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SEBVICUES jftAN(AAfI D'INFORMATION (MINIST*RB DR LA JnUNzSax, DES ARTS IT DES LiETTRS) Direction de la Documentathon 14-16, rue Lord-Byron, Paris (8*) BULLETIN DE 20 fevrier 1947. L DOCUMENTATION FRANQAISE UY ----- ---_!t S-E- QUOTIDIEN ETRANGERE Nouvelle S6rie N* S09 I. PRESS BRITANNIQUE Revue de la press britannique du 20 frvrier 1947 C'est toujours A la crise du carbon et aux probl6mes qu'elle a mis en lumirre, que la press de ce martin reserve ses manchettes et ses articles de fond. Elle reproduit les passages principaux des declarations faites hier aux Com- munes par le Premier Ministre, dans lesquelles celui-ci a annoncd notamnent la rdouverture des usines du Midland, mais n'a pas pu prdciser dans combien de temps les autres regions du pays pourront retrouver leur activity normal. Elle met egalement en relief que le Gouvernement envi- sage le principle de 1'6chelonnement des heures de travail dans l'industric, adin de mInager les g6neratrices des cen- trales Clectriques. I1 s'agit lh encore d'une measure d'urgenceo qui rompt avec les hiabitudes du passe ct dont l'applica- tion soulvera de nombreuses difficulties. Tous les journaux signalent les magnifiques efforts dd- ployds par les miners, les cheminots, les agents de trans- ports et les dockers, auxqu'els M. Attlee lui-meme a rendu bommage hier aux Communes. Le problmme de la main-d'oeuvre en Grande-Bretagne, don't la press parle couramment maintenant, a fait l'objet de consultations entire le Gouverncment italien et les repre- sentants britanniques. La Grande-Bretagne ddsirerait em- ployer deux mille fondeurs italiens dans ses usines. A cc sujet Geoffrey Murrey, dans le News Chronicle, compare les m6thodes britanniques de recrutement (selec- tion, accord prdalable de divers organismes interess6s) aux m6thodes frangaises : < La France ne s'embarrasse pas de tells metho- des, elle offre au bout d'un an la nationality frangaise h tout travaillcur stranger don't la conduit et lI travail auront dtd satisfaisants. o Quant a William Ruft, dans le Daily Worker, il estime que l'immigration des personnel d6plaches, actuellement & 1'dtude, ne pourra resoudre en aucune maninre le problmme de la main-d'euvre, et n'a pour but que de crber au sein du movement ouvrier un moyen rdactionnaire stranger (baltes, polonais, sympathisants nazis) qui pourra 6tre utilis6 pour favoriser des adventures militaires et pour permettre au Gouvernement de maintenir sous les drapeaux des effectifs important. a Le movement ouvrier britannique, declare-t-il, ne doit pas se laisser prendre A ce pi6ge. Seul, un changrment de la politique extdrieure de la Grande- Bretagne pourra permettre de rendre aux usines des centaines de milliers d'hommes. 0 La situation alimentaire semble inqui6ter certain mem- bres de la Chambre des Lords. Lord Treviot a declare no- tamment hier que la situation 6tait tragique et qu'il fallait employer toute la main-d'oeuvre disponible pour accrottre la production alimentaire. Lord de la Warre a declared A son tour que si le Gouvernement continuait sa po-litique actuelle, une crise analogue A celle du carbon pourrait se produire dans le domaine du ravitaillement. A ce sujet notons que des ndgociations commercials vont s'ouvrlr cette semaine entire le Gouvernement britannique et le GouL vernement danois. Le Danemark rembourserait sa dette & la Grande-Bretagne sous forme de produi:s alimentaires. Telles sent les trois questions qui retiennent presque exclu- sivement attention de la press. Tons les autres problmes de politique exterieure percent de leur importance. La France ne fait l'objet qu'e d'un tres court article du Daily Telegraph. L'echange de projects franco-anglais est expose tre& brievement par le Times et la ailua.ion en Indochine ne fournit matiBre qu'A une seule depeche dans ce mnme journal. Toutefois le Times donne un peu plus de relief a l'accord cultural franco-polonais. 1. ALLIANCE FRANCO-ANGLAISE Le Times reproduit une dipeche Reuter selon laquelle les points de vues frangais et britanniques diffrercaient sur la question allemande. La France demanderalt que les deux pays agissent en commun au cas d'une menace d'agression de l'Allemagne A 1'instar de l'accord franco-sovittique, tan- dis que la Grande-Bretagne n'envisagerait I'actiun militaire commune que dans le cas d'une aggression caract6risde. Au- cun commentaire n'accompagne cette d6p&che. 2. ACCORD CULTURAL FRANCO-POLONAIS La signature de cet accord qui a eu lieu A Paris entire les Ministr.es frangais et poloniais est considdrde par le cor- respondant particulier du Times comme la premiere etape verse la revision du trait franco-polonais de 1921 et du trait de Locarno de 1925. (Voir Particle plus loin). 3. INDOCHINE Le correspondent particulier du Times & Paris stgnale les succes remportds par les troupes franqaises dans le s'ec- teur d'Hano.i et announce que les troupes vietnamiennes ont csd le feu dans le quarter annamite de cette ville. II an- nonce egalement un succ6s militaire. francais au nord de Hu6. PRESS - -- I^- -- -- "-- -e I ---~-~--~ I- ` - 2 L'tULRTIN QUOT IEE N Di, PRESSEATRANGtRF 4. L'INCIDENT DE CORFOU La pic;:e nnofloce quc Ic deligue aibanais au Conseil *%e Sdcurite n'a pna rcconnu les accusations britanniques et qu'il a accused ,on tour la Grandc-B:etagne d'avoi pCn6- trd dans les caux territo'iales albanascs. L'Albanic consi- dUrait en outre qu.e le fait que les canons du navire britan- nique aicnt Ltd points vers les c6tes abanaises, conti'uait un geste d'hostilite de la part de ]'dquipage. 5. PACIFIQUE Alister Cooke cAble de Lake Success aul Manchester Guar- dian cue les dilegu4s britannique et sovi6tique out protest vigoureusement contre le p-ojct am&ricain tendant a trans- former les miles du Pacifique anterieurement sous mandate japonais, en des bases stra;egiques. 6. REPARATIONS ALLEMANDES Une nouvelle controversy a Wet provoqune entire les reprd- sentants anglo-americains et le repr6esntant sovidtiqcre, par une champagne de la Prauda aciusant Les ddmocratics occi- dentales d'avoir preev6 jusqu'A ce jour, au tiUre de., r6pa- rations, une quantity plus impor'ante d'outillage et de products que celles qui ont Wtd alloudcs globalement a la Ru'ssie. Le correspondent diplornatique du Times r6pond A la Pravda et d6montre avec chiffre; A I'appui que le montant ,des reparations obienues par I'U.R.S.S. est comparativemen' beaucoup plus important que celui prdleve par les autres puissances occupants. 7. DEFENSE NORD-AMERICAINE Le correspondent particulier du Times A Ottawa a:lnonce que la press canadienne rejette comme < ridicules les allegations des Izvestia selon lesquelles le Canada aurait mis son territoire et son armde A la disposition des Etats- Unis A des fins d'agression. 8. ARGENTINE Sans indiquer la date, le Daily Worker reproduit one in- formation selon laquelle l'Argcn;ine tciterait, avec le con- cours du physician allemand Werner Heustenberg, :le fa- briquer des bombes a'omiques A la suite de la ddccuverte d'importants gi-ements d'uranium dans la province dc Men- doza. CGt'e nou'velle serait donnde par le magazine :tmeri- cain New Republic. a) L'ILABORATION DU TRAIT DE PAIX POUR L'ALLEMIAGNE (Times, 20/2) : e Les supplants des ministres des Affaires 6trang6- res s'occupent actuellement, A Lancaster House, de fixer la procedure A suivre A propos du trail de paix avoc I'Ailemagne. Maintenant ou jamais, les lemons que nous pouvons iirer de I'exp6rience acquise l'annei der- niere en maliere de preparation dc trail, devraient 6tre appliquees A une tAche que toutes leo puissances. grandes on petites, doiveit reconnaiire avec franchise comme pleine de difficulties. 1 .audratt etab-r unc procedure reconnnaissant aussi largement que possible les int6eres de tous les Etals qui onl aide a vaincre I'Allemagne, et leur pr6- tention naturelle de participer aux discussions. II fau- drait aussi recunnai.re !a n6ctssi.6 d'arriver A un re- glement dans un d6lai raisonnable, de ne pas Inisser s'6garer :es discussions et d'Aviter autant que possible des controverses vio en.cs ct pub.iqu.s de nature A cau-- sar du lorl aux participants. L'accord final su- la procedure A suivre ne p )urra sans doute pas 6tre r6a!is6 avant la conference de Mos- cou. Si l'on ne pouvait atleindre ce but, il en rosulte- rail de d6Dlorables consequences, parmi lesquel:es il faut mentionner cette possibility : il pourrait 6tre ne- cessaire de reiioncer pour le moment aux perspectives d'un trait et de revenir A la solution" d'un nouveau < statut > impose, du genre de ce'ui de Potsdam. Un tel expedient a recu un certain appui de la part des gouvernements anm~ricain, australien et canadien. Les inrites que 1'on reconnait A ceite solution n'ont pas ete clairement exposes, mais I'un d'cux semblerait eire qu'elle n'cxigerait pas de signature allemande et 6vite- rait ainsi d'avoir A 6tablir un gouvernement allemand faible, qui serait paralys6 des son entrbe en functions par l'impopularit6 et la d6faveur publiques. Cepenuant I'Allemagne devra bien signer un jour, et une telle temporisation ne rendrait pas cet acte plus facile pour elle et les Allies. II est temps do commen- cer A prendre des measures pour charger un gouverne- ment allemand de s'occuper des problemes de 1'Alle- magne. II est temps qu'an trait de paix soit sign pour r6gler ces questions. , b) LES RAPPORTS FRANCO-POLONAIS (Times, 20/2) : t Les gouvernements francais et polonais ont sign, A Paris un accord destin &A intensifier et A faciliter les changes culturels entire les deux pays. Les pourparlers entire M. Bidault et M. Mcdzile-wski out about A l.a decision de reviser le trai:L franco- polonais de 1921, par lequel les deux puissances s'en- gageaient A se fournir une assistance mutuelle pour re- sister a toute aggression non provoquee ; on procAde- rait 6galemeni a une revision du trait sign par les deux puissances en 1925 A Locarno et qui entrait dans le cadre du syst6mc de sccurite de la Societ6 des Nations. Les negociations relatives A ces revisions, qui doi- vent 6tre menbes par la voie diplomatique, auront pour objet d'accroitre la security recherche par les deux pays contire la possibility d'une aggression allemande dans l'avenir. A cet 6gard, le gouvernement frangais consider le trait polonais comme un complement aux traits qu'il a signs avec d'autres pays et A celui qui est en course de discussion avec la Grande-Bretagne. Etant donnE que les Francais n'ont pas encore pris officiellement position en ce qui concern les frontib- res occidentales de la Pologne et ne front probable- ment rien dans ce sens avant la conference de Moscou. le traits prevu ne comportera pas de garantie de f0on- tiSres. > (Du correspondent du Times A Paris ) c) LA CRISE DU CARBON EN GRANDE-BRETAGNE. 1. Daily Herald (20/2, travailliste) : (< M. Attlee a annonc6 hier une bonne nouvelle pour le redressement du pays : la crise de l'lectricit6 est en voie d'etre rCsolue. En effel, les industries du Mid- land pourront de nouveau utiliser 1'6nergie 6lectrique A partir de lundi prochain. Nous espArtns que le gouvernement annoncera en- suite I'adoption de measures pratiques pour augmenter la production et conslituer des stocks pour l'hlver pro- chain. Des measures pour trouver et enlrainer le nom- bre d'ouvriers supplementaires n6cessaires devront ctre prises bientot, car il n'y a pas beaucoup de temps a perdre. Le pays ne doit pas se contenter d'essayer de rd- duire la consommation, aussi necessaire que soit cette measure. Lorsque le beau temps reviendra, le r6pit doit eire employ A prendre des measures pour 6viter le re- tour de la cruise actuelle. : 2. News Chronicle (20/2, liberal): a Le plus mauvais moment de la cruise est mainte- nant pass. C'est ce qui resort au discourse pronounce BULLETIN QUOTIDIAN DE PRESSE tTRANGREB . hier A la Chambre des Communes par le Premier Mi- nistre.. Les perspectives sonl encore tres incertalnes. Pour faire remonter les stocks de carbon au n niveau de s6curitl6 on estime qu'il faut encore 20 millions de tonnes de carbon. Tant qu'on n'aura pas atteint ce chiffre, les foyers domestiques et les usines seront ra- iionnes. Si nous devons subir des restrictions, celles-ci doi- vent Otre appliqu,6es avec souplesse. En mime temps, le gouvernement devrait consacrer toute son 6nergie A faire augmenter la production des mines, car c'est 1 , et 1l seulement, que se trouve la veritable r6ponse aux problmmes de l'6nergie 6lectrique auquel la Grande- Bretagne doit faire face. > 3. Daily Mail (20/2, conservateur): < On ne voit pas clairement si le gouvernement est jret A s'occuper en premier lieu des questions essentiel- les. M. Isaacs a insinu6 que le rembde pour tous les maux itait de multiplier les nationalisations. M. Attlee a d6clar6 samedi A Manchester que 1'ensemble du pro- gramme gouvernemental continuerait a l6re ex6cu4t. A cet 6gard, nous avons eu plus que notre compete d'aven- lures dans I'inconnu. Le bon sens le plus kl1mentaire indique que l'on devrait attendre le r6sultat de ces experiences avant d'en commencer d'autres et qu'il faudrait determiner la politique future en function de leurs r6sultats. Un gouvernement qui insisted avec une telle opiniAtret6 pour appliquer des doctrines que 'ex- p6rience n'a pas justifies est un gouvernement qui joue inconsid&r6ment avec le bien-otre de la nation. i 4. Daily Worker (20/2, communiste: < Le r6tablissement des distributions de courant 61ec- trique aux industries du Midland permet naturellement d'esp6rer qu'il sera bientbt possible d'appliquer les mi- mes measures A 1'ensemble du pays. Chacun devra bicn se p6n6trer de ceci lors de la remise en march de l'in- dustric : la bataille pour le combustible n'est pas ter- minfe. Sous la ferme direction du gouvernement, le people tout entier doit coop6rer pour 6conomiser le combustible, afin que l'on puisse constituer des stocks suffisants pour 6viter de nouvelles crises. II. PRESS AMERICAINE Revue de la press amrricaine du 19 fvirier 1947 I. LES RELATIONS AMBRICANO-RUSSES La rkponse amiricaine A .la protestation russe au sujet d'une declaration de M. Acheson accusant l'U. R.S. S. de poursuivye une politique aggressive et d'expansion regoit une tres large publicity dans la press. Elle est annoncde sous des tires tels que : e New York Times : < Les U. S. A. rejettent la protestation de M. Molotov et ddmentent que M. Acheson ait calomnid les Soviets > ; New York Herald Tribune : MI. Marshall rejette la protestation sovidtique et appuie M. Acheson a, etc... Les grands journaux publient le texte intIgral de la note. Celle-ci declare notamment : < La conduit du sous-secr6taire d'Etat qui ripondit franchement et selon sa conscience (aux questions du senateur Me Kellar) ne peut pas itre considered comme inadmissible, mais plut6t comme conforme A son devoir. Vous definissez sa declaration comme une calomnie insolente a l'dgard de 1'Union Sovidtique. Selon nos coutumes, une declaration rdservde sur une question de politique gendrale n'est pas unq, calomnie. Par consequent, je sais qu'en y refldchissant de nou- 'eau vous ne prendrez pas franchise pour a hosri- Iitde . Dans ses commentaires, la press est unanime h ddelarer que M. Acheson ne fit qu'exprimer la v6rit6 en qualifiant la press sovi6tique a d'agressive et expansionniste n. Toute- fois, certain journaux estiment que toute v6rite n'est pas bonnee a dire, particulierement A la veille de la Confdrence de Moscou. Le New York Times, qui public un long article tres dd- taille de Reston sur I'cxpansion russe dans le monde depuls 1940, dcrit notamment : a En employant la phrase s aggressive et expansion- niste 3, M. Acheson parlait d'une politique 6trangere russe qui. denm's le ddbut du deuxieme conflict mon- dial ajouta plus de 250.000 a miles carrrs de terrl- toire et plus de 20 millions de personnel, qui ne sont pas russes, aux possessions de 1'U. R. S. S.. La phrase qu'il employa n'est pas une calomnie, h moins que de citer un fault en soit une. a Le Washington Port admot que la declaration de M. Ache- son n'est pas tres diplomatique, mais declare qu'elle est conforme aux habitudes inaugurees par les Soviets eux- memes. < Si les Russes so montrent subitement frapp6s de re que le langare idiplomatiqrue contemDorain est bru- tal, il faut qu'ils se rappellent que c'est eux-mmes qui Pont inaugurd. , De son ctd. le Plh ladelaphia Evening Bulletin, tout en :delarant quoe 'accusation portde par M. Acheson contre la politique de 1'U. R. S. S. t est 6videmment fondue ,, estime : ,, II est regretlnbic qu'un diplomat amiricain oceu- pant un post 6lev6 s'ecarte de sa route pour irriter Ies Russes f la veille d'importantes ndgociations. , La presse signal do Moscou des articles des Izreslia com. mentant le recent accord militaire centre le Canada et les U. S. A. Elle met en valour que ccs deux pays sont accuses a de preparer une agression > et quo les U. S. A. ontendent se server du Canada comme d'une Ibase pour une expan- sion impdrialiste ). Selon une dde&che de Moscou au New York Times, le gindral Bedell Smith vient d'attirer I'atten- tion de M. 'Molotov str ce fait que tons les efforts faits jus- qu'h present par les fJ. S. A. pour resserrer les liens cultures et scientifiques entire les U. S. A. et 1'U. R. S. S. confor- mdment au disir exprimd par le marechal Staline an course d'une interview avec Ellioit Roosevelt oat about h iun echee. L'ambassadeur americain aurait declare6 que les U. S. A. ont faith a a Russie neuf propositions d'dchanges d'artistes ou de savants, qui n'ont jamais obtenu de rdponse. La press rapport de Washington que e e yn6ral Marshall .surnit faith devant la Commission des Affaires Etrang5res des declarations sur la situation international. Les membres de la commission auraient qualifi6 ces declarations c d'opti- mistes > dans I'ensemble. Des ddepches Indirmuent par allieurs que le gdndral Mar- shall n'aurait pas I'intention de roster plus de trois semaines h Moscou si la Confdrence devalt se prolonger indfment. 2. -- LEa QUESTIONS FRANCAISES Les declarations de M. Ramadicr devant I'Assembl6e sont capportees dans des ddnches au New York Tnmes et au Nnw York Herald Tribune. Elles mettent en va'enr one le gouver- nement maintient fermement sa position contre toute aug- rnentation des salaires, h l'exception de ccux qui sont excep- tionnellement has. Elles relevent, par ailleurs, que le Presi- 4 BULLETIN QUOTIDIEN DR PRESS ATRANGARB dent dn Consell a owndamnd la grA&v des agents de police, qu'il a delard que ceux-ci seralent punts, et qu'il a demand lo vote d'une loi pour prevenir Je retour d'6vdnements sem- blables. * Sulzberger cAble de Paris au New York Times qu'un accord culture franco-polonais sera signed aujourd'hui. Cel accord, dit-il, constitute a un premier pas vers une nouvelle alliance ehtre Paris et Varsovie. Rappelant qu'un accord si- milaire dolt Otre sign avec la Tchdcoslovaquie, 11 ajonte que les U. S. A. suivent t avec le plus vif int6r&t cette activity* diplomatique c en raison de I'immense pouvoir que poss de le part communist en France :. Elsa Maxwell public dans le New York Post un article oh elle soutient la th6se frangaise sur 1'Allemagne. 3. INDOCHINE Selon une ddpache A.P. de Saigon, des correspondents de press firent une demarche aupres du gdndral Valluy pour obtenir que la censure soit limited aux questions militaires. 4. AFRIQUE DU NORD Le New York Times public une mise au point de son cor- respondant au Caire, Clifton Daniel, an sujet d'une lettre du Dr Ahrass, secretaire fdu Comit6 pour la liberty de J'Afrique du Nord, publiee par ce journal le 30 d6cembre dernier. Le eorrespondant declare que, contrairement A ce qu'"crit le Dr Ahrass : c Si d'autres correspondents strangers ne visitent pas I'Afrique du Nord, c'est surtout parce qu'ils ne s'y intrressent pas et non parce que les Frangais f:)nt des difficulties. > a) AUTOUR DE LA CONFERENCE DE MOSCOU. 1. New York Herald Tribune (20/2, edit. europ.) : < La tAche qui mettra le plus A l'6preuve les qualities de George C. Marshall dans son nouveau poste de se- cr6taire d'Etat, sera de trouver un accord pour trans- former les restes de 1'Allemagne en un Etat sain qui puisse contribuer au redressement de l'Europe sans mettre en danger sa s6curit6. Dans ses travaux pr6paratoires, le g6ndral Marshall devra tenir compete de trois points principaux : 1" L'Union Sovi6tique .a besoin d'un trait6 qui lui procure le maximum de reparations prilev6es sur la production allemande, sans que pour cela on courre le risque de reconstruire l'industrie de 1'Allemagne jus- qu'A un niveau dangereux. 2* La France a besoin d'un trait qui lui assure la plus grande s6curit6 possible, mais qui en m&me temps luiprocure une certain aide economique sous la forme de livraisons de carbon et d'acier. 3* Les Britanniques et les Ambricains ont besoin d'un trait qui r6duise leurs frais d'occupation et qui contribute cependant A un redressement limit de 1'co- nomie alletnande qui, d'aprfs eux, dolt pr6ceder le re- dressement g6ndral de P'Europe. Tout semble prouver que le principal int&ret de Mos- cou a 1'6gard de 1'Allemagne est aujourd'hui d'ordre 6conomique. Naturellement, les Russes ont aussi un puissant int6ret politique comme c'est le cas pour tou- tes les puissances occupants, mais les observateurs du D6partement d'Etat sont enclins & penser que les con- sid6rations 6 onomiques sont cells 4ui guident la poli- tique russe. Les dv6nements du passe indiquent que chaque fois qu'il y a eu un conflict entire ces deux fac- teurs, le Kremlin a toujours tranche en faveur du fac- tour 6conomique. 3 (WALTER KERR.) 2. New York Tintes (20/2) : o Aujourd'hui plus que jamais, il est indispensable de trouver une rdponse A la tendance expansionniste sovi6tique en Allemagne et en Autriche avant que no- tre d6elgation ne part pour Moscou... Etant donn6 les 6checs deja enregistr6s aux pr6c6dentes conferences de Londres et de Berlin, il y a deux solutions A envisager : la premiere (et il faut esp6rer qu'elle pr6vaudra), c'est qu'une entente avec 1'Union Sovi6tique reste, aprbs tout, possible; la second, c'est que tout accord avee I'Union Sovi6tique est impossible sans une capitulation complete de notre part. Nos n6gociations anterieures avec la Russie montrent que si nous n'envisageons pas 1'6ventualit6 d'un 6chec et si nous ne prdparons pas les mesureg prendre dans ce cas, nous sommes bat- lus d'avance. s b) Les Amissions amrricalnes vers la Russie (New York Herald Tribune, 19/2) : s M. John Sheehan, du Service des missions 6tran- geres du D6partement d'Etat, a pris soin de souligner que les Etats-Unis n'avaient pas l'intention d'engager une guerre de propaganda centre la Russie. Au course de l'6mission qui a inaugural ce service, les auditeurs sovi6tiques ont Wti informs que le but de ce pro- gramme 6tait de leur donner < un tableau de la vie en Am6rtque >. Moscou diffuse des missions vers les Etats-Unis de- puis plusieurs mois, mais on ne les ecoute gurre ici. Peu de Russes ayant des r6cepteurs capable de chapter les emissions 6trang6res et aucune publicity concernant les emissions americaines n'ayant 6ti faite dans 1'Union sovi6tique, la Voix de l'Amerique risque fort de ne pas trouver une large audience. Il est certainement possible de rendre les programmes a la fois plus attrayants et plus documenl6s. Cependant, nous pensions que le D6- partement d'Etat est sur la bonne voie : les Am6ricains et les Russes ont besoin d'en savoir davantage sur leurs pays respectifs et c'est li un moyen d'y parvenir. , m. -- PRESS SOVIETIQUE Revue de la presoe sovidftie du 19 f4'rier 1947 Les rubriques de politique dtrang6re demeurent de dimen- sions inaccoutumdes dans les Izvestia, la Pravda et I'Etoile Rouge. Ceci est en liaison avec la suite de la publication des traits de paix, aujourd'hui du trait avec la Hongrie. La r6partition des textes s'av6re ogalement inhabituelle, au moins dans la Praudal et I'Etoile Rouge. En effet, les infor- mations sont relativement rares, cependant qu'une impor- tante parties de l'espace disponible est occupfe par des com- mentaires de dimensions exceptionnelles, voire plus conve- nables pour une revue que pour un quotidien. Enfin, la press continuant d'dlargir le champ de ses analyses sur les politiques anglo-amdricaines, un nouveau problmme se trouve aujourd'hui posd de fagon passablement sensation- nelle et qui 6leve le debat entam6 au sujet de l'Allemagne, a savoir : n les visees A la tutelle ) de l'Europe occidental, qu'on croit dicouvrir dans les politiques de Londres et de Washington. Si on laisse en effet de c6t6 une dizaine de depcches Tass d'inter&t secondaire (protestation au Dane- mark centre le project de traits de commerce avec la Grande- Bretagne, congres slave des U. S. A., critique politique du Ddpartement d'Etat, accusations portdes par le ddldgud de l'E. A. M. devant la commission d'enquete en Grace, prochaine demand des U. S. A. A l'O. N. U. touchant les ties japonaises et opposition anglo-australienne A cette proposition A la veille des elections japonaises), les deux faits marquants de la journ6e *sont la publication : BULLETIN QUOTIDIEN DE PakSSE tTRBAG9RE 5 a) Dans l'Etoie Rouge, d'in article de Chatrov sur les :plans:de M. Dullcs pua:rapport h l2'Europe-occidentale. (Voir Article plus loin.) b) Dans la Pravla, d'une etude sur les vis6es de tutelle ambricaine sur l'Europe occidental avec une reference toute particulibre A la France. (Voir l'article plus loin.) a) Les buts impnriaiisies de la Grandc-Bretagne et des U. S. A. (Pravda, 19/2) : <. Dans un passe recent, des puissances anglo-saxon- nes ont tent d'intcrvenir dans les affaires intlrieures de la Pologne, de la Yougoslavie, de la Roumanie et de l'Albanie. Beaucoup de pays europ6cns ruinea par la guerre et d6valises par l'envahisseur ahemand out besoin de cre- dits pour acheter des vivres et des matieres premieres, pour retabiir leur system de production et de trans- port. Les banques et les trusts americains qui ont fait des b6ndfices enormes pendant la guerre poss~dent un exc6dent de capilaux. Par des conventions financieres, ceux-ci s'efforcent d'ouvrir des debouches aux marchan- dises americaines, d'acquerir pour le compete du capital ambricain les entreprises qui les inl:ressent. En pre- mier lieu, les Americains exigent la suppression, ou tout au moins une baisse substantielle des taxes douaniercs et de toule autre barriere commercial destinde A d6- fendre l'6conomie national contre ia forte concurrence itrangtre, ce qui equivaut A accorder au capital ame- ricain des possibililds illimitees sur les marches de ces pays. Malgre ces perspectives peu enviables, le gouverne- ment francais a deja donn6, cn change des credits amiricains, son conscntement sur < tous les points im- portants aux propositions amdricaines liaborees pour la Conference international du Commerce. Ainsi le gouvernement francais, en livrant le commerce de son pays a la concurrence capitalisle privie, sans lui im- poser aucun control, se prive de plus en plus des pos- sibilites de r6glementer et de diriger l'6conomic gene- rale du pays. Si la France a pay6 cher les credits amnricains, ses relations commercials avec l'Angleterre lui rcviennent aussi cher. Pendant les neuf premiers mois de I'ann6e 1946, les importations d'Anglelerre out Wt5 deux fois plus grandes quc les exportalions vers ce pays, ce qui a contraint la France A rembourser la Grande-Brc!agne sur ses reserves d'or et de devises 6trangeres. Quant au fameux < bloc occidental 3, il tend A sup- primer la souverainet6 des pays qui y participcraienl, pour les placer sous la domination anglo-saxonnc. Si ce but est quelque peu camoufl6 dans cc project, il ne l'est gunre dans le plan Churchill pour les (< Etats-Unis d'Europe >. La realisation de l'un de ces plans per- mettrait a la Grande-Bretagne d'etre la puissance do- minante. Dans cetle situation rdv6e par M. Churchill, la Grande-Bretagne pourra se sentir 1'6gale des U.S.A. dans la conquite de l'hlg6monic mondiale. Ces plans imp6rialistes out non seulemcnt pour but d'6branler les fondements de l'existence ind6pendante des divers Etats attaches A la paix, mais de saper l'eta- blissement d'une paix stable cn Europe et dans le monde entier. II ne pout y avoir de paix d6mocratique stable sur la base du partage des pays en blocs hostiles, pour rem- placer la collaboration international par la dictalure d'une ou d'in group de puissances. > KUUSINEN. b) Le plan Dulles (Etoile Rouge, 19/2) : Quelle Pst la solution que preconise M Dullt li6ur resoudre le problem allemand ? M. Dulles recommande tout d'abord de realiser la decentralisation de l'Alle- magne, de la transformer en une federation. Miis comme il n'estime pas que celte decentralisation serait suffisanle a resoudre ce qui est le probleme capital pour lui (l'ulilisation de l'industrie rh6no-westphalienne), et comme il estime que Lot on tard le systnme politioue allemand serait recentralise, il propose d'unir le sys- t6me economique rheno-westphalien aux systcmes 6co- nomiqueS de la France, de la Belgique et de la Hol- lande. La creation de cote union d6pendrait a des allies occidentaux > (les voisins occidentaux de l'Allemagne) et a si ceux-ci proposent une idde constructive, les AmBricains pourront leur apporier une aide pr6cieuse >. Le project est clair : tout d'abord, la Grande-Brela- gne, 'U. R. S. S. et les U. S. A. ne participeront pas A la solution du sort de l'Europe occidentale. Puis seuls les Etats-Unis apporteront A I'Europe occidentale une aide precicuse. <( Ainsi tous les sauveurs de 1'Europe >,, de Briand A Dulles, sont au fond les champions de la mime con- ception : la creation d'un bloc Bconomique et poli- tique de l'Europe occidentale qui servirait de poini d'appui au pays imperialistc pretendant A l'hMg6monie en Europe. Pour Briand, c'tlait la France; pour Chur- chill, c'deait la Grandc-Brelagne. et pour Dulles, ce sont les Etats-Unis. Tous ces projects out un autre trait commun. Ils soni tous dirigCs centre 1'U. R. S. S. L'hostilit6 de ces plans a l'egard de I'U. R. S. S. est parfaitement comprehen- sible et claire. L'U. R. S. S. est un obstacle A Ja domi- nation mondiale et un d6fenseur de la liberty et de la souverainet6 de tous les Etats. Chorchant a couvrir et a estomper le caractere agressif de son plan, M. Dulles a consacr6 la premiere parties dc son discours h des attahues grossieres contre l'Union sovietique. 11 n'hesile pas A recourir a la falsification des faits. L'affirmation selon laquelle ( en Europe les zones d'influence sovi6tiques s'agrandisscnt sans tenir compete des obligations de la Charte de I'Atlantique >> n peut convaincre qu'un habitant d'un coin perdu de I'Amnrique qui n'a aucune id6e de ce qui se passe reel- lement en Europe >. (CHATROV.) IV. PRESS BELGE a) LE PIIOB'LME BUDGETAIRE EN FRANCE. 1. La Cild Nouvclle, calholique de gauche, 19/2) < On ne peut pas dire quc M. le Ministre des Finances ait cherch6 A farder la v6ritl. 11 l'a montree telle qu'elle est... ct elle est tclle qu'elle ne saurait inspire l'opti- misme. Sur un to!al de d6penses de 1.150 milliards, le deficit pr6vu pour 1947 est de 420 milliards. Le tableau serail cntibremcnt sombre, si l'on ne pou- vait y marquer quellucs traits de lumiere parmi les- quels le plus saillant est la constant amelioration des rentrCes fiscales. GrAce A ces plus-values, le deficit de I'exercice 1946, qui s'elevait A 225 milliards, s'est trouve ramen6 A 192 milliards. Dans I'ensemble. n'h6sitons pas a le souligner, la si- BULLETIN QUOTIDIEN DR PRESSE *TRANGARE tuation demeure s6rieuse. Quels remedes y apporter ? II est d'abord n6cessaire que le Parlement reprenne ses traditions de contrOle strict et efficace. Le vote du budget va lui en donner l'occasion. Les credits adopts en decembre dernier n'6taient valables, on se 1, rap- pelle, que pour le premier trimestre, et encore a titre provisionnel. C'est maintenant que les d6penses d,.,vront Atre passes au crible d'une s6evre critique et, s'il le faut, au laminoir. La second Assembl6e trouvera la une bonne occasion d'apparaitre comme la Chambre de I'ordre, de la sagesse et de la r6flexion. , (Du correspondent de la Cite Nouvelle A Paris.) 2. La Libre Belgique, catholique (19/2) : < Le Conseil national du credit vient de lancer au people frangais et A ses autorit6s un averlissement s6- vere dans lequel il demand des restrictions budg6taires draconiennes et pr6vient que toute l'ex6cution du plan Monnet devrait 6tre remise en question si de telles res trictions n'6taient pas appliques. Naturellement, cel appel s'oppose par sa nature m6me aux revendications actuelles sur les salaires et sur le minimum vital. II nf semble pas toutefois que cet appel du Conseil national du credit puisse 6tre suivi sans grandes difficulties. La meilleure preuve en est opposition farouche oppose par le personnel du ministere des Anciens Combattants aux measures d'6conomie entreprises par le ministry pr6- cedent et qui devaient se solder par le licenciement d'un certain nombre de fonctionnaires. II a suffi de cela pour que les fonctionnaires de ce ministere se mettent en greve pendant plusieurs jours. Dans de telles condi- tions, comment penser s6rieusement A des economies budgetaires effective ? a (Du correspondent de la Libre Belgique d Paris.) S. P. I.Ip,2,reNclPrs-3.09Pi r Prix : 6 fr. -- S. P. 1. Imp, 27, rue Nicolo, Paris 31.3009 |
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