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SlR VICES FIAANyAIS INFORMATION (MIDSTtaRE DB LA JEUNBSSE, DEB ARTS ET DtS LETTRES) Direction de la Documentation 14-16, rue Lord-Byron, Paris (8*). LA -OCIUMENTATION F"RNQAI', DuES AFFAIRS ETR SYnvicE D'I ET DE BULLETIN PRESS QUOTIDIEN ETRANGERE Nouvelle S6ri. N 598 I. PRESS BRITANNIQUE Revue de la.presse britannique du 19 fivrter 1947 La crise du carbon rest encore ce matin la prdoccupa- tion essentielle de la press, bien qu'elle ait perdu pour le moment du moins une partie de son acuity. Bien que la situation s'ameliore, le Gouvernement met en garde l'opinion centre un optimism excessif. Il insisted sur la necessity qui subsiste d'6ccnomiser le gaz en raison de la faiblesse des stoks de coke. L'idde d'employer de la main-d'oeuvre 6trangre gagne du terrain. Le Daily Herald rappelle l'essentiel des d6clara- tions de M. Attlee aux Communes selon lesquelles le Minis- tre du Travail e. M. Hynd, miniitr. pour les affaires alle- mandes, r6tablraient un project common visant h envoyer des ouvriers allemands qualids susceptiblcs de venir tra- vailler en Grande-Bretagne. II rdfu'e les allegations de cer- tains adversaires du Gouvernoment, qui voudraient persua- der opinion que les ouvriers britanniques se trouveront submergds si on autorise un afflux massif de main-d'aeuvre 6trangere. Le Gouvernement, precise le Daily Herald et le News Chronicle, n'entend prendre ancuhe measure sans s't6re mis d'accord au prnalable avec le Syndicat national des mineurs. Le Daily Telegraph, le Manchester Guardian, le News Chronicle, le Daily Mail, donnent une certain impor- tance au, manifesto anti-socialiste lance par un nombre im- portant de parlementaires intitul6 : Plan pour la defense de la Libert6 ,. Le manifes-e combat la politique gouverne- mentale et demand un retour a la liberty d'entreprise. II est sign par 110 parlementaires don't 27 conservateurs, 47 liberaux et des independents. M. Churchill s'est abstenu de prendre position. Le Daily Mail public un long article de P. Thornyeroft, un des instigateurs du project, dans lequel celui-ci expose les principles g6ndraux qui ortt proced6 A 1'Plaboration de ce manifesto. La press announce 6galement que M. Attlee fera cet apres- midi une declaration aux Communes sur la rise charbon- nitre et annoncera sans doute un adoucissement des mesu- res en vigueur pour certaines industries prioritaires. La chronique extdrieure est tout entire domin6e par la question palestinienne. Notons quelques articles sur la France dans le Times, le Manchester Guardian, sur la Sarre et sur les conversations franco-anglaises dans le Daily Telegraph. 1. PALESTINE La press' done un relief particulier an discours prononc6 hier par M. Bevin A la Chambre des Communes et repro- duit in exteruso dans le Times et le Manchester Guardian sur le probl6me palestinien. Ce discours conflrme l'echec de :a Conference de Londr s et des efforts d'arbitrage du Gou- vernement britannique. Il announce que celui-ci va remettre h 1O.N.U. Ic soin de trouver une solution h ce problem. La press signal que les terrorists ju'ifs continent h se li- vrer A des actes de violence, attaques de patrouilles, kid- napping, services, etc... Le correspondent particulier du Times A Jdrasalem croit savoir que l'organisation juive qui lutte centre le terrorism est le Palmach, element de choe de la Hagana. 2. ConFou Le correspondent special du Times h Lake Success ainst que celui du Manchester Guardian et du Daily Telegraph annoncent que le Conscil de Sdcurit6 vient de commencer l'examen de la plain.e, d6pos6e an sujet des mines du Di- troit de Corfou, La Grande-Bretagne rend l'Albanie respon- sable de l'incidcnt. Les journaux parent du, a crime de Corfou a. 3. RELATIONS AMERIICANO-SOVITTIQUES Le Times, le Daily Express, le New. Chronicle, le Daily Worker, donnent l'essentiel de la reponse du G6ndral Mar- shall A la note de M. Molotov qui accusait M. Acheson de calomnies et d'hostilitd h l'adresse de 1'Union Sovi6tique. Le General Marshall a declare qu'il e:;t du devoir d'un mem- bre du Gouvernement amdricain de r6pondre franchement aux questions qui lui sont poses, si octte rdponse ne cons- titue pas uue violation du secret diplomatique. Le Daily Worker prdsente cette nouvelle en premiere page, sous le titre : a Le Gdneral Marshall soutient les attaques centre la Russie a. 4. POLITIQUE ATRANGBRE AMERICAINE Le correspondent particulier du Times A Washington donne pour certain l'information selon laqu'elle le G6neral Marshall aurnit declare A la Commission des Affaires 6tran- grres de la Chambre des Repr6sentants, que c Le Monde, an point de vue politique, se trouvait dans une situation critique ,. Ce fait est dd en grande parties au caractrre des relations russo-amdricaines et a encourage lies membres de la Commission A demander a Une definition complete de la politique ameri- caine A l'gard de la Russie et une analyse de la poll- lique russe en Europe, en Amirique du Sud, en Chine, aux Etats-Unis et au sein de 1'O.N.U. z Ce correspondent estime que la these de M. Wallace s'est alien6e, ces temps derniers, de nombreux representants. Se re6frant A un article de la Washington Post, 11 declare DE 19 f&vrier 1947. _ C _ I __ I _II A ULU1DuII-INL U5 PlIbbib *XkI4NUts~k que le Gouvernement amdricain accueillera avec une grana* satisfaction la signature de l'alliance franco-britanniiqge. 5. FRANCE Le Times, le Manchester Guardian, le Daily Telegraph, publient des articles de leurs correspo.ndants relatifs A la situation politique frangaise et aux measures qu'entend pren- dre le Gouvernement poUT mettre un terme aux graves qui risquent de mettre en danger le redressement du pays. Ils reproduisent les passages essentials des declarations de M. Ramadier et de M. Philip et mettent particulibrement en relief la decision prise par le Gouvernement de n'accor- der une augmentation de salaires qu'h ceux don't les salaires actuels sont nettement inf6rieurs an minimum vital. 6. SARRE Le co:Tespondant particulier du Daily Telegraph A Paris announce que le Cabinet frangais a approuv6 a l'unanimiti le plan relatif A l'union economique et douani6re de la Sarre avec la France. II precise que le Gouvernement fran- gais n'a pas l'intention pour l'instant de demander une union politique. 7. ALLIANCE FRANCO-ANGLAISB Dans toute la press on ne trouve qu'un court article du Daily Telegraph sur cette question. Selon Peters Borough . a Londres au jour le jour ,, les conversations preliminaires seraient termindes cette semaine et la r6daction du trait d'alliance commencerait la semaine prochaine. I1 croit sa- voir que des conversations auraient eu lieu a Whitehall entire les Autorites militaires britanniques et les generaux de Laltre de Tassigny, Koenig, Zeller, venus tous trois a Londres la semaine dernidre. En fait, comme on le salt, ces offlciers generaux etaient venus assiter au marriage de Mile Churchill. 8. -- INDES Le correspondent parlementaire du Times announce qu'une nouvelle crise politique vient d'eclater aux Indes provo- quee par le refnus des membres du CongrBs qui siegent au Cabinet, de collaborer avec ceux de la Ligue Musulmane, cette derniere ayant refuse de se faire representer A 1'As- semblee constituante. La declaration du Premier ministry a ce sujet est attendue ces jours-ci. 9. ESPAGNE Le Times et le News Chronicle signalent que le frere du pr6tendant au tr6ne d'Espagne, Don Jaime, a ktd accilli par une tnoule enthousiaste A son arrive a P'aerodrome de Bajaras. Le correspondent du Times a Madrid conclut que cette visit a eu lieu' avec l'accord de Franco, celni-ci s'6tant fait repr6senter par des membres de sa mason mi- litaire. a) LE DISCOUBS DE M. BEVIN SUR LA PALESTINE. 1. Daily Herald (travailliste, 19/2) : t M. Bevin fait maintenant connaitre, A titre de con- clusion, que le gouvernement britannique a def essayer *de resoudre un conflict insoluble de principles. II y a en Palestine un million deux cent mille Arabes et six cent mille Juifs. La revendication essentielle 'les Juifs est la creation d'un Etat juif souverain, Quant aux Arabes, le point essential de leur doctrine est de resister A tout prix A l'6tablissement d'une souverainet6 juive sur n'im- porte quelle parties de la Palestine. Toute tentative Ipour arriver A un compromise entire ces deux points de vue opposes ayant Bchou6, le gou- vernement britannique en tant que mandataire n'entre- voit d'autre solution que de soumettre le probl6me aux Nations Unies. Cette procedure implique un d6lai qui est inevitable - un delai que nous n'envisageons point de gaiety de coeur, car il comportera de nouvelles 6preuves pour nos forces armies et nos services administratifs en Pales- tine. En attendant, c'est le devoir indisputable des anta- gonistes d'exercer, jusqu'A la decision des Nations Unies, cette politique ke came souhait6e par M. Be- vin . 2. Daily Telegraph (conservateur, 19/2) : a Les Nations Unies n'ont guere de chances de par- venir A un moyen terme acceptable A la fois pour les Juifs et les Arabes. Dans I'etat oA les nagociations ont UtB abandofnnes, le recours A cet organisme devient presque une solution d6sesp6rbe. Ce que l'on peut crain- dre, c'est qu'apres un long d6lai toute cette triste af- faire soit de nouveau remise A da responsabiliti de la Grande-Bretagne. Deux solutions se presenteront alors: la premiere consistera A abandonner le mandate pure- ment et simplement avec tous les dangers que cela comporte; la second sera de trouver une politique personnelle que nous serions pr&ts A suivre jusqu'au bout quelles qu'en soient les consequences. Aucune de ces deux solutions n'est de nature A mettre fin au pro- bl6me des Juifs d6places, probl6me qui devrait &tre un souci primordial pour les Nations Unies a. 3. News Chronicle (liberal, 19/2) : < Lorsque s'ouvrira la semaine proehaine a la Cham- bre des Communes le d6bat sur le probl6me palesti- nien, le ministry -des Affaires etrangeres peut s'atten'dre A subir de vigoureuses critiques 4manant de tous les banes de la Chambre, car il a reconnu trop tard qu'on ne pouvait esp6rer voir l'Angleterre r6soudre seule ce probl6me et que la solution convenable 6tait de le sou- mettre' A I'O.N.U. M. Bevin a publiquement mis en jeu sa reputation politique dans la solution du problime palestinien et il n'est done pas surprenant qu'il ait retard si long- temps la decision kd'en remettre la solution au soin ide I'O.N.U. Mais son expos d'hier n'a pas montr6 qu'fi comprenait qu'il etait urgent de rTgler ce probl6me. II a declar6 qu'il 6'tait tres difficile de soumettre la question A I'O.N.U. avant septembre. En quoi consistent ces difficulties? La Charte des Nations Unies pr6voit que des reunions exceptionnelles de l'Assemblke peu- vent Atre convoquees par le Conseil de Securiti ou par une majority des Nations membres. Sont-ce 14 des obs- tacles insurmontables? A-t-on fait jusqu'ici quoi que ce soit pour en venir A bout? La necessity d'agir rapidement est &vidente. C'est faire preuve de la plus profonde ing6nuit6 politique que d'esp6rer voir les Arabes et les Juifs s'imposer one ligne de conduite possible pendant sept mois v. 4. Daily Worker communistt, 19/2) : a L'echee de la conference palestinienne est un echec personnel pour M. Bevin. II1 y a quinze mois, ii s'est engage solennellement A trouver une solution et mainte- nant apres cette longue p6riode d'effusion de sang et de misere, il vient p6niblement soumettre 1'ensemble de la question aux Nations Unies. C'est-A-dire que 1'on flnit par oh il aurait fallun com- mencer. D'apr6s ce que l'on pr6voit, ce n'est pas au Conseil de SS6curite qui siege en permanence que I'affaire sera 'sou- mise, mais A 1'Assembl6e qui ne se tiendra pas avant septembre. Ceci veut .dire que pendant un semestre encore, on ne peut s'attendre A aucune amelioration de la situa- tion, BULLETIN QUOTEDIEN BE PRESSED ATRANGftE 13 Ni les Juifs ni les Arabes plan et il n'existe aueune base sur laquelle ils puissent se r6concilier'pour trouver une solution. II est absurde d'insinuer qu'on ne pourrait trouver de mkthode pour acc61lrer 1'examen du probl6me par les Nations Unies, 'si on le voulait reellement >. b) LA DANAZIFICATION DE LA ZONE BRITANNIQUE (Man- chester Giardinm, liberal, 18/2) : a L'6pu'ration ne peut avoir v6ritablement-de valeur que si le people allemand est d'accord avec les d6ci- sions prises et s'll en a la responsabilit6. Les Americains s'en soot rendu compete lorsqu'ils ont place leurs tri- bunaux de denazification sous la responsabilit6 d'un mi- nistre special attache A chaque gouvernement local dans leur zone. Nous aurons 6galement A conceder aux Alle- mands la responsabilit6 politique 'de la .dnazification. Plus vite nous donnerons aux gouvernements locaux toute 1'autorit6 pour controler celle-ci et plus nous aurons de chances d'emp&cher les Allemands de desa- vouer un jour notre oeuvre et de provoquer une rep6- tition des terrible .venements r6cents. Si les gouver- nements locaux sont de saines creations politiques, ils traiteront I'affaire avec justice et raison; dans le ca's contraire ils n'en front rien. Ce n'est pas la maniere don't 1'6puration a WtC con- 'duite qui doit faire l'objet de nos soucis. II faut nous occuper de faire reprendre la vie politique allemande sur des bases saines >. II. PRESS AMERICAINE Revue de la pressed am nricaine du 18 fiurier 1947 1. LES EMISSIONS AMARICAINES EN LANGUE RUSSE L'inauguration des emissions americaines en langue russe regoit une tres grande publicitM dans certain journaux comme le New York Times, le New York HeraCid Tribune, et est signalee dans la plupart des autres. Le New York Times public le texte integral de cette premiere emission qu'il pr&- sente comme < le commencement d'un effort syst6matique du gou- vernement americain pour fair p6entrer par radio, A travers v le rideau de fer n, des informations objec- tives sur les U. S.A. 2. LES ILES DU PACIPIQU, La ferme intention des U. S. A. de conserver le contrble des lies du Pacifique qu'ils occupent est exprimbe Idans les 4ditoriaux du Philadelphia Inquirer et du New York Times sur le project americain de trusteeship n. L'editorial du Philadelphia Inquirer est intitule : c Nous sommes dans les Iles du Pacifique pour y rester 3. II declare : a I est essential pour notre security que ces bases strat6giques soient tenues par nous et par nulle autre puissance... I1 n'y a pas de raison pour que les Nations Unies ou I'un des membres de cette organisation soit hostile a la proposition americaine. Mais s'il devait en 6tre ainsi, le plan serait quand meme realism. Nous sommes dans les miles pour y rester. L'editorial du New York Times, plus nuance, prend une position analogue. Les U. S. A., cerit-il, doivent avoir le droit, primo, de tenir ces ties hors des mains de toute puissance iqui pourrait s'en servir de base pour lancer une atta- que centre eux ; secundo, de les d6fendre centre toute tentative d'annexion, par force on par a colonisation a. Dans ce but, ils doivent avoir les droits qu'ils rdcla- ment. 3. RELATIONS PRANCO-ANGLAISES Le Washington Post preconise a l'union a de la France et de la Grande-Bretagne. Dans un editorial qu'il consacre A cette question, il crit qu'une tell union favoriserait le redressement Bconomique des deux pays et leur donnerait plus d'influence dans le monde. A ce sujet, le journal declare que les U. S. A. redoutent de trouver A Moscou la France et la Grande-Bretagne affaiblies. a Ce serait, pour les U. S. A., un advantage politique immense de voir la Grande-Bretagne et la France r6unies, poursuit-il. La paix *serait precaire dans un monde oh la puissance serait divisde uniquement entire la Russie et I'Amerique. 3 4. POLITIQUE AMBRICAINE A L'EGARD DE L'ALLEMAGNE Le New York Herald Tribune constate, dans son editorial, a la position singulibre x des U. S. A. qui, trois semainus avant la Conference de Moscou, n'ont pas encore reve61 liur politique officielle A l'egard de l'Allemagne. (Voir l'article plus loin.) 5. QUESTIONS FRANCAISES Les d6pcches en provenance de Paris rapportent quo des groups de militants communists ddgagerent la Centrale Tilephonique de 1'Humianit qui avait 6t6 occupie par d'autres communists. O'Reilly 6crit dans le New York Hera';d Tribune qu'il s'agit d'un incident provoqu6 par des communists centre des communists idans les locaux d'un journal communist > et declare que 'incident ne fait qu'ajouter A la confusion de la situation actuelle. 6. INDOCHINE Une ddpeche de Saigon, reproduile dans le New York Herald Tribune, signal une emission de la radio vietna- mienne declarant que, si la France considerait come nul l'accord du 6 mars, le Viet-Nam renonccrait a son integra- tion .dans IpUnion franchise et lutterait pour son inddpen- dance total. a) Les negooladhons frcanco-briatnnqlqzes (New York Herald Tribune, 19/2, edition europ6enne) : a Les milieux diplomatiques de Paris pensent main- tenant que l'alliance franco-britannique don't on a tant parl et qui est r6dig6e A Lon-dres au course de conversa- tions secretes, ne sera que l'ombre 'du document que les Francais avaient esper6. On pense en France qu'aucun des signataires ne se montrera vraiment satisfait de ce pacte, dans la measure ofi il constitute la base solide de la security des deux pays et de celle de I'Europe. Les observateurs parisiens y voient deux raisons : La premiere, c'est que le gouvernement francais, dit- on, pense que ]a Grande-Bretagne a per'du pour long- temps, ou peut-Atre A jamais, son autoril d'avant guerre dans les affaires mondia'es. La second, c'est que le gouvernement frangais estimerait que la Grande-Bre, tagne a accru sa faiblesse actuelle en refusant de se ral- lier A la th6se frangaise en faveur du contr6le interna- tional de la Ruhr. Le refus de la Grande-Bretagne de soutenir un 'dUta- chement politique et economique de la Ruhr du reste de l'A'lemagne implique, d'aprns l'opinion couramment 6mise A Paris, que la Grande-Bretagne et la France sont divis6es sur le point essential qui devrait entrainer une alliance entire elles, c'est-A-dire la nlus importance sour- ce de menaces centre la paix en Europe. Comme l'a prouv& toute leur diplomatice depuis la liberation, les Frangais sont convaincus que 1'Allemagne 4 Larmuev WkUV'I IDN al rfrmiefi tkrist"G&RI; constitute cette menace. L'insistance montr6e par la Gran-de-Bretagne pour conserver une Allemagne forte a montr6 aux observateurs francais que Londres est convaincue que l'Union Sovi6tique est la puissance qu'il faut neutraliser. Bien que rien ne laisse pr6voir un accord sur cette question fondamentale, on dit que les ngociateurs fran- gais et britanniques ont decide qu'un pacte est n6ces- saire du point de vue politique, 6tant donna qu'on lui a dejh consacr6 tant de temps et 'd'efforts. D'aprbs les milieux -dip'omat:ques de Paris, les n6gociateurs ont conc:u qu'un trail mime 6du'cor6 aurait une certain valeur politique temporaire ,. (WILLIAM J. HUMPHIIEYS). b) La position des Etats-Unis d la veille, de la C'onf - ronce de Moscou (New York Herald Tribune, 18/2): SC est dans Inoins de trois snmaines que dc.t s'ou- vrir ia tuI.hrcince utLs iinbstrus ` ULLS Allain s etriang eres Ua muoSiilU., ei, a uiC Guate UiSSi rapjpoticee, ILs u. .A. se tlruveit eLiicore uans uiie poiiIou siailngualre. Le Dut ,,eU ccnLt cOlllci IcIe eL Lie rcutgr ile raitu de pa.x avec 1 A,.elaglc, que lous consi1cielILn columle Ie uocumlent-, c.e ue .a icuiga.iisaL.Giou e la ltuure socete inttrnatio- na.c. Or, scuiu.e-.-i, ious n'avoil pas la mloind e idee 'kls propusit.cLns que llos deiegues avarn- roli, ou meine ies prilcipes qui devraient les dicer. Le scui c.prit tmi nent qui se soit proionc6 au course des SLniines paseC.a sur a.dopt.on d'une po.litque a propos ae I'A.iemag ie est M. jolin F'oster Ju es, et, pour sa peine, M. Du;ies s'est attire les foudres des lzvesila. 1i faui pren-dre au s6rieux les vio:entes dicla- ralions ide cc journal si ellcs rcdlltent reeilemnct les vues actuelles 'du Kremiin sur la po.iiique amrricaine; et c'cst lA un mauvais presage pour la reunion de Moscou. I y a peu de temps, il nous avait sembln qu'o.i etail sur Je point d'arriver A un ac-ord possible aux Lermes .duquel la Russie renoncerait A souenir 1'unitA 6cono- mique et pcui-&tre meme poli.ique de 1'Allemagne si on lui accordait en contrepartie les vastes reparations don't elle a besoin. Si les Izvestia reprisentent les vues du Kremlin, les espoirs qu'on avail ainsi fondes s'6vanouis- sent. II n'y a qu'un moyen *de les fair revive : c'est pour nos di16gues 'de se rendre A Moscou avec un programme concernant I'Allemagne qui soit bien etabli et auquel i.s puissent se tenir solidement, sachant par ailleuis que le pays tout enter lcs soutiendra. Or, ce programme n'existe pas. II n'cst mnme pas pres de voir le jour, A moins que le president ne ren'seigne clairemenl ]e pu- blic sur la politique qu'il entend suivre A l'6gard de 1'Al:emagne, quelle qu'elle soit, A moins qu'il n'ouvre une discussion r6elle sur ceite question, et n'enregistre une certain unite de vues sur elle, montrant par lh que 1'Am6rique tout comme les aulres pays salt ce qu'el:e veut >. c) L'avenir de la democratic en TEurope (New York Times, 18/2) e La faiblesse de l'Europe constitute un grand dan- ger. La rude nazie contre le monde democratique, qu'il a tant cofite de briser, a c6d6 aujourd'hui la place a un nouveau danger. Ce nouveau danger, c'est la con- fusion et le desespoir des forces democratiques, qu'elles soient profondement enracinees come en Ang!eterre et en France, qu'e;les se trouvent sur la defensive comn- me en Autriche, en Hongrie et en Pologne, ou encore qu'elles se trouvent engages 'dans une lutte diflicile pour leur renaissance comme en Allemagne et en Italie. La measure dans laqueiie le systeme gouvernemental democratique survivra en Europe d6pen-dra de l'aide que l'Am6rique est pr6!e A apporter A ce continent. Cette aide ne peut 6tre apportie sans que de no.uvelles charges scient im1os6es A notre patrimoine national et sans d6chainer une opposition violence. Mais tous ceux qui 'voient ce qui se passe dans le monde savent qu'une telle aide constitute le meilleur et peut-tre ]'unique espoir ,. (ANN O'HARA MAC CORMICK). 'd) Le president Trunmrn pent etre rIliu en 1948 (New York Herald Tribune, 19/2, edition europ6enne) : < Le succ6s renconlr6 par le prCsident Truman dans ses nouvel.es experiences a fait naitre un nouvel btat d'esprit qu'entreticisnent les r6sultals des r6firen-dums, ceux-ci montrant que le pays r6pond avec enthousiasme au bon sens et A la force de caractcre don't fait preuve la Maison Blanche. Le travail a dejA commence. On fait des plans pour fire d6filer A la Maison Blanche en procession conti- nuelle les leaders democraliques, pour les presenter au nouveau M. Truman et garantir ainsi une reelection par acclama:ions en 1948. On s'occupe 6ga!ement de r6or- giniser le Comit6 national et de le meltre sur le pied de guerre. Les changements qui se sont operas chez M. Tru- man l.ui-meme, datent de sa victo're sur M. John L. Lewis qui remonle A deux mcis... Aucun observateur impartial ne pout nicr que le president ait en fait bien a-compli sa tiche... II est arrive peu A peu A donner une certain coherence A son administration... La ma- chine est maintenant en or'dre de march et le president peut essayer de rea:iser de facon simple et raisonnable les deux teaches qu'il a ainsi d.finics: ma scule function, a-t-il dit A beaucoup de ceux qui l'ont approch6, est de fare fonctionner la grande machine de la produc- tion ambricaine et d'aider au maintien 'de la paix D. (JOSEPH ET STEWART ALSOP. Ill, PRESS SOVIETIQUF Re:j:ue de la pr.-le soooii'iou~e du 18 fp' rier 1947 Tons les journaux, Eauf la Prcad,, reproduisent la plupart des informations d6ja donnces hier par l'organe du parti communist sov:dtique. La preoccupation des politiques anglo-americair.cs reste prodominante ; les journaux metten* I'accent sur les contradictions de la politique anglaise et de ia politique amfricaine, contradictions qui cdntinuent A se preciscr. On pent classer les textes inbdits en deux groups : 1 ceux qui se rCf6rent A la lutte contre le fascisme ; 20 ceux qui soul!gnent opposition des politiques anglaises et ameri- caine. La Piauda public un compete rendu de la Conference des directeurs des entreprises agricoles qui a eu lieu A Kiev et I'appel adress6 par les congressistes A tons les travailleurs des kolkhozes et des sovkhozcs. L'organe du parti communist sovi6tique consacre 6gale- ment un article A Ordjonikidze, A 1'occasion du dixi6me anniversaire *de la mort de cet homme d'Etat sovietique. 1. LA LUTTE CONTRE LE FASCISM Tous les journaux publient en vedette un important compete rendu Tass de la manifestation organisee h Londres par les anciens des brigades intcrnationales pour. rclamer la suppression des fourni'ures h 1'Espagne franquiste. Tous les journaux publient egalemen4 une longue depdehe 1WLLET!N QUOTIIEN BE PSAME ATRANGtRE 5 de Belgrade aur icl mancetures du gouvcrncment provincial de Carinthie. La Flotte Rouge consacre une longue chronique, sign6e N. N., A l'interview r6cemment accord6e par Horthy, en zone amnricaine d'Allemagne, au sujet du complot hongrois. L'or- gane de la marine de ,guerre relive que I'ex-dictateur fascist est traitW en a personnel d6placde s par les autorit6s ameri- calnes. L'auteur de la chronique comment laconiquement : < Par ses declarations, Horthy, loin de ddmentir quoi que ce soit, a, an contraire, confirm bien des choses: I est libre de recevoir des correspondents de press, dans une ville allemande, proche de la fron- tiere hongroise. 11 montre A quel point sont fond6s les espoirs des conjures de Budapest lorsque ceux-ci competent sur l'assistance de leurs sympathisants A 1'6tranger. * 2. L'OPPOSITION DES POrITIQUES ANGLAISE ET AMERICAINE Les journaux reproduisent les declarations d'un homme politique canadien denongant les tendances imp6rialistes de la politique des U.S.A., ainsi que des critiques de la poli- tique extdrieure du gouvernement britannique. La coopdra- tion canado-am6ricaine est egalement critique. Dans les Izvestia, deux commentaires forment une sorte de diptyque. Il s'agit : 1" D'une chronique de Moran denongant la mani6re don't les hommes politiques et la press au Canada ont essay de presenter les accords conclus entire cc pays et les E-ats-Unis, et notamment l'effort pour faire passer ce pacte pour une contribution I la stabilisation de la paix. (Voir Particle plus loin.) 2 D'un volumineux commentaire de Mileykovsky souli- gnant les louvoiements de I'Australie entire la Grande-Breta- gne et les Etats-Unis, louvoiements qui ddmoutrent, une fois de plus, comment la formation de blocs aboutit a exaspdrer les opposition entire les puissances. (Voir l'article plus loin.) 3. LA CONFERENCE AGRICOLE DE KIEV Dans la Pravda, le correspondent A Kiev de ce journal rend compete des travaux de la conference des directeurs des entreprises agricoles de 1'Ukraine qui vient de terminer ses travaux. L'organe du parti communist reproduit l'appel adress6 par les congressistes h tous les travailleurs des kol- khozes et des sovkhozes et des entreprises paysannes invi- tant tons ces organisms i mettre tout -en luvre pour que le pays puisse, en 1947, bdndficier d'une moisson abondante. 4. LE DIXIAME ANNIVERSAIRE DE LA MORT D'ORDJONIKIDZE A l'occasion du dixieme anniversaire de la mort d'Ordjo- nikidze, la Pravda consacre un article A la m6moire de cet homme d'Etat remarquable et rappelle que ce membre 4mi- nent du parti communist a lutt6 toute sa vie infatigable- ment pour la realisation du programme de l'indnstrialisation du pays. La Pravda rappelle qu'Ordjonikidze a 46t, durant toute sa vie, attach au par:i et qu'il a lutte contre tons ceux qui s'efforgaient d'y semer la discord. Elle souligne aussi qu'Ordjonikidze, fid8le aux directives de Staline, travaillait avec energie au d6veloppement du movement stakhanoviste en U. R. S. S. et luttait inlassablement centre tous ceux qui tentaient d'y faire obstacle. Le journal termine son article en precisant que la population sovi6tique conservera 6ter- nellement le souvenir de ce grand homme d'Etat qui a ap- porte une contribution important t 1''dification du socia- lisme et au enforcement de la puissance de l'Etat sovietique. a) LES DOMINIONS BRITANINIQUES ET LES ETATS-UNIS. 1. L'accoard entire le Canada et les U. S. A. (Izvestia, 18/2) : a Le but des Etats-Unis est de transformer le Canada en une base nord-am6ricaine en vue d'une expansion imp6rialiste. En signant l'accord avec les Etats-Unis, le Premier canadien avait d6clar6 qu'il s'agissait essen- tiellement d'Blargir le domaine des connaissances sur les conditions de vie et d'exploitation des regions nor- diques. Pourquoi done un si modest plan n6cessite-t-il la conclusion d'un accord militaire, de manoeuvres nava- les dans les eaux arctiques, 1'emploi de l'arm6e mo- derne dans les regions polaires et la construction de casernes dans les ports septentrionaux ? M. Mackenzie King et ses ministres s'efforcent de toutes les fagons possibles de dissimuler le cara-ctre veritable de cet accord. Eux aussi, comme les Britan- niques, montrent au monde a une main de fer dans un gant de velours %, mais ce n'est pas la leur qui est dans le gant, c'est celle de l'Ameri;lue. Les auteurs de cet accord avaient A 1'poque aliment6 la press americaine en calomnies venimeuses dirigees centre 1'Union Sovidfique, au sujet de l'espionnage russe. Les mimes gens mettent actuellement A la dis- position des Etats-Unis leur propre territoire et leur propre arm6e pour la preparation d'une guerre d'a- grcssion. , (MORAN.) 2. Les btses militaires en Australie et en Nouvelle- ZWlande '(Izvestia, 18/2) : SL'entr6e en guerre des Etats-Unis a marqu6 le d6but d'une nouvelle tape dans les relations entire les Domi- nions britanniques et les Etals-Unis. L'Australie et la Nouve:le-Zl6ande 6taient revenues des bases importan- tes pour la f:otte de guerre des Etats-Unis et des places d'armes indispensables aux forces terrcstrcs de cette puissance. Ces relations 6taient revenues bien plus 6troites que ne le d6siraient les Dominions, qui commencerent a se rendre compile que les Etats-Unis auraient voulu con- server leurs nouvelles bases militaires, meme apres la cessation des hostilit6s. A la veille de la d6faite japonaise, une conference a r6uni les d616gu6s australiens et n6o-z6landais h Can- berra. Les deux parties comprirent alors les app6tits amiricains et terminirent la conference par une mo- tion de fid61itt A l'Empire britannique. Les louvoiements de l'Australie en're les Etats-Unis et la Grande-Bretagne montrent une fois de plus a quoi mene la creation de spheres d'influence. (MILEYKOVSKY.) b) Apres les election's sovietiques (Izvestia, 18/2) : < En votant aux dernieres elections pour le bloc des communistss et des sans-parti, les citoyens de toutes les Republiques sovi6iiques ont montr6 qu'ils approu- vent la politique du parti bolchevik et veulent contri- buer par leur travail A la r6alisation de cette politique. C'est avec orgueil que le people sovi6tique fait le bilan des r6centes elections et se rdjouit de l'importance du nombre des 6lecteurs y ayant pris part. Le people sovi6tique volt derriere ces chiffres le tra- vail cr6ateur des masses laborieuses, qui sont a la dis- position de notre pays pour l'accomplissement du nou- veau plan quinquennal stalinien. La victoire 6clatante du bloc des communists et des sans-parti prove que le people sovi6tique desire consacrer toutes ses forces' h cette thche gigantesque. Il se rend parfaitement compete que la particularity qui distingue le gouvernement sovi6tique des gouver- nements des autres pays consist en ce que celui-1A s'occupe inlassablement de l'6ducation des masses labo- rieuses. > 6 BULLETIN QUOrIDIEN DR PRESSED *TRAGNGRIt IV. PRESS POLONAISE L'emplot des pZisoan leris de Iguerre allemands en France ,(Dziennik Ludowy, populaire, 17/2) : < Deux fois d6ja Washington est intervenu au sujet des prisonniers de guerre allemands occup6s en France, en demandant leur liberation et leur renvoi en Alle- magne. La France a refuis, et -a motiv6 son refus par la crainte 16gitime des difficulties Bconomiques qui pour- raient isurgir si les mines et l'industrie se trouvaient brusquement priv6es de quelques centaines de milliers de travailleurs qui leur sont acluellement indispen- sables. Il s'est naturellement trouv6 des amis et des avocats du ( people allemand opprim6 s qui demandent le ra- patriement des prisonniers au nom de l'humanit6 et de la morale... Nous autres, nations directement int6ress6es, qu'il s'agisse *de la France, de la Pologne ou des autres pays, occup6s pendant la guerre par les Allemands, nous sommes fondes A exiger la reconnaissance de notre droit moral A l'utilisation de la main-d'oeuvre allemande pour la reconstruction de nos regions d6vast6es. Ce n'est pas que nous soyons obliges de faire usage de ce droit, car, connaissant pour notre part les Allemands comme nous les connaissons, nous n'y tenons gurre ; d'autant plus que nous ne nous trouvons pas dans la mnme situation imperative que la France; mais le droit en question doit n6anmoins etre admis par les nations anglo-saxonnes qui, par leur politiqt~e ambigu0 A 1'egard de 1'Allemagne, excitent chez elle une hypercroissance de l'orgueil national et lui permettent de rejeter all6- grement le poids de la responsabilit6 encourue pour toutes les, atrocit6s et destruction de la derniare guerre. En effet, ce n'est pas seulement Hitler, le coupable, mais aussi le people allemand tout entier. 11 est done just qu'il aide A reconstruire ce qu'il a d6truit. . V. PRESS BELGE a) Les ntgociations franco-britanw!iques (Libre Belgique, 18/2, catholique) : < Les pourparlers franco-britanniques au sujel de I'alliance entire les deux pays semblent progresser d'une manibre satisfaisante et on laisse entendre dans les milieux g6n6ralement bien informs que le trait d'al- liance serait probablement sign avant la reunion de Moscou. D'aprbs ce qu'on dit dans ces milieux, le trait en question devrait etre conclu pour une dur6e de vingt ans et irait assez loin dans certaines de ses clauses. Ainsi, non seulement la France et la Grande-Bretagne devraient se garantir mutuellement une aide r6ciproque contre toute aggression allemande 6ventuelle, mais elles s'engageraient toutes deux A ne participer A aucun autre accord international 'qui serait dirig6 contre l'un ou l'autre des deux contractants. Une clause sp6ciale du trait serait consacr6e A la collaboration 6conomique entire la France et la Grande-Bretagne, collaboration qui serait tres 6troite. >> b) L'avenir du plan Mioanet (Le Soir, 18/2) : < On fondait beaucoup d'espoir sur le Plan d'6qui- pement et de modernisation, qui porte sur quatre an- n6es et aux destinies duquel preside M. F61ix Gouin, ancien president du Conseil et ministry d'Etat dans le cabinet Ramadier. Parmi ces objectifs en 1947, on lui assignait une production de 55 millions de tonnes de houille, contre 50 en 1946, 7 millions de tonnes d'acier contre 4, 6 millions de tonnes de ciment contre 3, la construction d'usines hydro6lectrilques, etc... Faudra-t-il renoncer A ces projects faute de carbon, de main-d'oeuvre et d'argent, faute aussi d'6quilibre du budget ordinaire ? > ANNEXE Extrats du discours prononce par M. Bevin aux Commuawn s, le 19 flvrier, sur le problme palestinien. Nos propositions pr6voient l'admission d'immigrants juifs au course des deux ann6es A venir, A la cadence de 4.000 par mois. AprBs ce dl6ai, la cadence de l'im- migration juive sera d6termin6e, compete tenu des pos- sibilites iconomiques, par le Haut-Commissaire apr6s consultation de son Conseil consultatif, et, en cas de d6saccord, par un tribunal d'arbitrage nommn par les Nations Unies. Ce project, qui est en accord avec les principles du mandate, renferme un element qui 6tait jusqu'ici absent de notre administration de la Palestine, A savoir une promesse pratique d'une .volution vers l'ind6pendance; celle-ci pourrait 6tre r6alis6e au course d'une p6riode de cinq ann6es de trusteeship, par la creation d'orga- nismes politiques repr6sentatifs. Cela fut propose comme base de discussion. Trois solutions ont deja 6t6 publi6es dans leurs grandes li- gnes, et nous avons l'intention de soumettre A la Cham- bre, au course de cette semaine, un Livre Blanc don- nant de plus amples details sur chacune d'elles. La plus recent proposition britannique a 6t6 rejet6e aussi bien par la d61egation arabe que par les repre- sentants de l'Agence juive, meme comme base de dis- cussion. J'estime qu'il est important que la Chambre se rende bien compete des raisons qui ont incit6 les deux parties A rejeter cette solution. Le point essential pour les Arabes est que l'on ne refuse plus A la Palestine I'in- dependance que tous les autres Etats arabes ont main- tenant oblenue, et que, en accord avec les principles admis de la d6mocratie, une majority blue soit libre de determiner l'avenir du pays. Ils consid6rent une nouvelle expansion du foyer national juif comme un danger a la r6alisation de l'ind6pendance national des Arabes en Palestine que desirent tous les Etats arabes, et c'est pour cetle raison qu'ils refusent d'envisager une nouvelle immigration de Juifs en Palestine. Ils sont .galement opposes a la creation d'un Etat arabe. dans n'importe quelle parties de la Palestine. L'Agence juive, de son c6te, a bien precise que son but fundamental est la creation d'un Etat juif ind6- pendant en Palestine. Ceci pos6, ils proposent tout d'abord que le gouvernement britannique continue a exercer le mandate sur une base qui leur permettrait d'agrandir le foyer national juif jusqu'au moment o&, grace A immigration, ils auraient la majority num6- rique en Palestine, et oA ils pourraient demander la creation d'un Etat juif ind6pendant comprenant tout le pays. Lorsqu'il fut 6tabli que le gouvernement britannique n'6tait pas en measure de maintenir en Palestine I'ad- ministration du mandate sous le covert duquel une telle politique aurait pu Atre poursuivie, les reprksen- B ULjL:Vki UU0i-JLi(jD knI b k 9'1 bJ AN~ 1ikA: tants de l'Agence juive ont declare que, tout en main- tenant le bien-fonde de leurs revendications, ils se- raient prAts a envisager comme compromise une propo- sition tendant A la creation d'un Etat juif viable dans une region appropriee de la Palestine. Tout en n'acceptant pas eux-memes le project de par- tage, ils 6taient prets A 6tudier une telle proposition si elle avait W6t pr6sent6e par le gouvernement britan- nique. De cette fagon, le gouvernement britannique s'est trouvi place devant un conflict de principles irrecon- ciliables. II y a en Palestine environ 1.200.000 Arabes et 600.000 Juifs. Pour les Juifs, la question essentielle est la creation d'un Etat juif souverain. Pour les Arabes, elle consiste a resister A la creation d'une souverainet6 juive dans n'importe quelle parties de la Palestine. Les discussions du mois dernier ont clairement d&- montr6 qu'il n'y a aucune possibility de r6soudre ce conflict grace A un r6glement obtenu par des n6gocia- tions entire les deux parties. Mais si le conflict doit 6tre resolu par une decision d'arbitrage, le gouvernement britannique, en sa quality de mandataire, n'est pas habilit6 a la prendre. Le gou- vernement britannique, selon les terms du mandate, n'est pas habilit6 a donner le pays soit aux Juifs, soit aux Arabes, ni mrmee a le partager entire eux. C'est dans ces circonstances que nous avons d6cid6 que nous ne sommes pas A meme ni d'accepter le plan propose par les Arabes ou par les Juifs, ni d'imposer nous-memes une solution qui nous soit propre. Nous sommes done arrives a la conclusion que la 'seule pos- sibilite qui nous reste, c'est de soumettre ce problnme A l'examen des Nations Unies. Nous avons l'intention de soumettre a 1'O.N.U. un compete rendu historique de la facon don't le gouverne- ment britannique s'est acquitt6 de son mandate en Pa- lestine au course des vingt-cinq dernieres ann6es. Nous expliquerons que le mandate s'est r6v61l inapplicable en pratique, et que les obligations contractees a l'igard des deux communautes en Palestine- se sont r6v616es irr6conciliables. Nous d6crirons les diff6rentes propositions qui ont 6tW faites pour r6gler la situation, a savoir le plan arabe, les aspirations sionistes, pour autant qu'elles aient 6te porttes A notre connaissance, les proposi- tions de la commission anglo-am6ricaine, et les di- verses propositions que nous avons faites nous-memes. Nous demanderons ensuite h I'O.N.U. d'examiner notre rapport et de proposer sa solution pour ce problem. Bien que nous soyons decides de faire connaitre Imm6diatement nos intentions, nous ne croyons pas que ce probl6me soit 6tudi6 par 1'O.N.U. avant la ses- sion r6gulibre de 1'Assembl6e g6n6rale de septembre. Nous regrettons que la solution finale soit A nouveau retardee, itant donn6 surtout le fardeau qui continuera A peser sur administration britannique et les forces armies pendant une nouvelle p6riode. Nous sommes strs cependant que, puisque ce pro- bleme doit Wtre soumis A I'O.N.U., toutes les parties int6ress6es mettront un frein a leurs activities jusqu'A ce que la decision de celle-ci soit connue. > S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009 |
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