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SARVIC.9s VBANM;&1 INFORMATION (MINISTARE DR LA JmniuSan, owS AnTS ET DES LimNus, Direction de ia Documestation 14-16, rue Lord-Byron, Paris (8") LA DOCUMENTATION FRANCAISE MNIUSTEIW Dus AFFAIRES ETRANGERIS BULLETIN PRESS 21 fevrier 1947. QUOTIDI ETRANGERE Nouvelle S6rie No 600 I. PRESS BRITANNIQUE Revu,: de lq I;'esse brilannique du 21 fdurier 1947 La crises du carbon cede le pas, aujourd'hui, au dlibat qui a cu lieu hier aux Communes apris que le Premier M1inistre aii annonc6 la decision du gouvernement de rem- placer Lord Wavell par Lord Mountbatten au post de vice- roi des Indcs et d'dvacuer ce pays au plus tard en juin 1948. Le corrcspoudant parlementaire du Times, qui done le sompte rendu ditaille de la seance h la Chambre des Com- munes et reproduit in e.tenso le texte de la declaration do k. Attlee, insisted sur le fait que celui-ci a refuse de repondre aux questions qui lui ctaient poses. Cependant, la plupart des journaux prdsentent la nouvelle sous de grosses man- ohettes et parent couramment du limogeage de Lord Wa- veil.>>. Ils affirment que cette decision a fdt provoqude par de graves divergences de vues centre Lord Wavell et le cabi- net. Lord Wavell refusait, en effect, de soutenir le Congrbs contre l'obstruction oppose par les Musulmans au fonction- nement du gouvernement int6rimaire. Cette attitude aurait conduit a la longue A un conflict ouvert avec le CongrBs qui vent contraindre les Musulmans ou i participer, ou i se retire totalement du gouvernement. Le cabinet britannique aurait pris parti pour le Congres. esperant ainsi eviter une rupture irrimediable. L'6ditorialiste du Times, qui porte sur la decision gouvernementale un jugement tris nuancd, craint que celec-ci ne enforce la determination d'une parties du CongrBs et de la Ligue musulmane de se refuser a toutes concessions reciproques et qu'clle oblige le gouvernement britannique A prendre parti pour 1'un ou l'autre. Celui du Manchester Guardian estime que cette decision est susceptible de causer de graves inqui6tudes au pays. La press signal que l'opinion publique anidricaine, tout en fdlicitant le gouvernement de son acte courageux .et de sa fidclitU aux principless democratiques, craint que le retrait de la Grande-Bretagne de cette parties nevralgique du monde ne cree uno sorte de vide qui favoriserait les inspirations expansionnistes de 1'U. R. S. S. Le reporter du Dail y Express cable .de New Delhi que le Congres serait, aux dernibres nouvelles, dispose A faire des concessions tris large si les Musulmans cessaient de boy- cotter I'Assemblee constltuante. Toute la press fait ressortir que 1'Inde se trouve mainte- nant A la croisie des chemins. I1 depend d'elle, ou bien de- venir un pays souverain et uni, on bien, si elle no met pa.s un terme i ses dissensions interieures, de se morceler en plusieurs Etats hostiles. A part la question des Indes, la chronique extdrieure est tres pen fournie. On remarque cependant quelques articles sur la France dans le Times, le Manchester Guardian, le. Daily Telegraph. Deux courts ddpdches sur les relations commercials franco-britanniques sont publides dans Je Times et le Dai'ly Teleqgraph. 1. PALESTINE La press signal une recrudescence de 1'activit6 terrorist au nord de la Palestine (explosion .de mines, coupure du Pipeline Irak Petroleum, attaques do camions militaires, actes de banditisme). Le correspondent particulier du Times a Jerusalem estime que, si les terrorists continent i defier 1'autorit6 du gouvernement et les conseils des chefs de leur propre communiutt, le gouvernement devra, s'il ne veut pas paraltre d'une faiblesse ridicule, d6cr6ter trds prochainement la loi martial dans certaines regions de Palestine. De son cbtd, le correspondent particulier de ce mdme journal i Washington insisted sur le fait que les 6elments sionistes, qui jouent un rl6e plus grand que jamais, pour- raient fort bien influence le course de la politique ameri- caine dans le Proche-Orient. 2. RELATIONS ANGLO-AMERICAINES Le correspondent particulicr du Daily Telegraph A New- York signal que la situation iconomique en Grande-Breta- gne cause de plus en plus d'inquietude aux Am6ricains qui sont convaincus qu'une Grande-Bretagne forte et prospere est essentielle a la .prosp6rite des Etats-Unis. A l'appui de cette information, il cite un extrait du grand magazine ame- ricain Life qui insisted sur les repercussions que pourrait avoir pour les Etats-Unis un affaiblissement de la puissance militaire britannique. Le News Chronicle ct le Times annon- cent do leur c6t6 que Lord Halifax, ancien ambassadenr britannique i Washington, a prononc6 oune allocation dans laquelle il a ,d6clard qu'une alliance formelle anglo-am6ri- caine 6tait irrealisable et inutile, en raison de la commu- naut6 ,d'intdrets et d'iddes qui avait toujours conduit les deux pays i agir do concert sans 6tre lies par des traits formels. 3. FRANCE La situation de la press fait l'objet de trois articles dans le Times, le Manchester Guardian et le Daily Telegraph. Les deux premiers insistent particulitrement sur le rejet par la Commission de la press d'un arrangement provisoire pro- pose par M. Pierre Bourdan et permettant A de nouveaux journaux de paraitre sans autorisation prdalable. Le corres- pondant du Manchester Guardian dcrit que ce rejet consti- DE - a BULLUTIN QUOTWIDLN UE ?1RSSM A'I'IANAIAE. tue un 6chec pour M. Bourdan et pour son part, d'autant plus que l'U.D.S.R. a toujours dtc le premier part i de man- der l'abolition du syst6me en vigucur actucllement. Ii estime que cette decision aura pour effet de maintenir les obstacles qui s'opposent i la rapparution des jouruaux d'avant guerre. 11 ajoute que la greve actuelle ne sera peut-trie pas sans lien avec les efforts faits par certain anciens jour- naux pour reparaitre, efforts qui so trouveraient facilities si, a la suite des ddboires financiers causes par la grive, cer- tains des nouveaux jouriaux devalent cesser d'exister. Le correspondent particuiier du Daily Telegraph i Paris mentionne les declaration:: faites par M. Ramadier au cours d'une conference de presse relative h la dlcuiiicme campagne de reduction des prix. Aucun commentaire li'ac'oinp)agne celte court dtp&Eche. S4. COMNMBEICi FnANCO-rI1TANNIQUEi Le Times et le Dailf! Telegraph publient un trees court article sur les insures cnvisag-es par lo Comited conomique franco-britannique pour accroitre les relations commercials entire les deux pays. Ils signalent tous deux quo l'a.cord s'est fait sur l'importalion en Grande-Bretagne de toutes sorts de bois de construction en provenance de la IF ance ou de I'Empire franiais. Ils precisent vgalement qut des arrangements sont intervienms pour aecroitre le tourisnme de part et d'autre de la Manche. a. -1- IINONESIE Le Times reproduit unie dti': hle Reuter anlnonant que Ie government hollandaise a dcidi6 de maintenir ses troupes en Indon6sic tant que la nouvelle republique indonssienne ne se montrera pas digne de la confiance qui lui iv 6td accordee. 6. -- COMMUNISME AL.LEMANM) UIte depeclle Reuaer reproduite par le Times annoncc que six memblres du parti communist allemand de la zone amnl- ricaine vont se rendre en Grande-Bretagne, invites par le parti communist britannique pour assisted A la Confirence impdriale de ce part qui dolt s'ouvrir dimaiche iprochain. a) LA' (;iHANDE-IRElTA.\(NE i:T L'INDE. II. Times (21/2) : < Fixer un delai h 1'Pvacualion de I'inde pcut I 'ap- porter que des complications politiques. C'est un en- gagement inflexible qui ne tient pas compete du fa(leur human. Une fois decide, il dolt eire appliqut, nleime si aucun gouvernement no se montre' capable de con- server le plus grand don que la Grande-Bretagne ait fait i I'Inde, et le plus grand ava vlnlage : son unit ad- ministrative. On ne salt pas non plus pour quelle rai- son une Assembl6e constiltiune et repr6sentalive de- vrait accomplir sa tAche dilficile dans un dClai aussi court que quinze mois. Une tell rapidity serait con- traire A la raison mime, et aux pric'dents historilues. Ce qui imported surtout, ce n'est pas qu'un project cons- titutionnel soit compl6tement mis au point au moment du depart du gouvernement britannique, mais qu'il v ait alors tn oui plusieurs gouvernemellts capable TI'as- sumer entierement le poids des obligations auxquelles l'Angleterre aura renonc. Toutefois, le grave danger est que la declar lion d'hier du fail qu'elle n'apporte aucune solution a la crise actuelle du Cabinet peat renforeer la d6ter- mination du parti du Congres ct de la Ligue Miisul- mane A ne faire aucune concession. Elle pourrait 6ga- lement accentuer l'intention d6clarde de contraindre le gouvernement britannique, sous la menace d'un arrEt immediat des rouages centraux, it se decider er fa- veur des revendicalions exclusives de I'une des parties. Une telle solution serait totalement indigne de la part de la Grande-Bretagne. Etant dnn6 l'6tat avanc6 du d6veloppement constitutionnel indien, la Grande-Bre- tagne ne peut pretendre exercer une autorit6 mat.rielle ou morale pour imposer ses propres conceptions dans une question ie concernant que les Indiens. > 2. I)aily Herald (21/2, travailliste) : < On esprre que la declaration de M. Attlee incitera les dirigeants indiens a prcndre leurs responsibilities avec un sentiment nouveau de realisnme et une plus grande comprehension de 1'urgence de la situation. Pour le reste du monde, ce sera 1A la preuve definitive que le gouvernement britannique est sincere dans son d6sir de voir l'lnde gonuern6e par les Indiens, et ne tire pas come on le laisse entendre quelquefois - tine cerlaine salisfaclion des querelles intestines qui retardent le transfer dI pouvoir. > 3. News Chronicle (21/2, independent) : << Le rappei de Lord Wavell a cause une profonde surprise it la Chambre, umais on peut supposed qu'une explication sera donnce au course des debats cqui au- ront lieu prochainement, car le pays a le droit de sa- voir pourquoi ce grand serviteur de la Couronne, don't les qualities d'homme d'Etat, la loyaut6 ct le d6voue- ment ne sont pas discutes, se voit maintenant oblige de quitter son poste. Un changement de politique est souvent rendu plus effectif par un changement de per- sonnel, et si des qualities d'imagination et de souplesse sont requires, Ie vicomte Mountbatten n'en manque certes pas. Le people indien sail maintenant que ie transfer des pouvoirs doit etre effectu6 le 19 juin 1948 au pluts lard, et cela m6me si les diverse communautCs n'ont pas fini par se mettre d'accord. Dans P'impasse actuelle, les propositions de la mis- sion minist6rielle pourraient bien se reveler imprati- cables. Les leaders indiens peuvent, s'ils le desirent, rendre possible P'application du plan du Cabinet bri- lannique ; mais, autrement, il leur appartient de pre- senter un autre project constitutionnel. On risque 6vi- deminent que Jinnah joue le tout pour le tout et se decide sans restriction pour le Pakistan. Une seule consideration pourrait l'arrtter : en cas de diffilcultds, il ne pourra plus computer sur les autorites britanni- ques. En effet, dans seize mois les autorites britanni- ques auront cess6 d'exister. , 4. Continental Ipaily Mail (21/2) : < La nouvelle a 1et accucillie avec stupeur au Par- lement, et dans le monde cutier on 1'apprendra avec une certain incr6dulit6. Datis l'histoire de notre Em- pire, ce n'est pas la premiere fois que l'autorite est transf6rde a des peuples d'outre-mer, mais jamais dans des circonstances semblables i celles-ci. Des Iraites et des accords etaicnt toujours signs avant que nous conf6rions une responsabilite si on6reuse. Mais il n'existe aucun accord entire les parties politiques ri- vaux de l'Inde, el it est peu probable que cela se pro- duise. La paix, dans cet imnnense pays, est suspendue i un fil. lPourquoi, dans ces conditions, cette miiesure capital a-l-elle i16 prise si soudainement ? On nous dit ca terms vagues que l'autoriti sera transf6ree A << un quelconque gouvernement central >, on peut-Ctre aux provinces, ou < en proc6dant de la fagon qui semblera la plus raisonnable >. Ce serait condamner l'Inde au chaos et A des effusions de sang, car les parties rivaux ne tarderaient phs a en venir aux mains. Une fois les Britanniques parts, la lutte reclle flULL~TIN QUOTIDIEN DE PRESSED ~TRAN0tRE S pour la conquele du pouvoir coinininceir. Ce sera un combat sans merci pour l'Inde..> b) LE RAVITAILLEMENT EN FRANCE (Conlinental Daily Mail, 21/2) : < Deux ans aprls la liberation, la France, qui a eu pendant-cette periode sept ministres du Ravitaillement, est encore aux prises avec ce grave probleme : com- ment nourrir les centres urbains ? Le fait est que les rations distributes aux habitants des villes fran:aises sont insuffisantes et que le march noir prospere. Ce- pendant, d'autres faits prouvent que les Francais pour- raient -tre convenablement nourris. II exisle 6videimment de multiples causes A cette si- tuation alimentaire d(sastreuse. Mais la plupart des observateurs admettent que ]a principal difficult r6side dans l'ind6cision du gouvernement quant au type d',conomie qu'il entend pratiquer. L'hesitation actuelle entire une 6conomie libre et une economic con- tr616e encourage les activities de centaines de milliers de traflquants.du marched noir, et, en attendant, la p6- nurie artificielle continue. > II. PRESS AMERICAINE Reiire e la preIsse amn'ricaine hd 20 fevrier 1947 1. RELATIONS AMKRICANO-SOVI'InTIQUE La press continue i fire clho ies divergences de vueC qui se situent dens le cadre des relations rnsso-amrlricaincs. Les correspondents de Londres signalent le vif ,change de propos entire le gniral Clark et AM. Gusev, soulignant que. selon lo delCgu6 amrnicain h la Conference des Adjoints, les U. S. A. ne reconnaissent pas et n ereconnaitront ja- mais come 16gales a un grand nombre de saisies' op6rdes h titrc de reparations par les Soviets dans lIurs zones en Autriche. Dans une dUpche d Moscou au New York Times, Middleton declare que les politiqucs am6ricaine et britan- nique en Europe occidental sont l'objet de vives attaquces dans un article de Kusinen public par la I'Pratda. Enfin, des dSclarations de M. Russell, recteur du Collge de professeurs de l'Universit6 de Columbia iS New-York, pre- conisant une position tr,.s ferme h Pl'gard de ]a Russie, sont rapporties dans le New York Times. M. Russell aurait no- tamment dit : ,, Nous n'avons pas non p lus hesoin d'etre polis avce un pays qui ne nous trait qu'aver insolence. Pourquoi nous laisser intimidcr par unen dictature orientaJe, par un group d'hommes qui craignent pour ]eur vie ? Attaquons l'J. R. S. S. sur ses faiblesses, sur son despotisme, sa dictature, sur le peu do respect qu'clle marquee de la rgle de la majority. il. Lippmann, commentant la proposition soviitique de contrble de 1'6nergie atomique, repousse toute idWe de des- truction, par les U. S. A. du stock de bombs atomiques qu'ils possedent, faisant valoir que, dans le cas d'une autre arme le gaz de guerre la fabrication n'est incme pas r6glementce en temps de paix, bien que 'emploi de ces gaz soit interdit en temps de guerre. 11 estime, au surplus, que la hombe atomique r6tablit 1'equilibre des forces russo- ,ambricaines. < Pour le moment, ecrit-il, la bombe atomiquc n'est rien de plus qu'une arme qui contre-balance lan puissance de la Russie dans les effectifs et la position: g6ographique plus avantageuse de ce pays. v 2. --- QUESiTIONS FRANCAISES La signature dc I'accord cultural franco-polonais est an- nonc6 par les correspondents de Paris. Celui du New York Times 6crit que cet accord < est consid6r6 comme prelude i des ntgociations pour un pacte d'amiti6 destiny h rempla-. cer la vieille alliance franco-polonaise ,. Le Christian Science Monitor consacre touted une page it des articles d'Edouard Herriot, Frangois Poncet et Teitgen, repondant h la question : Que faire de l'Allemagne ? , a) AVANT LA CONFERENCE DE MoscoU (New York Herald Tribune, 21/2) : < II ne peut y avoir pour l'instant de trait6 avec l'Allemagne, parce qu'il n'existe pas d'organisme te- nant lieu de gouvernement allemand qui puisse parler au nom de l'Allemagne on signer un document quel- conque qui lierait 16galerient sinon moralement - l'ensemble de la nation allemande. L'essentiel du pro- bl6me allemand pour les Allibs, c'est de savoir com- ment les Allemands peuvent cr6er un gouvernement allemand. Tant que les Allies n'auront pas resolu cette question, ils ne pourront esp6rer se mettre d'accord sur les clauses que la nation allemande se sentira obli- g6e d'accepter, on que les Alli6s s'enten-draient pour lui imposer. Tout ce ique nous pouvrins fair, c'est de r6diger un statute on une charter qui d6finisse les modalit6s de creation d'un gouvernement allemand, le statut provi- soire de 1'Allemagne jusqu'A la creation de cc gouver- nement, les frontibres des Etats voisins, les obligations de l'Allemagne dans le 'domaine 6conomique pendant la p6riode d'apr6s-guerre. Une action dans ce sens serait une garantie centre le plus grand danger, A savoir que l'ensemble de la nation allemande tombe sous la domination d'un part politique h\ direction central, qu'il soil cominuniste, nationalist, on participe des deux, c'est-h-dire commu- nisle-nationaliste. Certains Etats allemands seraient sans anucun doute communists, d'autres seraient social- d6mnocrates, t'autres encore seraient contr616s par les parties de droite. Mais cette divcrsite vaudrait inflni- ment mieux que I'unit. qui ne pent tire dans son fond que nationalist, que cette unit s'nppuie sur la Russie sovi6tique on sur les Etals-Unis e! la Grande-Bretagne. C'est en morcelant la force polilique allemande, en. cr6ant des Etats s6par6s, que les Alli6s pourront ame- ncr les Allemannds "i apprendre peu hi plen et dans des. conditions possibles h se gouverner eux-mnimes. Et les Allies n'auront pas i faire face a1 un problem qu'ils ne peuvent espercr r6soudre par un accord dans les circonstances pr6senles, a savoir si 1'ensemble de I'Al- lemagne se tournera vers I'Est on vers l'Ouest. Aussi, faire de l'Allemagne une < confCderation 15- che > ne constitute pas seulement le moyen le plus appropri,6 d'amener les Allemands a apprendre A se gouverner eux-m&mes; c'est la seule facon de trouver tn moyen terme sans faire le sacrifice d'aucun principle entire les positions opposes de 'ITnion So- vi6tique on des Nations occidentales. > (WALTEri LIPPMANN.) b) LA GRANDE-BRETAGNE ET L'INDE (New York Herald Tribune, 21/2, edition europbenne) : << La declaration du Premier Ministre conslitue le point culminant des efforts 6normes\d6ployCs par le gouvernement travailliste pour regler de facon d6fini- tive le probleme si 6pineux que represente depuis si longtemps l'Inde pour la Grande-Bretagne. En fixant une date definitive A la fin de la domination britanni- 'RP~"~ 9 BULLETIN QUOTMDXBlq DX PRESS ftRANGQtRE 4 BULLETIN %UOTX)LWN DE PRESSIS *TRQPNLA que sur I'lnde, le gouvernemeil esp.re de loule 6vi- dence obliger les Musulmans et les Hindous ai prendre leurs responsabilites pour r6aliser l'union de leir pays et pour mettre fin a leurs divergences politiques. Nomimn vice-roi par M. Churchill en 1943, Lord Wavell a soutenu les efforts du gouvernement travail- liste pour donner t l'Inde la liberal et I'inde6pcndance au sein du Commonwealth ou en dehors. II a toutefois insist pour qu'on ne fasse rien qui puisse perlnettre une division de l'Inde en Etats hindou et musulman, et cela m6me si la situation s'aggrave. II cst evident que ]a measure qui vient d'Mtre prise aujourd'hui per- met d'envisager un tel partage, si n'mei elle ne va pas jusqu'a encourager les Musulmans it continue de s'op- poser A la formation d'un gouverncnient central. Ii reste i voir si la measure qui vient d'etre prise aura les effects politiques qu'on espere. II est difficile de voir comment la Ligue Musulmane pourra etre encouraged A entrer dans un gouvernement central, alors que le gouvernement refuse meme d'accorder aux Musulmans un < Pakistan', limited. D'autre part, en adlnettant meme finalement la possibility du Pakistan, les Britan- niques pourront peut-6tre r6ussir i obliger le p:trti du Congress A adopter une attitude suffisamment lib&rale pour encourager les Musulmans A participer A ua gou- vernement federal. >> (DON COOK.) c) LE PROBLEM PALESTINIEN. 1. Baltimore Sun (19/2) : a La decision de soumettre le problime palestinien A I'O.N.U. est tres sage. Si la Grande-Bretagne songeait maintenant A imposer sa propre solution, rien ne prouve qu'elle serait durable ou que la Grande-Bre- tagne pourrait la rendre telle. La situation en Pales- tine est devenue telle qu'aucune puissance ne peut en assumer seule la responsabilit6 et que le seul espoir reside dans une solution soutenue par toute la commu- naut6 des Nations Unies. >> 2. Chicago Daily News (19/2) : < La Grande-Bretagne confess maintenant qu'elle a 6puis6 tous les moyens de conciliation. Les Nations Unies doivent trouver une solution just et doivent per- suader les deux parties de.l'accepter. C'est une kpreuve difficile, mais elle dolt Otre bien accueillie. Tbt ou tard, en effet, les Nations Unies devront r6soudre des crises plus dangereuses, et la foi que les nations aurunt en elles d6pendra du courage et de la determination don't les Nations Unies auront fait preuve A 18'gard de pro- l6mes semblables A celui de la Palestine. > I1. PRESSE SOVIETIQUE Revue de Ila press sovidHtqiie du 20 fdvrier 1947 Les rubriques de politique Ctranglre *qui sQnt copieuses dans la Pravda et les Izuvetia, on raison de la publication des traits de paix bulgare et finlandais, sont beaucoup moins importantes dans L'es autres quotidiens et a peu pres exclusivement consacrees h des informations. On peut classer les textes en quatre groups : 1. LE PROBLAME ALLEMAND Paami les informations donnees par Tass, deux teigram- mes signalent la formation en Allemagne d'un comite de travail mixte coiupost (des reprec-nia nts du parti socIialisle unified et de ceux du parti communicate des zoncs occiden- lales. La press sovi6tique reproduil igalement des extraits de press allemande relatifs Ih indulgencee accordee anx prisonniers hitl4riens dans le sectcur amiricain. Trud public une court, note d'Alexandrova dlnonqant E'attitude du gene- ral Clark h la Confdrence des Adjoints dans la discussion sur l'Autriche. (Voir l'article plus loin.) 2. LEiS FAUSSES NOUVELLES ANTI-SOVINTIQUES Trois textcs de l'agence Tass : a) ULn dnicnti official aux allCgatioiis des journaux chi- nois de Nankin concernant L'cscale i Dalny de trois navires de guerre soietliquues charges de commnunistes chinois el I'achemineiienlt par r er d DUalnNy i Port-Arthur et Fou- 'Tehlou ie munitions destinCes a I'armcec communist du Chan-Toung. Ces nouvelles, rfpond 1'agence T'ss. sont inven- ties de touted i)ice du commeincementt a la fin. b) Un tdhlgramme d'Oslo relieve que les conservateurs nor- vigiens seraient disposes a cder aux inentaces franquistes de fermeture des ports espagnols en invoquant les prdtendus pourparlers entire 'Moscou et Madrid pour un trait de com- merce et la reprise des relations diploimatiques. Une fois de plus, cc bruit est traitM de manaeuvre anti-sovi6tique et de provocation. c) lUn telegramme d'Athbnes reproduit Ie d6menti oppose par Ie gouvernement grec aux allegations de son directeur de la police touchant assistance sovietique et yougoslave nux partisans et leurs manfruvres pour tromper la commis- sion d'enqubte. 3. -LA BATAILE POUR LA DEMOCHATIE La press soviitique reproduit sons cette ruhriqun uine scrie d'informations : Discussion i Ia Ditte polonaise de la loi d'organisation des pouvoirs publics, questions aux Communes it propos de I'arme Anders. depositions des reprsecntants des parties de gauche devant la commission d'enquete sur la Grece, repro- duction d'une note de Belgrade sur la carri6re du diplomat britannique Balfour. actuellement chef de la section politi- que de l'ambassade britannique ai Athbnes et qui, jusqu'en 1941, aurait eto connu dans une sdric de pays come prttre ou moine, mais A caque fois de religion different. 4. -- RfPERCUSSIONS DIVERSiTS DES POLITIQUES ANGIO-AM f ICAINEP La press soviktique reproduit de volumincux competes ren- dus des reunions du 19 fivrier au Conseil de Sdcurit. con- cernant la plainte britannique contre l'Albanie et la riduc- !ion gdn6rale des armements. Elle donne 6galement des comptes rendus de la seance du 18 ii la Chambre des Com- munes sur la Palestine, ainsi que de tris large extraits du discours de M. Bevin. A propos de la demand ambricaine de remise des iles japonaises sous mandate. un telegramme de New-York signal un commentaire du New York Times soulignast que 'U. R. S. S., la Grande-Bretagne et I'Australie seraient opposes A cette solution ; un commantaire du New York HeiraMl Tribune, par ailleurs, assure que le project am6- ricain permettrait de faire du Pacifique un vaste lac amb- ricain. La France et les plans de Blbc occidental (Pravda, 20/2) : < Les plans de bloc occidental ont suscit6 beaucoup de m6fiance, surtout en France, en d6pit des assurances britanniques. Cela e:st di : 1.0 ce que, de toute 6vi- dence, tout bloc de 1'Europe occidentale serait anti- sovi6tique; 2" au fait qu'il. y avait dans ces plans un piege p6rilleux pour l'ind6pendance et ]a souverainet6 des peuples de l'Ouest europien, ce qu'a fort bien com- pris le people frangais. D6ji fort .de 1'exp6rience des pressions 6conomiques exerc6es par l'A'ngleterre et les Etats-Unis, le people frangais pouvait deviner a quelle portion congrue de BULLETIN (UOTDIBEN DE PMESSEK ETMANiGRE J) liberty polilique il serait r6duit dans la e( e6le >) du bloc occidental. Son attention avail 6e eveilice par des articles des organes anglais et ami6ricains i'occasion des elections pour la deuxieme Constituante ; ceux-ci declaraient que l'octroi des credits amnricains a la France, it un tel moment, 6tait li6e des buls politiques bien d6finis (Ne v Ylok Tinees et agency Reuter). On comprcnd que de tels calculs ayant pour bul d'influen- cer la situation politique int6rieure de la France aient paru humiliants a des Frangais don't la conscience na- tionale est des plus evolu6es. Les Fra.nais oni comprise a just tire que, -quelles que soicnt leurs diflicultes in- tdrieures, ce sont les leurs, et qu'il leur appartient lde les resoudre sais intervention extdrieure. Le pcuple frannais n'a pas besoin de tuteur ct ii n'a pas oubli6 un souvenir particulierement odieux, celui de 1940. A l'heure de la pire mis&re nationale que cc pays ait connu, cqand les hordes gernlano-fascistcs envahis- saient le pays, Churchill essaya de faire accepted tn plan inoui : la creation d'un Etat common entire la France el la Grande-Bretagne. Mais devan Icl peril mor- tel que itfsait courir 1'envahisseur allemand, pas un hoinle d'honneur ne ful assez naif pour acceptlr la liquidation de la souverainelt de la France. Le souve- nir de l'astuce churchillienne ne s'est pas 6vanoui dans la conscience du people frangais. > Autour idu: pia.ngern. isine (Troud, 20/2) : ( MWme apres la ddfaile mnilitaire ef morale des hill6- riens, il existed en Autriche come en Allemagne beau- coup .de partisans de l'id&ologie pangermaniste. La dis- parition de l'h6ritage de l'imp6rialisme ;dlemand n'est pas 1'affaire d'un an, ni nine de deux on Irois ans. II arrive parfois que ceux-it mdme (liii devraient contribuer a la repression du pangermnliisnie se posent en protccteurs de ces iddes. C'est le cas du comman- dant en chef des forces americai,nes en Autrichc, le general Clark. Le g6n6ral Clark s'est oppose caigw.:nriqumitnt i cc qu'une clause du trait de paix avec I'Autriche inter- dise la propaganda du pangermanisme dans cc pays. Ce general n'a d'ailleurs pas une id6e Ires nette de cc qu'est le pangermanisnie, come le prouvent ses de- clarations. I1 craint, en effect, que l'expression i< piungriilnanis1e >> ne puisse pas etre traduite correctement en russe et en anglais et qu'une clause interdisant la propaganda p)an- germaniste en Autriche ne facility une inmiixlion de l'Union sovi6tique dans les affaires intdrieures de ce pays. Jusqu'ici, le pangermaniiisie, quelle que soil la langue dans laquelle on traduise cc mot, signific : principle sanguinaire de brigandage du inilitarisme et du fascismime allemands. Les raisonnemenits du gdndral Clark s'ex- pliquent non par les particularites de la langue an- glaise, mais par I'imprecision des idWes politiques de certain protecteurs du pangermanisme. > (ALEXANDROVA.) IV. PRESSE SUISSE a) La paix avec I'Allemig.ne (National Zeitung, 20/2. edition du martin) : << Les huit chefs de gouvernelnent des << pays >> des zones anglo-saxonnes d'Allemagne se sont d6clar6s ex- press6ment d'accord pour que la nation vaincue n'en- voyat pas un mmioire particulier a la Confrrence de Moscou et se bornLt a fournir des d61ments d'informa- tion aux puissances victorieuses. Ce v~eu compllee lo- giquenment leur affirmation de principle en faveur d'un statut de paix que les Allies imposcraient par un acle souverain a I'Ailemagne, dpargnant ainsi, ueclare-L-on. aux gouvernements allemands l'obligation de signer un trait de paix hunmiliant. Ainsi done, le project du dt- legue americain, Robe-t Murphy, qui s'etait prononce a la Conf6rence de Londres pour cette forme de rdgle- ment, recoit du ic6ti allemand un appui sans 6quivoque et en tout cas ne peut desormais dtre attaque a Moscou sous pretexte qu'll blesserait certaines susceptibiitis germaniques. II est evident que la grave re.,ponsl:sbilitl morale que constituerait la signature d'un irait de paix par des plenipotentiaires allemands a..cccptant, sous le covert d'une fiction quelconque, les oliTgations inscriles dans cc document, portrait un coup terrible A l'aulorite ddeja si precaire des gouvernemenfs locaux forms sous le regime de 1'occupation. L'attitude si netle adoplde par les Presidents du Conseil reunis h Wiesbaden permit de croire que le project de M. Murphy est nc a la suite de conversations entre cc conseiller politique des au- torites americaines d'occupation, qui est parfaitement au courant des questions allemnandes, et les milieux gouvernementaux d'Allemagne. Maintenant, il est de toule facon moralmenie assez difficile aux repr6sen- tanis des ministries de la zone sovi6tique de repondre aux voeux de I'U. R. S. S. concernant la forme du traits de paix. Pour le moment an moins, l'envoi d'une dd16- gation allemande a Moscou parait ainsi devenir des plus problematiques. >> b) Lai queslkon idu disurmemienti (Tribune de Geneve, 20/2) : < Sous le covert des subtiles discussions de procd- dure qui se poursuivent a Lake-Success, on assisted a un veritable diuel russo-amdricain. Les rcprdsentants des Etats-Unis savent fort bien que I'. R. S. S. n'accep- tera jamais institution d'un system dte contrbie abso- lument incompatible avec sa farouche conception de la souverainete national. De leur cote, les ddelguCs so- vietiques savenl tout aussi bien que le gouvernement tie Washington ne renoncera pas a l'arme sur laquelie repose toute sa force offensive sans avoir obtenu de slides garanties concernant la sauvegarde de ses inte- rdts dans les regions du monde que i'armlne rouge tient a sa merci. Tous les beaux arguments invoquds de part et d'autres relivent done bien plus de la << guerre des nerfs > que d'une relle volonti de paix. Cependant, on lne joue pas impunement avec les aspirations profondes des peuples et heureusement qu'en tin de compete, d'im- placables necessitds dconomlques et budgdtaires oblige- ront tout de mdme les grandes puissances i reduire leurs ddpenses militaires et a renvoyer leurs soldats A l'usine et aux champs. >> (PAUL DU BOCHET.) ANNEXE Exlraits du discours de M. Attlee aux Conmm~ues sur I'lnde (d'aprIs le Continental Daily Mail) << Depuis longtcmps, la politique des gouverne- nients britanniques qui se sont succedd a 0t6 de rdaliser l'autonomie de l'Inde. Conformdment h cette politique, nous venons d'accorder une plus grande responsabilit6 aux Indiens. L'6tat actuel d'incerlilude centre les divers par- 6 BULLETIN QUOTiDIkN DE PRESS *TRANGORE tis indiens n'est pas exempt de dangers et ne peut durer -ind6finiment. C'est l'intention du gouvernement britannique de prendre les measures n6cessaires pour effectuer le transfer des pouvoirs ( entire les mains indien- nes responsables > avant le mois de juin 194t8 au plus tard. > Puis M. Attlee annonca que Lord Wavell etait renm- plac6 par Lord Mountbatten. II pr6cisa que le chan- gement serait effectu6 en mars. II ajouta : < Quant aux Etats princiers indiens, le gouver- nement de Sa Majeste n'a,,pas l'intention d'aban- donner ses droils ni de se soustraire aux obliga- tions qu'il a envers eux au profit d'un gouverne- ment quelconque de l'Inde britannique. Le gouvernement britannique desire transferer ses responsabilitls i un gouvernement qui, jouis- sant de l'appui du people, soit capable de main- tenir l'ordre et de gouverner avec justice et effi- cacit. 11 est done indispensable que tous les parties surmontent leurs divergences de fagon A 6tre prils a supporter les lourdes responsabilites qui leur in- comberont 1'ann6e prochaine. Bien que le tranfert du pouvoir ne doive pas s'effectuer avant le mois de juin 1948, ii faut deja prendre des measures preparatoires. II imported que l'efficacit6 de administration ci- vile soit maintenue et que la defense de 1'Inde soit conipleement assuree. L'INTERVENTION DE M. CHURCHILL M. Churchill .se leva alors et posa la question sui- vante an Premier Ministre : < Quclles divergences ou quels d6saccords se .sont elev6s entire le Vice-Roi et le gouvernement britannique ? > M. Attlee rdpondit << Je ne desire rien ajouter a ma declaration. > Apres que M. Churchill eut declare que l'opposifion avait le droit de savoir ce qui se passait, le Premier Ministre r6pondit que le problem indien 6tait en course d'evolution et que le gouvernement avait jug6 le mo- ment favorable pour remplacer Lord Wavell. M. Churchill, acclam6 par l'opposifion, cria alors que M. Attlee ne s'6tait sirement pas r&veill6 un beau ma- tin en disant : ( C'est le moment de choisir un nouveau Vice- Roi. > Et il ajouta : ( Pourquoi a-t-on choisi ce moment ? Pourquoi Sn'avons-nous pas le droit de connaitre la v6rit ? M. Attlee r6pondit sechement : < Lorsque vous 6tiez Premier Ministre, vous avez rcmplac6 un grand nombre de militaires et de ci- vils, mais je ne me souviens p.as que vous ayez 6td oblige de venir A la Chambre pour exposer les rai- sons de ces changements. M. Churchill se leva de nouveau et declara que, dans le cas present, il s'agissait d'un officer qui avait rendu de grands services A son pays. II demand A nouveau pourquoi il 6tait remplace. M. Attlee refusal de r6pondre. S. P. I. Imp., 27. rue Nicolo, Paris 31.3009 Prix : 6 fr. |
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