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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00050
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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
MINISTERE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentatioa
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8').


BULLETIN


DE


PRESS


4 mars 1947.


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


DES AFF


QUOTID


ETRANGERE


Nouvelle Serie No 609


1. PRESS BRITANNIQUE


Revue ,ic la press britannique du 4 mars 1947

La press e de oI martin donne la vedette au debat qui a eu
lieu hier A la Chambre des Communes h propos des measures
reclamies par le gouvernement en vue d'acc616rcr la dis-
cussion du programme 14gislatif. L'opposition s'est 6levie
avec force contre le system dit de la guillotine a en vue
duquel les dibats sur chaque project ,seront clos A date fixe.
Des paroles tres vives ont 6td changes. Le government
a et6 accuse d'avoir recours i des mithodes dictatoriales, mais
la measure a it6 vote par 285 voix contre 150. Au course de
ce dsbat, M. Churchill a critique vivement la politique bri-
tannique en Palestine et a insisted pour que la question soit
portie au plus vite devant 1'O.N.U.
Dans le domain de la politique extiri'ure, l'Allemagne
occupe une place assez important; elle fait I'objet de trois
grands articles, 1'un, du correspondent special du Times,
porte sur l'cKprience de la fusion des zones anglo-ameri-
caines; l'autre, de Colin R. Ceote, dans le Daily Telegraph,
est consacrC i l'avenir de l'Allemagne et h son importance
pour la paix europBenne; le troisieme, de Seston Delmer,
etudie le point de vue que doit soutenir M. Bevin a la Conf6-
rence de Mosccu pour favoriser les futures relations anglo-
allemandes. La signature de l'alliance franco-britannique fait
l'objet d'un article enthousiaste de Walter Farr dans le
Daily Mail et de deux 6ditoriaux, l'un tres favorable dans
le Daily Mirror, et P'autre tres reticent dans le Daily Ex'
press. La question grecque semble avoir perdu ce mati* unr
parties de son acuite.
1. L'ALLIANCE FRANCO-BRITANNIQUE
L'ensemble de la press expose les details mat6riels de
la csermonic de Dunkerque et enurnmre les personnel qui
y prendront part. Le Daily Telegraph diment information
qu'il avait donn6e hier selon laquelle MM. Blum et Thorez
assisteraient 'A la eiremonie. Leur absence serait due, d'apres
le journal, au fait qu'il n'y aurait pas du c6t6 britannique
d'hommes d'Etat d'un rang equivalent.
Walter Farr reserve a cette alliance un article tres impor-
tant dans le Daily Mail. A I'ancienne Entente Cordiale, il
oppose cette e entente pratique : qui permettra A la Grande-
Bretagne et a la France d'unir plus 6troitement leur 6co-
nomic. II pr6voit un accroissement du touiisme entire les
deux pays, une fusion plus intime des deux peoples. I1 rap-
pelle 6galement la contribution apport&e par la Grande-Brc-
tagne au r6armement de la France. Enfin, il conclut son
article en constatant que cette alliance interesse les 601 mil-
lions d'hommes qui constituent 1'Empire franqais et le Com-
monwealth lbritannique. (Voir Particle plus loin.)


2. GRACE
La press announce que le gouvernenenit britannique a
ldcide de retire progressivement ses troupes de Gr&ce et
de proedder a l'yvacuation total du pays quand la situation
le permettra. A cc sujet, plusieurs journaux, don't le T'ims,
annoncent que le gouv.rnement green prepare actuellement
une offensive g6nerale de printemps centre les rebelles.
Le correspondarit diplomatiqu'e dii Manchester Guardian
estime de son c6t6 que les Etats-Unis desirent que les
troupes britanniques restent en Gricc car ils eraindraient
une offensive des extr6mistes de gauche qui, bien que peo
nombrcux entire 15 et 20.000 -- < sont bien organis6e
et sont aides par I'6tranger ,. Mais cc correspondent, ainsi
que cclui du Daily Herald, precise que la decision du gou-
vernement britannique de retire ses troupes est ind6pen-
dante de l'aide financire americaine.

< La Grande-Brctagne, 6crit le correspondent du,
Daily Herald, n'a pas l'intention de maintenir ses
troupes inddfiniment en Grece, mime si une parties du
fardeau financier est supported par les Etats-Unis. ,

Le correspondent diplomatique du Daily Worker, de son
c6ti, fait 6tat des rapports qui lu'i parvielment de Washing-
ton, selon lesquels les Etats-Unis auraient I'intention d'en-
chainer la Turquie et la Grece -A leur economic ,. Ceux-ci
consentiraient de large emcprunts A ces deux pays pour
qu'ils ach6tent des armes americaines qui se trouvent actuel-
lement en Europe et en Grande-Bretagne. i1 en rdsulterait
une standardisation a des armements turcs et grecs d'une
part, et ambricains d'autre part; soit, en d'autres terms,
< une integration virtuelle de leurs armies dans l'arm6e
americaine ,. Ce plan aurait Rt6 d6voilM A la suite de l'an-
nonce que les Etats-Unis s'appretent A apporter une aide
financiere considerable a la Grece, a condition que les
troupes britanniqu'es y restent. La derniere phase de ce
vaste o plan imperialiste nurait 6t6 ouverte par le Foreign
Office lorsqu'il a inform IP gouvernement americain, la
semaine derniere, que la Grande-Bretagne ne pouvait pas
esperer maintenir la "monarchie si Grece et les Etats-UniS
n'intervenaient pas.

3. LA CONFERENCE DE IOSCOU
Peu de commentaires sur les prochains pourparlers de
Moscou. Le correspondent du Times rapproche cepcndant
I'ouverture prochaine de cette conference des attaques conti-
nudcles laniees par la Pravda centre I' administration anglo-
amnricaine en Allemagne. Le journal sovietique accuserait
les Anglo-Amtricains
e d'accorder des mcsure, de favcur aux anciens S.S.,
de violer les principles de la politique allide A l'6gard


__ I I







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


des pays vaincus, de faire echee aux justes revendica-
tions de la Pologne, de la Tel6coslovaquic et de la
Yougoslavie a>.
c I1 fait pen de doute, conclut ce correspondent,
que cette champagne constitute 'un des prdliminaires de
la Conference de Moscou. ,

j 4. PALESTINE
La press donne des comptes rendus ddtaillds du debat
qui a eu lieu hier aux Communes au'cours .duquel M. Breech-
Jones a declare que le gouvernement britannique prenait
toutes les measures necessaires pour hlter 'cxamt n par
1'O.N.U. de la question palestinienne. Aux questions de'
M. Churchill qui demandait combien de temps encore le
gouvernement britannique supporterait ces attentats sor-
dides i, M. Creech-Jones a repondu qt'il esperait fire une
declaration imtportante la semalne prochaine.
Le tortespondant particnlier du Times a J6rusalkm an-
nonce d'autre part que le gdenral Gale, commandant de la
region de Tel-Aviv, n'avait pas l'intention d'appliqner la
loi martial dans toute sa rigueur. II se proposcrait djit
d'accorder certaines facilities it la population de TI-Aviv
afin de ne pas isoler completement la ville du mond,. ext6-
rieur.
De son c6td, John Wallis, correspondent special du Daily
Telegraph it Jerusalem, announce que 1a communaut6 juive
qui ne se trouve pas frappe par la loi martiale manifette
un m6contentement croissant a l'Cgard des troupes britan-
niques.
5. FpANCE

Le Daily Telegitaphl public une de6pche de son coerrs-
pondant de Paris annoncant pour ce soir la fin de la greve
des journaux. Ce mcme correspondent signal par zilleurs
la condemnation de Paul Baudouin et l'ouverture prochainc
du process de Brinon.

6. SPrTrzBxua

Le Times et 1,, Manchester Guardian sont les seuls .' men-
tionner la question du Spitzberg.
Le Times announce que la NorvSg, e a accepted d'en' isager
une revision du trait de 1920 aux terimes d'un rapport de
la Commission des Affaircs 6trangt res dui Parlement nor-
vigien, rapport qui a 6t6 approved i une session secrnte du
Parlement par 101 voix sor 150. Les pourparlers se pour-
suivraient avec l'alprobation de tous les pays signataires
du trait de 1920, sauf le Japon.
De Daily Telegraph announce par aillkurs quc le Parlement
norvigien a ref 's6 par 101 voix centre 11 la demand pr6-
sent6e par I'U.R.S.S. en vuc de construire des bases mili-
taires au Spitzberg.
7. U.R.S.S.
La press announce que le marichal Staline s'est dUmis
de ses functions de ministry des Forces Armies. Le nouveau
titulaire de ce poste est le gindral A. Bulganin.

8, U. S. A.

Arthur Webb cAble du Daily Herald que le Presiden t Tlru
man a demand hier au Congres d'abolir le service militaire
obligatoire t partir dui 31 mars.

a) LE TRAIT DALLIANCE FRANCO-BRITANNIQUE.

1. Daily Express (4/3, conservateur) :

< Cette alliance doit tre accepted. Le tour esl joue.
Et pourtant, c'est une erreur n6e d'un zale intenpestil
et d'une erreur de jugenment.
Lorsque l'Angleterre cherche a s'allier avec sa voi-
sine d'oauttleManche, elle doit Ztre certain que ce trait
aura poUr rysultat d'accroitre sa s6euritt, ,aini que
celle de son allike.
L'avenir politique de la France est par trop vague,
et t'Angleterre se lie a une puissance don't la stability


est incertaine et les tendances inconnues. Du point de
vue militaire, la valeur de 1'alliance est tout aussi
obscure. Que vaut eni effet la marine franchise ? Que
vaut l'aviation franQaise, qui a cause de si cruelles d&-
ceptions en 1940 ?
Par ailleurs, le but de cette alliance est de prevenir
le danger d'une aggression allemande qui n'existe pas
aujiuLrd'hlui et qui n'existera pas demain si les hom-
nies d'Etat font preuve de sagesse a Moscou. >

2. Daily Mail (4/3, conservateur)

< On pent etre enclin A critique le trait de Dun-
kerqiue parce qu'il nie serait qu'un simple pacte de plus.
En I'ai. ce trait concern le bien-6tre quotidien de,
pratiqucment, tout le monde on Grande-Bretagne.
Le traits de Dunkerque va beaucoup plus loin que
I'Entente Cordiale. Ce n'est pas sans difficult que les
Francai.si ont pu nous persuader qu'il nous fallait accep-
ter de nous engager A suivre une politique beaucoup
plus nette envers I'Allemagne que celle que nous avons
janiais accept de suivre' dans le pass.
On n'iublie pas ici I'offre que 14. Churchill avait
faite pendant les sombres journ6es de 1940 et qui por-
tait sur iune sort de citovennete commune. A ce mo-
meni, alors que les Anglais se rendaient a Dunkerque
dans des circonstances bien diff6rentes, l'id6e a W6t d6-
daign6e ;par la plupart des Francais. Maintenant, cette
ide 'a ses partisans des deux cots de la Manche.
On croil fermement que les Anglais et les Francais,
en dtpi)i( d( leurs querelles sur diverse questions de
politique 6trangbcre et sur le carbon de ]a Ruhr, en
dtpil encore des colrtrastes qu'offrent leurs temp&ra-
mients, peuveni encore servir d'exemple au reste du
niolnde. eln tetant au nioins de s'unir. Cependaint, le
desir de tie pas choquer les sentiments de la Russie
a etc pour qluelque chose dans le fait que l'alliance
actuelle nr va pas pius loin dans le sens de P'uhion.
Le veritable lien qui unit la Grande-Bretagne et la
France, que ce lien sit d6fini ou non par un pacte,
reside dans la geographic non seulement dans la
situation geographique de la Manche, qui fait de la
France novtre plus proche voisia, mais aussi dats la
situatiii gpographique e te erritaires bloignis tels que
I'Afrique du Nord et I'A'rique diu Sud, l'Ocean Paci-
fique. 1'lnde. la Birmanic. ie Moyen-Orient, 1'Extr6me-
Ori-cnt et its Amniriques.
(WALTER FARR.)

b) AVANT I.A CONFEiPRNCtE 1)1, MOSCOt.
1. Times (4/3) :

< Ein iliettant Ics choses au mieux, la Conf6rence de
Moscou ne petut gu6re faire davantage que de commen-
cer les Iravaux n-cessaires pour arriver A un regle-
ment du problem allemand, atravaux don't l'ann6e en
course (et peut-Etre mbme l'annie prochaine) ne verra
pas 1'ach6vement. On ne peutt mme rien entreprendre
sans la conciliation d'un grand iombre d'opinions qui
divergent actuellemen't sur hitn des points.
Ainsi, en -depit -de lo tendance A mettre ca relief A
propos de I'Allemagne Jes facteurs &conomiques an de-
Irimnent des facteurs politiquens, la question La plus
grave damns I'4nibroglio des probl6mes -allemands a trait
A la frontitre oriewtale de VAl'lemagne ; finalemert,
i'effort qu'il faudrait faire peur dlmftnter les frorttires
de ]'Allemagne est 'dt que les ministres des Affaires
ttrangeres pourraienat blen h&siter A Pentreprendre
maintenant, hien qu'ils ,soienlt .amen6s sans aucun doute.
a en discuter.







BULLETIN QUOTIDIRN DE PRESSED tTRANGARE 3


La tiche r'elle de la Conf6rence tie Moscou est tie
realiser un accord sur l'organisation provisoire ct le
,contr6le de l'Alilemagne dans I'attente d'un trait for-
mel. Ainsi, .des deux rapports qui seront soumis aux
ministres des Affaires dtrangeres, celui qui 6mane tdu
Comit& de contr6le A Berlin est rdellement plus impor-
tant que celui qui a et6 elabore par les Suppleants rke-
nis a Londres. II ne fail aueun doute que 1'on discu-
tera des opinions opposes sur I'organisation p(olilique
de l'Allemagne. A moins que mals ce cas est impro-
bable les avocats d'un ftddralisme absolu, (nu mime
d'une conf6diration, ne fassent prdvaloir leurs vues, il
est possible qu'on se mette d'accord pour crber une
sorle d'admninistration centrale.allemande et pour pre-
parer graduellement l'dtablissement d'un gouvernement
allemand. Le caractdre essentiel de la discussion ne rd-
sidera pas tant dans la question de savoir comment
I'Allermagne sera gouvernee, mais comment 1'Allemagne
vivra. Une fois de plus, le concept < d'unite dcono-
mique el les riparalions seront au premier plan des
discussions.
En faith, la question des reparations sera peut-etre le
probltme crucial de toute la Conference. Sur ces ques-
tions, M. Bevin a faith connaitre l'attitude britannique
avec clart,. Toute zone a la faculty de se joindre, en
vue de creer une unite economique, i la zone anglo-
amiricaine issue de la fusion, pourvu que la puissance
occupant int6resske contribute 6quintablement aux frais
de reipise en march de l'Allemagne. L'unitd econo-
mique en Allemagne ne doit pas etre obtenue au prix
d'un accroissement des charges. II est done difficile de
voir comment on peut realiser une unit e4conomique
entire la zone russe et PAllemagne occidentale, A moins
que la Russie ne diminue sensiblement ses revendica-
tions en matiere de reparations, notamment en ce qui
concern les reparations prelev&es sur la production
courante. >>

2. Daily Hera l (4/3 travailliste).
11 y a eu suffisanmuent d'obstacles pendant r1'labo-
ration du trait de paix avec 1'Italie et les autres etats
satellites 'de l'Allemagne. A m oins qu'une s6rie de mi-
racles ne se produisent, les obstacless de nature a em-
pecher une politique commune des Allies en Allema-
gne vont se r6v6ler plus graves et plus nombreux. Mais
ils doivent 6tre surmont6s sinon, au course de cette
reunion, tout au moins au course d'autres conferences
ltui suivront, car un checkc constituerait une catastrophe
economique et politique dont aucune nation ne pourrait
esquiver les consequences.
L'attitude britannique h l''-gard de l'Allemagne a 6td
clairement exposec :
1t L'Allemagne dolt dtre mise en etat de se redresser
economiquement ;
2 Toute precaution doit etre prise pour s'assurer
qu'elle ne menacera jamais plus la s6curit6 de 1'Europe.
On ne peut trouver de rEponse au probl6me allemand,
envisage sous 1'angle 'des questions Bconomiques et de
ia shcurite commune. que sous la forme d'une coopera-
tion entire les quatre puissances occupants.
Les differences de vues entire la Russie et les Allies
occidentaux sur la politique .6conomique front perdre
beaucoup de temps et 1i y a beaucoup 4autre questions
a ipeine moins ardues qui doivent Rtre discutdes.

3. Manchester G.irdiaa (3/1 Jib6ral),
4 Les Russes voont la lCinfkrenoe de Moscou avee
,a mue id6e en ite que cello qu'iI sootenaient en se
rendant aux precedentes conferences sur les traits de


paix avec les satellites de I'Allemague -- c'est que per-
sonne ne peut en fin 'de compete se permettre de causer
tine rupture. Lcs id6es fondamentales de la Russie sur
]'Alleinagne sont exprinides dans le discours de M. Mo-
lolov prononce A Paris le 10 juillet dernier, et on ne
s'en est pas sensiblement ecarl depuis lors.
A la Conference de Moscou, les problems 'de la dena-
zification et des reparations seront vraisemblablement
les questions les plus imiportantes.
En s'opposant a un fbddralisme de d 'Allemagne, les
l{usste se trouvent A un centre trois. En ce qui concern
la Ruhr, leur position est intermddiaire entire cell des
Anglo-Am.iricains el des Francais, car ils s'opposent a
un d6tachement de la Ruhr mais reclament aveo insis-
lance un contrf61 exerc6 par les quatre puissances et,
si possible, un a regime international ) 'dans le cadre
d'une Allemagne unifi&e.
La tl616gation britannique prdferent voir r6gler
d'abord )e probl6me de l'Autriche, mais les Russes A'y
opposeront sans doute. Ils considdirent que la culpabi-
litc de l'Autriche dans la guerre est beaucoup plus
grande que ne le pensent les Anglais, et la plus grande
source *de difficulties sera la question tes bien allemands
'nz Autriche. >
(Alexandre Werth).

C) UN PACTE A QUATRE SEHA-T'-IL SIGNED A MOSCOU ? (Tiles
4/3).
< L'un des sujets que M. Bevin et M3. Molotov devront
disceter entire eux h Moscou est la notification, dtja
envisage, du IraitA d'alliance anglo-russe. MI. Bevin
avait ddcard la semaine dernibre h la Chambre des
Communes, que M. Staiine n'avait pas encore faith con-
naitre ses propositions, et que les propositions britan-
niPques seraient prdsentees sous pen au Gonvernenient
sovi6tique. Aux reunions dee Moscou, on tentera de con-
cilier les propositions des deux pays.
La revision du trai'tl d'lliance anglo-russe sera cer-
tainement 'discutee Moscou. Aussi important que pa-
raissent les traits anglt-franuais et anglo-russe, seul
le ipacte < des quatres grandes puissances >>, propose
par M. Byrnes il y a plus d'un an, pourrait gara'ntir
a 1'Europe ine aide amnricaine contre toute menace
allemande, aide qui a ete reCue bien tard les deux fois
qu'elle a 1t1 necessaire. Rien n'est plus important i la
Conference de Mosou lque la 'discussion de ce pacte. >

(/) LA I'OIUI'EQU AD&tiERCAINE ET BRITANNIQUE (M1clthes-
ter Gjumrdica, liberal, 3/3) :
SII a det dit que ie gouvernement des Etats-Unis, com-
prenant nos ennuis, se propose d'aider 'conomique-
ment la Grece, i coiinition que nous y maintenions nos
troupes. C'est sur ce point que eommencent les difftcul-
tes, er nous sonllnes tout d'abord ports a dire non.
Si, come la press ambricaine l'asouvent ripete, les
Etalts-Unis dssirent prendre la succession de Dos res-
ponsabilites impiriales, ils doivent le fire de faeon
appropri6e. D'un. autrie c6,t, s'il est vrai que nos forces en
Grece, tellenwot red'uites q:u'elles ne representent plus
qu'un symbole, ewp6chent par letrr presence un sou-
levement aerme, ou une invasion dun noTd du pays, elles
remplissent une tfiche bien plus profitahle que l' (plus
grande armne de Palestine, par exemple.
Le parti le plus sage serait .d'aburner toute 44-cision.
Une commission 4es Nations Unies se troupe A present
en Greee et doit bhientt rendre compete de sa mission
atu Conseil de Skcuri4e. Elle fera sirement des reco.m-
mandations soulignant le besoin d'un soutien milidiro
et d tne aide economique. II serait d'un mauvais gofit,








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANGERE


et mime quelque pen ginant de condamner a l'avance
le rapport de la Commission par une decision impru-
dente. >

c) LE PROBLEM PALESTINIEN (News Chr'oiocle, libe-
ral, 4/3) :
< Combien de temps cette guerre va-t-elle durer, car
il s'agit vraiment d'une guerre -, et quel sera son re-
sultat ?
Nous avons ici une preuve 6vi'dente et ,penible de la
failite d'une politique consistent A laisser courir les
6venements ; en attendant la prochaine conference de
1'O.N.U., en septembre prochain, il n'y a pas besoin de
predire dans quel sens ou jusqu'A quel point nous pou-
vons nous trouver engages en Palestine au course des
sept prochains mois. La situation que I'O.N.U. sera ap-
pelee A examiner en octobre prochain, Ipeut etre diffe-
rente et meme plus facheuse que celle ofn nous nous
trouvons. L'histoire de l'Irlande constitute pour nous
un avertissement sinistre. >



II. PRESS AMERICAINE



et'vi,: <'e la iresse camiricaine du 3 mars 1947
1. POLITIQUE ETRANGERE AnMERICAINE
A la suite de l'annonce faite dans les journaux d! ddimatn-
che de la riponse favorable donnee -par Washington i lIa
note anglaise reclamant une aide financiere amnricaine en
Grece, la plupart des iditoriaux et articles posent ia ques-
tion de savoir ce que sera disormais la politique 6trang6re
americaine dans le monde,- car le cas green est considered
come un des examples de l'incapacit6 ,de 1'Angleterre h
tenir ses engagements mondiaux et, par consequent, I'action
amiricaine come un precedent (Christian Science Monilor).
Les journalists et commentateurs de la radio se demandent
si 1'on dolt laisscr se crler un vide 1h oi 1'influence anglaise
sera appelee A disparaitre ou bien, si l'on devra remplacer
celle-ci par l'influence am6ricaine. La plupart donnent I'im-
pression qu'ils ont une a horreur du vide > politique qui se
produirait ainsi, car ils estiment qu'il se trouverait rapide-
ment comble par l'influence directed des Soviets ou, tout au
moins, cell du communism. C'est principalement sous cct
angle que les editoriaux des journaux les plus isolaion-
n'istes, depuis le Chicago Tribune jusqu'au New York Times,
preconisent tout d'abord une aide financi6re americaine aux
pays oil la puissance britannique est prtie A c6der et envi-
sagent ensuite le replacement de la politique anglaise dans
ces pays par une nouvelle politique americaine i definir
afin d'6viter le renouvellement des erreurs qui purent Rtre
'commises par les Britanniques dans ces regions. Tous ces
correspondents reconnaissent .que la soudaine necessity d'ac-
croitre l'aide economique am6ricaine A des pays Ctrangers a
cr66 une atmosphere de pessimisme dans les milieux du
Congres oi 1'on voulait croire que 1'emprunt americain a la
Grande-Bretagne etait une aide suffisante qui permettrait
A celle-ci de continue i jouer son r6le mondial et aux
U. S. A. de concentrer leur attention sur leurs probl6mes intd-
rieurs.
Suivant les declarations faites par la plupart des sena-
teurs, les possibilities de reductions budgetaires importantes
et, par consequent, de la diminution des imp6ts apparaisscnt.
iddsormais, plus lointaines.
Les correspondents de Washington rapportent que M. A hc-
son a remis samedi i Lord Inverchapel une reponse i la
note britannique sur la Gr6ce. Cette note serait un accord de
principle d'assumer une grande parties des obligations bri-
tanniques en Grsce n, afin que la Grande-Bretagne pulsse
maintenir une parties de ses forces armnes don't 1'entretien
serait partiellement pris en charge par les U. S. A.. Selon le
correspondait .du New York Times, I'aide finaneiire ambri-


caine serait de 250 millions de dollars pour la premiere
anntde d'un programme qui s'el6verait au total h 350 millions
'de dollars. (Voir plus has les ditoriaux consacrls A cette
question.)

2, LE P CTE FRANCO-ANGLAIS
Callender ct James, Ic premier, de Paris et, le second, de
NSw-York, se demandcnt, dans le New York Times, si le
pac. franco-anglais ne facilitera pas la conclusion du pacte
iquadripartite contre I'Allemagne sugger6 par le s6nateur
Vandenberg ct M. Byrnes. Callender, apres avoir remarqu6
que Ic trait franco-anglais pouvait etre sign par routes les
pulssances ayant quelque moycn d'action contre I'Allemagnc,
ajoule :
< Ainsi, cc placte i deux don't les textes avaient 6tt
montres aux gouvernements sovi6tiquc et am6ricain
cst concu de tell sorte qul'il pourrait, en pratique,
servir de base ih une action quadripartite. >
Edwin James 6crit de son c6t6 :
< Deux fois, I'annec derniere, M. Byrnes a propose
des traiies a long term de protection centre toute re-
naissance dc puissance militaire allemande et, puisque
lien n'a 6te dit concernant un changement de politique
americaine sur cc point, il parait raisonnable de sup-
post c que notre pays sera pret i se joindre h Moscou
it la combinaison des trois grandes puissances. >
II envisage que la conclusion d'un trait aI quatre pourrait
servir a career une atmosphere permettant de r6diger un
trait avec I'Allemagne.
L'Evening Star, dans un editorial consacri au trait franco-
anglais, remarque egalement qu'il peut << s'ajuster avec le
pacte quadrilateral que proposait, l'an dernier, .M. Byrnes,
visant a empecher l'agression allemande ,.

3. NOUVELLES FRAN(AISES
Le, New York Times est le seul i reprendre les extraits du
discourse de -M. Ramadier, pronone it Nimes, ofi le premier
ministry fit appel A l'esprit de comprehension des agricul-
teurs frangais.
Une dpipeche de, Campbell de Paris an New York Times
relieve la presence dans la capital frangaise d'une agency de,
propaganda du Viet-Nam qui, dit-il, fait une publicity
extrimement belliqueus v pour le gouvernement du Viet-
Nam et qui emploierait une a phrastologic scmblable A celle
employee par les communists e. Le correspondent s'etonne
que 1'on pcrmette de tells activities locales alors quo le
confliR armi continue d'opposer les troupes franqaises an
Viet-Nam.

L'iEQILIBn R DES FORCES DANS LE MONDE.

1. (Christian Science Monitor, 3/3)' :
La Grice ne constitute que I'une des responsabilites
inmperiales qui present itrop lourdement sur les 6paules
britanniques. La Grande-Bretagne a d6jh abandonnt
sa position en Egypte et elle l'abandonne actuellement
en Birmanie. Elle lichera l'Inde I'an prochain au
mois de juin.
La crise grecque n'est qu'une partic de la crise
mondiale qui resulte pantout de la meme ipauvret6 et
de la mime ins6curite 6conomique, qui engendrent la
m6me instability economique. I1 n'y a qu'un moyen
'de remndier a cette crise mondiale : c'est de finance
les measures de secours et de reconstruction qui met-
tront fin cette pauvret6 et ih cette insucurite. Tel est
le principle sur lequel se basent trois solutions qui sont
actuellement examine par le President. La question
n'est pas de savoir cc qu'il faut faire mais de savoir A
quelle echelle il faut le faire. Or, la situation mondiale
necessite une action de grande envergure... Nous de-
vons soit y faire face partout, soit accepter la creation
eventuelle de ( vide en Europe et en Asie que seule








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE 5


l'Union Sovietique pourrait remplir. La veritable ques-
tion qui se pose A nous est la suivante : 11 faut agir
maintenant 'de facon decisive ou donner A l'Union So-
vietique une chance de devenir une puissance mon-
diale ipr6dominante. Pour parler franchement c'est une
question de survive on de disparaitre. Le meilleur
anoyen consiste done a baser l'appel au Congres sur ce
fait. Le people amenricain comprendra tres bien cela. >

2. (New York Herald Trzbime, 3/3) :
<< Avec la disparition 'de l'empire britannique, une
des grandes forces du xix" si6cle a cess6 d'exister. II
n'y a plus que deux puissances susceptibles de la
remplacer dans le monde : la Russie sovictique et
les Etats-Unis. Ce sont les deux unique sources 'd'oi
peuvent driver la puissance militaire, la force econo-
nique et les ideaux politico-sociaux susceptible de
stabilizer le monde de demain, comme la Grande-Bre-
tagne du xx xsiecle avait stabilise celui d'hier. C'est
la une situation Ctrange pour les Etats-Unis qui dans
une si large measure ont pris conscience 'de leur force
derriere le bouclier de l'empire britannique. Mais c'est
ainsi ; et il semble impossible que les Etats-Unis no
rel6vent pas le defi que cette situation leur offre.
C'est en premier lieu un d6fi h la soli'ditM de nos
convictions politiques, ensuite a la force'de nos ins-
titutions 6conomiques et, seulement en dernier lieu i
notre capacity de les appuyer au moyen de la force
militaire. Heriter de la Graride-Bretagne des large res-
ponsabilites que celtt nation assumait dans la M.diter-
range orientale signifie naturellement, qu'.a la longue,
nous devons etre pr&ts A les defendre avec nos hom-
mes aussi bien qu'avec notre argent ou nos convic-
tions. Mais si nous avons foi dans nos propres senti-
ments, si nous employon.s la force economique don't
nous soinmes ,i tiers, la puissance militaire ne sera ja-
mais plus que la force symbolique que la Giande-Bre-
tagne entretien en Grace et que nous entreleiions en
Italie, en Autriche et en Allemagne.
II y a dans le monde 'de grands < vides > qui sont
destines ah tre combles, soit par l'Union sovi6tique, soit
par les Etats-Unis. La Gr6ce est l'un de ces vides, c'est
l'un des plus important en raison des importantes con-
sequences strategiques qui decouleraient de son aban-
don. Mais ce n'est pas la strategie militaire qui compete
ici. Ii s'agit plutot 'de decider si nous sommes disposes
i appuyer de notre argent et de nos convictions notre
conception d'un monde rationnel, ou si nous sommes
affaiblis au point de ceder et de laisser d'autres Etats
fagonner l'avenir 'de l'humnanite. Cette question revet
plus d'ampleur que ne l'impiique la seule situation
de la Grece : elle est aussi important que si toute
l'Europe et loute l'Asie oriental etaient en jeu. >

3. (Washington Post,, 3/3) :

< La Russie a donni des preuves manifestes qu'elle
ne laisserait l'unification de la Coree se fire quc
d'apres ses ipropres conceptions. La seule response i
faire est de r6pondre A la fermete par la fermet6 el
d'eviter de creer en Cor6e ddu Stud un vide dangereux
ou des creatures des Soviets s'infiltreraient dis le re-
trait des AimBricains. La Russie n'a que du mepris
pour la faiblesse et il est evident qu'elle advance par-
tout of elle rencontre celle-ci. >

4. (Chiclago Tribune, 3/3) :
< La Russie a tout advantage a prolonger les situa-
tions insolubles partout dans le monde on ses interets
se heurtent a ceux 'de ses allies. La Russie peul esperer


- ainsi que semblgrait le prouver le retrait des Am&-
ricains en Chine que la patience americaine sera l&
premiere -a s'user. Si les Amnricains se retirent de
quelque part, la force russe sera sur place pour les
rempiacer. La Russie peut attendre indefiniment, car
elle est decide. h s'6tendre dans toutes les directions
oii elle trouve une resistance faible. >

5. (Baltimolre SIn, 3/3) :
< II sera peut-&tre necessaire de prendre a notre

charge les interets britanniques en Grece, mais rien
ne nous oblige a continue les fautes britanniques.
L'effet pratique 'd'une politique suivie en Grace pour
les Grecs eux-mimes devrait Otre d'enmpcher par tous
les moyens, sauf la guerre, que la Grece soit englobbe
plans la sphere d'influence sovietique. Nous devrions
demontrer a la Russie que notre decision n'est pas un
acte d'hostilite puisque la Russie Sovi6tique n'a pas le
droit a prior de dominer le people grec. Un telle po-
litique provoquerait certainement des tensions, mnais
des tensions qu'on pourrait relticaer amiicalement. >



III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sooietiqr4 e du 2 mars 1947
Le-, rubriques de politiqu'e trangerc sont cette fois ahon-
dantes, et comme il est d'usage le dimancl:e elles sont ri-
ches en commentaires. Ceux-ci toutefois, se bornent a deve-
lopper les themes actuellement dominants sur la base des
faits nouveau apportis par 1'actualiti. La preoccupation
des politiques angio-amir:cainec, demure essentielle.

1. SUHVIVANCES DU FASCISM SOUS L'ADMINISTHATION
ANGLO-AMERICAINE
Tous les journaux reproduisent des extraits que public
1'Aience Tass sur un article de Gesterreichische Volksstimme
sui' les atteintes aux droits des organizations d6mocratiques
en Autriche. A ctie d'un 1tcf paragraphe sur la zone fran-
caise, on troupe des dtveloppements plus copieux sur Ies
zones britannique et amrlcaine. (Tou's les journaux eta-
blissent une liaison centre la dticouverte du complot nazi
en Allemagne et l'insuffisance de la dinazification dans les
territoires sous administration anglo-am6ricaine.) Certaines
chroniques reltvent I'absence d'uniti dans la politique des
grandes puissances et experiment I'espoir que la Conf6rence
d, Moscou, riche de 1'expirience acquise par les Ministres
des Affaires etrangires, saura trouver des solutions corres-
pondantes h la tache qui lui income, et instituer une paix
solid et durable. La chron;que international de la Pravda
souligne la nicessitd de measure, concerties et decisi'es ten-
dant A 1'ex6cution des decisions de la Conference de Berlin,
avant de transformer au plus tot 1'Allemagne en un Etat
ddmocratique pacifiquie. Izakov rapproche la decouverte da
complot des plaidoiries du proces de Tokio et y voit des
signes destines i rappeler la necessity d'observer a la
fois et Yalta et Potsdam. Enchainant sur cette idee de
decisions concerties, ii revient dans un second developpe-
ment sur le probleme des reparations et plus particulie-
rement sur les tentatives de la B.B.C. pour dimentir l'ar-
gumentation sovietique sur les reparations touches par les
Anglo-Americains. II se borne a reliever l'arithmetique fan-
taisiste d'une rdcente emission de la B.B.C. affirmant d'une
part que l'U.R.S.S, avait requ a clle s.cule plus que I'en-
semble des autres pays, d'autre part que la Yougoslavie
avait touch un tiers de 1'ensemble des reparations. M6me
umn leve de 1'6cole primaire, dit Izakov, pourrait repondre
que si I'U.R.S.S. a recu en une fois plus que tous les autres
rdunis. la Yougoslavie n'a pu alors n'cn recevoir cru'un
neuvibme. Voilt ce qui arrive quand on va chercher ses
chiffres dans les nuages. Disons en passant, conclut le jour-
naliste, que la B.B.C. s'occupe trop souvent de ce travail.









6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANG'E


2. LA BA.TAIL-1E POU I.A DiEMOCRATIE DANS IE MONDE
a) Tous rls journaux reproduisent une series de dep(ches
de l'Agence Tass :
Sur la cl6ture de la s..ssion du' C nseill de la F6edration
democratique des femmics et le message du Conseil aux
Ministres des Affa;res ktrangeres; sur Ic process de Buda-
pest, la repression anti-communiste en Chine, la soirec
France-U.R.S.S. en .1'honncur du 293 anniversaire de l'a:m6e
soviktique, la Conference dtes parties communistes de ]'Em-
pire britannique. la Commission d'enquwte en Gr(ce, le me-
mo-randuIm lIa Comrmiss'on des emigr6s politiqucs .recs.
itc...
b) Dans, Icl chroniques internationa:les, on relieve :
L'4chee de Mikolakczyk en Polugne, !e process de Buda-
pest, comnnivnt tc gntr-al amt.ricain Schwaatzkopf forming en
Iran une e deuxieme arm6e D de 40.000 homines av\c le
renforcemetnt de la gendarmerie (on ne peut pas nier, dit
la Pravda, irue Ia gendarmerie que dirige Schwaatzkopf s'est
depuis longtemps transformed en instrument americain, -
les fails que non's venons de citer mtritent attention).

3. LA POLITIQUs ANGI-O-A.M1RICAISE D'EXPANSION
RT .LS CONTRADICTIONS QL'EI.LE RECOUVRE
a) La p)ilpart des journaux reproduisent des inform; tion
de I'Agence Tass .
Sur le memorandum de Marshall aux repr6sentants. sur
1'aide militaire aux gouvernements .trangers, la de lara-
tion de l'amiral King sur lia neccssit6 d'une flotte aneri-
caine puissantc, d6pbt d'un project pour 1'achat des lies
ktrangeres de l'Atlantlique et du Pacifique, le rapport au
Congris americain du Comitt de coordination pour I'avia-
tion, la question de l'extension it ]a Belgique des ae.-ords
s~r I'unification des armements, la champagne anti-sovitique
que mien la pressed amnricaine, etc...
b) Les Irlesfia Otudient la pollitique britannique en Chine
montrant comment, apr6s avoir per(du des positions. PAn-
gleterre s'efforce de les reprendre aux Amdricains. AprBs
avoir cili une longue s6rie d'exemples (renolivellement du
personnel diplomatique Iritanniqle, utilisation de Hong-
Kong par les autorties militaires chinoises. offre des servi-
ces de la flotte anglaise i la Chine, envoi d'une mission
abronautique, preparation d'un Irait6 de commerce, etc.),
I'auteur conclut : < L'acuite des,contradictions anglo.ame-
ricaines en Chine est quelque peu attinude par l'intertt qu'e
1'Angleterre a A coop6rer avec les U.S.A. dans les autres
questions internatiiouales. Pourtant il est inevitable que ces
contradictions s'exaspirent h measure de la peneitration de
influence americaine en Chine. i

Revte de la pressed suvidtique du 3 mas

SeIle la Pravda parait et la rubrique de politique ,tran-
Pmr est en parties consarrte i un communique de I'Agence
Tass annoneant, d'apres les indications fournies par ]a Di-
rection det Rapatriement, qu'e, depuis octobre 1946, le Gou-
vernement sovi6tique a entrepris le rapatriement de prison-
niers de guerre et de civils japonais, rapatriement dent le
rythme est r6gil d'accord avec FEtat-Major d'occupation
ameirieain scion les pos'',blitts de transports : ia la date du
15 fivrier, plans de 14i.cfN11 .l:Japinis ~ iaient ,;16 rap.tritrs.

L. -- L.A iitrILL-E DO!ti I.A. DE).MOcItrnATIE OANS 1.E lo l)
Une grande depeeh- dte l'Agence Tass cst consacrse, an
4GongrLis des parlis communists d:t.n'- I'Emnpire britan.:ique.
Des plepbehs plu) braves relatent : Yamtnistic en Pologne,
des nmanifestatiuns t 1'occasion. tdi jour de l'ind4pendance
dans le Sud d e la Coc. il prois lie IBudapest. Un article
assez long itt consacrti al. difficult's economiqnes de la
France.

2. -- LA I'OLYnQI ANco-tAMiRtCAlJWE D'EXPANSION1

Une scrie de d1ip iehes Tass secondaires :
Forrestowl et Nimitz demantlent le maintien d'une flotte
de guerre efficace; protestation deh-coslovaque centre 1'ac-
tion du g6eniral Clay; possibility de participation du Dane-


mark aux plans anglo-amiricains d'urnfication drs arme-
ments; grande deplche de Rome sur I'affaire de la remise
aux Amiericains des lignes d'aviation italennes.



IV. PRESS BELGE


LE. TRAITE ID'ALLIANCE IFRANCO-1BRITANNIQUE (La Mftro-
pole, 3/3), calhilique :

< On avait tout d'abord considered le pace dalliance
anglo-francais conine une resurrection de l'Entenle
cordiale. I1 apparait, aujourd'hui, qu'il aura une portte
bicn plus vaste, iqu'il n'est que le nceud central d'un
vaste reseau d'alliances. D'une part, M. Bidault annonct
a l'A.ss'emblee national que des pourparlers sont en
course avec la Pologne, la Belgique, la Hollande et la
I'checoslovaquie. D'autre part, a la Chambre des Con..
imiunes, M. Bevin a expriim clairement qu'il etait ques-
tion d'un pacte a quatre unissant Londres, Washington,
Paris ct Moscou. Ce trait*, qui A 1'origine semblait avoir
une port6e occidental, puis europ6enne, est Ie premier
inaillon d'une chain d'alliances niondiales. M. Bidault
a soulign6 ce caractere du traits quand il a dlit : < Nous
irons plhLs loin dans cette alliance. Chacune des clauses
dl traits franco-anglais sera offerte i nos grands
allies. >


V. PRESS SUISSE


1t) L'ALLIANCE FRANCO-BRITANiNIQUE (Journal de Genvur,
4/3) :
Le pacte de Dunkerque, conclu pour une dur6e da,
cinquante ans, donne l'assurance que l'Angleterre in-
lerviendra dbs la premiere initiative dangereuse pour
la paix que pourrait prendre 1'Allemagne. Ainsi, on ne
verra pas se r6peter la situation de 1935, oi la Grande-
Bretagne refusa d'inlervenir alors que la France voulut
riposter et prendre certaines precautions militaires
apres l'occupation de la Rh6nanie par les Allemands.
Le pacte de Dunkerque rendra 6galement impossible un
nouveau Munich.
Sans doute cc trait, qui doit premunir les signataires
centre le risque d'une revanche allemande, possible et
In1mne probable d'ici quelques d6cennies, nest pas en-
core actuel. Ce qui imported surtout, c'est l'engagement
pris pour I'avenir et, d'autre part, la volont6 exprim6e
par les signataires de coordonner l'activit6 6conomique
des deux pays afin d'6viter qu'une rivalit6 industrielle
et commcrciale sur les marches ext6rieurs ne cr6e, A la
longue, des divergences politiqu'es, comme ce fut mal-
heureusement le cas entire les deux guerres.
Le trait de Dunkerque est un pacte regional conclu
dans le cadre general de la s&curit6 collective des Na-
tions Unies. L'intenuion des partenaires est de fondre
ces alliances particulieres cn-unc alliance quadripar-
lile destine i consolider les relations entire les quatre
grandes puissanccs. Trois des Quatre Grand-s > etant
lies enlre cux par des traits d'alliance mutuelle, les
'Eats-Unis ne sauraient deneurer A l'6eart. ce qui les
incitera peut-elre i realiser le project de M. Byrnes, qui
prevoyait un pacte a quatre pour assurer la paix du
inonde. La valeur polilique et morale d'un tel pacte
serait considerable, car il crerait une communautA
d'int-6rls moins abstraite que la Charte et qui att6nue-
rait, par lui-minme, I'antagoni.sme des deux blocs.
(S. STELLINI-MrICHAUD.)







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


2. National Zeitung (3/3), edition du soir :
Les traits d'alliance que la France et la Grande-
Bretagne ont conclus jusqu'A present avec 1'U. R. S. S.
prcvoient, dans chaque cas, que les deux contractants
sont tens d'agir en commun pour maintenir la paix
et de se preter mutuellement un appuimnilitaire au cas
ofi I'Allemagne redeviendrait menacante. Cette colla-
boration s'inscrit dans le cadre de 1'article 52 de la
Clhrte des Nations Unies, qui autorise la conclusion
d'accords regionaux. La nouvelle alliance franco-britan-
nique, elle aussi, a pour objet'au premier chef de pre-
venir en temps utile un eventuel relevement militaire
de 1'Allemagne, grace A l'union des forces de ces deux
puissances. La politique d'assurance des puissances vic-
torieuse, centre le Reich se trouve ainsi complete sur
un nouveau point.
On ne peut cependant s'empicher de penser que 1'ac-
cord entire Paris et Londres est dirig6 contre une me-
nace qui n'existe pas Il'heure actuelle et n'apparaitra
sans doute pas avant longtemps : il vise, en effet, une
Allemnagne qui serait en measure de d6clencher une nou-
velle guerre. Faut-il done croire que le nouveau pacte,
.comme ceux qui Pont preced6 avec un contenu analo-
gue, reconnait tacitement que la d6sunion notoire exis-
tant entire les vainqueurs et leur incapacity a pour-
suivre une politique europ6enne coordonn6e, emp&che-
ront de tenir assez solidement l'Allemagn'e en bride
pour que tout nouveau project d'agression soit exclu, et
de transformer le Reich en un Etat pacifique et d6mo-
cratique ?
Bien que le point essential de la nouvelle alliance se
r6fbre au moins provisoireinent A une fiction, elie n'en
possede pas moins une valeur reelle. D'abord, A cause
du moment oi l'accord a ett realis&. Nous sommes a
la veille de la Conference de Moscou. Avec ce traits
dans la poche, MM. Bevin et Bidault parleront avec
plus d'autorit6 que si Londres et Paris devaient se bat-
tre s6parement. En outre, l'Angleterre et la France sont
des puissances coloniales, et en cette quality& elles ont
des difficulties communes et analogues a surmonter. Leur
entente rend cette tache plus aisee. Et enfin, le point
le plus important : avec le trait franco-britannique,
l'axe Londres-Paris-Moscou est constitu6. Cet 6vene-
ment peut avoir les consequences les plus heureuses
pour 1'ktablissement de l'equilibre europ6en, que la po-
litique britannique a recherche de tout temps. Si Mos-
cou r6frene, au profit d'un syst6me d'equilibre, ses ten-
dances a 1'h6g6monie, la cause de la Paix aura fait un
grand progres; Paris jouerait alors le rl1e important
d'intermediaire et de maillon de la chaine unissant
I'Est et 1'Ouest. >

b) LA POLITIQUE ETRANGiRE DE L'U. R. S. S. ET LE.s
ANGLO-SAXONS ,(Gozette de Lausanne, 4/3) :
SEn fail, le gouvernement die Moscou s'ergage o
moins possible. II ne collabore avec les parlenaires que
les circonstances lui ont imposes qu'avec peine. et s'e.


force en toutes choses de garder sa pleine liberty de
movement. II .marque ainsi fort peu d'interet pour ces
rapports cultures auxisuels les Amiricains attachment a
just titre tant d'importance. La r6cente lettre -de
M. Bedell Smith a ce sujet n'esl-elle pas significative ?
Il ne parait pas non plus, coimme l'observait le Man-
chester GuOaliani, tres dlesireux, en dipit dte la situation
economique difficile dans laquellc le pays se trouve,
(l'encourager ses Aliibs analo-.saxons Li cooperer. autre-
inent que par lde prets, A son relvemiiient.
Bien au contraire, ia press et la radio sovietiqlues
ne cessent d'adresser aux Anglais plus encore qu'aux
Americains les plus vifs reproches. On s'en prend con.-
ammnient ii 1' << inprialisiie britannique >, et cela an
moment mnme oii !e gouvernemient de L'mdres prouve
par ses actes sa volonte de conformer sa politique aux
engagements qu'il a pris au sein de I'(. N. IU.
A cette curieuse attitude, on cherche de nombreuses
explications. Cette offensive nouvelle de la radio so-
vietique, celte champagne de pres.se, ces declarations bel-
liqueuses et claironnantes des dirigeants parmi les-
(quelles ii faut ranger la subite attaque d(u marichal So-
kolovsky contre tes Anglais ct le A.mericains -- toutes
ces manifestations n'auraient d'autre but que de pre-
parer la conference de Moscou. C'e.st ainsi que les So-
viets travailleraient I'opinion avant de nogocier avec
les Anglo-Saxons. Procede bien etruinge. en verite. On
ne l'einploie pas a I'egard d'allies, mais ,ien plutot
centre des adveeSaires...
Serait-ce alors lque le gi)uverncemenit dtl M[)sscou c'in-
sidere ces Anglais et ces Alcericain-s sansi l'ailie des-
jquels, quoi qu'il pretende, ii n'aurait pas gagin6 la
guerre. comme des adversaires ? A voir la maniere don't
il en use avec eux. on ne pent s'empecher de penser
qu'il on est ainsi.
Le prolbleme qui est pose aux Anglo-Saxons parail
en definitive difficile ai rsoudre.
31. Bevin voudrait se montrer beau joueur. II ne peut
perdre sa foi dans !es bonnmes intentions des Soviets et
pretend qu'il fault tenter mnalgre tout de collaborer loya-
lement avec eux. II garde ainsi un espoir measure de
parvenir i ce renouvellement (du pacte anglo-russe et
a un resserrement de la cooperation entire les deux
pays.
On voudrait croire que Ie mninislre des Affaires Ctran-
gOres de Grande-Bretagne a chrisi la bonne mithode.
Mais l'attitude do gouvurnement sovietique ne laisse pa.s
place A beaucoup d'espoir. Les quelques d6pkches qia
out filtre au sujet des negotiations entire l'Angleterre
et l'U. R. S. S. laissent entrevoir que celle-ci n'entend
pas s'engager sans obtenir de nouvelles et substantielles
concessions.
M. Bevin, que taloanent des ( crypto-coimmuniisles >,
va-t-il ceder une fnis de plus ? II risqluersit lien de lie
fair qu'un niarchel de (dupe. Une collaboration est ne-
cessaire enkre ies grandies puissanc.es n1ai I pas i n'i.n-
porte quel prix.
(JA.\cQu'Es :I'rIoYMOND .)


S.P.I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009