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SERVICES FRANCAIS D'INFORMATION (M IsnITR DBE LA JEUNESSE, DES AnTs ET DBS LsTTRrS) Direction de la Documentation 14-16, rue Lord-Byron, Paris (81). 1-A DOCUMENTATION FRANAISE1 MINISTER DES AFFAIRES ETRANGERES SERVICE BULLETIN PRESS QUOTIDIEN . ETRANGERE Nouvelle S6rie NO 604 1. -- PRESS BRITANNIQIW Revue de la press britannique du 26 fearier 1947 La presse donne aujourd'hui la vedette au communique public hier par le government annongant qu'une parties considerable de l'industrie britannique devrait travailler do. nui+ afin de ne pas imposer aux centrales Blectriques un effort excessif au moment oif les restrictions seront abrogics. D'autre part, elle announce l'institntion permanent de me- -sures de restriction de carbon, de coke, du gaz el de l'lec- Iricitl pour la consommation domes;iqcue. La France tient cc martin une place asse;: important dans le Times et Ie Manchester Guardian, mais ce sont surtout lIs deux grands debats qui ont eu lieu bier sur la Palestine aux Communes et sur 1'Inde i Ja Chanmbre tde Lords qui retiienent ]'attention de tons les quotidiens. 1. -- INo Ix dtibat qui a cu lieu hier a la Chambre des Lords et qui va jse tcnminer aujourd'hui a donn6 I'occasion i Lord 'emplrwood, porte-parc-le de I'opposition, de critiquer la decision prise par le gotuvcrnimcnlt d'6vacuer 'Inde dts julin 1948, date qui, selon lui, strait trop rapprochte pour per- inettre de tmencr a bien une tache aussi gigantesque que is Iransferl des pouvoirs aux responsables indiens et I'evacua- lion d ls rsrtisans d tou es ssortis t e s les services britan- niques anx Indes. A cc sujut, certain journaux insistent siir la nIccessitC de savoir si les troupes hritanniques resteront apres le transfer des- pouvoirs on si 1'Inde assurera elkl-meme sa propre d<(fense. Cettr question est rest6e sans rtponse. mais on vspbre que le gouvernement prendra position a ce sujlet au courts de la slance de cet atpr'is-inidi. 2. PAL.ESTI, L'ensemble de la press met en relief les indications de M. Bevin selon lesquelles la pression excrcee par le pre- sident Truman en faveur de immigration immediate dc 100.000 Juifs en Palestine aurait consid6rablement g6nd ses efforts de conciliation. Le Daily Telegraph fait 6tat de la surprise cause par ces declarations :i la Maison-Blanche et de P'indignation de certain membres dminocrates de la Cham- lhr des Reprd.sentants. :l. 'FRANCI Le rimes public un article important et de to.n plut6t pes- simiste de son correspondent particulier a Paris, dans lequ'el celui-ci insisted sur les difficulties du ravitaillement dans les grades villes et sur le d.eastreux effect du stockage des denrdes. En m6me temps, il brosse un tableau g6n6ral de l'etat dconomique, psychologique et social de la France actuelle avec ses d6placements de valeurs et de fortune. Ce mmee correspondent signal dgalement le process de quatorze anciens ministres de Vichy don't Pierre Baudouin, de Brinon, 1'amiral de Laborde. Sur la que-tion des prisonniers de guerre allemands, ce mrme correspondent fait 6tat de l'inquidtude cause en France par la perspective d'un prochaiu rapatr'ement des prisonniers. II signal A ce sujet que le government fran- cais a envoy nue note au D6partement d'Etat dans laquelle il expose les conditions dans lesquelles pourrait se faire, selon lui, la liberatidn des prisonniers. La deuxieme offensive de reduction des prix fait l'objet d'une course depiche du correspondent particulier du Man- chester Guardian I Paris. La position frangaise a la veille de la Confdrence de Mos cou et la conclusion de P'alliance franco-anglaise, qui ont fait toutes deux 1'objet d'une declaration d& M. Bidau-lt au course d'un Conseil des ministries qui s'est tenu hier, font l'objet d'un court article du corrcspondant particulier a Paris du Daily Telegraph. Une depcche parue dans cc mn6mc journal ainonce que Jr gouvernement britannique a accept de pr6ter A la France de ]a science de bli pour les semailics de printemps. Le rddacteur financier du Manchester Guardian announce la creation d'une nouvelle banque franco-anglaise au capital de un million de livres sterling qui reprendra les activities en Angleterre de la B.N.C.I. < C'est la premiere fois depuis la guerre, ecrit It redacteur, que les interets britanniques et frangais se sont lies pour crecr u'ne nouvelle entreprise. Gettr nouvelle hanque sei'vira principalement i finance ]e conlmelrc dans 1'Empirc francais. , Eliliorial suir hI frainc danis I le "' i s -I. -I'AsC :IIQII:I Lrnseunmil il,' la prlesse soulignu iJ fait quie l'U.R.S.S. s ,nontre desormais plus 'onciliantc sur la question du trus teeship americain des iles du'Pacifique, antdrieurement sous inandat japonais. Le correspondent special du Times A Lake Success se demand si cc changement d'attitude est caus- par l'approche de la Confdrence. de Moscou ou encore par- le dAsir des Russes de ne pas abandonner par contre-coup. Icurs droits sur ],,s Kturiles. mis en causes par lc gouverno- incii :;in rie :iill. DE 26 f6vrier 1947. _ __IIPII----Y---~III- -- -- __ _--- -~r~ ___--_P_ ------~--1 --- 2 .BAULtLETIN QUOTTI)TEN DE PHESSE 0TRANOGRfl 5. CONFERENCE DES SUPPLANTS Le Times, en meme temps qu'il announce la cloture de la Conference des suppl6ants, signal le manque presque total d'accord entire les d616gu6s sur la question de la parlicipa- tion des petites puissances i la r6daction du trait allemnand. 6. RELATIONS COMMERCIALS ANGLO-POLONAISES Seul de toute la press, le Daily Worker public un article de Sam Russell annongant que la Pologne strait prite A faire de grosses livraisons de denrdcs alimentaires i la Grande-Bretagne centre de l'ou'illage industrial. La Pologne pourrait 6galement fournir Inl Grande-Bretagne des peaux, des meubles, du mincrai de zinc, du sucre, de la pulpe de fruits et de la soei artificielle. 7. AL.EMAGNE Le Times et le Manchester Guardian annoncent qie les arrestations de chefs du complot nazi sont pratiqu,:ment terminees. 8. U. R. S. S. Le corrcspondant particulier du News Chronicle i M:nscou announce que seize r6publiques sovidtiques pourront ca or. mais avoir une arin6c particuli6cr et des reprnsentants diplo- matiqucs propres. Cette decision a ete prise hicr par le presidium du Soviet Supreme. Le Manchester Guardian puhl'c le premier article d'uric serie qu'un correspondent patticulicr a tiasacr6d la :;i;ua- tion alimentaire en Russie. 11 signal que cerlaines regions sont menaces par la famine. 9. BULOARIE Le correspondent diplomatique du News Chronicle aniionce la visit A Londres du' ministry de la Defense national bulgare. a) LA SITUATION ECONOMIQUE EN FRANCE (Times, 2e/2): < Le < choc psychologique que voulait donner M. Blum Btait double. M. Blum cherchait A convaincre le Frangais moyen que la devalorisation du franc qui n'avait cess6 de s'amplifier pendant plus de vingt ans, pouvait &tre arrl&te par un acte de l'ex6cutif, et qu'en consequence il n'y avail plus aucun advantage A sticker les marchandises dans I'espoir d'une hausse des prix. Mais I'effel produit par ce genre de choc s'attlnue quand il se r6p6te, et la politique de baisse des prix 6tait vouee A un echec au cas of comme cela s'est produit en fait les prix 6chappant au contr6le con- tinueraient A monter, que les salaires soient ou non aug- men!is. M. Ramadier a ignore cette evolution lorsque, dans son recent discours radiodiffus6, il a declare aux n6gociants qu'ils devaient sc preparer a vendre leurs products A perte. Mais le malaise est plus profound encore. En effect, I'avenir du franc est si incertain que les producteurs refusent de vendre A aucun prix. L'economie de la France est si fermee, ou presque, qu'un arril des changes entire les villes et les campagnes est ur de- sastre pour la prosp6rit6 de la nation. Comme le signaile notre correspondent a Paris, cet arr&t des changes est symptomatique du changeinent fundamental qui se produit dans la soci6tl francaise. La France nouvelle n6e de la Resistance tendait a instaurer un ordre social 6galitaire et collectiviste. Au- cun Frangais n'est pret i oublier qu'on n'a pu pas- ser de 1'etat feodal a une society bourgeoise sans faire une revolution. Ce qu'il y a de remarquable dars la France contemporaine, c'est le d6sir de tous les parties y compris les communists d'6pargner A la France de nouvelles convulsions. C'est grace a ce sen- timent qu'il faut maintenir et accroitre la puissance de la France A l'inltrieur et h 1'6tranger, qu'un appui g6- rral a Wt donn6 au plan Monnet qui vise i une aug- mentation de la production au course des quatre pro- chaines annees. L'6preuve sera maintenant une epreuve de r6alisation. C'est I'esprit don't on a fail preuve dans la lutle contre I'envahisseur qu'on cherche maintenance - el tous les amis de la France doivent esperer qu'on y reussira a imposer contre les menaces de demem- brement 6conomique. - b) L.\ DECLARATION DE M. BEVIN AUX COMMUNES SUR LA PALESTINE. 1. Times (26/2) : < M. Bevin s'est parliculierement occupy de corriger deux erreurs de conception qui sont couranes parmi beaucoup de membres de son propre parti, tradition- neilement engage A soutenir la cause sioniste. M. Bevin s'est donn6 du mal pour prouver que la these juive ne comporte en elle-meme aucune r6ponse aux principles fondamentaux sur lesquels les Arabes appuient leurs revendicalions. 11 a montr6 qu'il tait anticons'itution- nel de renoncer A la politique deflnie par le Livre Blanc de 1939, et sanctionn6e par le Parlement de cette 6poque, sauf dans le cas de n6gociations avec les Ara- bes qui voient li un engagement de la part de l'Angle- terre. La franchise de M. Bevin a eu un effet salutaire e' bien qu'elle d6plaise certainement A beaucoup dc partisans de la cause sioniste, tant a 1'intlrieur du Par- lement qu'A I'ext6rieur, son discours contribuera beau- coup A justifier I'int6grile de la Grande-Bretagne dans le Moyen-Orient. Le Gouvernement britannique sera bien avise d'agir selon les d6sirs formulas hier par de nombreux d6pu- tds qui demandent qu'on cherche par tous le.s moyens possibles A oblenir rapidement une decision de l'O.N.U. C'est uniquement de cette fagon que les autres puis- sances intiressbes pourront porter leur part du lourd fardeau de responsabilit6 que l'Angleterre a dfi trop longtemps supporter seule; c'est par ce moyen seul, ega- lement, qu'on parvicndra i ramener en Terre Sainte ii paix que desirent tous les hommes de bonne volonte. 2. Daily Herald (26/2, travaillisle) : <, Pourquoi les Juifs demanderaient-ils a etre repre- senlts A l'O.N.U. en tant que Juifs ? Ou, pour citer les paroles de M. Bevin : << Faisons-nous parties des Nations Unies en tant que coiumunaute religieuse, ou en tait que pcuplc delimil6 gSographiquement, ou pour touted autre raison ? > Si la croyance religieu.se devait devenir la base de la i'epr6sentation i 1'O.N.U., alors la Charte des Nations Unies, dans sa forme actuelle, pourrait etre dechirec. Nous devrions essayer de former un nouveau congress international dans lequel les besoins et les intfrCts des peuples ne seraient plus la consideration essentielle. mais oi les catholliqucs el les protestants, les Juifs el les Musulmans, les Hindous et lies athies, lutteraieni pour obtenir le pouvoir. Avec quelle rapidity et dans quelle inesure r6aliserions-nous des progres, sur une lelle base, pour r6soudre les probl6mes internationaux ? I1 vaut mieux ne pas y penser. La Charte de 1'O.N.U. pr6voit la garantie des liberties religieuses dans tous les pays. Elle ne retrace pas et elle ne pourrait pas retracer (a moins qu'elle ne vise a un retour h l'Age m6di6val au lieu d'aller de 1'avant) une carte du monde oil les frontieres seraient flx6es, non pas en function des considerations politiques et 6conomiques, mais des croyances religieuses. L'un des bienfaits de la civilisation a 6t6 d'assurer la tolerance et la cooperation entire les individus don't les religions sont diff6rentes ou opposes. Ne retour- BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE nons pas en arri6re comme l'Agence juive cherche A le faire par son attitude en Palestine. *. :1. Daily Telegraph (26/2, conservateur) < Que le cas de la Palestine soil 6voqu6 devant I'As- scmblee ou, comme on peut l'esp6rer, qu'il fasse l'objet d'un examen prealable devant le Conseil de SkcuritB, le gouvernement britannique devra faire connaitre la solution qu'il estime raisonnable d'adopter. Apparem- ment, cette solution 6ventuelle figure dans le dernier plan pr6sentl h la conference palestinienne. Na:urellement, comme 1'a dit M. Bevin, un tel plan est rationnel et pourrait probablement 6tre applique avcc succes dans n'importe quel pays, sauf en Pales- tine. Mais sera-t-il viable dans ce pays ? Ou bien une solution quelconque, approuv6e ou non par les Nations Unies, ne devra-t-elle pas iire impose par cette force nmee que AI. Bevin r6pugne si justement a employer ? S'ii en est ainsi, quelle sera ce:te force ? Nous n'avons nullement le d6sir de critiquer un mi- nistre qui a essay avec tant de s.inc6rit6 de mener A bicn la tAche tonjours ingrate de Irouver une solution amiable. Cependant, ii est bien dommage qu'il ait attend et qu'il a:tende encore si longtemps avant de faire appel aux Nations Unies; il est 6galement re- grettable qu'ill Ccarte la solution du partage pour des raisons qui .n'ont rien A voir avec ses convictions per- sonnelles. > 4. Daily Worker (26/2, communinste) : i < Le ministry des Affaires 6trangbres a ilnsist6 lon- guement, hier, sur la complexii6 du problem palesti- nien et sur la difficult qu'il y avait a concilier les aspirations juives et arabes. Des discours semblables ont d6jA 616 prononces des milliers de fois par des po- ]iiticiens britanniques, mais dans le discours d'hier on notait une tendance marque i blimer les Juifs en particulier les Juifs d'Amcrique et it insinucr qu'ils faisaienl preuve d'obstination et de mechancet6. I1 semble maintenant que le Foreign Office, apris s'Mtre servi des Juifs centre les; Arabes, essaie ensuite de se servir des Arabes centre les Juifs. II faudrait Mtre insens6 pour nier que la situation pa- lestinienne est difficile et complex. Mais un riglement fixant le regime d' l'E'at doit itre trouv6 et sera trouv6 parce quo le d6sir fundamental des masses jui-ves et arabes est de vivre dans la paix et I'amiti6. > II. PRESS AMERICAINE Retmr de la press, amirfcrai'n dIu 2 f]rrier 1947 1. POLITIQ"-E iTrPANGERE AMERICAINE La press americaine se .preoccupe chaque jour davantage de la responsabilite mondiale qui income, aux U. S. A., sur- tout depuis la fin de la guerre. Les articles et les 6ditoriaux relivent la situation extirieure des pays comme par example la crise en Angleterre, les conditions 6conomiques en Allemagne et au Japon. ainsi que dans les pays liberes- qui ont pour effet d'accroitre les demands d'aide adressies' aux U.S.A., la seule grande puissance du monde qu'ils estiment capable de fournir cette aide. De nombreux arti- cles de Washington indiquent par centre la tendance conser- vatrice du nouveau Congris et les difficulties auxquelles se heurte le gouvernement amiricain dans les efforts qu'il fait pour coniribuer au rcdressement economique mondial. C'est ainsi que. Lippmann. dans son article d'aujourd'hui, qui trait du discourse fait par le general Marshall a Prince- ton, declare : e Nous devons rceconnaitre un fait capital : nos plans pour la reconstruction d'aprbs-guerre et nos esti- mations ont 6td trop optimistes, ils 6taient calcuilds sur une surestimation des pouvoics de rdcuperation de nos allies et une sous-estimation de l'importance des ravages cauesds par la guerre. Nous avons eu aussi bcaucoup ile malchance. Ce qui fut toujours une ope- ration comportant une tres faible chance de success devint quelquc chose qui approche des dimensions d'une catastrophe. > Lippmann conclut : La rcsponsabilit6 des U. S. A. va grandissant plus rapidement que nous tons ne 'avions suppose quand la guerre se terminal. I1 n'y a .pas moyen d'&chappel: i cette responsabilitd. Le New York Times reproduit un long article de Campell, rddacteur financier de Reuler, faisant une mise au point de la situation dconomique anglaise telle qu'elle rdsulte des politiques financiures eLt conomiques internationales. Reprenant l'appel que Mac Arthur lance au Congres pour obtcnir les credits ndcessaires a I'achat de nourriture pour le Japon, I'&'torial du .VN' York Times cstime que cet appel vaut aussi hien pour I'Allemagne que pour le Japon et qu'll est necessaire que ces deux pays cx-ennemis regoivent ufle aide americaine si curicuse que puisse paraitre une telle situation un an et demi apris la fin des hostilities. La raison en est, dit le g,6nral, que nous avons continue le blocus... mCme apres la capitulation -et que nous avons place ainsi un handicap sur les changes commerciaux et financiers du Japon avec le rcste du monde, cce qui constitute' un etrangle- mcnt 6conomique de cc pays. Ce que dit 1'Fditorialiste au sujet du J'apon s'applique, selon lui, avec encore plus de force a 1'Alkmna.nec et mime anux pays liberes comme 1'Au- triche et la Corte oif les politiques allies ont produit le nemc, effect. 2. Tl'AIrBS DE PAIX AVEC LES ETATS SATELLITES DE L'ALLEMAGNE Selon le New York Herald Tribune, M. Byrnes, r6pondant ;a la demand du gIenral Marshall et de M. Vandenberg, a accep'd d'expliqucr et de c'dfcndre devant le Senat les traits de paix avcc ;a Hongric, la Roumanic, I'Italie et la Bulgarie signs par les U.S.A.. Ces traits doivent 6tre ratifies par le Senat. 3. FIN DES TRAVAUX DES SUPPLANTS Celle-ci est annoncee dans les dipiches de Londres qui soulignent g6ndralement les a maigres resultats obtenus. Kuh, correspondent du P.M. et Chicago Sun, ecrit que les controversies qu'ont suscities ces travaux sont symptomatilues de la treve arm6e dans la- quelle nous vivons actuellement. L'inquidtude des peuples et le fatalisme concernant les perspectives d'une troisieme guerre mondiale ont et6 rffletes par le d6saccord des supplants et par les manoeuvres auxquclles ils s o sont livres pour s'assurer de meil- icures positions. > 4. ALLEMAGNE La condemnation de Von Papen est rapportee dans toute la press. Le Philadelp!:.a Inquirer s'cn r6jouit et cxprime I'espoir que Schacht connaisse le m&me sort. Une ddpiche de Berlin au New York Times resume dans ses grandes lines le rapport a quatre do la Commission de contrble alli6e a Berlin sur la situation 6conomique de l'Allemagne. Elle declare que, si la Commission ne parvient pas h prindre des decisions satisfaisantes concernant 1'dco- nomie allemande : 4 BULLETIN QUOTIDIAN DE PRESS ATRANGARE < Ce n'est pas tant en raison des divergence rela- tives A la politique g6enrale arretee & Potsdam que par suite du disaccord sur la fagon d'applique cette politique. La depeche signal les accusations mutuclles des pi issan- ces occupants. Elle declare notamment que la France et la Russie estiment que les measures prises contre les cartels dans la zone anglo-amnricaine sont insuffisantes. Les Frangais, dit-elle, annonceront bientl't les measures qu'ils prendront, dans leur zone, conte- les cartels. Ils deolarent que cells prises par les Amiri- cains sont a pine plus efficaces que celles prises par les Britanniques.s 5. PATRnOLE Selon une depeche de Vienne au New York Tiimes, les Soviets ont remis, hier, aux Compagnies Socony et Shell, cinq millions de shl'llings qu'ils leur devaient pour lec pArole saisi par eux et provenant des puits appartenant i ces com- pagnies en Autriche. Ce versement est intcrpedtd dans la d6p&che comme une indication que les Soviets rcconnaisseint les droits de propri6te de ces companies en Autriche. 6. -- Contrl Les declarations du general Hodge, commandant des i,'rces amirica'nes d'occupation en Corae, annonqant que les Russcs precedent actuellement A la creation d'une armie de 500.000 Coriens sont largement rapportles dans la press. Cerlains journaux come le Times Herald les annoncent par un litre pregnant touted la larger de la premiere page. Aucun iditorial ne leur est encore consacre. 7. QUESTIONS FRANCAISES Kuh chble' de Londres que le gouvernement britannique '. vient de r'emettre au gouvernement frangais un project revise 'de trait d'alliance d'une durie minimum de cinquante ans. II declare que la Grande-Bretagne el la France ttaient en desaccord sur la clause pr6voyant line action militaire c)m- mune centre l'Allemagne. La Grande-Bretagne, dit-il. voulait que celte inter- vention ait lieu seulement en cas d'agrnssion, la France en cas de menace d'agression. Finalcmcnl, lc. deux pays se sont mis d'accord pour que cctte inter-p vention ait lieu en eas de reprise par I'.\llemagne d'unt politique d'agression. > Selon une d6epche de Paris reproduite dans le Washington Post, la France vient de demander aux U. S.A. que les pri- sonniers de guerre allemands qu'elle detient no soient pas libres avant 1948. La d6ptche souligne que touted libera ion prdalable se traduirait par une reduction de 25 % dan:; la production du carbon frangais, et par le ralentissement du programme de redressement 6conomiqudede la France 8. PALESTINE AFnIQUE DU Noon Des dep&chles de Jrusalem dtclarent que c'est par in, elr- tance que les autoritis britanniques en Palestine o;t :laIss. passer Kawukji i l'aeroport de Lydda sans I'arrteri. Une Cdipeche du Caire au New York Times annonc que ts nationalists arabes de l'Afrique du Nord, qui vie:nnent de tenir une conference dans cette ville, deciderent de demandter a un des Etats arabes de porter devant I'O. N. U. la question de l'independance de 1'Afrique du Nord franchise et espa- gnole. Elle declare par ailleurs que les dleigues arabes )nt decide d'unifier leurs programmes et leurs efforts P'inte- rieur et l1'extCrieur de i'Afrique du Nord I) LE PROBLEM DE L'ENERGIE ATOMIQUE (New Yolk te- raid TribarAe, 26/2, dit. europeenne) : <, Si nous sommes guides par l'experience et par l. logique inexorable des armes de guerre, nous ferons une nette distinction entire la proposition qui consist A mettre hors la loi 1'utillsation des armes atomiques et celle qui consist a meltre hors la loi leur posses sion.,Pour nous-memes, et pour toutes les nations donna la security peut en derniere analyse d6pendre de nols. le fail que nous possedions des armes atomiques est une garantie qu.e ces arines ne seronl pas empl;oyipcs cnntre nous. L'ensemble du system de contr6le international, qui cst si desirable pour le d6veloppement de l'utilisation paciflque de l'6nergie atomique, n'est pas un systnen de security. Et d'aprbs noire point de vue et celui de nos amis, la possession des armes alomiques esit I'e'- ment d6finitif de la s6curite. Du point de vue de 1'Union Sovi6tique, on ne peui nier que tant qu'elae ne possCdera pas 6galement des armes atomiques, elle n'aura pas la meme s6curite. Elle depend de notre bonne foi dans ce domain particu- lier de la puissance militaire. C'esl sans aucun double !I raison pour laquelle le gouvernement sovi6tique e's si desireux de voir so rcaliser inimmdiatemIcnl lc dc-sar- mement atomique. Je ne les blAme pas pour essayer de 1'obtenir. Mais je pense que nous pouvons refuser en toute conscience. Car tandis que notre possession des armes atomiques constitute uh grand advantage militaire, les Soviels no sni nullement sans defense et a notre merci. > (WALTER LIPPM\NN.) b) L'O.N.U. N'A PAS A INTERVENIR I)DANS LA POLITIQUEI' INTLRIEUIE DES NATIONS (New Yor'l Herald Tri- hrnie, 26/2, i6lit. eorlopic nne) : < Conforimenmn it la strategies actuelle de Moscou. !es representanis de I'Union Sovietiique et de ses satel- lites essaient sans cesse de convaincre l'opinion publi- que, dans les democraties, que tout comimunisle rher- chant a ren 'erscr par la violence un gouvcriiemen d- rocratiquc l1.galcmont elu, ost en rialite un dCfenseur des droits ct des libertis < democratiques >. Cependant, on sail que dans tons les Etats balkaniques, I'cexcep- tion de la Grbee, Irs gouvernements communists qui leur sont imposes ne tiennent ancun compete des droits et des liberals deinocratiques des majoritis. Les tltc cqui lombent dans ces inalheureux pays sont cclles des lfminocrates qui essaieni de dbfendre a Jeurs drnits el I',.irs libertis > ,contre la dictature communisle. C'est le gouvernement sovitique qui a repousse ia requkte deo Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. qui riclamadent un contr6le international des election, dans les pays de l'Europe orientale A qui l'on avai promise des elections libres grice auxquelles, d'apr.s' les clauses de I'accord de Yalta, ils pourraieni avoir ides gouvernements reprtsentatifs. Cette reqiuile a i e rejette sou-, prltexie cqu'un ltI conlrole constlituerail une ingbrence danosles affairs int6rieures de cos pays. Cependant, dans le cas.de la (iGccre. )e iIuvierl'cnim i sovietique demand ou'une Commission d'enqutt des Nations Unies receive carte blanche prur intervenir dans des questions de politique int6ricure qui, en toute l6gitimitM, ne peuven_ Eire tranch6e: que par leI auto,- rites constitutes. Le premier chapitre de la Charte des Nations Unie1 refuse A cette organisation le droit < d'intervenir dans des questions qui relevant essentiiiement de ia uridli, lion int'rieure de chaque Etat! ). Si des Commissionr: d'enquote niommnrie' Optt !e C:.,I- seil de S&curit& devaient se voir acc.rwder n nn') dt-s Nations Unies, lc driiil d'intervenir dans les ifl'Taics' int-rieures des pays dans lesquels elles ont eti en- BULLETIN QUOTIDIE.N DE PRESS iTRANGARE - voybces, Ie Conseil tie Skc Orilt deviendrail rapidcinent tn moyen de fire naitre, plulit que de rc'gler, les can- Iroverses internationales. La resolution clue le Conseil de S6curiti a adoptee par neut voix contre deux dolt avoir un advantage durable. Le pri'6cdent itabli est salutaire. It implique que, con- formi6ment a l'interdiction catCgorique continue dans le chapitre premier de la Charte, les Nations Unies ne vont pas commencer A se miler des affaires intirieures d'aucun Etat souverain. Etant donn6 ce priecdent, il semble que les droits 1egitimes des petites puissances membres des Nations Unies seront respectSs et sauve- gardis Ih 'avenir. > (SUMNER WELLES.) c) LA GRANDE-BRETAGNE ET I.'LNDE. 1. New York Times (24/2) : << Chaque jour qui passe maintenant devrait rappro- cher les chefs politiques de l'Inde .d'un compromise quelconque. II n'est pas interdit de penser que les Mu- sulnans pourraient bien modifier eux-nicmes 1'attitude r6calcilrante de leur chef, M. Jinnah. On commence a se rendre compete que certain d'entre cux essaient tie le fair ; il est i'i.dent que la position des Musulnans, qui est encore politiquement avantageuse, pourrait fort bien devenir intenable d'ici un an. M. Nehru po:irrail se montrer suffisamment habile pour multipier ses offres de collaboration avec les Musulmans. II est evident que l'Inde ne pourra fortifier son ind6pendance en partant d'une impasse. Un pays ind6pendant, mais qui ne possde pas la possibilil de contr6ler son independance el qui n'a pas assez de puissance pour la conserve, court i la entastrophe. >> 2. WV'shinglon Pos! (24/2) : << La Grande-Bretagne a tit~ aux prises avec des tlif- licultes enormes pour accorder L 1'Inde une liberal que les dirigeants indiens, nialgr6 toutes leurs proteslalions, n'tlaient pas pr0es A accepler en dernier ressorl. Ce r6le Mlait difficile et le gouvernement Iravaillisle sera heureux de, ne plus le joner. > 3. Louisville C(ourier Journal (24/2) : < Les repercussions de la decision britannique sonit Irop' importanles pour qu'on puisse les mesurer continue, exprimbe et couronn6e par un symbol ap- proprik, alors qu'elle n'est pas encore terminal. I.ai plupart du temps, les hommes laissent aux historians le droit de resoudre cette difficult. Mais cettc decision de remettre l'Inde et son gouvernement it son people: avant juin 1948, repr6sente un geste d'un caract re dra- matique et dcfinitif. C'est conmme un geste qui consist ai rapper une magnifique m6daille qui comnm6more I'indtpendance te la moilie du monde (car de la li- bertl de 1'Inde naitra la liberty de l'Asie tout entiree. III. -- PRESS SOVIETIQUII ' Revue de In press sovdlique, di 25 ft ;r-ir 1947 Tous les journaux paraissent anjourd'hui autf la Praida don't ils reproduisent d'ailleurs la plupart d-&, inifrmatioirts qu'elle avait donn&es hier. L'espace principal (r nc'.-Ip" p):r le compt'e rendu des nmanifestations crgn.iisi es it l'ltviiiangir n I l'honleUre du 29" anniversairc de P Iarm e s)ovic ticqu. I'lusii eurs journaux donnent c.galement un b1cfl compete rendiu de i'inau- guration h Bordeaux de la place Stalingrad. U'n place imlnpolan'lce tsl rslserveei h I'opposilion do gauche, in (irandc-Brelagne : les declarations de Palindutt h propose diu discours du premier ministry Atllee siur les Indes el du discours de Zilliacus it Glasgow. L7ne place i peu pros gale revient aux informations rela- tives aux survivances du faseisme: indulgence pour les hi l't- riens en 'tlt-rTche, ct, sous de grands tires, d6couvcrte. dans les zonns anglo-a miricaines d'une organisation fascist clni- destine. Enfin, les journaux manifeitcnt de l'inli6rLt pour la poli- tique amiricaine en Extreme-Orient. Tous reproduisent une d6pi tihe de I'agence 'Iss de Shanghai signalant que l'6vacua- lion des troupes iamnricaines de Chine serait arrttie. Trud done une note information de Mourov stir le con.rgris des comitis populaires du notr de la Cor&e, relevant lei fausses nouvelles lauedes par Uniled Press an sujet de 1'intcrvention d'officiers sovi6tiques. IV. PRESS SUISSE L'KiVACUATrlON E L'[NDI)E. 1. .ournal det Genve, 26/2 : incalculables. L'abandon de l'Inde marquera formelle- iient la fin de l'empire britannlque, lnais non pas ne- cessairement celle du ( Commmonweallh. Les liens crees par une longue accoutumance aux nuieurs britanniques et par la pratique ne seront pas rompus par l'indepen- dance politique. Un honime conime Nehru sait, en dtpit ti tout un pass de luttes ct d'opposition, cc que son pays doit li la Grande-Bretagne. C'est pourquoi nous pensions que si lord Mountbatten reussit i operer le de- lacheinent de l'Inde en gardani F'amiliL, l'Angleterre aura saurve essentiall. 11 ft'en demure pas moins que la defense de la role des Indes ne sera plus la regle d'or tie la poliiique du Foreign Office. Dis lors, les positions anglaises en Pa- lestine et en Eeypte n'auront plus la ineime raison d'lire. Une Inde revenue independante ct souveraine, a con- dition d'itre pacifique, en supprimant la cause princi- pal e t la rivalit6 anglo-russe dans le Moyen Orient el en Asie, pourrait peut-etre contribucr grandement iI consolider la paix mondiale. Mais cc ne sont Ia que des possibilities : elles- ne doivenl pas fair oubHer la dra- inatiqlue rkalile qui esl Ia cause de celle Cvolultion ine- vitable : l'affaiblissemcnt materiel el politique de I'An- gleterre i' In suite de l'eflort de guerre surhumain ac- compli par le vaillant people britannique. Enfin, 1'evo- Intion socialisle. en faisant disparaitre la classes qui. par son espril d'entreprise, avail tirr toutes les riches- ses des pays d'oulre-mer, a fortement contribute i ren- dre inuluclable cc que M. Churchill, don't on concept l'amertumc, a apple la << liquidation de I'Empire bri- lan nique >>. (S. S ,L rii C,-MiiUi-i.) 2. Br sler N\ clhrichten (25/2, lilitii (lu .1 fir) : II est indisculable qu'en voulant respecter la parole donnee, la Grande-Bretagne joue avec le feu. AM. Attlee escompte que, sous la pression de la nouvelle politique indienne de son pays, les Musulrmans se r6soidront i collaborer avec le parti du Congres de Nehru en vue d'elaborer une Constitution unique pour 'Inde; mais que se passera-t-il si ce alcul so trouve faux ? Que se pnssern-t-il si Jinnah denimure fidle it l'idce dc i lii.ial .'llas ct au Pakistan ? Alrs l'inimense cinpire dtie (10I millions d'habilants sondlri'ea lans le chaos d'ilne ler- rible et sanglante guerre civil avant tu'il s)il bien longtemps. Et il est certain que les Musulmans, se sou- 6 'BULLETIN QUOTIDIEN' DE PRESSE ATRANGIARE venant de leurs victoires passes et de la puissance in- conteslCe qu'ils possedaient dans l'ensemble de I'Inde jusqu'f I'etablissement de la domination britannique, se pricipiteront sur les Hindous avec l'ardeur guerriere des armies de Briber, d'Akhar, dc D)jehangir et d'Au- reng-Zeb, pour ne citer que les principaux Moguils. <<,Si la guerre civil Mclate, disait rccmment le se- cretaire de Jinnah. je uti.s persuade non seulenient que nous obtiendrons le Pakistan, mais encore que nous nous emparerons de l'Inde lout entire. > Ces menaces doivent 6tre prises au sericux, car il est evident Ilue les Musulmans fanatiques, actifs, solidement organisms et bicn arms, n'attendront pas que Nehru et l'lnde du Congress aient transform en un instrument de combat la masse souvent indolente,. el en tous cas h6i'rogene, td leurs partisans. Ainsi, le danger d'une guerre civil plane aujourd'hui sur l'Inde, plus redoutable que jamais; et on ne doit nullement considered come invraisemblable la pro- clamation du Jehad ou guerre sainte, d'autant plus que d'autres minoritls ne sont pas non plus disposees a accepter la dietLature du Congrbs {(c'esl-A-dire de son maitre absolu le Pandit Nehru) a laquelle on doit s'at- lendrc apres le retrasit des forces britanniques. Sans examiner aujourd'hui cell question de plus pre's, nous altirerons I'attcntion sur une nouvelle de 1'agence Reu- ter, tlui nous informed du mecontentement c.,us6 au niouvement Mahasabha par la decision de Londres. Cetle information r6pond sans aucun doute A la v6rite, car, dls le mois de dcembre 1942 apres 1'Ichec de la mission Cripps le inouvement en question, qui troupe louns s l61ments conservateurs de l'Inde, a pris contact ia Cawnpour avec Jinnah et lui a promise son appui contre Ie Pandit Nehru < indifferent alt point de vue religieux >. A c6i( du Mahasabha, certain hlmenis minoritaires et lust nol least sinon tons les prin- ces, du moins un grand nombre d'entre eux, front tout, bien entendu, pour barrer la route A l'hgi~monie me- nacante du Congre.s. Peul-(^tre griice i une politique conlnmune avec Jinnah. > ANNEXE LES RELATIONS FRANCO-BRITANNIQUES (nnalyse d'un article de Taiguine, paru dans Novoe I'remiu, 21/2) 1. LiES RELATIONS ANGLO-FRANCAISES ENTUIE LES DEUX GUERRES L';ileur distiniue trois p6i)odes. A) 1919-1924. a La France croit possible de domi- ncr Ie continent europeen et i l'aide de son systeime dalliances continentales de dieter sa volont6 l'Alle- magne vaincue. > L'Angleterre, en vertu de sa politique d'6quilibre, soutient done l'Allemagne. Mais la France n'6tait pas de taille. L'affaire de la Ruhr le demontre. L'acceptation du plan Dawes marque une abdication de la part de la France. B) 1924-1934, N3rmalisation des relations et 6galite d'influence entire Londres et Paris. Mais -la France est encore < assez forte pour mener une politique plus ou moins independante. C'est ainsi qu'elle se refuse i suivre la Grande-Bretagne dans la ( croisade > contre I'Union Sovi6tiquc el que cette resistance entraine celle du reste du continent. C) 1934-1939. La France se transform en ( se- cond > de la Grande-Bretagne, affaiblie comme elle 1'est par la politique des 200 families. En deux decades, la France des 200 families est passee de puissance domi- nante en Europe au rd'le d'instrument docile de la poli- tique britannique. Tel a 06t le prix de la politique r6ac-, tionnaire et aveugle de la Troisieme R6publique. 2. LES RELATIONS ANGLO-FRANCAISES PENDANT LA GUERRE A) La << drdle de guerre >. Ce sont les Francais qui forment la masse principal sur le front. Uls ont beau s'indigner, il leur faut accepter leur d6pendance croissante a 1'6gard de Londres, car il n'y a pas d'autre issue. Finalement, A la veille de l'effondrement, les 200 families repoussent la proposition d'union de Churchill, I'id6e d'une alliance avec Hitler leur souriant davan- lage. B) L'dpoque e de la France Libre. En depit de la < rudesse > des contacts personnel entire de Gaulle et Churchill, celui-ci va soutenir la France-Libre. Dans la complexity des rapports anglo-francais, un facleur nouveau vient de faire son apparition : la concurrence entire Londres et Washington pour exercer une influence sur la France. La lutte Giraud-De Gaulle en constitute l'6pisode esscntiel. Finalement, c'est Londres qui l'em- porte. C) Depuis Alger. Prolongation de la concurrence en d6pit de la disproportion des moyens entire les concurrents. Importance du problime. des credits. 3. LES RELATIONS ANGLO-FRANCAISES DEPUIS LA GUERRIE A) Le gouvernenent travailliste pursuit, lA aussi, la politique de ses prdilcesscurs : < Sc servir de In France >. B) L'exemple du problmne allemand. a) Envahie Irois fois en 75 ans, la France est parti- culibrement intress6e et cela se comprend a sa security future. Le programme de s6curit6 franchise prevoil : la dimilitarisation et la denazification; la li- quidation du potential de guerre allemand et des r6pa- rations effective; le d6tachement de Ia rive gauche du Rhin, place si possible sous le contrble francais; la Sarre francaise; la Ruhr separ6e du reste de l'Allema- gne. Tous les parties francais sont d'accord sur ces der- niers points. b) L'Angleterre ne veut pas de d6militarisation et de denazification v6ritables; dlle ne veut pas de d6sarme- nmnt economique effectif; clle ne veut ni le d6tache- ment de la rive gauche du Rhin ni un veritable con- Ir6le international sur la Ruhr (c'est-A-dire avec parti- cipation sovi'ti'que). Elle n'accepte que de mauvais gr6 la cession de la Sarre a la France. Pourquoi cela ? C'est notanmment parce que la France, d6livree de sa crainte de la menace allemande, pourrait devenir trop inde- pendante dans les questions internationales. 11 est done pr6f6rable de s la priver de garanties r6elles > pour qu'elle soit plus maniable. Tant que la France a pose comme condition A une alliance avec l'Angleterre la reconnaissance de ses revendications A l'6gard de l'Al- 'e::.gne, les plans de M. Bevin n'ont eu aucun succs. 4. LE PROJECT DE PACTE ANGLO-FRANCAIS A) Le voyage dle M. Blum. -- A la veille de sa demis- sion, M. Blum se mitd'accord avec M. Bevin sur l'eu- vertiure immediate de n6gociations pour un pacte qui. d'apres la press, devait etre sign avant la 'Conference de Moscou. BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS fTRAtNGRE B. Quilles sonf les intentions dc l'Angleterre ? I) En general, transformer la France en < second dans tne combinaison franco-anglaise. Le gouvernc- ment travailliste ne veut pas que la France regoive des garanties effective et lui propose des < garanties er- satz > sous former d'une promesse d'aide militaire. Un tel pacte ne peut tqu'aggraver la d6pendance de Paris par rapport : Londres. b) But imm6diat : avoir en mars, a la Conf6rence ,Ie Moscou, un allied docile, ce qui explique pourquoi Spresse britannique announce A grand fracas la con- clusion du pacte avant la Conference. c) But eloign6 : faire du pace franco-anglais la pre- minhre pierre du bloc occidental et peut-etre un embryon des Etats-Unis d'Europe. C) Le Bloc occidental. a) L'Anglelerre est le maillon faible des 3 Grands. C'est pourquoi, du point de vue britannique, le 'bloc occidental jouit d'un double advantage : il est anti- sovi6tique, il est anti-ambricain. b) Le bloc occidental est antisovieti'aue. La press sovi6tique a tellement analyst cet aspect qu'il est inu- iile d'y revenir. Le fait important, c'esl qu'on envisage d'y inclure I'Allemagne occidental. c) Le bloc occidental est antiam6ricain. Cc trait a beaucoup moins 6te mis en lumiere. Il comporte un aspect 6conomique:qui peut a peu pr6s se resumer ainsi : dans leur lutte pour les positions mondiales, les mi- lieux dirigeants brilanniques voudraient obtenir un mo- nopole commercial dans les territoires du bloc ocoiden- tal. 1 comprend aussi un element politique : tous les candidates au bloc occidental sont des puissances coTo- niales que menace Ia penetralion am6ricainc. Dans un tel bloc, ils d6fendraicnt en common lcurs empires dans la lutte centre un danger don't les sympt6mes sont me- nacants. d) Difference entire l'aspect anti-sovi6tique et l'aspect anti-am6ricain : !e premier est agressif, le second est d6fensif. e) Quelles sont les intentions de la France ? Chacun des parts francais a son point de vue qui differe de celui des autres. Le point de vuc communist : Texte integral de la declaration du bureau politique en date du 7 fivrier. Le point de vue du M. R. P. : Jusqu'A ce jour, ce parti Rtait d'avis que l'alliance anglo-frangaise est im- possible si la s6curit6 de la France n'est pas assure comme il se dolt, mais ces derniers temps des h6sita- tions se sont manifestoes. Le point de vue des socialists : Ils sont pr6ts a faire plaisir A l'Angleterre et a n'insisTer sur aucune condi- tion pr6alable. .>. CONCLUSION La France se trouve incontestablement place devant une serieuse epreuve politique. Son issue permettra de juger dans quelle measure ce pays a assimil les dures lemons d*un passe recent et dans quelle measure ii est d6cid6e d6fendre son independence politique centre les tentatives faites pour P'attacher au char de I'imp6- rialismc britannique. S. P. I. Imp, 27, rue Nicolo, "aris 31.3009 |
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