisive, des influences 6trangeres.pourraient bien-
t6t se montrer aussi vives en Palestine qu'elles le furent
en Espagne, pendant les annees de guerre civil.
Le Conseil ,de sccurit6 a pleinement le droit, en rai-
son de 1'autorit6 don't it est investi, en application de
la Charte, de s'enquirir inmmdiatement de la situation
en Palestine et de demander au Conseil international 'de
Tutelle de ipr6coniser une solution qui sera soumise plus
lard A. I'Assembl6e gen6rale.
11 pourrait bien se faire qu'on ne puisse trouver de
solution pratique que dans une forme quelconque de
partage et dans la creation d'un Mtat purement juif,
ayant des resources appropri6es pour assurer sa pros-
perit6 economique, et don'tt l'etendue soit assez vaste
pour pouvoir servir de refuge aux Juifs sans foyer
d'Europe.
La nature de la solution A trouver est heureusement
,devenue. maintenant une question de decision interna-
tionale. I1 est essential cependant de ne pas attendre
encore ind6finiment a cause d'opinions pr6concues, 'du
goit Ipour les atermoiements montr6 par M. Bevin, ou
a cause de details techniques sans aucun sens. II est
absolument necessaire de prendre des measures imme-
diates pour mettre fin i la trag6die palestinienne.
Si le gouvernemennt britannique maintenait son refuse
de porter la question devant le Conseil 'de s6curit6, les
Etats-Unis devraient prendre imm6dialement une telle
initiative..II n'y a pas de meilleure facon pour le gou-
vernement am6ricain d'cxpier le manque de courage et
de perspicacity don't il a fait ipreuve I'an dernier en ce
qui concern la Palestine. >
(Sumner Welles).



III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press soviitique du 4 mars
Les rubriques de politiquc &trangbre sont presque uni-
quement consacrees h des informations donn6es hier deji
par la Pravda qui ne parait pas aujourd'hui.

1. QUESTIONS D'EXTREME-ORIENT
Tous les journaux reproduisent le d6menti oppose par
'Agencce Tass aux bruits lances par I'Associated Press,
dl'apVis les declarations du g6enral Hodge, selon lesquels-
500.000 Corseeis auraient t6 engagess dans I'armde sovid-
tique. (Voir Annexe.3
On rclive, en outre ;
a) Dans les depbches Tass, un t6e1gramme A Tchang Kai
Tehek; propositions au parti socialist faites par le part
communist japonais;
b) Dans la chronique syndicate international de Trud,
une note sur le movement unitaire chez les travailleurs
nippons.

2. -- BATAILLE POUR LA DEMOCRATIC DANS LE MONDE
Dipeches Tass : le message ide la Federation ddmocratique
des femmes A l'occasiou de la Journe international de la








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE 5.


femme de 1947: c6elbration 4 Rotterdam du 29e anniversaire
de I'armie soviftique; ]a Iprotestation en Gr6ce contre le
project d'nide americaine; dans la chronique syndicate de
Trud, developpement sur les pourparlers entire 1'A.F.I. et
Ie C.I.O. qui, id'apres le journal, (i confirment les craintes
qu'0prouvaient les milieux progressistes des U.S.A., I savoir
que les lead's d'A.F.I. se bornaient a sp6culer sur le mot
d'ordre d'unitd organique tout en poursuivant des buts fort
diff6rents; la trag6die de la classes ouvrirre en Grece et les
protestations qu'elle soul6ve i 1'6tranger.

3. QUESTIONS ALLEMANDES
C'est le th6me Ie plus copieux dans les d6p6ches Tass :
La loi sur la liquidation de la press; les parties de droite
en zone anglaise; les declarations de Robert Borel sur le
complot nazi on zones occidentales: 1'Avanti d6nonce Schu-
macher. Deux commentaires formant un tout : de Vtorov,
dans Izvestia, sur la politique allemande des Anglo-Ameri-
cains; de Ilin. dans I'Etolle Rouge, sur l'unification des
zones. L'un ct I'autre montrent comment la politique 6cono-
mique separatiste anglo-americaine tend a reconstituer une
Allemagne capitalist puissante. rivie au fameux bloc
occidental ,.

Revuoe de la press sovidtique du 5 mars 1947
La press de ce jour public Ic communique suivant : e Le
President du Soviet Supr4me de I'U.R.S.S. a donn6 satis-
faction i la demand du President du Conseil des Ministres
de I'U.R.S.S., le camarade Staline Joseph Vissarianovitch.
d'etre relev6 de ses fonetions de Ministre des Forces armnes
de I'U.R.S.S., en raison des surcharges qu'ellcs out fait subir
a son travail principal. Le Soviet Supreme de I'U.R.S.S. a
nommi6 Ministre des Forces armies de 1'U.R.S.S. le general
d'arm6e Boulganine Nicolas Alexandrovitch. ,

LA POLITIQUE ANGLO-AMERICAINE
EN ALLEMAGNE
1) LES PROJECTS DE REFORME FINANCIIL!RE (ICvestia, 4/3):
<< Les projects anglo-am.bricains de reform financiere
restent vagues, mais parent Itous du principle que la
,circulation fiduciaire doit 6tre ramen6e an niveau de
la circulation des marchandises.
Cette r6forme serait limitee aux zones occidenlales de
l'Allemagne, mais les Iprojets ne disent pas un mot d'une
aide financiere Cventuelle. ni de ses modalit6s, ni des
moyens qui seront employes pour stabiliser la nouvelle
monnaie. Ces projects sont issues des .divergences plus
ou moins grades entire les int'r&ts du capitalism an-
glais, et du capitalism am6ricain. Neanmoins, leurs
buts fondamentaux sont identiqies : briser I'unite eco-
nomique 'de l'Allemagne, opposer les'regions occiden-
tales d'occupation a la zone orientale, faire dipendre
la monnaie allemande du dollar et de la livre, subor-
donner toute l'economie de l'Allemagne occidenta-le aux
interets du capital anglo-americain par la stabilisation
'des monopoles. Bref, ]a nouvelle unit monetaire doit
etre 'la chaine d'or qui rivera l'Allemagne au fameux
bloc occidental. >
VTOROV.

2) L'UNION ECONOMIQUE DES DEUX ZONES OCCIDENTA-
LES, (Etoile Rouge, 4/3) :
La press anglo-amnricaine s'efforce de ipretendre que
le souci d'alleger les impots qui pbsent sur les peuples
anglais et ambricains a mepe les dirigeants de ces deux
pays a conclure 1'accord d'union 6conomique de Icurs
zones Wd'occupation. Les credits qui, grice a cet accord,
seront allouds aux industries allemands permettront
d'augmenter leur production au point d'assurer le paie-
ment des products alimentaires et des matieres premie-
res import6es. Comme ces credits sont inferieurs aux
dipenses des 'deux gouvernements pour 1'Allemagne,


l'accord doit done entrainer une diminution de l'imp6t..
L'accord pr6voit 6galement que les credits diminueront'
progressivement jusqu'en 1949, date A laquelle ils ne
seront plus n6cessaires. En fait, la situation est bien
differentt. Le but essential de l'union des deux zones,
est de faire de l'industrie rhdno-wesphalienne le patri-
moine des nmonopoles americains et anglais. Les credits
accords A l'industrie allemande sont garantis par la
transmission d'une part important des actions des fir-
mes alleman'des aux capitalistes anglais et amnricains
qui ont des vues sur l'Allemagne. L'accord est congu
de telle facon, que le gros des benefices reviendra aux
grands capitalistes des U.S.A. et de la Grande-Bretagne,
alors que le gros des frais de l'occupation sera supportN
par les masses 'de ces pays. En r6alit&, il s'agit de r6ta-
blir le potential de l'industrie .de guerre allemande, de
soustrai.re au contrIle allir toute 1'economie de la Ruhr
et de les utiliser dans les interets du capital americain
et des consortiums allemands, ce qui est en contra'dic-
lion avec les decisions de la conference de Berlin.
ILINE..



IV. PRESS SUISSE



a) L'.ALLIANCE FRANCO-BRITANNIQUE.

1. Gazette de Lausanne (5/3) :
Pacte de security, et qui s'inscrira dans le cadre de
'arlicle 52 de la Charte de San Francisco, pr6voyant
des arrangements rbgionaux, I'alliance franco-anglaise,
dirig6e contre 1'Allemgne, ne devrait pas offrir de pri-
ses aux critiques russes. Aussi se borne-t-on dans la,
press sovi6tique a denier toute utility au pace en .d6-
clarant que la Grande-Bretagne a voulu s'assurer une
allite docile avant la conference de Moscou. La docilit6
mise A part, cette appreciation n'est pas d6nuee de fon-
dement et pourrait aussi etre faite a 1'6gard du second
parlenaire, la France. L'alliance prend en effet toute sa
valour avant les deliberations qui doivent d6cider de
l'avenir de l'Allemagne, Les theses franchise et britanni-
que sur le sort de l'ancien Reich se sont si bien rappro-
chees que les repr6sentants des deux grands Etats occi-
dentaux, arrivant A Moscou li6s par une recent ali
liance, seront plus influents dans les d6bats.
L'alliance franco-britannique a aussi une pori6e g6nd-
rale et permanent considerable. L'Angleterre prend
cette lois des engagements fermes a l'egard de l'Europe.
Les voisins de 1'Allemagne peuvent penser qu'ils ne se-
ron.t pas seuls a supporter le choc d'une 6ventuelle
aggression allemande. Et c'en est fini de P'isolement bri-
tannique. C'est un gage important pour l'avenir de 1'Eu-
rope.

2. La Tribune de Ge,nVve (4/3) :
Les deux puissances occidentales s'engagent A arr6ter
d'un common accord les nmesures opportunes si 1'Alle-
magne a-doptait une politique aggressive ou venait a
manquer aux obligations qui lui ont 6td imposes ou
qui le seront. Ces dispositions paraissent avoir &t6 dic-
tees par les experiences faites en 1935 et en 1936, ainsi
que par la situation delicate qui fut cr6ee par 1'occupa-
tion francaise dans la Ruhr, que 1'Angleterre n'approu-
vait pas. Ces deux derni6res clauses, onen conviendra,
risquent fort d'etre d'une execution beaucoup plus dif-
ficile que celle qui a trail aux obligations militaires.










6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE


Le Gouvernement de Londres, lors de:la remilitarisation
de la Rhenanie. aurait peut-&tre adopt une attilude
plus energique si 1'ltalie, engag,'e a' fond dans nl con-
qukte de I'EtLhiopie, n'ivait, cree une situation tendue
danBs le bassin mediterraneen. Qui peut assurer qu'au
moment propice unne action energique, l'une ou l'autre
des puissances colntractanles ne sera pas genbe par
quelque complication dans sa liberty de movement ?
Pbur l'instant le danger allemand n'est que theorque.
V'alliance est conclue pour une duree de cinquante ans.
Celia nons porte a la fin du siecle tragique qui, s'il ne
change pas bient6t die physionomie, mi4ritera infininent
plus que son devancier l'epithlte de a stupiide >. La
jeurne g6niraliY n actuelle pourra seulenent temoigner
de.la valeur du traite de Dunkerque. Que l'on pard )inne
a, la garden descendmante d'etre un brin sceptique. Le ci-
metiire des accords diplomatiques est si vaste !

b') LES CONSEQUENCES DE LA CRUISE DU CHARBO> EN
GRANDE-BRET:AGNE (Journal de GenIrve, 5/3) :
Une crises sans precedent secoue 1'Empire britannique
jusque dans ses foundations. Les restrictions severes im-
posees aux entreprises industrielles a la suite du nan-
que de carbon ont mis sur le pave trois millions de
chinmeurs et port un rude coup a l'exportation.
L'Angleterre paic aujourd'hui la lourde rancon du
premier pays d'Europe ofi s'est effectuue la revol ition
industrielle. Les installations minibres sont vieillts et
d6suites, le materiel n'a pas ete mo'dernis6 depu.s de
nombreuses annkes et les condition's de travail des mi-
neurs sont cxtrimemenic precaires.
Leg consequences de' la crise anglaise se font sentir
sur 'e plhn de la politique exti'rieure, et M. Bevin, avec
un courage auquel it convent d'e ren.dre hommage, a
d6clar6 aux Cimmunes que si 'Angleterre ne pouvait
plus exporter de charboin, son, influence en Europe di-
nrinuernit d'autant. La situation econoomique de la
grande-BreFagne, depuis la guerre, ne permet plits, ni
sur 'e plan budg6taire ni sur le plan militaire, 1'(,ntre-
tien de troupes nombreuses au delay. ,des mers. Se sol-
dais, I'Angleterre en a besoin dans ses fabriques et dans
ses mines. Son budget militaire, elle dolt 1'ufiliser pour
assurer son ravitaillement.
Cett'e situation explique le retrait des troupes b itan-
niques des Indes, annonc6 par M. Attlee pour juin 1948.
iEl'e explique 6galement la decision du Gouvernciment
britannique de porter la question palestinienne devant
1'O.N.U. C'est dans le mnnie esprit qu'il convient d'in-
terprtfer' le prochain retrait des troupes britanniques
de Grice ainsi que les signes de d6tenie entire la
Giande-Bretagne et 1U.R.S.S., iu course de ces derniires
.emaines.
(S. TELLING MICHAID.)

f) LES ET TS-UNIS ET L.' VACATIONN DE L'INDE (Busler
Nachrfichten. 4/3 ed. soir :
Peut-il etre inldifferent aux Americains que l'Inde de-
vienne une d~oixieine Europe. qu'elle soit dechiree par
de sanglantes guerres religieuses, raciales, ou hier pro'-
voquties par des intf.rfts ecnomiques et par de, am-
bitions politiques, qu'elle tombe sous I'influence iildolo-
gique dn cnommunismne russe ? La decision du Gouver-
nenienit anglais d'ivacuer I'Inde dans un peu plus d'un
rnr, oblige I'Amnri'qne hi prendre serie.usement position
en face du probleme i'ndien. Le' Gouvernement anglais
a diclare qu'il ne salt pas encore a qui il remettra le
pouvoir dans la grande p6ninsule. Mais cela signifie :
en tout cas, pas an parti du Con'grks tout seul. 1l n'y
aurra pas ine Inde,.mais plusieurs. L'Ambrique appuie-


ra-t-elle Nehru qui a des tendances pro-rushes ? Osera-
t-elle adopter une attitude hostile aux Musulmans en se
desinntressant de la reaction des Turcs et des Arabes ?
Pour Famour des dogmes r6publicains, se d&clarera-
t-elle l'adversaire des princes indiens ? L'envoi du vi-
cotnie Mountbatten ne permet pas de conclure que les
princes et les Musulmans auront le dessous. Peut-6tre
les Hindous regretteront-ils bient6t les < maitres >> bri-
tanniques.
.L'Am6rique devra adopter une politique indienne, et
dn peut prevoir sans tmn4rite qu'Am6ricains et Anglais
front en conmmun une politique pro-musulmane de
Stamboul a Calcutta en pasant par Bagdad. Comment
pourrait-on autrement endiguer le flot russe ?
(Du correspondent des Basler Nachrichteni
A Washington.)



ANNEXE


a) Analyse de 1'article de M. Ivanov dans les Izvestia
(3/3) siur les difficuFtis econominques de tI France.
Apr6s avoir oppose d'.une part les efforts couronnes
de succes des ouvriers francais pour augmenter la pro-
duction, et d'autre part la gravity de la situation 6cono-
mique (baisse du franc), menaces d'inflation, augmen-
tation de la dette publique, augmentation du nombre
des billets en circulation), M. Ivanov caract6rise ainsi
les causes de cette crise : l'opinion publique d6mocra-
tiqtfe et la press ouvriere franeaise en voient la cause
essentielle dans les manoeuvres
< des deux cents families, qui disposent encore
te resources 6normes et de puissants moyens
d'action sur la politique de 1'Etat. En jouant avec
le franc, l'inflation, le credit, et 'augmentation
des prix, les manitouts des finances ou bien met-
tent en 6chec les measures prises par l'Etat ou
bien leur donnent l'orien'tation qu'ils d6sirent. Ils
s'efforcent de presenter la situation difficile du
pays come le r6sultat immediate de la politique
d6nocratique de nationalisations, de la limitation
de la liberty de l'initiative privee et des opera-
tions commercials et bancaires avec strangerer,
et come la consequence de salaires trop Rleves
et d'imp6ts excessifs sur les benefices et les re-
cettes. >>
Puis 1'auteur cite quelques examples de la facon don't
les gros industries fraudent le fisc, et il aborde ensuite
1'experience Blum de diminution (tes prix. Mais il op-
pose A cette measure les propositions de la C.G.T. et du
parti communist visant a transformer radicalement
]'Cconomie de la France. Enfin il relive que le pro-
gramme de restauration de 1'economie francaise suscite
un bien plus grand intlret dans les milieux financiers
ct industries des U.S.A. et de 1'Anglcterre qu'en France.
Citant ensuile ie muntant des importations amnricaiies
en France pour I'annee 1946 et le rapport des changes
coimnerciaux francro-;nglais en 1938 et en 1946, il y
volt
o un danger pour 1',conomie francicise de devenir
une parties de I'economnic des U.S.A. Go de I'An-
gleterrc >.
Nannmoins, sa conclusion est optimist :
Malgre ]'attaque acharnee d'e la reaction on
peot affirmer hardiment que les masses populai-






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETnANGtRE 7


res et la classe ouvrirce, les organizations syndica-
les et les parties democratiques constituent une
force assez puissanle pour assurer le relbvement
et la renaissance de la France. Tout depend de
uniti6 de la classes ouvriere et du degr& de coh6-
sion de touts les forces democratiques du pays. >>

b) Le rupatricment des prisonniers japonais d'U.R.S.S.

La press du 3 mars a public Ie conmmuniqu6
< Tass > suivant : < A propos du rapatriement des Ja-
ponals, le correspondent de < Tass > s'est adress6 au
service du delegu6 du Conseil des ministres de 1'U.R.
S.S. pour les affaires de rapatriement, au sujet du rapa-
triement des Japonais des territoire.s de 1'U.R.S.S. En
reponse A la question du correspondent, l'administra-
tion competente a communique cc qui suit : le Gou-
vernement de l'U.R.S.S. a d6cide en octobre 1946 de
commencer le rapatrienient des prisoners de guerre
japonais et des civils de nationality japonaise detenus
en U.R.S.S. Ies civils sont raIpatries suivant le principle


du volontariat. L'execution du-rapatriemient depend du
.d6l6gu6 du Conseil du niinistbre de 1'U.R.S.S. pour les
questions de rapalriement, Ie colonel-general F. I. Go-
liko. En cc qui concern le rapatrielnent des Japonais,
une convention a 6t6 conclude avec l'elat-major amnri-
cain des arnees d'occupation au Japon dans laquelle
a -tc fixs, par un accord mlutel, le quota inensuel des
rapatries. Ce quota depend des possibilities techniques
et de transport. Au 15 fevrier 1947, plus de 145.000 Ja-
ponais onl 6t1 renvoyes de I'U.R.S.S. et des territoires
qu'elle conlrtle vers le Japon.
La press d.e ce jour public le demenili < Tass > sui-
vant : < II y a quelqde temps, l'Agence Press > et quelques journaux americains, s'appuyant
sur une declaration du general Hodge. commandant des
arnimes ame6ricaines en Corte du Sud, reproduisait des
communications pretendant que I'U.R.S.S. recrulerait
dans V'armee sovi6tique 500.000 habitants de la Corke
du Nord. < Tass > est autoris6e a declarer que de tilles
coinnmnicalions n'ont aucun fondement 2t ne sonl que
de ridicules invent ns. >


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.300'1