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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00044
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SERVICES FRAN(AIS O
D'INFORMATION A D
(MINISTfRE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTERS)

Direction de la Documentation
14-16, ru'e Lord-Byron, Paris (8).






BULLETIN




DE PRESS



24 f6vrier 1947.


MENTATION FRANCAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES


SERVICE INFORMATION


QUOTIDIET




STRANGE


Nouvelle S6rie No 602


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la pressed britannique du 23 fdvrier 1947
La persistence de la crise charbonnibre et la puLlication
par le Gouvenenment du White Papier sur la situation dco-
noinique de la Grande-Bretagnc continent a se partager
)a vedette dans la press dominicale. Par ailleurs, les prin-
cipaux conmmentaires des journaux sont consacres h la po-
litique anglaise aux Indes. a I'Allemagne et a la grbve des
journaux franqais.

1. LA CRUISE CHARBONNInIE
Tous les journaux publient en grosse manchette Fan-
nonce des prochaines restrictions qui vont probablement in-
tervenir a la suit e dc la recrudescence du blizzard dans la
consommation du gaz et qui oat it.e evoqunes hier par le re-
*pr6sentant du Ministry of Fuel Power, Sir Guy Nott Bower.
Ces restrictions, qui (ilbu;irot par une reduction de 10 %
du carbon alloue a touts les usines h gaz, pourront ,tre
ttenducs ensuite. a ieclard le porte-parole du Ministrc. aux
consommations domestiquss. si le mauvais temps occa-
sionne une diminution plus grande des stocks. Par ailleurs,
divers journaux annoncent egalemnent que le Gouvernement
s'attache, dis mainthnani. 't preparer son plan g6ndral de
rationnenicnt pour la consinmmation des divers combusti-
bles : carbon ou coke, petrolt et paraffine.
De nombreux articles enfiii sont consacr6s a 1'dtude des
pertes qu'a deja fail subir i l'industrie la dislocation g6ne-
ralc des transport:, charbonniirs et qui se ehiffrent, scion le
Sunday Times, i- 20 millions de livres par semaine.

2. -- LES 'PEISPECTIVES ICO\NOMIQUES DE LA GRANDE-BRETAGNE
La publication par le (ouvernement du WihVite Paper ex-
posent les imperatifs de I'industrie et de 1'agricjlture au
course des prochains miois done lieu, d'une part, a un cer-
lain nombre d'Cditoriaux qni ajoutent peu au contenu du
document en question et, d'autre part, a plusieurs articles
consacres an problem de la main-d'ceuvre dtrangbrc. A cc
sujct, le Reynolds News (travailliste) announce que les re-
pr6sentants des mincurs restcnt fortement opposes a l'im-
portation de main-d'oeuvre etrang6re ct continent a preco-
niser I'application des measures susceptibles d'amdliorer la
condition du mineur come dtant le seul fondement d'une
authentique politique charbonni&re. Toujours d'aprbs ce
journal, M. Attlee a invite ie Comite des .mineurs A exposer
ses vues au Comite charbonnier .qui se runit chaque jour
pour etudier les d&veloppcments de la crise. On s'attend
aussi A ce que le Ministre du Travail rencontre, an course des


prochains jours les repr&sentants des mineurs afin de dis-
cuter avec eux des plans d'importation de main-d'oeuvre.
Par ailleurs, l'Ob-server indique quc le Gouvernement, en
vue dc s'assurer la collaboration aussi 6troite quc possible
des milicux ouvrikrs h l'cxxcu:ion du plan, a l'intcntion de'
tenIr une sdrie de reunions avoc les repr&.sentanls des em-
ployds ci des syndicate, Ic National Joined Advisery Coun-
eil, The Federation of British Industry et, ce qui est le plus
important encore, les representan:s des industries privees.
Le meme journal ajoute que, au stade, actual, l'accueil gd-
neral n'est gure favorable. Les industriels souligncnt en ef-
let que le Gouvcrnement a h la fois sous-estime les diffi-
cult6s du problem ct failli i sa tache de direction, notam-
ment en s'abstenant de definir une politiquc precise eu ma-
Lire de salalre et d hcures de travail.

3. -- LA POLITIQUE BRITANNIQUE AUX INDES
L'Observer fait 6tat des declarations faites par le pandii
NLhrn. vicc-prd-idcnt du Gouverncment intirimaire indien
et par lesquelles ce!ui-ci a defini la decision du Gouverne-

nient britannique de quieter les Indes dans un dilai de 15
Inois combine e simple et couragcuse ,. Le correspondent de
1'Observer ajoute que cette decision qui, pour la premiere
fois, faite preuve d'un certain dynamisme, a pris los parties
politiques indiens par surprise en les forganit devoilcr leur
pinsie et en les privant du bouc cmissaire con-amodt qup
constitulait, au course rie olurs disputes, le Gouvernement bri-
tainiquc.
l'ar aillcurs, le Sund a Times et le Reynoids Neiws con-
sac.ceni quelques commentaires aux conditions dans lesquel-
les a Ate dicidd le rappel de Lord Wavell. A en croire le
SundaU 'Times, I'opinion gundrale est que Lord Wavell a
subi une asscz forte. pressioii du cBtd gouvernemental en
raison de ses vues divergenles sur la politique goenrale. Au
contraire. le Reyna.lds Neis affirine que Lord Wavell a
etd rappeli h sa propre requite, requete qu'il avail ddji
formulae ii y a un certain temps. Toutefois, ce journal no
cache pas, lui non plus, les graves divergences qui s'dtaient
dijh elevdcs centre 1'ex-vicc-roi et Sir Stafford Cripps e;
don't le motif principal semble avoir 6dte 'attitude i observer
envers la Liaue musulmane. Ii ajoute quo le Cabinet indien
esi oblige par la Constitution h ddmissionner en mgme
templs quce e vice-roi et que l'amiral Mountbatten sera, par
consqurent, en position d'exclure la Ligue musulmane si
lie d(evait continued h refuser h cooperer h i'ilaboration de
la: nouvcll constitution.
.& -- L'ALLEMAGNE

Le correspondent special de l'Observer donne certain d6-
tails sur la reunion qui va sc tenir aujourd'hui a Berlin en


________ ____1_1__~~__ __II __ _____II~~Y_
--------------------~--------- --- 1-----~- -II~---.







2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


presence du lieutenant general Lucius Clay et qui r6unit les
quatre Premiers Ministres de la zone amdricaine. II ajoute
que cefte conference fait suite a celle qui a eu lieu la se-
maine derni6re. & Wiesbaden entire les huit Premiers Mi-
nistres des deux zones anglo-americaines et au ccurs de
laquelle crux-ci se sont prononces en faveur de la mise sur
pied d'un organisme de direction bizonal qui pourrait for-
mer la base d'une union politique de 1'Allemagne oeciden-
tale. D'aprks !e correspondent de I'Olbserver, la politique an-
glo-americaine est actuellement oppose A ce plan, mais
toutefois il n'est pas exclu qu'il soit rapidement mis en ap-
plication si la conference de Moscou devait aboutir A un
disaccord entire les Grands. Il relive au surplus les diffi-
cultis multiples que crie actuellement i 1'application du
plan de fusion l'absence d'une autorit6 coordonnatric:, pour
Ies cinq agencies economiques bi-zonales.

5. RUSSIE
Le Sunday Times et le Sunday Express signalent lu'une
second note a 6t6 envoy6e par M. Molotov au ge6nral Mar-
shall. note qui rejette, comme insuffisanto et non convain-
cante, la r6ponse faite a la pro:estation sovietique r lative
aux declarations de M. D. Acheson. M. Molotov aurait
ajoute que le Gouvernement sovidtique gardait la mime
opinion qu'auparavant.
Par ailleurs, le correspondent diplomatique du Sunday Ti-
mes announce que les supplants competent achever leu s dis-
cussions, mardi prochain, de fagon a presenter leur. rap-
ports sur I'Allemagne et sur 1'Autriche en temps utile pour
la conference de Moscou. I1 ajoute que leurs d6libhrations
ont progress plus vite et d'une manitre plus heureuse qu'on
ne s'y attendait. en particulier en ce qui concern le trait
autrichien

6. .-- LA SITUATION EN FRANCE

Divers details sont donnds par I'Observer sur la greve des
journaux parisiens qui, d'apr s le correspondent de ce .jour-
nal, a about i une complete impasse. Clihaque part attend
maintenant une offre de l'autre et seul, le manque d'argent.
pense-t-il, pourra aboutir h un changement dans ces dispo-
sitions. Le meme correspondent ajoute que le d6gel qui est
survenu i la fin de la semaine occasionnera sans double un
nouveau changement dans la champagne du part cominu-
niste qui avait, ces temps derniors, entrepris un gros effort
sous forme d'affiche's, de demonstrations orales et de peti-
tions 6crites, en vue d'obtenir de la Grande-Brelagne unrl
plus grande quantity de carbon de la Ruhr.

Revue de la press britannique du 24 fdvrier 1947

Un grand nombre de journaux consacrent encore clurs
articles de tite et leurs principaux 6ditoriaux i la crisc du
carbon. De nouvcaux appeals sont adress6s au public pour
lui demander d'6conomiser au maximum 1'Aleclricit6 et des
reductions de gaz ont &t6 announces officiellement pour un
avenir prochain. Quelques articles font pr6voir une cris de
ravitaillement.
Le Times et le Daily Telegraph s'intlressent aux reactions
provoquies aux Etats-Unis par la crise hritannique et par-
ticulierement par la publication du dernier Livre Blanc.

1. ALLEMAGNP
Toute la press announce que les services de renseignements
britanniques et ambricains viennent de proceder dans le,
deux zones d'occupation A I'arrestation de chefs d'une orga-
nisation secrete qui avait pour but de r6tablir en Allemagne
une dictature nationale-socialiste en vue d'unir toutes les
nations d'Europe centre la Russie. Des ramifications de ct'tt"
organisation s'etendraient en zones fransaise et sovietique.
La plupart des correspondents donnent la listed des princi-
paux chefs de l'organisation parmi lesquels figure un expert
de la guerre bact6riologique.
Le correspondent du Times i Berlin signal, d'autre part.
qu'& la suite d'une protestation frangaise, les autorites so\vi'b
tiques de Berlin ont suspend pour vingt-quatre heures la
Berliner Zeitung qui avait public une violent attaque
centre administration frangaise en Sarre.


2. RELATIONS FRANCO-ANGLAISIR
Le correspondent diplomatique du Times consacre une
note i la demarche faite par I'ambassadcur de France it
.,ondres A propos d'une dl6 eihe d'agence qui avait annonct
que le gouvernement britannique aurait I'intention de remet-
tre les industries de la Hulbr i des s6questres allemands. C'
correspondent signal que le Foreign Office a d6menti la
nouvelle donnde par I'Agence; il rappelle les declarations
successives de M. Bevin et de M. Hynd sur ce sujet et se
demand si les inquic.tnlds frangaises n'o.nt pas Ati 6veillces
par,la mention faitc par I'Agence d'uu gouvernement cen-
tral allemand. I1 conclut

< Le project de scqtiestre West qu'une measure em-
poraire. Mais quand le transfer des industries A des
sequestres aura n lien. ('ll continnurront a 6tre admi-
nistries sous contrble britanniquc pendant toute ]a
durer de l'occupation. o

D'apris Ie correspondent dci Daily Telegraph h Paris, qui
fait allusion, lui aussi, i une .denarche faite la semaine
dernicre par M, Massigli t a la rcponse rassurante di Fo-
reign Office. une certain surprise et une certain inquie-
tude scraient provoque.-, I nouveau dans les milieux offi-
ciels i Paris ii ]a suite de nouvIlles informations de Berlin
qui laisseraient prevoir Ia nomination dc fouctionnaires
allemands pour contrOler l'industri, lourde de la zone bri-
tnnnique. On att-ndrait retle rnominationi pour la semaine
qui commence.
Le Times et 1, Daily Telegraph publient d'autre part de
brefs competes rendus du discours prononce lijer i Toulon
par M. Manrice Thorez. Le correspondent dui Times i Paris
signal particnli"-ement les passages du discourse relatifs a
la Ruhr el a la Sarre ct plus encore la phrase dans laquelle
le chef du part eomnmunistr a exprimn l'espoir que l'alliance
franco-britannique serait prochainement signed.

?q -- INDES
Plusieurs d'-p&erhes sound consacre- "- la1 declaration dans
laquelle le Pandit Nehru! a fait 1'cloge de la decision du
rouvernement britannique annonclAe A Ia Chambre des Com-
munes par M. Attlee. CertniDn co-rrspondants, soulignent
I'intention exprim'e par M. Jiinnnh de ne pas ceder d'un
pouce sur la question du Pakistan.
Le Daily Wlrorker rtproduit les commentaires du secr6-
lairc du parti communist indien qui accuse le Gouvernc-
ment britannique de st, liver h de nouvelles manoeuvres
pour gagner du, temps. La plupart des journaux annoncent
d'nutre part (ju'un important dbbat sur I'Inde aura lieu
ctrte semaine a la Chambre des Lords.

4. -- PAESTINE
Plusieurs journaux signalent le passage a l'aFrodro.me de
Nydde d'un agi'alcur arabe, Saouzicl-Bin-Kanukji. Ge per-
sonnage, qui se trouvail depuis la fin de Ia guerre dans le
secteur russe d' Berlin. auranit d6clard i Paris, oif il etait
pass.e la snemaine dernibrce qu'il avait lquitti d'Allemagne
avec 1'aide des Francais. II sc rendrait au Caire oi le
Grand Muffi araiil I'intentlion de le placer A la tetv de
movements dc dtfensr arabc.
Le Daily Worker rcproduit une declaration faite par
M. Zyliacus a Glasgow et demand au Gouvernement an-
clais de fair appel h la cooperation de la Russie en Pales-
tine et dans Ic Moven-Orient.

5. GRaCE
Plusieurs correspondanls font 6tat de projects de lois sou-
mis an Parlement par le Gouvernement grec pour mettre fin
A la gunerre civil. Le vote de I'amnistie coinciderait a-vcc
un nouvel effort militaire dirigl centre les guerillas.

6. -VOYAGE DE LA FAMILLE ROYALE
EN AFRIQUE DU SUD
Plusieurs dep&ches sont consacrees i ce voyage et font
allusion aux ieureux effects politiques qu'll pourrait avoir
en faisant rigner un esprit nouveau de conciliation et
d'union.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE 3


7. -- CONFRENCs DEs SUPPLA"IXTS
Le correspondent diplomatique du Times, rendant compete
brievement de la longue stance de samedi apres-midi, fait
ressortir la discord qui continue i regner cntre les puis-
sances occidentales en ce qui concern la participation des
petites puissances it l'dlaboration du traitt allemand. Il si-
gnals d'autre part I'accord r6alise sur les clauses militaires
du traits autrichien.
Dans une autre note, le meme correspondent announce
que M. Bevin, au lieu de se rendre a Moscou par la Bal-
tique, travcrs',ra la IManche et fera le rest du voyage en
chemin de fer.

8. -- REuATIONS RUSSO-AMRfICAINES
Le correspondent du Daily Telegraph Washington 6crit
que s'il faut en croire les declarations faites hier L Washing-
Ion par Ic portc-parole du D.partcment d'Etal, le Gouver-
nement am6ricain n'aurait pas I intention de poursuivre avec
M. Molotov, la discuasiu.n provoqude par les declarations du
M. Acheson.

a) AUTOUR DE LA CONFERENCE DES HAUTS COMMISSAIRES
ET DES GOUVERNEURS GENERAUX DE LA FRANCE;
D'OUTRE-.MELS (Sundaay Times, 23/2).
< Une important conference r6unissant les'hauts com-
missaires ct les gouverneurs gen6raux des territoires
i'outre-mer, s'est ouverte sous la pr6sidence du PrBsi-
dent Ramadier. Elle 'doit durer toute la semaine.
Le gouvernement a toujours l'intention 'd'accorder
Lun large autonomie aux Annamites et aux Cambod-
giens. II faut remarquer que ie royaume du Cambodge
est beaucoup mieux dispose h 1'6gard de la Republique
Francaise que les Annamites qui ont un esprit beau-
coup plus < democratique a et qu'il jouit 'd une paix
inti'rieure plus grande.
Les troubles qui ont lieu en Indochine ont entraine
un certain malaise dans d'autres parties de l'Union
francaise, par example au Maroc et en Tunisie (qui,
en tant que protectorats ne sont pas represents A i'As-
semblee Nationale Francaise) et en AlgBrie et A Mada-
gascar (qui y sont reprsenties).
D'autres facteurs demandent a itre examines : ce
sont d'une part Ja vague de nationalism arabe et mu-
sulman qui, partant 'du Moyen-Orient, remonle vers
l'Ouest, et d'autre part la condition 6conomique des di-
vers territoires d'outre-mer en tenant compete du plan
Monnet.
La declaration de M. Attlee sur l'Inde, faite en un tel
moment. 6veille un grand interet. La plupart -des Fran-
9his ne croicnt pas que la situation soit i'dentique A
celle qui semble pr6valoir dans 1'empire britannique.
lis n'ont pas perdu foi dans la mission de < pacification
et de civilisation de la France et ils refusent d'envi-
sager l'independance ,d'une parties quelconque de
l'Union franchise en 'dehors de cette Union.
Les FranCais remarquent que les propositions de
federation imperial hollandaise preservent l'unil6 de
la defense et de la politique 6trangbre, que les Etals-
Unis conservent d'importants advantages militaires et
6conomiques dans les Philippines ind6pendantes, pour
ne pas parler de Porto-Rico. Ils pensent que le bon vou-
loir montr6 par la Gran'de-Bretagne pour abandonner
ce qui lui avait sembl6e autrefois si precieux cache
quelque chose.
(FRANK MAC DERMOT).

b) LA CONFERENCE DES SUPPLANTS DES MINISTRES DES
AFFAIRES #TRANGIRES (Observer, conservateur,
23/2) :
q II est rare -qu'une important reunion diplomatique
ait suscite si peu .d'int6r&t que celle des supplants des


ministres des Affaires Etrangeres, qui s'est poursuivie A
Londres durant les six dernieres semaines ct qui apnro-
che ,de sa conclusion. Les c orages 6conomiques et im-
p6riaux > ont amoindri son importance dans l'esprit
'du public. Elle ne pouvait apporter non plus de nou-
velles sensationnelles : celles-ci sont reservees A la
Conference de Moscou, qu'elle avait pour mission de
prenarer.
Cette Conference a n6anmoins donn6 d'intbressantes
indications sur les r6sultats que l'on peut attendre de
celle de Moscou. Les provisions ne semblent pas d6fa-
vorables pour un r6glement du problime autrichien,
mais elles paraissent bien incertaines pour celui de la
question alleian'de. Les Ouatre Grands eux-m6mes out,
A l'cxception de la France, cach6 leur jeu A cet 6gard,
mais il resort des exposes faits par les petites puissan-
ces que les blocs habituels sont plus fortement divis6s
que jamais. L'Ouest veut une Allemagne d6centralis6e
mais non appauvric ni mutilee d'une mani6re difini-
tive ; 'Est veut imposer un reglement 6conomique et
territorial draconien A une Allemagne fortement cen-
tralisee. De ces opposition peut-il sortir un accord
viable ? a

c) LA DPCOUVERTE D'UN COMPLOT EN ALLEMAGNE.
1. Times (24/2) :
< La d6couverte d'un complot nazi don't les ramifi-
cations s'etendent dans les quatre zones d'occupation
en Allemagne constitute un avertissement pour les al-
lies. On n a urait mieux pu rappeler A ceux-ci oi .reside
leur inl6rkt common. Des mois de travail patient et
habile, effectu6 par les officers de renseignements an-
glais et amnricains, out prepare le terrain pour une
action decisive qui a 6t6 d6clench6e dans les premieres
heures 'de la matinee d''hier et qui se pursuit auiour-
d'ihu
Les ramifications da complot s'6tendent dans toute
1'Allemagne, mais on ne salt pas encore comment les
autorites franoaises et russes ont utilise les informa-
tions qui leur ont 0t6 donnees a ce sujel. La nature du
complot et les dangers qu'il implique justifient pleine-
mett le refus des autorites britanniques (en depit de
la persistence des accusations russes) 'd'arreter les mem-
bres les moins important par l'intermidiaire desquels
il a 6t6 possible maintenant d'identifier les principaux
coupables.
Deux circonstances ont favors& les conspirateurs
pendant un certain temps. 11 y a d'abord les conditions
,de vie actuelle des Alleman'ds. Ils r6pugnent manifes-
lement A reconnaitre que la misere qui a suivi l'effon-
drement du regime hitllrien s'6tend bien au-dela des
frontieres de l'Allemagne ; le fait qu'ils se sont crus les
victims delibirkes de leurs vainqueurs, a amend
beaucoup d'Allemands a preter une oreille attentive
aux appeals renouveles d'un patriotism d6natur6. Mais
le complot n'aurait certainement pas atteint cette am-
pleur si les quatre puissances occupants n'avaient fait
preuve d'un manque d'union. C'est dans ce manque
d'union que les conspirateurs ont vu une chance de
succ6s.
Le complot a Wt6 demasqu& et sera brise. Mais seule
l'unit6 alliee qui a brisI la force du nazisme sur les
champs de bataille, pourra finalement d6truire toutes
perspectives d'une renaissance de celui-ci.

2. Daily Worker, communist, 24/2) :
< L'annonce faite ,hier d'arrestations massive d'Al-
lemands qualifies de chefs d'un movement nazi clan-
destin, fournit un commentaire ironique A la suggestion







4 Ui:ILLTIN QUOTIIJIEN DE PRESSE ATRANGtRE


des conservateurs selon laquelle on devrait renoncer
sans tarder A la d6nazification.
Ii semblerait que les contre-mesures prises par les
autorit6s brilanniqucs et am6ricaines un sont que lI
d6but d'une action contre la menace la plus sericusc que
1'on ait observe 'depuis 1'effondrement de la machine
minitaire al:emande it y a pros de deux ans.
II est indispensable que les measures actuelles :oieiit
poursuivies avec rigueur et qu'on adopted une attitude
6nergique A l'6gard de la denazification et qu'on entre-
prenne une serieuse 'epuration des trusts allemands. i

d) ARntS LA PUBLICATION DU LIVRE BLANC SUR L"'ICONO-
MIE DE L'ANGLETERRE.
1. Observer, conservateur (24/2)
<( Le Livre Blanc lui-mime 6lablit clairement que
mime avec une balance commercial favorable nous ne
pourrions r6soudre le prob:ime de nos importalions,
puisque la p:uplar de celes-ci viennent de l'h6mis )here
occidental et -doivent 6tre payees en < monnaie sol.de a,
landis que la p part 'de nos exportations sont ac iemi-
n6es vers le rest du monde et ne nous rapportenl que
de la << monnaie moins solide >. Le Livre Blanc ne tire
aucune conclusion de la constalation de ce fait cssen-
tiel.
Mais c'est ce regime qui avec la poursuite de la poli-
tique 6conomique aclelle aboutira in6vilablement a
consacrer notre banqueroute, et c'est encore en tenant
compete ade ce fait, qu'on pourrait adopter ine polilique
d:ff6renle qui nous sauverait. Une lelle politique a 6te
pr6co-isec par M. Monnet au course de sa r6cenle /isitc
A Londres, quand il a sugge6r 1'6tablissement d'un plan
economique common franc:-britann' uc visant i ren-
dre ces deux economics compl6mentaires.
Nous avons peu d'espoir de voir jamais nos cxpor-
tations franchir facilement les barrieres douanieres
americaines Que fire alors ? II faut manifeslement
ccherher ail:eurs les products que nous imporlons,
o'est-h-dire les chercher dans les pays oil nos expor-
tations peuvent offrir une contre-partie et cet : ail-
leurs a est h notre porte : c'est la Lorraine, le Luixem-
bourg, la Rhenanie, la Ruhr pour nos importations in-
'dustrielles, notre propre empire colonial pour les pro-
duits alimentaires. L'Europe occidentale et I'Afrique,
par une iconomje appropriee et coordonn6e, peuvent
fournir presque tout ce d -nt nons avons b'soin. Les con-
ditions qui sont imposecs par le prMt americain i'em-
p6chent pas l'union.
C'est lB que nous trouverons l'espoir et la liberty .
un air respirable et une voie d'avenir. C'est vraiment
un chemin escarp6 ot diffici'e, c'cst un chemin r6-
serve aux audacieux. Mais dans notre situation, le .alut
reside seulement 'dans l'audace. >

2. Times (24/2) :
< Le Livre bline sur 1'6conomie britanniaue a retrane
en terms directs d'une admirable simplicil6, les som-
brps perspectives qui s'offrent h nous et I'on devrnit
utiliser tons les moyens d'information et de publicity
actnels pour fair connaltre h tous les 6lecteurs les
dures ran'itls ct ce qu'elles impliquent.
La deception cau.s6e par 1'absence persislanie i'un
sevre plan d'action pour faire face nu danger ne
*doit pas em-8cher de souligner la .rande contributions.
A une E6ducnticn rlimocrolioune auo represented re do-
cument marquant. Comme le Livre Blanc le so-iligne du
rest. ce plan d'acticn lui-m6me 'doit etre d6mocra-
tique.
C'est maintenant air gouvernement qu'incomnbe
l'obligation 'de faire confaitre aveo toute la force et


toute la c616rit6 possibles toute la gravity de la sltua-i
tion national tell que 1'a d6peint le e Rapport Eco-
nomique pour 1947 > en des traits qui ne sont nulle-
ment exag6rs. 11 n'est pas moins n6cessaire de com-
mencer et de poursuivre de toute urgence les prochai-
nes discussions qui doivent avoir lieu avec les repre-
sentants de l'industrie, de faoon que in lgique inexo-
rable des n6cessit6s nationals puisse se traduire en
remedes qui seront in6vitablement h la fois rigoureux et
d6sagreables et le gouvernement ne les a pas encore
traduites ainsi. >


II. tPRESSE AMERICAINE


a) La situation en Frarnce (New York Herald Tribune,
23/2. edition europeennc) :
< On a fond de nouveaux espoirs hier pour une
amAlioration au moins partielle de la crise franchise,
qui s'est traduite par dcs groves de protestation centre
Ia politique gouvernementale de blocage des salaires.
En effect. irois Commissions sp6ciales nommdes pour
6tudier Ia courbe des salaires et du coit de la vie. ainsi
que pour pr6coniser les measures correctrices appro-
prieps. ont terming leurs rapports.
M. Ramadier a declare il y a plusieurs jours. en re-
connaissant que les miners avaient droit h un mini-
mum de salaires fix6 par la C.G.T.. que le gouvernement
Mlait prAt i 6couter les revepdications des autres ou-
vriers pour un minimum vital de 7.000 francs par mois.
Par consequent, on peut envisager la perspective
d'un d~blocage des salaires sur une vaste Achelle. Mais
on ne peut 6valuer pour l'instant quel dommnge r6sul-
ternit de ces anumentations de salaire pour le budget
national. donf s'occune actuellement le ministry des
Finances. M. Robert Schuman.
Si M. Ramadier acceptait de renoncer au blocane des
salnires, mAme de facon partielle, il romprait avec In
nolitique de I'ancien Prisident du Conseil. M. Leon
Blum, qui n dEcret6 la premiere baisse de 5 % sur les
prix pour faire baisser le count de la vie.
La C G.T. a faith valoir que le I minimum vital pt
les reductions de prix sont parfaitement compatibles
nvpc le nouveau budget, 6tabli pour dispenser des som-
mer tris impnortantes an titre de la reconstruction. Avec
l'6Cuilibre du budget < ordinaire >, on espbre que le
franc retrouvera sa solidit&. >

b) La crises du .chqrbnl en 4nqleterre (New York HP-
rald Tribune. 22/2, Adit. am6ricaine) :

e Pour couronner les measures draconiennes prises la
semaine dernibre en vue de pallier A la rise. le gon-
cernement travailliste pr6sente maintenant on plan
rndicil pour essaver de rem6dier aux causes profondes
des maux don't souffre l'economie national. Nous ne
onulons pas dire que le gouvernement n'a pas comprise
jusou'ici que tout nllait mel. Nous vonlons dire sim-
plement que le gonvernement, susnendant les droits
acquis de la main-d'oeuvre comme du capital, et crai-
anant d'imposer de nouvelles privations A un people
arnellement prouv6., s'ltait abstenu de prendre des
measures rendues n6cessaires par la gravity de la situa-
tion.
Le gouvernement socialist se lance dans une expb-
rience de nlanisme d6mocratique, nii mettra en vi-
gueur tout un svstame de priority. d'allocations et
*d'avantages speciaux pour essayer de diriger les res-
sources et la main-d'oeuvre vers les branches de pro-








BUtLLETIN QUO'I I)IEN DE PRESSE ATBANGAIE 6


duction qui sont consid.6r6es comme essentierfes pouar
le bien-ktre de la population.
Si la crise actuelle n'6tait pas survenue, le gouverne-
nient aurait eu beaucoup de mal A etablir un dirigisine
kconomique aussi pousse, en brisant I'opposition des
milieux d'affaires et industries. II y a deux inois. Ii
rationnement de I'6lectricitd aurait souleve une oppo-
sition violent de la part de beaucoup de gens, mais
aujourd'hui on l'accepte coimmne inevitable. Et le fait le
moins important, ce n'est pas la victoire du gouverne-
ment travailliste sur les unions ouvrieres. a



III. PRESSE SOVIETIQUEI


III. Presse soniitique du 22 ftnrier 1947
Les rubriques de politique ctrangere sont aujourd'hui en-
rore cxtremement rdduites en raison des commentaires abon-
dants qui sont consacres a la session du Soviet Supreme.
Sauf dans I'Efoile Rouge, oft FCdoo\ov public sa chronique
international hebdomadaire, elles sont par ailleurs unique-
;ent consacries .a des informations. On peut classer I'en-
semble des textes en quatre groups :

1. LA BAT .ILLE POUR IA I)n~EMOCHATIE
a) Les informations de I'Agence Tass reproduisent en ve-
dette les declarations du deputy travailliste Thomas A la
presse Verangire, concernant son voyage en Gri:ce.
b) La chronique internationnale de l'Etoile Rouge rend
rompte du complot ihngrois, et dans un autre d6veloppe-
ment souligne, qu'en d6pit des efforts de leurs protecteurs
6trangerr, notamment aux U.S.A., ni Schusclnig, ni Kouden-
hove-Kalerghi, politicians qui ont fait faillite, ne peuvent
esp6rer reussir aupres des masses polonaises.

2. IA QUESTION D1U I)SARMEMENT
Tons les journaux repronduisent des d6peches de l'Agcnce
Tass sur la stance du 21 fdvrier au Conseil de Securitd. La
chronique international de l'Etoile Rouge rappelle par ail-
Jeurs l'accord militaire amiricano-canadien et, relevant les
recentes declarations de NM. Mackenzie-King sur 1'importancc
des regions arctiques, souligne qu'en d6pit des innombra-
hlei affirmations tendant a fair croire que 1'accord apporte
nc contribulicon I la cause de la paix, les v6ritables buts
de celui-ri n'ont en rialiti rien A voir avee 1'affermissement
de la paix.

3. -- ,IES I)FFICU.LT' DE I.A GRANDE-BRETAGNE
Sous de grands tires, tous les journaux reproduisent un
ample compete rendu de 1'Agence Tass sur le discours pro-
noned par M. Attlee A la Chambre des Communes, le 20 fe-
vrier, sur le probl6me indien. La chronique international
de 'Etoile Rouge analyse de son c6ti les difficulties icono-
miques de la Grande-Bretagne et, rappelant que I'absence
de main-d'oeuvre en constitute l'une des causes essentielles,
elle s'6tonne que ce pays conserve encore sous les armes
(d'apr6s le journal amdricain P. MI.), 1.385.000 hommes. Ies
probl6mes intericurs de la Grande-Bretagne, conclut l'organe
de 1'armte sovidtique, dependent directement d'une politique
6trangere qui, dans sa forme actuelle, ne peut pas contrihber
it assumer I'dquilihre 6cono.mique du pays.

4. INDOCRINE
.T'ous !es journaux abordent aujourd'hui cette question,
qui n'avait pas retenm leur attention depuis longtemps. Uls
publient deux informations :
a) Une d6p&che de Londres annonqant le depart de Mar-
seille, le 18 fdvrier, du Fglix-Roussel, avei 1.400 homes.
La mtme ddpeche signal que les forces frangaises en Indo-
chine se monteraient h 80.000 homes.
b) Une autre d6p&che de ne8me provenance, reproduite


s*ou tin griaid titre,, announce qu'en r6ponse i uue question
de Ronald Chamberlain sur les fournitures d'armes par la
Grande-Bretagne la France daus la campigne d'Indochin-.
Bcvin aurait ripondu que : poursuivant la politique d'aidt
aux, Allis pratiqued en temps de guerre, les forces fran-
caises de la metropole unt it6 particllemenit 6qu'pecs rtn
armement britannique, cependant que lors de la relieve d(es
forces britanniques par ic'. forces f rancaises en In:loehin',-
unll partly dir mati ritl a e'd laissve aux arrivants 5.

a) Ao.nt In Conlfrence de( Mo.scou (Pravda, 23/2):

< II est clair pour chacun ique le reglement du pro-
blmnie allemand present beaucoup de difficullts, mais
on ne doit pas perdre de vue que les quatre ministres
des Affaires etrangeres se mettront an travail avec une
granlde experience acquise pendant la periode d'apris-
guerre. 11 esl prouv6 qi'alli6e a de la bonne volont6.
cetlle experience peul donner les meilleurs r6sultats. La
signature du trait de paix avec l'Ilalie et les autres.
satellites ne laisse aiucun doute A ce sujet.
Les peuples sont interess6s A l'afferinissenient de la
paix g6entrale el de la s6curit6, et A la creation de con-
dilions excluant la possibility de recidive d'une agres-
sion iniperialiste allemande, ainsi qu'I la transforma-
lion de I'Allemagne en un Etat dmniocratique pacifique..
Certains organs de la press l6rangre se d6mbnent
pouir crLer une atinosphere pessimisle autour de la ses-
sion de la conference des ministres des Affaires 6tran-
geres avant mine sa reunion. Cela s'applique en g6n6-
ral A la press riactionnaire anglo-amiricaine. Certains.
observateurs anglais el aneiricains tentent avec persis-
lance de rejeter les decisions de la Conf6rence de Ber-
lin, qui veulenl une base solide pour le r6glement du
probl6me ailemand. >
(MARININE.)

b) Le problUeme autrichien (Novoe Vremia, 22/2) :
<< Ce ne fut pas nll simple hasard si la question du
traitl de paix avec I'Autriche n'a pas 616e tudiee en
mieme temps que les traits avec les; anciens satellites
de 1'Allemagne. L'Autriche occupail dans tous les plans
d'Hiller une place spiciale et jouail un role special
dans la guerre de I'Allemagne centre les Nations Unies.
Ceci explique pourquoi le trait avec I'Autriche devait
ctre dissoci6 des aulres.
La situation qui r6gne en Autriche n'inspire aucune
confiance. On peut conslater que la democratisation
du regime, dans un pays qui a l66 pendant onze ans
sous la domination fasciste, n'est pas assure.
Les forces progressistes n'ont pas encore assez d'in-
fluence pour contraindre les dirigeants du parti popu-
laire A se d6partir de leur indifference et de leur indo-
lence. et a agir de facon 6nergique pour liquider de
facon definitive les forces du fascism.
La duplicity et le manque de discernement de la dd-
mocratie autrichienne d'aujourd'hui se font de jour en
jour plus visible. La press du parti populaire loue
souvent I'ancien chancelier autrichien Schussnig, qui
livra l'Autriche A Hitler, et le d6peint comme un t Au-
trichien aimant passionn6ment son pays >.
Les postes les plus important de la police sont occu-
pes par des gens qui, dans les anndes de la terreur po-
liciere. commirent des crimes bestiaux et pers6ecutirent
les travailleurs.
Aucune measure s6rieuse n'a t61 prise pour d6mocra-
tiser l'6conomie autrichienne. La loi adopt6e par le
Parlement sur la nationalisation de certaines entre-
prises industrielles constituait surtout une manceuvre
politique dirig6e centre la remise de capitaux alle-
mands dans le cadre des reparations A fournir A l'Union







G BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


Sovietique. Cette hli n'a pas eu une grande igfluenee
sur le redressement de l'6conomie national de l'Au-
Iriche. Aucune rrforme fondamentale n'a Wt6 introduite.
Le plan 6labor6 dans ce sens n'a pas Wet applique. Le
part populaire s'est oppose i I'application de crtte loi.
qui depuis des imois est class6e dans les archives du
Parlenennt...
Au course de la Conflrence des Suppl6ants des Minis
ires des Affaires 6irang6res, le government autrichien
s'est vu oblige de reconnaitre les decisions de Potsdam
concernant les avoirs allemands coinme la base d'un
/r6glement 6conomique entire l'Aulriche et les Allies. Les
droits de l'Union Sovietique sur les avoirs allcmands
en Autriche sont inviojables, et toute tentative de r6vi-
sion dans ce sens ne peti avoir que des consequences
ficheuses.
Le traits avec 1'Aulriche doit garantir que co pays
ne servira plus jamais de iate de pont pour une atta-
que centre les pays voisins et qu'elle travajllera i l'ins-
tauration d'une veritable democratic. -
(SOLODOVNIKOV.)



IV. -- PRESS BELGE



a) Les ,rapporls franco.brilanniques (La Libre Bclgique,
23/2, catholique) :
< Les pourparlers franto-britanniques, au Sujet du
trait d'alliance entire les deux pays, sont en course et
ils semblent se d6rouler favorablement. D'apr6s les di-
res des milieux anglais de Paris, la difference essen-
tielle entire les projects frangais et britannique r6sid'erail
en ceci : tandis que l'Angleterre propose quc l'assistance
militaire entire les deux pays ne joue qu'en cas d'agres-
sion directed, la France desire que cette assistance soit
obtenue, mnme an cas d'nne menace d'agression. Pour
appuyer son point de vue, le c6t6 franqais rappille la
fameuse affaire de la remilitarisation de la Rh6nanie,
oh l'Angleterre avait refuse d'aider la'France, ce quii
provoqua un manque total de reaction franchise et con-
duisit finalement A ia guerre de 1939. Ce fut 1i, selon
les Francais, un cas typique de menace d'agression
don't les consequences se sont av6rdes extrememeni gra-
ves, bien qu'il n'y ait pas eu d'agression directed.
Ce qui est encore plus grave, toutefois, c'cst l'absence
persistante de lout accord entire les deux pays en ce
qui concern la polititue a suivre au sujet du future
IV, Reich. En effel, une entente au sujet d'une defense
commune centre une aggression allemande 6ventuelle n'a
point de grande portee pratique pour le moment, 6tant
donn6 qu'une telle aggression est tout fait invraisem-
blable pour de longues ann6es. Mais ce qui est beau-
coup plus important pour le moment, c'est de se mettre
d'accord pour pr6venir pareille aggression, et pour or-
ganiser pacifiquement l'Allemagne. C'est IA, pr6cis6-
ment, que les difficulties sont les plus grandes. Comme
on le sait, cette question primordiale ne doit mgme pas
6tre abord6e dans les textes du traits franco-anglais.
Dans ces conditions, les Francais, de plus en plus nom-
breux, se demandent A quoi bon un traits semblable
of les points les plus essentiels sont passes sous si-
lence,? A quoi bon les signer ? II est evident que de
pareilles r6flexions ne font que servir les communis-
tes. ,
(Du correspondent de La Libre Belgique
d PAwis.)


b) La situalint enr ladochAne (La Libre Beagique, catho-
lique, 23/2) :
a D'apres les declarations faites jeudi soir par M. Ra-
mnadier, au course de sa conference de press. la situa-
tion inilitaire en Indochine semble 6voluer dans un sens
nettement favorable pour les forces franqaises. En effet,
on a I'impression que, pour des raisons qu'on ne sau-
rait encore definir, l'esprit combatif des Vietnamiens,
'st entrain de faiblir consid6rablement.
l)ans les milieux poliliques de la capitate, on sou-
ligne que c'est A cause de I'absence de l'amiral Thierry
d'Argenlieu que le gouvernement n'a pu prendre de
decisions d&finitives concernant les affaires indochi-
noises. On ajoute, enfin, que la conference des admi-
nistrateurs coloniaux convoqu6s a Paris par M. Moutet.
ministre des Territoires d'Outre-Mer, a attend jusqu'a
ce jour l'arrive e de l'amiral uour commencer ses tra-
vaux. Et on ,e demand quels peuvent bien etre, en
reality. les malentendus d'ordre politique personnel
entire le gouvernement et son haut commissaire en In-
dochine. malentendus qui sont parvenus i retarder tel-
lement l'arrivbe de I'amiral A Paris. Et aussi. iquelle~
doivent Atre les divergences qui semblent toujours op-
poser les unes aux autres les diff6rentes fractions dn
gouvernement en ce qui concern l'ensemble de la ques-
tion indochinoise. Et on continue A affirmer dans ces
1iueme.s milieux que la veritable clef du prohlme indo-
chinois ne se trouve guere en Indochine et qu'elle n'a
que fort peu i voir avec tel on tel sues militaire rem-
port6 dans ce pays.
Cette clef reste A Paris mnme et il faut la chercher A
l'intiricur du gouvernement et de 1'Assembl6e natin-
nale. El on consulate que c'est A Paris et non ailleurs que
va se dbeider I'avenir de l'Indochine. ,
(Du correspondent de la Libre Belgique
4 Paris.)



V. PRESS SUISSE


a) La grwve des jourriaux frranca:s (La Tribune de Ge,
n6ve, 22-23/2) :
a La press parisienne subit ces jours-ci une tr6s
dure 6preuve. Aucun doute n'est possible : plusieurs
journaux. et non des moindres, ne s'en releveront pas.
II est possible, come on le dit, qu'au Icndemain de
la liberation, dans un 6lan d'euphorie of se m6laicnl
pas mal de chimbres, on s'est trop press& de cr6er des
quolidiens don't ai vie n'6tait pas suffisamment assure
et qui ressemblaient plus A la cigale qu'a la fourmi. La
iibert: d'expression est belle et souhaitable: mais on
n'en dispose vraiment que si l'on est, financi6renient.
a l'abri des surprises. II n'empiche que l'on ne verra
pas disparaitre sans regret quelques-unes de ces fenilles
oif s'exercait brillamment e 'sens critique de journa-
listes de talent r6solus A dire la v6rit, quoi qu'il pfit
-en cofiter.
Les organes des parties demeureront. Ils sont n6ces-
saires, du reste. A c6t6 d'eux, pourtant, il est excellent
qu'on en ait d'autres, qui ne soient infdodes A aucune
rhapelle. Or, ce sont pr6cisement ceux qui risquent do
succomber maintenant.
Des le 28 f6vrier, l'autorisation prdalable pour ]a pu-
blication d'un journal cessera d'6tre en vigueur. II est
vrai que les contingents de paper demeurent contr6les
et distribu6s par 1'Etat, en telle sorte que la creation
d'un nouveau journal serait illusoire si ses fondateurs
ne sont pas scrs d'obtenir la matiere indispensable,







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE


Mais si tels ou tels journaux doivent cesser de paraitre,
alors qu'ils sont au b6neflce d'une concession de paper,
rien n'emp&chera ceux qui caressent des projects de lan-
cement de racheter ces contingents. On s'attend A de
semblables operations, qui seront parfaitement 16gales,
mais qui pourraient fair renailre des formules et des
noeurs journalistiques que la guerre et la liberation
avaieut balayees pour toujours, esp6rait-on... Apres
une p6riode de silence, les trusts rel6vent ]a tAte. L.a
haute finance et la grosse industries on le consulate
A divers signed tres caraclristiques se prdparent a
une vigoureuse contre-offensive. Une press a leur d6-
votion seconderait admirablement leurs desseins. Il y
a fort A parier que d'ici le printemps, le movement
aura pris quelque ampleur, tout en s'enveloppant d'une
extreme prudence.
Un petit caillou qui se met A rouler sur unp pento
declenche parfois un veritable 6boulement. Dc inmee,
Ia greve des ouvribers imprimeurs, causee par une sim-
ple revendication de saluires, peut avoir des r6percus-
sions d'une portce considerable.
(LBoN SAVARY

b) L'EvACUATION DE L'JNDE.
1. Neue Ziircher Zeitunl (23/2) :
e Tout le monde sait que, jusqu'A la premiere guerre
mondiale, la Grande-Bretagne craignit sans cesse de
voir !a Russie 6tendre ses griffes en direction de l'Inde
et que sa politique en Asie occidentale, qui entra plus
d'une fois en conflict ave.c la politiquc des tsars, avait
pour objectif la protection de la p6ninsule. On sait
beaucoup moins bien quelle sera I'attitude de l'Union
sovidtique si des d6sordres et des guerres civiles 6cla-
lent dans ce.pays abandonn6 A lui-meme. Sans aucun
doute, le gouvernement travaillisle de Londres a 6tudi6
toutes les 6ventualit6s int6ressant ce problme particu-
lier avant de prendre sa decision.
Quelles que soient les repercussions de la resolution
travailliste pour l'avenir de l'Europe, on ne peut se
dissimuler qu'elle procede de motifs d'un grand poids.
Le cabinet Attlee veut permettre aux peuples de I'Inde,
h6ritiers d'une des civilisations humaines les plus im-
portantes et promise A un avenir comportant d'immenses
possibilities, d'entrer dans la voie qu'ils sont determines
a parcourir seuls; tout esprit 6claird appreciera saine-
ment ,son attitude.
On comprend, d'autre parl, que Londres ait fini par
se lasser des critiques inccssanlcs que l'Amcrique
adresse i sa politique indienne. Cependant, la camnpa-
gne d'agitation menec aux Etats-Unis atteint son but i
un' moment oi I'on parvenail i mieux comprendre l'im-
portance du r6le de la Grande-Bretagne; c'est 14 un des
traits les plus 6lonnants de l'histoire. Cette claire vision
survient trop tard. II n'est pas 6tonnant que le people
anglais, apres les efforts surhumains qu'a exig6s In
guerre, ne se senate plus le goit de. maintenir, contre
leur volont6, la paix entire les communaulis religieuses
de l'Inde. A l'epoquc de l'expropriation des hautes clas-


ses, de l'extinction de 1'esprit d'entreprise tu6 par la
lourde main de PEtat, on volt disparaitre les elements
qui, attires par la perspective de gains fabuleux et d'hon-
neurs considerable, partaient jadis pour lancer dans les
pays d'outre-mer d'audacieuses entreprises. La dispari-
lion de celte cspice d'hommes obligera peut-etre 1'An-
gleterre et 1'Europe a abandonner Ic r6le qu'elles ont
jouc jusqu'A nos jours. >

2. La Tribune de Genbve (22-23/2)
< A la Chambre des Comnmuncs, en d6cembre 1946,
M. Churchill, evoquant les Cmeutes de Bombay, a affirm
que l'abandon de l'Inde a son sort serait le signal d'une
abominable guerre civil. Un autre chef de l'opposition,
Sir John Anderson, parla d'une nmaladresse capital >.
M. Atllee et ses colleagues nc sc dissimulent 6videm-
ineni pas le poids des responsabilits qu'ils encourent.
1I y a tout lieu de croire qu'ils attendent de la decision
annoncee jeudi un retirement des Musulmans. Ceux-ci
se trouvent en presence de celte alternative : ou pren-
dre part A 1'elaboration de la Constitution ou demeurer
A l'6cart et laisser aux autres parties le soin de r6diger
cette charte A leur gre.
Neanmoins, tant que les Musulmans ne transigeront pas
sur Ie chapitre du Pakistan, on ne volt pas comment
les Indiens sortiront de l'impasse. Le pere de M. Chur-
chill, qui fut secretaire d'Elat pour I'lnde, comparait
la domination britannique A une line couche d'huile
qui assurait la tranquillitL d'un immense ocean human.
Quel spectacle offrira remain l'lnde sans les Anglais ?
Tous les liens seront-ils rompus avec la Grande-Breta-
gne ? La peninsule deviendra-l-elle un Dominion ? Au-
lant d'inconnues. >)
(JEAN CHOUET.)

Conclusion d'un lraiUC comnz'ercialI roumano-sovietique
(Publi6 par la press sovidlique du 21/2)
i Les negociations cominrciale.s entire l'Union sovi6-
l4que et la Houmanic out heureusement about, le 20, f6-
vrier 1947, i la signature d'un traitl de commerce et
de navigation cl d'un accord sur les changes de mar-
chiandises et les paiements pour I'anne 1947. Le trait
(de commerce et de navigation pr6voit I'application du
principle de la nation la plus favorisec aux questions du
commerce et de l'industric; I'accord sur les changes
de niarchandises ct les paiemens determine le volume
et la procedure d'execulion des changes de marchan-
dises c les modalilts de paiement entire l'Union so-
viciqulie e la Houiianiie pour 1947.
L'Unimn sovictique fournira i la Roumanie des ma-
libres prenisres pour .scs industries mnetallurgiques et
textiles ainsi que certain products industriels et de
I'outillage. La Rounianie fournira a l'Union sovietique
des products petroliers, des nia!eriaux de construction
el d'autres niarchandises. Les negociations se sont dB-
roulces/dlans une atmosphere amicale. Les accords ont
did signs par MMl. Mikoian et Gueorguiudev. >


S. P. I. Imp.. 27, rue Nicolo, "'aris 31.3009